Mécanique des Milieux Continus M1 Physique & SCNI – 2012/2013
TD 4 - Ecoulements incompressibles de fluides visqueux
Exercice 1 : Viscosimètre de Couette
Le viscosimètre de Couette est un appareil constitué de deux cylindres coaxiaux. L’espace
entre les deux cylindres est rempli d’un fluide newtonien dont on veut mesurer la viscosité η.
Le cylindre extérieur, de rayon R2 , et mis en rotation à la vitesse angulaire Ω. Le cylindre
intérieur, de rayon R1 , est entraîné par les forces de viscosité et est maintenu immobile par
l’application d’un couple Γ.
1. En négligeant les effets de bord au fond et à la surface supérieure du fluide, montrer que
le profil des vitesses entre les deux cylindres est de la forme :
b
~v = ar + êθ .
r
Déterminer a et b en fonction de Ω, R1 et R2 en appliquant les conditions aux limites.
2. Exprimer les contraintes s’exerçant sur le cylindre intérieur. En déduire le couple Γ à
appliquer pour maintenir ce cylindre immobile, en fonction de η, Ω, R1 et R2 .
3. Au fond de l’appareil, les cylindres sont séparés par un interstice de hauteur e ≪ R1 . Quel
est le couple exercé sur la face inférieure du cylindre intérieur par les forces de viscosité ?
Pour un viscosimètre de dimensions R1 = 5,0 cm, R2 = 5,1 cm, h = 20 cm et e = 1 mm,
quelle erreur commet-on sur la mesure de viscosité si on néglige cette contribution ?
Exercice 2 : Ecoulement dans un cylindre
On impose une différence de pression ∆P entre l’entrée et la sortie d’un cylindre de rayon
R et de longueur L. Montrer que la vitesse moyenne de l’écoulement à travers une section
perpendiculaire à sa direction est proportionnelle au gradient de pression.
A faire en devoir maison (à rendre le 5 novembre)
Exercice 3 : Ecoulement de cisaillement
On considère un fluide confiné entre une paroi horizontale fixe (définissant l’altitude x3 = 0) et
~ = U x̂1 par rapport à la paroi et parallèlement
une plaque horizontale se déplaçant à la vitesse U
à elle (à x3 = d). Les dimensions horizontales du système sont infinies.
1. En prenant en compte les symétries du problème, quelles hypothèses peut-on faire sur le
champ (eulérien) de vitesses du fluide ?
2. Le fluide est incompressible. Qu’en découle-t-il ?
3. Projeter l’équation de Navier-Stokes sur les 3 axes du référentiel. En déduire les formes
possibles des dépendances en espace des champs de pression et de vitesse.
4. Sachant que le fluide devant et derrière la plaque est en équilibre de pression avec l’atmo-
sphère, et en tenant compte des conditions de contact, quelle est la forme du profil vertical
des vitesses ?
5. En comparant avec le résultat de l’exercice 2, peut-on deviner une loi générale reliant ces
2 quantités ?
6. A cette configuration, dite de Poiseuille plan, correspond une configuration de Couette
dans laquelle le fluide est limité par 2 cylindres concentriques (de diamètres respectifs
R1 et R2 , dont l’un est fixe et l’autre tourne). Montrer que si l’on impose une vitesse de
rotation fixée au cylindre intérieur, par exemple, la mesure du couple de frottement sur
ce cylindre fournit une mesure de la viscosité du fluide.
Exercice 4 : Ecoulement entre deux plaques parallèles
Dans la même géométrie que l’exercice 1, les deux plaques sont à présent immobiles et l’on force
l’écoulement du fluide entre elles en imposant une différence de pression ∆P entre “l’entrée” de
l’espace défini par les deux plaques et sa sortie.
1. En reprenant les étapes du raisonnement de l’exercice précédent, montrer que le profil
vertical de vitesses est parabolique.
2. Calculer la vitesse moyenne de l’écoulement à travers une section perpendiculaire à sa
direction. Montrer qu’elle est proportionnelle au gradient de pression.
Exercice 5 : Superposition des configurations des exercices 3 et 4
Si on considère la configuration de l’exercice 1, et qu’on rajoute une différence de pression
longitudinale, quel sera le profil de vitesses ? Comment le calculer aisément ?
Exercice 6 : Écoulement d’un glacier.
On considère l’écoulement permanent d’un fluide newtonien visqueux, incompressible, le long
d’une canalisation cylindrique ouverte de longueur infinie, inclinée d’un angle α sur l’horizon-
tale. La section du canal est un demi-cercle de rayon R. La surface libre du fluide se situe à
x3 = 0 et est à pression uniforme p0 . On suppose que la vitesse est en tout point parallèle à
Ox1 et qu’elle ne dépend pas de x1 .
x2
g x1
x3 α
1. Donner les équations gouvernant la dynamique des champs de vitesse et de pression.
2. Écrire les conditions aux limites aux différentes interfaces.
3. Calculer la distribution des vitesses et des pressions.
4. Peut-on retrouver la forme de l’expression du champ de vitesse à partir de l’analyse di-
mensionnelle ?
5. On cherche à évaluer le temps mis par un objet, tombé dans une crevasse en un point
donné d’un glacier, pour réapparaître à son front. Pour cela, on construit un modèle réduit
du glacier semblable à l’original et correspondant géométriquement à un écoulement du
type de celui présenté ci-dessus. Le modèle est construit au 1000ème pour les dimensions
géométriques. La pente est accentuée d’un facteur 10 (c’est à dire sin α′ = 10 sin α). On
utilise, au lieu de la glace, de la glycérine dont la masse volumique est identique et la
viscosité 106 fois plus faible. On observe sur la maquette que l’objet réapparaît au bout
de 48h, à quel délai de réapparition cela correspond-il réellement pour le glacier ?
Formulaire
Pour un fluide newtonien incompressible de masse volumique ρ et de viscosité η, l’équation
locale de conservation de la masse, ou équation de continuité, s’écrit :
div ~v = 0,
le tenseur des contraintes dans le fluide vaut :
σ̄¯ = −p¯1̄ + η(grad v + t grad v),
et l’équation de Navier–Stokes (forme locale de la conservation de quantité de mouvement)
s’écrit :
∂~v −−→ −−→
ρ + (~v · grad)~v = ρf~ − grad p + η∆~v .
∂t
En coordonnées cartésiennes (x, y, z), l’équation de continuité devient :
∂vx ∂vy ∂vz
+ + = 0,
∂x ∂y ∂z
les composantes du tenseur des contraintes sont :
∂vx ∂vy ∂vz
σxx = −p + 2η , σyy = −p + 2η , σzz = −p + 2η ,
∂x ∂y ∂z
∂vx ∂vy ∂vx ∂vz
σxy = σyx =η + , σxz = σzx = η + ,
∂y ∂x ∂z ∂x
∂vy ∂vz
σyz = σzy = η + ,
∂z ∂y
et les composantes de l’équation de Navier–Stokes selon x, y et z sont :
2
∂ vx ∂ 2 vx ∂ 2 vx
∂vx ∂vx ∂vx ∂vx ∂p
ρ + vx + vy + vz = ρfx − +η + +
∂t ∂x ∂y ∂z ∂x ∂x2 ∂y 2 ∂z 2
2
∂ vy ∂ 2 vy ∂ 2 vy
∂vy ∂vy ∂vy ∂vy ∂p
ρ + vx + vy + vz = ρfy − +η + +
∂t ∂x ∂y ∂z ∂y ∂x2 ∂y 2 ∂z 2
2
∂ vz ∂ 2 vz ∂ 2 vz
∂vz ∂vz ∂vz ∂vz ∂p
ρ + vx + vy + vz = ρfz − +η + + .
∂t ∂x ∂y ∂z ∂z ∂x2 ∂y 2 ∂z 2
En coordonnées cylindriques (r, θ, z), l’équation de continuité devient :
1 ∂ 1 ∂vθ ∂vz
(rvr ) + + = 0,
r ∂r r ∂θ ∂z
les composantes du tenseur des contraintes sont :
∂vr 1 ∂vθ vr ∂vz
σrr = −p + 2η , σθθ = −p + 2η + , σzz = −p + 2η ,
∂r r ∂θ r ∂z
1 ∂vr ∂vθ vθ ∂vr ∂vz
σrθ = σθr = η + − , σrz = σzr = η + ,
r ∂θ ∂r r ∂z ∂r
∂vθ 1 ∂vz
σzθ = σθz = η + ,
∂z r ∂θ
Figure 1 – Schéma des coordonnées cylindriques (à gauche) et sphériques (à droite).
et les composantes de l’équation de Navier–Stokes selon r, θ et z sont :
∂vr vθ2
∂vr ∂vr vθ ∂vr
ρ + vr + + vz −
∂t ∂r r ∂θ ∂z r
2 2 2
∂p ∂ vr 1 ∂ vr ∂ vr 1 ∂vr 2 ∂vθ vr
= ρfr − +η + 2 2 + + − 2 − 2
∂r ∂r 2 r ∂θ ∂z 2 r ∂r r ∂θ r
∂vθ ∂vθ vθ ∂vθ ∂vθ vr vθ
ρ + vr + + vz +
∂t ∂r r ∂θ ∂z r
2
1 ∂ 2 vθ ∂ 2 vθ 1 ∂vθ
1 ∂p ∂ vθ 2 ∂vr vθ
= ρfθ − +η + 2 2 + + + 2 − 2
r ∂θ ∂r 2 r ∂θ ∂z 2 r ∂r r ∂θ r
∂vz ∂vz vθ ∂vz ∂vz
ρ + vr + + vz
∂t ∂r r ∂θ ∂z
2
1 ∂ vz ∂ 2 vz 1 ∂vz
2
∂p ∂ vz
= ρfz − +η + 2 2 + + .
∂z ∂r 2 r ∂θ ∂z 2 r ∂r
En coordonnées sphériques (r, θ, ϕ), l’équation de continuité devient :
∂vr 1 ∂vθ 1 ∂vϕ 2vr vθ cot θ
+ + + + = 0,
∂r r ∂θ r sin θ ∂ϕ r r
les composantes du tenseur des contraintes sont :
∂vr 1 ∂vθ vr
σrr = −p + 2η , σθθ = −p + 2η + ,
∂r r ∂θ r
1 ∂vϕ vr vθ cot θ 1 ∂vr ∂vθ vθ
σϕϕ = −p + 2η + + , σrθ = σθr = η + − ,
r sin θ ∂ϕ r r r ∂θ ∂r r
∂vϕ 1 ∂vr vϕ
σrϕ = σϕr = η + − ,
∂r r sin θ ∂ϕ r
1 ∂vθ 1 ∂vϕ vϕ cot θ
σθϕ = σϕθ = η + − ,
r sin θ ∂ϕ r ∂θ r
et les composantes de l’équation de Navier–Stokes selon r, θ et ϕ sont :
vϕ ∂vr vθ2 + vϕ2 1 ∂2 1 ∂ 2 vr
∂vr ∂vr vθ ∂vr ∂p
ρ + vr + + − =− +η (rvr ) + 2 2
∂t ∂r r ∂θ r sin θ ∂ϕ r ∂r r ∂r 2 r ∂θ
2
1 ∂ vr cot θ ∂vr 2 ∂vθ 2 ∂vϕ 2vr 2vθ cot θ
+ 2 2 2
+ 2 − 2 − 2 − 2 −
r sin θ ∂ϕ r ∂θ r ∂θ r sin θ ∂ϕ r r2
vϕ ∂vθ vr vθ vϕ2 cot θ 1 ∂2
∂vθ ∂vθ vθ ∂vθ 1 ∂p
ρ + vr + + + − =− +η (rvθ )
∂t ∂r r ∂θ r sin θ ∂θ r r r ∂θ r ∂r 2
1 ∂ 2 vθ ∂ 2 vθ cot θ ∂vθ
1 2 cos θ ∂vϕ 2 ∂vr vθ
+ 2 2 + 2 2 + 2 − 2 2 + 2 − 2 2
r ∂θ r sin θ ∂ϕ2 r ∂θ r sin θ ∂ϕ r ∂θ r sin θ
∂vϕ ∂vϕ vθ ∂vϕ vϕ ∂vϕ vr vθ vθ vϕ cot θ
ρ + vr + + + +
∂t ∂r r ∂θ r sin θ ∂θ r r
2 2 2
1 ∂p 1 ∂ 1 ∂ vϕ 1 ∂ vϕ cot θ ∂vϕ
= − +η 2
(rvϕ ) + 2 2
+ 2 2 + 2
r sin θ ∂ϕ r ∂r r ∂θ r sin θ ∂ϕ2 r ∂θ
2 ∂vr 2 cos θ ∂vθ vϕ
+ 2 + 2 2 − 2 2 .
r sin θ ∂ϕ r sin θ ∂ϕ r sin θ