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Perceptions des dirigeants sur la BRVM

Le document examine la perception, les motivations et les réticences des dirigeants de sociétés non cotées burkinabé vis-à-vis de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières en Afrique de l'Ouest (BRVM). À travers une enquête menée en 2001, il met en lumière les opinions variées des dirigeants sur l'utilité de la BRVM, ses défis culturels et économiques, ainsi que les raisons de leur hésitation à s'introduire en bourse. Le chapitre conclut en soulignant l'importance de comprendre ces perceptions pour évaluer l'impact potentiel de la BRVM sur le financement des entreprises dans la région.

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Perceptions des dirigeants sur la BRVM

Le document examine la perception, les motivations et les réticences des dirigeants de sociétés non cotées burkinabé vis-à-vis de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières en Afrique de l'Ouest (BRVM). À travers une enquête menée en 2001, il met en lumière les opinions variées des dirigeants sur l'utilité de la BRVM, ses défis culturels et économiques, ainsi que les raisons de leur hésitation à s'introduire en bourse. Le chapitre conclut en soulignant l'importance de comprendre ces perceptions pour évaluer l'impact potentiel de la BRVM sur le financement des entreprises dans la région.

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University of Groningen

La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières en Afrique de lÓuest


Bayala, B.S.A.

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it. Please check the document version below.

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Publication date:
2002

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Bayala, B. S. A. (2002). La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières en Afrique de lÓuest: líntroduction en
bourse. [, University of Groningen]. s.n.

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Comment les principaux dirigeants des sociétés non cotées burkinabé


perçoivent-ils la BRVM ? Comment traduisent-ils leurs motivations et
réticences à l’introduction en bourse ? L’objet premier de ce chapitre est
d’apporter des éléments de réponses à ces questions. Toutefois, il s’agirait
d’un travail incomplet si on s’en limitait là. En effet, il est important
d’aller au-delà de la simple description, pour comprendre l’interaction
entre les facteurs, perception- motivations et réticences d’une part, et de
déterminer l’influence du cadre (société) sur les propos des dirigeants
d’entreprises d’autre part. Il s’agira donc secondairement dans ce chapitre
d’organiser les faits en connaissance.

A cette fin nous décrirons tout d’abord les trois (3) facteurs, perception-
motivations et réticences pour l’ensemble des dirigeants interviewés
(section 8.2). Cette première étape permettra d’établir une typologie des
répondants en fonction de chaque facteur étudié. Ensuite, nous
procéderons à une étude croisée des classes de perception- motivations et
réticences (8.3). Cette deuxième étape renseignera sur l’interaction entre
les trois (3) facteurs. Enfin, nous croiserons les caractéristiques des
sociétés non cotées avec les classes de perception- motivations et
réticences (8.4). Cette dernière étape recherchera l’influence des
caractéristiques des sociétés sur les classes obtenues par facteur étudié.
Une dernière section (8.5) sera la conclusion : elle reprendra les
principaux résultats du chapitre.

 $QDO\VH GHVFULSWLYH GH OD SHUFHSWLRQ GHV PRWLYDWLRQV HW GHV
UpWLFHQFHVGHKXLW  GLULJHDQWVGHVVRFLpWpVQRQFRWpHVEXUNLQDEp

Dans cette section, nous présentons d’abord la perception des dirigeants


de sociétés burkinabé relativement à la BRVM, puis successivement leurs
motivations et réticences à l’introduction en bourse. Les propos rapportés
sont issus d’une enquête réalisée auprès des dirigeants sur la période avril
à septembre 2001. En rappel, cette enquête consistait en un entretien
d’administration d’un questionnaire.
Chapitre 8

Dans le questionnaire, les libres propos étaient rapprochés à un certain


nombre d’items (ou modalités) préalablement identifiés et suggérés
comme réponses aux répondants sur une échelle allant de 1 pour aucun, 2
pour peu élevé, 3 pour moyennement élevé, 4 pour assez élevé, à 5 pour
élevé. Les résultats sont alors présentés sous forme de tableaux de
fréquences pour tous les items. L’analyse des fréquences ne porte,
toutefois, que sur les items dont la note est de 1 et 2 et/ou de 4 et 5.
Lorsque les fréquences cumulées des notes 1 et 2 représentent au moins
50% des répondants et/ou celles cumulées des notes 4 et 5 nous décrivons
l’item y afférent.
Le principe étant que les fréquences cumulées des notes 1 et 2
caractérisent le pourcentage de répondants qui rejettent un item. Tandis
que le cumul des fréquences, pour les notes 4 et 5 marque plutôt
l’acceptation d’un item. La note 3 traduit une appréciation d’incertitude,
ou de neutralité, de la part d’un répondant vis-à-vis d’un item, d’où la
raison de son exclusion de l’analyse. De plus, nous nous intéressons au
taux de non-réponses qui pourrait avoir une certaine connotation au lieu
d’une simple insensibilité à un item. Une attention particulière est
accordée à l’item $XWUHV lorsque son taux de non-réponse est différent de
100%, car cela traduit une nouvelle suggestion d’item.

L’analyse descriptive revient aussi sur les propos pertinents qui sont
difficiles à rapprocher des items suggérés et/ou qui introduisent une
explication ou proposent de nouveaux items. Toutefois, cela n’apparaît
que dans l’analyse du facteur perception, car, pour les autres facteurs, les
recoupements sont cohérents avec les items suggérés comme réponses. Il
faut remarquer que la chronologie des questions, telle apparue dans le
questionnaire, n’est pas respectée dans la présentation pour les raisons
avancées dans le chapitre 5.
La section s’articule autours de trois (3) points consacrés respectivement à
la perception de la BRVM (8.2.1), aux motivations (8.2.2) et aux
réticences (8.2.3) à l’introduction en bourse.

/DSHUFHSWLRQGHOD%590SDUOHVGLULJHDQWVGHVRFLpWpVQRQFRWpHV

Avant de procéder à une description des différents aspects de la


perception, il faut noter que trois (3) des huit (8) dirigeants ont pris part
aux travaux préparatoires de mise en place de la BRVM. Il s’agit des
dirigeants de la A, de la B et de la D. En revanche, les autres dirigeants
ont entendu parler de la BRVM pour la première fois en 1994 (H), 1995
(G) et 1998 (C, E et F). Les cinq (5) dirigeants sus mentionnés ont appris
l’existence de la BRVM majoritairement par voie de presse (E, F, C, H) et
par les établissements financiers (G).

242
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Il en résulte deux (2) principales remarques. La première touche à


l’implication des dirigeants des sociétés en général dans la création de la
BRVM. Cela pose la question majeure de l’existence d’une demande pour
un tel mode de financement, par conséquent renforce la légitimité de
l’étude de la perception des dirigeants d’entreprises.
Deuxièmement, il apparaît néanmoins que les dirigeants enquêtés
connaissent l’existence de la BRVM, ce qui rend légitime leur présence
dans notre échantillon étudié. Ainsi nous avons cerné leur perception,
regroupée en six (6) pensées : immédiate, codifiée, comparée, culturelle,
conditionnelle et connaissance. La pensée immédiate résulte d’une
question directe et ouverte, tandis que celle codifiée est appréhendée par
une question aux choix multiples laissant une possibilité ouverte (autres)
au répondant. Quant à la pensée comparée, elle est le résultat d’une
question aux choix multiples où la bourse et des sources habituelles de
financement sont comparées. La pensée culturelle est celle qui appréhende
l’adéquation bourse – culture. La pensée conditionnelle cerne la sévérité
des conditions d’admission en bourse. Enfin la pensée connaissance
appréhende la connaissance des sociétés nouvellement cotées à la BRVM,
l’existence d’un éventuel lien et l’impact de l’absence d’entreprises
burkinabé cotées.

Avant d’aborder ces points, il convient de noter un fait important qui


n’apparaît pas systématiquement dans les propos transcrits, mais qui
traduit un aspect pertinent de la perception. La majorité des dirigeants
(5/8), dans leur propos, utilisait l’expression «Bourse des Valeurs
d’Abidjan» (BVA) pour désigner la BRVM. La BVA a existé et avait pour
particularité d’être une bourse nationale exclusivement ivoirienne. Cet
amalgame entre BVA et BRVM semble révéler une dimension de la
perception à savoir que la BRVM est perçue, inconsciemment ou
consciemment, comme une bourse ivoirienne pour les entreprises
ivoiriennes.

• /DSHQVpHLPPpGLDWHGHVKXLW  GLULJHDQWVGHVRFLpWpVQRQFRWpHV
La pensée privée des dirigeants des huit (8) sociétés non cotées est le
résultat de la question 43 du questionnaire (Q43). Les propos sont
regroupés sous quatre (4) rubriques : la bourse utile, la bourse inadéquate,
la bourse et son entreprise et, la bourse un risque.

243
Chapitre 8

La bourse utile se retrouve chez plusieurs dirigeants toutefois elle est plus
prépondérante chez les dirigeants de la G et de la A.
La BRVM, selon les propos des dirigeants de la G, s’inscrit dans une
logique de réforme des économies vers des économies libérales et la
bourse apparaît, dans ce contexte, comme un outil de soutien
indispensable, dont l’implantation nécessitera du temps.

Q43 : Que pensez-vous de la BRVM ?


*
C’est un outil moderne de soutien aux acteurs économiques. Son démarrage dans
nos pays sera timide, mais il ne doit pas y avoir de recul, au regard de la
mondialisation du phénomène. Cet instrument accompagne tous les autres
phénomènes déjà engagés et acceptés par nos pays tels l’ouverture des marchés, la
concurrence etc., qui caractérisent les échanges au 21ième siècle. Nous devons nous
efforcer pour adapter nos mentalités aux exigences modernes.

Différentes fonctions utilitaires sont mises en évidence par le principal


dirigeant de la A qui reconnaît, toutefois, qu’elle reste un instrument
complexe.

Q43 :Que pensez-vous de la BRVM ?


$
J’estime que c’est une structure moderne de participation à la gestion qui :
peut aider à améliorer la gestion des sociétés,
à renforcer le système de financement,
de participation au développement de l’économie par l’installation d’une certaine
rigueur au niveau des sociétés cotées et,
à assurer des facilités de financement au système bancaire.
Néanmoins, elle reste complexe à bien d'égard.

La bourse inadéquate : du manque de familiarité à la barrière culturelle.


Cette proposition est soutenue par deux dirigeants : B et D.

En tant que fondateur ayant suivi de très près le projet, le point de vue du
Directeur Général (B) révèle une situation de PDODLVH et de ELDLV au départ
du projet d’une bourse régionale. Le malaise et le biais se traduisent par la
méconnaissance et le manque de familiarité avec ce nouvel instrument de
financement chez la plupart des agents économiques de la sous- région.
Une telle situation, semble-t- il est de nature à freiner l’essor de la BRVM.

244
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Q43 :Que pensez-vous de la BRVM ?


%
Je crois que l’idée de créer une Bourse Régionale est une bonne chose. Seulement a-t-elle
les moyens de décoller ? Il y a deux types de pays dans la BRVM : le premier groupe est
constitué de ceux qui ont un niveau de connaissance et de culture boursière (Côte d’Ivoire
et Sénégal) et, le second groupe constitué de la majorité des pays (Burkina Faso, Mali,
Niger, Togo, Bénin et Guinée Bissau) sans connaissance boursière. Cette situation
explique aisément la structure du capital de la bourse où l’on retrouve essentiellement les
privés des pays du premier groupe. Je pense qu’on aurait pu aller plus vite que cela ; avec
le temps ça va aller.

Le dirigeant de la D structure sa pensée de la BRVM suivant l’économie


des états membres de l’UEMOA, le caractère régional de la bourse,
l’origine des entreprises cotées, la culture africaine et l’apport de la bourse
pour les sociétés.

Q43 : Que pensez-vous de la BRVM ?


'
La BRVM est une institution utile à l’économie des Etats de l’UEMOA. Cette
bourse à été construite sur les décombres de la BVA. Ce qui fait que, malgré son
caractère sous régional, elle apparaît comme une bourse ivoirienne. Les entreprises
cotées sont ivoiriennes et essentiellement des entreprises filiales de multinationales
à 90%. Une entreprise africaine n’y est pas cotée. La culture africaine n’est pas
adaptée à la BRVM. La BRVM doit être un outil de modernisation de la gestion
pour les entreprises africaines.

La bourse et son entreprise : vers une explication de l’absence de sa


présence en bourse. Ce point de vue est développé par trois (3) dirigeants :
F, H et E

Le point de vue du dirigeant de la F traduit un sentiment profond de non -


éligibilité pour ce nouvel outil de financement. En effet, le propos du
dirigeant est sans équivoque :

Q43 :Que pensez-vous de la BRVM ?


)
Nous pensons que la BRVM concerne les sociétés plus organisées, les sociétés
anonymes et les multinationales.

Les dirigeants de la H abondent dans la même sens en mettant l’accent sur


la précarité de leur société.

245
Chapitre 8

Q43 : Que pensez-vous de la BRVM ?


+
On ne se sent pas concerné ; l’impression générale c’est que ce n’est pas un
outil de financement pour la H. Dans un passé récent, nous avons connu d’énormes
difficultés si bien que certains actionnaires voulaient se désengager du capital. En
allant en bourse dans ces conditions, les gens ne vont pas se bousculer. La peur de
ne pas être intéressant aux yeux des investisseurs l’a donc emporté. Notre vision de
la BRVM pourrait changer à l’avenir si la situation de consolidation se poursuit….

Le dirigeant de la E reconnaît le projet communautaire comme une


initiative pertinente, mais qui pose quelques difficultés quant à l’éthique
des affaires. Notamment, la bourse serait restrictive de la liberté
d’entreprise parce qu’elle astreint les actionnaires d’origine à rendre des
comptes. Ce qui serait plus difficile à réaliser pour une entreprise
familiale.

Q43 : Que pensez-vous de la BRVM ?


(
La BRVM est une bonne chose de prime à bord, mais je me dis que finalement
une entreprise qui serait à la bourse n’est pas libre. Vous créez une entreprise vous
travaillez avec des fonds propres lorsque vous faites appel à d’autres capitaux vous
devez rendre des comptes. Si nous devons aller en bourse l’entreprise devient
publique. Dans notre cas nous sommes une société anonyme, mais la gestion est
comme une entreprise unipersonnelle. Si ce sont des sociétés à actionnaires
multiples ça peut aller, mais une entreprise presque familiale ça ne peut pas
marcher.

La bourse un risque, est avancé par la principale dirigeante de la C

Q43 : Que pensez-vous de la BRVM ?


&
C’est une bonne idée, mais il y a beaucoup de risques. Peut être que bientôt
nous allons prendre part. Avec la rencontre avec le Premier Ministre si nos ventes
remontent nous allons y penser48.

En résumé les différentes réponses obtenues permettent d’identifier une


perception générale qui marque un début d’explication de l’absence en
bourse des sociétés.

48
Notre entretien s’est déroulé deux (2) jours après une rencontre du Premier Ministre avec les
opérateurs économiques sur les opportunités d’investissement dans la région de l’Ouest. Entre autres OHV
FKHIV G¶HQWUHSULVHV RQW VRXOLJQp OH SRLGV GH O¶LPS{W HW O¶LPSRUWDQFH GH OD IUDXGH FRPPH GHV REVWDFOHV

PDMHXUV j OD FURLVVDQFH GHV HQWUHSULVHV [Directeur Général]. Des recommandations et suggestions sont

sorties des discussions, d’où les attentes du dirigeant.

246
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

La pensée privée a été approfondie par la question (Q44), qui demande


aux dirigeants de rapprocher leur pensée de la BRVM avec différents
items sur une échelle allant de 1 (aucune adhésion) à 5 (adhésion élevée).
Les résultats sont présentés par le point suivant.

• /DSHQVpHFRGLILpHGHVKXLW  GLULJHDQWVGHOD%590
La pensée d’une bourse a également été cernée par la question (Q44) et les
résultats sont présentés dans le tableau 8.1. Il reprend sous forme de
fréquences la pensée des huit (8) dirigeants en la rapprochant aux items
suggérés comme réponses. Les critères de l’analyse du tableau sont ceux
définis en début de section.

Tableau 8.1 : La perception – pensée de huit (8) dirigeants de la BRVM


(en pourcentage)

1 2 3 4 5 Non Total
Aucun Peu Moyen Assez Elevé Réponse
Pour se développer 12,50 0,00 12,50 25,00 37,50 12,50 100
Pour se faire connaître 0,00 12,50 12,50 25,00 50,00 0,00 100
Pour augmenter son capital 0,00 0,00 12,50 37,50 37,50 12,50 100
Pour faire des placements de 0,00 12,50 0,00 62,50 0,00 25,00 100
trésorerie
Pour acquérir de nouvelles 0,00 50,00 0,00 25,00 0,00 25,00 100
entreprises
Outil d’accélération du 0,00 0,00 25,00 25,00 25,00 25,00 100
développement de l’entreprise
Pour spéculer 12,50 25,00 12,50 25,00 12,50 12,50 100
C’est un mode de financement 12,50 25,00 0,00 25,00 12,50 25,00 100
des capitaux propres à notre
portée
C’est un mode de financement 0,00 25,00 25,00 25,00 0,00 25,00 100
des dettes à notre portée
C’est pour les autres 62,50 0,00 12,50 0,00 0,00 25,00 100
entreprises (A préciser)
La bourse est dangereuse 37,50 12,50 0,00 12,50 25,00 12,50 100
Autres (A préciser) 0,00 0,00 0,00 0,00 12,50 87,50 100
Source : A partir de notre enquête [Q44]

Le tableau 8.1 montre que huit (08) items soumis à l’appréciation des
dirigeants se distinguent par un taux élevé de convergence des réponses,
dont cinq (5) items présentent des fréquences au moins égales à 62,50%
et, les trois (3) autres items ont des fréquences de 50%. Il s’agit d’une part
des items, la bourse pour se développer, pour se faire connaître, pour
augmenter son capital, pour faire des placements de trésorerie et, la bourse
c’est pour les autres. D’autre part des items, la bourse pour acquérir de
nouvelles entreprises, la bourse outil d’accélération du développement de
l’entreprise et, la bourse est dangereuse.

247
Chapitre 8

La pensée d’une bourse de valeurs mobilières cernée à partir des items du


tableau 8.1 permet de mieux approcher la perception des dirigeants. Ainsi
les dirigeants de la A, B et D perçoivent la bourse comme un instrument
pour se développer, se faire connaître, augmenter son capital et, faire des
placements de trésorerie ; elle n’est pas perçue comme dangereuse. Dans
une majorité de deux (2) sur trois (3), ces dirigeants perçoivent la bourse
comme un outil d’accélération de la croissance (A,B) d’une part. D’autre
part, dans une même majorité, la BRVM n’est pas perçue comme un
instrument pour acquérir de nouvelles entreprises (A ,D), ni uniquement
destinée aux autres entreprises (B, A).

Les dirigeants de la H et de la E perçoivent, quant à eux, la bourse comme


un instrument pour se développer, se faire connaître, augmenter son
capital ; en somme c’est pour eux un outil d’accélération de la croissance.
Toutefois, ils perçoivent la bourse comme dangereuse, mais pas comme
un instrument destiné uniquement autres sociétés.

Le dirigeant de la F est singulier dans sa perception. En effet, il perçoit la


bourse comme un moyen d’augmenter son capital et pour faire des
augmentations de capital. Toutefois, il ne la perçoit pas comme
uniquement destiné aux autres sociétés, ni pour acquérir de nouvelles
entreprises, ni comme dangereuse. Le dirigeant de la G se caractérise aussi
par une perception singulière. Il perçoit la bourse comme pour se
développer.

Enfin, le tableau 8.1 montre un taux de non-réponse différent de 100%


pour l’item autres. Ainsi 87,50% des dirigeants ont été insensibles à cet
item, montrant par la même que leur pensée privée se rapprochait des
items suggérés. Toutefois, pour le dirigeant de la D, un élargissement des
items à la difficulté d’accès permettrait de mieux cerner sa pensée. Les
propos du Directeur Général de la D présentés ci-après expriment
clairement sa pensée :

Q44 [Autres]
'
La bourse est difficilement accessible dans les conditions actuelles pour les
entreprises africaines. En ce sens la bourse c’est pour les sociétés structurées :
filiales d’entreprises étrangères bien connues, mais pas évident pour les petites
sociétés africaines.

Dans la logique de cerner davantage la perception des dirigeants, la


question 47 leur a été posée. Celle-ci renseigne sur la perception qu’ils ont
de la BRVM par rapport à leurs sources habituelles.

248
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

• /DSHQVpHFRPSDUpHGHVKXLW  GLULJHDQWV
Parmi les modes de financement qui existent, les dirigeants des sociétés
burkinabé établissent l’ordre de préférence (Q33) suivant :
autofinancement (100% des dirigeants) – banque (62,50% des dirigeants) -
emprunt obligataire (50% des dirigeants) - emprunt bilatéral (accords de
coopération pour les sociétés d’Etat, 12,50% des dirigeants) et crédit
fournisseurs (12,50%).
Les modes de financement, tels le secteur informel, le capital risque, les
établissements de crédit et le crédit-bail, retiennent très peu l’attention des
dirigeants, car ils n’y ont presque pas recours. Pour tenir compte de cette
différence, chaque dirigeant a comparé sa ou ses sources habituelles de
financement à la BRVM sur une échelle allant de 1 pour aucune à 5 pour
élevé (Q 47). Les résultats sont présentés dans le tableau 8.2.

Tableau 8.2 : La BRVM et les sources habituelles de financement


(en pourcentage)

1. 2. 3. 4. 5. Non Total
Aucune Peu Moyen Assez Elevé Réponse
Possibilité tangible 12,50 37,50 0,00 25,00 12,50 12,50 100
Possibilité concrète 0,00 25,00 0,00 12,50 37,50 25,00 100
Possibilité distante 12,50 0,00 0,00 37,50 37,50 12,50 100
Source de financement 50,00 37,50 12,50 0,00 0,00 0,00 100
confidentielle
Source de financement 37,50 0,00 25,00 37,50 0,00 0,00 100
sécurisante
Source de financement 0,00 0,00 12,50 50,00 25,00 12,50 100
impersonnelle
Source de financement 0,00 0,00 12,50 50,00 25,00 12,50 100
valorisante
Source de financement 100 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 100
humiliante
Source de financement 0,00 0,00 37,50 62,50 0,00 0,00 100
avantageuse
Coûteuse source de 0,00 50,00 12,50 0,00 12,50 25,00 100
financement
Autres (A préciser) 0,00 0,00 0,00 0,00 12,50 87,50 100
Source : A partir de notre enquête [Q47]

Le tableau 8.2 montre que neuf (9) items soumis à l’appréciation des
dirigeants se distinguent par un taux élevé de convergence des réponses,
dont six (6) items présentent des fréquences cumulées au moins égales à
62,50% et, les trois (3) autres items ont des fréquences de 50%. Il s’agit
d’une part des items, la possibilité distante, la source de financement
confidentielle - impersonnelle – valorisante – humiliante et avantageuse.
D’autre part des items, la possibilité tangible – concrète et, de la coûteuse
source de financement.

249
Chapitre 8

L’approche comparative, BRVM et sources habituelles de financement,


telle décrite, montre d’intéressants aspects de la perception des dirigeants
des sociétés non cotées. Ainsi, il ressort que les dirigeants de la A, B et D
perçoivent la BRVM relativement aux sources habituelles de financement
comme une possibilité tangible, mais distante - valorisante, pas
confidentielle et humiliante. Toutefois, dans une majorité de 2/3, ils
perçoivent la BRVM comme impersonnelle (B, D) et avantageuse (B, A).

Quant aux dirigeants de la C, F et H, relativement à leurs sources


habituelles de financement, la BRVM est perçue comme une possibilité
distante, une source de financement impersonnelle mais valorisante. Elle
n’est pas perçue pas comme confidentielle, humiliante et tangible. Dans
une majorité de deux (2) sur trois (3) dirigeants, la BRVM n’est pas
perçue comme une coûteuse source de financement.

Les dirigeants de la E et la G ont chacun une perception singulière. Ainsi,


le dirigeant de la E perçoit-il la BRVM comme impersonnelle,
avantageuse, mais pas confidentielle, humiliante et tangible. Tandis que,
celui de la G la perçoit comme avantageuse et pas coûteuse.

Ainsi, il ressort du tableau 8.2 que 75% des dirigeants perçoivent la bourse
comme une possibilité distante de financement par rapport à leurs sources
habituelles. Il s’agit des dirigeants de la A, B, C, D, F et H.
De même, 75% des dirigeants, B, C, D, E, F et H, considèrent la bourse
comme une source de financement impersonnelle.
Dans une même proportion (75%) la bourse est perçue comme une source
definancement valorisante par les dirigeants de la A, B, C, D, F et H.
De plus, mais dans une proportion moindre, 62,50% des dirigeants de
l’échantillon perçoivent la bourse comme une source de financement
avantageuse. Il s’agit des dirigeants de la A, B, E, G et H.

Outre l’adéquation des items précédents avec la perception des dirigeants,


le tableau 8.2 montre également dans une proportion élevée des
répondants, le rejet de deux (2) items. A ce propos, 87,50% des dirigeants,
A, B, C, D, F, G et H, ne perçoivent pas la bourse comme une source de
financement confidentielle.
Mieux, l’ensemble des dirigeants (100%) ne perçoit pas la bourse comme
une source de financement humiliante par rapport aux sources habituelles
de financement.

Le tableau 8.2 montre également que 25% des dirigeants (B et C) se


caractérisent par la non-réponse sur les coûts de financement de la BRVM.

250
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Les dirigeants expliquent l’insensibilité à cet item par la méconnaissance


des coûts de ce mode de financement : QH VDLW SDV [B] HW SDV pYLGHQW
[C].La perception des dirigeants des sociétés non cotées est maintenant
cernée par une question relative à la culture burkinabé (Q45) ou manière
de conduire et de faire les affaires.

• /DSHQVpHFXOWXUHOOHGHVKXLW  GLULJHDQWV
La dimension culturelle burkinabé a été appréhendée par la question au
choix multiple (Q45), sur une échelle allant de 1 pour pas du tout adaptée
à 5 pour très adaptée. Il ressort que les dirigeants s’opposent dans leur
appréciation. En effet, pour 50% de dirigeants (G, D, A et C) la bourse est
très adaptée à la culture burkinabé des affaires. Contrairement aux
dirigeants de la B, E, F et H pour qui la bourse n’est pas adaptée à la
culture burkinabé des affaires. Les justifications des annotations (Q46)
rapportées en libres propos permettent de cerner l’appréciation des
dirigeants interrogés.

- La bourse est très adaptée à notre culture :

Q46 Pouvez-vous justifier votre réponse ?


*
Je pense que ce n’est pas à la bourse de s’adapter à notre culture mais l’inverse.
Le problème de fond ne me paraît pas culturel, mais un problème de pauvreté. Nos
acteurs économiques ne sont pas instruits et ne perçoivent pas très bien l’intérêt de la
bourse. Il faut les éduquer et les aider à s’y adapter au risque d’être marginalisé à
jamais.
'
Nous n’avons pas une culture de bourse, mais l’économie doit s’adapter de sorte
que les sociétés puissent aller en bourse. Toute culture peut s’approprier la bourse.
Dans le contexte actuel de mondialisation nous devons nous y adapter. D’ailleurs la
culture n’est pas statique. La bourse est adaptée à la culture des affaires.
$
Ceux qui parlent de bourse sied dans un cadre moderne. Dans une société
familiale ou individuelle le problème devient autre. On ne peut plus parler de culture
lorsque la société est organisée de façon moderne.
&
La BRVM est très adaptée à notre culture. Plutôt, est-ce que les gens sont
sensibilisés ? Ce n’est pas à vrai dire une question de culture, mais surtout une
question d’habitude.

251
Chapitre 8

- La BRVM est un peu adaptée à notre culture :

43RXYH]YRXVMXVWLILHUYRWUHUpSRQVH"
)
Dans la réalité pour ce qui concerne le marché, il y a des commerçants qui créent des
pénuries artificielles pour spéculer sur les prix. Ils rachètent certaines marchandises qu’ils
refusent de vendre en attendant une période beaucoup plus meilleure. Certains peuvent aller
jusqu'à garder les marchandises pendant sept ans dans l’attente de meilleurs jours. La bourse
c’est aussi acheter à prix bas pour revendre au plus fort selon l’urgence ; ou faire vendre à
perte : c’est le risque...
+
La bourse est peu adaptée à notre culture, parce que les entreprises sont familiales. On ne la
fait pas tellement confiance. La bourse c’est la bonne gestion rigoureuse. On n’aime pas que
les gens viennent fouiller dans nos affaires (il s’agit de l’absence de transparence). Spéculer
sur les actions, ce n’est pas dans les mentalités des africains, c’est même interdit chez les
musulmans.
(
L’expérience montre que nous sommes assez individualistes en matière de gains financiers.
On n’aimerait pas partager les gains de la famille avec d’autres personnes quand bien même
la solidarité africaine est légendaire. En effet, la solidarité dont il est question est volontaire,
il n’y a pas de contrainte alors qu’avec la bourse vous devez vous expliquer et partager vos
gains.
%
Cela commence à venir, parce que même ceux qu’on dit analphabètes savent très bien ce
que c’est. Les gens pensent que ce sont des analphabètes qui dirigent notre économie alors
qu’en réalité ils savent beaucoup de choses.

D’une manière générale on retient que l’adéquation de la bourse à la


culture burkinabé divise l’échantillon étudié. De plus la complexité de la
question a suscité un nombre important de justifications qui diffèrent d’un
répondant à un autre. Néanmoins on note que ceux qui soutiennent la
thèse d’une bourse adaptée à la culture intègrent principalement son aspect
dynamique, l’habitude et la pauvreté comme facteur de frein, au lieu de la
culture. En revanche, ceux qui soutiennent la thèse contraire mettent
l’accent sur l’analphabétisme, l’individualisme poussé en matière de gains
financiers et la manière de gérer les entreprises ou la structure familiale de
la propriété.

• /DSHQVpHFRQGLWLRQQHOOHGHVKXLW  GLULJHDQWV
Les conditions générales et spécifiques d’admission à la cote ont été
soumises à l’appréciation des dirigeants des sociétés non cotées. Il s’est
agi d’apprécier la sévérité des conditions sur une échelle allant de 1 pour
aucunement sévère à 5 pour une sévérité élevée.

Les résultats sont présentés dans les tableaux 8.3.1, 8.3.2 et, 8.3.3
respectivement pour les conditions générales (Q69), les conditions du
premier compartiment (Q70) et celles du second compartiment (Q71).

252
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Tableau 8.3.1 : La sévérité des conditions générales de cote


(en pourcentage)

Conditions Générales 1. 2. 3. 4. 5. Total


Aucune Petite Moyenne Assez Elevée
Etre constitué sous la forme de 75,00 0,00 12,50 12,50 0,00 100
société anonyme
L’engagement écrit de l’émetteur de 50,00 12,50 0,00 25,00 12,50 100
diffuser les informations requises
par la BRVM notamment la
publication des comptes annuels au
Bulletin Officiel de la Cote (BOC)
L’engagement écrit de l’émetteur de 37,50 0,00 0,00 62,50 0,00 100
participer à l’organisation du
marché, notamment financièrement.
Source : A partir de notre enquête [Q69]

Le tableau 8.3.1 montre que l’appréciation des huit (8) dirigeants converge
dans une importante proportion pour les trois (3) conditions générales
d’admission à la cote, dont des fréquences cumulées au moins égales à
62,50%. Deux (2) conditions sont jugées comme n’étant pas
particulièrement sévères.

D’une manière générale l’appréciation des conditions générales de cote


tend à une faible sévérité de la part des dirigeants. En effet, les dirigeants
de la A et B les perçoivent toutes comme n’étant pas sévères. En revanche
les dirigeants de C, E et H considèrent les deux (2) premières conditions
comme n’étant pas sévères. Pendant qu’un seul dirigeant (C) trouve la
troisième condition peu sévère.
On note aussi que les dirigeants de la D, F et G perçoivent comme sévère
la publication des comptes annuels et l’engagement financier avec une
certaine nuance : 6LO¶RQFRQVLGqUHOHVVRFLpWpVGDQVOHXUHQVHPEOHFRPSWHWHQXGH
OHXURUJDQLVDWLRQDFWXHOOHOHVFRQGLWLRQVVRQWVpYqUHVPDLVHOOHVVRQWQRUPDOHV[D].

L’appréciation de la sévérité des conditions générales a été suivie de celle


des conditions spécifiques d’admission au premier compartiment, le
tableau 8.3.2 reprend les résultats.

253
Chapitre 8

Tableau 8.3.2 : Sévérité des conditions du premier compartiment


(en pourcentage)

1. 2. 3. 4. 5. Non Total
Aucune Petite Moyenne Assez Elevée Réponse
Présenter une capitalisation 62,50 12,50 0,00 25,00 0,00 0,00 100
boursière de plus de 500
millions de FCFA.
Avoir une marge sur chiffre 37,50 0,00 37,50 0,00 25,00 0,00 100
d’affaires sur chacun des 3
derniers exercices de 3%.
Présenter 5 années de comptes 75,00 0,00 0,00 12,50 12,50 0,00 100
certifiés.
S’engager à signer un contrat 25,00 25,00 12,50 25,00 0,00 12,50 100
d’animation de marché
(prévoyant une cotation ou une
indication de cours toutes les
trois séances).
Diffuser dans le public au 37,50 12,50 12,50 12,50 12,50 12,50 100
moins 20% de son capital, dès
l’introduction en bourse.
S’engager à publier au BOC 62,50 0,00 12,50 25,00 0,00 0,00 100
des estimations semestrielles
de chiffres d’affaires et de
tendance de résultats.
Source : A partir de notre enquête [Q70]

Le tableau 8.3.2 montre que cinq (5) conditions spécifiques se distinguent


par une convergence élevée des réponses des dirigeants, dont trois (3)
présentent des fréquences cumulées au moins égales à 62,50% et, deux (2)
conditions dont le cumul des fréquences est de 50%.

Les dirigeants de la A et B perçoivent les conditions du premier


compartiment comme n’étant pas sévères. Particulièrement la certification
des comptes, la signature du contrat de liquidité, la diffusion du capital et
la publication des tendances semestrielles du chiffre d’affaires. Toutefois,
ces dirigeants s’opposent sur les conditions de capitalisation boursière.
L’un la perçoit comme n’étant pas sévère (A) contrairement à l’autre
dirigeant (B).

Parallèlement l’appréciation diffère pour les dirigeants de la C, E, H et G.


Pour ces dirigeants la certification des comptes n’est pas sévère. A la
majorité de trois (3) dirigeants sur quatre (4) la publication des tendances
semestrielles de chiffre d’affaires n’est pas également perçue comme
sévère (C, G et H). De plus ces quatre (4) dirigeants s’opposent quant à la
condition de marge nette perçue comme n’étant pas sévère par les uns (G
et H) et perçue comme sévère par les autres (C et E).

254
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Quant aux dirigeants de la D et F, les conditions du premier compartiment


sont globalement perçues comme sévères. Particulièrement celles relatives
à la certification des comptes, à la signature du contrat de liquidité et à la
publication des tendances semestrielles de chiffre d’affaires. On note aussi
que ces dirigeants s’opposent sur le niveau de la capitalisation boursière
perçue comme sévère par le dirigeant de la F et inversement par celui de la
D.

Il convient également de souligner le taux de non-réponse observé pour le


contrat de liquidité. Il s’agit des dirigeants de la H qui s’abstiennent de
répondre par méconnaissance du contrat de liquidité : RQ QH FRQQDvW SDV OH
FRQWUDWGHOLTXLGLWp.

Quelle appréciation de sévérité les dirigeants des sociétés non cotées font-
ils des conditions d’admission au second compartiment de la BRVM ? Le
tableau 8.3.3 présente les résultats.

Tableau 8.3.3 : La sévérité des conditions d’admission au second


compartiment (en pourcentage)

1. 2. 3. 4. 5. Non Total
Aucune Petite Moyenne Assez Elevée Réponse
Présenter une capitalisation 87,50 12,50 0,00 0,00 0,00 0,00 100
boursière de plus de 200
millions de F CFA.
Présenter 2 années de 75,00 12,50 12,50 0,00 0,00 0,00 100
comptes certifiés.
S’engager à signer un contrat 37,50 12,50 0,00 37,50 0,00 12,50 100
d’animation de marché
(prévoyant une cotation ou
une indication de cours
toutes les cinq séances).
S’engager à diffuser dans le 50,00 25,00 0,00 25,00 0,00 0,00 100
public au moins 20% de son
capital dans un délai de deux
ans ou 15% en cas
d’augmentation de capital.
Source : A partir de notre enquête [Q71]

Le tableau 8.3.3 montre que les conditions spécifiques d’admission sur le


second compartiment se distinguent toutes par une convergence élevée des
réponses des dirigeants, dont trois (3) présentent des fréquences cumulées
au moins égales à 75% et, une condition dont le cumul des fréquences est
de 50%. Les quatre (4) conditions sont globalement perçues comme
n’étant pas sévères.
Globalement, les dirigeants de la A, B, E, F, G et H ne perçoivent pas
comme sévères les conditions d’admission sur le second compartiment.

255
Chapitre 8

Toutefois, on note que le dirigeant de la E s’oppose aux autres dirigeants


par rapport au contrat de liquidité qu’il trouve particulièrement sévère. Par
ailleurs ceux de la H s’abstiennent d’apprécier la sévérité du contrat de
liquidité par méconnaissance de ce dernier. De plus, on note que les
dirigeants de la C et D perçoivent la capitalisation boursière exigée
comme n’étant pas sévère. Cependant la signature du contrat de liquidité
et la diffusion du capital dans le public sont perçues comme sévères.

Le tableau 8.3.3 montre que 75% des dirigeants (A, B, E, F, G et H)


trouvent peu sévère la diffusion de 20% du capital social. La raison
avancée est la souplesse de la cession du capital : ODGLVSRVLWLRQHVWSOXVVRXSOH
HWODFHVVLRQGXFDSLWDOPRLQVEUXVTXH [H et E].

Afin d’appréhender l’intérêt des dirigeants pour la BRVM, leur


connaissance du marché régional a été cernée par plusieurs questions, dont
les résultats sont présentés à la suite.

• /DSHQVpHFRQQDLVVDQFHGHVVRFLpWpVQRXYHOOHPHQWFRWpHVjOD%590
La perception des dirigeants de sociétés non cotées par rapport aux
entreprises nouvellement cotées à la BRVM a été cernée par une série de
questions (Q57, Q58, Q59, Q61). Celles-ci ont respectivement porté sur la
connaissance des sociétés nouvellement cotées, l’existence de relations
(commerciale- partenariat etc.) avec les sociétés nouvellement introduites
sur la BRVM et, la perception de la satisfaction desdites sociétés cotées
quant à leur présence en bourse.

Il en résulte (Q57) que seulement 37,50% des dirigeants, A, C, et D,


connaissent les entreprises nouvellement cotées ; A et D entretiennent des
relations avec certaines d’entre elles. En effet, le dirigeant de la D, par sa
société, entretient des relations de partenariat (conseil d’administration) et
d’affaires avec la BOA-Burkina du groupe BOA. Quant au dirigeant de la
A, sa société appartient à un groupe dont l’une des sociétés, la FILTISAC,
était cotée sur la BVA et a été transférée depuis lors à la BRVM. De plus,
la A entretient avec la BRAKINA49 des relations d’affaires. A contrario,
62,50% des dirigeants, B, E F, G et H, ne connaissent, ni n’entretiennent
de relations avec les sociétés nouvellement cotées.

Outre la forte méconnaissance des sociétés nouvellement cotées, on


observe que l’échantillon des dirigeants se divise en deux (2) groupes,
lorsqu’il s’agit de la satisfaction desdites sociétés.
49
La BRAKINA est la brasserie du Burkina, elle est une société du groupe Castel. Les sociétés du groupe
Castel de la zone UEMOA ont lancé en 1999 un emprunt obligataire. C’est d’ailleurs la seule société du
Burkina présente à la BRVM.

256
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

En effet, on note un groupe très certain et un autre incertain. Ainsi pour les
uns, A, B, C, et D, les sociétés nouvellement cotées tirent des satisfactions
de leur introduction en bourse. Tandis que, pour les autres, E, F, G et H on
note une absence d’opinion sur la question : 1HVDLW SDV.

Globalement, la pensée connaissance des sociétés nouvellement cotées


montre que très peu de dirigeants connaissent les nouvelles valeurs cotées,
encore moins entretiennent des relations d’affaires ou de partenariat avec
elles (37,50% des dirigeants). Cela traduit le degré d’intérêt porté par les
dirigeants aux activités de la BRVM. Par conséquent il n’est pas
surprenant de constater que seulement la moitié des dirigeants interrogés
pensent que ces nouvelles valeurs cotées retirent des satisfactions de leur
présence à la cote ; pendant que l’autre moitié est incertaine.

En rappel, nous avons utilisé six (6) aspects de la pensée pour cerner les
traits généraux de la perception des huit (8) dirigeants des sociétés non
cotées d’une bourse. Il s’agit de la pensée immédiate- codifiée- comparée-
culturelle- conditionnelle et connaissance des sociétés cotées. Il ressort,
pour chaque aspect, des traits majeurs de la perception, qu’il convient de
présenter conjointement pour dégager la perception d’ensemble des huit
(8) dirigeants. Il s’agira donc de faire une synthèse de tous les aspects de
la pensée pour en déduire une typologie des dirigeants des sociétés non
cotées d’après leur perception.

• 7\SRORJLHGHVGLULJHDQWVGHVVRFLpWpVQRQFRWpHVVHORQOHXUSHUFHSWLRQ
GHOD%590
L’analyse descriptive de la perception a été menée à partir de six (6)
aspects de la pensée comportant chacun plusieurs items ou modalités. La
recherche d’une typologie des dirigeants, suivant la perception, procède de
la logique de simplification de la diversité des modalités de la pensée
d’une part. D’autre part, elle se justifie par le souci (section 8.3 et 8.4)
d’aller au-delà de l’aspect émotif des propos des dirigeants pour les
comprendre en relation avec les motivations, les réticences et les
caractéristiques des sociétés qu’ils dirigent.
En somme, il s’agit de rechercher un regroupement, si possible, de
dirigeants qui partagent plus ou moins un même degré de perception. Pour
y parvenir notre démarche a adopté deux (2) étapes : le calcul d’une
moyenne générale de la perception et la caractérisation des groupes de
dirigeants mis en évidence par la moyenne. Etant donné l’usage d’une
échelle de Likert pour un grand nombre d’items de la pensée, la première
étape a consisté au calcul de la moyenne globale de la perception.
Toutefois, ce calcul s’est heurté à deux (2) difficultés relatives aux
appréciations très qualitatives et aux sens de la pensée conditionnelle.

257
Chapitre 8

La première difficulté touche la pensée immédiate et la pensée


connaissance des dirigeants. La différence d’appréciation entre ces deux
(2) pensées et les quatre (4) autres n’autorise pas une harmonisation sans
biais pour le calcul de la moyenne. De ce fait, nous les avons exclues du
calcul de la moyenne générale de la perception, mais ces pensées sont
reprises en ce qui concerne la caractérisation des groupes.
La seconde difficulté de la moyenne vient des conditions légales
d’admission en bourse. Contrairement aux aspects très qualitatifs, les
conditions se prêtent au calcul de la moyenne. Toutefois il se pose un
problème de signification de la moyenne calculée. La nature des items de
pensée, dans leur ensemble, présente une bonne perception de la bourse
lorsque l’appréciation est élevée, mais inversement pour l’appréciation de
la sévérité des conditions. Si bien que les conditions jugées globalement
peu sévères par les dirigeants influencent à la baisse (-1) la moyenne de la
perception. Par conséquent, ne pas tenir compte de la spécificité de la
pensée conditionnelle c’est introduire délibérément un biais dans son
calcul et sa lecture ; d’où l’exclusion des notations issues de l’appréciation
des conditions d’admission en bourse. En définitive, trois (3) pensées ont
été retenues pour le calcul de la moyenne : la pensée codifiée, comparée et
culturelle ; soit les vingt et quatre (24) items des trois (3) pensée, y
compris l’item $XWUHV si un répondant proposait une nouvelle modalité de
pensée, dans ce cas la note était maximale (5). Les items qui ont connu des
non- réponses n’ont pas fait partie de la base du calcul de la note moyenne
de perception. Le tableau 8.4 reprend la moyenne et le nombre total
d’items. Notons enfin que les conditions sont intégrées dans la
caractérisation qui constitue l’objet de la seconde étape de notre
démarche.

La seconde étape a consisté en la caractérisation des résultats obtenus de


la description de la moyenne. Concrètement, nous avons procédé à une
visualisation sous forme de tableaux de tous les items, ou modalités des
variables, qui ont fait l’objet du calcul de la moyenne et des conditions de
cotes. Cela se justifie par une structure hétérogène de réponses parmi les
classes identifiées.
Après avoir décrit la démarche nous présentons maintenant les résultats
obtenus, en partant de la moyenne de la perception (tableaux 8.4).

258
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Tableau 8.4 : La note moyenne de la perception et la structure de notation

Note Structure de notation


Moyennea Inférieurb
Moyenc Supérieurd Totale
F 2 5 9 8 22
H 3 10 2 10 22
E 3 8 2 12 22
B 4 5 11 5 21
G 2 2 3 3 8
D 4 8 8 4 20
A 4 9 5 8 22
C 3 5 2 7 14
Source : A partir des données de l’enquête [Q44, Q46, Q47]
a
La note moyenne est arrondie au plus fort à partir de 0,5.
b,c,d
Représente le nombre d’items dont la note d’appréciation sur l’échelle est, inférieure, supérieure ou
égale à la note moyenne de la perception pour chaque répondant.
e
Correspond à la somme des chiffres (b, c, d) pour désigner le nombre d’items utilisés pour le calcul de
la moyenne. Le total diffère d’un répondant à l’autre compte tenu des non- réponses qui n’ont d’ailleurs
pas été associés au calcul de la moyenne et, de la prise en compte de l’item Autres dans les cas où il
existait une réponse.

Le tableau 8.4 livre deux (2) types d’information : la possibilité d’une


classification et la difficulté d’une caractérisation des classes. En effet, la
note moyenne de perception prend les valeurs 2, 3 et 4, ce qui, par
analogie avec l’échelle de notation et la description précédante, traduit
respectivement une perception faible (classe 1)- moyenne (classe 2)-
élevée (classe 3). Dès lors il est alors possible de regrouper les dirigeants
en trois classes respectives constituées : classe 1 (G et F), classe 2 (C, E et
H) et classe 3 (A, B et D).

Le tableau 8.4 renseigne sur la difficulté d’une caractérisation,


conséquence d’une structure divergente de notation des dirigeants. En
effet, la moyenne, qui est considérée comme la norme, permet d’apprécier
la notation des dirigeants en remarquant le nombre d’items qui reçoit une
note inférieure, supérieure ou égale à la norme, puis de procéder à une
comparaison des attitudes de notation des dirigeants par items. Le but d’un
tel exercice étant de conclure sur le profil des réponses par classe50. Ainsi
on note que les dirigeants de la classe 3 tendent à sous-estimer leur
notation (plus d’items ayant une note inférieure que supérieure),
contrairement aux autres qui tendent à une surévaluation. De plus, la
comparaison générale et intra classe montre une variation quantitative et
qualitative des items, qui ont une note inférieure, supérieure ou égale à la
note moyenne. Par conséquent l’on peut conclure à une hétérogénéité des
profils de réponses au sein des différentes classes de perception.

50
La démarche utilisée est celle de la technique dite de normalisation des données, rapportée par Evrard,
Pras et Roux (2000) in Market : études et recherches en marketing p259.

259
Chapitre 8

Le calcul de la note moyenne de la perception et la structure des réponses


permettent de retenir trois (3) classes de perception pour les dirigeants
interviewés avec toutefois un profil hétérogène de réponses. Cette
hétérogénéité implique une nécessité d’examiner au cas par cas les items
de perception pour en dégager les principales caractéristiques des classes
identifiées.
Il s’est agi alors de visualiser l’ensemble des items et d’en lire les
modalités communes comme les caractéristiques des classes (voir annexes
8.A1 et 8.A2). Les caractéristiques suivantes sont ainsi mises en évidence.

Les dirigeants de la classe 1 ne perçoivent pas la BRVM comme adaptée à


la culture du milieu. De plus, la bourse n’est pas perçue comme une
coûteuse source de financement encore moins comme une source de
financement humiliante et confidentielle. Les dirigeants de cette classe
trouvent particulièrement que les conditions spécifiques d’admission au
second compartiment ne sont pas sévères. En revanche, les conditions
générales de cote, notamment l’engagement écrit de diffusion des
informations au BOC et la participation financière à l’organisation du
marché sont perçues comme sévères. Les dirigeants ne connaissent pas les
sociétés nouvellement cotées et, ils ne pensent pas savoir si lesdites
sociétés retirent des satisfactions de leur cotation. La pensée immédiate
pour ces dirigeants serait proche des propos : 1RXV SHQVRQV TXH OD %590
FRQFHUQH OHV VRFLpWpV SOXV RUJDQLVpHV OHV VRFLpWpV DQRQ\PHV HW OHV PXOWLQDWLRQDOHV
[F].

Pour les trois (3) dirigeants de la classe 2, la BRVM est perçue comme
une dangereuse et impersonnelle source de financement qui permet de se
faire connaître. Ils la perçoivent aussi majoritairement comme distante,
mais avantageuse pour augmenter son capital et accélérer son
développement. Globalement, ils ne trouvent pas les conditions
d’admission à la cote comme étant sévères, mais cela ne les empêche pas
de percevoir la BRVM comme n’étant pas adaptée au milieu, comme
n’étant pas une possibilité tangible de financement. De plus, une grande
majorité des dirigeants de cette classe ne trouvent pas, en la bourse, une
source de financement humiliante, confidentielle et sécurisante. Les
propos du dirigeant de la C résume la perception de ces dirigeants : &¶HVW
XQH ERQQH LGpH PDLV LO \ D EHDXFRXS GH ULVTXH 3HXW rWUH TXH ELHQW{W QRXV DOORQV
SUHQGUHSDUW

Les dirigeants de la classe 3 perçoivent la BRVM comme une possibilité


tangible, concrète et valorisante de financement, pour augmenter son
capital, se faire connaître, pour faire des placements de trésorerie et, se
développer.

260
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

De plus, ces dirigeants connaissent (2/3) les sociétés nouvellement cotées


et pensent qu’elles tirent des satisfactions de leur présence en bourse.
Majoritairement (2 dirigeants sur 3) cette classe se caractérise aussi par
des dirigeants qui perçoivent la bourse comme un mode de financement
adapté à la culture, avantageux, sécurisant, mais impersonnel ; toutefois à
la portée de leur société. En somme, c’est un outil pour spéculer et
d’accélération du développement, dont les conditions d’accès sont
globalement peu sévères. A contrario, les dirigeants de cette classe ne
perçoivent pas la BRVM comme une source de financement humiliante,
confidentielle et dangereuse. Globalement les propos du dirigeant de la A
traduisent leur perception de la bourse :
-¶HVWLPHTXHF¶HVWXQHVWUXFWXUHPRGHUQHGHSDUWLFLSDWLRQjODJHVWLRQTXLSHXW
DLGHU j DPpOLRUHU OD JHVWLRQ GHV VRFLpWpV j UHQIRUFHU OH V\VWqPH GH ILQDQFHPHQW GH
SDUWLFLSDWLRQ DX GpYHORSSHPHQW GH O¶pFRQRPLH SDU O¶LQVWDOODWLRQ G¶XQH FHUWDLQH
ULJXHXU DX QLYHDX GHV VRFLpWpV FRWpHV HW j DVVXUHU GHV IDFLOLWpV GH ILQDQFHPHQW DX
V\VWqPHEDQFDLUH1pDQPRLQVHOOHUHVWHFRPSOH[HjELHQG pJDUG

L’analyse descriptive de la perception met en évidence trois (3) classes de


répondants, les uns à faible perception (classe 1) de la BRVM, les autres à
perception moyenne (classe 2) et, des dirigeants à perception élevée
(classe 3). Chaque classe est cohérente sur un certain nombre d’items,
mais globalement elles restent caractérisées par la spécificité des
différents répondants. L’explication jusque là perceptible est
l’hétérogénéité des profils des réponses, qui reste limitée par l’absence
d’éléments explicatifs de la différence des profils de réponses. D’où la
nécessité de revenir plus tard sur les facteurs explicatifs de la perception,
une fois les motivations et les réticences à l’introduction en bourse
décrites.

 /HV PRWLYDWLRQV GH O¶LQWURGXFWLRQ HQ ERXUVH GHV GLULJHDQWV GH


VRFLpWpVQRQFRWpHV

Les motivations de l’introduction en bourse, distinctement de la


perception, nécessitent, de la part des dirigeants, une certaine maîtrise des
orientations stratégiques de leur société et, aussi une implication dans le
processus de prise de décision. A cet effet, en plus du fait que les
répondants étaient les premiers gestionnaires de l’entreprise, la crédibilité
de leurs réponses a été jaugée a priori par quatre (4) questions (Q50 à
Q53), dont une question filtre. Ces questions les interpellaient sur la tenue
de discussions relatives à l’introduction en bourse et les conclusions de
tels débats. En l’absence de discussion, l’interrogation portait sur les
personnes qui prendraient part aux discussions et sur l’existence d’une
réflexion personnelle sur l’introduction en bourse.

261
Chapitre 8

Ainsi, selon 75% des répondants, l’idée de coter leur société n’a pas été
discutée. En revanche, deux (2) dirigeants affirment que la question de la
cotation de leur société a été discutée. Si le principe a été retenu d’après
l’un des dirigeants et inscrit comme un objectif à terme de sa société (D),
pour le second dirigeant (B) la question a simplement été reportée. En
revanche, si l’idée de cotation n’a pas majoritairement fait l’objet de
discussion, il ressort qu’elle a effleuré d’une part l’esprit de trois (3) autres
dirigeants (A, E et G) et, d’autre part quatre (4) dirigeants pensent être
associés à la prise de décision de l’introduction en bourse de leur société si
la question devait être débattue (A, C, G et H).

Il apparaît ainsi que la question de l’introduction en bourse n’était pas une


interrogation nouvelle pour les répondants, ce qui garantissait a priori des
réponses profondes et fiables. De ce fait, tous les répondants ont été
retenus et la stratégie a consisté à leur poser une question ouverte sur leur
motivation, avant de leur suggérer une liste de motivations sur une échelle
allant de 1 pour aucune, 2 pour peu, 3 Moyenne, 4 Assez élevé à 5 pour
élevé.

Les réponses ouvertes et celles enregistrées sur les items suggérés


montraient une forte cohérence. Par conséquent nous ne présentons à la
suite que les résultats des différents items. Dans une première analyse (a)
nous décrivons les résultats de l’enquête et, dans un second temps (b) nous
recherchons une typologie des répondants.

• 'HVFULSWLRQGHVPRWLYDWLRQV
Le tableau 8.5 présente, sous forme de fréquences, les résultats obtenus
pour chaque item de même que le taux de non-réponses.

262
Tableau 8.5 : Les motivations des dirigeants des sociétés non cotées (en pourcentage)

1. 2. 3. 4. 5. Non Total
Aucune Peu Moyenne Assez Elevée Réponse
Diversification des sources de financement 0,00 12,50 12,50 37,50 37,50 0,00 100
Liquidité du patrimoine 25,00 0,00 12,50 25,00 25,00 12,50 100
Diversification du portefeuille des actionnaires 12,50 25,00 25,00 0,00 25,00 12,50 100
Faire face à un endettement trop élevé 12,50 87,50 0,00 0,00 0,00 0,00 100
Surveillance de la société par le marché 37,50 0,00 25,00 12,50 25,00 0,00 100
Accroître la notoriété de la société 12,50 0,00 12,50 12,50 62,50 0,00 100
Vendre la société dans des meilleures conditions 50,00 12,50 0,00 12,50 25,00 0,00 100
Pression du marché 50,00 0,00 37,50 0,00 12,50 0,00 100
Rééquilibrer ses comptes 25,00 37,50 25,00 0,00 12,50 0,00 100
Participation des salariés au capital 37,50 37,50 12,50 0,00 12,50 0,00 100
Favoriser la succession 100 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 100
Assurer des plus values sur les titres cédés 37,50 12,50 12,50 25,00 12,50 0,00 100
Acquérir des liquidités pour acheter d’autres titres 37,50 37,50 25,00 0,00 0,00 0,00 100
Des besoins à financer 12,50 25,00 25,00 0,00 37,50 0,00 100
La taille de l’entreprise 12,50 0,00 62,50 12,50 12,50 0,00 100
Pérennité de la société 12,50 0,00 37,50 12,50 37,50 0,00 100
Source : A partir de notre enquête [Q55]

263
Chapitre 8

Le tableau 8.5 montre que douze (12) items soumis à l’appréciation des
dirigeants se distinguent par un taux élevé de convergence des réponses,
dont huit (8) items présentent des fréquences cumulées au moins égales à
62,50% et, les quatre (4) autres items ont des fréquences cumulées de
50%. La diversification des sources de financement et accroître la
notoriété de la société sont des motivations majeures. En revanche, faire
face à un endettement trop élevé, vendre la société dans de meilleures
conditions, rééquilibrer ses comptes, faire participer les salariées au
capital, favoriser la succession et acquérir des liquidités pour acheter des
titres ne sont pas des motivations partagées majoritairement par un grand
nombre de dirigeants.
De plus, dans une adhésion moindre, 50% des dirigeants sont sensibles à
la liquidité du patrimoine et à la pérennité de l’entreprise comme des
motivations majeures. Parallèlement, dans une même proportion, la
pression du marché et assurer des plus values sur les titres cédés ne sont
pas appréhendés comme des motivations à l’introduction en bourse.

Globalement, on retient de l’analyse descriptive des motivations que les


dirigeants de la B et de la E ont le maximum de motivations communes :
la diversification des sources de financement, l’accroissement de la
notoriété, la liquidité du patrimoine et la pérennité de leur entreprise. Ils
sont suivis des dirigeants de la H et de la D qui comptent moins de
motivations communes. En effet, la diversification des sources de
financement, l’accroissement de la notoriété et la liquidité du patrimoine
sont leurs principales motivations partagées. Le dirigeant de la A a aussi
en commun la diversification et l’accroissement de la notoriété, mais son
propos est différent du fait de sa troisième motivation qui est la pérennité
de la société. Le reste des dirigeants se caractérise par une motivation
singulière. Il s’agit des dirigeants de la C, F et G qui ont comme
motivations respectives, l’accroissement de la notoriété, la pérennité de
l’entreprise et la diversification des sources de financement.

Le tableau 8.5 montre également un taux de non-réponse relativement


faible (12,50%) pour deux (2) items. Il s’agit de la liquidité du patrimoine
et de la diversification du portefeuille des actionnaires, restés insensibles
respectivement aux dirigeants de la F et à ceux de la G.

Les dirigeants ont été sensibles aux items proposés et à 87,50% ils
trouvent la liste des motivations complète. Un dirigeant (C) trouve la liste
incomplète et propose d’ajouter à la liste des motivations l’item DFFURvWUH
VHVSDUWVGHPDUFKp.

264
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

• 7\SRORJLHGHVGLULJHDQWVVHORQOHXUVPRWLYDWLRQV
L’analyse descriptive de la motivation a été menée à partir du tableau 8.5
comportant plusieurs items qui représentent diverses sources de
motivations. La recherche d’une typologie des dirigeants suivant la
motivation procède de la logique de simplification de la diversité des
modalités de motivation d’une part. D’autre part, elle se justifie par le
souci (section 8.3 et 8.4) d’aller au-delà de l’aspect émotif des propos des
dirigeants, pour les comprendre en relation avec la perception, les
réticences et les caractéristiques des sociétés qu’ils dirigent. Il s’agit, à
l’image de la perception, de rechercher un regroupement, si possible, de
dirigeants qui partagent plus ou moins un même degré de motivation.
Pour y parvenir notre démarche a adopté trois (3) étapes : le calcul d’une
moyenne générale des motivations, le comptage du nombre de motivations
et la caractérisation des groupes de dirigeants. Etant donné l’usage d’une
échelle de Likert, la première et la seconde étape ont été aisées. En effet,
le calcul de la moyenne de motivation a consisté en un simple calcul
arithmétique, tandis que le comptage des motivations était simplifié du fait
des notes d’appréciation (sont des motivations les items dont la note est
supérieure ou égale à 4). Le nombre de motivation à un sens parce qu’il
rattrape les biais introduit dans la moyenne du fait de l’appréciation des
non- motivations.
La seconde étape a consisté à la caractérisation des résultats obtenus de la
description de la moyenne et du nombre de motivations. Concrètement
nous avons procédé à une visualisation sous forme de tableau de tous les
items ou modalités des variables qui ont fait l’objet du calcul de la
moyenne. Cela se justifie par une structure hétérogène de réponses parmi
les classes identifiées. Le tableau 8.6 introduit les résultats obtenus.

265
Chapitre 8

Tableau 8.6 : Moyenne – Nombre de motivations et structure de notation

Note Nombre Structure de notation


Moyennea Motivationsb Moyenne c
Inférieurd Supérieure Totalf
F 2 2 4 6 4 14
H 3 5 6 4 5 15
E 4 10 0 6 10 16
B 4 9 0 7 9 16
G 2 1 3 11 2 16
D 3 5 5 6 5 16
A 3 5 3 8 5 16
C 2 1 1 11 4 16
Source : A partir des données brutes de l’enquête
a
La note moyenne est arrondie au plus fort à partir de 0,5.
b
Il s’agit du nombre exact de motivations c’est-à-dire des items ayant reçu une note supérieure ou égale à
4.
c,d,e
Représente le nombre d’items dont la note d’appréciation sur l’échelle est, inférieure, supérieure ou
égale à la note moyenne de motivations pour chaque répondant.
f
Correspond à la somme des chiffres (c, d, e) pour designer le nombre d’items utilisés pour le calcul de la
moyenne. Le total diffère d’un répondant à l’autre compte tenu des non-réponses qui n’ont d’ailleurs pas
été associés au calcul de la moyenne et, de la prise en compte de l’item Autres dans les cas où il existait
une réponse.

Le tableau 8.6 livre deux (2) types d’information : la possibilité d’une


classification des dirigeants et la difficulté d’une caractérisation des
classes. En effet la note moyenne de motivation prend les valeurs 2, 3 et 4
ce qui par analogie avec l’échelle de notation et la description précédante
traduit respectivement une motivation faible- moyenne- élevée. Toutefois
adopter une telle nomenclature serait erronée, car on note l’existence d’au
moins une motivation quelle que soit la valeur de la moyenne. Et,
puisqu’une seule motivation suffit pour s’introduire en bourse, parler de
dirigeant faiblement motivé manquerait de pertinence. Il conviendrait
plutôt de parler de dirigeants à faible ou à moyen nombre de motivations
ou à nombre élevé de motivations. Le nombre de motivations présenté par
le tableau 8.6 corrobore la séquence des notes moyennes ce qui permet de
retenir cette dernière nomenclature pour les classes. Dès lors on regroupe
les dirigeants en trois (3) classes respectives constituées par : classe 1 (C,
F et G), classe 2 (A, D et H) et classe 3 (B et E).

Le tableau 8.6 renseigne sur la difficulté d’une caractérisation,


conséquence d’une structure divergente de notation des dirigeants. En
effet, la moyenne, qui est considérée comme la norme, permet d’apprécier
la notation des dirigeants, en remarquant le nombre des items qui
reçoivent une note inférieure, supérieure ou égale à la norme, puis de
procéder à une comparaison des attitudes de notation des dirigeants par
items.

266
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Le but d’un tel exercice étant de conclure sur le profil des réponses par
classe. Ainsi, on note que les dirigeants des classes 1 et 2 tendent à sous-
estimer leur notation (plus d’items ayant une note inférieure que
supérieure), contrairement aux autres qui tendent à une surévaluation. On
note, à ce propos, que les dirigeants de la classe 3, qui ont le plus grand
nombre de motivations, ne disposent pas d’items appréciés par la note
moyenne (4). L’explication la plus probable serait la certitude totale par
rapport aux items avancés comme sources de motivations. Enfin, la
comparaison générale et intra classe montre une variation quantitative et
qualitative des items qui ont une note inférieure, supérieure ou égale, à la
note moyenne. Par conséquent, on peut conclure à une hétérogénéité des
profils de réponses au sein des différentes classes de `motivations.

Le calcul de la note moyenne, le nombre de motivations et la structure des


réponses, permettent de retenir trois (3) classes de motivations pour les
dirigeants interviewés, avec toutefois un profil hétérogène de réponses.
Cette hétérogénéité implique une nécessité d’examiner au cas par cas les
items de motivations pour en dégager les principales caractéristiques des
classes identifiées. Il s’est, alors, agi de visualiser l’ensemble des items et
d’en lire les modalités communes comme les caractéristiques des classes
(voir annexe 8.A3). Les caractéristiques suivantes sont ainsi mises en
évidence.
La classe 1 se caractérise par des dirigeants ayant un faible nombre de
motivations, mais partageant un grand nombre de non- motivations. En
effet, cette classe se caractérise principalement par des dirigeants ayant
comme motivations : la diversification des sources de financement (G),
l’accroissement de la notoriété (C), la taille de l’entreprise et la pérennité
de la société (F). En revanche, faire face à un endettement trop élevé,
vendre la société dans de meilleures conditions, la pression du marché, la
participation des salariés au capital, favoriser la succession, assurer des
plus values sur les titres cédés et acquérir des liquidités pour acheter
d’autres titres sont les sources de non- motivation qui caractérisent les
dirigeants de cette classe. Dans une proportion de 2 dirigeants sur 3, la
liquidité du patrimoine et la diversification du portefeuille des actionnaires
(C, G), la surveillance de la société par le marché et les besoins à financer
(F, G), ne sont pas des motivations pour les dirigeants de cette classe.

La classe 2 se caractérise par des dirigeants qui ont un nombre moyen de


motivations, principalement la diversification des sources de financement
et l’accroissement de la notoriété.

51
La démarche utilisée est celle de la technique dite de normalisation des données, rapportée par Evrard,
Pras et Roux (2000) in Market : études et recherches en marketing p259.

267
Chapitre 8

Dans une proportion de 2 dirigeants sur 3, cette classe est aussi


caractérisée par les motivations suivantes : la liquidité du patrimoine (H et
D), la surveillance de la société par le marché (D et A) et assurer des plus
values sur les titres cédés (H et D). De plus, la classe 2 est aussi
caractérisée par les non- motivations : faire face à un endettement trop
élevé, la participation des salariés au capital et favoriser la succession.

Enfin, il apparaît clairement que les dirigeants de la classe 3 (E et B) se


caractérisent par le plus grand nombre de motivations : la diversification
des sources de financement, la liquidité du patrimoine, la diversification
du portefeuille des actionnaires, l’accroissement de la notoriété de la
société, la vente de la société dans des meilleures conditions, l’existence
de besoins à financer et la pérennité de la société. De plus, pour les
dirigeants de cette classe, faire face à un endettement trop élevé et
favoriser la succession, ne sont pas des sources de motivations.

L’analyse descriptive des motivations conduit à trois (3) classes de


dirigeants, les uns à faible nombre de motivations (classe 1), les autres à
nombre moyen de motivations (classe 2) et les dirigeants à plus grand
nombre de motivations (classe 3). La cohérence des classes est effective
par un nombre de points communs qui n’enlèvent rien à la spécificité des
répondants. Empiriquement, cette situation est expliquée par
l’hétérogénéité des profils des réponses qui, du reste, exigent une
explication. La recherche d’explication est donc envisagée plus tard après
avoir procédé à une description des réticences des dirigeants (8.2.3).

/HVUpWLFHQFHVjO¶LQWURGXFWLRQHQERXUVHGHVGLULJHDQWVGHVRFLpWpV
QRQFRWpHV

Les réticences des huit (8) dirigeants à l’introduction en bourse ont été
recueillies au cours des interviews. Une démarche plurielle a permis de
comprendre leurs vraies réticences. Une question ouverte (Q63) a,
d’abord, été utilisée pour cerner en libre propos les réticences des
dirigeants de sociétés, puis, ils ont été invités à identifier parmi un certain
nombre d’items (Q64) ceux qui se rapprochent de leurs réticences. La
forte cohérence nous amène à ne retenir dans la présentation que les
résultats issus des items. Les phénomènes de sous-évaluation et sous-
performances sont discutés comme des éléments de coûts pouvant
engendrer des réticences. De plus, l’enquête pilote a permis d’exprimer les
items de réticences sous un langage moins exotérique et, par la même
occasion, a révélé le caractère gênant de certains items pour les
répondants.

268
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Les dirigeants ont alors été invités à se prononcer sur ces items comme
des réticences pour leur entreprise, mais aussi pour les autres entreprises
(Q68), les résultats sont repris séparément. Enfin, l’absence d’entreprises
burkinabé en bourse et la culture ont été discutées comme des sources de
réticences. Particulièrement, pour ces aspects, les explications sont
avancées et font aussi l’objet de présentation.

Nous présentons, premièrement les réticences des dirigeants de sociétés


non cotées d’après les items connus de réticences, puis les réticences
exprimées dans un jargon moins exotérique, ensuite l’absence
d’entreprises burkinabé comme réticence et finalement la culture est
discutée. Le dernier point est la recherche d’une typologie des huit (8)
dirigeants d’après leurs réticences.

• /HVUpWLFHQFHVGHVGLULJHDQWVHWFHOOHVGpGXLWHVGHODOLWWpUDWXUH
Les réticences sont décrites à partir des résultats de l’enquête présentés
dans le tableau 8.7.

Tableau 8.7 : Les réticences des dirigeants (en pourcentage)

1. 2. 3. 4. 5. Non Total
Aucun Peu Moyen Assez Elevée Réponse
Les coûts directs de 37,50 0,00 25,00 12,50 0,00 25,00 100
l’introduction en bourse
La perte de confidentialité 37,50 0,00 12,50 25,00 25,00 0,00 100
La préparation de l’introduction 25,00 25,00 12,50 12,50 12,50 12,50 100
en bourse
La peur de perdre le contrôle 12,50 0,00 0,00 25,00 50,00 12,50 100
La fluctuation des cours des 12,50 0,00 12,50 37,50 37,50 0,00 100
titres sur la bourse
Obliger de rendre compte de ses 25,00 12,50 12,50 12,50 37,50 0,00 100
actions de gestion
Ne pas savoir quoi faire une fois 37,50 37,50 0,00 12,50 0,00 12,50 100
en bourse
L’obligation de distribuer des 25,00 25,00 12,50 0,00 37,50 0,00 100
dividendes
La jeunesse de l’entreprise 37,50 50,00 12,50 0,00 0,00 0,00 100
L’absence de besoin à financer 50,00 25,00 12,50 0,00 12,50 0,00 100
Source : A partir de notre enquête [Q64]

Le tableau 8.7 montre que neuf (9) items soumis à l’appréciation des
dirigeants se distinguent par un taux élevé de convergence des réponses,
dont cinq (5) items présentent des fréquences cumulées au moins égales à
75% et, les quatre (4) autres items ont des fréquences cumulées de 50%.

269
Chapitre 8

Ainsi la peur de perdre le contrôle et la fluctuation des cours des titres sur
la bourse apparaissent comme des réticences majeures pour 75% des
dirigeants de l’échantillon étudié. Par contre, ne pas savoir quoi faire une
fois en bourse, la jeunesse de l’entreprise et l’absence de besoin à financer
ne sont pas considérés par un grand nombre de dirigeants comme des
réticences.
De plus, mais dans une moindre adhésion (50%), la perte de
confidentialité et être obligé de rendre des comptes de ses actions de
gestion sont des sources majeures de réticences. A contrario, dans une
même proportion de 50% des dirigeants, la préparation de l’introduction
en bourse et l’obligation de distribuer des dividendes n’apparaissent pas
être des sources de réticence. Aussi bien pour les sources de réticences
que de non-réticences, les appréciations des dirigeants tendent à s’opposer
divisant l’échantillon en deux (2) groupes.

Globalement, l’analyse descriptive peut être résumée en trois (3) points


selon les réticences communes. En effet, le premier point montre que les
dirigeants de la B, E et F ont le plus grand nombre de réticences. Celles-ci
sont la peur de perdre le contrôle, la perte de confidentialité, la fluctuation
des cours des titres sur la bourse et, être obligé de rendre des comptes de
ses actions de gestion.

Le deuxième point illustre des dirigeants ayant relativement moins de


réticences, c’est-à-dire au plus trois (3) réticences dont deux (2) sont
partagées. Il s’agit des dirigeants de la G et de la D, qui se caractérisent
par la peur de perdre le contrôle et la fluctuations des cours des titres sur
la bourse comme réticences communes. Ce dernier item est aussi une
réticence partagée par les dirigeants de la H, qui ont une seconde réticence
distincte, à savoir la perte de la confidentialité. Enfin, le troisième point
montre deux (2) dirigeants singuliers, A et C. Le premier ne présente
aucune réticence et, le second n’a qu’une réticence qui est l’obligation de
distribuer des dividendes.

Le tableau 8.7 montre également que le taux de non-réponse est différent


de 100% pour quatre (4) items. Les coûts directs de l’introduction en
bourse du fait de leur méconnaissance par les dirigeants (B et H),
enregistrent le taux de non-réponse le plus élevé (25%). De même la
préparation de l’introduction en bourse est ignorée des dirigeants de la H :
Nous ne savons pas comment se prépare une telle opération [H]. Les
dirigeants de la C ne sont pas sensibles à l’item ne pas savoir quoi faire en
bourse.

270
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Afin d’approfondir l’incidence des coûts comme réticences, les


phénomènes de sous-évaluation et de sous-performance, qui sont des coûts
implicites de l’introduction, ont été discutés avec les dirigeants (Q66 et
Q67). Il en résulte une opposition entre les dirigeants. En effet 50% des
dirigeants connaissent l’existence de ces deux phénomènes, A, B, D et G,
contrairement à l’autre moitié. Toutefois, s’ils sont connus, 62,50% des
dirigeants pensent qu’ils ne constitueront pas des sources majeures de
réticences, A, B, D, G et H.

• /HVUpWLFHQFHVGHVGLULJHDQWVTXLVRQWLVVXHVGHO¶pWXGHSLORWH
L’approfondissement des réticences a conduit à utiliser un vocabulaire
plus accessible, issu d’une enquête pilote. Ainsi on retrouve des items qui
ont été discutés par ailleurs et de nouveaux items font leur apparition.
Parmi ces nouveaux items, certains peuvent être jugés dégradants par les
répondants, d’où l’utilisation d’une démarche qui a consisté à recueillir à
la fois l’appréciation des dirigeants pour leur entreprise et pour les autres.
Nous présentons dans le tableau 8.8.1 les réticences des dirigeants pour
leur société. Le tableau 8.8.2 reprend les réticences supposées pour les
autres entreprises.

Tableau 8.8.1 : Les réticences des dirigeants pour leur société


(en pourcentage)

1. 2. 3. 4. 5. Non Total
Aucun Peu Moyen Assez Elevée Réponse
Bouleverser sa manière de faire les 37,50 12,50 12,50 25,00 12,50 0,00 100
affaires
Révéler sa richesse aux autres 37,50 12,50 25,00 0,00 25,00 0,00 100
Obliger de rendre des comptes sur sa 62,50 0,00 0,00 12,50 25,00 0,00 100
gestion
La possibilité d’avoir mon ennemi 37,50 12,50 0,00 0,00 50,00 0,00 100
dans le capital
Les obligations de bourse 12,50 37,50 12,50 37,50 0,00 0,00 100
La religion du principal actionnaire 75,00 25,00 0,00 0,00 0,00 0,00 100
(A préciser)
Perdre le pouvoir sur l’entreprise 25,00 0,00 0,00 37,50 37,50 0,00 100
La peur du fisc 12,50 25,00 25,00 25,00 12,50 0,00 100
Publier l’information sur ses activités 37,50 25,00 0,00 37,50 0,00 0,00 100
La distance entre l’entreprise et la 37,50 25,00 25,00 0,00 12,50 0,00 100
bourse
Les croyances du principal 62,50 37,50 0,00 0,00 0,00 0,00 100
actionnaire
La confiance (manque à l’institution) 37,50 25,00 12,50 12,50 12,50 0,00 100
Le culte du secret 50,00 25,00 0,00 12,50 12,50 0,00 100
Autres (A préciser) 0,00 0,00 0,00 0,00 37,50 62,50 100
Source : A partir de notre enquête [Q68]

271
Chapitre 8

Le tableau 8.8.1 montre que douze (12) items soumis à l’appréciation des
dirigeants se distinguent par un taux élevé de convergence des réponses,
dont huit (8) items présentent des fréquences cumulées au moins égales à
62,50% et, les quatre (4) autres items ont des fréquences cumulées de
50%. Ainsi pour 75% des dirigeants étudiés, perdre le pouvoir sur
l’entreprise est une source majeure de réticence à l’introduction en bourse.
En revanche, obliger de rendre des comptes sur sa gestion, la religion du
principal actionnaire, publier l’information sur ses activités, la distance
entre l’entreprise et la bourse, les croyances du principal actionnaire, le
manque de confiance à la bourse et le culte du secret sont cités par au
moins 62,50% de dirigeants comme n’étant pas des sources de réticences à
l’introduction en bourse.

Dans une moindre adhésion (50%), la possibilité d’avoir mon ennemi dans
le capital est une réticence qui divise l’échantillon des dirigeants. En effet,
pour les dirigeants de la B, E F et H l’item est une réticence, contrairement
aux dirigeants A, C, D et G.
A contrario, bouleverser sa manière de faire les affaires, révéler sa
richesse aux autres et les obligations de bourse ne sont pas des réticences
pour 50% des dirigeants. On note que bouleverser sa manière de faire les
affaires et les obligations de bourses divisent les dirigeants en deux (2)
groupes.

Le tableau 8.8.1 permet aussi de noter que le taux de non -réponse pour
l’item autres est différent de 100%. Cela traduit une volonté des dirigeants
de compléter la liste. Il s’agit des dirigeants de la C, E et H qui citent
respectivement, OH ULVTXH G¶rWUH HQ ERXUVH OH QLYHDX G¶LQVWUXFWLRQ GX SULQFLSDO
DFWLRQQDLUH HW OHV FUR\DQFHV HW OD PRUDOLWp GX SULQFLSDO DFWLRQQDLUH comme des
sources de réticences.

Globalement, au plus deux (2) items apparaissent être des réticences


partagées par un grand nombre de dirigeants. En effet perdre le pouvoir
sur l’entreprise et la possibilité d’avoir mon ennemi dans le capital sont
retenus par les dirigeants de la B, E, F et H. En revanche les dirigeants de
la D et G partagent l’item perdre le pouvoir sur l’entreprise comme une
réticence. Le dirigeant de la A ne retient aucun des items proposés comme
une source de réticence à l’introduction en bourse pour sa société.

En somme moins de réticences apparaissent pour les dirigeants et leur


société. Toutefois les résultats sont inversés lorsque les dirigeants de
sociétés non cotées apprécient les mêmes items comme source de
réticences pour les autres sociétés. Le tableau 8.8.2 illustre cette réalité.

272
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Tableau 8.8.2 : Les réticences des autres sociétés selon les dirigeants
(en pourcentage)

1. 2. 3. 4. 5. Non Total
Aucun Peu Moyen Assez Elevée Réponse
Bouleverser sa manière de faire les 0,00 12,50 12,50 37,50 12,50 25,00 100
affaires
Révéler sa richesse aux autres 0,00 12,50 25,00 0,00 25,00 37,50 100
Obliger de rendre des comptes 12,50 0,00 12,50 37,50 25,00 12,50 100
sur sa gestion
La possibilité d’avoir mon ennemi 12,50 12,50 12,50 0,00 50,00 12,50 100
dans le capital
Les obligations de bourse 0,00 12,50 12,50 37,50 12,50 25,00 100
La religion du principal actionnaire 37,50 12,50 0,00 25,00 0,00 25,00 100
(A préciser)
Perdre le pouvoir sur l’entreprise 12,50 0,00 0,00 25,00 50,00 12,50 100
La peur du fisc 0,00 12,50 12,50 25,00 37,50 12,50 100
Publier l’information 00,00 25,00 0,00 37,50 12,50 25,00 100
sur ses activités
La distance entre l’entreprise 25,00 12,50 12,50 12,50 12,50 25,00 100
et la bourse
Les croyances du 25,00 25,00 12,50 0,00 12,50 25,00 100
principal actionnaire

La confiance 25,00 12,50 0,00 25,00 25,00 12,50 100


(manque à l’institution)
Le culte du secret 25,00 0,00 0,00 25,00 25,00 25,00 100
Autres 0,00 0,00 0,00 0,00 37,50 62,50 100
Source : A partir de notre enquête [Q68]

Le tableau 8.8.2 montre que onze (11) items soumis à l’appréciation des
dirigeants se distinguent par un taux élevé de convergence des réponses,
dont trois (3) items présentent des fréquences cumulées au moins égales à
62,50% et, les huit (8) autres items ont des fréquences cumulées de 50%.
Ainsi l’obligation de rendre des comptes sur sa gestion, perdre le pouvoir
sur l’entreprise et la peur du fisc sont des sources de réticences
grandement partagées par les dirigeants.

Dans une moindre adhésion (50%), le tableau 8.8.2 ci-dessus montre que,
bouleverser sa manière de faire les affaires, la possibilité d’avoir mon
ennemi dans le capital, les obligations de bourse, publier l’information sur
ses activités, le manque de confiance à l’institution et le culte du secret
sont des items retenus par les dirigeants comme des sources de réticences.
A contrario la religion du principal actionnaire et ses croyances ne sont
pas retenues comme des sources de réticences.

273
Chapitre 8

Globalement, on retient de l’analyse descriptive du tableau 8.8.2 qu’un


total de neuf (9) sources de réticences sont retenues par les dirigeants pour
les autres entreprises. Il s’agit de l’obligation de rendre des comptes sur sa
gestion (B, D, E, F, H), perdre le pouvoir sur l’entreprise (B, D, E, F, G,
H), la peur du fisc (C, D, E, F, H), bouleverser sa manière de faire les
affaires (B, D, F, H), la possibilité d’avoir mon ennemi dans le capital (B,
E, F, H) les obligations de bourses (B, D, F, H), publier l’information sur
ses activités (D, F, G H), le manque de confiance à la bourse (D, E, F, H)
et le culte du secret (D, F, G, H).

Les taux de non-réponse sont différents de 100% pour tous les items.
Cette situation s’explique par le dirigeant de la A qui s’est abstenu de
répondre pour les autres entreprises. De plus lorsque le taux de non-
réponse est supérieur à 12,50%, il s’agissait généralement des dirigeants
de la A et de la E.

Le tableau 8.8.2 permet aussi de noter que l’item Autres présente un taux
de réponse de 37,50%, correspondant aux dirigeants de la C, E et H déjà
évoqués précédemment. Enfin on observe un taux de non- réponse de
37,50% pour l’item révéler sa richesse aux autres, il s’agit des dirigeants
A, D et E. D’une manière générale, les taux de non -réponses traduisent un
aveu d’incapacité des dirigeants à répondre avec certitude à ces items pour
les autres entreprises d’où le choix délibéré de ne pas y répondre.

Les tableaux 8.8.1 et 8.8.2 montrent pour les mêmes items une quasi-
opposition dans l’appréciation des réticences pour leur société et pour les
autres entreprises. En effet, à l’exception des dirigeants de la B et de la F
qui ont reporté les mêmes appréciations et du dirigeant de la A qui s’est
abstenu de répondre, les autres dirigeants, soit 62,50% de l’échantillon,
ont porté des appréciations différentes de celles de leur société, lorsqu’ils
ne se sont pas abstenus. Ainsi, il apparaît plus de réticences dans le
tableau 8.8.2 que dans le tableau 8.8.1.
En rappel, le tableau 8.8.1 se caractérisait principalement par un
maximum de deux (2) sources de réticences communes, tandis que le
tableau 8.8.2 en a montré neuf (9). Ces écarts entre les tableaux 8.8.1 et
8.8.2 traduisent une reconnaissance de certains items comme des sources
de réticences. Particulièrement, quatre (4) sources de réticences avaient
échappé à la compréhension dans le tableau 8.7 et sont mises en évidence :
publier l’information sur ses activités, bouleverser sa manière de faire les
affaires, les obligations de bourse et le manque de confiance à
l’institution.

274
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Les trois (3) premiers items se retrouvent dans les propos des dirigeants,
lorsqu’il s’agit de prodiguer des conseils à des futurs candidats à la
cotation (Q75). Les conseils de manière générale insistent sur des
certitudes ou des craintes résultant d’expériences passées. Les propos des
dirigeants d’entreprises sont repris in extenso.

Q75 : Quels conseils donneriez-vous à un opérateur économique burkinabé qui


veut aller en bourse ?
*
... Bien choisir la formule de financement dans les cas de besoin de financement,
vente d’action ou emprunt obligataire. En cas de trésorerie excédentaire procéder à un
arbitrage entre les placements offerts par les différentes banques de la place et les
possibilités offertes par la BRVM. C’est tout dire à cet opérateur que l’entrée en
bourse est une bonne chose puisqu’il (opérateur économique) est obligé d’avoir des
documents fiables et nécessairement une gestion ordonnée.
'
Le candidat à la cotation devra commencer par voir très clair dans ses affaires.
Bien comprendre les conditions d’entrée en bourse. Bien s’assurer que l’on est en
conformité avec les règles ou les conditions de cotation. Faire un entraînement par
rapport aux obligations de la cote sur une année. Je l’encouragerai en lui disant que
c’est une façon de fonctionner comme une société de standard international.
Egalement, il devrait avoir un réseau informatique et un personnel bien formé pour
son introduction.
&
Nous allons l’encourager en lui disant qu’il peut se faire connaître, qu’il peut
avoir des sources de financement, qu’il peut accroître son activité, et qu’il sera
rigoureux dans sa gestion avec des contraintes de résultats.

Par ailleurs le manque de confiance à l’institution, tel qu’il apparaît dans


les propos des dirigeants, tire son origine de la justification de l’absence
d’entreprises burkinabé cotées comme réticence à l’introduction en
bourse. Cet aspect fait l’objet de présentation dans la partie suivante.

• /¶DEVHQFHG¶HQWUHSULVHVEXUNLQDEpFRWpHVFRPPHXQHUpWLFHQFH
L’absence d’entreprises burkinabé cotées a été discutée, avec les
dirigeants de sociétés non cotées, comme source de réticence. Ainsi pour
62,50% des dirigeants, H, G, D, A et C, cette absence n’est pas une
réticence. Par contre pour les autres dirigeants, F, E et B, cette absence est
préjudiciable à l’introduction en bourse. Les explications avancées sont
diverses, dont certaines sont reprises dans l’encadré ci-dessous.

275
Chapitre 8

L’absence d’entreprises burkinabé cotées n’est pas une réticence :

Q62 : Est-ce que l’absence d’entreprises burkinabé cotées ne constitue pas une
réticence de la décision de l’introduction en bourse de votre société ?
Q63 Pourquoi faites-vous une telle appréciation ?
+4
L’absence d’entreprises burkinabé cotées n’est pas une réticence pour nous.
Toutefois, nous réfléchirions un peu plus si telle ou telle société burkinabé venait à
être cotée.
'4
L’absence d’entreprises cotées constitue aucunement une réticence à
l’introduction en bourse. Au contraire c’est un enjeu pour nous d’être parmi les
premières à y aller : c’est une motivation.
$4
J’estime que c’est le problème de la connaissance même d’une bourse de valeurs
mobilières. Il faut un nombre objectif de conditions à remplir. On n’a pas besoin
d’attendre qu’une entreprise aille en bourse pour que l’on suive. Toutefois, cela est
peut être vrai s’il n’y a pas de règle rigoureuse d’intervention. Par exemple, une
personne se lance dans la boulangerie et tous les autres suivent. C’est un cas où le
suivisme existe alors que, ce n’est pas parce que X conduit une voiture que je peux
me permettre de conduire sans permis. Il faut au préalable que j’ai le permis de
conduire.
&4
L’absence d’entreprises cotées constitue aucunement une réticence à
l’introduction en bourse. Le vrai problème est une question de sensibilisation à
propos de la BRVM.

L’absence d’entreprises burkinabé cotées est une réticence


Les éléments de manque de confiance à la bourse se retrouvent aussi en
filigrane dans les propos des dirigeants de la F et E.

Q62 : Est-ce l’absence d’entreprises burkinabé cotées ne constitue pas une


réticence de la décision de l’introduction en bourse de votre société ?
Q63 Pourquoi faites-vous une telle appréciation ?
)4
Nous avons pour habitude de constater certaines actions avant de nous y lancer.
Toutefois, nous n’avons pas, vraiment, vu de sociétés qui ont tiré des profits
remarquables ou considérables de la bourse, alors personne ne veut prendre le risque.
Il y a aussi un sérieux manque de sensibilisation et d’explication. Nous avons été
approchés une fois et plus jamais. La BRVM ne fait pas d’approche au cas par cas
car, quand c’est généralisé personne ne se sent concerné.
(4
Nous sommes suffisamment prudents ; nous voulons voir les autres aller avant de
nous lancer. Nous n’avons pas suffisamment compris, nous voulons un cas concret.
Le problème est que nos chefs d’entreprises sont illettrés ; leur demander d’exposer
leur richesse c’est quasiment impossible. Mais, c’est assez légitime, il faut voir
d’abord…

276
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Q62 : Est-ce l’absence d’entreprises burkinabé cotées ne constitue pas une


réticence de la décision de l’introduction en bourse de votre société ?
Q63 Pourquoi faites-vous une telle appréciation ?
%4
Il faut qu’une entreprise accepte de se jeter à l’eau. J’ai discuté avec plusieurs
dirigeants d’entreprises ils vous disent : « la bourse est une bonne chose mais
personne n’y va». Il y a une certaine appréhension telle la peur de perdre le contrôle
et de revoir son organisation par exemple…

• /DFXOWXUHFRPPHUpWLFHQFH
La culture désigne un ensemble de phénomènes matériels et idéologiques
propres à un groupe social donné52. Autrement dit, il s’agirait de valeurs,
de pratiques, de coutumes et d’habitudes propres à un milieu donné. D’où
l’intérêt porté à ce facteur (Q72 et 73) comme pouvant être une source de
réticence à l’introduction en bourse. Pour 50% des dirigeants, A, E, F et
G, la culture ne serait pas une source de réticence à l’introduction en
bourse. A contrario, pour les dirigeants de la C, D et H, la culture est une
réticence élevée à l’introduction en bourse. Les explications avancées pour
soutenir ces points de vue sont présentées en encadrés.

La culture n’est pas une réticence


Les propos des dirigeants de la G et de la A ne sont pas repris ici, car les
dirigeants ont justifié leur réponse avec les même arguments utilisés pour
la question (Q46) relativement à leur perception de la bourse et la culture
locale des affaires.

Q72 Pensez-vous que la culture est une forte réticence à l’introduction en bourse ?
Q73 Pouvez-vous justifier votre réponse ?
)4
Les gens spéculent dans le commerce, des usuriers existent dans toute religion :
nous menons des opérations de bourses sans savoir.
(4
Pour aller en bourse, c’est la modernité. La culture ne peut pas être un handicap.
Lorsque vous acceptez de faire une entreprise vous êtes déjà extrait de votre culture
vers une autre.

La culture est une réticence assez élevée


Les dirigeants de la H avancent les mêmes arguments qu’à la question
(46) relative à la perception adéquation bourse – culture.

52
Définition du dictionnaire universel de poche (1993, p138), Oxford advanced learner’s dictionary
(1995, p285).

277
Chapitre 8

Q72 Pensez-vous que la culture est une forte réticence à l’introduction en bourse ?
Q73 Pouvez-vous justifier votre réponse ?
'4
L’africain n’a pas une culture boursière et les entreprises ne connaissent pas les
mécanismes boursiers. Toutefois, si l’on veut faire des affaires il faut que les sociétés
s’y fassent. Chaque culture peut s’approprier la bourse, car une fois les mécanismes
compris, on peut s’en servir pour le développement de ses affaires.
&4
Quand on ne comprend pas quelque chose, on a beau expliquer cela ne permettra
pas de parvenir à un succès. C’est l’exemple des assurances, qu’est-ce que cela
coûte ? Lorsque le sinistre se réalise on voit l’intérêt alors que sans sinistre on a beau
expliquer c’est sans succès. En sensibilisant les gens et en leur montrant concrètement
le gain, on peut arriver à quelque chose. Et puis en Europe, par exemple, il a fallu
atteindre un certain niveau de développement pour que les bourses se développent
réellement et soient populaires.

L’explication du point de vue nuancé (note de 3) du dirigeant de la B va


plutôt dans le sens de la réticence

Q72 Pensez-vous que la culture est une forte réticence à l’introduction en bourse ?
Q73 Pouvez-vous justifier votre réponse ?
%4
Nous n’avons pas été préparés par rapport à certains pays comme la Côte d’Ivoire
et le Sénégal. Même nous, cadres qui avons commencé à travailler avec les ivoiriens,
nous avons remarqué qu’ils ont la culture de l’actionnariat, l’achat d’actions, alors
qu’il n’en est rien du tout de notre cas. A la mise en place de la BRVM nous n’ étions
que quatre (04) burkinabé dont moi, non comme opérateur économique, contre une
vingtaine d’ivoiriens ou de sénégalais…

L’analyse descriptive des réticences des dirigeants des sociétés non cotées
s’est attachée à présenter les résultats issus des tris à plat. Ces tris ont
porté sur quatre (4) méthodes d’approche des réticences. Il va s’agir
maintenant de procéder à une synthèse, afin de classer les dirigeants selon
leurs réticences à l’introduction en bourse.

• 7\SRORJLHGHVGLULJHDQWVGHVVRFLpWpVQRQFRWpHVVHORQOHXUVUpWLFHQFHV
L’analyse descriptive des réticences a été menée à partir de quatre (4)
manières comportant plusieurs items, qui représentent diverses sources de
réticences. La recherche d’une typologie des dirigeants suivant les
réticences procède de la logique de simplification de la diversité des
modalités des réticences d’une part. D’autre part, elle se justifie par le
souci (section 8.3 et 8.4) d’aller au-delà de l’aspect émotif des propos des
dirigeants, pour les comprendre en relation avec la perception, les
motivations et les caractéristiques des sociétés qu’ils dirigent.

278
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Pour y parvenir, notre démarche a adopté trois (3) étapes : le calcul d’une
moyenne générale des réticences, le comptage du nombre de réticences et
la caractérisation des groupes de dirigeants. Etant donné l’usage d’une
échelle de Likert, la première et la seconde étape ont été aisées. En effet,
le calcul de la moyenne des réticences a consisté en un simple calcul
arithmétique, pendant que le comptage des réticences était simplifié du
fait des notes d’appréciations (sont des réticences les items dont la note est
supérieure ou égale à 4). Le nombre de réticences a un sens parce qu’il
rattrape les biais introduits dans la moyenne du fait de l’appréciation des
non- réticences. En effet, la moyenne des réticences n’est pas pertinente
lorsque la structure de notation est fortement distribuée sur les petites
notes (1 et 2). Si bien que des dirigeants, avec un même nombre de
réticences peuvent, sur la base de la moyenne, être dans différentes
classes. Néanmoins, le calcul de la moyenne est effectué pour
l’appréciation du profil des réponses. De plus, le calcul de la moyenne des
réticences et le comptage ne prend pas en compte les résultats obtenus
dans le tableau 8.8.2 relatif à l’appréciation des réticences des autres
entreprises par les dirigeants interviewés. La logique sous-jacente est de
ne considérer que les réticences des dirigeants au sens strict. La démarche
du tableau 8.8.2 eu pour mérite d’avoir mis en évidence des réticences qui
seraient passées inaperçues autrement.

La seconde étape a consisté à la caractérisation des résultats obtenus de la


description de la moyenne et du nombre de réticences. Concrètement,
nous avons procédé à une visualisation sous forme de tableau de tous les
items ou modalités des variables qui ont fait l’objet de présentation,
excepté les items du tableau 8.8.2. Le tableau 8.9 introduit les résultats
obtenus.

279
Chapitre 8

Tableau 8.9 : Moyenne – Nombre de réticences et structure de notation

Note Nombre Structure de notation


Moyennea Réticencesb Moyenne c
Inférieurd Supérieure Totalf
F 4 19 6 8 13 27
H 3 7 1 18 7 26
E 3 17 2 9 17 28
B 3 13 2 11 13 27
G 2 5 7 12 8 27
D 2 7 3 10 14 27
A 1 0 27 0 0 27
C 2 5 2 16 8 26
Source : A partir des données brutes de l’enquête
a
La note moyenne est arrondie au plus fort à partir de 0,5.
b
Il s’agit du nombre exact de réticences c’est-à-dire des items ayant reçu une note supérieure ou égale à
4.
c,d,e
Représente le nombre d’items dont la note d’appréciation sur l’échelle est, inférieure, supérieure ou
égale à la note moyenne des réticences pour chaque répondant.
f
Correspond à la somme des chiffres (c, d, e) pour designer le nombre d’items utilisés pour le calcul de la
moyenne. Le total diffère d’un répondant à l’autre compte tenu des non-réponses qui n’ont d’ailleurs pas
été associés au calcul de la moyenne et, de la prise en compte de l’item Autres dans les cas où il existait
une réponse.

Le tableau 8.9 livre deux (2) types d’information : la possibilité d’une


classification des dirigeants et la difficulté d’une caractérisation des
classes. En effet la note moyenne des réticences prend les valeurs 1, 2, 3 et
4, ce qui, par analogie avec l’échelle de notation et les descriptions
précédentes, traduit respectivement une motivation faible (1 et 2)-
moyenne- élevée. Toutefois, adopter une telle nomenclature serait erronée,
car on note l’existence d’au moins cinq (5) réticences, quelle que soit la
valeur de la moyenne, pour sept (7) dirigeants. Et, puisqu’une seule
réticence suffit pour ne pas s’introduire en bourse, parler de dirigeant
faiblement réticent manquerait de pertinence. Il conviendrait plutôt de
parler de dirigeants à faible ou à moyen nombre de réticences ou à nombre
élevé de réticences. Le nombre de réticences présenté par le tableau 8.9 ne
corrobore pas la séquence des notes moyennes, ce qui impose de faire un
arbitrage entre la moyenne et le nombre de réticences comme critère de
classification.
Le tableau 8.9 laisse apparaître, sur la base de la moyenne, que les
dirigeants de la H et de la E seraient considérés au même titre comme
moyennement réticents avec respectivement 7 et 17 réticences. Or, la
logique voudrait que, compte tenu du nombre élevé de réticences pour le
dirigeant de la E, il soit considéré comme plus réticent que celui de la H.
Par conséquent l’utilisation du nombre de réticences pour la définition des
classes de dirigeants paraît plus appropriée.

280
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Dès lors on regroupe les dirigeants en trois (3) classes respectives


constituées par : classe 1 (A), classe 2 (C, D, G et H), classe 3 (B, E et F).

Le tableau 8.9 renseigne sur la difficulté d’une caractérisation,


conséquence d’une structure hétérogène de notation des dirigeants. En
effet, la moyenne qui est considérée comme la norme, permet d’apprécier
la notation des dirigeants en remarquant le nombre d’items qui reçoit une
note inférieure, supérieure ou égale à la norme, puis de procéder à une
comparaison des attitudes de notation des dirigeants par items. Le but d’un
tel exercice étant de conclure sur le profil des réponses par classe53. Ainsi
on note que les dirigeants de la classe 3 tendent à surestimer leur notation
(plus d’items ayant une note supérieure qu’inférieure), exprimant sans
doute une forte conviction quant aux items comme réticences. Cependant,
les dirigeants de la classe 2 dans une majorité de 3 dirigeants sur 4 (C, G
et H) sous-estiment les items. Le dirigeant de la D est l’exception de cette
classe, car il tend à les surestimer. Quant au dirigeant de la classe 1 on
note une parfaite homogénéité avec la note moyenne.
La comparaison générale et intra classe montre une variation quantitative
et qualitative des items qui ont une note inférieure, supérieure ou égale à
la note moyenne. Par conséquent, on peut conclure à une hétérogénéité
des profils de réponses au sein des différentes classes de `motivations.

Le calcul de la note moyenne, du nombre de réticences et la structure des


réponses permettent de retenir trois (3) classes de réticences pour les
dirigeants interviewés, avec toutefois un profil hétérogène de réponses.
Cette hétérogénéité implique une nécessité d’examiner au cas par cas les
items de réticences pour en dégager les principales caractéristiques des
classes identifiées. Il s’est alors agi de visualiser l’ensemble des items et
d’en lire les modalités communes comme les caractéristiques des classes
(voir annexe 8.A4). Les caractéristiques suivantes sont ainsi mises en
évidence.
Le dirigeant de la classe 1 (A) est une exception dans l’échantillon étudié,
car il rejette tous les items proposés comme des sources de réticences. Il
faut cependant noter deux (2) aspects des propos du dirigeant de la A qui
traduisent un élément important de réticence : la restructuration de la
société et les conditions de cote. $XGpSDUWORUVTXHQRXVDYRQVUHSULVODVRFLpWp
HOOHpWDLWPDODGH0DLQWHQDQWHOOHYDEHDXFRXSPLHX[DYHFXQHFURLVVDQFHGXFKLIIUH
G¶DIIDLUHVHWGHODSURGXFWLRQSDUFRQVpTXHQWQRXVQ¶DYRQVSOXVGHUpWLFHQFHVVLQRXV
UHPSOLVVRQVOHVFRQGLWLRQVREMHFWLYHVG¶DGPLVVLRQHQERXUVH[A].

53
La démarche utilisée est celle de la technique dite de normalisation des données, rapportée par Evrard,
Pras et Roux (2000) in Market : études et recherches en marketing p259.

281
Chapitre 8

Parallèlement les dirigeants de la classe 2 se caractérisent par un nombre


plus réduit de réticences. Si bien qu’ils n’ont pas tous en commun les
mêmes sources de réticences. Toutefois, on peut retenir pour cette classe
que les dirigeants se caractérisent majoritairement (3 dirigeants sur 4) par
les items suivants comme réticences à l’introduction en bourse : la peur de
perdre le contrôle et la fluctuation des cours des titres, (D, G, H). La
culture est aussi comprise comme une source de réticence par les
dirigeants de la C, D et H dont l’explication se résume par les propos du
dirigeant D : /¶DIULFDLQ Q¶D SDV XQH FXOWXUH ERXUVLqUH HW OHV HQWUHSULVHV QH
FRQQDLVVHQWSDVOHVPpFDQLVPHVERXUVLHUV7RXWHIRLVVLO¶RQYHXWIDLUHGHVDIIDLUHV LO
IDXWTXHOHVVRFLpWpVV¶\IDVVHQW&KDTXHFXOWXUHSHXWV¶DSSURSULHUODERXUVHFDUXQH
IRLVOHVPpFDQLVPHVFRPSULVRQSHXWV¶HQVHUYLUSRXUOHGpYHORSSHPHQWGHVHVDIIDLUHV

De manière unanime les dirigeants de la classe 2 se caractérisent aussi par


le rejet de certains items comme sources de réticences. Il s’agit des items
suivants : ne pas savoir quoi faire en bourse, la sous-évaluation et la sous-
performance, la religion du principal actionnaire, la distance entre
l’entreprise et la bourse, les croyances du principal actionnaire et le culte
du secret. L’absence d’entreprises burkinabé cotées est aussi rejetée par
les dirigeants de cette classe comme une source de réticence, mais ce fait
n’est pas insignifiant, tel résumé par les propos des dirigeants de la H :
/¶DEVHQFHG¶HQWUHSULVHVEXUNLQDEpFRWpHVQ¶HVWSDVXQHUpWLFHQFHSRXUQRXV7RXWHIRLV
QRXVUpIOpFKLULRQVXQSHXSOXVVLWHOOHRXWHOOHVRFLpWpEXUNLQDEpYHQDLWjrWUHFRWpH

Les dirigeants de la classe 3 (B, E et F) se caractérisent par le nombre


élevé de leurs réticences qui sont principalement : la perte de
confidentialité, la peur de perdre le contrôle, la fluctuation des cours des
titres sur la bourse, l’obligation de rendre compte de ses actions de
gestion, les coûts de sous-évaluation, bouleverser sa manière de faire les
affaires et la possibilité d’avoir mon ennemi dans le capital. L’absence
d’entreprises burkinabé cotées est aussi une source profonde de réticence
comme l’atteste les propos du dirigeant de la F : 1RXVDYRQVSRXUKDELWXGHGH
FRQVWDWHU FHUWDLQHV DFWLRQV DYDQW GH QRXV \ ODQFHU 7RXWHIRLV QRXV Q¶DYRQV SDV
YUDLPHQWYXGHVRFLpWpVTXLRQWWLUpGHVSURILWVUHPDUTXDEOHVRXFRQVLGpUDEOHVGHOD
ERXUVHDORUVSHUVRQQHQHYHXWSUHQGUHOHULVTXH
Egalement pour deux (2) dirigeants sur trois (3) de cette classe ne pas
savoir quoi faire une fois en bourse (E, F), l’obligation de distribuer ses
dividendes (E, F), la sous- performance et révéler sa richesse aux autres
(B, E), les obligations de bourses, la peur du fisc, le manque de confiance
à la bourse et le culte du secret (E, F) sont des réticences. Les dirigeants
de la classe 3 se caractérisent aussi par le rejet d’un certain nombre
d’items comme source de réticences : la jeunesse de l’entreprise, l’absence
de besoin à financer, la religion du principal actionnaire et ses croyances.

282
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

La culture est aussi rejetée comme une réticence, mais avec un fond de
nuance tel résumé par les propos du dirigeant de la B : 1RXVQ¶DYRQVSDVpWp 

SUpSDUpV SDU UDSSRUW j FHUWDLQV SD\V FRPPH OD &{WH G¶,YRLUH HW OH 6pQpJDO 0rPH
QRXVFDGUHVTXLDYRQVFRPPHQFpjWUDYDLOOHUDYHFOHVLYRLULHQVQRXVDYRQVUHPDUTXp
TX¶LOV RQW ODFXOWXUH GH O¶DFWLRQQDULDW O¶DFKDW G¶DFWLRQV DORUV TX¶LO Q¶HQ HVW ULHQ GX
WRXW GH QRWUH FDV $ OD PLVH HQ SODFH GH OD %590 QRXV Q¶pWLRQV TXH TXDWUH 
EXUNLQDEp GRQW PRL QRQ FRPPH RSpUDWHXU pFRQRPLTXH FRQWUH XQH YLQJWDLQH
G¶LYRLULHQVRXGHVpQpJDODLV«

L’analyse descriptive de la réticence montre trois (3) classes de dirigeants


de sociétés non cotées. S’il est apparu clairement une cohérence dans le
regroupement cela n’a pas perturbé la spécificité de chaque dirigeant. Ce
constat a aussi été fait dans l’analyse de la perception et des motivations.
Qu’est-ce qui explique une telle situation ? La recherche d’explication de
la spécificité des réponses est l’objet des sections suivantes (8.3 et 8.4).
Dans la première (8.3) les facteurs de perception, de motivations et de
réticences sont croisées. Tandis que dans la seconde (8.4) les trois facteurs
sont respectivement croisés avec les caractéristiques des sociétés non
cotées.

$QDO\VHFURLVpH3HUFHSWLRQ0RWLYDWLRQV5pWLFHQFHV

L’analyse croisée de la perception- motivations et réticences a pour but la


compréhension de l’influence réciproque des facteurs de l’étude comme
éléments explicatifs des différentes classes identifiées. Il s’agit donc d’un
premier dépassement des appréciations dites émotives, pour les situer dans
une dynamique d’ensemble qui livre une compréhension de la formation
des classes. Concrètement, la démarche consistera à comparer les classes
identifiées précédemment, afin d’observer leur évolution d’un facteur à
l’autre. De sorte que si les mêmes classes sont conservées avec les mêmes
caractéristiques, on pourrait alors suspecter l’existence d’une relation ou
d’une corrélation entre les facteurs. Pour y parvenir, nous partons d’un
graphique 8.1 qui présente la perception, les motivations et les réticences.
Toutefois, il faut noter que l’élaboration du graphique 8.1 a nécessité une
transformation préalable des données. En effet la perception est
appréhendée par une moyenne comprise entre 2 et 4, tandis que les autres
facteurs motivations (comprise entre 1 et 10) et réticences (comprise entre
0 et 19) le sont par un nombre absolu. Afin de rendre la perception visible
nous avons utilisé pour les motivations les valeurs 2, 3 et 4 pour
représenter respectivement les classe 1, 2 et 3.

283
Chapitre 8

Pour tenir compte de la supériorité des réticences par rapport aux


motivations nous avons considéré les valeurs 1, 4, et 5 pour représenter
respectivement les classes 1, 2 et 3, (le graphique 8.A1 en annexe
représente en valeurs absolues les motivations et les réticences sur une
même échelle).

Graphique 8.1 : Comparaison Perception- Motivations –Réticences

5
4 ,5
4
3 ,5
3
P E R C E P T IO N
2 ,5
M O T IV A T IO N S
2
R E T IC E N C E S
1 ,5
1
0 ,5
0
F H E B G D A C

Le graphique 8.1 permet de formuler une série de propositions relatives à


l’hypothétique relation entre les trois (3) facteurs de même que le sens de
ladite relation. Au total neuf (9) propositions émanent du schéma.
Si la perception est faible les motivations sont faibles et les réticences
moyennes ou élevées.
Si la perception est moyenne, les motivations sont quelconques et les
réticences sont moyennes ou élevées.
Si la perception est élevée, les motivations sont moyennes ou élevés et les
réticences quelconques.
Si les motivations sont faibles, la perception est faible ou moyenne et les
réticences moyennes ou élevées.
Si les motivations sont moyennes, la perception est moyenne ou élevée et
les réticences faibles ou moyennes.
Si les motivations sont élevées, la perception est moyenne ou élevée et les
réticences élevées.
Si les réticences sont faibles, la perception est élevée et les motivations
moyennes.
Si les réticences sont moyennes, la perception est quelconque et les
motivations faibles ou moyennes.
Si les réticences sont élevées, la perception est quelconque et les
motivations faibles ou élevées.

Toutefois, statistiquement, seule la corrélation entre la perception et les


motivations est significative et positive (0,77) au seuil de 5%. En
revanche, la corrélation perception – réticences est négative, mais non
significative.

284
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Paradoxalement, la corrélation motivations – réticences est positive, mais


également pas significative voir annexe 8.A5 pour le tableau de
corrélation). La faible taille de l’échantillon peut avoir un lien étroit avec
ces résultats. Une autre explication concurrente serait la non- linéarité de
la relation entre les facteurs. En effet le graphique 8.1 met aussi en
évidence quatre (4) dirigeants assez atypiques. Il s’agit des dirigeants de la
F, H, B et A. Le premier dirigeant va d’un extrême à l’autre. Quant au
second, il observe une stabilité dans la classe 2, tandis que le troisième
dirigeant marque une constance dans la classe 3. Enfin le dernier dirigeant
est le seul à être représenté dans toutes les trois classes. Le comportement
des différentes classes laisse alors suspecter que la relation, si elle existe
entre les trois (3) facteurs n’est pas forcément linéaire.
Indépendamment de la relation entre les facteurs, on note une supériorité
numérique des réticences par rapport aux motivations.

En résumé, l’analyse comparée des trois (3) facteurs offre une amorce
d’explication sur l’évolution des différences observées selon les facteurs
de perception, de motivations et de réticences. Principalement, la
perception et les motivations à l’introduction en bourse évoluent
positivement et significativement ensemble. De plus l’analyse comparée a
pour mérite de montrer la supériorité des réticences sur les motivations.
Ainsi les sociétés ne s’introduisent pas en bourse à cause de l’importance
numérique de leurs réticences.

 &DUDFWpULVWLTXHV GHV VRFLpWpV QRQ FRWpHV HW 3HUFHSWLRQ ±


0RWLYDWLRQV5pWLFHQFHVGHVGLULJHDQWV

Dans la logique de la compréhension de l’évolution des classes selon les


facteurs ou de la recherche d’explication de la perception, des motivations
et des réticences des huit (8) dirigeants, nous avons exploré les
caractéristiques de leurs sociétés. L’enquête auprès des dirigeants des
sociétés non cotées a intégré une série de questions sous les rubriques
généralités (Q1 à Q8), structure de propriété (Q9 à Q13), caractéristiques
organisationnelles (Q14 à Q23) – économiques (Q24 à 31) et financières
(Q32 à Q40). Les aspects les plus pertinents de ces caractéristiques sont
décrits dans la présente section simultanément avec les classes des
dirigeants selon leur perception, motivations et réticences.
La section se structure en deux (2) sous-sections, la première (8.4.1) décrit
les caractéristiques générales- de propriété- organisationnelles et, la
seconde (8.4.2) compare les caractéristiques économiques et financières
avec la perception- motivations- réticences.

285
Chapitre 8

 /HV FDUDFWpULVWLTXHV JpQpUDOHV GH SURSULpWp RUJDQLVDWLRQQHOOHV HW


ODSHUFHSWLRQPRWLYDWLRQHWUpWLFHQFHVGHVGLULJHDQWV

Les variables regroupées sous l’acception de caractéristiques générales


sont la localité des sociétés, l’âge et le secteur d’activité. Celles qui
désignent la propriété sont la nature juridique des sociétés, le capital
social, la structure de propriété et la dimension de la société. Les variables
organisationnelles sont le degré de modernité des sociétés et l’existence
d’un document de planification stratégique. Les aspects de modernité de
l’organisation sont matérialisés par des items soumis à l’appréciation des
répondants (Q23) sur une échelle allant de 1 pour aucun, 2 pour peu, 3
pour moyen, 4 pour assez à 5 pour élevée (voir annexe 8.A6). Nous
synthétisons les résultats issus du traitement de ces données sous la forme
faible- moyen- élevée dans le tableau 8.10.

286
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Tableau 8.10 : Caractéristiques générales – organisationnelles – structure propriété – économiques


Variables Localité Age Secteur Nature Capital Structure Dimension Degré de Plan de
Classes Activité Juridique Social Propriété Modernitéa stratégie
PERCEPTION
F Ouaga 19 Distribution E.I 200 Individu Représentation Faible Actionnaire
G Ouaga 16 Service Public S.E 3000 Etat Soeurs Moyen Budget
H Bobo 29 Industrie S.A 900 Individu Soeurs Moyen Budget
E Bobo 16 Industrie S.A 300 Individu Soeurs Faible Actionnaire
C Bobo 27 Industrie S.A 1000 Individu Soeurs Elevée Budget
B Ouaga 43 Service Public S.E 46000 Etat Soeurs Elevée Plan (5 ans)
D Ouaga 27 Finance S.A 700 Privés Groupe Elevée Budget
A Banfora 36 industrie S.A 6000 Privés Groupe Elevée Plan (3 ans)
MOTIVATION
F Ouaga 19 Distribution E.I 200 Individu Représentation Faible Actionnaire
G Ouaga 16 Service Public S.E 3000 Etat Soeurs Faible Budget
C Bobo 27 industrie S.A 1000 Individu Soeurs Elevée Budget
H Bobo 29 Industrie S.A 900 Individu Soeurs Moyen Budget
D Ouaga 27 Finance S.A 700 Privés Groupe Elevée Budget
A Banfora 36 Industrie S.A 6000 Privés Groupe Elevée Plan (3 ans)
E Bobo 16 Industrie S.A 300 Individu Soeurs Moyen Actionnaire
B Ouaga 43 Service Public S.E 46000 Etat Soeurs Elevé Plan (5 ans)
RETICENCE
A Banfora 36 Industrie S.A 6000 Prives Groupe Elevée Plan (3 ans)
H Bobo 29 Industrie S.A 900 Individu Soeurs Moyen Budget
G Ouaga 16 Service Public S.E 3000 Etat Soeurs Moyen Budget
D Ouaga 27 Finance S.A 700 Privés Groupe Elevée Budget
C Bobo 27 Industrie S.A 1000 Individu Soeurs Elevée Budget
F Ouaga 19 Distribution E.I 200 Individu Représentation Faible Actionnaire
E Bobo 16 Industrie S.A 300 Individu Soeurs Faible Actionnaire
B Ouaga 43 Service Public S.E 46000 Etat Soeurs Elevée Plan (5 ans)
Source : A partir de notre enquête
a
La classification est obtenue à partir des résultats présentés en annexes 8.A6

287
Chapitre 8

Le tableau 8.10 met en évidence d’intéressants constats entre les


caractéristiques des sociétés et les traits de la perception, des motivations
et des réticences. Toutefois, nous ne présentons une description complète,
par facteur, et caractéristique que si une corrélation significative peut en
être déduite (voir en annexe 8.A7 le tableau de corrélation). Autrement dit,
nous présenterons directement l’essentiel des constats pour l’ensemble des
facteurs. La présentation suit l’ordre d’apparition des caractéristiques du
tableau 8.10.

• /DORFDOLWpGHVVRFLpWpVQRQFRWpHV
Les sociétés non cotées se localisent dans trois (3) villes du Burkina Faso :
Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Banfora. La ville de Ouagadougou
compte 50% de l’échantillon des sociétés non cotées étudiées (F, B, G et
D) ; celle de Bobo-Dioulasso abrite 37,50% des sociétés (H, E et C) et, le
reste de société (12,50% de l’effectif) est localisé dans la ville de Banfora.

Le croisement de la variable localité avec la perception, les motivations et


les réticences, montre essentiellement que les sociétés de la ville de Bobo-
Dioulasso ont des dirigeants à perception moyenne. Toutefois aucune
corrélation statistique n’est significative pour la variable localité.

• /¶kJHGHVVRFLpWpVQRQFRWpHV
La distribution de l’âge des sociétés non cotées est très disparate. En effet,
au 31 décembre de l’année 2001, on observait, pour une moyenne d’âge
de 27 ans, des extrema de 16 ans (G et E) et 43 ans (B). La A (36 ans), la
H (29 ans), la D et la C (27 ans) ont des âges supérieurs ou égaux à la
moyenne de l’échantillon. Tandis que, la F (19) présente un âge largement
inférieur à la moyenne.

Relativement aux sociétés cotées, on note que 75% de l’échantillon des


sociétés non cotées ont plus d’une vingtaine d’années d’existence.
Toutefois, si l’on tient compte de l’historique des activités, c’est-à-dire
l’héritage de structures avant la constitution des présentes sociétés non
cotées, la G passe d’une société de moins de 20 ans à plus d’une vingtaine
d’années d’existence. Portant ainsi le niveau global à 87,50% des sociétés
de l’échantillon ayant plus d’une vingtaine d’années d’existence.

En comparaison, avec la perception des dirigeants desdites sociétés, on


note que les jeunes sociétés se caractérisent plus par une perception faible
(F et G), que moyenne (E). Par contre, les plus âgées se répartissent entre
la perception moyenne et élevée. Toutefois, on observe que la perception
élevée est dominée par les plus vieilles sociétés (B et A). La troisième
société à perception élevée étant une société d’âge moyen (D).

288
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

A contrario, on note que les motivations élevées sont équitablement


dominées par les jeunes sociétés (E) et les vieilles (B). Toutefois, la
tendance pour les jeunes sociétés est une faible motivation (F, G), tandis
que pour les plus vieilles sociétés les motivations sont moyennes (H, D et
A).

Par ailleurs, les plus jeunes sociétés apparaissent comme celles dont les
dirigeants ont des réticences au moins moyennes, avec une tendance pour
le plus de réticences (F et E). Le dirigeant de la G est l’exception car il
appartient à la classe de réticence moyenne. En revanche, les sociétés
d’âges médians se caractérisent par des réticences moyennes. Les deux
plus vieilles sociétés s’opposent sur l’échelle des réticences : faible
réticence (A) et réticences élevées (B).

L’analyse de la variable âge montre que les plus jeunes sociétés ont des
dirigeants majoritairement (2 dirigeants sur 3) à faibles perception (classe
1) et motivation (classe 1) et à réticences élevées (classe 3). Toutefois la
corrélation est seulement forte (0,80) et significative (seuil 5%) entre l’âge
et la perception. Ainsi, on retient l’existence d’un effet âge dans la
perception de la BRVM, plus vieille est une société mieux ses dirigeants
perçoivent la bourse. Une telle situation paraît logique si l’on tient compte
du fait que les vieilles sociétés sont plus établies, avec une capitalisation
sociale élevée, une bonne organisation (degré de modernité) et une bonne
vision (plan de stratégie), par conséquent disposant de managers avertis.
Les variables de capitalisation sociale, de degré de modernité et le plan
stratégique présentent une significative corrélation (au seuil de 5%) avec
la variable âge, respectivement 0,73, 0,75 et 0,78.

• /HVHFWHXUG¶DFWLYLWpGHVVRFLpWpVQRQFRWpHV
Les sociétés non cotées de l’échantillon appartiennent à quatre (4)
différents secteurs d’activités. La nomenclature utilisée est celle de la
BRVM. Ainsi, on dénombre que 50% des sociétés considérées
appartiennent à l’industrie (H, E, A et C), 25% aux services publics, (B et
G) et 25% à la distribution et aux finances, respectivement F et D.

Le croisement de la variable secteur d’activité avec la perception-


motivations- réticences montre essentiellement que les dirigeants des
sociétés industrielles non cotées ont une perception moyenne de la bourse.
Toutefois aucune corrélation significative n’est observée au niveau
statistique entre cette variable et les facteurs.

289
Chapitre 8

Par ailleurs on observe que la variable secteur d’activité est


significativement (5%) corrélée (0,82) à la variable dimension qui
présente une corrélation significative avec le facteur perception. La
corrélation de la variable secteur d’activité et la perception pourrait être
perçue comme indirecte.

• /DQDWXUHMXULGLTXHGHVVRFLpWpVQRQFRWpHV
La nature juridique des sociétés non cotées a été déjà évoquée par le
chapitre 5. On retient simplement ici que 62,50% des entreprises sont
constituées de sociétés anonymes (H, E, D, A et C) contre, 25% pour les
sociétés d’Etat (B et G) et 12,50% pour les entreprises individuelles (F).

Le croisement de la variable nature juridique des sociétés avec la


perception- motivations- réticences, compte tenu de la forte domination
des sociétés anonymes dans l’échantillon étudié, ne peut biaiser nos
constats. En effet, on note que les sociétés anonymes ont des dirigeants
dont la perception est au moins moyenne et les motivations
majoritairement moyenne (3 dirigeants sur 5). D’une manière générale la
corrélation n’est pas significative entre cette variable et les facteurs de
perception- motivations- réticences. Elle est plutôt significative entre la
nature juridique et la dimension qui est corrélée à la perception. On
pourrait également suspecter une corrélation indirecte entre la nature
juridique et la perception.

• /HFDSLWDOVRFLDOGHVVRFLpWpVQRQFRWpHV
Les dirigeants des sociétés non cotées ont été sélectionnés sur la base du
critère de capital social supérieur à 200 millions de FCFA. Toutes les
sociétés de notre échantillon satisfont pleinement à cette condition avec un
capital social dont la moyenne d’ensemble s’établit à 7 milliards de FCFA,
pour des valeurs extrêmes de 200 millions (F) et de 46 milliards de FCFA
(B). Les valeurs intermédiaires sont : A, (6 milliards), G (3 milliards), C
(1 milliard), H (900 millions), D (700 millions) et E (300 millions). Le
capital social moyen n’apparaît pas être un indicateur pertinent de
tendance centrale pour notre échantillon de sociétés non cotées. On note
cependant, que la moitié de l’échantillon présente un capital social
supérieur ou égal au milliard de FCFA. Tandis que l’autre moitié de
l’échantillon présente deux sous-groupes, dont le premier comporte les
sociétés à capital social supérieur à 500 millions de FCFA et le second les
sociétés à capital social inférieur audit seuil.

Le croisement de la variable capital social avec la perception-


motivations- réticences montre que les petites capitalisations sociales ont
des dirigeants fortement réticents à l’introduction en bourse.

290
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Toutefois il ne s’agit pas d’une corrélation significative comme elle


apparaît entre cette variable et la variable âge. Laquelle n’apparaît pas non
plus corrélée au facteur réticence. Par conséquent il est difficile d’aller au-
delà du simple constat.

• /DVWUXFWXUHGHSURSULpWp
La structure de propriété, telle décrite dans la présente partie, tient compte
du pourcentage de capital détenu par le ou les actionnaires majoritaires.
Ainsi il ressort que 50% des sociétés sont la propriété d’un actionnaire
principal (individu) ; il s’agit des dirigeants de la F, H, E et C. De plus,
25% des sociétés échantillonnées sont la propriété de l’Etat Burkinabé : B
et G. Le reste de l’échantillon (25%) de sociétés est la propriété :
d’actionnaires privés nationaux, de l’Etat et des salariés (D) ou, un groupe
étranger, des Etats burkinabé et ivoirien et, de privés nationaux (A).

Globalement, le croisement de la variable structure de propriété avec la


perception- motivations- réticences tend à montrer que la propriété est
pertinente pour comprendre la perception et les motivations.
Particulièrement, les dirigeants des sociétés détenues par plusieurs
actionnaires ont une perception élevée de la bourse et des motivations
moyennes.

Toutefois l’absence de corrélation significative relativise cette


observation. Par ailleurs la variable propriété apparaît fortement corrélée à
la dimension, elle-même corrélée à la perception. Il pourrait alors s’agir
une corrélation indirecte entre la variable propriété et la perception.

• /DGLPHQVLRQGHVVRFLpWpVQRQFRWpHV
La caractéristique dimension des sociétés est appréhendée par
l’appartenance soit à un groupe structuré, soit à un ensemble de sociétés
appartenant au même actionnaire principal, mais n’ayant pas une
comptabilité de groupe (ces sociétés sont considérées comme des sœurs),
soit à une société avec des représentations ou agences. L’échantillon de
sociétés non cotées, sur cette base, se subdivise en trois groupes : le
premier est composé des sociétés de groupes (A et D) ; le second groupe
est constitué des sociétés qui ont des sœurs (C, B, E, G et H) ; enfin, le
troisième groupe est un singleton, il comprend la seule société avec des
représentations ou agences (F).

La perception des dirigeants, lorsqu’elle est rapportée à la dimension des


sociétés non cotées, montre que les sociétés appartenant à un groupe ont
une perception élevée de la bourse. Par contre, les sociétés ayant des
sœurs tendent à avoir une perception moyenne de la bourse, C, E et H.

291
Chapitre 8

On note également que deux sociétés appartenant au même actionnaire


principal s’opposent avec une perception faible (G) et une perception
élevée (B).

L’analyse comparative perception– dimension des sociétés ouvre une


perspective de tendance qui contraste avec l’approche des motivations. En
effet, à l’exception des sociétés appartenant à un groupe, qui présentent
des motivations moyennes, et de la société avec des représentations, qui
présente une faible réticence, celles du plus important lot se distribuent sur
l’échelle des motivations, avec deux sociétés pour la faible motivation, (C
et G) et une société respectivement pour les motivations moyennes (H) et
élevée (E).

Par ailleurs la comparaison dimension- réticences ouvre de nouveau une


perspective de tendance. Particulièrement, pour le plus important lot de
sociétés, (62,50% de l’échantillon), on note que les réticences sont
globalement moyennes (60% des sociétés du lot). Toutefois deux sociétés
B et E, qui représentent 40% du plus important groupe de sociétés,
échappent à cette tendance en affichant des réticences élevées.
Parallèlement, les sociétés appartenant à un groupe se caractérisent
respectivement par des faibles et moyennes réticences. Pendant que la
société avec des représentations figure parmi celles qui ont les réticences
les plus élevées.

Le croisement de la variable dimension avec la perception- motivations-


réticences permet de noter essentiellement que les dirigeants des sociétés
appartenant à un groupe ont une perception élevée de la bourse, sont
moyennement motivés et tendent à être moins réticents à l’introduction en
bourse. Toutefois seules les corrélations dimension- perception (0,77) et
dimension- réticences (-0,71) sont significatives statistiquement (5%). Par
conséquent, on retient principalement l’existence d’une incidence positive
de la dimension sur la perception des dirigeants et une incidence négative
de la dimension sur les réticences.

Une explication pourrait être la résultante des corrélations identifiées


précédemment. En effet, les sociétés appartenant à un groupe ont le plus
souvent une grande diversité d’actionnaires du fait de la forme juridique
adoptée (S.A). Plusieurs parties sont impliquées dans l’entreprise qui
requiert une bonne organisation54 et une expertise poussée à cause de la
spécificité de l’activité. Il en résulte que la qualité des ressources
humaines est un facteur clef de compétitivité.

54
La corrélation est significative entre ces deux variables au seuil de 10%.

292
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Dès lors on comprendrait pourquoi lesdites sociétés tendent à avoir des


dirigeants à perception élevée et à moindres réticences.

• /HGHJUpGHPRGHUQLWpGHVVRFLpWpVQRQFRWpHV
L’analyse à la marge des différents items soumis à l’appréciation des
répondants n’est pas explicitement reprise dans le paragraphe. Les items
qui ont permis d’opérer la classification des sociétés en trois classes
(faible- moyen et élevée) sont présentés dans le tableau 8.A6 en annexe.
Toutefois retenons que les sociétés les moins modernes sont les E et F,
celles moyennement modernes sont la G et la H et, les plus modernes sont
la A, B, C, et D.

En comparant cette classification à celle issue de l’analyse descriptive de


la perception, il ressort que toutes les sociétés dites plus modernes ont une
perception élevée de la BRVM, à l’exception de la C qui se caractérise par
une perception moyenne. Tandis que, les sociétés moins et moyennement
modernes se distribuent équitablement sur les degrés de perception faible
et moyenne. En effet, les F et la G ont une faible perception, tandis que la
E et la H ont une perception moyenne.

Toutefois, ces observations sont contrastées par l’analyse comparative des


motivations- degré de modernité des sociétés non cotées. D’une part, on
note une opposition entre les sociétés les moins modernes, avec des faibles
motivations pour la F, contre des motivations élevées pour la E. D’autre
part, les sociétés modernes se répartissent sur l’échelle des motivations
avec une relative concentration sur l’intensité moyenne (A et D), contre
une concentration moindre sur les intensités faible (C) et élevée (B).
Enfin, pour le groupe de modernité moyenne, les sociétés sont
équitablement distribuées sur les motivations de faible (G) et moyenne (H)
intensités.

Par ailleurs, la comparaison avec les réticences livre une information autre
que la précédente. En effet, premièrement, on note que toutes les sociétés
moins modernes présentent des réticences élevées. Deuxièmement, celles
qui ont une modernité moyenne montrent des réticences de même degré
d’intensité. Troisièmement, les sociétés modernes se retrouvent à tous les
degrés d’intensité des réticences, A pour faible, B pour élevée et, un plus
grand nombre sur l’intensité moyenne de réticence (C et D).

L’analyse croisée du degré de modernité des sociétés avec la perception –


motivations – réticences apparaît pertinente pour comprendre un facteur.
En effet, la perception est grandissante avec la modernité.

293
Chapitre 8

La corrélation (0,72) est statistiquement significative (5%) entre la


variable degré de modernité et le facteur perception. Le degré de
modernité serait la conséquence de l’âge, de la dimension, de la structure
propriété et de l’existence d’un plan stratégique, du fait de leur corrélation
respective. Ainsi le degré de modernité de la société expliquerait la
perception des dirigeants.

• /¶H[LVWHQFHG¶XQGRFXPHQWGHSODQLILFDWLRQVWUDWpJLTXH
Des questions ont été posées aux dirigeants des sociétés non cotées sur
l’existence d’un document de planification stratégique qui retrace les
investissements à mettre en œuvre. Il ressort des entretiens que deux (02)
sociétés sur huit (08) disposent d’un tel document, la A et la B. Ce
document planifie les activités des deux sociétés, respectivement, sur trois
(3) ans et cinq (5). Parmi les six sociétés qui ne disposent pas d’un tel
document, quatre (4) d’entre elles mènent leurs activités sur la base d’un
budget annuel qui s’inspire le plus souvent des activités de l’exercice
antérieur. Il s’agit de la C, D, H et G. Quant à la E et F, la planification
stratégique repose sur la vision du principal actionnaire.

Le croisement de la variable existence de document de planification


stratégique et la perception- motivations- réticences montre que la
perception et les réticences peuvent être comprises par l’existence ou
l’absence d’un tel document. En effet les sociétés qui disposent d’un
document de planification stratégique ont des dirigeants de perception
élevée. Par contre, les sociétés sans un tel document, dont la planification
repose sur la vision du principal actionnaire, ont des dirigeants fortement
réticents. Toutefois statistiquement la corrélation n’est pas significative.
Néanmoins, on note que l’existence d’un document de planification
stratégique est très positivement corrélée à l’âge et au degré de modernité,
qui sont corrélés à la perception. Il pourrait donc s’agir d’une corrélation
indirecte puisque l’existence d’un document de planification participe
d’une logique de modernité qui paraît dépendre de l’âge de la société.

L’analyse croisée des caractéristiques générales- structurelles et


organisationnelles avec les facteurs de perception- motivations et
réticences, montre l’influence directe et forte de l’âge, de la dimension et
du degré d’organisation des sociétés sur la classification des dirigeants.
D’autres variables, telles le secteur d’activité, la nature juridique, la
capitalisation sociale, la structure de propriété et l’existence d’un
document de stratégie paraissent influencer indirectement les classes
identifiées. Toutefois, on note que seulement deux (2) facteurs sont sujets
de l’influence de ces variables : la perception et les réticences.

294
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Les motivations n’apparaissent pas très fortement déterminées par ces


variables.

Dans la même logique de recherche de variables qui expliquent la


constitution des classes, nous avons interrogé les huit (8) dirigeants sur
des aspects économiques et financiers de leur société. Nous présentons à
la suite en sous-section 8.4.2 l’influence des variables économiques et
financières sur les trois (3) facteurs.

 /HV FDUDFWpULVWLTXHV pFRQRPLTXHV HW ILQDQFLqUHV GHV VRFLpWpV HW OD


SHUFHSWLRQPRWLYDWLRQVUpWLFHQFHV

Les caractéristiques économiques sont cernées par l’effectif des salariés, le


chiffre d’affaires et les actions de la concurrence. Les caractéristiques
financières sont aussi saisies par trois (3) indicateurs : les critères
financiers de choix d’un mode de financement et les taux d’intérêt à court
et moyen terme.

Le tableau 8.11 présente les classes selon la perception- les motivations et


les réticences en les croisant avec les variables économiques et
financières.

295
Chapitre 8

Tableau 8.11 : Caractéristiques Economiques et financières – Perception- Motivations- Réticences


Variables Effectif Chiffres Etre imité par Critères Financiers Taux Court Terme Taux Moyen Terme
Classes Salariés Affaires la Concurrence
PERCEPTION
F 15 800 Imité Faible Faible Elevé
G 214 +1000 Ne sait pas Faible Faible Faible
H 200 3545 Imité Moyen Elevé Elevé
E 43 900 Imité Elevé Sans dettes Sans dettes
C 160 +1000 Ne sait pas Moyen Elevé Sans dettes
B 1325 38000 Imité Elevé Faible Faible
D 100 4000 Imité Elevé Sans dettes Sans dettes
A 3350 17000 Ne sait pas Elevé Elevé Faible
MOTIVATION
F 15 800 Imité Faible Faible Elevé
G 214 +1000 Ne sait pas Faible Faible Faible
C 160 +1000 Ne sait pas Moyen Elevé Sans dettes
H 200 3545 Imité Moyen Elevé Elevé
D 100 4000 Imité Elevé Sans dettes Sans dettes
A 3350 17000 Ne sait pas Elevé Elevé Faible
E 43 900 Imité Elevé Sans dettes Sans dettes
B 1325 38000 imité Elevé faible Faible
RETICENCE
A 3350 17000 Ne sait pas Elevé Elevé Faible
H 200 3545 Imité Moyen Elevé Elevé
G 214 +1000 Ne sait pas Faible Faible Faible
D 100 4000 Imité Elevé Sans dette Sans dettes
C 160 +1000 Ne sait pas Moyen Elevé Sans dettes
F 15 800 Imité Faible Elevé Elevé
E 43 900 Imité Elevé Sans dettes Sans dettes
B 1325 38000 Imité Elevé Faible Faible

296
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Le tableau 8.11 met en évidence d’intéressants constats entre les


caractéristiques économiques et financières des sociétés et les traits de
perception- motivations et réticences. Toutefois, nous ne présentons une
description complète par facteur et caractéristique que si une corrélation
significative peut en être déduite (voir annexe 8.A8 le tableau de
corrélation). Autrement nous présentons directement l’essentiel des
constats pour l’ensemble des facteurs. La présentation suit l’ordre
d’apparition des caractéristiques du tableau 8.11.

• /¶HIIHFWLIGHVVDODULpV
L’indicateur économique de l’effectif des salariés considère le nombre
d’employés déclarés par les sociétés. Ainsi on note au 31 décembre 2000
une grande disparité dans la distribution des effectifs de salariés des
sociétés non cotées, avec un minimum de 15 salariés (F), un maximum de
3350 (A) pour une moyenne globale établie à 676. Outre ces cas extrêmes,
les autres sociétés présentent les effectifs suivants : 1325 pour la B, 214
pour la G, 200 pour la H, 160 pour C, 100 pour la D et 43 pour la E. La
moyenne reflète très peu la tendance globale de la distribution des
effectifs des salariés de l’échantillon des sociétés non cotées.

Le croisement de la variable effectif des salariés avec la perception-


motivation et réticence tend à mettre en évidence une faible perception de
la bourse pour les dirigeants des sociétés à faible nombre de salariés et
inversement pour les sociétés à grand effectif de salariés. De plus, on note,
pour les sociétés à faible nombre de salariés, une forte réticence à
l’introduction en bourse de la part des leurs dirigeants. Toutefois, aucune
corrélation statistique ne corrobore la robustesse de cette tendance.
Néanmoins, on observe que la variable effectif des salariés est
significativement corrélée au chiffre d’affaires, lequel est positivement
corrélé à la perception. Il pourrait alors exister une influence indirecte de
l’effectif des salariés sur les facteurs55.

• /HFKLIIUHG¶DIIDLUHVGHVVRFLpWpVQRQFRWpHV
Le chiffre d’affaires est une information considérée par beaucoup
d’entreprises burkinabé comme confidentielle. Pour contourner cette
difficulté, nous nous sommes limité à un intervalle de variation du chiffre
d’affaires déclaré, laissant la liberté au répondant de donner plus de
précision. Cette approche a permis de recueillir des chiffres d’affaires
précis pour 50% des sociétés. Néanmoins, nous exploitons pour
l’ensemble des sociétés les intervalles de variations.
55
On note par ailleurs au seuil de 10% une corrélation négative entre la variable effectif des salariés et les
variables secteur d’activité et structure de la propriété. Le seuil étant assez élevé nous ne discutons pas
cette corrélation dans le texte.

297
Chapitre 8

Ainsi, sur la période 1997 incluse à 2003 incluse, 75% des sociétés ont
réalisé et réaliseront un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA.
Il s’agit de la A, B, C, D, G, et H. Les autres sociétés (25%) de
l’échantillon (E et F) présentent des estimations passées et à venir de
chiffre d’affaires de moins du milliard de FCFA. Les intervalles de
variation situent respectivement le chiffre d’affaires dans l’ordre de 600 –
800 millions de FCFA pour les F et de 800-1000 millions de FCFA pour
la E, au 31 décembre 1997. Les prévisions de chiffres d’affaires pour les
deux sociétés montrent une certaine stabilité. Situation semble-t-il liée à la
très forte concurrence du marché. A la suite de différents recoupements de
sources lors de nos investigations, il est apparu que la B est la plus grande
société de l’échantillon par le chiffre d’affaires, qui s’établit à 38 milliards
FCFA au 31 décembre 2000, suivie de la A avec près de 18 milliards
FCFA sur la même période.

L’analyse croisée, de la variable chiffre d’affaires avec les facteurs de


perception- motivations et de réticences, permet de retenir que les grandes
sociétés ont des dirigeants à forte perception et, inversement pour les plus
petites sociétés. Cependant, statistiquement, la corrélation (0,61) n’est
significative qu’à un seuil conventionnel (seuil de 11%) entre le chiffre
d’affaires et le facteur perception. On pourrait suspecter l’existence d’un
effet taille dans la perception de la bourse. Ce constat relève d’une logique
certaine, mais difficile à soutenir par les variables utilisées, en raison d’un
manque de corrélation significative.

• /DFRQFXUUHQFH
Plusieurs questions ont été adressées aux dirigeants des sociétés non
cotées par rapport à la concurrence. Toutefois, elles n’ont pas toutes été
retenues, car l’attention des dirigeants à chacune des questions n’a pas été
soutenue. Si bien que certaines réponses sont plus pertinentes que
d’autres. En effet, l’étendue du marché et son expansion (Q26), le système
d’information (Q27) ne sont pas abordés. En revanche, l’imitation des
actions de la société par la concurrence (Q29) livre une réponse plus
pertinente pour l’analyse.

Il ressort que les actions de 62,50% des sociétés de l’échantillon sont


imitées par la concurrence, B, D, E, F et H. Les autres sociétés, soit
37,50%, ignorent si leurs actions sont imitées par d’autres entreprises, car
elles estiment n’avoir pas de concurrents.

298
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

L’analyse croisée, de la variable imitation par la concurrence avec les


facteurs perception- motivations et réticences, montre globalement que les
sociétés dont les actions sont imitées par la concurrence tendent à être
fortement réticentes à l’introduction en bourse ; inversement pour les
autres sociétés qui ignorent si leurs actions sont imitées. Toutefois, il
s’agit d’une relation peu robuste (0,68), car la corrélation est peu
significative (seuil de 10%). Cependant, il faut noter que la variable
imitation par la concurrence est significativement corrélée à la structure de
propriété, elle-même corrélée à la dimension, dont l’influence sur la
perception et la réticence a été discutée. L’imitation par ses concurrents
semble donc indirectement influencer les réticences des chefs
d’entreprises. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que l’absence
d’entreprise burkinabé soit considérée comme une réticence mitigée.

• 3ULQFLSDX[PRGHVGHILQDQFHPHQWHWFULWqUHVGHFKRL[
L’analyse des indicateurs financiers montre que l’autofinancement est la
source de financement privilégiée pour toutes les sociétés non cotées de
l’échantillon. Secondairement, elles préfèrent l’endettement bancaire pour
le financement de leurs besoins de court, moyen et long terme. Les autres
sources de financement, secteur informel, capital risque, établissement de
crédit-bail et emprunts obligataires sont des modes de financement qui
retiennent très peu l’attention des dirigeants. Dans une certaine mesure,
ces modes de financement sont quasiment absents de la structure
financière de la majorité des sociétés étudiées.
Le recours systématique à l’autofinancement, et en seconde position à la
dette bancaire, se justifie par six principales raisons dites critères de choix
d’un mode de financement. Les six critères sont : l’accès, le coût, les
habitudes, la proximité, la connaissance du financier et la sécurité.
Toutefois les critères diffèrent d’une société à une autre. En effet, pour
75% des sociétés, les habitudes et la sécurité du mode de financement sont
déterminants dans le choix d’un mode de financement. Il s’agit d’une part
des sociétés, A, B, D, C, E et F, et d’autre part des sociétés, A, B, C, D, E
et H.

Dans une proportion moindre, soit 62,50% de l’échantillon des sociétés


non cotées, le coût et la connaissance du financier sont aussi déterminants
dans le choix du financement. On le note respectivement chez les sociétés
A, B, D, G et H, et chez les sociétés A, B, C, D et E. L’accès et la
proximité apparaissent déterminants pour seulement 50% des sociétés. En
effet, les dirigeants de la A, E, G et H, et ceux de la A B, E et D citent
respectivement ces deux critères de préférence d’un mode de financement.

299
Chapitre 8

Il en résulte trois (3) groupes de sociétés non cotées sur la base du nombre
de critères de choix d’un mode de financement : les sociétés F et la G
constituent le groupe des sociétés ayant le moins de critères,
respectivement un (1) et deux (2) ; tandis que le second groupe est
composé de sociétés à trois (3) critères, C et H, qui ont en commun le
critère de sécurité ; le troisième groupe comprend les sociétés qui ont le
plus grand nombre de critères au moins cinq (5). Il s’agit de la E, B, D et
A ; ces sociétés ont en commun les critères d’habitude, de proximité, de
connaissance du financier et de sécurité. Les trois (3) groupes ont
respectivement la dénomination faible- moyen et élevée dans le tableau
8.11.

En rapprochant cette classification ainsi obtenue à celle de la perception


trois (3) constats se dégagent. Premièrement, les sociétés à faible
perception ont un faible nombre de critères. Deuxièmement, les sociétés à
perception élevée montrent aussi le plus grand nombre de critères de choix
d’un mode de financement. Toutefois une exception est à noter, le cas E
qui présente une perception moyenne au même titre que les sociétés à
critères moyens.

La comparaison des critères avec la motivation montre également que les


sociétés qui ont plusieurs critères de choix d’un mode de financement
présentent des dirigeants au moins moyennement motivés. Par contre les
sociétés à faibles critères sont aussi les mêmes qui ont une faible
motivation (G, F).

En outre, le croisement critères financiers et réticences montre que toutes


les sociétés à faibles critères présentent des réticences au moins
moyennes. Parallèlement, on note à tous les niveaux de réticences la
présence de sociétés ayant un nombre élevé de critères de choix d’un
mode de financement.

Les critères de choix d’un mode de financement, dans une certaine


mesure, aident à comprendre la perception et les motivations. En effet, les
sociétés ayant un faible nombre de critères financiers ont des dirigeants
qui présentent de faibles perception et motivation à l’introduction en
bourse et inversement pour les sociétés qui ont un nombre élevé de
critères financiers. La corrélation statistique corrobore cette proposition,
car la variable critères financiers et les facteurs perception (0,92) et
motivations (0,82) sont positivement et significativement (1%) corrélés.
Les critères financiers n’apparaissent pas corrélés aux autres variables.

300
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Cependant, on pourrait comprendre que les sociétés qui ont un important


nombre de critères de choix d’un mode de financement poursuivent une
certaine rationalité, ce qui oblige leur dirigeant à tenir compte de
l’ensemble des possibilités de financement. Il en résulte une bonne
perception de la bourse et une propension élevée à considérer ce mode de
financement.

• /HVWDX[G¶LQWpUrWVGHODGHWWHjFRXUWWHUPHGHVVRFLpWpVQRQFRWpHV
Les taux d’intérêts ont été cernés sur des intervalles d’amplitude 5, allant
de moins de 5% à plus de 20%. La dette de court terme désigne, dans
l’analyse, celle dont l’échéance n’excède pas l’an (12 mois). De plus, les
taux d’intérêt pour ce type de dettes ont été appréhendés sur une échéance
trimestrielle. Toutefois, cette distinction n’a pas été retenue, car les taux
d’intérêt sont les mêmes.

L’analyse des taux d’intérêts à court terme des sociétés non cotées montre
trois (3) groupes de sociétés. Le premier est celui des sociétés sans dettes à
court terme E et D. Les explications avancées par les dirigeants sont le
recours à la dette fournisseurs (E) et, la nature de l’activité de la D
(assurance) qui rend quelque peu impertinente la notion de dettes pour
cette société. Par contre les deux (2) autres groupes sont composés de
sociétés ayant un endettement à court terme. L’un comporte les sociétés
qui disposent d’un taux d’intérêt compris dans l’intervalle 5% à 10% (non
compris), B, F et G. L’autre groupe réunit les sociétés dont les taux
d’intérêt sont compris dans l’intervalle 10% à 15% (non compris), A, C et
H.

L’analyse croisée des taux d’intérêts à court terme des facteurs perception-
motivations et réticences tend à montrer une faible perception et
motivations, de même qu’une forte réticence pour les dirigeants des
sociétés ayant de faibles taux. Toutefois aucune corrélation significative
ne permet de soutenir ces constats. Cependant il faut noter que la variable
taux d’intérêt à court terme est significativement et négativement corrélée
au secteur d’activité et à la nature juridique des sociétés. L’influence
indirecte et positive de ces variables a été mise en évidence sur les
facteurs de perception et de réticences. Cela laisse croire que la corrélation
entre la variable de taux et les facteurs n’est pas directe, mais qu’elle
aurait tout de même une incidence sur la perception et les réticences.

301
Chapitre 8

• /HVWDX[G¶LQWpUrWVGHVGHWWHVjPR\HQHWORQJ WHUPH GHV VRFLpWpV QRQ


FRWpHV
Les taux d’intérêt des dettes à moyen et long terme ont été cernés sur le
même principe d’intervalles que les taux d’intérêts de la dette de court
terme. Les taux d’intérêts des dettes à moyen et long terme désignent
respectivement les dettes dont l’échéance est supérieure à un an mais
inférieur à 7 ans d’une part et, les dettes dont l’échéance est supérieure à 7
ans d’autre part.

Il ressort que les dettes de moyen et long terme présentent, lorsqu’elles


existent, la même structure de taux d’intérêt. Cependant, il convient de
remarquer pour la A une différence entre les taux d’intérêt à moyen et
long terme. En effet, cette société connaît sur le moyen terme un taux
d’intérêt de 6% contre 4% pour le long terme. Compte tenu de la forte
convergence des taux sur le moyen et long terme, nous avons retenu une
analyse conjointe pour les dettes à moyen et long terme et, avons adopté
pour le cas spécifique de la A la moyenne des taux, soit un taux moyen de
5% sur le moyen et long terme. Ainsi trois (3) groupes de sociétés
émergent de l’analyse des taux d’intérêt à moyen et long terme. Ces
groupes sont différents de ceux identifiés précédemment dans l’analyse
des taux d’intérêts de court terme. En effet, le groupe des sociétés sans
dettes s’élargit pour s’établir à trois (3) sociétés sans dettes à moyen et
long terme C, D et E. Pour la C et la E, la principale raison de l’absence de
dettes sur cette échéance est qu’à la date de l’entretien l’ensemble de la
dette d’échéance moyenne et longue était échue et les contrats
d’endettement passés dataient d’une époque lointaine. Par conséquent il
leur était difficile d’avancer des taux actuels. Par contre, pour la D la
même explication que celle de la dette à court terme à été avancée.
Ce groupe s’oppose aux deux (2) autres groupes de sociétés qui présentent
un endettement de moyen et long terme. L’un présente un taux d’intérêt
inférieur à 5%, A, B et G. Le troisième groupe correspond aux sociétés qui
empruntent à un taux d’intérêt compris dans l’intervalle de bornes 10% et
15%, F et H.

Il convient de remarquer que le faible taux d’intérêt pour les sociétés B et


G s’expliquent par le fait qu’il s’agit d’emprunts contractés par l’Etat
burkinabé auprès de bailleurs de fonds et rétrocédés aux sociétés. En
revanche, la A diversifie ses sources d’emprunts et tire profit de la caution
des Etats burkinabé et ivoiriens qui sont aussi ses actionnaires.

302
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Globalement, l’étude croisée des taux d’intérêts à moyen et long terme


avec les facteurs perception- motivations et réticences livre d’intéressantes
observations telles : la tendance, pour les sociétés à faible taux d’intérêt, à
présenter une perception élevée et, la tendance pour les sociétés sans
dettes, à montrer plus de réticences à l’introduction en bourse. Toutefois,
ces tendances ne peuvent être soutenues faute de corrélation significative
entre la variable de taux et les facteurs perception et réticences.
Néanmoins, on peut remarquer la corrélation négative et significative
entre la variable taux à moyen et long terme et le secteur d’activité56. Il
pourrait alors s’agir d’une corrélation indirecte entre les taux à moyen et
long terme et les facteurs de perception et de réticences.

L’analyse croisée des caractéristiques économiques et financières avec les


facteurs de perception- motivations et réticences montre l’influence
directe et forte des critères de choix d’un mode de financement sur la
classification des dirigeants. Les autres variables apparaissent plutôt
corrélées au secteur d’activité et à la nature juridique, qui sont des
variables dont l’influence indirecte a été mise en évidence. De plus, on
note que seulement deux (2) facteurs sont sujets de l’influence de ces
variables : la perception et les motivations. Les réticences n’apparaissent
pas très fortement déterminées par ces variables.

L’analyse croisée des caractéristiques des sociétés non cotées avec la


perception- motivations et réticences des dirigeants d’entreprises peut se
résumer sur le graphique 8.2.

56
On observe au seuil de 10% une corrélation négative entre le taux et la nature juridique des sociétés.

303
Chapitre 8

*5$3+,48(&$5$&7e5,67,48(6&255e/e(6$8;)$&7(856±3(5&(37,21
027,9$7,2165e7,&(1&(6

AGE DIMENSION

(0,79)* (0,77)* (-0,71)*

PERCEPTION MOTIVATIONS RETICENCES


RET

(0,72)* (0,92)** (0,82)*

MODERNITE CRITERES
FINANCIERS

Légende :
* Corrélation significative au seuil de 5%
** Corrélation significative au seuil de 1%
Corrélation non significative

304
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

&RQFOXVLRQ

L’objectif de ce chapitre était de répondre à deux (2) interrogations


majeures : comment les dirigeants des sociétés burkinabé non cotées
perçoivent-ils la BRVM ? Comment traduisent-ils leurs motivations et
réticences à l’introduction en bourse ? L’analyse à la marge et la
normalisation des données relatives aux trois (3) facteurs, nous ont permis
d’établir trois (3) typologies des huit (8) dirigeants des sociétés non cotées
selon leur perception de la bourse, leurs motivations et réticences à
l’introduction en bourse Les différentes classes de la perception, des
motivations et des réticences, sont déduites, respectivement, à partir des
pages 259 à 261, 267 à 268 et 281 à 283.

Les principaux enseignements que l’on retient de ce chapitre sont au


nombre de cinq (5). Premièrement, il s’agit du manque d’implication des
chefs d’entreprises dans la création et la mise en œuvre de la BRVM. Si
bien que cela repose le problème de l’adéquation ou de l’existence d’une
demande réelle pour cet outil de financement. Il s’agit d’un biais au départ
du marché boursier que l’un des membres fondateurs n’a pas manqué de
souligner : -H FURLV TXH O¶LGpHGH FUpHU XQH %RXUVH 5pJLRQDOHHVW XQH ERQQH FKRVH
6HXOHPHQWDWHOOHOHVPR\HQVGHGpFROOHU",O\DGHX[W\SHVGHSD\VGDQVOD%590
OH SUHPLHU JURXSH HVW FRQVWLWXp GH FHX[ TXL RQW XQ QLYHDX GH FRQQDLVVDQFH HW GH
FXOWXUH ERXUVLqUH &{WH G¶,YRLUH HW 6pQpJDO  HW OH VHFRQG JURXSH FRQVWLWXp GH OD
PDMRULWp GHV SD\V %XUNLQD )DVR 0DOL 1LJHU 7RJR %pQLQ HW *XLQpH %LVVDX  VDQV
FRQQDLVVDQFHERXUVLqUH&HWWHVLWXDWLRQH[SOLTXHDLVpPHQWODVWUXFWXUHGXFDSLWDOGHOD
ERXUVH R O¶RQ UHWURXYH HVVHQWLHOOHPHQW OHV SULYpV GHV SD\V GX SUHPLHU JURXSH -H
SHQVHTX¶RQDXUDLWSXDOOHUSOXVYLWHTXHFHOD... [B].

Le second enseignement c’est que la BRVM est globalement comprise


comme une mesure qui s’inscrit dans le cadre des réformes macro-
économiques : &¶HVW XQ RXWLO PRGHUQH GH VRXWLHQ DX[ DFWHXUV pFRQRPLTXHV 6RQ
GpPDUUDJHGDQVQRVSD\VVHUDWLPLGHPDLVLOQHGRLWSDV\DYRLUGHUHFXODXUHJDUG
GH OD PRQGLDOLVDWLRQ GX SKpQRPqQH &HW LQVWUXPHQW DFFRPSDJQH WRXV OHV DXWUHV
SKpQRPqQHV GpMj HQJDJpV HW DFFHSWpV SDU QRV SD\V WHOV O¶RXYHUWXUH GHV PDUFKpV OD
FRQFXUUHQFHHWF TXL FDUDFWpULVHQWOHVpFKDQJHVDX LqPHVLqFOH1RXV GHYRQVQRXV
HIIRUFHUSRXUDGDSWHUQRVPHQWDOLWpVDX[H[LJHQFHVPRGHUQHV[G].
Toutefois, au niveau micro-économique, les sociétés ne se sentent pas
concernées : /D %590 QH IDLW SDV G¶DSSURFKH DX FDV SDU FDV FDU TXDQG F¶HVW
JpQpUDOLVpSHUVRQQHQHVHVHQWFRQFHUQp [F]. 

De plus les chefs d’entreprises perçoivent cette bourse comme une bourse
ivoirienne et/ou pour une catégorie type d’entreprises : /D %590 HVW XQH
LQVWLWXWLRQXWLOHjO¶pFRQRPLHGHV(WDWVGHO¶8(02$&HWWHERXUVHDpWpFRQVWUXLWHVXU
OHV GpFRPEUHV GH OD %9$ &H TXL IDLW TXH PDOJUp VRQ FDUDFWqUH VRXV UpJLRQDO HOOH
DSSDUDvWFRPPHXQHERXUVHLYRLULHQQH

305
Chapitre 8

/HV HQWUHSULVHV FRWpHV VRQW LYRLULHQQHV HW HVVHQWLHOOHPHQW GHV HQWUHSULVHV ILOLDOHV GH
PXOWLQDWLRQDOHVj8QHHQWUHSULVHDIULFDLQHQ¶\HVWSDVFRWpH[D].

Le troisième enseignement, c’est l’existence d’un fait culturel qui mitige


l’adéquation de la BRVM à la culture burkinabé des affaires. Les partisans
de la thèse d’une adéquation de la bourse et de la culture mettent plutôt en
exergue l’aspect dynamique d’une bourse, l’habitude et la pauvreté au lieu
de la dimension culturelle.
En revanche, les partisans d’une bourse, inadaptée à la culture, insistent
sur l’analphabétisme, la méconnaissance des mécanismes boursiers,
l’individualisme en matière de gain et la méthode de gestion des chefs
d’entreprises. Si la plupart des aspects semblent être plus ou moins des
vérités admises, l’individualisme est un aspect nouveau dont la pertinence
n’est pas à remettre en cause. L’état d’esprit qui vise à s’accaparer de tout
est bien connu et est particulièrement mis en exergue en politique sous la
désignation TUUK GUILI57. Une telle mentalité souvent niée est vive
dans la société burkinabé. L’incapacité de la société de capital risque à
financer la création d’entreprise est liée à cet état d’esprit où les
promoteurs renoncent à la mise en œuvre de leur projet du fait de
l’ouverture du capital à la société de capital risque. Les propos du
dirigeant de la E sont particulièrement pertinents  /¶H[SpULHQFH PRQWUH TXH
QRXV VRPPHV DVVH]LQGLYLGXDOLVWHV HQ PDWLqUHGHJDLQVILQDQFLHUV 2QQ¶DLPHUDLWSDV
SDUWDJHUOHVJDLQVGHODIDPLOOHDYHFG¶DXWUHVSHUVRQQHVTXDQGELHQPrPHODVROLGDULWp
DIULFDLQHHVWOpJHQGDLUH(QHIIHWODVROLGDULWpGRQWLOHVWTXHVWLRQHVWYRORQWDLUHLOQ¶\
DSDVGHFRQWUDLQWHDORUVTX¶DYHFODERXUVHYRXVGHYH]YRXVH[SOLTXHUHWSDUWDJHUYRV
JDLQV

Le quatrième enseignement, a trait à la corrélation établie entre la


perception et les motivations. En effet, en renforçant la perception des
dirigeants d’entreprises non cotées, il serait possible d’accroître leurs
motivations à la hausse. Dans une moindre mesure (corrélation non
significative), il est probable de réduire leurs réticences. Parallèlement, la
supériorité numérique des réticences sur les motivations est un début
d’explication de la non- introduction en bourse.

Le cinquième enseignement est l’existence de plusieurs effets dans la


compréhension de la perception- des motivations et des réticences. Le
premier est un effet âge avec un impact positif sur la perception. Le
second est un effet dimension de la société avec un impact également
positif sur la perception mais négatif sur les réticences. Le troisième est
l’effet de modernité de la société dont l’influence est positive sur la
perception et négative sur les réticences.
57
L’expression provient d’une des langues nationales du Burkina Faso : le Mooré, signifie «s’accaparer
de tout».

306
Perception- Motivations et Réticences des dirigeants des sociétés non cotées

Enfin, le dernier est l’effet critères de choix d’un mode de financement


dont l’influence est positive sur la perception et les motivations.

Les entreprises burkinabé ne vont pas en bourse parce qu’elles présentent


plus de réticences que de motivations à l’introduction en bourse. Cette
situation s’expliquerait par la faiblesse de modernité des entreprises.
Laquelle modernité est positivement influencée par l’âge, la dimension, la
structure de propriété et l’existence d’un document stratégique de
planification. Indirectement, la modernité est aussi influencée par la
capitalisation sociale, l’action d’imitation de la concurrence, le secteur
d’activité, les taux d’intérêt de la dette à court, moyen et long terme. Le
degré de modernité affectant positivement la perception, il va sans dire
que l’amélioration de la modernité d’une entreprise pourrait influencer la
perception.

307

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