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Espaces vectoriels : définitions et propriétés

Le document présente les concepts fondamentaux des espaces vectoriels en algèbre linéaire, en commençant par la définition d'un R-espace vectoriel et ses propriétés. Il illustre ces concepts à travers des exemples, notamment des vecteurs dans le plan et des triplets d'éléments, ainsi que des fonctions et des polynômes. Les propriétés d'addition et de multiplication par un scalaire sont détaillées pour établir que ces ensembles forment des espaces vectoriels.

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Espaces vectoriels : définitions et propriétés

Le document présente les concepts fondamentaux des espaces vectoriels en algèbre linéaire, en commençant par la définition d'un R-espace vectoriel et ses propriétés. Il illustre ces concepts à travers des exemples, notamment des vecteurs dans le plan et des triplets d'éléments, ainsi que des fonctions et des polynômes. Les propriétés d'addition et de multiplication par un scalaire sont détaillées pour établir que ces ensembles forment des espaces vectoriels.

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GYRE - VIL/MRO 3MRenf - Algèbre Linéaire - Cours 2024-2025

1 Espaces vectoriels
1.1 Dénition et premiers exemples
Exemple 1.1.
On considère l'ensemble V des vecteurs du plan.
Cet ensemble est muni d'une loi d'addition
2

: V2  V2 ÝÑ V2
p #»a ; #»b q ÞÝÑ #»
a

b.


b

a #»
a


b
#» #»
a b

Cette addition a#»les propriétés suivantes :


b = b (commutativité)
#» #» #»
ˆ a a
ˆ p #»
a

b q #»c  #»
a pb#»
cq
#» (associativité)

ˆ a

0  a#» (élément neutre)
ˆ a p #»
#» aq  0

(existence d'un opposé)
quels que soient les vecteurs a , b et c de V .
#» #» #»
Cet ensemble est également muni d'une loi de multiplication par scalaire
2

: R  V2 ÝÑ V2
pλ, #»a q ÞÝÑ λ #»
a.

Cette multiplication vérie#»les propriétés suivantes :


ˆ λp a
#» #»
bq  λa λb
#» (distributivité)
ˆ pλ µq #» a  λ #»
a µ #» a (distributivité)
ˆ λpµ a q  pλµq a
#» #» (associativité)
ˆ 1a  a
#» #» (élément neutre)
ˆ p1q #»a   #»a
ˆ λp #»
a q  pλq #»a  pλ #»
aq

ˆ 0a  0

#» #»
ˆ λ0  0
quels que soient les vecteurs #»a , #»b de V et les nombres réels λ, µ.
2

1
GYRE - VIL/MRO 3MRenf - Algèbre Linéaire - Cours 2024-2025
(Dénition des opérations et démonstrations des propriétés dans le cours de géométrie.)
L'ensemble V des vecteurs du plan, muni de ces deux opérations, est appelé un R-espace
vectoriel.
2

Nous allons généraliser cet exemple.


Dénition.
Un F-espace vectoriel est un ensemble non vide V muni de deux opérations, une addition
: V  V ÝÑ V
pu; v q ÞÝÑ u v

et une multiplication par un scalaire


: FV ÝÑ V
pλ; uq ÞÝÑ λu

qui satisfont les conditions suivantes


1. Associativité
pu v q w  u pv w q
pour tout u, v , w P V ;
2. Élément neutre
il existe 0 P V tel que u 0  0 u  u
pour tout u P V ;
3. Existence de l'opposé
Pour tout u P V , il existe un élément u P V tel que u puq  0  puq u ;
4. Commutativité
u v v u
pour tout u, v P V ;
5. Associativité
λpµu q  pλµqu
pour tout u P V et tout λ, µ P F ;
6. Élément neutre
1u  u
pour tout u P V et où 1 est l'élément neutre de F.
7. Distributivité
λpu v q  λu λv
pour tout u, v P F et tout λ P F.
8. Distributivité
pλ µqu  λu µu
pour tout u P V et tout λ, µ P F.
Remarque 1.2.
Les quatre premiers axiomes font de pV , q un groupe abélien.
Dénition.
On appelle les éléments de V des vecteurs.
Remarque 1.3.
ATTENTION
En géométrie, un "vecteur" est un objet du plan ou de l'espace.
En algèbre linéaire, un "vecteur" est un élément d'un espace vectoriel (il se peut donc que cela
ne soit pas objet géométrique).
Exemple 1.4.
On considère l'ensemble F des triplets d'éléments de F, c.-à-d.
3

F3  tpa1 ; a2 ; a3 q | a1 , a2 , a3 P Fu.
2
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On dénit une addition
: F3  F3 ÝÑ F3
ppa1 ; a2 ; a3 q, pb1 ; b2 ; b3 qq ÞÝÑ pa1 b1 ; a2 b2 ; a3 b3 q

et une multiplication par scalaires


: F  F3 ÝÑ F3
pλ, pa1 ; a2 ; a3 qq ÞÝÑ pλa1 ; λa2 ; λa3 q.
Par exemple, dans F, on a
pr2s11 ; r1s11 ; r0s11 q pr1s11 ; r2s11 ; r1s11 q  pr3s11 ; r1s11 ; r1s11 q  pr3s11 ; r10s11 ; r1s11 q
et
r3s  pr2s ; r1s ; r5s q  pr6s ; r3s ; r15s
11 11 11 11 11 11 11 q  pr6s11 ; r3s11 ; r7s11 q.
On va montrer que F est un espace vectoriel.
3

1. Associativité
Soient pa ; a ; a q, pb ; b ; b q et pc ; c ; c q P F , on a
1 2 3 1 2 3 1 2 3
3


pa1 ; a2 ; a3 q pb1 ; b2 ; b3 q pc1 ; c2 ; c3 q  pa1 b1 ; a2 b2 ; a3 b3 q pc1 ; c2 ; c3 q

 pa1 b1 q c1 ; pa2 b2 q c2 ; pa3 b3 q c3

 a1 pb1 c1 q; a2 pb2 c2 q; a3 pb3 c3 q
 pa1 ; a2 ; a3 q pb1 c1 ; b2 c2 ; b3 c3 q

 pa1 ; a2 ; a3 q pb1 ; b2 ; b3 q pc1 ; c2 ; c3 q .
2. Élément neutre
On pose 0  p0; 0; 0q. Soit pa ; a ; a q P F , on a 1 2 3
3

p0; 0; 0q pa1 ; a2 ; a3 q  p0 a1 ; 0 a2 ; 0 a3 q
 pa1 ; a2 ; a3 q
et
pa1 ; a2 ; a3 q p0; 0; 0q  pa1 0; a2 0; a3 0q
 pa1 ; a2 ; a3 q.
3. Existence de l'opposé
Soit a  pa ; a ; a q P F . On pose a  pa ; a ; a q.
3

On a alors
1 2 3 1 2 3

a paq  pa1 ; a2 ; a3 q pa1 ; a2 ; a3 q


 pa1 pa1 q; a2 pa2 q; a3 pa3 qq
 p0; 0; 0q
et
a a  pa1 ; a2 ; a3 q pa1 ; a2 ; a3 q
 pa1 a1 ; a2 a2 ; a3 a3 q
 p0; 0; 0q.
4. Commutativité
Soient pa ; a ; a q, pb ; b ; b q P F , on a
1 2 3 1 2 3
3

pa1 ; a2 ; a3 q pb1 ; b2 ; b3 q  pa1 b1 ; a2 b2 ; a3 b3 q


 pb1 a1 ; b2 a2 ; b3 a3 q
 pb1 ; b2 ; b3 q pa1 ; a2 ; a3 q.
3
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5. Associativité
Soit pa ; a ; a q P F et soient λ, µ P F, on a
1 2 3
3


λ µpa1 ; a2 ; a3 q  λpµa1 ; µa2 ; µa3 q

 λpµa1 q; λpµa2 q; λpµa3 q

 pλµqa1 ; pλµqa2 ; pλµqa3
 pλµqpa1 ; a2 ; a3 q.
6. Élément neutre
Soit pa ; a ; a q P F , on a
1 2 3
3

1pa1 ; a2 ; a3 q  p1  a1 ; 1  a2 ; 1  a3 q
 pa1 ; a2 ; a3 q.
7. Distributivité
Soient pa ; a ; a q, pb ; b ; b q P F et soit λ P F, on a
1 2 3 1 2 3
3


λ pa1 ; a2 ; a3 q pb1 ; b2 ; b3 q  λ pa1 b1 ; a2 b2 ; a3 b3 q

 λpa1 b1 q; λpa2 b2 q; λpa3 b3 q
 pλa1 λb1 ; λa2 λb2 ; λa3 λb3 q
 pλa1 ; λa2 ; λa3 q pλb1 ; λb2 ; λb3 q
 λpa1 ; a2 ; a3 q λpb1 ; b2 ; b3 q.
8. Distributivité
Soit pa ; a ; a q P F et soient λ, µ P F, on a
1 2 3
3


pλ µqpa1 ; a2 ; a3 q  pλ µqa1 ; pλ µqa2 ; pλ µqa3
 pλa1 µa1 ; λa2 µa2 ; λa3 µa3 q
 pλa1 ; λa2 ; λa3 q pµa1 ; µa2 ; µa3 q
 λpa1 ; a2 ; a3 q µpa1 ; a2 ; a3 q.
Exemple 1.5.
De manière générale, pour n P N, F est un F-espace vectoriel.
n

Exemple 1.6.
L'ensemble Mnm pFq est un F-espace vectoriel.
Exemple 1.7.
On considère V  tf : R Ñ Ru l'ensemble des fonctions de R dans R. C'est un ensemble non
vide.
On dénit une addition : V  V ÝÑ V
pf , g q ÞÝÑ f g

avec f g : Rx ÝÑ R
ÞÝÑ f px q g px q.
On dénit une multiplication par scalaire
: RV ÝÑ V
pλ, f q ÞÝÑ λf

avec λf : Rx ÝÑ R
ÞÝÑ λ  f px q.
On va montrer que V est un R-espace vectoriel.

4
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1. Associativité
Soient f , g , h P V , on veut montrer que pf pg hq. Soit x P R
gq hf

pf g q h px q  pf g qpx q hpx q

 f px q g px q hpx q

 f px q g px q hpx q
 f px q pg hqpx q

 f p g h q px q
comme ceci est vrai pour tout x P R, on a pf g q h  f pg hq.
2. Élément neutre
On dénit f : R Ñ R : x ÞÑ 0. Soit g P V , on veut montrer que f
0 0 g g g f0 . Soit
x PR
pf0 g qpx q  f0 px q g px q
 0 g px q
 g px q
comme ceci est vrai pour tout x P R, on a f0 g  g . L'autre égalité se démontre de la
même manière.
On laisse la démonstration des autres points en exercice.
Exemple 1.8.
Soit P (aussi noté R¤ rt s) l'ensemble des polynômes de degré au plus n, c.-à-d.
n n

Pn  ta0 a1 t ... an t n | a0 , a1 , ... , an P R u.


On muni l'ensemble P de l'addition
n

:Pn  Pn ÝÑ Pn
pppt q, qpt qq ÞÝÑ pp q qpt q
où si ppt q  a0 a1 t ... an t n et q pt q  b0 b1 t ... bn t n , on a
pp qqpt q  pa0 b0 q pa1 b1 qt ... pan bn qt n
(l'addition usuelle des polynômes).
On dénit également une multiplication par scalaire
: R  Pn ÝÑ Pn
pα, ppt qq ÞÝÑ pαpqpt q
où si ppt q  a a t ... an t n , on a pαp qpt q  α  a0 α  a1 t ... α  a t . n

On peut alors vérier que P est un R-espace vectoriel.


0 1 n

De manière générale F¤ rt s est un F-espace vectoriel (avec les mêmes opérations).


n
n

Exemple 1.9.
Soit S l'espace des suites de nombres réels doublement innies. C'est-à-dire, si ty u est un élément
de S, il est de la forme
ty u  p... , y , y , y , y , y , y , y , ...q
3 2 1 0 1 2 3

avec y P R pour tout k P Z.


Pour ty u et tz u P S, on dénit
k

ty u tz u  p... , y2 z2 , y1 z1 , y0 z0 , y1 z1 , y2 z2 , ...q.


Pour α P R et ty u P S, on dénit
αty u  p... , αy2 , αy1 , αy0 , αy1 , αy2 , ...q.
On peut vérier que S est un R-espace vectoriel.
[Exercices : 1, 2, 3]

5
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Lemme 1.10.
Soit V un F-espace vectoriel.
1. L'élément neutre est unique.
2. Pour tout u P V , son élément opposé est unique.
3. Pour tout u, v , w P V , si v u  w u alors v  w (simplication).
4. Pour tout u P V , 0  u  0.
5. Pour tout α P F, α  0  0.
6. Pour tout u P V , p1q  u  u .
Démonstration.
 Supposons que 0 et 0' soient deux éléments neutres pour l'addition dans V . On a alors
0  0 0'  0'.
 Supposons que u et û soient deux opposés de u P V . On a alors
u u 0
 u pu ûq
 pu uq û
 0 û.
 Soit u l'opposé de u dans V . On ajoute u aux deux termes de l'égalité v w
pour obtenir
u u

pv uq puq  pw uq puq.
Par associativité de l'addition, l'égalité ci-dessus est équivalente à
v pu  u q  w pu  u q
v 0w 0
v  w.

 Soit u P V . On a alors
0u p0 0q  u  0  u 0u
Par l'argument de simplication, 0  u  0.
Les autres points sont laissés en exercice.
Notation.
Nous avons noté 0 pour l'élément neutre de V . Il sera noté par la suite simplement 0.
Il faudra donc être attentif à ne pas le confondre avec 0 P F.

[Exercices : 4, 5, 6, (7)]

6
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1.2 Sous-espaces vectoriels
Un sous-espace vectoriel est un sous-ensemble d'un espace vectoriel qui est lui-même un espace
vectoriel.
Dénition.
Un sous-ensemble W d'un F-espace vectoriel V est un sous-espace vectoriel si
1. W est non-vide;
2. Si u, w P W , alors u w P W ;
3. Si w P W et α P F, alors αw P W .
Remarque 1.11.
Les propriétés ci-dessus assurent qu'un sous-espace W de V est lui-même un espace vectoriel
pour les mêmes opérations que celles de l'espace vectoriel V . En eet, les conditions (1) et (4)
à (8) sont automatiquement vériées puisqu'elles le sont pour V .
Pour la condition (3), pour w P W , w  p1q  w P W (par la deuxième condition).
Pour la condition (2), par la première condition, W est non vide, donc il existe w P W , alors
0  loomo
w on p q P W
won
loomo
PW PW
et donc @u P W , 0 u  u (par l'axiome (3) pour V ).
Remarque 1.12.
La première condition peut être remplacée par "le vecteur nul de V appartient à W ".
Donc si W est un sous-espace vectoriel on doit nécessairement avoir 0 P W .
Exemple 1.13.
On considère V  R et W  tpa; aq | a P Ru. On a alors que W est un sous-espace vectoriel de
2

V . On vérie les axiomes


1. W est non vide car p1; 1q P W .
2. Si pa; aq et pb; bq sont deux éléments de W , alors pa; aq pb; bq  pa b; a bq. Et pa b; a bq
est un vecteur de W car il est bien de la forme ps; s q pour s P R.
3. Si pa; aq P W et soit λ P R, alors λ  pa; aq  pλa; λaq P W .
2

2 1 0 1 2

1
W
2
U

Soit U  tpa 1; aq | a P Ru. Le sous-ensemble U n'est pas un sous-espace vectoriel car 0 


p0; 0q R U .
Autre explication : lopo1;mo0oqn lopo1;mo0oqn  p2; 0q R U .
PU PU
Exemple 1.14.
Soit V  tf : R Ñ Ru. Soit C pR, Rq  tf : R Ñ R | f est continueu.
 La fonction f : R Ñ R : x ÞÑ 0 est continue, donc f P C pR, Rq et donc C pR, Rq est
non-vide.
0 0

7
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 La somme de deux fonctions continues est continue.
 Idem
Exemple 1.15.
Soit V un espace vectoriel quelconque et soit 0 son élément neutre. Alors t0u est toujours un
sous-espace vectoriel.
Exemple 1.16.
L'espace vectoriel R n'est pas un sous-espace vectoriel de R , car R n'est pas un sous-ensemble
2 3 2

de R . Mais
3

W  tpa; b; 0q | a, b P Ru
est un sous-espace vectoriel de R , et 3

U  tp0; b; c q | b, c P Ru
est aussi un sous-espace vectoriel de R . 3

Exemple 1.17.
Soient a, b, c P R xés. Soit
W  tpx; y ; z q P R3 | ax by cz  0u
qui peut être représenté géométriquement comme un plan qui passe par l'origine. Alors W est
un sous-espace vectoriel de R . 3

1. p0; 0; 0q P W et donc W est non-vide.


2. Soient px; y ; z q, pr ; s; t q P W , on veut alors montrer que
px; y ; z q pr ; s; t q  px r; y s; z tq

est un vecteur de W . On vérie


a px rq b py sq c pz t q  ax ar by bs cz ct
 pax by cz q par bs ct q
0 0
0
et donc px; y ; z q pr ; s; t q P W .
3. Soient α P R et px; y ; z q P W , on veut alors montrer que
α  px; y ; z q  pαx; αy ; αz q

est un vecteur de W . On vérie


apαx q b pαy q c pαz q  αpax by cz q
α0
0
et donc α  px; y ; z q P W .
Et donc W est un sous-espace vectoriel de R . 3

Mais
U  tpx; y ; z q P R3 | ax by cz  1u
n'est pas un sous-espace vectoriel de R . 3

[Exercices : 9, 10, 11, 12, 13]

8
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1.2.1 Sous-espace engendré par un ensemble
Dénition.
Soit V un F-espace vectoriel. Etant donnés des vecteurs v , ... , v P V et des scalaires α1 , ... , αn P
R on appelle le vecteur
1 n

u  α1 v1 ... α n vn
une combinaison linéaire de v , ... , v . On dit également que u est engendré par v , ... , v .
1 n 1 n

Exemple 1.18.
Soient v  p1; 2; 7q, v  p0; 0; 1q et v3  p2; 0; 0q P R3 et soient α1  1, α2  1 et α3  21 . On
a alors que
1 2

u  1  p1; 2; 7q p1q  p0; 0; 1q 1


2
 p2; 0; 0q  p2; 2; 6q
est une combinaison linéaire de v , v et v . 1 2 3

Exemple 1.19.
Nous allons écrire b  p0; 2q P R comme combinaison linéaire des vecteurs a
2
 p1; 1q et
a  p1; 0q.
1

On cherche donc x , x P R tels que


2
1 2

x1 p1; 1q x2 p1; 0q  p0; 2q

ce qui est équivalent à


px1 ; x1 q px2 ; 0q  p0; 2q
px1 x2 ; x1 q  p0; 2q
#
x1 x2  0
 x1  2
C'est un système linéaire!
La solution est x  2 et x
1 2  2, en eet
p2q  p1; 1q 2  p1; 0q  p0; 2q

Exemple 1.20.
Dans l'espace vectoriel P , le polynôme ppx q  5x  3x 2 est une combinaison linéaire des
2

polynômes u px q  x , u px q  x et u px q  1. Mais c'est également une combinaison linéaire


2
2

de w px q  x  x et w px q  x 1 car
1 2 3
2
1 2

p px q  5x 2  3x 2  5px 2  x q 2px 1q.

[Exercices : 14, 15]

9
GYRE - VIL/MRO 3MRenf - Algèbre Linéaire - Cours 2024-2025
Dénition.
Soit V un F-espace vectoriel. Soient v , ... , v P V des vecteurs. L'ensemble de toutes les
combinaisons linéaires de v , ... , v est noté Vecttv , ... , v u. Autrement dit
1 p
1 p 1 p

Vecttv1 , ... , vp u  tα1 v1 ... αp vp | α1 , ... , αp P Fu


# +
¸
p
 αi vi | α1 , ... , αp P F

i 1

Remarque 1.21.
Vecttv1 , ... , vp u est un sous-ensemble de V .
Théorème 1.22.
Soit V un F-espace vectoriel. Soient v1 , ... , vp P V . Alors Vecttv1 , ... , vp u est un sous-espace
vectoriel de V .
Démonstration.
1. Le vecteur nul 0 est un vecteur de Vecttv , ... , v u car 1 p

0  0  v1 ... 0  vp

et donc Vecttv , ... , v u est non-vide.


2. Soient u, v P Vecttv , ... , v u, alors on peut écrire u  α v et v  β v
1 p

pour α , ... , α , β , ... , β P F. Ainsi


1 p 1 1 ... αp vp 1 1 ... βp vp
1 p 1 p

u v  α1 v1 ... αp vp β1 v1 ... βp v p
 pα1 β1 qv1 ... pαp βp qvp
P Vecttv1 , ... , vp u.
3. Soient u P Vecttv , ... , v u et γ P F, alors u  α v
1 p 1 1 ... α p vp pour α , ... , α
1 p P F. Ainsi
γu  γ pα1 v1 ... αp vp q
 γ pα1 v1 q ... γ pαp vp q
 pγα1 qv1 ... pγαp qvp
P Vecttv1 , ... , vp u.

[Exercices : 16(a), 17]

10
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1.3 Bases d'un espace vectoriel
1.3.1 Indépendance linéaire
Soit V un F-espace vectoriel.
Dénition.
Un ensemble de vecteurs tv , ... , v u de V est dit linéairement indépendant si l'équation
1 p

α1 v1 ... αn vn 0 (1)
pour α , ... , α
1 P F, n'admet que la solution triviale
n

α1  α2  ...  αn  0.

L'ensemble tv1, ... , vp u est dit linéairement dépendant dans le cas contraire.
Exemple"
1.23.   *
Soit S  1 1 un ensemble de vecteurs de M  pRq. Sont-ils linéairement
0
; ;
1 2 1

indépendants? On cherche donc à résoudre l'équation


1 1

  
1 1 0
0
α1
1
α2
1 α3
1
   
1 1 0
 0
α1
1
α2
1 α3
1 0
   
α1 α2 0
 0
α1 α2 α3 0
 
α1  α2
α1  α2 α3
 0
0
.

Ce qui revient donc à résoudre le système linéaire


"
α1 α2  0
α1 α2 α3  0.
Dont la matrice augmentée est  
1 1 0 0
1 1 1 0
L2  L1 Ñ L2  
1 1 0 0
0 0 1 0
Donc α et α sont des variables de bases et α est une variable libre et on trouve
1 3 2

α3 0 α1  α2 .
Il y a donc une innité de solutions et S est linéairement dépendant.
En prenant par exemple α  α  1, on a que
1 2
   
1
1
1
1 0
0
 0
1 1 1 0
Autrement dit,   
1
1
 p1q  
1
1
0
0
1
.

C'est à dire qu'un des vecteurs de S s'écrit comme combinaison linéaire des autres.
Théorème 1.24.
Un ensemble S  tv1 , ... , vp u d'au moins deux vecteurs (donc p ¥ 2) est linéairement dépendant
si et seulement si au moins un des vecteur de S peut s'écrire comme combinaison linéaire des
autres.

11
GYRE - VIL/MRO 3MRenf - Algèbre Linéaire - Cours 2024-2025
Démonstration.  Supposons qu'un vecteur est combinaison linéaire des autres. Quitte à
renuméroter, supposons
v β v ... β v 1 2 2 p p

avec β , ... , β P F. On peut alors écrire


2 p

p1q  v1 β2 v 2 ... βp v p 0
et l'équation vectorielle (1) admet alors une solution non-triviale, d'où la dépendance
linéaire.
 Si S est linéairement dépendant, il existe γ , ... , γ P F non tous nuls tels que 1 p

γ 1 v1 ... γp vp  0.
Sans perte de généralité γ 1  0, on peut alors écrire

v1  pγ1 q1   γ1 v2  γ3 v3  ... γp vp
et donc v est combinaison linéaire de v , ... , v .
1 2 p

Remarque 1.25.
Le théorème ne dit pas que tout vecteur d'un ensemble linéaire dépendant est une combinaison
linéaire des autres vecteurs de cet ensemble.
Exemple 1.26. "   * 
On considère à nouveau S  11 ; 11 ; 01 et on pose v  11 , v  1 2
 
1 et v  0 . On a vu que v  v , on a aussi v  v . Autrement dit, v et
1 3 1 2 2 1 1

v s'écrivent comme combinaisons linéaires de vecteur de S . Mais v n'est pas une combinaison
1

linéaire de tv , v u. En eet, l'équation v  β v β v n'admet aucunes solutions.


2 3
1 2 3 1 1 2 2

Corollaire 1.27. Un ensemble S  tv1 , ... , vp u d'au moins deux vecteurs (donc p ¥ 2) est
linéairement indépendant si et seulement si aucun vecteur de S ne peut s'écrire comme combinaison
linéaire des autres.
Exemple 1.28.
Soit P l'ensemble des polynômes à coecients réels (de degré quelconque).
1. Considérons S  tp pt q, p pt q, p pt qu où p pt q  1, p pt q  t et p pt q  t . Alors S est 2

linéairement indépendant.
1 2 3 1 2 3

En eet, supposons que pour α , α , α P R, on ait 1 2 3

α1 p1 pt q α2 p2 pt q α3 p3 pt q  0
α1 p1 pt q α2 p2 pt q α3 p3 pt q  0 0t 0  t2
ce qui est équivalent au système linéaire
$
& α1  0
%
α2  0
α3 0 0
car deux polynômes sont égaux si et seulement si tous leur coecients sont égaux.
2. Considérons à présent R  tq pt q, q pt q, q pt qu où q pt q  1, q pt q  t et q pt q  1  t .
Alors R est linéairement dépendant.
1 2 3 1 2 3

En eet
q pt q  q pt q  q pt q 3 1 2

donc
p1q  q pt q q pt q p1q  q pt q  0.
1 2 3

(On peut aussi trouver cela en cherchant les solutions de l'équation α q pt q α q pt q


α q pt q  0).
1 1 2 2
3 3

12
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3. Considérons K  tr pt q, r pt q, r pt qu où r pt q  t , r pt q  t  1 et r pt q  t . Alors K est2

linéairement indépendant.
1 2 3 1 2 3

En eet, supposons que pour α , α , α P R, on ait


1 2 3

α1 r1 pt q α2 r2 pt q α3 r3 pt q  0
α1 r1 pt q α2 r2 pt q α3 r3 pt q  0 0t 0  t2
α1  t α2  pt  1q α3  t 2 0 0t 0  t2
α1  t α2  t  α2 α3  t  0
2
0t 0  t2
α2 pα1 α2 q  t α3  t 2  0 0t 0  t2

ce qui est équivalent au système linéaire


$
& α2  0
α1 α2  0
%
α3  0

qui admet pour unique solution α 1  α2  α3  0.

[Exercices : 18, 19, 20, (21)]

13
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1.3.2 Ensembles générateurs et bases
Soit V un F-espace vectoriel.
Dénition.
Soit S  tv , ... , v u un sous-ensemble de V . Alors S engendre V si Vecttv , ... , v u  V . On dit
que S est un ensemble générateur de V .
1 p 1 p

Remarque 1.29.
Autrement dit, S engendre V si tout vecteur v P V peut s'écrire comme combinaison linéaire
des vecteurs de S . C'est-à-dire, si pour tout v P V , il existe α , ... , α P F tels que 1 p

v  α1 v1 ... αp vp .

Dénition.
Soit S  tv , ... , v u un sous-ensemble de V . Alors S est une base de V si
1. l'ensemble S est linéairement indépendant,
1 p

2. l'ensemble S engendre V .
Exemple 1.30.
Nous allons vérier que l'ensemble des vecteurs
e1  p1, 0, ... , 0q
e2  p0, 1, 0, ... , 0q
e3  p0, 0, 1, 0, ... , 0q
...
en  p0, ... , 0, 1q
est une base de R .n

Indépendance linéaire?
Supposons qu'il existe x , ... , x
1 n P Rn tels que
x1 e 1 x2 e 2 0
... xn e n
x1 e1 x2 e2 ... xn en  p0, 0, ... , 0q
x1 p1, 0, ... , 0q x2 p0, 1, 0, ... , 0q ... xn p0, ... , 0, 1q  p0, 0, ... , 0q
px1 , 0, ... , 0q p0, x2 , 0, ... , 0q ... p0, ... , 0, xn q  p0, 0, ... , 0q
px1 , x2 , ... , xn q  p0, 0, ... , 0q

donc x  x  ...  x  0 et la famille est linéairement indépendante.


Génératrice?
1 2 n

Soit b  pb , ... , b q un vecteur quelconque de R , on peut alors écrire


1 n
n

b  pb1 , 0, ... , 0q p0, b2 , 0, ... , 0q ... p0, ... , 0, bn q


 b1 e1 b2 e2 ... bn en
et donc b P Vectte1, ... , en u.
L'ensemble te1, ... , en u est une base de Rn . Elle est appelée la base canonique de Rn .
Exemple 1.31.
Soit P l'ensemble des polynômes de degré plus petit ou égal à n. L'ensemble
n

t1, t, t 2 , ... , t n u
est une base de P .
Et si on cherchait une base de P ?
n

14
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Exemple 1.32.
Soit W  tpa, b, 0q | a, b P Ru un sous-espace vectoriel de R . Alors l'ensemble B  tw , w u, où
3

w  p1, 0, 0q et w  p0, 1, 0q est une base de W .


1 2

Indépendance linéaire?
1 2

Supposons que pour α , α P R, on ait


1 2

α1 w1 α2 w2 0
α1 p1, 0, 0q α2 p0, 1, 0q  p0, 0, 0q
pα1 , α2 , 0q  p0, 0, 0q
ce qui implique α  α  0. Et donc B est linéairement indépendant.
Génératrice? Soit w P W quelconque. On peut alors dire w  pa, b, 0q pour a, b P R (dénition
1 2

de W ). Et donc w  aw bw , d'où w P Vecttw , w u.


1 2 1 2

[Exercices : 22, 23, 24, 25, (26)]

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Théorème 1.33.
Soit B  tv1 , ... , vp u une base d'un F-espace vectoriel V .
Pour tout vecteur v de V , il existe une unique manière d'écrire v comme combinaison linéaire
de v1 , ... , vp . Autrement dit, il existe α1 , ... , αp P F tels que
v  α 1 v1 ... αp vp (2)
et α1 , ... , αp sont uniques avec cette propriété.
L'écriture (2) s'appelle l'écriture de dans la base B.
v

Dénition.
Soit B  pv , ... , v q une base (ordonnée) d'un F-espace vectoriel V .
Pour tout vecteur v de V , si v  α v ... α v , on notera
1 p
1 1 p p
 
α1
 α2 
rv sB    
... .

αp

Remarquons que rv s P Mp1 pFq. Avec la dénition ci-dessus, nous avons donc dénit une
fonction
B

rsB : V ÝÑ Mp1 pFq


v ÞÝÑ rv sB .
Cette fonction est bien dénie grâce au théorème 1.33, elle dépend cependant de B.

[Exercices : Démonstration du théorème 1.33, 28]

16
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Exemple 1.34.
Soient v  p2, 1, 1q, v  p0, 1, 0q et v  p2, 2, 1q des vecteurs de R . 3

On considère W  Vecttv , v , v u le sous-espace vectoriel de R .


1 2 3
3

On peut remarquer que v  v v et il s'ensuit que


1 2 3
3 1 2

Vecttv1 , v2 , v3 u  Vecttv1 , v2 u.

Rappel : pour monter que que deux ensemble sont égaux, par exemple X  Y , on doit démontrer
la double inclusion, c.-à-d. X „ Y et Y „ X .
Démonstration :
"„" Soit w P Vecttv , v , v u, alors il existe β , β , β P R tels que
1 2 3 1 2 3

w  β1 v1 β2 v2 β3 v3
 β1 v1 β2 v2 β3 pv1 v2 q
 pβ1 β3 qv1 pβ2 β3 qv2
P Vecttv1 , v2 u
" " Soit u P Vecttv , v u, alors il existe γ , γ
1 2 1 2 P R tels que
u  γ 1 v1 γ 2 v2
 γ1 v1 γ2 v2 0v3
P Vecttv1 , v2 , v3 u
Le théorème suivant généralise cet exemple.
Théorème 1.35 (Théorème de ballon 1).
Soit S  tv1 , ... , vp u un ensemble d'éléments de V et soit W  Vecttv1 , ... , vp u. Alors
1. Si l'un des vecteurs vk de S est une combinaison linéaire des autres vecteurs de S , alors
l'ensemble
tv1 , ... , vk 1 , vk 1 , ... , vp u
est encore un ensemble générateur de W .
2. Si W  t0u, il existe un sous-ensemble S 1 de S tel que S 1 est une base de W .

17
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Théorème 1.36 (Théorème de Steinitz).
Si tv1 , ... , vm u est un ensemble de m vecteurs linéairement indépendant et si tw1 , ... , wn u un
espace qui engendre V , alors
1. m ¤ n
2. à renumérotation des wi , l'ensemble tv1 , ... , vm , wm 1 , ... , wn u est un ensemble générateur
de V .

[Exercice : 29]

18
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1.3.3 Dimension
Théorème 1.37.
Soient B  tb1 , ... , bn u et C  tc1 , ... , cm u deux bases d'un espace vectoriel V , alors
n  m.
Démonstration. Par le théorème de Steinitz (1.36), puisque B est un ensemble linéairement
indépendant et C engendre V , on a
n ¤ m.
Et puisque C est linéairement indépendant et B engendre V , on a
m ¤ n.
D'où n  m.
Dénition.
1. Un espace vectoriel engendré par un ensemble ni de vecteurs est dit de dimension nie.
Sa dimension, notée dim V est le nombre de vecteurs dans une base de V .
2. L'espace vectoriel t0u a comme dimension 0 (convention).
3. Si V n'est pas engendré par un ensemble ni, il est dit de dimension innie.
Exemple 1.38.
dim R  n puisque la base canonique E  te , ... , e u contient n vecteurs.
n
1 n

Exemple 1.39.
L'ensemble P des polynômes à coecients réels est un espace vectoriel de dimension innie.
Remarque 1.40.
Si V est un espace vectoriel de dimension nie alors V a forcément une base.
En eet, si V  Vecttv , ... , v u, la liste tv , ... , v u étant génératrice, par le théorème du ballon
1 (1.35) elle peut être réduite à une base tv , ... , v u, où k ¤ p (au prix de réordonner les
1 p 1 p

vecteurs).
1 k

Exemple $
1.41.
  ,
1& 1 .
Soit W  t 0
%
r 1 | t, r P R- un sous-ensemble de V3 .
1 $ 0 , $  ,
& 1 1 . & 1 1 .
Alors, W  Vect  0
% -
. Donc la liste S 
, 1
-
est une liste
%
 0 , 1

génératrice. Puisque les vecteurs sont linéairement indépendants, c'est une base de W . Ainsi
1 0 1 0

dim W  2.
Théorème 1.42.
Soit W un sous-espace vectoriel d'un espace vectoriel V de dimension nie. Alors W est de
dimension nie et
dim W ¤ dim V .
De plus, dimpW q  dimpV q si et seulement si W  V .
Si
Démonstration. W  t0u , on a
dim W  0 ¤ dim V .
Sinon, soit S  tw , ... , w u un ensemble linéairement indépendant d'éléments de W . Si S
engendre W , alors S est une base de W et dim W  p. Dans ce cas, par le théorème de Steinitz
p 1 p p

(1.36), p ¤ dim V (car S est un ensemble linéairement indépendant de V ).


p

Si S n'engendre pas W , il existe un vecteur w P W qui n'appartient pas à Vecttw , ... , w u.


p

L'ensemble S  tw , ... , w , w u est linéairement indépendant. On continue ce procédé d'élargissement


p 1 p

en dénissant S , S , ... tant que S n'engendre pas W .


p 1 1 p

Mais par le théorème de Steinitz (1.36), on a nécessairement p k ¤ n car S est linéairement


p 2 p 3 p k

indépendant.
p k

Donc le procédé s'arrête et il existe un k tel que S soit une base de W et p k ¤ n.


La dernière assertion est laissée en exercice.
p k

[Exercices : 30, 31, 32, 33, 34, 35]

19
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Via cette démonstration, on a également démontré le théorème ci-dessous.
Théorème 1.43 (Théorème de ballon 2).
Soit V un espace vectoriel de dimension nie.
Soit S  tv1 , ... , vp u un ensemble d'éléments de V linéairement indépendant. Il existe alors
u1 , ... , ur P V tels que
S2  tv1 , ... , vp , u1 , ... , ur u
soit une base de V .
Dénition.
Un sous-espace vectoriel de dimension 1 est une droite vectorielle.
Un sous-espace vectoriel de dimension 2 est un plan vectoriel.
Théorème 1.44 (Théorème de la base).
Soit V un espace vectoriel de dimension p (où p ¥ 1). Alors,
1. toute famille linéairement indépendante d'exactement p vecteurs de V est une base de V ;
2. toute famille d'exactement p vecteurs qui engendre V est une base de V .
Ce théorème sera extrêmement utile pour trouver des bases d'espaces dont on connait la
dimension.
Exemple 1.45.
Soit S  tp1, 0, 1q, p1, 1, 0q, p0, 1, 1qu un sous-ensemble de R . 3

Vérions que cet ensemble soit linéairement indépendant : on suppose qu'il existe α , α , α P R
tels que
1 2 3

α1 p1, 0, 1q α2 p1, 1, 0q α3 p0, 1, 1q  0


pα1 α2 , α2 α3 , α1 α3 q  p0, 0, 0q
donc $
'
&α1 α2 0
'
α2 α3 0
%
α1 α3 0
On résout ce système via la matrice augmentée
 
1 1 0 0
 0 1 1 0 
1 0 1 0
 
1 1 0 0
 0 1 1 0 
0 1 1 0
 
1 1 0 0
 0 1 1 0 .
0 0 2 0
D'où on obtient α  α  α  0.
L'ensemble S est donc linéairement indépendant et |S |  3. Et comme on sait que dim R  3,
1 2 3
3

S est une base de R . 3

Démonstration du Théorème de la base.


1. Soit S une famille linéairement indépendante de p vecteurs. Selon le théorème du ballon
(1.43), S peut être élargie en une base de V .
Mais les bases de V sont toutes de taille p par le théorème 1.37, donc S est déjà une base.
2. Soit S une famille de p vecteurs qui engendrent V . Par le théorème du ballon (1.35), on
peut extraire un sous-ensemble S 1 de1 S qui constitue en base de V . Comme la dimension
de V est p, par le théorème 1.37, S contient p vecteurs. Donc S  S 1.
[Exercices : 36, 37, 38, (39), (40)]

20

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