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Exercices de réduction d'endomorphismes en maths

Le document présente une série d'exercices de mathématiques pour l'année scolaire 2024-2025, axés sur la réduction d'endomorphismes et la diagonalisation de matrices. Chaque exercice aborde des concepts tels que le théorème spectral, les valeurs et vecteurs propres, ainsi que des équations matricielles. Les exercices sont destinés aux étudiants de classe préparatoire et couvrent des sujets avancés en algèbre linéaire.

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Exercices de réduction d'endomorphismes en maths

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Maths en PT* Année 2024 - 2025

Feuille d’exercices n◦ 7

Réduction d’endomorphismes

Exercice 1 : théorème spectral en dimension 2

Montrer que toute matrice symétrique réelle d’ordre 2 est diagonalisable dans R.

Exercice 2 : diagonalisation et commutant en dimension 2 - d’après Mines-Télecom 2024


   
2 −1 −2 0
Soit les matrices A = et B = .
−4 −1 0 3

1. Trouver les valeurs et vecteurs propres de A.


2. Trouver les matrices qui commutent avec B.
3. En déduire les matrices qui commutent avec une matrice M de Vect(I, A).

Exercice 3 : équation matricielle en dimension 2 [correction]


 
5 3
Soit la matrice A = .
1 3
1. Montrer qu’il existe P inversible et D diagonale telles que D = P −1 AP .
2. Montrer que si M ∈ M2 (R) vérifie M 2 + M = A alors P −1 M P est diagonale.
3. Résoudre dans M2 (R) l’équation matricielle M 2 + M = A.

Exercice 4 : endomorphismes de C - d’après oral II 2018 [correction]


Soit E = LR (C) l’ensemble des endomorphismes de C, considéré comme un R-espace vectoriel.
Pour (a, b) ∈ C2 , on considère l’application fa,b : z 7−→ az + bz.

1. Montrer que E = {fa,b , (a, b) ∈ C2 }.


2. Donner en fonction de a et de b le déterminant et la trace de fa,b .
3. Donner une condition nécessaire et suffisante pour que fa,b soit diagonalisable.

Exercice 5 : système dynamique récurrent d’ordre 1 en dimension 3 [correction]



 un+1 = −un + vn + wn
Étudier les suites (un ), (vn ), (wn ) vérifiant ∀n ∈ N, vn+1 = un − vn + wn .
wn+1 = un + vn − wn

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Exercice 6 : polynôme d’une matrice 3 × 3 diagonalisable


 
0 0 1
Déterminer les éléments propres dans C de A =  1 0 0  et B = aI3 + bA + cA2 , (a, b, c) ∈ C3 .
0 1 0

Exercice 7 : diagonalisation dans C d’une matrice 3 × 3 - d’après Mines-Télecom 2024


 
0 0 z
Trouver les conditions sur z pour diagonaliser Mz =  1 1 0  dans C.
0 1 0

Exercice 8 : racines carrées d’une matrice 3 × 3 diagonalisable - d’après oral I 2014


 
2 0 4
Soit A =  3 −4 12  et M ∈ M3 (R).
1 −2 5
1. La matrice A est-elle diagonalisable ? Si oui, déterminer une base de vecteurs propres.
2. Montrer que, si AM = M A alors tout vecteur propre de A est vecteur propre de M .
3. Résoudre dans M3 (R) l’équation matricielle M 2 = A.

Exercice 9 : racines carrées d’une matrice 3 × 3 trigonalisable - d’après oral II 2023 [correction]
 
1 0 0
Soit la matrice A =  0 2 −1 .
−2 2 −1
1. Trouver T triangulaire supérieure et P inversible telles que A = P T P −1 .
2. Trouver les matrices M de M3 (R) vérifiant M T = T M .
3. Montrer que si AM = M A alors tout vecteur propre de A est vecteur propre de M .
4. Résoudre M 2 = A dans M3 (R).

Exercice 10 : trigonalisation d’une matrice 3 × 3 - d’après Mines-Télécom 2023


 
2 0 −1
Soit A =  1 0 −1  et f ∈ L (R3 ) canoniquement associé à A.
0 1 1
1. Déterminer l’ensemble des valeurs propres de A.

2. Déterminer les espaces propres de A. Est-elle diagonalisable ?


 
1 1 0
3. Trouver une base dans laquelle f a pour matrice B =  0 1 1 .
0 0 1
4. Calculer B n , puis An pour tout n ∈ N.

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Exercice 11 : endomorphismes nilpotents de R3 - d’après Mines-Télécom 2023


Soit un espace vectoriel E de dimension 3 et f ∈ L (E).
 
0 0 0
1. Si f 2 6= 0 et f 3 = 0, montrer que dans une certaine base la matrice de f est  1 0 0 .
0 1 0
 
0 0 0
2. Si f 6= 0 et f 2 = 0, montrer que dans une certaine base la matrice de f est  0 0 0 .
1 0 0

3. Soit f 6= 0 et il existe p ∈ N t.q. f p = 0, l’endomorphisme f est-il diagonalisable ?

Exercice 12 : diagonalisation et puissances d’une matrice 4 × 4 - d’après oral II 2024 [correction]


 
0 0 0 −1
 0 0 1 0  n
 0 −1 0 0 . Est-elle diagonalisable dans R ? dans C ? Calculer A pour n ∈ Z.
Soit A =  

1 0 0 0

Exercice 13 : diagonalisation et puissances d’une matrice 4 × 4 à paramètres - d’après oral II 2024


 
1 a b c
 0 1 0 0 
Soit la matrice A =  , où (a, b, c) ∈ R3 .
 0 −1 2 0 
0 1 0 2
1. À quelle condition sur (a, b, c) ∈ R3 la matrice A est-elle diagonalisable ?
2. Sous cette condition, déterminer αn et βn en fonction de n ∈ N pour que An = αn I4 + βn A.

Exercice 14 : puissances et diagonalisation d’une matrice n × n particulière - d’après oral II 2022


(
1 si i + j = n
Soit un entier n ≥ 3 et A ∈ Mn (R) définie par aij = .
0 si i + j 6= n
1. Calculer Ap pour p ∈ N∗ .
2. Montrer que Sp(A) ⊂ {−1, 0, 1}.
3. Montrer que A est diagonalisable et la diagonaliser.

Exercice 15 : étude d’une matrice carrée d’ordre 2n particulière - d’après Mines-Télécom 2023
 
1 1 0 ··· ··· 0
 0 1
 1 0 ··· 0  
 .. . . . . . . . . .. 
 . . . . . .   ∈ M2n (R).
Soit M =  .. .. .. 
 . . . 1 0 
 
 0 ··· ··· 0 1 1 
1 0 ··· ··· 0 1
1. Déterminer le noyau et le rang de M . Donner une base du noyau.
2. M est-elle diagonalisable dans C ? Donner ses valeurs propres.

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Exercice 16 : matrice 5 × 5 circulante - d’après oral II 2021 [correction]


   
a0 a1 a2 a3 a4 0 1 0 0 0
 a4 a0 a1 a2 a3   0 0 1 0 0 
a1 a2  ∈ M5 (C) et K = 
   
 a3 a4 a0
Soit C(a0 , a1 , a2 , a3 , a4 ) =  0 0 0 1 0
 .
 
 a2 a3 a4 a0 a1   0 0 0 0 1 
a1 a2 a3 a4 a0 1 0 0 0 0
1. Montrer que C(a4 , a0 , a1 , a2 , a3 ) = K × C(a0 , a1 , a2 , a3 , a4 ),
puis que C(a0 , a1 , a2 , a3 , a4 ) = a4 K 4 + a3 K 3 + a2 K 2 + a1 K + a0 I5 .
2. Déterminer les valeurs propres de K.
3. Montrer que C(a0 , a1 , a2 , a3 , a4 ) est diagonalisable. Déterminer ses éléments propres.

Exercice 17 : réduction d’un endomorphisme de Rn [X] - d’après oral II 2017


Soit α ∈ R+∗ , β ∈ R, P ∈ R[X] et f : P 7−→ ((αX + β)P )0 .

1. Montrer que f est un endomorphisme de R[X].


2. Trouver les valeurs propres et les vecteurs propres de f .
3. Justifier que Rn [X] est stable par f .
4. Écrire la matrice A dans la base canonique de l’endomorphisme induit par f sur Rn [X].
5. Diagonaliser A.

Exercice 18 : réduction d’un endomorphisme de Rn [X] [correction]


Soit un entier n ≥ 2. On considère ϕ définie sur Rn [X] par : ϕ(P ) = (2X − 1)P 0 + (X 2 − X − 2)P 00 .

1. Vérifier que ϕ est un endomorphisme de Rn [X].


2. Déterminer la matrice A de ϕ dans la base canonique de Rn [X].
3. Déterminer les valeurs propres de ϕ. En déduire que A est diagonalisable.
4. On note λ0 , . . . , λn les valeurs propres de ϕ rangées par ordre croissant. Soit P un vecteur
propre associé à la valeur propre λk . Montrer que P est de degré k.
5. Montrer qu’il existe une unique famille (Pk )k∈[[0,n]] , telle que, pour tout k ∈ [[0, n]], Pk soit un
polynôme unitaire de degré k et un vecteur propre de ϕ associé à λk .
6. Cas particulier : pour n = 3, déterminer (P0 , P1 , P2 , P3 ).

Exercice 19 : réduction d’un endomorphisme de Rn [X] - d’après oral II 2021 [correction]


Soit E = Rn [X] et ϕ l’application définie sur E par ϕ(P ) = ((X 2 + 1)P )00 .

1. Montrer que ϕ est un endomorphisme de E.


2. Donner la matrice de ϕ dans la base canonique de E.
3. ϕ est-elle bijective ? ϕ est-elle diagonalisable ?
4. On note λ0 < λ1 < . . . < λn les valeurs propres de ϕ et
Pi un polynôme non nul tel que ϕ(Pi ) = λi Pi . Montrer que deg(Pi ) = i.

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Exercice 20 : réduction en dimension 3 - d’après oral II 2021


Soit E un R−espace vectoriel de dimension 3 et f un endomorphisme de E vérifiant
det(f ) = 0, tr(f ) = 1 et Ker(f ) ⊂ Im(f ).
1. Déterminer les dimensions de Ker(f ) et Im(f ).
2. Montrer que f est trigonalisable.
3. Déterminer les valeurs propres de f et si f est diagonalisable.
 
0 0 1
4. Montrer qu’il existe une base de E dans laquelle la matrice de f est  0 1 0 .
0 0 0

Exercice 21 : réduction en dimension 3 - d’après Mines-Télécom 2022 [correction]


Soit f ∈ L (R3 ) vérifiant f 3 + f = 0L (R3 ) .
1. Montrer que R3 = Im(f ) ⊕ Ker(f ).
2. Montrer que si λ est valeur propre de f alors λ3 + λ = 0. Déterminer si f est diagonalisable.
3. Montrer que Im(f ) = Ker(f 2 + idR3 ) et que, si f 6= 0L (R3 ) , il existe une base de R3 dans
laquelle la matrice de f est :  
0 0 0
 0 0 1 .
0 −1 0

Exercice 22 : endomorphisme nilpotent diagonalisable - d’après oral II 2024


Soit E un R-e.v. de dimension finie, B sa base et f un endomorphisme de E vérifiant :
∀x ∈ E, ∃px ∈ N∗ , f px (x) = x.
1. Pour tout e ∈ B, montrer qu’il existe p ∈ N∗ vérifiant f p (e) = e.
En déduire qu’il existe m ∈ N∗ vérifiant f m = idE .
2. On suppose f diagonalisable. Montrer que f 2 = idE .

Exercice 23 : réduction en dimension finie


Soit E de dimension finie et f ∈ L (E) t.q. (f − 3idE ) ◦ (f + 2idE ) = 0L (E) .

1. Montrer que Im(f + 2idE ) ⊂ Ker(f − 3idE ).


2. Montrer que Ker(f + 2idE ) ∩ Ker(f − 3idE ) = {0E }.
3. En déduire que f est diagonalisable.

Exercice 24 : caractérisation d’une symétrie - d’après Mines-Télécom 2023


Soit E un espace vectoriel et f ∈ L (E) vérifiant f 2 = idE .
1. Montrer que si λ est valeur propre de f alors λ2 = 1.
2. Montrer que pour tout x de E, f (x − f (x)) = −(x − f (x)) et f (x + f (x)) = x + f (x).
3. Si −1 et 1 sont valeurs propres, montrer que E = E−1 (f ) ⊕ E1 (f ).
4. Si f 6= ±idE , montrer que −1 et 1 sont valeurs propres.

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Quelques corrections pour s’entrainer

Exercice 3 : équation matricielle en dimension 2 [énoncé]

1. On calcule le polynôme caractéristique de A :

χA (X) = X 2 − tr(A) + det(A) = X 2 − 8X + 12 = (X − 2)(X − 6),

qui est scindé dans R à racines simples. Donc A est diagonalisable dans R et Sp(A) = {2, 6} .
       
x x x x
En résolvant A =2 et A =6 , on détermine les sous-espaces propres de A :
y y y y
   
−1 3
E2 (A) = Vect(U1 ), U1 = et E6 (A) = Vect(U2 ), U2 = .
1 1

Donc B = (U1 , U2 ) est une base de R2 (assimilé à M2 (R)) formée de vecteurs propres de A
et on a :    
−1 −1 3 2 0
A = P DP , où P = et D = .
1 1 0 6

2. Soit M ∈ M2 (R) vérifiant M 2 + M = A. On a alors :

M A = M (M 2 + M ) = M 3 + M 2 = (M 2 + M )M = AM (A et M commutent).

Ainsi, A(M U1 ) = M (AU1 ) = M (2U1 ) = 2(M U1 ), donc M U1 ∈ E2 (A) = Vect(U1 ).


Donc il existe α ∈ R tel que M U1 = αU1 . De même, il existe β ∈ R tel que M U2 = βU2 .
 
α 0
Si f est l’endomorphisme canoniquement associé à M , sa matrice dans la base B est .
0 β
 
−1 α 0
Par la formule de changement de base, P MP = , qui est diagonale .
0 β

3. Si M ∈ M2 (R) vérifie M 2 + M = A alors, d’après ce qui précède,


 
2 −1 α 0
il existe (α, β) ∈ R tel que P M P = .
0 β
 2 
α 0
Donc P −1 M 2 P = P −1 M |P P −1
M P = (P −1
M P )2
= et, dans ce cas, on a :
{z } 0 β2
=I2

α2 0
    
−1 α 0 −1 2 0
2
M + M = A ⇐⇒ P P +P P =P P −1
0 β2 0 β 0 6
 2     
−1 α 0 α 0 −1 −1 2 0
⇐⇒ P P 2 + P P =P P P −1 P
0 β 0 β 0 6
 2   
α +α 0 2 0
⇐⇒ 2 =
0 β +β 0 6

⇐⇒ α2 + α = 2 et β 2 + β = 6

⇐⇒ α ∈ {−2, 1} et β ∈ {−3, 2}.

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L’équation matricielle M 2 + M = A admet donc 4 solutions dans M2 (R), qui sont :


   
−2 0 −1 −2 0
M1 = P P , M2 = P P −1
0 −3 0 2
   
1 0 −1 1 0
M3 = P P , M2 = P P −1
0 −3 0 2
 
−1 1 1 −3
Comme P = , on obtient, après quelques calculs :
−4 −1 −1

− 11 − 43 7 3
!     !
4 1 3 −2 −3 4 4
M1 = , M2 = , M3 = , M4 = .
− 41 − 49 1 −1 −1 0 1 5
4 4

Exercice 4 : endomorphismes de C - d’après oral II 2018 [énoncé]

1. On considère C = {z = x + iy, (x, y) ∈ R2 } = Vect(1, i), comme R-e.v. de dimension 2.


En effet, ∀(x, y) ∈ R2 , x + iy = 0 =⇒ x = y = 0 donc B = (1, i) est libre et une base de C.
• Soit (a, b) ∈ C. Pour tous z, z 0 ∈ C et tout λ ∈ R, on a : fa,b (z) = az + bz ∈ C, λ = λ et

fa,b (z + λz 0 ) = a(z + λz 0 ) + bz + λz 0 = az + λaz 0 + bz + λbz 0 = fa,b (z) + λfa,b (z 0 ).

Donc fa,b ∈ LR (C), ∀(a, b) ∈ C. Donc {fa,b , (a, b) ∈ C2 } ⊂ E = LR (C).

• Soit f ∈ E = LR (C). On cherche si il existe (a, b) ∈ C2 tel que f = fa,b .


Comme f et fa,b sont linéaires sur C, elles sont égales ssi elles coı̈ncident sur la base (1, i). Or,

 a = f (1)−if (i)
( (
fa,b (1) = f (1) a + b = f (1) 2
⇐⇒ ⇐⇒ .
fa,b (i) = f (i) ai − bi = f (i) f (1)+if (i)
 b= 2

Donc, pour tout f ∈ LR (C), il existe (a, b) ∈ C2 tel que f = fa,b . Donc E ⊂ {fa,b , (a, b) ∈ C2 }.

Par double inclusion, on a E = {fa,b , (a, b) ∈ C2 } .

2. Soit (a, b) ∈ C2 . On a : fa,b (1) = a + b = [Re(a) + Re(b)] + i[Im(a) + Im(b)] et

fa,b (i) = ai − bi = [Im(b) − Im(a)] + i[Re(a) − Re(b)].


 
Re(a) + Re(b) Im(b) − Im(a)
Donc Ma,b = MatB (fa,b ) = et on a :
Im(a) + Im(b) Re(a) − Re(b)

tr(fa,b ) = 2Re(a) et det(fa,b ) = Re(a)2 − Re(b)2 + Im(a)2 − Im(b)2 = |a|2 − |b|2 .

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3. fa,b a pour polynôme caractéristique χfa,b (X) = X 2 − tr(fa,b )X + det(fa,b ),


du second degré, de discriminant : ∆ = tr(fa,b )2 − 4 det(fa,b ) = 4 |b|2 − Im(a)2 .


• Si |b| < |Im(a)|, alors ∆ < 0 et χfa,b (X) n’est pas scindé dans R.
Dans ce cas, fa,b ∈ LR (C) n’est pas diagonalisable.
• Si |b| > |Im(a)|, alors ∆ > 0 et χfa,b (X) est scindé à racines simples dans R.
Dans ce cas, fa,b ∈ LR (C) est diagonalisable.
• Si |b| = |Im(a)|, alors ∆ = 0 et χfa,b (X) = (X − Re(a))2 est scindé dans R.
Dans ce cas, Sp(fa,b ) = {Re(a)} et fa,b ∈ LR (C) est diagonalisable ssi

Re(a) + Re(b) = Re(a) 
 Re(b) = 0


Im(b) − Im(a) = 0

Ma,b = Re(a)I2 ⇐⇒ ⇐⇒ Im(b) = 0 ⇐⇒ |b| = |Im(a)| = 0.
Im(a) + Im(b) = 0
Im(a) = 0

 
Re(a) − Re(b) = Re(a)

En conclusion, fa,b ∈ LR (C) est diagonalisable ssi |b| > |Im(a)| ou (a ∈ R et b = 0) .

Exercice 5 : système dynamique récurrent d’ordre 1 en dimension 3 [énoncé]

1. Calculons le polynôme caractéristique de la matrice associée à ce système dynamique :


X +1 −1 −1 X −1 −1 −1
χA (X) = −1 X +1 −1 = X −1 X +1 −1
C1 ←C1 +C2 +C3
−1 −1 X +1 X −1 −1 X +1

X −1 −1 −1
= 0 X +2 −1 = (X − 1) (X + 2)2 .
L2 ←L2 −L1
L3 ←L3 −L1 0 0 X +2

Donc A a pour valeurs propres 1 et −2 de multiplicités respectives m(1) = 1 et m(−2) = 2 .


Le calcul des sous-espaces propres E1 (A) = Ker(I3 − A) et E−2 (A) = Ker(−2I3 − A) donne :
     
1 1 1
E1 (A) = Vect  1  et E−2 (A) = Vect  −1  ,  1  (à faire).
1 0 −2

χA est scindé et ∀λ ∈ Sp(A), dim(Eλ (A)) = m(λ). Donc A est diagonalisable et on a :


A = P DP −1 , où
   
1 1 1 1 0 0
P =  1 −1 1  et D =  0 −2 0  .
1 0 −2 0 0 −2

On montre par récurrence que ∀n ∈ N, An = P Dn P −1 (à faire).


 
1/3 1/3 1/3
Par l’algorithme de Gauss-Jordan, P −1 =  1/2 −1/2 0 . Donc
1/6 1/6 −1/3
   
1 1 1 1 0 0 1/3 1/3 1/3
An =  1 −1 1   0 (−2)n 0   1/2 −1/2 0 .
1 0 −2 0 0 (−2) n 1/6 1/6 −1/3

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1 1 1
1 − (−2)n+1 n (1 − (−2)n )
  
3 3 (1 − (−2) )  3
n 1 n 1 n+1 1
A =  3 (1 − (−2) ) 3 1 − (−2) 3 (1 − (−2)n )  
1 n 1 n 1
3 (1 − (−2) ) 3 (1 − (−2) ) 3 1 − (−2)n+1
 
un
Si on pose Xn =  vn , on a : ∀n ∈ N, Xn+1 = AXn .
wn
Par récurrence, ∀n ∈ N, Xn = An X0 (à faire). Donc
 u0
1 − (−2)n+1 + v0 +w (1 − (−2)n )

u = 0
 n 3 3


v0
1 − (−2)n+1 + u0 +w (1 − (−2)n ) .

∀n ∈ N, vn = 3 3
0

w0
1 − (−2)n+1 + u0 +v (1 − (−2)n )
 
wn = 0

3 3

Exercice 9 : racines carrées d’une matrice 3 × 3 trigonalisable - d’après oral II 2023 [énoncé]

X −1 0 0
1. χA (X) = 0 X −2 1 = (X − 1)(X 2 − X) = X(X − 1)2 . Donc Sp(A) = {0, 1}.
2 −2 X +1
         
x 0  x=0  x=0 x 0
A  y  =  0  ⇐⇒ 2y − z = 0 ⇐⇒ y = y ⇐⇒  y  = y  1  .
z 0 −2x + 2y − z = 0 z = 2y z 2
 
| {z }
=u1
         
x x  x=x  x=0 x 0
A  y  =  y  ⇐⇒ y−z =0 ⇐⇒ y = y ⇐⇒  y  = y  1  .
z z −2x + 2y − 2z = 0 z=y z 1
 
| {z }
=u2

χA étant scindé dans R, A est trigonalisable mais pas diagonalisable car dim(E1 (A)) = 1 < 2,
multiplicité de la valeur propre 1. A est donc semblable à une matrice triangulaire T dont les
coefficients diagonaux sont les valeurs propres de A comptées avec multiplicité.
Soit B = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 . det(u1 , u2 , e1 ) = −1 6= 0, donc B 0 = (u1 , u2 , e1 )
B
est une base de R3 telle que Au1 = 0R3 , Au2 = u2 et

 1=1 
x = −y
Ae1 = xu1 + yu2 + e1 ⇐⇒ 0=x+y ⇐⇒ , soit Ae1 = −2u1 + 2u2 + e1 .
y=2
−2 = 2x + y

   
0 0 −2 0 0 1
On a donc A = P T P −1 , avec T =  0 1 2  et P =  1 1 0  .
0 0 1 2 1 0

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 
a b c
2. Soit M =  d e f  ∈ M3 (R). Alors M T = T M ssi
g h i

0 = −2g






 b = −2h



 −2a + 2b + c = −2i   
0 = d + 2g  b=d=g=h=0 a 0 2a − 2e



e = e + 2h ⇐⇒ c = 2a − 2e ⇐⇒ M =  0 e f .
−2d + 2e + f = f + 2i i=e 0 0 e

 


0=g







 h=h

−2g + 2h + i = i

3. Soit M ∈ M3 (R) telle que AM = M A. Si X est un vecteur propre de A, alors il existe


λ ∈ Sp(A) tel que AX = λX et on a :

A(M X) = M (AX) = M (λX) = λ(M X).

Donc M X ∈ Eλ (A) = Vect(X), car dim(Eλ (A)) = 1 (droite vectorielle) et X ∈ Eλ (A)\{0R3 }.


Donc M X est colinéaire à X non nul et X est aussi un vecteur propre de M .
Finalement, si AM = M A alors tout vecteur propre de A est vecteur propre de M .

4. Analyse : Si M vérifie M 2 = A alors M A = M 3 = AM . On pose Γ = P −1 M P et on a :

M A = AM =⇒ P ΓP −1 P T P −1 = P T P −1 P ΓP −1 =⇒ ΓT = T Γ.
P −1 P =I3
 
a 0 2a − 2e
Donc, d’après la question 2., M = P ΓP −1 , avec Γ de la forme  0 e f .
0 0 e
Remarque : On obtient ainsi que M u1 = au1 et M u2 = eu2 , et on en déduit que tout vecteur
propre de A, qu’il soit dans E0 (A) = Vect(u1 ) ou dans E1 (A) = Vect(u2 ), est aussi vecteur
propre de M (on peut aussi écrire cela à la question 3. et gagner du temps).
 
a 0 2a − 2e
Synthèse : Si M = P ΓP −1 , avec Γ =  0 e f  alors on a :
0 0 e
 2
a =0 
 a=0

 2
 2
2a − 2e = −2
M 2 = A ⇐⇒ P Γ2 P −1 = P T P −1 ⇐⇒ Γ2 = T ⇐⇒ ⇐⇒ e = ±1
e2 = 1
f = 1/e

 
2ef = 2

   
0 0 −2 0 0 2
On trouve deux solutions : M = P ΓP −1 , avec Γ =  0 1 1  ou Γ =  0 −1 −1  .
0 0 1 0 0 −1

Il reste à calculer P −1 par Gauss-Jordan, puis M = P ΓP −1 dans chaque cas (à faire).

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Exercice 12 : diagonalisation et puissances d’une matrice 4 × 4 - d’après oral II 2024 [énoncé]


En développant par rapport à la première colonne, on a :

X 0 0 1
0 X −1 0
χA (X) = = X × X(X 2 + 1) − (−1) × 1(X 2 + 1) = (X 2 + 1)2 = (X − i)2 (X + i)2 .
0 1 X 0
−1 0 0 X

χA n’est pas scindé dans R donc A n’est pas digonalisable dans R.


χA est scindé dans C, Sp(A) = {±i} et mi = m−i = 2 (multiplicités).
          
x x 
 −t = ix x 1 0
 y   y z = iy y 0  +y  1  .
       
A  ⇐⇒ ⇐⇒ 
 z  = i z
   = x
 
 −y = iz  z   0   i 
t t x = it t −i 0

| {z } | {z }
=u1 =u2
          
x x 
 −t = −ix x 1 0
 y  y  z = −iy  y
 = x  0  +y  1
      
 z  = −i 
A    ⇐⇒ ⇐⇒  .
z   −y = −iz

 z   0   −i 
t t x = −it t i 0

| {z } | {z }
=u3 =u4

Ei (A) = Vect(u1 , u2 ), avec u1 et u2 non colinéaires donc dim(Ei (A)) = 2 = mi .


E−i (A) = Vect(u3 , u4 ), avec u3 et u4 non colinéaires donc dim(E−i (A)) = 2 = m−i .

Donc A est diagonalisable dans C .


   
i 0 0 0 1 0 1 0
0 i 0 0  0 1 0 1
Plus précisément, A = P DP −1 , avec D = 
   
 0 0 −i 0  et P =  0 i 0 −i
 .

0 0 0 −i −i 0 i 0

A0 = I4 , A1 = A, A2 = −I4 , A3 = −A ...
Si A2p = (−1)p I4 alors A2(p+1) = (−1)p A2 = (−1)p+1 I4 .
Si A2p+1 = (−1)p A alors A2(p+1)+1 = (−1)p A3 = (−1)p+1 A.

(−1)p I4 si
(
n
n = 2p
Donc, par récurrence, pour tout n ∈ N, A = .
(−1)p A si n = 2p + 1

A(−A) = (−A)A = −A2 = I4 donc A est inversible, d’inverse A−1 = −A. Donc pour tout p ∈ N,
A−2p = (A−1 )2p = (−A)2p = A2p = (−1)p I4 et A−(2p+1) = (−A)2p+1 = −A2p+1 = (−1)p+1 A.

(−1)p I4 si
(
n = 2p
Donc pour tout n ∈ N, A−n = .
p+1
(−1) A si n = 2p + 1

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Exercice 16 : matrice 5 × 5 circulante - d’après oral II 2021 [énoncé]

1. On calcule K × C(a0 , a1 , a2 , a3 , a4 ) =
     
0 1 0 0 0 a0 a1 a2 a3 a4 a4 a0 a1 a2 a3
 0 0 1 0 0   a4 a0 a1 a2 a3   a3 a4 a0 a1 a2 
     
 0 0 0 1 0  ·  a3 a4 a0 a1 a2 = a2 a3 a4 a0 a1 .
     
 0 0 0 0 1   a2 a3 a4 a0 a1   a1 a2 a3 a4 a0 
1 0 0 0 0 a1 a2 a3 a4 a0 a0 a1 a2 a3 a4

Donc on a bien C(a4 , a0 , a1 , a2 , a3 ) = K × C(a0 , a1 , a2 , a3 , a4 ) .


Remarque : K est une matrice de permutation. Multiplier à gauche par K permute les lignes
L1 ↔ L2 puis L2 ↔ L3 , puis L3 ↔ L4 puis L4 ↔ L5 , de manière à placer la première ligne en
dernier en faisant remonter les autres. De même, on a :
   
0 0 1 0 0 0 0 0 1 0
 0 0 0 1 0   0 0 0 0 1 
2 3 2
   
K = KK =  0 0 0 0 1  , K = KK = 
 
 1 0 0 0 0 ,

 1 0 0 0 0   0 1 0 0 0 
0 1 0 0 0 0 0 1 0 0
   
0 0 0 0 1 1 0 0 0 0
 1 0 0 0 0   0 1 0 0 0 
4 3 5 4
   
K = KK =  0 1 0 0 0  , K = KK = 
 
 0 0 1 0 0  = I5 . Donc

 0 0 1 0 0   0 0 0 1 0 
0 0 0 1 0 0 0 0 0 1
   
0 0 0 0 a4 0 0 0 a3 0
 a4 0 0 0 0   0 0 0 0 a3 
4 3 2
   
a4 K + a3 K + a2 K + a1 K + a0 I5 =   0 a4 0 0 0  +  a3 0 0 0 0 
  
 0 0 a4 0 0   0 a3 0 0 0 
0 0 0 a4 0 0 0 a3 0 0
     
0 0 a2 0 0 0 a1 0 0 0 a0 0 0 0 0
 0 0 0 a2 0   0 0 a1 0 0   0 a0 0 0 0 
     
+ 0 0 0 0 a2
 +  0 0 0 a1 0  +  0 0 a0 0 0  .
    
 a2 0 0 0 0   0 0 0 0 a1   0 0 0 a0 0 
0 a2 0 0 0 a1 0 0 0 0 0 0 0 0 a0
 
a0 a1 a2 a3 a4
 a4 a0 a1 a2 a3 
4 3 2
 
Donc a4 K + a3 K + a2 K + a1 K + a0 I5 = 
 a3 a4 a0 a1 a2  = C(a0 , a1 , a2 , a3 , a4 ) .

 a2 a3 a4 a0 a1 
a1 a2 a3 a4 a0

2. On calcule le polynôme caractéristique de K en développant par rapport à la première colonne :


X −1 0 0 0
0 X −1 0 0
χK (X) = 0 0 X −1 0
0 0 0 X −1
−1 0 0 0 X

X −1 0 0 −1 0 0 0
0 X −1 0 X −1 0 0
= (−1)1+1 X + (−1)5+1 (−1) = X 5 − 1.
0 0 X −1 0 X −1 0
0 0 0 X 0 0 X −1

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Si on pose ω = ei 5 alors on a : Sp(K) = {1, ω, ω 2 , ω 3 , ω 4 } (racines 5-ièmes de l’unité) .

3. Le polynôme caractéristique de K est scindé dans C à racines simples.


Donc K est diagonalisable dans C et ses sous-espaces propres sont de dimension 1 (droites).
   
1 1

 1 


 1 

Si U1 = 
 1  alors KU1 = U1 . Donc E1 (K) = Vect(U1 ), où U1 = 
  1 
 . De plus,
 1   1 
1 1
    
x 
 y = ωx 1
y z = ωy ω
  
  
    2 
U =   ∈ Eω (K) ⇐⇒
  z t = ωz ⇐⇒ U = x  ω 

 . Donc
ω 5 =1  ω3 
t s = ωt
  



s x = ωs ω4

   
1 1
 ω   ω2 
 2   4 
 
 ω ,
Eω (K) = Vect(U2 ), où U2 =  ω  . De même, Eω2 (K) = Vect(U3 ), où U3 =  
 ω3   ω 
ω 4 ω3
   
1 1

 ω3 


 ω4 

Eω3 (K) = Vect(U4 ), où U4 = 
 ω  et Eω4 (K) = Vect(U5 ), où U5 = 
  ω3 .

 ω4   ω2 
ω2 ω

Donc B = (U1 , U2 , U3 , U4 , U5 ) est une base de R5 formée de vecteurs propres de K et, par la
formule de changement de base, on a :
   
1 1 1 1 1 1 0 0 0 0
 1 ω ω2 ω3 ω4   0 ω 0 0 0 
K = P DP −1 , où P = 
 2 4
  
 1 ω ω ω ω3  et D = 
  0 0 ω2 0 0 .

 1 ω3 ω ω4 ω2   0 0 0 ω3 0 
1 ω4 ω3 ω2 ω 0 0 0 0 ω4
Ainsi, on obtient :
C(a0 , a1 , a2 , a3 , a4 ) = a4 K 4 + a3 K 3 + a2 K 2 + a1 K + a0 I5

= a4 P D4 P −1 + a3 P D3 P −1 + a2 P D2 P −1 + a1 P DP −1 + a0 P I5 P −1

= P (a4 D4 + a3 D3 + a2 D2 + a1 D + a0 I5 )P −1 ,
| {z }
=D1

où D1 est diagonale, de coefficients diagonaux λ1 = a4 + a3 + a2 + a1 + a0 ,

λ2 = a4 ω 4 + a3 ω 3 + a2 ω 2 + a1 ω + a0 , λ3 = a4 ω 3 + a3 ω + a2 ω 4 + a1 ω 2 + a0 ,

λ4 = a4 ω 2 + a3 ω 4 + a2 ω + a1 ω 3 + a0 , λ5 = a4 ω + a3 ω 2 + a2 ω 3 + a1 ω 4 + a0 .
Donc C(a0 , a1 , a2 , a3 , a4 ) est diagonalisable, de valeurs propres λ1 , λ2 , λ3 , λ4 , λ5 ,

de sous-espaces propres respectivement associés E1 (K), Eω (K), Eω2 (K), Eω3 (K) et Eω4 (K) .

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Exercice 18 : réduction d’un endomorphisme de Rn [X] [énoncé]

1. Pour tout P ∈ Rn [X], on a : deg(P ) ≤ n, deg(P 0 ) ≤ n − 1, deg(P 00 ) ≤ n − 2,


donc deg((2X − 1)P 0 ) ≤ n, deg((X 2 − X − 2)P 00 ) ≤ n et donc

deg(ϕ(P )) = deg((2X − 1)P 0 + (X 2 − X − 2)P 00 ) ≤ n.

Ainsi, ∀P ∈ Rn [X], ϕ(P ) ∈ Rn [X] .

Pour tous P, Q ∈ Rn [X] et tout λ ∈ R, par linéarité de la dérivation, on a :

ϕ(P + λQ) = (2X − 1)(P + λQ)0 + (X 2 − X − 2)(P + λQ)00

= (2X − 1)(P 0 + λQ0 ) + (X 2 − X − 2)(P 00 + λQ00 )

= (2X − 1)P 0 + (X 2 − X − 2)P 00 + λ[(2X − 1)Q0 + (X 2 − X − 2)Q00 ]

= ϕ(P ) + λϕ(Q).

Donc ϕ est linéaire de Rn [X] dans Rn [X] et donc ϕ ∈ L (Rn [X]) .

2. Soit B = (X k )k∈[[0,n]] , la base canonique de Rn [X].


On a : ϕ(1) = 0, ϕ(X) = 2X − 1 et pour tout k ∈ [[2, n]],

ϕ(X k ) = k(2X −1)X k−1 +k(k −1)(X 2 −X −2)X k−2 = (k 2 +k)X k −k 2 X k−1 −2(k 2 −k)X k−2 .
 
0 −1 −4 0 ··· 0
.. . .. ..
. 2 −4 . .
 

 . . 

 .. .. .. 
 . 0 6 . . 0 
Donc A =  .. .. .. .. ..
 , qui est triangulaire supérieure.
. −2n2 + 2n
 
 . . . . 
.. ..
 
.. ..
. . −n2
 
 . . 
0 0 ··· ··· 0 n2 + n

3. Donc le polynôme caractéristique de ϕ s’écrit :


n
Y
χϕ (X) = χA (X) = X(X − 2)(X − 6) · · · (X − (n2 + n)) = (X − (k 2 + k)).
k=0

Les valeurs propres de ϕ sont les racines de χϕ (X) donc les λk = k 2 + k, k ∈ 0, n .


 

χA (X) étant scindé dans R à racines simples, A est daigonalisable dans Mn+1 (R) .

4. Si λk = k 2 + k, on a bien λ0 < λ1 < · · · < λn .


m
X
Soit P = ai X i ∈ Rn [X] de degré m ≥ 1 (am 6= 0). Par linéarité de ϕ, on a :
i=0

m
X
ai ϕ(X i ), et deg(ϕ(X i )) = i si i ∈ 1, m (d’après la question 2.).
 
ϕ(P ) = a0 ϕ(1) +
|{z}
=0 i=1

Donc le coefficient dominant de ϕ(P ) est celui de am ϕ(X m ), c’est à dire am (m2 + m).

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Si P est un vecteur propre associé à la valeur propre λk alors ϕ(P ) = λk P et, par identification
des coefficients dominants, on a :

am (m2 + m) = am (k 2 + k) ⇐⇒ m2 + m = k 2 + k.
am 6=0

x 7→ x2 + x est bijective continue strictement croissante de R+ dans R+ donc k = m ≥ 1.


Il en découle que si P est un vecteur propre associé à la valeur propre λ0 = 0, il ne peut-être
que de degré 0 (constant non nul). De plus, pour tout k ∈ [[0, n]],

si P est un vecteur propre associé à la valeur propre λk alors deg(P ) = k .

5. Soit k ∈ [[0, n]]. D’après ce qui précède, il existe un vecteur propre Qk de degré k associé à la
valeur propre λk . Notons ak 6= 0 son coefficient dominant et posons Pk = a−1 k Qk .

Le polynôme Pk , étant non nul et colinéaire à Qk , est aussi un vecteur propre associé à λk .
De plus, Pk est unitaire (de coefficient dominant a−1 k ak = 1).

λk étant de multiplicité 1, l’espace propre associé est de dimension 1 et Eλk (ϕ) = Vect(Pk ).
Donc si P est un vecteur propre associé à λk distinct de Pk alors il existe α 6= 1 tel que
P = αPk , qui est de coefficient dominant α 6= 1. Ainsi, Pk est l’unique vecteur propre associé
à λk qui soit unitaire. Donc il existe

une unique famille (Pk )k∈[[0,n]] telle que Pk soit unitaire, de degré k et v.p. de ϕ associé à λk .

6. Pour cette question n = 3. deg(P0 ) = 0 et P0 est unitaire donc P0 = 1 .


deg(P1 ) = 1 et P1 est unitaire donc P1 = X + α, ϕ(P1 ) = ϕ(X) + αϕ(1) = 2X − 1 et
1
ϕ(P1 ) = λ1 P1 ⇐⇒ 2X − 1 = 2(X + α) ⇐⇒ α = − .
2

1
Donc P1 = X − . De même, P2 = X 2 + αX + β et ϕ(P2 ) = λ2 P2 ssi
2
 
2α − 4 = 6α α = −1
6X 2 + (2α − 4)X − α − 4 = 6(X 2 + αX + β) ⇐⇒ ⇐⇒ .
−α − 4 = 6β β = − 21

1
Donc P2 = X 2 − X − . De même, P3 = X 3 + αX 2 + βX + γ et ϕ(P3 ) = λ3 P3 ssi
2

12X 3 + (6α − 9)X 2 + (2β − 4α − 12)X − β − 4α = 12(X 3 + αX 2 + βX + γ)

= − 32
 
 6α − 9 = 12α  α
⇐⇒ 2β − 4α − 12 = 12β ⇐⇒ β = − 35 .
−β − 4α = 12γ γ = 11
 
20

3 3 11
Donc P3 = X 3 − X − X 2 + .
2 5 20
Remarque : pour la recherche des vecteurs propres Pi , on peut utiliser la matrice A.

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Exercice 19 : réduction d’un endomorphisme de Rn [X] - d’après oral II 2021 [énoncé]

1. Si P ∈ E = Rn [X], alors on a : deg(P ) ≤ n, donc deg((X 2 + 1)P ) ≤ n + 2 et donc


deg(ϕ(P )) = deg(((X 2 + 1)P )00 ) ≤ n + 2 − 2 = n.
Donc ∀P ∈ E, ϕ(P ) ∈ E. De plus, si P, Q ∈ E et λ ∈ R, on a :
ϕ(P + λQ) = ((X 2 + 1)(P + λQ))00

= ((X 2 + 1)P + λ(X 2 + 1)Q)00

= ((X 2 + 1)P )00 + λ((X 2 + 1)Q)00 par linéarité de la dérivation

= ϕ(P ) + λϕ(Q).
Donc ϕ est linéaire de E dans E, et donc ϕ ∈ L (E) .

2. ϕ(1) = (X 2 + 1)00 = 2, ϕ(X) = (X 3 + X)00 = 6X et pour k ≥ 2, on a :


ϕ(X k ) = (X k+2 + X k )00 = (k + 2)(k + 1)X k + k(k − 1)X k−2 .
 
2 0 2 0 ··· 0
 .. .. 
 0 6
 0 6 . . 

 .. . . .. .. 
 . . 12 . . 0 
Donc M = MatBC (ϕ) =  .. .. .. ..
.

 . . . . n(n − 1) 
 ..
 
.. ..
. .

 . 0 
0 ··· ··· ··· 0 (n + 2)(n + 1)

n
Y
3. det(ϕ) = (k + 2)(k + 1) 6= 0 donc ϕ est bijective .
k=0
n
Y
χϕ (X) = (X − (k + 2)(k + 1)) est scindé à racines simples dans R. Donc ϕ est diagonalisable .
k=0

4. On pose λi = (i + 2)(i + 1). Ainsi, λ0 < λ1 < . . . < λn sont les valeurs propres de ϕ.
Soit Pi ∈ E non nul tel que ϕ(Pi ) = λi Pi (Pi est un vecteur propre de ϕ associé à λi ).
Notons k le degré de Pi et ak 6= 0 son coefficient dominant. D’après la question 2. et par linéa-
rité de ϕ, le terme de plus haut degré de ϕ(Pi ) est ak λk X k , alors que celui de λi Pi est ak λi X k .
Les valeurs propres étant distinctes, cela n’est possible que si k = i. Donc deg(Pi ) = i .

Exercice 21 : réduction en dimension 3 - d’après Mines-Télécom 2022 [énoncé]


1. Soit u ∈ Im(f ) ∩ Ker(f ). Il existe v ∈ R3 tel que u = f (v) et f (u) = f 2 (v) = 0R3 .
Comme f 3 = −f , on a :
f 3 (v) = f (0R3 ) = 0R3 = −f (v) = −u, donc u = 0R3 .
linéarité

Ainsi, Im(f ) ∩ Ker(f ) = {0R3 }.


R3 est de dimension finie donc, par le théorème du rang, dim(R3 ) = dim(Im(f )) + dim(Ker(f )).

Donc R3 = Im(f ) ⊕ Ker(f ) (d’après la formule de Grassmann).

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Maths en PT* Année 2024 - 2025

2. Soit λ ∈ Sp(f ). Il existe u ∈ R3 non nul tel que f (u) = λu. Donc

f 2 (u) = λf (u) = λ2 u et f 3 (u) = λ2 f (u) = λ3 u.


linéarité linéarité

Comme f 3 (u) + f (u) = 0R3 , on a : λ3 u + λu = (λ3 + λ)u = 0R3 , avec u non nul.

Ainsi, si λ est valeur propre de f alors λ3 + λ = 0 .

λ3 + λ = λ(λ + i)(λ − i) donc l’unique valeur propre réelle possible de f est 0.

Donc, f est digonalisable (dans R) ssi f = 0L (R3 ) .

3. Si u ∈ Im(f ), il existe v ∈ R3 tel que u = f (v), donc (f 2 + idR3 )(u) = f 3 (v) + f (v) = 0R3 et
donc u ∈ Ker(f 2 + idR3 ).
Si u ∈ Ker(f 2 + idR3 ), f 2 (u) + u = 0R3 , donc u = −f 2 (u) = f (−f (u)) ∈ Im(f ).
linéarité

Par double inclusion, on a : Im(f ) = Ker(f 2 + idR3 ) .

Si f 6= 0L (R3 ) , il existe u ∈ Im(f ) non nul et, comme Im(f ) = Ker(f 2 + idR3 ), f 2 (u) = −u.
On note u3 ce vecteur et on pose u2 = f (u3 ). Ainsi, f (u2 ) = f 2 (u3 ) = −u3 et f (u3 ) = u2 .
Si u2 est nul alors f (u2 ) = 0R3 = −u3 : absurde car u3 est non nul ! Donc u2 n’est pas
linéarité
nul.
Si u2 et u3 sont colinéaires alors il existe un réel λ non nul tel que u2 = λu3 = f (u3 ) : absurde
car 0 est la seule valeur propre réelle possible ! Donc (u2 , u3 ) est libre dans Im(f ).
Par le théorème de la base incomplète, on peut compléter cette famille en une base B 0 =
(u1 , u2 , u3 ) de R3 et on a :
 
a 0 0
MatB0 (f ) =  b 0 1  , avec a, b, c ∈ R, donc χf (X) = (X − a)(X 2 + 1).
c −1 0

Donc f admet a pour valeur propre réelle et, d’après 2., a = 0. Donc E0 (f ) = Ker(f ) est non
nul et on peut choisir u1 dans Ker(f ), car R3 = Ker(f ) ⊕ Im(f ). Ainsi, on a : f (u1 ) = 0R3 et
1.

 
0 0 0
MatB0 (f ) =  0 0 1  .
0 −1 0

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