DEMOCRATIES ET REGIMES TOTALITAIRES DANS L’ENTRE DEUX GUERRES
INTRODUCTION :
L’Europe sort bouleversée de la guerre. Elle doit affronter de nouvelles crises, tiraillée entre des modèles
politiques radicalement opposés et une volonté de maintenir la paix. Comment des régimes totalitaires
s’affirment-ils face à des démocraties fragilisées ?
I. Le régime totalitaire de Staline
1) Une économie étatisée et planifiée
Après la révolution d’octobre 1917, Lénine veut imposer l’idéologie communiste de karl Marx en Russie
mais aussi en Europe. Il pose les bases d’un régime totalitaire en créant l’URSS en 1922. Mais c’est son
successeur Staline, seul chef de 1924 à 1953, qui installera durablement ce régime. En 1924, Staline
succède à Lénine et poursuit son action afin de mettre en place un régime totalitaire, dans lequel l’Etat
contrôle tout et impose à tous une idéologie officielle: le communisme. C’est le Grand Tournant.
Au niveau économique, son objectif est de créer une puissance industrielle par la planification. Les plans
quinquennaux donnent la priorité à l’industrie lourde dans le but de moderniser le pays. 2000 nouvelles
usines sont construites. Un programme de grands travaux (gratte-ciel, chemins de fer, métro, logements,
…) est lancé. En l’espace dequelques années, le pays rattrape son retard dans de nombreux domaines.
Mais il néglige les biens de consommation courante. La population manque de tout et souffre de
pé[Link] vie quotidienne des russes devient très difficile (longues files d’attente devant des magasins
vides , appartements collectifs …). Staline veut également moderniser l’agriculture en supprimant la
propriété privée par la mise en place de la collectivisation des terres. C’est la marche en avant. Il oblige
les paysans « aisés » appelés « Koulak » à céder leurs biens afin de constituer des kolkhozes
(coopératives agricoles) et des sovkhozes (fermes d’état). En Ukraine la répression est totale face aux
paysans récalcitrants, beaucoup seront déportés dans les camps de travaux forcés de Sibérie. Cela
provoque une désorganisation du pays et une terrible famine qui fait au moins 6 millions de victimes en
1933.
2) Une population soumise par la terreur
Staline s’emploie aussi à contrôler la société et les individus afin de construire « l’homme nouveau »
symbolisé par la statue de Véra Moukhina, l’ouvrier et la kolkhozienne. Il y réussit en utilisant deux leviers :
la peur et la propagande. Il développe le culte de la personnalité autour de sa personne grâce aux affiches,
à l’art, au sport et au cinéma. Il devient le « petit père des peuples ». Les enfants sont endoctrinés et
enrôlés dans les komosols. Les informations sont censurées et les opposants déportés dans les Goulags,
camps où les conditions de détention sont particulièrement difficiles et où l’on adopte la rééducation par le
travail forcé. Il crée une police politique, le KGB qui n’hésite pas à interroger, à torturer de façon souvent
arbitraire. Staline veut aussi contrôler le parti. Ainsi entre 1936 et 1938, il instaure la grande Terreur où
des procès truqués lui permettent d’éliminer tous les cadres du parti qui menacent son autorité. On parle
aussi de « purges staliniennes ».
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II. Le régime totalitaire nazi
1) la mise en place d’un régime autoritaire
Hitler fonde le parti nazi (NSDAP) en 1920. Il profite de la fragilité de la république de Weimar rendue
responsable du Traité de Versailles et de l’agitation des spartakistes (communistes révolutionnaires
allemands). Emprisonné à la suite d’un coup d’état raté, il rédige son idéologie dans un livre, Mein Kampf
(= mon combat). Dans les années 30, l’Allemagne est frappée par la crise économique. Et compte 6
millions de chômeurs. De plus, les Allemands n’acceptent pas le traité de Versailles, ni l’Allemagne
coupée en deux. Hitler se présente comme un rempart face au chômage, à la défaite et au communisme.
Les nazis gagnent les élections de 1932 et Hitler est nommé chancelier le 30 janvier 1933. Il prend donc
le pouvoir légalement. En février 1933: le reichstag est incendié. Hitler obtient les pleins pouvoirs, les
partis politiques et les libertés sont supprimés. Il devient le chef unique, à partir de 1934 à la mort du
président Hindenburg. La police politique, la gestapo et la garde rapprochée, les SS font régner la terreur.
Les opposants politiques sont envoyés dans des camps de concentration comme Dachau.
2) Un régime raciste
Le régime nazi embrigade la population pour mieux la contrôler. Dès l’enfance, les Allemands sont intégrés
dans les jeunesses hitlériennes, puis plus tard dans différentes organisations nazies. La propagande est
quotidienne, notamment avec le culte du chef en l’honneur d’Hitler. La censure, les autodafés visent à
contrôler la culture. Le régime nazi est un régime raciste s’appuyant sur une pyramide des races plaçant
les ayriens (et les populations germaniques) à son sommet. Afin de garantir leur pureté, les malades
mentaux sont euthanasiés et les homosexuels emprisonnés. Une politique eugéniste est mise en place à
travers notamment les lebensborns où naissent plus de 200 000 « enfants parfaits ». A la base de la
pyramide, les tsiganes et les juifs constituent les « populations parasites nuisibles. Dès 1933, les
populations tsiganes sont stérilisées, des mesures antisémites suppriment beaucoup de libertés aux les
juifs. Les lois de Nuremberg de 1935 leur enlève la citoyenneté allemande et interdit les mariages mixtes.
Ils sont persécutés : magasins taggués, boycottés voire détruits comme lors de la nuit de cristal (1938).
Ces mesures ont pour objectif de les obliger à quitter l’Allemagne.
3) Une économie tournée vers la guerre
Dés 1934, pour résoudre la crise Hitler développement l’industrie lourde de l’armement .Il rétablit le service
militaire. L’armée est reconstituée et modernisée, malgré le traité de Versailles. Les chars, les avions de
chasse paradent dans les défilés militaires. En 1939, son armée est puissante et très moderne, au service
de la théorie de l’espace vital (lebensraum) pour reconquérir les territoires perdus lors du traité de
Versailles. En aout 1939, l’URSS et l’Allemagne nazie signent à Moscou le « pacte de non agression
germano-soviétique ». C’est une immense surprise dans le monde entier mais Staline veut gagner du
temps pour préparer son armée et Hitler veut se battre sur un seul front.
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III. Le maintien de la démocratie en France
1) Le Front populaire: une réaction républicaine
Aux élections législatives de mai 1936 en France, le Front populaire (SFIO, parti communiste, radicaux)
obtient la majorité absolue à la chambre des députés. Le nouveau gouvernement est dirigé par le socialiste
Léon Blum. Le Front populaire est une réponse de la gauche et du centre à la crise politique née du 6
février 1934. Les ligues (organisations politiques d’extrême-droite) ont préparé une manifestation à Paris
pour dénoncer la République, les difficultés économiques, sociales (conséquences de la crise de 1929) et
les scandales politico-financiers. La manifestation tourne à l’émeute. Craignant une prise de pouvoir par
l’extrême droite (à l’image de l’Italie fasciste ou de l’Allemagne nazie), la SFIO (socialistes), le parti
communiste et les radicaux (centre) forment un « Front populaire » en 1935. Ils concluent ensuite une
alliance électorale en janvier 1936 sur un programme commun de gouvernement résumé par le slogan « le
pain, la paix, la liberté ». Ainsi rassemblés, les partis du Front populaire remportent les élections
législatives en mai 1936 et choisissent Léon Blum pour diriger le gouvernement.
2) Le front populaire au pouvoir
D’importantes mesures sociales vont être mises en place sous la pression d’ailleurs des ouvriers qui
multiplient les grèves « joyeuses » pour réclamer les réformes promises pendant la campagne électorale. Il
y a d’une part les accords de Matignon, signés le 7 juin 1936, entre les syndicats de salariés et le patronat.
Ils prévoient des hausses de salaires, des conventions collectives (qui définissent dans une branche
professionnelle les conditions de travail dans les entreprises), la reconnaissance des délégués du
personnel. Il y a d’autre part deux importantes lois sociales votées par les députés quelques jours plus tard
qui établissent la semaine de 40 heures payées 48 heures et deux semaines de congés payés par an.
Durant l’été 1936, des milliers d’ouvriers partent pour la première fois en vacances. Le ministre des sports,
Léo Lagrange favorise la construction de structures municipales comme les piscines. La création de la
SNCF, la nationalisation de l’industrie d’armement s’ajoutent aux réformes qui ont été un moment
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important de la vie politique et sociale française au XXe siècle. Allié à la droite, le centriste Edouard
Daladier, chef du gouvernement en 1938, remet en cause ces mesures après la chute du Front populaire
consécutive aux difficultés économiques du pays et à la division de la gauche sur la question de la guerre
civile en Espagne.
CONCLUSION
La guerre de 14-18 puis la crise économique de 1929 ont fragilisé l’Europe. L’empire russe s’effondre en
1917 et voit naitre un régime communiste totalitaire que Staline façonne. La naissante république de
Weimar en Allemagne permet l’élection d’Hitler qui transforme ce régime en un état totalitaire raciste, alors
qu’en France le front populaire républicain répond aux menaces de Ligues d’extrême droite. Dans cette
Europe fragilisée, les ambitions de l’Allemagne nazie conduira dès 1939 à une guerre qui deviendra très
vite mondiale.