Rapport d'assistance technique FMI Madagascar
Rapport d'assistance technique FMI Madagascar
Le présent document rassemble des conseils techniques fournis par les services du Fonds monétaire
international (FMI) aux autorités de la République de Madagascar (ci-après le « bénéficiaire de
l’assistance technique ») en réponse à leur demande d’assistance technique. À moins que le bénéficiaire
des activités d’assistance technique ne s’y oppose expressément, ce document (dans sa totalité, en
partie ou sous une forme résumée) peut être communiqué par le FMI à l’administrateur du FMI pour
Madagascar, à d’autres administrateurs du FMI et à des membres de leurs équipes, ainsi qu’à d’autres
organismes ou entités du bénéficiaire des activités de développement des capacités et, à leur demande,
aux services de la Banque mondiale, à d’autres prestataires d’assistance technique et bailleurs de fonds
dont l’intérêt est légitime (voir les directives opérationnelles des services du FMI sur la diffusion des
informations relatives aux activités de développement des capacités). La publication du présent rapport
ou sa communication (intégralement ou en partie) à des parties extérieures au FMI autres que des
organismes ou entités du bénéficiaire des activités de développement des capacités, les services de la
Banque mondiale, d’autres fournisseurs d’assistance technique et bailleurs de fonds ayant un intérêt
légitime requiert le consentement explicite du bénéficiaire des activités d’assistance technique et du
département des finances publiques du FMI.
Cette assistance technique (AT) a été fournie avec le soutien financier du Global Public Finance
Partnership (GPFP) : Fonds fiduciaire multi-donateurs d’AT.
PRÉFACE _______________________________________________________________________ 5
RÉSUMÉ ________________________________________________________________________ 6
I. INTRODUCTION _______________________________________________________________ 8
Tableaux
1. Résumé des recommandations ____________________________________________________ 6
2. Suivi des recommandations de la mission de mars 2023 _________________________________ 9
Annexes
1. Analyse du projet de note sur les dispositions anti-abus ________________________________ 20
La mission s’est entretenue avec M. Germain, Directeur Général des Impôts, et son équipe, ainsi que la
Direction de la Législation Fiscale et du Contentieux.
La mission remercie vivement les autorités et toutes les personnes rencontrées pour l’accueil qui lui a été
réservé et la collaboration dont elle a bénéficié.
L’ensemble des participants à la formation ont fait preuve d’une véritable implication qui a permis
d’enrichir l’apprentissage par le partage des expériences et points de vue.
Ces modifications visent principalement à (i) assurer la mise en œuvre effective de l’obligation
documentaire et (ii) corriger certaines imprécisions législatives. Elles doivent également permettre
de contourner le retard pris sur le déploiement de la plateforme dédiée, afin que cela ne soit plus un point
de blocage des obligations déclaratives de prix de transfert.
De plus, une continuité dans l’assistance technique apparait nécessaire. Celle-ci pourrait utilement
intégrer une assistance dans la conduite des contrôles fiscaux de prix de transfert ainsi que le
renforcement des moyens humains, opérationnels et législatifs.
Modifier la législation sur les prix de transfert (après validation dans le cadre d’une
assistance technique) notamment en :
Mettre en place une assistance technique sur les prix de transfert incluant
notamment l’assistance à contrôle fiscal. CT et MT Positif
1
Projet de loi n° 023/2023 portant loi de finances pour 2024
Introduire une disposition permettant d'éviter la double MT En cours d’analyse Demander une assistance technique pour la mise
imposition en accordant un crédit d'impôt ordinaire pour les en œuvre.
impôts payés à l'étranger.
Fiscaliser les entreprises non-résidentes uniquement pour les CT Réalisé dans la LF 2024
bénéfices qui peuvent être attribués à un établissement stable
malgache.
Considérer le fait de reconnaitre un agent dépendant en tant MT En cours d’élaboration Demander une assistance technique pour la mise
qu'établissement stable. en œuvre.
Introduire dans une disposition spécifique du CGI une retenue CT Réalisé dans la LF 2024
à la source de 10 pour cent sur les paiements liés aux
dividendes, intérêts, redevances et les frais de services versés
aux personnes physiques et morales non-résidentes.
Lors de la renégociation de la convention avec l'île Maurice, il CT En cours d’analyse Demander une assistance technique pour la
convient d'envisager de porter à 10 pour cent le taux de renégociation des conventions avec la France et
retenue à la source sur les redevances. l’Île Maurice.
Développer une pratique administrative permettant aux MT En cours d’analyse Demander une assistance technique pour la mise
entreprises malgaches de bénéficier des retenues à la source en œuvre.
réduites si les bénéficiaires sont éligibles aux conventions.
Introduire une disposition nationale qui permettrait l’imposition LT Il s’avère que les dispositions Demander une assistance technique sur les cas
des plus-values sur les ventes d’actions dont la valeur provient actuelles prévues par les articles pratiques autour de l’interprétation et l’application
principalement de la valeur des biens immobiliers, y compris [Link]°-b; [Link];
01.01.14-IV du CDI permettent
Collaborer avec les partenaires des conventions pour conclure MT En cours d’analyse
des protocoles additionnels afin de couvrir les modifications
nécessaires liées aux standards minimaux BEPS.
Prix de transfert
Assurer la mise en œuvre immédiate des obligations CT Réalisé partiellement avec Assurer la mise en œuvre effective de l’obligation
déclaratives en incluant les modifications proposées l’instauration de seuils pour documentaire pour les exercices non prescrits.
principalement : l’obligation documentaire et
l’introduction d’une obligation Élargir le champ d’application de l’obligation
déclarative déclarative à tous les contribuables.
- Instaurer une limitation des entreprises soumises à
l’obligation documentaire par une exemption dans la
Décision d’application, puis dans le CGI dans la loi de
finances 2024 ;
- Instaurer une obligation déclarative applicable à
l’ensemble des contribuables.
Renforcer le corpus législatif fin 2023 principalement : CT Réalisé partiellement Ajuster les dispositions de la LF 2024.
-Décision d’application en cours
- Étoffer la Décision d’application ; de renforcement
- Inclure les transactions nationales dans le champ du - Réalisé
principe de pleine concurrence et des obligations
documentaires et déclaratives ;
-En cours d’analyse
Mettre en œuvre une stratégie spécifique pour le secteur MT Réalisé partiellement Poursuivre le renforcement de la collaboration
minier principalement : entre ministères et la mise en œuvre
-Législation sur les bénéficiaires opérationnelle des bénéficiaires effectifs.
effectifs inclue dans la LF 2024
- Renforcer la transparence par une réglementation aux
normes EITI de l’identification et la publication des
bénéficiaires effectifs ;
- Réaliser un contrôle de prix de transfert des sociétés
minières en coordination avec la DGD et le ministère des - Non réalisé
Mines ;
- Créer ou, le cas échéant, renforcer pour le secteur une - En cours d’analyse
cellule interministérielle regroupant le ministère des
Mines, la DGE et la DGD.
Assurer la mise en œuvre effective de la législation de MT En cours d’analyse Poursuivre l’assistance technique sur le
prix de transfert principalement : renforcement de capacités.
2. La documentation de prix de transfert Présentation des catégories d’information contenues dans une
documentation
Revue analytique d’un exemple de documentation
Cas pratique de collecte et d’analyses d’informations sur 3 contribuables
malgaches
3. L’analyse économique et les Présentation des indicateurs de profits et mise en application à partir des
recherches de comparables états financiers de 2 contribuables malgaches
Présentation des types de comparables et sources d’information
Cas pratique sur une recherche de sociétés comparables sur la base de
données Orbis relative aux achats de produits pétroliers par un distributeur
malgache
4. Analyse de cas pratiques malgaches Méthodologie d’analyse des prestations de services et application à un cas
malgache
Méthodologie d’analyse des redevances de marque et application à un cas
malgache
B. Apports de la formation
7. Il convient en premier lieu de souligner l’implication de l’ensemble des participants à
la formation et la volonté de renforcer les connaissances en matière de prix de transfert. Celle
s’est déroulée dans une ambiance participative qui a permis de prendre en compte les contraintes
réelles de la DGI et de renforcer la maîtrise de concepts techniques et complexes.
9. Les participants ont ainsi évolué dans leur maîtrise de cette matière. Ces efforts doivent
être poursuivis afin de favoriser une mise en pratique rapide et efficace, pour les traduire dans un
contrôle des risques d’érosion de la base taxable et participer effectivement à la mobilisation des
ressources.
10. Le support de la formation dispensée lors de la mission est disponible sur le site
internet du FMI suivant : [Link]
Une formation sur les techniques de vérification des prix de transfert. Les thèmes pouvant
être abordés incluent :
L’analyse des documentations de prix de transfert. Les thèmes peuvent inclure (i) la
validation du caractère complet des documentations et l’application des pénalités et (ii) la
confirmation (ou l’infirmation) de l’analyse produite par les contribuables.
La conduite d’une vérification de prix de transfert. Les thèmes peuvent inclure (i) l’utilisation
des procédures de vérification, (ii) les techniques de validation de l’analyse fonctionnelle (e.g.
évaluation de la matérialité des services rendus).
La construction et la justification d’une notification de redressement. Les thèmes peuvent
inclure (i) les éléments de motivation d’une notification et (ii) la répartition de la charge de la
preuve.
Les techniques de résolution des désaccords avec les contribuables. Les thèmes peuvent
inclure (i) le développement d’un positionnement de la DGI vis-à-vis des comportements
d’optimisation fiscale, (ii) la résolution des contentieux avec le contribuable notamment en
utilisant la jurisprudence étrangère (iii) les enjeux et la conduite des procédures d’élimination
de la double imposition, et (iv) la mise en œuvre progressive d’une procédure d’accord
préalable sur les prix.
12. Autant que possible, les formations dispensées devraient s’appuyer sur des cas
pratiques malgaches, notamment :
Recommandations
Poursuivre les formations de prix de transfert notamment sur la conduite des contrôles fiscaux et
la justification des redressements de prix de transfert.
Réaliser des ateliers de formation et de co-construction des outils législatifs.
Demander une assistance technique dans la conduite des contrôles fiscaux.
14. La conception de la déclaration simplifiée nouvelle peut être améliorée sur les
principaux points suivants :
Elle est incluse dans le même article que le droit de communication et que la documentation
complète de prix de transfert, alors que les champs d’application sont différents. Il est donc
recommandé de séparer chaque obligation dans un article différent.
Son champ d’application est identique à celui de l’obligation documentaire. Toutefois, celle-ci a
vocation à s’appliquer à l’ensemble des filiales multinationales sans seuil de chiffre d’affaires. La
raison principale de cette distinction est que la déclaration simplifiée nécessite un travail
beaucoup moins lourd et une compétence moins importante en prix de transfert que la
documentation complète. Il est donc recommandé de distinguer la déclaration simplifiée et
l’obligation documentaire dans des articles séparés ainsi que leurs champs d’application.
Les sanctions de la déclaration simplifiée sont identiques à celles de l’obligation documentaire,
alors que les enjeux sont différents. La déclaration simplifiée a pour objectifs principaux de
réaliser une analyse de risque et de valider les respects des limites de déductibilité des charges.
Un manquement doit donc être analysé comme un défaut de déclaration, et être pénalisé par une
amende. À ce titre, l’amende prévue de 10 M Ar apparait appropriée et suffisante. La mise en
place d’un redressement d’office ou d’une sanction selon un pourcentage des transactions peut
apparaître élevée 2.
La rédaction fait référence à une plateforme dédiée et à des annexes 2 et 17. Toutefois, la
plateforme dédiée n’est pas encore opérationnelle. De plus, les annexes font référence au
« canevas » sous-tendant la plateforme, qui peuvent être amenés à évoluer et dont le contenu
n’a pas été communiqué aux contribuables. Elle n’est donc pas applicable en l’état. Il est donc
recommandé de revoir la rédaction de cet article en le limitant au champ d’application, et en
renvoyant à un texte d’application pour toute modalité de mise en œuvre.
2
A contrario, l’obligation documentaire vise à valider ou invalider le caractère de pleine concurrence des prix pratiqués par les
contribuables. Les sanctions visent donc à empêcher les stratégies de rétention d’information, et doivent donc être plus
contraignantes que celles relatives à la déclaration simplifiée.
FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL Rapport d’assistance technique | 15
Les seuils concernant les entreprises concernées. Ceux-ci incluent deux critères alternatifs : (i)
les filiales réalisant un chiffre d’affaires au-delà de 40 Mrds Ar ou (ii) les filiales appartenant à un
groupe d’entreprises réalisant un chiffre d’affaires de plus de 250 Mrds Ar ;
Les seuils concernant les transactions (critère cumulatif par rapport au précédent). Seules les
transactions par nature de transaction excédant 450 M Ar doivent être documentés.
19. De plus, il convient de rajouter une disposition permettant l’accès à l’information pour
les filiales ne répondant pas aux critères de soumission. Cette disposition vise à obliger les
contribuables concernés à rédiger une documentation de prix de transfert en cas de vérification de
comptabilité lorsque le service vérificateur rassemble des éléments établissant une présomption
d’anomalie des prix de transfert pratiqués.
21. Les dispositions des alinéas 4° et 6° de l’article 01.01.13 IV du CDI peuvent porter à
confusion notamment concernant la charge de la preuve. Par exemple, la notion de « fait
apparaître l’éventualité d’un ajustement » est peu précise. Il est donc recommandé de modifier ces
dispositions pour clarifier la charge de la preuve qui pèse sur le contribuable et l’administration
fiscale.
22. Enfin, il est recommandé d’insérer une sanction supplémentaire pour les
manquements aux obligations documentaires 3. En plus de l’amende forfaitaire de 10 M Ar et du
redressement d’office, une sanction exprimée en pourcentage des transactions non documentées ou
3
Des exemples de dispositions (en français) sur les sanctions en cas de défaut de dépôt des documents relatifs aux prix de
transfert sont disponibles à l’annexe 1 de la boîte à outils de la Plateforme de collaboration sur les questions fiscales à
l’adresse [Link]
FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL Rapport d’assistance technique | 16
24. Pour pallier ce retard, un communiqué du 23 mars 2022 a été publié reportant « la date
d’échéance du dépôt de la documentation sur le prix de transfert au titre de l’exercice 2020 et
2021 à une date ultérieure qui sera déterminée une fois que le trimestre consacré aux
formations est révolu ». Ce communiqué a donc reporté la date d’échéance à la création de la
plateforme et à la dispense de formation par la DGI aux contribuables. Toutefois, ces deux étapes
n’ont pas été réalisées à ce jour, retardant de facto la mise en œuvre de l’obligation documentaire.
25. D’après les entretiens réalisés par la mission, la construction de la plateforme dédiée
est finalisée dans sa version test. Toutefois, des incertitudes persistent sur la possibilité de la
déployer rapidement dans la pratique. Notamment, elle est intégrée dans un module plus large
incluant le droit de communication et la balance générale à 3 chiffres, qui semblent se situer à un
stade de développement moins avancé. La capacité de déployer la plateforme de prix de transfert
indépendamment des autres éléments du module informatique n’est pas validée. De plus, la maîtrise
technique de cette plateforme reste sous le contrôle du prestataire de services externe, ce qui peut
générer des difficultés.
26. En absence de certitude sur l’opérationnalité de cette plateforme, il est donc fortement
recommandé de changer les modalités de dépôt de la documentation, celles-ci pouvant être
revues dès que la plateforme sera opérationnelle. Il est donc recommandé de modifier la
législation en la limitant au champ d’application de l’obligation documentaire et en renvoyant à un
texte d’application pour les modalités opérationnelles. Ce texte d’application, publié de façon
concomitante à la nouvelle législation et remplaçant les communiqués précédents, devrait également
prévoir que pour tous les exercices non prescrits la documentation doit être rédigée par les
contribuables et mise à disposition en cas de vérification de prix de transfert. Ce texte pourra être
modifié lors du déploiement effectif de la plateforme.
27. Il convient de noter que pour les exercices 2020, 2021 et 2022, le dépôt des
documentations sur la plateforme n’est pas nécessaire. En effet, il ne sera pas possible de traiter
l’ensemble des informations et le dépôt informatique des documentations pour un seul exercice sera
suffisant pour couvrir les besoins en termes d’analyse de risque. Pour 2023, il est également
recommandé de favoriser une conservation de la documentation par le contribuable, à moins que
l’opérationnalité de la plateforme ne soit confirmée au moment de la rédaction du texte d’application.
28. Il est recommandé de modifier le CDI et le CPF dans la prochaine LFR 2024 4.
4
Dans l’hypothèse où aucune loi de finances rectificative ne serait prise, il deviendrait nécessaire d’attendre la loi de finances
pour 2025.
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30. Un premier texte d’application précisant le régime applicable pour les exercices 2020 à
2022 devrait être publié rapidement (et indépendamment des dispositions législatives de la
LFR 2024) afin de mettre en œuvre les obligations documentaires régies par la version
précédente de la législation. Ce texte devrait préciser le régime applicable aux exercices 2020 à
2022 :
Le régime applicable pour les exercices 2020 à 2022. Ce texte doit préciser que les
contribuables doivent rédiger la documentation et la conserver pour une mise à disposition
en cas de vérification de comptabilité. Les reports d’échéances accordés dans les
communiqués antérieurs doivent être annulés, et un nouveau calendrier raisonnable doit être
présenté.
Pour l’exercice 2020, qui est maintenant prescrit, il est recommandé de préciser que cet
exercice n’est plus concerné par l’obligation documentaire.
Pour les exercices 2021 et 2022, la modalité de dépôt sur la plateforme n’apparait plus
pertinente car les données seront difficilement utilisables et, en phase de démarrage,
l’analyse des documentations sur un exercice (2023 ou 2024 selon le déploiement de la
plateforme) apparait suffisante.
Les modalités de dépôt ou de conservation de la documentation. Pour les exercices 2021 et
2022, il est recommandé que cette documentation soit conservée par le contribuable et
disponible en cas de vérification de comptabilité.
Le champ d’application des seuils de soumission à l’obligation documentaire pour les
exercices 2021 5 à 2023. Dans un souci de simplification, il est recommandé de faire une
application rétroactive des seuils définis dans la LF 2024 et devant être précisés dans la LFR
2024. Cette rétroactivité peut être présentée sous la forme d’une dispense des contribuables
ne répondant pas à ces seuils. Dans la mesure où cette rétroactivité est moins contraignante
pour les contribuables sous le seuil de soumission de la LF 2024, cette approche peut être
considérée comme une « faveur » administrative et ne devrait pas générer de problématique
de validité juridique.
31. Pour l’exercice 2023, il est recommandé d’attendre les modifications de la LFR 2024
pour publier les textes d’application et les modalités de dépôt. Ces textes devront préciser si la
documentation doit être conservée par les contribuables ou déposées dans la plateforme dédiée
(uniquement si celle-ci est opérationnelle).
32. De plus, la DGI s’est engagée à dispenser une formation aux contribuables 6 avant la
mise en œuvre des obligations documentaires. Cette formation inclut un volet sur la plateforme
dédiée et un volet sur la technique des prix de transfert. Il est donc nécessaire de dispenser cette
formation au plus tôt afin d’assurer l’effectivité des dispositions législatives et réglementaires.
33. Compte tenu de la technicité de ces textes, une revue dans le cadre d’une assistance
technique est recommandée. De plus, la mise en place d’une assistance technique élargie à
moyen/long terme apparait essentielle. Celle-ci peut porter (i) sur la poursuite de la formation, (ii)
5
L’exercice 2020 étant prescrits, il ne semble pas opportun d’imposer la rédaction de la documentation aux contribuables.
6
Communiqué sur le dépôt de la documentation de prix de transfert au titre de 2020 et 2021, en date du 23 mars 2022
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Recommandations
Opérationnaliser la mise en œuvre de l’obligation documentaire pour 2020, 2021 et 2022 en
publiant un texte d’application incluant :
La fin du report de la date d’échéance accordé par communiqué ;
Les nouvelles dates d’échéance ;
La modification des modalités de transmission : absence d’obligation de dépôt sur la
plateforme et obligation de rédiger la documentation et de la conserver pour transmission
en cas de contrôle fiscal ;
Le cas échéant, annulation de l’obligation pour 2020 (exercice prescrit) ;
L’exemption accordée aux contribuables ne remplissant pas les seuils de soumission
prévus par la LF 2024.
Réaliser les formations sur lesquelles la DGI s’est engagée concernant les modalités de dépôts
et la pratique des prix de transfert.
Modifier la législation sur les prix de transfert (après validation dans le cadre d’une assistance
technique) notamment en :
Ajustant l’obligation déclarative, notamment en l’élargissant à tous les contribuables ;
Transférant les modalités de mise en œuvre dans les textes d’application ;
Ajustant le fonctionnement des seuils de soumission ;
Ajustant la définition du principe de pleine concurrence et la répartition de la charge de la
preuve ;
Précisant les sanctions de la déclaration simplifiée et de l’obligation documentaire.
Publier le texte d’application sur les limites de déductibilité des charges.
Opérationnaliser le dépôt de la documentation pour 2023 sur la plateforme dédiée si cette option
est rapidement applicable ou, à défaut, par conservation par le contribuable pour transmission en
cas de contrôle fiscal.
« charges liées aux opérations financières entre entreprises réputées liées, dont les modalités
sont fixées par texte règlementaire, dans la limite de :
10p.100 des frais généraux de l’exercice réalisé à Madagasikara, pour le quote-part de frais
de siège ou de management fees, et frais d’assistance technique ;
b) 10p.100 de l’excèdent brut d’exploitation, pour les redevances de marque et 15p.100 du
même agrégat pour les redevances de brevet relatives aux actifs incorporels concernés ;
c) 5p.100 des achats réalisés auprès d’une entité́ centralisatrice, pour les commissions
versées, sous réserve de présentation de factures payées par la centrale d’achat ;
d) ratios d’endettement et de sous-capitalisation acceptés par les règles prudentielles émises
par la Commission de Supervision Bancaire et Financière (CSBF) de la Banky Foiben’i
Madagasikara, pour les intérêts débiteurs payés par l’entreprise emprunteuse, sous réserve
des dispositions des Conventions fiscales de non double imposition. »
35. Avant d’analyser la note, il convient de préciser les objectifs et les limites de ces
règles. Celles-ci visent à limiter les abus importants dans les transactions considérées. Ces
transactions ont été identifiées sur la base des entretiens avec les différents services de la DGI
comme (i) relativement récurrentes et (ii) non maîtrisées par la DGI, créant ainsi un risque de perte
de recettes. Toutefois, elles ne doivent pas entraver les opérations légitimes des contribuables et
empêcher de déduire des charges justifiées. Elles doivent donc être fixées avec précaution.
36. En pratique, déterminer la limite appropriée est un exercice délicat qu’il est important
d’objectiver autant que possible. Il est donc recommandé de réaliser des simulations de leur
impact effectif sur les contribuables. Les différents ratios (e.g. 10 ou 15 pour cent) et les références
(e.g. excédent brut d’exploitation, chiffre d’affaires, frais généraux) doivent être analysés en calculant
leur impact sur les entreprises. Par exemple, les montants de prestations de services effectivement
facturés à des contribuables malgaches doivent être comparés aux différentes références potentielles
en vue d’identifier une « norme » et affiner les limites fixées. Celle-ci doit tenir compte des différents
secteurs d’activité. Par exemple, un ratio sur l’EBE peut être effectif pour de nombreux secteurs mais
inefficace pour des secteurs avec des amortissements importants comme les mines ou l’industrie.
37. Une analyse très préliminaire réalisée lors de la formation n’a pas permis de détecter
d’anomalie majeure sur les limites actuellement fixée. Il est donc recommandé de réaliser une
analyse plus solide en commençant par rassembler les informations issues des contrôles fiscaux sur
les transactions des contribuables. Celle-ci devra être complétée par une analyse portant sur les
données de la déclaration simplifiée dès qu’elle sera opérationnelle. En termes de calendrier, il est
recommandé de réaliser cette analyse au plus tôt en vue de modifications éventuelles de la
législation et des textes d’application lors de la LF 2025 (ce délai vise à permettre une prise de recul
par rapport à l’application des dispositions actuelles).
39. Concernant les prestations de services, la législation inclut plusieurs termes dont les
définitions méritent une attention particulière :
Le terme « frais généraux » ne semble pas pouvoir s’appuyer sur une définition comptable ou
fiscale précise et peut en pratique référé à différents éléments en fonction de son utilisation.
Dans ce contexte, il est recommandé de rapprocher sa définition d’agrégats comptables en
norme malgache aisément identifiables (la définition proposée dans le projet de note, bien
que pertinente, apparait trop complexe à mettre en œuvre). Ces agrégats doivent être
déterminés en vertu de l’analyse explicitée précédemment.
Le terme « quote-part de frais de siège » est également une notion relativement confuse. Il
est donc recommandé de la distinguer clairement de la notion de prestations de service. Une
option recommandée est de limiter la notion de frais de siège aux frais engagés par une
entreprise étrangère vis-à-vis de son établissement stable à Madagascar. Selon cette
acception, il conviendra de créer un article distinct spécifique à cette notion et une déduction
forfaitaire (plutôt qu’une limite maximum de déductibilité) dans la LF 2025.
Les termes de « management fees » et d’ « assistance technique » réfèrent à des services
beaucoup plus larges, et pouvant être rendus par toute filiale du groupe (et pas seulement la
« maison-mère 7 »). La définition proposée dans la note apparait pertinente, sous réserve des
prestations de services informatiques. En effet, les coûts informatiques peuvent être élevés
pour certaines entreprises, et font peu l’objet d’une optimisation agressive. Il est donc
recommandé de les exclure de la définition des prestations de services.
Le terme d’EBE correspond à une définition comptable, à laquelle la note peut faire
référence. Un élément à clarifier dans la note est que, pour l’application de cette règle, l’EBE
doit être retraité des redevances versées si elles sont comptabilisées en services extérieurs
(pris en compte dans la définition comptable de l’EBE). Pour les secteurs qui disposent de
règles comptables particulières (notamment les banques), la notion d’EBE doit être précisée
dans la note d’application.
Pour les termes de redevances, marques et brevets, une définition claire est également utile.
Le cas échéant, il convient de faire référence à une définition existante comptable ou fiscale
ou de reprendre la définition des conventions fiscales internationales.
Pour les achats réalisés auprès des centrales d’achat, le projet de note précise que la limite
de déductibilité porte sur la déductibilité des commissions sur achats. Il convient également
de mener une réflexion sur le terme de centrale d’achats en vue d’identifier les différents
modèles d’achats centralisés qui ne seraient pas concernés par cette règle et de les préciser
dans la note d’application.
La règle de sous-capitalisation portant sur les règles prudentielles devrait être enlevée de la
législation, le cas échéant dans la LFR 2024. La rédaction actuelle applique cette règle à
tous les secteurs, ce qui n’est pas pertinent. Il convient plutôt de la rédiger comme une
7
Ce terme est peu précis juridiquement et devrait être éviter dans la législation.
FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL Rapport d’assistance technique | 21
40. Il est également recommandé d’inclure dans la note d’application les considérations
relatives à l’application de l’alinéa 4° sur la règle de sous-capitalisation. Cet alinéa inclut la
disposition suivante : « cette limitation s’applique également aux intérêts versés à̀ une quelconque
société non associée mais appartenant au même groupe ». Elle vise à élargir la notion de dettes à
toutes les sociétés liées (au lieu des seuls associés dans la version précédente). Toutefois,
l’expression « société non associée mais appartenant au même groupe » est confus, et il aurait été
préférable de faire référence à la notion de société liée ou dépendante définie dans l’article 01.01.13.
Il est donc recommandé de modifier cette disposition et/ou de la préciser dans la note d’application.
La note peut également préciser la notion d’intérêt.