Histoire
SECRÈTE
D ES
DRUIDES
PAR BERNARD RIO
PREMIÈRE ÉDITION
RENNES
ÉDITIONS OUEST-FRANCE
RUE DU BREIL, 13
2019
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LES DRUIDES
DE L’ANTIQUITÉ
CHAPITRE PREMIER
Il existe plusieurs sources où puiser des
informations sur les druides de l’Antiquité sans
qu’il y ait besoin d’extrapoler ou d’inventer.
Il y a, d’une part, les commentaires des œuvres
classiques, grecques et latines. Il existe, d’autre
part, les sources celtiques, en particulier
les littératures médiévales irlandaise et galloise
où abondent les références. Enfin, l’archéologie
constitue un troisième domaine de prédilection
pour appréhender le clergé et les cultes
celtiques, à travers les matériaux exhumés dans
les espaces sacrés continentaux et insulaires.
Page de droite :
Les philosophes grecs et latins de l’Antiquité
ont été fascinés par l’enseignement des druides.
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HISTOIRE SECRÈTE DES DRUIDES
ont pu favoriser les sanctuaires situés
dans les zones rurales où l’armée
romaine avait peu de prise. À Ribe-
mont-sur-Ancre (Somme), le sanc-
tuaire n’a jamais été abandonné au
cours de la période romaine, de la
campagne de César en 58 jusqu’à la
fin du Bas-Empire. La désaffection
des lieux de culte doit cependant être
corrélée à la disparition de la classe
sacerdotale.
Les matériaux exhumés dans les
sanctuaires tendent à prouver que
les cultes ont perduré. Ainsi, au
IVe siècle, le sanctuaire de l’Albachtal,
à Trèves, fut agrandi ; de même ceux
de Faye l’Abbesse (Deux-Sèvres),
Jublains (Mayenne), Bennecourt
(Yvelines), Meaux (Seine-et-Marne).
En Gaule, un grand nombre de fana
furent conservés sans modification
architecturale majeure jusqu’au
IVe siècle. Les destructions peuvent
être datées de la deuxième moitié
du IVe siècle. C’est délibérément que
des sculptures monumentales ou des
décors ont été détruits et enfouis
dans des fosses, par exemple à Mer-
ten (Moselle), où la sculpture d’un
dieu équestre a été brisée en deux
cents morceaux.
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LES LIEUX SACRÉS
Des sanctuaires furent abandonnés après l’édit de Valentinien en 345.
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HISTOIRE SECRÈTE DES DRUIDES
Festiaire
Dans une société marquée par une appréhension
sacrée de l’espace et du temps, il revenait à la classe
sacerdotale d’organiser et de célébrer
les fêtes calendaires. L’année celtique
était rythmée par quatre grandes fêtes.
La première ou la dernière des fidèles défunts », c’est-à-dire la
fête – Samain en Irlande, Samonios fête des Morts, fixée le 2 novembre
en Gaule – ouvrait et fermait l’an- dans le calendrier catholique ro-
née. C’était la plus grande et la plus main. Selon la doctrine dictée par la
importante des fêtes du calendrier Congrégation des Rites, « la fête des
celtique. Elle était située au 1er no- Morts complète la fête de tous les
vembre, et ouvrait la saison sombre, Saints. Après avoir rendu un culte à
mais n’appartenait ni à l’année qui tous les Saints (Église triomphante),
s’achevait ni à l’année qui commen- l’Église s’est souvenue des âmes du
çait. Elle relevait donc d’un hors Purgatoire (Église souffrante) qui
temps, et ce qui s’y passait apparte- attendent leur délivrance. »
nait à un autre monde. Cette double célébration par
Il a beaucoup été écrit sur la Sa- l’Église catholique aux dates où les
main, dont la célébration le 1er no- Celtes célébraient leurs morts est
vembre coïncidait avec la Toussaint, d’autant moins fortuite que la Tous-
la « fête de tous les saints, connus et saint est apparue tardivement, au
inconnus ». Cette correspondance est Ve siècle, dans le festiaire chrétien,
renforcée par la « commémoration et n’a été officialisée à Rome qu’au
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LES RITES E T P R AT I Q U E S M AG I Q U E S
Cérémonie gauloise de funérailles à Lugdunum (Lyon).
VIIe siècle par le pape Boniface IV, Rome en 610, avant d’être décalée
d’abord à la date du 13 mai, corres- au VIIIe siècle au 1er novembre par le
pondant à la consécration de l’église pape Grégoire III. C’est en 835 que
Sainte-Marie-et-des-Martyrs à le pape Grégoire IV confirma la fête
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HISTOIRE SECRÈTE DES DRUIDES
Le passage de l’âme
L’épisode fameux de La Vita Merlini, où le roi Arthur,
mortellement blessé à la bataille de Camlann est
transporté dans l’Autre Monde, atteste de la croyance
des Celtes à l’immortalité de l’âme.
César écrivit : « Ce dont ils
cherchent surtout à se persuader,
c’est que les âmes ne périssent pas,
mais passent après la mort d’un
corps dans un autre. » (VI, 14) Ce
propos de César a été confirmé par
Pomponius Mela, au Ier siècle après
J.-C. : « Une de leurs doctrines s’est
répandue dans le peuple, à savoir que
les âmes sont immortelles et qu’il y
a une autre vie chez les morts. »
(III, 3) Diodore de Sicile accrédita
également les propos du géographe :
« La doctrine pythagoricienne pré-
vaut parmi eux, enseignant que les
âmes des hommes sont immortelles
et revivent pour un certain nombre
d’années dans un autre corps. »
La bataille de Camlann, où Arthur fut
mortellement blessé.
(Bibliothèque historique, V, 28, 6). De
même, Lucain et Strabon abondèrent
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LES RITES E T P R AT I Q U E S M AG I Q U E S
à cette croyance à l’immortalité de
l’âme chez les Celtes.
Les croyances en l’au-delà sont in-
contestables ; néanmoins, le concept
de réincarnation énoncé par César et
Diodore de Sicile n’a pas convaincu
tous les historiens. Il existe plusieurs
textes médiévaux où il est question
des états multiples de l’être, notam-
Représentation médiévale
ment Le Kat Godeu gallois, Le Ma- de la roue de fortune.
binogi de Math, Le Hanes Taliesin
gallois, « De compert in da muccido » Dans ces exemples donnés par
ou « La conception des deux por- la littérature médiévale, un être
chers » dans Le Livre de Leinster, primordial se métamorphose pour
« Tochmarc Etaine » ou « La cour- traverser le temps et finalement se
tise d’Etain », ainsi qu’un épisode réincarner (c’est le cas de Fintan,
du Livre des conquêtes de l’Irlande, d’Etain et de Taliesin), ou de retrou-
où Fintan revêtit plusieurs formes : ver son apparence initiale (dans le
« Trois cents ans sous la forme d’un cas des deux porchers irlandais, ou
homme, trois cents ans sous la forme de Gilwaethy et Gwydyon dans Le
d’un bœuf sauvage, dans les déserts, Mabinogi de Math). Néanmoins,
deux cents ans sous la forme d’un les métamorphoses ne peuvent pas
bouc sauvage, trois cents ans sous toutes s’apparenter à des réincar-
la forme d’un oiseau, cent ans sous nations. Il y a lieu de souscrire au
la forme d’un saumon. Un pêcheur point de vue du professeur Christian-
le prit dans son filet et le porta à la Joseph Guyonvarc’h : « L’immorta-
reine, la femme de Muiredach Muin- lité de l’âme était le destin normal et
derg. Il fut consommé par elle et c’est général de l’âme humaine, tandis que
d’elle que Tuan fut enfin conçu. Les la métempsycose était le sort d’un
érudits racontent que c’était Fintan ou deux individus exceptionnels et
Fineolach. » missionnés. » (Les Druides, page 270)
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HISTOIRE SECRÈTE DES DRUIDES
Le char du Soleil
La découverte d’un modèle réduit d’un attelage
mesurant soixante centimètres, un char à six roues
tiré par un cheval portant un disque solaire,
dans la tourbière de Trundholm au Danemark,
laisse les historiens perplexes.
Ce chariot du soleil, ainsi qu’il a
été appelé, daterait de 1300 à 1200
avant J.-C. Ce serait donc la plus
ancienne pièce d’archéologie attes-
tant un rituel solaire, impliquant de
facto des prêtres ! Le rituel solaire
ne fait guère de doute, puisqu’une
feuille d’or recouvre l’une des faces
du disque de bronze et que les œil-
lères du casque porté par le cheval
sont entourées de rayons !
Dans l’Irlande ancienne, on
connaît le char de guerre attelé à un
cheval ainsi que le char de l’Aurore
qui allait sur l’eau. Le cheval attelé
à un cheval pourrait symboliser la
Le char du soleil de Trundholm. course du soleil.
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LES RITES E T P R AT I Q U E S M AG I Q U E S
L’if d’immortalité
Associant la toxicité de ses graines et la chair rouge
de ses baies, le vert de son feuillage et la permanence
de ses rameaux en hiver, l’if trône en bonne place
dans les cimetières de l’ouest de la France, en Irlande
et en Grande-Bretagne.
Arbre des morts et arbre d’immor-
talité, l’if est le symbole de l’autre
monde. Dans la mythologie irlandaise,
c’est à partir d’une branche d’if que le
dieu Dagda, surnommé Trefuilngid
Treochair, le dieu qui « combat par
l’if », apporta en Irlande une branche
portant des noix, des pommes et des
glands. Le dieu, tenant cette branche
dans la main droite, ce qui souligne
son aspect bénéfique, procéda par
cette plantation à la fondation et à
la partition du royaume d’Irlande en
cinq provinces (le cinq renvoyant au
centre, le cercle inscrit dans le carré,
ce qui est une identification du milieu
du monde, cette partition étant tou-
jours la division administrative de L’if, arbre d’immortalité, orne les cimetières,
l’Irlande moderne). ici à Guémené-sur-Scorff, dans le Morbihan.
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HISTOIRE SECRÈTE DES FRANCS-MAÇONS
TA B L E D E S M AT I È R E S
!!!!!!!!!!!
PRÉAMBULE ! PAGE 4
CHAPITRE PREMIER
LES DRUIDES DE L’ANTIQUITÉ
PAGE 8
Lettres classiques ! PAGE 10
Druides, bardes et vates ! PAGE 14
Druidesses et prophétesses ! PAGE 16
Le druide et le roi ! PAGE 20
Le cas Diviciacos ! PAGE 22
Enseignement et philosophie ! PAGE 24
L’école du secret ! PAGE 30
Le Dialogue des deux sages ! PAGE 32
Le dieu druide ! PAGE 34
Le chaudron de Gundestrup ! PAGE 36
Médecine et magie ! PAGE 38
Les têtes coupées ! PAGE 40
Le jugement des druides ! PAGE 44
La fin d’un monde ! PAGE 50
140
TA B L E D E S M AT I È R E S
CHAPITRE DEUX
LES LIEUX SACRÉS
PAGE 52
Le mediolanum, centre de perfection ! PAGE 54
Nemeton, le Saint des Saints ! PAGE 56
Les temples de la nature ! PAGE 60
Les bois sacrés ! PAGE 68
Le locus consecratus des Gaules ! PAGE 74
Avallon : l’île de l’Autre Monde ! PAGE 78
CHAPITRE TROIS
LES RITES ET PRATIQUES MAGIQUES
PAGE 84
Un calendrier luni-solaire ! PAGE 86
Festiaire ! PAGE 90
Cinq éléments ! PAGE 96
Le baptême druidique ! PAGE 97
La magie des lieux ! PAGE 98
Les interdits ! PAGE 100
Le combat des arbres ! PAGE 102
La cueillette du gui ! PAGE 104
L’œuf de serpent ! PAGE 108
141
HISTOIRE SECRÈTE DES FRANCS-MAÇONS
Le feu dans l’eau ! PAGE 110
La neuvième vague ! PAGE 112
La fête de mai et le mannequin d’osier ! PAGE 114
Le passage de l’âme ! PAGE 116
L’or des druides ! PAGE 118
Le char du Soleil ! PAGE 122
L’if d’immortalité ! PAGE 123
CHAPITRE QUATRE
DRUIDISME ET NÉO-DRUIDISME
PAGE 126
La fin des druides ? ! PAGE 128
Les bardes gallois ! PAGE 134
BIBLIOGRAPHIE ! PAGE 136
142
Editeur : Matthieu Biberon
Coordination éditoriale : Caroline Brou
Conception graphique : Studio graphique des Éditions Ouest-France
Mise en pages : Brigitte Racine
Photogravure : Graph&Ti, Cesson-Sévigné (35)
Impression : PPO Graphic, Palaiseau (91)
© 2019, EDITIONS OUEST-FRANCE,
EDILARGE SA, RENNES
ISBN : 978-2-7373-7939-0
N° D’ÉDITEUR : 10034.01.2,5.04.19
DÉPÔT LÉGAL : avril 2019
IMPRIMÉ EN FRANCE
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