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Polynômes et Fractions : Concepts Clés

Le chapitre 16 traite des polynômes et des fractions, en introduisant les concepts fondamentaux tels que la définition des polynômes, la dérivation, la divisibilité, et les racines. Il explore également les opérations sur les polynômes, leur structure d'anneau, et la décomposition en éléments simples. Enfin, il aborde les fractions rationnelles et les fonctions rationnelles, en fournissant des théorèmes et des exemples d'applications.

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Polynômes et Fractions : Concepts Clés

Le chapitre 16 traite des polynômes et des fractions, en introduisant les concepts fondamentaux tels que la définition des polynômes, la dérivation, la divisibilité, et les racines. Il explore également les opérations sur les polynômes, leur structure d'anneau, et la décomposition en éléments simples. Enfin, il aborde les fractions rationnelles et les fonctions rationnelles, en fournissant des théorèmes et des exemples d'applications.

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Chapitre 16

P OLYNÔMES ET FRACTIONS
Mohamed TARQI

Table des matières


1 Notion de polynômes 2
1.1 Définition des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Notion d’indéterminé. Notation K[ X ] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Degré d’un polynôme à une indéterminée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.4 Fonction polynôme d’une variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

2 Dérivation dans K[ X ]. Formule de TAYLOR 5


2.1 Dérivation dans K[ X ] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Formule de TAYLOR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

3 Divisibilité dans l’anneau K[ X ] 6


3.1 Division euclidienne des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.2 Divisibilité dans K[ X ] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.2.1 Notion d’idéal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.2.2 Plus grand commun diviseur de deux polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2.3 Algorithme d’E UCLIDE pour la recherche du A ∧ B . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.2.4 Plus grand commun diviseur d’une famille finie d’éléments de K[ X ] . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.2.5 Plus petit commun multiple de deux ou plusieurs polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

4 Racines d’un polynôme de K[ X ] 11


4.1 Racines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4.2 Factorisation d’un polynôme ( K = R ou C) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4.2.1 L’ordre de multiplicité d’une racine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4.2.2 Factorisation d’un polynôme é coefficients complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.2.3 Factorisation d’un polynôme à coefficients réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.3 Relations entre les coefficients et les racines dans un polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

5 Décomposition d’un polynôme 16


5.1 Polynômes irréductibles dans K[ X ] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
5.2 Décomposition d’un polynôme en facteurs irréductibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

6 Fractions rationnelles et fonctions rationnelles 17


6.1 Corps des fractions d’un anneau ( Rappel ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
6.2 Corps des fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
6.3 Fonction rationnelle d’une variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

7 Décomposition en éléments simples 20


7.1 Degré d’une fraction. partie entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
7.2 Décomposition en éléments simples dans C[ X ] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
7.3 Exemples d’applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

• • • • • • • • • • ••
Dans ce chapitre K est un corps commutatif. Dans la plupart des cas usuels K sera le corps des nombres réels ou
le corps des nombres complexes.

1
C HAPITRE 16 P OLYNÔMES ET FRACTIONS

1 Notion de polynômes
1.1 Définition des polynômes
Définition 1.1 On appelle polynôme à une indéterminée, à coefficients dans K, toute suite P d’éléments a i de K, soit
(a0 , a1 ,..., a n ,...), tous nuls à partir d’un certain rang. Les éléments a i de K sont les coefficients du polynôme P .
Donc un polynôme à une indéterminée est une application de N dans K dont seul un nombre fini des valeurs sont
non nulles.
Soit P = (a0 , a1 ,..., a i ,...) et Q = (b0 , b1 ,..., b i ,...) deux polynômes à coefficients dans K. Alors
P = Q =⇒ a i = b i , ∀ i ∈ N
Sur l’ensemble, que l’on désigne pour l’instant par P , de tous les polynômes à coefficients dans K, nous définissons
deux opérations internes, addition et multiplication par les formules suivantes : Si P = (a i ) et Q = (b i ) alors
(1) P + Q = (a i + b i )
et
(2) PQ = ( c i )
P
avec c i = a0 b i + a1 b k−1 + ... + a i b0 = a j bk .
j + k= i
On a le résultat suivant :
Théorème 1.1 P muni de l’addition (1) et de la multiplication (2) a une structure d’anneau commutatif, dont
le sous-anneau décrit par (a, 0, 0,.....), (a ∈K) est isomorphe à K.

Démonstration : • (P , +) est un groupe abélien est un sous-groupe de (KN , +). L’opposé de P = (a0 , a1 ,..., a i ,...)
est −P = (−a0 , −a1 ,..., −a i ,...), il existe un polynôme zéro : O = (0, 0, 0,...).
• K étant un corps commutatif, la multiplication (2) est donc commutative, l’élément neutre est e = (1, 0, 0,...), on a
bien, en effet, pour tout polynôme P :
P e = eP = P
D’autre part, la multiplication est distributive. Montrons que la multiplication est associative, soient
P = (a i ), Q = (b i ) et R = ( c i )
Posons
S = PQ = ( p i ), T = QR = ( q i )
U = (PQ )R = (r i ), V = P (QR ) = (s i )
Il faut vérifier donc que r i = s i pour tout i ∈N.
Nous aurons

X X X
rn = ph ck = ( ai b j )ck
h+ k= n h+ k= n i+ j = h
X X X
= ( ai b j ck ) = ai b j ck
h+ k= n i+ j = h i+ j + k= n

de même , on a :
X X X
sn = ai ql = ai ( b j ck )
i+ l = n i+ l = n j + k= l
X X X
= ( ai b j ck ) = ai b j ck
i+ l = n j + k= l i+ j + k= n

donc U = V ou encore (PQ )R = P (QR ).


L’ensemble (P , +,.) est donc un anneau commutatif.
• Soit P 0 = {P = (a, 0, 0,...)/a ∈ K}, l’application :
ϕ:K −→ P0
a −→ (a, 0, 0,...)
est visiblement bijective, de plus ∀a, b ∈K

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C HAPITRE 16 P OLYNÔMES ET FRACTIONS

ϕ( a) + ϕ( b) = ( a, 0,...) + ( b, 0,...) = ( a + b, 0,...) = ϕ( a + b)

et
ϕ( a)ϕ( b) = ( a, 0,...)( b, 0,...) = ( ab, 0,...) = ϕ( ab)

u
t

1.2 Notion d’indéterminé. Notation K[ X ]


Considérons les polynômes suivants e k , k ∈N, définis par :

e k = (δk0 , δk1 ,..., δki ,...) = (0,..., 1,...)


| {z }
k ème psition


½
1 si k= i
δ ik = ( le symbole de K RONECKER )
0 si k 6= i

Pour tout polynôme P de P , nous aurons :


X
P = (a0 , a1 ,..., a i ,...) = ak e k (somme finie )
k

donc
P
P= a k e k = 0 ⇐⇒ ∀k ∈N, a k = 0
k
P P
et si P = a k e k et Q = b k e k sont deux polynômes de P alors
k k

P = Q ⇐⇒ a k = b k , ∀k ∈N.

Calculons e p e q :
P
ap eq = ak e k
k
P
avec a k = δ pi δ q j le seul cas où δ pi δ q j 6= 0 est celui où ( i, j) = ( p, q) d’où :
i+ j = k

a p e q = e p+ q .

Désignons par X le polynôme e 1 , donc ∀k ∈ N∗ , e k = X k = |X {z


...X} = (0,..., 1,...), d’autre part e 0 = 1, d’où le théorème :
k fois

Théorème 1.2 X désignant le polynôme (0, 1, 0,...)


1. Pour tout n ∈N la relation (k ∈N)

a0 + a1 X + ... + a n X n = 0 =⇒ a k = 0, ∀k ∈ N

2. Tout polynôme P de P s’écrit d’une manière unique

P = a0 + a1 X + ... + a n X n

avec a0 , a1 ,..., a n ∈ K et a n 6= 0

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Notation : L’anneau P est engendré par K ∪ X , nous le noterons K[ X ]. On voit immédiatement que les anneaux
K[ X ] et K[Y ] sont isomorphes. Nous dirons que X est une indéterminée, nous dirons aussi que tout polynôme de
K[ X ] est un polynôme en X à coefficients dans K.
Soit l’opération externe de K × K[ X ] définie par (λ, P ) −→ λP , avec

∀λ ∈ K, ∀P = a0 + a1 X + ... + a n X n ∈ K[ X ], λP = λa0 + λa1 X + ... + λa n X n

on a :

∀λ ∈ K, ∀P,Q ∈ K[ X ], (λP )Q = P (λQ ) = λ(PQ )


d’où le résultat suivant :

Proposition 1.1 L’ensemble K[ X ] muni des opérations suivantes :


( p,Q ) −→ P + Q et (λ, P ) −→ λP

a une structure d’espace vectoriel sur K.


Muni de plus de la multiplication
(P,Q ) −→ PQ

a une structure d’algèbre commutative associative et unitaire sur K.

1.3 Degré d’un polynôme à une indéterminée


P
Définition 1.2 On appelle degré du polynôme P = a k X k de K[ X ], que l’on note deg P , le plus grand entier n tel que
k
a n 6= 0.

Il résulte de la définition que le polynôme zéro n’a pas de degré, on pose par convention deg0 = −∞.
Les polynômes a k X k (a k 6= 0) sont appelés monômes de degré k.
Les polynômes de degré 0, sont appelés les polynômes constants, ce sont les éléments non nuls de K ( par identi-
fication ).
Si degP = n, le monôme a n X n s’appelle le monôme dominant de P et a n le coefficient dominant de P ; si a n = 1 on
dit que P est un polynôme unitaire.

Proposition 1.2 P et Q étant deux polynômes non nuls de K[ X ].


1. Si degP 6=degQ on a P + Q 6= 0 et deg(P + Q ) = sup(degP ,degQ ) et si degP =degQ et si P + Q 6= 0 on a
deg(P + Q ) ≤ sup(degP ,degQ ).
2. Si P 6= 0 et Q 6= 0, deg(PQ ) =degP +degQ .

Démonstration : Soient P et Q deux polynômes non nuls posons :


P = a0 + a1 X + ... + a n X n , (a n 6= 0)

Q = b0 + b1 X + ... + b m X m , (b m 6= 0)

Si n 6= m, alors P + Q 6= 0 et deg(P + Q ) = sup(n, m)


Si n = m et si P + Q 6= 0 on a deg(P + Q ) ≤ sup(n, m) ( on aurait l’égalité si, et seulement si, a n + b m 6= 0 ).
Considérons maintenant le polynôme produit :
PQ = c0 + c1 X + ... + c p X p
P
la formule c i = a0 b i + a1 b k−1 + ... + a i b0 = a j b k montre que :
j + k= i

p > n + m =⇒ c p = 0, c n+m = a n b m 6= 0

donc deg(PQ ) =degP +degQ . u


t

Corollaire 1.1 L’ensemble des polynômes de K[ X ] de degré inférieure ou égale à n est un sous-espace
vectoriel de K[ X ], on le note Kn [ X ].

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Démonstration : C’est immédiate. u


t

Corollaire 1.2 L’anneau (K[ X ], +,.) est intègre.

Démonstration : En effet si P et Q sont polynômes tels que P 6= 0 et Q 6= 0, alors deg(PQ ) =degQ +degQ 6= −∞,
donc PQ 6= 0. u
t
Corollaire 1.3 Les éléments inversibles de l’anneau (K[ X ], +,.) sont les éléments inversibles de K, c’est-à-
dire K∗ .

Démonstration : Soient P et Q deux polynômes tels que PQ = 1, alors degP +degQ = 0, donc degP =degQ =0 ce
qui implique que P et Q sont des polynômes constans et inversibles, donc P et Q sont dans K∗ . u
t

1.4 Fonction polynôme d’une variable


Soient P = a0 + a1 X + ... + a n X n un élément de K[ X ] et x ∈K, à tout élément ( x, P ) nous pouvons faire correspondre
l’élément a0 + a1 x + ... + a n x n , que nous noterons Pe( x).
Définition 1.3 À tout polynôme P = a0 + a1 X + ... + a n X n de K[ X ], on fait correspondre une application Pe de K dans K
définie par :
∀ x ∈K, Pe( x) = a0 + a1 x + ... + a n x n
appelée fonction polynôme associée au polynôme P , on note leur ensemble P (K, K) qui a évidement une structure d’anneau.
On a le théorème suivant :
Proposition 1.3 L’application P −→ Pe de K[ X ] dans P (K, K) est un morphisme d’anneaux surjective.

Démonstration : ∀P,Q ∈ K[ X ] on a :
(P + Q )( X ) = P ( X ) + Q ( X ) et PQ ( X ) = P ( X )Q ( X )
donc
„
∀ x ∈K, P e ( x) et PQ
+ Q ( x) = Pe( x) + Q g ( x) = Pe( x)Q
e ( x)

L’application est surjective par construction. u


t

2 Dérivation dans K[ X ]. Formule de TAYLOR


2.1 Dérivation dans K[ X ]
kP
=n
Définition 2.1 Soit P = a k X k un polynôme , on appelle polynôme dérivé de P que l’on note DP = P 0 , le polynôme définie
k =0
par :
kX
=n
P0 = ka k X k−1
k =1
(0) (1) (2)
On note P = P , P 0
=P , P = P = (P ) et pour tout k ∈ N∗ , P ( k) = (P ( k−1) )0 .
00 0 0

Si n = 0, P 0 = 0.
Proposition 2.1
1. Pour tout polynôme P de K[ X ],
½
0 de g(P − 1) si de gP ≥ 1
de gP =
−∞ si de gP ≤ 0
2. Pour tout polynôme P de K[ X ], de gP ≤ n ⇐⇒ P (n+1) = 0.

Proposition 2.2 P et Q étant des polynômes à coefficients dans K et λ un réel :


1. (P + Q )0 = P 0 + Q 0 , (λP )0 = λP 0 et (PQ )0 = P 0 Q + PQ 0
2. L’application D : P −→ P 0 est un endomorphisme de l’espace vectoriel K[ X ].

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2.2 Formule de TAYLOR


Théorème 2.1 Pour tout polynôme P de K[ X ] de degré n et pour tout a ∈ K :

( X − a)n−1 ( n−1) ( X − a)n ( n)


P ( X ) = P (a) + ( X − a)P 0 (a) + ... + P (a) + P (a)
(n − 1)! (n)!

Démonstration : Soit l’application :

( X − a)n−1 ( n−1) ( X − a)n ( n)


ϕ : P −→ P ( a) + ( X − a) P 0 ( a) + ... + P (a) + P (a)
(n − 1)! (n)!

Il est clair que ϕ est linéaire, pour montrer que ϕ(P ) = P , il suffit de vérifier que ϕ( X i ) = X i pour tout entier 0 ≤ i ≤ n,
puisque chaque polynôme est une combinaison linéaire de ces derniers.
∀ i ∈N, on a :

X i ( X i )( p) ( a)
ϕ( X i ) = ( X − a) p
p =0 p!
i A a i− p p
X i
= ( X − a) p
p =0 p!
i
X
= { ip a i− p ( X − a) p = X i
p =0

d’où le résultat. u
t

3 Divisibilité dans l’anneau K[ X ]


3.1 Division euclidienne des polynômes
Théorème 3.1 A et B étant deux polynômes de K[ X ], B 6= 0, alors il existe un couple unique (Q, R ) ∈ K[ X ] ×
K[ X ] tel que

A = BQ + R et (R = 0 ou de gR < de gB)

Q et R sont appelés respectivement quotient et reste de la division euclidienne de A par B.

Démonstration : Soient A et B deux polynômes non nuls. Supposons par exemple A non divisible par B, donc
∀P ∈ K[ X ], A − BQ 6= 0.
Soit la partie de N, définie par :
E = {n ∈ N/n = de g( A − BP ), P ∈ K[ X ]}
E est une partie de N non vide de N ( A - B), soit l = min E et Q l’un des polynômes tel que deg( A − BQ ) = l , posons

A = a n X n + ... + a1 X + a0 , (a n 6= 0), B = b m X m + ... + b1 X + b0 , (b m 6= 0)

et
A − BQ = c l X l + ... + c1 X + c0 , ( c l 6= 0)

Montrons que : l < m, supposons l ≥ m, le polynôme


c l l −m
P =Q+ X
bm

est tel que


c
A − BP = ( c l −1 − b ml b m−1 ) X l −1 + ... + c00

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donc B − AP ne serait pas de degré minimum.


Montrons que Q est unique, supposons en effet qu’il existe des polynômes Q et Q 0 distincts, tels que
de g( A − BQ ) < de gB et de g( A − BQ 0 ) < de gB
donc
Q 6= Q 0 et de g[( A − BQ ) − ( A − BQ 0 )] = de g[B(Q − Q 0 )] < de gB

ce qui impossible, d’où le résultat on posant R = A − BQ . u


t

Définition 3.1 Soient P, A des polynômes de K[ X ], on dit que A divise P et on note A |P si, et seulement si, il existe
Q ∈ K[ X ] tel que P = AQ . On dit aussi que P est un multiple de A . On note, pour tout polynôme P , D (P ) l’ensemble des
diviseurs de P .

Remarques :
1. ∀ A ∈ K[ X ], A /0.
2. ∀P ∈ K[ X ], 0/P ⇐⇒ P = 0
3. La relation A |B est une relation binaire sur K[ X ], qui est reflexive et transitive, mais elle n’est pas antisy-
métrique. En effet si A |B et B| A alors il existe D et D 0 deux polynômes tels que A = BD et B = AD 0 , donc
A = ADD 0 ou encore A (DD 0 − 1) = 0, d’où :
½
A |B
⇐⇒ ∃λ ∈ K∗ : B = λ A
B| A
Dans ce cas, A et B sont dits associés.
4. Soit D un diviseur commun de A et B, il existe donc A 0 et B0 des polynômes tel que A = A 0 D et B = B0 D .
De la division euclidienne de A 0 par B0 ( B0 6= 0 ), on déduit :
A 0 = B0Q 0 + R 0 et (R 0 = 0 ou degR 0 <degB0
donc
A 0 D = B0 DQ 0 + R 0 D et deg R 0 D <deg B0 D =degB
d’où R = A − BQ = ( A 0 − B0Q 0 )D = R 0 D , donc D divise aussi R .

3.2 Divisibilité dans K[ X ]


3.2.1 Notion d’idéal
Définition 3.2 Soient ( A, +, ×) un anneau commutatif et I une partie de A . On dit que I est un idéal de A si, et seulement
si,
1. ( I, +) est sous-groupe de ( A, +).
2. ∀ x ∈ A , ∀ y ∈ I , x y ∈ I .

Proposition 3.1 Soit ( A, +,.) un anneau commutatif. Soient I et J deux idéaux de A . Alors I + J = { i + j/ i ∈
I, j ∈ J } est un idéal de A , c’est l’idéal engendré par I ∪ J . De même I ∩ J est un idéal de A .

Démonstration :
1. I + J est une partie non vide (0 ∈ I + J ). Soient x = i + j et x0 = i 0 + j0 deux éléments de I + J , alors x − x0 =
( i − i 0 ) + ( j − j0 ) ∈ I + J.
Soit a ∈ A et x = i + j ∈ I + J . Alors a( i + j) = ai + a j ∈ I + J.
Donc la somme de deux idéaux est un idéal.
2. Il est clair que I ∩ J est un sous-groupe de ( A, +), de plus si x ∈ I ∩ J et a ∈ A alors ax ∈ I ∩ J .
u
t

Généralisation : Ce résultat peut être généralisé à une famille finie I 1 , I 2 ,..., I n de idéaux de ( A, +,.) : I 1 + I 2 + ... +
n
S n
T
I n = { i 1 + i 2 + ... + i n / I j ∈ I j } est l’idéal engendré par I j . De même I j est un idéal de A .
j =1 j =1

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Remarque : Soit P ∈ K[ X ], alors (P ) = {PQ /Q ∈ K[ X ]} est un idéal de K[ X ]. On va montrer que ce sont les seuls
idéaux de K[ X ].
Proposition 3.2 Soit I un idéal de K[ X ] non nul, alors il existe un polynôme P0 non nul unitaire, unique de
degré minimal tel que I = {P0Q /Q ∈ K[ X ]}. On note I = (P0 ) = K[ X ]P0 .

Démonstration : Soit I 6= {0} un idéal de l’anneau K[ X ], il existe dans I des polynômes non nuls, l’ensemble de
leurs degrés admet un plus petit élément n, soit P0 ∈ I de degré n, quitte à diviser par son coefficient de monôme
de haut degré on peut supposer P0 unitaire.
Soit P ∈ I , effectuons la division euclidienne de P par P0
P = QP0 + R , (R = 0 ou degR <degP0 )

or R = P − QP0 appartient à I donc, P0 étant de degré minimum dans I , il est impossible que degR <degP0 ), donc
R = 0 et P = QP0 , donc I = (P0 ). u
t

Remarque : Si I 6= {0} tel que I = (P ) = (Q ), alors il existe des polynômes A et B tels que P = AQ et Q = BP , donc
P = ABP , alors il existe λ 6= 0 tel que Q = λP .

3.2.2 Plus grand commun diviseur de deux polynômes


Définition 3.3 Soient A et B deux polynômes . Alors il existe un unique polynôme unitaire D tel que K[ X ] A + K[ X ]B =
K[ X ] D .
On dit que D est le pgcd de A et de B. On le note D = pgcd ( A, B) ou D = A ∧ B.

Remarques :
1. D’après la définition il existe des polynômes U et V tels que A ∧ B = U A + V B et tout élément de la forme
P A + QB (P,Q ∈ K[ X ]) est un multiple de A ∧ B.
2. Les polynômes A et B sont premiers entre eux si, et seulement si, A ∧ B = 1.
D’après la définition et les propriétés précédentes on déduit facilement le théorème suivant :

Théorème 3.2 Étant donné deux polynômes A et B, les propriétés suivantes sont équivalentes :
1. A et B sont premiers entre eux.
2. il existe des polynômes U et V tels que
AU + BV = 1 ( égalité de B EZOUT )
3. pour tout polynôme R , il existe des polynômes P et Q tels que AP + BQ = R .

Remarque : Les couples (U,V ) et (P,Q ) ne sont pas uniques ( cf. TD ).

Théorème 3.3 Ètant donnés trois polynômes A, B et C , on a :


( A ∧ B = 1 et A |BC =⇒ A |C ) ( Théorème de G AUSS )

Démonstration : Supposons A ∧ B = 1 et A |BC . D’après l’identité de B EZOUT, il existe deux polynômes U et V


tels que AU + BV = 1, ce qui implique ACU + BCV = C . On alors A | ACU + BCV = C . u
t
On peut préciser l’égalité de B EZOUT pour deux polynômes A et B premiers entre [Link] il existe deux poly-
nômes U et V tels que 1 = U A + V B. Effectuons la division euclidienne de U par B et de V par A :
U = BU1 + U0 , avec U0 = 0 ou degU0 <degB

V = AV1 + V0 , avec V0 = 0 ou degV0 <deg A

d’où
PU0 + BV0 + AB(U1 + V1 ) = 1 (1)

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C HAPITRE 16 P OLYNÔMES ET FRACTIONS

si U0 (resp. V0 ) est nul, B divise U donc 1 = AU + BV et degB = 0 ( resp. deg A = 0 ), nous supposerons A et B de
degré strictement positif, donc U0 et V0 sont non nuls.
Nous avons alors deg( AU0 +BV0 ) <deg( A +degB), donc si U1 +V1 6= 0, l’égalité (1) est impossible car deg[ AB(U1+V1 )]
serait strictement supérieure à deg A +degB. Donc U1 + V1 = 0.
Montrons que le couple (U0 ,V0 ) est unique ; soit deux couples (U0 ,V0 ) et (U2 ,V2 ) vérifiant
degU0 <degB et degV0 <deg A

degU2 <degB et degV2 <deg A

donc
PU0 + BV0 = PU2 + BV2 = 1 =⇒ A (U0 − U2 ) = B(V2 − V0 )

A étant premier avec B donc divise V2 − V0 d’après le théorème de G AUSS. Or deg A >deg(V2 − V0 ), donc V2 − V0 = 0
et U2 = U0 d’où le résultat suivant :

Proposition 3.3 A et B étant deux polynômes premiers entre eux, de degré non nul il existe un couple
unique (U0 ,V0 ) de polynômes vérifiant :
AU0 + BV0 = 1, (degU0 <degB, degV0 <deg A ).

3.2.3 Algorithme d’E UCLIDE pour la recherche du A ∧ B


Proposition 3.4 Soit R le reste de la division euclidienne de A par B ( A et B des polynômes non nuls ).
Alors pgcd ( A, B) = pgcd (B, R )

Démonstration : En effet soit D un diviseur commun de A et B, alors D divise aussi R , de même si D divise R et
B il divise B, donc A ∧ B = B ∧ D . u
t
Soient A et B deux polynômes non nuls. Effectuons les divisions euclidiennes ( on supposera b > 0 )

A = BQ 0 + R0 et degR0 <degB

B = R0 Q 1 + R1 et degR1 <degR0

R0 = R1 Q 2 + R2 et degR2 <degR1

R n −1 = R n Q n +1 + R n +1 et degR n+1 <degR n

On forme ainsi une suite de gB > de gR1 > de gR2 > de gR3 > ... > de gR n−1 > de gR n > ... ≥ 0 strictement décroissante
d’entiers, on arrive forcément à un premier reste R n+1 = 0. D’après le théorème

pgcd ( A, B) = pgcd (B, R1 ) = ... = pgcd (R n−1 , R n ) = R n

Ainsi R ∧ B est le dernier reste non nul dans cette succession de divisions.

Exemple : Soient A = X 6 + X 5 + X 4 + X 3 + X 2 + X + 1 et B = X 3 + X 2 + X + 1 de R[ X ]. A ∧ B = X 2 + 1.

3.2.4 Plus grand commun diviseur d’une famille finie d’éléments de K[ X ]


Théorème et définition 3.1 Étant donné une famille finie de polynômes non nuls P1 , P2 ,..., P n . Alors il existe
un unique polynôme D unitaire tel que
K[ X ]P1 + K[ X ]P2 + ... + K[ X ]P2 = K[ X ]D .

On dit que D est le pgcd de P1 , P2 ,..., P n . On le note D = pgcd (D 1 , D 2 ,..., D n ) ou D = P1 ∧ P2 ∧ ... ∧ P n .

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Démonstration : En effet, I = K[ X ]P1 + K[ X ]P2 + ... + K[ X ]P n est un idéal de (K[ X ], +,.), donc il existe un unique
polynôme unitaire D tel que I = K[ X ]D . u
t
D’après la définition ci-dessus et la définition 2.3, on déduit le théorème suivant :

Théorème 3.4 Étant donné des polynômes non nuls P1 , P2 ,..., P n , les propriétés suivantes sont équiva-
lentes :
1. P1 , P2 ,..., P n sont premiers entre eux dans leur ensemble.
2. il existe des polynômes U1 ,U2 ,...,Un tels que
P1U1 + P2U2 + ... + P n Un = 1 ( égalité de B EZOUT )
3. pour tout polynôme R , il existe des polynôme Q 1 ,Q 2 ,...,Q n tels que P1 Q 1 + P2 Q 2 + ... + P n Q n = R .

3.2.5 Plus petit commun multiple de deux ou plusieurs polynômes


Théorème et définition 3.2 Soient A , B deux polynômes de K[ X ]. Il existe un unique polynôme M unitaire
de degré minimal tel que K[ X ] A ∩ K[ X ]B = K[ X ] M . Le polynôme M s’appelle le plus petit commun multiple
de A et de B. On le note M = ppcm( A, B), ou M = A ∨ B.

Démonstration : En effet, K[ X ] A ∩ K[ X ]B est un idéal de (K[ X ], +,.), donc de la forme K[ X ] M . u


t

Remarque : Soient A et B deux polynômes et M = A ∨ B. D’une part M est un multiple de A et de B. D’autre part
tout multiple de A et de B est un multiple de M . Donc M est le polynôme de plus bas degré multiple commun de
A et de B, ces propriétés caractérisent entièrement le polynôme M = A ∨ B.

Corollaire 3.1 Si A et B sont deux polynômes premiers entre eux, alors A ∨ B et AB sont associés.

Démonstration : Il est clair que les multiples de AB sont des multiples communs de A et de B.
Réciproquement, supposons A |P et B|P ; il existe un polynôme tel que P = QB. Comme A divise P et qu’il est
premier avec B, on en déduit que A divise Q ( d’après G AUSS ), soit donc le polynôme R tel que Q = AR , ce qui
implique P = ABR .
Les multiples communs de A et B sont donc les multiples de AB. u
t

Corollaire 3.2 Si A et B sont deux polynômes , alors les polynômes


AB et ( A ∧ B)( A ∨ B)

sont associés.

Démonstration : Le résultat étant évidente si AB = 0, supposons A et B non nuls et unitaires quitte à les diviser
par leurs coefficients dominants.
Soient D = A ∧ B et A 1 , B1 tels que A = D A 1 , B = DB1 et A 1 ∧ B1 = 1. Comme A 1 et B1 sont premiers entre eux, on a
A 1 ∨ B1 = A 1 B1 . Alors

A ∨ B = D ( A1 ∨ B1 ) = D A1 B1

et par conséquent ( A ∧ B)( A ∨ B) = AB. u


t
De manière analogue, on peut généraliser la notion de ppcm à une famille finie de polynômes : on a le résultat
suivant :

Théorème et définition 3.3 Étant donné des polynômes P1 , P2 ,..., P n non nuls, il existe un unique polynôme
M unitaire dans tel que

K[ X ]P1 ∩ K[ X ]P2 ∩ ... ∩ K[ X ]P n = K[ X ] M

L’entier M s’appelle le plus petit commun multiple de P1 , P2 ,..., P n . On le note M = ppcm(P1 , P2 ,..., P n ), ou
M = P1 ∨ P2 ∨ ... ∨ P n .

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4 Racines d’un polynôme de K[ X ]


4.1 Racines
Définition 4.1 Soit P un polynôme à coefficients dans K et a ∈K, on dit que a est une racine de P si, et seulement si,
P (a) = 0.

Exemples :
p
1. 2 est une racine de X 2 − 2 dans R[ X ].
2. i est une racine de X 2 + 1 dans C[ X ].

Théorème 4.1 a ∈K est racine de P si, et seulement si, P est divisible par X − a.

Démonstration : La division euclidienne de P par X − a donne :


P ( X ) = ( X − a)Q ( X ) + R ( X ) (R = 0 ou de gR = 0)

donc R ∈K et P (a) = R ( X ) et par conséquent P (a) = 0 si, et seulement si, R ( X ) = 0, d’où le résultat. u
t

Exemple : Soit P = X 2 n − 2 X + 1, n ∈ N∗ . On a P (1) = 0, donc X − 1 divise P

Exercice : Calculer le polynôme Q , le quotient de la division de P = X 2 n − 2 X + 1 par X − 1.

Définition 4.2 Deux polynômes A et B sont premiers entre eux s’ils n’ont pour diviseurs communs que les polynômes de
degré 0.

Remarquons que tout polynôme P divisant 0 (0P = 0), donc deux polynômes sont premiers sont non nuls.

Définition 4.3 Les polynômes P1 , P2 ,..., P n sont premiers entre eux dans leur ensemble s’ils n’ont pour diviseurs communs
que les polynômes de degré 0.

4.2 Factorisation d’un polynôme ( K = R ou C)


4.2.1 L’ordre de multiplicité d’une racine
Théorème et définition 4.1 Soit P ∈ k[X], α ∈ k et k ∈ N∗ . Les assertions suivantes sont équivalentes :
1. Il existe un polynôme Q tel que P = ( X − α)k Q ( X ) et Q (α) 6= 0
2. ( X − α)k divise P et ( X − α)k+1 ne divise pas P .
Dans ce cas où les assertions sont vraies, on dit que α est une racine d’ordre k ou k est l’ordre de multi-
plicité de la racine α.

Démonstration : 1) =⇒ 2) Il existe un polynôme S tel que :

Q = ( X − α)S + Q (α)

donc
Q ( X − α)k = ( X − α)k+1 S + Q (α)( X − α)k
et

P = ( X − α)k+1 S + Q (α)( X − α)k


= ( X − α)k [( X − α)S + Q (α)]

il est clair que ( X − α)k+1 ne divise pas P .

2) =⇒ 1) Soit Q tel que P = ( X − α)k Q. Puisque ( X − α)k+1 ne divise pas P , X − α ne divise pas Q , donc Q (α) 6= 0. u
t

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Exemples : • P = aX 2 + bX + c ( a, b, c ∈ C, a 6= 0). P admet une racine double ( d’ordre 2 ) si et seulement si


b2 − 4ac = 0.
• Les racines de X 2 + X + 1 sont toutes simples, c’est-à-dire d’ordre 1.
• P = X 3 + X 2 − 5 X + 3. La racine 1 est d’ordre 2 et la racine −3 est simple.

Proposition 4.1 Soit P ∈ k[X], α ∈ k et k ∈ N∗ . Pour que α soit une racine de P, d’ordre k, il faut et il suffit
que :
P (α) = P 0 (α) = ... = P ( k−1) (α) = 0 et P ( k) (α) 6= 0

Démonstration : Soit P un polynôme de degré n. D’après la formule de TAYLOR :

P 0 (α) P ( k) (α) P ( n) (α)


P(X ) = P (α) + ( X − α) + ... + ( X − α)k + ... + ( X − α)n
1! k! n!
P ( k) (α) P ( n) (α) P 0 (α)
= ( X − α)k [ + ... + ( X − α)n− k ] + [P (α) + ( X − α) + ...
k! n! 1!
P ( k−1) (α)
+( X − α)k−1 ]
(k − 1)!
= ( X − α)k Q ( X ) + R ( X )

avec
(k ) (n)
Q ( X ) = [ P k!(α) + ... + ( X − α)n− k P n!(α) ]

et
0 (k−1)
R ( X ) = [P (α) + ( X − α) P 1!(α) + ... + ( X − α)k−1 P( k−1)!
( α)
]

donc ( X − α)k divise P et ( X − α)k+1 ne divise pas P si et seulement si R = 0 et Q (α) 6= 0 c’est-à-dire si et seulement si P (α) =
P 0 (α) = ... = P ( k−1) (α) = 0 et P ( k) (α) 6= 0 u
t

Exemple : Soit P = X 4 − 5 X 3 + 6 X 2 + 4 X − 8. P (2) = P 0 (2) = P 00 (2) = 0 et P (3) (2) 6= 0, donc 2 est une racine d’ordre 3.
E XERCICE : Trouver la relation entre p et q de C pour que le polynôme X 3 + pX + q ait une racine double α. Quelle est alors
cette racine double ?
On en déduit facilement le corollaire suivant :

Exemple : Soit P = X 4 − 5 X 3 + 6 X 2 + 4 X − 8. P (2) = P 0 (2) = P 00 (2) = 0 et P (3) (2) 6= 0, donc 2 est une racine d’ordre 3.
E XERCICE : Trouver la relation entre p et q de C pour que le polynôme X 3 + pX + q ait une racine double α. Quelle est alors
cette racine double ?
On en déduit facilement le corollaire suivant :

Corollaire 4.1 Tout polynôme à coefficients dans k, de degré n, admet au plus n racines.

Proposition 4.2 Soient P et Q deux polynômes de k[X], de degrés n, s’ils prennent les mêmes valeurs en n + 1 points ;
deux à deux distincts de k alors P = Q.

Démonstration : On pose R = P − Q . R est un polynôme de degré au plus n et admet n + 1 racines distinctes, donc R ne peut
être que le polynôme nul. u
t

f0 est isomorphisme d’anneau de K [ X ] dans P (K, K).


Corollaire 4.2 Si K est infini, l’application P −→ P

Démonstration : On sait que l’application est morphisme surjective, montrons qu’elle est injective. En effet Pe = 0, alors
∀ x ∈ K, P ( x ) = 0
Donc le polynôme admet une infinité de racines, donc P = 0. u
t

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4.2.2 Factorisation d’un polynôme é coefficients complexe


Théorème 4.2 ( Théorème de D’A LEMBERT-G AUSS 1 ) (admis) Tout polynôme, à coefficients complexes, admis une
racine dans C, on dit que le corps C est algébriquement clos.

Proposition 4.3 (Décomposition dans C[ X ]) Soit P ∈ C[X] de degré n, n ∈ N∗ . Alors il existe des scalaires α0 , α1 ,..., αr
distincts, des entiers k 0 , k 1 ,..., k r et a ∈ C∗ tels que :

P = a( X − α0 )k 0 ( X − α1 )k 1 ...( X − αr )k r .

Démonstration : Soit P = aX + b un polynôme de degré 1, alors P = a( X − α), avec α = −ab , donc la propriété est vrai pour les
polynômes de degré 1.
Supposons maintenant le résultat vrai pour tous les polynômes de degrés 1, 2,..., n et montrons le pour les polynômes de degré
n + 1. Soit P un polynôme de degré n + 1, d’après le théorème de D’ ALEMBERT , P admet une racine α0 d’ordre k 0 , donc il existe
un polynôme Q tel que :

P = ( x − α0 )k 0 Q, deg Q ≤ n
d’après l’hypothése de recurrence, il existe des scalaires α1 , α2 ,..., αr et des entiers k 1 , k 2 ,.., k r tels que :

Q = a( X − α1 )k 1 ( X − α2 )k 2 ...( X − αr )k r
donc
P = a( X − α0 )k 0 ( X − α1 )k 1 ( X − α2 )k 2 ...( X − αr )k r
d’où le résultat. u
t

Remarque : On a :
deg P = k 0 + k 1 + k 2 + ... + k r = n

4.2.3 Factorisation d’un polynôme à coefficients réels


Lemme 4.1 Soit P un polynôme à coefficients réels, si z est une racine de P , alors z̄ est aussi une racine de P .

Démonstration : Soit P = a n x n + a n−1 x n−1 + ... + a1 x + a0 à coefficients réels.


On a, ∀ z ∈ C :

P ( z) = 0 ⇐⇒ P ( z) = 0
⇐⇒ a n z n + a n−1 z n−1 + ... + a 1 z + a 0 = 0
⇐⇒ a n z n + a n−1 z n−1 + ... + a 1 z + a 0
⇐⇒ P ( z) = 0

u
t

Remarque : z et z ont le même ordre de multiplicité.

Théorème 4.3 ( Décomposition dans R[X] ) Tout polynôme à coefficients r2els, de degré n, n ∈ N∗ se décompose d’une
manière unique sous la forme :
iY
=r jY
=p
P =a ( x − α i )k i ( x2 + β j x + γ j ) l j , a ∈ R
i =1 j =1

avec les α i les racines réelles distinctes de P , les β j , γ j des réels tels que β2j − 4γ j < 0, et les k i , l j des entiers

1. Jean le Rond d’Alembert (1717-1783), philosophe, écrivain et mathématicien français.

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Démonstration : Soit P ∈ R[ X ], P se décompose, dans C[ X ], d’une manière unique sous la forme :


iY
=r jY
=p jY
=p
P =a ( x − α i )k i ( x − a j )l j ( x − ā j )l j
i =1 j =1 j =1
( les α i désignent les racines réelles de P et a j , ā j les racines complexes de P )

iY
=r jY
=p ¯ ¯2
P = a ( x − α i )k i ( x2 − 2Re (a j ) x + ¯a j ¯ )l j
i =1 j =1
iY
=r jY
=p
= a ( x − α i )k i ( x2 + β j x + γ j ) l j
i =1 j =1

avec ¯ ¯2
∀ j = 1, 2,..., p β j = 2Re (a j ), γ j = ¯a j ¯ , β2j − 4γ j < 0 u
t

Remarques :
1. On peut avoir r = 0 ou p = 0.
2. deg P = k 1 + k 2 + ... + k r + 2(l 1 + l 2 + ... + l p ) = n

Exemples : Pour tout entier naturel non nul p, on a :


pQ
−1
1. X 2 p − 1 = ( X − 1)( X + 1) ( X 2 − 2 cos kpπ X + 1).
k =0
pQ
−1
2. X 2 p+1 − 1 = ( X − 1) ( X 2 − 2 cos 22pk+π1 X + 1).
k =0

4.3 Relations entre les coefficients et les racines dans un polynôme


Soit P = a n X n + a n−1 X n−1 + ... + a1 X + a0 un polynôme de K[ X ], avec a n 6= 0. Supposons que P s’écrit sous la forme :

P = a n ( X − x1 )( X − x2 )...( X − x n )
= a n ( X n − σ1 X n−1 + σ2 X n−2 + ... + (−1) p σ p X n− p + ... + (−1)n σ)

avec X
σp = x i 1 x i 2 ...x i p
i 1 < i 2 <...< i p

en particulier :

n
X
σ1 = x i = x1 + x2 + ... + x n
i =1
X
σ2 = x i x j = x1 x2 + x1 x3 + ... + x n−1 x n
i< j
Yn
σn = x i = x1 x2 ...x n
i =1

Définition 4.4 Les σ i sont appelées fonctions symétriques élémentaires des racines du polynôme P .

Les fonctions symétriques élémentaires des racines du polynôme P s’expriment en fonction des coefficients du polynôme :
a n −1 a n −2 a n− p a0
σ1 = − , σ2 = ,..., σ p = (−1) p ,..., σ n = (−1)n
an an an an

Cas particuliers : Relations entre les coefficients et les racines dans les polynômes de degrés 2 et 3.

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[Link]ôme de degrés 2 : Soit P = aX 2 + bX + c un polynôme de degré 2 (a 6= 0). x1 et x2 ces deux racines.


On pose s = x1 + x2 et p = x1 x2 .
On a d’autre part :

P = a( X − x1 )( X − x2 )
= aX 2 − a( x1 + x2 ) X + ax1 x2
= aX 2 − asX + a p

D’où : s = −b et p = ac .
a

Application : Résoudre dans R2 , les systèmes d’équations :


( ½ ½
1 + 1 =5
x y x y2 + yx2 = 17710 x2 + y2 = 10
(1) (2) (3)
6x y = 1 x y = 385 x+ y− xy = 5

[Link]ômes de degrés 3 : Soit P = aX 3 + bX 2 + cX + d un polynôme de degré 3 (a 6= 0). x1 , x2 , x2 ces trois racines, distinctes
ou non.
Posons :

s = x1 + x2 + x3
p = x1 x2 + x1 x3 + x2 x3
q = x1 x2 x3

P = a( X − x1 )( X − x2 )( X − x2 )
= aX 3 − a( x1 + x2 + x3 ) X 2 + a( x1 x2 + x1 x3 + x2 x3 ) X − a( x1 x2 x3 )
= aX 3 + bX 2 + cX + d

donc

s = −ab , p = ac , q = −ad

Application : Résoudre donc C3 , le système suivant :



 x+ y+ z = 0
x y + xz + yz = 0

x yz = 1
x, y, z sont les racines de l’équation : t3 − 1 = 0, d’où :

S = {(1, j, j̄ ), (1, j̄, j ), ( j, j̄, 1), ( j̄, j, 1), ( j, 1, j¯), ( j̄, 1, j )}

avec
p
j = − 12 + i 23 .

Exercice résolu :
1. Résoudre dans R l’équation : cos3 x = 21
En exprimant cos3 x en fonction de X = cos x, en déduire que les nombres
7π 13π
X 1 = cos π
9 , X 2 = cos 9 , X 3 = cos 9

sont des solutions de l’équation : 8 X 3 − 6 X − 1 = 0 et que, pour tout X réel, on a :


(3) 8 X 3 − 6 X − 1 = 8( X − X 1 )( X − X 2 )( X − X 3 )
2. Al’aide de l’égalité (3) et en développant le deuxième membre, déduire les valeurs numériques de :
A = cos π 7π 13π
9 + cos 9 + cos 9

B = cos π
9 cos 9 + cos 79π cos 139π + cos 139π cos π
9
C = cos π 7π 13π
9 cos 9 cos 9

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Solution :

1 π π 2π
1. cos3 x = 2 ⇐⇒ 3 x = ± 3 + 2 kπ, k ∈ Z ⇐⇒ x = ± 9 + 3 k, k ∈ Z

cos3 x = cos2 x cos x − sin 2 x sin x


= (2 cos2 x − 1)cos x − 2 sin2 x cos x
= (2 cos2 x − 1)cos x − 2(1 − cos2 x)cos x
= 4 cos3 x − cos x

Posons X = cos x
(∀ x ∈ R), cos3 x = 21 ⇐⇒ 4 cos3 x − cos x = 21 ⇐⇒ 8 X 3 − 6 X − 1 = 0

donc x est une racine de (1) si et seulement si X est une racine de (2)
d’où les racines de (2)
7π 13π
X 1 = cos π
9 ( k = 0), X 2 = cos 9 ( k = 1), X 3 = cos 9 ( k = 2)

ceci entraîne :
(3) 8 X 3 − 6 X − 1 = 8( X − X 1 )( X − X 2 )( X − X 3 )

2. Par identification des coefficients dans l’égalité (3) on trouve :


A = 0, B = − 43 et C = 81 .

5 Décomposition d’un polynôme


5.1 Polynômes irréductibles dans K[ X ]
Définition 5.1 Un polynôme P de K[ X ] est dit scindé sur K si, et seulement si, s’il existe λ ∈K∗ , n ∈N, a1 , a2 ,..., a n ∈K tels que
n
Y
P =λ (X − a i )
i =1

D’après le théorème de D’A LEMBERT-G AUSS, on a :

Proposition 5.1 Tout polynôme à coefficients dans C est scindé.

Rm Ce résultat est faux dans R[ X ], par exemple le polynôme X 2 + 1 n’est pas scindé sur R. Cependant, tout polynôme à coeffi-
cients réels est aussi à coefficients complexes et par suite scindé dans C.

Définition 5.2 P est un polynôme irréductible de K[ X ] s’il n’est pas inversible (c’est-à-dire de gP > 0) et s’il n’est pas divisible que par λ
et λP. (λ élément quelconque de K∗ ).

Rms
1. Le polynôme zéro étant divisible par n’importe quel polynôme : un polynôme irréductible est donc toujours non nul.
2. Un polynôme du 1 er degré est toujours irréductible.

Exemples :
1. X 2 − 2 et X 2 + 1 sont irréductibles dans Q[ X ], sont réductibles respectivement dans R[ X ] et C[ X ].
2. Les polynômes irréductibles de C sont les polynômes de degré 1, les polynômes irréductibles de R sont les polynômes
de degré 1 et les polynômes de degré 2 dont le discriminant est strictement négatif.
Rm Tout polynôme ayant une racine dans K n’est pas irréductible ; la réciproque est fausse : le polynôme ( X 2 + 1)2 est réductible
sur R et n’admet pas de racines dans R.

5.2 Décomposition d’un polynôme en facteurs irréductibles


Théorème 5.1 Tout polynôme non constant de K[ X ] est le produit d’un scalaire par un produit de polynômes irréduc-
tibles unitaires de K[ X ]. de plus cette décomposition est unique à l’ordre près des facteurs.

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C HAPITRE 16 P OLYNÔMES ET FRACTIONS

Démonstration : Soit P un polynôme non constant de degré inférieure ou égal à n. Démontrons le résultat par récurrence
sur n.
Le résultat est évidente pour les polynômes de degrés 1 : sont de la forme aX + b, donc sont irréductibles.
Supposons le résultat est vrai pour tout les polynômes de degrés n. Soit P un polynôme de degré n + 1.
1. Si P est irréductible, alors c’est le produit d’un seul polynôme irréductible.
2. Sinon, il existe deux polynômes tels P = QR , les polynômes Q et R sont de degrés strictement inférieure à n + 1, donc
on peut appliquer l’hypothèse de récurrence à Q et R , ce qui permet d’obtenir une décomposition de P en produit des
polynômes irréductibles, en mettant en facteur les coefficients dominants de chaque polynôme irréductible.
Montrons qu’une telle décomposition est unique, soit

P = uP1 P2 ...P n = vQ 1 Q 2 ...Q m

avec les P i et les Q i des polynômes irréductibles et unitaires, le coefficient dominant de P étant unique, donc u = v. P1 divise
l’un des facteurs de Q 1 Q 2 ...Q m , soit par exemple Q 1 ( pou simplifier), mais Q 1 est irréductibles donc P1 = Q 1 , on simplifie donc
par P1 ; en réitérant ce raisonnement un nombre fini de fois on arrive à épuiser tous les facteurs de l’un des membres, d’où :
R1 , R2 ,..., R l étant les facteurs irréductibles restants :

R1 R2 ...R l = 1

ceci est impossible car les R i sont de degrés supérieurs ou égaux à 1, donc en épuise en même temps les facteurs de deux
membres.
En regroupant les facteurs égaux dans la décomposition précédente on obtient le résultats souhaité :

Exemple : La décomposition du polynôme X 6 − 1 en facteurs irréductibles dans R[ X ] est

X 6 − 1 = ( X 3 − 1)( X 3 + 1) = ( X − 1)( X 2 + X + 1)( X + 1)( X 2 − X + 1)

Application 1. Les diviseurs d’un polynôme P ayant la décomposition P = uP1k1 P2k2 ...P nk m sont tous de la forme :
h h h
D = vP1 1 P2 2 ...P mm v ∈ K∗ 0 ≤ hi ≤ ki

Application 2. Désignons par P1 , P2 ,..., P n l’ensemble des facteurs irréductibles unitaires deux à deux distincts de P et de
Q , on peut écrire :

k k k
P = uP1 1 P2 2 ...P n n , k i ≥ 0

l l l
Q = vP11 P22 ...P nn , l i ≥ 0

On obtient :
iY
=n
min( k i ,l i )
P ∧Q = Pi
i =1
et
iY
=n
max( k i ,l i )
P ∨Q = Pi
i =1
Dans ce chapitre K est un corps commutatif. Dans la plupart des cas usuels K sera le corps des nombres réels ou le corps des
nombres complexes. On rappelle que l’anneau K[ X ] est un anneau intègre.

6 Fractions rationnelles et fonctions rationnelles


6.1 Corps des fractions d’un anneau ( Rappel )
Soit A un anneau, cherchons un corps K tel que A soit un sous-anneau de K. D’autre part A , sous-anneau de K, devra être
dépourvu de diviseurs de zéro. Nous allons voir une construction générale qui permet de construire un corps à partir d’un
anneau.
Soit ( A, +, ×) un anneau intègre. Sur l’ensemble A × A ∗ , on définit une relation par :

∀((a, b), (a0 , b0 )) ∈ A × A ∗ , (a, b)R (a0 , b0 ) ⇐⇒ a × b0 = a0 × b

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C HAPITRE 16 P OLYNÔMES ET FRACTIONS

On vérifie que R est une relation d’équivalence sur A × A ∗ . On note K l’ensemble des classes d’équivalences de cette relation.
Un élément k ∈K est donc la classe d’un couple (a, b) ∈ A × A ∗ , et on note cette classe
a
k=
b

Sur l’ensemble K, on définit deux lois notées (+) et (×). Soient k = cl (a, b) et k0 = cl (a0 , b0 ) ∈K deux classes d’équivalences de
représentants (a, b) et (a0 , b). On note :
0 0 0
k + k0 = cl (a × b0 + b × a0 , b × b0 ) tel que ab + ab0 = a× bb×+bb0×a

0
×a0
k × k0 = cl (a × a0 , b × b0 ) tel que ab × ab0 = ab× b0

et on vérifie que ces classes sont indépendantes des représentants (a, b) ∈ k et (a0 , b0 ) ∈ k0 choisis.
On montre aussi que (K, +, ×) est un corps commutatif, appelé corps des fractions de l’anneau ( A, +, ×). De plus en peut prolon-
ger l’anneau A dans le corps K, à l’aide de l’injection :

φ: A −→ K
a −→ cl (a, 1)

Théorème 6.1 Soient ( A, +, ×) un anneau intègre. Il existe un corps (K, +, ×) unique à un isomorphisme près, tel que A
est un sous-anneau de K et tel que
K = {ab−1 / a, b ∈ A, b 6= 0}
On dit que K est le corps des fractions de la’anneau intègre A .

Exemple : Le corps (Q, +, ×) c’est le corps de fractions de l’anneau intègre (Z, +, ×).

6.2 Corps des fractions rationnelles


Définition 6.1 On appelle fraction rationnelle à une indéterminée X tout élément du corps des fractions de l’anneau intègre K[ X ]. Ce
corps est noté K( X ).

Soit F une fraction rationnelle, en fait F est une classe d’équivalence, soient (U,V ) et (U 0 ,V 0 ) deux représentants de F , (U,U 0 ,V ,V 0
des polynômes avec V 6= 0,V 0 6= 0), nous aurons
U U0
= 0 ⇐⇒ UV 0 = U 0 V
V V
Donc c’est par abus de notations que nous écrivons : F = U
V.
Tout polynôme P peut être considéré comme le représentant d’un élément de K( X ), il suffit de poser P = P et nous avons déjà
1
vu que K peut être considéré comme partie de K[ X ], donc

K ⊂ K[ X ] ⊂ K( X )

Les coefficients de U et V sont encore appelés coefficients de F .


Si U et V sont premiers entre eux, nous dirons que la fraction UV est irréductible.

Proposition 6.1 Tout fraction rationnelle de K( X ) admet pour représentant une fraction irréductible à dénominateur
unitaire et ceci d’une manière unique.

Démonstration : Soient (U,V ) et (U 0 ,V 0 ) deux représentants irréductibles de F (U,U 0 ,V ,V 0 des polynômes avec V 6= 0,V 0 6= 0
et V et V 0 unitaires). la relation
UV 0 = U 0 V
entraîne U divise U 0 et V divise V0 ( théorème de G AUSS ), il existe donc λ ∈ K∗ tel que V 0 = λV et λ = 1, donc U 0 = U et V 0 = V .
u
t

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C HAPITRE 16 P OLYNÔMES ET FRACTIONS

6.3 Fonction rationnelle d’une variable


U1
Soit F une fraction rationnelle et x un élément de K, s’il existe un représentant de F , soit V1 , vérifiant V1 ( x) 6= 0 : On dit que x
U2
est substituable dans F . Si V2 est un autre représentant de F tel que V2 ( x) 6= 0, on aura :

U2 ( x ) U1 ( x )
=
V2 ( x) V1 ( x)

cette valeur commune sera appelée valeur de F en x, substituable dans F , on la note F ( x)


Rm Si x est substituable dans F , n’entraîne pas que pour tout représentant U
V de f , on ait V ( x) 6= 0 ; par exemple 1 est substituable
dans F = UV avec U = 1
2 ( X 2 − 1) X et V = − X − 2 X + 3, car

1 1
( X 2 − 1) X ( X + 1) X −1
F= 2 = 2 =⇒ F (1) =
2
−X − 2X + 3 − X − 3 4
alors que V (1) = 0.

U
Définition 6.2 Soit F une fraction rationnelle non nulle de forme irréductible V.
1. On appelle racine de F toute racine de U .
2. On appelle pôle de F toute racine de V .
3. Si a est une racine ( [Link] )de F , l’ordre de multiplicité de a est l’ordre de multiplicité de a en tant que racine de U ( resp. V ).

Soient F et G deux fractions rationnelles données, désignons par S F et SG l’ensemble des valeurs de K substituables respecti-
vement dans F et G , on aura :

(1) ∀ x ∈ S F (λF )( x) = λF ( x) ∀λ ∈K.

(2) ∀ x ∈ S F ∩ SG (F + G )( x) = F ( x) + G ( x) et (FG )( x) = F ( x)G ( x).

Donc pour x fixé, les formules (2) montrent que l’ensemble des fractions pour lesquelles x est substituable est sous-anneau A x
de K( X ).
U ( x) V ( x)
De plus si x est substituable dans F = U
V (V ( x) 6= 0), vérifie F ( x) 6= 0, alors U ( x) 6= 0 et V ( x) a pour inverse U ( x) on voit donc que

(3) ( x ∈ S F , F ( x) 6= 0) =⇒ F1 ( x) = F1( x)

on voit facilement que si F décrit A x , F ( x) décrit un corps.


A toute fraction rationnelle F on peut associer une application Fe de S F dans K définie par :

(∀ x ∈ S F ) Fe ( x) = F ( x)

Fe est appelée fonction rationnelle associé à F , elle est définie sur S F .


Les relations (1) (2) et (3) montrent que

(4) ∀ x ∈ S F (λf
F )( x) = λFe( x) ∀λ ∈K.

(5) „
∀ x ∈ S F ∩ SG ( F e( x) et (FG
+ G )( x) = Fe ( x) + G g )( x) = Fe( x)G
e ( x).

Enfin si F 6= 0 et si S 0F est la partie de S F telle que F ( x) 6= 0

e
(6) ( x ∈ S 0F ) =⇒ F1 ( x) = e1
F ( x)

Théorème 6.2 Si K est infini l’application F −→ Fe est bijective.

Démonstration : Soit U
V un représentant de F ,

[( x ∈ S F ), Fe( x) = U ( x)
V ( x) = 0] =⇒ [U ( x) = 0 et V ( x) 6= 0]

or V a un nombre fini de racines, donc quel que soit le degré n de U , il y aura dans S F une infinité de valeurs de x, donc au
moins n + 1, telle que U ( x) = 0, c’est-à-dire U = 0 et par conséquent F = 0.
Supposons maintenant que
e ( x)
(∀ x ∈ S F ∩ SG ), Fe( x) = G

d’après ce qui précède F − G = 0, ce qui preuve le théorème. u


t

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C HAPITRE 16 P OLYNÔMES ET FRACTIONS

7 Décomposition en éléments simples


7.1 Degré d’une fraction. partie entière
Soit F un élément non nul de K( X ), si U et U0 sont deux représentants de F , la relation UV 0 = U 0 V entraîne :
V V0

deg U − deg V = deg U 0 − deg V 0 = d

Définition 7.1 Si F est une fraction rationnelle, la quantité de gU − de gV ∈Z∪{∞} ne dépend pas du représentant (U,V ) choisi pour la
fraction F . On l’appelle degré de F et on le note deg F .

Lemme 7.1 Pour tout élément F de K( X ), on a d’une manière unique :

(1) F = P + G

P étant un polynôme de K[ X ], appelé partie entière de F et G un élément de K( X ), nul ou de degré strictement négatif.

Démonstration : Soit (U,V ) un représentant de F , effectuons la division euclidienne de U par V :


U = PV + R R =0 ou de gR < de gV

d’où
U R
F= =P+ [P ∈ K[ X ] et (R = 0 ou de gR < de gV ]
V V
Montrons qu’une telle decomposition est unique, supposons

F = P + G = P0 + G0

avec (P, P 0 ) ∈ K[ X ]2 , (G,G 0 ) ∈ K( X )2 , de gG < 0 et de gG 0 < 0.


Alors P − P 0 est un polynôme , et comme il est égal à G 0 − G , son degré est strictement négatif, donc P 0 − P = 0 c’est-à-dire P 0 = P
et par suite G 0 = G . u
t
Rms
1. Si de gF < 0 : P = 0 et G = F .
2. Si F ∈ K[ X ] : P = F et G = O.

Exemple : La partie entière de la fraction X 4 − X 3 +1 est X + 1 et la partie fractionnelle est −X .


X 3 +1 X 3 +1

Proposition 7.1 Si F est une fraction rationnelle admettant a pour pôle d’ordre n, il existe un unique n-uplet de scalaires
(µ i )1≤ i≤ n et une unique fraction F0 n’admettant pas a pour pôle tel que :
n
X µi
F= + F0
i
i =1 ( X − a )

La quantité :
n
X µi
i
i =1 ( X − a )
s’appelle la partie polaire de F relative au pôle a.

Démonstration : L’existence : Soit F = ( X −Ua)n V1 avec V1 un polynôme unitaire tel que V1 (a) 6= 0. Les polynômes ( X − a)n et
V1 sont premiers entre eux, donc d’après l’égalité de Bezout, il existe deux polynômes P et Q tels que

V1 P + ( X − a)n Q = 1.

On a alors :

UP UQ
P= +
( X − a) n V1
La formule de Taylor permet d’écrire :
+∞
X
(PU )( X ) = α k ( X − a) k
k =0

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C HAPITRE 16 P OLYNÔMES ET FRACTIONS

ce qui entraîne
UP nX
−1 αi
= +R
( X − a ) n i =0 ( X − a ) n − i
où R est un polynôme . Alors
nX
−1 αi UQ
F= +R +
n− i V1
i =0 ( X − a )

et la fraction rationnelle R + QV
V1 n’admet pas a pour pôle.
L’unicité : Supposons qu’il existe deux n-uplets distincts (µ i )1≤ i≤n et (λ i )1≤ i≤n et deux fractions F1 et F2 n’admettant pas a
pour pôle tels que
n
X µi n
X λi
F= + F1 = + F2
i i
i =1 ( X − a ) i =1 ( X − a )
Soit p = max{k ∈ [1, n]/µk 6= λ k }, donc ∀k ∈ [k + 1, n], µk = λ k , alors :
p
X p
X
µi λi
+ F1 = + F2
i i
i =1 ( X − a ) i =1 ( X − a )

ce qui donne en multipliant par ( X − a) p :


pX
−1 pX
−1
µp + µ i ( X − a ) p − i + ( X − a ) p F1 = λ p + λ i ( X − a ) p − i + ( X − a ) p F2
i =1 i =1
En substituant a à X dans cette égalité de fractions (F1 (a) 6= 0 et F2 (a) 6= 0), on obtient µ p = λ p ce qui est absurde. u
t
Soit F une fraction rationnelle admettant a pour pôle.
1. Si a est un pôle d’ordre 1 ( pôle simple ), on peut écrire F = U où V1 est un polynôme n’admettant pas a pour
( X −a)V1
racine. Donc il existe µ tel que :
µ
(1) F = + F0
X −a
où la fraction F0 n’admettant pas a pour pôle.
U
(1) ⇐⇒ = µ + ( X − a ) F0
V1
U (a)
ce qui donne µ = V1 (a)
. Mais V 0 = ( X − a)V10 + V1 entraîne V 0 (a) = V1 (a). La partie polaire relative au pole a est donc :
µ U (a) P (a)
( X −a) avec µ = V1 (a) = V 0 (a)

2. Si a est un pôle d’ordre deux, on peut écrire F = U où V1 est un polynôme n’admettant pas a pour racine. Donc il
( X −a)2 V1
existe µ1 et µ2 tels que :
µ1 µ2
(1) F = + + F0
X − a ( X − a)2
où F0 est une fraction n’admettant pas a pour pôle.
U
(1) ⇐⇒ = µ1 ( X − a) + µ2 + ( X − a)2 F0
V1
U (a)
ce qui donne µ2 = V1 (a) .
µ2
Pour trouver µ1 , on retranche ( X − a )2
pour obtenir une fraction dont a n’est pas un pôle, ou est pôle simple ce qui ramène
au cas précédent.
3. Si a est un pôle d’ordre n (n > 2), on peut écrire F = U où V1 est un polynôme n’admettant pas a pour racine. De
( X −a)n V1
U (a)
la même manière on obtient µn = V .
1 (a)

Comme V = ( X − a)n V1 , alors on a V1 (a) = V (n)(a) .


n!

7.2 Décomposition en éléments simples dans C[ X ]


Théorème 7.1 Étant donnée une fraction rationnelle F dans C[ X ] dont les pôles sont a1 ,a2 ,..., a n distinctes deux à deux
et d’ordres de multiplicité respectifs r 1 , r 2 ,..., r n , il existe un unique polynôme P ∈ C[ X ] et unique famille de scalaires
(µ i, j )1≤ i≤ n,1≤ j ≤ r i tels que :
n X
X ri µ i, j
F=P+ ( ).
j
i =1 j =1 ( X − a i )
Cette décomposition s’appelle la décomposition en éléments simples dans C( X ) de la fraction F .

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C HAPITRE 16 P OLYNÔMES ET FRACTIONS

Démonstration :
1. Existence : Soit {a1 , a2 ,..., a n } l’ensemble des pôles de F , en retranchant de F la partie polaire associée à l’un de ses pôles
a i , on obtient une fraction rationnelle dont les pôles sont les autres pôles de F , avec le même ordre de multiplicité que
dans F .
Donc en retranchant toutes les parties polaires associées à chacun des pôles, on obtient une fraction de la forme irréduc-
tible Q P qui n’admet pas pôle, c’est-à-dire le polynôme Q , qui est à coefficient dans C, n’admet pas racine, ce qui montre

qu’il est constant.


On a ainsi montré l’existence de la décomposition demandée de F .
n P
P ri µ i, j
2. Unicité : Supposons F = P + ( ), alors P est la partie entière de F car F − P est une somme de fractions de
i =1 j =1 ( X −a i ) j
degrés strictement négatifs.
Pour chaque 1 ≤ k ≤ n, on peut écrire :
rk
X µk, j
F= + Fk .
j
j =1 ( X − a k )
où F k est une fraction n’admet pas a k pour pôle.
rPk µk, j
Donc j est la partie polaire de F associée au pôle a k , ce qui entraîne l’unicité de µk,1 , µk,2 ,..., µk,r k .
j =1 ( X − a k )
u
t

7.3 Exemples d’applications


X 3 − 2X 2 + 2
1. F =
X 2 − 3X + 2
La division euclidienne de X 3 − 2 X 2 + 2 par X 2 − 3 X + 2 entraîne :
X
F = X + 1 + F1 avec F1 = ( X −1)( .
X −2)
F1 c’est une fraction irréductible de degré négatif, donc sa partie entière est nulle et d’après le théorème, F1 s’écrit sous
la forme :
α β
F1 = +
X −1 X −2
En multipliant les deux membres par X − 1, on obtient

X β( X − 1)
( X − 1)F1 ( X ) = = α+
X −2 X − 2)

et en égalent les valeurs au point 1 des fractions obtenues, on obtient α = −1.


De même , en multipliant par ( X − 2), on obtient : β = 2.
D’où
−1 2
F = X +1+ +
X −1 X −2
4
2. F = X (XX 2+−11)2 .
C’est une fraction irréductible, de degré négatif, donc sa partie entière est nulle. Elle est impaire, admet 0 pour pôle
simple, 1 et −1 pour pôles doubles, donc F s’écrit sous la forme :
α1 α2 α3 α4 α5
F= + + + +
X ( X − 1)2 X − 1 ( X + 1)2 X + 1

et par parité, on obtient :


α1 α2 α3 α4 α5
−F = − + − + −
X ( X + 1)2 X + 1 ( X − 1)2 X − 1
L’unicité de le décomposition entraîne : α4 = −α2 et α5 = α3 .
En multipliant les deux membres par X , et en égalent les valeurs au point 0 des fractions obtenues, on obtient α1 = 1.
De même , en multipliant par ( X − 1)2 ), et en égalent les valeurs au point 1 des fractions obtenues, on obtient : α2 = 12 .
Enfin, lim xF ( x) = 1 implique 1 = α1 + α3 + α5 ; d’où α3 = 0 et
x−→+∞

1 1 1
F= + − .
X 2( X − 1)2 2( X + 1)2

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C HAPITRE 16 P OLYNÔMES ET FRACTIONS

3. F = 1
X n −1 .
2kπ i
F admet pour pôles simples les n racines n i ème de l’unité wk = e n , (1 ≤ k ≤ n − 1), donc la décomposition s’écrit :

1 nX
−1 α
k
=
X n − 1 k =0 X − w k

Les wk étant simples, donc


P (w ) 1 w
αk = Q 0 (wk ) = = nk avec P = 1 et Q = X n − 1
k n(wk )n−1

car (wk )n = 1, d’où :


1 1 nX
−1 w
k
=
X n − 1 n k =0 X − w k

4. Soit P = a0 ( X − x1 )( X − x2 )...( X − x n ) un polynôme de C[ X ] à racines simples. Alors il existe des scalaires (αk ) tels que :

P0 n
X αk
=
P k =1 X − x k

en multipliant par X − x i , on obtient :


P0 Xn αk ( X − x i )
(X − xi ) = αi +
P k=1,k6= i X − x k
D’autre part
P 0 ( x) P 0 ( x)
lim ( x − x i ) = lim =1
x−→ xi P ( x) x−→ xi P ( x)−P ( xi )
x− x i
donc α i = 1 et par conséquent :
P0 n
X 1
= .
P k =1 X − x k

Exercice : : Soit P un polynôme dont les racines sont x1 , x2 ,..., xn d’ordres de multiplicité respectifs r 1 , r 2 ,..., r n , c’est-à-dire
un polynôme de la forme :
n
Q
P =λ ( X − x i )rk avec λ ∈ C∗
k =1

Déterminer la décomposition de P0 .
P

• • • • • • • • ••

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