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Projet de parc éolien à Rivière-du-Loup

Le projet de parc éolien de Terrawinds Resources Corp. dans la MRC de Rivière-du-Loup prévoit l'installation de 134 éoliennes d'une puissance totale de 201 MW, avec un coût estimé à 350 millions de dollars. La MRC a mis en place des règlements pour encadrer l'implantation des éoliennes, en réponse à des préoccupations environnementales et paysagères. Ce mémoire présente les enjeux de planification régionale et les efforts de la MRC pour intégrer le développement éolien dans son territoire.

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Projet de parc éolien à Rivière-du-Loup

Le projet de parc éolien de Terrawinds Resources Corp. dans la MRC de Rivière-du-Loup prévoit l'installation de 134 éoliennes d'une puissance totale de 201 MW, avec un coût estimé à 350 millions de dollars. La MRC a mis en place des règlements pour encadrer l'implantation des éoliennes, en réponse à des préoccupations environnementales et paysagères. Ce mémoire présente les enjeux de planification régionale et les efforts de la MRC pour intégrer le développement éolien dans son territoire.

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232 DM8

Projet d’aménagement d’un parc éolien dans la


MRC de Rivière-du-Loup
Rivière-du-Loup 6211-09-011

Mémoire pour le projet de


construction d’un parc
éolien par Terrawinds
Ressources Corporation

Présenté au
Bureau d’audiences publiques
sur l’environnement

Par Monsieur Michel Lagacé

Préfet de la Municipalité régionale de comté de


Rivière-du-Loup

Mai 2006
Table des matières

INTRODUCTION................................................................................................................................. 1

1. PRÉSENTATION DE LA MRC DE RIVIÈRE DU LOUP ET SES COMPÉTENCES ....................... 1

2. PLANIFICATION RÉGIONALE ................................................................................................. 2


2.1 Un schéma d’aménagement et des règlements d’urbanisme mal adaptés
aux enjeux du développement éolien .................................................................... 2
2.2 Deux outils d’aménagement mis de l’avant par la MRC dans le contexte de
la Loi 184 ........................................................................................................................ 4
2.2.1 Un modèle de règlement sur les PIIA proposé aux municipalités ........... 4
2.2.2 Un RCI permettant d’aller à l’encontre des dispositions du zonage
local.................................................................................................................... 4
2.3 Le règlement de contrôle intérimaire relatif à l’implantation des éoliennes .... 5
2.3.1 Un règlement précédé d’une résolution de contrôle intérimaire........... 6
2.3.2 L’entrée en vigueur du RCI ............................................................................ 6

3. IMPLICATION DE LA MRC DEPUIS L’ADOPTION DU RCI.................................................... 7


3.1 Des relations beaucoup plus constructives avec le promoteur.......................... 7
3.2 Les préoccupations de la MRC ................................................................................. 8
3.2.1 Insertion dans le paysage............................................................................... 9
3.2.2 Impact sur l’agriculture .................................................................................10
3.2.3 Impact sur la faune........................................................................................11
3.2.4 Nuisances sonores..........................................................................................12
3.2.5 Redevances aux municipalités touchées et aux propriétaires terriens12
3.2.6 Fond de remise en état des sites.................................................................13
3.3 Le travail d’optimisation du plan d’implantation................................................. 14
3.4 Le plan d’implantation final ..................................................................................... 15

4. L’IMPACT SUR LES PAYSAGES, UN ENJEU DIFFICILE À ÉVALUER .................................... 16


4.1 Une configuration géographique qui rend le territoire sensible........................ 17
4.2 Le paysage bas-laurentien, un produit touristique recherché .......................... 17
4.3 Une notion subjective................................................................................................ 18
4.4 L’étude de caractérisation des paysages de la MRC ........................................ 19
4.5 Les simulations visuelles ............................................................................................. 20
4.6 Analyse des simulations produites........................................................................... 21

5. L’IMPORTANCE D’ÊTRE À L’ÉCOUTE DE LA POPULATION .............................................. 22

6. CONCLUSION ....................................................................................................................... 23
Présentation du projet

Le projet de Terrawinds Resources Corp., compagnie appartenant à Skypower


Corp., consiste à aménager un parc éolien d’une puissance installée de 201
MW, pouvant produire annuellement environ 633,3 millions de kWh d’électricité.
Ce projet a fait l’objet d’un contrat entre Skypower Corp. et Hydro-Québec
Production. Le projet prévoit l’installation de 134 éoliennes d’une puissance de
1,5 MW chacune, réparties sur le territoire de la MRC de Rivière-du-Loup, plus
précisément à Saint-Arsène, à Saint-Épiphane, à Cacouna et à L’Isle-Verte. Les
éoliennes seraient érigées principalement en zone agricole, sur des propriétés
privées. Le projet comprend également la construction de chemins d’accès, la
mise en place de lignes de transport d’énergie de 34,5 kV, en plus d’un poste
élévateur pour intégrer la production d’électricité du parc éolien au réseau
d’Hydro-Québec. Le coût global du projet est estimé à 350 millions de dollars.

INTRODUCTION

Au nom du conseil de la MRC, je remercie le Bureau d’audiences publiques de


nous permettre d’exposer le point de vue des élus du territoire de la MRC dans le
cadre des présentes audiences. Le conseil considère important le rôle joué par
le BAPE et espère que ce mémoire saura alimenter la réflexion de la commission
chargée d’étudier le projet de parc éolien dans la MRC de Rivière-du-Loup.

1. PRÉSENTATION DE LA MRC DE RIVIÈRE DU LOUP ET SES COMPÉTENCES

Le territoire de la MRC de Rivière-du-Loup est situé sur la rive sud de


l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, entouré des MRC de Kamouraska au sud-
ouest, de Témiscouata à l’est et des Basques au nord-est, lesquelles font
toutes partie de la région administrative du Bas-Saint-Laurent. Elle se
compose de 13 municipalités, avec une population totale de près de 33
000 personnes. La ville de Rivière-du-Loup est de loin la plus populeuse
avec ses 18 555 résidants. Sept autres municipalités, dont Cacouna et Saint-
Arsène, comptent plus de 1 000 habitants.

La MRC de Rivière-du-Loup, en tant qu’organisme supralocal, possède de


nombreuses compétences qui lui sont conférées par la loi. Elle est
responsable notamment de l’aménagement et du développement du
territoire (schéma d’aménagement, règlement de contrôle intérimaire), de
la gestion des cours d’eau, de la préparation de rôles d’évaluation, de la
gestion des matières résiduelles, de la planification en matière de sécurité
incendie et de la création ainsi que de la gestion de parcs régionaux. Elle
dispose d’ententes de services avec diverses organisations dont la Sûreté
du Québec et le Centre local de développement.

2. PLANIFICATION RÉGIONALE

2.1 Un schéma d’aménagement et des règlements d’urbanisme mal


adaptés aux enjeux du développement éolien

Le développement de l’industrie éolienne est un phénomène


nouveau au Québec. Il y a 5 ans à peine, personne n’envisageait que
l’exploitation de cette source d’énergie puisse devenir si rapidement
un des principaux enjeux d’aménagement du territoire. Comme la
plupart des MRC au Québec, la MRC de Rivière-du-Loup n’avait rien
prévu dans ses documents de planification sur la façon d’intervenir sur
cet enjeu.

Rien dans le schéma d’aménagement en vigueur ne permet


d’encadrer l’implantation d’éoliennes sur le territoire. Tout au plus y
retrouve-t-on une liste de territoires d’intérêt, dans laquelle ne figure
aucun corridor routier panoramique. Certaines contraintes naturelles
comme des zones inondables ou à risque de mouvement de sol y sont
toutefois identifiées.

Dans le premier projet schéma d’aménagement et de


développement révisé adopté en mai 2004, seules quelques lignes
évoquent la possibilité que soit érigé un parc éolien dans la MRC : « Si
les opinions sont partagées concernant l’impact visuel de telles
structures, il n’en demeure pas moins qu’il serait souhaitable d’édicter
certaines règles balisant leur installation sur le territoire. » (page 21-3).
Par ailleurs, certains corridors routiers d’intérêt esthétique sont
identifiés dans ce document : ils correspondent à une bande de 100

MRC de Rivière-du-Loup 2
m à 500 m de part et d’autre des routes 132, 185, 291, l’autoroute 20
et le chemin des Raymond, notamment.

La délimitation de ces corridors d’intérêt esthétique et les dispositions


relatives à ceux-ci ont été conçus sur la base des enjeux paysagés
que l’on connaissait à l’époque, c’est-à-dire l’affichage, le
déboisement abusif, l’exploitation des carrières et des sablières ou
encore le mitage périurbain. Il va sans dire qu’aucun de ces éléments
n’a l’impact potentiel que peut avoir un parc éolien visible à des
kilomètres à la ronde.

Cette inadaptation des outils d’aménagement trouve son exemple le


plus frappant dans l’interdiction de construire des éoliennes constatée
dans les règlements de zonage de Saint-Épiphane et de Cacouna.
Cette interdiction n’est probablement pas délibérée, mais résulte du
fait que les élus, à une époque où personne ne parlait d’éoliennes, ne
voyaient simplement pas l’opportunité d’autoriser des équipements
de production d’énergie dans certaines parties du territoire.

Dès l’été 2005, le promoteur a été informé par les directeurs généraux
des municipalités concernées que ceux-ci ne pourraient émettre
l’attestation de non contravention à la réglementation municipale
demandée par le MDDEP avant de procéder à l’analyse de la
demande de certificat d’autorisation qui lui était adressée. Cette
interdiction au zonage a forcé le promoteur à modifier sa demande
relative à l’implantation des 6 premières éoliennes.

Dans tous les cas, les municipalités souhaitaient pouvoir modifier leur
réglementation afin de pouvoir gérer ces nouveaux usages. Dans
certains cas, il fallait pouvoir autoriser un usage qui était interdit au
zonage, dans d’autres cas, la demande municipale était plutôt à
l’effet de se doter d’outil pour encadrer l’implantation d’éoliennes.
Or, il faut savoir que depuis juin 2001, avec l’entrée en vigueur de la
Loi 184, les municipalités de la MRC de Rivière-du-Loup n’ont plus le
pouvoir de modifier leur règlement de zonage en territoire agricole
protégé. ( 2001, chapitre 35, art. 37)

MRC de Rivière-du-Loup 3
2.2 Deux outils d’aménagement mis de l’avant par la MRC dans le
contexte de la Loi 184

Dans le contexte du gel de certains pouvoirs municipaux en zone


agricole imposé par la Loi 184, les deux seuls outils d’aménagement à
la disposition des élus étaient l’adoption d’un règlement municipal sur
les plans d’implantation et d’intégration architecturale relatif aux
éoliennes et un règlement de contrôle intérimaire adopté par la MRC.

2.2.1 Un modèle de règlement sur les PIIA proposé aux municipalités

À la demande de plusieurs municipalités, le service de


l’aménagement du territoire de la MRC a élaboré un modèle
de règlement sur les plans d’implantation et d’intégration
architecturale relatif aux éoliennes (PIIA). Un tel règlement
permet aux élus locaux d’évaluer un projet sur la base de
critères qualitatifs avant de donner son accord pour la
délivrance du permis de construction. Il s’agit en fait d’une
forme de pouvoir discrétionnaire. Les critères d’analyse
suggérés par la MRC touchaient essentiellement des aspects
paysagers (voir modèle de règlement en annexe). Ces critères
doivent être vus comme des guides facilitant l’analyse d’un
projet. Ils n’ont pas à être tous rencontrés.

Un des articles du modèle de règlement sur les PIIA permet


aussi à un conseil municipal d’exiger certaines garanties
financières relatives à la remise en état des sites comme
condition d’émission du permis de construction.

Les municipalités de Cacouna, L’Isle-Verte, Saint-Épiphane,


Saint-Modeste et Saint-Paul-de-la-Croix ont adopté ou sont en
voie d’adopter un règlement basé sur ce modèle.

2.2.2 Un RCI permettant d’aller à l’encontre des dispositions du


zonage local

Un règlement sur les plans d’implantation et d’intégration


architecturale n’est toutefois pas un outil qui permet de gérer

MRC de Rivière-du-Loup 4
les usages sur le territoire. Il permet tout au plus d’assurer une
bonne intégration des usages déjà autorisés. Afin d’autoriser les
éoliennes là où le zonage local l’interdit ou les interdire
complètement là où cet usage est jugé non intégrable, un
règlement de contrôle intérimaire adopté par la MRC était le
seul outil disponible. Rappelons que la Loi sur l’aménagement
et l’urbanisme donne en ce sens, depuis 2001, des pouvoirs
exceptionnels aux MRC en zone agricole. En effet, un RCI
utilisant certains pouvoirs de zonage (notamment ceux sur les
usages autorisés) rend inopérante toute disposition
inconciliable d’un règlement de zonage local (L.R.Q., c. A-19.1,
art. 68).

2.3 Le règlement de contrôle intérimaire relatif à l’implantation des


éoliennes

Les objectifs visés par l’adoption du règlement de contrôle intérimaire


relatif à l’implantation d’éoliennes étaient donc, comme il a été dit,
de pouvoir autoriser les éoliennes sur certaines parties du territoire,
mais aussi, par la même occasion, de mieux encadrer leur
implantation notamment dans le but de :

• protéger la qualité de vie des résidants (bruits, effets de battement


d’ombre);
• assurer la sécurité des biens et des personnes (écrasements,
verglas);
• protéger les corridors d’oiseaux migrateurs;
• préserver le paysage à proximité des axes touristiques et des
secteurs de villégiature;
• éviter l’encerclement visuel des villages et éviter de restreindre leur
expansion future;
• protéger les aires d’approche de l’aéroport;

L’adoption d’un RCI n’est pas une garantie qu’un projet rencontrant
les normes du règlement sera acceptable. À l’inverse, d’autres
normes que celles adoptées auraient aussi pu traduire les mêmes
objectifs ci-haut énumérés. La MRC ne soutient pas que son
règlement est parfait et que celui-ci est immuable.

MRC de Rivière-du-Loup 5
Les normes proposées par le service d’aménagement ont été
comparées à ce qui avait été adopté dans d’autres MRC. Le projet
de plan régional de développement des terres publiques du Bas-
Saint-laurent - volet éolien - produit par le ministère des Ressources
naturelles et de la Faune, de même que le schéma éolien de la
région de Morlaix en France ont aussi été consultés. De ces
comparaisons et consultations a été tirée la conclusion que les
normes du RCI étaient raisonnables, voire moins sévères que celles
appliquées sur d’autres territoires.

2.3.1 Un règlement précédé d’une résolution de contrôle intérimaire

Avant d’adopter un règlement de contrôle intérimaire, la MRC


a du adopter, le 19 janvier 2006, une résolution de contrôle
intérimaire interdisant toute construction d’éoliennes sur
l’ensemble du territoire (résolution numéro 2006-023-C). Ce
contrôle intérimaire automatique est une procédure
exceptionnelle qui permet d’éviter qu’un promoteur informé
de l’entrée en vigueur imminente d’un règlement ne dépose
en vitesse sa demande de permis de manière à ce que son
projet soit soustrait à l’application dudit règlement à venir.

2.3.2 L’entrée en vigueur du RCI

À la suite de l’adoption du règlement de contrôle intérimaire


relatif à la construction des éoliennes sur le territoire de la MRC
de Rivière-du-Loup, le 16 février 2006, par la résolution 2006-079-
C, la ministre des Affaires municipales et des Régions avait
jusqu’au 24 avril 2006 pour signifier à la MRC son avis sur la
conformité de ce règlement aux orientations
gouvernementales, à la suite de quoi le règlement devait
entrer en vigueur conformément à la Loi. Malheureusement,
l’avis formulé à la fin avril, par la ministre, était à l’effet que le
RCI de la MRC n’est pas conforme aux orientations
gouvernementales. Ce désaveu de notre règlement repousse
évidemment son entrée en vigueur. La ministre a accordé à la
MRC un délai de 90 jours, à partir du 24 avril, pour remplacer le
RCI en y apportant les modifications souhaitées par son

MRC de Rivière-du-Loup 6
ministère. Ce délai inclut la période d’analyse de 60 jours que
se réserve la ministre.

Il est important de noter que les raisons évoquées par la ministre


pour refuser l’entrée en vigueur de notre règlement n’ont rien à
voir avec les dispositions normatives concernant l’implantation
d’éoliennes mises de l’avant dans le règlement. Elles sont plutôt
d’ordre technique, voire sémantique. Pour plus de détail, nous
annexons à ce mémoire copie d’une correspondance
transmise à la ministre des Affaires municipales et des Régions à
ce sujet.

À la suite de cet avis, la MRC a adopté le 18 mai un règlement


de remplacement qui devrait répondre aux attentes du
ministère. Ce règlement comporte exactement les mêmes
dispositions normatives que le règlement du 16 février.

En attendant l’avis ministériel qui permettra l’entrée en vigueur


du RCI de remplacement, la résolution de contrôle intérimaire
du 19 janvier 2006 interdisant les éoliennes sur l’ensemble du
territoire demeure en vigueur. Le délai de 90 jours accordé par
la ministre en a prolongé l’effet jusqu’au 23 juillet, au plus tard.

3. IMPLICATION DE LA MRC DEPUIS L’ADOPTION DU RCI

3.1 Des relations beaucoup plus constructives avec le promoteur

Depuis l’annonce du projet en novembre 2004, les relations avec la


compagnie SkyPower se sont avérées difficiles. Malgré les demandes
répétées de la MRC pour être mieux informée du projet voire être
impliquée au niveau de sa conception, nous n’avons pu que
constater le peu de considération du promoteur pour les
responsabilités de la MRC en matière d’aménagement du territoire.

Nous devons dire que cette situation a changé radicalement à partir


du 16 février 2006, jour de l’adoption du règlement de contrôle
intérimaire. Cette adoption a probablement eu l’effet d’un

MRC de Rivière-du-Loup 7
électrochoc pour le promoteur qui n’a eu d’autre choix, dès lors, de
réaliser que la MRC était un interlocuteur et un partenaire
incontournable. Dans les semaines qui ont suivi l’adoption du RCI,
nous avons pu constater que de réels efforts ont été consentis pour
rebâtir les ponts avec le milieu représenté par la MRC. Des employés
provenant de la région, évidemment mieux au fait du contexte et des
attentes locales, ont été embauchés par le promoteur.

À partir de ce moment, des rencontres ont permis, dans un premier


temps, d’échanger davantage d’information. C’est en mars que la
MRC a pu prendre connaissance de l’étude d’impact du projet qui
avait été déposée au ministère du Développement durable, de
l’Environnement et des Parcs en décembre 2005. Nous avons eu par
la suite l’occasion de faire notre propre évaluation de cette étude
d’impact et de transmettre nos commentaires au promoteur.
Essentiellement, cette étude nous a paru incomplète et très peu
convaincante quant à l’acceptabilité du projet présenté.

À cette étape, il était évident que la MRC n’allait pas modifier son RCI
pour permettre la réalisation du projet déposé. La MRC ne demandait
pas seulement de fournir de meilleurs arguments et une analyse plus
complète des impacts du projet, mais elle demandait à SkyPower de
modifier son projet pour le rendre acceptable. Ce travail, SkyPower
aurait pu refuser de le faire, mais il semble que la décision fut prise de
négocier de bonne foi avec la MRC afin de bonifier le projet. Plusieurs
rencontres ont suivi, dont certaines sur le terrain, pendant lesquelles la
MRC et SkyPower ont pu travailler positivement pour en arriver au
projet qui a été déposé devant le BAPE le 11 avril dernier (document
PR-4).

3.2 Les préoccupations de la MRC

Avant de faire dépenser des milliers de dollars supplémentaires à la


compagnie SkyPower dans le travail de conception d’un nouveau
projet, il allait de soi que les préoccupations de la MRC se devaient
d’être clairement énoncées afin que le promoteur soit en mesure de
juger de sa capacité à y répondre. Ces préoccupations touchent :

MRC de Rivière-du-Loup 8
• l’insertion dans le paysage;
• l’impact sur l’agriculture;
• l’impact sur la faune;
• les nuisances sonores;
• les redevances aux municipalités touchées;
• les redevances aux propriétaires terriens;
• le fond de remise en état des sites.

Pour chacun de ces enjeux, nos attentes à l’égard du projet ont été
précisées. De manière plus détaillées, voici quelles sont les
préoccupations qui ont été transmises au promoteur :

3.2.1 Insertion dans le paysage

L’enjeu de l’impact du projet sur le paysage est un des plus


importants. Nous verrons plus loin qu’il demeure un enjeu
central, notamment à cause de la grande sensibilité des
paysages de la MRC de Rivière-du-Loup et de la nature même
du projet. Les dispositions du RCI sont encore, à notre avis, les
règles qu’il serait « souhaitable » de respecter afin de protéger
les paysages les plus sensibles du territoire. Cependant, compte
tenu des contraintes économiques liées au projet, il a été établi
par le promoteur qu’il était impossible d’éviter complètement
la zone en bordure du fleuve sans compromettre le projet.
Dans ce contexte, la MRC a émis les recommandations
suivantes :

• réduire au maximum le nombre d’éoliennes situées entre


l’autoroute 20 et le fleuve;
• privilégier, pour les éoliennes situées dans ce secteur, une
localisation en bordure de l’autoroute 20 plutôt qu’en
bordure de la route 132;
• disposer les éoliennes autant que possible de manière
linéaire, à égale distance les unes des autres;
• disposer ces lignes de manière à souligner un élément
existant du paysage (route, crête);

MRC de Rivière-du-Loup 9
• éviter la disposition en double alignement, pour éviter les
effets de superposition et d’encombrement du champs
visuel;
• adopter une disposition qui réduise au maximum la visibilité
des éoliennes à partir de l’île Verte;
• éviter le plus possible une situation où des éoliennes peuvent
être vues à partir d’un point d’observation du fleuve situé sur
la route 132 (co-visibilité);
• enfouir tous les fils électriques, même ceux situés le long des
chemins publics.

3.2.2 Impact sur l’agriculture

On trouve dans la première étude d’impact produite par le


promoteur cette étrange affirmation : « il n’y aura pas d’impact
sur l’agriculture puisque les agriculteurs seront d’accord avec le
projet ». Pour la MRC les choses ne sont pas si simples. Nous
estimons que les impacts sur l’agriculture peuvent être
substantiels et que ceux-ci doivent être minimisés au maximum.
Parmi les impacts appréhendés, il y a :

• la question des courants parasites qui peuvent avoir des


effets sur le rendement des vaches laitières;
• l’établissement de « servitudes » sur le vent qui pourrait
empêcher un agriculteur de planter des haies brise-vent
pour contrer l’érosion éolienne de ses terres ou pour
répondre à une exigence municipale relativement à la
construction d’une porcherie (Loi 54 de 2004);
• le compactage des terres pendant la période de
construction;
• l’écrasement de certains drains agricoles pendant la phase
de construction;
• la construction des chemins d’accès qui, en plus de retirer
plusieurs dizaines d’hectares de terres en culture, pourrait
couper plusieurs terres en deux, voire même enclaver
certaines parcelles agricoles.

MRC de Rivière-du-Loup 10
Ce dernier impact concernant les chemins d’accès est à la fois
le plus important et le plus simple à contrôler. La MRC a donc
recommandé au promoteur de privilégier autant que possible
la construction de chemins d’accès parallèles aux terres
agricoles plutôt que des chemins reliant plusieurs terres entre
elles. Toutefois, pour les chemins perpendiculaires aux terres
agricoles, ceux-ci devraient être situés le plus possible en fond
de lot, soit à la lisière d’un boisé de ferme, soit au fronteau du
lot, pour éviter l’empiètement sur les terres en culture ou pour
éviter de constituer une nuisance à l’exploitation de ces terres.
Le promoteur nous a affirmé qu’il partageait ces objectifs et
qu’il allait s’assurer de consulter chacun des agriculteurs sur la
façon de minimiser les impacts liés aux chemins d’accès.

3.2.3 Impact sur la faune

Une des justifications à l’imposition d’une distance de 2


kilomètres entre les éoliennes et les rives du fleuve, est
notamment la préoccupation qu’avait le conseil de la MRC
face aux impacts d’un parc éolien sur la faune aviaire. Tous les
élus de la MRC sont conscients que le littoral du fleuve, entre
l’embouchure de la rivière du Loup et la Réserve nationale de
la faune de L’Isle-Verte, est un des secteurs faunique les plus
riches du Québec en terme de fréquentation et de diversité
d’espèces d’oiseaux .

La question n’est donc pas de savoir s’il s’agit d’un secteur


sensible ou pas – il serait difficile d’en trouver de plus sensible –
mais bien de savoir quel impact des éoliennes pourraient avoir
sur un tel milieu faunique. Essentiellement, le promoteur affirme
que les oiseaux sauront éviter sans problème les éoliennes et
que les mortalités seront très faibles. D’autres experts que nous
avons entendu en première partie des audiences publiques
redoutent au contraire des mortalités massives ou même un
délaissement de ce secteur, ce qui serait tout aussi négatif.

Devant cette bataille d’experts, la MRC s’est contenté de


réitérer sa volonté qu’un maximum d’éoliennes soient retirées

MRC de Rivière-du-Loup 11
des secteurs les plus critiques, tout en laissant aux autorités les
plus compétentes le soin de trancher sur l’acceptabilité du
projet en regard des impacts sur la faune.

3.2.4 Nuisances sonores

Assurer la quiétude des citoyens en évitant le plus possible les


nuisances sonores associées aux éoliennes était, pour la MRC,
un objectif incontournable. Des études menées à l’étranger1
semblent démontrer qu’un parc éolien peut effectivement
constituer une source de nuisances sonores non négligeable, et
ce à des niveaux de bruits plus faibles que d’autres sources
sonores (comme une autoroute, par exemple) en raison des
fréquences impliquées et surtout du caractère rythmique du
son produit. Les normes en la matière varient aussi d’un pays à
l’autre. Par exemple, en Australie, on recommande que le son
perçu à l’extérieur d’une résidence n’excède pas, de nuit, 5
dBa de plus que le niveau sonore ambiant2.

À la lumière de ces informations, la MRC s’est montré ferme sur


la nécessité de respecter la norme de distance inscrite au RCI à
l’égard d’une résidence isolée (4 fois la hauteur d’une
éolienne) qu’elle considère comme un minimum.

3.2.5 Redevances aux municipalités touchées et aux propriétaires


terriens

Compte tenu des impacts non négligeables du projet de parc


éolien sur le milieu, compte tenu que le projet vise
essentiellement l’appropriation d’une ressource qui
n’appartient à personne, pour ne pas dire qu’elle appartient à
tout le monde, compte tenu aussi des importants profits
générés par le projet et annoncés dans le prospectus financier

1 Notamment : Noise annoyance from wind turbines – a review , Swedish Environmental


Protection Agency, 2003
2
Wind Farms, Environmental Noise Guidelines, Environment Protection Authority,
Government of South Australia, 2003

MRC de Rivière-du-Loup 12
de la compagnie, la MRC a fait valoir auprès du promoteur
que les redevances versées au milieu (aux municipalités et aux
propriétaires fonciers) se devaient d’être bonifiées par rapport
à ce qui avaient été annoncé jusque là. La MRC a aussi fait
valoir que les municipalités qui ne sont pas supposées accueillir
d’éoliennes mais pour lesquelles le parc éolien sera très visible à
partir de leur territoire - les noms des municipalités de Notre-
Dame-des-Sept-Douleurs et de Saint-Paul-de-la-Croix ont été
suggérés - devraient toucher certaines compensations. Dans
une moindre mesure que ce qui était espéré au départ, le
promoteur a effectivement bonifié sa proposition de
redevances qui seraient versées dans le milieu au point de
présenter, il faut l’admettre, une des meilleures propositions
faite par un promoteur de parc éolien au Québec.

Ces redevances seront les bienvenues dans certaines


municipalités dont les revenus ordinaires sont généralement
insuffisants pour répondre aux besoins en services et en
infrastructures exprimés par la population ou pour répondre aux
responsabilités croissantes qui leur sont confiées par le
gouvernement.

3.2.6 Fond de remise en état des sites

La MRC a transmis au promoteur sa grande inquiétude face à


la remise en état des sites advenant la faillite du promoteur. En
l’absence d’un fond en fiducie dédié à cet aspect, la question
se pose : qui aura à payer pour se débarrasser des éoliennes
devenues obsolètes dans 15 ou 20 ans (la durée de vie réelle
d’une éolienne sous notre climat reste inconnue) ? Les
municipalités ? Les producteurs agricoles ? Cette question est
importante compte tenu des coûts élevés que pourrait
représenter l’opération. Selon les estimations disponibles, le
coût de démantèlement et de disposition des 134 éoliennes
pourrait s’élever jusqu’à 20 millions $, soit plus que tout ce qui
serait versé en redevances dans la région pendant les 20
prochaines années. Face à cette préoccupation, le promoteur
s’est engagé à créer, tel que demandé par la MRC, un fond en

MRC de Rivière-du-Loup 13
fiducie pour garantir la remise en état des sites. Cet
engagement satisfait la MRC, même si certaines informations
importantes n’ont pas encore été fournies : dotation totale du
fond, rythme de cotisation, etc.

3.3 Le travail d’optimisation du plan d’implantation

Une fois toutes ces préoccupations transmises au promoteur, le travail


d’optimisation du plan d’implantation des éoliennes a pu s’amorcer. Il
était clair dès le départ que le nouveau plan ne pourrait répondre
complètement à tous nos objectifs puisque le promoteur avait déjà
établi un certain cadre duquel il ne pouvait lui-même sortir. Ce cadre
– les données de base du projet – constitue en soit une contrainte
majeure à l’intégration du projet dans le milieu. En effet, trois données
qu’il aurait été souhaitable de réévaluer ne pouvaient être
changées :

• le projet ne peut pas comprendre moins de 134 éoliennes. En soi, il


est possible que ce nombre soit supérieur à la « capacité de
support » du milieu;
• le projet ne peut sortir des limites du territoire où le promoteur
détient des droits d’option sur l’utilisation des terres. Il aurait
probablement été intéressant de déconcentrer les éoliennes sur un
territoire plus vaste ou de les déplacer vers des secteurs moins
sensibles de la MRC, mais situés hors de la zone d’implantation
actuelle du projet3;
• une certaine proportion des éoliennes doivent être situées à moins
de 3 kilomètres du fleuve, où se trouvent les meilleurs vents de la
zone d’implantation, à défaut de quoi la rentabilité du projet serait
compromise.

Dans ce contexte, le plan d’implantation qui a été présenté à la MRC


et à la population le 11 avril 2006 était assurément un meilleur projet

3
D’autant plus que la carte des potentiels éoliens de la MRC réalisée par SkyPower
(document DA 29) indique des secteurs de vents très favorables immédiatement à
l’extérieur de la zone d’implantation du projet, à Saint-Paul-de-la-Croix et à Saint-
François-Xavier-de-Viger.

MRC de Rivière-du-Loup 14
que celui présenté antérieurement et ce, même s’il contrevenait
encore largement au règlement de contrôle intérimaire de la MRC. En
effet, près de 40 éoliennes étaient encore situées entre l’autoroute 20
et le fleuve, dans un secteur où l’implantation d’éoliennes est interdite
par le RCI.

3.4 Le plan d’implantation final

Le plan d’implantation du 11 avril avait été présenté par le promoteur


comme le résultat d’un ultime effort de sa part pour bonifier le projet.
Sky Power affirmait alors que davantage de concessions pour rendre
le projet conforme au RCI de la MRC aurait compromis définitivement
sa rentabilité. Force est de constater pourtant qu’il y avait encore
place à l’amélioration, puisque le plan final déposé devant le BAPE
début juin est très différent du précédent et que plus d’une vingtaine
d’éoliennes ont encore une fois été déplacées hors des zones les plus
sensibles.

Les nombreuses préoccupations soulevées lors de la première partie


des audiences publiques ont en effet convaincu le promoteur qu’il
devait bonifier encore son plan d’implantation, et qu’il devait surtout
faire le nécessaire pour obtenir l’appui politique de la MRC face à son
projet. À défaut de pouvoir élaborer un projet conforme au RCI, le
promoteur a cherché à obtenir l’assurance que ce RCI serait modifié
s’il consentait à faire les derniers ajustements que nous avons vus.

Ces dernières modifications sont effectivement une très bonne


nouvelle. Le déplacement de toutes les éoliennes situées dans le
secteur de Rivière-des-Vases, face à l’île Verte, allège passablement
la pression sur la faune aviaire, sur le corridor touristique de la 132, sur
le paysage perçu à partir de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Le
déplacement de 5 autres éoliennes qui étaient situées face au marais
de Cacouna a le même effet bénéfique sur la faune et le paysage.

En contrepartie, la MRC a bien entendu constaté que l’augmentation


du nombre d’éoliennes à Saint-Arsène et à L’Isle-Verte augmente
l’impact sur les paysages perçus à partir de ces milieux et à partir des
municipalités de Saint-Paul-de-la-Croix et de Saint-François-Xavier-de-

MRC de Rivière-du-Loup 15
Viger. Nous observons aussi que le dernier plan d’implantation
s’éloigne des objectifs d’intégration paysagère avancés par la MRC
et inscrits dans les règlements sur les plans d’implantation et
d’intégration architecturale relatifs aux éoliennes (PIIA) adoptés par
plusieurs municipalités : la concentration d’un grand nombre
d’éoliennes chez certains propriétaires fonciers plus conciliants et leur
disposition groupée fait perdre un certain ordonnancement et la
linéarité souhaitée et qu’on retrouvait dans les versions antérieures du
projet.

À la suite du dépôt de cette dernière version du plan d’implantation,


plusieurs élus se sont montrés satisfaits des efforts du promoteur et ont
démontré une ouverture à modifier certaines dispositions du RCI pour
permettre la réalisation du projet tel que présenté. Une lettre a été
transmise au promoteur pour indiquer notre satisfaction à l’égard des
derniers ajustements et qu’il y avait là, effectivement, des éléments
pouvant inciter le conseil de la MRC à modifier son règlement de
contrôle intérimaire.

Comme nous le verrons, le peu de temps passé depuis le dépôt du


dernier plan d’implantation a jusqu’à maintenant empêché le conseil
de la MRC de se prononcer officiellement sur le projet. Une décision
devra être prise dans les meilleurs délais au sujet d’un éventuel
amendement au RCI. Cette décision devra être basée sur plusieurs
éléments qui restent à évaluer, notamment l’impact sur les paysages
et la faune, et l’acceptabilité sociale du projet.

4. L’IMPACT SUR LES PAYSAGES, UN ENJEU DIFFICILE À ÉVALUER

Le projet de parc éolien à l’étude est donc un projet « optimisé ». Reste à


savoir s’il s’agit d’un bon projet ou d’un projet acceptable. La MRC s’est
jusqu’ici retenu d’émettre un verdict sur le projet, en grande partie parce
qu’il nous était difficile de juger de l’impact du projet sur les paysages.
Comme il a déjà été dit, c’est là un des enjeux majeurs du projet, et le plus
difficile à évaluer.

MRC de Rivière-du-Loup 16
4.1 Une configuration géographique qui rend le territoire sensible

Ce qui est certain, c’est que le territoire d’implantation du projet est


probablement un des plus sensibles au Québec parmi les territoires
visés par des projets éoliens. Voici les caractéristiques du territoire qui
le rendent à notre avis particulièrement sensible à l’établissement
d’un parc éolien, du point de vue de la protection des paysages :

• sa localisation en bordure du fleuve;


• la présence des montagnes de Charlevoix qui forment un arrière-
plan spectaculaire aux nombreuses vues sur le fleuve;
• sa topographie en crêtes et plateaux orientés parallèlement au
fleuve;
• le fait que ces crêtes sont souvent occupées par des chemins de
rang qui offrent des vues panoramiques sur les plateaux inférieurs et
sur le fleuve;
• son caractère agricole qui permet des vues dégagées sur de
grandes distances;
• la présence de villages sur le piedmont des Appalaches qui
surplombent le territoire d’implantation du projet;
• la présence d’une île habitée sur le Saint-Laurent renommée pour
la qualité de son paysage où la grande majorité des habitations
ont une vue sur la rive sud du fleuve et sur la zone d’implantation
des éoliennes;
• le fait que le territoire d’implantation est traversé par un des grands
axes touristiques du Québec, la route 132;
• la présence d’un habitat patrimonial de qualité, en particulier à
Cacouna et à Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.

4.2 Le paysage bas-laurentien, un produit touristique recherché

Non seulement le territoire d’implantation est-il objectivement sensible


à l’implantation d’un parc éolien, mais ce territoire et ses paysages en
particulier sont aussi fortement valorisés par le tourisme, qui constitue
une industrie en croissance dans notre MRC. Un récent sondage
effectué auprès des touristes de la région pour le compte du Québec
Maritime nous apprend que la découverte des paysages est le motif
de visite le plus souvent cité. De même, l’observation des paysages

MRC de Rivière-du-Loup 17
est l’activité la plus souvent pratiquée, selon ce sondage (76% des
visiteurs).

On l’a vu, la route 132 est un itinéraire touristique de première


importance. En ce sens, il faut savoir que le parc éolien de SkyPower
sera le premier d’une longue série de parcs éoliens localisés le long de
ce parcours touristique. Il y a certainement lieu de s’interroger sur
l’effet cumulatif de tous ces parcs sur l’attrait global de cet itinéraire
sur les touristes, surtout quand on sait que l’observation des paysages
est le principal motif de visite.

La construction d’un parc éolien pourrait aussi avoir un impact sur la


villégiature. Cet usage est intrinsèquement lié à la beauté des
paysages qu’une région offre à voir aux villégiateurs. C’est la vue sur
le fleuve qui a fait de Cacouna une destination de villégiature
reconnue depuis plus de 100 ans. C’est aussi le caractère
exceptionnel du paysage sur l’île Verte qui a fait de cette dernière
une destination de villégiature très recherchée ces 10 dernières
années. La spectaculaire hausse des valeurs foncières sur cette île ne
saurait s’expliquer autrement que par la valorisation croissante des
paysages dans notre société. La MRC est donc très satisfaite que le
dernier plan d’implantation permette de préserver les paysages
perçus à partir de l’île Verte, mais demeure préoccupée du fait que le
projet pourrait affecter d’autres parties du territoire valorisées sur le
même mode pour la beauté du paysage.

4.3 Une notion subjective

Ceci étant dit, la notion d’intégration au paysage en est une


hautement subjective. La beauté d’un paysage n’existe pas en soi,
elle n’existe que dans l’œil d’un observateur. Ainsi, le bagage culturel
de l’observateur joue un rôle plus important dans la valeur qu’il
attribue au paysage que les caractéristiques propres de ce paysage.
Or, les éoliennes revêtent une connotation positive chez une grande
partie de la population. Elles représentent l’espoir que la technologie
la plus moderne pourra répondre enfin aux grands défis
environnementaux et énergétiques que pose notre siècle. En ce sens,
un paysage rempli d’éoliennes peut être perçu positivement chez

MRC de Rivière-du-Loup 18
bien des observateurs, d’autant plus que, nous le reconnaissons, une
éolienne est un objet assez élégant en soit.

La question qu’il faut cependant se poser c’est, compte tenu de


l’ampleur des changements apportés au paysage, peut-on penser
que cette perception positive sera partagée par une majorité et
surtout, saura-t-elle durer ?

Quand, au début du XIXe siècle les cheminées d’usines se sont mises à


pousser en Angleterre et ailleurs en Occident, les paysages industriels
étaient très bien perçus dans la population : ils symbolisaient le
progrès technologique, l’avancement économique et l’emploi. Cette
valorisation a cependant été de courte durée. En même temps que
ces paysages perdaient de leur aspect exceptionnel du fait de
l’industrialisation généralisée, les cheminées d’usines devenaient aussi
le symbole de la pollution et même de l’exploitation capitaliste des
travailleurs (dans le contexte de la lutte des classes de cette époque).
À l’inverse, la tour Eiffel était considérée par plusieurs, au moment de
sa construction, comme une verrue dans le paysage de Paris.
Aujourd’hui, quel Parisien songerait à se plaindre d’avoir une vue sur le
célèbre monument. À la lumière de ces exemples extrêmes, il est
légitime de se demander comment seront perçus les paysages
chargés d’éoliennes dans 20 ans quand ils seront devenus fréquents à
la grandeur du Québec. Bref, il est bien difficile de prévoir comment
la prochaine génération pourrait juger notre décision d’implanter 134
éoliennes sur le territoire visé.

4.4 L’étude de caractérisation des paysages de la MRC

Appuyé par la Conférence des ÉluEs du Bas-Saint-Laurent, via


l’entente spécifique en tourisme, l’organisme Ruralys a amorcé en
2003 un projet de caractérisation et d’évaluation des paysages bas-
laurentiens. Après la réalisation d’une première phase sur le territoire
de la MRC de Kamouraska, il fut décidé par résolution du conseil de la
MRC de Rivière-du-Loup datée du 4 octobre 2004 – donc avant la
première annonce du projet de SkyPower – que la MRC devienne
partenaire de Ruralys dans la réalisation d’une étude semblable sur

MRC de Rivière-du-Loup 19
notre territoire, sur la base de la méthode que l’organisme avait mis
au point et appliqué pour la première fois au Kamouraska.

Cette étude, livrée à la MRC en avril 2006, n’a donc pas été réalisée
pour servir de base à l’évaluation de l’impact sur le paysage d’un
projet éolien. Nous croyons cependant que l’information qu’on y
trouve en fait un outil de connaissance précieux. C’est pourquoi nous
l’avons déposé à la Commission en première partie des audiences.

4.5 Les simulations visuelles

L’infographie nous permet aujourd’hui de prévoir de manière efficace


l’impact d’un projet sur un paysage. Les simulations visuelles que la
technologie permet de produire sont donc un outil indispensable pour
juger de l’acceptabilité d’un projet de parc éolien.

Compte tenu de l’ampleur du projet et de la variété des points de


vue qui risquent d’être affectés par le projet, la MRC a dressé une liste
de 25 sites géoréférencés à partir desquels une simulation devrait être
produite. Cette liste a été transmise au promoteur avec la
recommandation de produire un maximum de simulations. Il a été
aussi demandé de retoucher au besoin les photos utilisées pour
augmenter le contraste entre le bleu du ciel et les éoliennes.

Ce contraste accru peut compenser partiellement les limites de la


technique des simulations 2D utilisée. Ces simulations peuvent en effet
sous-estimer l’impact des éoliennes dans le paysage pour deux
raisons :

• les éoliennes sont souvent les seuls objets animés dans le paysage
(elles tournent) et risquent donc d’attirer davantage l’attention que
ce que laissent voir les simulations;
• les simulations 2D à partir de photos ont le défaut de « saucissonner
» le projet. Elles permettent l’analyse d’un projet sur la base d’un
point de vue à la fois, sans permettre d’analyse d’ensemble du
projet.

MRC de Rivière-du-Loup 20
Idéalement, l’analyse des impacts sur le paysage ne peut se
contenter d’être statique, elle doit être cinétique, c’est-à-dire reposer
sur la vision d’un observateur en mouvement. Il faut considérer que
tout observateur se déplace sur le territoire et que cet observateur
aura éventuellement à voir, en fonction des routes empruntées, la
majorité des 134 éoliennes du projet sur son parcours. Des simulations
3D auraient pu être faites pour simuler le parcours des observateurs le
long de la 132 ou de la 20, par exemple.

4.6 Analyse des simulations produites

La MRC a pu, jusqu’à présent, prendre connaissance de 23


simulations visuelles produites pour le compte du promoteur. Ces
simulations démontrent une chose que nous savions déjà : les
éoliennes seront très visibles, voire omniprésentes dans le paysage. Les
touristes et les habitants de la MRC verront les éoliennes, c’est
indéniable. Mais, comme nous l’avons vu, la question centrale n’est
pas de savoir si les éoliennes seront vues, mais bien comment elles
seront perçues ? Si elles sont perçues positivement, le fait d’être visible
pourrait ne pas poser de problème majeur. Prenons encore une fois
l’exemple extrême de la tour Eiffel : personne ne se plaint qu’on puisse
la voir de très loin !

S’il nous est difficile de dire, au nom de la population qui aura à en


juger, à quel point la qualité du paysage sera affectée, nous pouvons
cependant affirmer sans hésitation que son caractère sera
profondément modifié. Le nombre important et la taille
impressionnante des éoliennes modifieront à coup sûr l’image du
territoire.

On peut voir l’image d’un territoire comme un condensé des


perceptions, un résumé du message, aussi, qu’une région envoi sur
son identité et ses valeurs en matière d’aménagement du territoire.
Au bout du compte, l’ultime question que les élus doivent se poser
pour évaluer l’impact du projet sur le paysage est : quelle image de
notre territoire voulons-nous projeter? L’image d’un territoire d’accueil
pour les investisseurs, qui se positionne avantageusement dans le
domaine des énergies vertes, ou un territoire qui mise avant tout sur

MRC de Rivière-du-Loup 21
son cadre de vie exceptionnel et authentique, qui le protège et le
met en valeur? Nous aurions la tâche tellement plus facile si nous
étions convaincus que ces deux messages sont compatibles, dans le
contexte du présent projet …

5. L’IMPORTANCE D’ÊTRE À L’ÉCOUTE DE LA POPULATION

On l’a vu, le conseil de la MRC n’a pas encore rendu de verdict final quant
à l’acceptabilité du projet de parc éolien tel que présenté. Cette situation
est en bonne partie due au manque d’information précise entourant le
projet jusqu’à tout récemment. Notons que, avant le début des audiences
du BAPE, et malgré ses rapports étroits avec le promoteur, la MRC n’avait
comme tout document pouvant guider son analyse qu’une carte
approximative localisant les 134 éoliennes prévues.

L’autre raison pour laquelle la MRC n’est pas en mesure d’émettre une
opinion claire sur le projet présenté est qu’il n’y a pas encore d’unanimité
au conseil de la MRC sur l’appréciation du projet. Certains milieux semblent
accueillir le projet avec enthousiasme alors que d’autres, touchés
directement ou indirectement, sont plus réticents face à celui-ci.

Dans les meilleurs délais, le conseil de la MRC devra se prononcer sur le


projet. En effet, pour que le projet puisse se réaliser, un amendement au
règlement de contrôle intérimaire de la MRC devra obligatoirement être
adopté. Un vote aura vraisemblablement lieu sur cet enjeu lors d’une
prochaine séance du conseil.

Un point semble toutefois faire l’unanimité au sein du conseil de la MRC,


c’est la nécessité d’être à l’écoute de la population. L’enjeu de la
protection des paysages étant principalement affaire de perception, il faut
connaître et comprendre cette perception et ne pas seulement se fier à
l’analyse technique (fort utile) de nos professionnels. C’est pourquoi, il a été
convenu de reporter toute décision définitive sur un amendement au RCI
après la fin des audiences du BAPE.

MRC de Rivière-du-Loup 22
6. CONCLUSION

Nous avons retracé, tout au long de ce mémoire, l’implication responsable


de la MRC dans ce dossier. Dès le début, la MRC de Rivière-du-Loup a
souhaité intervenir positivement pour faciliter la réalisation du projet et son
intégration harmonieuse sur le territoire. Nous estimons que nous avons joué
un rôle crucial dans l’évolution considérable qu’a connu le projet depuis sa
première version. S’il n’est toujours pas parfait, le projet qui nous est
présenté aujourd’hui nous apparaît beaucoup plus acceptable, tant au
niveau paysager que faunique.

Nous avons vu que la MRC aura sous peu à prendre une décision cruciale
pour l’avenir du projet Terravent, à savoir si nous modifierons le règlement
de contrôle intérimaire relatif aux éoliennes. Si nous voulons être en mesure
d’autoriser le projet, des amendements à plusieurs dispositions du
règlement seraient nécessaires. Nommément, il faudrait réduire les
distances à respecter à l’égard du fleuve, à l’égard de la route 132 et de
l’autoroute 20 et à l’égard des villages de Cacouna, Saint-Arsène et Saint-
Épiphane. La MRC a toujours laissé entendre que ces dispositions pourraient
être réévaluées à la lumière de l’analyse d’un projet justifié et acceptable.

Le fait que la MRC se montre aujourd’hui ouverte à modifier son RCI ne doit
pas être interprété par la commission du BAPE comme un appui
inconditionnel au projet. Nous estimons que la MRC ne peut porter seule la
responsabilité d’évaluer l’acceptabilité du projet sous tous ses aspects. De
nombreux autres acteurs ont aussi leur rôle à jouer : le BAPE a des
recommandations à faire, le ministère du Développement durable, de
l’Environnement et des Parcs ainsi que la Commission de protection du
territoire agricole du Québec ont des autorisations à donner et, au bout du
processus, les municipalités locales auront à délivrer un permis de
construction en vertu de leur réglementation. Tous ces acteurs doivent
analyser le projet avec leurs propres lunettes, en tenant compte de leurs
propres responsabilités.

La MRC fait donc son analyse sous l’angle de l’aménagement du territoire


à l’échelle supralocale mais ne prétend pas porter un jugement expert sur
l’acceptabilité des impacts sur la faune ou sur les activités agricoles, par
exemple, même si ces aspects font partie de nos préoccupations. Aussi,

MRC de Rivière-du-Loup 23
nous avons toute confiance que la Commission du BAPE émettra une
recommandation éclairée pouvant guider le ministre du Développement
durable, de l’Environnement et des Parcs sur tous les enjeux
environnementaux entourant le projet.

Rappelons, dans le même ordre d’idée, qu’il appartiendra aux conseils de


chacune des municipalités d’analyser le projet sous l’angle de son
intégration au territoire et au paysage local. En effet, les conseils
municipaux ayant adopté un règlement sur les plans d’implantation et
d’intégration architecturale relatif aux éoliennes auront l’obligation de faire
cette analyse et de prendre conseil auprès de leur comité consultatif
d’urbanisme avant d’autoriser, par résolution, l’émission du permis de
construction. Les municipalités locales ont aussi des pouvoirs de
contingentement qu’elles sont libres d’utiliser, malgré l’adoption du RCI par
la MRC, pour encadrer l’implantation d’éoliennes sur leur territoire.

En terminant, nous voudrions sensibiliser la Commission au fait que toute


cette aventure, même si elle se conclut un jour positivement, aura été un
des dossiers les plus difficiles qu’aura eu à gérer la MRC depuis sa création.
S’il faut en croire l’expérience vécue sur notre territoire, le développement
éolien au Québec semble se faire de manière précipitée et improvisée.

Nous déplorons l’absence d’un cadre d’aménagement provincial relatif


aux éoliennes. Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune semble
se décharger complètement de cette responsabilité en arguant que les
schémas d’aménagement du territoire encadrent déjà convenablement
l’implantation des éoliennes. C’est malheureusement faire preuve d’une
grande ignorance de la réalité : les schémas d’aménagement au Québec
sont pour la plupart muets sur cette question. De plus, les schémas
d’aménagement ne sont pas opposables aux promoteurs privés.
Normalement, ce sont les règlements de zonage locaux qui seraient
supposés encadrer ces usages. Or, ceux-ci sont généralement inadaptés et
souvent soumis, comme nous l’avons vu, à un gel des pouvoirs municipaux
qui empêche leur modification. Refuser de fournir un cadre provincial à
l’implantation d’éoliennes, c’est ignorer surtout qu’une des responsabilités
que la Loi impose au gouvernement est justement d’édicter des
« orientations gouvernementales en matière d’aménagement » (L.R.Q., c.
A-19.1, art. 267). Le problème est qu’on se rend compte qu’il n’y a tout

MRC de Rivière-du-Loup 24
simplement pas eu, au gouvernement du Québec, de réflexion sur quel
territoire privilégier pour le développement de l’éolien et quel type de
milieu devraient être protégés.

En l’absence d’un tel cadre gouvernemental, et compte tenu de la


précipitation avec laquelle le développement éolien se fait, la pression est
forte sur des élus locaux qui tentent d’arbitrer, au meilleur de leurs
capacités et de leur jugement, les considérations économiques,
environnementales et sociales. La MRC de Rivière-du-Loup a fait ce qu’elle
a pu avec les outils – imparfaits – dont nous disposons. Car, gérer l’arrivée
d’un parc éolien pouvant générer des impacts importants à l’aide d’un
règlement de contrôle intérimaire n’est qu’un pis aller. Cette procédure en
est une d’urgence et n’a, comme son nom l’indique, qu’une durée
d’application temporaire. Son adoption ne nécessite aucune consultation
publique, contrairement à un schéma d’aménagement ou à un règlement
de zonage. C’est pourtant avec cet outil imparfait que se fait, à la
grandeur du Québec et dans une grande précipitation, la gestion du
territoire pour les fins du développement éolien.

Notre souhait est que l’expérience difficile de la MRC de Rivière-du-Loup


puisse convaincre enfin le gouvernement du Québec à jouer le rôle qui lui
revient en aménagement et en développement durable du territoire, lui
qui est l’instigateur du développement éolien que nous connaissons et qui
en a fixé les principales règles économiques.

MRC de Rivière-du-Loup 25
MUNICIPALITÉ DE SSS

RÈGLEMENT SUR LES PLANS D'IMPLANTATION

ET D'INTÉGRATION ARCHITECTURALE

RELATIFS AUX ÉOLIENNES

RÈGLEMENT NUMÉRO 2005-XX

Avril 2005

MRC de Rivière-du-Loup 26
CHAPITRE 1 - DISPOSITIONS DÉCLARATOIRES ET INTERPRÉTATIVES

Article 1.1 Préambule

Le préambule fait partie intégrante du présent règlement.

Article 1.2 Titre et numéro du règlement

Le présent règlement est intitulé «règlement sur les plans d'implantation et


d'intégration architecturale relatifs aux éoliennes» et porte le numéro 2005-XX.

Article 1.3 Territoire touché

Le présent règlement s'applique à tout le territoire de la municipalité de XX.

Article 1.4 But du règlement

Le présent règlement sur les plans d'implantation et d'intégration architecturale a


pour objet d'assurer l’insertion harmonieuse des éoliennes par rapport au paysage
environnant.

Article 1.5 Personnes assujetties

Le présent règlement assujettit à son application toute personne morale, de droit


public ou de droit privé et toute personne physique. Le gouvernement, ses
ministères et mandataires sont soumis à son application suivant les dispositions de
l'article 2 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme (L.R.Q., chapitre A-19-1).

Article 1.6 Effet du règlement

Aucun article du présent règlement de contrôle intérimaire ne peut avoir pour


effet de soustraire toute personne à l'application d'une loi du Canada ou du
Québec.

Article 1.7 Invalidité partielle

Le conseil de la municipalité de XX décrète l'adoption du présent règlement


dans son ensemble et également article par article, de manière à ce que si un
article de celui-ci devait être un jour déclaré nul, les autres dispositions du
présent règlement continuent de s'appliquer.

Article 1.8 Terminologie

Tous les mots utilisés dans le règlement conservent leur signification habituelle
pour leur interprétation sauf les mots dont la définition est donnée à l’article WW
du règlement de zonage et les mots définis comme suit :

MRC de Rivière-du-Loup 27
Éolienne :

Construction permettant la production d’énergie électrique à partir du vent et


visant à alimenter en électricité une ou des activités situées hors du terrain sur
lequel cette construction se situe.

CHAPITRE 2 : DISPOSITIONS GÉNÉRALES

Article 2.1 Permis et certificats assujettis

Sont assujettis à l’application du présent règlement les permis et certificats visant


l’érection d’une éolienne, la construction de toute structure complémentaire,
ainsi que l’aménagement des terrains préalable ou consécutif à l’érection d’une
éolienne.

Article 2.2 La procédure

Toute demande de permis de construction visée à l’article 2.1 doit suivre la


procédure suivante :

1o Transmission de la demande :
Le requérant doit déposer une copie des documents demandés à
l'article 2.3 du présent règlement, à la Municipalité de SSS. L'inspecteur
en bâtiment vérifie si la demande est complète et l'achemine par la
suite au comité consultatif d'urbanisme;
2o L'évaluation des plans :
Le comité consultatif d'urbanisme procède à une évaluation des plans
en ayant recours aux objectifs et aux critères qui s'appliquent à la
demande. Le comité peut annoter les plans et, s'il le désire, peut
rencontrer le requérant ou encore visiter les lieux.
3o L’avis du comité consultatif d’urbanisme :
À la suite de son évaluation, le comité consultatif d’urbanisme de la
municipalité prépare un avis proposant soit :
- l'approbation des plans;
- l'approbation des plans avec une ou plusieurs modifications;
- le rejet des plans.
4o La consultation publique :
La municipalité tient une assemblée publique sur les plans, par
l’intermédiaire du maire ou d’un autre membre du conseil désigné par
le maire. Le conseil fixe la date, l’heure et le lieu de l’assemblée ; il peut
déléguer ce pouvoir au directeur général de la municipalité. Un avis
public est publié conformément à l’article 126 de la LAU, au plus tard le
septième jour qui précède la tenue de l’assemblée publique.

MRC de Rivière-du-Loup 28
Au cours de l’assemblée publique, celui par l’intermédiaire duquel elle
est tenue explique le projet de plan et entend les personnes et
organismes qui désirent s’exprimer.
5o La décision du conseil :
A la suite de la consultation de la population et de la réception de l’avis
du comité consultatif d'urbanisme, le conseil municipal, par résolution,
approuve les plans, avec ou sans modification, s'il les juge conformes au
présent règlement ou les désapprouve dans le cas contraire. La
résolution désapprouvant les plans doit être motivée.
6o Condition d'approbation :
Le conseil peut exiger, comme condition d'approbation des plans, que
le promoteur du projet fournisse des garanties financières,
principalement pour s’assurer que soit respecté le 4e objectif énoncé à
l’article 3.1 du présent règlement.
7o La réalisation du projet :
Suite à une décision favorable du conseil municipal, l'inspecteur en
bâtiment voit à l'émission du permis ou du certificat lorsque le projet est
également conforme aux autres règlements d'urbanisme. L'inspecteur
en bâtiment doit vérifier la conformité des travaux avec les plans
d'implantation et d'intégration architecturale lors de ses visites
d'inspection. Lorsque le projet subit des modifications lors de sa
réalisation, une nouvelle demande d'approbation de PIIA est alors
requise avant de procéder à ces modifications.

Article 2.3 Le contenu minimal des plans d’implantation et d’intégration


architectural relatif à un projet éolien.

Les plans d'implantation et d'intégration architecturale relatifs à une ou plusieurs


éoliennes doit contenir les éléments suivants :

1° L’identification cadastrale du lot visé;


2° L’autorisation écrite du propriétaire du terrain pour que soit érigé une
ou des éoliennes sur son terrain spécifiant la durée de concession du
terrain au promoteur de l’éolienne. Une copie de l’autorisation (bail)
du ministère concerné doit être fournie lorsque la construction est
située sur les terrains publics;
3° Un plan effectué par un arpenteur-géomètre localisant l’éolienne sur
le terrain visé, son chemin d’accès, ainsi que sa distance séparatrice
par rapport aux éléments suivants :
a) la limite d’un périmètre urbain, d’une affectation récréative ou de
conservation identifiée au plan d’affectation à l’annexe A ;
b) un site d’intérêt esthétique ou historique identifié à l’annexe B;
c) l’emprise du chemin public le plus proche;
d) un bâtiment d’habitation ou un commerce voisin;
e) une éolienne voisine;
4° Une description du type, de la forme, de la couleur et de la hauteur
de l’éolienne;

MRC de Rivière-du-Loup 29
5° Des simulations visuelles montrant le paysage environnant avant et
après l’implantation de l’éolienne faites à partir du chemin public le
plus proche. Pour toute éolienne située à moins de 1500 m d’un
périmètre urbain ou d’un site d’intérêt identifié à l’annexe B, (Par
exemple : belvédères, sentiers, aires protégées, zones de villégiature,
sites touristiques reconnus, secteurs fréquentés, etc. ) des simulations
visuelles devront aussi être faites à partir de ce périmètre urbain ou de
ce site d’intérêt. Si plusieurs éoliennes doivent être érigées à une
relative proximité les unes des autres, les simulations visuelles doivent
montrer l’ensemble des éoliennes visibles à partir d’un point donné;
6° Un plan décrivant la projection de l’ombrage de l’éolienne au sol, du
lever au coucher du soleil, à différentes périodes de l’année, pour
toute éolienne située à moins de 500 m d’une habitation ou d’un
commerce;
7° Une description des postes et lignes de raccordement au réseau
électrique principal;
8° Une description des aménagements, temporaires ou non, nécessaires
à l’érection de l’éolienne;
9° L’échéancier prévu de réalisation des travaux;

Les plans et les simulations visuelles soumis pour approbation doivent être préparés
selon les règles de l'art, tout en étant précis et à l'échelle. Ces documents doivent
contenir les éléments requis pour évaluer le projet en fonction des objectifs et
critères énoncés au chapitre 3.

Les méthodes et outils suivants sont fréquemment utilisés pour les simulations
visuelles et sont recommandées :

Photomontage à partir de points de vue stratégiques

Le montage photographique consiste généralement en l’insertion des


éoliennes, à l’échelle, dans des photographies du paysage prises sous
plusieurs angles et à diverses échelles afin de refléter notamment des
points de vue familiers aux habitants ou des points de vues fortement
fréquentés par les touristes. Les photomontages doivent être présentés à
différents degrés de luminosité ou heures d’ensoleillement et à partir des
principaux axes de circulation concernés et autres sites possédant des
vues stratégiques déterminées.

Simulation 3D du périmètre visuel concerné par le projet

La simulation 3D est généralement réalisée par l’utilisation d’un modèle


numérique d’altitude (MNA) en simulant l’intégration d’éoliennes, à
l’échelle, dans le paysage concerné. La présentation utilisera différents
angles et des distances diverses d’observation. Deux approches peuvent
être notamment utilisées :

MRC de Rivière-du-Loup 30
1) Un relevé systématique de photos numériques à partir de points
de vue stratégiques (habitations, belvédères, route panoramique,
etc.), un séquençage de prises de vue sur les itinéraires à
proximité du projet ou les éléments jugés importants, et retouche
infographique pour intégrer les objets éoliens à partir de la
présentation de scènes en 3D des éoliennes dans le milieu;

2) Une reconstruction paysagère systématique numérique à partir


de la géomorphologie et de la saisie des modes d’occupation
des sols avec simulation des vues sur le projet en reprenant des
techniques de maquette numérique du territoire en 3D.

Article 2.5 Les documents d'accompagnement

Pour compléter la demande, l'inspecteur en bâtiment peut demander au


requérant de lui fournir tout autre document nécessaire pour évaluer le projet en
fonction des objectifs et critères énoncés au chapitre 3.

CHAPITRE 3 : LES OBJECTIFS APPLICABLES ET LES CRITÈRES D'ÉVALUATION

Article 3.1 Les objectifs applicables à l'implantation et à l'architecture des


constructions ou à l'aménagement des terrains

1o préserver les caractéristiques générales du paysage naturel ou bâti de


la municipalité ;
2o protéger les perspectives visuelles et des panoramas les plus
remarquables ;
3o éviter de créer un impact visuel ou d’une autre nature susceptible de
porter atteinte à pleine jouissance des propriétés situées à proximité de
l’éolienne ;
4o assurer la remise en état du site à la fin de l’exploitation de l’éolienne
pour la production d’énergie ;

Article 3.2 Critères relatifs à l’implantation d’une éolienne

1o un parc d’éoliennes doit éviter autant que possible d’affecter un


paysage d’une très grande étendue de manière que ces éoliennes
soient visibles de très loin;
2o une éolienne doit éviter autant que possible d’affecter un paysage
fortement fréquenté ou qui fait l’objet d’une longue durée
d’observation;
3o une éolienne doit obstruer le moins possible les perspectives visuelles
obtenues à partir d’une voie publique, vers le fleuve Saint-Laurent ou
tout autre site d’intérêt esthétique ou historique, tels que les sites
énumérés à l’annexe A jointe au présent règlement;

MRC de Rivière-du-Loup 31
4o une éolienne ne doit pas obstruer ou interférer dans un panorama
remarquable d’intérêt collectif ou qui bénéficie d’une grande valeur
accordée par la population;
5o un parc d’éoliennes doit éviter autant que possible de créer, par
impact cumulatif avec les infrastructures existantes (lignes électriques à
haute tension ou autres), un paysage fortement chargé et déstructuré;
6o en milieu vallonné, la disposition des éoliennes doit suivre les lignes
physiques du territoire ( courbes de niveau, petites crêtes, etc. ) tout en
évitant les limites marquantes des entités paysagères ou les éléments
physiques qui sont fortement perçus;
7o les éoliennes doivent être disposées dans une recherche de cohérence
visuelle en privilégiant l’alignement équidistant ou la disposition
géométrique simple, facilement perceptible par les observateurs. Le
double alignement d’éolienne est à éviter pour la confusion visuelle qu’il
crée;
8o toutes les éoliennes d’un même parc doivent avoir les même
caractéristiques;
9o la tour de l’éolienne doit être tubulaire et non en treillis;
10o une éolienne doit être de couleur neutre qui s’harmonise avec le
paysage;
11o une éolienne doit être construite de matériaux qui facilite son entretien
sur le plan esthétique;
12o le balisage de l’éolienne pour l’aviation doit être sécuritaire et
esthétique;
13o une éolienne doit être située de manière à éviter que l’ombre des pales
en rotation soit projetée jusqu’à une habitation ou un commerce ;
14o les fils électriques reliant l’éolienne au réseau électrique principal
doivent être enfouis;
15o les constructions complémentaires à une éolienne (telles qu’un poste
de raccordement ou de transformation), lorsque visibles d’une
habitation ou d’une voie publique, doivent être dotées d’un
aménagement paysager diminuant l’impact visuel;
16o un chemin d’accès à une éolienne doit être localisé et aménagé de
manière à diminuer son impact visuel;
17o le déboisement du couvert forestier existant doit se faire uniquement
pour implanter les constructions et les ouvrages nécessaires à
l’exploitation de l’éolienne ; le reboisement est requis pour les parcelles
de terrain non nécessaire à l’exploitation de l’éolienne après son
érection;
18o les travaux de déblai et de remblai doivent être évités le plus possible
afin de conserver le niveau du sol existant;
19o le promoteur du projet fournit l’assurance satisfaisante qu’une éolienne
qui ne produit plus d’énergie depuis plus d’un an sera démantelée et
que le site sur lequel elle est érigée sera remis en état;
20o l’éolienne doit est construite à distance suffisante des routes et autres
infrastructures linéaires pour éviter que sa chute ne les endommage ou
menace la vie des personnes.

MRC de Rivière-du-Loup 32
CHAPITRE 4 : DISPOSITIONS FINALES

Article 4.1 Sanctions

Toute personne qui contrevient au présent règlement commet une infraction et


est passible des pénalités suivantes :

a) si le contrevenant est une personne physique, en cas de première


infraction, il est passible d’une amende minimale de 500 $ et d’une
amende maximale de 1 000 $ et les frais pour chaque infraction;
b) si le contrevenant est une personne morale, en cas de première
infraction, il est passible d’une amende minimale de 1 000 $ et d’une
amende maximale de 2 000 $ et les frais pour chaque infraction;
c) en cas de récidive, si le contrevenant est une personne physique,
l’amende minimale est de 1 000 $ et l’amende maximale est de
2 000 $ plus les frais pour chaque infraction;
d) en cas de récidive, si le contrevenant est une personne morale,
l’amende minimale est de 2 000 $ et l’amende maximale est de
4 000 $ plus les frais pour chaque infraction.

Si l’infraction est continue, cette continuité constitue, jour par jour, des
contraventions distinctes. L’amende pourra être recouvrée à partir du premier
jour où l’avis relatif à l’infraction a été donné au contrevenant.

Article 4.2 Autres recours de droit civil

En sus des recours par action pénale, le conseil de la municipalité peut exercer,
devant les tribunaux de juridiction civile, tous les autres recours nécessaires pour
faire respecter les dispositions du présent règlement.

Plus particulièrement, le conseil de la municipalité peut obtenir une ordonnance


de la Cour supérieure du Québec ordonnant la cessation d’une utilisation du sol
incompatible avec le présent règlement et ordonnant, aux frais du propriétaire,
l’exécution des travaux requis pour la démolition de toute construction et la
remise en état du terrain. Le conseil de la municipalité pourra être autorisé à
exécuter les travaux de démolition et de remise en état du terrain aux frais du
propriétaire de l’immeuble, ces frais étant assimilables à des taxes et
recouvrables de la même manière.

Article 4.3 Personne partie à l’infraction

Une personne qui accomplit ou omet d’accomplir quelque chose en vue


d’aider une personne à commettre une infraction au présent règlement ou qui
conseille, encourage ou incite une personne à commettre une infraction,
commet elle aussi l’infraction et est passible de la même peine.

Un administrateur ou un dirigeant d’une personne morale qui amène cette


personne morale par un ordre, une autorisation, un conseil ou un

MRC de Rivière-du-Loup 33
encouragement à refuser ou à négliger de se conformer aux prescriptions du
présent règlement commet une infraction et est passible de la même peine que
celles prévues à l’article 4.1.

Article 4.4 Fausse déclaration

Commet également une infraction qui le rend passible des peines prévues à
l’article 4.1 toute personne qui, afin d’obtenir un certificat d’autorisation, un
certificat, un permis, une permission ou une approbation délivré en vertu du
règlement, fait une déclaration au fonctionnaire désigné sachant qu’elle est
fausse ou trompeuse.

Article 4.5 Entrée en vigueur

Le présent règlement sur les plans d'implantation et d'intégration architecturale


entrera en vigueur conformément aux dispositions de la Loi.

Adopté à l'unanimité le _________.

Maire Directeur généra

MRC de Rivière-du-Loup 34
Le 5 avril 2006

Madame Nathalie Normandeau


Ministre des Affaires municipales et des Régions
Aile Chauveau, 4e étage
10, rue Pierre-Olivier-Chauveau
Québec (Québec)
G1R 4J3

Objet : Rejet, par le MAMR, du RCI éolien de la MRC de Rivière-du-Loup


pour une question sémantique

Madame la ministre,

Nous avons été informé, le 5 avril, par les fonctionnaires du ministères des
Affaires municipales et des Régions, que le règlement de contrôle intérimaire
(RCI) visant à gérer l’implantation d’éoliennes sur le territoire de la MRC de
Rivière-du-Loup serait vraisemblablement jugé non conforme aux orientations
gouvernementales et qu’il ne pourrait donc pas entrer en vigueur comme prévu.

Après avoir discuté avec les représentants du ministère, ce rejet nous


apparaît injustifié, voire abusif, puisque les raisons évoquées n’ont rien à voir
avec le respect des orientations gouvernementales. Voici rapidement de quoi il
en retourne.

Le RCI éolien définit des zones où les éoliennes sont interdites. Ces zones
sont décrites à l’aide des périmètres d’urbanisation (PU) cartographiés en
annexe du règlement (les éoliennes sont interdites à moins de 1250m de ces
PU.). Or, les périmètres d’urbanisation qui ont été cartographiés sont ceux qui
figurent dans le projet de schéma révisé (PSAR). Ce choix est tout-à-fait logique
puisque les pouvoirs de contrôle intérimaires n’existent qu’en période de révision
du schéma, afin de mettre en application, de manière intérimaire, des choix
exprimés par le conseil (notamment, dans un PSAR) mais qui ne sont pas encore
intégrés dans une schéma en vigueur !

Le ministère s’objecte puisque ces PU n’ont pas été approuvés : il pense


que le fait de faire référence à des PU qui ne sont pas les PU officiels peut
entraîner une confusion et accorder des droits au municipalité de faire du
développement urbain en dehors de leurs PU officiels.

Cette inquiétude est absolument non fondée. L’objet du RCI est


excessivement limité : gérer l’implantation des éoliennes. En aucun cas, ce
règlement peut avoir une quelconque influence sur la gestion de l’urbanisation
ou sur l’analyse de conformité des projets d’infrastructure ou de la

MRC de Rivière-du-Loup 35
réglementation d’urbanisme des municipalités par rapport au schéma
d’aménagement actuellement en vigueur. Pour gérer les éoliennes, nous aurions
pu cartographier n’importe quelle entité territoriale qu’on aurait pu appeler
zone A1 ou zone bleue marine. L’important c’est que ces noms d’entité soient
définis dans le règlement et cartographiés dans le règlement. Le RCI est un tout
fermé avec sa propre logique. C’est un règlement qui se suffit à lui-même.

Bref, nous avons appelé ces entités des «périmètres d’urbanisation»; c’est
vrai que nous aurions pu appeler ça «périmètres d’urbanisation prévus au PSAR».
Ça aurait été plus logique et plus élégant au niveau sémantique, mais ça ne
change rien à la portée du règlement et sur son effet sur le terrain ! Et surtout, ce
n’est pas au MAMR d’être le chien de garde de la sémantique et de la logique!

Le MAMR est là pour voir au respect des orientations gouvernementales. Si


notre RCI avait eu pour objet ou pour effet de changer les périmètres
d’urbanisation, la ministre aurait été justifiée de s’objecter. Or ce n’est pas le
cas : les périmètres d’urbanisations en vigueur sont exactement les mêmes
qu’avant, les usages de nature urbaine autorisés sur le territoire sont inchangées
partout. En quoi ne respectons-nous pas les orientations gouvernementales en
matière d’urbanisation du territoire ? Toute tentative d’attribuer au RCI une
quelconque faculté de modifier de facto ou de façon indirecte les périmètres
d’urbanisation actuellement en vigueur dans notre schéma d’aménagement de
1ière génération approuvé par le MAMR relève quasiment de la fabulation.

En somme, madame la Ministre, nous estimons que votre devoir est


d’approuver le règlement de la MRC tout en spécifiant, afin de rassurer votre
ministère, que cette approbation ne peut en aucun cas être interprétée
comme l’approbation d’une éventuelle modification aux périmètres
d’urbanisation en vigueur qui irait dans les sens des périmètres d’urbanisation
décrits dans le RCI éolien.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos


sentiments les meilleurs.

Le Préfet,

Michel Lagacé
ML/ng/cp Michel Lagacé

MRC de Rivière-du-Loup 36
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ 310, rue St-Pierre
DE RIVIERE-DU-LOUP Rivière-du-Loup, Québec G5R 3V3

EXTRAIT DU LIVRE DES DÉLIBÉRATIONS DU CONSEIL DE LA


MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DE RIVIERE-DU-LOUP

Extrait du procès-verbal de la séance ordinaire du conseil de la Municipalité régionale


de comté de Rivière-du-Loup, tenue le 16 février 2006, à 20h, à la salle de conférence
de la préfecture de la MRC située au 310, rue Saint-Pierre à Rivière-du-Loup, et à laquelle
assistaient les conseillers de comté suivants :

Messieurs Gilles D’AMOURS, Sylvain DESMEULES (représentant dûment mandaté),


Raymond DUBÉ, Serge FOREST, Jean-Pierre GRATTON, Jacques M. MARTIN, Gaétan
MICHAUD, Jacques M. MICHAUD, Claude PELLETIER (représentant dûment mandaté),
Réal THIBAULT et madame Nathalie TREMBLAY.

Tous formant quorum sous la présidence de monsieur Michel LAGAGÉ, préfet et maire de
Saint-Cyprien.

RÉSOLUTION NUMÉRO 2006-023-C

8. AMÉNAGEMENT

8.6 Résolution de contrôle intérimaire visant à interdire l’implantation d’éoliennes

ATTENDU QUE la MRC de Rivière-du-Loup souhaite encadrer l’implantation


d’éoliennes par le biais de la révision de son schéma d’aménagement et de
développement ;

ATTENDU QUE la MRC de Rivière-du-Loup entend adopter dans les mois qui
viennent un règlement de contrôle intérimaire (RCI) encadrant l’implantation
d’éoliennes sur son territoire dans le but entre autres :

- de protéger la qualité de vie des résidants (bruits, effets de


battement d’ombre);
- d’assurer la sécurité des biens et des personnes (écrasements,
verglas);
- de protéger les corridors d’oiseaux migrateurs;
- de préserver le paysage à proximité des axes touristiques et des
secteurs de villégiature;
- d’éviter l’encerclement visuel des villages et éviter de restreindre
leur expansion future;
- de protéger les aires d’approche de l’aéroport;
- d’éviter la surcharge d’éoliennes dans le paysage.

ATTENDU les pouvoirs dévolus à la MRC notamment par les articles 61 et 62 de


la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (L.R.Q., chapitre A-19.1);
EN CONSÉQUENCE

il est proposé par le conseiller Gilbert Delage


appuyé par le conseiller Philippe Dionne
et résolu :

QUE ce conseil adopte le contrôle intérimaire suivant :

Article 1 : Préambule

Le préambule de la présente résolution de contrôle intérimaire


fait partie intégrante de celle-ci.

Article 2 : Terminologie
Tous les mots utilisés dans la présente résolution de contrôle
intérimaire conservent leur signification habituelle pour leur
interprétation, sauf pour le mot « éolienne » dont le sens est
attribué par le présent article.
Éolienne : construction permettant la production d’énergie
électrique à partir du vent et visant à alimenter en électricité
une ou des activités situées hors du terrain sur lequel cette
construction se situe.

Article 3 : Interdiction d’implanter ou de construire une éolienne

La présente résolution de contrôle intérimaire interdit


l’implantation et la construction d’éolienne sur l’ensemble du
territoire de la Municipalité régionale de comté (MRC) de
Rivière-du-Loup.

Article 4 : Loi de la législature et réglementation municipale

Aucun article de la présente résolution de contrôle intérimaire


ne peut avoir pour effet de soustraire toute personne à
l’application d’une loi de la législature du Canada ou du
Québec ou d’un règlement qui en découle, en particulier un
règlement municipal d’urbanisme (ex. règlement de zonage).

Par ailleurs, en vertu du premier alinéa de l’article 68 de la Loi


sur l’aménagement et l’urbanisme (L.R.Q., chapitre A-19.1),
aucun permis de construction, permis de lotissement, certificat
d'autorisation ou certificat d'occupation ne peut être délivré
en vertu d’un règlement d'une municipalité, à l’égard d'une
activité qui est interdite par la présente résolution de contrôle
intérimaire.

Article 5 : Validité

MRC de Rivière-du-Loup 2
Le conseil de la municipalité régionale de comté (MRC) de
Rivière-du-Loup décrète l’adoption de la présente résolution
de contrôle intérimaire dans son ensemble et également
article par article, paragraphe par paragraphe, sous-
paragraphe par sous-paragraphe de sorte que si une telle
disposition devait être un jour déclarée nulle par la cour ou
autres instances, les autres dispositions de la présente
résolution continueraient de s’appliquer.

Le vote est demandé sur la proposition.

Résultat : Pour : 22 Contre 1

La proposition est adoptée à majorité.

(Sous réserve de l’approbation du procès-verbal)

(Signé) Raymond Duval, directeur général (Signé) Michel Lagacé, préfet


et secrétaire-trésorier
------------------------------------------------------------------------------------------------------
COPIE CERTIFIÉE CONFORME

Ce 31ième jour du mois de janvier 2006.

_______________________________________________________
Raymond Duval, directeur général et secrétaire-trésorier

MRC de Rivière-du-Loup 3
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ 310, rue St-Pierre
DE RIVIERE-DU-LOUP Rivière-du-Loup, Québec G5R 3V3

EXTRAIT DU LIVRE DES DÉLIBÉRATIONS DU CONSEIL DE LA


MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DE RIVIERE-DU-LOUP

Extrait du procès-verbal de la séance ordinaire du conseil de la Municipalité régionale


de comté (MRC) de Rivière-du-Loup, tenue le 16 février 2006, à 20h, à la salle de
conférence de la préfecture de la MRC située au 310, rue Saint-Pierre à Rivière-du-Loup,
et à laquelle assistaient les conseillers de comté suivants :

Messieurs Gilles D’AMOURS, Sylvain DESMEULES (représentant dûment mandaté),


Raymond DUBÉ, Serge FOREST, Jean-Pierre GRATTON, Jacques M. MARTIN, Gaétan
MICHAUD, Jacques M. MICHAUD, Claude PELLETIER (représentant dûment mandaté),
Réal THIBAULT et madame Nathalie TREMBLAY.

Tous formant quorum sous la présidence de monsieur Michel LAGAGÉ, préfet et maire de
Saint-Cyprien.

RÉSOLUTION NUMÉRO 2006-079-C

8. AMÉNAGEMENT

8.5 Adoption du règlement de contrôle intérimaire (RCI) portant le numéro 144-06


et visant à encadrer l’implantation d’éoliennes

ATTENDU QUE la section VII du chapitre I, du titre I de la Loi sur l'aménagement


et l'urbanisme, permet à une MRC d'établir des mesures de contrôle
intérimaire ;

ATTENDU QUE la MRC de Rivière-du-Loup souhaite encadrer l’implantation


d’éoliennes sur son territoire dans le but entre autres :

- de protéger la qualité de vie des résidants (bruits, effets de battement


d’ombre);
- d’assurer la sécurité des biens et des personnes (écrasements, verglas);
- de protéger les corridors d’oiseaux migrateurs;
- de préserver le paysage à proximité des axes touristiques et des secteurs
de villégiature;
- d’éviter l’encerclement visuel des villages et éviter de restreindre leur
expansion future;
- de protéger les aires d’approche de l’aéroport;
- d’éviter la surcharge d’éoliennes dans le paysage;

ATTENDU qu’un avis de motion a été donné lors de la séance ordinaire du 19


janvier 2006 relativement à l’adoption du présent règlement;

MRC de Rivière-du-Loup 4
ATTENDU que tous les membres présents de ce conseil déclarent avoir lu le
règlement dont copie a été transmise dans les délais requis par la loi et qu’ils
ont renoncé à sa lecture;

ATTENDU que l’objet et la portée de ce règlement a été mentionné aux


membres du conseil présents;

EN CONSÉQUENCE,

il est proposé par le conseiller Réal Thibault


appuyé par le conseiller Claude Pelletier
et résolu :

QUE ce conseil adopte le règlement de contrôle intérimaire numéro 144-06.

Monsieur Serge Forest demande le vote :

Pour : 21 Contre : 2 (Serge Forest, Gaétan Michaud)

Adoptée à la majorité

RÈGLEMENT DE CONTRÔLE INTÉRIMAIRE NUMÉRO 144-06


RELATIF À LA CONSTRUCTION D’ÉOLIENNES
SUR LE TERRITOIRE DE LA MRC DE RIVIÈRE-DU-LOUP

LE CONSEIL DE LA MRC STATUE ET DÉCRÈTE CE QUI SUIT :

CHAPITRE 1 : DISPOSITIONS DÉCLARATOIRES

Article 1.1 : Titre et numéro du règlement

Le titre du présent règlement est : « Règlement de contrôle intérimaire numéro 144-06


relatif à la construction d’éoliennes sur le territoire de la MRC de Rivière-du-Loup ».

Article 1.2 : Préambule

Le préambule fait partie intégrante du présent règlement.

Article 1.3 : Territoire touché

Les dispositions du présent règlement s'appliquent à l’ensemble du territoire de tenure


privée de la MRC, ainsi que sur les terres publiques intramunicipales déléguées par la
convention de gestion territoriale intervenue entre le ministère des Ressources naturelles
et de la Faune et la MRC.

MRC de Rivière-du-Loup 5
Article 1.4 : But du règlement

Le but du présent règlement est de définir le cadre normatif régissant l’implantation


d’éoliennes sur l’ensemble du territoire de tenure privée de la MRC, ainsi que sur les terres
publiques intramunicipales déléguées afin d’assurer la protection des paysages les plus
sensibles et une cohabitation acceptable avec certains usages.

Article 1.5 : Personnes assujetties

Le présent règlement assujettit à son application toute personne morale, de droit public
ou de droit privé et toute personne physique. Le gouvernement, ses ministères et
mandataires sont soumis à son application suivant les dispositions de l'article 2 de la Loi
sur l'aménagement et l'urbanisme (L.R.Q., chapitre A-19-1).

Article 1.6 : Effet du règlement

Aucun article du présent règlement de contrôle intérimaire ne peut avoir pour effet de
soustraire toute personne à l'application d'une loi du Canada ou du Québec.

Article 1.7 : Invalidité partielle

Le conseil de la M.R.C. de Rivière-du-Loup décrète l'adoption du présent règlement dans


son ensemble et également article par article, de manière à ce que si un article de
celui-ci devait être un jour déclaré nul, les autres dispositions du présent règlement
continuent de s'appliquer.

Article 1.8 : Annexes du règlement

Les plans illustrant les périmètres d’urbanisation qui figurent à l’annexe 1 font partie
intégrante du présent règlement.

Les plans des aires récréatives qui figurent à l’annexe 2 font partie intégrante du présent
règlement.

Le plan intitulé « tracé du prolongement de l’autoroute 20 » présenté à l’annexe 3 fait


partie intégrante du présent règlement.

Le plan intitulé « zones d’exclusion où les éoliennes sont interdites » présenté à l'annexe 4
est donné à titre indicatif seulement afin d’illustrer les effets des principales dispositions du
règlement. Il n’a aucune valeur réglementaire.

CHAPITRE 2 : DISPOSITIONS INTERPRÉTATIVES

Article 2.1 : Terminologie

Tous les mots utilisés dans le règlement conservent leur signification habituelle pour leur
interprétation sauf les mots définis comme suit :

MRC de Rivière-du-Loup 6
Construction

Assemblage, édification ou érection de matériaux constituant un ensemble construit ou


bâti.

Distance

Toute distance imposée par une disposition du chapitre 5 du présent règlement est
calculée en ligne droite horizontalement entre la partie la plus avancée des
constructions, du terrain ou du périmètre d’urbanisation faisant l’objet du calcul. Dans le
cas de bâtiments, cette distance est établie à partir des murs extérieurs des bâtiments,
en excluant les galeries, perrons, avant-toits, patios, terrasses, cheminées, rampes
d’accès et autres constructions accessoires.

Éolienne

Construction permettant la production d’énergie électrique à partir du vent et visant à


alimenter en électricité une ou des activités situées hors du terrain sur laquelle elle est
située.

Habitation

Bâtiment d'une superficie d'au moins 21 m2 destiné à abriter des êtres humains et
comprenant un ou plusieurs logements.

Hauteur d’une éolienne

Distance verticale entre le sol et l’extrémité d’une pale d’éolienne en position verticale
au-dessus du rotor.

Périmètre d’urbanisation d’une municipalité

La limite prévue de l'extension future de l'habitat de type urbain dans une municipalité
déterminée, telle qu’identifiée sur les plans de l'annexe 1 du présent règlement.

Terrain

Surface désignant un ou plusieurs lots ou partie de lots contigus constituant une même
propriété foncière.

Zone récréative

Territoire affecté à la villégiature et aux activités récréatives, tels qu’identifié à l’annexe 2


du présent règlement et incluant, le cas échéant, le plan d’eau sur les rives duquel se
pratique la villégiature.

MRC de Rivière-du-Loup 7
CHAPITRE 3 : DISPOSITIONS ADMINISTRATIVES

Article 3.1 : Nomination d'un fonctionnaire désigné

Le conseil de la MRC désigne, par résolution, le fonctionnaire responsable de la


surveillance et l’application du présent règlement. Ce fonctionnaire peut être
l’inspecteur responsable de l’émission des permis de construction désigné par chacune
des municipalités, si le conseil de la municipalité locale y consent.

Article 3.2 : Tâche du fonctionnaire désigné

Le fonctionnaire désigné au sens de l’article 3.1 veille au respect des dispositions du


présent règlement sur le territoire où il a juridiction. Il voit à l’administration et au
traitement des demandes de permis et de certificat et procède à l’inspection sur le
terrain. De façon plus spécifique, le fonctionnaire désigné est responsable de
coordonner l’application du présent règlement et, à cet effet, il doit :

1) émettre ou refuser d’émettre les permis requis par le présent règlement sur le
territoire où il a juridiction;
2) tenir un registre des permis émis ou refusés officiellement par lui, en vertu du
présent règlement, ainsi que les raisons du refus d’émission du permis;
3) tenir un dossier de chaque demande de permis;
4) faire rapport, par écrit, à son Conseil municipal de toute contravention au présent
règlement et faire les recommandations afin de corriger la situation; suite à la
décision du Conseil municipal, émettre les constats d’infraction au présent
règlement;
5) aviser le propriétaire ou l’occupant de cesser tous travaux ou ouvrages qui
contreviennent au présent règlement;
6) aviser le propriétaire ou l’occupant de procéder aux correctifs nécessaires pour
régulariser tous travaux ou ouvrages non conformes au présent règlement;
7) dans le cas d'une infraction à caractère continu commise sur le territoire où il a
juridiction :
- requérir de tout contrevenant la cessation immédiate de l'infraction
commise envers l'une ou l'autre des prescription du présent règlement;
- l'aviser que le fait d'avoir contrevenu à telle disposition réglementaire
l'expose à des sanctions pénales pour chaque jour où dure l'infraction ce,
en outre des recours civils prévus par la loi.

Article 3.3 : Droit de visite des propriétés

Le fonctionnaire désigné, pour assurer l'application du présent règlement dans l'exercice


de ses fonctions, a le droit de visiter et d'examiner entre 7 h et 19 h toute propriété
immobilière.

Les propriétaires, locataires ou occupants des lieux à visiter sont obligés de recevoir le
fonctionnaire désigné et de répondre aux questions qu'il peut poser relativement à
l'application du règlement. Le fonctionnaire désigné peut être accompagné de tout
expert pour procéder aux vérifications requises.

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Article 3.4 : Permis de construction obligatoire

Le permis de construction est obligatoire à toute personne physique ou morale qui désire
entreprendre des travaux visant l’implantation d’une ou plusieurs éoliennes ci-après
appelée construction.

Le fonctionnaire désigné est autorisé à délivrer les permis de construction requis par le
présent règlement, sans aucune autre autorisation de la MRC de Rivière-du-Loup.

Article 3.5 : Demande de permis de construction

Toute demande de permis de construction doit être présentée sur les formulaires prévus
à cette fin auprès de la municipalité concernée. La demande doit être signée et datée
par le requérant et accompagnée des documents suivants :

1) l'identification cadastrale du lot;


2) l'autorisation écrite du propriétaire ainsi que la durée de concession du terrain pour
l’éolienne à construire;
3) une copie de l'autorisation (bail) de la M.R.C. doit être fournie lorsque la
construction est située sur les terres publiques intramunicipales déléguées;
4) un plan effectué par un arpenteur-géomètre localisant l'éolienne sur le terrain visé,
son chemin d'accès, ainsi que sa distance séparatrice par rapport aux éléments
suivants :
- limites d'un périmètre d’urbanisation ou d’une zone récréative identifiée
aux annexes 1 et 2;
- emprise des autoroutes 20 et 85 ou de leur prolongement prévu;
- emprise des Routes 132 et 185;
- emprise d'une route provinciale ou municipale;
- emprise du parc linéaire du Petit-Témis;
- bâtiment d'habitation;
5) une description du type, de la forme, de la couleur et de la hauteur de l'éolienne,
ainsi que de son système de raccordement au réseau électrique;
6) une description des postes et lignes de raccordement au réseau électrique;
7) la distance entre les éoliennes implantées sur un même terrain;
8) l'échéancier prévu de réalisation des travaux;
9) le coût estimé des travaux.

Article 3.6 : Suivi de la demande de permis de construction

Le fonctionnaire désigné émet le permis dans un délai d'au plus soixante jours ouvrables
de la date de dépôt de la demande de permis de construction si la demande est
conforme au présent règlement. Dans le cas contraire, il doit faire connaître son refus au
requérant par écrit et le motiver dans le même délai.

Article 3.7 : Cause d’invalidité et durée du permis de construction

Tout permis de construction est valide pour une période de douze mois suivant la date
de son émission. Passé ce délai, le requérant doit se procurer un nouveau permis.

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Article 3.8 : Tarif relatif au permis de construction

Le tarif pour l'émission d'un permis de construction relatif à l'application du présent


règlement est de 750 $ par éolienne, à moins qu’une disposition spécifique d’un
règlement d’urbanisme local prévoit un montant supérieur.

Article 3.9 : Condition d’émission des permis de construction

Le fonctionnaire désigné d'une municipalité ne peut émettre un permis de construction


relatif à l'application du présent règlement qu'aux conditions suivantes :

1) la demande est conforme au présent règlement;


2) la demande est accompagnée de tous les plans et documents exigés par le
présent règlement;
3) le tarif pour l'obtention du permis a été payé.

CHAPITRE 4 : LES USAGES AUTORISÉS

Article 4.1 : Éolienne autorisée en zone agricole désignée

La production d’énergie à l’aide d’une éolienne est autorisée partout dans la zone
agricole désignée, sous réserve des dispositions prévues au chapitre 5 du présent
règlement.

La présente disposition rend inopérante toute disposition inconciliable d’un règlement de


zonage local.

Article 4.2 : Éolienne autorisée en territoire non agricole

La production d’énergie à l’aide d’une éolienne est autorisée sur l’ensemble du territoire
non agricole, sous réserve des dispositions contenues dans un règlement de zonage
local et des dispositions prévues au chapitre 5 du présent règlement.

CHAPITRE 5 : DISPOSITIONS RELATIVES AUX ÉOLIENNES

ARTICLE 5.1 : Territoire assujetti

Les dispositions prévues au présent chapitre s’appliquent à l’ensemble du territoire de


tenure privée de la MRC.

Article 5.2 : L’implantation d’éoliennes à proximité du fleuve Saint-Laurent

L’implantation d’une éolienne est prohibée à une distance inférieure à 2000 mètres de la
ligne des hautes eaux du fleuve Saint-Laurent.

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Article 5.3 : L’implantation d’éoliennes à proximité d’habitation

L’implantation d’une éolienne est prohibée à une distance d’une habitation inférieure à
4 fois la hauteur hors tout de cette éolienne.

Article 5.4 : L’implantation d’éoliennes à proximité d’un périmètre d’urbanisation et


d’une zone récréative

L’implantation d’une éolienne est prohibée à une distance d’un périmètre


d’urbanisation ou d’une zone récréative inférieure à 10 fois la hauteur hors tout de cette
éolienne. Les périmètres d’urbanisation et les zones récréatives à l’égard desquels cette
disposition est applicable sont cartographiés aux annexes 1 et 2 du présent règlement.
Toutefois, une éolienne peut être implantée à une distance inférieure du périmètre
d’urbanisation ou de la zone récréative si il est démontré que l’éolienne projetée sera
visible à partir d’aucun endroit situé à l’intérieur dudit périmètre d’urbanisation ou de
ladite zone.

En aucun cas une éolienne ne pourra être située à l’intérieur ou à moins de 750 mètres
d’un périmètre d’urbanisation ou d’une zone récréative.

Article 5.5 : L’implantation d’éoliennes à proximité d’un chemin public

L’implantation d’une éolienne est prohibée à une distance inférieure à 150 mètres de
l’emprise d’un chemin public.

Article 5.6 : L’implantation d’éoliennes à proximité d’une route régionale ou


collectrice

L’implantation d’une éolienne est prohibée à une distance inférieure à 300 mètres de
l’emprise d’une route régionale ou d’une route collectrice.

Article 5.7 : L’implantation d’éoliennes à proximité d’une route nationale ou d’une


autoroute

L’implantation d’une éolienne doit respecter, à l’égard de l’emprise de la route 132, de


la route 185 et des autoroutes 20 et 85 de même qu’à l’égard de l’emprise projetée du
prolongement de l’autoroute 20, une distance minimale équivalente à 10 fois la hauteur
hors tout de cette éolienne. Toutefois cette distance peut être inférieure, si il est
démontré que l’éolienne projetée sera visible à partir d’aucun endroit situé sur la
chaussée existante ou projetée de ces axes routiers importants. Dans tous les cas
l’implantation d’une éolienne est prohibée à moins de 500 mètres de l’emprise de la
route 132, de la route 185 et des autoroutes 85 et 20 ou du prolongement de cette
dernière.

La limite de l’emprise du prolongement de l’autoroute 20 est réputée, pour les besoins du


présent règlement, être située à 20 mètres de part et d’autre du tracé projeté de
l’autoroute, tel que cartographié à l’annexe 3 du présent règlement.

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Article 5.8 : L’implantation d’éoliennes à proximité de l’aéroport de Rivière-du-Loup

L’implantation d’une éolienne est prohibée à une distance inférieure à 4000 mètres de la
piste d’atterrissage de l’aéroport de Rivière-du-Loup.

Article 5.9 : Marge de recul relative à l’implantation d’éolienne

Toute éolienne doit être implantée de façon à ce que l’extrémité des pales soit toujours
à une distance supérieure à 2,5 mètres d’une limite de terrain.

Article 5.10 : Les raccordements électriques aux éoliennes

Les fils électriques permettant de raccorder les éoliennes au réseau de transport à haute
tension d’Hydro-Québec doivent être enfouis à l’exception des fils longeant un chemin
public. Lorsqu’une ligne aérienne de distribution d’énergie électrique existe déjà en
bordure de ce chemin public, les fils de raccordement aux éoliennes doivent être
montés sur les mêmes poteaux que le réseau de distribution existant.

L’obligation d’enfouir les fils électriques ne s’applique pas s’il est démontré que le réseau
de fils doit traverser une contrainte physique tels un lac, un cours d’eau, un secteur
marécageux ou un socle rocheux.

CHAPITRE 6 : DISPOSITIONS RELATIVES À L’IMPLANTATION D’UN USAGE À PROXIMITÉ


D’UNE ÉOLIENNE (CONTRAINTES ANTHROPIQUES)

Article 6.1 : Implantation d’une habitation à proximité d’une éolienne

Toute nouvelle habitation doit être implantée à une distance supérieure à 500 mètres
d’une éolienne.

CHAPITRE 7 : DISPOSITIONS FINALES

Article 7.1 : Sanctions

Toute personne qui contrevient au présent règlement commet une infraction et est
passible des pénalités suivantes :

1) si le contrevenant est une personne physique, en cas de première infraction, il est


passible d’une amende minimale de 500 $ et d’une amende maximale de 1 000 $
et les frais pour chaque infraction;
2) si le contrevenant est une personne morale, en cas de première infraction, il est
passible d’une amende minimale de 1 000 $ et d’une amende maximale de
2 000 $ et les frais pour chaque infraction;
3) en cas de récidive, si le contrevenant est une personne physique, l’amende
minimale est de 1 000 $ et l’amende maximale est de 2 000 $ plus les frais pour
chaque infraction;

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4) en cas de récidive, si le contrevenant est une personne morale, l’amende
minimale est de 2 000 $ et l’amende maximale est de 4 000 $ plus les frais pour
chaque infraction.

Si l’infraction est continue, cette continuité constitue, jour par jour, des contraventions
distinctes. L’amende peut être recouvrée à partir du premier jour où l’avis relatif à
l’infraction a été donné au contrevenant.

Article 7.2 : Autres recours de droit civil

En sus des recours par action pénale, le conseil de la MRC peut exercer, devant les
tribunaux de juridiction civile, tous les autres recours nécessaires pour faire respecter les
dispositions du présent règlement.

Plus particulièrement, le conseil de la MRC peut obtenir une ordonnance de la Cour


supérieure du Québec ordonnant la cessation d’une utilisation du sol incompatible avec
le présent règlement de contrôle intérimaire, et ordonnant, aux frais du propriétaire,
l’exécution des travaux requis pour la démolition de toute construction et la remise en
état du terrain. Le conseil de la MRC pourra être autorisé à exécuter les travaux de
démolition et de remise en état du terrain aux frais du propriétaire de l’immeuble, ces
frais étant assimilables à des taxes et recouvrables de la même manière.

Article 7.3 : Personne partie à l’infraction

Une personne qui accomplit ou omet d’accomplir quelque chose en vue d’aider une
personne à commettre une infraction au présent règlement ou qui conseille, encourage
ou incite une personne à commettre une infraction, commet elle aussi l’infraction et est
passible de la même peine.

Un administrateur ou un dirigeant d’une personne morale qui amène cette personne


morale par un ordre, une autorisation, un conseil ou un encouragement à refuser ou à
négliger de se conformer aux prescriptions du présent règlement commet une infraction
et est passible de la même peine que celles prévues à l’article 7.1.

Article 7.4 : Fausse déclaration

Commet également une infraction qui le rend passible des peines prévues à l’article 7.1
toute personne qui, afin d’obtenir un certificat d’autorisation, un certificat, un permis,
une permission ou une approbation délivré en vertu du règlement, fait une déclaration
au fonctionnaire désigné sachant qu’elle est fausse ou trompeuse.

Article 7.5 : Entrée en vigueur

Le présent règlement entrera en vigueur conformément aux dispositions de la Loi.

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(Sous réserve de l’approbation du procès-verbal)

(Signé) Raymond Duval, directeur général (Signé) Michel Lagacé, préfet


et secrétaire-trésorier
------------------------------------------------------------------------------------------
COPIE CERTIFIÉE CONFORME

Ce vingt-deuxième du mois de février 2006.

_______________________________________________________
Raymond Duval, directeur général et secrétaire-trésorier

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