MPSI 3 - Fermat Le 05.12.
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2020-2021
Devoir surveillé n◦ 4
Durée de l’épreuve : 4 heures
La calculatrice est interdite
Le devoir est composé d’un unique problème sur l’équation diophantienne de Pell-Fermat.
Lorsqu’une question est jugée, a priori, plus difficile, elle est précédée du symbole (∗) voire (∗∗).
La notation tiendra particulièrement compte de la qualité de la rédaction, la précision des
raisonnements et l’énoncé des formules utilisées.
BON COURAGE
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Problème - Equation de Pell-Fermat
On appelle équation de Pell-Fermat l’équation :
x2 − dy 2 = m
où d, m ∈ N et où les inconnues x et y sont entières (on parle d’équation diophantienne dans ce cas).
On s’intéressera dans ce problème uniquement au cas où d n’est pas un carré parfait.
Selon l’idée originale de Dirichlet, on considère alors
√ √
Z[ d] = {a + d × b; a, b ∈ Z} (ici noté Ad )
Dans la partie A, nous étudions deux suites récurrentes. Elles réapparaitront dans la partie C.
Dans la partie B, nous étudierons la structure algébrique de l’ensemble des solutions, paramétrée par
d.
Dans la partie C, nous nous concentrerons sur le cas particulier d = 2.
Enfin en partie D, nous retournerons au cas général et chercherons un générateur du groupe.
Partie A - Etude d’un couple de suites imbriquées /15
On considère deux suites numériques (an )n et (bn )n telles que
a0 = 1 b0 = 0
∀ n ∈ N, an+1 = 2bn + an ∀ n ∈ N, bn+1 = an + bn
1. Etudier la monotonie des suites (an ) et (bn ).
2. (a) Montrer que (an ) et (bn ) vérifient
a0 = 1 b0 = 0
a1 = 1 b1 = 1
∀ n ∈ N, an+2 = 2an+1 + an ∀ n ∈ N, bn+2 = 2bn+1 + bn
(b) Donner, pour tout entier n, une expression explicite de an et de bn .
√ √
1
(c) En déduire que an ∼ 21 (1 + 2)n et bn ∼ 2√ 2
(1 + 2)n .
3. On cherche à donner une estimation pour tout k ∈ N de
rk = card{n ∈ N | an 6 k et bn 6 k}
On fixe k ∈ N, k > 2.
(a) Montrer que si an 6 k, alors bn 6 k. Qu’en déduire pour rk ?
ln 2k
(b) On note Nk = √ . Montrer que an 6 k ⇐⇒ n 6 Nk .
ln(1 + 2)
On admettra
j que kk estjsuffisamment
k grand pour
j pouvoirk affirmer
j quek
ln(2k+1) ln(2k) ln(2k) ln(2k−1)
1 := ln(1+ 2) − ln(1+ 2) 6 2 et 2 := ln(1+ 2) − ln(1+ 2) 6 12 .
√ √ 1 √ √
(c) En déduire que la proportion des couples de [[0, k]]2 qui sont des couples (an , bn ) est
1 ln(2k)
sk := √ + 1
(k + 1)2 ln(1 + 2)
(d) Donner un équivalent simplifié (et sans partie entière) de (sk ).
Partie B - Structure algébrique /16
Soit d ∈ N. On suppose
√ que d n’est pas un carré parfait.
On note Ad = Z[ d]
1. Unicité d’écriture.
√
(a) On souhaite montrer que d est irrationnel.
i. Montrer qu’il existe s ∈ P, tel que vs (d) est impair.
√ √ p
ii. On suppose que d ∈ Q, et qu’il existe (p, q) ∈ Z × N∗ tel que d = .
q
En évaluant vs (p) et vs (q) montrer qu’on a une contradiction. Conclure
√
(b) Montrer que pour tout z ∈ Ad il existe un unique couple (a, b) ∈ Z2 tel que z = a + db.
2. Structure algébrique de Ad .
(a) Montrer que Ad ⊂ R et que 1 ∈ Ad .
(b) Montrer que pour tout z1 , z2 ∈ Ad , z1 − z2 ∈ Ad .
(c) Montrer que pour tout z1 , z2 ∈ Ad , z1 × z2 ∈ Ad .
(d) Quelle est la nature algébrique de Ad ?
3. Morphisme cd . √ √
On note pour tout z = a + db ∈ Ad , cd (z) = a − db et Nd (z) = z × c(z).
(a) Montrer que cd : Ad → Ad . Que vaut cd (1) ?
(b) Exprimer pour tout z1 , z2 ∈ Ad , cd (z1 + z2 ) et cd (z1 × c2 ) en fonction de cd (z1 ) et de cd (z2 ).
Comment qualifier une telle application cd ?
(c) Montrer que pour tout z ∈ Ad , Nd (z) ∈ Z.
(d) Montrer enfin que pour tout z1 , z2 ∈ Ad , Nd (z1 × z2 ) = Nd (z1 )Nd (z2 ).
4. Inverses de Ad .
(a) Montrer que si z admet un inverse z 0 ∈ Ad (i.e. z est inversible dans Ad ), alors Nd (z) = 1
ou Nd (z) = −1.
(b) Réciproquement, montrer que si |Nd (z)| = 1, alors z est inversible. On donnera l’expression
de z −1 .
Partie C - Cas particulier n = 2 /32
√ 2
√
√Z + 2Z = {z ∈ R | ∃ (a, b) ∈ Z , z = a + 2b}. 2
On considère ici A2 =
On rappelle que a + 2b est inversible dans A2 ssi N2 (z) = ±1, ie ssi |a − 2b2 | = 1
1. On cherche à résoudre ici l’équation de Pell-Fermat pour d = 2 et m quelconque.
On considère alors l’ensemble I = {m ∈ Z | ∃ (a, b) ∈ Z2 , m = a2 − 2b2 }.
(a) Montrer que I est stable par produit. (On peut exploiter B.3.(d)).
(b) Donner la liste des carrés modulo 8.
(c) En déduire que 3 n’appartient pas à I.
Et plus généralement, donner l’ensemble des valeurs de K pour qu’on ait l’équivalence
m∈I ⇐⇒ m ≡ K[8]
2. Densité de A2 dans R.
√
(a) Montrer que pour tout p ∈ Z, et pour tout n ∈ N, p( 2 − 1)n ∈ A2
(b) En déduire que A2 est dense dans R. √
On pourra prendre x < y ∈ R et exploiter la définition de lim( 2 − 1)n = 0 avec = y − x.
√
On note H = {(x, y) ∈ R2 | |x2 − 2y 2 | = 1} et π : H → R, (x, y) 7→ x + 2y.
Géométriquement, H est la réunion de deux hyperboles de R2 .
Nous sommes maintenant amenés à définir un couple de suites (an , bn ). A priori, il ne s’agit pas des
même suites que celles étudiées en A. Nous démontrerons en fait en 5. qu’il s’agit bien des mêmes
suites. Nous gardons la même notation.
√
3. On note ω = 1 + 2, un élément particulier de A2 .
2
√ tout n ∈ N, il existe un unique couple noté (an , bn ) ∈ N tel que :
(a) Montrer que pour
n
ω = an + 2bn .
(b) Montrer que pour tout n ∈ N, (an , bn ) ∈ H (on a donc π(an , bn ) = ω n ).
(c) On considère l’application ϕ : Z2 → Z2 , (x, y) 7→ (x + 2y, x + y).
Montrer que ϕ est bijective et expliciter ϕ−1 .
(d) Montrer que pour tout n ∈ N, (an+1 , bn+1 ) = ϕ((an , bn )).
√
(e) En déduire que {ω n , n ∈ N} ⊂ {a + 2b tel que |a2 − 2b2 | = 1 & a, b ∈ N}
4. Réciproquement, on considère (a, b) ∈ N2 ∩ H
(a) On suppose que (x, y) ∈ N ∩ H et (x, y) 6= (1, 0).
Montrer alors que nécessairement : 0 6 y 6 x < 2y.
En déduire que (2y − x, x − y) ∈ N2 ∩ H.
(x0 , y0 ) = (a, b)
(b) On définit la suite ((xn ), (yn ))n∈N par .
∀ n ∈ N, (xn+1 , yn+1 ) = (2yn − xn , xn − yn )
En utilisant la question précédente, montrer qu’il existe n ∈ N tel que (xn , yn ) = (1, 0)
(c) Démontrer que les (x, y) ∈ N2 vérifiant l’équation |x2 − 2y 2 | = 1 sont les couples (an , bn )
avec n ∈ N (définies dans C.3.).
(d) En déduire que π {N2 ∩ H} = {ω n ; n ∈ N}
5. On cherche une approximation du nombre de solutions (a, b) ∈ Z2 tel que |a2 − 2b2 | = 1, ou
plutôt une certaine fréquence.
On note Rk = {(a, b) ∈ Z2 tel que |a2 − 2b2 | = 1 &|a| 6 k, |b| 6 k}
et Rk+ = {(a, b) ∈ N2 tel que |a2 − 2b2 | = 1 &a 6 k, b 6 k}.
(a) Montrer que card(Rk ) = 4 × card(Rk+ ) − 2.
(b) Montrer que les suites (an ) et (bn ) sont les mêmes suites que celles définies en partie A.
(c) En déduire un équivalent simplifié de
card(Rk )
(2k + 1)2
la proportion des solutions de l’équation diophantienne x2 − 2y 2 = ±1 parmi les nombres de
valeurs absolues plus petite que k.
Partie D - Générateur de Ad /27
On considère √
de nouveau d, un entier naturel non carré quelconque.
On rappelle que d est irrationnel.
√
1. (a) Montrer qu’il existe une infinité de couples (x, y) ∈ N2 tels que 2 2
√ 0 <√|x − dy | 6 1 + 2 d.
On pourra par exemple exploiter les fractions incluse dant ]b dc, b dc + 1[.
(b) (*) Montrer qu’il existe un entier k non nul et deux couples (x, y) et (x0 , y 0 ) ∈ N2 tels que
x2 − dy 2 = k = (x0 )2 − d(y 0 )2 et x ≡ x0 [k] ; y ≡ y 0 [k]
√ √ √ √
(c) En considérant (x0 − dy 0 )(x + dy) et (x0 + dy 0 )(x − dy), montrer qu’il existe un couple
(u, v) ∈ Z2 tels que u2 − dv 2 = 1.
√
2. On note Ad = {x + dy ∈ R | x, y ∈ Z et x2 − dy 2 = 1}.
(a) On pose G = Ad ∩ R∗+ . Montrer que G est stable par produit et par passage à l’inverse.
On peut exploiter les résultats démontrés en partie B.
(b) En exploitant cd (z), montrer
√ que tout élément z ∈ G qui est strictement supérieur à 1 est
supérieur ou égal à 1 + d.
(c) On note ω = inf G∩]1,
√
+∞[.
Montrer que [ω, ω + 2d ] ∩ G ne possède qu’un seul élément. En déduire que ω ∈ G.
(d) Montrer que pour tout n ∈ Z, ω n ∈ G.
(e) Réciproquement montrer que G ⊂ {ω n , n ∈ Z}.
(f) Montrer enfin l’unicité d’un tel nombre ω tel que ω > 1 et < ω >:= {ω n , n ∈ Z} = G.
(g) Qu’en déduire pour Ad ?
3. (a) On admet que ω est le nombre dont les coefficients x est le plus petit possible (et > 1).
Exprimer ω dans les deux cas d = 2 et d = 3.
(b) Expliciter les couples (x, y) ∈ Z2 tels que x2 − 3y 2 = 1