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Liquéfaction des sols à Béjaia, Algérie

Cette étude évalue le potentiel de liquéfaction de la plaine alluviale de Béjaia, en Algérie, en raison de son activité sismique élevée. Elle utilise une méthode empirique basée sur le test de pénétration au cône (CPT) et une analyse numérique avec le logiciel FLAC2D. Les résultats montrent que les sols de la région présentent une susceptibilité significative à la liquéfaction, ce qui soulève des préoccupations pour les structures construites sur ces sols.

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Liquéfaction des sols à Béjaia, Algérie

Cette étude évalue le potentiel de liquéfaction de la plaine alluviale de Béjaia, en Algérie, en raison de son activité sismique élevée. Elle utilise une méthode empirique basée sur le test de pénétration au cône (CPT) et une analyse numérique avec le logiciel FLAC2D. Les résultats montrent que les sols de la région présentent une susceptibilité significative à la liquéfaction, ce qui soulève des préoccupations pour les structures construites sur ces sols.

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Journées Nationales de Géotechnique et de Géologie de l’Ingénieur – Champs-sur-Marne 2018

ÉVALUATION DU POTENTIEL DE LIQUEFACTION DE LA PLAINE


ALLUVIALE DE BEJAIA, AU NORD-EST DE L'ALGERIE
EVALUATION OF LIQUEFACTION POTENTIAL OF ALLUVIAL PLAIN OF
BEJAIA, NORTHEAST OF ALGERIA

Mohamed KHIATINE 1, Ramdane BAHAR 2, Philippe REIFFSTECK 3


1
PhD Student, USTHB, LEEGO, Bab Ezzouar, Algiers, Algeria (khia_med@[Link]).
2
Professor, USTHB, LEEGO, Bab Ezzouar, Algiers, Algeria (rbahar@[Link]).
3
Senior Researcher, IFSTTAR, Université Paris-Est, Champs-sur-Marne, France
([Link]@[Link]).

RÉSUMÉ – Le nord de l'Algérie est une zone fortement sismique avec une activité
importante au cours des dernières décennies. Par conséquent, la liquéfaction du sol est
une préoccupation majeure pour de nombreuses structures constituées ou reposant sur
des sables ou sols sableux. Cette communication présente une analyse pour évaluer le
potentiel de liquéfaction de la plaine alluviale de la zone portuaire de Béjaia, en utilisant
une méthode empirique basée sur les mesures au pénétromètre statique (CPT) et une
analyse numérique mettant en œuvre le code de calcul FLAC2D.

ABSTRACT – Northern Algeria is a highly seismic zone with a high activity in recent decades.
Soil liquefaction is a major concern for many structures built with and lying on sands or sandy
soils. This paper presents an analysis to evaluate the liquefaction potential of the alluvial plain of
the port area of Bejaia, using an empirical method based on the cone penetration test (CPT) and a
numerical analysis using FLAC2D software.

1. Introduction
L’un des aspects spectaculaire de l’événement sismique est l’effondrement des ouvrages,
suite à la dégradation de la résistance au cisaillement des sols pulvérulents et limoneux
de faible compacité. Ce processus de perte de résistance de tels sols correspond au
phénomène de la liquéfaction. Il existe maintenant un consensus sur l’identité du
phénomène qui peut être résumé par la définition proposée par Sladen et al. (1985), qui
rejoint celles données par Seed (1979) et par Castro et Poulos (1977) : « La liquéfaction
est un phénomène dans lequel une masse de sol perd un pourcentage important de sa
résistance au cisaillement, sous l’action d’un chargement monotone ou cyclique, quasi
statique ou dynamique, et s’écoule de manière semblable à un liquide jusqu’à ce que les
contraintes de cisaillement auxquelles est soumis le matériau puissent être équilibrées par
sa résistance au cisaillement réduite », (in Canou et al 2002).
La littérature géotechnique est riche d'exemples de dégâts majeurs clairement
imputables à la liquéfaction d'origine sismique des massifs sableux. Citons, par exemple :
le tremblement de terre à Niigata au Japon en 1964 (Seed et Idriss, 1967) ou celui
d'Alaska (Seed, 1968) et le séisme Nihonkai-Chubu (1983) et Kobe (1996) au Japon,
Loma Prieta en Californie (1989) et Luzon aux Philippines (1990) ou Izmit en Turquie
(1999).
Au cours des 30 dernières années, plusieurs études ont été réalisées afin de
comprendre le comportement des sols lors du chargement cyclique (Atkinson et al., 1991,
Tatsuoka et al., 1980), et des méthodes empiriques basées sur le SPT (Seed et Idriss,
1971), le CPT (Robertson et Wride, 1998) et la vitesse des ondes de cisaillement (Andrus
et Stokoe, 2000) ont été proposées pour analyser le potentiel de liquéfaction des sols.

1
Journées Nationales de Géotechnique et de Géologie de l’Ingénieur – Champs-sur-Marne 2018

Cette communication présente et discute la susceptibilité du nouveau quai de Bejaia à


la liquéfaction à partir d’une méthode empirique basée sur le CPT et d’une analyse
numérique en utilisant le logiciel FLAC2D en prenant en compte le modèle de
comportement de Finn.

1.1. Caractéristiques géologiques et géotechniques de la zone d'étude


La plaine alluviale de Bejaia est une dépression, située entre deux montagnes, Gouraya
au nord et Sidi Boudraham au sud-ouest. La dépression a été comblée par des alluvions
fines des rivières Soummam et Seghir et interpénétrés dans des dépôts marins
transgressifs (figure 1). Cette plaine alluviale se compose essentiellement de dépôts de
sols sédimentaires d'âge quaternaire (figure 2). Les formations géologiques trouvées dans
la région sont : les alluvions anciennes présent par des graviers marneux, des galets et
des sables enveloppés dans une matrice de limons; les alluvions marécageuses
constituées d'éléments fins représentés par du limon et de la vase avec des intercalations
de sable fin; les alluvions récentes qui sont des dépôts un peu vaseux couvrant la plus
grande partie de la plaine et composé de sols hétérogènes représentés par de l'argile
graveleuse avec présence de quelques cailloux et blocs.
Figure 1 Figure 2

Figure 1. Vue de la ville de Béjaia par photographie aérienne.


Figure 2. Carte géologique détaillée de Béjaia extraite de l'échelle 1/50 000.

Sur le plan géotechnique, la plaine alluviale est composée de matériaux fins (limon,
argile) plus ou moins vaseux et de sables déposés sur un substratum marno-calcaire
d'âge Crétacé localisé à environ 30 à 40 m de profondeur. De nombreuses études
géotechniques ont été réalisées dans la zone portuaire pour évaluer la résistance au
cisaillement des sols et leur degré de constructibilité. Il apparaît que les couches
superficielles de nature alluviale, majoritairement sableuses et parfois hétérogènes, n'ont
pas encore atteint un degré de consolidation suffisant. Leur portance est donc faible et
leur compressibilité élevée (Sadaoui et Bahar, 2017). L’implantation des sondages
carottés et d’essais CPT in-situ, le profil de sol typique et les propriétés géotechniques
des différentes couches de sol sont illustrés sur les figures 3 et 4 et par le tableau 1.

2
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Figure 3. Implantation des tests géotechniques et géophysiques dans la nouvelle zone portuaire
de Bejaia sur Google Earth.

Résistance en pointe Résistance au Coefficient de frottement


qc (bars) frottement qf (bars) RF (%)
Nature lithologique
0 50 100 150 200 250 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 0 4 8 12 16 20 24
niveau d'eau
0 0
Recouvrement (Remblais; TVO) Légende
P1
5 5 P2
P3
Sable fin limoneux vaseux P4
10 10 P5
P6
P7
15 15
P8
P9
P10
20 20
Profondeur (m)

P11
Profondeur (m)

Sable vaseux très compressibles P12


25 25 P13
P14
P15
30 30 P16
P17
P18
35 35
P19
P20
40 40 P20-bis
Argile graveleuse plastique beige PS-01
PS-02
45 45 Légende: PS-03
nouveau quai de Bejaia (sols non renforcé) PS-04
Marne grise compacte Silo 80 000T - CEVITAL complex (essai CPT réalisé aprés un traitement par des colonnes ballastées)
(substratum) PS-05
50 50

Figure 4. Résultats des essais de pénétration statique de la zone portuaire de Bejaia (CPT).

Tableau 1. Caractéristiques physiques et mécaniques des couches de sol.


Caractéristiques du sol Vase Sable fin vaseux Marne
Poids volumique sec d (kN/m ) 13,60 –16,80 14,90 – 17,50 16,60 – 17,10
3

Poids volumique humide h(kN/m )


3
18,20 – 20,40 18,80 – 21,00 20,40 – 20,50
Teneur en eau w (%) 21,90 – 33,50 19,80 – 32,00 19,50 – 23,40
Degré de saturation Sr (%) 91– 96 88 – 99 90,7 – 100
Limite de liquidité wL (%) 47 – 48 34 – 43 46 – 48
Indice de plasticité Ip (%) 23 – 24 20 – 24 24 – 25
Angle de frottement (°) 5–8 10 – 24 18 – 20
Cohésion c (kPa) 10 – 39 20 – 105 16 – 32
Pression de préconsolidation σc’ (kPa) 76 – 215 238 – 344 271 – 337
Indice de compression Cc (%) 10,40 – 26,40 9,05 – 17,42 16,94 – 18,27
Indice de gonflement Cg (%) 1,91 – 3,86 0,99 – 2,26 4,10 – 10,91

3
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2. Analyse de la liquéfaction du sol

2.1 Méthode empirique


Les méthodes empiriques sont largement utilisées dans l'ingénierie sismique
géotechnique et en particulier pour l'évaluation de la liquéfaction. Dans la présente étude,
le potentiel de liquéfaction a été étudié par la méthode empirique basée sur les essais
CPT (Robertson et Wride, 1998) réalisés au niveau du nouveau quai de Bejaia. Cette
approche nécessite l'estimation des variables CSR et CRR pour évaluer la liquéfaction du
sol. Le CSR est la contrainte de cisaillement développée par la contrainte sismique
(rapport de contrainte cyclique). Le CRR représente le cisaillement cyclique non drainé
(rapport de résistance cyclique du sol). Le rapport des deux paramètres (CRR/CSR)
permet d'évaluer un facteur de sécurité (FS) en utilisant CSR et CRR comme indiqué ci-
dessous. L'analyse a été faite pour trois niveaux d’aléa de sollicitation sismique
(magnitude M = 5,6, 6,8 et 7,5). Pour toutes les amplitudes considérées, l'accélération de
surface est choisie comme 0,15 g et 0,25 g dans l'étude.
Le CSR est calculé par la formule suivante :
 2 a max  vo
CSR  '  rd (1)
 vo 3 g 'vo
amax est l'accélération de surface du sol comprise entre 0,15 et 0,25 fois celle de la
gravité terrestre selon le code sismique algérien de la ville de Bejaia, g est l'accélération
de la gravité et rd est un coefficient de réduction des contraintes de cisaillement. σv0 est la
contrainte totale verticale à la même profondeur et σ'v0 est la contrainte verticale effective
initiale.
Dans la méthode initiale, l'essai de pénétration au cône (CPT) est utilisé pour
déterminer le rapport de résistance cyclique du sol in-situ. La méthode de Robertson et
Wride (1998), d'origine empirique, implique de calculer l'indice Ic du comportement du sol,
à travers un processus itératif relativement laborieux, mais qui peut facilement être
programmé sur un ordinateur. La première étape consiste à déterminer l'indice de
comportement du sol Ic écrit dans le cas général comme suit :

Ic  3.47  log Q  log Rf  1.22
2

2 0.5
(2)

Q
q 
  vo   ref 
c
n

  (3)
 ref  'vo 
fs
R f (%)  100x

q c   vo  (4)

Q est connu sous le nom de résistance de pointe normalisée, et Rf est le taux de


frottement normalisé du manchon pénétrométrique. Le frottement latéral fs est mesuré sur
le manchon de friction lors de l'essai au CPT. Les paramètres Q et Rf sont également
utilisés pour classer le sol, à la profondeur étudiée, au moyen d’un diagramme de
classification empirique, tel que proposé par Robertson (1990) sur la figure 5. Les valeurs
de l'exposant n sont données en fonction de la nature du sol, qui nécessite des itérations
sur n et Ic.
Où σref et σ'v0 sont respectivement une contrainte de référence égale à 100 kPa et la
contrainte verticale effective initiale.

4
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1000 Graphe Légende

1 Sols fins argileux ou silts sensibles

2 Sols organiques et tourbes

m , ing
ta e
c e CR e a s

n
en ag
3 Argiles à argiles silteuses

tio
Résistance de pointe normalisée Q

No

O cr
In
rm
100 4 Silts argileux à argiles silteuses

all
y
6
2.

Co
= 5 Sables silteux à silts sableux
Ic

ns
In

6 Sables propres à sables silteux


cr

oli
e as

da
in
g

7 Sables à sables graveleux


ted
Ic

& ng
e
8 Sables cimentés ou dilatants

R si
ag
10

C a
O cre
In
9 Sols fins intermédiaires très raides
g
s in
rea ty
Inc sitivi
n
Se
Légende:
Sols existant en place
nouveau quai de Béjaia
1
0.1 1.0 10.0
Rapport de frottement normalisé ()
Figure 5. Classification des sols en place selon le diagramme de Robertson (1990).

La deuxième étape consiste à déterminer la résistance de pointe CPT corrigée q c1 en


utilisant la formule suivante :
q
q1c = c [σ ref / σ 'vo ]
n
(5)
σ ref
0.6

0.25 < D50 (mm) < 2.0


M=7.5 FC (%) 5


0.5

CPT Clean Sand


Rapport de résistance cyclique (CRR)

Base Curve
Liquefaction
0.4

No Liquefaction
0.3

0.2

Légende:
0.1 Sols existant en place
nouveau quai de Béjaia

NCEER(1996)
Workshop
0.0
0 50 100 150 200 250 300
Résistance en pointe corrigée CPT , qc1 (MPa)

Figure 6. Résultats du rapport de résistance cyclique selon qc1 (, contrainte de cisaillement limite).

5
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La figure 6 construite pour un séisme de magnitude de 7.5 peut être utilisée pour
déterminer le rapport de résistance cyclique du sol in-situ. Pour une magnitude différente
de 7,5, on multiplie ce coefficient par un coefficient Kσ pour tenir compte de la contrainte
verticale effective du poids de la terre supérieure à 100 kPa et par un coefficient Km donné
par la formule suivante, dans laquelle M désigne la magnitude du séisme :
102.24
K m = 2.56 (6)
M
La dernière étape consiste à déterminer le facteur de sécurité. Notez que la figure 6
a été développée pour un séisme prévu d'une magnitude de 7,5. Les facteurs d'échelle de
magnitude peuvent être utilisés si la magnitude du tremblement de terre anticipée est
différente de 7,5. La figure 6 a également une courbe qui doit être utilisée en fonction du
pourcentage de fines dans le sol (FC pourcentage de fines dans le sol). Pour une valeur
de qc1 donnée, les sols avec plus de fines ont un rapport de résistance cyclique plus
élevé. Les figures 7 et 8 montrent les résultats du calcul du coefficient de sécurité par
rapport à la liquéfaction à partir des données des essais de pénétration au cône (CPT).
Cyclic Stress Cyclic Resistance Facteur de sécurité Fs=CRR/CSR Facteur de sécurité Fs=CRR/CSR Facteur de sécurité Fs=CRR/CSR
Ratio (CSR) Ratio (CRR) (amax=0.15 g - M=7.5 ) (amax=0.15 g - M= 6.8) (amax=0.15 g- M=5.6)
0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.0 1.0 2.0 3.0 4.0 0.0 1.0 2.0 3.0 4.0 0.0 1.0 2.0 3.0 4.0
0
2 Légende :
M=7.5
4
6
8
10
12
14
16
Profondeur (m)

18
20
22
Pas de liquéfaction

24

Pas de liquéfaction
26
Liquéfaction certaine
Liquéfaction certaine

28
Liquéfaction certaine

Pas de liquéfaction

30

Peu probable
32
Peu probable
Peu probable

Probable
34
Probable
Probable

36
Legend Légende : Légende :
38 amax=0.15 g M=6.8 M=5.6
40

Figure 7. Facteurs de sécurité vis-à-vis de la liquéfaction (Robertson et Wride, 1998) calculés pour
trois magnitudes sismiques (M = 7,5, 6,8 et 5,6) et l'accélération amax = 0,15 g.
Cyclic Stress Cyclic Resistance Facteur de sécurité Fs=CRR/CSR Facteur de sécurité Fs=CRR/CSR Facteur de sécurité Fs=CRR/CSR
Ratio (CSR) Ratio (CRR) (amax=0.25 g - M=7.5 ) (amax=0.25 g - M= 6.8) (amax=0.25 g- M=5.6)
0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.0 1.0 2.0 3.0 4.0 0.0 1.0 2.0 3.0 4.0 0.0 1.0 2.0 3.0 4.0
0
Légende :
2 M=7.5
4
6
8
10
12
14
16
Profondeur (m)

18
20
22
24
Pas de liquéfaction
Pas de liquéfaction

26
Liquéfaction certaine

Liquéfaction certaine
Liquéfaction certaine
Pas de liquéfaction

28
30
Peu probable
Peu probable
Peu probable

32
Probable

Probable

34
Probable

36
Legend Légende : Légende :
38 amax=0.25 g M=6.8 M=5.6
40

Figure 8. Facteurs de sécurité vis-à-vis de la liquéfaction (Robertson et Wride, 1998) calculés pour
trois magnitudes sismiques (M = 7,5, 6,8 et 5,6) et l'accélération amax = 0,25 g.

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2.2 Modélisation numérique


Afin d'obtenir des résultats plus pertinents, une analyse numérique a été menée à l'aide
du programme FLAC2D, basé sur une discrétisation par différence finie en appliquant
l'approche lagrangienne. Le modèle de Finn qui permet de prendre en compte la pression
interstitielle générée par le chargement cyclique, a été utilisé pour modéliser le
comportement du sol (Martin et Finn, 1975). Une colonne de sol de 40 mètres de hauteur
et 180 mètres de longueur est supposée pour la simulation numérique. Dans la figure 9, le
maillage du modèle est représenté. Pour simuler l'arrivée d'un front d’ondes sismiques et
plus particulièrement les ondes de cisaillement, il sera appliqué à la base une accélération
horizontale. L'onde se propagera alors d'elle-même dans le modèle. L'accélération pourra
être soit celle d'un séisme réel soit une sinusoïde mono-harmonique à amplitude modulée.
Un scénario de séisme de magnitude M = 6,8, produit par le séisme de Boumerdes en
2003, a été utilisé dans les calculs (figure 10). L'historique du temps d'accélération réelle
est illustré à la Figure 11. Les paramètres du modèle de Finn sont définis à partir des
résultats de l'étude géotechnique présentée dans le Tableau 2.

Tableau 2. Paramètres géotechniques des couches de sol.


Epaisseur  E C  G
Couche de sol 3  (N1)60
(m) (kN/m ) (MPa) (kPa) (°) (MPa)
Remblais 0,00 - 3,00 19,00 1150 0,35 0,0 30 20 425
Alternance sable
3,00 - 12,00 19,60 898 0,45 30,0 14 5 358
vaseux et vase
Sable fin vaseux 12,0 - 40,0 18,80 658 0,46 15,0 15,0 12 224

Figure 9. Maillage du modèle sous FLAC2D. Figure 10. Accélération Boumerdes (21/05/2003).
interstitielle
interstitielle

Pression
Pression

Contrainte
Contrainte

effective
effective

Figure 11a et b. Pression interstitielle et contrainte effective pour la couche de vase (3-12 m) et
sable fin vaseux (12-25 m).

Les courbes de pression interstitielle et de contrainte effective pour la couche de vase


(3-12 m) et sable vaseux (12-30 m) sont données à la figure 11. Les calculs numériques
confirment les résultats obtenus par la méthode empirique basée sur les essais CPT.

7
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3. Conclusions
Cette communication traite de l'évaluation du potentiel de la liquéfaction de la zone
portuaire de Béjaïa pour trois grandeurs de magnitude de tremblement de terre différentes
à savoir M = 5,6, 6,8 et 7,5. Pour les trois séismes, l'accélération de zone en surface est
choisie comme 0,15 et 0,25g. Le potentiel de liquéfaction a été évalué en utilisant la
méthode empirique et l’analyse numérique. L’évaluation de liquéfaction du site au moyen
d’essai au CPT, révèle en général un coefficient de sécurité inférieure à 5/4, et ce jusqu’à
25 m de profondeur, les figures 7 et 8 montrent clairement que pour les trois magnitudes,
le risque de liquéfaction est réellement présent du sous sol de la zone portuaire,
autrement dit Fs<1,25 fixé par le RPA version 2003, dans le cas d’un séisme fort de
magnitude M>5, surtout pour un coefficient d’accélération de zone de 0,25g. Ce risque a
été confirmé par l’analyse numérique en utilisant le modèle de Finn et les résultants sont
en concordance avec la méthode empirique.
La plupart des terrains situés dans la plaine alluviale de Béjaia, présentent des
contraintes géotechniques en matière de faible portance, de compressibilité élevée, de
susceptibilité à la liquéfaction et d’inondation pour les terrains gagnés au bord de la mer,
ce qui fait le recours à la technique d'amélioration de sols par colonnes ballastées afin de
limiter ce risque majeur de liquéfaction pour plusieurs projets industriels implantés au
niveau de la plaine alluviale à savoir : les silos de stockage des céréales de l’ECI (2004),
fondation du terminal à conteneurs de l’EPB port de Béjaia (2005) et le nouveau silo de
sucre blanc de la société CEVITAL d’une capacité de stockage de 80 000 tonnes (2008).

4. Références
Andrus, R. D., & Stokoe II, K. H. (2000). Liquefaction resistance of soils from shear-wave
velocity. Journal of Geotechnical and Geoenvironmental Engineering, ASCE 126(11),
1015-1025.
Castro, G., & Poulos, S. J. (1977). Factors affecting liquefaction and cyclic
mobility. Journal of Geotechnical and Geoenvironmental Engineering, 103(6) : 501-506.
Itasca FLAC (2005). Manuel Fast Lagrangian Analysis of Continua. Minneapolis : Itasca
Consulting Group, Inc.
Martin, G. R., Finn, W. L., & Seed, H. B. (1975). Fundementals of liquefaction under cyclic
loading. Journal of the Geotechnical Engineering Division, ASCE, 101(GT5) : 423–438.
Pecker, A (1984). Dynamique des sols. Presses de l’Ecole Nationale des Ponts et
Chaussées, Paris, 259 p.
Robertson, P. K., & Campanella, R. G. (1985). Liquefaction potential of sands using the
CPT. Journal of Geotechnical Engineering, 111(3), 384-403.
Robertson, P. K., & Wride, C. E. (1998). Evaluating cyclic liquefaction potential using the
cone penetration test. Canadian Geotechnical Journal, 35(3), 442-459.
RPA, Règlement Parasismique Algérienne (2003). Centre National des Recherches
Appliquées en Génie Parasismique, CGS.
Seed, H. B., & Idriss, I. M. (1971). Simplified procedure for evaluating soil liquefaction
potential. Journal of the Soil Mechanics and Foundation Division, ASCE, 97(9) : 1249-
1273.
Seed, B. (1979). Soil liquefaction and cyclic mobility evalution for level ground during
earthquakes. Journal of geotechnical and geoenvironmental engineering, 105(ASCE
14380).
Sadaoui, O., & Bahar, R. (2017). Field measurements and back calculations of
settlements of structures founded on improved soft soils by stone columns. European
Journal of Environmental and Civil Engineering, 1-27.
Tatsuoka, F et al (1980). Standard penetration test and soil liquefaction potential
evaluation. Journal Soils & Foundations, Vol.20, N°.4,pp : 95-111.

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