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Enfance marquée par la violence familiale

L'auteur décrit une enfance marquée par la violence verbale et physique au sein d'une famille conservatrice, où les abus étaient banalisés et justifiés par des convictions religieuses. Après le divorce de ses parents, la mère a intensifié ses comportements abusifs, créant un environnement malsain qui a conduit l'auteur à développer une colère immense et des épisodes dépressifs. Malgré des moments de complicité, l'auteur a souffert d'un manque de soutien et a dû chercher de l'aide en cachette pour surmonter ses traumatismes.

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Enfance marquée par la violence familiale

L'auteur décrit une enfance marquée par la violence verbale et physique au sein d'une famille conservatrice, où les abus étaient banalisés et justifiés par des convictions religieuses. Après le divorce de ses parents, la mère a intensifié ses comportements abusifs, créant un environnement malsain qui a conduit l'auteur à développer une colère immense et des épisodes dépressifs. Malgré des moments de complicité, l'auteur a souffert d'un manque de soutien et a dû chercher de l'aide en cachette pour surmonter ses traumatismes.

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Avant de commencer, petit contexte pour vous expliquer dans quel

environnement j’ai grandi.


Née dans une famille conservatrice avec des idées très proches de
l’extrême droite, j’ai côtoyé une famille proche où la violence verbale et
physique étaient banalisées et justifiées par “l’éducation”. Le milieu
familial est une micro société qui reproduit souvent les inégalités et les
violences sociales de manière générale, ainsi que les injonctions. Dans le
mien, il y avait en plus de tout cela une pression liée aux convictions
religieuses dans lesquelles nous avons baigné (fréquemment utilisées
pour nous manipuler).
Suite au divorce de mes parents, dont le mariage n’était autre qu’une
succession de violences conjugales, notre mère a redoublé de violences
physiques dans son attitude en plus de se retrouver dans une situation
compliquée (élever trois enfants seule et veiller à les vêtir, nourrir,
soigner, gérer les problèmes financiers, etc). Elle criait tous les jours, nous
insultait continuellement, nous dénigrait et avait pour habitude de nous
dévaloriser en nous comparant de façon à nous monter les uns contre les
autres.
Pas de considération sur les conséquences que cela pouvait avoir sur
notre santé mentale ou physique, pas un seul regret exprimé, des
menaces constantes quand on ne faisait pas quelque chose correctement
ou qu’on ne répondait pas présent immédiatement lorsque nous étions
demandés, des mensonges et de la manipulation. C’était malsain, et notre
mère est très narcissique et est fermée à toute remise en question. Les
parents auront toujours raison de leurs enfants, mythe encore trop
répandu pour assoir leur pouvoir, légitimer celui-ci et normaliser les
violences dont ils sont les auteurs.
Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il n’y a jamais eu de manifestation
d’affection, au contraire, nous avons connu des moments de complicité et
de joie. Seulement cela ne pouvait effacer le reste. Plus jeune, je n’avais
pas le recul nécessaire pour comprendre tout ce qui arrivait ni de
l’ampleur de tout cela.
En grandissant, j’ai fini par nourrir une colère immense contre ma famille.
Mes parents, pour leur ignorance, leur mépris et les violences dont ils
étaient auteurs (notre père ne nous a jamais violenté physiquement, mais
n’a pas signalé les maltraitances ou fait quoi que ce soit pour vraiment
nous aider alors que l’on souffrait et a surtout tenu des propos
machistes…). Ma fratrie, qui a accepté la situation, l’ainé savait en
murissant, mais n’a pas jugé tout cela trop grave, le benjamin a choisi,
pour survivre, de devenir violent à son tour à cause de la compétition
malsaine que notre mère avait mise en place et perpétué. L’entourage
proche parce que personne n’a rien dit ou n’a réellement agi.
On a estimé que mes réactions étaient juste la manifestation de quelqu’un
de trop sensible. Certes, je suis hyperémotive. Néanmoins, cela ne
changeait pas le fait que connaître des épisodes dépressifs successifs
c’était aussi un signe que quelque chose n’allait pas dans cette famille.
J’en souffrais d’autant plus pour ma part, car je sentais que ce n’était pas
normal, mais j’étais aussi très seule et vulnérable. Comment s’opposer à
des personnes violentes quand toustes acceptaient de tels
comportements ? J’étais aussi tiraillée entre l’espoir que le dialogue allait
changer quelque chose, qu’iels évoluent parce que les confronter était
beaucoup trop terrifiant, et la douleur profonde de les détester qui
m’obligeait à essayer de trouver une issue. La tête remplie de traumas qui
me pourrissent la vie depuis toujours, malgré les soins, c’était suffisant. Je
ne voulais pas mettre ma vie en danger. Du moins avant qu’on ne me
pousse à bout. J’ai eu une enfance, mais elle a été accompagnée de
coups. Je n’ai pas eu une vraie adolescence parce qu’on m’a interdit de
construire ma propre vie et ma propre identité et j’ai été exploitée. Tous
ces facteurs réunis ont été la source d’une grande souffrance qui m’a
poussé à me plier face à cet “ordre des choses”, jusqu’à vouloir en finir
définitivement.
Il a fallu que je prévienne la directrice de l’école primaire, que je sois
couverte de marques, que j’implore certains profs de me protéger, que je
fasse plusieurs tentatives de suicide pour que tout le monde se pose des
questions. Cela n’a pas duré pour la plupart d’entre elleux, me rappelant
que c’est péché de se suicider et qu’il faut avoir confiance en Allah au lieu
d’en arriver là (comme si j’avais eu le choix, ce n’en était pas un). La
charge mentale a doublé quand j’ai dû prendre soin de moi en cachette,
sans quoi je n’aurai jamais eu de suivi psychologique et psychiatrique
dont j’avais impérativement besoin et qui m’ont servi (j’ai eu beaucoup de
chance, j’ai bien conscience que ce n’est pas le cas de tout le monde).

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