1
SECTION 2 : L’ANALYSE FONCTIONNELLE
DU BILAN :
Pour maintenir son activité, une entreprise a besoin de moyens économiques. Et ces
besoins économiques nécessitent des moyens financiers.
L’appréciation de la structure financière permet principalement d’évaluer la bonne
adéquation entre moyens économiques et ressources financières, et d’étudier
l’indépendance financière de l’entreprise, ainsi que sa solvabilité.
Cette structure financière s’apprécie à partir du bilan de l’entreprise ; mais il ne s’agit
pas du bilan comptable, car il ne permet pas la comparaison entre les ressources de
financement et les emplois à financer. Pour pouvoir faire cette comparaison, il faut
établir un bilan fonctionnel.
On présentera d’abord l’établissement du bilan fonctionnel puis le calcul des indicateurs
découlant du bilan fonctionnel ; enfin, on étudiera les raisons d’équilibre ou de
déséquilibre de la trésorerie, l’indépendance financière et les principales situations
menant à l’insolvabilité.
Par 1 : l’établissement du bilan fonctionnel :
A ) présentation générale du bilan fonctionnel :
Le bilan fonctionnel permet d’étudier l’équilibre financier de l’entreprise ; en effet, il
fait apparaître les grandes masses du bilan en fonction des besoins de financement et les
ressources de financement.
L’objectif du bilan fonctionnel est de vérifier l’équilibre entre des masses significatives
de fonctions économiques (investissement, financement, exploitation) de façon à
apprécier la bonne gestion de la structure financière.
Le bilan fonctionnel fait apparaître 8 grandes masses :
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
2
Au lieu de parler de parler de passif, on parle de ressources.
Au lieu de parler de l’actif, on parle d’emplois.
Le bilan comptable indique le patrimoine de l’entreprise : ce qu’elle possède
(l’actif) et ce qu’elle doit comme argent (le passif).
L’actif est pris en compte après pertes de valeur éventuelles (amortissements pour
les pertes définitives et dépréciations pour les pertes provisoires).
Le bilan fonctionnel, lui, indique les besoins que l’entreprise a dû financer (les
emplois) et les ressources de financement que l’entreprise obtenues (les
ressources).
On part du bilan comptable pour arriver au bilan fonctionnel, sachant que les deux
bilans ne répondent pas aux mêmes finalités.
EMPLOIS (BESOINS) RESSOURCES
Emplois stables (durables, longue durée) (1) Ressources stables (durables, longue durée) (8)
✓ Actif immobilisé brut ✓ capitaux propres (9)
✓ amortissements, dépréciations et provisions (10)
✓ dettes financières stables (2)
Emplois non stables d’exploitation : Ressources non stables d’exploitation
(non durables, courte durée) (3) (non durables, courte durée) (3)
✓ stocks et en-cours bruts ✓ dettes d’exploitation (dettes fournisseurs + dettes
✓ créances d’exploitation en brut (clients) fiscales et sociales)
Emplois non stables hors exploitation Ressources non stables hors exploitation
(non durables, courte durée) (4) (on durables, courte durée) (4)
✓ créances hors exploitation en brut ✓ dettes hors exploitation
Trésorerie actif : (5) Trésorerie passif : (7)
✓ disponibilités ✓ concours bancaires courants
✓ valeurs mobilières de placement en brut (6) ✓ soldes créditeurs des banques
(1) emplois restant à long terme dans l’entreprise.
Il s’agit des immobilisations, qui restent durablement dans le patrimoine.
On retient les valeurs en brut et non en net ; en effet, il s’agit de prendre en compte le
coût d’acquisition des immobilisations pour savoir comment elles ont été financées, et
non la valeur comptable nette qu’elles ont à la date d’établissement du bilan fonctionnel.
Les amortissements et les dépréciations ne sont pas soustraits de l’actif mais sont
ajoutés aux ressources durables car ils représentent une ressource financière (charge
donc diminution du résultat donc diminution de l’IS à payer et des dividendes à payer
donc réserve de trésorerie).
On parle de fonction financière car grâce à l’amortissement, l’entreprise garde de
l’argent pour elle, en payant moins d’impôt sur le bénéfice et moins de dividendes.
(2) toutes les dettes financières, à l’exception :
des CBC (Concours Bancaires Courants), qui sont des crédits accordés par les
banques pour des besoins très ponctuels et en général imprévus et à rembourser très
rapidement
des SCB (Soldes Créditeurs de Banques), soit les découverts bancaires, qui sont à
rembourser très rapidement
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
3
(3) éléments du cycle d’exploitation liés à l’activité de l’entreprise.
Les dépréciations sur les stocks et les créances ne sont pas soustraites mais ajoutées aux
ressources durables car elles représentent une épargne.
(4) éléments non rattachés au cycle d’exploitation (créances sur cessions
d’immobilisations et dettes sur acquisitions d’immobilisations).
(5) ce dont l’entreprise dispose en trésorerie
(6) Les Valeurs Mobilières de Placement (VMP) correspondent à des titres que
l’entreprise détient dans un but spéculatif (achat et revente rapide pour réaliser des plus-
values) et non de manière durable (différence avec les immobilisations financières) ;
comme les VMP peuvent se transformer très rapidement en argent, on les assimile à des
disponibilités. S’il existe des VMP, on les retient en brut.
(7) ce que l’entreprise doit rembourser très rapidement :
Concours Bancaires Courants (CBC) : crédits de trésorerie ponctuels demandés par
l’entreprise pour financer des besoins imprévus (équivalent des crédits à la
consommation).
Soldes Créditeurs des Banques (SCB) : découverts bancaires.
(8) les ressources stables correspondent à des ressources que l’entreprise a à sa
disposition de manière durable (plusieurs années).
(9) les capitaux propres correspondent à des dettes de l’entreprise envers les associés, à
savoir de l’argent qui leur revient (apports qu’ils ont faits et qui leur seront
éventuellement remboursés, bénéfices réalisés par l’entreprise et qui leur seront versés
éventuellement sous forme de dividendes), mais sans échéance particulière (échéance =
date de paiement).
Donc les capitaux propres constituent des ressources stables.
(10) Les amortissements, dépréciations et provisions dotés correspondent à des charges
non décaissables : elles viennent diminuer le résultat comptable mais n’entraînent pas de
décaissements.
Elles constituent même des ressources financières car du fait de la baisse du résultat,
l’entreprise paie moins d’impôt sur le bénéfice (IS) et de dividendes ; elle s donc de
l’argent d’où la notion de ressources financières.
Il existe donc une différence essentielle entre bilan comptable et bilan fonctionnel par
rapport aux amortissements et dépréciations.
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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Exemple : matériel : brut = 100 cumul des amortissements = 20 net = 80
bilan comptable :
ACTIF PASSIF
Brut Amortiss. Net
Dépréc.
Matériel 100 20 80
donc les amortissements figurent à l’actif pour – 20
bilan fonctionnel :
EMPLOIS RESSOURCES
Emplois stables : Ressources stables :
✓Matériel 100 ✓ amortissements 20
on a donc + 20 à droite ce qui revient au même d’avoir – 20 à gauche :
- +
Remarque :
Le bilan fonctionnel est équilibré : total ressources = total
emplois pour le montant de l’actif total brut du bilan
comptable en l’absence de retraitements.
B ) les retraitements extra-comptables :
1° ) retraitements relatifs au crédit-bail :
Les retraitements consistent à considérer que l’entreprise est propriétaire du bien
concerné, et que l’acquisition a été financée par emprunt.
Ce retraitement a pour objet de faire apparaître la capacité « réelle » de production de
l’entreprise et son niveau « réel » d’endettement (le crédit-bail est un mode de
financement).
On doit donc indiquer dans le bilan l’immobilisation et le montant de l’emprunt fictif
restant à rembourser.
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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Exemple :
Contrat de crédit-bail conclu fin N ; valeur du matériel : 100 000 €
Durée : 4 ans. amortissement en linéaire si l’entreprise avait acquis le bien
retraitements fin N :
EMPLOIS RESSOURCES
Emplois stables : Ressources stables :
Valeur brute du bien rajoutée à l’actif Montant de l’emprunt équivalent rajouté aux
immobilisé brut : + 100 000 € dettes financières : + 100 000 €
Si l’acquisition avait été faite, aucun remboursement d’emprunt n’aurait été effectué sur
N, car la 1ère échéance d’emprunt aurait eu lieu fin N + 1 (hypothèse d’échéances
annuelles)
retraitements fin N + 1 :
La fraction de la redevance assimilée à l’amortissement du bien est considérée comme
un remboursement d’emprunt et déduite des dettes financières.
Dotation linéaire annuelle si l’entreprise possédait le bien : 100 000 x 1 / 4 = 25 000 €
ACTIF PASSIF
Emplois stables : Ressources stables :
Immobilisations brutes : + 100 000 € amortissements : + 25 000 €
dettes financières : 100 000 – 25 000 = 75 000 €
retraitements fin N + 2 :
Cumul des dotations aux amortissements de N + 1 et N + 2 = 25 000 € x 2 = 50 000 €
ACTIF PASSIF
Emplois stables : Ressources stables :
Immobilisations brutes : + 100 000 € amortissements : + 25 000 € x 2 = + 50 000 €
dettes financières : 100 000 – (25 000 x 2)
= + 50 000 €
retraitements fin N + 3 :
Cumul des dotations aux amortissements de N + 1, N + 2 et N + 3 = 25 000 € x 3 = 75 000 €
ACTIF PASSIF
Emplois stables : Ressources stables :
Immobilisations brutes : + 100 000 € amortissements : + 25 000 € x 3 = + 75 000 €
dettes financières : 100 000 – (25 000 x 3)
= + 25 000 €
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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retraitements fin N + 4 :
Cumul des dotations aux amortissements de N + 1, N + 2 et N + 3, N + 4 = 25 000 € x 4
= 100 000 €
ACTIF PASSIF
Emplois stables : Ressources stables :
Immobilisations brutes : + 100 000 € amortissements : + 25 000 € x 4 = + 100 000 €
dettes financières : 100 000 – (25 000 x 4)
= 0€
Remarque : conséquences des emprunts :
Quand une entreprise emprunte à la banque, elle va devoir payer à la banque 2
éléments :
* le remboursement de l’emprunt
* les intérêts de l’emprunt
1 – remboursement de l’emprunt :
En général, l’entreprise rembourse progressivement, soit tous les mois, soit tous les ans,
soit tous les trimestres.
2 – intérêts de l’emprunt :
Ils se calculent sur le capital de l’emprunt restant dû avant l’échéance.
A fur et à mesure des remboursements, il reste de moins en moins de capital à
rembourser, donc les intérêts vont en diminuant.
3 – échéancier de l’emprunt :
Il s’agit d’un tableau qui indique pour chaque échéance (les dates de paiement par
l’entreprise) le montant à payer, en le décomposant entre remboursement et intérêts.
Si on a des échéances annuelles, le total remboursement + intérêts s’appelle annuité de
l’emprunt.
Exemple :
* emprunt obtenu le 31/12/2020 pour 50 000 €
* remboursable par fractions constantes sur 5 ans tous les 31/12 en commençant le
31/12/2021.
remboursements par fractions constantes donc remboursement à chaque échéance
= 50 000 / 5 = 10 000 €
* taux d’intérêt annuel = 2 %
l’échéancier est le suivant :
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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Date d’échéance Capital dû avant Intérêts de Remboursement Annuité de
échéance l’échéance de l’échéance l’échéance
31/12/2021 50 000 € 50 000 x 2 % 50 000 / 5 1 000 + 10 000
= 1 000 € = 10 000 € = 11 000 €
31/12/2022 50 000 – 10 000 40 000 x 2 % 50 000 / 5 800 + 10 000
= 40 000 € = 800 € = 10 000 € = 10 800 €
31/12/2023 50 000 – (10 000 x 2) 30 000 x 2 % 50 000 / 5 600 + 10 000
= 30 000 € = 600 € = 10 000 € = 10 600 €
= 40 000 – 10 000
31/12/2024 50 000 – (10 000 x 3) 20 000 x 2 % 50 000 / 5 400 + 10 000
= 20 000 € = 400 € = 10 000 € = 10 400 €
= 30 000 – 10 000
31/12/2025 50 000 – (10 000 x 4) 10 000 x 2 % 50 000 / 5 200 + 10 000
= 10 000 € = 200 € = 10 000 € = 10 200 €
= 20 000 – 10 000
écritures comptables :
1 – au 31/12/2020 :
512 164
banque emprunt
50 000 50 0000
2 – au 31/12/2021 :
512 164 6611
banque emprunt intérêts des emprunts
SAN 50 000 11 000 10 000 SAN 50 000 1 000
2° ) retraitements des Effets Escomptés Non Echus (EENE) :
On parle d’escompte d’effets quand l’entreprise vend ses créances à la banque pour
être payée plus tôt. La banque paie l’entreprise moyennant des intérêts d’escompte, et
les clients paieront à l’échéance à la banque et non à l’entreprise.
Les effets escomptés non échus sont :
rajoutés aux créances clients (emplois non stables d’exploitation)
inclus dans les CBC (trésorerie passif)
Ce retraitement a pour objet de faire apparaître le montant normal des créances clients
ainsi que l’ensemble des concours bancaires sollicités par l’entreprise.
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
8
Exemple :
Créances escomptées = 10 000 €
EMPLOIS RESSOURCES
emplois non stables d’exploitation trésorerie passif :
✓ créances clients + 10 000 ✓ CBC + 10 000
Par 2 : le calcul des indicateurs découlant du bilan
fonctionnel :
A ) le Fonds de Roulement Net Global (FRNG) :
1° ) la règle selon laquelle «le long terme doit financer le long terme » :
Les emplois stables doivent être financés par des ressources stables.
En effet, les ressources attendues des actifs immobilisés s’étalent sur leur durée de vie et
il est logique de vouloir utiliser ces ressources pour rembourser les financements
correspondants.
C’est la règle selon laquelle « le long terme doit couvrir le long terme » : les emplois
à long terme (stables) doivent être financés par des ressources à long terme (stables).
Si par exemple une entreprise réalise un investissement de 1 000 000 € et que cet
investissement permette de commercialiser de nouveaux produits pendant 10 ans, il faut
financer l’investissement par un emprunt remboursable sur 10 ans, pour que
l’exploitation de cet investissement dégage, année après année, des ressources
suffisantes pour couvrir les charges d’intérêts et les remboursements. Il y aura
adéquation entre les emplois et les ressource en termes de durées.
Si par contre l’emprunt devait être remboursé à l’issue de la 1ère année, l’investissement
ne pourrait pas dégager assez de ressources pour rembourser l’emprunt, puisque la
commercialisation des nouveaux produits se fera sur 10 ans. A la fin de la 1ère année,
l’entreprise devrait contracter un nouvel emprunt pour rembourser le 1er (ou la partie du
1er non couverte par les ressources dégagées la 1ère année).
Et si elle ne peut pas obtenir de nouvel emprunt (opposition de la banque), elle devra
revendre son matériel (à supposer qu’elle le puisse) pour rembourser l’ancien emprunt,
ce qui naturellement serait préjudiciable à la poursuite de son activité.
Remarque :
Il faut nuancer légèrement cette règle d’emplois à long terme par des ressources elles-
mêmes à long terme, car l’entreprise peut obtenir des concours bancaires courants qui
sont renouvelés régulièrement, ce qui leur assure un certain caractère de ressources
stables. Mais cette situation est tout de même dangereuse, car la banque peut mettre fin
à tout moment à ces concours bancaires courants.
2° ) le calcul du FRNG :
On estime qu’une marge de sécurité est nécessaire et que les ressources durables
doivent être supérieures aux emplois stables.
Cette marge de sécurité est appelée Fonds de Roulement Net Global
FRNG = ressources stables - emplois stables
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
9
Le montant du FRNG dépend des décisions stratégiques :
des investissements (montant de l’actif immobilisé)
de l’endettement (montant des dettes financières stables)
des distributions de dividendes (montant qui influe sur les résultats mis en réserves et
donc sur les capitaux propres)
Si le FRNG est pléthorique, il indique une sur-mobilisation de ressources durables,
coûteuses pour l’entreprise. Par exemple, l’entreprise peut avoir énormément de
ressources stables parce qu’elle a obtenu beaucoup d’emprunts auprès des banques,
mais beaucoup trop par rapport aux emplois stables à financer, d’où des intérêts très
importants à payer aux banques, qu’elle aurait pu éviter.
Si le FRNG est négatif, il ne joue plus son rôle de marge de sécurité et provoque des
problèmes de financement ; en effet, un FRNG négatif expose l’entreprise à une
situation de fragilité, car des problèmes courants (créances encaissées avec retard,
clients défaillants, fournisseurs plus exigeants sur les délais de paiement ou recul de
l’activité) vont entraîner un BFR négatif et une TN négative.
Le renforcement du FRNG passe par :
le développement des ressources durables : augmentation de capital, non distribution
de dividendes, augmentation de l’endettement.
le maintien au niveau optimum des emplois stables (apprécié par le taux d’utilisation
des capacités de production), ce qui peut se traduire par la suspension d’un programme
d’investissements (mais attention au risque de perte de compétitivité) ou des mesures de
désinvestissement (cession d’immobilisations et recours à la sous-traitance).
B ) le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) :
BFR = BFRE + BFRHE
1° ) le Besoin en Fonds de Roulement d’Exploitation (BFRE) :
Le cycle d’exploitation (achat, production, vente) génère un besoin de financement
du fait d’un double décalage :
un décalage lié à la durée du cycle :
il faut d’abord payer les achats et diverses charges (salaires, loyers…) avant d’encaisser
les ventes.
un décalage lié aux délais de règlement :
Si les clients payent plusieurs jours après la vente, cela allonge d’autant la durée du
besoin de financement. En effet, l’entreprise sera remboursée de ce qu’elle a payé
(achats de matières premières, salaires…) non lors de la vente mais lors du règlement
ultérieur par les clients. Les montants déboursés liés au cycle d’exploitation sont donc à
financer plus longtemps.
Mais de la même façon que l’entreprise accorde des délais de paiement à ses clients, elle
en bénéficie de la part de ses fournisseurs pour ses achats, ce qui allège d’autant le
besoin de financement.
D’où un décalage entre les flux monétaires et les flux réels d’entrées et de sorties,
comme le montre le schéma suivant du cycle d’exploitation d’un produit tenant compte
des décalages de paiement :
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
10
Vente règlement
stockage matières production stockage et
commercialisation
achat paiement charges frais stockage
matières matières de production et distribution
durée du besoin de financement
On voit d’après ce schéma que même si le délai de paiement accordé par les
fournisseurs était identique à celui accordé aux clients, le montant sur lequel il porte lui
est nécessairement inférieur puisque le coût d’achat ou de production est inférieur au
prix de vente.
Par conséquent, les dettes fournisseurs au passif sont toujours inférieures aux créances
clients de l’actif (sauf si les clients paient comptant alors que les fournisseurs sont payés
à crédit, ce qui est le cas dans la grande distribution, les hôtels, les cafés et les
restaurants).
Du fait qu’il faut assurer en permanence la continuité de l’exploitation, ce besoin de
financement valable pour un produit se renouvelle sans cesse.
Tous les jours, l’entreprise achète, stocke, fabrique, vend. Il y a en permanence :
✓ des stocks de matières premières, en-cours et produits finis
✓ un certain volume de créances clients et de dettes fournisseurs.
Regroupés dans les emplois et ressources d’exploitation au bilan, leur différence
représente bien ce besoin permanent du fait de son renouvellement incessant :
BFRE = emplois non stables d’exploitation - ressources non stables d’exploitation
(stocks + créances clients) (dettes fournisseurs + dettes
fiscales et sociales
le BFRE varie avec :
le niveau d’activité :
si l’activité se développe, le volume des achats, des stocks et des ventes s’accroît. En
cas de régression, l’inverse se produit.
Il y a donc une corrélation importante entre le chiffre d’affaires et le BFRE.
Pour cette raison, on exprime souvent le BFRE en nombre de jours de chiffre d’affaires
HT (j CA HT) :
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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1 jour de chiffre d’affaires = CA HT / 360 (l’année financière compte 360 jours)
donc BFRE en nombre de jours de chiffre d’affaires = BFRE = BFRE x 360
CA HT / 360 CA HT
diviser par un nombre revient à multiplier par l’inverse du nombre
40 40
= = 10 = 40 x 5 = 10
20 4 20
5
donc BFRE = BFRE x 360
CAHT CAHT
360
Le BFRE ramené en nombre de jours de chiffre d’affaires permet de comparer
l’évolution du BFRE dans le temps.
le secteur d’activité et le produit :
Le cycle de production et de stockage n’a pas la même durée d’un secteur à l’autre.
Ainsi, il ne faut pas le même temps pour fabriquer un rouleau compresseur et produire
un pot de yaourt et les durées de stockage n’ont rien à voir entre du calvados hors d’âge
et un produit frais dont la durée de vie n’est que de quelques semaines.
De même, la saisonnalité de la production et des ventes, liée au type de produits
fabriqués et vendus, va faire varier le BFRE au cours de l’année ; un chocolatier
fonctionne par exemple surtout avant Noël et Pâques et très peu en plein mois d’août.
BFRE
temps
BFRE faible
BFRE élevé
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
12
la bonne gestion de ses éléments :
Le volume du BFRE reflète la qualité des décisions opérationnelles :
✓ montant des stocks : reflet de l’efficacité de la méthode de gestion des stocks et de la
production.
✓ montant des créances : reflet de la politique commerciale et du suivi des clients, du
rapport de force fournisseur-client, de l’efficacité du recouvrement, des délais accordés
par les commerciaux.
Il est parfois « payant » à 1ère vue, pour les commerciaux, de proposer des délais de
règlement plus longs par rapport à un concurrent pour avoir un argument de vente
supplémentaire ; mais ceci se traduit immédiatement par un accroissement du BFRE et
l’impact sur la trésorerie peut être grave.
✓ montant des dettes fournisseurs : reflet des négociations sur les délais de paiement.
Remarque :
Dans certains cas, en particulier dans les entreprises de négoce, la rotation des stocks est
rapide, la durée du crédit accordé par les fournisseurs est longue, et celle du crédit
accordé aux clients est courte.
Les ressources d’exploitation deviennent alors supérieures aux emplois d’exploitation et
le besoin de financement se change en ressource. On parle de « BFRE négatif » ou de
« ressource de financement d’exploitation ».
C’est le cas de la grande distribution qui vend au public (paiement comptant) et dont les
centrales d’achat sont en position de force pour négocier avec leurs fournisseurs
industriels. De plus, dans l’alimentation, la rotation des stocks est très rapide. Grâce à
cette ressource de financement, la grande distribution finance une partie de son actif
immobilisé (FRNG négatif) et place ses excédents de trésorerie pour générer des
produits financiers importants.
2° ) le Besoin en Fonds de Roulement Hors Exploitation (BFRHE)
Il est constitué d’éléments acycliques (non liés au cycle d’exploitation).
Il reflète des décisions exceptionnelles ou non courantes (créances liées à des cessions
d’immobilisations, dettes sur achats d’immobilisations…).
BFRHE = emplois non stables hors exploitation - ressources non stables hors exploitat
Habituellement, les emplois hors exploitation sont inférieurs aux ressources hors
exploitation car les dettes sur acquisitions d’immobilisations (poste principal des
ressources non stables HE) sont plus fréquentes et d’un montant plus élevé que les
créances liées aux cessions d’immobilisations (poste principal des emplois non stables
HE).
C ) la Trésorerie Nette (TN) :
TN = trésorerie actif - trésorerie passif = (disponibilités + VMP) - (CBC + SCB)
La trésorerie actif constitue un emploi indispensable au fonctionnement de
l’entreprise. Le trésorier cherche à la maintenir au minimum et à placer les excédents en
VMP en veillant à leur liquidité (transformation rapide en disponible).
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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Le solde de trésorerie peut revêtir des interprétations diverses :
une trésorerie nette largement excédentaire peut s’analyser comme des disponibilités
destinées à faire face à un investissement prochain (diversification, rachat, amélioration
du potentiel de production) mais aussi comme des disponibilités pléthoriques qui ne
sont pas utilisées et qui « dorment » à la banque.
une trésorerie nette presque nulle peut représenter une bonne gestion de la structure
financière du bilan. Les produits générés par les placements dus aux excédents tendent à
compenser les charges financières dues aux périodes de trésorerie nette négative.
une trésorerie nette négative indique que l’entreprise a été obligée de recourir à des
découverts bancaires pour se financer. Une trésorerie nette gravement déficitaire pèse
sur la rentabilité de l’entreprise par les charges financières qu’elle génère et peut poser
un problème de liquidité et d’autonomie des décisions (l’entreprise est à la merci du bon
vouloir des banques).
Par 3 : l’équilibre ou le déséquilibre financier de l’entreprise :
A ) la relation d’équilibre ou de déséquilibre financier :
FRNG – BFR total = TN
démonstration :
RS = total des Ressources Stables
ES = total des Emplois Stables
ENS = total des Emplois Non Stables (d’exploitation et hors exploitation)
RNS = total des Ressources Non Stables (d’exploitation et hors exploitation)
TA = Trésorerie Actif
TP = Trésorerie Passif
total ressources = RS + RNS + TP (total des ressources du bilan fonctionnel)
total emplois = ES + ENS + TA (total des emplois du bilan fonctionnel)
démonstration :
FRNG – BFR total
= (RS – ES) – (ENS – RNS)
= [(total ressources – RNS – TP) – ES] – [(total emplois – ES – TA) – RNS]
= total ressources – RNS – TP – ES – total emplois + ES + TA + RNS
= (total ressources – total emplois) + (RNS – RNS) + (ES – ES) + (TA – TP)
= 0 + 0 + 0 + TN
FRNG – BFR total = TN
B ) interprétation de la relation :
Six situations types se rencontrent :
Situation N ° 1 :
FRNG + 200 FRNG = 200
BFR + 500 - BFR = 500
TN - 300 TN = - 300
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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Le BFR est financé en partie par le FRNG > 0 et en partie par des CBC ou des SCB.
Cette situation est la plus courante, et elle est considérée comme classique.
Le recours aux CBC et SCB n’est pas inquiétant en soi ; c’est leur importance et leur
évolution qui sont importants.
Pour les réduire, l’entreprise doit essayer d’augmenter son FRNG par un accroissement
des ressources propres (augmentation de capital, autofinancement accru en améliorant
sa rentabilité) ou en recourant à des dettes financières stables. En effet les emprunts
MLT (à Moyen et Long Terme) ont des taux moins élevés que les SCB et CBC et les
intérêts sont répartis sur une durée plus longue.
L’entreprise peut aussi envisager de réduire ses immobilisations, et s’engager dans une
réduction de son BFR (diminution des stocks, réduction des créances clients,
augmentation des dettes fournisseurs) sous réserve qu’elle puisse maintenir son CA.
Situation N ° 2 :
FRNG = + 1 000
BFR + FRNG + - BFR total = + 700
TN = + 300
TN +
Le BFR est entièrement financé par des ressources stables, dont l’importance permet
même de dégager une TN > 0. Cette situation est apparemment la plus favorable (à la
fois les immobilisations et le BFR sont financés par des ressources stables), mais il faut
analyser la rentabilité des excédents de trésorerie, qui peuvent être trop importants ou
mal placés ; dans ce cas, l’entreprise n’optimise pas l’utilisation de ses ressources
financières.
Situation N ° 3 :
FRNG = - 400
FRNG - TN - - BFR total = + 100
TN = - 500
BFR +
Cette situation n’est pas tenable durablement. L’entreprise est exposée au risque d’une
crise de liquidité. Le FRNG < 0 est le signe d’une faiblesse dans le financement des
immobilisations, et s’y rajoute un BFR > 0. La TN est forcément < 0, et cela exige
l’intervention des banques sous forme de concours de trésorerie (CBC et SCB).
L’entreprise doit impérativement restructurer son FRNG en augmentant ses dettes
financières stables, et en améliorant son autofinancement et / ou en diminuant son BFR.
Situation N ° 4 :
FRNG + FRNG = + 500
TN + - BFR total = - 200
TN = + 700
BFR -
Cette situation est exceptionnelle. Le FRNG > 0 se combine avec une ressource en
fonds de roulement (le BFR < 0) car par exemple les clients paient comptant alors que
l’entreprise paie ses fournisseurs à terme. La TN est alors fortement > 0.
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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Les entreprises industrielles sont rarement dans cette situation, alors que c’est une
configuration habituelle pour les entreprises de la grande distribution. Il faut s’assurer
que l’entreprise place sa TN > 0 à son avantage.
Situation N ° 5 :
FRNG = - 200
FRNG - BFR - - BFR total = - 500
TN = + 300
TN +
C’est un cas typique de la grande distribution : le FRNG < 0 est financé par un BFR
fortement < 0, et au final l’entreprise dégage une TN > 0.
Si l’insuffisance du FRNG est conjoncturelle, l’entreprise est dans une phase
d’investissements ; si elle est structurelle, elle est liée à une faiblesse de la structure
financière ou à une insuffisance de la rentabilité.
Situation N ° 6 :
BFR - FRNG = - 900
FRNG - - BFR total = - 400
TN = - 500
TN -
C’est une variante de la situation N° 5, mais avec une ressource en fonds de roulement
(le BFR < 0) insuffisante pour financer le FRNG < 0. Par conséquent la TN est < 0.
C’est une situation à haut risque pour une entreprise industrielle car le financement de
ses immobilisations dépend de ses fournisseurs (dettes non stables) et des concours de
trésorerie des banques (dettes non stables). La situation financière est donc précaire.
Pour une entreprise de la grande distribution, la situation est moins grave : l’entreprise a
probablement surestimé ses ressources en fonds de roulement ou sous-estimé le besoin
de financement de ses immobilisations.
Dans tous les cas, la solution passe par une reconstitution du FRNG.
C ) les ratios d’analyse fonctionnelle :
Analyser la trésorerie impose d’analyser les 2 éléments qui la conditionnent, à savoir le
FRNG et le BFR. Si par exemple la trésorerie nette est négative, il faut en rechercher les
causes au niveau du FRNG et du BFR :
TN = FRNG – BFR total
TN < 0
FRNG insuffisant BFR trop important
RS insuffisantes ES excédentaires dérapage dans croissance non
la gestion du cycle maîtrisée
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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il faut alors : il faut alors : il faut alors contrôler : il faut alors :
augmenter le capital désinvestir la gestion des stocks sous-traiter
limiter les dividendes sous-traiter le risque clients augmenter les prix
s’endetter à long terme les dettes fournisseurs
augmenter les bénéfices
1° ) la baisse du FRNG (ou FRNG insuffisant) :
Diminution du ratio FRNG qui s’explique :
Ventes de march. ou production vendue
ventes de marchandises et / ou production vendue = CA (Chiffre d’Affaires)
soit par une augmentation des investissements (actif immobilisé net) que les
ressources financières stables ne suffisent pas à financer car les investissements ne sont
pas assez rentables.
soit par une diminution des bénéfices et donc des capitaux permanents du fait d’une
dégradation de la rentabilité, ce qui peut entraîner en même temps une méfiance des
banques envers l’entreprise et donc une diminution des prêts accordés (dettes
financières stables)
soit par le remboursement d’emprunts trop importants ou sur une durée trop courte.
2° ) augmentation du BFR :
Augmentation du ratio BFR x 360 qui indique le nombre de jours
Ventes de march. ou production vendue
de CA représenté par le BFR. Il faut ensuite rechercher les raisons de l’augmentation de
ce ratio.
En effet, on calcule d’abord les ventes moyennes journalières = CA = X
360
Ensuite on calcule combien de jours de CA le BFR représente :
BFR = BFR = BFR x 360
X CA CA
360
en effet mathématiquement, diviser par un nombre revient à multiplier par son inverse.
exemple : 40 = 40 = 4 40 x 2 = 4
20 10 20
2
à la calculatrice : 40 : (20 : 2) = 4 40 x 2 = 80 : 20 = 4 40 x (2 : 20) = 4
a) le temps d’écoulement des stocks (temps de stockage) :
On cherche à étudier l’impact de la gestion des stocks sur la situation financière de
l’entreprise.
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pour les marchandises :
on calcule le ratio stock de clôture (brut) x 360
Coût d’Achat des Marchandises Vendues (1)
(1) CAMV = achats de march. + variation de stock de march.
En effet, on calcule d’abord le CAMV moyen journalier = CAMV / 360 = Y
Ensuite on calcule combien de jours de CAMV le stock de clôture représente
= stock de clôture = stock de clôture = stock de clôture x 360
Y CAMV CAMV
360
Le ratio indique combien de jours en moyenne les marchandises restent en stock
avant d’être vendues.
L’augmentation du ratio peut être voulue (profiter d’une baisse provisoire des prix en
augmentant les achats et donc la durée de stockage) ou subie (du fait de la stagnation ou
de la diminution des ventes).
pour les matières premières :
on calcule le ratio stock de clôture (brut) x 360
Coût d’Achat des Matières Consommées (1)
(1) CAMC = achats de MP + variation de stock de MP
Exemple :
Charges Produits
achats MP : 100 000
var. stocks MP : - 10 000
CAMC = achats MP + var. stock MP = 100 000 + (- 10 000)
= 100 000 – 10 000
= 90 000 €
Le ratio indique combien de jours en moyenne les matières premières restent en stock
avant d’être utilisées pour la production.
L’augmentation du ratio peut être voulue (profiter d’une baisse provisoire des prix en
augmentant les achats et donc la durée de stockage) ou subie (du fait de la stagnation ou
de la diminution des ventes donc de la production).
pour les produits finis :
On calcule le ratio stock de clôture (brut) x 360
CPPV (1)
(1) s’il n’est pas possible de calculer le CPPV (Coût de Production des Produits Vendus), on
prend la production vendue (ventes de PF)
Le ratio indique combien de jours en moyenne les produits finis restent en stock avant
d’être vendus.
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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Si le ratio augmente, cela peut provenir :
de mauvaises ventes
d’une mauvaise gestion de stocks
de l’existence de produits obsolètes
de prévisions d’un accroissement de l’activité ce qui conduit à un stockage plus
important
Ces causes renvoient à d’autres raisons qu’il faut rechercher (adéquation des produits au
marché…). La conjoncture économique, la saisonnalité, les délais de livraison,
l’exigence des produits (fraîcheur…) influent aussi sur les durées de stockage.
b) la durée du crédit accordé aux clients :
On cherche à étudier les conséquences de la politique commerciale de l’entreprise sur
sa situation financière.
On calcule le ratio créances clients y compris EENE (Effets Escomptés Non Echus) x 360
CA TTC
en effet, les créances clients étant en TTC, il faut les comparer au CA TTC et non au
CA HT.
CA TTC = CA HT x (1 + taux de TVA, en général 0,2)
Le ratio indique le nombre moyen de jours de crédit accordé aux clients.
L’augmentation du ratio peut être voulue (politique commerciale plus agressive pour
attirer de nouveaux clients et contrer la concurrence) ou subie (absence de relances des
clients et inefficacité du service contentieux, concurrence plus agressive d’autres
entreprises qui obligent à augmenter la durée du crédit aux clients, dégradation de la
situation financière des clients).
Les délais de règlement des clients dépendent :
des conditions en usage dans la profession (donc il faut comparer la durée moyenne
de crédit clients de l’entreprise aux normes sectorielles)
du type de la clientèle (particuliers, centrales d’achat…)
de la nature du produit (biens de consommation, biens d’équipement…)
de la politique commerciale (octroi d’avantages à des clients importants…)
de l’efficacité (ou inefficacité) de l’encaissement des créances
Toute variation du délai trouve sa cause dans la modification de l’une de ces conditions.
Le poste « clients douteux et litigieux » est à étudier avec attention (compte 416).
c) la durée du crédit accordé par les fournisseurs :
On cherche à étudier les conséquences de la politique d’approvisionnement de
l’entreprise sur sa situation financière.
On calcule le ratio dettes fournisseurs x 360
achats TTC + services extérieurs TTC
au dénominateur (en bas), on prend en compte :
des achats de marchandises TTC
des achats de matières premières TTC
des autres achats et charges externes TTC (services extérieurs)
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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on tient compte au numérateur (en haut) des dettes fournisseurs TTC donc il faut tenir
compte au dénominateur (en bas) des charges TTC.
Le ratio indique le nombre moyen de jours de crédit accordés par les fournisseurs.
Un allongement (favorable à la trésorerie de l’entreprise) peut signifier :
soit une force de l’entreprise pour imposer ses conditions de règlement (par exemple
les centrales d’achat dans la grande distribution)
soit une faiblesse due à une détérioration de la situation financière de l’entreprise qui
demande des délais de règlement supplémentaires.
Dans l’intérêt de l’entreprise, la durée du crédit fournisseur doit être supérieure à
celle du crédit client.
Par 4 : les scénarios types de dégradation de
trésorerie :
1 – croissance mal maîtrisée :
Situation classique chez les entreprises « jeunes » (start-up en anglais) dont les produits
connaissent un grand succès, l’entreprise connaît une augmentation très forte de son
CA, qui entraîne une augmentation proportionnelle de son BFR (le ratio BFR x 360 /
CA reste stable).
Mais l’augmentation de la rentabilité ne suit pas celle du CA, et donc le FRNG
augmente moins vite que le BFR (le ratio FRNG / CA diminue), ce qui conduit à une
diminution de la trésorerie nette puis à une trésorerie nette < 0.
Si l’entreprise essaie d’augmenter encore plus fortement son CA, c’est la « fuite en
avant » car la trésorerie nette va continuer à chuter et l’entreprise va se retrouver en
cessation des paiements (elle ne pourra plus payer les dettes exigibles).
Pour enrayer cette situation, l’entreprise doit améliorer son FRNG en mettant davantage
l’accent sur la rentabilité (sélection des clients, augmentation des prix de vente) que sur
le volume des ventes.
2 – alourdissement de l’actif circulant :
La croissance du BFR est > à celle du CA (le ratio BFR x 360 / CA augmente), ce qui
s’explique :
par un allongement du temps d’écoulement des stocks (augmentation du ratio stock
de clôture x 360 / coût d’achat pour les éléments achetés, ou du ratio stock de clôture x
360 / production vendue pour les stocks de produits finis), du fait de la mauvaise gestion
des entrepôts ou de la production.
et / ou par un allongement de la durée de crédit accordée aux clients (augmentation
du ratio créances clients x 360 / CA TTC), des délais supplémentaires étant accordés
aux clients pour avoir un avantage concurrentiel.
et / ou par une diminution de la durée de crédit accordée par les fournisseurs
(diminution du ratio dettes fournisseurs x 360 / achats TTC), les fournisseurs négociant
plus fortement les délais de règlement car eux-mêmes ont des problèmes d’argent.
Bien que le FRNG augmente de la même façon que le CA, (stabilité du ratio FRNG /
CA), la trésorerie nette se dégrade, car chaque € de plus de CA entraîne une
augmentation plus forte du BFR. Il faut chercher à baisser le BFR (renégociation de
délais plus courts avec les clients, limitation des stocks, renégociation de délais plus
longs avec les fournisseurs).
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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3 – investissements trop importants ou mal financés :
Pour améliorer une rentabilité qui diminue (diminution des ratios de rentabilité
commerciale, économique, financière), l’entreprise mise sur des investissements
nouveaux (augmentation des immobilisations brutes).
Mais un recours insuffisant aux emprunts entraîne une chute du FRNG (diminution du
ratio FRNG / CA).
Par ailleurs, la rentabilité espérée des investissements tarde à se manifester (stabilité ou
diminution de la rentabilité commerciale, économique et financière), du fait du
surdimensionnement des équipements nouveaux.
Il faut renforcer les ressources stables (nouveaux emprunts ou augmentations de
capital).
4 – réalisation de pertes nécessitant des apports nouveaux pour relancer l’activité :
Du fait de la baisse du CA, l’entreprise voit paradoxalement sa trésorerie s’améliorer car
son BFR diminue (la baisse de l’activité entraîne une diminution du ratio stock x 360 /
coût d’achat, du ratio créances clients x 360 / CA TTC).
Mais en passant en-dessous du seuil de rentabilité (CA pour lequel le résultat est nul),
l’activité génère des pertes qui diminuent le FRNG alors que le BFR se stabilise
progressivement, ce qui conduit à une diminution de la trésorerie.
L’entreprise doit :
soit investir pour accroître sa compétitivité (investissements de modernisation) mais
les banques pourront être réticentes en constatant les capacités de remboursement
réduites et les perspectives du secteur. Ce sera alors aux actionnaires d’apporter des
fonds.
soit désinvestir pour adapter son outil de production à un niveau d’activité déclinant,
mais cela entraînera des problèmes sociaux (licenciements).
Par 5 : l’analyse de l’indépendance financière :
L’indépendance (ou autonomie) financière traduit la capacité de l’entreprise à faire face
à ses dettes ; elle implique un endettement raisonnable pour :
attirer les investisseurs, qui auront d’autant plus confiance en l’entreprise si ses dettes
sont raisonnables
décider en toute liberté (sans être à la merci des banques)
saisir des opportunités (d’investissement par exemple) sans être tributaire des
banques
taux d’endettement global 1 = total des dettes
total du passif
Ce ratio mesure l’importance de toutes les dettes par rapport au bilan, donc le niveau de
l’endettement ; il doit être 1 / 3.
ACTIF PASSIF
Actif immobilisé Capitaux propres Min 2 / 3
Actif circulant dettes Max 1 / 3
Total 3/3
taux d’endettement global 2 = total des dettes
capitaux propres
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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Ce ratio mesure l’importance de toutes les dettes par rapport aux capitaux propres donc
le niveau d’endettement ; il doit être 1.
Au plus, le total des dettes peut atteindre les CP.
capacité théorique d’endettement = capitaux propres – dettes financières
S’il est > 0, l’entreprise dispose d’une marge de manœuvre pour obtenir de nouveaux
financements à moyen ou long terme.
endettement financier net = total des dettes financières – (disponibilités + VMP)
Il indique le niveau réel d’endettement, en déduisant des dettes financières les liquidités
qui pourraient être utilisées pour rembourser les dettes financières.
ratio d’indépendance financière = capitaux propres
dettes financières à terme (dettes financières stables)
Il mesure la structure du financement (importance des fonds propres par rapport aux
dettes financières stables (appelées dans le ratio dettes financières à terme), à savoir
autres que les CBC et les SCB) ; plus il est élevé, plus il procure une capacité
d’endettement future importante ; il est considéré comme risqué au-dessous de 100 %,
à savoir que l’on considère que les capitaux propres doivent représenter au moins les
dettes financières stables. En clair, le ratio doit être 1
ratio de concours bancaires courants et de soldes créditeurs des banques :
= concours bancaires courants + soldes créditeurs des banques
total des dettes financières
Ce ratio indique le poids de la trésorerie négative dans le total des dettes financières,
donc l’arbitrage réalisé par l’entreprise entre emprunts et CBC/SCB ; il doit être faible,
car dans le cas contraire, la situation est dangereuse puisque les banques peuvent couper
ces crédits à tout moment (en théorie du moins).
ratio de capacité de remboursement = total des dettes financières
CAF
Ratio de mesure de capacité de remboursement, il indique combien d’années de CAF
(Capacité d’AutoFinancement, qui indique la trésorerie gagnée ou perdue du fait de
l’activité de l’exercice) sont nécessaires pour rembourser les dettes financières avec la
CAF actuelle ; il doit être 5 (ou 3 ou 4 pour certaines banques).
ratio de couverture des frais financiers = frais financiers (intérêts des emprunts)
CA HT ou EBE
Il indique le poids de l’endettement financier, à savoir ce que représentent les charges
financières en nombre d’années de CA ou d’EBE ; il ne doit pas dépasser 4 % (si on
retient au dénominateur le CA) ou 40 % (si on retient au dénominateur l’EBE).
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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Par 6 : l’analyse de la solvabilité :
A ) la mesure de la solvabilité :
La solvabilité mesure l’aptitude de l’entreprise à payer l’ensemble de ses dettes à
l’aide de ses actifs en cas de liquidation, quitte à les vendre. En principe on ne l’évalue
que si l’entreprise est en difficulté et que sa survie est menacée.
ratio de solvabilité = total des actifs ; il doit être 1.
total des dettes
ACTIF PASSIF
Actif immobilisé net 100 Capitaux propres 160
Actif circulant 80 Dettes 20
Total 180 Total 180
ratio de solvabilité = 180 = 9
20
B ) situations types conduisant à l’insolvabilité :
1° ) origines structurelles (causes incombant à l’entreprise) :
1 - stagnation, insuffisance d’activité, mévente :
Le ou les produits de l’entreprise atteignent la phase de maturité. Mais le marché
commence à être saturé. L’entreprise a du mal à vendre. L’argent rentre mal, le CA
devient insuffisant pour couvrir convenablement les charges fixes qui sont devenues
importantes. Pour relancer l’activité, l’entreprise accorde des crédits aux clients plus
longs pour s’assurer de leur fidélité. Le BFR est plus important. Les difficultés de
trésorerie apparaissent. Le cas de l’entreprise naissante est un peu semblable, dans la
mesure où l’activité est faible au démarrage.
2 - croissance incontrôlée :
L’entreprise est en pleine croissance, le marché s’emballe, la rentabilité est excellente
mais les difficultés proviennent de la gestion du BFR. Le service de la facturation ne
suit pas, l’administration n’arrive pas à faire payer les clients faute de moyens pour les
relancer, les stocks sont pléthoriques et mal gérés. Le financement d’un accroissement
de BFR n’ayant pas été prévu, c’est la trésorerie qui prend le choc.
L’entreprise n’arrive plus à payer ses fournisseurs ; elle est insolvable.
3 - rentabilité insuffisante, mauvais contrôle des coûts :
L’entreprise ne contrôle plus ses coûts. Le poids des charges de personnel devient trop
important, les prix des sous-traitants ne sont plus surveillés. Les pertes s’accumulent et
les fonds propres deviennent faibles. La capacité d’emprunt est entamée et de ce fait les
banques ressentent le risque et se montrent plus réticentes lors des demandes de prêts.
La trésorerie devient insuffisante pour faire face aux paiements.
4 - rattrapage d’investissements :
L’entreprise était pendant quelques années leader sur son marché, et n’a donc pas cru
bon d’investir. Mais ses équipements ont vieilli, ses coûts ont augmenté, et bien
évidemment, le marché s’est ouvert et sont apparus des concurrents. L’entreprise réagit
et investit. Ses besoins financiers sont donc importants et comme les actionnaires
n’acceptent pas de participer, l’entreprise est contrainte de faire appel aux banques.
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Section 2 : l’analyse fonctionnelle du bilan
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Dans le cas où ces dernières sont réticentes et faute de ressources suffisantes,
l’entreprise est obligée de prélever sur sa trésorerie pour financer ses investissements.
D’où des difficultés de trésorerie et de ce fait un financement par crédits courts (CBC et
SCB). Le coût du financement est très élevé et la rentabilité s’en ressent, l’engrenage est
amorcé, l’entreprise devient insolvable.
2° ) origines conjoncturelles (n’incombant pas à l’entreprise) :
1 - faillite d’un client :
L’entreprise a toujours intérêt à diversifier sa clientèle. En effet, si par exemple le
principal client représente 60 % du CA et a des difficultés de trésorerie, il est évident
que le poste client va rapidement gonfler et mettre l’entreprise elle-même en difficulté.
2 - mauvais service après-vente :
L’entreprise connaît une forte augmentation de son chiffre d’affaires. La rentabilité est
bonne. Mais elle n’a pas les moyens de suivre sa clientèle et d’assurer un bon service
après-vente. La clientèle est mécontente et ne paie pas ses factures. Les rentrées de
trésorerie se font mal et l’entreprise ne peut plus payer elle-même ses fournisseurs.
C’est la rupture de paiements.
3 - retrait d’une banque :
L’entreprise s’appuie de manière structurelle sur des crédits bancaires à court terme
pour financer son BFR (découverts bancaires…). Si pour une raison quelconque la
banque est amenée à retirer sa confiance, l’entreprise ne pourra plus faire face à ses
paiements. L’effet se fait sentir ici directement sur la trésorerie.
4 - effondrement de la demande, crise sur les marchés aval, entrée sur le marché
d’un concurrent :
Une partie de la demande disparaît. Les objectifs commerciaux n’étant pas atteints,
l’entreprise voit sa rentabilité baisser, ses stocks augmenter et donc son BFR de plus en
plus dur à financer. Faute d’un appui bancaire, l’entreprise ne pourra plus faire face à
ses échéances.
5 - saisonnalité mal maîtrisée :
L’entreprise a une activité saisonnière et elle n’a pas prévenu son banquier. En
période de sous-activité, l’entreprise ne réalisant pas suffisamment de CA, elle n’a pas
assez de trésorerie pour pouvoir faire face à ses échéances.
La dégradation de la trésorerie se traduit bien souvent par des découverts bancaires et
bien sûr par une hausse des charges financières. La rentabilité financière s’en ressent.
Cela vient réduire d’autant les ressources. L’impossibilité de rembourser les dettes
entraîne une dégradation de l’autonomie financière et une perte de confiance des
banques. L’entreprise a alors du mal à financer de nouveaux investissements, à
consolider ses crédits de trésorerie en dettes financières, et c’est la spirale infernale.
L’impossibilité de régler les fournisseurs entraîne un allongement des durées de crédit
fournisseurs et la perte de confiance des fournisseurs.
Pour sortir de l’engrenage, 2 grandes orientations doivent être prises :
l’entreprise doit repenser sa stratégie, revoir ses objectifs par rapport aux moyens
financiers qu’elle peut mettre en œuvre.
elle doit négocier globalement avec ses banques :
✓ consolider les crédits de trésorerie en dettes financières
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✓ bâtir un plan d’apurement des dettes avec les banquiers et les fournisseurs. Ceci ne
pourra se faire qu’avec un plan de financement qui traduira un projet de développement
sur le moyen terme.
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