Chers camarades étudiants,
Mesdames et Messieurs,
C'est avec un profond sentiment de responsabilité que je prends la parole
aujourd'hui en tant que président des étudiants de l'Institut Supérieur de
Technologie de Mamou. Nous vivons un moment crucial de l'histoire de notre
pays, un moment où nous sommes appelés à participer activement à l'élaboration
de la future Constitution de notre cher pays.
La Constitution est plus qu’un simple document juridique. Elle est l’expression
de notre vision commune, le reflet de nos aspirations et le fondement de notre
avenir en tant que nation. Ce projet de nouvelle Constitution, tel qu'il nous est
présenté, marque une étape décisive dans la quête d’une gouvernance plus
inclusive, d’un État de droit renforcé et d’une démocratie véritablement
participative.
En tant qu’étudiants, nous sommes témoins au quotidien des défis auxquels
notre pays fait face. L’accès limité à une éducation de qualité, les inégalités
sociales, la faible représentation des jeunes dans les instances de décision, et les
difficultés d’accès à des opportunités économiques ne sont que quelques-uns des
problèmes que nous devons surmonter.
L’avant-projet de la nouvelle Constitution semble répondre à certaines de ces
préoccupations. Il met en avant des valeurs d’unité nationale, de solidarité et de
développement durable. De plus, il insiste sur l’importance de garantir les droits
fondamentaux de chaque citoyen, notamment le droit à l’éducation, à la santé et
à la justice sociale. Ces principes, chers camarades, sont au cœur de nos attentes
en tant que jeunesse consciente et engagée.
Face à l’avant-projet de Constitution, nous, étudiants, avons formulé des
propositions concrètes pour enrichir ce texte et mieux répondre aux aspirations
de la jeunesse guinéenne :
1. Un stage obligatoire pour les étudiants en fin de cycle universitaire :
Bien que l’article 21 de l’avant-projet évoque les stages, il reste général et ne
précise ni leur caractère obligatoire, ni leur durée, ni les mécanismes de mise en
œuvre.
Or, cette mesure vise à renforcer le lien entre la formation académique et les
exigences du marché du travail. Elle permettrait :
• Un transfert effectif des compétences entre les entreprises et les jeunes
diplômés.
• Une meilleure adaptation des étudiants aux réalités du monde
professionnel.
• Une contribution significative à la lutte contre le chômage des jeunes.
En intégrant cette disposition, l’État poserait un socle solide pour garantir
l'employabilité et l'autonomisation des jeunes.
2. Représentation des étudiants dans les instances décisionnelles :
L’avant-projet reste silencieux sur la participation des étudiants aux processus
décisionnels. Pourtant, inclure des représentants étudiants dans les conseils
universitaires et les organes liés à l’éducation et à la formation garantirait que les
préoccupations des jeunes soient entendues et prises en compte. Nous plaidons
pour l’intégration explicite de cette mesure dans la Constitution.
3. Garantie d’une éducation de qualité :
Bien que l’avant-projet mentionne le droit à l’éducation, il reste vague sur les
mesures pratiques pour en assurer la qualité. Nous recommandons d’intégrer :
• Des infrastructures modernes et bien équipées.
• Des programmes pédagogiques actualisés et adaptés aux besoins du
marché.
4. Protection des droits des étudiants :
Il est essentiel d’inclure dans le texte constitutionnel des dispositions spécifiques
garantissant :
• La liberté d’expression dans les espaces académiques.
• Le droit des étudiants de se réunir pacifiquement et de s’associer pour
défendre leurs intérêts.
Ces propositions, loin d’être exhaustives, reflètent notre volonté de contribuer
activement à un projet de société où la jeunesse sera un moteur de
développement. Comme l’a si bien dit Nelson Mandela : « L’éducation est
l’arme la plus puissante pour changer le monde. » C’est en participant
activement à ce processus que nous pouvons garantir une Constitution qui
reflète les aspirations de la jeunesse.
Le chemin vers une Guinée meilleure passe par l’unité, la compréhension
mutuelle et l’action collective. Nous ne pouvons pas nous permettre de rester en
marge de ce processus historique. Notre engagement aujourd’hui déterminera le
type de société que nous laisserons aux générations futures.
Ainsi, je lance un appel solennel à vous tous : mobilisons-nous pour faire
entendre la voix de la jeunesse dans ce débat constitutionnel. Élevons nos
aspirations au-delà des clivages, des intérêts personnels ou des idéologies.
Soyons des bâtisseurs d’avenir, des porteurs de changement, et des défenseurs
des valeurs qui feront de la Guinée une nation plus forte et plus prospère.
Chers camarades, mesdames et messieurs, l’avant-projet de la nouvelle
Constitution n’est pas une fin en soi, mais un point de départ. À nous, étudiants,
de nous en saisir et de le transformer en un outil au service de l’intérêt général.
Ensemble, faisons entendre notre voix et construisons une Guinée digne de nos
rêves et de nos ambitions.
Vive l'enseignement supérieur !
Vive l'Institut Supérieur de Technologie de Mamou !
Vive la jeunesse guinéenne !
Je vous remercie.