Filtration continue et discontinue d’un aérosol liquide et
de mélanges d’aérosols solide et liquide par un filtre à
fibres
Sandrine Callé-Chazelet, Tom Frising, Dominique Thomas, Denis Bemer
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Sandrine Callé-Chazelet, Tom Frising, Dominique Thomas, Denis Bemer. Filtration continue et dis-
continue d’un aérosol liquide et de mélanges d’aérosols solide et liquide par un filtre à fibres. 1ères
Journées Filtration des Aérosols, Jun 2007, Nancy, France. pp.C9. �hal-00874462�
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1ères Journées Filtration des Aérosols
NANCY – 7 & 8 juin 2007
FILTRATION CONTINUE ET DISCONTINUE D’UN AEROSOL LIQUIDE ET DE
MELANGES D’AEROSOLS SOLIDE ET LIQUIDE PAR UN FILTRE A FIBRES
S. CALLE-CHAZELETa, T. FRISINGa,b, D. THOMASa, D. BEMERb
(a) Nancy Université, LSGC/CNRS, BP 20451, 54001 Nancy cedex
e-mail : [Link]@[Link]
(b) Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS), BP 27, 54500 Vandoeuvre les Nancy
e-mail : [Link]@[Link]
!
!
!
Résumé
L’étude présente les résultats d’expériences de filtration d’un aérosol de
DiEthylHexylSebaçate par un filtre à fibres à Très Haute Efficacité, illustrant le scénario
particulier du colmatage d’un filtre par un aérosol liquide. L’évolution des performances
des filtres au cours du colmatage est de plus très différente du profil connu obtenu avec un
aérosol solide : la perte de charge et la perméance atteignant un palier au moment où un
drainage apparaît à la surface aval du filtre. Un fonctionnement cyclique du filtre avec des
périodes d’arrêts de colmatage a donné des résultats intéressants quant à l’éventuelle
régénération de celui-ci. Ces mesures ont permis de développer un modèle de colmatage de
ces filtres basé sur la structure du dépôt des gouttelettes sur les fibres. Quelques résultats
expérimentaux du colmatage de filtres par des mélanges de compositions différentes
d’aérosol solide et liquide sont également présentés, sans mettre clairement en évidence les
contributions de chacun des aérosols sur l’évolution des performances des filtres.
Mots Clés. Aérosol liquide, Filtration, Colmatage, Perméance, Modèle
!
!
INTRODUCTION
Les aérosols liquides sont à l’heure actuelle de plus en plus incriminés dans les problèmes de santé des
opérateurs et de sécurité des conditions de travail. Mais la filtration de ces aérosols liquides par des
filtres à fibres est un problème très complexe puisqu’il dépend, outre des propriétés respectives du
filtre et de l’aérosol, des conditions dans lesquelles l’aérosol est généré et transporté à travers le filtre.
L’étude présentée se limite à la filtration d’aérosols liquides, non volatils dans les conditions de
filtration, avec un domaine d’utilisation ciblé qui est l’industrie mécanique. Si les performances des
filtres à fibres vis-à-vis de la filtration des aérosols solides sont bien connues, il n’en est pas de même
vis-à-vis des aérosols liquides [1, 2].
Ce travail a pour objectifs d’une part la compréhension des phénomènes à l’origine des modifications
des performances d’un filtre à fibres lors de son colmatage par un brouillard d’huile et d’autre part
l’étude de l’influence des conditions de fonctionnement de ces filtres dans l’industrie, à savoir
l’existence de cycles de filtration et la présence dans l’effluent à traiter d’aérosol solide mélangé à
l’aérosol liquide. Pour cela un aérosol d’huile entière de DiEthylHexylSebaçate (DEHS) a été généré
et sa filtration par un filtre à Très Haute Efficacité a été suivie et modélisée dans le cas de colmatages
en continu ou en discontinu et en présence ou non d’un aérosol solide modèle d’alumine.
!
!
MATERIEL ET METHODES
!
Description du banc d’essais
Le banc d’essais présenté sur la figure 1 est constitué d’une zone de génération, d’une zone de
filtration et d’une zone de régulation de débit de filtration.
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La zone de génération comprend trois lignes en parallèle :
• la première est équipée d’un générateur d’aérosol solide à brosse tournante (Palas RBG1000)
qui servira lors de l’étude de la filtration des mélanges
• la seconde est équipée d’un générateur d’aérosol liquide (Palas PLG 2000-HC) qui fournit une
distribution polydispersée de l’aérosol
• la troisième est une ligne de dilution de l’aérosol produit ne comportant qu’un débitmètre
massique régulé
La zone de filtration est composée d’un porte-filtre contenant le filtre plan testé, de surface filtrante
égale à 95 cm2, d’un filtre de sécurité placé en aval du filtre test, de capteurs de pression et
température de l’effluent et de deux lignes de prélèvement en amont et en aval du filtre test. Des
mesures des concentrations en gouttelettes en amont et en aval du filtre peuvent ainsi être réalisées par
prélèvements isocinétiques sur un impacteur en cascade basse pression DEKATI (ELPI). Elles
permettront de déterminer la perméance du filtre test par tranche granulométrique entre 0,03 et 10 µm,
définie par le rapport des concentrations aval sur amont. La perte de charge du filtre testé est
également enregistrée au cours du temps.
Enfin la zone de régulation est constituée d’un débitmètre massique placé en sortie du filtre testé, d’un
régulateur et d’une vanne de régulation sur une ligne de dérivation en amont du filtre testé. Cet
ensemble permet de travailler à vitesse de filtration constante pendant une expérience de colmatage.
Filtre THE
Débitmètre massique
FRC
Vanne de Filtre Filtre de Pi Ti
régulation test sécurité
Générateur
Sécheur d’air Débitmètres d’aérosols liquides !!P
P !P
massiques
Générateur
Camont Lignes de prélèvement
Caval
d’aérosols solides
Air de dilution
Figure 1 :Banc d’essais pour l’étude de la filtration d’aérosol liquide et de mélanges d’aérosol solide et liquide
Aérosols testés
Les propriétés de l’aérosol liquide testé (Di Ethyl Hexyl Sébaçate) ainsi que celles de l’aérosol solide
ajouté lors de l’étude de la filtration des mélanges (alumine) sont données dans le tableau 1.
Tableau 1 : Propriétés des aérosols testés
Aérosol solide Aérosol liquide
Alumine Di Ethyl Hexyl Sebaçate (DEHS)
Masse volumique (kg.m-3) 3850 983
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Diamètre médian d50 (µm) 4,75 0,18
Filtre testé et protocole opératoire
Le filtre testé est un filtre en fibres de verre qualifié de filtre à très haute efficacité et dont les
principales propriétés sont données dans le tableau 2.
Tableau 2 : Propriétés du filtre à fibres testé
Paramètre Masse surfacique Diamètre moyen Compacité Epaisseur (µm)
(g.m-2) des fibres (µm) (-)
Valeur 68 5,1 0,065 420
Différents essais de colmatage de ce filtre ont été mis en œuvre à des vitesses de filtration variables
d’une part avec l’aérosol de DEHS seul et d’autre part avec des mélanges d’aérosols d’alumine et de
DEHS. La perte de charge du filtre est suivie en continu et les concentrations en amont et en aval du
filtre mesurées à intervalles de temps réguliers.
RESULTATS EXPRIMENTAUX
Evolution des performances des filtres lors du colmatage par l'aérosol liquide
Des courbes caractéristiques de l’évolution de la perte de charge et de la perméance du filtre sont
présentées sur la figure 2.
120 0.07
!P (mbar) Stade 4
0.06
100
Stade 3
0.05
80
Perméance (-)
!P (mbar)
0.04
60
Stade 2
0.03
40
0.02
Stade 1
20
0.01
Perméance
0 0
0 50 100 150 200 250
-2
masse surfacique collectée (g.m )
Figure 2 : Evolution de la perte de charge du filtre à fibres au cours de son colmatage par un aérosol de DEHS à 2,5 cm.s-1.
Un premier résultat remarquable est l’évolution de la perméance du filtre au cours de la masse de
liquide collectée. Si la croissance observée de la perte de charge lors du colmatage est en accord avec
les théories classiques de la filtration, la perméance suit une évolution contraire avec une
augmentation dès le début du colmatage alors qu’elle décroit dans le cas de la filtration d’aérosols
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solides.
Un second résultat particulier est l’apparition à partir d’une certaine masse de liquide collectée d’un
régime permanent caractérisé par une valeur constante de la perte de charge et de la perméance. On
observe en aval du filtre à ce moment là un drainage du liquide collecté, qui pourrait expliquer que la
quantité de liquide dans le filtre atteint un niveau constant pour des conditions de pression et
température données.
Plus précisément un scénario de dépôt des gouttelettes a été établi à partir de ces courbes et
d’observations au microscope électronique à balayage. Il se décompose en 4 stades présentés ci-
dessous.
Stade 1 : dépôt des gouttelettes sur les fibres
• augmentation de la perte de charge due à
l’augmentation de la surface de frottements
• augmentation de la perméance du fait de la
réduction de surface effective de collecte des
gouttelettes par les fibres
Stade 2 : coalescence des gouttelettes et mouillage
des fibres
Point d’inflexion observé sur les courbes
Stade 3 : formation de ponts liquides aux
interstices des fibres
• augmentation exponentielle de la perte de
charge due à l’augmentation de la vitesse
interstitielle de passage de l’air
• diminution de la perméance du fait de
l’augmentation de la vitesse qui favorise le
mécanisme de capture par impaction
Stade 4 : film liquide en surface du filtre
Etat pseudo-stationnaire de la perte de charge et
de la perméance caractérisé par une quantité de
liquide constante dans le filtre obtenu à partir d’un
équilibre entre la collection du liquide par le filtre
et le drainage
Figure 3 : Observations au Microscope Electronique à Balayage de la surface du filtre colmaté par un aérosol liquide de
DEHS à différents stades de filtration
Ces résultats ont été obtenus sur un filtre à Très Haute Efficacité pour un aérosol liquide donné. Le
scénario établi ainsi que les allures de courbes de perte de charge et de perméance sont bien sûr
dépendants des propriétés du filtre et de l’aérosol et pourraient être modifiés si ces paramètres étaient
différents.
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Influence d’un fonctionnement discontinu du filtre sur ses performances de filtration
L’objectif de ce point de l’étude est de prendre en compte le mode de fonctionnement des filtres
utilisés dans les systèmes de dépoussiérage industriel lors de la caractérisation expérimentale des
performances de filtration. Ces systèmes fonctionnent de manière discontinue avec des périodes
d’arrêt de durée plus ou moins longues pendant lesquelles le filtre n’est a priori pas balayé par un flux
d’air. Ce fonctionnement a été mis en œuvre sur le filtre THE testé.
Des interruptions de filtration ont été effectuées aux différents stades caractéristiques de la croissance
de la perte de charge du filtre. La reprise de la filtration s’est toujours accompagnée d’une valeur de la
perte de charge identique à celle mesurée avant l’interruption, sauf dans le cas d’une interruption au
niveau du palier de drainage. L’étude s’est donc plus particulièrement portée sur cette phase critique.
Différents essais ont donc été réalisés en imposant un flux d’air propre, de débit variable dans le sens
de filtration lors d’arrêts de colmatage au niveau du palier de drainage, avant une reprise de la
filtration. Les résultats obtenus sont représentés sur la figure 4. La phase de repos n’est pas
représentée. Seules les évolutions de la perte de charge avant l’arrêt et à la reprise de la filtration sont
représentées.
Arrêt du colmatage et
phase de repos de 40
minutes
160
140
120
Perte de charge (mbar)
100
80 sans interruption
phase de repos à 0 cm/s
60 phase de repos à 2,3 cm/s = 0,4Uf
phase de repos à 4,5 cm/s = 0,77Uf
40 phase de repos à 5,8 cm/s = Uf
phase de repos à 11,3 cm/s = 2Uf
20 phase de repos à 22,7 cm/s = 4Uf
phase de repos à 56,8 cm/s = 10Uf
0
0 1000 2000 3000 4000 5000
Temps de filtration (s)
Figure 4 : Evolution de la perte de charge du filtre THE soumis à une interruption de filtration sur le palier de drainage et à
différents débits d’air de balayage, Uf = 5,8 cm.s-1
Il apparaît une forte croissance de la perte de charge lorsque le colmatage est interrompu et que le
filtre est balayé par un débit d’air propre de valeur inférieure ou égale au débit de filtration.
Inversement le balayage à fort débit d’air génère une baisse importante de la perte de charge à la
reprise de la filtration. Une réorganisation du liquide capturé par le filtre pourrait expliquer cette forte
variation. Cette technique pourrait s’avérer intéressante pour régénérer en partie les filtres colmatés
par un aérosol liquide.
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Filtration de mélanges d’aérosols solide et liquide
La réalité industrielle dans les ateliers de mécanique fait souvent cas de filtration de mélange
d’aérosols, solide et liquide, par exemple brouillard d’huile + copeaux métalliques ou suie. Des essais
ont été réalisés en générant en parallèle un aérosol de DEHS et un aérosol d’alumine à des
pourcentages massiques variables [2,4]. Les conditions sont rappelées dans le tableau 3.
Tableau 3 : Conditions opératoires des essais de colmatage par un mélange d’aérosol solide et liquide
Paramètre Valeur
Pourcentage massique de solide dans le mélange Variable de 0 à 100 %
Débit volumique de filtration 30 [Link]-1
Débit massique de liquide généré 5,6.10-5 g.s-1
Les résultats obtenus en termes d’évolution de la perte de charge sont donnés sur la figure 5. Les
allures obtenues sont encore différentes de celles caractéristiques du colmatage d’un filtre par un
aérosol solide seul et par un aérosol liquide seul, avec deux paliers significatifs dans le cas du
mélange.
La première remarque est qu’au niveau du premier palier, la perte de charge du filtre colmaté par un
mélange est plus importante que celle du filtre colmaté par l’aérosol liquide seul, du fait de la présence
des particules solides collectées. Cet écart est d’autant plus important que le pourcentage massique en
solide est élevé. Ceci confirme les résultats de Rosati et al. [3].
200
liquide seul
13,5% solide
25% solide
150 50% solide
75% solide
Perte de charge (mbar)
solide seul
100
50
0
4 4 4
0 2000 4000 6000 8000 1 10 1.2 10 1.4 10
Temps (s)
Figure 5 : Evolution de la perte de charge du filtre soumis à des colmatages de mélanges d’aérosols solide et liquide de
teneur variable
Pour essayer d’interpréter ces courbes, des observations au microscope électronique à balayage du
filtre à différents instants de son colmatage ont été réalisées. Il apparaît que lors du premier palier, le
gâteau de particules solides est en cours de formation et qu’il recouvre la totalité de la surface au
niveau du second palier. De plus les agglomérats observés à la surface du filtre laissent à penser que
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les particules solides se sont agglomérées avant d’être collectées par le filtre du fait de la présence de
liquide.
Il est très délicat de pouvoir identifier la part de l’aérosol solide et celle de l’aérosol liquide sur
ce colmatage, ce qui limite les interprétations. Des essais complémentaires sont à prévoir pour
comprendre ces phénomènes.
MODELISATION DES PERFORMANCES D’UN FILTRE LORS DE SON
COLMATAGE PAR UN AEROSOL LIQUIDE
L’objectif est de développer un modèle phénoménologique du colmatage d’un filtre THE par un
aérosol liquide non volatil, basé sur les différentes observations réalisées, qui rende compte de
l’évolution de la perte de charge et de la perméance au cours du colmatage.
Hypothèses du modèle
Le filtre est initialement découpé en tranches d’épaisseur dZ. Dans chacune des tranches, on suppose
que les gouttelettes collectées sur les fibres auront le même effet d'un point de vue perte de charge et
perméance que la formation d'une gaine liquide autour de la fibre. Ainsi, au fur et à mesure du
colmatage, on considére que le 'diamètre de la gaine' augmente jusqu’à une valeur maximale
dépendant essentiellement des propriétés physico-chimiques du liquide. Cette limite 'd’enrobage des
fibres' par le liquide est caractérisée par un pourcentage volumique maximal de liquide au sein de la
tranche, noté !gaine.
Après cette étape le liquide collecté formera des ponts liquides entre les fibres entrainant une
diminution de la surface de collecte des gouttelettes. Le colmatage se poursuit jusqu’à contenir un
pourcentage volumique de liquide maximal noté !film. Par ailleurs, on suppose qu'il existe des
transferts du liquide collecté en aval de la tranche considérée par transfert capillaire tant que !gaine< !
< !film. Lorsque ! > !film , le liquide collectée est supposé migrer sous l'action des forces capillaires ou
celles liées à l'écoulement vers la tranche suivante, de sorte que la perméance et la perte de charge
restent constantes.
Les relations théoriques utilisées pour calculer la perte de charge et la perméance dérivent de celles
classiquement utilisées pour des filtres à fibres vierges. Le modèle choisi pour le calcul de l’efficacité
est celui de Lee-Rubow-Gougeon (modèle LRG) [1].
Les autres hypothèses sont listées ci-dessous :
- le filtre est isotrope
- les diamètres des fibres sont assimilés au diamètre moyen (validé pour les filtres THE)
- le liquide est mouillant vis-à-vis des fibres
Comparaison entre modèle et expériences
Des courbes d’évolution de la perte de charge en fonction de la masse de gouttelettes collectées
obtenues par le modèle en fixant différents diamètres cohérents de fibres gainées de liquide sont
comparées aux valeurs expérimentales sur la figure 6.
L’allure des courbes de perte de charge obtenue par le modèle rend bien compte de celle obtenue
expérimentalement. L’accord est moins satisfaisant en ce qui concerne l’évolution de la perméance
lors du colmatage, non représentée ici. Il apparaît que le diamètre de la gaine de liquide choisi comme
paramètre ajustable influe fortement sur les résultats du modèle. Cette approche doit être affinée afin
de bien prendre en compte les particularités de ce type de colmatage.
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140
120
Perte de charge (mbar)
100
80
60
expérimental
40
modèle LRG; d =2!m
gaine
modèle LRG; d =2,6!m
20 gaine
modèle LRG; d =2,9!m
gaine
0
0 50 100 150 200 250 300 350
-2
Masse surfacique générée (g m )
Figure 6 : Comparaison entre modèle et expérience, vitesse de filtration : 5,8 cm.s-1, filtre THE
CONCLUSION
Les travaux présentés ont permis dans un premier temps de mettre au point un scénario de colmatage
des filtres à fibres par un aérosol liquide non volatil basé sur les évolutions de la perte de charge et de
la perméance d’un filtre à fibres à Très Haute Efficacité lors de ce colmatage et sur des observations
au microscope électronique à balayage. Les profils de perte de charge et de perméance obtenus lors de
ces filtrations ont la particularité de présenter un palier à partir d’une certaine masse de liquide
collectée et de croître dès le début du colmatage.
Ce palier de drainage constitue une phase clé du colmatage des filtres à fibres puisqu’il a été montré
expérimentalement que des interruptions de la filtration à ce stade, accompagnée d’un balayage d’air
propre à un débit supérieur au débit de filtration, pouvaient conduire à une réorganisation du liquide
collecté au sein du filtre pour en réduire sa perte de charge.
L’étude de la filtration des mélanges d’aérosols solides et liquides a apporté de nouvelles questions sur
la structure du dépôt formé et la part de chacun des aérosols sur le colmatage. Quoi qu’il en soit la
perte de charge obtenue est toujours très supérieure à celle obtenue pour un liquide seul ou un solide
seul.
Ces résultats ont permis de développer un modèle phénoménologique de l’évolution des performances
des filtres à fibres à Très Haute Efficacité colmatés par un aérosol liquide. Les résultats sont
prometteurs et pourraient certainement être améliorés en prenant par exemple en compte la
distribution de tailles de fibres.
REFERENCES
!
[1] GOUGEON R., Filtration des aerosols liquides par les filtres à fibres en régime d’interception et d’inertie,
Thèse de l’Université Paris XII, septembre 1994.
[2] FRISING T., Etude de la filtration des aérosols liquides et des mélanges d’aérosols liquides et solides, Thèse
de l’Institut nationale Polytechnique de Lorraine, Octobre 2004.
[3] ROSATI J., LEITH D., RAYNOR O .C., Determinants of filter lifetimes, Filtration and Separation, (1999) ,
December 1999, 145-152
[4] FRISING T., GUJISAITE V., THOMAS D., BEMER D., CONTAL P., LECLERC D., Filtration of solid and
liquid aerosol mixtures: pressure drop evolution and influence of solid/liquid ratio, Filtration and Separation,
(2004), march 2004, 37-39
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