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La vérité selon l'Évangile de Jean

Le document explore la notion de vérité dans le Nouveau Testament, en mettant l'accent sur son utilisation dans les écrits historiques, pauliniens et johanniques. Il souligne que la vérité, souvent associée à la révélation divine, est centrale dans l'enseignement de Jésus, qui se présente comme le chemin vers la liberté spirituelle. La résistance des pharisiens face à cette vérité révèle une incompréhension de leur condition spirituelle et de la nature de la libération que Jésus propose.
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La vérité selon l'Évangile de Jean

Le document explore la notion de vérité dans le Nouveau Testament, en mettant l'accent sur son utilisation dans les écrits historiques, pauliniens et johanniques. Il souligne que la vérité, souvent associée à la révélation divine, est centrale dans l'enseignement de Jésus, qui se présente comme le chemin vers la liberté spirituelle. La résistance des pharisiens face à cette vérité révèle une incompréhension de leur condition spirituelle et de la nature de la libération que Jésus propose.
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II Nouveau Testament.

1.

LIVRES HISTORIQUES.

Ce sont les deux termes des LXX qu'emploie le N.T., et avec la même valeur.
Mais alêthéia (vérité, réalité s'opposant à l'apparence, à l'erreur et au mensonge)
n'apparaît guère que dans les écrits pauliniens et johanniques ; il ne se trouve que
trois fois dans les Synoptiques (Mr 5:33 12:14 parallèle Mt 22:16) et une fois dans les
Actes (Ac 26:25) ; deux autres fois il appartient à une locution adverbiale (Lu
22:59, Ac 4:27).

Notons aussi le mot araméen Amen, qui donne un caractère de solennité aux
affirmations de Jésus : les Synopt, l'ont 29 fois, dans l'expression : « Je vous dis en
vérité... » ; le 4 e évang, l'a 15 fois sous sa forme redoublée : « En vérité, en vérité, je
vous le dis... » (voir Amen).

2.

ÉCRITS PAULINIENS.

Chez saint Paul comme dans l'A.T., le même terme a tantôt le sens de fidélité divine
(Ro 3:7 15:8), tantôt celui de véracité (1Co 5:8, Eph 4:15-25). Mais souvent
aussi alêthéia désigne la pensée de Dieu révélée aux hommes pour leur salut, tantôt
par le moyen de l'intelligence et de la conscience (Ro 1:18,25), tantôt par le moyen
de l'Évangile (2Co 4:2, Ga 2:5-14). Ainsi, la vérité devient synonyme d'Évangile (Eph
1:13).

Dans les épîtres pastorales, la vérité, la parole de vérité s'appliquent à la doctrine


chrétienne (1Ti 3:15,2Ti 2:15). Ce sens se retrouve dans les autres épîtres du N. T
(Heb 10:26 Jas 1:18 3:14,1Pi 1:22,2Pi 1:12 2:2).

3.

ÉCRITS JOHANNIQUES.
C'est dans ces livres que le mot alêthéïa désigne, comme dans le grec classique, la
vérité opposée à l'erreur. L'homme naturel est dominé par un esprit d'erreur (Jn
8:44), qui le rend incapable de reconnaître et de saisir la vérité : l'esprit de mensonge
fait de lui l'esclave du péché ; l'homme ne peut ainsi s'approcher de Dieu en qui tout
est vérité. Jésus est venu rendre témoignage à la vérité (Jn 18:37), quiconque est
pour la vérité écoute sa voix et reconnaît en lui l'envoyé de Dieu (Jn 14:11). Uni à
son Père de telle façon qu'il peut dire : « Le Père et moi nous sommes un » (Jn
10:30), il est la Parole faite chair, pleine de grâce et de vérité (Jn 1:14), c'est par lui
que la grâce et la vérité viennent à l'homme (Jn 11:7) ; voilà pourquoi il peut dire :
« Je suis la vérité » (Jn 14:6). Il communique aux siens la vérité qui est en lui ; avant
de les quitter, il promet de leur envoyer l'Esprit de vérité qui les conduira dans toute
la vérité (Jn 16:7). Révélation et communication de réalités spirituelles, cette vérité a
une action directe sur la conduite humaine. Pour la saisir il faut être déjà né de Dieu
(Jn 1:13), sa possession rend l'homme définitivement libre à l'égard du péché (Jn
8:32), elle le sanctifie (Jn 17:17). Cet enrichissement de l'être moral a pour
conséquence une illumination intérieure qui entraîne la certitude (Jn 3:21). Voilà
pourquoi la venue du Christ est l'occasion d'un solennel jugement prononcé sur le
monde : écouter sa parole, c'est aller des ténèbres à la lumière, du péché à la
sainteté, de Terreur criminelle à la possession de la vérité, à la possession de Dieu
Lui-même ; le repousser, c'est enfoncer toujours plus dans le péché et dans les
ténèbres. D'où la valeur particulière, dans les écrits johanniques, de
l'adjectif alêthinos =vrai, véritable, qui exprime les réalités spirituelles : le vrai pain du
ciel, le vrai cep, le seul vrai Dieu, le témoin fidèle et véritable, etc (Jn
6:32,55 15:1 17:3,1Jn 5:20, Ap 3:7,14).

La profonde originalité de la notion de vérité que présentent les écrits johanniques,


c'est de montrer la vérité comme un objet de connaissance, puis comme une vie qui
pénètre l'individu (1Jn 3:19), enfin comme un chemin que suit le fidèle (2Jn
1:1,2,4,3Jn 1:3). Théologie, morale, certitudes de la foi, tout le christianisme est
enfermé dans cette conception de la vérité que Dieu communique aux simples et aux
petits enfants par la personne de Jésus (voir Connaissance, Révélation). Voir aussi
Mensonge, Hypocrisie. R. R.
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Selon Jésus, qu’est-ce que la vérité ?


Dans le chapitre 8 de l’Évangile de Saint-Jean, la parole de Jésus se déploie à
travers l’incrédulité des pharisiens qui l’interrogent sur son identité. Pourquoi la
vérité qu’il annonce suscite-elle rejet et violence de ses adversaires ?
 Héloïse de Neuville,

 le 11/02/2020 à 15:28
 Modifié le 15/09/2021 à 11:23

Lecture en 4 min.

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Dans quel contexte Jésus a-t-il prononcé cet enseignement ?

Cet extrait de l’enseignement de Jésus sur la vérité figure dans le


chapitre 8 de l’Évangile de Jean. Le passage fait le récit d’une révélation
mal comprise de l’identité de Jésus. L’épisode qui se déroule à
Jérusalem, commence et s’achève sur une tentative de lapidation. Dans
la première partie du chapitre, les scribes et les pharisiens amènent au
Christ une femme « surprise en situation d’adultère ». Jésus confond les
accusateurs et fait preuve de miséricorde envers l’accusée. Puis, un
dialogue se noue entre Jésus et ses adversaires, à propos de son
identité et de sa filiation, dans une atmosphère tendue où se multiplient
les malentendus. Accusé de se rendre « témoignage à lui-même »,
Jésus assure, tranchant : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous
êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité et la vérité
vous rendra libres ». Cette phrase provoque l’incompréhension et
l’agressivité des pharisiens, qui ultimement « ramassèrent des pierres
pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple ».

Quelle vérité Jésus vient-il apporter aux hommes ?

La première vérité qu’affirme Jésus réside dans son lien filial au Père, le
Dieu de l’Ancien Testament. Jésus est l’accomplissement des Écritures.
Il est le seul fils de Dieu, à accomplir le destin créateur de son Père pour
les hommes. Cette vérité qu’il vient apporter au monde, il ne la tire pas
de lui-même, comme il l’explique verset 38 : « Je dis ce que moi, j’ai vu
auprès de mon père ». Pour autant, Jésus est plus qu’un messager de
Dieu. Il est aussi le message : « Il est à la fois révélateur et révélé.
Jésus est l’exégète, il explique, mais il est l’exégèse, il est l’objet de la
révélation, précise le père Alban Massie, jésuite, directeur de la
Nouvelle Revue Théologique (NRT). Il bouleverse notre connaissance
de Dieu en osant dire que Dieu n’est pas inconnaissable ». C’est même
uniquement par la médiation du Christ que les hommes peuvent entrer
dans la communion filiale qui unit Jésus à son Père. Et c’est en «
demeurant en sa parole », que l’homme peut entrer dans un rapport
fraternel avec son prochain, à l’image de la miséricorde dont fait preuve
le Christ avec la femme adultère. Car jusqu’alors, comme le montre cet
épisode, « les pharisiens font l’expérience d’une loi qui est plus une
contrainte qu’une pédagogie de la liberté, telle que Jésus nous
l’annonce », explique Yves Simoens, auteur de Évangile selon Jean (lire
ci-contre). Jésus n’est pas venu pour condamner, mais pour que tout
homme ait la vie. Contre le mensonge qui prend souvent l’apparence de
la vérité, la révélation de Jésus permet d’envisager une conception
mystique de la morale chrétienne, conditionnée par la foi et l’amour : on
ne peut agir selon la vérité que si on puise la vérité dans la parole de
Jésus.

Pourquoi la vérité de Jésus suscite-t-elle de la violence ?

La vérité de Jésus finit par provoquer une tentative de lapidation à son


encontre. Selon la bibliste Corina Combet-Galland (1), cette hostilité
s’explique par le fait que, pour faire paraître la vérité, Jésus « doit
d’abord faire entendre la servitude » à ses adversaires. La notion de
libération dans "la vérité vous rendra libres", fait d’ailleurs l’objet d’un
quiproquo majeur entre Jésus et les pharisiens. Alors que Jésus cherche
à leur faire comprendre qu’ils sont « dans un esclavage qui n’est pas
conforme à leur état de créature à l’image de Dieu », explique Yves
Simoens, les pharisiens s’offusquent, rétorquant qu’en tant que «
descendance d’Abraham », ils n’ont jamais été « les esclaves de
personne ». Ils répondent à Jésus sur un registre social et politique.

Or, affirme Gérald Caron (2), « ils se méprennent totalement sur le sens
de la parole de Jésus. Ils font de la liberté ou de l’esclavage une
question de naissance, alors que Jésus envisage l’esclavage du péché
dont seul le Fils peut libérer ». Plus encore « Jésus affirme en sa
personne une antécédence à toute histoire. Cela suppose une tout autre
qualité du temps et de la vie, une nouvelle naissance. Il décentre ses
interlocuteurs d’eux-mêmes, les excentre de l’histoire. Il fonde ailleurs. Il
parle commencement ; il offre à la vie humaine une origine plus
fondamentale que la généalogie », explique la bibliste Corina Combet-
Galland. « On découvre ainsi la dimension positive de la véritable liberté
qui, en nous révélant le Christ et en nous faisant demeurer dans la
communion avec lui, nous révèle à nous-mêmes, et nous offre l’espace
de la vie véritable », explique Ignace de la Poterie, dans La vérité dans
Saint Jean (3).

Pourquoi Jésus ne déclare-t-il pas la vérité d’une manière plus directe ?

On pourrait s’étonner du fait, que dans l’affirmation de la vérité, Jésus


n’utilise pas un langage plus clair. Le langage du Christ est elliptique,
cryptique. Souvent, il répond par des questions par d’autres questions,
ou comme l’illustre une des réponses qu’il fait aux pharisiens sur son
identité : « vous ne connaissez ni moi ni mon Père ; si vous me
connaissiez, vous connaîtriez mon aussi mon Père », il procède de
manière détournée pour se révéler. Pourquoi Jésus ne dit-il pas
directement qu’il est le Messie qu’Israël attendait dans une vérité que
chacun pourrait comprendre sans ambiguïté ? En réalité, le langage de
Jésus mime la nature de la vérité qu’il révèle. C’est une parole qui se
propose mais qui ne s’impose jamais. Elle nécessite une adhésion libre,
une foi de l’auditeur qui doit « demeurer en la Parole ». Mais pour
cela, « encore faut-il pouvoir s’ouvrir à l’écoute d’une vérité sur soi, sur
ses paralysies, ses dépendances, ses enfermements », explique la
bibliste Corina Combet-Galland. La manière dont est révélée la vérité
montre que son appréhension et sa recherche sont toujours celles d’un
combat spirituel », analyse Yves Simoens. Elle doit être reçue avec les
risques que comporte cette réception, car Dieu nous a créés libres de le
refuser.
(1) Venir en lumière : une violence ? Évangile de Jean 8,12-59, Éditions du Cerf.
(2) Qui sont les Juifs de l’évangile de Jean ?, Éditions Bellarmin, 1997.
(3) Coll. Analecta Biblica N°73 et 74, Rome, P.I.B., 1977.

 Vérité

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Vérité
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