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Commutation et Diagonalisation des Matrices

Le document traite de plusieurs propriétés des matrices et des espaces vectoriels, en particulier la commutation des matrices, la diagonalisabilité, et les conditions sur les polynômes. Il démontre que certaines matrices ne peuvent pas être diagonalisables sous des conditions spécifiques et explore les implications de la structure des espaces vectoriels. Des résultats sur les valeurs propres et les vecteurs propres sont également présentés, ainsi que des exemples de matrices satisfaisant des équations polynomiales.

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Commutation et Diagonalisation des Matrices

Le document traite de plusieurs propriétés des matrices et des espaces vectoriels, en particulier la commutation des matrices, la diagonalisabilité, et les conditions sur les polynômes. Il démontre que certaines matrices ne peuvent pas être diagonalisables sous des conditions spécifiques et explore les implications de la structure des espaces vectoriels. Des résultats sur les valeurs propres et les vecteurs propres sont également présentés, ainsi que des exemples de matrices satisfaisant des équations polynomiales.

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3 Réduction (partie 1)

77 Soient (A, B) 2 Mn (K)2 et 2 K tels que A + B AB = 0. Montrer que A et B commutent.

77 Si = 0 alors A = B et A et B commutent.
Si 6= 0 et BX = 1 X alors AX + 1 X = AX et donc X = 0. Ainsi 1
n’est pas valeur propre de B et
la relation s’écrit
A = B(In B) 1
et on en dédut la commutation voulue.

78 On considère Mn (C) comme un R-espace vectoriel. Déterminer le sous-espace E de Mn (C)


engendré par les matrices dont le polynôme caractéristique est à coefficients réels.

78 Puisque le coefficient de degré n 1 dans M et la trace de M , on a

E ⇢ {M 2 Mn (C), Tr(M ) 2 R} = F

On considère maintenant Mn (C) comme R-espace vectoriel (il est de dimension 2n2 ).
F est alors le noyau de M 7! Im (Tr(M )) qui est une forme linéaire non nulle. F est donc de dimension
2n2 1.
Les matrices Ek,` , iEk,` pour k 6= `, i(Ek,k E1,1 ) pour k 2 [[2, n]] sont des éléments de E et est R-libre.
Ainsi, dim(E) 2n2 1.
On en déduit que E = F .

79 Montrer que A 2 Mn (C) est diagonalisable ssi pour tout P 2 C[X], P (A) nilpotente entraı̂ne
P (A) = 0.

79 Supposons A diagonalisable. A est semblable à diag(a1 , . . . , an ).


Soit P 2 C[X] tel que P (A) est nilpotente : la seule valeur propre de P (A) est 0. Comme P (A) est
semblable à diag(P (a1 ), . . . , P (an )), tous les P (ai ) sont nuls et P (A) = 0.

Réciproquement, on suppose que P (A) nilpotente enntraı̂ne P (A) = 0. Notons a1 , . . . , ak les valeurs
propres de A deux à deux distinctes et m1 , . . . , mk leurs multiplicités. Posons P = (X a1 ) . . . (X ak ).
En notant m = max(m1 , . . . , mk ), P m est un multiple de A et donc P (A)m = 0. P (A) est nilpotente
et donc nulle. A est donc annulée par un polynôme scindé simple et elle est diagonalisable.

80 Soient n 2 N⇤ , (A, B, C) 2 Mn (K)3 et a 2 K⇤ tels que B 6= 0, C 6= 0, et pour tout k 2 [[1, 3]], Ak =


ak (B + kC). Montrer que A n’est pas diagonalisable.

80 En combinant les relations, on trouve

A3 2aA2 + a2 A = 0

P = X(X 2 2aX + a2 ) = X(X a)2 est annulateur de A et Sp(A) ⇢ {0, a}.


Si X 2 E0 (A) alors AX = A2 X = 0 et donc a(B + C)X = a2 (B + 2C)X = 0 et comme a 6= 0, on
obtient en combinant que BX = CX = 0. Ainsi E0 (A) ⇢ E0 (B) \ E0 (C).
Si X 2 Ea (C), alors AX = aX et A2 X = a2 X. On obtient cette fois (avec a 6= 0) BX + CX = X et
BX + 2CX = X et ainsi CX = 0. Ceci montre que Ea (A) ⇢ E0 (C).
On a montré que
E0 (A) + Ea (A) ⇢ E0 (C)
Comme C 6= 0, dim(E0 (C))  n 1 et A n’est pas diagonalisable.

81 Soit n 2 N⇤ . Déterminer les A 2 Mn (Z) telle que 4A3 + 2A2 + A = 0.

40
81 Supposons A convenable.
2
4X 3 +2X 2 +X = 4X(X 2j )(X j2 ) annule A et A est donc diagonalisable avec Sp(A) ⇢ {0, j/2, j 2 /2}.
Comme les valeurs propres de A sont de module < 1, on montre alors que Ak ! 0.
Or, (Ak ) est une suite d’éléments de Mn (Z) et elle stationne donc à la valeur 0.
A est donc nilpotente et étant diagonalisable, elle est nulle.

Réciproquement, la matrice nulle convient.

82 Soit E un espace vectoriel de dimension finie et soit u 2 L(E). Démontrer que u est diagonalisable
si et seulement si tout sous-espace de E possède un supplémentaire stable par u.

82 On suppose que u est diagonalisable. Soit F un sous-espace vectoriel de E. On note p = dim(F )


et F = (e1 , . . . , ep ) une base de l’espace F . On a que :
M
E= E (u)
2Sp(u)

D’après le théorème de la base incomplète on peut donc compléter F en = (e1 , . . . , ep , ep+1 , . . . , en )


une base de E à partir de vecteurs propres (ep+1 , . . . , en ) pour u. L’espace obtenu G = Vect (ep+1 , . . . , en )
convient en tant que supplémentaire de F stable par u.
On suppose réciproquement L que tout sous-espace vectoriel de E admet un supplémentaire stable par
u. On considère F = E (u) (éventuellement F est réduit à {0E } ). On suppose par l’absurde
2Sp(u)
que F est un sous-espace vectoriel strict de E, donc dim(F )  n 1 donc il existe H un hyperplan
de E contenant F (en considérant par exemple une base de F que I’on complète jusqu’à obtenir un
/ H et Kx
sous-espace vectoriel de dimension n 1 ). II existe d’après l’hypothèse x 2 E tel que x 2
stable par u, donc x est vecteur propre pour u et est dans F . C’est une contradiction. On en déduit
que u est diagonalisable.

83 Soit E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps K algébriquement clos et soit u 2 L(E).
Démontrer que u est diagonalisable si et seulement si tout sous-espace de E stable par u possède un
supplémentaire stable par u.

83 Supposons u diagonalisable et F stable par u.


On dispose d’une base B formée de vecteurs propres et ceci constitue une famille génératrice.
On peut alors compléter une base de F (famille libre) par des éléments de B pour obtenir une base
de E (théorème de la base incomplète). Les vecteurs utilisés pour compléter engendrent alors un
supplémentaire de F qui est stable par u.

On suppose réciproquement
L que tout sous-espace vectoriel de E admet un supplémentaire stable par
u. On considère F = E (u). Comme K est algébriquement clos, F 6= {0}.
2Sp(u)
On suppose par l’absurde que F est un sous-espace vectoriel strict de E, donc dim(F )  n 1. Comme
F est stable par u donc il existe un supplémentaire stable G et dim(G) 2 [[1, n 1]]. L’induit u|G
admet un vecteur propre et on a donc un élément non nul de G \ F ce qui est impossible.

84 Résoudre M 3 = 2In dans Mn (Q).

84 Supposons (étape d’analyse) que M convient. X 3 2 = (X r)(X jr)(X j 2 r) annule M avec


r = 21/3 . M est C-diagonalisable à spectre inclus dans {r, jr, j 2 r}. Notons m la multiplicité de r. Celles
de jr et j 2 r sont égales (car M est réelle) et valent donc m0 = n 2m (car la somme des multiplicités
vaut n).
La trace de M est rationnelle et vaut mr + m0 r(j + j 2 ) = r(m m0 ). Comme r est irrationnel, m = m0
et n = 3m. On a montré au passage que

41
S’il existe A 2 Mp (Q) telle que A3 = 2Ip , alors p est multiple de 3
En notant u l’endomorphisme canoniquement associé à M et e1 = (1, 0, . . . , 0), (e1 , u(e1 ), u2 (e1 ))
engendre un sous-espace stable F1 de Qn et u|3F1 = 2Id. F1 est donc de dimension multiple de 3 et
donc égale à 3.
Si n 4, on peut trouver e2 2 / F1 et on note F2 = Vect(e2 , u(e2 ), u2 (e2 )). Par le même raisonnement,
F2 est de dimension 3. De plus, F1 + F2 est aussi stable est de dimension au moins 4. Par le même
raisonnement, sa dimension est multiple de 3 et vaut 6.
On peut itérer la construction et obtenir
m
M
Qn = Fk avec Fk Vect(ek , u(ek ), u2 (ek ))
k=1

Dans0la base obtenue


1 en concaténant les (ek , u(ek ), u2 (ek )), u est représenté par diag(A, A, A) avec
0 0 2
A = @1 0 0A. M est Q semblable à cette matrice bloc diagonale.
0 1 0
Réciproquement, si 3|n alors toute matrice Q-semblable à la matrice bloc diagonale ci-dessus est
solution et sinon, il n’y a pas de solution.

85 Soit B = {u 2 CZ , u bornée} et T : B ! B qui à la suite (un ) associe la suite (un+1 ).


1. Déterminer les valeurs propres de T et un vecteur propre associé.
2. Que dire d’un sous-espace de dimension finie stable par T ?

85 T est clairement un endomorphisme de B.


1. Supposons que soit valeur propre et notons u un vecteur propre. On a alors

8n 2 Z, un+1 = un

u étant non nulle, il existe p 2 Z tel que up 6= 0. On a alors up = up 1 qui entraı̂ne 6= 0. On


montre alors par récurrence (l’une pour les n 2 N, l’autre pour les n 2 Z ) que
n
8n 2 Z, un = u0

On en déduit que u0 6= 0 et comme u est bornée que | | = 1.


Réciproquement, si | | = 1 alors est propre pour T et E (T ) = Vect(( n )).

2. Raisonnons par analyse et supposons que F 6= {0} est un sous-espace de dimension finie stable
par T .
On peut trouver u 6= 0 dans F . {k 2 N⇤ , (u, T (u), . . . , T k (u)) liée} est non vide (car dim(F ) <
+1) et inclus dans N⇤ . En notant d son minimum, T d (u) est combinaison linéaire de u, T (u), . . . , T d 1 (u)

et il existe des scalaires ak tels que


d 1
X
8n 2 Z, un+d = ak un+k
k=0

La suite (un )n2N est récurrente linéaire d’ordre d. L’équation caractéristique de cette récurrence
possède des solution distinctes 1 , . . . , p dont on note m1 , . . . , mp les multiplicités. On en
déduit que (un )n2N est combinaison linéaire des suites de terme général nk nj pour k 2 [[1, p]] et
j 2 [[0, mk 1]].
Cela demande des explications, mais en fait le résultat ci-dessus (qui généralise déjà le résultat
de première année dans le cas d = 2) peut être mené avec (un )n2Z .
On peut montrer (ce n’est pas si évident que cela) que le caractère borné de (un )n2Z entraı̂ne

42
8k, | k | = 1 et que le coefficient devant la suite ( nk nj )n2Z est nul.
Ainsi, u est combinaison linéaire de vecteurs propres associés à 1 , . . . , k .
A ce niveau, les F envisageables sont les sommes (finies) de sous-espaces propres.

On vérifie, réciproquement, que tous ces sous-espaces conviennent.

86 Dans E = Rn [X], soit l’endomorphisme defini par (P ) = P (X + 1)P 0 , montrer qu’il est
diagonalisable. Quels sont les valeurs propres ? Peut-on determiner les vecteurs propres ?

86 Tout d’abord, il est facile de voir que est linéaire et envoie un polynôme de degré  n sur un
autre tel polynôme. est donc bien un endomorphisme de E. On a

(X 0 ) = X 0 et 8k 1, (X k ) = (1 k)X k kX k 1

Dans la base canonique, est représenté par une matrice triangulaire supérieure dont la diagonale est
(1, 0, 1, . . . , 1 n).
possède donc n + 1 valeurs propres et chaque sous-espace propre est ainsi de dimension 1 (puisque
ceux-ci sonten somme directe et que E est de dimension n + 1).
est diagonalisable et son spectre est {1, 0, 1, . . . , 1 n}.
On constate que
8k 2 [[0, n]], ((X + 1)k ) = (1 k)(X + 1)k
et on peut donc affirmer (sous-espaces propres de dimension 1) que

8k 2 [[0, n]], E1 k( ) = Vect(X + 1)k

87 Si n 2 N⇤ , quel est le nombre de classes de similitude de matrices M de Mn (R) telles que


M2 = M ?

87 L’énoncé a bien un sens puisque si M 2 = M alors tous les éléments de la classe de similitude
vérifient cette même égalité.

Si M 2 = M , X(X 1) annule M qui est donc diagonalisable à spectre inclus dans {0, 1}. M est donc
semblable à une matrice du type diag(Ir , 0n r ).

Réciproquement, toutes ces matrices sont des solutions de M 2 = M .

Enfin, deux telles matrices associée à des r di↵érents ne sont pas semblables puisque pas de même
rang. Finalement, il y a n + 1 classes de similitude envisageables.

88 Soit U une partie de Mn (C) non vide, finie et stable par produit. Montrer qu’il existe M 2 U tel
que tr(M ) 2 [[0, n]].

88
✓ ◆ ✓ ◆
8 3 10 3
89 Soient M1 = et M2 = .
3 1 3 1
1. Montrer que M1 , M2 sont diagonalisables et préciser leurs valeurs propres.
2. On pose C = {(x, y)||x| > |y|} . Montrer que M2 C ⇢ C, M1 C ⇢ C et M1 C \ M2 C = {(0, 0)}.
Q
3. Pour ! 2 {1, 2}n , on pose '(!) = nk=1 M!k . Montrer que ' est injective.
4. Montrer que '(!) est diagonalisable sur R.

89

43
1. M1 = X 2 7X + 1 et M2 = X 2 11X + 1 sont scindés simples et avec le théorème de
Cayley-Hamilton, M1 et M2 sont diagonalisables. De plus (calcul simple)
p p
7±3 5 11 ± 3 13
Sp(M1 ) = { } et Sp(M2 ) = { }
2 2
2. Soit X = (x, y) 2 C (|x| |y|). On a M2 X = (10x + 3y, 3x + y) et M1 X = ( 8x 3y, 3x + y).
On a

|10x + 3y| 10|x| 3|y|


= 3|x] + |y| + 7|x| 4|y|
3|x| + |y|
|3x + y|

et de même
| 8x 3y| 8|x| 3|y| 3|x| + |y| |3x + y|
Ainsi M1 X 2 C et M2 X 2 C.
De plus, si X 2 M1 C\M2 C, il existe (x, y) et (x0 , y 0 ) dans C tels que X = M2 (x, y) = M1 (x0 , y 0 ).
On a
✓ ◆ ✓ ◆
1 0 0 17 6 0 0 0 0 19 6
(x, y) = M2 M1 (x , y ) = (x , y ) et (x , y ) = (x, y)
54 19 54 17

On montre alors que |x| = |y| et |x0 | = |y 0 |. Or pour M = M2 1 M1 , M (1, 1) n’est colinéaire ni
à (1, 1) si à (1, 1) et M (1, 1) n’est colinéaire ni à (1, 1) ni à (1, 1) et donc |x| = |y| = 0 et
|x0 | = |y 0 | = 0 ce qui montre que M1 C \ M2 C = {(0, 0)}.
3. Soient ! et ! 0 dans {1, 2}n ayant même image par ' :
n
Y n
Y
A= M! k = M!k0
k=1 k=1

On prend X = (1, 1) 2 C. Si par l’absurde !1 6= !10 alors (l’un vaut 1 et l’autre 2) AX 2


M1 C \ M2 C et donc X = (0, 0). On peut alors multiplier à gauche par M!11 puis montrer de
même que les secondes coordoonées sont égale etc. On a ainsi ! = ! 0 et l’injectivité de '.
4. L’idée serait de montrer que le module de la trace de '(!)| est > 2 (multiplier par M1 ou M2
maitient le module de la trace > 2). Avec det('(!)) = 1, on obtient un polynôme caractéristique
avec dexu racines réelles distinctes et on conclut.
Qn 1
90 Soit n 2 N⇤ et G un sous-groupe fini de GLn (Z). Montrer que |G| 6 i=1 3n 3i .

90 On condidère l’application : M 2 GLn (Z) 7! M où M est la matrice dont les coefficients sont
les classes de ceux de M . est un morphisme d’anneaux et son image est dans GLn (Z/3Z).
Dire que A 2 GLn (Z/3Z), c’est dire que les colonnes de A sont indépendantes. On peut choisir la
première colonne arbitrairement non nulle et on a 3n 1 choix. La seconde ne doit pas être multiple
de la première et on a 3n 3 choix. Plus généralement, une fois les i 1 première choisies, la i-ème
ne doit pas être combinaison linéarire des précédentes et on a 3n 3i 1 choix. Au total
n
Y1
|GLn (/Z/3Z)| = (3n 3i )
i=0

Pour conclure, il suffit donc de montrer que est injective sur G et donc (morphisme de groupe) que
le noyau de |G est réduit au neutre In .

44
On se donne M 2 G telle que M = In . Tous les coefficients de M sont multiple de 3 et M 0 = M 3 In 2
Mn (Z).
En notant d l’ordre de M dans le groupe fini G, X d 1 est scindé simple et annule M : M est C-
diagonalisable et Sp(M ) ⇢ Ud .
M 0 est donc diagonalisable et ses valeurs propres sont les 0 = 3 1 pour les 2 Sp(M ). | 0 |  | |+1
3 <
1. Il existe P 2 GLn (C) telle que

M0 = P 1
diag( 0
1, . . . ,
0
n )P
1

et tous les coefficients de (M 0 )k tendent vers 0 quand k ! +1. Comme ce sont des entiers, il existe
un rang à partir duquel ils sont tous nuls et M 0 est nilpotente. Etant diagonalisable, elle est nulle.
Ainsi M = In , ce qu’il falait démontrer.

91 Soit E un R-espace vectoriel et p un projecteur. Soit H : L(E) ! L(E) l’endomorphisme défini


par H(u) = 12 (u p + p u). Est-ce que H est diagonalisable ?

91 p étant un projecteur, Im(p) ker(p) = E. On travaille matriciellement dans une base adaptée.
Il s’agit donc d’étudier l’endomorphisme de Mn (R) défini par
1
(U ) = (U P + P U ) avec P = diag(Ir , 0n r)
2
✓ ◆
A B
On remarque qu’en écrivant U = , on a
C D
✓ B

A 2
(U ) = C
2 0
✓ ◆ ✓ ◆ ✓ ◆
A 0 0 B 0 0
Ainsi les matrices , , sont propres pour associées à 1, 1/2, 0. On trouve
0 0 C 0 0 D
ainsi trois sous-espaces propres dont la somme est égale à Mn (R) et est diagonalisable.
L
92 Soit W un C-ev de dimension finie, décomposé en W = ni=1 Wi . Soit u un endomorphisme de
W tel que pour tout 1 6 i 6 n 1, u (Wi ) ⇢ Wi+1 et u (Wn ) ⇢ W1 . Montrer que si est valeur propre
de u et µ est une racine n-ième de l’unité, µ est également valeur propre de u.

92 Soit une valeur propre de u et x un vecteur propre associé. On peut le décomposer en x =


x1 + · · · + xn avec xi 2 Wi . On a l’égaité u(x) = x qui donne (par unicité de la décomposition sur les
Wi )
8j 2 [[1, n 1]], u(xj ) = xj+1 et u(xn ) = x1
Comme x 6= 0, il existe k tel que xk 6= 0. (xk , u(xk ), . . . , un 1 (xk )) est alors une famille libre qui
engendre un sous-espace F stable par u. u|F est représenté dans la base par une matrice de polynôme
caractéristique X n U et tous les éléments de Un sont donc des valeurs
n. X n n divise alors

propres.

93 Soit n > 2, A 2 Mn (C) dont les seuls coefficients non nuls sont an,1 = ai,i+1 = [Link] Bp =
In + A + · · · + Ap 1 . Montrer que Bp est inversible si et seulement si n et p sont premiers entre eux.

93 Un calcul classique donne chA = X n 1. A est scindé simple et (Cayley-Hamilton) annule A. A


est ainsi diagonalisable semblable à D = diag(1, !, . . . , ! n 1 ). B est alors semblable à
p 1 p 1
!
X X
Dk = diag ! jk
k=0 k=0 0jn 1

45
1 ! jp
La somme des ! j est géométrique de raison ! j . Elle vaut p si j = 0 et sinon elle vaut 1 !j
(puisque
! j 6= 1 quand j 2 [[1, n 1]]. Ainsi

B 2 GLn (C) () (8j 2 [[1, n 1]], jp 6= 0[n]

Supposons p ^ n = 1. Alors n|jp équivaut à n|j (Gauss) ce qui n’a pas lieu pour j 2 [[1, n 1]]. B est
inversible.
Supposons p ^ n = 6= 1. On a alors v = p et u = n qui sont entiers. u 2 [[1, n 1]] et up = vn = 0[n] :
B n’est pas inversible.

94 Soit n > 1 et A 2 Cn 1 [X]. On considère l’endomorphisme 'A qui à P 2 Cn 1 [X] associe le reste
de la division euclidienne de AP par X n 1. Est-ce que 'A est diagonalisable ?

94 L’énoncé admet que 'A est un endomorphisme, on pourrait le vérifier.


Pseudo-analyse : supposons que est une valeur propre et notons P un vecteur propre associé.
A (P ) = P donne l’existence d’un polynôme Q tel que

(A )P = (X n 1).Q

Ceci nous amène à ce qui suit.


Notons ! = e2i⇡/n en sorte que Un = {! k , 0  k  n 1}. Pour k 2 [[0, n 1]], on pose
Y
Pk = (X ! j ) et k = A(! k )
j6=k

(A k )Pk est un polynôme qui s’annule sur tous les éléments de Un et qui est donc un multiple
de X n 1. On en déduit que A (Pk ) = k Pk . On a ainsi trouvé n valeurs propres distinctes et
les Pk forment une famille libre et une base de vecteurs propres (par cardinal-dimension). A est
diagonalisable et on a en plus trouvé les éléments propres !

95 Soit U une partie de Mn (C) non vide, finie et stable par produit. Montrer qu’il existe M 2 U tel
que Tr(M ) 2 [[0, n]].

95 Si U contient que la matrice nulle, c’est gagné.


Sinon, U contient un élément M 6= 0. Pour tout k 2 N⇤ , M k 2 U . Comme U est fini, deux itérées de
M sont égale : il existe ` > p tels que M ` = M p .
Comme le corps de base est C, M est trigonalisable semblable à une matrice triangulaire T dont on
note 1 , . . . , n les coefficients diagonaux. On a aussi T ` = T p et donc
` p
8i 2 [[1, n]], i = i

Si i 6= 0, i est une racine de l’unité, disons un élément de Uni .


En notant k le produit des ni (pour les i tels que i 6= 0), on obtient que la diagonale de T k est formée
de 0 et de 1 et donc sa trace (qui est celle de M k 2 U ) est dans [[0, n]].

96
1. Soit A 2 Mn (C) telle que Tr(Ak ) = 0 pour tout k 2 N⇤ . Montrer que A est nilpotente.
2. Soit G un sous-groupe de GLn (C), (Mi )16i6m 2 Gm une base de Vect(G) et f : G ! Cm
l’application qui à A 2 G associe Tr (AMi )16i6m . Montrer que si f (A) = f (B) alors AB 1 I
est nilpotente.
3. On suppose que toutes les matrices de G sont diagonalisables. Montrer que f est injective.
4. En déduire que tout sous-groupe de GLn (C) d’exposant fini (9m 2 N⇤ , 8g 2 G, g m = In ) est
fini.

46
96

97 Soit F un sous-espace vectoriel de Mn (K) tel que toute matrice non nulle de F soit inversible.
1. On suppose K = C. Montrer que pour tout couple de matrices (A, B) avec A inversible, il existe
un scalaire ↵ tel que ↵A B ne soit pas inversible. En déduire que dim(F ) 6 1.
2. On suppose K = R. Que peut-on dire de F si n est impair ? Pour n = 2, donner un exemple
avec F de dimension 2. Montrer que, si n est pair, la dimension de F ne peut excéder n.

97
1. det(XA B) = det(A) BA 1 est un polynôme de degré n 1 (det(A) 6= 0) et il admet une
racine ↵. On a ainsi ↵A B non inversible.
Supposons, par l’absurde, dim(F ) 2. On peut alors trouver une famille libre (A, B) de F . A
est non nulle et dans F et donc inversible. On peut utiliser ce qui précède pour trouver ↵ tel
que ↵A B est non inversible. Mais c’est un élément de F et non nul (car (A, B) libre) et il
est donc inversible ! On a une contradiction.
2. Si n est impair, un polynôme réel de degré n admet une racine et comme ci-dessus, on montre
que dim(F )  1.

Dans le cas n = 2, F = Vect(I2 , E2,1 E1,2 ) donner un exemple d’espace convenable de dimen-
sion 2.

On suppose n pair et, par l’absurde, que dim(F ) n + 1. On peut alors trouver (A1 , . . . , An+1 )
famille libre d’éléments de F . On se donne arbitrairement x 6= 0 dans Rn (par exemple x =
(1,P
0, . . . , 0).
Si n+1i=1 i Ai x = 0 alors x 2 ker( 1 A1 + · · · + n+1 An+1 ). Comme 1 A1 + · · · + n+1 An+1 est
donc non inversible et dans F , elle est nulle et les i sont nuls.
On a ainsi une famille libre de n + 1 éléments dans Rn ce qui est impossible.

98 ✓ ◆
In D
1. Soit D 2 Mn (C). Donner l’inverse de la matrice .
0n In
2. Soit A, B 2 Mn (C) deux matrices diagonalisables telles que Sp(A) \ Sp(B) = ;.
(a) Soit C 2 Mn (C). Montrer qu’il existe un unique D 2 Mn (C) telle que C = DB AD.
✓ ◆ ✓ ◆
A 0n A C
(b) Montrer que M = et N = sont semblables. La matrice N est-elle
0n B 0n B
diagonalisable ?
3. Commenter le cas n = 1.

98 ✓ ◆
In D
1. Avec un calcul par blocs, on vérifie que l’inverse est .
0n In
2. (a) Soit ' : M 7! M B AM . C’est un endomorphisme de Mn (C). Si '(M ) = 0, on montre
par récurrence que
8k 2 N, M B k = Ak M
et par combinaisons linéaires

8P 2 C[X], M P (B) = P (A)M

En appliquant en P = A , on trouve (Cayley-Hamilton) que M A (B) = 0. Comme A et B


n’on pas de valeur propre commune et comme A est scindé à racines dans le spectre de A,

47
A (B) est inversible. Ainsi M = 0 et ' est injective.
Comme c’est un endomorphisme d’un espace de dimension finie, c’est un isomorphisme et
on a ✓
le résultat
◆ voulu.
I D
(b) P = n est telles que P M P 1 = N (calcul par blocs).
0n I n
Si P1 et P2 sont des matrices de passages diagonalisant A et B, diag(P1 , P2 ) est une matrice
de passage qui diagonalise M .
M et N (semblables) sont donc diagonalisables.
✓ ◆
a c
3. Si N = 1 alors N = est diagonalisable (de taille 2 et possèdant deux valeurs propres
0 b
distinctes).

99 Soit A, B 2 Mn (C). Montrer que A et B ont une valeur propre commune si et seulement si il
existe une matrice U non nulle telle que AU = U B.
99 Idem exo ci-dessus pour la réciproque en contraposant.

Dans le sens direct, on trouve 2 C et X, Y 2 Cn non nuls tels que AX = X et B T Y = Y . On


vérifie que U = XY T convient.

100 Soit A 2 M2 (Z) telle que det(A) = 1 et Ap = I2 pour un p 2 N⇤ . Montrer que A12 = I2 .
100 X p 1 annule A et A est donc diagonalisable dans C. Ses valeurs propres sont des racines pemes
de 1. Distinguons deux cas.
- Si 1 ou 1 est racine alors comme det(A) = 1, l’autre valeur propre est 1 ou 1. A est alors
diagonale (diagonalisable et possédant une unique valeur propre).
- Sinon, les valeurs propres sont complexes non réelles et conjuguées (la matrice A étant réelle)
± 2ik⇡
et donc du type e p avec k 2 Z. La trace de A est entière et vaut 2 cos(2k⇡/p). Elle⇣ peut⌘
donc valoir 0, ±1, ±2. Modulo ⇡, 2k⇡
p ne peut donc valoir que 0, ±⇡/2, ±⇡/3. Ainsi 12 2k⇡
p
est égal à 0 modulo 2⇡ ce qui donne que A12 est semblable à I2 et donc égale à I2 .

101 Soient A, B 2 Mn (C) diagonalisables telles que A2 = B 2 et A3 = B 3 .


1. Montrer que A = B.
2. Le résultat demeure-t-il si l’on ne suppose plus A et B diagonalisables ?

101
1. Soit x propre pour A associé à .
Si = 0, A2 = B 2 x = 0. Or, B étant diagonalisable on a aisément ker(B) = ker(B 2 ) (une
inclusion et l’égalité des dimensions par l’égalité des rangs par exemple). Ainsi BX = 0.
Si 6= 0, B 3 x = A3 x = 3 x = B(B 2 x) = B(A2 x) = 2 (Bx). En divisant par , on trouve
BX = x = Ax.
Ainsi A et B sont égales sur les sous-espaces propres de A qui sont supplémentaires dans Cn
et donc A = B.
2. Le résultat est faux sans l’hypothèse de diagonalisabilité comme le montre le contre-exemple
A = E1,n et B = En,1 .

102 Soit n 2 N⇤ . Soit M 2 Mn (R) telle que M 2 = M T et Sp(M ) \ R = ;.


1. Déterminer le polynôme caractéristique de M .
2. Montrer que M est orthogonale.
3. Pour n = 2, expliciter l’endomorphisme associé à M . Question préliminaire : déterminer les
matrices appartenant à SO2 (R) = {M 2 On (R), det(M ) = 1}.

48
4. Généraliser à n quelconque.

102
1. On a M 4 = M sont Sp(M ) ⇢ {0, 1, j, j 2 }. Comme M n’a pas de valeur propre réelle, seuls j et
j 2 peuvent être valeur propre. Comme M est réelle, ils ont même multiplicité et celle ci vaut
n/2 (la somme des multiplicités des valeurs propres complexes vaut n). Finalement

chiM = (X j)n/2 (X j 2 )n/2 = (X 2 + X + 1)n/2

2. On a M T M = M 3 . Or M 4 = M et M est inversible (0 pas valeur propre). Ainsi M T M = In


et M est orthogonale.
3. ✓
En raisonnant par◆ coefficients indéterminés, on montre que SO2 (R) est constitué des R✓ =
cos(✓) sin(✓)
pour ✓ 2 R (ou [0, 2⇡[).
sin(✓) cos(✓)
Or, si M convient dans le cas n = 2, M est orthogonale et de déterminant 1 (car det(M 2 ) =
det(M T ) = det(M ) et det(M ) 6= 0). Il existe donc ✓ tel que M = R✓ . En injectant dans la
relation on trouve que ✓ 2 {0, 2⇡/3, 4⇡/3}.
✓ = 0 ne convient pas (car 1 serait valeur propre). On a donc M 2 {R2⇡/3 , R 2⇡/3 }.
On vérifie réciproquement que ces matrices conviennent.
4. Dans le cas général, la question 1 montre que si M convient, elle est C-semblable à diag(j, j 2 , . . . , j, j 2 ).
Un bloc diag(j, j 2 ) est C-semblable à R2⇡/3 .
Par un calcul par bloc à détailler, M est C semblable à diag(R2⇡/3 , . . . , R2⇡/3 ).
En ADMETTANT que deux matrices réelles C-semblables sont R-semblables, les seulement
matrices possibles sont les matrices semblables à diag(R2⇡/3 , . . . , R2⇡/3 ). Et comme M est or-
thogonale, on doit pouvoir montrer qu’il y a orthosimilitude.
On peut alors faire la réciproque.
Remarque : en l’état, cela me paraı̂t compliqué mais c’est le CR qui EN GROS a été fait. Je
crois qu’il serait plus futé dans l’étape d’analyse de montrer que Cn est décomposable en somme
directe de sous-espaces stables de dimension 2 pour se ramener à la question 3.

103 Soit M 2 Mn (C) telle que M 2 + M T In = 0.


1. Montrer que M est inversible si et seulement si 1 n’est pas valeur propre de M .
2. Montrer que M est diagonalisable

103 Voir le td complémentaire

104 Soit A 2 Sn (R). On note 1 , . . . , n les valeurs propres de A comptées avec multiplicité, telles
que 1 · · · n . Montrer que :

j
X j
X
81  j  n, ai,i  i
i=1 i=1

Indication : si (U1 , . . . , Un ) et (V1 , . . . , Vn ) sont deux bases orthonormées de Mn,1 (R), montrer que
pour tous j compris entre 1 et n,
Xj X n
hUi , Vk i2 = j
i=1 k=1
Pj Pj
et minorer i=1 i i=1 ai,i par une quantité positive.

49
104 En notant (e1 , . . . , en ) la base canonique de Rn , on a (la base étant orthonormée) ai,i = (ei |Aei ).
Notons (v1 , . . . , vn ) une base orthonormée formée de vecteurs propres pour A, vi étant associé à i .
On décompose les ei sur cette base pour obtenir
n
X
2
ai,i = k (ei |vk )
k=1

On a donc
j
X n
X j
X
ai,i = k tk avec tk = (ei |vk )2
i=1 k=1 i=1

On remarque (c’est le début de l’indication) que


n
X j X
X n j
X
2 2
0  tk  kvj k = 1 et tk = (ei |vk ) = kei k2 = j
k=1 i=1 k=1 i=1

On a ainsi
j
X n
X
ti = j ti
i=1 i=j+1

et donc
j
X j
X j
X n
X j
X
i ai,i = ( i j )(1 ti ) i ti + j j j ti
i=1 i=1 i=1 i=j+1 i=1
j
X n
X n
X
= ( i j )(1 ti ) i ti + j ti
i=1 i=j+1 i=j+1
j
X n
X
= ( i j )(1 ti ) + ( j i )ti
i=1 i=j+1

et le minorant est positif ce qui permet de conclure.

105 Soient A, B 2 Mn (R). Montrer que AB et BA ont même spectre. Puis qu’elles ont même
polynôme caractéristique.
105 Soit 2 Sp(AB) et X un vecteur propre associé.
- Si = 0, AB est non inversible et BA non plus (det(AB) = det(BA)). = 0 est donc valeur
propre de BA.
- Sinon, BX 6= 0 et BA(BX) = BX et on conclut encore.
Si B est inversible, AB = B 1 (BA)B et AB = BA par similitude.
On traite le cas général par densité.

106 Soient n 2 N⇤ , A 2 Mn (C).


1. Montrer que : 0 1
n
[ X
SpC (A) ⇢ B̄ @ai,i , |ai,j |A
i=1 1jn,j6=i

2. On suppose que A est à diagonale strictement dominante, c’est-à-dire :


X
8i 2 {1, . . . , n}, |ai,i | > | ai,i
1jn,i6=j

Montrer que A 2 GLn (C).

50
106 Prendre un vecteur propre associé à , considérer une coordonnées de module maximale, regarder
la coordonnée numéro i de AX = X et conclure !

107 Soient E un C-ev de dimension finie et u 2 L(E). Montrer que u est diagonalisable si et seulement
si
n
X
9n 2 N⇤ , 9↵1 , . . . , ↵n 2 C, 9v1 , . . . , vn 2 L(E), 8k 2 [[0, n]], uk = aki vi
i=1

107 Si u est diagonalisable, on dispose de (e1 , . . . , en ) base de diagonalisation. En notant k la valeur


propre associée à ek et vk l’unique endomorphisme tel que vk (ej ) = k,j ej , on vérifie que
n
X
8k 2 [[0, n]], uk = aki vi
i=1

en montrant que les endomorphismes sont égaux sur la base.

Réciproquement, supposons disposer de n, de ↵1 , . . . , ↵n et de v1 , . . . , vn . Par combinaisons linéaires,


on a
Xn
8P 2 Cn [X], P (u) = P (ai )vi
i=1
En prenant pour P le produit des X ak pour les ak distincts, on obtient un annulateur scindé simple
et u est donc diagonalisable.

108 Soit E = C 0 ([0, 1], R). Pour f 2 E, on note


Z 1
u(f ) : x 2 [0, 1] 7! min(x, t)f (t) dt
0

Montrer que u 2 L(E) et en donner les éléments propres.


108
1. La linéarité de T découle de la linéarité du passage à l’intégrale. Pour f 2 E et x 2 [0, 1], on a
Z x Z 1
T (f )(x) = tf (t) + x f (t) dt
0 x

Ceci montre que T (f ) 2 C 1 ([0, 1]) (théorème fondamental). T est donc un endomorphisme de
E mais n’est pas surjectif (puisque C 1 est strictement inclus dans C 0 ). Notons que
Z 1 Z 1
0
T (f ) (x) = xf (x) + f xf (x) = f
x x

et que donc T (f ) est deux fois dérivable avec

T (f )00 (x) = f

Notons aussi que T (f )0 (1) = 0 et que T (f )(0) = 0.


2. Supposons (étape d’analyse) que soit valeur propre de T et notons f un vecteur propre
associé.
Si = 0, on a T (f ) = 0 et donc f = T (f )00 = 0 ce qui est exclus (f est non nulle comme vecteur
propre).
Si 6= 0, f = 1 T (f ) 2 C 2 et f 00 = T (f )00 = f . f est donc solution de
1
(E) : y 00 y=0

51
- Si < 0, il existe des constantes c et d telles que
p p
8x 2 [0, 1], T (f )(x) = c ch(x/ ) + d sh(x/ )
p
De plus, on a T (f )(0) = 0 et donc c = 0 puis T (f )0 (1) = 0 qui donne p c sh(1/ )=0
et donc c = 0 puis f = 0 ce qui est exclus.
- Si > 0, il existe des constantes c et d telles que
p p
8x 2 [0, 1], T (f )(x) = c cos(x/ ) + d sin(x/ )
p
De plus, on a T (f )(0) = 0 et donc c = 0 puis T (f )0 (1) = 0 qui donne pd cos(1/ ) = 0.
Comme d 6= 0, il existe k 2 N tel que p1 = ⇡2 + k⇡.
On a ainsi
1
Sp(T ) ⇢ { , k 2 N}
(⇡/2 + k⇡)2
1
p
et en notant k = (⇡/2+k⇡) 2 , le sous-espace propre associé est inclus dans Vect(x 7! sin(x/ k )).
Il reste à vérifier la réciproque.

109 Soient A, B 2 Mn (C) et u l’endomorphisme de Mn (C) défini par

8T 2 Mn (C), u(T ) = AT TB

1. Montrer que Sp(A) Sp(B) ⇢ Sp(u).


2. Soient 2 Sp(u) et T vecteur propre associé. Montrer que

8P 2 C[X], P (A)T = T P ( In + B)

3. Prouver l’inclusion réciproque de la question 1.


4. En déduire une CNS pour qu’il existe T 6= 0 telle que AT = T B.

109
1. Soient , µ des valeurs propres de A et B. On note X un vecteur propre pour A associé à et
Y un vecteur propre pour B T (qui a même spectre que B) associé à µ. On vérifie que XY T est
une matrice non nulle telle que u(M ) = ( µ)M .
2. On a AT = T ( In + B) et par récurrence 8k, Ak T = T ( In + B)k . On conclut en combinant
linéairement ces relations.
3. On se donne µ valeur propre de u et T un vecteur propre associé. On peut utiliser Q2 avec
P = A et, par théorème de Cayley-Hamilton, on obtient

T A( In + B) = 0

T étant non nulle A ( In + B) 2 / GLn (C). En notant 1, . . . , n les valeurs propres de A


comptées avec multiplicité, ceci s’écrit
n
Y
(( i )In + B) 2
/ GLn (C)
k=1

Il existe donc k tel que i est dans le spectre de B et on conclut.


4. T existe ssi 0 est dans le spectre de u ce qui a lieu ssi A, B ont une valeur propre en commun.

110 Soit P 2 Mn (R) une matrice de projection. On note f : M 7! P M M P . Montrer que f est
un endomorphisme diagonalisable de Mn (R) et en donner la trace.

52
110 Un calcul simple montre que f 3 = f et ainsi f est diagonalisable (annulée par un scindé simple)
et son spectre est inclus dans { 1, 0, 1}.
En notant m 1 , m0 , m1 les multiplicité (potentiellement nulles)

Tr(f ) = m1 m 1

En
✓ se plaçant
◆ dans une base adaptée à Im(p) ker(p) = E, on voit que si f est représenté par
M1 M 2
, le sous-espace propre associé à 1 correspond au cas M1 = 0, M3 = 0, M4 = 0 et est de
M3 M 4
dimension r(n r) avec r = rg(p).
De même le sous-espace propre associé à 1 correspond au cas M1 = 0, M2 = 0, M4 = 0 et est de
dimension (n r)r.
Finalement f est de trace nulle.

111 Soit A 2 Mn (C) telle que 8k 2 [[1, n 1]], Tr(Ak ) = 0 et Tr(An ) 6= 0. Montrer que A est
diagonalisable.

111 Le cas n = 1 est immédiat (toute matrice de taille 1 est diagonalisable). On suppose donc n 2.

Notons 1 , . . . , p les valeurs propres distinctes de A et m1 , . . . , mp leurs multiplicités. Comme A est


trigonalisable (le corps de base est C et A est scindé), on a
p
X
8k 2 N, Tr(Ak ) = mj k
j
j=1

Si p = 1 on a m1 = n et 0 = Tr(A) = n 1 , 0 6= Tr(An ) = m1 n1 et ceci est impossible.


Si 2  p  n 1, les équations pour k = 1, . . . , p montrent que (m1 , . . . , mp ) est un élément non nul
d’une matrice de déterminant 1 . . . p V ( 1 , . . . , p ). L’une des valeurs propres est nulle, et quitte à
renuméroter on suppose p = 1. Les équations pour k = 1, . . . , p 1 montrent que (m1 , . . . , mp 1 ) est
un élément non nul d’une matrice de déterminant 1 . . . p 1 V ( 1 , . . . , p 1 ) 6= 0. C’est impossible.
Ainsi p = n : A possède n valeurs propres et est de taille n. Elle est diagonalisable à sous-espaces
propres de dimension 1.
n
112 Soit A 2 M2 (R) telle qu’il existe n 2 N⇤ vérifiant A2 = I2 . Montrer que A2 = I2 ou qu’il existe
k
k 2 N⇤ tel que A2 = I2 .
n
112 P = X 2 1 annule A. Ainsi P étant scindé simple, A est C-diagonalisable et Sp(A) ⇢ U2n
(ensemble des racines de P ).
Comme A est de taille 2, elle admet deux valeurs propres complexes (comptées avec multiplicité) et
comme A est réelle, ces valeurs propres sont réelles ou complexes et conjuguées.
Si on a une valeur propre réelle, l’autre l’est aussi. Comme 1 et 1 sont les seuls réels de U2n et que
leur carré vaut 1, A2 est semblable à I2 et vaut donc I2 .
Sinon, on a une valeur propre complexe non réelle z et A est semblable à diag(z, z). Pour conclure, il
k
suffit de montrer qu’il existe k tel que z 2 = 1.
n n 1 n 1 n 1
On a 1 = z 2 = (z 2 )2 ainsi z 2 = 1 ou z 2 = 1. Dans le second cas, on a gagné. Sinon, on
recommence (processus à formaliser).

113 Soit K un corps fini. Montrer que pour n assez grand, toutes les matrices de Mn (K) ne sont pas
trigonalisables.

113 Il est facile de construire une matrice ayant pour polynôme caractéristique un polynôme unitaire
P donné (il suffit de considérer la matrice compagnon associé à P : si P = X n (an 1 X n 1 +
· · · + a1 X + a0 ), c’est la matrice de dernière colonne (a0 , . . . , an 1 ) et de sous-diagonale 1 - les autres

53
coefficients étant nuls). Pour résoudre cet exercice, il nous suffit de montrer que pour n assez grand il
existe un polynôme unitaire de degré n à coefficients dans K et qui n’est pas scindé.
Or, K est fini et en notant x1 , . . . , xd ses racines, P = (X x1 ) . . . (X xd ) + 1 est unitaire de degré
d et non scindé sur K puisque n’admettant pas de racine sur K.

114 114

115 Soit 0 1
0 0 1 0 0 0 0
B 0 0 0 0 0 1 0C
B C
B 1 0 0 0 0 0 0C
B C
A=B
B 0 0 0 ⇡ 0 0 0CC
B 0 0 0 0 0 0 1C
B C
@ 0 1 0 0 0 0 0A
0 0 0 0 1 0 0
Montrer que A n’est pas trigonalisable dans R.
115 Le calcul donne A = (X 2 + 1)3 (X ⇡). ce polynôme n’est pas scindé sur R et A n’est pas
R-trigonalisable.

116 Soit E un R-espace vectoriel de dimension n et f un endomorphisme de E. Montrer que f


est
Tn diagonalisable si et seulement s’il existe H1 , . . . , Hn des hyperplans de E stables par f tels que
i=1 Hi = {0}.

116 Si f est diagonalisable, elle possède une base de vecteurs propres (e1 , . . . , en ). On note Hi le sous
espace engendré par les ej pour j 6= i. Les Hi sont des hyperplans stables. Si x = x1 e1 + · · · + xn en
alors l’appartenance à Hi signifie que xi = 0 et donc le seul élément dans tous les Hi est le vecteur
nul.

Pour la réciproque, on rappelle que l’intersection de k  n hyperplans en dimension n est de dimension


n k. Ainsi \
Fi = Hj
j6=i

est de dimension 2. Comme Fi \ Hi = {0}, la formule de Grassman indique que Fi est de dimension
1. Il existe donc ei 6= 0 tel que Fi = Vect(ei ) et comme ei 2 / Hi (car sinon il est dans tous les Hi et est
nul), on a Hi Vect(ei ) = E.
Si x1 e1 + · · · + xn en = 0, x1 e1 = x2 e2 + · · · xn en est dans F1 \ H1 et est nul donc x1 = 0 et de
même pour les autres xi . Ainsi (e1 , . . . , en ) est une base de E.
Comme les Hk sont stables, il en est de même d’une intersection des Hk et Fi est stable ce qui indique
que ei est vecteur propre pour f . On a trouvé une base de vecteurs propres.

117 Soit E un espace vectoriel de dimension finie et f un endomorphisme de E. Montrer que f est
diagonalisable si et seulement si il existe des scalaires 1 , . . . , k et des projecteurs p1 , . . . , pk tels que
f = 1 p1 + . . . k pk et pour tout i 6= j, pi pj = 0.
117 On suppose f diagonalisable. En notant 1, . . . , k les valeurs propres, on a
k
M
E i (f ) = E
i=1
Pk
En notant p1 , . . . , pk la famille de projecteurs associée à cette décomposition, on a f = i=1 i pi
(l’égalité est vraie sur chaque E i (f )).

54
On suppose, réciproquement, avoir une telle décomposition de f . On montre que les images des pi sont
en somme directe dans E (si 0 = x1 · · · + xk , on obtient xi = 0 en composant par pi car pj (xj ) = xj
et pi pj = 0 si i 6= j).
Si p1 + · · · + pk = IdE on a même les Im(pi ) supplémentaires dans E et on obtient une base de
diagonalisation en prenant une base adaptée.
Sinon, on pose pk+1 = Id p1 · · · pk . On vérifie que pk+1 est un projecteur et que pi pk+1 = pk+1 pi = 0
si i 6= k + 1. En posant k+1 = 0, on a alors f = 1 p1 + · · · + k+1 pk+1 avec les somme des pi égale à
Id et on se ramène au cas précédent.
118 Soit f endomorphisme de R3 tel que Sp(f ) = { } et dim(Ker(f id)) = 2. Montrer qu’il existe
une base B dans laquelle la matrice de f est
0 1
0 0
@0 1A
0 0
118 On pose g = f Id. On choisit e3 2
/ ker(g). On pose e2 = g(e3 ) 6= 0 en sorte que Im(g) = Vect(e2 )
(une inclusion et égalité des dimensions). On a g(e2 ) 2 Im(g) et donc e2 est propre pour g et donc
associé à 0. Ainsi e2 2 ker(g). On complète ensuite avec 1 tel que (e1 , e2 ) est une base de ker(g). La
base (e1 , e2 , e3 ) convient.
119 Soit E = CN et 2 L(E, E) qui à (un ) associe la suite (vn ) définie par v0 = u0 et pour n 1,
un + un 1
vn =
2
Déterminer les valeurs propres et vecteurs propres de .
119 Supposons (étape d’analyse) que soit valeur propre et notons u un vecteur propre.
u étant non nulle, il existe un premier n0 tel que un0 6= 0.
Si n0 = 0 (et donc u0 6= 0) alors comme u0 = u0 , on a = 1 et 8n 1, un +u 2
n 1
= un ce qui montre
que u est constante.
u u +u
Sinon, n0 1 alors n20 = n0 12 n0 = un0 donne = 12 et 8n 1, un +u 2
n 1
= u2n donne que la suite
(un ) est nulle ce qui ne se peut.
Ainsi Sp( ) ⇢ {1} et E1 ( ) ⇢ Vect((1)).

La réciproque est une simple vérification.


120 Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie, u 2 L(E). Montrer l’équivalence des deux
conditions suivantes :
(i) u est diagonalisable ;
(ii) u est scindé et tout sous-espace de E stable par u admet un supplémentaire stable par u.
120 Supposons u diagonalisable et F stable par u.
On dispose d’une base B formée de vecteurs propres et ceci constitue une famille génératrice.
On peut alors compléter une base de F (famille libre) par des éléments de B pour obtenir une base
de E (théorème de la base incomplète). Les vecteurs utilisés pour compléter engendrent alors un
supplémentaire de F qui est stable par u.
u est bien sûr scindé puisque u est représenté par une matrice diagonale dans une bonne base.

On suppose réciproquement que tout sous-espace vectoriel de E admet un supplémentaire stable par
u et que U est scindé.
L
On considère F = E (u). Comme u est scindé F 6= {0}.
2Sp(u)
On suppose par l’absurde que F est un sous-espace vectoriel strict de E, donc dim(F )  n 1. Comme
F est stable par u donc il existe un supplémentaire stable G et dim(G) 2 [[1, n 1]]. L’induit u|G
admet un vecteur propre et on a donc un élément non nul de G \ F ce qui est impossible.

55
121 Soit K un corps et A, B, C, D 2 Mn (K) telles que DC = CD. Montrer que
✓ ◆
A B
det = det(AD BC)
C D

1. si D est inversible,
2. si K est de cardinal infini.

121
1. On a ✓ ◆✓ ◆ ✓ ◆
A B D 0 AD BC BD 1
=
C D C D 1 0 In
et on obtient le résultat (on sait calculer un déterminant bloc triangulaire).
2. D ne possède qu’un nombre fini de valeurs propres et pour tout x 2 K \ Sp(D) = E, D xIn
est inversible. On a alors
✓ ◆
A B
8x 2 E, P (x) = det(A(D xIn ) BC) = 0
C D xIn

P est un polynôme qui admet une infinité de racines et est donc le polynôme nul. P (0) = 0
donne le résultat.

122 Soit A 2 Mn (R) vérifiant A3 = A2 + 14 A 1


4 In . Montrer que la suite Ak k 0
converge.
Déterminer sa limite en fonction de A.
1
122 Le polynôme P = X 3 X2 4X + 14 = (X 1)(X 1
2 )(X + 12 ) annule A. La division euclidienne
de X k par P s’écrit
X k = P Q k + a k X 2 + bk X + c k
En évaluant en 1, 1/2 et 1/2, on obtient un système que l’on résout pour trouver ak , bk , ck et en
déterminer les limites. En substituant A à l’indéterminée X, on trouve que
4 1
Ak = ak A2 + bk A + ck In ! A2 In
3 3

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