Simulation des Irradiations Électroniques IGBT
Simulation des Irradiations Électroniques IGBT
CHAPITRE IV
1. Introduction
Nous proposons ici une méthode de simulation des effets induits par irradiations aux
électrons sur l’IGBT en utilisant le simulateur de dispositif 2D ATLAS II (version PISCES de
SILVACO). Les effets de l’irradiation sont modèlisés par l’introduction de défauts dans
toutes les couches de la structure simulée en précisant leurs niveaux d’énergie, leurs densités
et leurs sections efficaces de capture. La validation de la méthode est vérifiée par comparaison
des résultats obtenus par simulation avec ceux obtenus expérimentalement.
Dans un premier temps nous donnerons une description du logiciel de simulation et de son
environnement de travail, ensuite nous exposerons la méthodologie mise en oeuvre c’est à
dire les différentes étapes nécessaires pour réaliser la structure à simuler et pour effectuer le
choix des modèles physiques et la calibration des paramètres des modèles choisis. L’approche
permettant de simuler les effets d’irradiation ainsi que la méthode d’optimisation des
performances de l’IGBT sera enfin développée en tenant compte des évolutions antagonistes
des différents paramètres obligeant à un compromis.
94
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
- simuler la distribution des potentiels, des champs électriques, des porteurs et des
courants;
- modéliser les courbes I-V et C-V, les réponses en alternatif et les caractéristiques en
régime transitoire;
La structure du dispositif à simuler peut être complètement arbitraire. Une fois celle-ci
réalisée, elle est découpée en éléments finis, non forcément uniformes, formant ainsi ce qu’on
appelle un maillage. Le potentiel électrostatique et les concentrations de porteurs en fonction
de l’espace et du temps sont alors calculés à chaque noeud du maillage à partir des équations
de Poisson (IV 1) et de continuité (IV 2) et (IV 3).
r q
div ( grad ψ ) = − p − n + N D+ − N A− (IV 1)
ε sc
∂p 1 r
= divJ p + G p − R p (IV 2)
∂t q
∂n 1 r
= divJ n + Gn − Rn (IV 3)
∂t q
r r
où n et p sont les concentrations d’électrons et de trous, Jn et J p sont les densités de courant
des électrons et des trous, Gn et Gp les taux de génération pour les électrons et les trous, Rn et
Rp les taux de recombinaisons pour les électrons et les trous et q la charge d’un électron.
Ces trois équations forment ainsi un système couplé. Le potentiel et les concentrations n et p
sont alors déterminés par des méthodes de calculs numériques tels que les algorithmes de
Newton ou de Gummel. Le choix de l’algorithme de calcul est à spécifier suivant l'étude à
réaliser.
Les profils de dopage du dispositif peuvent être obtenus en utilisant des fonctions
analytiques, des résultats expérimentaux stockés dans des bases de données ou des logiciels
de simulation de procédé de fabrication, type SUPREM.
95
chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons
Nos travaux ont été réalisés sur ATLAS II version PISCES de SILVACO. Cette
version, qui inclut toutes les possibilités de la version de base de " Standford Electronics
Laboratories" [[Link] 84], peut fonctionner soit indépendamment soit comme partie
intégrante d’un ensemble de logiciels et utilitaires SILVACO, ce qui permet une grande
souplesse de fonctionnement. Ces logiciels couvrent toutes les étapes de la conception d'un
dispositif électronique depuis sa fabrication jusqu'à la détermination de ses performances dans
un circuit électrique.
L’ensemble du logiciel se décompose en deux types d’outils, interactifs et de
simulations.
96
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
Outils
Interactifs Tonyplot DevEdit DeckBuild Optimizer
Outils de
simulation A
T
H
Cahier de
charges
E
Simulation N
Masques de process A
A
Conditions de T
Polarisation Simulation L
Description de de composants A
la structure S
Caractéristiques Extraction
électriques de paramètres UTMOST
Performances du circuit
97
chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons
3. Modélisation de l’IGBT
La méthodologie utilisée pour mener à bien la modélisation à partir du code de la
simulation, comporte quatre étapes principales:
- construction de la structure (régions et dopages);
- maillage;
- calibration des paramètres des modèles physiques choisis afin d’ajuster les paramètres
des modèles pris en compte.
REGIONS
Vue la symétrie des cellules de l’IGBT, la structure simulée sera celle d’une demi-
cellule. Nous remonterons aux caractéristiques de l’IGBT complet par la multiplication des
grandeurs simulées par un facteur de surface préalablement déterminé ou en utilisant l’option
98
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
de symétrie cylindrique disponible dans le simulateur ATLAS. Cette option permet une très
bonne simulation des structures disposant d’une symétrie cylindrique. Dans notre étude nous
approximerons la structure hexagonale de l’IGBT par une structure cylindrique. Dans ce cas
de symétrie, il suffit de multiplier les grandeurs simulées par le nombre de cellules constituant
l'IGBT.
Dans un premier temps nous définissons des régions rectangulaires: la région n° 1 est définie
comme un matériau de type silicium et la région n° 2 comme de l’oxyde (SiO2). Dans la
figure IV 2, les différentes dimensions sont définies en micromètre.
ELECTRODES
La définition des électrodes permet de réaliser les contacts Grille, Anode et Cathode.
Seules ces électrodes peuvent être polarisées. La grille de 6.5µm de largeur est placée au
dessus de l'oxyde, c'est à dire pour y=-0.08µm. La cathode est insérée entre l'oxyde et le
semiconducteur avec x compris entre 0 et 3.4µm. Ceci permettra de court-circuiter le caisson
n++ et le puits P (source et substrat du MOSFET). L’Anode, quant à elle, s’étend sur toute la
surface inférieure en contact avec la couche P+ (fig. IV 3).
Grille
Cathde
Anode
Dopage
La région 1, correspondant à la couche épitaxiée N-, est dopée en phosphore avec une
concentration uniforme de 1,5.1014cm-3. La couche P+ correspondant à l’anode est obtenue
par un dopage uniforme en bore avec une concentration de 1019cm-3 sur une distance y
comprise entre 48.4 et 60µm. De la même façon on dope la couche tampon N+ avec un
99
chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons
dopage uniforme en phosphore de 1017cm-3 sur une distance y allant de 40 à 48.4µm. Nous
réalisons ensuite le puits P en utilisant une distribution gaussienne avec un maximum à
1.45x1017cm-3 et une profondeur de jonction (puits P+ /couche N-) imposée à 5.8µm de la
surface oxyde-semiconducteur. Enfin nous réalisons le caisson n++ en utilisant toujours un
profil gaussien dont le maximum est de 9.3x1019cm-3 avec une profondeur de jonction de
0.4µm et une largeur de 3.3µm. Les concentrations de dopage sont déterminées à partir des
données de la littérature et des mesures expérimentales. L’ajustement entre les
caractéristiques simulées et celles mesurées a été ensuite réalisé afin de valider ces données.
Le profil de dopage net selon l’axe y pris pour x = 4µm est donné figure IV 4-a. Un
agrandissement donnant le dopage en bore, en phosphore et les dopages nets au niveau du
caisson n++ et du puits P sont donnés figure IV 4-b. Les profils gaussiens des différentes
couches sont mieux visibles sur cette dernière courbe..
100
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
101
chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons
Dans notre cas le maillage adopté pour simuler l’IGBT est celui de la figure IV 5-a. On y
remarque une forte concentration de noeuds au niveau des jonctions et un relâchement dans
les zones uniformes. Un agrandissement au niveau du canal, la zone la plus dense en noeuds,
est donné figure IV 5-b.
Le profil de dopage de la structure complète est représenté figure IV 6. Le plan XY
correspond au maillage de la structure et la troisième dimension donne le niveau de dopage
net de chaque noeud de la maille en fonction de ses coordonnées (x,y).
x
y
Figure IV 6: Profil de dopage en fonction des coordonnées (x,y) des noeuds.
4. Phase d’apprentissage
Afin d'explorer toutes les possibilités du logiciel, une phase d'apprentissage fut
indispensable. Nous avons donc commencé par étudier l’influence des paramètres physiques
et technologiques (process) sur les paramètres électriques de l'IGBT. Cette étude s’avérera
très utile pour la suite de nos travaux, surtout pour l'ajustement et la calibration des modèles
physiques utilisés.
102
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
Les paramètres électriques tels que la tension de seuil pour le MOSFET (Vth) et le gain en
courant pour le transistor bipolaire (β) sont importants pour effectuer une bonne simulation de
l’IGBT. Le réglage de ces deux paramètres est donc très critique pour réaliser une bonne
simulation.
Le réglage de la tension de seuil peut se faire en jouant sur plusieurs paramètres process:
1- le profil de dopage dans le canal.
3- l'épaisseur de l'oxyde
Plus il y a de paramètres indéterminés à faire varier, plus l’ajustement est complexe. Il faut
donc fixer le maximum de paramètres possibles afin d’alléger cette tâche. Le troisième peut
être déterminé par mesures C-V dans le cas d'un MOSFET à canal long, le quatrième
paramètre est éliminé. Dans ce cas là, il en reste deux à ajuster.
Comme attendu, une augmentation du niveau de dopage du puits P s'accompagne par
une augmentation de la tension de seuil Vth et inversement l'augmentation du facteur QF
relatif aux états d'interfaces s'accompagne d'une diminutaion de Vth. On remarque également
que le niveau de dopage de la couche épitaxiée N- influe sur la tension de seuil [[Link] 95].
Concernant le gain β, une multitude de paramètres peuvent l'affecter. Les plus influants sont:
1- le profil de dopage;
Les modèles physiques utilisés pour le silicium et leurs paramètres sont connus et définis dans
la littérature. On a donc retenu les paramètres définis par défaut dans le logiciel. En revanche,
les durées de vie des porteurs sont relativement mal connues puisqu'elles dépendent entre
autres du procédé de fabrication, ces paramètres sont donc à ajuster pour obtenir la bonne
valeur de β. Leur ajustement permet également de régler les temps de commutation du
transistor.
Le but de cette étude étant de simuler les effets induits par l'irradiation aux électrons
sur l'IGBT. Cette technique permet d’optimiser les performances de l'IGBT. Le modèle de
103
chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons
pn − ni2 (IV 4)
RSRH =
E − Ei E − Et
τ p n + ni exp t + τ n p + ni exp i
kT kT
où Et est le niveau d’énergie du piège et τn et τp la durée de vie des électrons et des trous. Ces
durées de vie dépendent des concentrations suivant les relations empiriques [SIL.A 95]:
τ no τ po
τn = (IV 5) et
τp = (IV 6)
N N
1+ 1+
N SRHn N SRHp
où N est la concentration totale des impuretés et NSRHn, NSRHp, τno et τpo sont des constantes à
spécifier.
La couche épitaxiée N- est, relativement, la couche la plus sensible aux effets induits
par irradiation, or l’IE introduit dans cette couche des centres susceptibles de capter des
électrons et par conséquent d’augmenter indirectement son niveau de dopage. En utilisant les
équations IV 5 et IV 6, ceci se traduit par une diminution de la durée de vie. Nous avons donc
supposé que l’ajout de charges négatives dans la structure permettait de modéliser les effets
de l’IE sur les IGBTs en respectant au mieux la réalité physique des phénomènes qui se
produisent. La concentration effective utilisée pour la simulation sera donc prise comme la
104
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
n t = ∑α =1 n αt p t = ∑β=1 pβt
k l
avec : et
Knα + G pα
n =N
α α (IV 7)
G +G + K + K
α α α α
t ta
p n p n
K pβ + Gnβ
p =N
β β (IV 8)
G +G + K + K
β β β β
t td
p n p n
K p = σ pV p p , Kn = σ nVnn (IV 9)
1 E − Et
G p = σ pV p nie exp i (IV 10)
γ kT
E − Ei
Gn = γσ nVn nie exp ti (IV 11)
kT
105
chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons
k l
R = ∑ Rα + ∑ Rβ (IV 12)
α =1 β =1
où
Les durées de vies des électrons et des trous τn et τp sont reliées aux sections efficaces de
capture σn et σp par:
1 1
τn = et τp = (IV 14)
σ nVn N t σ pVp N t
5.2.1 Introduction
Pour simuler les effets de l’irradiation par électrons sur le fonctionnement de l’IGBT,
le modèle de simulation de densité de défauts disponible dans ATLAS II a été utilisé
[[Link]]. Des défauts ayant les mêmes caractéristiques que ceux créés par IE ont été
introduits dans toutes les couches de la structure IGBT. Les niveaux d'énergie et les sections
efficaces de capture sont extraits de la littérature [BAL.K 77], [WER 58]. En effet l'IE
provoque l'introduction dans le silicium d'un niveau accepteur à 0.27eV au-dessus de la bande
de valence, dont les sections de capture sont égales à σn=8x10-13cm-2 et σp=9.5x10-15 cm-2
respectivement pour les électrons et pour les trous, et d’un niveau donneur à 0.16 eV au-
dessous de la bande de conduction avec σn= σp=2x10-15cm-2. Les densités de défaut
correspondantes à chaque dose ont été déterminées par un processus itératif où les
caractéristiques simulées sont ajustées avec celles obtenues expérimentalement. La démarche
suivie est la suivante:
D'abord les paramètres des modèles physiques choisis sont calibrés afin d'ajuster les
caractéristiques simulées avec celles mesurées, pour l’IGBT non irradié, en statique et en
dynamique. Ensuite les densités de défauts sont ajustées pour obtenir les mêmes
106
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
caractéristiques statiques mesurées, que les IGBTs irradiés. Les caractéristiques dynamiques
servent de critères de validation.
Une fois la méthode de simulation validée, les évolutions des deux paramètres les
plus critiques dans le choix d’un IGBT, à savoir la tension de déchet (paramètre statique) et le
temps de fermeture (paramètre dynamique), en fonction de la dose d’irradiation sont
analysées. Cette procédure permet d’effectuer le choix de la dose donnant le meilleur
compromis entre ces deux grandeurs variant de façon antagoniste et par conséquent
d’optimiser les performances de l’IGBT.
Enfin la simulation a permis d’étudier les effets de l’irradiation sur le latchup et de donner des
informations non accessibles expérimentalement. Le latchup étant un phénomène pouvant
provoquer la destruction du composant. Une étude expérimentale est donc très délicate et
coûteuse.
5.2.2 Calibrage
L’IGBT étudié est de la série IRGBC20S de chez International rectifier, dont les
cellules sont de forme hexagonale. La symétrie cylindrique, option disponible dans ATLAS
II, est utilisée afin de permettre une meilleure simulation. Les résultats de simulation
correspondent donc à ceux d’une structure cylindrique d’axe de révolution x=0, ce qui permet
d’avoir une simulation pseudo 3D pour une cellule unique de l’IGBT. Pour remonter aux
grandeurs réelles de l’IGBT complet, il suffit de tenir compte d’un facteur multiplicatif égal
au nombre de cellules constituant le composant (≅5500 dans notre cas).
Une fois le maillage de la structure effectué, une première analyse en statique est
nécessaire afin de régler les principaux paramètres tels que: la tension de seuil du transistor
MOSFET, la conductivité, la durée de vie des porteurs minoritaires, les temps de
commutation et le gain en courant du transistor PNP etc..... Une confrontation systématique
des résultats simulés avec ceux mesurés permet de valider ce premier calibrage.
Les listings des programmes définissant la structure de l’IGBT et les différentes simulations
effectuées sont donnés en annexe I.
107
chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons
ajustée pendant le calibrage des modèles physiques. De ce fait la tension de déchet simulée est
la même que celle mesurée, soit 0.83V.
En conservant la même structure et les mêmes paramètres, nous avons introduit des densités
de défauts avec les niveaux d’énergie et les sections efficaces de captures définis au
paragraphe 5.2.1.
Après ajustement, une densité de défauts de 4x1013cm-3 a été retenue pour simuler une
dose de 1Mrad(Si). Les autres doses sont obtenues par extrapolation linéaire. Les
caractéristiques IAK=f(VAK) mesurées et simulées sont données sur les figures IV 7-a et IV 7-b
pour l’IGBT non irradié et pour les trois doses d’irradiation: 1 Mrad(Si), 4 Mrad(Si) et
8Mrad(Si). Les tensions de déchet mesurées et simulées sont données dans le tableau IV 1.
Un parfait accord est obtenu pour les différentes doses.
Tableau IV 1: Tensions de déchet en Volts mesurées et simulées pour l’IGBT non irradié et pour
trois doses d’irradiation.
Une série de simulation a été réalisée pour permettre de tracer la courbe complète
donnant l’évolution de la tension de déchet en fonction de la dose d’irradiation (figure IV 8).
Comme prévu, la tension de déchet augmente avec la dose, ce qui correspond donc à une
dégradation. Une évolution presque linéaire est observée à partir de 2Mrad(Si). Des points
correspondant aux résultats expérimentaux sont superposés à la courbe simulée.
108
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
0.10
0Mrad(Si)
0.08 1Mrad(Si)
0.06 4Mrad(Si)
IAK (A)
8Mrad(Si)
0.04
0.02
0.00
Figure IV 7-a: Caractéristiques IAK=f(VAK) mesurées pour l’IGBT non irradié et pour 3 doses
d’irradiations.
20
NR Nt=0
15 Nt= 4x1013cm-3
Nt=16x1013cm-3
10 Nt=32x1013cm-3
IAK (uA)
VAK (V)
Figure IV 7-b: Caractéristiques IAK=f(VAK) simulées pour l’IGBT non irradié et pour 3 doses
d’irradiations.
109
chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons
1,20
1,15
Tension de déchet (V)
1,10
1,05
1,00
0,95
0,90
Simulation
0,85 Mesures
0,80
0 2 4 6 8 10 12 14 16
Dose d’irradiation (Mrad)
La réponse du courant à une impulsion de tension de grille (0/15V) simulée pour les
différentes doses d’irradiation est donnée figure IV 9. Les valeurs des durées de vie (τ) et des
temps de fermeture (tf) mesurées et simulées sont données dans le tableau IV 2. Le temps de
fermeture est le temps nécessaire pour que le courant passe de 90% de sa valeur continue
110
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
avant la fermeture à 10% de celle-ci. La durée de vie est obtenue à partir de la traînée (Chap. I
para. 5.2).
1,5
NR
1Mrad(Si)
1,0 4Mrad(Si)
IAK (mA)
8Mrad(Si)
0,5
0,0
Figure IV 9: Réponse du courant à une impulsion de tension de grille pour les 3 doses
d’irradiation et pour l’IGBT non irradié
Tableau IV 2: Temps de fermeture et durées de vie des porteurs minoritaires obtenus par mesures et
par simulation.
111
chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons
tf simulée
1,5
τ mesurée
tf simulée
τ mesurée
1,0
tf (µ s)
0,5
0,0
0 2 4 6 8 10 12 14 16
Dose d'irradiation (Mrad)
1 1
Afin de vérifier la validité de la relation empirique = + K ⋅ Φ, une
τf τi
112
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
1E-6
Simulé
Calculé
Mesuré
1E-7
1011 1012 1013 1014
Figure IV 11: Temps de fermeture en fonction de la dose obtenus par mesures, par simulation et en
1 1
utilisant la relation = + K ⋅ Φ.
τf τi
L’optimisation des performances de l’IGBT par irradiation aux électrons se fait par le
choix de la dose qui permet le meilleur compromis entre le temps de commutation et la
tension de déchet. Ce compromis étant bien entendu fonction de l’application envisagée. La
méthode de simulation proposée, qui à partir d’une dose d’irradiation donnée peut prévoir les
paramètres électriques du composant, permettra donc de faciliter le choix de la dose optimum.
Cette simulation se présente comme un outil économique en terme de temps et de coûts car
les tests expérimentaux font appel à des irradiations.
Pour rendre l’optimisation plus aisée, nous avons tracé, pour une série de doses
simulées, la courbe donnant l’évolution du temps de fermeture en fonction de la tension de
déchet (figure IV 12). Pour des applications mettant en jeu des hautes fréquences il faudra
privilégier le temps de fermeture, par contre pour celles mettant en jeu des hautes tensions et
des basses fréquences c’est la valeur de la tension de déchet qui sera privilégiée. Le choix du
point optimum pourra être effectué sur cette courbe.
113
chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons
2,0
0 Mrad
0.125
Temps de fermeture (µ s)
1,5
0.25
0.5
1,0
1
2
0,5 3
4 6 8 16 Mrad
0,0
Figure IV 12: Variation du temps de fermeture en fonction de la tension de déchet pour différentes
doses d’irradiation.
114
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
1 1
= + Kφ (IV 16)
β( φ ) β o
L’évolution de β en fonction de la dose obtenue ici par simulation est conforme aux résultats
obtenus par Dale et al.
3,5
3,0
Inverse du gain (1/ β)
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Dose (Mrad(Si)
Figure IV 13: Variation de l’inverse du gain en courant β en fonction de la dose d’irradiation aux
électrons obtenue par simulation
D’autre part l’IE augmente la résistance Rp par l’introduction de défauts dans la couche P+
[[Link] 86]. La séparation des effets antagonistes de ces deux paramètres (Rp et β) n’étant
pas possible, une étude analytique de la variation du courant latchup en fonction de la dose ne
peut donc pas se faire. La simulation numérique 2D constitue un moyen efficace pour
déterminer quantitativement l’évolution du latchup avec la dose d’irradiation [[Link] 96],
[[Link] 97] et pour localiser les zones sensibles dans la structure provoquant le
déclenchement.
Les caractéristiques I-V montrant le début du déclenchement du latchup pour
différentes doses sont données figure IV 14. La saturation observée pour les fortes doses fait
115
chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons
suite à une amélioration de la tenue de la structure au latchup. Cette tenue atteint sa valeur
optimum lorsque la dose atteint 6Mrad(Si).
3,5
3,0
2,5 16Mrad
12Mrad
2,0 11Mrad
IAK (mA)
10Mrad
1,5 09Mrad
08Mrad
1,0 06Mrad
04Mrad
0,5 02Mrad
01Mrad
0,0 Non Irradié
0 2 4 6 8 10
VAK(V)
Figure IV 14: Caractéristiques I-V obtenues par simulation et limitées par le latchup pour l'IGBT
non irradié et des IGBTs soumis à différentes doses.
Les lignes de courant des figures IV 15-a et IV 15-b sont obtenues pour une
polarisation des IGBTs les situant à la limite de l'apparition du latchup. Ces lignes
correspondent donc au chemin naturellement emprunté par le courant dans le cas d'un
fonctionnement normal. Une partie du courant (Ib) passe par le canal se formant en surface de
la zone P sous la grille. L'autre partie (Ic) circule directement entre l’anode et la cathode.
Nous remarquons que pour l'IGBT irradié la proportion du courant passant par le canal est
plus importante comparée à celle de l'IGBT non irradié. Ceci illustre bien la diminution du
gain β en fonction de la dose.
116
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
Figure IV 15: Flux de courant montrant le chemin naturel du courant dans l’IGBT avant le déclenchement du latchup
Figure IV 16: Flux de courant obtenu par simulation après le déclenchement du latchup.
Le flux de courant après le déclenchement du latchup qui pour l’IGBT non irradié,
présente une zone de surintensité (SI) en courant apparaît dans la structure le long de la
117
chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons
jonction PN-. Cette zone correspond à la mise en conduction du transistor NPN et à l’injection
d’électrons dans sa base. Le rapport des densités de courant, aux environs de la jonction PN-,
après et avant le latchup, est d’un facteur 2500. Ce facteur n’est que de 5 pour l’IGBT irradié.
6. Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté les différents logiciels utilisés pour réussir la
simulation électrique à partir de la structure physique du composant étudié. L’aspect
apprentissage est relativement développé. Il représente une étape incontournable pour le
développement d’applications. Une synthèse de ce travail consistant à donner la méthodologie
utilisée pour mener à bien une simulation depuis la réalisation de la structure jusqu’à
l’obtention des caractéristiques électriques a été également détaillée.
Par la suite une méthode permettant de simuler les effets de l’irradiation aux électrons
sur le fonctionnement de l’IGBT a été proposée. Une confrontation de ses résultats avec ceux
obtenus par mesures expérimentales en statique et en dynamique, sur une série d’IGBT
irradiés à différentes doses, a permis la validation de la méthode. Celle-ci consiste à introduire
des densités de défauts dans toutes les couches de la structure de l’IGBT. Ces défauts ont les
mêmes caractéristiques, sections efficaces de capture et niveau d’énergie dans le gap, que
ceux introduits réellement par l’irradiation.
Une fois cette méthode validée, son utilisation a été étendue à l’étude de l’évolution du
courant de latchup en fonction de la dose d’irradiation, le déclenchement du latchup pouvant
provoquer la destruction du composant. La méthode proposée permet donc de minimiser le
nombre de cycles fabrication-irradiation-test et ainsi d’économiser les coûts d’étude et de
caractérisation relatifs à l’irradiation.
118
Chap IV: Simulation des Effets des Irradiations par Electrons.
Bibliographie
[BAL.K 77] B. J. Baliga and S. Krishna "Optimization of Recombination Levels and their
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[[Link] 95] O. Elmazria, J-P Charles, and B. Lepley ‘‘Simulation of Irradiation Effects
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[[Link] 84] M. R. Pinto, C. S. Rafferty, and R. W. Dutton ‘‘PISCES II, User’s Manual’’,
The Board of Trustees of the Leland Stanford Junior University, Copyright 1984.
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[ROB 87] P. Robinson et al. ‘‘Packaging, Testing, and Hardness Assurance’’, IEEE
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[SIL.A 95] SILVACO International, ATLAS II, 2D Device Simulation Framework, User
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120