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Évolution de la Science Administrative

La science administrative a évolué à travers l'histoire, passant de la science de police sous l'État monarchique à une discipline plus rationalisée et sociologique sous l'État providence. Elle est souvent perçue comme subordonnée à la science politique, mais des arguments contemporains soulignent sa spécificité et son autonomie. Enfin, la science administrative est définie par son objet d'étude, le fait administratif, qui est commun à toutes les organisations et qui se construit à travers la recherche.

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Évolution de la Science Administrative

La science administrative a évolué à travers l'histoire, passant de la science de police sous l'État monarchique à une discipline plus rationalisée et sociologique sous l'État providence. Elle est souvent perçue comme subordonnée à la science politique, mais des arguments contemporains soulignent sa spécificité et son autonomie. Enfin, la science administrative est définie par son objet d'étude, le fait administratif, qui est commun à toutes les organisations et qui se construit à travers la recherche.

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LA SCIENCE ADMINISTRATIVE

SUJET 1- LES DETERMINANTS HISTORIQUES DE LA SCIENCE


ADMINISTRATIVE

Problématique : quels sont les facteurs qui ont déterminé l’avènement de la science
administrative telle qu’elle se présente aujourd’hui ?

I- LA DYNAMIQUE DE LA CONCEPTION DU ROLE DE L’ETAT DANS


LE TEMPS

A- La naissance de la science administrative sous l’Etat monarchique

L’apparition de la science appliquée à l’administration, ancêtre de la science


administrative, coïncide avec la mise en place de structures étatiques et administrations modernes.
Dénommée science de police, la science administrative a pour but de permettre à l’Etat
monarchique de remplir énergiquement les missions qui lui incombent.

Dans les pays d’expression germanique, la science de police adopte une démarche
essentiellement empirique. Dans cette perspective, Jean Bodin recommande de traiter
l’administration comme une science, en suggérant la nécessité d’une étude systématique et
positive de l’administration publique.

Mais l’essor du droit administratif devient un blocage pour la science administrative. Avec
l’avènement de l’Etat libéral, le problème de l’encadrement juridique de l’Etat passe au
premier plan. On ne veut plus renforcer la puissance étatique mais trouver des garanties
contre elle et c’est le droit, plus exactement l’essor du droit administratif. L’Etat de police
cède ainsi la place à l’Etat de droit.

B- La renaissance de la Science administrative sous l’Etat providence

Suite à la crise économique de 1929, et surtout aux énormes besoins de


reconstruction de l’Europe du fait de la seconde guerre mondiale, la conception du rôle de
l’Etat dans la vie économique et sociale va changer. Avec le développement de
l’interventionnisme étatique, l’accent sera mis désormais sur l’impératif d’efficacité. Le droit
apparaît comme un facteur de rigidité. Le renouveau de la science administrative sera donc lié
au réformisme administratif, et sous-tendu par une volonté de rationalisation.

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Les limites de la référence au droit vont aussi résulter de la diffusion des analyses sociologiques
de Weber. Cette intrusion des sociologues va révéler les failles de l’approche juridique, tout
en contribuant à faire progresser la connaissance scientifique du phénomène administratif
en envisageant l’administration comme phénomène social.

II- LE DEVELOPPEMENT DE LA SOCIETE INDUSTRIELLE

A- La science de l’organisation avant la seconde guerre mondiale

Parallèlement à l’émergence de la société industrielle, la science administrative s’est


surtout développée aux Etats-Unis, autour de deux principaux courants : les schémas rationalistes
et l’Ecole des relations humaines.

Parmi les schémas rationalistes, on distingue deux tendances : les théories de la


bureaucratie qui poursuivent une logique de rationalisation étatique (Marx, Engels, Weber) ; et
l’organisation scientifique du travail qui poursuit une logique de rationalisation capitaliste
(s’intéresse aux techniques de production et de gestion des entreprises).

Taylor, dans le domaine économique, cherche à fonder scientifiquement l’organisation


du travail pour un rendement optimal et un profit maximal. Dans le domaine de la gestion
administrative, Fayol, précurseur français du management, cherche à perfectionner la
« fonction administrative » présente autant dans le secteur public que dans le secteur privé.
En réaction contre l’organisation scientifique du travail s’organise l’Ecole des relations
humaines, qui met l’accent sur l’importance du facteur humain : le facteur affectif, le moral, en tant
qu’élément influant sur la productivité d’une organisation.

B- La Science de l’organisation après la seconde guerre mondiale

Ces deux courants précédemment évoqués vont déboucher sur l’apparition d’une
nouvelle discipline, la théorie des organisations. La question principale n’est plus centrée autour
de l’administration elle-même mais autour de son organisation. On cherche avant tout à rendre
le fonctionnement d’une organisation efficace et harmonieux. Cette nouvelle théorie est alors
pluridisciplinaire et synthétique : elle regroupe les conceptions de rationalisation étatique et
capitaliste des schémas rationalistes et les apports de l’Ecole des relations humaines. Les
travaux de Talcott Parkson vont également amplifier le développement de la théorie des
organisations.
Les conceptions organisationnelles se sont plus difficilement acclimatées en Europe en
raison de la forte conscience de la spécificité de l’Administration publique. Le réformisme
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administratif a entraîné néanmoins l’infléchissement de la perception du phénomène
administratif et favorisé l’essor de la science des organisations.

SUJET 2- LA SCIENCE ADMINISTRATIVE ET LA SCIENCE POLITIQUE

Problématique : quel rapport peut-on établir entre la science administrative et la science


politique ?

I- LA THESE DE LA SUBORDINATION DE LA SCIENCE ADMINISTRATIVE


A LA SCIENCE POLITIQUE

A- Une thèse soutenue par les occidentaux

La subordination de la science administrative à la science politique se déduit de la


subordination de l’administration au politique. Selon Thomas Woodrow Wilson, le politique
assimilé au législatif conçoit et l’administration exécute. En d’autres termes, le législatif a une
fonction de conception et l’administration assume une fonction d’exécution.
En partant de cette distinction-hiérarchisation, on aboutit à une conception qui fait de
la science administrative une branche de la science politique.

B- Une thèse accentuée par les marxistes

Les marxistes partent de la distinction entre organes élus ou organes politiques et organes
administratifs qui sont des organes animés par des fonctionnaires. Les premiers sont des organes
de conception et les seconds des organes d’exécution.
On retombe sur la logique de subordination de l’administration au politique qui
conduit à faire de la science administrative une branche de la science politique.

II- LE DEPASSEMENT ACTUEL DE CETTE THESE MARQUEE PAR LA


CONSECRATION DE LA SPECIFICITE DE LA SCIENCE ADMINISTRATIVE

A- Une spécificité résultant du caractère présidentiel du régime politique

Cette tendance quasi généralisée priorise l’exécutif qui repose essentiellement sur
l’administration par rapport au législatif apparenté au politique. Cette primauté de l’exécutif sur

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le législatif fait que l’impulsion du pouvoir parte majoritairement de l’exécutif. Ceci est
d’autant plus vrai que l’exécutif bénéficie de la permanence et de la stabilité qui font défaut
au parlement qui est une instance saisonnière.

B- Une spécificité découlant du fonctionnement atypique de l’administration

Le fonctionnement concret de l’administration ne cadre pas toujours avec


l’organigramme tel qu’il est conçu par le politique. Autrement dit, dans son fonctionnement
quotidien, l’administration qui est supposée exécuter ce qui a été conçu par le politique se
retrouve dans bien des cas à dévier ce schéma formel préétabli. On parle alors de l’informel qui est
ce qui n’est pas officiel, ou prévu par les textes. L’informel est une dimension consubstantielle à
toute administration.
Ces arguments et bien d’autres font dire que l’administration s’est émancipée, et
confèrent à la science administrative une dose de spécificité par rapport à la science politique.

SUJET 3- LA SCIENTIFICITE DE LA SCIENCE ADMINISTRATIVE

Problématique : La science administrative est-elle véritablement une discipline


scientifique ?

I- LA SCIENTIFICITE DE LA SCIENCE ADMINISTRATIVE AU REGARD


DE SON OBJET

A- Un objet initialement controversé

La science administrative était tantôt considérée comme la science de la seule


administration publique, tantôt comme la science des organisations.

A l'origine, la science administrative est, sans doute possible, la science de


l'administration publique. L'apparition d'une science appliquée de l'administration, ancêtre
de la science administrative, coïncide en Europe avec la mise en place de structures étatiques et
administratives modernes. Cette construction a fait de l’administration publique une entité
spécifique bénéficiant d’un certain nombre de privilèges qui ne profitent pas à d’autres
entités sociales.

Il s’agit donc d’une conception largement juridicisée du phénomène administratif qui


implique qu’au départ, administration publique et administration privée soient distinguées.

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La distinction administration publique-administration privée repose essentiellement sur
leurs finalités.

Un deuxième courant de pensée considère la science administrative comme une


science des organisations. Cette conception met au centre des préoccupations de la science
administrative ce qui est commun à toutes les formes d’organisation, à savoir la coopération, la
hiérarchisation, l’intégration, l’adaptation dans la perspective d’atteindre les buts diversifiés.

B- Un objet actuellement construit autour du fait administratif

Le dépassement de la controverse classique s’est fait progressivement au gré de la


construction de l’objet pouvant faire l’unanimité des chercheurs, c’est-à-dire le fait administratif. Il en
est ainsi dans la mesure où, le fait administratif apparait comme une réalité commune à toutes les
organisations.

De nos jours, une certaine unanimité se dessine autour du fait administratif comme
objet de la science administrative. Cette approche est le résultat de la symbiose des deux premières
approches en raison de ce que le fait administratif se manifeste aussi bien dans l’administration
publique que dans l’organisation privée. La science administrative étudie alors le vécu quotidien
des administrations. Il s’agit donc d’étudier ce que vivent les acteurs organisés.

II- LA SCIENTIFICITE DE LA SCIENCE ADMINISTRATIVE PAR


RAPPORT A SA DEMARCHE METHODOLOGIQUE

A- Le recours aux étapes classiques de la connaissance objective

Ces étapes sont : l’observation, l’expérimentation, l’explication ou l’interprétation et, la


généralisation ou l’élaboration des lois sociologiques.
L’observation permet aux chercheurs de saisir la réalité concrète de l’organisation. Le fait
observé doit par la suite être expliqué. L’étape expérimentale fait suite à l’émission des hypothèses. Il
s’agit alors de procéder à la vérification de celles-ci. Une fois les hypothèses vérifiées, on
procède à l’élaboration des lois, à la généralisation. L’élaboration des lois suppose une certaine
constance de l’occurrence des faits observés.

B- Les méthodes et les techniques de recherche proprement dites en science


administrative

D’emblée, il convient de préciser que la méthode est inséparable de l’objet d’étude. La


science administrative, en fonction de l’objet de la recherche en question, recourt à des

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méthodes appropriées qui ont cours dans les sciences sociales, notamment
l’interdisciplinarité, le fonctionnalisme, la méthode quantitative etc.

S’agissant des techniques de recherche, la science administrative recourt également


aux techniques usuelles dans les sciences sociales, en fonction de l’objet d’étude : technique
documentaire, technique de l’observation, technique d’enquêtes etc.

SUJET 4- L’OBJET DE LA SCIENCE ADMINISTRATIVE

Problématique : Quel est l’objet de la science administrative?

I- UN OBJET INITIALEMENT CONTROVERSE

A- La science administrative comme science de l’administration publique

A l'origine, la science administrative est, sans doute possible, la science de


l'administration publique. Ce qui s'explique fort bien compte tenu du contexte historique et
politique dans lequel elle prend naissance. L'apparition d'une science appliquée de
l'administration, ancêtre de la science administrative, coïncide en Europe avec la mise en place
de structures étatiques et administratives modernes. Cette construction a fait de l’administration
publique une entité spécifique bénéficiant d’un certain nombre de privilèges qui ne profitent
pas à d’autres entités sociales.

Il s’agit donc d’une conception largement juridicisée du phénomène administratif qui


implique qu’au départ, administration publique et administration privée soient distinguées.
La distinction administration publique-administration privée repose essentiellement sur
leurs finalités.

B- La science administrative comme science des organisations

Cette conception de l’objet de la science administrative trouve son origine aux Etats-
Unis où l’administration publique est longtemps demeurée embryonnaire. C'est sur la base d'un
parallélisme, transcendant la distinction traditionnelle entre public et privé, que se sont
développées aux Etats-Unis des recherches centrées autour du thème de l'organisation
(« administrer, c'est organiser », disait Henri Fayol), qui introduisent un changement radical
de perspective dans le domaine de la science administrative.

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Cette conception met au centre des préoccupations de la science administrative ce
qui est commun à toutes les formes d’organisation, à savoir la coopération, la hiérarchisation,
l’intégration, l’adaptation dans la perspective d’atteindre les buts diversifiés.

II- UN OBJET ACTUELLEMENT CONSTRUIT AUTOUR DU FAIT


ADMINISTRATIF

A- Le fait administratif, une réalité commune à toutes les organisations

De nos jours, une certaine unanimité se dessine autour du fait administratif comme
objet de la science administrative. Cette approche est le résultat de la symbiose des deux premières
approches en raison de ce que le fait administratif se manifeste aussi bien dans l’administration
publique que dans l’organisation privée. La science administrative étudie alors le vécu quotidien
des administrations. Il s’agit donc d’étudier ce que vivent les acteurs organisés.

B- Le fait administratif, un construit

Le fait administratif comme objet de la science administrative n’est pas donné au


chercheur tout fait, de manière brute et préconstruite. Comme dans toutes les autres disciplines
de sciences sociales, le fait administratif est construit par le chercheur. Le fait administratif est
ainsi une catégorie particulière des faits sociaux au même titre que le fait économique ou
le fait politique. Somme toute, on dira qu’elle a gagné ses lettres de noblesse. Cette
spécificité est d’autant plus avérée que la science administrative est la seule discipline à avoir pour
objet le fait administratif quel que soit le type d’organisation où celui-ci se manifeste. Le « fait
administratif», écrivait Georges Langrod, « oriente la vision du chercheur ».

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SUJET 5- LE MODELE BUREAUCRATIQUE ET LA RECHERCHE DE
L’EFFICACITE

Problématique : La recherche de l’efficacité est-elle arrivée à son niveau optimal avec le


modèle bureaucratique ?

I- LE MODELE BUREAUCRATIQUE, UN MODELE EFFICACE POUR


LES ADMINISTRATIONS

A- L’efficacité du modèle bureaucratique sur le plan politique

La pertinence du modèle bureaucratique tient au fait qu’il permet aux hommes


politiques qui théoriquement se proposent de réaliser certaines fins réputées d’intérêt
général et visant le bien commun de disposer d’un corps d’exécutant compétent, efficace et
obéissant. La bureaucratie augmente au profit des gouvernants l’efficacité de l’outil administratif, et
le contrôle que ceux-ci exercent sur la société. Hegel ne disait-il pas du fonctionnaire un « héros
discret des temps modernes », et de la bureaucratie « le triomphe de l’égalité et du progrès ».
Par ailleurs, la bureaucratie permet aux dirigeants « pseudo-démocrates » de se soustraire
du contrôle de leurs mandants. Il se révèle que la cooptation et le contrôle du sommet sur la
base caractéristique du modèle bureaucratique constituent des moyens très efficaces pour se
protéger contre les aléas de l’élection et de la concurrence démocratique.

B- L’efficacité du modèle bureaucratique sur le plan administratif

Du point de vue purement administratif, la bureaucratisation perçue comme


processus de longue durée tend dans toutes les organisations à mettre les statuts et leurs
titulaires à l’abri des interventions intempestives de ceux qui fournissent à l’organisation les ressources
financières nécessaires à son fonctionnement. La bureaucratisation des emplois est la forme que
prend la limitation des prérogatives des « patrons » en ce qui concerne le recrutement, la
promotion et la discipline du personnel. Elle résulte d’un ensemble des mesures législatives
et réglementaires.

La bureaucratisation rationnalise la domination en le légalisant. Pour Weber, le respect


des grands principes de la bureaucratie au niveau structurel et des fonctionnaires au niveau
individuel a comme objectif premier de maximiser l’efficacité, mais aussi l’efficience de l’action
administrative. Ce sont des éléments qui permettent de dire que le modèle bureaucratique
est supérieur aux autres modèles.

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II- LE MODELE BUREAUCRATIQUE, UN MODELE LIMITE POUR LES
ADMINISTRATIONS

A- Les limites liées au champ d’application du modèle bureaucratique

D’une part le modèle bureaucratique est inapplicable à toutes les formes d’organisation,
d’autre part il apparait inadapté au contexte africain à bien des égards.
Certes, il existe aujourd’hui une tendance à la bureaucratisation décelable dans la
plupart des organisations, mais l’on ne saurait à partir de là affirmer que ce modèle
s’applique à toute forme d’organisation. Tout parmi les activités génératrices de « biens
publics » n’a pas nécessairement vocation à être bureaucratisé. Alexis De Tocqueville
remarquait ainsi qu’aux Etats-Unis, beaucoup d’activités dont l’Etat se charge et qu’il finance sont
exercées par des fonctionnaires élus pour une courte période, et soumis au contrôle des électeurs. Il en
est ainsi de l’éducation qui est financée par les autorités locales et dont la gestion du
personnel et des programmes n’est pas soumise à des règles uniformes.
Par ailleurs, le modèle bureaucratique se révèle inadapté au contexte socioculturel
africain à bien des égards. En effet, la société africaine est marquée par un certain nombre
de valeurs fondamentales comme le communautarisme, la solidarité et la chaleur humaine.
Ces valeurs se situent aux antipodes de celles véhiculées par le modèle bureaucratique.

B- Les limites proprement inhérentes au modèle bureaucratique

Ces limites sont repérables au double point de vue technique et humain.


Techniquement, le modèle bureaucratique repose sur l’organigramme ou la structure
formelle de l’organisation. Or, celle-ci n’est que la partie visible d’un énorme iceberg immergé.
A côté des structures formelles, se développent dans les organisations des structures informelles,
des réseaux des pouvoirs parallèles qui relèvent de l’officieux et qui défient efficacement le schéma
formel de l’organisation.

Par ailleurs, certains traits du modèle bureaucratique supposés au départ garantir


son efficacité peuvent s’avérer à la fin négatifs. Ainsi, le formalisme destiné à supprimer
l’arbitraire dans l’administration génère la rigidité, la lenteur et l’inhumanité dans l’administration.
Par ailleurs, Michel Crozier explique que les comportements routiniers des agents conduisent à des
difficultés de communication entre les différents niveaux hiérarchiques. La spécialisation des tâches
caractéristiques du modèle bureaucratique empêche les agents d’avoir une vue générale des problèmes
dans l’organisation.

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Du point de vue humain, le modèle bureaucratique omet de prendre en compte la dimension
humaine de la relation humaine de travail. Sur ce point, Michel Crozier met en évidence dans
« L'acteur et le Système », l’écart important qui peut exister entre la complexité des
comportements humains et la rationalité affichée par les organisations. Le besoin de liberté
l’emporte souvent sur la rationalité et conduit les individus à se battre contre le système.

SUJET 6- LA DECISION EST-ELLE UN ACTE VOLONTAIRE ?

Problématique : la décision est-elle réellement un acte volontaire ?

I- LA DECISION COMME UN ACTE VOLONTAIRE

A- Le schéma classique de la décision

Fruit d’une philosophie rationaliste, la décision au sens classique ou traditionnel est


un acte de volonté et de liberté. A ce titre, elle ne s’inscrit pas dans la logique du déterminisme
qui lie les événements de la nature. Aussi est-elle fractionnée en trois moments : la
préparation (conception et délibération), décision et exécution. Ce schéma privilégie le deuxième
moment qu’il considère seul comme décision, comme acte créateur.
Les notions de « pouvoir créateur », d’individu jouissant d’une grande liberté, de libre
arbitre sont au cœur même du schéma classique ou traditionnel de la décision. Ceci est d’autant
plus vrai que le souci constant de ce schéma est de préserver une décision libre.

B- Les fonctions de la décision

Selon Lucien Sfez, si le schéma classique reste tenace dans les esprits, c’est parce
que la décision y remplit trois fonctions. D’abord, elle permet à l’acteur d’agir. Autrement dit,
l’élan vers l’action se trouverait brisé, si le décideur à tout moment de l’action avait à
l’esprit le poids des déterminismes et des structures. La décision permet ensuite à l’agi, au
citoyen de supporter le monde. Grace à la décision, le citoyen crée le bouc émissaire ; en cas
de succès, acclamation provisoire, en cas d’échec, l’homme ou l’équipe responsables sont
chargés de tous les péchés et renvoyés. En aucun cas, les structures ne sont mises en cause.
La décision permet enfin de fragmenter les actes étatiques en autant de compétences respectives.

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II- LES LIMITES DE LA VOLONTE DANS LA PRISE DE DECISION

A- Les limites liées aux paramètres dont dépend la décision

Ces paramètres qui dévoilent les limites du modèle classique de la décision peuvent
influencer la prise de décision. Ainsi, toute décision est susceptible d’être influencer par les
pressions extérieures, le coût, la philosophie de chaque décideur et les groupes de référence. En effet,
une décision est nécessairement située dans un environnement, que lorsqu’on ne l’intègre pas dans
la prise de décision, on perd de vue les répercussions de cette dernière sur l’environnement.
Toute décision engage aussi des ressources qui doivent également être prise en compte dans la prise
d’une décision, car elles influencent la prise de décision.
Par ailleurs, certains éléments constitutifs d’erreur dans la prise de décision sont à
éviter. La première erreur à éviter dans la prise de décision est cette attitude qui consiste à s’enfermer
dans le présent. Cette attitude empêche d’envisager les conséquences de la décision dans
l’avenir. La deuxième erreur à éviter est de s’imaginer que l’histoire se répète. Une expérience
historique, fut-elle réussie n’est pas la garantie du succès à venir d’une décision. Enfin, l’on
doit éviter de personnaliser le pouvoir en décidant seul, sans consulter qui que ce soit.

B- Les limites inhérentes aux impératifs de la rationalité décisionnelle

La rationalité de la décision implique que le décideur ne se fie pas à une seule intuition ou
à son expérience pour obtenir la meilleure solution convenable, mais s’appuie sur une analyse aussi
complète et rigoureuse que possible des éléments de la situation. La rationalité de la décision
implique également que le décideur s’entoure des garanties qu’offrent les progrès scientifiques dans la
collecte et le traitement de l’information. A ce niveau l’outil informatique s’avère d’une
importance capitale. Grace au développement de cet outil, le décideur dispose d’une
information plus étendue, instantanément mobilisable et immédiatement exploitable.
Enfin, la rationalité de la décision intègre les approches prévisionnelles et prospectives. Ces
deux approches offrent au décideur une représentation futuriste de la décision et lui donne
la possibilité de simuler les effets des éventualités qui s’offrent à lui.

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SUJET 7- LA DYNAMIQUE DE LA CONCEPTION DE LA DECISION

I- LA DECISION COMME UN PROCESSUS DYNAMIQUE

A- Les démarches du processus décisionnel

Ces démarches sont tributaires d’un certain nombre de questions et débouchent sur
cinq opérations. De prime abord, l’on a la classification du problème qui fait suite aux
interrogations suivantes : le problème est-il habituel ou non ? Est-il d’ordre général ou
spécifique ? L’on a ensuite la définition du problème qui vise à répondre à la question de
savoir de quoi il s’agit. Concernant la détermination des mesures concrètes de l’exécution, elle
questionne les mesures qui permettront concrètement l’exécution de la décision. S’agissant
de la détermination de l’objectif de la décision, l’on doit se demander dès le départ ce que l’on
veut atteindre.
Enfin, l’on doit également procéder à la détermination du cheminement des informations
en retour (le feed-back). Le feed-back permet de juger la validité et l’efficacité de la décision.

B- Le rôle de l’information dans le processus décisionnel

L’information ici est prise au sens large, pour désigner tout ce qui de près ou de loin peut
avoir une incidence sur la formulation des hypothèses envisagées pour la solution possible et sur la
décision elle-même. L’information ainsi définie, occupe une place importante dans le processus
décisionnel notamment dans sa collecte et son traitement. Il faudrait dans cette perspective
disposer d’une banque des données. A ce niveau, l’ordinateur devient un outil indispensable pour
le décideur. Mais, il importe de distinguer les informations existantes des informations à
fabriquer. Les informations existantes sont des informations dont dispose déjà le décideur et qui
peuvent être exploitées dans le processus décisionnel.
Les informations à fabriquer pour sa part nous projettent dans le futur. Pour fabriquer ces
informations, l’on a recours à la prévision, à la prospective et bien d’autres méthodes.

II- LES LIMITES DE LA CONCEPTION DYNAMIQUE DE LA DECISION

A- Les limites inhérentes à la rationalité du processus décisionnel

L’objectif visé par tout décideur est de réduire autant que possible l’incertain, la part du hasard
dans le processus décisionnel. Les méthodes de collecte, de traitement et de communication
de l’information permettent à cet effet de prendre des décisions rationnelles. Mais dans la
réalité, cette ambition se heurte à de nombreuses difficultés. Ces difficultés sont liées à la

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multiplicité des paramètres à prendre en compte, à la segmentation de l’administration publique et à
l’insuffisance de l’information. En effet, la prise d’une décision implique la prise en compte de
plusieurs paramètres. Il se pose ainsi le problème de la maitrise de tant des facteurs. Par
ailleurs, la segmentation de l’administration publique, rend difficile une vue d’ensemble
des problèmes. Chaque segment de l’administration à sa petite note sur le problème et,
pourtant, une décision rationnelle n’est possible que si le problème est vu dans toute sa
dimension. Il se pose alors un problème de coordination. L’insuffisance de l’information
peut aussi considérablement influencer une bonne prise de décision.

B- Les limites liées à l’environnement humain et socio-culturel

Ces limites sont le fait de la nature humaine du décideur, de la nécessité de concilier


plusieurs rationalités, de l’ambiguïté voulue des objectifs et de la relativité de de la rationalité. En
effet, la subjectivité individuelle a toujours une incidence sur le processus décisionnel, le
décideur étant un être humain avec ses forces et faiblesses, ses passions, ses impulsions et ses
aspirations. En outre tout décideur agit dans un contexte d’ignorance partielle. Ceci est d’autant plus
vrai que par nature l’être humain ne saurait être omniscient.
Par ailleurs, l’on sait que la prise de décision s’effectue dans un environnement social
marqué par des conflits manifestes ou latents. En plus, il n’est pas toujours facile de concilier la
logique sociale et la logique bureaucratique, les objectifs des acteurs et ceux de l’organisation, la
rationalité politique et la rationalité technico-économique, les intérêts des groupes sociaux dominants
et ceux des organes dominés. De surcroit, il n’existe guère de rationalité absolue universelle.
Cette rationalité est contingente et s’apprécie à l’aune de certaines valeurs et normes
communément acceptées dans la société.

SUJET 8- LA DISTINCTION ADMINISTRATION PUBLIQUE ET


ADMINISTRATION PRIVEE VOUS PARAIT-ELLE ACTUELLE ?

I- UNE DISTINCTION VRAISEMBLABLEMENT ACTUELLE

A- La recherche de la satisfaction de l’intérêt général par l’administration


publique

L’administration publique œuvre constamment pour la satisfaction des besoins d’intérêt


général. Elle poursuit donc des finalités externes définies par la loi. Pour ce faire, les

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administrations publiques disposent de moyens de contrainte sur leur environnement. En plus,
celles-ci jouissent du monopole ou quasi-monopole dans leurs activités.

B- La recherche de la satisfaction de l’intérêt particulier par l’administration


privée

La finalité essentielle de l’administration privée est la recherche du bénéfice, et donc


l’intérêt particulier. Par conséquent l’administration privée poursuit de manière autonome
une finalité interne de survie et de développement. Dans le cadre de leurs activités, les
administrations privées se retrouvent dans un environnement de concurrence ouverte.

II- UNE DISTINCTION RELATIVEMENT DEPASSEE

A- La privatisation progressive de l’administration publique

L’on observe que les administrations publiques s’ouvrent et accueillent


progressivement des techniques qui ont fait leur preuve dans les entreprises privées telle que le
managment by objectives ou direction participative par objectif qui a été expérimentée pour la
première fois aux Etats-Unis par le Président Nixon, et qui consiste à décomposer les
objectifs globaux d’une organisation en objectifs opérationnels avec pour crédo « contrôler
avec les hommes, et non malgré eux ». Henry Fayol ira jusqu’à dire qu’ « il faut gérer le service
public comme on gère l’entreprise ».

B- La publicisation progressive de l’administration privée

L’hypothèse de publicisation du privé a été mise en évidence par Barry Bozeman


qui affirme que certaines organisations sont gouvernementales mais toutes les organisations sont
publiques.

De plus, les administrations privées recourent généralement aux règles de


fonctionnement des administrations publiques, et présentent une logique organisationnelle assez
similaires, notamment la hiérarchisation, la coopération, le commandement etc.

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