Guide - rédaction scientifique
Écrire pour un journal scientifique
Éric Duchemin
Plan
Les enjeux de la rédaction scientifique
Les étapes clés pour rédiger le plan d’un article scientifique
Introduction (environ 10 % du texte)
Comment faire une recherche bibliographique
Méthodologie (environ 20 % du texte)
Site d’étude
Échantillonnage
Analyses
Résultats (environ 20 % du texte)
Discussion (environ 40 %)
Conclusion (environ 10 % du texte)
Bibliographie
Comment citer les sources secondaires
Source papier
Source électronique
Grille pour rédiger le plan d’un article scientifique
Rédaction du message
Mise à jour de la banque d’articles scientifiques
Résumé des dernières conclusions pertinentes sur le sujet
Choix de la revue
Rédaction du plan de l’article
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Les enjeux de la rédaction scientifique
La rédaction d’articles en vue de leur diffusion au sein du collège des pairs reste l’une des activités
les plus importantes des chercheurs et des intervenants en sciences de l’environnement. La science
existe parce que les scientifiques sont des écrivains et des conférenciers. La rédaction est autant
un moyen de clarifier nos découvertes ou nos interventions, que d’informer d’autres chercheurs du
même domaine de recherche ou de domaines connexes de nos avancées ou de nos données. De
tels articles peuvent aussi servir à informer le public, dans la mesure où les auteurs bénéficient du
support d’un service de communication efficace. Toutefois, pour atteindre ce dernier objectif, le
chercheur devra s’approprier préalablement les méthodes et les habiletés nécessaires à la
rédaction d’articles de vulgarisation.
Que ce soit en sciences naturelles ou en sciences sociales, la rédaction d’un article scientifique doit
respecter des normes relativement rigides. Ces normes servent de gardefous et permettent
d’orienter l’auteur pour la production d’un texte clair. Bon nombre de ces directives sont
applicables aussi à la rédaction d’un rapport de recherche ou d’un travail de recherche dans le
cadre d’un cours. Une structure bien établie peut paraître contraignante, mais constitue une
nécessité pour que le lecteur comprenne le développement conceptuel et intellectuel de l’auteur.
Un énoncé clair de l’objectif, du propos et des conclusions est la solution pour une transmission du
message efficace. Ainsi, la séparation des résultats et de la discussion est essentielle pour éviter de
noyer les données originales du texte. La capacité à rédiger des essais d’un seul trait est plus un
fantasme qu’une réalité.
Entre 20 % et 80 % des articles soumis aux revues pour publication sont refusés par les réviseurs.
Ce taux varie selon les revues (qualité, distribution, etc.). Les revues de calibre international avec
comité de lecture ont généralement des taux d’acceptation se situant entre 25 % et 50 % (ASPL,
2000). VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement, pour ne nommer que celle-
là, à un taux d’acceptation d’environ 30 % pour les articles soumis spontanément, dont environ
20% dont le dépôt pour évaluation est refusé. Ces taux peuvent être différents si la revue
fonctionne avec des articles sollicités. La qualité de l’écrit (structure, clarté), celle des figures et
tableaux, ou des références sont tout aussi primordiales que les résultats et les analyses
(statistiques ou analytiques). Les articles publiés par des revues scientifiques sont généralement
révisés par deux à trois réviseurs externes anonymes et un réviseur interne (un des éditeurs)
(ASPL, 2000). La révision peut aussi parfois être faite par un seul réviseur externe, auquel cas le
réviseur est identifié.
Ici, nous vous donnons des indications afin d'aider la rédaction d'un article scientifique dont le
dépôt pour évaluation aura la chance d'être accepté. C'est la première étape.
Les étapes clés pour rédiger le plan d’un article
scientifique
Pour écrire un texte scientifique, différentes étapes préliminaires sont incontournables, bien
qu’elles puissent prendre différentes formes. Vous en trouverez la liste à la fin du présent guide
dans le document intitulé Grille pour rédiger le plan d’un article scientifique. Ces différentes étapes
ne succèdent pas les unes aux autres selon un processus linéaire; la rédaction du plan de votre
article nécessitera plutôt un aller-retour entre elles dans un processus itératif.
Le plan est la colonne vertébrale d’un article et détermine en grande partie sa qualité. Le plan ne
se résume pas seulement en une structure par points; il met en évidence les liens entre la
connaissance, les hypothèses de la recherche, la méthodologie, les résultats, l’argumentaire et la
conclusion. Il nécessite de développer une structure logique avec un fil conducteur.
Dans un premier temps, l’auteur doit clarifier le message qu’il veut transmettre (celui-ci est
généralement établi à l’initiale de la recherche). Suivant le message, il analyse les preuves et
résultats. Les résultats de la recherche constituent-ils des preuves solides pour étayer nos
affirmations? Ces affirmations nous conduisent-elles au message à transmettre?
Une fois ce plan bien établi, il est primordial d’identifier la revue pour laquelle l’auteur rédige le
texte. Cela aura de l’importance sur le propos (introduction) et sur l’édition du texte. En outre, rien
ne sert de soumettre un texte qui ne concorde pas avec les politiques éditoriales de la revue ou
encore avec le type d’article publié par la revue en question. Grossièrement, on ne soumet pas un
article de géologie à une revue de biologie ou un article disciplinaire à une revue interdisciplinaire.
Pour s’aider dans ce choix, il est possible de regarder les références bibliographiques utilisées (ou
pressenties) dans le texte.
Il est aussi essentiel de procéder à sa révision avec un minimum de recul. Pour ce faire, il est
conseillé d’attendre quelques jours après la fin de la rédaction. Cette étape a pour objectifs de
s’assurer de la cohérence entre les résultats et le message, de l’exactitude des chiffres et des
calculs, de la logique du développement intellectuel et de la conformité des références
bibliographiques. Les références sont-elles toutes là? Constituent-elles véritablement un appui aux
dires? Vous devez garder à l’esprit que les réviseurs sont des spécialistes dans votre domaine et
qu’ils ne laisseraient pas passer de telles erreurs. De plus, les réviseurs et les éditeurs sont
submergés par la masse des articles scientifiques soumis et de simples détails comme ceux-là, s’ils
deviennent récurrents, sont suffisants pour rejeter un article.
Ce chapitre du guide ne se veut pas exhaustif, mais vise à poser les bases minimales pour la
rédaction d’un article scientifique, d’un travail universitaire ou d’un rapport de consultant. Il est
évident que dans le cadre de la rédaction d’un article scientifique, l’auteur doit respecter
rigoureusement les demandes de l’éditeur (politique de publication). De telles demandes sont
moins strictes dans le cadre des travaux universitaires et pratiquement inexistantes dans le cas des
autres types de rapports.
Les articles scientifiques, les travaux universitaires et les rapports de recherche se découpent en
six sections : 1) introduction, 2) méthodologie 3) résultats, 4) discussion, 5) conclusion, 6)
bibliographie. Ci-dessous, nous aborderons séparément ces six sections.