Invariants de similitude en algèbre linéaire
Invariants de similitude en algèbre linéaire
1 Déterminer toutes les formes linéaires sur Mn (K) qui sont des invariants de similitude.
1 Soit f une forme linéaire sur Mn (K). On peut montrer (résultat classique admis ici) que
Il s’agit de trouver les matrices P telles que la forme linéaire associée est invariant de similitude et on
raisonne par analyse puis synthèse.
- Supposons que f associée à P convienne. On a alors
1 1
8M, 8Q 2 GLn (K), Tr(P M ) = Tr(P QM Q ) = Tr(Q P QM )
Avec l’unicité du résultat admis, 8Q 2 GLn (K), P = Q 1 P Q et P commute avec toutes les
matrices inversibles.
On trouve aisément (à savoir faire) une famille génératrice de Mn (K) et, par combinaisons
linéaires, P commute avec tous les éléments de Mn (K).
On peut en conclure (et il faut savoir le faire) que P est scalaire. Il existe donc tel que
P = In .
- Réciproquement, M 7! Tr(M ) est un invariant de similitude pour tout choix de .
Supposons, par l’absurde, d = n et notons (e1 , . . . , en ) une famille positivement génératrice. C’est alors
une base de E. Dans cette base, toute combinaison linéaire positive des ek a des coefficients 0 et
e1 n’est donc pas une telle combinaison. Ceci contredit l’hypothèse.
Pour montrer que n 1 convient et conclure que d = n + 1, il suffit d’exhiber une famille de n + 1
vecteurs qui est positivement génératrice. On se donne une base quelconque (e1 , . . . , en ) (il en existe)
et on pose en+1 = (e1 + · · · + en ).
Soit x 2 E. Il existe des réels xk tels que x = x1 e1 + · · · + xn en .
Si tous les xi sont positifs, on a déjà notre combinaison linéaire positive.
Sinon, on a existence de ↵ = min{xk , xk < 0} < 0 et on écrit que
X X
x= (xk ↵)ek + (xk ↵)ek + ( ↵)en+1
xk 0 xk <0
3 Montrer que le déterminant de toute matrice antisymétrique à coefficients entiers est le carré d’un
entier naturel.
2
Si la première ligne de A est nulle, det(A) = 0 et on a gagné.
Sinon, les opérations Li $ Lj puis Ci $ Cj laissent le déterminant invariant et la matrice anti-
symétrique. On peut donc se ramener au cas où a1,n 6= 0.
a1,j
Pour j 2 [[2, n 1]], on e↵ectue les opérations Cj Cj a1,n Cn . On obtient une matrice B de même
déterminant avec
a1,j
8i, bi,n = ai,n , bi,1 = ai,1 et 8j 2 [[2, n 1]], bi,j = ai,j ai,n
a1,n
1,i a
Dans la matrice B, on e↵ectue les opérations Li Li a1,n Ln pour i 2 [[2, n 1]].
La première ligne de C est (0, . . . , 0, a1,n ) (c’est celle de B).
La première colonne de C est (0, . . . , 0, an,1 ) = (0, . . . , 0, a1,n ) (les opérations ont été choisies pour
cela).
Pour i, j 2 [[2, n 1]], on a
a1,i
ci,j = bi,j bn,j
a1,n
✓ ◆
a1,j a1,i a1,j
= ai,j ai,n an,j an,n
a1,n a1,n a1,n
a1,j a1,i
= ai,j ai,n an,j
a1,n a1,n
= cj,i
01,n 1 a1,n
det(A) = a1,n ( 1)n+1
C ?
Par hypothèse de récurrence, det(C) est le carré d’un entier et on peut conclure.
4 Soit A 2 GLn (R) à coefficients positifs ou nuls. Donner une condition nécessaire pour que A 1 soit
à coefficients positifs ou nuls.
4 On montre qu’une condition convenable est que A possède exactement un coefficient non nul sur
chaque ligne et sur chaque colonne.
- Supposons que chaque ligne et colonne de A a exactement un coefficient non nul. Il existe donc
une matrice P de permutation et des scalaires di > 0 (car A 0 et A inversible) tels que
A = P diag(d1 , . . . , dn ). Ainsi A est inversible et A 1 = diag( d11 , . . . , d1n )P 1 est à coefficients
positifs (car P 1 est aussi une matrice de permutation).
- Réciproquement, comme A est inversible aucune ligne ou colonne n’est nulle et il y a au moins
un coefficient non nul par ligne et un coefficient non nul par colonne.
Supposons, par l’absurde, qu’il existe une ligne avec deux coefficients non nuls (dans le cas des
colonnes, il suffit de travailler avec AT ) :
3
Comme A et A 1 sont à coeffients positifs, tous les terme de la somme sont positifs et comme
la somme est nulle, ils sont tous nuls. En particulier, c’est le cas pour les termes k = k1 et
k = k2 et on obtient
8j 6= i, A 1 [k1 , j] = A 1 [k2 , j] = 0
Les lignes k1 et k2 de A 1
sont ainsi liée ce qui contredit l’inversiblilité de A 1 .
✓ ◆
⇤ 2 A 0
5 Soient (p, q) 2 (N ) , A 2 Mp (K), B 2 Mq,p (K), C 2 Mq (K), et M = 2 Mp+q (K).
B C
1. Montrer que rg(M ) > rg(A) + rg(C).
2. Que peut-on dire si rg(M ) = rg(A) + rg(C) pour tout B 2 Mq,p (K) ?
5
1. On note r = rg(A) et s = rg(C). Avec des notations compréhensibles, il existe des matrices
P1 , Q1 2 GLp (K) et P2 , Q2 2 GLq (K) telles que P1 AQ1 = Jr et P2 CQ2 = Js .
Les matrices P = diag(P1 , P2 ) et Q = diag(Q1 , Q2 ) sont dans GLp+q (K) et
✓ ◆
Jr 0
PMQ =
P2 BQ1 Js
On montre que cette condition suffisante est aussi nécessaire. Il suffit de montrer que si r < p
et s < q, il est possible de choisir B de façon à ne pas avoir l’égalité (et donc de façon à avoir
une inégalité stricte). On suppose donc r < p et s < q.
Si on choisit B telle que P2 BQ1 = Ep+q,p , on obtient une matrice avec r + s + 1 colonne
indépendantes.
6 Montrer que deux sous-espaces de même dimension de E de dimension finie possèdent un supplémentaire
commun.
- Supposons que rg(f + g) = rg(f ) + rg(g). Les inégalités précédentes sont des égalités.
La première donne Im(f + g) = Im(f ) + Im(g) et la seconde Im(f ) \ Im(g) = {0}.
Soit x 2 E. f (x) 2 Im(f ) + Im(g) = Im(f + g) et il existe t tels que f (x) = f (t) + g(t).
On a alors f (x t) = g(t) 2 Im(f ) \ Im(g) qui est nul et x t 2 ker(f ), t 2 ker(g). Ainsi
x = (x t) + t 2 ker(f ) + ker(g).
4
- On suppose avoir Im(f ) \ Im(g) = {0} et ker(f ) + ker(g) = E.
La première égalité donne dim(Im(f ) + Im(g)) = rg(f ) + rg(g).
Soit z 2 Im(f ) + Im(g) : il existe a, b tels que z = f (a) + g(b). On décompose a = a1 + a2 et
b = b1 + b2 avec a1 , b1 2 ker(f ) et a2 , b2 2 ker(g) et on a
On a ainsi Im(f + g) = Im(f ) + Im(g) et toutes les inégalités plus haut sont des égalités ce
quIdonne le résultat voulu.
(P ) = 0P (x0 ) + . . . +
(xn ) nP
P
8 Les i : P 7! P (xi ) sont des formes linéaires indépendantes (si k k = 0, on obtient la nullité
des k en utilisant les polynômes de Lagrange associés à x0 , . . . , xn ).
Par cardinal-dimension, c’est une base de L(E, R). En particulier, la forme linéaire se décompose (et
de façon unique) sur cette famille.
9 9
10 Supposons, par l’absurde, que (p, q) est liée. Comme q 6= 0, il existe tel que p = q.
q étant non nul, on peut se donner un élément x 6= 0 dans Im(q), c’est à dire tel que q(x) = x (car q
projecteur).
On peut décomposer x = y + z avec y 2 Im(p) (et donc p(y) = y) et z 2 ker(p) (et donc p(z) = 0).
On a alors p(x) = y mais aussi (y + z) = x = q(x) = p(x). Ainsi y = (y + z).
En appliquant p, y = p(y) = y. Or, p 6= q done 6= 1 et donc y = 0. Ainsi z = 0 et comme z 6= 0
(sinon x = 0) = 0. Ceci contredit p = 0.
5
3. F admet-il une base formée de polynômes ayant tous le même degré ?
12
1. On prouve par récurrence que le résultat suivant est vrai pour tout entier n 0 : si F 6= {0} est
un sous-espace de dimension finie de Kn [X], il en existe une base formée de polynômes ayant
des degrés deux à deux distincts. Comme tout sous-espace de dimension finie de K[X] est un
sous-espace de Kn [X] pour un n assez grand (sinon, on trouve une famille de polynômes de
degrés de plus en plus grands et on a une famille libre infinie), cela prouvera le résultat demandé.
Si n = 0, le résultat est immédiat car le seul sous-espace de K0 [X] non réduit à {0} est K0 [X]
et (X 0 ) en est une base.
13 Soit A 2 Mn (K) dont P on note C1 , . . . , Cn les colonnes. Soit B la matrice dont les colonnes sont
0 0 0
C1 , . . . , Cn avec : Cj = i6=j Ci . Déterminer det B en fonction de det A.
det(B) = det(C C1 , . . . , C Cn )
det(B) = (n 1) det(C, C C2 , . . . , C Cn )
det(B) = (n 1) det(C, C2 , . . . , Cn )
6
- Un développement par multilinéarité donne
X X
det(B) = ... det(Ci1 , . . . , Cin )
i1 6=1 in 6=n
SIdeux des ik sont égaux, le déterminant est nul. Sinon, comme il y en a n, on a {i1 , . . . , ik } =
[[1, n]] et k 7! ik est une permutation de [[1, n]]. De plus, la condition ik 6= k traduit l’absence
de point fixe : on a un dérangement. En notant Dn l’ensemble des dérangements de [[1, n]], on
a ainsi X
det(B) = det(Cs(1) , . . . , Cs(n) )
s2Dn
Notons M la matrice sont tous les coefficients valent 1 sauf ceux sur la diagonale qui valent 0.
Avec la formule théorique du déterminant, on a
X
det(C) = "(s)
s2Dn
Le calcul de ce déterminant est aisé (arguments de réduction ou sommer toutes les colonnes
etc...) et on a det(C) = ( 1)n 1 (n 1).
14
1. Si x1 + · · · + xn = 0 avec 8i, xi 2 Im(pi ) (p(xi ) = xi puisque pi est un projecteur) alors, en
composant par pj , il reste xj = 0 car si i 6= j, pj (xi ) = pj pi (xi ) = 0 et pj (xj ) = xj . Ceci
prouve que la somme est directe.
Comme chaque projecteur est non nul, la dimension de chaque image est au moins égale à 1
et donc la dimension de la somme directe vaut au moins n. Comme la somme est incluse dans
Rn , elle vaut n.
Ainsi, la somme des Im(pi ) est directe et vaut Rn .
P
2. Si m k=1 k pk , alors en composant par pj , on a j pj = 0 et donc j = 0. La famille (p1 , . . . , pm )
est libre.
3. Dans une base adaptée,✓p est représenté
◆ par = diag(Ir , 0) où r est le rang de p. On montre
A B
par calcul par bloc que commute avec ssi B = C = 0. Le commutant de p est donc
C D
de dimension égale à celle des matrices diag(A, D) et vaut r2 + (n r)2 .
4. Matriciellement, la famille composée des Ei,i et des Ei,i + Ei,j pour i 6= j donne une famille de
projecteurs formant une base. La taille maximale d’une famille libre de projecteurs est donc n2
(elle ne saurait être plus grande dans un espace de dimension n2 ).
7
1. Donner une base de E telle que la matrice de u dans cette base ne soit constituée que de 0 et
de 1 .
2. Soit Q 2 E.
(a) Montrer qu’il existe un unique P 2 E tel que Q = P P 0.
(b) Montrer que si Q est à valeurs positives sur R , alors P l’est aussi.
(c) Montrer que si P est scindé à racines simples dans E, alors Q l’est aussi.
15
1. Il suffit de choisir la base (X k /k!)0kn dans laquelle u est représenté par la matrice dont tous
les coefficients sont nuls sauf sur la surdiagonale où il y a des 1.
2. (a) IdE u 2 GL(E) (déterminant 1 dans la base précédente). Un élément Q a donc un unique
antécédent P .
(b) Si Q = 0 alors P = 0 et c’est gagné.
Sinon Q étant à valeurs positives, son degré est pair et son coefficient dominant > 0. Il en
va alors de même de P (car P P 0 = Q et donc P et Q ont même degré et même coefficient
dominant).
Supposons, par l’absurde, qu’il existe x0 tel que P (x0 ) < 0. P s’annule (TVI) sur ] 1, x0 [
et on peut considérer x1 = max{x < x0 , P (x) = 0} (ensemble non vide majoré).
On peut de même considérer x2 = min{x > x0 , P (x) = 0}.
P ne s’annule pas sur ]x1 , x2 [ et y est de signe constant qui est celuIde P (x0 ) et donc < 0.
Par théorème de Rolle, il existe c 2]x1 , x2 [ tel que P 0 (c) = 0 et alors Q(c) < 0 ce qui amène
une contradiction.
(c) On suppose P scindé simple et on note d son degré et x1 < · · · < xd ses racines. f : x 7!
e x P (x) s’annule en chaque xi et sa dérivée admet un zéro yi 2]xi , xi+1 [ pour i = 1, . . . , d 1.
CecIdonne d 1 racines di↵érentes pour Q (car f 0 (x) = e x (P 0 (x) P (x))).
f est nulle en xd et de limite nulle en +1 (croissances comparées). Par théorème de Rolle
généralisé (à savoir justifier proprement), f 0 s’annule sur ]xd , +1[ en un yd .
On a alors y1 < · · · < yd qui sont d racines distinctes de Q de degré d et Q est scindé simple.
8
17 Il est classique (exo) qu’un sous groupe G où tous les éléments ont un ordre quIdivise 2 est
commutatif. Ici, les sous-groupes de GL(E) considérés seront donc commutatifs. On va montrer par
récurrence que la propriété “si E est de dimension n et si G est un sous-groupe de ( GL(E), ) tel
que 8u 2 G, u2 = IdE , alors |G| est fini et est une puissance de 2” est vraie pour tout n 2 N⇤ .
Si E est de dimension 1 alors les seuls éléments g 2 GL(E) tels que g 2 = IdE sont IdE et IdE . Ainsi,
un sous groupe G convenable est de cardinal 1 ou 2 et donc finIde cardinal une puissance de 2.
18 Pour un projecteur, le rang est égal à la trace. En notant ru le rang d’un endomorphisme u, on a
donc (en passant à la trace) p p
rp + 2rq + 3rr = 0
p p
Pour conclure que les entiers rp , rq , rr sont nuls, il suffit dep montrer
p que la famille (1, 2, 3) est
Q-libre. Supposons avoir des rationnels x, y, z tels que x + y 2 + z 3 = 0. On a alors
p
x2 + 2y 2 + 2xy 2 = 3z 2
p
Comme 2 2 / Q, xy = 0.p p
Si y = 0 alors on a x + z 3 =p0 et x = z = 0 car p 3 est irrationnel.
Si x = 0 alors 2y 2 + 3z 2 + yz 6 = 0. Comme 6 est irrationnel, yz = 0 et donc y ou z est nul puis
c’est aussi le cas de l’autre. . .
19 Soit E un espace vectoriel de dimension finie. Montrer que les idéaux bilatères de L(E) sont {0}
et E. Cela reste-t-il vrai en dimension infinie.
20 Soit E un R-ev de dimension finie et p, u 2 L(E). On suppose que p est un projcteur et que
pu + up = u. Montrer que Tr(u) = 0.
Tr(u) = 2Tr(up)
9
Par ailleurs, en composant à droite la relation et comme p2 = p, on obtient pup = 0 et donc
et ainsi Tr(u) = 0.
21
1. Lemme de Schur, voir le cours.
2. On va montrer que f est une homothétie en montrant qu’on est dans le cadre de la question 1.
Il s’agit donc de montrer que f laisse stable toute droite vectorielle.
En procédant ensuite de manière récurrente, il nous suffit de montrer que f stabilise tous les
sous-espaces de dimension k 1.
On se donne (e1 , . . . , ek 1 ) une base de F espace de dimension k 1.
Comme dim(E) = k + 1, on peut trouver ek , ek+1 tels que (e1 , . . . , ek+1 ) est libre.
On note E1 = Vect(e1 , . . . , ek+1 ), H1 = F Vect(ek ) et H2 = F Vect(ek+1 ).
H1 et H2 sont deux hyperplans distincts de E1 et H1 \ H2 est de dimension k 1. Il contient
F et est donc égal à F .
Mais f stabilise H1 et H2 (de dimension k) et donc aussi H1 \ H2 = F : on conclut comme
annoncé.
22 Soient n 2 N⇤ , K un corps et V un sous-espace de Mn (K) dont tous les éléments sont de rang
majoré par 1 . Montrer que V est de dimension inférieure ou égale à n, étudier le cas d’égalité.
22 Soit M une matrice de rang 1. En notant X une base de l’espace de ses colonnes, il existe des
scalaires y1 , . . . , yn non tous nuls tels que M = y1 X . . . yn X et ainsi M = XY T avec X et Y
non nuls.
Réciproquement si X et Y sont non nuls alors XY T est de rang 1 et X est une base de l’image de M .
Ainsi les matrices de rang 1 sont exactement celles qui s’écrivent XY T avec X, Y non nuls et si
X1 Y1T = X2 Y2T alors (X1 , X2 ) et (Y1 , Y2 ) sont liées.
Soient M1 = X1 Y1T et M2 = X2 Y2T deux matrices de rang 1 telles que (X1 , X2 ) et (Y1 , Y2 ) sont libres.
Les colonnes de M1 + M2 sont les Y1 [j]X1 + Y2 [j]X2 et forment une famille de rang 2. Ainsi M1 + M2
est de rang 2.
En contraposant si M1 + M2 est de rang 1, alors (X1 , X2 ) est liée OU (Y1 , Y2 ) est liée.
10
- Si (Y1 , Y2 ) est libre, on a de même l’existence d’un cous-espace C de Kn tel que V = {X1 Y T , Y 2
C} et on conclut que dim(V ) n.
Ceci nous donne même les cas d’égalité puisque si dim(V ) = n, on doit prendre L ou C égal à Kn .
23 Soient n 2 N⇤ , K un corps et V un sous-espace de Mn (K) dont tous les éléments sont de rang
majoré par 1 . Montrer que V est de dimension inférieure ou égale à n
Soit : ⇢
6 0Kn
A si C1 =
à =
A + J1 sinon
Il vient directement que à 2 V puisque V est un sous espace vectoriel de Mn (K), et on note C˜1 , ..., C˜n
les colonnes de Ã. Par contruction, on a : C˜1 6= 0Kn .
9( 2 ; ...; n) 2 Kn 1
| 8j 2 [[2; n]], C̃j = ˜
j C1
On note, pour tout (i, j) 2 [[1; n]]2 , a˜i,j les coefficients de Ã.
En considérant : ⌦ = Ã a1,1 ˜ J1 , Il vient, V étant un sous espace vectoriel de Mn (K), que : ⌦ 2 V .
On note !1 , ..., !n ses colonnes.
Finalement, on a montré que si A 2 V , alors A est nulle partout sauf sur sa première ligne ou nulle
partout sauf sur sa première colonne.
Il est clair que V ne peut pas contenir une matrice non nulle sur sa première colonne (hors premier
coefficient) et une matrice non nulle sur sa première ligne (hors premier coefficient), autrement leur
11
somme ne serait pas de rang 1 et donc pas dans V ce qui contredirait le fait que V est un sous espace
vectoriel de Mn (K). Donc, on a :
Donc, dim(V ) n.
24
1. Rappeler la formule de développement d’un déterminant par rapport à une ligne ou une colonne.
En déduire, pour A 2 Mn (R), une relation entre Com(A), A et det(A).
2. Soit A = (ai,j )16i,j6n la matrice de Mn (R) définie par : ai,i = 2, ai,j = 1 si |i j| = 1 et
ai,j = 0 dans tout autre cas. Calculer le déterminant de A.
3. Soit A 2 Mn (R) une matrice dont les coefficients P diagonaux sont strictement positifs, dont
les autres coefficients sont négatifs et telle que nj=1 ai,j > 0 pour tout i. Montrer que A est
inversible.
4. Avec les mêmes hypothèses, montrer que les coefficients de A 1 sont positifs.
24
1. La formule de développement selon la colonne j s’écrit ( i,j étant le mineur d’indice (i, j))
n
X
det(A) = ( 1)i+j ai,j i,j
i=1
Notons i,j les coefficients de la comatrice : i,j = ( 1)i+j i,j où i,j est le mineur associé au
coefficient ai,j .
En posant B = A ⇥ com(A)T on a alors (penser à la transposition)
n
X X
bi,j = ai,k j,k = ( 1)j+k ai,k j,k
k=1 k=1
12
On a de même (avec les colles)
com(A)T ⇥ A = det(A)In
Ainsi
n
X
kN k = max |N [i, j]| < 1
1in
j=1
k.k est une norme sous-multiplicative (à justifier, en fait c’est une norme subordonnée à une
bonne normePde Rn ) et pour tout k 2 N⇤ , kN k k kN kk est le terme général d’une série
convergente. (N k ) converge absolument et donc converge et on en déduit aisément que
1
X
1
(In N) = Nk
k=0
25 Soit f 2 L(E) où E est un R-espace vectoriel de dimension finie. Montrer que rg f = rg f 2 si et
seulement si E = ker f Im f .
25 On suppose que f et f 2 ont même rang. Avec le théorème du rag, il suffit de montrer que ker(f )
et Im(f ) sont en somme directe pour conclure qu’ils sont supplémentaires.
Si x est dans l’intersection, f (x) = 0 et il existe y tel que f (y) = x. On a ainsi y 2 ker(f 2 ). Mais
ker(f ) ⇢ ker(f 2 ) et l’hypothèse plus le théorème du rang montre que cette inclusion est une égalité.
Ainsi y 2 ker(f ) et x = f (y) = 0.
Réciproquement, on suppose Im(f ) et ker(f ) supplémentaires dans E. Comme ker(f |ker(f ) ) = ker(f ) \
Im(f ) = {0} et Im(f |Im(f ) ) = Im(f 2 ), le théorème du rang appliqué à f |Im(f ) donne l’égalité des rangs
de f et f 2 .
13
26 Soient p, q 2 C. On note x1 , x2 et x3 les racines (non nécessairement distinctes) du polynôme
X 3 + pX + q. Pour j 2 N, on pose Nj = xj1 + xj2 + xj3 . Calculer, pour n 2 N⇤ , le déterminant de la
matrice Mn = (Ni+j 2 )16i,j6n .
26 Notons que les relations coefficients-racines donnent
x1 + x2 + x3 = 0, x1 x2 + x1 x3 + x2 x3 = p, x1 x2 x3 = q
Notons Ci = (1, xi , . . . , xni 1
) (considéré comme colonne). On a alors
det(Mn ) = det(C1 + C2 + C3 , x1 C1 + x2 C2 + x3 C3 , . . . , xn1 1
C1 + xn2 1
C2 + xn3 1
C3 )
Toutes les colonnes sont dans Vect(C1 , C2 , C3 ) et donc rg(M ) 3. Si n 4, det(Mn ) = 0.
On a simplement det(M1 ) = 3. Avec les relations du début
x21 + x22 + x23 = (x1 + x2 + x3 )2 2(x1 x2 + x1 x3 + x2 x3 ) = 2p
et ainsi det(M2 ) = 3p.
En développant par linéarité par rapport à la première colonne puis par caractère alterné du déterminant
det(M3 ) = det(C1 , x2 C2 + x3 C3 , x22 C2 + x23 C3 )
+ det(C2 , x1 C1 + x3 C3 , x21 C1 + x23 C3 )
+ det(C3 , x1 C1 + x2 C2 , x21 C1 + x22 C2 )
et de même en ajoutant à la troisième colonne un multiple de la seconde
det(M3 ) = det(C1 , x2 C2 + x3 C3 , x3 (x3 x2 )C3 )
+ det(C2 , x1 C1 + x3 C3 , x3 (x3 x1 )C3 )
+ det(C3 , x1 C1 + x2 C2 , x2 (x2 x1 )C2 )
On développe par multilinéarité et avec le caractère alterné, il reste (V est le Vandermonde)
det(M3 ) = V (x1 , x2 , x3 ) [x2 x3 (x3 x2 ) x1 x3 (x3 x1 ) + x1 x2 (x2 x1 )]
CALCUL NON TERMINE ET NON OPTIMAL : on doit obtenir une expression symétrique en les
xi et tout exprimer en fonction de p et q avec les relations du départ.
27
1. On considère une fonction de la forme
n
X
x 7! ↵k ex k
k=1
14
2. On propose deux méthodes.
- Méthode 1.
Soit M la matrice dont P on veut valculer le déterminant. Si U 2 ker(M ) alors pour tout
i, ↵i est zéro de x 7! nj=1 uj ex j . Les uj sont donc tous nuls et on a montré que M est
inversible. Ainsi det(M ) 6= 0.
L’application D : (↵1 , . . . , ↵n , 1 , . . . , n ) 7! det(M ) est continue.
La partie U = {(x1 , . . . , xn ) 2 Rn / x1 < · · · < xn } est connexe par arcs dans Rn , elle est
même convexe. U ⇥ U est alors connexe par arcs (on montre aisément qu’un produit de
connexes par arcs est connexe par arcs).
D(U ⇥ U ) est ainsi un connexe par arcs de R qui ne contient pas 0. Il est inclus dans R+⇤
ou R ⇤ .
Si on choisit ↵i = i 1, M est une matrice de Vandermonde associée aux e j et son
déterminant est le produit des e j e i pour j > i. Il est > 0.
Finalement D(U ⇥ U ) ⇢ R+⇤ et det(M ) > 0.
- Méthode 2.
On procède encore par récurrence.
Le cas n = 1 est immédiat (le déterminant vaut e↵1 1 > 0).
Supposons le résultat vrai jusqu’à un rang n 1 1. On se donne les scalaires au rang
n. On considère la quantité d(x) obtenue en remplaçant ↵n par x dans la dernière ligne.
Un développement par rapport à cette ligne donne des scalaires aj > 0 avec l’hypothèse de
récurrence et tels que
Xn
8x, d(x) = ↵j e j x
j=1
La question 1 montre que d s’annule au plus n 1 fois et comme ↵1 , . . . , ↵n 1 sont des zéros
de d, ce sont les seuls.
Par croissances comparées, d est de limite +1 en +1. Elle ne peut être < 0 en ↵n sinon,
on aurait un zéro de plus par théorème des valeurs intermédiaires.
E = VectQ (1, !, ! 2 , ! 3 )
15
Montrons que l’on obtient une base et donc que dim(E) = 4.
Cela revient à prouver que ! ne possède pas de polynôme annulateur non nul dans Q[X]. L’ensemble
I = {P 2 Q[X], P (!) = 0}
est un idéal comme noyau de morphisme d’anneaux. Q[X] étant principal, I possède un générateur
unitaire µ. Avec ce qui précéde,
µ|(1 + X + X 2 + X 3 + X 4 )
pour conclure à l’égalité, il suffit de montrer que Q = 1 + X + X 2 + X 3 + X 4 est Q-irréductible.
Si, par l’absurde, ce n’est pas le cas, Q se factorise en un produit de deux polynômes non constant.
Comme Q n’admet pas de racine réelle (et a fortiori rationnelle) car 1 est le seul élément réel de U5 , la
factorisation est du type Q = AB avec A, B unitaires (quitte à multiplier par un scalaire) et de degré
2. ! est racine de A (par exemple) et comme A 2 R[X], ! est aussi racine de A. Ainsi
2⇡
A = (X !)(X !) = X 2 2Re(!)X + 1 = X 2 2 cos( )X + 1
5
32 Soit E un espace vectoriel de dimension finie. Montrer qu’il existe f endomorphisme de E tel que
ker(f ) = Im(f ) si et seulement si E est de dimension paire. Est-ce le cas dans E = R[X] ?
16
32 Si f existe, le théorème du rang donne dim(E) = 2rg(f ) et cet entier est pair.
Réciproquement, supposons E de dimension paire, disons 2p. Notons (e1 , . . . , e2p ) une base de E, G le
sous-espace engendré par les p premiers vecteurs et H celui engendré par les p derniers. Ils ont même
dimension et sont donc isomorphes. Je note u 2 GL(G, H).
Comme G H = E, par théorème de recollement linéaire, il existe un unique f 2 L(E) tel que f |G = u
et f |H = 0.
On a alors ker(f ) = Im(f ) = H.
Dans le cas où E = R[X], on note f l’unique endomorphisme de E tel que f (X 2k ) = X 2k+1 et
f (X 2k+1 ) = 0. Il vérifie ker(f ) = Im(f ) (égal à l’ensemble des polynômes impairs). Cette application
est celle qui à P associe X fois la partie partie paire de P c’est à dire X2 (P (X) + P ( X)).
33
1. Soit K un corps, A 2 Mn (K) et fA la forme linéaire définie sur Mn (K) par fA (X) = Tr(AX).
Montrer que l’application : A 7! fA est un isomorphisme de Mn (K) dans son dual.
2. Soit f : Mn (K) ! K une forme linéaire telle que pour tout (X, Y ) 2 Mn (K)2 , f (XY ) = f (Y X).
Montrer l’existence de 2 K tel que f (X) = Tr(X) pour tout X 2 Mn (K).
33
1. fA (X + Y ) = fA (X) + fA (Y ) par linéarité de la trace et va de Mn (K) dans son dual.
La linéarité de provient aussi de la linéarité de la trace (fA+ B = fA + fB ).
Si A 2 ker( ) en utilisant fA (Ei,j ) = 0, on trouve aj,i = 0. Ainsi A = 0 et est injective.
Comme est linéaire entre deux espace de dimension, on en conclut que c’est un isomorphisme.
2. Il existe A tel que f = fA . L’hypothèse donne alors facilement (avec les propriétés de la trace)
34 Soient E un R-ev G un sous groupe fini de GL(E) de cardinal n. Soit F un sev de E stable par
tout élément de G. On note q une projection sur F .
P
1. Montrer que u = n1 g2G g 1 qg est un projecteur.
2. Montrer que F admet un suplémentaire stable par tout élément de G.
34
1. On a
1 X 1 1
u u= g q g h q h
n2
g,h2G
17
2. De plus,
1 X
8x 2 E, u(x) = g(q g 1 (x)) 2 F
m | {z }
g2G
2F
35 Soient E un K-ev de dimension finie et u 2 L(E). Trouver une CNS sur u pour qu’il existe
v 2 L(E) tel que uv = 0 et u + v 2 GL(E).
35
- On suppose avoir l’existence de v. Soit x 2 E ; x admet un antécédent y par u + v et ainsi
y = u(x) + v(x)
u(x) est dans l’image de u et v(x) dans celle de v ce qui entraı̂ne que v(x) 2 ker(u) (car
u v = 0). Ainsi Im(u) + ker(u) = E. Comme par théorème du rang on a les bonnes dimensions,
on conclut que Im(u) ker(u) = E.
- Travaillons matriciellement dans une base B adpatée à Im(u) ker(u) = E. Dans B, u est
représenté par une matrice du type diag(0n r , A) où A est de taille r = rg(u). Comme u est de
rang r, A l’est aussi et c’est donc une matrice inversible.
Choisissons v représenté par diag(In r , 0). On a alors l’image de v incluse dans le noyau de u
et donc u v = 0. Par ailleurs, u + v est représenté dans B par diag(In r , A). Cette matrice est
inversible (déterminant égal à celui de A) et u + v est donc inversible.
36 Soit E un ev de dimension finie. Soient p, q des projecteurs de E tels que Im(p) ⇢ Ker(q). Montrer
que r = p + q pq est un projecteur et déterminer son noyau et son image.
36
1. Vérifier que r2 = r (en utilisant qp = 0).
2. Montrer que ker(r) = ker(p) \ ker(q) et Im(r) = Im(p)/Im(q) (la somme est même directe).
18
37 Si f et g sont deux endomrphismes qui commutent, alors l’image de l’un est stable par l’autre.
Ainsi un 1 induit un endomorphisme sur In et cet endomorphisme est nilpotent (comme un 1 ) et donc
non inversible. Ainsi l’inclusion Im(un 1 un ) = un 1 (In ) ⇢ In est stricte.
un 2 induit un endomorphise sur Im(un 1 un ) = un 1 (In ) et de même un 2 (un 1 (In )) ⇢ un 1 (In ) est
une inclusion stricte.
On peut itérer le processus et montrer que la suite d’inclusions
u1 u2 . . . un (E) ⇢ u2 . . . un (E) ⇢ · · · ⇢ un (E)
est stricte. Comme un (E) est de dimension n 1, un 1 un (E) est de dimension n 2 etc jusqu’à
u1 . . . un (E) qui est de dimension 0 ce qui montre que u1 . . . un = 0.
38 Soient s 2 [1, +1[ et I = [a; b] (avec (a < b)). Soit f : I ! R une fonction de classe C 1 sur I. f
est dite dans la classe de Gevrey d’ordre s sur I s’il existe C > 0 et R > 0 tels que :
(n!)s
8n 2 N, 8x 2 I, f (n) (x) C
Rn
On note alors f 2 G s (I).
1. Montrer que G s (I) est un espace vectoriel.
2. Montrer que G s (I) contient les fonctions polynomiales.
38
1. G s (I) est non vide (contient la fonction nulle) et inclus dans l’ensemble des fonctions de R dans
R.
Soient f1 , f2 2 G s (I) et 2 R. A fi sont associés Ci et Ri . En posant R = min(R1 , R2 ), on
montre que f + g est dans G s (I) associée à R et à C = C1 + | |C2 .
On a ainsi un sous-espace vectoriel.
2. Avec la première question, il suffit de montrer que pour tout k, fk : x 7! xk est dans G s (I). Je
ne vais cependant pas avoir besoin de cela.
Soit f une fonction polynomiale et d un majorant de son degré. On a f, f 0 , . . . , f (d) qui sont
continues sur le segment [a, b] et elles sont donc bornées sur ce segment. En notant Mk un
majorant de |f (k) | et M = max(M0 , . . . , Md ), on a
M (k!)s
8k 2 [[0, d]], 8x 2 [a, b], |f (k) (x)| M M (k!)s =
1k
La majorant reste valable si k d + 1 (dérivées nulles). Ainsi f est de Gevrey d’indice s (on
peu choisir C = M et R = 1).
39 Soit E un K-ev de dimension finie et f 2 L(E) vérifiant (f aId)(f bId) = 0 où a et b sont
deux éléments distincts de K.
1. Établir l’existence de et µ non nuls tels que (f aId) et µ(f bId ) soient des projecteurs.
2. Montrer que Im(f bId) = Ker(f aId).
3. Calculer f n pour tout n 2 N.
4. Si ab 6= 0, montrer que si f 2 GL(E) et calculer f n pour n 2 Z.
39
1. Par hypothèse f 2 = (a + b)f abId = 0. On en déduit que
(f aId)2 = (b a)f + (a2 ab)Id
et on en déduit aisément qu’en imposant = b 1 a , on aura ( (f aId))2 = (f aId).
De même, µ = a 1 b sera tel que µ(f bId ) est un projecteur.
19
2. On a immédiatement Im(f bId) ⇢ Ker(f aId).
Réciproquement, si f (x) = ax, alors f (x) bx = (a b)x et x = (f bId)( a x b 2 Im(f bId).
Ceci donne l’inclusion réciproque.
3. (X a)(X b) annule f . Pour n 2 N, la division euclidienne de X n par (X a)(X b) s’écrit
(le reste est de degré 1 et on peut l’exprimer dans la base (X a, X b) de K1 [X])
X n = (X a)(X b)Qn + ↵n (X a) + n (X b)
1 1
f = (f (a + b)Id)
ab
ce qui est la formule précédente pour n = 1. On peut alors vérifier (il suffit de composer) que
la formule précédente est vraie pour n 2 Z.
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