Polynômes et Fractions : Concepts Clés
Polynômes et Fractions : Concepts Clés
P OLYNÔMES ET FRACTIONS
Mohamed TARQI
• • • • • • • • • • ••
Dans ce chapitre K est un corps commutatif. Dans la plupart des cas usuels K sera le corps des nombres réels ou
le corps des nombres complexes.
1
C HAPITRE 16 P OLYNÔMES ET FRACTIONS
1 Notion de polynômes
1.1 Définition des polynômes
Définition 1.1 On appelle polynôme à une indéterminée, à coefficients dans K, toute suite P d’éléments a i de K, soit
(a0 , a1 ,..., a n ,...), tous nuls à partir d’un certain rang. Les éléments a i de K sont les coefficients du polynôme P .
Donc un polynôme à une indéterminée est une application de N dans K dont seul un nombre fini des valeurs sont
non nulles.
Soit P = (a0 , a1 ,..., a i ,...) et Q = (b0 , b1 ,..., b i ,...) deux polynômes à coefficients dans K. Alors
P = Q =⇒ a i = b i , ∀ i ∈ N
Sur l’ensemble, que l’on désigne pour l’instant par P , de tous les polynômes à coefficients dans K, nous définissons
deux opérations internes, addition et multiplication par les formules suivantes : Si P = (a i ) et Q = (b i ) alors
(1) P + Q = (a i + b i )
et
(2) PQ = ( c i )
P
avec c i = a0 b i + a1 b k−1 + ... + a i b0 = a j bk .
j + k= i
On a le résultat suivant :
Théorème 1.1 P muni de l’addition (1) et de la multiplication (2) a une structure d’anneau commutatif, dont
le sous-anneau décrit par (a, 0, 0,.....), (a ∈K) est isomorphe à K.
Démonstration : • (P , +) est un groupe abélien est un sous-groupe de (KN , +). L’opposé de P = (a0 , a1 ,..., a i ,...)
est −P = (−a0 , −a1 ,..., −a i ,...), il existe un polynôme zéro : O = (0, 0, 0,...).
• K étant un corps commutatif, la multiplication (2) est donc commutative, l’élément neutre est e = (1, 0, 0,...), on a
bien, en effet, pour tout polynôme P :
P e = eP = P
D’autre part, la multiplication est distributive. Montrons que la multiplication est associative, soient
P = (a i ), Q = (b i ) et R = ( c i )
Posons
S = PQ = ( p i ), T = QR = ( q i )
U = (PQ )R = (r i ), V = P (QR ) = (s i )
Il faut vérifier donc que r i = s i pour tout i ∈N.
Nous aurons
X X X
rn = ph ck = ( ai b j )ck
h+ k= n h+ k= n i+ j = h
X X X
= ( ai b j ck ) = ai b j ck
h+ k= n i+ j = h i+ j + k= n
de même , on a :
X X X
sn = ai ql = ai ( b j ck )
i+ l = n i+ l = n j + k= l
X X X
= ( ai b j ck ) = ai b j ck
i+ l = n j + k= l i+ j + k= n
et
ϕ( a)ϕ( b) = ( a, 0,...)( b, 0,...) = ( ab, 0,...) = ϕ( ab)
u
t
où
½
1 si k= i
δ ik = ( le symbole de K RONECKER )
0 si k 6= i
donc
P
P= a k e k = 0 ⇐⇒ ∀k ∈N, a k = 0
k
P P
et si P = a k e k et Q = b k e k sont deux polynômes de P alors
k k
P = Q ⇐⇒ a k = b k , ∀k ∈N.
Calculons e p e q :
P
ap eq = ak e k
k
P
avec a k = δ pi δ q j le seul cas où δ pi δ q j 6= 0 est celui où ( i, j) = ( p, q) d’où :
i+ j = k
a p e q = e p+ q .
a0 + a1 X + ... + a n X n = 0 =⇒ a k = 0, ∀k ∈ N
P = a0 + a1 X + ... + a n X n
avec a0 , a1 ,..., a n ∈ K et a n 6= 0
Notation : L’anneau P est engendré par K ∪ X , nous le noterons K[ X ]. On voit immédiatement que les anneaux
K[ X ] et K[Y ] sont isomorphes. Nous dirons que X est une indéterminée, nous dirons aussi que tout polynôme de
K[ X ] est un polynôme en X à coefficients dans K.
Soit l’opération externe de K × K[ X ] définie par (λ, P ) −→ λP , avec
on a :
Il résulte de la définition que le polynôme zéro n’a pas de degré, on pose par convention deg0 = −∞.
Les polynômes a k X k (a k 6= 0) sont appelés monômes de degré k.
Les polynômes de degré 0, sont appelés les polynômes constants, ce sont les éléments non nuls de K ( par identi-
fication ).
Si degP = n, le monôme a n X n s’appelle le monôme dominant de P et a n le coefficient dominant de P ; si a n = 1 on
dit que P est un polynôme unitaire.
Q = b0 + b1 X + ... + b m X m , (b m 6= 0)
p > n + m =⇒ c p = 0, c n+m = a n b m 6= 0
Corollaire 1.1 L’ensemble des polynômes de K[ X ] de degré inférieure ou égale à n est un sous-espace
vectoriel de K[ X ], on le note Kn [ X ].
Démonstration : En effet si P et Q sont polynômes tels que P 6= 0 et Q 6= 0, alors deg(PQ ) =degQ +degQ 6= −∞,
donc PQ 6= 0. u
t
Corollaire 1.3 Les éléments inversibles de l’anneau (K[ X ], +,.) sont les éléments inversibles de K, c’est-à-
dire K∗ .
Démonstration : Soient P et Q deux polynômes tels que PQ = 1, alors degP +degQ = 0, donc degP =degQ =0 ce
qui implique que P et Q sont des polynômes constans et inversibles, donc P et Q sont dans K∗ . u
t
Démonstration : ∀P,Q ∈ K[ X ] on a :
(P + Q )( X ) = P ( X ) + Q ( X ) et PQ ( X ) = P ( X )Q ( X )
donc
∀ x ∈K, P e ( x) et PQ
+ Q ( x) = Pe( x) + Q g ( x) = Pe( x)Q
e ( x)
Si n = 0, P 0 = 0.
Proposition 2.1
1. Pour tout polynôme P de K[ X ],
½
0 de g(P − 1) si de gP ≥ 1
de gP =
−∞ si de gP ≤ 0
2. Pour tout polynôme P de K[ X ], de gP ≤ n ⇐⇒ P (n+1) = 0.
Il est clair que ϕ est linéaire, pour montrer que ϕ(P ) = P , il suffit de vérifier que ϕ( X i ) = X i pour tout entier 0 ≤ i ≤ n,
puisque chaque polynôme est une combinaison linéaire de ces derniers.
∀ i ∈N, on a :
X i ( X i )( p) ( a)
ϕ( X i ) = ( X − a) p
p =0 p!
i A a i− p p
X i
= ( X − a) p
p =0 p!
i
X
= { ip a i− p ( X − a) p = X i
p =0
d’où le résultat. u
t
A = BQ + R et (R = 0 ou de gR < de gB)
Démonstration : Soient A et B deux polynômes non nuls. Supposons par exemple A non divisible par B, donc
∀P ∈ K[ X ], A − BQ 6= 0.
Soit la partie de N, définie par :
E = {n ∈ N/n = de g( A − BP ), P ∈ K[ X ]}
E est une partie de N non vide de N ( A - B), soit l = min E et Q l’un des polynômes tel que deg( A − BQ ) = l , posons
et
A − BQ = c l X l + ... + c1 X + c0 , ( c l 6= 0)
Définition 3.1 Soient P, A des polynômes de K[ X ], on dit que A divise P et on note A |P si, et seulement si, il existe
Q ∈ K[ X ] tel que P = AQ . On dit aussi que P est un multiple de A . On note, pour tout polynôme P , D (P ) l’ensemble des
diviseurs de P .
Remarques :
1. ∀ A ∈ K[ X ], A /0.
2. ∀P ∈ K[ X ], 0/P ⇐⇒ P = 0
3. La relation A |B est une relation binaire sur K[ X ], qui est reflexive et transitive, mais elle n’est pas antisy-
métrique. En effet si A |B et B| A alors il existe D et D 0 deux polynômes tels que A = BD et B = AD 0 , donc
A = ADD 0 ou encore A (DD 0 − 1) = 0, d’où :
½
A |B
⇐⇒ ∃λ ∈ K∗ : B = λ A
B| A
Dans ce cas, A et B sont dits associés.
4. Soit D un diviseur commun de A et B, il existe donc A 0 et B0 des polynômes tel que A = A 0 D et B = B0 D .
De la division euclidienne de A 0 par B0 ( B0 6= 0 ), on déduit :
A 0 = B0Q 0 + R 0 et (R 0 = 0 ou degR 0 <degB0
donc
A 0 D = B0 DQ 0 + R 0 D et deg R 0 D <deg B0 D =degB
d’où R = A − BQ = ( A 0 − B0Q 0 )D = R 0 D , donc D divise aussi R .
Proposition 3.1 Soit ( A, +,.) un anneau commutatif. Soient I et J deux idéaux de A . Alors I + J = { i + j/ i ∈
I, j ∈ J } est un idéal de A , c’est l’idéal engendré par I ∪ J . De même I ∩ J est un idéal de A .
Démonstration :
1. I + J est une partie non vide (0 ∈ I + J ). Soient x = i + j et x0 = i 0 + j0 deux éléments de I + J , alors x − x0 =
( i − i 0 ) + ( j − j0 ) ∈ I + J.
Soit a ∈ A et x = i + j ∈ I + J . Alors a( i + j) = ai + a j ∈ I + J.
Donc la somme de deux idéaux est un idéal.
2. Il est clair que I ∩ J est un sous-groupe de ( A, +), de plus si x ∈ I ∩ J et a ∈ A alors ax ∈ I ∩ J .
u
t
Généralisation : Ce résultat peut être généralisé à une famille finie I 1 , I 2 ,..., I n de idéaux de ( A, +,.) : I 1 + I 2 + ... +
n
S n
T
I n = { i 1 + i 2 + ... + i n / I j ∈ I j } est l’idéal engendré par I j . De même I j est un idéal de A .
j =1 j =1
Remarque : Soit P ∈ K[ X ], alors (P ) = {PQ /Q ∈ K[ X ]} est un idéal de K[ X ]. On va montrer que ce sont les seuls
idéaux de K[ X ].
Proposition 3.2 Soit I un idéal de K[ X ] non nul, alors il existe un polynôme P0 non nul unitaire, unique de
degré minimal tel que I = {P0Q /Q ∈ K[ X ]}. On note I = (P0 ) = K[ X ]P0 .
Démonstration : Soit I 6= {0} un idéal de l’anneau K[ X ], il existe dans I des polynômes non nuls, l’ensemble de
leurs degrés admet un plus petit élément n, soit P0 ∈ I de degré n, quitte à diviser par son coefficient de monôme
de haut degré on peut supposer P0 unitaire.
Soit P ∈ I , effectuons la division euclidienne de P par P0
P = QP0 + R , (R = 0 ou degR <degP0 )
or R = P − QP0 appartient à I donc, P0 étant de degré minimum dans I , il est impossible que degR <degP0 ), donc
R = 0 et P = QP0 , donc I = (P0 ). u
t
Remarque : Si I 6= {0} tel que I = (P ) = (Q ), alors il existe des polynômes A et B tels que P = AQ et Q = BP , donc
P = ABP , alors il existe λ 6= 0 tel que Q = λP .
Remarques :
1. D’après la définition il existe des polynômes U et V tels que A ∧ B = U A + V B et tout élément de la forme
P A + QB (P,Q ∈ K[ X ]) est un multiple de A ∧ B.
2. Les polynômes A et B sont premiers entre eux si, et seulement si, A ∧ B = 1.
D’après la définition et les propriétés précédentes on déduit facilement le théorème suivant :
Théorème 3.2 Étant donné deux polynômes A et B, les propriétés suivantes sont équivalentes :
1. A et B sont premiers entre eux.
2. il existe des polynômes U et V tels que
AU + BV = 1 ( égalité de B EZOUT )
3. pour tout polynôme R , il existe des polynômes P et Q tels que AP + BQ = R .
d’où
PU0 + BV0 + AB(U1 + V1 ) = 1 (1)
si U0 (resp. V0 ) est nul, B divise U donc 1 = AU + BV et degB = 0 ( resp. deg A = 0 ), nous supposerons A et B de
degré strictement positif, donc U0 et V0 sont non nuls.
Nous avons alors deg( AU0 +BV0 ) <deg( A +degB), donc si U1 +V1 6= 0, l’égalité (1) est impossible car deg[ AB(U1+V1 )]
serait strictement supérieure à deg A +degB. Donc U1 + V1 = 0.
Montrons que le couple (U0 ,V0 ) est unique ; soit deux couples (U0 ,V0 ) et (U2 ,V2 ) vérifiant
degU0 <degB et degV0 <deg A
donc
PU0 + BV0 = PU2 + BV2 = 1 =⇒ A (U0 − U2 ) = B(V2 − V0 )
A étant premier avec B donc divise V2 − V0 d’après le théorème de G AUSS. Or deg A >deg(V2 − V0 ), donc V2 − V0 = 0
et U2 = U0 d’où le résultat suivant :
Proposition 3.3 A et B étant deux polynômes premiers entre eux, de degré non nul il existe un couple
unique (U0 ,V0 ) de polynômes vérifiant :
AU0 + BV0 = 1, (degU0 <degB, degV0 <deg A ).
Démonstration : En effet soit D un diviseur commun de A et B, alors D divise aussi R , de même si D divise R et
B il divise B, donc A ∧ B = B ∧ D . u
t
Soient A et B deux polynômes non nuls. Effectuons les divisions euclidiennes ( on supposera b > 0 )
A = BQ 0 + R0 et degR0 <degB
B = R0 Q 1 + R1 et degR1 <degR0
R0 = R1 Q 2 + R2 et degR2 <degR1
On forme ainsi une suite de gB > de gR1 > de gR2 > de gR3 > ... > de gR n−1 > de gR n > ... ≥ 0 strictement décroissante
d’entiers, on arrive forcément à un premier reste R n+1 = 0. D’après le théorème
Ainsi R ∧ B est le dernier reste non nul dans cette succession de divisions.
Exemple : Soient A = X 6 + X 5 + X 4 + X 3 + X 2 + X + 1 et B = X 3 + X 2 + X + 1 de R[ X ]. A ∧ B = X 2 + 1.
Démonstration : En effet, I = K[ X ]P1 + K[ X ]P2 + ... + K[ X ]P n est un idéal de (K[ X ], +,.), donc il existe un unique
polynôme unitaire D tel que I = K[ X ]D . u
t
D’après la définition ci-dessus et la définition 2.3, on déduit le théorème suivant :
Théorème 3.4 Étant donné des polynômes non nuls P1 , P2 ,..., P n , les propriétés suivantes sont équiva-
lentes :
1. P1 , P2 ,..., P n sont premiers entre eux dans leur ensemble.
2. il existe des polynômes U1 ,U2 ,...,Un tels que
P1U1 + P2U2 + ... + P n Un = 1 ( égalité de B EZOUT )
3. pour tout polynôme R , il existe des polynôme Q 1 ,Q 2 ,...,Q n tels que P1 Q 1 + P2 Q 2 + ... + P n Q n = R .
Remarque : Soient A et B deux polynômes et M = A ∨ B. D’une part M est un multiple de A et de B. D’autre part
tout multiple de A et de B est un multiple de M . Donc M est le polynôme de plus bas degré multiple commun de
A et de B, ces propriétés caractérisent entièrement le polynôme M = A ∨ B.
Corollaire 3.1 Si A et B sont deux polynômes premiers entre eux, alors A ∨ B et AB sont associés.
Démonstration : Il est clair que les multiples de AB sont des multiples communs de A et de B.
Réciproquement, supposons A |P et B|P ; il existe un polynôme tel que P = QB. Comme A divise P et qu’il est
premier avec B, on en déduit que A divise Q ( d’après G AUSS ), soit donc le polynôme R tel que Q = AR , ce qui
implique P = ABR .
Les multiples communs de A et B sont donc les multiples de AB. u
t
sont associés.
Démonstration : Le résultat étant évidente si AB = 0, supposons A et B non nuls et unitaires quitte à les diviser
par leurs coefficients dominants.
Soient D = A ∧ B et A 1 , B1 tels que A = D A 1 , B = DB1 et A 1 ∧ B1 = 1. Comme A 1 et B1 sont premiers entre eux, on a
A 1 ∨ B1 = A 1 B1 . Alors
A ∨ B = D ( A1 ∨ B1 ) = D A1 B1
Théorème et définition 3.3 Étant donné des polynômes P1 , P2 ,..., P n non nuls, il existe un unique polynôme
M unitaire dans tel que
L’entier M s’appelle le plus petit commun multiple de P1 , P2 ,..., P n . On le note M = ppcm(P1 , P2 ,..., P n ), ou
M = P1 ∨ P2 ∨ ... ∨ P n .
Exemples :
p
1. 2 est une racine de X 2 − 2 dans R[ X ].
2. i est une racine de X 2 + 1 dans C[ X ].
Théorème 4.1 a ∈K est racine de P si, et seulement si, P est divisible par X − a.
donc R ∈K et P (a) = R ( X ) et par conséquent P (a) = 0 si, et seulement si, R ( X ) = 0, d’où le résultat. u
t
Définition 4.2 Deux polynômes A et B sont premiers entre eux s’ils n’ont pour diviseurs communs que les polynômes de
degré 0.
Remarquons que tout polynôme P divisant 0 (0P = 0), donc deux polynômes sont premiers sont non nuls.
Définition 4.3 Les polynômes P1 , P2 ,..., P n sont premiers entre eux dans leur ensemble s’ils n’ont pour diviseurs communs
que les polynômes de degré 0.
Q = ( X − α)S + Q (α)
donc
Q ( X − α)k = ( X − α)k+1 S + Q (α)( X − α)k
et
2) =⇒ 1) Soit Q tel que P = ( X − α)k Q. Puisque ( X − α)k+1 ne divise pas P , X − α ne divise pas Q , donc Q (α) 6= 0. u
t
Proposition 4.1 Soit P ∈ k[X], α ∈ k et k ∈ N∗ . Pour que α soit une racine de P, d’ordre k, il faut et il suffit
que :
P (α) = P 0 (α) = ... = P ( k−1) (α) = 0 et P ( k) (α) 6= 0
avec
(k ) (n)
Q ( X ) = [ P k!(α) + ... + ( X − α)n− k P n!(α) ]
et
0 (k−1)
R ( X ) = [P (α) + ( X − α) P 1!(α) + ... + ( X − α)k−1 P( k−1)!
( α)
]
donc ( X − α)k divise P et ( X − α)k+1 ne divise pas P si et seulement si R = 0 et Q (α) 6= 0 c’est-à-dire si et seulement si P (α) =
P 0 (α) = ... = P ( k−1) (α) = 0 et P ( k) (α) 6= 0 u
t
Exemple : Soit P = X 4 − 5 X 3 + 6 X 2 + 4 X − 8. P (2) = P 0 (2) = P 00 (2) = 0 et P (3) (2) 6= 0, donc 2 est une racine d’ordre 3.
E XERCICE : Trouver la relation entre p et q de C pour que le polynôme X 3 + pX + q ait une racine double α. Quelle est alors
cette racine double ?
On en déduit facilement le corollaire suivant :
Exemple : Soit P = X 4 − 5 X 3 + 6 X 2 + 4 X − 8. P (2) = P 0 (2) = P 00 (2) = 0 et P (3) (2) 6= 0, donc 2 est une racine d’ordre 3.
E XERCICE : Trouver la relation entre p et q de C pour que le polynôme X 3 + pX + q ait une racine double α. Quelle est alors
cette racine double ?
On en déduit facilement le corollaire suivant :
Corollaire 4.1 Tout polynôme à coefficients dans k, de degré n, admet au plus n racines.
Proposition 4.2 Soient P et Q deux polynômes de k[X], de degrés n, s’ils prennent les mêmes valeurs en n + 1 points ;
deux à deux distincts de k alors P = Q.
Démonstration : On pose R = P − Q . R est un polynôme de degré au plus n et admet n + 1 racines distinctes, donc R ne peut
être que le polynôme nul. u
t
Démonstration : On sait que l’application est morphisme surjective, montrons qu’elle est injective. En effet Pe = 0, alors
∀ x ∈ K, P ( x ) = 0
Donc le polynôme admet une infinité de racines, donc P = 0. u
t
Proposition 4.3 (Décomposition dans C[ X ]) Soit P ∈ C[X] de degré n, n ∈ N∗ . Alors il existe des scalaires α0 , α1 ,..., αr
distincts, des entiers k 0 , k 1 ,..., k r et a ∈ C∗ tels que :
P = a( X − α0 )k 0 ( X − α1 )k 1 ...( X − αr )k r .
Démonstration : Soit P = aX + b un polynôme de degré 1, alors P = a( X − α), avec α = −ab , donc la propriété est vrai pour les
polynômes de degré 1.
Supposons maintenant le résultat vrai pour tous les polynômes de degrés 1, 2,..., n et montrons le pour les polynômes de degré
n + 1. Soit P un polynôme de degré n + 1, d’après le théorème de D’ ALEMBERT , P admet une racine α0 d’ordre k 0 , donc il existe
un polynôme Q tel que :
P = ( x − α0 )k 0 Q, deg Q ≤ n
d’après l’hypothése de recurrence, il existe des scalaires α1 , α2 ,..., αr et des entiers k 1 , k 2 ,.., k r tels que :
Q = a( X − α1 )k 1 ( X − α2 )k 2 ...( X − αr )k r
donc
P = a( X − α0 )k 0 ( X − α1 )k 1 ( X − α2 )k 2 ...( X − αr )k r
d’où le résultat. u
t
Remarque : On a :
deg P = k 0 + k 1 + k 2 + ... + k r = n
P ( z) = 0 ⇐⇒ P ( z) = 0
⇐⇒ a n z n + a n−1 z n−1 + ... + a 1 z + a 0 = 0
⇐⇒ a n z n + a n−1 z n−1 + ... + a 1 z + a 0
⇐⇒ P ( z) = 0
u
t
Théorème 4.3 ( Décomposition dans R[X] ) Tout polynôme à coefficients r2els, de degré n, n ∈ N∗ se décompose d’une
manière unique sous la forme :
iY
=r jY
=p
P =a ( x − α i )k i ( x2 + β j x + γ j ) l j , a ∈ R
i =1 j =1
avec les α i les racines réelles distinctes de P , les β j , γ j des réels tels que β2j − 4γ j < 0, et les k i , l j des entiers
iY
=r jY
=p ¯ ¯2
P = a ( x − α i )k i ( x2 − 2Re (a j ) x + ¯a j ¯ )l j
i =1 j =1
iY
=r jY
=p
= a ( x − α i )k i ( x2 + β j x + γ j ) l j
i =1 j =1
avec ¯ ¯2
∀ j = 1, 2,..., p β j = 2Re (a j ), γ j = ¯a j ¯ , β2j − 4γ j < 0 u
t
Remarques :
1. On peut avoir r = 0 ou p = 0.
2. deg P = k 1 + k 2 + ... + k r + 2(l 1 + l 2 + ... + l p ) = n
P = a n ( X − x1 )( X − x2 )...( X − x n )
= a n ( X n − σ1 X n−1 + σ2 X n−2 + ... + (−1) p σ p X n− p + ... + (−1)n σ)
avec X
σp = x i 1 x i 2 ...x i p
i 1 < i 2 <...< i p
en particulier :
n
X
σ1 = x i = x1 + x2 + ... + x n
i =1
X
σ2 = x i x j = x1 x2 + x1 x3 + ... + x n−1 x n
i< j
Yn
σn = x i = x1 x2 ...x n
i =1
Définition 4.4 Les σ i sont appelées fonctions symétriques élémentaires des racines du polynôme P .
Les fonctions symétriques élémentaires des racines du polynôme P s’expriment en fonction des coefficients du polynôme :
a n −1 a n −2 a n− p a0
σ1 = − , σ2 = ,..., σ p = (−1) p ,..., σ n = (−1)n
an an an an
Cas particuliers : Relations entre les coefficients et les racines dans les polynômes de degrés 2 et 3.
P = a( X − x1 )( X − x2 )
= aX 2 − a( x1 + x2 ) X + ax1 x2
= aX 2 − asX + a p
D’où : s = −b et p = ac .
a
[Link]ômes de degrés 3 : Soit P = aX 3 + bX 2 + cX + d un polynôme de degré 3 (a 6= 0). x1 , x2 , x2 ces trois racines, distinctes
ou non.
Posons :
s = x1 + x2 + x3
p = x1 x2 + x1 x3 + x2 x3
q = x1 x2 x3
P = a( X − x1 )( X − x2 )( X − x2 )
= aX 3 − a( x1 + x2 + x3 ) X 2 + a( x1 x2 + x1 x3 + x2 x3 ) X − a( x1 x2 x3 )
= aX 3 + bX 2 + cX + d
donc
s = −ab , p = ac , q = −ad
avec
p
j = − 12 + i 23 .
Exercice résolu :
1. Résoudre dans R l’équation : cos3 x = 21
En exprimant cos3 x en fonction de X = cos x, en déduire que les nombres
7π 13π
X 1 = cos π
9 , X 2 = cos 9 , X 3 = cos 9
Solution :
1 π π 2π
1. cos3 x = 2 ⇐⇒ 3 x = ± 3 + 2 kπ, k ∈ Z ⇐⇒ x = ± 9 + 3 k, k ∈ Z
Posons X = cos x
(∀ x ∈ R), cos3 x = 21 ⇐⇒ 4 cos3 x − cos x = 21 ⇐⇒ 8 X 3 − 6 X − 1 = 0
donc x est une racine de (1) si et seulement si X est une racine de (2)
d’où les racines de (2)
7π 13π
X 1 = cos π
9 ( k = 0), X 2 = cos 9 ( k = 1), X 3 = cos 9 ( k = 2)
ceci entraîne :
(3) 8 X 3 − 6 X − 1 = 8( X − X 1 )( X − X 2 )( X − X 3 )
Rm Ce résultat est faux dans R[ X ], par exemple le polynôme X 2 + 1 n’est pas scindé sur R. Cependant, tout polynôme à coeffi-
cients réels est aussi à coefficients complexes et par suite scindé dans C.
Définition 5.2 P est un polynôme irréductible de K[ X ] s’il n’est pas inversible (c’est-à-dire de gP > 0) et s’il n’est pas divisible que par λ
et λP. (λ élément quelconque de K∗ ).
Rms
1. Le polynôme zéro étant divisible par n’importe quel polynôme : un polynôme irréductible est donc toujours non nul.
2. Un polynôme du 1 er degré est toujours irréductible.
Exemples :
1. X 2 − 2 et X 2 + 1 sont irréductibles dans Q[ X ], sont réductibles respectivement dans R[ X ] et C[ X ].
2. Les polynômes irréductibles de C sont les polynômes de degré 1, les polynômes irréductibles de R sont les polynômes
de degré 1 et les polynômes de degré 2 dont le discriminant est strictement négatif.
Rm Tout polynôme ayant une racine dans K n’est pas irréductible ; la réciproque est fausse : le polynôme ( X 2 + 1)2 est réductible
sur R et n’admet pas de racines dans R.
Démonstration : Soit P un polynôme non constant de degré inférieure ou égal à n. Démontrons le résultat par récurrence
sur n.
Le résultat est évidente pour les polynômes de degrés 1 : sont de la forme aX + b, donc sont irréductibles.
Supposons le résultat est vrai pour tout les polynômes de degrés n. Soit P un polynôme de degré n + 1.
1. Si P est irréductible, alors c’est le produit d’un seul polynôme irréductible.
2. Sinon, il existe deux polynômes tels P = QR , les polynômes Q et R sont de degrés strictement inférieure à n + 1, donc
on peut appliquer l’hypothèse de récurrence à Q et R , ce qui permet d’obtenir une décomposition de P en produit des
polynômes irréductibles, en mettant en facteur les coefficients dominants de chaque polynôme irréductible.
Montrons qu’une telle décomposition est unique, soit
avec les P i et les Q i des polynômes irréductibles et unitaires, le coefficient dominant de P étant unique, donc u = v. P1 divise
l’un des facteurs de Q 1 Q 2 ...Q m , soit par exemple Q 1 ( pou simplifier), mais Q 1 est irréductibles donc P1 = Q 1 , on simplifie donc
par P1 ; en réitérant ce raisonnement un nombre fini de fois on arrive à épuiser tous les facteurs de l’un des membres, d’où :
R1 , R2 ,..., R l étant les facteurs irréductibles restants :
R1 R2 ...R l = 1
ceci est impossible car les R i sont de degrés supérieurs ou égaux à 1, donc en épuise en même temps les facteurs de deux
membres.
En regroupant les facteurs égaux dans la décomposition précédente on obtient le résultats souhaité :
Application 1. Les diviseurs d’un polynôme P ayant la décomposition P = uP1k1 P2k2 ...P nk m sont tous de la forme :
h h h
D = vP1 1 P2 2 ...P mm v ∈ K∗ 0 ≤ hi ≤ ki
Application 2. Désignons par P1 , P2 ,..., P n l’ensemble des facteurs irréductibles unitaires deux à deux distincts de P et de
Q , on peut écrire :
k k k
P = uP1 1 P2 2 ...P n n , k i ≥ 0
l l l
Q = vP11 P22 ...P nn , l i ≥ 0
On obtient :
iY
=n
min( k i ,l i )
P ∧Q = Pi
i =1
et
iY
=n
max( k i ,l i )
P ∨Q = Pi
i =1
Dans ce chapitre K est un corps commutatif. Dans la plupart des cas usuels K sera le corps des nombres réels ou le corps des
nombres complexes. On rappelle que l’anneau K[ X ] est un anneau intègre.
On vérifie que R est une relation d’équivalence sur A × A ∗ . On note K l’ensemble des classes d’équivalences de cette relation.
Un élément k ∈K est donc la classe d’un couple (a, b) ∈ A × A ∗ , et on note cette classe
a
k=
b
Sur l’ensemble K, on définit deux lois notées (+) et (×). Soient k = cl (a, b) et k0 = cl (a0 , b0 ) ∈K deux classes d’équivalences de
représentants (a, b) et (a0 , b). On note :
0 0 0
k + k0 = cl (a × b0 + b × a0 , b × b0 ) tel que ab + ab0 = a× bb×+bb0×a
0
×a0
k × k0 = cl (a × a0 , b × b0 ) tel que ab × ab0 = ab× b0
et on vérifie que ces classes sont indépendantes des représentants (a, b) ∈ k et (a0 , b0 ) ∈ k0 choisis.
On montre aussi que (K, +, ×) est un corps commutatif, appelé corps des fractions de l’anneau ( A, +, ×). De plus en peut prolon-
ger l’anneau A dans le corps K, à l’aide de l’injection :
φ: A −→ K
a −→ cl (a, 1)
Théorème 6.1 Soient ( A, +, ×) un anneau intègre. Il existe un corps (K, +, ×) unique à un isomorphisme près, tel que A
est un sous-anneau de K et tel que
K = {ab−1 / a, b ∈ A, b 6= 0}
On dit que K est le corps des fractions de la’anneau intègre A .
Exemple : Le corps (Q, +, ×) c’est le corps de fractions de l’anneau intègre (Z, +, ×).
Soit F une fraction rationnelle, en fait F est une classe d’équivalence, soient (U,V ) et (U 0 ,V 0 ) deux représentants de F , (U,U 0 ,V ,V 0
des polynômes avec V 6= 0,V 0 6= 0), nous aurons
U U0
= 0 ⇐⇒ UV 0 = U 0 V
V V
Donc c’est par abus de notations que nous écrivons : F = U
V.
Tout polynôme P peut être considéré comme le représentant d’un élément de K( X ), il suffit de poser P = P et nous avons déjà
1
vu que K peut être considéré comme partie de K[ X ], donc
K ⊂ K[ X ] ⊂ K( X )
Proposition 6.1 Tout fraction rationnelle de K( X ) admet pour représentant une fraction irréductible à dénominateur
unitaire et ceci d’une manière unique.
Démonstration : Soient (U,V ) et (U 0 ,V 0 ) deux représentants irréductibles de F (U,U 0 ,V ,V 0 des polynômes avec V 6= 0,V 0 6= 0
et V et V 0 unitaires). la relation
UV 0 = U 0 V
entraîne U divise U 0 et V divise V0 ( théorème de G AUSS ), il existe donc λ ∈ K∗ tel que V 0 = λV et λ = 1, donc U 0 = U et V 0 = V .
u
t
U2 ( x ) U1 ( x )
=
V2 ( x) V1 ( x)
1 1
( X 2 − 1) X ( X + 1) X −1
F= 2 = 2 =⇒ F (1) =
2
−X − 2X + 3 − X − 3 4
alors que V (1) = 0.
U
Définition 6.2 Soit F une fraction rationnelle non nulle de forme irréductible V.
1. On appelle racine de F toute racine de U .
2. On appelle pôle de F toute racine de V .
3. Si a est une racine ( [Link] )de F , l’ordre de multiplicité de a est l’ordre de multiplicité de a en tant que racine de U ( resp. V ).
Soient F et G deux fractions rationnelles données, désignons par S F et SG l’ensemble des valeurs de K substituables respecti-
vement dans F et G , on aura :
Donc pour x fixé, les formules (2) montrent que l’ensemble des fractions pour lesquelles x est substituable est sous-anneau A x
de K( X ).
U ( x) V ( x)
De plus si x est substituable dans F = U
V (V ( x) 6= 0), vérifie F ( x) 6= 0, alors U ( x) 6= 0 et V ( x) a pour inverse U ( x) on voit donc que
(3) ( x ∈ S F , F ( x) 6= 0) =⇒ F1 ( x) = F1( x)
(∀ x ∈ S F ) Fe ( x) = F ( x)
(4) ∀ x ∈ S F (λf
F )( x) = λFe( x) ∀λ ∈K.
(5)
∀ x ∈ S F ∩ SG ( F e( x) et (FG
+ G )( x) = Fe ( x) + G g )( x) = Fe( x)G
e ( x).
e
(6) ( x ∈ S 0F ) =⇒ F1 ( x) = e1
F ( x)
Démonstration : Soit U
V un représentant de F ,
[( x ∈ S F ), Fe( x) = U ( x)
V ( x) = 0] =⇒ [U ( x) = 0 et V ( x) 6= 0]
or V a un nombre fini de racines, donc quel que soit le degré n de U , il y aura dans S F une infinité de valeurs de x, donc au
moins n + 1, telle que U ( x) = 0, c’est-à-dire U = 0 et par conséquent F = 0.
Supposons maintenant que
e ( x)
(∀ x ∈ S F ∩ SG ), Fe( x) = G
Définition 7.1 Si F est une fraction rationnelle, la quantité de gU − de gV ∈Z∪{∞} ne dépend pas du représentant (U,V ) choisi pour la
fraction F . On l’appelle degré de F et on le note deg F .
(1) F = P + G
P étant un polynôme de K[ X ], appelé partie entière de F et G un élément de K( X ), nul ou de degré strictement négatif.
d’où
U R
F= =P+ [P ∈ K[ X ] et (R = 0 ou de gR < de gV ]
V V
Montrons qu’une telle decomposition est unique, supposons
F = P + G = P0 + G0
Proposition 7.1 Si F est une fraction rationnelle admettant a pour pôle d’ordre n, il existe un unique n-uplet de scalaires
(µ i )1≤ i≤ n et une unique fraction F0 n’admettant pas a pour pôle tel que :
n
X µi
F= + F0
i
i =1 ( X − a )
La quantité :
n
X µi
i
i =1 ( X − a )
s’appelle la partie polaire de F relative au pôle a.
Démonstration : L’existence : Soit F = ( X −Ua)n V1 avec V1 un polynôme unitaire tel que V1 (a) 6= 0. Les polynômes ( X − a)n et
V1 sont premiers entre eux, donc d’après l’égalité de Bezout, il existe deux polynômes P et Q tels que
V1 P + ( X − a)n Q = 1.
On a alors :
UP UQ
P= +
( X − a) n V1
La formule de Taylor permet d’écrire :
+∞
X
(PU )( X ) = α k ( X − a) k
k =0
ce qui entraîne
UP nX
−1 αi
= +R
( X − a ) n i =0 ( X − a ) n − i
où R est un polynôme . Alors
nX
−1 αi UQ
F= +R +
n− i V1
i =0 ( X − a )
et la fraction rationnelle R + QV
V1 n’admet pas a pour pôle.
L’unicité : Supposons qu’il existe deux n-uplets distincts (µ i )1≤ i≤n et (λ i )1≤ i≤n et deux fractions F1 et F2 n’admettant pas a
pour pôle tels que
n
X µi n
X λi
F= + F1 = + F2
i i
i =1 ( X − a ) i =1 ( X − a )
Soit p = max{k ∈ [1, n]/µk 6= λ k }, donc ∀k ∈ [k + 1, n], µk = λ k , alors :
p
X p
X
µi λi
+ F1 = + F2
i i
i =1 ( X − a ) i =1 ( X − a )
2. Si a est un pôle d’ordre deux, on peut écrire F = U où V1 est un polynôme n’admettant pas a pour racine. Donc il
( X −a)2 V1
existe µ1 et µ2 tels que :
µ1 µ2
(1) F = + + F0
X − a ( X − a)2
où F0 est une fraction n’admettant pas a pour pôle.
U
(1) ⇐⇒ = µ1 ( X − a) + µ2 + ( X − a)2 F0
V1
U (a)
ce qui donne µ2 = V1 (a) .
µ2
Pour trouver µ1 , on retranche ( X − a )2
pour obtenir une fraction dont a n’est pas un pôle, ou est pôle simple ce qui ramène
au cas précédent.
3. Si a est un pôle d’ordre n (n > 2), on peut écrire F = U où V1 est un polynôme n’admettant pas a pour racine. De
( X −a)n V1
U (a)
la même manière on obtient µn = V .
1 (a)
Démonstration :
1. Existence : Soit {a1 , a2 ,..., a n } l’ensemble des pôles de F , en retranchant de F la partie polaire associée à l’un de ses pôles
a i , on obtient une fraction rationnelle dont les pôles sont les autres pôles de F , avec le même ordre de multiplicité que
dans F .
Donc en retranchant toutes les parties polaires associées à chacun des pôles, on obtient une fraction de la forme irréduc-
tible Q P qui n’admet pas pôle, c’est-à-dire le polynôme Q , qui est à coefficient dans C, n’admet pas racine, ce qui montre
X β( X − 1)
( X − 1)F1 ( X ) = = α+
X −2 X − 2)
1 1 1
F= + − .
X 2( X − 1)2 2( X + 1)2
3. F = 1
X n −1 .
2kπ i
F admet pour pôles simples les n racines n i ème de l’unité wk = e n , (1 ≤ k ≤ n − 1), donc la décomposition s’écrit :
1 nX
−1 α
k
=
X n − 1 k =0 X − w k
4. Soit P = a0 ( X − x1 )( X − x2 )...( X − x n ) un polynôme de C[ X ] à racines simples. Alors il existe des scalaires (αk ) tels que :
P0 n
X αk
=
P k =1 X − x k
Exercice : : Soit P un polynôme dont les racines sont x1 , x2 ,..., xn d’ordres de multiplicité respectifs r 1 , r 2 ,..., r n , c’est-à-dire
un polynôme de la forme :
n
Q
P =λ ( X − x i )rk avec λ ∈ C∗
k =1
Déterminer la décomposition de P0 .
P
• • • • • • • • ••