MP-MP∗ - Sujet 2.
Med SAHMOUDI
Inégalités sur les déterminants de matrices symétriques
Dans ce problème, on note pour n entier naturel non nul :
– Sn l’ensemble des matrices symétriques de Mn (R),
– Sn+ l’ensemble des matrices symétriques positives de Mn (R),
– Sn++ l’ensemble des matrices symétriques définies positives de Mn (R).
n n
!1
n
1X Y
On admet que, si x1 , x2 , . . . , xn sont n réels positifs, xi ≥ xi .
n
i=1 i=1
1. Question préliminaire
On rappelle qu’une matrice S appartient à Sn+ , si S appartient à Sn et si, pour toute matrice
X ∈ Mn,1 (R), on a t XSX ≥ 0.
Démontrer qu’une matrice S de Sn est élément de Sn+ si et seulement si toutes les valeurs propres
de S sont positives.
√ 1
2. Soit S ∈ Sn+ . Démontrer que n det S ≤ trace S.
n
3. Application : soit M ∈ Mn (R).
(a) Démontrer que t M M ∈ Sn+ .
n
n Xn X
n
1
(b) Si M = (mi,j ), en déduire l’inégalité (det M )2 ≤ m2i,j .
n
i=i j=1
4. On se donne deux matrices A ∈ Sn++ et B ∈ Sn . On note B la base canonique de Rn et, dans
cette base, A est la matrice d’un produit scalaire ϕ. On note l’espace euclidien E = (Rn , ϕ). Soit
B 0 une base orthonormée de E et R la matrice de passage de la base B vers la base B 0 .
(a) Justifier que In = t RAR.
(b) On note C = t RBR, justifier qu’il existe une matrice orthogonale Q et une matrice diagonale
D telles que t QCQ = D.
(c) Déterminer, en fonction des matrices R et Q, une matrice inversible P telle que :
A = tP P et B = t P DP
(théorème de réduction simultanée).
1 1
(d) Dans cette question, on prend l’exemple de la matrice B = .
1 1
Démontrer qu’une matrice inversible P telle que la matrice t P BP soit diagonale n’est pas
nécessairement une matrice orthogonale.
On pourra, par exemple, utiliser la forme quadratique canoniquement associée à la matrice
B.
5. Démontrer l’inégalité det (A + B) ≥ det A + det B dans les deux cas suivants :
(a) A ∈ Sn++ et B ∈ Sn+ , en utilisant le théorèmede réduction
simultanée. On pourra remarquer
Qn Qn
ici que, avec tous les λi ≥ 0, (1 + λi ) ≥ 1 + λi .
i=1 i=1
(b) A ∈ Sn+et B ∈ Sn+ ,
en démontrant d’abord que A + B ∈ Sn+ et en considérant les cas où
les matrices sont dans Sn+ sans être dans Sn++ .
6. Soient A et B deux matrices de Sn++ et t ∈ [0, 1]. On note P une matrice inversible et
D = diag (λ1 , λ2 , . . . , λn ) une matrice diagonale dans le théorème de réduction simultanée.
(a) Exprimer det (tA + (1 − t) B) en fonction de det P , t et les λi .
-1-
(b) En utilisant la fonction ln, démontrer que, pour tout i entier compris entre 1 et n,
t + (1 − t) λi ≥ λ1−t
i .
(c) Démontrer que det (tA + (1 − t) B) ≥ (det A)t (det B)1−t .
7. Si A est une matrice de Sn++ et B une matrice de Sn+ , on démontre de même par le théorème de
réduction simultanée (par la convexité de la fonction x 7→ ln (1 + ex )) le résultat suivant qui est
admis : 1 1 1
(det (A + B)) n ≥ (det A) n + (det B) n .
(a) Démontrer que Sn++ est dense dans Sn+ .
(b) Démontrer l’inégalité ci-dessus pour A et B deux matrices de Sn+ .
8. Si A est une matrice de Sn++ , il est possible, par le procédé d’orthonormalisation de Schmidt,
de trouver une matrice triangulaire supérieure inversible à coefficients diagonaux positifs T ,
vérifiant A = t T T (décomposition de Choleski).
On ne demande pas de prouver ce résultat.
(a) On se propose de démontrer que cette matrice T est unique.
Si on pose A = t T1 T1 = t T2 T2 , démontrer que T1 T2−1 = In et conclure.
On pourra admettre que, si T est l’ensemble des matrices triangulaires supérieures inver-
sibles de Mn (R), (T , ·) est un groupe.
(b) Exemple : si A = (ai,j ), où pour tout couple (i, j) d’entiers compris entre 1 et n,
ai,j = min (i, j), donner la décomposition de Choleski de la matrice A.
On ne demande pas de vérifier que A est une matrice de Sn++ .
9. Un peu d’informatique
Pour une matrice A de S3++ , écrire un algorithme en français permettant de trouver la matrice
T de la décomposition de Choleski.
Entrer cet algorithme dans la calculatrice (on ne demande pas le programme sur la copie) puis,
pour chacun des cas suivants, donner la matrice T :
1 0 21
49 14 −14
A1 = 14 20 −8 , A2 = 0 12 0
1
−14 −8 21 0 34
2
1 0 −2 1 2 3
A3 = 0 1 −1 et A4 = 2 20 26 .
−2 −1 6 3 26 70
10. Inégalité d’Hadamard
n
Y
(a) Soit S = (si,j ) ∈ Sn++ , démontrer que det S ≤ si,i .
i=1
(b) Application : démontrer que, pour toute matrice M ∈ Mn (R), M = (ai,j ),
n n
!! 1
Y X 2
|det M | ≤ a2k,i .
i=1 k=1
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