Politique forestière durable à Madagascar
Politique forestière durable à Madagascar
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POLITIQUE FORESTIERE
DE MADAGASCAR
Vers une gestion durable et responsable
des forêts Malagasy
Avril 2017
Sommaire
Sommaire ....................................................................................................................................................... 2
Liste des abréviations .................................................................................................................................... 4
Glossaire ........................................................................................................................................................ 5
Préface ........................................................................................................................................................... 6
1. Préambule ............................................................................................................................................... 7
2. Bilan de la situation forestière actuelle .................................................................................................. 8
2.1 La demande nationale en bois évolue au rythme de la croissance démographique .......................... 8
2.2 La déforestation et de la dégradation forestière persistent ............................................................... 8
2.3 L’exploitation forestière génère des chiffres d’affaires importants mais sa contribution au
développement économique reste insignifiante à cause de l’inexistence de système de contrôle
efficace ................................................................................................................................................ 9
2.4 L’absence de l'administration forestière sur le terrain est une suite logique du recul de son autorité
et de sa compétence en matière forestière. ....................................................................................... 9
2.5 La collaboration intersectorielle et la décentralisation n'ont pas été effectives faute de volonté
politique notamment dans le transfert des moyens nécessaires ..................................................... 10
3. Madagascar dispose encore de potentialités importantes ................................................................... 10
4. Les principes fondamentaux de la politique forestière......................................................................... 11
4.1 Conformité avec les politiques et programmes centrales et sectorielles ......................................... 11
4.2 Recherche d'équilibre d'options et de zonage d'utilisation des ressources forestières pour une
gestion durable appropriée ............................................................................................................... 11
4.3Responsabilisation des parties prenantes au secteur forestier ......................................................... 12
5. La vision, les grandes orientations et objectifs de la nouvelle politique forestière Malagasy ............. 12
5.1 La vision de la politique forestière Malagasy 2016-2030 .................................................................. 12
5.2 Les grandes orientations stratégiques ............................................................................................... 12
5.3 - Orientation 1 : Assurer la gestion durable et efficace des forêts malagasy .................................... 12
Objectif 1.1 : Promouvoir les actions de restauration des paysages forestiers................................... 13
Objectif 1.2 : Développer les bases de données et outils nécessaires pour rééquilibrer et
appliquer le zonage d'utilisation des forêts ............................................................................................... 14
Objectif 1.3 : Intensifier la lutte contre la déforestation et la dégradation forestière ...................... 15
Objectif 1.4 : Développer la contribution du secteur forestier au développement économique en
promouvant la valorisation ............................................................................................................................... 16
5.4 - Orientation 2 : Améliorer la gouvernance du secteur forestier ...................................................... 17
Objectif 2.1 : Engager la réforme de l'administration forestière ............................................................... 17
Objectif 2.2 : Développer la formation et la recherche .................................................................................. 18
2
Objectif 2.3 : Réorganiser les systèmes de contrôle forestier..................................................................... 18
Objectif 2.4 : Assurer la collaboration intersectorielle et inter institutionnelle en améliorant la
coordination des actions et en assurant la décentralisation et la déconcentration vers une
gestion de proximité effective .......................................................................................................................... 18
Objectif 2.5 : Renforcer le système de suivi-évaluation ................................................................................ 19
5.5. Orientation 3 : Mettre en place des mécanismes de financement durable de la conservation et de
la gestion durable des ressources forestières ................................................................................... 20
Objectif 3.1 : Instaurer une fiscalité forestière transparente et incitative ............................................ 20
Objectif 3.2 : Réviser l'utilisation et l'affectation des Fonds Forestiers en faveur de la gestion
durable et efficace des ressources.................................................................................................................. 21
Objectif 3.3 : Promouvoir des mécanismes alternatifs innovants de financement durable des
actions forestières ................................................................................................................................................. 21
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Liste des abréviations
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Glossaire
Exploitant forestier : toute personne physique ou morale exerçant des activités d'exploitation et/ou
de valorisation des produits forestiers.
Service éco systémique : service rendu aux hommes par les écosystèmes (Millenium
EcosystemAssessment, 2005)
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Préface
Les forêts sont sans nul doute un des piliers de l’avenir humain.
En effet, les forêts malagasy sont avant tout des atouts précieux pour l’économie
nationale. Elles fournissent d’importants services environnementaux au peuple malagasy
(production, protection, régulation…). Elles font vivre des ménages. Elles représentent
des identités culturelles dans certaines zones de la Grande Ile. Elles font tourner la roue
économique si la valorisation des produits forestiers se fait suivant les normes et les
législations en vigueur soutenues par une gouvernance améliorée à tous les niveaux.
Les forêts malagasy font partie de notre histoire et elles feront toujours partie de notre
futur si nous arrivons à la gérer d’une manière durable. Elles seront nos legs pour la
génération future.
La présente politique forestière à partir d’un bilan de l’état actuel et d’un processus très
participatif, a fédéré toutes les parties prenantes à la gestion durable des forêts, pour
une vision commune. Celle de se définir des objectifs pour freiner cette tendance à la
réduction des superficies forestières et en la mettant en valeur pour les bénéfices de
toute la Nation entière.
Le Ministère en charge des forêts présente ici ses vifs remerciements à tous ses
partenaires techniques et financiers qui ont contribué à l’élaboration de ce document
cadre, notamment la FAO, la GIZ et la Banque Mondiale, et que cet outil nous aidera à
mieux coordonner nos efforts et interventions futures.
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1. Préambule
Au début des années 1990et en réponse à une dégradation importante de ses ressources
naturelles, Madagascar a élaboré et commencé à mettre en œuvre une Politique Nationale
d’Action Environnementale (PNAE). Dans le cadre de la mise en œuvre du premier
Programme Environnemental (PE1), des politiques sectorielles ont été élaborées. C’est ainsi
que la politique forestière de 1997 a vu le jour et a été déclinée en plan directeur national,
plans directeurs régionaux et à la base de plusieurs textes légaux et réglementaires.
Malgré ces instruments et les moyens qui ont été mobilisés, la forêt Malagasy a continué à
se dégrader à un rythme alarmant. Nombreuses sont les causes de cette dégradation pour
ne citer que les facteurs directs tels que la conversion des forêts en terrains agricoles, les
prélèvements incontrôlés de produits forestiers ligneux, l’exploitation abusive de la faune et
de la flore et la recrudescence d’exploitations minières non contrôlées dans les forêts. Les
aires protégées, elles-mêmes, ne sont pas épargnées. En outre, des causes sous-jacentes
comme l’accroissement démographique, l’absence de l’administration forestière de terrain ou
la croissance rapide de la demande en produits forestiers ligneux et non ligneux viennent
s’ajouter à la liste des facteurs destructeurs des forêts. Pour faire face à ces contraintes, les
pouvoirs publics ont opéré, en fonction des circonstances, des changements législatifs et
réglementaires qui s’inscrivaient dans des logiques parfois différentes, pour ne pas dire
contradictoires, de celles ayant conduit à la formulation du code forestier et de la politique
des forêts. Des nouveaux décalages, inadaptations et parfois incohérences sont alors
apparus dans l’ensemble de l’édifice réglementaire, au détriment d’une bonne gouvernance
des ressources forestières.
Afin de disposer à l’avenir de références claires, précises et cohérentes par rapport aux
contextes et pour guider l’action publique en faveur de la gestion durable des forêts du pays,
le Ministère en charge des Forêts s'est engagé à "réviser" la politique forestière et à
"élaborer le code forestier" Malagasy. La politique forestière et les lois qui en découlent
doivent permettre de répondre aux différents problèmes récurrents du secteur. Ainsi, cette
révision a été effectuée d’une façon participative pour assurer l’engagement citoyen de tous
les acteurs vers le redressement de la gouvernance des ressources forestières.
7
programme général de l’Etat, etc.) et internationaux (différentes conventions internationales)
de l’Etat.
L’exploitation légale ou illégale du bois est encore caractérisée par une utilisation sélective
tournant seulement autour d'une dizaine d’espèces sur les milliers existants, qui possèdent,
pourtant, des propriétés technologiques leur conférant d'autres usages plus bénéfiques.
Cette situation entraine une décroissance de la valeur économique des forêts qui ainsi
transformées en forêts secondaires, deviennent plus facilement reconvertibles en parcelles
agricoles.
8
gestion durable des ressources forestières. La ruée minière artisanale difficilement
contrôlable se multiplie et se déplace de plus en plus jusqu’à l’intérieur des forêts protégées,
rendant inefficace la protection de ces espaces. Des mesures appropriées comme
l’opérationnalisation d’une commission "Mines-Forêts" et de la plateforme des Secrétaires
Généraux ainsi que l’existence d’un protocole d'accord entre les deux ministères ont été déjà
prises et appliquées.
Les feux de brousse restent encore parmi les causes principales de la dégradation de la
couverture forestière restante nonobstant le fait que des manuels de gestion des feux ont été
élaborés, le système d’alerte par satellite est fonctionnel et des textes législatifs et
réglementaires existent. Néanmoins, la lutte contre les feux de brousse demeure un défi
majeur à relever, car la problématique ne réside pas uniquement sur le plan technique mais
implique d'autres aspects d'ordre politique et socioculturel.
2.4 L’absence de l'administration forestière sur le terrain est une suite logique du
recul de son autorité et de sa compétence en matière forestière.
Ne pouvant exercer pleinement sa fonction régalienne faute de moyens nécessaires et aussi
à cause de la déperdition progressive de son statut paramilitaire, l’administration forestière
voit son autorité décroître ce qui l’empêche d’appliquer la réglementation en vigueur. Ainsi, le
service forestier est de plus en plus absent dans la conduite de la gestion des forêts
(substitution de la fonction de l'agent forestier par d'autres entités notamment par la création
de task force pour le contrôle, la verbalisation des infractions forestières par des agents non
habilités etc.…).
Le Ministère en charge des forêts avec sensiblement le même budget, a intégré d'autres
directions générales ; les capacités opérationnelles du Ministère s’en sont trouvées
amoindries. Aujourd’hui, faute de bases de données fiables et de connaissances
approfondies sur l'état de lieu exact de ses ressources, le service forestier n'est plus en
9
mesure de prendre rapidement les décisions adéquates inhérentes à sa mission de gestion
sans l'aide et l’appui des autres organismes, parfois motivés par leurs propres intérêts.
Sur le plan de la gestion forestière, en sus de la délégation de gestion effective des aires
protégées et des forêts communautaires, il était prévu de doter les collectivités territoriales,
appuyées par les services techniques déconcentrés de l’Etat, de plus d’autorité et de
capacité pour s’investir réellement dans la "gestion forestière territoriale". Des actions
œuvrant dans ce sens ont été conduites depuis plusieurs années, notamment l'élaboration
du zonage forestier régional, de Schémas Régionaux d'Aménagement du Territoire (SRAT),
de Plans Directeurs Forestiers Régionaux (PDFR), d'un Schéma National d'Aménagement
du Territoire (SNAT) et de Schémas d'Aménagement Communal (SAC). Mais leur mise en
œuvre à grande échelle a toujours buté sur un ensemble de difficultés inhérentes au
processus de délégation de gestion et de collaboration intersectorielle.
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responsable de la gestion forestière à une gestion décentralisée avec l'appui des organismes
rattachés et de la société civile.
En dépit des crises politiques répétées, Madagascar reste relativement bien placé sur la
scène internationale pour bénéficier de revenus des marchés émergents du carbone
forestier et des services environnementaux.
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4.3 Responsabilisation des parties prenantes au secteur forestier
La gestion durable des ressources forestières ne peut être envisagée sans une implication
des différentes parties prenantes (associations paysannes, communauté de base,
opérateurs économiques, organismes gouvernementaux, organismes non
gouvernementaux, société civile, bailleurs de fonds, collectivités décentralisées, organismes
de formation et de recherche, etc.). La stratégie forestière nationale s’attachera donc en
priorité à les associer à la gestion des ressources forestières en leur conférant des
responsabilités dans le cadre non exhaustif de délégation de mission de service public de
conservation des ressources forestières ou de renforcement / articulation entre la
décentralisation et la déconcentration.
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Pour assurer une gestion durable efficace, il faudra, d'une part, maintenir la surface
forestière existante, restaurer les surfaces forestières détruites et augmenter les surfaces
boisées et, d'autre part, lutter contre les causes directes de la déforestation. Pour ce faire, il
faut donc :
La forêt Malagasy ne pourra pas assurer son rôle multifonctionnel (produits ligneux et
non ligneux, fertilité du sol, ressource en eau, biodiversité, habitat, services
environnementaux), sans qu'une action de restauration forestière intensifiée ne soit
effectuée dans les prochaines années. Par ailleurs, cela devra se faire en conformité avec
les engagements de Madagascar dans le cadre du programme national de restauration
des paysages forestiers soutenu par la Stratégie Nationale de la Restauration des
Paysages Forestiers et des Infrastructures Vertes.
La restauration concerne :
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(SNABE). Par ailleurs, le Ministère en charge des forêts soutient les initiatives par
rapport à la recherche d'énergies alternatives pour mieux répondre à ces besoins
susmentionnés qui ne feront que s’intensifier au fil des années.
Les initiatives de reboisement privées doivent être encouragées notamment en appliquant
réellement les mesures incitatives existantes et en fournissant les appuis techniques
nécessaires.
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nécessite(i) l’appui au développement des plans d’aménagement forestier à chaque
niveau (communal, régional) par la capitalisation des méthodes et leur mise à disposition
aux parties prenantes ainsi que par le conseil technique donné aux gestionnaires (par
délégation) des ressources forestières, (ii) l’adoption de textes réglementaires obligeant le
développement de plans d’aménagement. La délivrance de permis associés à l’accès aux
ressources et à leur usage sera conditionnée par l’existence et la qualité de ces plans
d’aménagement.
L'application des différents outils de gestion devra toujours être accompagnée par des
systèmes de suivi évaluation qui permettront à leur tour de mettre en œuvre une gestion
adaptative des ressources forestières.
Il est fondamental que parallèlement aux initiatives visant à augmenter les surfaces et les
productivités des forêts, des actions de lutte contre la déforestation et la dégradation
soient menées. Cette lutte doit se concentrer plus spécifiquement sur :
(i) l’amélioration du contrôle de l’exploitation (collecte de bois d’énergie,
permis de coupe, permis d’exploitation) par l’implication des parties
prenantes dans la procédure de délivrance des droits d’accès, d’usage et
d’exploiter ;
(ii) délimitation consensuelle des terrains à vocation agro-pastorale dans le
cadre de la mise en œuvre des actions pour la restauration des paysages
forestiers ;
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(iii) le développement d’actions collectives entre les différents secteurs
concernés qui devront permettre de gérer efficacement les feux de
brousse, les feux de pâturage et les feux de forêts. Pour assurer que les
actions se pérennisent dans le temps, il faut enfin
(iv) promouvoir une prise de conscience environnementale via des efforts
soutenus en termes d’éducation et de communication.
La forêt est à la base d’un secteur d’activités économiques qui vise à répondre aux
besoins domestiques des ménages et à approvisionner les marchés en produits forestiers
ligneux et non ligneux. Le fonctionnement de ce secteur peut être notablement amélioré
tant au niveau de l’exploitation, que de la transformation et de la commercialisation, afin
d’accroître sa contribution au développement économique national. La formalisation du
secteur est essentielle et doit se refléter entre autres dans la satisfaction d’une demande
croissante en produits de meilleure qualité, la création d’un plus grand nombre d’emplois
et l’augmentation de la part du secteur forestier dans le revenu national. La mise en
valeur forestière, en tant que source de revenus, peut et doit être conduite de façon à
assurer le maintien voire l’accroissement à long terme du capital que constitue la forêt.
Plusieurs produits forestiers ligneux et non ligneux ne sont pas encore reconnus par
rapport à leurs valeurs commerciales. Ces produits sont faiblement valorisés et rarement
capitalisés en termes économiques. Le but étant d’attribuer leurs valeurs réelles aux
produits valorisables pour de meilleures retombées économiques pour le pays.
La valorisation est une solution adaptée pour encadrer les acteurs vers la
professionnalisation du secteur. Des efforts doivent être engagés en matière
d'aménagement, de contrôle, d’application du système de traçabilité des produits pour
vérifier l'application de la règle d'aménagement.
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5.4 - Orientation 2 : Améliorer la gouvernance du secteur forestier
Les objectifs de l’orientation précédente ne pourront être atteints que si la gouvernance
du secteur est améliorée de façon à ce que l’administration, enrichie par la formation et la
recherche, puisse jouer un rôle efficace de mobilisation des parties prenantes et de
coordination des actions, devenues de plus en plus collective. Il est donc nécessaire de :
- Engager la réforme de l’administration forestière ;
- Développer la formation et la recherche ;
- Réorganiser les systèmes de contrôle forestier ;
- Assurer la collaboration intersectorielle et inter institutionnelle en améliorant la
coordination des actions et en assurant la décentralisation et la déconcentration
effective ; et
- Renforcer le système de suivi-évaluation.
- Une sensibilisation (éducation citoyenne) qui devra commencer par une formation
à la gouvernance et poursuivie par des séances répétitives et régulières utilisant
tous les moyens de communication adaptés, et/ou
- La mise en place d’un organe d'inspection interne au niveau du Ministère en
charge des forêts. Cet organe doit contribuer à l'amélioration de l'autocontrôle et
à la diminution de la corruptibilité de tous les responsables ; et
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- Le développement d’un système d’incitation, qui ne doit pas être uniquement
monétaire (formation, promotion, etc.), basé sur l’efficacité des agents en terme
de suivi des procédures, l’incitation étant parfois plus efficace que la répression.
Bien que le rôle de l’administration tende de plus en plus vers la coordination des actions,
l’administration reste le détenteur du pouvoir de délivrer (même par délégation) les droits
d’accès aux ressources. Il est donc essentiel que le service forestier reste associé à toute
action de supervision en développant et en mettant en place un système de contrôle
forestier amélioré et adapté au rôle futur de l’administration. Cette amélioration doit
passer, d'une part, par (i) l'adaptation du cadre légal et des procédures administratives
avec la réalité. D'autre part, par (ii) le renforcement de la collaboration avec les entités
pour le contrôle proprement dit entre autres :la collectivité, la communauté locale de base,
les forces de l'ordre, la justice et la société civile ;(iii) Il est également nécessaire que le
service forestier prenne en main le développement des outils techniques y afférents : suivi
satellitaire des feux, guide de contrôle forestier, traçabilité, etc.
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rôle de leader dans toutes les opérations. La rénovation profonde doit être appliquée pour
assurer l’exercice de l’autorité et du contrôle dans le cadre de la gestion de ses
ressources en vue du développement social et économique.
Pour exercer efficacement cette coordination, le service forestier doit s’atteler à renforcer
la coopération inter institutionnelle et intersectorielle, tout en décloisonnant ses directions
et services internes dans le but d’assurer plus d'efficacité aux actions engagées. Dans
cette optique, il faudrait déterminer la fonction et l'attribution des structures au niveau de
chaque instance de collectivité territoriale. Le service forestier devra constituer pour cela
des groupes de travail formel ou informel en établissant des termes de références,
déterminant les objectifs précis et les rôles de chaque membre, pour chacune des
groupes de travail.
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5.5. Orientation 3 : Mettre en place des mécanismes de financement durable de la
conservation et de la gestion durable des ressources forestières
La possibilité d’atteindre les objectifs fixés dépend du dynamisme du service forestier à
mobiliser les parties prenantes, à coordonner les actions mais aussi de la disponibilité des
financements appropriés. Compte tenu des contraintes existantes, il est nécessaire de
mettre en place des mécanismes innovants de financement durable, qui doivent non
seulement, permettre d’assurer la réalisation des actions, mais aussi d’améliorer la
gouvernance du secteur.
Les mécanismes comprennent d'une part les financements directs qui doivent servir aux
actions, notamment la mise à disposition effective des allocations de l'Etat et la
mobilisation d'autres sources, et d’autre part les financements indirects qui proviennent
des activités de valorisation des ressources forestières ligneuses et non ligneuses. Pour
cela, les objectifs suivants devront être atteints :
Par ailleurs, les exploitants doivent être incités à engager des démarches de certification
de leurs produits. Pour faciliter cette action, il faudra : (i) mettre en place une fiscalité
forestière cohérente, stable, incitative et transparente afin de rassurer les industriels et
attirer de nouveaux investisseurs ; (ii) mettre en place un observatoire chargé de la
mercuriale des prix des produits forestiers qui seront utiles pour les opérateurs du bois; et
(iii) contribuer à augmenter le rendement matière par la formation de bûcherons,
l'utilisation de matériels d'abattage et d'équarrissage adaptés ainsi que des assortiments
permettant de réduire les pertes.
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Objectif 3.2 :Réviser l'utilisation et l'affectation des Fonds Forestiers en faveur
de la gestion durable et efficace des ressources
L’amélioration de l’usage du Fonds Forestier National devra passer par l’adoption d’un
nouveau texte régissant la méthode de calcul de redevance d'exploitation forestière, la
mobilisation des fonds forestiers régionaux et la redéfinition de la clé de répartition de la
recette forestière. Le service technique déconcentré devrait avoir la possibilité de garder
une partie de la recette ou de se faire attribuer une part importante pour financer les
actions sur terrain.
Renforcer les capacités des acteurs pour accéder aux sources de financement
existantes mais non encore maîtrisées (procédures d’accès, conditionnalités,
etc..). Cela implique entre autres le renforcement de l’efficacité des financements
nationaux (taxes, FFN, etc.) en cohérence avec les autres sources extérieures de
financement afin de créer un mécanisme de financement durable, et ce en tenant
compte de l’importance des services éco-systémiques rendus par les paysages
forestiers ;
Promouvoir la recherche vis-à-vis de nouvelles sources de financement
potentielles, y compris celles spécifiques au contexte malgache ; et
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Développer les arrangements institutionnels liés à ces mécanismes de
financement durables des actions forestières, et opérationnaliser les structures de
gestion qui y seront liées.
L'écotourisme est l'option la plus prometteuse pour valoriser les ressources forestières
dans les aires protégées, mais également dans les autres types de forêts où on peut le
faire. Des actions de conception et de marketing de produits éco touristiques seront
conduites en partenariat avec le secteur concerné. Les initiatives privées dans ce sens
seront encouragées.
Enfin, Madagascar doit profiter des opportunités actuelles de financement sur la base des
services éco-systémiques fournis par les paysages forestiers et les infrastructures vertes,
du protocole de Nagoya sur l’Accès et du Partage des Avantages (APA), ainsi que de la
lutte contre le changement climatique. Par ailleurs, Madagascar devra s'approprier le
mécanisme REDD+ en tant que système incitatif et durable pour la réduction des
émissions, mais aussi d’une manière générale pour permettre de faire face aux nombreux
facteurs socio-économiques et politiques interdépendants qui entrainent la déforestation
et la dégradation des forêts restantes. Cela implique entre autres : (i) l’incitation les
partenaires du développement à appuyer la mise en œuvre de la stratégie REDD+ axée
sur les performances environnementales et sociales favorisant un partage juste et
équitable des avantages et autres bénéfices, et (ii) la création et/ou renforcement des
entités de suivi et évaluation des activités REDD+.
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