Production d'hydrogène par reformage du toluène
Production d'hydrogène par reformage du toluène
THÈSE
Délivrée par
DOCTEUR EN CHIMIE
Présentée par
Je voudrais tout d’abord remercier mon directeur de thèse, Pr. Edmond ABI AAD qui
a guidé mes réflexions tout le long de ces trois années. Je le remercie particulièrement pour
la confiance qu’il m’a accordée en acceptant de diriger ce travail, pour ses encouragements,
pour tout le temps qu’il a consacré pour venir à bout de ce travail et pour ses qualités
humaines d'écoute et de compréhension.
Je remercie également Dr. Samer AOUAD mon directeur de thèse au Liban, votre
esprit de recherche et vos compétences m’ont éclairé plusieurs voies. Merci pour vos
généreux secours au cours de certains de mes moments difficiles qui ont été d’une très
grande qualité.
Je suis honorée de la présence, dans ce jury des rapporteurs, Monsieur Hervé PRON,
Professeur à l’Université de Reims Champagne-Ardenne (Reims-France) et Madame
Madona LABAKI, Professeur à l’Université Libanaise (Beyrouth-Liban). Je les remercie
vivement pour l’intérêt qu’ils ont accordé à ce travail et pour le temps qu’ils ont consacré à
la lecture du manuscrit. C’est pour moi aussi un honneur d’avoir eu Dr Jane ESTEPHANE
comme président de la commission d’examen de ma thèse
Merci à Dr. Tamara EL ZEIN coordinatrice et responsable du programme de bourse au
Conseil National de la Recherche Scientifique au Liban (CNRS-Liban) pour avoir assisté à la
soutenance de thèse et aussi à l’examinatrice Dr Maya BOUTROS.
Je remercie aussi les deux Universités : en France, Université du Littoral Côte
d’Opale et au Liban, Université de Balamand qui m’ont ouvert les portes pour travailler au
sein de leurs laboratoires. Je voudrais remercier aussi l’Université du Littoral Côte d’Opale
et le Conseil National de la Recherche Scientifique (CNRS) spécialement Dr. Tamara EL
ZEIN et Dr. Charles TABET pour l’intérêt qu’ils ont porté à mon sujet et pour le
financement.
J’ai une pensée particulière pour Docteur Lucette TIDAHY qui m’a aidé dans la mise
en place et le bon fonctionnement du test catalytique, et dans plusieurs manipes, j’ai une
pensée pour Docteur Christophe POUPIN qui a effectué les manipes de DRX.
I.8. Conclusion................................................................................................................. 36
II.2.1. Analyse de la structure hydrotalcite par Diffraction des Rayons X (DRX) ...... 48
II.2.6. Étude des solides par Désorption en Température Programmée DTP-CO2 ...... 73
II.3. Conclusion................................................................................................................. 78
III.4.2. Analyse par Diffraction des Rayons X après test catalytique ...................... 100
III.4.3. Analyses thermiques des catalyseurs après le test catalytique ..................... 102
III.5. Suivi des réactifs et des produits lors du reformage à sec du toluène par
spectrométrie de masse....................................................................................................... 107
III.7.2. Analyse par Diffraction des Rayons X après test catalytique ...................... 114
III.7.3. Analyses thermiques des catalyseurs après test de stabilité ......................... 115
IV.4. Suivi des réactifs et des produits lors du vaporeformage du toluène par
chromatographie en phase gaz et spectrométrie de masse ................................................. 132
IV.5. Caractérisations des solides après le test de vaporeformage du toluène ............. 138
IV.5.2. Analyse par Diffraction des Rayons X après test catalytique ...................... 140
IV.5.3. Étude thermique des catalyseurs après test catalytique ................................ 142
IV.8.2. Analyse par Diffraction des Rayons X après test catalytique ...................... 151
IV.8.3. Analyses thermiques des catalyseurs après test de stabilité ......................... 152
Conclusion générale………………………………………………………………………158
Annexes…………………………………………………………………………………....162
1
Introduction générale
Au cours des dernières décennies, les préoccupations mondiales par les problèmes
environnementaux, en particulier la pollution de l'air, sont devenues de plus en plus
nombreuses. Il existe de nombreuses sources de polluants atmosphériques, y compris des
sources anthropiques telles que les émissions du secteur industriel, secteur résidentiel et
transport, ainsi que des sources naturelles telles que les éruptions volcaniques, les feux de
forêts... Différentes émissions contribuent à la dégradation de l’environnement, parmi elles les
Composés Organiques Volatils (COVs), constituent l'un des groupes de polluants
atmosphériques les plus importants en raison de leurs effets directs sur la santé humaine et de
leur contribution indirecte à la formation d'ozone troposphérique.
D’autre part, la demande en énergie mondiale est croissante et dépend largement des
ressources d’énergie fossile. Pour satisfaire la demande d’une population toujours en
augmentation, la recherche de sources d’énergie alternatives est en rapide évolution. Non
seulement ces sources doivent être renouvelables, mais il faut aussi qu’elles soient « vertes »
vis-à-vis de l’environnement. Dans ce contexte, l’hydrogène est perçu comme un vecteur
énergétique prometteur puisque son utilisation ne produit que de l'eau.
Face aux problèmes décrits ci-dessus, il s’avère nécessaire de rechercher des procédés
par lesquels l’hydrogène est produit en limitant les émissions des polluants atmosphériques.
Le reformage catalytique est une voie intéressante qui permet de convertir sélectivement les
COVs en hydrogène. La production d’hydrogène par reformage catalytique des COVs
favorise l’utilisation de l’hydrogène comme substituant du carburant ou des énergies fossiles
et contribue à la diminution des polluants en même temps. Parmi les COVs présents, le
toluène est choisi comme molécule-modèle parce qu’il comporte un noyau aromatique qui le
rend difficilement destructible, il est présent dans les émissions de plusieurs processus tels
que l'impression, le pressage, et les industries pétrochimiques. De plus, le toluène est l'un des
principaux composants du goudron (24%) formé par la gazéification de la biomasse. D’autre
part, le toluène possède un Potentiel de Création de l'Ozone Photochimique important
(PCOP = 63,7) et une durée de vie élevée il est donc pertinent de diminuer ses émissions dans
l'atmosphère. La technique d’élimination des polluants par reformage catalytique offre de
multiples avantages.
En revanche, l’utilisation d’un catalyseur est connue pour être importante et permet
d’améliorer la production d'hydrogène à partir du procédé de reformage et abaisse
2
Introduction générale
Généralement, les catalyseurs à base de métaux de transition sont moins coûteux que
les métaux précieux et montrent une meilleure résistance à l'empoisonnement.
Les catalyseurs à base de nickel sont largement utilisés pour des réactions de reformage
catalytique et sont bien connus pour leur activité élevée, faible coût et leur abondance.
Toutefois, le dépôt de coke sur la surface du catalyseur provoque la désactivation de ce
dernier. Une autre alternative pour améliorer la stabilité du catalyseur et de minimiser le dépôt
de carbone est l’addition de promoteur tel que le cérium ou le lanthane. L'incorporation du
cérium ou du lanthane crée des interactions avec le nickel inhibant la formation de coke sans
diminuer l’activité catalytique.
3
Introduction générale
Une conclusion générale résumera les principaux résultats obtenus dans le cadre de ce travail
ainsi que les perspectives envisagées.
4
Chapitre I : Étude bibliographique
5
Chapitre I : Étude bibliographique
Dans ce chapitre, les Composés Organiques Volatils (COVs) sont définis, leurs
sources d’émission, leurs impacts et leurs inventaires d’émission en France et au Liban sont
abordés. Par la suite le choix du toluène est discuté. L’intérêt de l'utilisation de l'hydrogène
comme vecteur d'énergie et une étude thermodynamique des processus de reformage
catalytique du toluène sont présentés. Un bilan des catalyseurs trouvés en littérature pour les
processus de reformage est ensuite effectué. Finalement, une description de la structure
hydrotalcite et des processus de désactivation des catalyseurs est également effectuée.
I.
I.1. Les Composés Organiques Volatils (COVs)
Les composés organiques volatils sont des substances organiques contenant au moins
l’élément carbone et un ou plusieurs autres éléments tels que l’hydrogène, l’oxygène, l’azote,
les halogènes (fluor, chlore, brome, iode), le soufre, le phosphore, le silicium, ....
De façon générale, le méthane n’est pas pris en compte dans les études sur les COVs vu qu’il
est largement présent dans la nature et qu’il est pratiquement inerte du point de vue
photochimique. Son influence sur l’environnement est différente que celle des COVs : c’est
un gaz à effet de serre. On parle alors parfois de Composés Organiques Volatils Non
Méthaniques (COVNM). Plus de 400 COVs sont identifiables dans l’air. Parmi les principaux
COVs étudiés, on retrouve le benzène, le toluène, les isomères du xylène (m-xylène, o-xylène,
p-xylène), l’éthylbenzène, le formaldéhyde, … [1].
Nombreuses et variées sont les sources des COVs. Il existe des sources primaires et
secondaires. Les sources primaires sont les processus qui émettent directement des composés
dans l’atmosphère et peuvent être de deux types :
Les sources anthropiques qui regroupent les émissions liées aux activités humaines et
se subdivisent en trois catégories : secteur industriel, secteur résidentiel et transport.
Les sources biogéniques qui regroupent les émissions naturelles.
Les sources secondaires aboutissent à la formation d’un COV dans l’atmosphère suite à des
réactions affectant les composés émis par les sources primaires [2].
6
Chapitre I : Étude bibliographique
Deux types d’effet sur la santé humaine et sur l’environnement sont à considérer pour
les COVs, soit un effet direct soit un effet indirect du fait de la production d’ozone [3].
Les COVs ont un impact direct sur la santé, variant selon la nature chimique du
composé, sa concentration, la durée d’exposition ou encore la sensibilité du sujet. Ils peuvent
notamment être responsables des problèmes respiratoires, oculaires, cutanés, sensoriels,
neuropsychologiques, digestifs, cardiaques... Quelques COVs tels que les dérivés aromatiques
peuvent avoir en outre une action cancérigène ou mutagène sur l’homme [4].
En plus de leur toxicité sur la santé, les COVs participent à des réactions chimiques
dans l’atmosphère. Parmi celles-ci, il faut noter le dérèglement du cycle de Chapman qui
induit une augmentation de la concentration de l’ozone dans la troposphère.
L’ozone est naturellement présent dans l’air et se forme par combinaison du dioxygène et
d’un atome d’oxygène provenant de la dissociation du dioxyde d’azote (NO2) sous l’effet
d’un rayonnement (hν) de longueur d’onde inférieure à 400 nm. Le cycle est bouclé par la
réaction du monoxyde d’azote (NO) sur l’ozone précédemment produit comme cela est décrit
dans la figure 1. Le cycle naturel de l’ozone et des oxydes d’azote ne conduit pas à
l’augmentation de la teneur en ozone. Il y a formation et destruction d’ozone.
La présence des COVs perturbe ce cycle et conduit à l’accumulation d’ozone. Les COVs
contribuent à la pollution photochimique. Ce phénomène de pollution se produit dans la
7
Chapitre I : Étude bibliographique
troposphère. En effet, les COVs oxydés par réaction avec le radical OH peuvent réagir avec
NO pour former le NO2 à la place de l’ozone (Figure 2). Celui-ci n’est plus détruit et tend à
s’accumuler. L’ozone est considéré comme un polluant secondaire, car il se forme dans
l’atmosphère à partir de précurseurs chimiques.
L’ozone est connu pour ses effets indésirables sur la santé humaine et surtout sur les
voies respiratoires. Pour les végétaux, une diminution de la croissance plus ou moins forte
suivant les espèces est observée. De même, des effets importants sont visibles sur les
matériaux comme les surfaces peintes, les plastiques, les caoutchoucs qui ont tendance à
vieillir plus rapidement [3].
Un inventaire d’émission est une estimation de la quantité d’un polluant émis par un
émetteur donné pour une zone géographique et une période de temps donné. Pour élaborer un
inventaire d’émission, il faut identifier les sources émettrices, déterminer l’activité de chaque
source et son facteur unitaire d’émission.
Le rapport présenté selon le format "SECTEN" défini par le CITEPA vise les
émissions dans l'air pour la France métropolitaine selon les principaux secteurs: industriel,
résidentiel/tertiaire, agriculture… La principale source des COVs en France est l’utilisation
des solvants (peintures, colles…). Le secteur résidentiel/tertiaire est en tête des secteurs
émetteurs dû à la combustion du bois dans les petits équipements domestiques.
Les émissions de COVNM biotiques de l’agriculture et des forêts sont présentées hors
total national, conformément aux règles de comptabilisation de la commission économique
8
Chapitre I : Étude bibliographique
pour l'Europe des Nations Unies. Ces émissions ʺhors bilanʺ contribuent aussi aux réactions
photochimiques dans l'atmosphère conduisant à la formation d'ozone troposphérique.
Figure 3 : Évolution des émissions de COVNM sur la période 1988-2014 et leur répartition
par secteur d’activité pour les années 1990, 2000, 2010 et 2013 en France métropolitaine.
Depuis 1988 et jusqu’à 2013 une baisse des émissions nationales des COVs est mise en
évidence comme le montre la figure 3 ci-dessus, ces émissions sont passées de 2523 kt à
758 kt, ceci peut être expliqué au niveau de chacun des secteurs d’activité :
9
Chapitre I : Étude bibliographique
• Le transport routier a baissé de 1024 kt à 106 kt, cette baisse est liée à : l’équipement
de véhicule à essence en pots catalytiques (depuis 1993), l’utilisation de filtre à
charbon actif dans les réservoirs pour la gestion des évaporations et à l’augmentation
d’utilisation de véhicules diesel moins émetteurs de COVNM.
• Le secteur résidentiel/tertiaire est passé de 644 kt à 302 kt. Ceci dû à la substitution
des produits contenant des solvants par des produits à plus faible teneur ou sans
solvant.
• Au niveau de l’industrie manufacturière d’importants progrès ont été réalisés pour
réduire les émissions à la source, d’où une diminution de 574 à 248 kt.
10
Chapitre I : Étude bibliographique
11
Chapitre I : Étude bibliographique
vaporisation des essences (station d’essence, transport et stockage des carburants…), soit dans
les gaz d’échappement des véhicules à essences (imbrûlés, volatilisation…). Les autres
émissions proviennent des vapeurs de toluène utilisé comme solvant, des rejets de production
et des rejets d’incinération [7]. En effet, le toluène possède plusieurs usages industriels
(peinture, caoutchouc, imprimerie, cosmétique, adhésifs et résine, réactif pour synthèse
d'autres produits chimiques, constituant de carburants). De plus le toluène est présent dans de
nombreux produits ménagers (à des taux moyens de 12%).
Le toluène est très toxique, il provoque à long terme des troubles du système nerveux
central (cerveau, cervelet…), troubles de la mémoire, troubles de la concentration, troubles de
la personnalité, des insomnies, une diminution des performances intellectuelles, une atteinte
de l’appareil auditif en synergie avec le bruit et il est un irritant oculaire et respiratoire. De
plus, étant un foetotoxique avéré, il est désormais classé comme reprotoxique catégorie 3 [8].
En raison de ses effets nocifs et de ses nombreuses sources d’émissions, le toluène a
attiré l’attention des chercheurs.
Le toluène est sélectionné comme molécule-modèle des hydrocarbures aromatiques.
Cette molécule est choisie parce qu’elle comporte un noyau aromatique qui la rend
difficilement destructible et elle est présente dans la plupart des rejets industriels.
De plus, d’après la figure 4 c’est bien remarquable que le toluène est l'un des principaux
composants du goudron (mélange complexe d’aromatiques) formé par la gazéification de la
biomasse, ce qui explique son choix [9].
Une concentration en toluène de 2100 ppm est choisie pour effectuer les essais catalytiques
dans des conditions semblables à la concentration de goudron provenant d’un gazéificateur de
biomasse à lit fluidisé qui est environ entre 2 et 10 [Link]-3 [10].
12
Chapitre I : Étude bibliographique
I.3. L’hydrogène
L'hydrogène est l'élément le plus abondant de l'univers et le plus simple. Il est formé
d’un proton et d’un électron. C’est un élément incolore, inodore et sans saveur [12]. Malgré sa
simplicité et son abondance, l'hydrogène ne se produit pas naturellement sous forme de gaz
sur la Terre, il est toujours combiné avec d'autres éléments. L'eau, par exemple, est une
combinaison d’hydrogène et d'oxygène. L'hydrogène est également présent dans de nombreux
composés organiques, notamment les «hydrocarbures» qui constituent la plupart de nos
carburants tels que l’essence, le gaz naturel, le méthanol, le propane… Pour utiliser
l'hydrogène, il doit être séparé des autres éléments.
Le dihydrogène peut être obtenu en le séparant à partir des hydrocarbures par
application de chaleur, le procédé est nommé "reformage". Actuellement, la plupart du
13
Chapitre I : Étude bibliographique
dihydrogène est produit de cette façon à partir du gaz naturel. Lorsque le dihydrogène est
utilisé comme source d'énergie, il ne produit que l'eau, qui est recyclée pour produire plus
d'hydrogène.
Une fois extrait cet élément devient une utile « matière première » ou « énergie » à une
variété d'activités.
Aujourd'hui, le dihydrogène est utilisé principalement dans la fabrication de
l'ammoniac, le raffinage du pétrole et la synthèse du méthanol. Il est également utilisé dans le
programme spatial de la NASA comme carburant pour les navettes spatiales et dans les piles à
combustible qui fournissent de la chaleur, de l'électricité et de l'eau potable aux astronautes.
Les piles à combustible sont des dispositifs qui convertissent directement le dihydrogène en
électricité. Cette technique est prometteuse pour être utilisée comme sources de chaleur et
d'électricité pour les bâtiments et comme source d'énergie électrique pour les véhicules
électriques.
Dans l'avenir, l'hydrogène pourrait aussi se joindre à l'électricité en tant que vecteur
d'énergie important. Un transporteur d'énergie qui stocke, déplace et fournit de l'énergie sous
une forme utilisable aux consommateurs. Les sources d'énergies renouvelables, comme le
soleil, ne peuvent pas produire de l'énergie tout le temps. Le soleil ne brille pas toujours. Mais
l'hydrogène peut stocker cette énergie jusqu'à ce qu'elle soit nécessaire et peut-être
transportée. Certains experts pensent que l'hydrogène formera l'infrastructure énergétique de
base qui alimentera les futures sociétés, remplaçant les infrastructures actuelles du gaz
naturel, du pétrole, du charbon et de l'électricité. Ils voient une nouvelle économie de
l'hydrogène pour remplacer nos économies d'énergie actuelles, bien que cette vision ne soit
probablement pas réalisée jusqu'à de loin dans l'avenir [13].
L’utilisation de l'hydrogène comme vecteur énergétique est une solution permanente à
l'épuisement des combustibles conventionnels et aux problèmes environnementaux mondiaux.
De plus, elle permet de réduire la dépendance à l'égard du pétrole.
Il existe trois techniques principales utilisées pour produire de l'hydrogène à partir des
hydrocarbures : le vaporeformage, l’oxydation partielle et le reformage autothermique.
Le procédé de reformage produit un flux gazeux composé principalement d’hydrogène, de
monoxyde de carbone et du dioxyde de carbone [14].
14
Chapitre I : Étude bibliographique
I.3.2.1. Le vaporeformage
La réaction est exothermique, se déroule en général sans la présence d’un catalyseur, possède
un minimum d’émission de méthane et est plus résistante au soufre que les autres procédés.
L’oxydation partielle doit être opérée en défaut d’oxygène par rapport à la stœchiométrie de la
réaction pour ne pas induire une combustion complète.
15
Chapitre I : Étude bibliographique
autotherme est généralement réalisée en présence d’un catalyseur. Ce dernier contrôle les
mécanismes réactionnels et joue donc un rôle dans l’équilibre entre les réactions d’oxydation
partielle et de vaporeformage.
16
Chapitre I : Étude bibliographique
800
Vaporeformage du toluène (S/C=1)
Vaporeformage du toluène (S/C=2)
600
Reformage à sec du toluène (S/C=1)
Reformage à sec du toluène(S/C=2)
400
G ([Link] )
200
-1
500C
520C
0
360C
440C
-200
-400
-600
-800
0 200 400 600 800 1000
Température (°C)
17
Chapitre I : Étude bibliographique
❖ Hydrocraquage
C7H8 + 10 H2 7 CH4 ΔH(800°C) = -731 [Link]-1 (10)
❖ Reformage à sec du méthane
CH4 + CO2 2 CO + 2 H2 ΔH(800°C) = 260 [Link]-1 (11)
❖ Reformage à sec du benzène
C6H6 + 6 CO2 12 CO + 3 H2 ΔH(800°C) = 954 [Link]-1 (12)
❖ Vapodésalkylation
C7H8 + H2O C6H6 + CO + 2 H2 ΔH(800°C) = 123 [Link]-1 (13)
❖ Décomposition du toluène
C7H8 7 C + 4 H2 ΔH(800°C) = -73 [Link]-1 (14)
❖ Réaction de gaz à l’eau
CO + H2O CO2 + H2 ΔH(800°C) = -34 [Link]-1 (15)
❖ Réaction inverse de gaz à l’eau
CO2 + H2 CO + H2O ΔH(800°C) = 34 [Link]-1 (16)
❖ Décomposition du méthane
CH4 C + 2 H2 ΔH(800°C) = 91 [Link]-1 (17)
❖ Boudouard CO
CO + H2 H2O + C ΔH(800°C) = -136 [Link]-1 (18)
❖ Boudouard CO2
CO2 + 2 H2 2 H2O + C ΔH(800°C) = -103 [Link]-1 (19)
❖ Dismutation du CO
2 CO CO2 + C ΔH(800°C) = -170 [Link]-1 (20)
Pour mesurer la tendance thermodynamique pour que ces réactions se produisent, la variation
des énergies libres de Gibbs est tracée en fonction de la température pour les différentes
réactions comme le montre la figure 6.
18
Chapitre I : Étude bibliographique
800
Vaporeformage du benzène (S/C=1)
Vaporeformage du benzène (S/C=2)
600
Vaporeformage de l'éthylène
Vaporeformage du méthane
400
200
G ([Link] )
-1
440C 620C
0
340C
-200
-400
-600
-800
0 200 400 600 800 1000
Température (°C)
500
Hydrodésalkylation
400 Hydrocraquage
Vapodésalkylation
300 Reformage à sec du méthane
Décomposition du toluène
200 Reformage à sec du benzène
450C
G ([Link] )
100
640C
-1
500C
-100
-200
-300
-400
-500
0 200 400 600 800 1000
Température (°C)
150
Réaction de gaz à l'eau
Dismutation du CO
100 Boudouard CO
Boudouard CO2
Réaction inverse de gaz à l'eau
50 Décomposition du méthane
550C 640C 680C
G ([Link] )
820C
-1
0
700C
-50
-100
-150
0 200 400 600 800 1000
Température (°C)
19
Chapitre I : Étude bibliographique
La réaction de gaz à l’eau (15) est favorisée jusqu'à 820C, puis la réaction inverse
(16) devient favorable. Cependant, l’amplitude de G pour la réaction de gaz à l’eau est
relativement faible, ce qui signifie que la présence à la fois de l'un ou l'autre des produits ou
des réactifs pourrait conduire la réaction dans les deux sens.
Les réactions de Boudouard (18 et 19) sont favorisées à des températures allant jusqu'à 680°C
et 640°C respectivement. La décomposition de CH4 (17) ne devient favorable qu'à des
températures au-delà de 550°C. La réaction de dismutation du CO (20) est favorable jusqu’à
700C, donc dans la plage de températures allant de 550°C à 640°C, cette région peut être
considérée comme la région où un dépôt de carbone est prévu important.
Les réactions de vaporeformage du benzène (5 et 6) avec S/C=1 et 2 sont favorisées à partir
de 440C et 340C respectivement. La réaction de vaporeformage de l’éthylène (7) devient
favorable à 340C. Le vaporeformage du méthane (8) devient favorable à 620C alors que le
reformage à sec (11) à 640C. La réaction de reformage à sec du benzène (12) devient
favorable à partir de 500C et la vapodésalkylation (13) à partir de 450C.
Les réactions d’hydrodésalkylation (9), d’hydrocraquage (10) et la décomposition du toluène
(14) sont toujours favorables dans toute la gamme de températures étudiée de 0 à 800C.
D’après ce qui précède, les réactions de reformage sont réalisées à des températures
comprises entre 300 et 800C pour étudier la conversion du toluène lors des deux processus,
la sélectivité des produits ainsi que l’influence des réactions sur la formation de carbone en
présence de catalyseurs. L’utilisation d’un catalyseur approprié contrôlera les mécanismes
réactionnels, jouera un rôle dans l’équilibre entre les réactions et permettra d’orienter les
réactions vers les produits désirés.
Le vaporeformage du toluène est largement étudié sur des catalyseurs à base d’olivine
[21-24].
Swierczynski et al. [21-22] ont montré que les catalyseurs à base d’olivine sont actifs pour le
vaporeformage du toluène. De plus ils ont mis en évidence que l’addition du nickel sur
l’olivine présente une meilleure activité, sélectivités en H2 et CO plus grandes, et un dépôt de
carbone minimisé. La conversion du toluène obtenu avec Ni/olivine à 560C est identique à
20
Chapitre I : Étude bibliographique
21
Chapitre I : Étude bibliographique
D’autre part, les auteurs ont étudié l’effet de la température de calcination sur
Ni/La0,7Sr0,3AlO3− (à 800C, 900C, 1000C et 1100C). Les particules de nickel augmentent
de tailles et elles sont moins dispersées quand la température de calcination augmente. Du
coup, l'activité catalytique a diminué de 72,9% (calciné à 800C) à 15,5% (calciné à 1100C)
puisque l'interface entre Ni et le support perovskite joue un rôle important au niveau de
l’activité catalytique [26].
L’addition du Pt sur Ni/La0,7Sr0,3AlO3− a montré une activité catalytique élevée et une faible
formation de carbone pour la production d'hydrogène par vaporeformage du toluène, même
sans pré-réduction [27].
Oemar et al. [28] ont mis en évidence l’effet de la substitution de Ni par Fe dans LaNiO3. Le
catalyseur LaNi0,8Fe0,2O3 montre la meilleure performance en terme d'activité catalytique et
une stabilité pour 8 heures de réaction en raison de la présence de plus petites particules
bimétalliques Ni-Fe riche en nickel, une forte interaction support-métal et un faible dépôt de
carbone. La synergie entre les atomes Ni et Fe des petites particules bimétalliques Ni-Fe est
cruciale pour une grande activité du catalyseur LaNi0,8Fe0,2O3. En outre, la forte interaction
entre le métal et le support pour le catalyseur LaNi0,8Fe0,2O3 peut empêcher le frittage des
métaux et atteindre ainsi une forte stabilité catalytique.
Suite à ces travaux, ils ont étudié l’effet de la substitution du lanthane dans LaNi0,8Fe0,2O3 par
des métaux alcalinaux terreux (Mg, Ca, Sr). Ils ont pu déterminer que la substitution par le
strontium aboutit à la meilleure combinaison en revanche son activité reste inférieure à celle
du catalyseur initial malgré le fait qu’il montre un dépôt de carbone plus faible [29].
22
Chapitre I : Étude bibliographique
23
Chapitre I : Étude bibliographique
observées pour le catalyseur Ni-Mn/dolomite. Les espèces d'oxyde de manganèse avec un état
d'oxydation supérieur jouent un rôle important pour promouvoir la réaction de
reformage [35].
Le tableau I présente un récapitulatif des catalyseurs et des conditions de tests utilisés en
bibliographie pour le vaporeformage du toluène.
24
Chapitre I : Étude bibliographique
plus, ils ont étudié l’influence de la température de réduction et ils ont trouvé qu’une quantité
de nickel suffisante en surface est le facteur fondamental pour obtenir une meilleure activité
de sorte que la conversion du toluène a été améliorée à des températures de réduction élevées.
Cependant, le frittage des particules de nickel se produit simultanément rendant Ni/MgO non
stable. La température de réduction de 700C était optimale pour atteindre une activité
efficace et stable [37].
Comme suite aux travaux, ils ont montré que pour le catalyseur Ni/MgO la température de
calcination (550, 600, 700 et 800C pendant 6 heures sous air) joue un rôle important dans la
détermination de l'activité catalytique. Par conséquent, le catalyseur calciné à 600°C avait la
plus forte activité. Ce catalyseur avait également la plus forte concentration de Ni réduit en
surface qui probablement justifie sa haute activité. Au cours des essais de reformage, une
faible quantité de coke a été déposée sur le catalyseur Ni/MgO [38].
Bao et al. [39] ont évalué les performances catalytiques du catalyseur Co/MgO en
reformage à sec du toluène avec différentes teneurs en cobalt. La conversion du toluène sur
des catalyseurs Co/MgO réduits à 700°C augmente avec l’augmentation de la teneur en cobalt
montrant que le Co métallique formé à partir de la réduction d'oxydes de cobalt et de
MgCo2O4 est responsable de l'activité catalytique du reformage à sec du toluène. La
désactivation du catalyseur Co/MgO était principalement due à l’oxydation d’une partie de
l'oxyde métallique Co par le CO2 et qui ne pouvait pas être réduit à nouveau par le H2 et/ou
CO à la température de la réaction (570°C).
Le reformage par le dioxyde de carbone du toluène sur les catalyseurs Ni/palygorskite
a été étudié par Chen et al. [40]. La palygorskite est un minéral argileux à base de silicate qui
a une structure et des propriétés physico-chimiques particulières. Elle possède une
morphologie fibreuse avec un diamètre de 30 à 40 nm et plusieurs micromètres en longueur.
De plus, la palygorskite (PG) possède une grande surface, elle est mésoporeuse. C’est un
excellent matériau minéral naturel nanométrique qui peut être utilisé comme support.
Le catalyseur Ni/palygorskite joue un rôle important dans le reformage par le CO2 du toluène
ce qui augmente le rendement en H2. De plus la teneur en Ni (0, 2, 5 et 8% du nickel sur PG)
affecte le rendement en H2 et l'ordre d’activité catalytique est le suivant : PG < Ni2/PG <
Ni5/PG ~ Ni8/PG.
25
Chapitre I : Étude bibliographique
Les systèmes catalytiques, généralement utilisés dans les réactions de reformage sont
soit des catalyseurs à base de métaux de transition ou à base de métaux nobles.
Les catalyseurs à base métaux nobles (par exemple Pt, Pd, Rh, Ru) sont connus pour
présenter d'excellentes performances catalytiques pour les réactions de reformage [41]. En
outre, ils sont moins sensibles au coke vu la faible solubilité du carbone dans les métaux
nobles [42]. En raison de leurs coûts élevés et leurs disponibilités limitées, leurs applications
sont très limitées dans les réactions de reformage. Ceci est la raison pour laquelle l'utilisation
des métaux de transition de plus faibles coûts tels que le nickel est plus intéressante. En fait,
les catalyseurs à base de nickel sont connus pour leur faible coût, grande disponibilité et leur
haute activité dans le procédé de reformage [41]. L’inconvénient majeur est la désactivation
du catalyseur par le dépôt de carbone. Dans des conditions de reformage (par exemple à des
températures élevées), ces catalyseurs ont tendance à former des agrégats de nickel sur
lesquelles le carbone non réactif peut facilement se former menant à une désactivation du
catalyseur due à un blocage des pores et des sites actifs [43].
L'introduction de promoteurs est d'une importance capitale car elle contribue également à
augmenter l'activité catalytique. Les promoteurs sont également capables de modifier les
propriétés acido-basiques et redox d'un catalyseur de façon à réduire la formation de coke
[43]. L'addition de petites quantités des oxydes de terres rares, qui possèdent des propriétés
basiques, peut changer les caractéristiques des catalyseurs après un traitement thermique en
augmentant leur basicité [45]. Selon la littérature les supports à base de terres rares améliorent
le reformage et diminuent la formation de carbone en favorisant la gazéification du carbone
[46]. Des promoteurs, tels que le cérium et le lanthane, sont généralement ajoutés aux
catalyseurs de reformage afin d'améliorer leur stabilité thermique, la résistance au dépôt de
carbone et l’activité catalytique [47].
26
Chapitre I : Étude bibliographique
active et la diminution de la cokéfaction des catalyseurs à base de nickel [49]. Il existe une
interaction entre les particules de nickel métallique et l'oxyde de cérium (CeO2). Cette
interaction fournit une résistance plus élevée à la formation de coke, améliorant ainsi l'activité
en reformage catalytique. Ce phénomène peut être expliqué par la propriété redox de CeO2,
qui a la capacité de circuler facilement entre des états réduits et oxydés (c'est-à-dire Ce3+ et
Ce4+), lui permettant de transporter des espèces d'oxygène dans une large gamme de
températures [34].
27
Chapitre I : Étude bibliographique
éléments choisis pour obtenir des oxydes mixtes présentant des propriétés intéressantes en
catalyse. Les catalyseurs sont donc préparés par voie hydrotalcite.
I.6.1. Définition
M2+ est un cation métallique divalent, M3+ est un cation métallique trivalent. Am- est un anion
intercalé ayant la charge m- (en principe (CO3)2-) et avec 0,20 X 0,33 qui garantit la
synthèse d’une structure hydrotalcite pure [54].
La structure cristalline d'un HDL est souvent décrite par référence à la structure
brucite (Mg(OH)2). Dans la structure brucite, les cations magnésium sont situés au centre
d'octaèdres possédant les anions hydroxyle aux sommets (Figure 7).
Ces octaèdres partagent leurs arêtes pour former des couches planes et neutres, qui sont liées
ensemble par des liaisons d’hydrogène.
28
Chapitre I : Étude bibliographique
Dans ce type de structure, lorsque les cations divalents sont substitués par des cations
trivalents, les couches génèrent une charge positive.
L’électroneutralité du système nécessite la présence d'anions et de molécules d'eau entre les
feuillets, ce qui conduit à un empilement des couches des hydroxydes doubles avec un
domaine intercalaire légèrement ordonné. Dans le cas des HDLs, la cohésion de la structure
résulte d’une part d’un réseau d’hydrogène qui s’établit entre les molécules d’eau, les anions
interlamellaires et les groupements hydroxyles des feuillets, comme c’est le cas de la brucite,
et d’autre part d’interactions électrostatiques entre les feuillets métalliques oxygénés et les
anions. Une représentation schématique de la structure d'une HDL est représentée sur la
figure 8 [55].
De nombreux métaux divalents et trivalents peuvent être combinés pour former les
feuillets des HDLs. Les feuillets les plus couramment synthétisés sont à base de magnésium et
d’aluminium comme dans l’hydrotalcite naturelle. Cependant, d’autres métaux peuvent être
associés :
29
Chapitre I : Étude bibliographique
30
Chapitre I : Étude bibliographique
31
Chapitre I : Étude bibliographique
Figure 9 : Adsorption du CO2 sur les sites basiques des matériaux dérivés des
hydrotalcites.
32
Chapitre I : Étude bibliographique
I.6.5.1. Coprécipitation
La coprécipitation directe est la méthode la plus utilisée pour préparer un HDL. Elle
consiste à précipiter simultanément des cations métalliques divalents et trivalents par ajout
d’une espèce basique à une solution de sels correspondants pris en proportions adéquates. Les
meilleurs résultats sont généralement obtenus en ajoutant simultanément dans un réacteur
contenant initialement de l’eau la solution acide des sels métalliques et la solution basique de
façon à maintenir le pH à une valeur constante. Une addition lente des réactifs est
généralement favorable à une bonne organisation de la phase préparée [62].
33
Chapitre I : Étude bibliographique
I.6.5.3. Reconstruction
La méthode de reconstruction se base sur une propriété très intéressante des HDLs
dénommée « effet mémoire ». Lors du traitement thermique d’une phase hydrotalcite (à une
température n’excédant pas 450°C), l’eau en interfeuillet, l’anion et les groupements
hydroxyles sont évacués de la matrice, qui se transforme alors en oxydes mixtes. L’anion
initialement intercalé en interfeuillet doit être volatil, et se décomposer totalement sans former
de composés mixtes avec les cations de la matrice. Ainsi, les phases carbonatées sont
généralement les plus adaptées, mais les nitrates peuvent être également utilisés, ou encore
des anions organiques. La mise en contact de ces oxydes mixtes avec une solution aqueuse
contenant l’anion à intercaler permet de reconstruire la matrice hydroxyde et la structure
lamellaire [64-65]. Le succès de cette méthode réside dans le choix des conditions opératoires,
à savoir la vitesse et la température de calcination. De ces paramètres dépendent la cristallinité
finale et la pureté du matériau nouvellement formé.
34
Chapitre I : Étude bibliographique
I.7.1. Empoisonnement
I.7.2. Cokéfaction
I.7.3. Frittage
Le frittage est un processus qui correspond à la perte de la surface active suite à une
modification structurale du catalyseur. Il est la conséquence d’une hausse de la mobilité des
atomes ou des particules avec les conditions de températures. Ce phénomène peut être
facilement appréhendé, dans le cas des catalyseurs métalliques, en considérant que le relief du
support n’est pas parfaitement lisse mais est constitué de “vallées” et de “sommets”. Les
positions en “vallée” étant plus stables que celles en “sommet”, les atomes localisés sur les
secondes positions auront tendance à migrer vers les premières [68].
35
Chapitre I : Étude bibliographique
I.8. Conclusion
Les Composés Organiques Volatils (COVs) sont les principaux polluants
atmosphériques, dont les émissions deviennent de plus en plus préoccupantes et réglementées.
Dans le but d’éliminer ces polluants dans l’air, plusieurs technologies de post-traitement ont
été étudiées. Parmi les différentes solutions envisagées, le reformage catalytique des COVs
semble être le plus prometteur vu qu’il produit principalement l’hydrogène. L’hydrogène
produit par ces réactions peut jouer un rôle prépondérant dans l'approvisionnement en énergie
propre et la protection de l’environnement. Il peut être employé comme carburant dans un
moteur à combustion ou pour produire de l’électricité grâce à une pile à combustible. Ces
techniques de reformage feront l’objet de ce travail de thèse. Parmi les COVs, le toluène est
choisi puisqu’il est présent dans de nombreuses émissions industrielles et automobiles. Les
réactions de reformage du toluène sont favorisées à température élevée et accompagnées par
de nombreuses réactions secondaires. Ainsi, des matériaux catalytiques, peu onéreux, actifs
afin de diminuer la consommation d'énergie nécessaire au processus, et favorisant la
sélectivité envers les réactions de reformage sont cherchés. La sélection d'un support efficace
est d'une importance particulière. Le choix est orienté vers les hydrotalcites. La calcination de
ces matériaux à des températures supérieures à 300°C conduit à des oxydes mixtes de métaux
de type spinelle ayant des propriétés intéressantes en catalyse hétérogène. En effet, concernant
la phase active, le nickel présente les meilleures activités pour les réactions de reformage. Les
avantages économiques du nickel continuent à favoriser son utilisation. Étant particulièrement
sensibles aux problèmes de dépôt de carbone, il a été démontré également que l’ajout de
promoteur tel que le cérium ou le lanthane améliore l’activité catalytique de ces solides vis-à-
vis de l’oxydation de carbone, et présente une bonne activité dans le reformage. Ainsi,
l’utilisation de ce catalyseur dans les réactions de reformage du toluène pourrait permettre de
limiter la formation de carbone.
36
Chapitre I : Étude bibliographique
Références :
[3] P. LE CLOIREC, « COV (composés organiques volatils) », Tech. Ing., oct. 2004.
[9] Z. Abu El-Rub, E. A. Bramer et G. Brem, « Review of Catalysts for Tar Elimination
in Biomass Gasification Processes », Ind. Eng. Chem. Res., vol. 43, no 22, p. 6911‑6919, oct.
2004.
37
Chapitre I : Étude bibliographique
38
Chapitre I : Étude bibliographique
39
Chapitre I : Étude bibliographique
[35] D. H. Heo, R. Lee, J. H. Hwang et J. M. Sohn, « The effect of addition of Ca, K and
Mn over Ni-based catalyst on steam reforming of toluene as model tar compound », Catal.
Today, vol. 265, p. 95‑102, mai 2016.
40
Chapitre I : Étude bibliographique
[39] X. Bao, M. Kong, W. Lu, J. Fei et X. Zheng, « Performance of Co/MgO catalyst for
CO2 reforming of toluene as a model compound of tar derived from biomass gasification », J.
Energy Chem., vol. 23, no 6, p. 795‑800, nov. 2014.
[41] M.-S. Fan, A. Z. Abdullah et S. Bhatia, « Hydrogen production from carbon dioxide
reforming of methane over Ni–Co/MgO–ZrO2 catalyst: Process optimization », Int. J. Hydrog.
Energy, vol. 36, no 8, p. 4875‑4886, avr. 2011.
[43] X. Yu, N. Wang, W. Chu et M. Liu, « Carbon dioxide reforming of methane for
syngas production over La-promoted NiMgAl catalysts derived from hydrotalcites », Chem.
Eng. J., vol. 209, p. 623‑632, oct. 2012.
41
Chapitre I : Étude bibliographique
[46] D. L. Trimm, « Catalysts for the control of coking during steam reforming », Catal.
Today, vol. 49, no 1‑3, p. 3‑10, févr. 1999.
[47] L. Znak, K. Stołecki et J. Zieliński, « The effect of cerium, lanthanum and zirconium
on nickel/alumina catalysts for the hydrogenation of carbon oxides », Catal. Today, vol. 101,
no 2, p. 65‑71, mars 2005.
42
Chapitre I : Étude bibliographique
43
Chapitre I : Étude bibliographique
[62] A. D. Roy, « Lamellar Double Hydroxides », Mol. Cryst. Liq. Cryst. Sci. Technol.
Sect. Mol. Cryst. Liq. Cryst., vol. 311, no 1, p. 173‑193, mars 1998.
[67] P. Forzatti et L. Lietti, « Catalyst deactivation », Catal. Today, vol. 52, no 2‑3, p.
165‑181, sept. 1999.
44
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
45
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Dans ce chapitre, la synthèse des catalyseurs par voie hydrotalcite est abordée, une
brève introduction à certaines méthodes de caractérisation et les résultats des caractérisations
physico-chimiques effectuées sur ces catalyseurs avant et après décomposition thermique
sont présentés.
Les échantillons ont été synthétisés en précipitant une solution aqueuse contenant les
quantités appropriées de nitrate de nickel (II) Ni(NO3)2.6H2O (Sigma Aldrich, pureté 97%),
de nitrate de magnésium (II) Mg(NO3)2.6H2O (Sigma Aldrich, pureté 98%), de nitrate
d’aluminium (III) Al(NO3)3.9H2O (Sigma Aldrich, pureté 99,995%), de nitrate de
cérium (III) Ce(NO3)3.6H2O (Acros-Organics, pureté 99,5%) et de nitrate de lanthane (III)
La(NO3)3.6H2O (Acros-Organics, pureté 99,995%), par une solution de soude NaOH
(PANREAC, pureté 98%) et de carbonate de sodium Na2CO3 (ACROS, pureté 99,5%). La
solution de nitrates est ajoutée goutte à goutte à 200 mL d’eau déminéralisée dont le pH est
ajusté, à l'aide de la solution de 2M NaOH/1M Na2CO3, entre 9,5 et 10. Puis le mélange est
placé à l’étuve à 60°C pendant 18 heures afin de cristalliser lentement la phase hydrotalcite
[2]. Le précipité ainsi obtenu est ensuite filtré, lavé plusieurs fois avec de l’eau déminéralisée
chaude (60°C) pour éliminer les ions sodium et les nitrates. Le solide est ensuite séché dans
une étuve à 60°C pendant 48 heures. L’échantillon est broyé dans un mortier en porcelaine
pour finalement obtenir une poudre fine, blanche pour les échantillons ne contenant pas de
nickel et verte pour les autres échantillons.
Trois séries de catalyseurs ont été synthétisées et nommées :
• Ni6Al2 HT • Ni6Al1,8Ce0,2 HT • Ni6Al1,8La0,2 HT
• Ni4Mg2Al2 HT • Ni4Mg2Al1,8Ce0,2 HT • Ni4Mg2Al1,8La0,2 HT
• Ni2Mg4Al2 HT • Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 HT • Ni2Mg4Al1,8La0,2 HT
• Mg6Al2 HT • Mg6Al1,8Ce0,2 HT • Mg6Al1,8La0,2 HT
où les chiffres en indice représentent le rapport molaire nominal des métaux utilisés. La
terminologie HT signifie que les échantillons sont préparés par voie hydrotalcite.
46
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Ces solides ont été ensuite calcinés pendant 4h à 800°C, sous un flux d’air sec avec une
vitesse de montée en température de 1°[Link]-1. Le choix du palier de calcination à 800°C a
été décidé par rapport aux résultats de l’analyse thermique révélant qu’à cette température le
solide de type hydrotalcite est totalement décomposé en oxydes stables. De plus, vu que dans
les tests catalytiques une température de 800°C est atteinte, une stabilisation thermique
préalable du solide utilisé comme catalyseur est nécessaire à cette température-là.
Les solides calcinés à 800°C sont nommés :
• Ni6Al2 • Ni6Al1,8Ce0,2 • Ni6Al1,8La0,2
• Ni4Mg2Al2 • Ni4Mg2Al1,8Ce0,2 • Ni4Mg2Al1,8La0,2
• Ni2Mg4Al2 • Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 • Ni2Mg4Al1,8La0,2
• Mg6Al2 • Mg6Al1,8Ce0,2 • Mg6Al1,8La0,2
En outre, la façon dont l'activité et la sélectivité changent avec les propriétés du catalyseur est
l’un des objectifs majeurs de la recherche en catalyse et elle permet d’établir une relation
entre les propriétés physico-chimiques et l’activité du catalyseur.
Les échantillons sont caractérisés par diverses méthodes physico-chimiques telles que
l'analyse par Diffraction des Rayons X (DRX), l'analyse thermique (ATD/ATG), la
spectroscopie infrarouge (IRTF), l’étude par porosimétrie, la réduction en température
programmée (RTP-H2) et la désorption en température programmée (DTP-CO2). Ces
informations permettent de mieux comprendre les catalyseurs et contribuent à la conception
de nouveaux catalyseurs ou l’amélioration des performances catalytiques.
47
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Figure 12 : Schéma de Diffraction des Rayons X par une famille de plans réticulaires.
L’utilisation la plus importante des données de diffraction est l’identification des phases.
Chaque poudre cristalline donne un motif de diffraction qui est la base de l’analyse
qualitative par DRX.
48
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
49
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
(003) (003)
(b)
(a) * :Hydrotalcite JCPDS n°22-0700 * : Hydrotalcite JCPDS n°22-0700
: CeO2 JCPDS n°34-0394
Intensité (u.a.)
Intensité (u.a.)
Ni4Mg2Al2HT
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2HT
Ni2Mg4Al2HT
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2HT
Mg6Al2HT Mg6Al1,8Ce0,2HT
10 20 30 40 50 60 70 80 10 20 30 40 50 60 70 80
2 (°) 2 (°)
(003)
(c) * : Hydrotalcite JCPDS n°22-0700
: LaCO3OH JCPDS n°49-0981
• : La2(CO3)2(OH)2 JCPDS n°70-1774
(006)
(012)
• • • (015) • •(018) (110) (113)
• • • •
• Ni6Al1,8La0,2HT
• •
Intensité (u.a.)
• • • •• • •
• •
Ni4Mg2Al1,8La0,2HT
• •
• • • •• • ••
• Ni2Mg4Al1,8La0,2HT
•
•
• •
•
•
••
•• •
Mg6Al1,8La0,2HT
10 20 30 40 50 60 70 80
2 (°)
50
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Les solides coprécipités contenant du cérium (Figure 13(b)) montrent des raies
attribuées à l’oxyde de cérium CeO2 (fiche JCPDS n°34-0394) indiquant que le cérium n’est
pas totalement inclus dans la structure hydrotalcite en raison de sa plus grande taille ionique.
Dans les conditions de synthèse, Ce3+ est rapidement oxydé en Ce4+ en raison de l'oxygène
dissous dans l'eau [6]. L'intensité des raies correspondantes à celle de CeO2 diminue avec
l’augmentation de la teneur en nickel, ce qui suggère que la plus grande quantité d'espèces de
cérium est introduite dans l'échantillon avec une plus faible teneur en nickel. Daza et al. ont
synthétisé des hydrotalcites Ni-Mg-Al-Ce et ont obtenu une structure similaire [6-7].
Le diffractogramme des échantillons séchés à base de lanthane (Figure 13(c)) met en
évidence la présence de très faibles raies de diffraction correspondant à un mélange de
LaCO3OH (fiche JCPDS n°49-0981) et de La2(CO3)2(OH)2 (fiche JCPDS n°70-1774). Le fort
caractère anionique du lanthane c'est-à-dire sa faible électronégativité (1,1) favorise la
formation d'espèces de carbonate et d’hydroxyde de lanthane lors de la coprécipitation, de
plus son rayon ionique plus grand que celui de Al3+ a empêché une bonne intercalation de
La3+ dans les feuillets des hydrotalcites [8].
En comparant les trois diffractogrammes, il est évident que les raies de la phase
hydrotalcite de tous les catalyseurs contenant du cérium et du lanthane sont plus larges par
rapport aux mêmes raies de la phase hydrotalcite des catalyseurs NixMg6-xAl2HT. Ces raies
de diffraction plus larges montrent une cristallisation plus faible de la phase hydrotalcite.
Cette plus faible cristallisation peut être attribuée à diverses raisons. Comme mentionné
précédemment, le caractère fortement anionique du lanthane conduit à la formation d'espèces
de carbonate et d’hydroxyde de lanthane lors de l'étape de coprécipitation. La présence de ces
espèces pourrait être une cause de la faible cristallisation [9]. Une autre raison réside dans la
différence entre les rayons et les électronégativités des cations métalliques présents dans le
catalyseur (Tableau II).
Tableau II : Comparaison entre les rayons ioniques et les électronégativités des
différents atomes.
Cation Rayon (nm) Électronégativités des atomes
Al3+ 0,054 1,61
Mg2+ 0,072 1,31
Ni2+ 0,069 1,91
Ce3+ 0,101 1,12
La3+ 0,103 1,10
En raison des rayons ioniques relativement grands de Ce3+ et La3+, il est difficile pour ces
ions de bien s’incorporer dans les couches brucites de l'hydrotalcite. Et cela conduit à une
51
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
déformation des couches en raison de leurs rayons. D’où l’explication de la plus faible
cristallisation des catalyseurs contenant du cérium et du lanthane.
Les paramètres cristallographiques et les tailles de cristallites obtenus pour les échantillons
séchés sont regroupés dans le tableau III. Les formules calculatoires utilisées sont détaillées
en annexe (Annexe 1).
52
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
celui de Ni2+ [10]. Gennequin et al. ont obtenu la même tendance des paramètres de maille
pour des hydrotalcites Co–Mg–Al [11].
De plus, l'addition du cérium et du lanthane à la composition des catalyseurs, entraîne
une augmentation des paramètres « a » et « c ». Les ions Ce3+ et La3+ possèdent des rayons
ioniques relativement plus grands par rapport aux autres ions (tableau II). Ainsi, leurs
additions augmentent la distance entre les ions métalliques, par conséquent le paramètre « a »
augmente. D’autre part, leurs densités de charge sont plus faibles que celle de Al3+, donc leur
insertion conduit également à une diminution de la densité de charge des couches et cela à
son tour conduit à une diminution des forces électrostatiques entre les feuillets et les
interfeuillets expliquant ainsi l'augmentation du paramètre « c ». Pour un même rapport
M2+/M3+=3, cette évolution des paramètres de maille « a » et « c » a déjà été observée par
Macedo Neto et al. pour des hydrotalcites contenant de cérium [12] et par Zhang et al. pour
des hydrotalcites Ni/Mg/Al/La [13].
La taille des cristallites a été calculée à partir de la raie la plus intense en utilisant la formule
de Debye Scherrer (Annexe 1). Les résultats sont présentés dans le tableau III.
Les résultats montrent que la teneur en nickel ou en magnésium a une influence sur la
taille des cristallites. On remarque que quand la quantité de nickel diminue, la taille des
cristallites augmente. L’augmentation de la taille des cristallites est bien observée à cause
d’une plus grande cristallinité comme le montrent les figures 13. Ce fait est probablement dû
à la distorsion Jahn-Teller, dans laquelle la coordination octaédrique du métal nickel est
déformée de telle sorte que les deux liaisons axiales sont soit plus courtes soit plus longues
que les quatre autres liaisons ; cela peut avoir un effet gênant pour le processus de
cristallisation [10]. De même, l’addition du cérium et du lanthane entraîne une diminution de
la cristallinité et du coup, une diminution de la taille des cristallites.
II.2.1.2. Les échantillons calcinés
Il est évident qu’après calcination à 800C la structure hydrotalcite des solides est
totalement détruite. Ceci est démontré par la disparition des différentes raies caractéristiques
de la structure hydrotalcite (Figure 14) [14-16]. Ces nouvelles phases sont attribuées au
mélange d’oxydes formés après calcination.
53
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Intensité (u.a.)
Ni4Mg2Al2
+ Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
+
+ +
+
Ni2Mg4Al2 Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
+ + +
+
Mg6Al1,8Ce0,2
Mg6Al2
+
+ +
20 30 40 50 60 70 80 90 20 30 40 50 2(°) 60 70 80 90
2 (°)
Ni Mg Al La
4 2 1,8 0,2
Ni Mg Al La
2 4 1,8 0,2
Mg6Al1,8La0,2
20 30 40 50
2 (°) 60 70 80 90
54
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Pour les trois séries d’échantillons calcinés les raies deviennent plus intenses et moins
larges quand la teneur en nickel augmente, ce qui implique l'augmentation de la quantité de
solution solide de Ni-Mg-O [4,14,17].
Pour les échantillons Mg6Al2, Mg6Al1,8Ce0,2 et Mg6Al1,8La0,2 les phases MgO de type
périclase et MgAl2O4 sont identifiées alors que pour Ni6Al2, Ni6Al1,8Ce0,2 et Ni6Al1,8La0,2, il
s’agit de NiO et Al2NiO4. Pour les autres solides, les raies sont indiscernables et peuvent être
attribuées aux phases MgO (fiche JCPDS n°45-0946), MgNiO2 (fiche JCPDS n°24-0712),
MgAl2O4 (fiche JCPDS n°75-0713), Al2NiO4 (fiche JCPDS n°65-3102) et NiO (fiche JCPDS
n°44-1159).
Pour les échantillons NixMg6-xAl1,8Ce0,2, on peut noter la présence des raies de diffraction
correspondant à celles de CeO2 (fiche JCPDS n°34-0394) [18]. Comme pour les solides
séchés, l'intensité des raies correspondant à la phase CeO2 diminue avec l’augmentation de la
teneur en nickel, ce qui suggère que la plus grande quantité d'espèces de cérium est introduite
dans l'échantillon avec une plus faible teneur en nickel.
Pour les solides calcinés NixMg6-xAl1,8La0,2, les diffractogrammes présentent des raies de
diffraction correspondantes à La2O3 (fiche JCPDS n°05-0602) [18], LaNiO3 (fiche JCPDS
n°33-0710) et La2NiO4 (fiche JCPDS n°34-0314) [19].
Les paramètres de maille ainsi que la taille des cristallites n’ont pas pu être déterminés
pour les échantillons calcinés puisque à chaque raie correspondent au moins deux phases
rendant leurs attributions difficiles.
55
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
transformation du matériau, fournissant ainsi une information sur les réactions exothermiques
et endothermiques qui se déroulent au niveau de l'échantillon (les transitions de phase, la
déshydratation, la décomposition …).
Les expériences s’effectuent simultanément sur un appareil NETZSCH STA 409 de la
température ambiante jusqu’à 800°C (montée en température de 5°[Link]-1) sous un flux d’air
sec de 75 [Link]-1. Pour chacune des analyses, la prise d’essai a été d’environ 10 mg. Le
logiciel "NETZSCH PROTEUS ANALYSIS" permet de traiter les résultats obtenus.
La figure 15 représente les courbes ATG et ATD obtenues pour les échantillons séchés. En
effet, à 500 °C les hydrotalcites sont totalement décomposées.
56
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
(a) (a)
1
2
3 Ni6Al2HT
Perte de masse (%)
Ni4Mg2Al2HT 1
2
Ni2Mg4Al2HT
3
Ni2Mg4Al2HT
1
2
3 Mg6Al2HT
Mg6Al2HT
(b) (b)
1 Ni6Al1,8Ce0,2HT
2 3
Perte de masse (%)
1
Ni6Al1,8Ce0,2HT 2 Ni4Mg2Al1,8Ce0,2HT
3
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2HT
1
2 Ni2Mg4Al1,8Ce0,2HT
3
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2HT
1
2 Mg6Al1,8Ce0,2HT
Mg6Al1,8Ce0,2HT 3
(c) (c)
1 Ni6Al1,8La0,2HT
2 4
3
Perte de masse (%)
Ni6Al1,8La0,2HT 1 Ni4Mg2Al1,8La0,2HT
2 4
3
Ni4Mg2Al1,8La0,2HT
1 Ni2Mg4Al1,8La0,2 HT
2
4
Ni2Mg4Al1,8La0,2HT 3
1 2 Mg6Al1,8La0,2 HT
4
3
Mg6Al1,8La0,2HT
57
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Les courbes ATD et ATG sont similaires pour tous les échantillons et ne diffèrent que
par les températures auxquelles la perte de masse se produit. Les hydrotalcites subissent
normalement deux processus de décomposition thermique chacun associé à une perte de
masse. Ce comportement est généralement observé dans les profils de décomposition des
hydroxydes doubles lamellaires pour se transformer en oxydes mixtes. La destruction de la
structure hydrotalcite se déroule en deux étapes correspondant à deux pertes de masse:
La première étape correspond à l’élimination de l'eau physisorbée et en interfeuillet.
Elle a lieu au-dessous de 200C et elle est représentée par un pic endothermique en
ATD (pic 1)
La deuxième étape est associée à la déshydroxylation des couches et la décomposition
des anions en intercouche. Elle se déroule entre 200 et 500C et se compose en ATD
d’un pic endothermique asymétrique (pic 3) avec un épaulement (pic 2) [20-21]. Les
pertes de masse de ces deux pics sont chevauchées et ne peuvent pas être clairement
distinguées que pour des rapports Mg/Al inférieurs à 3 [21].
De plus, on remarque la présence d’un quatrième pic endothermique (pic 4) pour les
catalyseurs contenant du lanthane vers 450C. Ce pic correspond à la décomposition des
carbonates de lanthane et il est accompagné d’une très petite perte de masse [22]. La
température et l'intensité du troisième pic diminuent lorsque la substitution de Mg par Ni est
plus avancée. En effet la stabilité thermique des hydrotalcites dépend de la nature des cations
présents dans la couche de type brucite. Elle diminue avec l’augmentation de la teneur en
nickel dans l’échantillon. De ce fait, Mg6Al2 HT, Mg6Al1,8Ce0,2 HT et Mg6Al1,8La0,2 HT sont
les hydrotalcites les plus stables thermiquement alors que Ni6Al2 HT, Ni6Al1,8Ce0,2 HT et
Ni6Al1,8La0,2 HT sont les moins stables. Ce résultat peut être expliqué par la différence
d’affinité entre les cations (Mg2+ ou Ni2+) pour les anions CO32- présents en interfeuillet. Le
cation Mg2+ présente alors une plus grande affinité que Ni2+ pour les ions CO32- [23].
González et al. ont obtenu le même effet du nickel sur des hydrotalcites Ni-Mg-Al [24].
La décomposition thermique des catalyseurs contenant du cérium et du lanthane
s’effectue à une température plus basse que celle des échantillons NixMg6-xAl2HT. Ceci
suggère que l’addition du cérium et du lanthane à la structure hydrotalcite diminue la stabilité
thermique. Cela peut être expliqué par l’incorporation des ions Ce3+ et La3+ dans les feuillets
ce qui peut conduire à une déformation de la structure octaédrique conduisant à des forces
électrostatiques plus faibles entre les feuillets et les interfeuillets. Les hydrotalcites NixMg6-
xAl2HT conduisent à une interaction coulombienne supérieure entre les couches et les
58
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
59
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Les vibrations induites par infrarouge des échantillons ont été enregistrées en utilisant
un spectromètre BRUKER EQUINOX 55, équipé d'un détecteur DTGS (Deuterated
Triglycine Sulfate). La spectrométrie en mode transmission a été utilisée. Le faisceau
infrarouge émis traverse l’échantillon d’où la nécessité d’utiliser un support transparent tel
que le bromure de potassium (KBr). Quelques milligrammes de catalyseurs (2 mg) sont
broyés en présence de KBr (198 mg) dans un mortier. Le mélange est ensuite pastillé sous
pression de 10 tonnes pendant 5 minutes. Les spectres ont été enregistrés dans la gamme
d’infrarouge moyen (400-4000 cm-1) à température ambiante. Pour chaque spectre 64 scans
ont été accumulés avec une résolution nominale de 2 cm-1.
Il est à noter qu’une bande dédoublée localisée vers 2350 cm-1, de largeur et
d’intensité variable, apparaît sur la majorité de nos spectres. Elle est due au dioxyde de
carbone provenant de l’atmosphère de la chambre infrarouge.
60
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Ni4Mg2Al2 HT Ni4Mg2Al1,8Ce0,2 HT
Transmittance (u.a.)
Transmittance (u.a.)
Ni2Mg4Al2 HT Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 HT
Mg6Al2 HT Mg6Al1,8Ce0,2 HT
4000 3400 2800 2200 1600 1000 400 4000 3400 2800 2200 1600 1000 400
Nombre d'onde (cm-1) Nombre d'onde (cm-1)
Ni4Mg2Al1,8La0,2 HT
Transmittance (u.a.)
Ni2Mg4Al1,8La0,2 HT
Mg6Al1,8La0,2 HT
61
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
La bande intense et large à 3500 cm-1 correspond à l’étirement de la liaison O-H des
groupes hydroxyles, présent à la fois dans les molécules d’eau physisorbée et dans les
groupes hydroxydes présents en interfeuillet [21,26-29]. L’épaulement à 3000 cm-1 indique la
présence d’un second type de vibration d’élongation probablement due aux liaisons
d’hydrogène entre les molécules d’eau et les carbonates en interfeuillet [21,28-29]. Le mode
de cisaillement de H2O à 1630 cm-1 met en évidence la présence de molécules d’eau en
interfeuillet [21,26,28]. Les pics à 1500 et 1370 cm-1 sont attribués à l’absorption
correspondant à l'étirement antisymétrique 3 des carbonates en interfeuillet. Bien que ce soit
une seule vibration, elle se divise en deux groupes en raison d'un abaissement de la symétrie
locale des anions carbonate dans l’interfeuillet, en raison de l'interaction électrostatique avec
les couches positivement chargées, ou avec les molécules d'eau comme suggéré par
l'épaulement à 3000 cm-1. L’épaulement à 1050 cm-1 peut être dû au mode d'étirement
symétrique 1 des CO32- [29].
Il est important de noter que les bandes observées à un nombre d’ondes inférieur à 800 cm-1
sont dues à des interactions M-O (M = Mg, Ni, Al, Ce ou La). Cependant, il est difficile de
donner strictement une attribution pour chaque bande vu qu’il y a un chevauchement des
bandes en raison de la présence de plusieurs métaux. Holgado et al. ont obtenu des
observations similaires aux nôtres sur des catalyseurs à base de Ni-Mg-Al préparés par voie
hydrotalcites [29]. De même Daza et al. pour des hydrotalcites Ni/Mg/Al/Ce [7] et Ma et al.
sur des hydrotalcites Mg-Al contenant du lanthane [30].
L’étude par spectroscopie infrarouge a mis en évidence l’existence des liaisons
chimiques des groupements fonctionnels dans la structure hydrotalcite confirmant ainsi les
études DRX et celles de l’analyse thermique menées sur les mêmes séries d’échantillons.
62
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
63
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
(a) 1500
1630 1400 (b) 1630
1500 1400
3500 Ni6Al1,8Ce0,2
3500 Ni6Al2
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
Transmittance (u.a.)
Transmittance (u.a.)
Ni4Mg2Al2
Ni2Mg4Al2 Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
Mg6Al1,8Ce0,2
Mg6Al2
4000 3400 2800 2200 1600 1000 400 4000 3400 2800 2200 1600 1000 400
Nombre d'onde (cm-1) Nombre d'onde (cm-1)
Ni4Mg2Al1,8La0,2
Transmittance (u.a.)
Ni2Mg4Al1,8La0,2
Mg6Al1,8La0,2
64
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
65
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
0.030
3
0.025
0.020
0.005
0.015
Volume (u.a.)
Volume (u.a.)
0.010
0.005
0.000
4 9 14 19 24 29 34
0.000 Diamètre des pores (nm)
4 9 14 19 24 29 34
Ni6Al2 Diamètre des pores (nm)
Ni6Al1,8Ce0,2
Ni4Mg2Al2 Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
Ni2Mg4Al2
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
Mg6Al2 Mg6Al1,8Ce0,2
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
Pression Relative (P/P0) Pression Relative (P/P0)
(c) 0.035
Mg 6Al1,8La 0,2
Ni2Mg 4Al1,8La 0,2
0.030
Ni4Mg 2Al1,8La 0,2
Ni6Al1,8La 0,2
0.025
d V /d D(cm3/(g .n m )
0.020
0.015
0.010
Volume (u.a.)
0.005
0.000
4 9 14 19 24 29 34
Diamètre des pores (nm)
Ni6Al1,8La0,2
Ni4Mg2Al1,8La0,2
Ni2Mg4Al1,8La0,2
Mg6Al1,8La0,2
66
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
67
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
68
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
69
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
424C
525C 668C
435C Ni6Al1,8Ce0,2
Ni6Al2 703C
Intensité (u.a.)
725C
Intensité (u.a.)
Ni4Mg2Al2 753C
758C Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
Ni2Mg4Al2
410C 570C
Mg6Al2 Mg6Al1,8Ce0,2 4
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900
Température (°C) Température (°C)
(c) 686C
536C
437C
Ni6Al1,8La0,2
728C
Intensité (u.a.)
Ni4Mg2Al1,8La0,2
766C
Ni2Mg4Al1,8La0,2
Mg6Al1,8La0,2
70
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Les catalyseurs Mg6Al2 et Mg6Al1,8La0,2 n'ont pas montré de pics de réduction vu que
les oxydes de magnésium, aluminium et lanthane ne peuvent pas être réduits dans cette
gamme de températures [9,39]. La réduction des espèces d’oxyde de cérium est observée
pour Mg6Al1,8Ce0,2 uniquement. Elle se produit en deux étapes la première à 400C et la
deuxième à 570C. Ces pics correspondent à la réduction de CeO2 à la surface et en volume
en Ce2O3 respectivement [40]. La réduction de CeO2 consomme généralement beaucoup
moins d’hydrogène que les espèces de nickel d’où les pics correspondant au cérium peuvent
être masqués par la réduction de NiO pour les catalyseurs NixMg6-xAl1,8Ce0,2 (avec 2 x 6).
Tous les autres catalyseurs présentent un pic large asymétrique résultant de la
réduction des espèces d'oxyde de nickel en Ni métallique dans une gamme de températures
comprise entre 350 et 850C. Les températures de réduction obtenues sont plus élevées que
celles correspondantes à l'oxydation des espèces de NiO dispersées ou en volume. Ceci
marque l'existence d'une phase stable thermiquement sous la forme d’une solution solide
d'oxydes mixtes Mg(Ni,Al)O, et possédant une très forte interaction entre les espèces de
nickel et la matrice de type hydrotalcite Mg-Al [41-43] . Ces résultats en RTP sont en accord
complet avec celles de diffraction des rayons X qui ont décelé l'existence d'oxydes mixtes de
type MgNiO2/MgONiO.
Les profils RTP de Ni6Al2, Ni6Al1,8Ce0,2 et Ni6Al1,8La0,2 sont plus complexes vues
leurs teneurs élevées en nickel impliquant différents environnements pour Ni. Ainsi deux
autres pics vers 500 et 430C sont observés. Le premier peut être attribué à la réduction des
espèces NiO libres ou faiblement liées qui ne se trouvent pas en solution solide et le second
correspond à des cristallites NiO plus volumineux [41,43-44]. Cette température de réduction
est supérieure à celle requise par NiO pur et est une caractéristique typique des catalyseurs
dérivés des hydrotalcites [45].
La réductibilité des catalyseurs est clairement associée à la teneur en nickel. Quand la
teneur en nickel diminue, les maximums des pics sont décalés vers des températures plus
élevées et la réduction des catalyseurs devient plus difficile. Ceci pourrait être attribué à
l’augmentation de l'interaction métal-support (SMSI phénomène : strong metal-support
interaction) et une meilleure dispersion du nickel [4,46-47].
D'autre part, dans le cas des catalyseurs contenant du cérium, un décalage des pics de
réduction correspondant au nickel vers des températures plus faibles par rapport à ceux des
catalyseurs NixMg6-xAl2 est observé. Ceci montre que l’introduction du cérium favorise la
réduction de NiO. Cet effet est dû à la promotion par l'existence des paires redox Ce3+/Ce4+,
71
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
qui permettent le transfert d'électrons et donc favorisent la réduction des espèces d’oxyde de
Ni dans les sites voisins [48-49].
Pour les échantillons NixMg6-xAl1,8La0,2 (Figure 19(c)), l'addition de lanthane conduit à une
augmentation de la température de réduction indiquant une forte interaction entre le nickel et
le support modifié par le lanthane. Yu et al. ont obtenu des résultats similaires révélant
l’influence du lanthane [9].
En plus une relation linéaire peut être établie entre la consommation totale
d'hydrogène en RTP et la teneur en Ni comme le montre le tableau V. La quantité de H2
consommée expérimentalement lors de l’analyse RTP est en bon accord avec la quantité
d’hydrogène calculée théoriquement. Sauf pour Ni4Mg2Al1,8Ce0,2 montrant que certaines
espèces d'hydrogène sont introduites dans le solide ce qui peut être expliqué par un effet
«spill-over» [14].
72
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
À partir des résultats de RTP, la température de réduction pour activer le catalyseur avant les
tests catalytiques a été choisie. De cette façon, les catalyseurs ont été activés à 800C sous
hydrogène.
73
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Dans la technique DTP, des molécules acides et volatiles telles que le CO2, sont
adsorbées sur le catalyseur solide à une température définie. Les molécules adsorbées sont
ensuite désorbées en présence d’hélium en chauffant le catalyseur de façon programmée. La
quantité de gaz désorbée est estimée par un détecteur à conductivité thermique proche de la
sortie du réacteur. Se basant sur la quantité de molécules acides désorbées et la température
de désorption, la basicité totale ainsi que la force des sites basiques peuvent être déterminées.
Dans un profil DTP, un ou plusieurs pics peuvent être observés, le pic à basse température
correspond à la désorption du CO2 des sites basiques faibles et ceux aux températures élevées
correspondent aux sites basiques forts.
Les échantillons calcinés ont été analysés par désorption en température programmée
(DTP-CO2) en utilisant un système AMI-200 de marque ZETON ALTAMIRA. Environ
100 mg d’échantillon ont été placés dans une cellule en quartz en forme de U et ensuite
prétraités à 150C sous hélium (30 [Link]-1). Le catalyseur est maintenu à cette température
pendant 1 heure pour éliminer toutes les espèces adsorbées à la surface y compris l’eau.
L’échantillon est ensuite refroidi à la température ambiante. L’adsorption a été réalisée par un
flux de CO2 (30 [Link]-1) dans l’hélium (4,5% CO2/He) pendant 1 heure. L’échantillon est
ensuite purgé puis chauffé à 900C sous hélium (10C/min). Le CO2 désorbé a été suivi par
un détecteur à conductivité thermique. La formation de différentes espèces découle de la
présence de sites basiques ayant des basicités différentes.
La figure 20 montre les profils DTP-CO2 des oxydes NixMg6-xAl2. Deux pics de
désorption de CO2, l'un entre 50 et 150°C et l'autre au-dessus de 200°C sont observés pour
tous les solides, à l'exception de Ni6Al2, qui présente un seul pic vers 100C.
74
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Ni6Al2
95C
CO2 désorbé =27mol.g-1
98C
Intensité (u.a.)
Ni4Mg2Al2
215C
CO2 désorbé =47mol.g-1
251C
100C
Ni2Mg4Al2
CO2 désorbé =200mol.g-1
Mg6Al2
111C 245C
0,5 CO2 désorbé =123mol.g-1
D’après la littérature [52], le premier pic est attribué à l’interaction du CO2 avec les sites
basiques faibles liés aux OH-. Le second pic correspond aux sites basiques moyens associés
principalement aux paires Mg2+-O2- et Al3+-O2-.
Le Mg6Al2 présente une basicité totale équivalente à 123 mol.g-1 de CO2 désorbé. Cette
dernière augmente suite à l’addition du nickel pour un rapport atomique Ni/Mg=1/2
(200 mol.g-1). Cependant, la basicité diminue rapidement suite à l’ajout d’une plus grande
quantité de nickel (Ni/Mg=2 et absence de Mg) et devient égale à 47 mol.g-1 pour
Ni4Mg2Al2 et 27 mol.g-1 Ni6Al2 [46,53]. Ceci peut être attribué à la diminution de la
quantité de MgO dans les phases des oxydes mixtes vu que sa présence favorise l’adsorption
du CO2 à travers des espèces de carbonates stables.
Les profils de DTP-CO2 des catalyseurs contenant du cérium sont présentés sur la
figure 21. L’ajout du cérium confère au solide une basicité totale plus élevée que celles des
oxydes NixMg6-xAl2. Les oxydes mixtes NixMg6-xAl1,8Ce0,2 présentent des caractéristiques
basiques fortes qui sont favorisées par la présence du cérium à la surface. Un effet synergique
entre le Ce et le Mg dû aux caractéristiques redox du cérium qui facilitent le transport du CO2
vers les sites basiques où des carbonates superficiels sont formés [54].
75
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
243C Ni6Al1,8Ce0,2
92C
CO2 désorbé =256mol.g-1
Intensité (u.a.)
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
100C 235C CO2 désorbé =88mol.g-1
340C
261C Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
104C
CO2 désorbé =692mol.g-1
405C
Mg6Al1,8Ce0,2
0,5 CO2 désorbé =1275mol.g-1
76
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
présente la quantité de CO2 désorbée la plus faible. En se rappelant que ce catalyseur a donné
une consommation en hydrogène plus élevée que la valeur théorique, il est probable que ses
propriétés redox ont contribué à la modification de ses propriétés acido-basiques de surface
de différentes manières. Il se peut que la densité des sites basiques soit diminuée suite à la
création de différents sites acides mais aussi que le transfert du CO2 vers les sites basiques
soit inhibé.
Dans la littérature [50], il a été démontré que la variation de la teneur en cérium n’a pas
d’effet linéaire sur la basicité du solide. Cela suggère qu’une faible teneur en cérium est
suffisante pour établir les interactions avec le magnésium et agir synergiquement afin de
faciliter le transport des réactifs vers les différents sites basiques à la surface.
Tous les profils DTP-CO2 des oxydes NixMg6-xAl1,8La0,2 (Figure 22) peuvent être
divisés en deux pics. Le premier correspond aux sites basiques faibles de Brönsted tels que
les groupes OH en surface et le second aux sites basiques modérés dus aux carbonates
bidentés (paires métal-O2) [30,41]. Se basant sur les valeurs de CO2 désorbées, on remarque
que la basicité diminue en augmentant la teneur en nickel et passe de 70 mol.g-1 pour
Mg6Al1,8La0,2 à 38 mol.g-1 pour Ni6Al1,8La0,2.
105C
222C Ni6Al1,8La0,2
CO2 désorbé =38mol.g-1
104C
Intensité (u.a.)
220C Ni4Mg2Al1,8La0,2
CO2 désorbé =57mol.g-1
110C
246C Ni2Mg4Al1,8La0,2
CO2 désorbé =69mol.g-1
109C Mg6Al1,8La0,2
248C
0,5 CO2 désorbé =70mol.g-1
77
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
L’addition du lanthane aboutit à une faible diminution de la basicité totale des échantillons
par rapport aux catalyseurs NixMg6-xAl2 non promus. Généralement, la quantité de sites
basiques augmente avec l’addition du lanthane. Ceci peut être attribué à un blocage partiel
des sites basiques des oxydes mixtes dérivés des hydrotalcites, lors de l'introduction de
faibles quantités de lanthane [41].
II.3. Conclusion
Les catalyseurs hydrotalcites sont synthétisés par co-précipitation des différents métaux en
milieu basique. En se basant sur les caractérisations physico-chimiques des catalyseurs, les
conclusions suivantes peuvent être tirées :
• Les analyses DRX des solides séchés ont confirmé la formation de la phase
hydrotalcite en présence du nickel et/ou des promoteurs. La calcination à 800C est
suffisante pour la destruction de cette structure et l’obtention des oxydes mixtes.
• Les analyses IR ont confirmé la formation de la phase hydrotalcite dans les solides
séchés.
• L’évolution des propriétés texturales montre que tous les catalyseurs possèdent des
valeurs de surface spécifique et de diamètre de pores caractéristiques des matériaux
hydrotalcites mésoporeux.
• Les profils RTP ont montré que le nickel est en forte interaction avec le support
puisqu’il est réduit à des températures supérieures à 600C. Le type et la force de cette
interaction dépendent de la teneur en nickel et la présence de promoteurs.
• L’analyse de basicité par DTP-CO2 a confirmé la présence de sites basiques faibles,
modérés et forts à la surface de certains solides. La basicité des solides dépend
fortement de la teneur en magnésium et de la présence de promoteurs.
Dans le chapitre qui suit, tous les solides calcinés à 800C seront testés dans la réaction de
reformage à sec du toluène afin d’évaluer leurs performances catalytiques.
78
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
Références:
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[21] Y.-J. Lin, D.-Q. Li, D. G. Evans et X. Duan, “Modulating effect of Mg–Al–CO3
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[37] Y.-S. Seo, Y.-S. Jung, W.-L. Yoon, I.-G. Jang et T.-W. Lee, “The effect of Ni content
on a highly active Ni–Al2O3 catalyst prepared by the homogeneous precipitation method,”
Int. J. Hydrog. Energy, vol. 36, no. 1, pp. 94–102, Jan. 2011.
[42] P. S. Lau et K. M. Ng, “Carbon dioxide reforming of methane by solid state synthesis
supported catalysts,” Int. J. Hydrog. Energy, vol. 39, no. 34, pp. 19513–19518, Nov. 2014.
83
Chapitre II: Synthèse et caractérisations des solides
[49] H.-P. Ren, Y.-H. Song, W. Wang, J.-G. Chen, J. Cheng, J. Jiang, Z.-T. Liu, Z.-W.
Liu, Z. Hao et J. Lu, “Insights into CeO2-modified Ni–Mg–Al oxides for pressurized carbon
dioxide reforming of methane,” Chem. Eng. J., vol. 259, pp. 581–593, Jan. 2015.
Mg–Al hydrotalcites in aldol condensations,” Appl. Catal. Gen., vol. 281, no. 1–2, pp. 191–
198, Mar. 2005.
85
Chapitre III : Reformage à sec du toluène
86
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
Dans ce chapitre, les performances catalytiques des oxydes mixtes préparés par voie
hydrotalcite sont évaluées vis-à-vis de la réaction du reformage à sec du toluène. L'influence
de nombreux paramètres est étudiée afin d'optimiser la réaction catalytique : le prétraitement,
la teneur de la phase active et l’ajout de promoteur. Les solides sont caractérisés après test
catalytique par différentes techniques afin d'évaluer les modifications éventuelles engendrées
par la réaction de reformage à sec du toluène. Des tests de vieillissement sont également
effectués pour étudier la stabilité du système catalytique au fil du temps.
III.
III.1. Introduction
La réaction de reformage à sec du toluène C7H8 + 7 CO2 14 CO + 4 H2 permet de
produire 18 moles de gaz de synthèse (mélange de H2 et de CO), à partir d’une mole de
toluène. Cette équation montre également que la production de gaz de synthèse provient non
seulement du toluène, mais aussi du CO2. Ainsi, le reformage à sec du toluène présente un
double intérêt : la valorisation des rejets du toluène qui présentent des effets néfastes sur la
santé humaine et l’environnement mais aussi d’utiliser une partie des émissions de CO2 qui
est le premier contributeur à l’effet de serre anthropogénique. De même cette réaction permet
de produire des matières à forte valeur ajoutée telle que le gaz de synthèse.
87
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
puis entraîné sous pression atmosphérique dans le circuit par le gaz vecteur qui est l’argon
vers le four où se trouve le réacteur en quartz contenant le catalyseur à étudier.
89
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
de chaleur [1]. Les catalyseurs sont ensuite réduits sous flux d’hydrogène (30 [Link]-1)
pendant 1 h à 800°C puis purgés sous flux d’azote.
Les formules générales, ci-dessous, sont utilisées pour le calcul des conversions des
réactifs et des sélectivités en produits :
a) Conversion du réactif :
nréactif entrant −nréactif sortant
Conversion du réactif (%) = 100
nréactif entrant
90
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
100 100
(a) (b)
80 80
Conversion du toluène (%)
20 20
0 0
300 400 500 600 700 800 300 400 500 600 700 800
Température (C) Température (C)
91
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
100 100
(a) (b)
80 80
Mg6Al2
Conversion du CO2(%)
Conversion du toluène (%)
Ni2Mg4Al2
Ni4Mg2Al2
60 60
Ni6Al2 Mg6Al2
T
50% 411C_ 456C_ _ 485C Ni2Mg4Al2
Ni4Mg2Al2
40 40 Ni6Al2
20 20
0 0
300 400 500 600 700 800 300 400 500 600 700 800
Température (C) Température (°C)
mixte Mg6Al2 ne convertit que 8% du toluène à 460C et 25% du CO2 à 741C, alors que
l’oxyde Ni6Al2 convertit totalement le toluène et le dioxyde de carbone à ces températures
respectivement. L’activité catalytique croît selon l’ordre suivant :
Mg6Al2 ˂ Ni2Mg4Al2 ˂ Ni4Mg2Al2 ˂ Ni6Al2.
La plus faible activité est montrée par le catalyseur Mg6Al2 qui atteint une conversion
maximale de 40% à 800C. Cette faible activité est principalement attribuée à l’absence de la
phase active qui est le nickel.
La meilleure activité est obtenue avec Ni6Al2. Cependant, même s’il possède la surface
spécifique la plus faible (135 m2.g-1) son activité catalytique est meilleure. Les valeurs des
aires spécifiques n’expliquent donc pas à elles seules les résultats obtenus. La formation des
sites catalytiques les plus actifs pour la réaction étudiée pourrait expliquer cette tendance. La
conversion des réactifs augmente avec la teneur en nickel. Ceci est lié à la quantité de sites
actifs disponibles pour la réaction, étant donné qu’une plus grande quantité de Ni0 est formée
lorsque la teneur en nickel augmente [6].
Kong et al. [7] ont montré que l'activité du catalyseur Ni/MgO lors du reformage à sec du
toluène dépend linéairement de la quantité de nickel réduit plutôt que de la surface de nickel
disponible.
Les espèces métalliques sont considérées comme étant les phases actives dans la réaction. La
bonne performance de Ni6Al2 peut être corrélée au nombre de Ni à sa surface. En effet,
l’étude RTP (paragraphe II.2.5) a montré que ce catalyseur consomme une large quantité
d’hydrogène vers 678C correspondant à la réduction de NiO en surface. Ceci suggère qu’il
possède plus de nickel métallique « sites actifs » sur la surface pour activer les liaisons H-C
[8].
Chen et al. [9] ont obtenu le même effet du nickel lors du reformage à sec du toluène sur des
catalyseurs Ni/Palygorskite (avec des teneurs de Ni de 0, 2, 5 et 8% en masse). Les deux
derniers catalyseurs (avec des rapports 5 et 8%) ont montré les meilleures performances.
93
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
100 100
(a) (b)
80 80
Mg6Al1,8Ce0,2
Conversion du toluène (%)
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
20 20
0 0
300 400 500 600 700 800 300 400 500 600 700 800
Température (C) Température (°C)
Figure 26 : Évolution du taux de conversion du toluène (a) et du dioxyde de carbone
(b) en fonction de la température de la réaction en présence des catalyseurs
NixMg6-xAl1,8Ce0,2 (0 x 6).
100 100
(a) (b)
80 80
Conversion du toluène (%)
60 60
451C
435C _ __ Mg6Al1,8La0,2
470C Mg6Al1,8La0,2 Ni2Mg4Al1,8La0,2
40 Ni2Mg4Al1,8La0,2 40 Ni4Mg2Al1,8La0,2
Ni6Al1,8La0,2
Ni4Mg2Al1,8La0,2
Ni6Al1,8La0,2
20 20
0 0
300 400 500 600 700 800 300 400 500 600 700 800
Température (C) Température (°C)
Figure 27 : Évolution du taux de conversion du toluène (a) et du dioxyde de carbone
(b) en fonction de la température de la réaction en présence des catalyseurs
NixMg6-xAl1,8La0,2 (0 x 6).
94
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
Il est remarqué que le même ordre d’activité catalytique est observé pour les deux
séries de catalyseurs respectant la même tendance d’activité catalytique que la série des
catalyseurs NixMg6-xAl2 pour les mêmes raisons citées ci-dessus.
Il est à noter que pour la conversion du toluène en présence des catalyseurs contenant du
nickel et dans la gamme de températures supérieure à 500C une chute de 5 à 35% est
observée (Figure 26(a) et Figure 27(a)). Cette dernière est probablement due à la favorisation
de l’adsorption du toluène sur ces solides dans cette gamme de températures.
Les sélectivités en hydrogène à 100% conversion en toluène sont représentées sur la
figure 28.
Tous les solides présentent des sélectivités comparables qui varient entre 67 et 80%.
Les sélectivités de Ni2Mg4Al2, Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni2Mg4Al1,8La0,2 sont 70, 72 et 68% et
celles de Ni4Mg2Al2, Ni4Mg2Al1,8Ce0,2 et Ni4Mg2Al1,8La0,2 sont 67, 69 et 71%
respectivement.
Les solides Ni6Al2, Ni6Al1,8Ce0,2 et Ni6Al1,8La0,2 présentent les sélectivités en hydrogène les
plus élevées avec des valeurs de 79%, 81% et 80% respectivement. Ces sélectivités élevées
sont liées aux bonnes conversions en toluène.
Par conséquent, une teneur élevée de la phase active conduirait à une activité et sélectivité en
hydrogène élevées par rapport aux autres solides testés.
En comparant les catalyseurs de chaque série qui ont montré les meilleures
conversions (Figures 29 (a et b)), le classement d’activité catalytique suivant est obtenu :
Ni6Al1,8La0,2 < Ni6Al1,8Ce0,2 < Ni6Al2.
100 100
(a) (b)
80 80
Conversion du toluène (%)
20 20
0 0
300 400 500 600 700 800 300 400 500 600 700 800
Température(C) Température(C)
Les conversions du toluène et du CO2 sont comparables en présence des trois catalyseurs
avec une conversion faiblement plus élevée pour Ni6Al2.
D’autre part, chacun des ces trois catalyseurs convertit le toluène en suivant différentes voies
réactionnelles. L'augmentation ou la diminution de la composition des produits du processus
catalytique est alors différente pour chacun de ces trois catalyseurs. L'appui de cet argument
est la concentration du benzène formé lors de la réaction de reformage à sec du toluène en
présence de ces trois catalyseurs (Figure 30). Ni6Al2 forme plus de benzène que les deux
autres catalyseurs Ni6Al1,8Ce0,2 et Ni6Al1,8La0,2.
96
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
0.06
0.05
Ni6Al2
Concentration du benzène (%)
Ni6Al1,8Ce0,2
Ni6Al1,8La0,2
0.04
0.03
0.02
0.01
0.00
300 400 500 600 700 800
Température(C)
Figure 30 : Comparaison des concentrations du benzène en fonction de la température
pour les catalyseurs Ni6Al2, Ni6Al1,8Ce0,2 et Ni6Al1,8La0,2 lors du processus de reformage
à sec du toluène.
Le benzène se forme dans une gamme de températures comprise entre 300 et 500C par
hydrodésalkylation (C7H8 + H2 C6H6 + CH4) et craquage thermique du toluène. La
concentration de benzène dépend de la présence du toluène et de la nature du catalyseur qui
favorise plus ou moins les deux réactions ci-dessus. La concentration du benzène formé
augmente simultanément avec la conversion du toluène jusqu’à 450C puis elle s’annule avec
l’obtention d’une conversion de 100% pour le toluène (500C).
L’augmentation de la température est nécessaire pour convertir le sous-produit benzène en
gaz de synthèse vu que le benzène est plus stable thermodynamiquement que le toluène [7].
L’ajout du promoteur n’a pas joué un rôle au niveau de l’activité catalytique mais au niveau
de la sélectivité de la réaction vu que les catalyseurs promus ont formé moins de benzène qui
est un sous-produit de la réaction et au niveau de la quantité de carbone formée qui sera
discutée ultérieurement. Ainsi le cérium et le lanthane jouent un rôle dans la sélectivité de la
réaction.
97
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
98
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
(a)
Ni6Al2
Ni4Mg2Al2
Ni2Mg4Al2
(b)
240C
Ni6Al1,8Ce0,2
Consommation d'oxygène (u.a.)
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
(c)
Ni6Al1,8La0,2
Consommation d'oxygène (u.a.)
Ni4Mg2Al1,8La0,2
Ni2Mg4Al1,8La0,2
99
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
100
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
Intensité (u.a.)
c c •
Intensité (u.a.)
•
c
• Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
Ø Ni4Mg2Al2
c•
•
x •
Ø Ni2Mg4Al2 c Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
•
•
20 30 40 50 60 70 80 90 100 20 30 40 50 60 70 80 90 100
2 () 2 ()
•
c
•
• cNi4Mg2Al1,8La0,2
• • •
c
•
Ni2Mg4Al1,8La0,2
• •
• •
20 30 40 50 60 70 80 90 100
2 ()
Figure 32 : Diffractogrammes de Rayons X des solides a) NixMg6-xAl2
b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2 et c) NixMg6-xAl1,8La0,2 (2 x 6) après reformage à sec.
• : Ni cubique JCPDS n°65-0380, : NiO rhomboédrique JCPDS n°44-1159, c : C JCPDS
n°80-0017, : C JCPDS n°75-16212, : MgO périclase syn JCPDS n°45-0946,
:MgAl2O4 JCPDS n°89-1627 et : SiO2 JCPDS n°82-1554.
101
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
102
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
vers le bas attribués à l'oxydation du coke ce qui confirme la bonne corrélation entre les
résultats de l’analyse thermique et ceux de l’OTP.
On peut conclure que les catalyseurs ne contenant pas du magnésium présentent le dépôt de
coke le plus élevé. L’oxyde MgO et/ou MgAl2O4 est utilisé comme support basique et permet
de résister à la formation de coke [3,14].
En comparant les pourcentages de pertes de masse des trois catalyseurs qui ont
montré les meilleures activités catalytiques l’ordre suivant est obtenu :
Ni6Al1,8Ce0,2 (perte de masse 21%) < Ni6Al1,8La0,2 (perte de masse 36%) < Ni6Al2 (perte de
masse 51%).
L’ajout de promoteur a permis la réduction de la quantité de coke déposé à la surface du
catalyseur. Ni6Al1,8Ce0,2 (256 mol.g-1) et Ni6Al1,8La0,2 (38 mol.g-1) possèdent une basicité
plus forte que Ni6Al2 (27 mol.g-1) (paragraphe II.2.6). Ceci joue un rôle dans la diminution
du dépôt de carbone.
Les lanthanides (Ce et La) sont suggérés pour être de bons promoteurs car ils peuvent
accentuer l'adsorption du CO2 sur le support ce qui réduit la formation de carbone déposé
(CO2 + C 2CO) [19]. La formation de dépôt de carbone n’est pas favorisée en présence de
support possédant de fortes basicités.
Afin de comparer l’effet de l’ajout de cérium à celui du lanthane sur la formation de coke,
une comparaison entre les catalyseurs Ni4Mg2Al1,8Ce0,2 et Ni4Mg2Al1,8La0,2 est effectuée.
D’après les figures 34 et 35, les pertes de masse dues au coke sont de 0,6% et 4,7% pour
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2 et Ni4Mg2Al1,8La0,2 respectivement.
Il est clair que l’ajout de cérium inhibe la formation de coke en améliorant les caractéristiques
basiques du catalyseur par rapport à l’ajout du lanthane. De même, le promoteur cérium
améliore les caractéristiques redox du catalyseur ce qui favorise l’oxydation du coke déposé.
103
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
a) Ni2Mg4Al2
100
98
11%
94
92
90
88
0 200 400 600 800
Température (C)
101
b) Ni4Mg2Al2
100
315C
99 490C
Perte de masse (%)
3%
97
5,2%
96
95
94
93
c) Ni6Al2
100 530C
90
Perte de masse (%)
80
51%
70
60
50
40
0 200 400 600 800
Température (C)
104
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
99
5,6%
97
96
95
94
93
0 200 400 600 800
Température (C)
102
b) Ni4Mg2Al1,8Ce0,2 320C
0,6%
101
100
4,5%
99
3%
98
97
c) Ni6Al1,8Ce0,2
100 515C
1,5%
95
Perte de masse (%)
347C
21%
90
85
80
75
0 200 400 600 800
Température (C)
105
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
a) Ni2Mg4Al1,8La0,2
100
99
97
96
95
0 200 400 600 800
Température (C)
b) Ni4Mg2Al1,8La0,2
100
3%
98
1,8%
4,7%
96
94
c) Ni6Al1,8La0,2 550C
100
90
Signal ATD (u.a)
Perte de masse (%)
36%
80
70
60
106
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
Pour conclure, les caractérisations des catalyseurs après test catalytique montrent un
dépôt de carbone pour tous les catalyseurs. Cependant, ce dépôt diminue avec l’augmentation
de la teneur en magnésium à cause de ses propriétés basiques [16,20]. Le support basique est
plus efficace pour la réduction du dépôt de carbone. De plus, le cérium a montré un effet
promoteur plus important que celui du lanthane au niveau de la réduction du dépôt de
carbone. Les oxydes mixtes promus par le cérium présentent de bonnes caractéristiques
basiques, permettant ainsi un transport plus rapide de la molécule de CO2 vers les sites actifs
favorisant la gazéification du carbone formé.
107
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
1E-7
Ni2Mg4Al2
1E-8
Intensité (u.a.)
1E-9 H2
CH4
CO
CO2
1E-10 C6H6
C7H8
1E-11
1E-12
300 400 500 600 700 800
Température (C)
1E-7
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
1E-8
Intensité (u.a.)
1E-9
H2
1E-10 CH4
CO
CO2
C6H6
1E-11 C7H8
1E-12
300 400 500 600 700 800
Température (C)
1E-7
Ni2Mg4Al1,8La0,2
1E-8
Intensité (u.a.)
1E-9
H2
1E-10 CH4
CO
CO2
C6H6
1E-11 C7H8
1E-12
300 400 500 600 700 800
Température (C)
Figure 36 : Évolution des réactifs et des produits suivie par spectrométrie de masse au
cours du reformage à sec du toluène en présence des solides Ni2Mg4Al2, Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
et Ni2Mg4Al1,8La0,2.
108
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
109
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
3- À une température appropriée, les molécules d’oxygène migrent vers les sites actifs et
réagissent avec le toluène produisant principalement du monoxyde de carbone et de
l’hydrogène [9].
110
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
111
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
100
Ni2Mg4Al2
100
80
Sélectivité en H2 (%)
60
95
40
20
90 0
0 2 4 6 8 10
Temps (heures)
100
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
100
80
Conversion du toluène (%)
Sélectivité en H2 (%)
60
95
40
20
90 0
0 2 4 6 8 10
Temps (heures)
100
Ni2Mg4Al1,8La0,2
100
80
Conversion du toluène (%)
Sélectivité en H2 (%)
60
95
40
20
90 0
0 2 4 6 8 10
Temps (heures)
112
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
Tous les catalyseurs maintiennent une conversion du toluène de 100% ainsi qu’une
sélectivité en hydrogène presque constante et une stabilité pendant cette période sans
désactivation observable.
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni2Mg4Al1,8La0,2 montrent une sélectivité en hydrogène de 76% alors que
celle de Ni2Mg4Al2 est de 72%. Donc cette étude a bien illustré la stabilité des catalyseurs
étudiés dans la réaction de reformage à sec du toluène. La stabilité élevée des systèmes dont
les précurseurs sont de type hydrotalcite est affectée par la morphologie et la structure de la
phase de nickel, restant en forte interaction avec le support sous les conditions de la réaction.
Un autre rôle actif des supports dérivés des hydrotalcites consiste à fournir en continu de
l'oxygène au nickel en surface [22].
Kong et al. [7] ont étudié la stabilité des catalyseurs Ni/MgO dans la réaction de reformage à
sec du toluène à différentes températures (500, 550, 600 et 650C) avec un rapport
CO2/C7H8=14. Le test de stabilité à température élevée favorise la décomposition des
hydrocarbures et l’oxydation rapide du carbone déposé montrant ainsi la meilleure stabilité.
De plus, la température de réaction élevée est nécessaire pour convertir le benzène en gaz de
synthèse puisque le benzène est plus stable que le toluène en thermodynamique
113
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
Ni2Mg4Al1,8La0,2
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
Ni2Mg4Al2
Figure 39 : Profils OTP des échantillons après test de stabilité de reformage à sec du
toluène.
114
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
• Ni2Mg4Al1,8La0,2
c •
•
Intensité (u.a.)
•
c
• Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
• c
•
c
•
•
Ni2Mg4Al2
c
• • •
20 30 40 50 60 70 80 90 100
2()
115
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
a) Ni2Mg4Al2
100
280C
98
94 12%
92
90
88
0 200 400 600 800
Température (C)
b) Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
100 340C
98
96 8%
94
92
90
88
0 200 400 600 800
Température (C)
c) Ni2Mg4Al1,8La0,2
100
300C
98
Signal ATD (u.a)
Perte de masse (%)
96
10%
94
92
90
88
0 200 400 600 800
Température (C)
116
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
D’après les caractérisations après test catalytique, le Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 a montré en OTP le pic
d’évolution du CO2 le moins intense, en DRX la raie correspondante au carbone la moins
intense et en ATD la plus faible perte de masse liée à l’oxydation du carbone (perte de masse
8%). Le cérium semble empêcher le dépôt de carbone dans une certaine mesure. Cela indique
que pour des heures de fonctionnement plus longues, les catalyseurs promus par le cérium
sont capables de maintenir des conversions élevées sans être désactivés.
III.8. Conclusion
Dans ce chapitre, l’activité catalytique des solides calcinés a été étudiée dans la
réaction de reformage à sec du toluène.
Les résultats montrent que la réactivité s’améliore avec l’augmentation de la teneur en
nickel. La meilleure réactivité est obtenue pour les solides Ni6Al2, Ni6Al1,8Ce0,2 et
Ni6Al1,8La0,2 qui présentent des conversions de 100% en toluène à 460C, 489C et 492C
respectivement.
Les sélectivités en hydrogène de ces trois catalyseurs à 100% de conversion en toluène sont
les plus élevées pour les catalyseurs Ni6Al1,8Ce0,2 et Ni6Al1,8La0,2.
D’autre part, la concentration du sous-produit « benzène » atteint une valeur maximale de
0,051% en présence du Ni6Al2 comparée à 0,037% et 0,031% en présence de Ni6Al1,8Ce0,2 et
Ni6Al1,8La0,2 respectivement.
L’ajout du cérium ou du lanthane n’a pas amélioré la conversion des réactifs mais est
intervenu au niveau du mécanisme réactionnel pour améliorer la sélectivité tout en réduisant
le dépôt de coke.
Les caractérisations physico-chimiques des catalyseurs utilisés montrent que l’ajout de
cérium inhibe la formation du coke en améliorant les caractéristiques basiques du catalyseur
mais favorise également son élimination grâce au couple rédox Ce4+/Ce3+. L’effet du cérium
en tant que promoteur est plus prononcé que celui du lanthane dans la réaction de reformage à
sec du toluène.
L’étude de stabilité à 700C des trois catalyseurs testés Ni2Mg4Al2, Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et
Ni2Mg4Al1,8La0,2 a montré une conversion du toluène de 100% ainsi qu’une sélectivité en
hydrogène presque constante qui est de 76% pour Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni2Mg4Al1,8La0,2 et de
72% pour Ni2Mg4Al2. Aucune désactivation n’a été observée au cours de 10 heures de test.
Les caractérisations après test de stabilité ont mis en évidence un faible dépôt de carbone
pour Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 par rapport aux deux autres catalyseurs testés.
117
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
118
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
Références :
119
Chapitre III: Reformage à sec du toluène
[14] L. Xu, H. Song et L. Chou, “Carbon dioxide reforming of methane over ordered
mesoporous NiO–MgO–Al2O3 composite oxides,” Appl. Catal. B Environ., vol. 108–109, pp.
177–190, Oct. 2011.
[18] X. Yu, N. Wang, W. Chu et M. Liu, “Carbon dioxide reforming of methane for
syngas production over La-promoted NiMgAl catalysts derived from hydrotalcites,” Chem.
Eng. J., vol. 209, pp. 623–632, Oct. 2012.
[21] X. Li, D. Li, H. Tian, L. Zeng, Z.-J. Zhao et J. Gong, “Dry reforming of methane over
Ni/La2O3 nanorod catalysts with stabilized Ni nanoparticles,” Appl. Catal. B Environ., vol.
202, pp. 683–694, Mar. 2017.
121
Chapitre IV : Vaporeformage du toluène
122
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
IV.
IV.1. Introduction
123
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
Un rapport H2O/C7H8=14 est utilisé pour une régénération plus facile des sites
métalliques actifs engendrés par l’hydrogène produit par la réaction de gaz à l’eau. Dans des
conditions opératoires moins oxydantes, la réaction de gaz à l’eau est moins favorisée ce qui
limite la quantité d’hydrogène produite dans le mélange gazeux et par conséquent une
régénération plus difficile des sites métalliques actifs. Le pouvoir oxydant apporté par un
excès d’eau améliore les performances des catalyseurs.
Les formules générales, ci-dessous, sont utilisées pour le calcul des conversions des
réactifs et des sélectivités en produits :
c) Conversion du toluène :
124
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
La conversion du toluène par vaporeformage est étudiée sur les oxydes mixtes
(Ni/Mg/Al/Ce/La) préparés et issus de précurseurs de type hydrotalcite. Les objectifs sont :
d’optimiser les teneurs en nickel et magnésium dans les oxydes testés pour chaque série de
catalyseurs afin d’obtenir la conversion convenable pour la réaction de vaporeformage du
toluène et de mettre en évidence l’effet de l’ajout de promoteur.
Il est à noter qu’un test a été réalisé en absence de catalyseur (réacteur vide) et n’a montré
aucune conversion.
Aucune activité catalytique n’a été observée en présence des solides non réduits
préalablement. De ce fait, il est nécessaire de réduire les catalyseurs sous flux d’hydrogène
avant chaque test catalytique.
Sugiura et al. [1] ont étudié la relation entre l'état de Ni (c'est-à-dire réduit ou oxydé) et
l'activité catalytique pour le catalyseur Ni/La0,7Sr0,3AlO3- en vaporeformage du toluène sans
et avec pré-réduction. La pré-réduction est effectuée sous flux d’hydrogène
(H2/Ar =5/45 [Link]-1) pendant 30 minutes à 800C. Ils ont trouvé qu’après pré-réduction
Ni/La0,7Sr0,3AlO3- montre une activité pour le vaporeformage et une absence de cette activité
sans pré-réduction. Une pré-réduction pour réduire les particules de Ni en Ni0 est donc
nécessaire pour activer les catalyseurs.
Les figures 43 (a, b et c) montrent l'évolution de la conversion du toluène en fonction
de la température de réaction pour les trois différentes séries d’oxydes NixMg6-xAl2 (a),
NixMg6-xAl1,8Ce0,2 (b) et NixMg6-xAl1,8La0,2 (c) avec 0 x 6.
125
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
126
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
100 100
(a) Ni6Al2
Ni4Mg2Al2
Ni2Mg4Al2
80 80 Mg6Al2
Ni6Al2
Ni4Mg2Al2
60 Ni2Mg4Al2 60
Mg6Al2
40 40
20 20
0 0
300 400 500 600 700 800 300 400 500 600 700 800
Température (°C) Température (°C)
100 100
(b)
80 Ni6Al1,8Ce0,2 80
Séléctivité en hydrogène (%)
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
Conversion du toluène (%)
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
Mg6Al1,8Ce0,2
60 60
Ni6Al1,8Ce0,2
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
Ni2Mg4 Al1,8Ce0,2
40 40
Mg6Al1,8Ce0,2
20 20
0 0
300 400 500 600 700 800 300 400 500 600 700 800
Température (°C) Température (°C)
100 100
(c)
80 80
Séléctivité en hydrogène (%)
Ni6Al1,8La0,2
Conversion du toluène (%)
Ni4Mg2Al1,8La0,2
Ni2Mg4Al1,8La0,2
60 60
Mg6Al1,8La0,2
Ni6Al1,8La0,2
Ni4Mg2Al1,8La0,2
Ni2Mg4 Al1,8La0,2
40 40
Mg6Al1,8La0,2
20 20
0 0
300 400 500 600 700 800 300 400 500 600 700 800
Température (°C) Température (°C)
127
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
Les analyses RTP (paragraphe II.2.5) montrent pour chaque série de catalyseurs que la
température de réduction augmente avec la teneur en magnésium. Ni2Mg4Al2 (758C),
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 (753C) et Ni2Mg4Al1,8La0,2 (766C) présentent les températures de
réduction les plus élevées dans chaque série ce qui indique l’existence d’une plus forte
interaction métal-support et une meilleure dispersion des espèces de nickel [3]. De plus, cette
distribution est améliorée vu que les catalyseurs Ni2Mg4Al2 (148 m2.g-1), Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
(137 m2.g-1) et Ni2Mg4Al1,8La0,2 (155 m2.g-1) présentent les surfaces spécifiques les plus
élevées dans chaque série. Ainsi, une plus grande surface de contact est obtenue entre la
phase active et les réactifs.
Plusieurs auteurs ont montré que l'ordre d'activité des catalyseurs suit l'ordre de dispersion du
nickel. Baidya et al. [4] ont montré que l'activité la plus élevée des catalyseurs Ni-Fe-CaO en
vaporeformage du toluène pourrait être due à une plus grande dispersion du nickel.
Zhang et al. [5] pensent que l'addition de promoteurs peut conduire à une meilleure
dispersion du nickel et à une interaction plus élevée nickel-support, ce qui entraîne une
augmentation de l'activité catalytique du catalyseur à base d’olivine en vaporeformage du
toluène.
La teneur élevée en magnésium dans ces trois catalyseurs joue un double rôle au niveau de
l’activité catalytique. Les études des basicités par DTP-CO2 (paragraphe II.2.6), montrent que
Ni2Mg4Al2, Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni2Mg4Al1,8La0,2 possèdent les basicités les plus élevées des
catalyseurs contenant du nickel dans chaque série. Cela indique clairement que la conversion
en toluène est affectée par la basicité du catalyseur.
128
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
De plus, les auteurs Melo et Morlanés [6-7] montrent un autre rôle pour le magnésium lors de
leurs études des oxydes mixtes NiMgAl en vaporeformage du naphta et ils ont trouvé qu’une
plus grande teneur en magnésium améliore la capacité d'adsorption/dissociation de la vapeur
d'eau et la mobilité d'espèces d'oxygène. De ce fait, dans le cas du vaporeformage du toluène
ceci favorise de même cette capacité d'adsorption/dissociation produisant des matériaux plus
performants.
Plusieurs auteurs ont montré que l’existence des solutions solides NiO/MgO permettent de
stabiliser le nickel [8]. De plus, la formation de spinelle d'aluminate de magnésium augmente
considérablement la résistance mécanique du catalyseur [9]. Pour ces trois catalyseurs les
phases NiO/MgO et MgAl2O4 sont décelées par DRX (paragraphe II.2.1.2).
Dans une étude comparative Josuinkas et al. [10] ont étudié le vaporeformage du toluène sur
des catalyseurs Ni/Mg/Al et ont trouvé que le catalyseur à faible teneur en nickel présente
une conversion plus élevée dans la gamme de températures étudiées et allant de 350 à 800C.
De même, l’effet de la teneur en nickel sur la conversion du toluène est étudié par Yue et al.
[11] en utilisant des catalyseurs Ni/MgO–Al2O3. La conversion en toluène augmente de 20 à
100% en variant la teneur en nickel de 3 à 10% puis elle diminue à 86% pour 15% de nickel.
Ils ont associé cette diminution de conversion en toluène à l’augmentation de la taille de
particules de Ni et la diminution de la surface spécifique.
Les catalyseurs présentant les meilleures performances catalytiques de chaque série sont
comparées pour étudier l’influence de l’ajout de promoteur.
Les catalyseurs peuvent être promus avec plusieurs éléments en vue d'améliorer leur
activité. Pour tenir compte du rôle du cérium et du lanthane dans le catalyseur, les
performances catalytiques des solides Ni2Mg4Al2, Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni2Mg4Al1,8La0,2 sont
comparées dans la réaction de vaporeformage du toluène. Les résultats sont présentés sur la
figure 44.
129
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
100
80
Ni2Mg4Al1,8La0,2
Conversion du toluène (%)
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
Ni2Mg4Al2
60
365C
__ _ 407C
377C
40
20
0
300 400 500 600 700 800
Température (°C)
130
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
100
80
Sélectivité en hydrogène (%)
60
Ni2Mg4Al1,8La0,2
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
40 Ni2Mg4Al2
20
0
300 400 500 600 700 800
Température (°C)
131
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
Pérez Zurita et al. [15] ont rapporté que les hydrotalcites MgNiAl et MgNiFeAl présentent
des activités catalytiques plus faibles que celle de MgNiCeAl. L’addition du cérium améliore
les performances catalytiques. Grâce à la structure fluorite (CeO2), les atomes d'oxygène sont
tous dans un même plan, ce qui permet une diffusion rapide en fonction du nombre de
lacunes d'oxygène.
La présence d'oxydes de cérium dans le solide Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 accompagnée d’une
phase de nickel très bien dispersée est cruciale pour comprendre son comportement
catalytique. Le catalyseur Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 présente une température de réduction élevée
(753C) donc une plus forte interaction métal-support et une meilleure distribution des
espèces de nickel ainsi qu’une basicité élevée.
132
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
0.35
a) CH4
Ni6Al1,8Ce0,2
0.30 Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
0.25
Concentration (%)
0.20
0.15
0.10
0.05
0.00
300 400 500 600 700 800
Température (°C)
0.15
b) C2H4
Ni6Al1,8Ce0,2
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
0.12
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
Concentration (%)
0.09
0.06
0.03
0.00
300 400 500 600 700 800
Température (°C)
0.15
c) C6H6 Ni6Al1,8Ce0,2
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
0.12
Concentration (%)
0.09
0.06
0.03
0.00
300 400 500 600 700 800
Température (°C)
Figure 46 : Les concentrations de (a) CH4, (b) C2H4 et (c) C6H6 pour les catalyseurs
NixMg6-xAl1,8Ce0,2 (2 x 6) lors du vaporeformage du toluène obtenues par CPG.
133
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
1E-7
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
1E-8
H2
CH4
Intensité (u.a.)
1E-9 CO
CO2
C2H4
C6H6
1E-10 C7H8
1E-11
1E-12
300 400 500 600 700 800
Température (°C)
1E-6
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
1E-7
H2
CH4
CO
Intensité (u.a.)
1E-8 CO2
C2H4
C6H6
C7H8
1E-9
1E-10
1E-11
300 400 500 600 700 800
Température (°C)
1E-6
Ni6Al1,8Ce0,2
1E-7
H2
CH4
Intensité (u.a.)
CO
1E-8 CO2
C2H4
C6H6
C7H8
1E-9
1E-10
1E-11
300 400 500 600 700 800
Température (°C)
Figure 47 : Évolution des réactifs et des produits suivie par spectrométrie de masse, au
cours du vaporeformage du toluène en présence des solides NixMg6-xAl1,8Ce0,2 (2 x 6).
134
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
De plus, d’après les graphes de spectrométrie de masse de tous les catalyseurs il est
remarquable que dans cette gamme de températures, les quantités de H2 et CH4 augmentent
alors que les quantités de benzène et de toluène diminuent.
❖ Gamme de températures [450-500C] :
En plus de toutes les réactions ci-dessus qui ont lieu, le toluène subit une nouvelle
réaction de vaporeformage (S/C=1).
Les courbes des figures 46 (a et b) montrent une diminution de la concentration du méthane
et de l'éthylène qui sont consommés par réactions de vaporeformage.
À partir de 500°C, le toluène est complètement converti comme le montre la figure 43 (b),
tous les catalyseurs ont atteint 100% de conversion en toluène. L’hydrogène est le produit
principal de la réaction à des températures supérieures à 500°C. Au-dessus de 750°C, la
formation des produits est presque constante.
D’après le suivi de l’évolution des réactifs et des produits lors de la réaction de
vaporeformage du toluène il est bien évident que Ni4Mg2Al1,8Ce0,2 présente des
concentrations de sous-produits (méthane, éthylène et benzène) plus élevées que les
catalyseurs Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni6Al1,8Ce0,2 comme le montrent les figures 46 (a, b et c).
Ceci met en évidence que Ni4Mg2Al1,8Ce0,2 favorise les réactions secondaires.
En effet, les propriétés de support et en particulier la basicité est importante pour déterminer
l'activité catalytique. Ni4Mg2Al1,8Ce0,2 montre les propriétés basiques les plus faibles dans la
série de catalyseurs NixMg6-xAl1,8Ce0,2 (2 x 6) (paragraphe II.2.6) qui peut être une autre
explication pour sa faible conversion et de l’influence des réactions secondaires.
De plus, le magnésium influence la basicité du catalyseur et renforce la capacité d'adsorption
de la vapeur d’eau favorisant ainsi la réaction de vaporeformage du toluène plus que les
autres réactions secondaires. Ceci indique clairement que la conversion du toluène est
affectée par la basicité du catalyseur.
Le mécanisme simplifié pour le vaporeformage du toluène (Figure 48) peut être décrit
comme suit:
1- L'hydrocarbure est adsorbé dissociativement sur les sites métalliques où la
déshydrogénation catalysée par un métal a lieu, créant des hydrocarbures adsorbés
dérivés des fragments qui sont le benzène, le méthane et l’éthylène.
2- La molécule d’eau est également adsorbée de façon dissociative sur la surface du
support, en hydroxylant la surface.
136
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
3- Les groupes OH en surface migrent vers les sites métalliques, activés par la
température, et ils finissent par former des intermédiaires conduisant aux oxydes de
carbone [9].
Un effet secondaire indésirable de ces réactions est la formation de carbone (coke) sur la
surface du catalyseur.
Le monoxyde de carbone formé peut réagir avec l’eau via la réaction de gaz à l’eau appelée
Water Gas Shift (WGS) : CO + H2O CO2 + H2 cette réaction permet ainsi l’augmentation
de la teneur en hydrogène tout en oxydant une partie du monoxyde de carbone.
L’excès d’eau est utilisé pour convertir le monoxyde de carbone, ceci se traduit par une
réduction de la dépense énergétique, tout en induisant une augmentation de la sélectivité en
CO2, car à basse température, l’équilibre de la réaction du “water gas shift” (WGS) est
déplacé vers la formation de dioxyde de carbone et d'hydrogène.
137
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
Les solides sont caractérisés par OTP, DRX et ATD/ATG afin d’étudier leurs
modifications physico-chimiques après test catalytique.
Les profils OTP des différents catalyseurs après vaporeformage du toluène sont
présentés sur la figure 49. Tous les catalyseurs présentent une consommation d'oxygène
comprise entre 200 et 450°C. Ceci est dû à l'absorption d'oxygène par les espèces de nickel
métallique présents dans les catalyseurs (Ni0 + ½ O2 → NiO). Seul Ni4Mg2Al1,8La0,2 présente
deux pics révélant la présence de plusieurs formes du nickel (Ni isolé et Ni sous forme de
solution solide).
Il est important de noter l'absence de consommation d'oxygène associée à une combustion du
carbone. Ce résultat indique qu'aucune formation de coke n’est détectée lors de la réaction de
vaporeformage du toluène.
Pour une même série de catalyseurs, l’intensité ainsi que l’aire des pics augmentent avec
l’augmentation de la teneur en nickel. De plus, la diminution de la teneur en nickel, conduit à
un décalage des maximums des pics vers des températures plus faibles, ce qui pourrait être
expliqué par la formation de petites particules métalliques qui sont plus facilement oxydées
[16-17].
Par comparaison des trois séries de catalyseurs, la température d’oxydation des pics est la
plus faible pour les solides contenant du cérium. Ceci indique la formation de petites
particules métalliques pour les catalyseurs promus par le cérium.
138
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
(a)
335C
315C
Ni4Mg2Al2
310C
Ni2Mg4Al2
(b) 315C
Consommation d'oxygène (u.a.)
Ni6Al1,8Ce0,2
290C
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
280C
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
(c) 340C
Consommation d'oxygène (u.a.)
Ni6Al1,8La0,2
300C
590C Ni4Mg2Al1,8La0,2
315C
Ni2Mg4Al1,8La0,2
139
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
140
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
Intensité (u.a.)
Intensité (u.a.)
•
•
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
•
• Ni4Mg2Al2 • •
•
•
• • Ni2Mg4Al2 Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
•
20 30 40 50 60 70 80 90 100 20 30 40 50 60 70 80 90 100
2 (°) 2 (°)
• Ni Al La
• 6 1,8 0,2 •
•
Intensité (u.a.)
•
Ni4Mg2Al1,8La0,2
• • •
•
•
Ni2Mg4Al1,8La0,2
• •
• •
20 30 40 50 60 70 80 90 100
2 ()
Figure 50 : Diffractogrammes de Rayons X des solides a) NixMg6-xAl2
b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2 et c) NixMg6-xAl1,8La0,2 (0 x 6) après vaporeformage.
• : Ni cubique JCPDS n°65-0380, : NiO rhomboédrique JCPDS n°44-1159,
: MgNiO2/[Link] JCPDS n°24-0712, : MgAl2O4 JCPDS n°33-0853
et : SiO2 JCPDS n°82-1554.
141
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
142
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
102
a) Ni2Mg4Al2
306C
101
99
98
0 200 400 600 800
Température (C)
105
b) Ni4Mg2Al2
325C
104
103
102
6%
101
100
99
98
0 200 400 600 800
Température (C)
105
c) Ni6Al2
340C
104
103
Signal ATD (u.a)
Perte de masse (%)
102
4,7%
101
100
99
98
0 200 400 600 800
Température (C)
143
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
103
a) Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
280C
102
2,3%
100
99
98
0 200 400 600 800
Température (C)
103
b) Ni4Mg2Al1,8Ce0,2
280C
102
101
2,7%
100
99
0 200 400 600 800
Température (C)
110
c) Ni6Al1,8Ce0,2
345C
108
106
Signal ATD (u.a)
Perte de masse (%)
104
8,7%
102
100
98
0 200 400 600 800
Température (C)
Figure 52 : Courbes d’analyses thermiques en fonction de la température des
échantillons NixMg6-xAl1,8Ce0,2 (2 x 6) après tests catalytiques de vaporeformage.
144
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
102
a) Ni2Mg4Al1,8La0,2
326C
2,1%
100
99
0 200 400 600 800
Température (C)
103
b) Ni4Mg2Al1,8La0,2
295C
102
101
3%
100
99
98
0 200 400 600 800
Température (C)
c) Ni6Al1,8La0,2
108
343C
106
Perte de masse (%)
104
7,3%
102
100
98
0 200 400 600 800
Température (C)
Figure 53 : Courbes d’analyses thermiques en fonction de la température des
échantillons NixMg6-xAl1,8La0,2 (2 x 6) après tests catalytiques de vaporeformage.
145
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
Les résultats ont montré que la réactivité s’améliore avec la diminution de la teneur en nickel.
La meilleure réactivité pour chaque série de catalyseurs est obtenue pour les solides
Ni2Mg4Al2, Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni2Mg4Al1,8La0,2 qui présentent des conversions de 100% en
toluène à 520C, 450C et 491C respectivement.
D’autre part, les caractérisations physico-chimiques des catalyseurs utilisés n’ont montré
aucune formation de coke.
100
80
Ni(50%)/Al2O3
Conversion du toluène (%)
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
60
40
20
0
300 400 500 600 700 800
Température (°C)
146
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
0.12
0.10
Concentration du benzène (%)
0.08 Ni(50%)/Al2O3
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
0.06
0.04
0.02
0.00
300 400 500 600 700 800
Température (°C)
Figure 55 : La concentrations de C6H6 pour les catalyseurs Ni(50%)/Al2O3 et
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 lors du vaporeformage du toluène obtenus par CPG.
147
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
100
80
Sélectivité en hydrogène (%)
60
Ni(50%)/Al2O3
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
40
20
0
300 400 500 600 700 800
Température (°C)
148
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
100
a) Ni2Mg4Al2 test de stabilité vapo
100
80
Sélectivité en H2 (%)
60
95
40
20
90 0
0 2 4 6 8 10
Temps (heures)
100
b) Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 test de stabilité vapo
100
Conversion du toluène (%)
80
Sélectivité en H2 (%)
60
95
40
20
90 0
0 2 4 6 8 10
Temps (heures)
100
c) Ni2Mg4Al1,8La0,2 test de stabilité vapo
100
80
Conversion du toluène (%)
Sélectivité en H2 (%)
60
95
40
20
90 0
0 2 4 6 8 10
Temps (heures)
149
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
Tous les oxydes étudiés montrent une conversion du toluène de 100% ainsi qu’une sélectivité
en hydrogène presque constante. La stabilité est maintenue durant 10 heures de test
catalytique (Figure 57) sans désactivation. En effet l’existence des solutions solides
NiO/MgO permet de stabiliser le nickel, de même que la formation de spinelle d’aluminate
de magnésium augmente la stabilité mécanique du catalyseur [8-9]. De plus, les solides
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni2Mg4Al1,8La0,2 montrent une sélectivité en hydrogène de 80% alors que
celle de Ni2Mg4Al2 est de 60%. Cette différence met en valeur l’effet de l’addition des
promoteurs, le cérium ou le lanthane, qui même à faible quantité jouent un rôle au niveau de
la sélectivité de la réaction durant 10 heures de test.
Josuinkas et al. [10] ont étudié la stabilité des catalyseurs à base de nickel dérivés des
composés de type hydrotalcite, avec 10 et 20% en masse de NiO dans la réaction de
vaporeformage du toluène à 600C. Les deux catalyseurs ont montré des résultats similaires
sans désactivation avec une conversion de 99% pour 10NiHT et 92–95% pour 20NiHT.
Les profils OTP des différents catalyseurs après test de stabilité du vaporeformage du
toluène sont présentés sur la figure 58. Les trois catalyseurs présentent une consommation
d'oxygène due à l’oxydation des espèces de nickel métalliques en oxyde de nickel [21].
Ni2Mg4Al1,8La0,2 présente un deuxième pic qui révèle la présence de plusieurs formes de
nickel. Alors que Ni2Mg4Al2 présente un petit pic associé à la combustion du carbone à
500C (pic vers le bas).
Seul le catalyseur non promu présente un pic lié à la formation de carbone. Donc l’addition
des promoteurs a inhibé le dépôt de carbone. La présence des promoteurs peut accentuer
l’adsorption du CO2 qui se forme lors du vaporeformage et réduit la formation de carbone
déposé (CO2 + C 2CO) [22].
150
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
Ni2Mg4Al1,8La0,2
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
Ni2Mg4Al2
Les profils DRX des catalyseurs après test de stabilité de vaporeformage du toluène
sont présentés sur la figure 59. Les profils montrent des raies attribuées au nickel métallique
(fiche JCPDS n°65-0380) avec des réflexions à 2 = 45, 52 et 76[23] et la solution solide
MgNiO2/[Link] JCPDS n°24-0712.
Le solide Ni2Mg4Al2 présente uniquement les phases d’oxyde de nickel et de magnésium sans
détection du nickel métallique.
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni2Mg4Al1,8La0,2 possèdent la phase MgAl2O4 connue pour ses propriétés
basiques qui sont l’origine de la bonne activité et sélectivité de ces deux catalyseurs.
Aucune raie correspondante au dépôt de carbone n’est détectée pour les catalyseurs étudiés.
151
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
•
• •
Ni2Mg4Al1,8La0,2
Intensité (u.a.)
•
• •
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
Ni2Mg4Al2
20 30 40 50 60 70 80 90 100
2 ()
Figure 59 : Diffractogrammes de Rayons X des solides après test de stabilité en
vaporeformage du toluène.
• : Ni cubique JCPDS n°65-0380, : MgNiO2/[Link] JCPDS n°24-0712,
: MgAl2O4 JCPDS n°33-0853 et : SiO2 JCPDS n°82-1554.
Les données détaillées des analyses thermiques pour les catalyseurs après test de
stabilité en vaporeformage du toluène sont présentées sur la figure 60. La perte de masse
accompagnée d’un pic endothermique en ATD est attribuée à la désorption thermique de l'eau
et/ou du dioxyde de carbone adsorbé [20]. À plus hautes températures, aucune perte de masse
liée à l’oxydation du dépôt de carbone n’est observée pour aucun des catalyseurs testés.
152
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
a) Ni2Mg4Al2
100 310C
3,7%
98
97
96
0 200 400 600 800
Température (C)
101
b) Ni2Mg4Al1,8Ce0,2
305C
100
99
Perte de masse (%)
97 6,2%
96
95
94
93
0 200 400 600 800
Température (C)
c) Ni2Mg4Al1,8La0,2
100 300C
99
Perte de masse (%)
98 5%
97
96
95
0 200 400 600 800
Température (C)
153
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
Les analyses par DRX et thermiques n’ont pas montré la détection du dépôt de carbone pour
aucun des catalyseurs testés. Seule l’OTP a décelé la formation d’un dépôt de carbone sur le
catalyseur Ni2Mg4Al2.
IV.9. Conclusion
Dans ce chapitre, les performances catalytiques des oxydes ont été testées vis-à-vis de
la réaction de vaporeformage du toluène. Une étape de réduction des oxydes est nécessaire
pour l’activation des catalyseurs.
Les résultats des tests catalytiques de vaporeformage du toluène montrent que la réactivité
s’améliore avec l’augmentation de la teneur en magnésium. Les meilleures activités sont pour
Ni2Mg4Al2, Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni2Mg4Al1,8La0,2 qui présentent des conversions de 100% en
toluène à 520C, 450C et 491C respectivement ainsi que les meilleures sélectivités en
hydrogène. Les promoteurs jouent un rôle au niveau de la conversion et de la sélectivité en
hydrogène.
D’après les caractérisations physico-chimiques après test catalytique, les catalyseurs n’ont
pas montré de formation de coke.
Le catalyseur Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 préparé au laboratoire possède une conversion en toluène
similaire au catalyseur industriel Ni(50%)/Al2O3 mais une concentration en benzène plus
faible et une sélectivité en hydrogène plus élevée
L’étude de stabilité de trois catalyseurs sélectionnés, Ni2Mg4Al2, Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et
Ni2Mg4Al1,8La0,2, a montré une conversion du toluène de 100% ainsi qu’une sélectivité en
hydrogène presque constante qui est de 77% pour Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni2Mg4Al1,8La0,2 et de
58% pour Ni2Mg4Al2. Aucune désactivation n’est observable, juste un faible dépôt de
carbone pour le solide Ni2Mg4Al2.
En se basant sur l’ensemble des résultats, le solide Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 révèle des performances
catalytiques intéressantes pour la réaction de vaporeformage du toluène. Effectivement, les
conversions en toluène, les sélectivités en hydrogène sont élevées sans formation de coke.
Ceci peut être expliqué par la présence de la phase active le nickel et l’effet synergétique
entre le cérium et le magnésium dans l’échantillon qui permet une meilleure sélectivité
envers la réaction de vaporeformage.
154
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
Références :
[1] Y. Sugiura, D. Mukai, Y. Murai, S. Tochiya et Y. Sekine, « Oxidation resistance of
Ni/La0.7Sr0.3AlO3-δ catalyst for steam reforming of model aromatic hydrocarbon », Int. J.
Hydrog. Energy, vol. 38, no 19, p. 7822‑7829, juin 2013.
[7] F. Melo et N. Morlanés, « Naphtha steam reforming for hydrogen production », Catal.
Today, vol. 107‑108, p. 458‑466, oct. 2005.
155
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
156
Chapitre IV: Vaporeformage du toluène
157
Conclusion générale
158
Conclusion générale
Le travail de cette thèse fait le point sur l'application de catalyseurs dérivés des
hydrotalcites pour le reformage à sec et le vaporeformage du toluène. Les performances
catalytiques des oxydes Ni/Mg/Al/Ce/La préparés par voie hydrotalcite sont testées vis-à-vis
de ces réactions.
159
Conclusion générale
Dans le reformage à sec du toluène, les résultats ont montré une augmentation de
l’activité catalytique lors du remplacement du cation bivalent Mg2+ par Ni2+. D’autre part,
l’ajout du promoteur affecte la sélectivité de la réaction avec une quantité de benzène formée
durant le test inférieure à celle obtenue en présence du catalyseur non promu. De plus, la
formation de dépôt de carbone après test décelée par OTP, DRX, ATD/ATG est la plus faible
pour les catalyseurs promus avec le cérium.
L’étude de stabilité a montré que les trois catalyseurs Ni2Mg4Al2, Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et
Ni2Mg4Al1,8La0,2 étaient stables pour 10 heures de test. En se basant sur ces résultats, le
solide Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 s’est révélé prometteur pour la réaction de reformage à sec du
toluène. En effet, les conversions en toluène et dioxyde de carbone sont élevées avec une
faible formation de coke. Ceci est dû à l’efficacité de la phase active, le nickel, et l’effet
synergétique entre le cérium et le magnésium dans l’échantillon qui permet d’atténuer la
formation de coke.
160
Conclusion générale
Pour donner suite à notre travail, et valider les performances de nos catalyseurs,
plusieurs études sont envisagées.
Il serait intéressant d’effectuer une étude de désactivation approfondie car pour une
application catalytique industrielle, le catalyseur doit être stable pour de longues périodes.
Il serait intéressant de mener un reformage combiné « vaporeformage + reformage à sec » du
toluène.
Finalement, un procédé de « scaling up » du reformage du toluène en présence du
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 peut être envisagé pour une éventuelle application industrielle dans le
traitement des COVs.
161
Annexes
162
Annexes
Annexe 1
La position des raies donne une information sur les paramètres de maille. La raie
située à 2θ ≈ 11° a été indexée comme étant (003) et correspond à d003 ≈ 8 Å selon la loi de
Bragg. Cette réflexion de base correspond à l’espace interfeuillet, elle permet de calculer le
paramètre de maille « c » par la relation : c= 3 d003. La réflexion intense aux environs de
2θ ≈ 60° a été indexée comme étant (110) et correspond à d110 ≈ 1,54 Å. En effet, la distance
interréticulaire de la raie (110) représente la moitié de la distance métal-métal dans le feuillet
donc le paramètre « a » sera calculé par la relation : a= 2 d110. La détermination de ces
paramètres se fait en connaissant les plans réticulaires (hkl) et la distance interréticulaire dhkl
donnée par la relation suivante :
a
dhkl = 1⁄
(4⁄3 (h2 + k 2 + hk) + l2 (a⁄c)2 ) 2
163
Annexes
Annexe 2
Pertes de masses
Les pertes de masse observées lors des analyses thermogravimétriques et les pertes de masse
attendues pour les différents solides sont présentées dans le Tableau VI.
Tableau VI : Pertes de masse observées lors de la calcination sous flux d’air et les pertes
de masse attendues des échantillons séchés.
Ni6Al2 HT 32,1 31
Ni4Mg2Al2 HT 35,1 36
Ni2Mg4Al2 HT 38,7 37
Mg6Al2 HT 43,1 42,7
Ni6Al1,8Ce0,2 HT 31,4 31,2
Ni4Mg2Al1,8Ce0,2 HT 35 34
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 HT 38,5 37,4
Mg6Al1,8Ce0,2 HT 42 41,5
Ni6Al1,8La0,2 HT 33 31,2
Ni4Mg2Al1,8La0,2 HT 35 34
Ni2Mg4Al1,8La0,2 HT 37 37,4
Mg6Al1,8La0,2 HT 41 41,5
164
Annexes
Annexe 3
La silice toute seule est testée dans les processus de reformage à sec et du vaporeformage du
toluène. Elle n’a montré aucune activité catalytique tout le long du test.
Les profils OTP de la silice après reformage à sec et vaporeformage du toluène sont présentés
sur la figure 61. Aucun pic n’est observable dans toute la gamme de températures étudiée.
Figure 61: Profils OTP de la silice après reformage à sec et vaporeformage du toluène.
165
Annexes
Intensité (u.a)
20 30 40 50 60 70 80 90 100
2 ()
100 100
Signal ATD (u.a)
Perte de masse (%)
(%)
masse(u.a)
Perte de masse (%)
99 99
de ATD
2,2% 2,5%
Signal
Perte
98 98
97 97
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Température (C) Température (C)
Figure 63 : Courbes d’analyses thermiques en fonction de la température de la silice
a) après vaporeformage et b) reformage à sec du toluène.
166
Liste des Figures
Figure 1 : Cycle de Chapman..................................................................................................... 7
Figure 2 : Modification du cycle de Chapman........................................................................... 8
Figure 3 : Évolution des émissions de COVNM sur la période 1988-2014 et leur répartition
par secteur d’activité pour les années 1990, 2000, 2010 et 2013 en France métropolitaine. .... 9
Figure 4 : Composition moyenne des goudrons provenant de la gazéification de la biomasse.
.................................................................................................................................................. 13
Figure 5 : L’énergie libre des réactions de vaporeformage et reformage à sec du toluène. .... 17
Figure 6 : La variation des énergies libres de Gibbs des réactions mentionnées en fonction de
la température........................................................................................................................... 19
Figure 7 : L'unité octaédrique des couches brucite de la structure hydrotalcite. ..................... 28
Figure 8 : Schéma représentatif de la structure hydrotalcite.................................................... 29
Figure 9 : Adsorption du CO2 sur les sites basiques des matériaux dérivés des hydrotalcites.
.................................................................................................................................................. 32
Figure 10 : Méthodes usuelles de synthèse des HDLs. ............................................................ 33
Figure 11 : Représentation schématique des phénomènes de désactivation à l'intérieur d'une
particule de catalyseur.............................................................................................................. 34
Figure 12 : Schéma de Diffraction des Rayons X par une famille de plans réticulaires. ........ 48
Figure 13 : Diffractogrammes de rayons X des solides séchés a) NixMg6-xAl2HT,
b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2HT et c) NixMg6-xAl1,8La0,2HT............................................................... 50
Figure 14 : Diffractogrammes de rayons X des solides calcinés à 800°C a) NixMg6-xAl2,
b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2 et c) NixMg6-xAl1,8La0,2. ........................................................................ 54
Figure 15 : Courbes des analyses thermiques gravimétriques (ATG) et différentielles (ATD)
sous flux d’air des solides séchés a) NixMg6-xAl2HT, b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2HT et
c)NixMg6-xAl1,8La0,2HT. ........................................................................................................... 57
Figure 16 : Spectres Infrarouges des solides séchés a) NixMg6-xAl2HT,
b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2HT et c) NixMg6-xAl1,8La0,2HT............................................................... 61
Figure 17 : Spectres Infrarouges des solides calcinés a) NixMg6-xAl2, b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2 et
c)NixMg6-xAl1,8La0,2. ................................................................................................................ 64
Figure 18 : Isothermes d’adsorption et de désorption de N2 des solides calcinés
a) NixMg6-xAl2, b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2 et c)NixMg6-xAl1,8La0,2. ................................................ 66
Figure 19 : Les profils RTP des solides calcinés a) NixMg6-xAl2, b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2 et
c)NixMg6-xAl1,8La0,2. ................................................................................................................ 70
167
Figure 20 : Profils DTP-CO2 des oxydes NixMg6-xAl2. ........................................................... 75
Figure 21 : Profils DTP-CO2 des oxydes NixMg6-xAl1,8Ce0,2. ................................................. 76
Figure 22: Profils DTP-CO2 des oxydes NixMg6-xAl1,8La0,2.................................................... 77
Figure 23: Montage du test catalytique du reformage à sec du toluène................................... 88
Figure 24 : Évolution des taux de conversion du toluène (a) et du dioxyde de carbone (b) en
fonction de la température de la réaction en présence du catalyseur Ni6Al2
avec et sans réduction. ............................................................................................................. 91
Figure 25 : Évolution des taux de conversion du toluène (a) et du dioxyde de carbone (b) en
fonction de la température de la réaction en présence des catalyseurs NixMg6-xAl2 (0 x 6).
.................................................................................................................................................. 92
Figure 26 : Évolution du taux de conversion du toluène (a) et du dioxyde de carbone (b) en
fonction de la température de la réaction en présence des catalyseurs
NixMg6-xAl1,8Ce0,2 (0 x 6). ................................................................................................. 94
Figure 27 : Évolution du taux de conversion du toluène (a) et du dioxyde de carbone (b) en
fonction de la température de la réaction en présence des catalyseurs
NixMg6-xAl1,8La0,2 (0 x 6). ................................................................................................. 94
Figure 28: Sélectivités en hydrogène des échantillons NixMg6-xAl2, NixMg6-xAl1,8Ce0,2 et
NixMg6-xAl1,8La0,2 (2 x 6) à 100% conversion en toluène. ................................................ 95
Figure 29 : Comparaison des conversions du toluène (a) et du dioxyde de carbone
(b) des solides Ni6Al2, Ni6Al1,8Ce0,2 et Ni6Al1,8La0,2. .............................................................. 96
Figure 30 : Comparaison des concentrations du benzène en fonction de la température pour
les catalyseurs Ni6Al2, Ni6Al1,8Ce0,2 et Ni6Al1,8La0,2 lors du processus de reformage à sec du
toluène. ..................................................................................................................................... 97
Figure 31 : Profils OTP des échantillons a) NixMg6-xAl2 b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2 et
c) NixMg6-xAl1,8La0,2 avec(2 x 6) après reformage à sec du toluène. ............................... 99
Figure 32 : Diffractogrammes de Rayons X des solides a) NixMg6-xAl2
b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2 et c) NixMg6-xAl1,8La0,2 (2 x 6) après reformage à sec. ................ 101
Figure 33 : Courbes de pertes de masse et des signaux ATD en fonction de la température des
échantillons NixMg6-xAl2 (2 ≤ x ≤ 6) après tests catalytiques de reformage à sec. ................ 104
Figure 34 : Courbes de pertes de masse et des signaux ATD en fonction de la température des
échantillons NixMg6-xAl1,8Ce0,2 (2 ≤ x ≤ 6) après tests catalytiques de reformage à sec. ...... 105
Figure 35 : Courbes de pertes de masse et des signaux ATD en fonction de la température des
échantillons NixMg6-xAl1,8La0,2 (2 ≤ x ≤ 6) après tests catalytiques de reformage à sec. ...... 106
168
Figure 36 : Évolution des réactifs et des produits suivie par spectrométrie de masse au cours
du reformage à sec du toluène en présence des solides Ni2Mg4Al2, Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et
Ni2Mg4Al1,8La0,2. ................................................................................................................... 108
Figure 37 : Mécanisme réactionnel simplifié proposé pour la réaction de reformage à sec du
toluène en présence des catalyseurs utilisés dans cette étude ................................................ 111
Figure 38 : Évolution du taux de conversion du toluène en fonction de la température au
cours de 10 heures à 700C lors du reformage à sec. ............................................................ 112
Figure 39 : Profils OTP des échantillons après test de stabilité de reformage à sec du toluène.
................................................................................................................................................ 114
Figure 40 : Diffractogrammes de rayons X des solides après test de stabilité de reformage à
sec du toluène. ........................................................................................................................ 115
Figure 41 : Courbes d’analyses thermiques en fonction de la température des échantillons
après tests de stabilité de reformage à sec du toluène. ........................................................... 116
Figure 42 : Montage du test catalytique du vaporeformage du toluène. ................................ 124
Figure 43 : Conversion du toluène et sélectivité en hydrogène en fonction de la température
sur les oxydes a) NixMg6-xAl2, b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2 et c) NixMg6-xAl1,8La0,2 (0 ≤ x ≤ 6). ... 127
Figure 44 : Comparaison des conversions en toluène des trois solides Ni2Mg4Al2,
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni2Mg4Al1,8La0,2. ................................................................................... 130
Figure 45 : Comparaison des sélectivités en hydrogène des trois solides Ni2Mg4Al2,
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 et Ni2Mg4Al1,8La0,2. ................................................................................... 131
Figure 46 : Les concentrations de (a) CH4, (b) C2H4 et (c) C6H6 pour les catalyseurs
NixMg6-xAl1,8Ce0,2 (2 x 6) lors du vaporeformage du toluène obtenues par CPG. .......... 133
Figure 47 : Évolution des réactifs et des produits suivie par spectrométrie de masse au cours
du vaporeformage du toluène en présence des solides NixMg6-xAl1,8Ce0,2 (2 x 6).......... 134
Figure 48 : Mécanisme simplifié pour le vaporeformage du toluène. ................................... 137
Figure 49 : Profils OTP des échantillons a) NixMg6-xAl2 b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2 et
c) NixMg6-xAl1,8La0,2 avec(2 x 6) après vaporeformage du toluène. ............................... 139
Figure 50 : Diffractogrammes de Rayons X des solides a) NixMg6-xAl2
b) NixMg6-xAl1,8Ce0,2 et c) NixMg6-xAl1,8La0,2 (0 x 6) après vaporeformage. .................. 141
Figure 51 : Courbes d’analyses thermiques en fonction de la température des échantillons
NixMg6-xAl2 (2 x 6) après tests catalytiques de vaporeformage. ..................................... 143
Figure 52 : Courbes d’analyses thermiques en fonction de la température des échantillons
NixMg6-xAl1,8Ce0,2 (2 x 6) après tests catalytiques de vaporeformage. ........................... 144
169
Figure 53 : Courbes d’analyses thermiques en fonction de la température des échantillons
NixMg6-xAl1,8La0,2 (2 x 6) après tests catalytiques de vaporeformage. ........................... 145
Figure 54 : Conversion du toluène pour Ni(50%)/Al2O3 et Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 en fonction de la
température. ........................................................................................................................... 146
Figure 55 : La concentrations de C6H6 pour les catalyseurs Ni(50%)/Al2O3 et
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2 lors du vaporeformage du toluène obtenus par CPG. ................................ 147
Figure 56 : Comparaison des sélectivités en hydrogène entre Ni(50%)/Al2O3 et
Ni2Mg4Al1,8Ce0,2. ................................................................................................................... 148
Figure 57 : Évolution du taux de conversion du toluène et des sélectivités en hydrogène en
fonction de la température au cours de 10 heures lors du vaporeformage............................. 149
Figure 58 : Profils OTP des échantillons après test de stabilité de vaporeformage du toluène.
................................................................................................................................................ 151
Figure 59 : Diffractogrammes de Rayons X des solides après test de stabilité en
vaporeformage du toluène...................................................................................................... 152
Figure 60 : Courbes d’analyses thermiques en fonction de la température des échantillons
après tests de stabilité de vaporeformage du toluène. ............................................................ 153
Figure 61: Profils OTP de la silice après reformage à sec et vaporeformage du toluène. ..... 165
Figure 62: Diffractogrammes de Rayons X de la silice après reformage à sec et
vaporeformage du toluène...................................................................................................... 166
Figure 63 : Courbes d’analyses thermiques en fonction de la température de la silice a) après
vaporeformage et b) reformage à sec du toluène. .................................................................. 166
170
Liste des Tableaux
171