Feuille d'exercices n 8 : corrigé
MPSI Lycée Camille Jullian
8 décembre 2022
Exercice 1 (**)
On vérie toutes les propriétés nécessaires pour avoir une loi de groupe :
• la loi ? est bien une lci car x 6= 0 et x0 6= 0 (par hypothèse sur l'ensemble sur lequel s'applique
?, donc xx0 6= 0, et (xx0 , xy 0 + yx0n ) ∈ R∗ × R.
• la loi ? est associative : ((x, y)?(x0 , y 0 ))?(x00 , y 00 ) = (xx0 , xy 0 +yx0n )?(x00 , y 00 ) = (xx0 x00 , xx0 y 00 +
xy 0 x00n + yx0n x00n ), et (x, y) ? ((x0 , y 0 ) ? (x00 , y 00 )) = (x, y) ? (x0 x00 , x0 y 00 + y 0 x00n ) = (xx0 x00 , xx0 y 00 +
xy 0 x00n + yx0n x00n ). Les deux résultats obtenus sont les mêmes, ce qui prouve l'associativité.
Notons que la loi ? n'est commutative que pour n = 1. ensuite, on aura par exemple (1, 1) ?
(2, 1) = (2, 1 + 2n ), mais (2, 1) ? (1, 1) = (2, 3).
• le couple (1, 0) sera élément neutre de la loi ? : (1, 0) ? (x, y) = (x, y) et (x, y) ? (1, 0) = (x, y).
• un couple (x, y) admet pour symétrique (x0 , y 0 ) si (x, y) ? (x0 , y 0 ) = (1, 0), donc si xx0 = 1 et
1 y
xy 0 + yx0n = 0, soit x0 = (toujours bien déni puisque x 6= 0 et y 0 = − n+1 (également bien
x x
1 y
déni). Vérions que le symétrique est bien le même dans l'autre sens : ,− ?
y x xn−1
y
(x, y) = 1, − n−1 × xn = (1, 0). Tout couple est donc symétrisable pour la loi ?.
x x
Exercice 2 (*)
1. La loi est manifestivement commutative (x et y jouent un rôle symétrique dans la dénition).
Pour l'associativité, calculons (x?y)?z = (x+y+x2 y 2 )?z = x+y+x2 y 2 +z+(x+y+x2 y 2 )2 z 2 =
x + y + z + x2 y 2 + x2 z 2 + y 2 z 2 + x4 y 4 z 2 + 2xyz 2 + 2x3 y 2 z 2 + 2x2 y 3 z 2 . Cette expression n'a
aucune raison de donner une opération associative (aucune symétrie entre les trois variables à
l'arrivée), cherchons donc un contre-exemple : (1 ? 1) ? 2 = 3 ? 2 = 30 et 1 ? (1 ? 2) = 1 ? 7 = 57.
Eectivement, ? n'est pas le moins du monde associative (et ne peut donc pas être une loi de
groupe).
2. Oui, 0 est un élément neutre assez évident.
3. Par dénition, 1 ? x = 0 signie que 1 + x + x2 = 0, équation qui n'a aucune solution réelle.
Même principe pour l'équation 1 ? x = 1 qui se ramène à x + x2 = 0 et admet donc deux
solutions : l'élément neutre x = 0 (normal) mais aussi l'élément x = −1 (ce qui prouve que,
pour la loi ? on ne peut pas simplier une égalité du type 1 ? x = 1 par 1).
Exercice 3 (*)
1. Le reste d'une division par 5 étant toujours un entier naturel strictement inférieur à 5, le seul
risque serait que ce reste soit égal à 0. Or, si x ∈ E , x ne peut avoir pour facteurs dans sa
décomposition en facteurs premiers que des 2 et des 3 (ou même aucun facteur premier si
x = 1), et ce sera également le cas pour xy , que que soit l'entier y > 1. En particulier, xy
ne contiendra jamais de facteur 5 et ne sera donc jamais divisible par 5, ce qui prouve que le
reste de sa division par 5 ne peut pas être nul. La loi ? est donc bien une lci. On remplit le
tyableau de loi à la main en calculant toutes les puissances, par exemple 23 = 8 ≡ 3[5],
1
donc 2?3 = 3, ou 42 = 16 ≡ 1[5] donc 4?2 = 1. Dans le tableau qui suit, l'opérande de gauche
est indiqué en ligne et celui de droite en colonne, comme d'habitude (la loi n'est clairement
pas commutative) :
? 1 2 3 4
1 1 1 1 1
2 2 4 3 1
3 3 4 2 1
4 4 1 4 1
2. Ce n'est pas du tout une loi de groupe, elle ne vérie pas la règle du Sudoku et on peut
trouver par exemple des contre-exemples à l'existence de l'élément neutre ou à l'associativité
((2 ? 1) ? 3 = 3 mais 2 ? (1 ? 3) = 2).
3. Le seul élément a pour lequel a ? 2 = 1 est a = 1, on est donc ramenés à la résolution de
l'équation 3 ? x = 1, qui donne comme unique solution x = 4 (à chaque fois, on lit simplement
dans le tableau).
La deuxième équation ne peut avoir de solutions puisque 4 ? a est toujours égal à 1 ou 4,
jamais à 2.
Enn, pour la dernière, on doit nécessairement avoir 3 ? x = 2, donc l'unique solution est
x = 3.
Exercice 4(*)
1. Le plus simple est de faire le tableau complet de la loi de groupe même si c'estun peu laborieux,
x−1
x−1
en calculant toutes les composées, par exemple f5 ◦ f3 (x) = x−1
x
= = 1 − x = f6 (x).
x − 1 −1
On constate ainsi que la loi ◦ est interne sur G, l'associativité est évidente (la composition
est toujours associative), le neutre est bien présent dans G (c'est f1 ) et tout élément de G
admet une réciproque appartenant à G, donc c'est un groupe. Il n'est pas abélien, par exemple
f3 ◦ f5 = f4 6= f5 ◦ f3 .
◦ f1 f2 f3 f4 f5 f6
f1 f1 f2 f3 f4 f5 f6
f2 f2 f3 f1 f5 f6 f4
f3 f3 f1 f2 f6 f4 f5
f4 f4 f6 f5 f1 f3 f2
f5 f5 f4 f6 f2 f1 f3
f6 f6 f5 f4 f3 f2 f1
2. Un sous-groupe à deux éléments contient nécessairement le neutre f1 , et un deuxième élément
qui est sa propre réciproque (pour avoir la stabilité par symétrisation). Réciproquement, un
sous-ensemble constitué de deux tels éléments sera un sous-groupe. On a donc trois sous-
groupes à deux éléments : {f1 , f4 }, {f1 , f5 } et {f1 , f6 }.
3. Oui, H1 est un sous-groupe, les stabilités sont évidentes à partir du tableau de la loi de groupe.
Par contre, H2 n'en est pas du tout un, par exemple f2 ◦ f2 = f3 ∈ / H2 .
Exercice 5 (*)
Les deux opérations ∆ et ∩ sont certainement des lci. De plus, on a prouvé en début d'année
que l'opération ∆ était associative, commutative et distributive par rapport à l'intersection, preuves
que je vais donc me dispenser de refaire ici ! L'intersection est elle-même associative et commutative.
2
Il reste donc à vérier la présence des deux éléments neutres et la symétrisabilité pour la diérence
symétrique. Le neutre pour l'intersection est E tout entier, le neutre pour l'opération ∆ est ∅ :
A∆∅ = (A ∪ ∅)\(A ∩ ∅) = A\∅ = A. Enn, tout élément de P(E) admet un symétrique pour
l'opération ∆ qui est tout simplement lui-même : A∆A = (A ∪ A)\(A ∩ A) = A\A = ∅. On est
bien en présence d'un anneau commutatif. Les unités de cet anneau sont les sous-ensembles de E
admettant un symétrique pour l'opération d'intersection, c'est-à-dire uniquement l'ensemble E lui-
même (A admet un symétrique pour ∩ si et seulement s'il existe B ⊂ E tel que A ∩ B = E , ce qui
implique immédiatement A = B = E ).
Exercice 6 (*)
√
On va en fait montrer que Q[ 3] est un sous-corps de R. Pour cela, on doit vérier les propriétés
suivantes :
√
• Q[ 3] est un sous-groupe additif de R. En eet, √ il contient√l'élément neutre 0 (il √
sut de
prendre a = b = 0, est stable par somme : (a + b 3) + (c + d 3) = (a + c) + (b + d) 3, avec
a + b et c + d rationnels comme somme de rationnels. Et il est stable par passage à l'opposé
de √
façon évidente.
• Q[ 3] est un sous-anneau de R. En plus de ce qui précède, on vérie que notre sous-ensemble
contient le neutre multiplicatif
√ √1 (c'est le cas√en posant
√ a = 1 et b = 0), et qu'il est stable√
par produit : (a + b 3)(c + d 3) = ac + ad 3 + bc 3 + 3bd = (ac + 3bd) + (ad + bc) 3.
Les deux coecients ac + 3bd et ad + bc étant bien rationels, notre ensemble est stable par
multiplication, c'est bien un sous-anneau de R.
• Enn, pour avoir un sous-corps, il faut que notre ensemble (privé de 0) soit stable par passage
à l'inverse. Il sut
√ pour le prouver d'avoir en tête le produit par la quantité conjuguée :
1 a−b 3 a b √
√ = 2 2
= 2 2
− 2 2
3, qui appartient bien à notre ensemble (le
a+b 3 a − 3b a − 3b a − 3b √
dénominateur a2 − 3b2 ne peut pas s'annuler car 3 est un nombre irrationnel). On a bien
prouvé qu'il s'agit d'un sous-corps de R.
Exercice 7 (**)
1. Vérions que τa est un morphisme de groupes multiplicatifs : si (x, y) ∈ G2 , alors τa (x)τa (y) =
axa−1 aya−1 = axeya−1 = axya−1 = τa (xy). De plus, τa est à valeurs dans G, ce qui prouve
que τa est un endomorphisme. Enn, τa a une réciproque assez évidente qui est τa−1 puisque
τa−1 (τa (x)) = a−1 (axa−1 )a = exe = x et τa (τa−1 (x)) = a(a−1 ax)a−1 = exe = e. Ce calcul
n'est d'ailleurs qu'un cas particulier de celui qu'on va faire à la question suivante.
2. Calculons : τa (τb (x)) = a(bxb−1 )a−1 = (ab)x(ab)−1 = τab (x), donc τa ◦ τb = τab . De façon
évidente, τe = idG .
3. On a déjà prouvé que l'application (appelons là ϕ) était à valeurs dans Aut(G), mais aussi qu'il
s'agissait d'un morphisme (c'est le calcul de la question précédente). Reste donc à déterminer
son noyau : ϕ( a) = idG ⇔ τa = idG . Autrement dit, on doit avoir, ∀x ∈ G, axa−1 = x, ce
qu'on peut écrire sous la forme ax = xa. L'élément a doit donc commuter avec tous les autres
éléments du groupe G. On appelle l'ensemble de ces éléments centre du groupe G, et on le
note habituellement Z(G).
Exercice 8 (***)
1. Dans un groupe additif, un élément est d'ordre ni s'il vérie x + x + · · · + x = nx = 0, ce qui
n'est le cas dans R que de 0 lui-même (dont on peut dire qu'il est d'ordre 1, c'est d'ailleurs
le seul élément vériant cette propriété). Dans C∗ , un élément z est d'ordre ni s'il existe un
entier n tel que z n = 1, autrement dit si z est une Sracine n-ème de l'unité pour un certain
entier n. On peut écrire cet ensemble sous la forme n∈N∗ Un .
3
2. L'ensemble H contient l'élément neutre multiplicatif 1 puisque x0 = 1. De plus, si on considère
deux éléments de H de la forme xk et xl , alors leur produit xk+l peut toujours être ramené à
une puissance de x strictement inférieure à n en utilisant le fait que xn = 1 : soit k +l < n et il
n'y a rien à faire, soit xk+l = xn ×xk+l−n = xk+l−n , avec k +l −n < n. L'ensemble H est donc
stable par multiplication. Il l'est également par passage à l'inverse puisque (xk )−1 = xn−k (en
eet, par hypothèse, xk xn−k = xn = 1). La seule valeur de k pour laquelle xn−k pourrait ne
pas appartenir à H est k = 0, mais dans ce cas x0 = 1 est son propre inverse. Finalement, H
est bien un sous-groupe multiplicatif de G.
3. De façon assez évidente, (x−1 )k = (xk )−1 . On peut le prouver rigoureusement en faisant une
petite récurrence : c'est vrai de façon évidente au rang 1, et en le supposant au rang k, alors
(x−1 )k+1 xk+1 = x−1 (x−1 )k xk x = x−1 x = 1, ce qui prouve l'hérédité (le produit dans l'autre
sens se simplie de la même façon). En particulier, on a donc (x−1 ) = xn = 1, ce qui prouve
que x−1 est aussi d'ordre ni. Il ne peut pas avoir un ordre strictement plus petit que x, car
x−k = 1 ⇒ xk = 1 d'après ce qui précède, donc les deux éléments ont bien le même ordre.
4. On peut en fait simplier l'écriture de (yxy −1 )k en yxk y −1 (là encore c'est une récurrence
facile si on veut être rigoureux, c'est évident au rang 1, et une fois supposé au rang k, on
écrit (yxy −1 )k+1 = (yxy −1 )(yxy −1 )k = yxy −1 yxk y −1 = yxk+1 y −1 en simpliant par le
milieu ). On en déduit notamment que (yxy −1 )n = yxn y −1 = yy −1 = 1, ce qui prouve que
yxy −1 est d'ordre ni. Encore une fois, l'ordre ne peut pas être plus petit, car en supposant
(yxy −1 )k = 1, on aurait yxk y −1 = 1, donc yxk = y puis xk = 1, ce qui est exclu si k < n.
5. Supposons donc (xy)n = xyxyxy . . . xy = 1, et notons z = (yx)n = yxyx . . . yx, alors xz =
(xy)n x = x, ce qu'on a le droit de simplier par x pour obtenir z = 1, donc yx est d'ordre
ni. De plus l'ordre de yx est nécessairement inférieur ou égal à celui de xy . Mais l'argument
étant bien sûr symétrique, l'ordre de xy doit lui-même être inférieur ou égal à celui de yx, ce
qui prouve que les ordres des deux éléments sont nécessairement égaux.
Exercice 9 (**)
1. C'est assez évident : si l'élément neutre appartient à chacun des sous-groupes, il appartiendra
aussi à leur intersection. Supposons désormais que x et y soient deux éléments appartenant
à chacun des sous-groupes de l'intersection, alors x ? y −1 (en notant la loi ? et le symétrique
comme un inverse) appartient aussi à chacun de ces sous-groupes (puisque ces sous-groupes
sont stables par ? et par passage au symétrique), donc appartient également à leur intersection,
qui est donc un sous-groupe de G.
2. Notons Cx le centralisateur de x. L'élément neutre commutant avec tous les éléments de G,
il commute en particulier avec x et appartient donc à Cx . Supposons maintenant que deux
éléments x et y appartient à Cx . On a donc y ? x = x ? y (on garde les notations de la
première question) et z ? x = x ? z . En composant cette deuxième égalité par z −1 à droite,
on en déduit z ? x ? z −1 = x ? z ? z −1 = x, puis en composant à gauche par ce même z −1 ,
z −1 ? z ? x ? z −1 = z −1 ? x, soit x ? z −1 = z −1 ? x (ce qui prouve au passage la stabilité de Cx
par symétrisation). On peut maintenant écrire x ? y ? z −1 = y ? x ? z −1 = y ? z −1 ? x, ce qui
prouve que y ? z −1 ∈ Cx , et donc que Cx est bien un sous-groupe de G.
3. Notons Z(G) le centre de G (notation traditionnelle pour cet ensemble). Absolument aucune
vérication
S à faire dans cette question, on peut tout bêtement utiliser les deux précédentes :
Z(G) = x∈G Cx est un sous-groupe de G en tant qu'intersection de sous-groupes de G (un
élément qui appartient à tous les centralisateurs est par dénition un élément qui commute
avec tout le monde).
Exercice 10 (***)
1. Vérions les trois propriétés :
4
• la relation est réexive car ∀x ∈ G, x = x ? e, où l'élément neutre e appartient nécessaire-
ment au sous-groupe H .
• si xRy , il existe un élément z ∈ H tel que y = x ? z , mais cela implique y ? z −1 = x, où
z −1 est le symétrique de z , qui appartient aussi à H (c'est un sous-groupe, il est stable
par symétrisation). La relation est donc symétrique.
• si xRy et yRw, il existe deux éléments z et z 0 de H tels que y = x ? z et w = y ? z 0 . Mais
alors x = (x ? z) ? z 0 = x ? (z ? z 0 ), avec z ? z 0 ∈ H puisqu'un sous-groupe est stable par ?.
Ceci prouve la transitivité de la relation.
La classe d'équivalence de x est simplement l'ensemble (souvent noté x ? H des éléments x ? z
lorsque z parcourt H . Tous ces éléments sont nécessairement distincts car, dans un groupe,
x ? z = x ? z0 ⇒ z = z0.
2. D'après ce qu'on a dit à la question précédente, toute classe d'équivalence contient autant
d'éléments que le sous-groupe H . D'ailleurs, H lui-même correspond à la classe d'équivalence
de l'élément neutre e.
3. On sait que G est l'union disjointe des classes d'équivalence, qui contiennent chacune |H|
éléments (on note ici |H| le nombre d'éléments de l'ensemble ni H ). En notant k le nombre
de classes d'équivalence, on a donc |G| = k|H|, et le nombre d'éléments de G est donc multiple
de celui de H .
4. Puisqu'un nombre premier n'a pour diviseurs que 1 et lui-même, les sous-groupes ne peuvent
contenir qu'un seul élément (forcément égal à l'élément neutre), ou tous les éléments. Il n'y a
donc que les deux sous-groupes triviaux : {e} et G tout entier.
Exercice 11 (**)
1. Eectuons toutes les vérications d'usage :
• A contient le neutre additif 0 (il sut de poser p = 0) et il est stable par soustraction : si
p q 2m p − 2n q
x = n et y = m alors x − y = , avec n + m ∈ N et 2m p − 2n q ∈ Z (même pas
2 2 2n+m
besoin de s'embêter à se demander si la fraction se simplie), donc A est un sous-groupe
additif de Q.
• A contient le neutre multiplicatif 1 (on pose par exemple p = 1 et n = 0, mais il existe
plein d'autres possibilités tout aussi valables !).
p q pq
• A est stable par produit : n × m = n+m , c'est complètement évident.
2 2 2
2. On doit donc chercher les éléments de A inversibles dans A, autrement dit les éléments de
p 2n
la forme n dont l'inverse a lui aussi un dénominateur qui est une puissance de 2. Quitte
2 p
à supposer la fraction réduite, cela signie que p est lui-même de la forme ±2k , avec k ∈ N
(sa décomposition en facteurs premiers ne peut pas contenir d'autre facteur premier que 2).
Autrement dit, les seules unités dans A sont les nombres de la forme x = ±2k , avec k ∈ Z.
n p o
3. L'ensemble des décimaux peut être déni par D = | (p, n) ∈ Z × N . La vérication du
10n
faut que D est un sous-anneau de Q est alors rigoureusement la même que pour l'ensemble
A, ça n'a aucun intérêt de tout refaire. Les éléments inversibles de D sont alors ceux qui ont
un numérateur (après simplication) de la forme ±2k 5l (cette fois-ci le dénominateur 10n a
deux facteurs premiers qui sont 2 et 5), ce qui donne nalement comme éléments inversibles
tous les éléments de la forme x = ±2k 5l , avec (k, l) ∈ Z2 .
Exercice 12 (***)
1. Si x est un élément nilpotent non nul, on peut écrire x × xn−1 = 0, avec xn−1 6= 0 quitte
à choisir le plus petit entier n pour lequel xn = 0 (cet entier est d'ailleurs appelé indice de
5
nilpotence de l'élément x). On a alors un produit de deux éléments non nuls qui égal à 0, ce
qui prouve que A n'est pas intègre. Par contraposée, si A est intègre, 0 est le seul élément
nilpotent.
2. Commençons par le produit : si x et y commutent, on peut écrire, ∀k > 1, (xy)k = xk y k . En
prenant k = n, où n est l'indice de nilpotence de x, on a alors (xy)n = 0y n = 0, ce qui prouve
la nilpotence de xy (l'indice de nilpotence de xy sera logiquement le plus petit parmi ceux de
x et de y ).
Pour la somme, on fait appel à notre ami Newton : notons n l'indice de nilpotence de x et
n+m
X
n k n+m−k
m celui de y , alors (x + y)n+m = x y . Dans cette somme, tous les termes à
k
k=0
partir de l'indice n sont nuls car on a alors xk = xn × xk−n = 0 puisque xn = 0. Mais tous
ceux qui précédent sont nuls car si k < n, n + m − k > m, donc y n+m−k = 0. Finalement,
on est en train de calculer une somme de termes nuls, donc (x + y)n+m = 0, ce qui prouve la
nilpotence de x + y (les plus attentifs auront remarqué qu'on pouvait en fait se contenter de
(x + y)n+m−1 pour obtenir une valeur nulle, n + m − 1 est en général l'indice de nilpotence
de x + y ).
3. Il faut penser à exploiter la factorisation de an − bn évoquée en cours. Ici, on l'applique pour
a = 1 et b = x (éléments qui commutent toujours puisque le neutre 1 commute avec tout le
n−1 n−1
monde) : x . Or, = 0, donc en posant y = xk , on a plus simplement
X X
k
1−xn = (1−x) xn
k=0 k=0
(1 − x)y = 1 (et similairement y(1 − x) = 1, ce qui prouve que 1 − x est bien inversible, et
que son inverse est y .
Exercice 13 (**)
1. On peut par exemple appliquer l'hypothèse à l'opposé de x : (−x)2 = −x, donc x2 = −x.
Mais comme par ailleurs x2 = x, on a donc −x = x, ce qui implique bien 2x = 0. Autrement
possibilité : on applique l'hypothèse à l'élément x+1 : (x+1)2 = x+1, donc x2 +2x+1 = x+1,
ce qui donne bien 2x = 0 puisque x2 = x.
2. Soient x, y ∈ A2 , alors (x + y)2 = x + y , donc x2 + y 2 + xy + yx = x + y . Or x2 = x et y 2 = y ,
ce qui permet de simplier l'égalité en xy + yx = 0, donc xy = −yx. Or, comme tout élément
de A, yx vérie −yx = yx, donc on a bien xy = yx et les deux éléments commutent toujours.
3. Développons : xy(x + y) = xyx + xy 2 = x2 y + xy 2 puisque x et y commutent. Mais ces carrés
ne servent à rien, donc xy(x + y) = xy + xy = 2xy = 0.
4. Supposons que A contienne un élément x diérent de 0 et de 1. En appliquant la question
précédente, 1 × x(1 + x) = 0, donc x(1 + x) = 0. Or, x 6= 0 par hypothèse, et 1 + x ne peut
pas être nul sinon on aurait x = −1 = 1, ce qui est aussi exclu. Un produit de deux éléments
non nuls est donc nul, l'anneau n'est pas intègre.
Exercice 14 (***)
1. Les vérications ne sont pas très diciles : Z[α] contient tous les entiers relatifs (en posant
q = 0) donc a fortiori les deux éléments neutres 0 et 1. La stabilité par somme ou par
soustraction est évidente : p + αq + p0 + αq 0 = (p + p0 ) + α(q + q 0 ) ∈ Z[α], donc Z[α] est un
sous-groupe additif de C. Il ne reste plus pour avoir un sous-anneau qu'à vérier la stabilité
par produit : (p + αq)(p0 + αq 0 ) = pp0 + α(pq 0 + p0 q) + α2 qq 0 . Or, par hypothèse, α est solution
de l'équation z 2 + z + 2 = 0, donc α2 = −α − 2, ce qui permet d'écrire (p + αq)(p0 + αq 0 ) =
(pp0 − 2qq 0 ) + α(pq 0 + p0 q − qq 0 ) ∈ Z[α] (les coecients étant tous entiers), donc Z[α] est aussi
stable par produit, c'est un sous-anneau de C.
6
2. Notre équation étant à coecients réels, ses racines sont conjuguées, donc α + α est la somme
des racines de z 2 + z + 2, soit α + α = −1 et de même αα = 2.
3. D'après la question précédente, α = −1 − α, donc p + αq = p + αq = p − q − αq ∈ Z[α].
4. En eet, (p + αq)(p + αq) = p2 + pq(α + α) + pqαα = p2 − pq + 2q 2 . Cette valeur est clairement
entière, et tout aussi clairement positive si p et q sont de signe opposé. Dans le cas contraire,
p2 − pq + 2q 2 > p2 − 2pq + q 2 = (p − q)2 > 0, donc notre entier est toujours un entier naturel.
z p−q
5. Sauf dans le cas où z = 0, z sera toujours inversible dans C, d'inverse = 2 −
zz p − pq + 2q 2
q p−q
2 2
α. Pour que cet inverse appartienne à Z[α], on doit avoir 2 ∈ Z
p − pq + 2q p − pq + 2q 2
q
et 2 ∈ Z. C'est évidemment le cas si lé dénominateur est égal à 1. Sinon,
p − 2pq + 2q 2
p
par diérence, on doit aussi avoir 2 ∈ Z. Or, si p et q sont de signe opposé,
p − 2pq + 2q 2
p2 − 2pq + 2q 2 est très supérieur à p ou à q , donc la fraction ne peut sûrement pas se simplier.
S'ils sont de même signe (positif, sinon on change tous les signes), avec par exemple p 6 q ,
p2 + 2q 2 − pq > p2 + 2q 2 − q 2 > q 2 + p2 qui est à nouveau largement supérieur à p et q . Il est
donc impossible d'obtenir des coecients entiers quand p2 + 2q 2 − pq 6= 1.
6. C'est évident puisque dans ce cas p2 + 2q 2 − pq est une somme de trois entiers strictement
positifs, donc sûrement pas égal à 1.
7. On a déjà fait le calcul plus haut : dans ce cas, p2 + 2q 2 − pq > p2 + q 2 , donc ne peut pas non
plus être égal à 1.
8. Les seuls candidats possibles sont ceux pour lesquels p = 0 ou q = 0. Si p = 0, z est un entier
relatif, et p2 + 2q 2 − pq = 1 seulement si z = ±1. Si p = 0, on doit cette fois avoir 2q 2 = 1, ce
qui est évidemment impossible avec q entier relatif. Les seules unités de Z[α] sont donc 1 et
−1.