Exercices Corrigés en Analyse Numérique
Exercices Corrigés en Analyse Numérique
NUMÉRIQUE I
Exercices corrigés
Ce manuscrit est destiné aux élèves inscrit en deuxième année cycle préparatoire,
à l'école supérieure en sciences appliquées. Son contenu, correspond au programme
ociel de la matière Analyse numérique du premier semestre. Il a été rédigé dans le
but de permettre d'avoir un outil de travail et de référence recouvrant les connaissances
qui leur sont demandés.
L'objet de ce manuscrit est de proposer une explication succincte des concepts vu
en cours, en plus des exercices corrigés permettant d'orienter les raisonnements vers
d'autres domaines (physique, économies, etc.), cela an d'exhiber l'intérêt et l'omni-
présence de l'analyse numérique au sens large.
3
Table des matières
4
2.2.4 Méthode de Jacobi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
2.2.5 Méthode de Gauss-Seidel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
2.2.6 Convergence de la méthode de Jacobi et de Gauss-Seidel . . . . 76
2.2.7 Méthode de Relaxation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
2.2.8 Exercices corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
2.2.9 Exercices supplémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
3 Annexe 95
3.1 Théorème des valeurs intermédiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
3.2 Théorème de Pythagore . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
3.3 Théorème de Thalès . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
3.4 Éléments matricielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
3.4.1 Inverse des matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
3.4.2 Matrices triangulaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
3.4.3 Transposée d'une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
3.4.4 Matrices symétriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
3.4.5 Déterminant d'une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
3.4.6 Matrices dénies positives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
3.4.7 Normes matricielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
3.4.8 Conditionnement d'une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
5
Introduction générale
E n mathématiques, il existe des problèmes qui ne peuvent pas être résolu ana-
lytiquement, par exemple, les équations algébriques de degré ≥ 5. Pour la
résolution de ce type d'équations il a été prouver qu'il n'existe pas de formule
par radicaux.
Aussi, dans certains cas les solutions analytiques existent mais sont complètement
inecaces à mettre en oeuvre en pratique, comme la résolution d'un système linéaire
Ax = b dont la solution est x = A−1 b où le calcul de A−1 devient rapidement intolé-
rable lorsque la taille de la matrice augmente. Donc souvent pour résoudre un problème
mathématique on fait appel à l'analyse numérique.
analyse numérique
L' comprend deux mots : l'analyse qui fait référence aux mathé-
matiques et le mot numérique qui fait référence au traitement informatique.
En d'autres termes c'est l'élaboration des méthodes de calcul mathématiques adap-
tées aux traitement par ordinateur qui ont pour but la résolution des problèmes concrets
qui se posent dans diérentes disciplines : physique, economie, ingénierie, etc. Ces pro-
blèmes doivent être bien posés c'est-à-dire que la solution existe, unique et dépend
continûment des données du système.
Il existe souvent plusieurs méthodes numériques pour résoudre un tel système qui
doivent être stables et bien conditionné . Cela signie que ces méthodes donnent des
résultats satisfaisants quelques soit la nature des données initiales traités par l'ordina-
teur et qu'elles soient insensibles aux petites variations de ces données.
Développer une méthode numérique revient a créer un algorithme qui est un pro-
cessus constitué par un ensemble d'opérations et de règles opératoires données pour un
calcul.
6
Sinon calculer le discriminent ∆ = b2 − 4ac
Si ∆ < 0 alors il n'y a pas de solutions réelles
FinSi
−b
Si ∆ = 0 alors il existe une solution double x =
2a
FinSi √ √
−b − ∆ −b + ∆
Si ∆ > 0 alors il existe deux solutions x = et x =
2a 2a
FinSi
FinSi
3. Acher la solution x
7
Chapitre 1
Résolution des équations non linéaires
8
La méthode de dichotomie consiste à construire une suite (xn ) qui converge vers α
de la manière suivante :
Soit c0 le milieu de [a, b]. La racine se trouve
alors dans l'un des deux intervalles [a, c0 ] ou
[c0 , b] où bien elle est égale à c0 .
lente. Par contre elle converge dans tous les cas où la fonction change de signe au
voisinage de la racine. C'est une méthode que nous qualierons tout-terrain, lente mais
quasiment infaillible.
1.1.2 Convergence de la méthode
Théorème 1 Soit f une fonction continue sur [a, b], vériant f (a) × f (b) < 0 et soit
l'unique solution de f (x) = 0. Si l'algorithme de dichotomie arrive jusqu'à
α ∈ [a, b]
l'étape alors on a l'estimation :
n
b−a
|α − cn | ≤
2n+1
Par conséquent la suite (c ) converge vers α. C'est ainsi vrai si c
n n∈N n =α [2].
1.1.3 Test d'arrêt
Pour que la valeur de cn de la suite de la nième itération soit une valeur approchée
de α à > 0 près. Il sut que n vérie :
b−a
≤
2n+1
On a alors
b−a
|α − cn | ≤ ≤
2n+1
9
Ce qui permet de calculer à l'avance le nombre nécessaire n ∈ N d'itérations assurant
la précision .
b−a
ln
b−a b−a
n+1
≤ ⇐⇒ ≤ 2n+1 ⇐⇒ n ≥ −1
2 ln(2)
1.1.4 Exercices corrigés
Solution
1. D'après le graphe de f , on remarque qu'il
existe un α ∈ [0, 1].
Vérions le en utilisant le théorème des va-
leurs intermédiaires :
*f est continue sur [0, 1].
*f (0) × f (1) = (−1) × (1.71) < 0.
*f 0 (x) = x exp(x)(2 + x) > 0 sur [0, 1].
Donc d'après le théorème des valeurs inter-
médiaires il existe un unique α ∈ [0, 1].
2. On a
|b − a|
<
2n+1
on a a = 0 et b = 1, donc pour = 10−3 , on obtient :
ln(103 )
n≥ −1
ln(2)
⇒ n ≥ 8, 96
10
3. On va utiliser le tableau suivant pour calculer α :
an + b n
n an bn f (an ) f (bn ) cn = f (cn )
2
0 0 1 ⊕ 0.5
1 0.5 1 ⊕ 0.75 ⊕
2 0.5 0.75 ⊕ 0.625
3 0.625 0.75 ⊕ 0.6875
4 0.6875 0.75 ⊕ 0.71875 ⊕
5 0.6875 0.71875 ⊕ 0.703125
6 0.703125 0.71875 ⊕ 0.7109375
7 0.703125 0.7109375 ⊕ 0.70703125
8 0.703125 0.70703125 ⊕ 0.705078125
9 0.703125 0.705078125 ⊕ 0.704101562
10 0.703125 0.704101562 ⊕ 0.70387031
11 0.703125 0.70387031 ⊕ 0.703497655
À partir de ce tableau, on a :
Donc
α ' 0.703497655
Solution
1. On a :
*f (1) × f (1.1) = −0.10 × 2.038 < 0
*f 0 (x) = 12x11 > 0 sur [1, 1.1]
*f continue sur [1, 1.1]
Donc d'après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe une racine dans
[1, 1.1].
On va utiliser le tableau suivant pour estimer la solution.
11
an + b n
n an bn f (an ) f (bn ) cn = f (cn )
2
0 1 1.10 ⊕ 1.05 ⊕
1 1 11.05 ⊕ 1.025 ⊕
2 1 1.025 ⊕ 1.0125 ⊕
3 1 1.0125 ⊕ 1.00625
4 1.00625 1.0125 ⊕ 1.00937 ⊕
5 1.00625 1.00937 ⊕ 1.00781
6 1.00781 1.00937 ⊕ 1.00859 ⊕
7 1.00781 1.00859 ⊕ 1.00820 ⊕
À partir de ce tableau, on a :
Donc 1
(1.10) 12 ' 1.00820
2. on a :
1 0.1
n ≥ ln −1
2
n ≥ 5.64
Cela veut dire qu'on a au minimum 6 itérations pour estimer la solution à 10−3
près.
1. Montrer que l'équation f (x) = 0 admet des racines et isoler chacune d'elles
dans un intervalle. .
2. Calculer la solution x ∈ [2, 3] par la méthode de dichotomie pour un = 10 . −3
Solution
1. Df = R
f 0 (x) = −43 + 78x − 15x2
Calculons le ∆ pour résoudre l'équation
f 0 (x) = 0.
∆ = (−78)2 − 4(−43)(−15) = 3504
donc, on a :
√
−78 − 3504
x1 =
= 4.57
−30
√
−78 + 3504
x2 =
= 0.62
−30
12
Alors on a le tableau de variations suivant :
x −∞ 0.62 4.57 +∞
f 0 (x) − 0 + 0 −
+∞ 101.7
f (x)
−51.86 −∞
an + b n
n an bn f (an ) f (bn ) cn = f (cn )
2
0 2 3 ⊕ 2.5 ⊕
1 2 2.5 ⊕ 2.25 ⊕
2 2 2.25 ⊕ 2.125
3 2.125 2.25 ⊕ 2.1875 ⊕
4 2.125 2.1875 ⊕ 2.15625
5 2.15625 2.1875 ⊕ 2.171875 ⊕
6 2.15625 2.171875 ⊕ 2.1640625
7 2.1640625 2.171875 ⊕ 2.16796875 ⊕
8 2.164625 2.16796875 ⊕ 2.166015625 ⊕
9 2.164625 2.166015625 ⊕ 2.165038813
10 2.165038813 2.166015625 ⊕ 2.165527219
rance de 10 .
γ
−3
13
Solution
Étude de fγ :
On a
exp(x) + exp(−x)
cosh(x) =
2
exp(x) − exp(−x)
sinh(x) =
2
alors,
* lim fγ (x) = +∞
x→±∞
*fγ0 (x) = sinh(x) − sin(x) = 0 ⇐⇒ x = 0
À partir de ce tableau, on a
donc
α ' 1.624511719
14
Exercice 5 On considère le problème du calcul de l ∈ [0, π] tel que l = 1− 41 cos(l).
1. Montrer qu'on peut utiliser la méthode de dichotomie pour approcher l.
2. Que vaut l'approximation de l après 3 itérations? Quelle est l'erreur maxi-
male qu'on obtient après 3 itérations?.
Solution
1. Soit f : [0, π] → R la fonction dénie par
1
f (x) = 1 − cos(x) − x
4
on a :
* f ∈ C ∞.
* f (0) × f (π) = 0.75 × (−1.89) < 0.
1
* f 0 (x) = sin(x) − 1 < 0.
4
Donc d'après le théorème des valeurs intermé-
diaires, il existe un unique l tel que f (l) = 0.
Alors on peut utiliser la méthode de dichotomie
pour approcher l.
On remarque aussi que le graphe de la fonction
f nous montre qu'il existe un unique zéro dans
l'intervalle [0, π].
2. Utilisons le tableau suivant pour calculer les trois itérations :
an + b n
n an bn f (an ) f (bn ) cn = f (cn )
2
0 0 π ⊕ π/2
1 0 π/2 ⊕ π/4 ⊕
2 π/4 π/2 ⊕ 3π/8
3 π/4 3π/8 ⊕ 5π/16
5π
À partir de ce tableau, on a l ≈ . L'erreur qu'ont obtient après trois itérations est
16
b−a π
au plus égale à la largeur de l'intervalle [a3 , b3 ], c'est-à-dire inférieure à 3 = .
2 8
15
le nombre minimal d'itérations nécessaires pour calculer le(s) zéro(s) avec une to-
lérance de = 10 , après avoir choisi un intervalle convenable.
−10
v euros. Cela signie qui si on verse ces v euros le premier janvier 2017+m avec
0 < m < n, au 31 décembre 2017+n ajoutent v (1 + T ) euros. Si à la n de
n−m
1. g(x) ∈ [a, b] , ∀x ∈ [a, b] (on dit que l'intervalle [a, b] est stable par g(x). Si on
écrit I = [a, b], alors g(I) ⊂ I .
16
2. ∃k ∈ R, 0 < k < 1 tel que |g (x)| ≤ k < 1, k = max |g (x)|. On dit que g est
0 0
strictement contractante
x∈[a,b]
Alors
g admet un unique point xe dans I = [a, b].
Pour tout x ∈ [a, b], la suite (x ) dénie par la récurrence :
0 n n∈N
xn+1 = g(xn )
Vérie :
∀n ∈ N, xn ∈ [a, b] et lim x = α
n→+∞
n
I = [α − h, α + h], on a :
0
∀n ∈ N, x ∈ I et lim x = α
n n
n→+∞
17
Point xe douteux : Si |g (x)| = 1, on ne peut pas conclure, il peut y
0
avoir convergence ou divergence. Pour cela on doit trouver un bon g qui vérie
|g (x)| < 1.
0
Remarque 2 Lorsque α est un1 point répulsif de g, celle-ci devient bijective au voisi-
nage de α et (g ) (α) = |g (α)| < 1. Par conséquent, le point α devient un point
−1 0
0
de α.
1.2.3 Test d'arrêt
On a la suite (xn ) converge vers α tel que g(α) = α. En xant la tolérance on estime
qu'on atteint la précision dès qu'il existe un n0 ∈ N tel que :
|xn0 +1 − xn0 | <
Néanmoins, la situation devient plus concrète lorsque g 0 est négative au voisinage de
α. En eet :
Proposition 1 Soit g : [a, b] −→ [a, b] de classe C . On suppose que g admet un
1
unique point xe α ∈ [a, b] vériant −1 < g (x) < 0 pour tout x dans l'intervalle de
0
18
Alors
∀n ∈ N, |x − α| ≤ |xn+1 −x | n+1 n
Estimation de l'erreur :
Le nombre minimal d'itérations pour que la solution soit approchée avec une pré-
cision est :
|xn − α| <
Sachant que
kn
|xn − α| ≤ |x1 − x0 |
1−k
Donc h i
(1−k)
ln |x1 −x0 |
n> , k = max |g 0 (x)|
ln(k) I
= c avec e = |x − α|
e n+1
lim p n n
n→+∞ e n
Dénition 2
Lorsque p = 1, la convergence de x vers α est dite linéaire.
Lorsque p = 2, la convergence de x vers α est dite quadratique.
n
n
g (p) (α) 6= 0
De plus on :
en+1 g (p) (α)
lim p =
n→+∞ en p!
Donc on remarque que plus p est grand plus la vitesse de la convergence est rapide.
Pour la démonstration (voir [3]).
Concernant la méthode du point xe on a p = 1 donc la convergence est linéaire,
car on a :
19
Remarque 3 La convergence de la méthode du point xe est de type linéaire donc lente
et souvent dicile à réaliser en pratique. De plus certains points xes dits instables ne
peuvent être atteints.
1.2.5 Exercices corrigés
trer que :
Si x ∈] − 2, 2[ alors la suite converge vers l .
Si x = ±2 alors x = l pour tout n ∈ N.
0 1
Solution
1. D'après le graphe de f , il existe deux solutions, l1 = 1 et l2 = 2.
20
Si x0 = −2 et x0 = 2 alors x2 = 2
pour tout n ∈ N∗ .
Si x0 ∈]−2, −1[ et x0 ∈]1, 2[ alors
xn & 1 pour tout n ∈ N∗ .
Si x0 = −1 et x0 = 1 alors x2 = 1
pour tout n ∈ N∗ .
Si x0 ∈] − 1, 1[ alors xn % 1 pour
tout n ∈ N∗ .
Si x0 > 2 alors xn % +∞ pour
tout n ∈ N∗ .
3. L'intervalle maximale pour appliquer le théorème de point xe est déni comme
2
le plus grand intervalle pour lequel |ϕ0 (x)| < 1 c'est-à-dire −1 < x < 1. Donc
3
x ∈ ] − 1.5, 1.5 [ .
On remarque que ] − 1.5, 1.5[⊂ [−2, 2]. Or si x0 ∈ [−2, −1.5[ ou x0 ∈ [1.5, 2[,
alors x1 = ϕ(x0 ) < |x0 | ∈]1, 2[ car ϕ(x) < x lorsque x ∈]1, 2[ et on montre que
la suite (xn )n∈N est décroissante et minorée par l1 donc convergente.
Comme l'unique limite possible est l1 on conclut que xn & l1 .
pour tout n ∈ N
0
xn+1 = ϕ(xn )
où
ϕ(x) = ϕ1 (x) = x3 − x2 + x − 1 et ϕ(x) = ϕ (x) = √x + 1
2
3 2
1. Montrer qu'il existe une unique racine réelle l de f . Montrer que l ∈ [1, 2].
2. Étudier la convergence des deux méthodes de point xe et, si elles convergent,
donner l'ordre de convergence.
3. Calculer l pour un = 10 près.
−3
Solution
1. Étude de f
*Df = R et f est de classe C ∞ ,
* lim f (x) = ±∞,
x→±∞
2
*f (x) = 3x − 2x, f (x) = 0 ⇒ (x = 0) ∨ x =
0 2 0
.
3
21
Voici le tableau de variations suivant :
2
x −∞ 0 +∞
3
f 0 (x) + 0 − 0 +
−1 +∞
f (x)
−∞ −1.14
2. La convergence de ϕ1 et ϕ2
Étude de ϕ1
Soit ϕ1 (x) = x3 − x2 + x − 1
*Dϕ1 = R et lim ϕ1 (x) = ±∞,
x→±∞
*ϕ1 (x) = 3x2 − 2x + 1 et ϕ1 (x) = 6x − 2,
0 00
1
*ϕ1 (x) = 0 ⇔ x = .
00
3
Voici le tableau de variations de ϕ1 :
x 1 2
ϕ001 (x) +
9
ϕ01 (x)
2
5
ϕ1 (x)
0
On remarque que le max ϕ1 (x) = 9 > 1. Donc elle n'est pas contractante
0
x∈[1,2]
et que ∀x ∈ [1, 2], ϕ1 (x) ∈
/ [1, 2]. Donc elle n'est pas stable, alors on conclut
que ϕ1 (xn ) est divergente.
22
Étude de√ϕ2
Soit ϕ2 = 3 x2 + 1,
*Dϕ2 = R et lim ϕ2 (x) = ±∞,
x→±∞
2x 2 −2 2 (x2 − 3)
*ϕ2 (x) = (x + 1) 3 et ϕ2 (x) = − .
0 00
3 9 (x2 + 1) 53
√
*ϕ2 (x) = 0 ⇔ x = ± 3.
00
ϕ002 (x) + 0 −
0.458
ϕ02 (x)
0.419 0.455
1.70
ϕ2 (x)
1.25
On remarque que le max ϕ2 (x) = 0.458 < 1. Donc elle est contractante
0
x∈[1,2]
et que ∀x ∈ [1, 2], ϕ2 (x) ∈ [1, 2]. Donc elle est stable, alors on conclut que
ϕ2 (xn ) est convergente.
3. Le calcul de l
x0 1 x5 1.456889588
x1 1.25992105 x6 1.461623151
x2 1.37284419 x7 1.463775528
x3 1.423531047 x8 1.464754438
x4 1.446474295
On remarque que
|x7 − x8 | = 9.78 × 10−4 < 10−3
alors
l ' x8 = 1.464754438
23
3. Soit la suite
x0 = 3
avec h(x) = tan(ln(x))
xn+1 = h(xn )
Cette suite converge t-elle vers α ?
4. On dénit la suite
x0 = 3
avec k(x) = exp(arctan(x))
xn+1 = k(xn )
Solution
1. Étude de f
D'après le graphe de f on remarque qu'il
existe un unique zéro entre 3 et 4. Vérions
le en utilisant le théorème des valeurs inter-
médiaires.
*f (3) × f (4) = (−0.15) × 0.06 < 0,
*f est continue sur [3, 4],
1 1
*f 0 (x) = − 2 > 0 sur [3, 4].
x x +1
D'après le théorème des valeurs intermé-
diaires, il existe un unique α ∈ [3, 4] tel que
f (α) = 0.
2. La convergence de g
Soit g(x) = x − ln(x) + arctan(x).
Pour montrer que la suite xn+1 converge vers α, il sut de montrer que g est
contractante et stable sur [3, 4].
x−1 1 1 2x
g 0 (x) = + 2 et g 00 (x) = 2 − 2 .
x x +1 x (x + 1)2
Voici le tableau de variations de g :
x 3 4
g 00 (x) +
0.80
g 0 (x)
0.76
3.93
g(x)
3.15
24
On remarque que le max |g 0 (x)| = k1 = 0.80 < 1, donc g est contractante et
x∈[3,4]
que ∀x ∈ [3, 4], g(x) ∈ [3, 4], donc g est stable. Alors g(xn ) converge vers α.
Nombre d'itérations
k1N
|xn − α| ≤ |x1 − x0 | < 10−6
1 − k1
(1−k1 )10−6
ln |x1 −x0 |
N>
ln(k1 )
N > 60.63
donc on prend
N = 61
3. Étude de la convergence de h
Soit h(x) = tan(ln(x)),
1 1
h0 (x) = [1 + tan2 (ln(x))] et h00 (x) = 2 [1 + tan2 (ln(x))]
x x
Voici le tableau de variations de h :
x 3 4
h00 (x) +
7.42
h0 (x)
1.61
5.35
h(x)
1.95
On remarque que le max |h0 (x)| = k2 = 7.42 > 1, donc h n'est pas contractante
x∈[3,4]
et que ∀x ∈ [3, 4], h(x) ∈
/ [3, 4], donc h n'est pas stable. Alors h(xn ) ne converge
pas vers α.
4. Étude de la fonction k
Soit k(x) = exp(arctan(x)),
1 −2x + 1
k 0 (x) = exp(arctan(x)) et k 00 (x) = 2 exp(arctan(x)),
x2 +1 x +1
25
Voici le tableau de variations de k :
x 3 4
k 00 (x) −
0.34
k 0 (x)
0.22
3.76
k(x)
3.48
P = 13
5. Le calcul de α
Pour estimer α on utilise la troisième méthode car P < N , donc xn+1 = k(xn )
avec k(x) = exp(arctan(x)).
x0 3 x6 3.692362115
x1 3.487013964 x7 3.692529274
x2 3.638287909 x8 3.69252771452
x3 3.678721749 x9 3.692584779
x4 3.689077084 x10 3.692584779
x5 3.691699757 x11 3.692585457
On remarque que
|x11 − x10 | = 6.7 × 10−7 < 10−6
donc
α ' x11 = 3.692585457
26
Exercice 11 Soit la fonction f (x) = x −x 1 − exp(−x)
1. Tracer l'allure du graphe de f , puis en déduire que l'équation f (x) = 0
possède une racine α négative et une racine α positive. Localiser chacun
de ces deux entiers successifs.
1 2
(k+1)
x = g (x ), avec g (x) = (x − 1) exp(x)
2
k
2
a- Vérier que les points xes de ces algorithmes sont des racines de l'équa-
tion f (x) = 0 puis étudier leur convergence. S'il y a convergence, dire vers
qu'elle racine.
b- Donner une approximation à 10 près, de la racine α en initialisant les
−5
itérations par x = 2.
2
(0)
Solution
1. Le graphe de f
D'après le graphe de f , on remarque qu'il existe
deux racines, α1 ∈ [−1, 0] et α2 ∈ [1, 2], on a :
Pour α1 :
*f (−1) × f (0) < 0,
*f continue sur [−1, 0],
*f 0 (x) = x12 + exp(−x) > 0 sur [−1, 0].
Donc d'après le théorème des valeurs
intermédiaires il existe un unique
α1 ∈ [−1, 0] tel que f (α1 ) = 0.
Pour α2 :
*f (1) × f (2) = −0.36 × 0.36 < 0,
*f continue sur [1, 2],
*f 0 (x) = x12 + exp(−x) > 0 sur [1, 2].
Donc d'après le théorème des valeurs in-
termédiaires il existe un unique α2 ∈
[1, 2] tel que f (α2 ) = 0.
a-
(i) Soit x(k+1) = g1 (xk ), avec g1 (x) = 1 + x exp(−x), vérions que les points
xes de cet algorithme sont des racines de l'équation f (x) = 0.
Pour α1 :
Montrons que g1 (α1 ) = α1 ⇐⇒ f (α1 ) = 0.
27
g1 (α1 ) = α1 ⇐⇒ 1 + α1 exp(−α1 ) = α1
α1 − 1
⇐⇒ exp(−α1 ) =
α1
α1 − 1
⇐⇒ − exp(−α1 ) = 0
α1
⇐⇒ f (α1 ) = 0
Pour α2 :
Montrons que g1 (α2 ) = α2 ⇐⇒ f (α2 ) = 0.
g1 (α2 ) = α2 ⇐⇒ 1 + α2 exp(−α2 ) = α2
α2 − 1
⇐⇒ exp(−α2 ) =
α2
α2 − 1
⇐⇒ − exp(−α2 ) = 0
α2
⇐⇒ f (α2 ) = 0
Étude de la convergence de g1
Pour α1 ∈ [−1, 0] :
g10 (x) = (1 − x) exp(−x) et g100 (x) = (x − 2) exp(−x)
x −1 0
g100 (x) −
5.43
g10 (x)
1
1
g1 (x)
−1.71
D'après ce tableau, on remarque que le max |g10 (x)| = 5.43 > 1, donc g1 n'est
x∈[−1,0]
pas contractante et que ∀x ∈ [−1, 0], g1 (x) ∈
/ [−1, 0], donc g1 n'est pas stable.
Alors g1 (xn ) ne converge pas vers α1 .
28
Pour α2 ∈ [1, 2] :
g10 (x) = (1 − x) exp(−x) et g100 (x) = (x − 2) exp(−x)
x 1 2
g100 (x) −
0
g10 (x)
−0.13
1.36
g1 (x)
1.27
D'après ce tableau, on remarque que le max |g10 (x)| = 0.13 < 1, alors g1 est
x∈[−1,0]
contractante et que ∀x ∈ [1, 2], g1 (x) ∈ [1, 2], donc g1 est stable. Alors que g1 (xn )
converge vers α2 .
(ii) Soit x(k+1) = g2 (xk ), avec g2 (x) = (x − 1) exp(x), vérions que les points
xes de cet algorithme sont des racines de l'équation f (x) = 0.
Pour α1 :
Montrons que g2 (α1 ) = α1 ⇐⇒ f (α1 ) = 0.
Pour α2 :
Montrons que g2 (α2 ) = α2 ⇐⇒ f (α2 ) = 0.
29
Etude de la convergence de g2
Pour α1 ∈ [−1, 0] :
x −1 0
g200 (x) +
0
g20 (x)
−0.36
−0.73
g2 (x)
−1
D'après ce tableau, on remarque que le max |g20 (x)| = 0.36 < 1, donc g2 est
x∈[−1,0]
contractante, et que ∀x ∈ [−1, 0], g2 (x) ∈ [−1, 0], donc g2 est stable. Alors g2 (xn )
converge vers α1 .
Pour α2 ∈ [1, 2] :
x 1 2
g200 (x) +
14.77
g20 (x)
2.71
7.38
g2 (x)
0
D'après ce tableau, on remarque que le max |g20 (x)| = 14.77 > 1, donc g2 n'est
x∈[1,2]
pas contractante, et que ∀x ∈ [1, 2], g2 (x) ∈
/ [1, 2], donc g2 n'est pas stable. Alors
g2 (xn ) ne converge pas vers α2 .
b-
Pour calculer α2 ∈ [1, 2], on va utiliser l'algorithme suivant :
30
x(0) 2 x(4) 1.350031356
x(1) 1.270670566 x(5) 1.349971507
x(2) 1.356605268 x(6) 1.349976937
x(3) 1.349371373
On remarque que
x(6) − x(5) = 5.43 × 10−6 < 10−5
donc
α2 ' x(6) = 1.349976937
Solution
1. ϕ : [0, 1] −→ R
1
x 7−→ x(1 − x)
2
1
ϕ0 (x) = − x et ϕ00 (x) = −1.
2
1
x 0 1
2
ϕ00 (x) − 0 −
1
ϕ0 (x) 0 1
2 −
2
1
ϕ(x) 8
0 0
31
D'après le tableau de varia-
tions de ϕ, on remarque que
le max |ϕ0 (x)| = 0.5 < 1 et
x∈[0,1]
ϕ(0) = 0, donc l1 = 0 est un point
xe attractif.
2. ϕ : [0, 1] −→ R
1
x 7−→ x(1 + x)
2
1
ϕ (x) = + x et ϕ00 (x) = 1.
0
2
Voici le tableau de variations de ϕ :
x 0 1
ϕ00 (x) +
1.5
ϕ0 (x)
0.5
1
ϕ(x)
0
32
Voici le tableau de variations de ϕ :
x 0 1
ϕ00 (x) +
2
ϕ0 (x)
0.5
1
ϕ(x)
0
Solution
1. Notons un le capital au début de la nième année, alors on a :
un = 0
un+1 = (1 + 5%)un − 50 = 1.05un − 50, ∀n ∈ N
33
1.2.6 Exercices supplémentaires
34
1.3 Méthode de Newton
3. f (x) 6= 0, ∀x ∈ [a, b]
00
35
4. Partant d'un point x qui satisfait l'inégalité
0
x choisi
0
f (xn )
xn+1 = g(xn ) = xn −
f 0 (xn )
Converge pour ce choix de x vers l'unique solution α de f (x).
De plus, nous avons l'estimation suivante :
0
M
|xn − α| ≤ |xn−1 − α|2 , ∀n > 0
2m
avec
M = max |f 0 (x)| , m = min |f 00 (x)|
x∈[a,b] x∈[a,b]
qu'il existe un α ∈ [a, b] tel que f (α) = 0 et f (α) 6= 0. Alors il existe δ > 0 tel que pour
0
avec ξn entre xn et α, et
xn+1 − xn = α − xn − α + xn+1 = en − en+1 = (1 − g 0 (ξn ))en
L'erreur qu'on commet lorsque l'on adopte le critère (∗) est donc plus petite que la
tolérance xée.
1.3.4 Ordre de convergence
Théorème 7 On suppose que f (α) 6= 0, alors si la suite (x ) des itérés de Newton
0
36
Remarque 4 Dans ce qui précède, nous avons supposé que la fonction f dont nous
cherchons le zéro α vérie f (α) = 0 et f (α) 6= 0. Autrement dit, nous avons supposé
0
que α est une racine simple de f . Maintenant la question qui se pose est : que se passe-
t-il quand α est une racine de f de multiplicité m ≥ 2 ?
Si on garde la même fonction g que précédemment, la méthode de Newton perd son
caractère de convergence quadratique. En eet on peut écrire
f (x) = (x − α) h(x) avec h(α) 6= 0
m
Donc
(x − α)m h(x) (x − α)h(x)
g(x) = x − = x −
m(x − α)m−1 h(x) + (x − α)m h0 (x) mh(x) + (x − α)h0 (x)
et g(x) − g(α) 1
lim =1− 6= 0,
x−α m
ce qui implique en terme de suite que
x→+∞
|xn+1 − α| 1
→1− ∈]0, +∞[
|xn − α| m
Ceci se traduit par une convergence linéaire et pas du tout quadratique. Pour récupérer
cette dernière, on fait appel à la méthode de Newton modiée.
1.3.5 Méthode de Newton modiée
On suppose que α est une racine de multiplicité m ≥ 2, c'est-à-dire :
f (x) = (x − α)m h(x) avec h(α) 6= 0
On suppose que f ∈ C 2 ([a, b]) et par conséquent h l'est aussi, on dénit alors la fonction
g par :
f (x)
g(x) = x − m
f 0 (x)
Dans ce cas,
g(x) − g(α)
lim g(x) = = 0,
x→α x−α
ce qui implique
|xn+1 − α|
lim =0
x→+∞ |xn − α|
et
|xn+1 − α| h0 (α)
lim =
x→+∞ |x − α|2 mh(α)
n
Remarque 5 Les méthodes quadratiques sont plus intéressantes que les méthodes li-
néaires car leur vitesse de convergence est plus rapide. Des méthodes d'ordre plus élevé
seraient encore plus rapides mais plus lourdes à mettre en place et sont plus utilisées
dans la pratique.
Il n'est pas toujours possible de choisir avec certitude un x de départ dans la zone de
convergence. Il pourra alors y avoir, même si la suite converge, une phase de recherche
0
dans laquelle il n'y a pas réduction progressive de l'erreur, il pourra y avoir divergence.
La méthode de Newton nécessite le calcul des dérivées f (x), c'est un inconvénient dans
0
Solution
Soit la fonction f (x) = (x + 2) 5 .
2
1. f (x) = 0 ⇔ x = −2.
Donc l'unique racine de f est -2.
2. D'après le graphe de f on remarque qu'il
existe un unique α ∈ [−3, 0].
Vérions le par le théorème des valeurs in-
termédiaires.
*f (−3) × f (0) = −1 × 1.31 < 0,
*f est continue sur [−3, 0],
2 3
*f 0 (x) = (x + 2)− 5 < 0 sur [−3, 0].
5
Donc d'après le théorème des valeurs inter-
médiaires il existe un unique α ∈ [−3, 0].
Procédure de Newton :
*f ∈ C 2 ([−3, 0]),
2 3
*f 0 (x) = (x + 2)− 5 < 0. Pour x 6= −2
5
On a f 0 (−2) n'est pas dénie donc elle diverge. Alors on ne peut pas appliquer
la méthode de Newton.
− x | < 10 .
0
−5
|x n+1 n
38
Solution
Soit la fonction dénie par : f (x) = exp(x) − 4 cos(x) = 0.
1. Le graphe de f
hπ π i
2. On a α ∈ , .
4 2
Procédure de Newton
h π π i
*f ∈ C ∞
, ,
4 2
π π hπ π i
*f ×f = −0.63 × 4.81 < 0 ⇒ α ∈ , ,
4 2 4 2
π π
*f 0 (x) = exp(x) − 4 sin(x) > 0 sur ] , [
4 2
π π
*f 00 (x) = exp(x) + 4 cos(x) > 0 sur ] , [
4 2
Donc on peut appliquer la méthode de Newton.
Le choix de x0
π π
f ×f 00
= 4.81 × 4.81 > 0.
2 2
π
Donc on prend x0 = .
2
Alors le processus de Newton est :
π
x0 =
2
f (xn ) exp(xn ) − 4 cos(xn )
xn+1 = g(xn ) = xn − 0
= xn − ,
f (xn ) exp(xn ) + 4 sin(xn )
39
Exercice 18 On considère l'équation f (x) = x − A (1)
2
Solution
1. L'algorithme de la méthode de Newton s'écrit :
f (xn )
xn+1 = xn − , n = 0, 1....; x0 donné.
f 0 (xn )
ϕ0 (α) = ϕ00 (α) = .... = ϕ(k−1) (α) = 0 et ϕ(k) (α), où α est solution de l'équation
ϕ(α) = α.
√
1 A
Dans le cas présent, on a : ϕ(x) = x+ et α = A, d'où :
2 x
1 A 1 A
0
ϕ (x) = 1 − 2 et ϕ (α) =
0
1− =0
2 x 2 A
1 2Ax A 1
00
ϕ (x) = 4
= 3 et ϕ00 (α) = √
2 x x A
La méthode est donc d'ordre 2.
Exercice 19 Entre deux murs (verticaux) parallèles, on place deux échelles en les
croisant. La première fait 3 mètres de long, la seconde 2 mètres. On constate qu'elles
se croisent à une hauteur de 1 mètre.
En utilisant la méthode de Newton, calculer approximativement la largeur du couloir
avec une tolérance de 10 .
−3
40
Solution
On pose :
AD=x
AB=y
CD=z
En utilisant le théorème de Thalès (voir Annexe), avec les parallèles (AB), (EF) et
(CD), on a :
EF AF EF FD EF AF EF FD
= et = , soit = et =
AB AD CD AD y AD z AD
1 AF 1 FD
comme EF = 1 : = (4) et = (5)
y AD z AD
On en déduit par addition de (4) et (5) :
1 1 AF FD AF + F D
+ = + =
y z AD AD AD
On peut noter que AF + F D = AD
1 1 AD 1 1
Donc : + = ou encore + = 1
y z AD y z
1 1 1 z 1 z
On en déduit = 1 − soit = − ou y =
y z y z z z−1
z2
En remplaçant l'expression de y dans (3), on obtient : z 2 − =5
(z − 1)2
ou z 2 (z − 1)2 − z 2 = 5(z − 1)2
puis par simplications successives, on obtient : z 4 − 2z 3 − 5z 2 + 10z − 5 = 0
Tout d'abord, posons f (z) = z 4 − 2z 3 − 5z 2 + 10z − 5, représentée par le graphe
suivant
41
D'après ce graphe, on remarque qu'il existe deux solutions α1 ∈ [−2.5, −2] et
α2 ∈ [2.5, 3]. On a
*f (−3) × f (−2) = 55 × −13 ≤ 0
*f est continue sur [2.5, 3]
*f 0 (z) = 4z 3 − 6z 2 − 10z + 10 > 0
Le choix de z0
On a f (3) × f 00 (3) = 7 × 62 > 0. Donc on a le tableau suivant :
z0 3
z1 2.794117647
z2 2.739447775
z3 2.735739747
z4 2.735723253
À partir de ce tableau, on a
alors
α ' 2.735723253
Donc pour z = 2.735723253 en remplaçant z dans (1) : x2 + z 2 = 9 on obtient
x = 1.231185722
42
4. Soit la méthode de point xe
xk+1 = ϕ(xk )
(1)
x0 ∈]0, 1[
Solution
1. D'après le graphe de f , on remarque qu'il y a
quatre racines : α1 ∈ [−2, −1], α2 ∈ [−1, 0],
α3 ∈ [0, 1] et α4 ∈ [1, 2].
2. Montrons qu'il existe un unique x̂ ∈ [0, 1],
pour cela utilisons le théorème des valeurs
intermédiaires.
*f (0) × f (1) = 1 × −1.28 < 0,
*f continue sur [0, 1],
*f 0 (x) = 2x[exp(x) − 4] < 0.
Donc il existe un unique x̂ ∈ [0, 1].
3. Soit la méthode de Newton :
f (xk ) exp(x2k ) − 4x2k
xk+1 = xk − = x k −
f 0 (xk ) 2xk (exp(x2k ) − 4)
43
Voici le tableau de variations de ϕ :
x 0 1
ϕ00 (x) +
0.82
ϕ0 (x)
0
0.82
ϕ(x)
0.5
44
Solution
2. Méthode de Newton
*f ∈ C 2 ([1, 2]),
*f 0 (x) = 3 exp(−x) sur [1, 2]
*f 00 (x) = −3 exp(−x) sur [1, 2]
donc le procédé de Newton est le suivant :
donné
x0
f (xn ) 1
xn+1 = g(xn ) = xn − 0
= (xn + 1) −
f (xn ) 3 exp(−xn )
Le choix de x0
On a f (1) × f 00 (1) = −0.10 × −1.10 > 0. Donc on prend x0 = 1.
3. Calcul de α par la méthode de point xe
Soit g(x) = x − 1 + 3 exp(−x)
α est un point xe de g c'est-à-dire g(α) = α ⇐⇒ f (α) = 0
α − 1 + 3 exp(−α) = α ⇐⇒ −1 + 3 exp(−α) = 0 ⇐⇒ 1 − 3 exp(−α) = 0 ⇐⇒
f (α) = 0
Étudions la convergence de la méthode :
g 0 (x) = 1 − 3 exp(−x)
g 00 (x) = 3 exp(−x)
x 1 ln(3) 2
g 00 (x) + 0 +
0.59
g 0 (x) 0
−0.1
1.10 1.40
g(x)
1.09
45
x0 1
x1 1.103638324
x2 1.098624898
x3 1.098612289
∀x ∈ [1, 2], g(x) ∈ [1, 2], donc g est stable. Alors g converge vers α.
On a
|x3 − x2 | = 1.26 × 10−5 < 10−3
alors
α ' 1.09861228
4. Calcul de α par la méthode de Dichotomie
an + b n
n an bn f (an ) f (bn ) cn = f (cn )
2
0 1 2 ⊕ 1.5 ⊕
1 1 1.5 ⊕ 1.25 ⊕
2 1 1.25 ⊕ 1.125 ⊕
3 1 1.125 ⊕ 1.0625
4 1.0625 1.125 ⊕ 1.09375
5 1.09375 1.125 ⊕ 1.109375 ⊕
6 1.09375 1.109375 ⊕ 1.1015625 ⊕
7 1.09375 1.1015625 ⊕ 1.09765625
8 1.09765625 1.1015625 ⊕ 1.099609375 ⊕
9 1.09765625 1.099609375 ⊕ 1.098632813 ⊕
10 1.09765625 1.098632813 ⊕ 1.098144532
On a
|x10 − x9 | = 9.76 × 10−4 < 10−3
Donc
α ' 1.098144532
5. Calcul de α par la méthode de Newton
1
Soit ϕ(x) = x + 1 −
3 exp(−x)
x0 1
x1 1.093906057
x2 1.098601232
x3 1.098612289
On a
|x3 − x2 | = 1.10 × 10−5 < 10−3
alors
α ' 1.09861228
46
1.3.7 Exercices supplémentaires
Exercice 22 Le but de cet exercice est de calculer la racine cubique d'un nombre
positif a.
Soit g la fonction dénie sur R par
∗
+
(a > 0 xé)
2 a
g(x) = x + 2
3 3x
1. Faire l'étude complète de la fonction g.
2. Soit la suite (x ) dénie par :
n n∈N
xn+1 = g(xn )
0 < α < 1.
3. Soit g : R → R la fonction dénie par exp(αx). On dénit la suite récur-
rente :
u ∈R 0
(1)
un+1 = g(un )
47
1.4 Méthode de la sécante
1.4.1 Principe de la méthode
C'est une méthode du type :
xn + 1 = F (xn , xn−1 , ..., xn−N )
racine α de f avec f (α) 6= 0. Alors il existe un δ < r tel que si x et x ∈]α − δ, α + δ[,
0
avec λn
C(δ) |x − α| ≤ δ (C(δ))
n
λn+1 = λn + λn−1 , λ0 = λ1 = 1
Remarque
La méthode de la sécante ne converge aussi que si l'on part susamment près de la
racine,
|en+1 | ≤ c |en |λ , λ ≈ 1.6 nombre d'or
√
1+ 5
C'est une convergence superlinéaire qui a pour ordre de convergence .
2
48
Ce n'est pas complètement satisfaisant ; pour s'en convaincre, on peut penser à la suite :
1 1
xn = 1 + + ... +
2 n
qui vérie lim |xn+1 − xn | = 0.
n→+∞
Puisqu'on veut résoudre f (x) = 0, un autre critère d'arrêt possible consiste à s'ar-
rêter lorsque
|f (xn )| < (2)
Un autre critère d'arrêt possible consiste à s'arrêter lorsqu'un numéricien rigoureux
décide de s'arrêter que lorsque les deux critères (1) et (2) sont simultanément vériés.
Dans le cas de la méthode de la sécante, on peut utiliser
Solution
49
On a le tableau suivant :
x0 1
x1 0.61212248
x2 0.61549349
x3 0.61546816
On a
|x3 − x2 | = 2.533 × 10−5 < 10−3
alors
α ' 0.61546816
Solution
Soit f (x) = x2 − 10.
On a
|x5 − x4 | = 2.75 × 10−5 < 10−4
alors
α ' 3.16227401437
50
La méthode Avantages Inconvénients
Point xe - Son analyse mathématique est relativement aisée et - Convergence souvent dicile à réaliser en pratique ;
permet d'en déduire celle de la méthode de Newton ;
- Joue un rôle considérable pour adapter des algorithmes - Convergence lente de type linéaire ;
linéaires à des situations non linéaires.
51
- Certains points xes dits instables, ne peuvent être
atteints.
Méthode de - Convergence rapide ; - Peut diverger ou converger vers un autre zéro que celui
Newton cherché si la donnée initiale est mal choisie ;
- Relativement stable et peu sensible aux erreurs d'ar- - Nécessite le calcul de la dérivée de la fonction, ce qui
rondis si f 0 (x∞ ) n'est pas trop petit. est numériquement dicile si on le connais pas explici-
tement ;
- Chaque étape nécessite deux évaluations de la fonction.
Méthode de la - Nécessite une seule évaluation de la fonction à chaque - Peut diverger si les données initiales sont mal choisis ;
sécante étape ;
- Convergence relativement rapide mais moins que celle - Le calcul de f (xn ) − f (xn−1 ) peut produire des erreurs
de Newton. de chute.
Chapitre 2
Résolution des systèmes linéaires
La résolution des systèmes linéaires est considérée comme l'un des deux problèmes
fondamentaux de l'analyse numérique matricielle et cette résolution intervient à divers
domaines, en particulier lorsqu'il s'agit de modéliser puis résoudre numériquement des
problèmes comme par exemple en :
Électricité : recherche des intensités du courant dans un circuit électronique
en utilisant les lois des noeuds et des mailles ;
Chimie : l'équilibre des équations des réactions chimiques ;
Algèbre linéaire : recherche des vecteurs propres d'une matrice carrée asso-
ciés à une valeur propre donnée, déterminer le noyau d'un endomorphisme en
dimension nie (système homogène) ;
Géométrie analytique : étudier la position relative des droites et des plans
dans l'espace ;
Optimisation : minimisation ou maximisation d'une fonction quadratique ;
Analyse numérique : interpolation polynomiale (matrice de Vandermonde),
résolution numérique des équations aux dérivées partielles (méthodes des dié-
rences nies où les matrices rencontrées sont tridiagonales).
52
2.1 Méthodes directes
Les méthodes directes de résolution des systèmes linéaires sont des méthodes dans
lesquelles la solution est obtenue de façon exacte en un nombre ni d'opérations soit
par triangularisation soit par décomposition de la matrice A.
Remarque 8 On n'utilise jamais les formules de Cramer car elles nécessitent le calcul
du déterminant qui requièrent un nombre trop important d'opérations élémentaires.
Remarque 9 On ne calcule pas A pour ensuite faire x = A b avec x = (u · · · u ) .
−1 −1 T
.
0
.
déjà à résoudre n systèmes linéaires : Ax = 1. = e , ce qui est bien-sûre trop
i i
.
Principe de la méthode
La méthode consiste à construire une matrice inversible M telle que M A soit une
matrice triangulaire supérieure. Le système initial Ax = b est alors équivalent par
multiplicité à gauche par M au système triangulaire M Ax = M b. Donc la méthode de
Gauss se décompose en trois étapes :
1ière étape : Trouver une matrice inversible M telle que la matrice M A soit trian-
gulaire supérieure.
2ième étape : Calcul simultané du vecteur M b.
3ième étape : Résolution du système triangulaire supérieure M Ax = M b (remon-
tée).
Commençons par décrire étape par étape la méthode dans sa forme de base, en
considérant le système linéaire Ax = b, A étant une matrice inversible d'ordre n.
Supposons de plus que le terme a11 de la matrice A est non nul. Nous pouvons alors
éliminer l'inconnu x2 des lignes 2 à n du système en leur retranchant respectivement
a
la première ligne multiplier par le coecient i1 , i = 2, n.
a11
53
En notant A(2) et b(2) la matrice et le vecteur du second membre résultant de ces
opérations, on a alors
ai1 ai1
a1j et bi = bi − b1 , i, j = 2, n
(2) (2)
aij = aij −
a11 a11
k ≥ 2 de la forme :
(k) (k) (k) (k)
a11 a12 · · · a1k · · · a1n
(k) (k) (k)
0
a22 ··· a2k ··· a2n
.. .. .. .. .. ..
. . . . . .
A(k) =
(k) (k)
0
0 · · · akk · · · akn
. .. .. .. .. ..
.. . . . . .
(k)
0 0 ··· 0 · · · ann
et telles que le système A(k) x = b(k) est triangulaire supérieure. Les quantités a(k)
kk ,
k = 1, n − 1 sont appelées pivots et l'on a supposé qu'elles étaient non nulles à chaque
étape, les formules permettant de passer du k ième système linéaire au (k + 1)ième se
résumant à :
(k) (k)
aik aik
(k+1)
aij =
(k)
aij − a
(k)
(k) kj
et (k+1)
bi =
(k)
bi − b
(k) k
(k)
, i, j = 2, n
akk akk
En pratique, pour une résolution "à la main" d'un système linéaire Ax = b par cette
méthode, il est commode d'appliquer l'élimination à la matrice "augmentée" (A b).
On remarque qu'il faut s'assurer que a(k)
kk n'est pas nul ni même trop petit avant
chaque opérations. Pour cela, on adopte une stratégie du pivot.
1. Stratégie du pivot partiel : on détermine l'élément a(k) ik tel que k ≤ i ≤ n et
(k) (k)
aik = max apk
k≤p≤n
54
Erreur d'arrondi et choix du pivot
Revenons à présent sur le choix du pivot à chaque étape de l'élimination. Si à la k ième
étape l'élément a(k)
kk est non nul, il semble naturel de l'utiliser comme pivot. Cependant,
à cause des erreurs d'arrondi existant en pratique, cette manière de procéder est en
générale à proscrire, comme l'illustre l'exemple suivant :
Exemple numérique : Supposons que les calculs sont eectués en virgule ottante
dans le système décimal, considérons le système
10−4 1
x1 1
=
1 1 x2 2
x1 = 0 et x2 = 1
x2 = 1 et x1 = 2 − x2 = 1
55
Quantication de l'erreur
Les solutions obtenues numériquement ne sont que des valeurs approchées de la
solution exacte. En général, si x est la solution exacte du système Ax = b et x̃ est la
solution approchée calculée, nous avons donc les relations suivantes : Ax − b = 0 et
Ax̃ − b = r où r est appelé le résidu
.
Soit z l'erreur commise sur la solution x = x̃ + z . On montre facilement que z vérie
la relation Az + r = 0. Ainsi, on peut calculer l'erreur z à partir du résidu r.
Remarque 10 Malgré les avantages de la méthode de Gauss, elle n'est vraiment utili-
sée en analyse numérique que pour résoudre des problèmes où la matrice A n'a aucune
propriété particulière. Sinon, des algorithmes performants lui seront préférés (factori-
sation LU et Cholesky).
2.1.2 Méthode LU
Principe de la méthode
Le principe de la méthode est de se ramener à résoudre deux systèmes triangulaires.
Soit le système Ax = b, où A est une matrice dont tous les mineurs principaux sont
non nuls, alors pour la résolution on procède par les étapes suivantes :
1. Décomposition de A : A = LU avec L matrice triangulaire inférieure à dia-
gonale unité (c'est-à-dire : lii = 1) et U triangulaire supérieure.
2. Résolution du système triangulaire inférieure : Ly = b (déscente).
3. Résolution du système triangulaire supérieure : U x = y (remontée).
A=LU Ly = b
Ax = b −→ LU x = b −→
Ux = y
Notons
akik
lik =
akkk
Cette méthode est intéressante lorsqu'on doit résoudre beaucoup de systèmes du
types :
Axj = bj
car L et U sont calculées une fois pour toute et nous n'avons plus qu'à les utiliser pour
chacun des cas.
56
Théorème 10 Soit A une matrice d'ordre n inversible. Alors il existe une matrice P
(resp. des matrices P et Q) tenant compte d'une stratégie de pivot partiel (resp. total),
une matrice triangulaire inférieure L, dont les éléments sont inférieures ou égaux à 1
en valeur absolue, et une matrice triangulaire supérieure U telle que :
P A = LU (resp. P AQ = LU )
On a alors
1 2 3
(2)
A 0 0 −1
=
0 −6 −12
et l'élimination s'interrompe à l'issue de la seconde étape, le pivot a (2)
. En échan-
=0
geant la deuxième et la troisième ligne, on arrive à 22
1 2 3
(2)
A =
0 −6 −12 =U
0 0 −1
et E
(1)
(2)
E −2 1 0
= 0 1 0
=
−7 0 1 0 0 1
d'où
1 0 0
2 1 0
L=
7 0 1
57
Dans le cas d'une factorisation de type P A = LU , la résolution du système linéaire
Ax = b après factorisation s'eectue en appliquant tout d'abord la matrice de per-
mutation P au vecteur b pour obtenir le second membre P b et en résolvant ensuite
le système Ly = P b par une méthode de descente, puis le système U x = y par une
méthode de remontée.
Complexité de l'algorithme
n3 − n
Une décomposition LU pour la résolution d'un système linéaire nécessite :
3
2n3 − 3n2 + n
multiplications, additions, à l'étape de décomposition en un produit LU .
6
n3
Soit donc un total de l'ordre de , de plus la remontée et la descente nécessitent un
3
ordre de n2 . On note que pour n grand on néglige les puissances de n inférieures à 3, ce
qui permet de dire que le travail essentiel se trouve dans la décomposition elle-même.
2.1.3 Méthode de Cholesky
Principe de la méthode
La décomposition de Cholesky n'est qu'une variante de la décomposition LU pour
des matrices particulières. Dans toute cette section A ∈ Mn (R) est une matrice carrée
réelle symétrique dénie positive. Pour la résolution du système Ax = b, on procède
par les étapes suivantes :
1. Décomposition de A : A = LLT avec L matrice triangulaire inférieure à
éléments diagonaux positifs.
2. Résolution du système triangulaire inférieure : Ly = b (déscente).
3. Résolution du système triangulaire supérieure : LT x = y (remontée).
A=LLT T Ly = b
Ax = b −→ LL x = b −→
LT x = y
On détermine {lij } à l'aide du système d'équations
i
X
aij = lik ljk , 1≤i≤j≤n
k=1
58
où
···
l11 0 0
.. . . . . . . ..
. .
L= .
.. 0
ln−1,1
ln1 · · · · · · lnn
Donc la résolution peut se faire de proche en proche, colonne par colonne, comme suit :
v
u i−1
lorsque i = j
u X
taii − 2
lii = lik
k=1
i−1
X
a − lik ljk
ij
k=1
lorsque i > j
lji =
lii
peut imposer que les éléments diagonaux de la matrice L soient strictement positifs et
la décomposition A = LL correspondante est alors unique.
T
59
La méthode Le coût Avantages Inconvénients
2n3
L'élimination O - Résolution d'un seul système linéaire (comparaison - On échange la structure de A ;
3
de Gauss avec les autres méthodes) ;
- Utilisation des opérations élémentaires d'additions et - Blocage dans le cas d'un pivot nul sans pivotement ;
de multiplications.
- L'implémentation sur machine donne généralement de
mauvais résultats à cause des erreurs d'arrondi qui s'ac-
cumulent.
n3
Factorisation O - Cette méthode est très utile lors de la résolution d'une - La résolution d'un seul système linéaire nécessite deux
3
LU suite de systèmes de même matrice A où seul le vecteur systèmes linéaires triangulaires de matrices L et U (sto-
b change ; ckage de deux matrices L et U ) ;
60
- Utilisation des opérations élémentaires d'additions et -Particularité de la matrice carrée A (mineurs princi-
multiplications. paux non nuls).
4n3
Cholesky O - Cette méthode est très utile lors de la résolution d'une - Elle ne permet pas la résolution linéaire d'un système
3
suite de systèmes de même matrice A où seul le vecteur quelconque (particularité de la matrice A carrée symé-
b change ; trique dénie positive) ;
- Elle nécessite le calcul d'une seule matrice L ; - La résolution d'un seul système linéaire nécessite la ré-
solution de deux systèmes linéaires triangulaires de ma-
trices L et LT ;
- Elle demande une place mémoire deux fois inférieure
à celle de la factorisation LU car on ne doit stocker que
L.
D'après le tableau on constate que la méthode de Cholesky est la moins coûteuse
parmi les autres.
avec, r, s, t ∈ R.
1. Ecrire ce système sous la forme matricielle AX = b.
2. Résoudre le système par la méthode de Gauss.
Solution
1. Soit le système linéaire suivant :
3 −1 2 x r
−1 2 −3 y = s
1 2 1 z t
| {z } | {z } | {z }
A X b
61
On obtient le système d'équations suivant
3x − y + 2z = r
5
7 9
y− z = s+
3 3 3
15t − 12r − 21s
54
z =
15 15
En résolvant ce système on obtient la solution suivante :
1
(8r + 5s − t)
x 18
1
y = 18 (−2r + s + 7t)
x=
z 1
(−4r + −7s + 5t)
18
Solution
62
| 12 → L1
6 1 1
|
11 1
−→ 0
− | −4
→ L2
3 3
|
1
0 0 6 | 6 → L3 = L3 − L2
2
2. On pose A = LU , avec
6 1 1
1 0 0
1
11 1
U = 0 − et L = 3 1 0
3 3
1 1
0 0 6 1
6 2
on a alors
y = Ux
LU x = b ⇐⇒
Ly = b
y1 = 12
y1 = 12
1
Ly = b ⇐⇒ y 1 + y 2 = 0 =⇒ y2 = −4
3
y3 = 6
1 1
y1 + y2 + y3 = 6
6 2
6x1 + x2 + x3 = 12
x1 = 2
11 1
U x = y ⇐⇒ x2 − x3 = −4 =⇒ x2 = −1
3 3
x3 = 1
6x3 = 6
63
Alors la solution de ce système est
2
x=
−1
1
Solution
1. Soit la matrice
1 2 3
A= 2 4 5
7 8 9
Vérions si on peut faire la factorisation LU de A.
4 5 2 3 2 3
∆3 = det(A) = det − 2 det + 7 det
8 9 8 9 4 5
= −2 6= 0
Par suite A est inversible.
∆1 = det(A1 ) = 1 6= 0
1 2
∆2 = det(A2 ) = det =0
2 4
Donc on ne peut pas factoriser A sans utiliser la technique du pivot. En eet,
→ L1
1 2 3
−2
→ L2 = L2 − L1
2 4 5
A= 1
7 8 9 7
→ L3 = L3 − L1
1
1 2 3
−→ 0 0 −1
0 −6 −12
Soit la matrice
1 2 3
B= 7 8 9
2 4 5
64
Vérions si on peut faire la factorisation LU de B .
8 9 2 3 2 3
∆3 = det(B) = det − 7 det + 2 det
4 5 4 5 8 9
= 6 6= 0
Donc B est inversible.
∆1 = det(B1 ) = 1 6= 0
1 2
∆2 = det(B2 ) = det = −6 6= 0
7 8
Donc on peut factoriser B . La factorisation LU de la matrice B est donc
1 2 3 → L1
B= 7 8 9 → L2
2 4 5 → L3
1 2 3 → L1
−→ 0 −6 −12 → L2 = L2 − 7L1
0 0 −1 → L3 = L3 − 2L2
1 0 0 1 2 3
L = 7 1 0 , U = 0 −6 −12
2 0 1 0 0 −1
2. Résoudre le système Bx = b.
y = Ux
LU x = b ⇐⇒
Ly = b
y1 = 1
y1 = 1
Ly = b ⇐⇒ 7y1 + y2 = 0 =⇒ y2 = −7
y3 = −1
2y1 + y3 = 1
x1 + 2x2 + 3x3 = 1
1
x1 = − 3
U x = y ⇐⇒ −6x2 − 12x3 = −7 =⇒ 5
x2 = −
x =1 6
−x3 = −1 3
65
Exercice 29 On considère le système Ax = b, où
3 2 1 4
A= 1 2 3 ,b =
8
2 1 1 4
Solution
1. Calculons d'abord les matrices L et U , pour cela on va faire la triangularisation
de la matrice A.
3 2 1 → L1
A= 1 2 3 → L2
2 1 1 → L3
3 2 1 → L1
4 8 1
−→ 0 3
→ L2 = L2 − L1
3
3
1 1 2
0 − → L3 = L3 − L1
3 3 3
→ L1
3 2 1
4 8
−→ 0
→ L2 = L2
3 3
1
0 0 1 → L3 = L3 + L2
4
Résoudre le système Ax = b.
y = Ux
LU x = b ⇐⇒
Ly = b
y1 = 4
y1 = 4
1
y + y = 8 20
Ly = b ⇐⇒ 3
1 2 =⇒ y2 =
3
y3 = 3
2 1
y1 − y2 + y3 = 4
3 4
66
3x1 + 2x2 + x3 = 4
x1 = 1
4 8 20
U x = y ⇐⇒ x2 + x3 = =⇒ x2 = −1
3 3 3
x3 = 3
x3 = 3
Alors la solution de ce système est
1
x=
−1
3
2.
2 z = Ax
A x = b ⇐⇒ AAx = b ⇐⇒
Az = b
Alors
1
z = x = −1
3
car le système Ax = b admet une unique solution.
Il sut donc de résoudre le système Ax = z avec le même L et U .
y = Lz
Ux = y
y1 = 1
y1 = 1
1
y1 + y2 = −1 4
Ly = z ⇐⇒ 3 =⇒ y2 = −
3
y3 = 2
2 1
y1 − y2 + y3 = 3
3 4
3x1 + 2x2 + x3 = 1
x1 = 3
4 8 4
U x = y ⇐⇒ x2 + x3 = − =⇒ x2 = −5
3 3 3
x3 = 2
x3 = 2
Alors la solution de ce système est
3
−5
x=
2
67
Exercice 30 Soit α un paramètre réel et soient les matrices A , P et le vecteur b
dénis par
α
2 4 1
1 0 0
0
Aα = α −2 −1 , P = 0 0 1 et 3
b= −
2
2 3 2 0 1 0 −1
(sans pivot)?
α
linéaire M x = P b.
Solution
1. La matrice Aα est inversible si et seulement si det(Aα ) 6= 0.
−2 −1 4 1 4 1
det(Aα ) = 2 det − α det + 2 det
3 2 3 2 −2 −1
= −6 − 5α
6
Donc la matrice Aα est inversible si et seulement si α 6= − .
5
2. La matrice Aα admet une décomposition LU si et seulement si les mineurs
principaux de Aα sont non nuls.
A1 = 2 6= 0
2 4
A2 = det
α −2
= −4(1 + α)
Par conséquent, la matrice Aα admet une décomposition LU (sans pivot) si et
seulement si α 6= −1.
3. Si α = −1, la matrice Aα n'admet pas de décomposition LU sans pivot. La
matrice P échange les lignes 2 et 3 de la matrice A et on obtient la matrice
1 0 0 2 4 1 2 4 1
M = P A−1 = 0 0 1 −1 −2 −1 = 2 3 2
0 1 0 2 3 2 −1 −2 −1
La matrice M admet une décomposition LU (sans pivot) et l'on a
par conséquent, on obtient la décomposition LU suivante de la matrice M
1 0 0
1 1 0 2 4 1
L= , U = 0 −1 −1
1
1 0 0 −
− 0 1 2
2
68
2 4 1 → L1
M = 2 3 2 → L2
−1 −2 −1 → L3
2 4 1
→ L1
2
−→ 0 −1 1 → L2 = L2 − L1
2
1
0 0 − (−1)
2 → L3 = L3 − L1
2
69
Solution
1. On a
1 1
1 2 2
T
1 1
A =
2 1 =A
2
1 1
1
2 2
Alors A est symétrique.
∆1 = a11 = 1 > 0
1
1 2 3
∆2 = det = >0
1 4
1
2
1 1 1 1 1
1 2 1 2 2 1 2 2
1
∆3 = det − det + det = >0
1 2 1 2 1 2
1 1 1
2 2 2
Alors A est dénie positive.
2. √
l11 = a11 = 1
a21 1
l21 = =
l11 2
a31 1
l31 = =
l11 2
√
3
q
2
l22 = a22 − l21 =
2
a32 − l31 l21 1
l32 = = √
l22 2 3
√
2
q
2 2
l33 = a33 − l31 − l32 = √
3
Alors
1 0 0
√
1 3
L= 0
2 2
√
1 1 2
√ √
2 2 3 3
70
3. Résoudre le système Ax = b. On a
1 1
1 2 2
√
3 1
T
L = 0
√
2 2√ 3
2
0 0 √
3
T y = LT x
LL x = b ⇐⇒
Ly = b
y1 = 1
y1 = 1
√
1
y2 = − √
1 3
y1 + y2 = 0 3
Ly = b ⇐⇒ 2 2 =⇒
√
√
2 3
1 1 2 y3 = √
y1 + √ y2 + √ y3 = 1
3 2
2 2 3 3
1 1
x1 + x 2 + x3 = 1
2 2
√
x1 = 1
3
1 1
T
L x = y ⇐⇒ x 2 + √ x 3 = − √ =⇒ x2 = −1
2 2 3 3
x 3 = 1
√ √
2 2 3
√ x3 = √
3 3 2
Alors la solution de ce système est
1
x=
−1
1
1
det(LLT ) = det(L) × det(LT ) = (det(L))2 =
2
71
Exercice 33 On considère la matrice
1 2 −3 −1
A = 2 −12 , b = 0
−3 2 0 1
conduit à l'itération
M x(k+1) = N x(k) + b, k≥0
x(k+1) = M −1 N x(k) + M −1 b
Alors
M −1 N = B et M −1 b = c
La suite (x(k) )k∈N est obtenue à partir d'un vecteur initial arbitraire x(0) , par une
relation de récurrence de la forme
x(k+1) = Bx(k) + c, ∀k ∈ N (2)
Dénition 4 Une méthode itérative de la forme (2) est dite consistante avec le système
linéaire Ax = b si B et c vérient
x = Bx + c
72
Dénition 5 On appelle erreur (resp. résidu) à l'itération k (k ∈ N) de la méthode
itérative le vecteur
e = x − x ( resp. r = b − Ax )
(k) (k) (k) (k)
Soit encore si
lim r(k) = lim Ae(k) = 0
k→+∞ k→+∞
Théorème 12 Si une méthode de la forme (2) est consistante, celle ci est convergente
si et seulement si ρ(B) < 1.
Démonstration . Voir [5]
Lemme 1 Pour toute matrice carrée B, et toute norme matricielle
1
lim Bk k
= ρ(B) (3)
k→+∞
73
ou encore
r(k)
≤δ
kbk
2ième possibilité : Correspond au choix de l'initialisation x(0) . Dans ce cas on obtient
le contrôle suivant de l'erreur relative
e(k) r(k)
≤ A−1 ≤ cond(A)δ
kxk kxk
Un autre critère parfois utilisé dans la pratique est basé sur l'incrément x(k+1) −
x ,k ∈ N . L'erreur d'une méthode itérative de la forme (2) vériant la récurrence
(k)
d'où
kBk
e(k+1) ≤ x(k+1) − x(k)
∀k ∈ N
1 − kBk
k k
n
k→+∞ k→+∞
3. ρ(B) < 1
n
74
2.2.4 Méthode de Jacobi
Principe de la méthode
Soit encore Ax = b le système linéaire à résoudre. La méthode de Jacobi correspond
à la décomposition de la matrice A sous la forme A = D − E − F avec D matrice diago-
nale constituée des éléments diagonaux aii de A, E et F sont des matrices triangulaires
dénies par
si i > j si i < j
aij aij
(−E)ij = et (−F )ij =
0 sinon 0 sinon
On suppose que A ne possède pas de zéros sur sa diagonale. Dans cette méthode, on
prend
M = D et N = E + F
L'avantage de cette méthode est que dans ce cas là, M est très facile à inverser. La
méthode de Jacobi s'exprime alors par la suite
donné
x(0)
x (k+1)
= D−1 (E + F )x(k) + D−1 b pour tout entier k ≥ 0
La matrice d'itération de Jacobi est donnée par
J = D−1 (E + F )
On observe que la méthode de Jacobi correspond à l'écriture ligne par ligne suivante
n
!
(k+1) 1 X (k)
xi = bi − aij xj , i = 1, · · · , n, k ∈ N
aii j=1,j6=i
75
2.2.5 Méthode de Gauss-Seidel
Principe de la méthode
Dans cette méthode, on prend
M = D − E et N = F
G = (D − E)−1 F
est que
ρ(J) < 1 ( resp.ρ(G) < 1)
76
Théorème 16 Les méthodes de Gauss-Seidel et Jacobi convergent ∀x pour les sys- (0)
Ainsi pour ce type de matrice, les deux méthodes convergent ou divergent simultanément
et si elles convergent, Gauss-Seidel est plus rapide.
Démonstration . Voir [6]
77
Remarque 12 On peut montrer que si D E et D F sont à éléments positives ou
−1 −1
nuls, alors, dès que la méthode de Jacobi converge, il en est de même de celle de Gauss-
Seidel. De plus, la convergence de celle ci est au moins aussi rapide. Ce phénomène
n'est pas systématique comme on peut le voir dans l'exercice 36.
Cependant, pour de nombreux systèmes, surtout lorsqu'ils proviennent de la discré-
tisation d'équations aux dérivées partielles, la méthode de Gauss-Seidel converge plus
vite que celle de Jacobi. De plus pour une large famille de tels systèmes, on peut montrer
qu'il existe un paramètre ω optimal pour lequel la méthode de relaxation est considé-
∗
rablement plus ecace. Le nombre d'itérations nécessaires pour atteindre une précision
donnée chute considérablement lorsque ω est voisin de ω . ∗
L = D−1 E, U = D−1 F
d'où
A = D(I − L − U ), J =L+U
Lω = (I − ωL)−1 ((1 − ω)I + ωU )
Plus précisément, on a
78
!2
2 ρ(J)
ω∗ = p , ρ( L∗ω ) = p
1+ 1− ρ(J)2 1 + 1 − ρ(J)2
et
ω−1 si ω ≤ ω ≤ 2 ∗
si 0 ≤ ω ≤ ω
r
1 2 2 1 2 2 ∗
1 − ω + ω ρ(J) + ωρ(J) 1 − ω + ω ρ(J)
2 4
à surévaluer ω car une erreur à droite sur ω sera moins sensible qu'une erreur à
ω
∗ ∗
gauche.
Nombre d'opérations
Il faut noter que chaque itération nécessite (Dans Gauss-Seidel par exemple) : N (N −1)
multiplications+(N −1) additions+1 division ' 2N 2 opérations, si la matrice est pleine
(matrice contenant moins de zéros).
Pour être comparable à la méthode de Gauss, il faut donc que la précision voulue
N
soit obtenue en moins de itérations. Dans la pratique, on constate que les méthodes
3
itératives sont surtout avantageuses lorsque la matrice est creuse ( une matrice conte-
nant beaucoup de zéros) : à chaque itération, le nombre d'opérations est d'ordre kN où
k est une constante xe directement proportionnelle au nombre d'éléments non nuls.
De plus, il sut de stocker les éléments non nuls de A. C'est le dernier point qui est
essentiel dans le choix des méthodes itératives pour les grands systèmes creux : Une
factorisation de type Gauss ou Cholesky, même si elle préserve la structure-bande,
remplit "les trous" à l'intérieur de la bande et nécessite donc plus d'espace mémoire.
Pour N grand, on a le tableau suivant :
2 2 2 3
Gauss Seidel N log N k N log N
π2 π2
1 1
Relaxation N log N k N 2 log N
π π
79
2.2.8 Exercices corrigés
80
2 1
= λ −λ +
8
1 1
Les valeurs propres sont : λ1 = 0, λ2 = √ et λ3 = − √ . Alors
8 8
1 1
ρ(J) = max 0, √ = √ <1
8 8
Donc la méthode de Jacobi converge.
81
2. On a 2
1 1
ρ(G) = = √ = ρ(J)2
8 8
Alors la méthode de Gauss-Seidel converge plus rapidement que celle de Jacobi.
de cette méthode?
Solution
1. Pour Aα :
∆1 = 2 > 0
2 α
∆2 = det = 4 − α2 > 0 ssi − 2 < α < 2
α 2
2 α 0 √ √
∆3 = det α 2
α = 8 − 4α2 > 0 ssi − 2 < α < 2
0 α 2
√ √
Donc Aα est dénie positive si et seulement si α ∈ ] − 2, 2 [ .
Pour Cβ :
∆1 = 1 > 0
1 β
∆2 = det = 1 − β 2 > 0 ssi − 1 < β < 1
β 1
1 β 0
1 1
∆3 = det β 1 β = β+ (β − 1)2 > 0 ssi β > −
2 2
0 β 1
1
Donc la matrice Cβ est dénie positive si et seulement si β ∈ ] − , 1 [ .
2
2. Soit
2 0 0 0 0 0 0 −α 0
D = 0 2 0 , E = −α 0 0 et F = 0 0 −α
0 0 2 0 −α 0 0 0 0
82
Pour Aα : α
0 − 0
α 2 α
J = D−1 (E + F ) = − 0 −
2 2
α
0 − 0
2
Pour étudier la convergence de la méthode de Jacobi, on va calculer le rayon
spectral de J .
α
−λ − 0
α 2 α
α2
2
det(J − λI) = − −λ − = −λ λ −
2 α 2 2
0 − −λ
2
α α
Les valeurs propres sont : λ1 = 0, λ2 = √ et λ3 = − √ .
2 2
On a
|α| |α|
ρ(J) = max 0, √ =√
2 2
Alors
|α| √ √
ρ(J) < 1 ⇐⇒ √ < 1 ⇐⇒ − 2 < α < 2
2
√ √
Alors la méthode de Jacobi converge pour α ∈ ] − 2, 2 [ .
Pour Cβ :
0 −β −β
J = D−1 (E + F ) = −β 0 −β
−β −β 0
Pour étudier la convergence de la méthode de Jacobi, on va calculer le rayon
spectral de J .
−λ −β −β
det(J − λI) = −β −λ −β = −λ λ2 − β 2
−β −β −λ
1
0 0
2
α 1
(D − E)−1
−4
=
2
0
α2 α 1
−
8 4 2
83
Alors α
0 − 0
2
α2
α
0
G= −
4 2
α3 α2
0
8 4
Calculons le rayon spectral de G pour étudier la convergence de la méthode de
Gauss-Seidel.
α
−λ − 0
2
α2
2
α = λ2 α − λ
det(G − λI) =
0 −λ −
4 2
2
α3 α2
0 −λ
8 4
α2
Les valeurs propres sont : λ1 = λ2 = 0 et λ3 = .
2
Alors
α 2 √ √
ρ(G) = < 1 ⇐⇒ − 2 < α < 2
2
√ √
Donc la méthode de Gauss-Seidel converge pour α ∈ ] − 2, 2 [
Exercice 36 Soit
1 2 −2
A= 1 1 1
2 2 1
1. Montrer que ρ(J) < 1 < ρ(G), où G et J désignent respectivement les
matrices d'itérations des méthodes de Gauss-Seidel et Jacobi.
2. Soit maintenant
2 −1 1
A= 2 2 2
−1 −1 2
Montrer que ρ(G) < 1 < ρ(J)
Solution
1. Soit
1 2 −2
A= 1 1 1
2 2 1
Calculons le rayon spectral de J ensuite de G. Soient
1 0 0 0 0 0 0 −2 2
D = 0 1 0 , E = −1 0 0 et F = 0 0 −1
0 0 1 −2 −2 0 0 0 0
84
On a
0 −2 2
J = D−1 (E + F ) = −1 0 −1
−2 −2 0
−λ −2 2
det(J − λI) = −1 −λ −1 = −λ3
−2 −2 −λ
Les valeurs propres sont :λ1 = λ2 = λ3 = 0.
Alors
ρ(J) = 0 < 1
Soit G = (D − E)−1 F
1 0 0
D−E = 1 2 0
2 2 1
det(D − E) = 1 6= 0
1 0 0
(D − E)−1 = −1 1 0
0 −2 1
Alors
0 −2 2
G = 0 2 −3
0 0 2
−λ −2 2
det(G − λI) = 0 2 − λ −3 = −λ (2 − λ)2
0 0 2−λ
Les valeurs propres sont :λ1 = 0 et λ2 = λ3 = 2.
Alors
ρ(G) = 2 > 1
Donc
ρ(J) < 1 < ρ(G)
2. Soit
2 −1 1
A= 2 2 2
−1 −1 2
Calculons le rayon spectral de J ensuite de G. Soient
2 0 0 0 0 0 0 1 −1
D = 0 2 0 , E = −2 0 0 et F = 0 0 −2
0 0 2 1 1 0 0 0 0
On a
1 1
0 2 −2
J = D−1 (E + F ) = −1 0 −1
1
0 0
2
85
1 1
−λ −
2 2
1
det(J − λI) = −1 −λ −1 = −λ3 − λ +
4
1
0 −λ
2
Les valeurs propres sont : λ1 = 0.236733, λ2 = −0.118366 + i 1.0208 et λ3 = λ2 .
Alors
ρ(J) = max {|λ1 | , |λ2 | , |λ3 |} = |λ2 | = |λ3 | = 1.02764 > 1
Soit G = (D − E)−1 F
2 0 0
D−E = 2 2 0
−1 −1 2
det(D − E) = 8 6= 0
1
2 0 0
1 1
(D − E)−1
=
−2 0
2
1 1
0
4 2
Alors
1 1
0 2 −2
1 1
G= 0 −
−
2 2
1
0 0 −
2
1 1
−λ 2
−
2
2
1 1 1
det(G − λI) = 0 − − λ
− = −λ λ +
2 2 2
1
0 0 − −λ
2
1
Les valeurs propres sont : λ1 = 0 et λ2 = λ3 = − .
2
Alors
1
ρ(G) = <1
2
Donc
ρ(G) < 1 < ρ(J)
86
Exercice 37 Considérons le système linéaire Ax = b avec
α 0 γ
A= 0 α β
0 δ α
Solution
1. La méthode de Jacobi :
Une condition susante pour que la méthode de Jacobi converge est que la
matrice A soit à diagonale dominante stricte ce qui équivaut à imposer
|α| > |γ|
|α| > |β|
|α| > |δ|
87
1. Étudier la convergence de la méthode de Jacobi puis approcher la solution
avec 3 itérations à partir de x = (2, 2, 2).
(0)
1 1
x 1 = − x2 − x3 + 2
6 6
1
⇐⇒ x2 = − x1
2
x3 = − 1 x1 − 1 x2 + 1
6 3
d'où le procédé itératif de Jacobi
1 (k) 1 (k)
(k+1)
x 1 = − x − x +2
6 2 6 3
1 (k)
(k+1)
x2 = − x1
2
x(k+1)
1 (k) 1 (k)
= − x1 − x +1
3
6 3 2
On en déduit alors la matrice de Jacobi
1 1
0 −6 −6
1
J = −
0 0
2
1 1
− − 0
6 3
1 1
−λ − 6 − 6
= −λ3 + λ − 1
1
det(J − λI) = det − −λ 0
2
9 36
1 1
− − −λ
6 3
Les valeurs propres sont : λ1 = 0.210425− i 0.147395, λ2 = λ1 et λ3 = −0.42085.
Alors
ρ(J) = max {|λ1 | , |λ2 | , |λ3 |} = |λ3 | = 0.42085 < 1
Donc la méthode de Jacobi converge.
Voici maintenant le tableau qui représente la solution approchée après 3 itéra-
tions :
88
x(0) x(1) x(2) x(3)
2 1.333 2.1666 1.925
2 -1 -0.666 −1.083
2 0 1.111 0.8611
Solution
1. Méthode de Jacobi :
3 3 10
x 1 = − x2 − x3 +
4 4 4
3 3 10
(2.2.1) ⇐⇒ x2 = − x1 − x3 +
4 4 4
x3 = − 3 x1 − 3 10
x2 +
4 4 4
D'où le système itéré
3 (k) 3 (k) 5
(k+1)
x1 = − x2 − x +
4 3
4 2
3 (k) 3 (k) 5
(k+1)
x2 = − x1 − x +
4 4 3 2
x(k+1)
3 (k) 3 (k) 5
= − x1 − x +
3
4 4 2 2
d'où
3 3 5
0 − −
4 4 2
3 3 ∗
5
J =
−4 0 − ,b =
4 2
3 3 5
− − 0
4 4 2
89
Méthode de Gauss-Seidel :
3 3 5
x1 = − x2 − x3 +
4 4 2
3 3 5
(2.2.1) ⇐⇒ x2 = − x1 − x3 +
4 4 2
x3 = − 3 x1 − 3 5
x2 +
4 4 2
D'où le système itéré
3 (k) 3 (k) 5 3 (k) 3 (k) 5
(k+1) (k+1)
x 1 = − x 2 − x 3 +
x 1 = − x2 − x3 +
4 4 2
4 4 2
3 (k+1) 3 (k) 5 9 (k) 3 (k) 5
(k+1) (k+1)
x2 = − x1 − x3 + ⇐⇒ x2 = x1 − x3 +
4 4 2
16 16 8
x(k+1)
3 (k+1) 3 (k+1) 5 x3(k+1) = 9 x(k)
45 (k) 65
= − x1 − x2 + 1 + x +
3
4 4 2 64 64 2 32
d'où
3 3 5
0 −4 −4 2
9 3 ∗
5
G= 0 − ,b =
16 16
8
9 45 65
0
64 64 32
2. Calculons le rayon spectral des deux méthodes
3 3
−λ − −
4 4
3 3
det(J − λI) = det − 4 −λ − 4
3 3
− − −λ
4 4
3 2 3 18
= −λ − λ − λ+
4 4 16
3 3
Les valeurs propres sont : λ1 = λ2 = et λ3 = − .
4 2
Donc
3 3 3
ρ(J) = max , = >1
4 2 2
Alors la méthode de Jacobi ne converge pas.
3 3
−λ −
4
−
4
9 3
det(G − λI) = det
0 16 − λ − 16
9 45
0 −λ
64 64
90
2 81 27
= −λ λ − λ +
64 64
Les valeurs propres sont : λ1 = 0, λ2 = 0.6328125 − i 0.14637 et λ3 = λ2 .
ρ(G) = max {0, |λ2 | , |λ3 |} = |λ2 | = 0.649519696 < 1
alors la méthode de Gauss-Seidel converge.
3. Pour calculer les 3 premiers itérés on utilise la méthode de Gauss-Seidel car elle
converge
Exercice 40 Soit A une matrice carrée d'ordre 3 telle que A = I 3 −E−F avec
0 −2 0 0 0 0
E = −1 0 0 et F = 0 0 0
0 0 0 −1 −1 0
si ω 6= 22 .
√
3. Pour 0 < ω < 2, ω 6= 22 , on considère pour la résolution de Ax = b, la
méthode itérative dénie par
x ∈ R et ∀k ∈ N,
(0) ? 1 1−ω
(k+1) (k) 0
I −E x 3 = F+ I x +b 3
ω ω
et on pose
−1
1 1−ω
Lω = I3 − E F+ I3
ω ω
Calculer en fonction de ω les valeurs propre de L et son rayon spectral.
4. Pour quelles valeurs de ω cette méthode converge -t-elle?
ω
Solution
Soit
1 2 0
A = I3 − E − F = 1 1 0
1 1 1
91
1.
det(A) = 1 6= 0
Alors A est inversible.
1
2. on a 0 < ω < 2, calculons le déterminant de I3 − E . Soit
ω
1
2 0
ω
1 1
I3 − E = 0
0
ω ω
1
0 0
ω
1 1
I3 − E = 3 1 − 2ω 2
det
ω ω
1 1 2
det I3 − E = 0 ⇐⇒ = 0 ∨ 1 − 2ω = 0
ω ω3
√
2
Puisque 0 < ω < 2, on prend la solution 1 − 2ω 2 = 0, ce qui donne ω = .
√ 2
1 2
Donc pour que I3 − E soit inversible il faut que ω 6= .
ω 2
−1
1 1−ω
3. Lω = I3 − E F+ I3
ω ω
1−ω
0 0
ω
1−ω 1−ω
F+ I3 = 0 0
ω ω
1−ω
−1 −1
ω
et
ω 2ω 2
1 − 2ω 2 − 1 − 2ω 2 0
−1
1
I3 − E =
ω2 ω
ω − 0
1 − 2ω 2 1 − 2ω 2
0 0 ω
d'où
1−ω 2ω(1 − ω)
− 0
1 − 2ω 2 1 − 2ω 2
Lω = ω(1 − ω) 1−ω
− 0
1 − 2ω 2 1 − 2ω 2
−ω −ω 1−ω
1−ω 2ω(1 − ω)
1 − 2ω 2 − λ − 1 − 2ω 2 0
det ( Lω −Iλ) =
ω(1 − ω) 1−ω
− −λ 0
1 − 2ω 2 1 − 2ω 2
−ω −ω 1−ω−λ
92
1−ω 1−ω
= (1 − ω − λ) −λ + √ −λ − √
1 + 2ω 1 + 2ω
1−ω 1−ω
Les valeurs propres sont : λ1 = 1 − ω , λ2 = − √ et λ3 = √ .
1 + 2ω 1 + 2ω
Donc ( )
|1 − ω|
ρ ( Lω ) = max |1 − ω| , √
1 + 2ω
|1 − ω|
Soit le graphe de |1 − ω| et √
1 + 2ω
1 a a
Exercice 41 Soit a ∈ R etA= a 1 a
a a 1
1. Pour quelles valeurs de , est-elle dénie positive?
a A
2. Pour quelles valeurs de , La méthode de Gauss-Seidel converge-t-elle?
a
3. Écrire la matrice J de l'itération de Jacobi.
4. Pour quelles valeurs de a, la méthode de Jacobi converge-t-elle?
5. Écrire la matrice G de l'itération de Gauss-Seidel.
6. Pour quelles valeurs de a, La méthode de Gauss-Seidel converge-t-elle plus
vite que celle de Jacobi?
93
Exercice 42 On considère le système linéaire Ax = b, où
2 −1 0 3
A = −1 2 −1 et b = −5
0 −1 2 5
telle que
err(k) ≤ 10−4 err(0)
4. En utilisant la méthode adéquate, estimer la solution à 10 près.
−4
94
Chapitre 3
Annexe
Alors on a : AD AE DE
= =
AB AC BC
95
3.4 Éléments matricielles
3.4.1 Inverse des matrices
Dénition 7 Notons M (R) l'ensemble des matrices carrées d'ordre n à coecients
réels. La matrice A ∈ M (R) est dite inversible s'il existe une matrice M (R) notée
n
A telle que
n n
−1
AA−1 = A−1 A = In
ij
−1
n,m
96
3.4.5 Déterminant d'une matrice
On note Ωn l'ensemble des permutations d'ordre n.
Dénition 11 Soit A ∈ M (R). On dénit le déterminant de A comme suit :
n
Y
det(A) = Σ(σ) ai,σ(i)
σ∈Ωn
et T
det(A ) = det(A)
Le déterminant d'une matrice triangulaire ou diagonale est égal au produit des éléments
diagonaux. En particulier det(I ) = 1.n
∀x ∈ Rn , xT Ax ≥ 0
∀x ∈ Rn , xT Ax = 0 ⇐⇒ x = 0
Proposition 9 Si A est une matrice carrée réelle inversible, alors A A est une matrice
T
ii
Remarque 16 Une matrice dénie positive est inversible, mais la réciproque n'est pas
vrai.
Dénition 13 (Mineurs principaux) Soit A = (a ) ∈ M (R) une matrice. On
appelle mineurs principaux de A les éléments des matrices
ij 1≤i,j≤n n
.. . . . ..
a11 · · · a1k
Ak =
ak1 · · · akk
N N
! 21
X X
kxk1 = |xi | , kxk2 = x2i , kxk∞ = max |xi |
1≤i≤N
i=1 i=1
N
! 12
kAk = max |aij | ou kAk =
X
a2ij
1≤i,j≤N
i,j=1
Cependant, pour qu'une norme soit pratiquement utiliser, il faut qu'elle soit compatible
avec le produit des matrices, ce qui nous conduit à exiger cette propriété :
Dénition 16 On appelle norme matricielle toute norme sur l'espace vectoriel des
matrices vériant ci-dessus.
Étant donné une norme vectorielle k.k dénie sur Rn , il existe une norme matricielle
naturellement associée à k.k : on l'appelle norme matricielle induite par k.k et elle est
dénie par :
kAxk
kAk = max = max kAxk
kxk6=0 kxk kxk=1
2. kAk
1≤i≤N
1 = max |aij |
1≤j≤N
98
3. kAk = pρ(A A) où A = Ā (adjointe de A)
∗ ∗ t
N
! 21
X 1
kAkF = a2ij = (T race(A∗ A)) 2
i,j=1
Il s'agit d'une norme matricielle, mais non induite par une norme vectorielle.
Dénition 17 Une matrice A = (a ) ∈ M (C) est dite " à diagonale dominante " si
pour chaque i ∈ [1 : n], on a
ij n
N
X
|aij | ≤ |aii |
j=1,j6=i
Elle sera dite " à diagonale dominante stricte " si toutes ces égalités sont strictes.
Corollaire 2 Une matrice à diagonale dominante stricte est inversible.
99
Utilisant la norme matricielle induite, on a
cette estimation sur la variation de x est en fait optimale puisqu'on peut trouver x0 tel
que kAx0 k = kAk kx0 k et δb tel que kA−1 k kδbk = kA−1 (δb)k.
Ainsi la variation relative en x sera d'autant plus grande que le nombre kA−1 k kAk
est plus grand : on l'appelle conditionnement de A relatif à la norme k.k.
Dénition 18 On appelle conditionnement de la matrice A (dans la norme matricielle
k.k), le nombre −1
cond(A) = A kAk
Si on travail avec k.k , on notera le conditionnement associé cond .
p p
C'est le même nombre qui intervient lors de la variation des coecients de A : Suppo-
sons, en eet que A soit perturbée par une matrice ∆A, alors
Ax = b
(A + ∆A) (x + δx) = b
=⇒ A (δx) + ∆A (x + δx) = 0
=⇒ δx = −A−1 ∆A (x + δx)
=⇒ kδxk ≤ A−1 k∆Ak kx + δxk
kδxk k∆Ak
=⇒ ≤ cond(A)
kx + δxk kAk
et la solution
1
1
x=
1
1
100
Le système perturbé
10 7 8 7 x1 + δx1 32.1
7 5 6 5 x2 + δx2
22.9
=
8 6 10 9 x3 + δx3 33.1
7 5 9 1 x4 + δx4 30.9
a pour solution
9.2
−12.6
4.5
−1.1
1
Ainsi une erreur relative de sur les données entraîne une erreur relative de l'ordre
200
10
de du résultat (erreur ampliée de 2000).
1
De même
10 7 8.1 7.2 x1 + ∆x1 32
7.08 5.04 6 5 x2 + ∆x2 23
=
8 5.98 9.89 9 x3 + ∆x3 33
6.99 4.99 9 9.98 x4 + ∆x4 31
a pour solution
−81
137
−34
22
pourtant, la matrice est " bonne " (symétrique, de déterminant 1, donc loin de 0). Son
inverse est donné par
25 −41 10 −6
−41 68 −17 10
A−1 =
10 −17 5 −3
−6 10 −3 2
Mais les valeurs propres de A sont
λ1 ' 0.01015 < λ2 ' 0.8431 < λ3 ' 3.858 < λ4 ' 30.2877
si bien que
λ4
cond2 (A) = ' 2984
λ1
est grand, d'autre part
1 8.2 32 0.1
, δx = −13.6 , b = −0.1
1 23
x=
1 3.5
, δb =
33 0.1
1 −2.1 31 −0.1
de sorte que
kδxk2 kδbk2
≤ cond2 (A)
kxk2 kbk2
101
Bibliographie
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