Plan D'Action Mondial: Pour Combattre La Résistance Aux Antimicrobiens
Plan D'Action Mondial: Pour Combattre La Résistance Aux Antimicrobiens
POUR COMBATTRE
LA RÉSISTANCE AUX
ANTIMICROBIENS
PLAN D’ACTION MONDIAL
POUR COMBATTRE
LA RÉSISTANCE AUX
ANTIMICROBIENS
Catalogage à la source: Bibliothèque de l’OMS:
Tous droits réservés. Les publications de l’Organisation mondiale de la Santé sont disponibles sur le site Web de l’OMS ([Link])
ou peuvent être achetées auprès des éditions de l›OMS, Organisation mondiale de la Santé, 20 avenue Appia, 1211 Genève 27 (Suisse)
téléphone : +41 22 791 3264 ; télécopie : +41 22 791 4857 ; courriel : bookorders@[Link]. Les demandes relatives à la permission de
reproduire ou de traduire des publications de l’OMS – que ce soit pour la vente ou une diffusion non commerciale – doivent être envoyées
aux éditions de l›OMS via le site Web de l›OMS à l›adresse [Link]
Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’Organisation
mondiale de la Santé aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant
au tracé de leurs frontières ou limites. Les traits discontinus formés d’une succession de points ou de tirets sur les cartes représentent
des frontières approximatives dont le tracé peut ne pas avoir fait l’objet d’un accord définitif.
La mention de firmes et de produits commerciaux ne signifie pas que ces firmes et ces produits commerciaux sont agréés ou recommandés
par l’Organisation mondiale de la Santé, de préférence à d’autres de nature analogue. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale
indique qu’il s’agit d’un nom déposé.
L’Organisation mondiale de la Santé a pris toutes les précautions raisonnables pour vérifier les informations contenues dans la présente
publication. Toutefois, le matériel publié est diffusé sans aucune garantie, expresse ou implicite. La responsabilité de l’interprétation et
de l’utilisation dudit matériel incombe au lecteur. En aucun cas, l’Organisation mondiale de la Santé ne saurait être tenue responsable
des préjudices subis du fait de son utilisation.
Imprimé en Suisse
Tables des matières
Avant-propos .......................................................................................................... VII
Introduction ...............................................................................................................1
Objectifs stratégiques...............................................................................................8
V
Dr Margaret Chan
Directeur général
Organisation mondiale de la Santé
Introduction
1. grave menace que représente le phénomène pour la santé
Lorsque les microbes résistent aux médicaments, humaine. Il est le reflet des contributions reçues jusqu’ici
les options dont on dispose pour traiter les maladies qu’ils dans le cadre de larges consultations multisectorielles et
provoquent deviennent plus limitées. Or la résistance aux avec les États Membres.
antimicrobiens est un phénomène qu’on constate partout
dans le monde, qui concerne un large éventail de micro- 4.
organismes et dont la prévalence accrue menace la santé Le but du plan d’action mondial est qu’on continue
humaine et animale. Les conséquences directes d’une de disposer, le plus longtemps possible, de moyens
infection par des micro-organismes résistants peuvent performants de traitement et de prévention des maladies
être graves – durée plus longue de la maladie, hausse infectieuses sous la forme de médicaments sûrs et
de la mortalité, hospitalisation prolongée, protection efficaces, de qualité garantie, utilisés de façon responsable
affaiblie lors d’une intervention chirurgicale ou d’autres et accessibles à tous ceux qui en ont besoin. Il est prévu que
actes médicaux et augmentation des coûts, notamment. les pays élaboreront leur propre plan d’action national pour
La résistance aux antimicrobiens touche tous les domaines combattre la résistance aux antimicrobiens en l’alignant
de la santé, intéresse de nombreux secteurs et a des effets sur le plan mondial.
sur l’ensemble de la société.
5.
1
2. Pour atteindre ce but, le plan d’action mondial définit
Les effets indirects de la résistance aux antimicrobiens cinq objectifs stratégiques : 1) mieux faire connaître
dépassent toutefois le cadre des seuls risques sanitaires et comprendre le problème de la résistance aux
et ses nombreuses conséquences sur le plan de la santé antimicrobiens ; 2) renforcer les connaissances par la
publique ont de vastes répercussions, notamment sur surveillance et la recherche ; 3) réduire l’incidence des
le développement. La résistance aux antimicrobiens infections ; 4) optimiser l’usage des agents antimicrobiens ;
grève lourdement l’économie mondiale du fait des et 5) garantir des investissements durables pour combattre
pertes économiques liées à la baisse de la productivité la résistance aux antimicrobiens. Ces objectifs peuvent
provoquée par la maladie (de l’homme et de l’animal) et à être atteints par la mise en œuvre de mesures bien
l’augmentation du coût des traitements. Pour y parer, il faut définies par les États Membres, le Secrétariat et les
consentir des investissements à long terme, par exemple partenaires nationaux et internationaux dans différents
sous la forme d’un soutien financier et technique en faveur secteurs. Les mesures visant à optimiser l’usage des
des pays en développement, dans la mise au point de antimicrobiens et à renouveler les investissements dans
médicaments, outils diagnostiques, vaccins et autres la recherche-développement de nouveaux produits devront
interventions nouvelles, et dans le renforcement des être accompagnées de mesures visant à assurer à tous
systèmes de santé pour assurer un usage plus adapté des ceux qui en ont besoin un accès équitable à des produits
agents antimicrobiens et un meilleur accès à ces produits. d’un prix abordable.
3. 6.
L’élaboration du présent plan d’action mondial pour En procédant ainsi, on pourra atteindre le but principal qui
combattre la résistance aux antimicrobiens1, demandée est d’assurer le traitement et la prévention des maladies
par l’Assemblée de la Santé dans la résolution WHA67.25 infectieuses à l’aide de médicaments sûrs et efficaces,
en mai 2014, reflète un consensus mondial au sujet de la dont la qualité est garantie.
Champ d’application
7. les maladies virales, parasitaires et bactériennes, VIH/
La résistance aux antibiotiques apparaît lorsque sida, paludisme et tuberculose notamment.2 Une grande
les bactéries peuvent s’adapter et croître en présence partie des mesures proposées dans le plan s’applique aussi,
d’antibiotiques. L’apparition d’une résistance est liée à la outre à la résistance de ces autres micro-organismes, à la
fréquence d’utilisation des antibiotiques. De nombreux résistance aux antifongiques.
antibiotiques appartiennent à la même classe de produits
et, de ce fait, la résistance à un antibiotique spécifique peut 10.
conduire à une résistance à toute la classe de produits. La résistance aux antimicrobiens (et en particulier aux
La résistance qui apparaît chez un micro-organisme ou dans antibiotiques) progresse et il n’y a guère de perspectives
un endroit déterminé peut aussi se propager rapidement de mise au point de nouvelles classes d’antibiotiques à
et de façon imprévisible, par exemple par l’échange de court terme. On prend toutefois largement conscience
matériel génétique entre différentes bactéries, et affecter aujourd’hui de la nécessité de combattre la résistance aux
l’antibiothérapie utilisée contre un large éventail d’infections antimicrobiens et le soutien politique en faveur de cette
et de maladies. Les bactéries pharmacorésistantes peuvent lutte est considérable. Ce soutien est multisectoriel et l’on
circuler dans des populations humaines et animales si assiste à une collaboration croissante entre les secteurs
elles sont présentes dans les produits alimentaires, l’eau concernés, en particulier ceux de la santé humaine, santé
et l’environnement ; la transmission est influencée par les animale et de l’agriculture (y compris une collaboration
2
échanges commerciaux, les voyages et les migrations tripartite entre la FAO, l’OIE et l’OMS3). La nécessité d’une
humaines et animales. On trouve des bactéries résistantes intervention d’urgence est conforme à une approche de
dans les aliments d’origine animale et autres produits précaution,4 et l’action et la collaboration multisectorielles
alimentaires destinés à la consommation humaine. nationales et internationales ne doivent pas être entravées
par le manque de connaissances.
8.
Certaines de ces caractéristiques s’appliquent aussi aux 11.
médicaments employés pour traiter les maladies virales, Le plan d’action mondial sert de cadre aux plans
d’action nationaux. Il énonce les mesures essentielles
parasitaires et fongiques, ce qui justifie le terme plus large
de résistance aux antimicrobiens. que les différents acteurs concernés doivent prendre
progressivement au cours des cinq à 10 prochaines
9. années pour combattre la résistance aux antimicrobiens.
Le plan d’action couvre la résistance aux antibiotiques Ces mesures s’articulent autour des cinq objectifs
de façon très détaillée mais se réfère aussi, le cas stratégiques énoncés aux paragraphes 29 à 47.
échéant, à des plans d’action existant déjà concernant
2 World Health Organization global strategy for the surveillance and monitoring of
HIV drug resistance. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2012. Tuberculose :
lignes directrices relatives à la surveillance de la pharmacorésistance, quatrième
édition. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2009. Companion handbook to the
WHO guidelines for the programmatic management of drug-resistant tuberculosis.
Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2014. Plan mondial de maîtrise de
la résistance à l’artémisinine. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2011.
Emergency response to artemisinin resistance in the Greater Mekong subregion.
Organisation mondiale de la Santé, 2013. Voir également la résolution WHA62.15.
3 The FAO-OIE-WHO Collaboration: sharing responsibilites and coordinating global
activities to address health risks at the animal-human-ecosystems interfaces – a
tripartite concept note, 2010, accessible à l’adresse [Link]
resources/documents/tripartite_concept_note_hanoi_042011_en_pdf (consulté
le 20 novembre 2014).
4 Section IV : L’analyse des risques, paragraphe 11. Dans : Programme mixte FAO/
OMS sur les normes alimentaires. Commission du Codex Alimentarius : Manuel
de procédure, vingt-troisième édition. Rome, Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture, 2015 : 122.
Le défi à relever
12. et autres infections respiratoires, et dysenterie. Dans les
Les améliorations apportées à la santé dans le monde pays à faible revenu, l’accès à des antibiotiques efficaces
au cours des dernières décennies sont menacées est crucial pour sauver les enfants qui en sont atteints,
car les micro-organismes à l’origine de nombreuses ou en cas de bactériémie. Dans tous les pays, certaines
maladies et pathologies humaines courantes – comme opérations chirurgicales classiques ou la chimiothérapie
la tuberculose, le VIH/sida, le paludisme, les infections anticancéreuse deviendront moins sûres si l’on ne dispose
sexuellement transmissibles, les infections des voies plus d’antibiotiques efficaces permettant de protéger le
urinaires, la pneumonie, les bactériémies et les toxi- patient contre les infections.
infections alimentaires – sont devenus résistants à une
large gamme de médicaments antimicrobiens. De plus en 15.
plus, le médecin doit utiliser des médicaments de dernier Les agents de santé peuvent contribuer de manière
recours, plus coûteux, ayant parfois davantage d’effets cruciale à préserver l’efficacité des antimicrobiens.
secondaires et qui sont souvent impossibles à trouver La prescription et la délivrance inappropriées peuvent
ou d’un prix excessif dans les pays à revenu faible ou conduire à un usage inadapté ou abusif si le personnel
intermédiaire. Certains cas de tuberculose et certaines médical n’a pas d’informations à jour, n’est pas en mesure
gonococcies résistent désormais même aux antibiotiques de déterminer le type d’infection, cède à la pression de
de dernier recours. malades qui réclament des antibiotiques ou réalise un
3
bénéfice financier en fournissant ces produits. Les carences
13. en matière d’hygiène et de lutte contre les infections dans
La résistance se développe plus rapidement en cas d’usage les hôpitaux contribuent à la propagation des infections.
inadapté ou abusif des médicaments antimicrobiens. Les malades hospitalisés infectés par Staphyloccus aureus
L’utilisation d’antibiotiques en santé humaine serait en résistant à la méticilline risquent davantage de mourir
nette augmentation. Les enquêtes effectuées dans un que les malades infectés par une forme non résistante
large éventail de pays montrent que de nombreux malades de la bactérie.
croient que les antibiotiques permettront de guérir des
infections virales provoquant une toux, un rhume ou de 16.
la fièvre. Nécessaires pour traiter les animaux malades, Dans l’agriculture, l’élevage et l’industrie alimentaire,
les antibiotiques sont aussi largement utilisés à titre la perte d’antimicrobiens efficaces permettant de traiter les
préventif chez les animaux bien portants et, dans beaucoup animaux malades nuit à la production alimentaire et porte
de pays, pour favoriser la croissance par l’administration atteinte au revenu familial. L’élevage comporte également
de masse aux troupeaux. Les agents antimicrobiens sont le risque supplémentaire pour l’homme d’une exposition
couramment utilisés dans l’agriculture, la pisciculture ainsi à des animaux porteurs de bactéries résistantes. Ainsi,
que dans l’élevage de fruits de mer. L’impact potentiel des dans l’élevage de bovins, de porcins et de volailles infectés
antimicrobiens sur l’environnement est aussi un sujet de par Staphylococcus aureus résistant à la méticilline,
préoccupation pour beaucoup. il existe un risque bien plus élevé de colonisation ou
d’infection humaine par ces bactéries. L’alimentation
14. constitue l’une des voies de transmission possibles
La résistance aux antimicrobiens peut affecter l’ensemble des bactéries résistantes de l’animal à l’homme, et la
des malades et des familles. Beaucoup d’anciens consommation humaine d’aliments porteurs de bactéries
médicaments ou antibiotiques ne permettent plus de guérir antibiorésistantes a conduit à de nombreux cas d’infections
certaines des maladies les plus courantes chez l’enfant humaines résistantes aux antibiotiques. Les autres risques
dans les pays en développement – paludisme, pneumonie d’infection par des micro-organismes résistants sont
PLAN D’ACTION MONDIAL POUR COMBATTRE LA RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS
notamment l’exposition aux cultures traitées par des plus précaire et des coûts supplémentaires. La résistance
agents antimicrobiens ou contaminées par du fumier ou aux antimicrobiens affaiblit l’économie mondiale et de
du lisier et la contamination des eaux souterraines par des nombreux arguments économiques militent en faveur
eaux de ruissellement provenant d’exploitations agricoles. d’investissements durables à long terme pour faire face
au problème et notamment pour assurer l’accès des pays
17. en développement à un appui financier et technique.
Si l’on veut réduire le problème de la résistance aux
antimicrobiens, il faudra faire preuve de la volonté 19.
politique suffisante pour adopter de nouvelles politiques, Pour le secteur pharmaceutique, les médicaments qui
notamment contre l’usage abusif de médicaments ne sont plus efficaces perdent leur valeur. Les grands
antimicrobiens en santé humaine et animale et dans fabricants sont d’importants partenaires dans la lutte contre
la production alimentaire. Dans la plupart des pays, la résistance aux antimicrobiens tant parce qu’ils concourent
les antibiotiques peuvent être achetés au marché, dans des à l’usage responsable des médicaments pour prolonger leur
magasins, en pharmacie ou même sur Internet sans efficacité que par le rôle qu’ils jouent dans la recherche-
ordonnance ou sans l’intervention d’un professionnel de développement de produits innovants et d’autres outils
la santé ou d’un vétérinaire. Les produits médicaux et permettant de combattre la résistance. Aucune nouvelle
vétérinaires de médiocre qualité sont très répandus et grande classe d’antibiotiques n’a été découverte depuis
4
contiennent souvent une faible concentration du principe 1987 et trop peu d’agents antibactériens sont en cours de
actif, ce qui favorise l’émergence de germes résistants. mise au point pour combattre la polypharmacorésistance.
Des lois garantissant que les médicaments sont de qualité De nouveaux concepts sont nécessaires pour stimuler
garantie, sûrs, efficaces et accessibles à ceux qui en ont l’innovation et promouvoir la coopération entre les
besoin doivent être promulguées et appliquées. responsables politiques, les milieux universitaires et
l’industrie pharmaceutique afin de disposer, dans le
18. monde entier, de nouvelles technologies permettant de
Le Forum économique mondial a qualifié la résistance aux prévenir, diagnostiquer et traiter les infections résistantes.
antibiotiques de risque mondial qu’aucune organisation Les partenariats entre le secteur public et le secteur privé
ni aucun pays n’est en mesure de gérer ou d’atténuer à sont eux aussi importants pour contribuer à garantir un
lui seul,5 mais, en général, les conséquences sociales, accès équitable à des produits de qualité garantie et aux
économiques et financières potentielles du phénomène sont autres technologies sanitaires apparentées, moyennant
méconnues. Dans les pays développés, ces conséquences une tarification équitable et des dons à l’intention des
sont notamment une augmentation des coûts de santé populations les plus pauvres.
et une diminution de la main-d’œuvre, de la productivité,
du revenu des ménages, ainsi que du revenu national et
des recettes fiscales. Dans l’Union européenne, un sous-
groupe de bactéries pharmacorésistantes est à l’origine
de quelque 25 000 décès annuels, entraînant des coûts
de santé supplémentaires et une perte de productivité
d’une valeur totale d’au moins €1,5 milliard. Des analyses
du même type sont nécessaires pour les pays à revenu
faible ou intermédiaire. La résistance aux médicaments
antimicrobiens vétérinaires courants se traduit par une
baisse de la production alimentaire, une santé animale
5 Howell L Ed. Global risks 2013: eighth edition. Genève, Forum économique
mondial, 2013.
La voie à suivre
20. (1) Engagement de l’ensemble de la société, y compris
En dépit des propositions et des initiatives de lutte contre selon l’approche « Un monde, une santé ».
la résistance aux antimicrobiens qui ont vu le jour depuis La résistance aux antimicrobiens concernera tout
de nombreuses années, les progrès ont été lents parce le monde, indépendamment du domicile, de l’état
que, d’une part, la surveillance et la notification ont été de santé, de la situation économique, du mode de
insuffisantes aux niveaux national, régional et mondial vie ou du comportement. Elle affectera d’autres
et, de l’autre, l’ensemble des parties prenantes n’ont pas secteurs que la santé humaine comme la santé
bien pris conscience de la nécessité d’agir dans leurs animale, l’agriculture, la sécurité alimentaire et le
domaines respectifs. développement économique. Par conséquent, tout le
monde – dans tous les secteurs et dans toutes les
21. disciplines – doit participer à la mise en œuvre du plan
Au niveau national, des plans d’action opérationnels contre d’action, et en particulier aux efforts visant à préserver
la résistance aux antimicrobiens s’imposent pour appuyer l’efficacité des médicaments antimicrobiens moyennant
les cadres stratégiques.6 Tous les États Membres sont des programmes de protection et de bonne gestion.
instamment invités à se doter, dans les deux ans suivant
l’approbation du plan d’action mondial par l’Assemblée de la (2) Priorité à la prévention. Chaque infection évitée
Santé, d’un plan d’action national aligné sur celui-ci et sur est une infection qui n’a pas besoin d’être traitée.
5
les normes et lignes directrices établies par des organismes La prévention des infections peut être rentable et
intergouvernementaux tels que la Commission du Codex menée dans tous les contextes et tous les secteurs,
Alimentarius, la FAO et l’OIE. Ces plans d’action nationaux même là où les ressources sont limitées. Une hygiène
sont nécessaires pour servir de fondement à une évaluation et des moyens d’assainissement satisfaisants ainsi
des besoins en ressources, et devront tenir compte des que d’autres mesures de prévention des infections
priorités nationales et régionales. Les partenaires et susceptibles de ralentir l’apparition d’infections
les autres parties prenantes, notamment la FAO, l’OIE, antibiorésistantes difficiles à traiter et d’en restreindre
la Banque mondiale, les associations de fabricants et les la propagation constituent des solutions rentables.
fondations, devraient aussi mettre en place et appliquer (3) Accès. Le but qui est de préserver la capacité de
des plans d’action dans leurs domaines de compétence traiter des infections graves requiert à la fois un
respectifs pour combattre la résistance aux antimicrobiens, accès équitable aux médicaments antimicrobiens
et présenter des rapports de situation dans le cadre de existants et nouveaux, et un usage approprié de
leur cycle de notification. Tous les plans d’action devraient ces produits. Une mise en œuvre efficace des plans
refléter les principes suivants : d’action nationaux et du plan d’action mondial pour
combattre la résistance aux antimicrobiens dépend
6 Le Secrétariat a travaillé avec les États Membres pour recueillir des informations
sur l’état d’avancement des plans d’action nationaux contre la résistance aux
antimicrobiens et les règlements et politiques concernant l’utilisation des
antimicrobiens. Un rapport fondé sur ces données sert de base pour suivre les
progrès ultérieurs réalisés aux niveaux national et mondial et en rendre compte.
Voir [Link] (consulté
le 9 septembre 2015).
PLAN D’ACTION MONDIAL POUR COMBATTRE LA RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS
Objectifs stratégiques
27. pratiques agricoles, de même que les consommateurs.
Le but global du plan d’action est de maintenir le plus En ajoutant l’usage des antimicrobiens et le phénomène
longtemps possible et sans discontinuer la capacité de de la résistance aux programmes scolaires, on favorisera
traiter et de prévenir les maladies infectieuses au une meilleure prise de conscience et une meilleure
moyen de médicaments sûrs et efficaces de qualité compréhension du problème dès le plus jeune âge.
garantie, utilisés de manière responsable et accessibles
à tous ceux qui en ont besoin. 30.
En faisant de la résistance aux antimicrobiens un élément
28. fondamental de l’enseignement, de la formation, notamment
Pour atteindre ce but global, on a défini cinq objectifs continue, de la certification et du perfectionnement
stratégiques, énoncés aux paragraphes 29 à 47. Les mesures professionnels dans le secteur de la santé, le secteur
correspondantes que devront prendre les États Membres, vétérinaire et l’agriculture, on contribuera à ce que les
le Secrétariat (y compris les mesures destinées à la professionnels prennent mieux conscience du phénomène
FAO, à l’OIE et à l’OMS dans le cadre de la collaboration et le comprennent mieux.
tripartite), et les organisations internationales et les
autres partenaires figurent dans le tableau qui fait suite Objectif 2. Renforcer les
au paragraphe 50. Il est prévu que les pays élaboreront
leur propre plan d’action national en l’alignant sur le plan connaissances et les bases
8
d’action mondial.
factuelles par la surveillance et
Objectif 1. Mieux faire connaître la recherche
et comprendre le problème de 31.
la résistance aux antimicrobiens Les mesures et les investissements pour combattre
la résistance aux antimicrobiens doivent s’appuyer sur
grâce à une communication, une justification précise de leurs avantages et de leur
rentabilité. Les autorités nationales, les organisations
une éducation et une formation intergouvernementales, les organismes, les associations
efficaces professionnelles, les organisations non gouvernementales,
les entreprises et les milieux universitaires peuvent
29. beaucoup contribuer à générer ces connaissances et à
Des mesures doivent être prises immédiatement pour en tirer des applications pratiques.
sensibiliser au problème de la résistance aux antimicrobiens
et encourager un changement de comportement grâce à des
programmes de communication ciblant différents publics
concernés par la santé humaine, la santé animale et les
32. ``les études de recherche fondamentale et opérationnelle
Les lacunes particulièrement importantes des à l’appui de la mise au point de nouveaux traitements,
connaissances qu’il s’agit de combler sont notamment outils diagnostiques, vaccins et autres interventions ;
les suivantes :
``la recherche visant à trouver d’autres solutions
``l’incidence, la prévalence et les caractéristiques que l’usage d’agents antimicrobiens à des fins non
géographiques de la résistance aux antimicrobiens et thérapeutiques dans l’agriculture et l’aquaculture,
l’éventail des agents pathogènes concernés sont des notamment pour favoriser la croissance et protéger
données qu’il faut rendre accessibles en temps voulu les cultures ;
pour orienter le traitement des malades, permettre
l’élaboration de mesures aux niveaux local, national ``la recherche économique, notamment la mise au point
et régional et contrôler l’efficacité des interventions ; de modèles visant à évaluer le coût de la résistance
aux antimicrobiens et les coûts et avantages du plan
``il est important de comprendre comment la résistance d’action mondial.
apparaît et se propage, et notamment comment elle
circule entre humains et entre animaux ainsi que 33.
de l’animal à l’homme par l’alimentation, l’eau et Le rapport mondial de l’OMS sur la surveillance de la
9
l’environnement, pour pouvoir élaborer des outils, résistance aux antimicrobiens11 a également révélé de
des politiques et des règlements nouveaux contre la nombreuses lacunes dans les informations sur la résistance
résistance aux antimicrobiens ; d’agents pathogènes revêtant une importance majeure
pour la santé publique. Des normes internationales sur
``la capacité de caractériser rapidement une résistance l’harmonisation des programmes nationaux de surveillance
nouvellement apparue chez des micro-organismes et et de suivi de la résistance aux antimicrobiens ont été
d’élucider les mécanismes sous-jacents est nécessaire adoptées par les membres de l’OIE en 2012, mais aucune
pour préserver l’utilité des moyens de surveillance et norme n’a encore été définie au niveau international pour la
des outils et méthodes diagnostiques ; collecte et la notification de données sur la résistance aux
``la compréhension des données et des comportements antibactériens en santé humaine ni pour l’harmonisation
sociaux comme d’autres travaux de recherche sont des mesures prises par les secteurs médical, vétérinaire
nécessaires pour contribuer à la réalisation des et agricole. Il n’existe pas davantage de forum mondial
objectifs 1, 3 et 4, y compris des études pour étayer pour l’échange rapide d’informations sur la résistance
les programmes de gestion efficace des antimicrobiens aux antimicrobiens.
en santé humaine et animale et dans l’agriculture ;
34.
``la recherche, et notamment les études cliniques En 2013, certains États Membres de l’Union européenne
menées conformément aux modalités de gouvernance ont publié un programme de recherche stratégique sur la
nationales et internationales pertinentes, résistance aux antimicrobiens dans le cadre d’une initiative
sur les traitements contre des infections bactériennes de programmation commune.12 Cette initiative, à laquelle
courantes, notamment lorsque les ressources sont participent aussi certains pays non membres de l’Union
limitées, et leur prévention ; européenne, peut offrir un point de départ pour l’élaboration
d’un programme mondial de recherche stratégique.
Objectif 3. Réduire l’incidence ``les vaccins existants peuvent prévenir les maladies
infectieuses dont le traitement nécessiterait l’usage
des infections par des mesures de médicaments antimicrobiens ;
efficaces d’assainissement, ``les vaccins existants peuvent réduire la prévalence
des infections virales, qui sont souvent traitées à tort
d’hygiène et de prévention des au moyen d’antibiotiques et peuvent aussi entraîner
infections des infections secondaires exigeant un traitement
antibiotique ;
35.
``la mise au point et l’utilisation de vaccins nouveaux
Beaucoup d’infections antibiorésistantes parmi les
ou améliorés peuvent permettre d’éviter des maladies
plus graves et difficiles à traiter surviennent dans les
qui deviennent difficiles ou impossibles à traiter en
établissements de soins, non seulement parce que
raison de la résistance aux antimicrobiens.
c’est là que les patients atteints d’infections graves
sont admis, mais aussi en raison de l’usage intensif
38.
d’antibiotiques dans ces établissements. Bien que le
Une bonne partie des antibiotiques sont utilisés dans
développement de la résistance dans de telles situations
l’élevage. On a souvent recours aux antibiotiques pour
soit sans doute une conséquence naturelle de l’usage 10
prévenir les infections et en éviter la propagation dans
nécessaire des antimicrobiens, les mesures inadéquates
un troupeau infecté, et pour stimuler la croissance ;
qui sont prises contre les infections peuvent contribuer
ils sont souvent administrés dans la nourriture et l’eau
à la propagation de micro-organismes résistants aux
données aux animaux. Des pratiques d’élevage durables,
médicaments antimicrobiens.
notamment le recours aux vaccins, peuvent réduire les taux
d’infection et la dépendance aux antibiotiques ainsi que le
36.
risque de voir apparaître et se propager des organismes
Une meilleure hygiène et de meilleures mesures de
antibiorésistants dans la chaîne alimentaire.
prévention des infections sont indispensables pour limiter
l’apparition et la propagation d’infections résistantes aux
antimicrobiens et de bactéries polypharmacorésistantes. Objectif 4. Optimiser l’usage des
Une prévention efficace des infections transmissibles
sexuellement ou par injection de drogues ainsi que
médicaments antimicrobiens en
de meilleurs moyens d’assainissement, le lavage des santé humaine et animale
mains et la sécurité alimentaire et hydrique doivent
aussi être des aspects fondamentaux de la prévention 39.
des maladies infectieuses. De nombreuses données montrent que la résistance aux
antimicrobiens est due au volume d’agents antimicrobiens
37. utilisés. Un usage important d’antibiotiques peut être le
La vaccination, lorsqu’elle est une mesure de prévention reflet d’une surprescription, d’un accès trop facile en vente
des infections adaptée, doit être encouragée. Elle peut libre et, plus récemment, d’achats par Internet, qui sont
réduire la résistance aux antimicrobiens de trois manières : très répandus dans beaucoup de pays. Malgré les mesures
prises par certains États Membres, l’usage des antibiotiques 43.
chez l’homme, chez l’animal et dans l’agriculture progresse
La réglementation de l’usage des agents antimicrobiens
toujours à l’échelle mondiale. L’augmentation prévue de est inadéquate ou mal appliquée dans de nombreux
la demande de produits alimentaires d’origine animale domaines, par exemple lorsque les produits sont en vente
pourrait conduire à un usage encore accru d’[Link] ou achetés sur Internet. Les carences qui contribuent
à l’apparition de la résistance aux antimicrobiens sont
40. notamment la mauvaise observance des traitements
Les données sur l’utilisation des antibiotiques sont par le patient et le personnel soignant, l’existence de
recueillies et analysées dans de nombreux pays à revenu médicaments de qualité inférieure chez l’homme et chez
élevé ou intermédiaire et l’OIE met au point une base l’animal, et l’usage inapproprié ou non réglementé des
de données sur l’utilisation des antibiotiques chez les agents antimicrobiens dans l’agriculture.
animaux. Mais on manque de données sur l’utilisation des
antibiotiques chez l’homme là où les soins sont dispensés Objectif 5. Dégager les arguments
et de données concernant les pays à faible revenu.
économiques en faveur
41.
Il faut une reconnaissance plus large des médicaments
d’investissements durables qui
11
antimicrobiens comme bien public pour renforcer la tiennent compte des besoins
réglementation de leur distribution, de leur qualité et de
leur utilisation, et pour encourager les investissements de tous les pays et accroître les
dans la recherche-développement. Dans certains cas, investissements dans la mise au
l’industrie dépense plus pour la promotion de ses produits
que les autorités pour celle de l’usage rationnel des point de nouveaux médicaments,
antimicrobiens ou la diffusion d’informations objectives.
outils diagnostiques, vaccins et
42. autres interventions
Les décisions de prescrire des antibiotiques sont rarement
fondées sur des diagnostics définitifs. Pour en faciliter 44.
l’usage optimal en médecine humaine et animale, il faut Les arguments économiques doivent refléter la nécessité
pouvoir disposer d’outils diagnostiques efficaces, rapides de renforcer les capacités, notamment par la formation
et peu coûteux, faciles à intégrer aux pratiques cliniques là où les ressources sont limitées, ainsi que la nécessité
et vétérinaires, ainsi qu’en pharmacie. La prescription et d’utiliser, dans les systèmes de soins de santé humaine
la délivrance sur la base de données scientifiques doivent et vétérinaire, des interventions reposant sur des données
être la norme. scientifiques – médicaments, outils diagnostiques et
vaccins, notamment.
PLAN D’ACTION MONDIAL POUR COMBATTRE LA RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS
Objectif 1. Mieux faire connaître et comprendre le problème de la résistance aux antimicrobiens grâce à
une communication, une éducation et une formation efficaces
Moyens potentiels de mesurer l’efficacité : importance de la réduction de la consommation humaine mondiale
d’antibiotiques (compte tenu de la nécessité d’améliorer l’accès dans certaines situations), et réduction du volume
d’antibiotiques utilisés dans la production alimentaire
I. Mesures à prendre par les II. Mesures à prendre par III. Mesures à prendre par les
États Membres le Secrétariat partenaires internationaux
et nationaux
i. Sensibiliser au problème de i. Élaborer et mener des campagnes i. Les organisations et associations
la résistance aux antimicrobiens et des programmes mondiaux de professionnelles devraient faire de la
sur le plan national au moyen de communication, y compris une campagne résistance aux antimicrobiens un élément
programmes de communication mondiale annuelle de sensibilisation à fondamental de l’enseignement, de la
ciblant les différents publics la question des antibiotiques, inspirés formation, des examens, du droit d’exercer
concernés par la santé humaine, de campagnes régionales et nationales ou de la certification professionnelle ainsi
la santé animale et les pratiques existant déjà, et en partenariat avec d’autres que du perfectionnement professionnel.
agricoles, y compris en participant organisations (comme l’UNESCO et l’UNICEF). ii. L’OIE devrait continuer à aider ses
à une campagne mondiale annuelle Fournir des matériels et des outils de membres à appliquer les normes de l’OIE,
de sensibilisation à la question communication de base (y compris aux notamment les normes et la formation
des antibiotiques. médias sociaux et pour évaluer le degré de concernant la profession de vétérinaire en
ii. Faire de la résistance aux sensibilisation et d’information du public) appliquant son processus d’évaluation des
antimicrobiens un élément susceptibles d’être adaptés et appliqués par performances des services vétérinaires
fondamental de l’enseignement, de les États Membres et par d’autres. (PVS),16 et à actualiser la législation.
la formation, de la certification et ii. Élaborer, avec la FAO et l’OIE dans le iii. La FAO devrait appuyer la
du perfectionnement professionnels cadre de la collaboration tripartite, des sensibilisation au problème de la résistance
dans le secteur de la santé, le secteur matériels de communication, d’éducation aux antimicrobiens et promouvoir les 14
vétérinaire et l’agriculture. et de formation de base pouvant être bonnes pratiques de production animale et
iii. Ajouter l’usage des antimicrobiens adaptés et appliqués aux niveaux régional d’hygiène auprès du personnel chargé de
et la résistance aux antimicrobiens et national sur des questions comprenant la production et de la santé animales, des
dans les programmes scolaires la nécessité d’un usage responsable éleveurs et des autres parties prenantes
pour promouvoir une meilleure des antibiotiques, l’importance de la dans les secteurs de l’alimentation et
compréhension et une meilleure prévention des infections en santé humaine de l’agriculture.
prise de conscience du phénomène, et animale et dans l’agriculture, et les
mesures visant à combattre la propagation
iv. Les organisations
et fournir aux médias des données intergouvernementales, y compris la FAO,
fiables et pertinentes pour que de micro-organismes résistants dans les
l’OIE et la Banque mondiale, devraient mieux
l’information et la communication produits alimentaires et l’environnement.
faire connaître et comprendre le problème
renforcent les messages clés. Apporter un appui aux États Membres
de la résistance aux antimicrobiens et, en
concernant l’intégration de l’éducation
iv. Reconnaître la résistance aux sur la résistance aux antimicrobiens
collaboration avec l’OMS, reproduire les
antimicrobiens comme un domaine mesures prises par le Secrétariat dans leur
dans la formation, l’enseignement et la
d’intervention prioritaire dans tous domaine particulier.
certification professionnels.
les ministères en l’ajoutant à tous v. Les autres parties prenantes –
les registres nationaux des risques iii. Publier régulièrement des rapports notamment les organisations de la société
ou autres mécanismes efficaces de situation sur la mise en œuvre du plan
civile, les organismes des secteurs du
d’engagement pangouvernemental. d’action mondial et la réalisation des cibles,
commerce et de l’industrie, les associations
v. Promouvoir et soutenir la création afin de maintenir la détermination à réduire
la résistance aux antimicrobiens.
d’employés, les fondations finançant
de coalitions multisectorielles (« Un l’enseignement scientifique, et les
monde, une santé ») pour combattre iv. Maintenir la résistance aux médias – devraient contribuer au travail de
la résistance aux antimicrobiens antimicrobiens parmi les points à examiner sensibilisation et d’information concernant
aux niveaux local et national, et la en priorité avec les États Membres dans la prévention des infections et l’usage des
participation à ces coalitions aux le cadre des comités régionaux, du antimicrobiens, tous secteurs confondus.
niveaux régional et mondial. Conseil exécutif et de l’Assemblée de
la Santé et avec d’autres organisations
vi. L’OMS, la FAO, l’OIE et d’autres
parties prenantes au niveau international
intergouvernementales, y compris
devraient encourager et aider les États
l’Organisation des Nations Unies.
Membres à forger des coalitions et des
alliances au niveau national comme au
niveau régional/mondial.
17 Integrated surveillance of antimicrobial resistance: guidance from a WHO advisory group. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2013.
18 Voir le document CAC/GL 77-2011 : [Link] (consulté le 20 novembre 2014).
19 Voir [Link] (consulté le 20 novembre 2014).
20 Voir [Link] (consulté le 20 novembre 2014).
21 Prescriptions dans le cadre des soins primaires. Dans : Panorama de la santé 2013 : les indicateurs de l’OCDE. Paris, Organisation de coopération et de développement
économiques, 2013.
PLAN D’ACTION MONDIAL POUR COMBATTRE LA RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS
Objectif 2 (suite). Renforcer les connaissances et les bases factuelles par la surveillance et la recherche
Moyen potentiel de mesurer l’efficacité : importance de la réduction de la prévalence de la résistance aux
antimicrobiens, sur la base des données recueillies par les programmes intégrés de surveillance de la résistance aux
antimicrobiens dans tous les pays
I. Mesures à prendre par les États II. Mesures à prendre par le III. Mesures à prendre par les
Membres Secrétariat partenaires internationaux et
nationaux
` favorise la participation aux réseaux vi. Avec la FAO et l’OIE, dans le cadre v. Les organisations et fondations
régionaux et mondiaux et l’échange de la collaboration tripartite, recueillir, finançant la recherche devraient appuyer
’informations, permettant ainsi de détecter réunir et publier des informations l’application du programme mondial
et de suivre les tendances nationales, sur la consommation mondiale de de recherche en santé publique sur la
régionales et mondiales ; médicaments antimicrobiens. résistance aux antimicrobiens.
` est capable de détecter et de notifier vii. Consulter les États Membres et
une résistance nouvellement apparue les parties prenantes des différents
susceptible de constituer une urgence de secteurs en vue de la mise au point
santé publique de portée internationale, d’un programme mondial de recherche
comme le prévoit le Règlement sanitaire en santé publique sur la résistance
international (2005). aux antimicrobiens visant à combler
ii. Recueillir et notifier des données les principales lacunes en matière de
sur l’utilisation d’agents antimicrobiens connaissances, notamment les méthodes
en santé humaine et animale et dans de détermination de la charge sanitaire et
l’agriculture afin de pouvoir suivre économique que représente la résistance
les tendances et évaluer l’effet des aux antimicrobiens, le rapport coût/
plans d’action. efficacité des mesures, les mécanismes
d’apparition et de propagation de la
iii. Envisager l’application d’un résistance, et les travaux sur lesquels se 16
programme mondial approuvé de
baser pour mettre au point de nouvelles
recherche en santé publique sur la
interventions et de nouveaux vaccins et
résistance aux antimicrobiens, prévoyant
outils diagnostiques. Suivre l’application
des recherches visant à promouvoir
du programme de recherche, par exemple
l’usage responsable des antimicrobiens
en recourant à l’Observatoire mondial de
; définissant de meilleures pratiques
la recherche développement en santé de
pour la prévention des infections chez
l’OMS, et faire rapport à ce sujet.
l’homme et chez l’animal et dans
l’agriculture ; et encourageant la mise viii. Collaborer avec les partenaires pour
au point d’outils diagnostiques et mettre en place un répertoire durable
d’antimicrobiens novateurs. des informations sur la résistance aux
antimicrobiens et sur l’utilisation et
l’efficacité des antimicrobiens, qui soit
intégré à l’Observatoire mondial de la
recherche-développement en santé et à
un programme d’évaluation indépendante
des données.
Objectif 3. Réduire l’incidence des infections par des mesures efficaces d’assainissement, d’hygiène et de
prévention des infections
Moyens potentiels de mesurer l’efficacité : importance de la réduction de la prévalence des infections évitables et en
particulier de l’incidence des infections pharmacorésistantes dans les établissements de soins
I. Mesures à prendre par les États II. Mesures à prendre par le III. Mesures à prendre par les
Membres Secrétariat partenaires internationaux et
nationaux
i. Les États Membres pourront i. Faciliter l’élaboration et l’application i. Les associations professionnelles et
envisager de prendre les mesures de politiques et d’outils visant à renforcer organes de certification devraient œuvrer
suivantes : les pratiques d’hygiène et de lutte contre pour que les mesures de prévention des
` mesures urgentes pour appliquer les infections, en particulier contre infections soient une matière obligatoire
des mesures d’hygiène et de lutte anti- la résistance aux antimicrobiens, et dans le perfectionnement professionnel,
infectieuse et pour les renforcer ; promouvoir la participation de la société la certification et l’autorisation d’exercer.
civile et de groupes de malades à ii. L’OIE devrait actualiser ses codes et
` faire de l’hygiène et de la lutte contre
l’amélioration des pratiques d’hygiène et manuels pour tenir compte des nouvelles
les infections une matière obligatoire dans
de lutte contre les infections. évolutions concernant les vaccins.
la formation théorique et pratique des
professionnels de la santé humaine et ii. Veiller à ce que les recommandations iii. La FAO devrait continuer à associer
vétérinaire et dans leur perfectionnement de politique générale concernant les et aider les producteurs et les parties
professionnel et la certification ou vaccins nouveaux et existants tiennent prenantes dans les secteurs de
l’autorisation d’exercer ; compte de la possibilité d’une limitation l’alimentation et de l’agriculture et à les
des options de traitement à cause de inciter à adopter des bonnes pratiques
` élaborer – ou, si elles existent déjà,
la résistance aux antimicrobiens et d’élevage et de santé animale afin de
les renforcer – des politiques nationales
des avantages supplémentaires d’un réduire l’usage d’antibiotiques et le
et des normes pratiques concernant les
usage réduit des agents antimicrobiens, risque d’apparition d’une résistance aux
interventions de lutte anti-infectieuse
antibiotiques compris. antimicrobiens et de sa propagation.
17 dans les établissements de santé
et surveiller la mise en œuvre et le iii. Collaborer avec les partenaires et
respect de ces politiques et normes au d’autres organisations pour faciliter la
niveau national. mise au point et l’évaluation clinique
de vaccins prioritaires spécifiques pour
ii. Intégrer dans la surveillance prévenir les infections difficiles ou
nationale de la résistance aux
impossibles à traiter.
antimicrobiens la collecte et la notification
de données sur la sensibilité aux iv. Coopérer avec la FAO et l’OIE, dans
antimicrobiens des micro-organismes à le cadre de la collaboration tripartite,
l’origine d’infections nosocomiales. pour élaborer des recommandations
iii. Renforcer les pratiques vétérinaires concernant l’usage de vaccins chez les
animaux sources de produits alimentaires,
et agricoles moyennant l’application des
notamment des recommandations sur
normes publiées dans le Code sanitaire
les nouveaux vaccins utiles pour éviter
pour les animaux terrestres et le Code
les maladies d’origine alimentaire
sanitaire pour les animaux aquatiques
chez l’homme et l’animal et réduire
de l’OIE22 ainsi que dans le Code d’usages
l’usage d’antimicrobiens.
du Codex Alimentarius FAO/OMS visant
à réduire au minimum et à maîtriser la
résistance aux antimicrobiens.23
iv. Promouvoir la vaccination
comme moyen de réduire les
infections chez les animaux destinés à
l’alimentation humaine.
Objectif 5. Dégager les arguments économiques en faveur d’investissements durables qui tiennent
compte des besoins de tous les pays et accroître les investissements dans la mise au point de nouveaux
médicaments, outils diagnostiques, vaccins et autres interventions
Moyens potentiels de mesurer l’efficacité : importance de l’augmentation des investissements durables dans les
capacités de lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans tous les pays, y compris les investissements dans la mise
au point de nouveaux médicaments, produits diagnostiques et autres interventions
I. Mesures à prendre par les États II. Mesures à prendre par le III. Mesures à prendre par les
Membres Secrétariat partenaires internationaux et
nationaux
i. Les États Membres devraient i. Collaborer avec le Secrétaire général i. Les partenaires des secteurs
envisager d’évaluer les besoins en de l’Organisation des Nations Unies et les financier et économique devraient
investissements pour l’application de leur organismes du système des Nations Unies définir les arguments économiques
plan d’action national pour combattre la pour définir le ou les meilleurs mécanismes en faveur d’investissements nationaux
résistance aux antimicrobiens et élaborer permettant d’obtenir les investissements et mondiaux dans la lutte contre
des plans pour obtenir et utiliser les nécessaires pour appliquer le plan d’action la résistance aux antimicrobiens, y
moyens financiers requis. mondial pour combattre la résistance aux compris une évaluation du coût de
ii. Les États Membres sont encouragés antimicrobiens, compte tenu en particulier l’application du plan d’action et les
à participer à des recherches collectives des besoins des pays en développement. coûts qui résulteraient de l’inaction ;
internationales pouvant contribuer à ii. Collaborer avec la Banque mondiale ces activités pourraient relever de la
l’élaboration de nouveaux médicaments, et avec d’autres banques d’aide au Banque mondiale.
outils diagnostiques et vaccins : développement pour mettre au point et ii. La FAO, l’OIE et les autres
` en établissant un ordre de priorité appliquer des modèles permettant d’estimer partenaires devraient contribuer à la
dans la recherche scientifique de les investissements nécessaires pour réalisation d’analyses appropriées
base sur les maladies infectieuses, appliquer les plans d’action nationaux contre montrant l’intérêt qu’il y a à investir
en appuyant cette recherche et en la résistance aux antimicrobiens, regrouper et servant de base au choix des 20
s’attachant à promouvoir des partenariats ces besoins et en faire la synthèse. interventions destinées à améliorer
entre les établissements de recherche iii. Collaborer avec la Banque mondiale les pratiques en matière d’élevage,
dans les pays développés et en et avec la FAO et l’OIE dans le cadre de de gestion, de santé, d’hygiène et de
développement ; la collaboration tripartite, pour évaluer biosécurité pour réduire le recours aux
l’impact économique de la résistance aux antimicrobiens (et la résistance aux
` en collaborant, sur la base d’un
antimicrobiens et de la mise en œuvre du antimicrobiens) dans les différents
partage juste, équitable et mutuellement
plan d’action dans l’élevage et l’agriculture. cadres de production.
convenu des avantages, à l’étude des
sources naturelles de biodiversité et des iv. Étudier avec les États Membres, les
biorépertoires comme sources à utiliser organisations intergouvernementales, les
pour la mise au point de nouveaux associations de fabricants et d’autres parties
antibiotiques ; prenantes les options pour la mise sur pied
` en renforçant les partenariats d’un ou de plusieurs partenariats nouveaux :
public-privé existant déjà et en mettant ` pour coordonner les travaux de
sur pied de nouveaux partenariats pour nombreuses initiatives distinctes afin
encourager la recherche-développement de relancer les investissements dans la
de nouveaux agents antimicrobiens et recherche-développement d’antibiotiques (y
produits diagnostiques ; compris les initiatives de suivi découlant du
` en s’attachant à promouvoir des Groupe de travail consultatif d’experts sur la
idées novatrices pour financer la recherche-développement24) ;
recherche-développement et adopter ` pour définir des priorités concernant les
de nouveaux modèles de marché nouveaux traitements, produits diagnostiques
qui encouragent les investissements et vaccins sur la base de l’émergence et
et garantissent l’accès à de de la prévalence d’infections graves ou
nouveaux antimicrobiens. potentiellement mortelles provoquées par
des agents pathogènes résistants ;
24 La recherche-développement pour répondre aux besoins sanitaires des pays en développement : renforcement du financement et de la coordination au niveau mondial.
Rapport du Groupe de travail consultatif d’experts sur le financement et la coordination de la recherche-développement. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2012.
Objectif 5 (suite). Dégager les arguments économiques en faveur d’investissements durables qui tiennent
compte des besoins de tous les pays et accroître les investissements dans la mise au point de nouveaux
médicaments, outils diagnostiques, vaccins et autres interventions
Moyens potentiels de mesurer l’efficacité : importance de l’augmentation des investissements durables dans les
capacités de lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans tous les pays, y compris les investissements dans la mise au
point de nouveaux médicaments, produits diagnostiques et autres interventions
I. Mesures à prendre par les États II. Mesures à prendre par le III. Mesures à prendre par les
Membres Secrétariat partenaires internationaux et
nationaux
` pour agir en tant que vecteur(s)
permettant d’obtenir et de gérer des
investissements dans la mise au point
de nouveaux médicaments, produits
diagnostiques, vaccins et autres
interventions ;
` pour faciliter un accès équitable et à
des prix abordables aux médicaments et
autres produits existants et nouveaux25
en veillant à leur utilisation judicieuse et
optimale ;
` pour mettre en place des modèles de
collaboration ouverts pour la recherche-
développement de façon à faciliter
l’accès aux connaissances et aux produits
21 issus de cette recherche et à attirer
des investissements.
25 Une grande partie des mesures propres à assurer un accès équitable aux médicaments à des prix abordables figurant dans la Stratégie mondiale et le Plan d’action pour
la santé publique, l’innovation et la propriété intellectuelle. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2011.
ISBN 978 92 4 250976 2