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Théorie du comportement planifié et PCU

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Présentation de la théorie

La théorie du comportement planifié (TCP) proposée par Ajzen (1991) est une
extension des précédents travaux réalisés par Fishbein lors du développement de la théorie de
l’action raisonné (TAR). Selon la théorie de l’action raisonnée (Fishbein & Ajzen, 1975),
l’adoption d’un comportement d’un comportement volitif repose exclusivement sur la
motivation (intention) ; laquelle à son tour, canalise les attitudes et les normes sociales
perçues envers l’adoption de ce comportement.

Fishbein & et Ajzen ont dégagé que, dans les faits, l’attitude était un bon déterminant
du comportement lorsque sa mesure impliquait la personne dans l’action visée. Ils ont alors
proposé que les variables cognitives doivent correspondre en termes d’action, d’objet, de
contexte et de temps. La caractéristique principale de cette théorie prend pour acquis que
l’individu a l’intention d’agir, c’est-à-dire de changer son comportement et que tous les autres
facteurs touchant le comportement, sont considérés dans le contexte de l’intention d’agir.
Mais pour que l’adoption du comportement passe de l’intention à l’acte, il faut ces trois
dimensions y soient favorables.

- Les attitudes (mon regard) regroupent, d’une part, les réponses cognitives et
émotionnelles qui surgissent spontanément à la pensée d’adopter un comportement et,
d’autre part, l’évaluation subjective des conséquences qui en résultent. Cette attitude
résulte des connaissances, sentiments et croyances de l’individu et peut être favorable
ou défavorable au comportement.
- La norme subjective (regard de mes proches) informe sur l’importance que
l’individu accorde à l’opinion des gens qui lui sont significatifs (proches) quant à
l’adoption d’un comportement donné. Ces normes incluent son désir de se confronter à
l’opinion de ses personnes.
- La perception du contrôle comportement reflète la capacité d’un individu à adopter
un comportement, dans un contexte général ou lorsque le comportement volitif est
limité. Il s’agit de l’évaluation de ses ressources lui permettant de réaliser le
comportement (ressources matérielles et psychologiques).

D’après ce modèle, pour prédire un comportement, il faut :

- Élaborer une intention d’action relative au comportement à prédire ;


- Identifier toutes les variables susceptibles de provoquer le comportement à prédire ;
- Mesurer et évaluer leur influence sur le comportement à prédire ;
- Retenir les variables les plus influentes ;
- Confronter ces variables à l’intention pour déterminer la qualité du conflit provoqué et
la qualité des moyens déployés par l’intention pour résister à ce conflit ;
- Déterminer les variables les plus résistantes à l’intention et les considérer comme
intermédiaires ;
- Prédire le comportement en fonction de l’intention et de l’orientation des variables
intermédiaires.

L’idée principale qui découle de cette théorie se résume ainsi : les individus ne seront
pas susceptibles de développer une forte intention d’agir et de se comporter d’une certaine
façon dont ils croient ne pas avoir les ressources nécessaires ou les opportunités pour y
arriver, et ce même s’ils possèdent des attitudes favorables envers le comportement en
question et s’ils estiment que les membres de leur entourage approuveraient le comportement
(normes subjectives). Nous ajoutons le contrôle comportemental perçu précise du concept
d’auto-efficacité (les ressources matérielles et psychologiques, les motivations, les
expériences).

Application de la théorie au thème

Dans le cadre de notre étude sur la place de la pilule contraceptive d’urgence (PCU)
dans les services de planning familial à Maroua, les pratiques des prestataires vis-à-vis de la
PCU pourrait trouver une explication au travers du prisme de la théorie du comportement
planifié. D’une part la PCU est considéré comme une méthode de planning familial pouvant
provoquer un avortement, ce qui s’oppose aux croyances religieuses du milieu et les
prestataires développent des attitudes défavorables vis-à-vis de cette méthode. L’intention
d’offrir ou de refuser la PCU à une personne, tient compte aussi de cette deuxième charge qui
sont les normes sociales en vigueur, les croyances en ses normes et les conséquences perçues
en cas de non-respect des normes.

En pratique, plusieurs recherches ont évoqué la crainte des prestataires de voir une
augmentation des comportements sexuels à risques, des rapports sexuels non protégés, des
usages abusives de PCU et une dépravation des meurs. Bien plus ils craignent une diminution
de l’utilisation des moyens de contraception courantes surtout du préservatif. Évaluant toutes
ses conséquences sanitaires et sociales, les prestataires développent des attitudes défavorables
à l’usage de la PCU favorisant parfois le refus de cette méthode à certains groupes de
personnes. Enfin, quand bien même, ils ont l’intention de prescrire la PCU ils se trouvent
confronter ou en conflit avec leurs croyances et les normes sociales et ceci génèrent une gêne
parfois un refus de la méthode. Il faut en ce moment que les prestataires évaluent une nouvelle
fois la nécessité de prescription ou de refus de la méthode, les conséquences possibles et
décident en fonction de son expérience, de ses motivations ou de ses capacités psychologiques
à surmonter les barrières pour délivrer la PCU.

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