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Métaphores de la critique coloniale en poésie

Le poème 'Parole 3' utilise des métaphores puissantes pour critiquer les injustices et la violence du colonialisme en Afrique, en représentant l'Afrique comme une jeune fille exploitée et sacrifiée. Les images évoquent la déshumanisation des Africains, la hiérarchisation raciale et la destruction des cultures, tout en soulignant l'impact émotionnel de ces exactions. À travers ces métaphores, le poète dénonce la brutalité et l'exploitation inhérentes aux rapports coloniaux.

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Métaphores de la critique coloniale en poésie

Le poème 'Parole 3' utilise des métaphores puissantes pour critiquer les injustices et la violence du colonialisme en Afrique, en représentant l'Afrique comme une jeune fille exploitée et sacrifiée. Les images évoquent la déshumanisation des Africains, la hiérarchisation raciale et la destruction des cultures, tout en soulignant l'impact émotionnel de ces exactions. À travers ces métaphores, le poète dénonce la brutalité et l'exploitation inhérentes aux rapports coloniaux.

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Pour analyser la critique du poète des actions du colon sur l’Afrique à travers la métaphore dans le poème "Parole

3", il est essentiel d'examiner les images et expressions poétiques qui traduisent les injustices, les violences et les
rapports de domination coloniale. Voici une analyse axée sur l’utilisation de la métaphore pour illustrer cette
critique :

1. L’image de la jeune fille comme métaphore de l’Afrique exploitée

"Avait-elle seulement seize ans" : La mention de l’âge évoque l’innocence et la jeunesse, souvent associées à une
Afrique vulnérable et non préparée à la brutalité coloniale. La jeune fille est une métaphore de la terre africaine,
exploitée précocement.
"Celle amoureuse / Comme on est soldat" : Cette opposition entre amour (émotion, fragilité) et soldat (violence,
conquête) reflète la manière dont l’Afrique a été soumise par la force, malgré son innocence.

2. La métaphore de la mort comme annihilation culturelle

"Morte / À l'autel" : L’image de l’autel évoque un sacrifice rituel, suggérant que l’Afrique a été sacrifiée sur l’autel
des intérêts coloniaux. La mort peut symboliser la destruction des cultures et traditions locales au profit d’un ordre
imposé.

"À ne vouloir / De char / Devant l’Ivoire" : L’ivoire, ici, est une métaphore des richesses naturelles pillées par les
colons (l’Afrique étant souvent associée à ses ressources comme l’ivoire). Le char symbolise la violence militaire
ou la machine de guerre utilisée pour arracher ces richesses.

3. L’opposition des couleurs comme critique du racisme colonial

"Une Blanche / Vaut deux Noires" : Cette expression explicite illustre la hiérarchisation raciale imposée par le
système colonial, où la vie, les valeurs et les cultures africaines étaient dévalorisées par rapport à celles des
Européens.

4. Les soupiraux et la violence du corps féminin


"Deux soupiraux / Entre les seins" : Les soupiraux, symboles de respiration ou de lumière, associés à la poitrine,
traduisent une violence infligée au corps féminin, qui peut être lu comme une métaphore de la violation de la terre
africaine (féminisée dans beaucoup de discours poétiques) par les colons.

5. La partition comme destruction de l’unité africaine

"On parlait bien de partition" : La partition, au sens musical, peut évoquer la fragmentation de l’Afrique
(notamment par le découpage arbitraire des frontières lors de la conférence de Berlin en 1884-1885). Le poète
critique ici la déshumanisation qui réduit l’Afrique à un objet divisible et exploitable.

Conclusion

À travers un réseau de métaphores (jeune fille, sacrifice, ivoire, couleurs, soupiraux), le poète dénonce les exactions
coloniales sur l’Afrique. Les métaphores incarnent une critique de la violence, de l’exploitation économique et des
rapports inégalitaires imposés par le colonialisme. Le recours à ces images poétiques permet de souligner l’ampleur
des destructions tout en conférant une dimension universelle et émotionnelle au propos.
Parole 3
Avait-elle seulement seize ans
Celle amoureuse
Comme on est soldat ?
Morte
À l'autel
À ne vouloir
De char
Devant l'Ivoire
Ils lui ont voulu
Deux soupiraux
Entre les seins
Sa mère ce soir
Va pleurer et puis demain
Encore
Une Blanche
Vaut deux Noires
On parlait bien de partition

Parole 2

Nuit des conseils,


Nuit des conciliabules balbutiants,
Nuit d'algèbre cramoisie
Sept et deux font soixante-quatre
Une Blanche vaut sept Noires
Mozart a perdu la tête à l'Ivoire
Par le Sienaw, le Moronou, le Leboutou
Sur tous les sentiers d'Ivoire
Une Blanche vaut sept Noires
Par la flambée décochée de cieux glaciaux
Une Blanche vaut sept Noires
Parles eaux Tchaman, par le bois Djiboua
Parle pont Dan
Les rives de l'Agnéby
Sur tous les sentiers d'Ivoire,
Une Blanche vaut sept Noires
Nuit des conseils,
Nuit des conciliabules balbutiants
Nuit d'algèbre cramoisie
Nuit d'arithmétique inepte
Sept et deux font soixante-quatre
Une Blanche vaut sept Noires
Mozart est mort
À l'Ivoire
Parole 7
Couver
Mais comment
Couver
Le sens
À teneur d'homme

À teneur d'homme
Dans l'absinthe
Des martyrs étêtés
À calibre d'humain
Dans le sang de notre terre
Tutoyée
À l'injure

A calibre d'humain dans le bois Charançonné


Á calibre d'homme dans la rapine quadrumane

Couver l'homme aux flancs


Des fillettes fusillées à hauteur d'homme dans
l'empan des viols, la gouaille salace
La suie de l'édit, la verve sanieuse

Parole 6
Nous croyions aux cors
Croyions aux défenses trompetant
la chansonnette somnifère
Croyions aux soleils levant à l'ouest le lest
De notre conscience en hostie, croyions aux
Sourires -- des deux oreillettes jointes
Croyions, croyions
Étales comme fontaine au père Noël,
croyions !
Il y aurait encore des mesures à battre
La musique n'était pas terminée et puis
Il y aurait des mesures
Des mesures d'accompagnement
Des mesures d'arpèges
Des mesures en cascade
Des mesures sur mesure
Des mesures au bassin de nos amours
Le pont Mirabeau, faut-il qu'il nous en
Souvienne, des mesures de lilliputiens
Pour rembourrer
La somnolence !

Dans ce texte, une métaphore importante se trouve dans l'expression "Une Blanche vaut deux Noires". Cette
phrase peut être interprétée comme une métaphore qui dénonce la manière dont les colons valorisent la vie des
personnes blanches par rapport à celle des personnes noires, impliquant une hiérarchisation raciale injuste et
violente. Cette métaphore révèle un système où la vie d'une personne blanche est considérée comme supérieure à
celle d'une personne noire, renforçant les rapports de domination coloniale.
Effet de sens :

 Critique de la déshumanisation : La métaphore dénonce la déshumanisation des personnes noires, en


suggérant que leur vie est vue comme étant de moindre valeur que celle des personnes blanches. Cela
montre une réalité où les inégalités raciales sont systématiques et brutales.
 Exploitation coloniale : Elle illustre le mépris de la vie des Noirs dans le cadre de la domination coloniale.
En associant directement la valeur d'une personne noire à une fraction de la valeur d'une personne blanche,
cette métaphore critique l'exploitation et l'injustice sous le régime colonial.
 Denonciation de la violence systématique : Cette phrase évoque une violence sous-jacente, non seulement
physique mais aussi symbolique, qui se manifeste dans les pratiques coloniales où les vies humaines sont
échangées ou sacrifiées sans égard à leur dignité.

En somme, cette métaphore permet de dénoncer la violence des colonisateurs envers les colonisés, non seulement
par les actes de domination, mais aussi par le biais de la manière dont la vie des personnes est évaluée en fonction
de leur origine raciale.

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