ORAL EMC
INTRODUCTION Ambrine
On constate une certaine stabilité dans les chiffres lors des études
portant sur les mineurs mis en cause dans les affaires pénales.
Cependant, le pourcentage des mineurs concernés a beaucoup varié en
fonction du type d’infractions : on constate une hausse des atteintes
aux personnes, et une baisse des atteintes aux biens
Pour les infractions à la législation sur les stupéfiants les mineurs entre
13-17ans représentent 20 % des mis en cause pour trafic (2016).
Les mineurs représentent jusqu’à :
• 46 % des mis en cause pour violences sexuelles sur mineurs,
• 40 % des vols violents
• 30 % des coups et blessures volontaires sur moins de 15 ans,
Donc si la proportion des mineurs impliqués dans l’ensemble de la
délinquance n’est que de 20 % en moyenne aujourd’hui, ils sont
surreprésentés dans la commission de certaines infractions et des
infractions graves.
Devant ces chiffres nous nous posons la question suivante : FAUT IL
JUGER LES MINEURS COMME DES ADULTES ?
SOMMAIRE >>
I-EVOLUTION ET DEVELOPPEMENT D’UNE JUSTICE
SEPCIALISEE Arthur
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L’Ordonnance du 2 février 1945 est le texte fondamental voté pour
permettre la prise en compte de la spécificité des enfants lorsqu’ils
sont jugés.
Avant les enfants étaient jugés comme des adultes.
Contexte de l’Ordonnance de 1945 :
La France n’est pas assez riche d’enfants pour qu’elle ait le droit de
négliger tout ce qui peut en faire des êtres sains. La guerre et les
bouleversements d’ordre matériel et moral qu’elle a provoqué ont
accru dans des proportions inquiétantes la délinquance juvénile. La
question de l’enfance coupable est une des plus urgentes de l’époque
présente. Le projet d’ordonnance ci-joint atteste que le Gouvernement
provisoire de la République française entend protéger efficacement
les mineurs, et plus particulièrement les mineurs délinquants.
Exposé des motifs de l’ordonnance du 2 février 1945 relative à l’enfance délinquante3
Depuis cette ordonnance de 1945 a été modifiée de très nombreuses
fois parfois avec des textes plus protecteurs parfois plus répressifs
(2007 l'exclusion possible de l'excuse de minorité pour
les récidivistes de plus de 16 ans) ;
Depuis 2021 l’Ordonnance a été intégrée dans le code de la justice
pénale des mineurs.
Comment fonctionne-telle ?
Des agents spécialisés :
- Les mineurs passent devant des tribunaux spécialisés qui ne sont
pas les mêmes que les tribunaux des majeurs avec des magistrats
spécialisés : les juges pour enfants et Cour d’Assises des
Mineurs
- Des centres éducatifs
- Des établissements pénitenciers pour mineurs
Priorité à l’éducation :
- École jusqu’à 16 ans même en prison
- Sanction sont adaptées aux mineurs : éduquer plutôt que punir
Travaux d’intérêt général à partir de 16ans, nettoyer les
dégradations.
Majorité pénale :
Aucune condamnation avant 13 ans : n’est pas responsable n’a pas la
conscience de son acte.
De 13 à 18 ans : mineur est présumé capable de discernement et
responsable.
Mais les peines sont adaptées : la peine d’un mineur ne peut pas être
supérieur à la moitié de la peine encourue par un adulte
Pas de perpétuité. 20 ans max.
Attention l’excuse de minorité peut être levée de manière
exceptionnelle par le Tribunal des enfants ou la Cour d’Assises des
Mineurs.
Réinsertion et suivi
Mesures éducatives notamment par les associations selon sa situation
II-POUR Clemence
Un crime est un crime, peu importe à l'âge auquel il est commis. Ce n’est pas
parce, un enfant a commis le crime, que la victime et sa famille ne continuent
pas de souffrir.
En effet cette question d’excuse de minorité accordée même lors de
délinquances graves est revenu dans le débat publique en septembre 2022,
après l’agression d’une dame de 89 ans à Cannes d’un groupe d’adolescent de
14 et 15 ans. Selon un sondage sur 1000 personnes, a la suite de cet
évènement, par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), 71% sont pour la
suppression de l’excuse de minorité pour des faits de délinquance grave.
Certains pensent que les tribunaux pour mineurs sont établis en gardant le
facteur âge à l’esprit plutôt que de se concentrer sur le facteur crime.
Enfin prenons l’exemple plus récent de Shana, adolescente tuée par des
adolescents de 14 et 16 ans.
Âgés de plus de 13 ans les adolescents sont considérés comme capable de
discernement sur leurs actes et vont se voir appliqué une peine. L’un étant âgé
de plus de seize pourra se voir retirer l’excuse de minorité. L’autre aura en
revanche sa peine divisée par deux. Faut-il retirer l’excuse de minorité pour les
deux pour un meurtre prémédité ?
III-CONTRE AVA
Un mineur pour commencer ne dispose pas des capacités mentales d’un
adulte. Que ce soit en matière de planification d’un crime ou avoir la
conscience de la portée de ses actes. Psychologiquement parlant, on dit
qu’il n’y a pas d’ enfants à problèmes », seulement des « parents à
problèmes ». Ce qui signifie que c’est le devoir des parents d’enseigner
à leurs enfants des valeurs, une morale et autres. De même, apprendre
aux enfants à ne pas manipuler quelque chose de dangereux ou leur
faire comprendre les conséquences de leurs actes
De plus un enfant est facilement manipulable, influençable, un mineur
reste dans l’incapacité de se défendre seul. L’exemple des mineurs
impliqués dans les trafics de drogues. Ne sont-ils pas dépassés et n’ont-
ils juste pas consciences qu’ils sont manipulés ?
L’histoire de Patrick Dils remonte dans les années 1970 en Moselle. A
l’âge de 16 ans il a été inculpé pour un double meurtre de deux garçons.
Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour
d'assises des mineurs de la Moselle. Le fait qu'il soit mineur n'a pas été
pris en compte malgré l’absence des preuves l’inculpant. Or « l'excuse
de minorité », aurait permis de diviser la durée de la peine par deux Il n’a
pas eu d’avocat en permanence, ses auditions n’ont pas été filmées
comme le code de justice mineur le prévoit aujourd’hui. Après 15 années
d’emprisonnement Patrick Dils est innocenté et on sait aujourd’hui que
ses aveux ont été donne sous la pression des enquêteurs.
Bande annonce LA TETE HAUTE
Le film La tête haute est un film réalisé par Emmanuel Bercot en 2014, il
est récompensé au festival de Cannes. Il est le film d’ouverture du
festival primé hors catégorie. Il montre bien le processus d’’aide à la
réinsertion du mineur et sa prise en charge par des éducateurs
spécialisés. Il est notamment aidé par la juge des mineurs qui tente tant
bien que mal de l’aider à avoir un comportement sain.
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CONCLUSION Ambrine
Oui il faut des sanctions car la sanction a un effet éducatif : elle permet aux jeunes
délinquants « d’avoir peur » de la sanction et de ne pas passer à l’acte ou de ne pas
récidiver.
Mais la sanction doit être adaptée aux mineurs.
Selon les spécialistes, la prison pour les mineurs n’est pas efficace.
« Elle provoque l’isolement, l’arrêt de l’empathie, l’augmentation de l’angoisse,
entretient les relations toxiques, l’humiliation. En sortant de prison, on constate que
l’enfant n’est plus apte à réguler ses émotions ».
L’idée reçue selon laquelle la prison permettrait de remettre un jeune dans « le droit
chemin » est loin de la réalité.
Selon une étude sur les sortants de prison, le taux de recondamnation dans les cinq
ans des mineurs est de l’ordre de 70%, plus élevé encore que chez les majeurs
(63%)
Aux États-Unis, la loi fédérale permet qu'un enfant soit arrêté et mis en prison dès l'âge de 9
ans
On observe que leur taux de suicide des enfants en prison y est dix fois plus élevé
que la moyenne.
Pourtant la criminalité des enfants dans les états des états unis les plus répressifs ne
baisse pas forcément.
Donc il faut adapter les sanctions aux mineurs et privilégier l’éducation et le suivi afin
de permettre une réinsertion plutôt que de priver le mineur de liberté comme un
adulte.