Abstract
Ce rapport propose une modélisation hyperélastique innovante et
microstructuralement motivée pour les matériaux de type caoutchouc. Le
modèle se distingue par sa représentation détaillée des chaînes
macromoléculaires à travers des éléments micro-mécaniques : des barres
élastiques modélisant les segments entre les points de réticulation, et des
spirales élastiques illustrant la flexibilité des rotations autour de ces
points. Cette approche permet de capturer, à l'échelle d’un élément de
volume représentatif (RVE), les mécanismes complexes de déformation,
incluant l'entrelacement des chaînes, leur dépliement progressif sous
contrainte et la cristallisation induite par la déformation à des niveaux
d’allongement élevés.
Le modèle repose sur une combinaison d'une énergie élastique
quadratique pour les segments linéaires et d'une énergie sigmoïdale non
linéaire pour les points de rotation, offrant ainsi une description détaillée
des transitions mécaniques. Il introduit trois paramètres clés — l’angle de
flexion aa, le moment maximal M0M_0, et la rigidité des ressorts
longitudinaux KK — qui permettent de moduler les différentes phases de
comportement des matériaux.
Les simulations numériques réalisées sur des configurations de RVE
variées (chaînes structurées ou distribuées aléatoirement, avec ou sans
jonctions) mettent en évidence la capacité du modèle à reproduire les
réponses expérimentales des matériaux [Link] essais de
traction uniaxiale, de cisaillement pur et de déformation biaxiale ont été
au centre des réponses. Des validations sérieuses ont été effectuées par
rapport aux données expérimentales bien connues de Treloar (1944) qui
ouvrent un premier accès du type à l’activation, au dépliement, puis à la
rigidification des élastomères. Ce travail s’inscrit dans un vaste projet
visant à mieux connaître les mécanismes microstructuraux des matériaux
hyperélastiques tout en assurant une modélisation simplifiée mais solide,
et les résultats constituent un premier échelon vers une application à large
échelle dans différents domaines industriels tels l’aéronautique,
l’automobile et le génie civil où la fiabilité des simulations est un enjeu
majeur.