I.
Introduction générale
L’élevage représente une activité économique importante dans de nombreux pays
africains caractérisés par une grande richesse en ressources génétiques animales. En effet, on
y trouve presque toutes les espèces animales bien adaptées à leur milieu mais inégalement
réparties (Sidibe, 2001). Parmi les espèces domestiques, les bovins et les petits ruminants
occupent une place de choix dans l’exploitation des animaux de rente (Dayo, 2002). Deux
grands groupes ou types de bovins sont retrouvés en Afrique : les zébus (Bos indicus) qui
sont des bovins possédant une bosse cervico-thoracique et adaptés aux zones sèches et les
taurins (Bos taurus) qui sont des bovins sans bosse cervico-thoracique, que l’on retrouve dans
les zones forestières humides. A ces deux types s’ajoutent les produits de leur croisement.
En Mauritanie, des effectifs significatifs d’animaux de diverses espèces sont exploités.
Cependant, les productions animales ne parviennent pas à couvrir les besoins des populations
de plus en plus croissantes. Les bovins zébus peulhs constituent les populations
numériquement les plus importantes élevées chez les communautés peulhs. Ils sont
essentiellement retrouvés dans les régions du Sud. Les zébus peulhs sont élevés pour la
viande, la force de travail ou le lait. Malheureusement, très peu d’études existent sur les
caractéristiques de zébu peulh en Mauritanie.
Afin de contribuer à la connaissance de cette population dans le but de sa gestion
durable, il est important de la caractériser préalablement aussi bien socio-économiquement
que morphologiquement. C’est dans ce contexte que s’inscrit ce projet de fins d’études dont
les objectifs visent à :
1. Etudier les caractéristiques socio-économiques de zébu peulh
2. Caractériser la diversité morphologique de zébu peulh
1
II- Partie bibliographique
1. Répartition Géographique
Le zébu est un bovin caractérisé par la présence d'une bosse au-dessus du garrot. Comme tous
les autres zébus, le Gobra serait originaire des Indes ; il aurait atteint le Sénégal à la suite des
migrations sémitiques venues de l'Est (Pape, 1981).
N’diaye et Balaam (1977) rapportent que le berceau du Gobra serait le Fouta Toro qui couvre
au Sénégal, actuel département de Matam. A partir de là, la race se serait dispersée pour
atteindre le Sahel malien à la suite des guerres d'El Hadji Oumar. Le rameau que l’on trouve
au Mali porte le nom de Toranké ; le rameau resté au Sénégal a donné deux variétés :
o au Ferlo, le zébu peulh sénégalais (Gobra)
o dans le bassin arachidier, la variété sérère.
D’après (Pape,1981) aujourd'hui, on rencontre le zébu gobra au Sud de la Mauritanie
(Kankossa), le long du Fleuve Sénégal (Rosso-Kaédi) ; au Mali dans la région de Kayes et au
Sénégal dans le Ferlo, la région du Sine Saloum et de petits noyaux répandus dans certains
coins du pays.
(FAO ,1957) rapporte que Les tribus pastorales qui ont donné leur nom à ce type de bovins
sont appelées en français Peulhs ou Foulbé, en anglais Fulani. L'habitat du zébu Peulhs'étend
de l’ouest du fleuve Sénégal à l'est du lac Tchad ;il englobe une partie du Sénégal, de la
Mauritanie, du Soudan français, de la Colonie du Niger et de la Nigeria. Nous étudions ce
type suivant quatre subdivisions :
Le zébu Peulh nigérien (« Nigérien Fulani »);
Le zébu Peulh sénégalais (« Sénégalais Fulani »);
Le zébu Peulh soudanais (« Soudanais Fulani »);
Le zébu Peulh blanc (« White Fulani. »).
Le zébu peulh à grandes cornes comporte des variétés soudanaise, nigérienne et
sénégalaise. Au Mali, l’aire géographique du zébu peulh correspondait à l’habitat des
populations peules qui l’élèvent. On le rencontre dans le Macina, les régions de Nara,
Nioro, dans la Boucle du Niger et sur le plateau central nigérien. Son aire s’étend maintenant
jusqu'à Kadiolo et même plus au Sud( Coraf,2013). Le zébu peulh se différencie du zébu
arabe par sa grande résistance au milieu humide qui lui permet de vivre sans grand mal en
zone soudanienne.
2
On trouve le zébu Peulh soudanais dans les régions correspondant à la plaine inondable du
système hydrographique nigérien, entre Ségou et Tombouctou, ainsi qu'au voisinage
immédiat de cette plaine, notamment dans les cercles de Ségou, Mopti, Niatunké, Goundam
et Tombouctou. (FAO, 1957). D’après (Missohou,al. 1997) cité par Doutressole (1947), le
zébu Gobra vit à l’Ouest du Sénégal, dans les provinces du Baol, du Djoloff et du Cayor et au
Nord, dans la province de la population Sine Saloum et le long du fleuve Sénégal. On le
trouve également en Mauritanie (Epstein, 1971) et dans le Sahel Malien qu’il aurait atteint à
la suite des guerres d’El hadji Oumar (N’diaye et Bâ. 1977). Son aire de répartition, qui est
comprise entre le 12° et le 16° longitude Ouest et le 13,5° et le 16,6° latitude Nord, est
caractérisée par une faible pluviométrie (340 mm entre Juillet et Septembre) et une
température moyenne annuelle de 28°C.
En Mauritanie, le zébu peulh est rencontré dans les régions du Trarza, du Guidimakha,
du Sud de l’Assaba. La zone d’expansion est limitée aux plaines du Brakna et du Gorgol.
Cette espèce est la propriété quasi exclusive des peulhs (Mamoudou, 1995).
Figure1: Carte administrative de la Mauritanie
3
2. Systèmes d’élevage
Selon (Coraf , 2013 )les principaux systèmes de production animale en Afrique de
l’Ouest présentent une grande similarité .L’exploitation du cheptel reste fortement
dominée par des modes extensifs de conduite des troupeaux. Dans les systèmes pastoral et
agropastoral, les animaux rencontrés sont de races locales (Zébu peulh généralement) et le
lait produit est majoritairement autoconsommé. Les exploitations sont situées dans les
zones à faible densité humaine, éloignées des centres de consommation. Ce sont les
systèmes les plus répandus en Afrique de l’Ouest. De façon générale, trois grands systèmes
d’élevage sont rencontrés :
2.1. Système pastoral
Le système pastoral est basé sur des déplacements cycliques (transhumance qui peut
durer de 8 à 10 mois) du troupeau liés à l'état des pâturages et des points d'eau suivant
des itinéraires bien déterminés. Il est dominant le long de la zone sahélienne avec des
troupeaux de tailles importantes de bovins et de petits ruminants et basé sur l’exploitation
extensive des ressources naturelles sans recours aux intrants, à l’exception des années
difficiles (Coraf , 2013 ). (Kabore,2012)Les systèmes d’élevage extensifs sont caractérisés
par un très faible niveau d’investissement et d’utilisation d’intrants. L’alimentation des
animaux dépend essentiellement des ressources naturelles. Il existe trois modes de
conduite qui appartiennent tous au système traditionnel en Afrique de l’Ouest: le
nomadisme, la transhumance et le sédentarisme . Le nomadisme est le déplacement
anarchique, totalement imprévisible et présentant de très grandes variations (Akakpo,
1994). Il est le fait d’éleveurs se déplaçant au cours de l’année au gré des informations sur la
disponibilité des ressources (eau et pâturage) pour les animaux.
La transhumance est un déplacement pendulaire de va-et-vient saisonniers des
dromadaires, des bovins et des petits ruminants (moutons notamment) entre les pâturages de
saison sèche et les pâturages de saison des pluies. Le point fixe est, d’une façon générale, le
campement de base de saison des pluies (Bernus, 1986). Les heures de départ au pâturage et
de retour du pâturage varient en fonction des régions et des saisons. Selon (Koutinhouin et
al.2010), après la traite matinale, les animaux sont conduits au pâturage vers 8-9 heures par
de jeunes bouviers, sous la responsabilité d’un bouvier professionnel, et reviennent vers 18-
19 heures.
Le sédentarisme est un mode d’élevage pratiqué par les agriculteurs qui
thésaurisent leurs productions agricoles sous forme de bétail ou par les éleveurs
sédentarisés pour diverses raisons, qui diversifient leurs sources de revenus en pratiquant
4
l’agriculture. Dans ce système, les animaux sont gardés en permanence au niveau du village
ou sont sous la conduite d’un berger. Pour cela, l’éleveur stocke du fourrage ou achète des
sous-produits agricoles (SPA) et sous-produits agro-industriels (SPAI) pour complémenter
le déficit pendant la période de soudure de l’année. Le caractère extensif du mode
d’élevage africain caractérisé par des déplacements du cheptel entraîne de nombreux
métissages incontrôlés des populations animales avec une réduction progressive de
l’effectif des races « pures ».(Kabore, 2012).
2. 2. Système agropastorale
L’alimentation des animaux est surtout constituée des résidus de récoltes comme les
tiges de maïs, de mil, de sorgho et du coton (Yacoubou, 2011). Les animaux se déplacent sur
de longues distances afin de glaner quelques repousses de graminées ou longent les vallées
des cours d’eau pour consommer les espèces pastorales qui les jalonnent. Il faut cependant
noter que la pratique de l’émondage des arbres pastoraux vient combler en partie le déficit
pastoral (BaniKodji, 2011). Pour éviter les déprédations des cultures, les animaux sont
amenés à 3ou 4 km des fermes où ils sont parqués et gardés par les enfants ou une partie de
la famille. Les animaux sont ramenés à la ferme seulement après les récoltes et sont mis sur
les champs pour consommer les restes des produits de cultures et en même temps pour
fertiliser ces parcelles (Amadou, 2000). C’est un mode sédentaire basé sur une exploitation
extensive des ressources fourragères avec des troupeaux de bovins et d’ovins de plus
petite taille qui bénéficientdanscertains cas d’une alimentation complémentaire à base
de sous-produits agricoles et [Link] système agropastoral se rencontre
principalement dans les zones soudaniennes(Cora, 2013).
2.3. Systemes amélioré ou intensif
Généralement développé en milieu péri-urbain, il s’agit d’un système d’élevage dans
lequel les animaux sont claustrés, ce qui nécessite un grand investissement en intrants sous
forme de complémentation alimentaire et un suivi sanitaire leur permettant d’extérioriser
tout leur potentiel génétique. Ce suivi implique des charges élevées liées aux coûts
d'alimentation, de soins et de locaux adaptés(Kabore, 2012). Les pailles de mil et fanes
d'arachide et de haricot sont, parmi les produits de culture utilisables pour alimentation du
bétail, ceux qui sont le plus employés. Le tourteau d'arachide est également utilisé, mais dans
une mesure extrêmement limitée. Dans ces systèmes, la stabulation du troupeau est
permanente ou temporaire durant quelques mois), Il est principalement localisé dans les
5
zones urbaines ou péri -urbaines mais également dans certains villages. Le secteur moderne
intéresse ce qui se fait dans les fermes d'Etat. Ici, les animaux sont plus ou moins abrités ; les
déplacements en vue de recherche de la nourriture sont organisés mais la reproduction et
l'exploitation échappent à un contrôle rigoureux" C'est un élevage à but expérimental pour la
sauvegarde de races trypanotolérantes(Amadou, 2000) par contre dans le système intensif
ou semi -intensif, les races utilisées sont essentiellement des zébus locaux et leurs
produits de croisement avec les races taurines européennes (Zébu X taurin local, zébu X
Montbéliarde)(Cora, 2013). (Landais, 1992) concidere que les contraintes du systeme intensif
dans le region sont:
• la faiblesse du niveau de ressources financières des éleveurs ;
• la faible capacité de la majorité des éleveurs à approprier les technologies ;
• l’utilisation de races peu performantes ;
• les mauvaises conditions d’alimentation et d’abreuvement du bétail ;
• l’absence de contrôle de la reproduction ;
• l’impact des pathologies.
3. Performance des zébus peulhs
3.1. Performances laitières
La production laitière du Zébu Gobra est très faible. Estimée de façon directe par pesée
du veau avant et après la tétée, la quantité de lait produite sur 11 mois de lactation dans un
troupeau tout venant est de 675 l (environ 2 l\j) (Thiongane, den, 1969). En milieu
traditionnel Diaw (1974) utilisant la même technique d’estimation a obtenu 1,3 l/j sur 6 mois
de suivi. Mais les données peuvent être différentes selon l’étude de (FAO, 1975) estime la
performance laitière d’une vache peul nigérienne de 400 à 450 litres de lait par lactation, en
période qui est pourtant de courte durée (de 160 A 200 jours). La teneur du lait en matières
grasses est en moyenne de 5 pour cent. Et que les vaches peules soudanaises donnent de 450
à 500 litres de lait par lactation, compte tenu de quantité absorbée par le veau. Lorsque un
document officiel du Ministère des ressources animales dit qu’une vache zébu peulh donne
en moyenne 110 litres de lait par an, on a envie de comparer ce chiffre à la moyenne de la
production des vaches laitières en Europe. Par exemple, 6 000 litres par an en Allemagne. De
là à penser que les performances laitières des races locales sont quasiment nulles, il n’y a
qu’un pas qu’il ne faudrait surtout pas franchir(Maurice, 2008).
6
3.2. Performances de la viande
Le zébu Peulh nigérien est un bon animal de boucherie qui s'engraisse rapidement
lorsqu'il est bien alimenté. Son rendement à l'abattage
l'aba est alors de 50 pour cent,
cent presque le
même que ce de zébu Peulh sénégalaise qui se situe entre 48 et 51 pour cent chez les sujets de
choix mais n'atteint que 42 à 45 pour cent chez les sujets de qualité inférieure.
inférieure
Mais le zébu Peulh soudanais à un poids moyen d'un bon sujet de boucherie se situe
si aux
environs de 325 kilogrammes.. Le rendement h l'abattage est de 46 h 47 pour cent.
cent
3.2.1. La croissance et les caractéristiques de carcasse
[Link]. La croissance
Le Gain Moyen Quotidien (GMQ) est de 280 g de la naissance à 36 mois d’âge (Sow et
al. 1988). Ainsi le poids passe de 25,5 kg à la naissance à 328,5 kg à 3 ans.. Source :
Figure 2.
2 Croissance pondérale chez le zébu Gobra.
En réalité, la croissance est bonne avant sevrage (429 g) et ne se détériore qu’après
(249 g). De plus, chez les animaux ayant reçu dès leur naissance un régime tenant compte de
leurs besoins, des GMQ de 736g
736 et de 546 g ont été relevés respectivement chez les mâles et
les femelles. C’est en particulier en embouche que les excellentes aptitudes bouchères du
Zébu Gobraa sont révélées. En effet, chez des zébus soumis à une ration à base de coques
d’arachide mélassées ou de paille de riz, complémentée avec différents sous-produits
sous
agricoles, des GMQ de 586 à 1080 g ont été obtenus; les meilleurs résultats ayant été
observés
és chez les mâles entiers de 3-5 ans. Les différentes parties du corps du Zébu Gobra
n’ont pas la même vitesse de croissance. Celle-ci
Celle ci se fait essentiellement en longueur et en
profondeur, comme le montre l’augmentation régulière des ratios LSI/PT et LSI/HG,
LSI/H d’une
part, et PT/HG, d’autre part (Missohou
Missohou et al.1997).
7
[Link]. Caractéristiques des carcasses
La tendreté a été jugée très bonne, bien qu’ils agissent surtout de carcasses de mâles
entiers; ceci peut être rattaché au bas-âge des animaux, à leur très bon état d'engraissement,
mais surtout à leur service (ces animaux ne se déplacent que très peu depuis leur naissance).
Les caractéristiques gustatives ont été appréciées par dégustation d'entrecôtes. Dans
l'ensemble, la qualité a été jugée bonne, grâce surtout au persillé abondant, et à la jutosité de
la viande. Le marbré a été signalé. La couleur est normale sauf chez les veaux (Papa mime,
1981).
4. Performances morphologiques
4.1. Caractères Ethniques
C’est un animal sub-convexiligne, eumétrique et médioligne. Chez l’animal adulte, la
hauteur au garrot varie de 1,35 m à 1,40 m chez le mâle et de 1,25 à 1,35 m chez la femelle.
Le poids est compris entre 300 et 400 kg chez le mâle et entre 250 et 350 kg chez la femelle.
Toutefois, chez la variété Djoloff qui est la plus grande, la hauteur au garrot peut atteindre
1,54 m. La tête est fine et longue, le front bombé, les yeux gros, le chignon saillant, le
chanfrein rectiligne et les oreilles longues et dressées. Les cornes qui peuvent atteindre
jusqu’à 80 cm de longueur sont portées en lyre haute. Elles sont plus développées chez les
mâles que chez les femelles. Le fanon est large et plissé surtout près des membres antérieurs.
La bosse, thoraco-cervicale est bien développée chez le mâle alors qu’elle est petite chez la
femelle. La poitrine et les reins sont étroits, le bassin large, les fesses sont garnies et
globuleuses chez les animaux préparés pour la boucherie. La queue qui dépasse la pointe du
jarret de quelques cm est terminée par un toupillon important. La robe est généralement
blanche mais quelquefois blanc rayée de noir, rouge-pie et froment (Missohou et al, 1997).
Le zébu Peulh nigérien est un animal de taille moyenne, aux membres courts et fins sa
hauteur varie entre 115 et 130 centimètres. Le profit est rectiligne, avec un front parfois
fuyant qui confère au chanfrein une certaine convexité. Le chignon et les arcades orbitaires
sont légèrement saillants. La dimension des cornes est variable, mais elles sont généralement
plus longues chez la femelle que chez le mâle, la moyenne étant de 25 à 30 centimètres; elles
sont généralement disposées en croissant. Il existe des animaux à cornes flottantes, mais ils
sont rares. On rencontre également des sujets sans cornes, à chignon très accuse. Le mufle est
large et de pigmentation foncée. L'encolure et l'épaule sont courtes. La poitrine est ample et
descendue. Le fanon et la bosse sont très marqués. La robe est généralement blanche, mais on
rencontre des individus à robe pie-noire, pie-rouge et, rouanne La mamelle est peu
8
développée, avec des trayons petits. Le zébu Peulh soudanais est un animal de format
moyen; au corps long mais peu descendu. Le dos est plongeant et la croupe inclinée. La
poitrine est profonde mais manque d'épaisseur. Les membres sont longs par rapport au
[Link] taille varie entre 116 à 128 cm La tête est longue et fine. Les cornes sont de
dimensions variables, mais sont généralement assez longues. Le mufle est foncé et les
ganaches comportent de nombreux plis. La bosse bien développée et musculo-graisseuse La
robe est généralement grise ou gris clair avec des taches foncées. La mamelle et les trayons
sont peu développés (FAO, 1957).
5. Détermination du poids
Plusieurs méthodes permettent de déterminer le poids des animaux.
5.1. Pesée directe
Le peson permet une lecture directe du poids de l'animal. Il existe différents types de
pesons à portée variable (50 kg à 200kg). C'est la méthode la plus pratique pour peser les
animaux de faible poids. La bascule répond à la pesée des animaux plus lourds. Le plus
souvent, elle est installée à un poste fixe. Il existe aussi des bascules mobiles.
5.2. Barymétrie (Weight estimation)
Elle correspond à la détermination du poids des animaux sans les peser, mais en les
mesurant et en appliquant des formules et des coefficients. Elle est l'estimation indirecte du
poids vif des animaux. Elle permet de suivre leur évolution pondérale. On peut utiliser le tour
de poitrine ou périmètre thoracique qui est une mensuration simple, pratique, précise et donne
une estimation du poids assez juste. L'instrument utilisé est le ruban barymétrique gradué. On
peut aussi utiliser la hauteur au garrot et la longueur scapulo-ischiale qui décrivent le format
mais sont de moins bonnes estimations du poids que le tour de poitrine. Beaucoup d'études
des auteurs MARCQ ET LAHAYE en 1935 puis LEROY (1942) ont permis d'établir des
relations mathématiques entre certaines mensurations et les poids vifs des animaux et
plusieurs formules de barymétrie ont été proposées et adoptées. Nous citerons entre autres
deux formules de CREVAT et la formule de QUETELET :
Formule 1 de CREVAT :
P = K. T3
avec p = poids vif de l'animal en kg
T (au cube) = tour de poitrine en mètres
K = coefficient égal en moyenne 80 mais qui dépend de l'âge et de l'état des animaux.
K =100 pour les veaux, 90 pour les jeunes, 85 pour les
bovins maigres et 75 pour les bovins gras.
9
Formule 2 de CREVAT :
P = 80*T* L* V
avec P = poids vif de l'animal en kg
L = longueur du corps (m)
T = tour de poitrine (m)
V = tour ventral (m)
Formule de QUETELET
P = 87,5* T2* L
avec P = poids vif de l'animal en kg
87,5 =constante
T2 = tour de poitrine (m)
L = longueur du corps (m)
10
III. Partie expérimentale
1. Matériel et méthodes
1.1 Sites d’étude
Une enquête a été menée en mai et en juin 2016, dans 7 villages (Jedida, Gwebina,
Chgare, 6, 4, Garack, toulélle) envionnants de l’Institut Supérieur d’Enseignement
Technologique de Rosso, pour la contribution à l’étude de l’élevage de zébu peulh.
1.2. Collecte des données
A l’aide d’une fiche d’enquête confectionnée à cet effet, des informations ont été
collectées auprès des éleveurs et leurs animaux. Au total 20 éleveurs, détenant 120têtes zébu
peulh, ont été enquêtes pendant le mois de main et juin 2016. Des observations directes ont
été faites sur les élevages en plus les entretiens menés. L’objectif du dialogue avec les
éleveurs, c’est pour mieux comprendre les pratiques de gestion de l’élevage des zébus peuls
dans leurs systèmes d’élevage et identifier les majeures contraintes de cet élevage dans le
milieu rural.
Le questionnaire élaboré couvre des aspects socio-économiques, la conduite des
troupeaux et des informations sur les ressources génétiques bovins élevées (paramètres
morpho-biométrique). La connaissance de ces aspects aidera à l’orienter l’établissement d’un
schéma d’amélioration et d’utilisation rationnelle des ressources bovins en Mauritanie.
1.2.1. Données socio-économiques
Les entretiens étaient de type semi-ouvert. Le questionnaire portait sur :
Le sexe et l’âge de l’éleveur
Le niveau d’éducation
Activités principales de l’éleveur et des autres activités
Situation matrimoniale
Expérience de l’éleveur des zébus peuls
Objectif de l’élevage des zébus peulhs
Contribution des zébus peuhls dans le revenu de l’éleveur
Espèces élevées
Origines d’élevages
Conduite alimentaire des zébus peulhs
11
1.2.2 Gestion et productivité reproductive et productive
Certains paramètres concernant les performances ont été enregistrés à savoir :
La saison de reproduction
Age de mise à la reproduction de la femelle
Age de mise à la reproduction du mâle
Gestion des accouplements
Durée de lactation
Intervalle mise bas-mise bas
Production laitière moyenne
La longévité
Nombre de traites par jour
Le lait vendu ou non
Age au sevrage
Critères de sélection de géniteurs
Reforme
1.2.3. Données morpho-biométriques
Les animaux utilisés pour la caractérisation morpho-biométrique ont été des bovins adultes.
Les caractères quantitatifs ont été mesurés à l’aide d’un mètre ruban. Les caractères
qualitatifs ont été décrits à l’aide des observations visuelles. Les données ont porté sur le
sexe, la couleur de robe, la présence ou absence des cornes. Pour chaque animal, nous avons
également mesuré les différentes mesures corporelles individuelles (longueur du corps,
hauteur au garrot, tour de poitrine, tour abdominal, largueur du bassin, longueur de l’oreille,
longueur de la corne et la longueur de la tête) selon les recommandations de la FAO, 2013.
1.3. Analyses statistiques
Les données collectées ont été saisies et soumises aux analyses statistiques descriptives à
l’aide du logiciel SPSS version 22.0. Des distributions de fréquence, moyennes
arithmétiques, écarts types ont été calculées pour les différentes variables.
12
2. Résultats et discussion
économiques et techniques des éleveurs de zébus peuls
2.1. Caractéristiques socio-économiques
Les caractéristiques socio-économiques
socio de l’élevage de zébus peulhs dans la zone de
l’étude, révélées par l’enquête sont résumées dans les figures et tableaux
tableaux ci-dessous.
ci
2.1.1. Sexe des éleveurs
La majorité des éleveurs enquêtés
nquêtés sont des hommes (80%).
). Habituellement, les hommes
s’occupent de la conduite du troupeau au pâturage pour leur alimentation et abreuvement
tandis que les femmes et les enfants aident aux autres activités telles que la traite et l’hygiène
du parc de nuit.
2.1.2. Répartition des éleveurs en fonction de l’âge
La répartition des éleveurs en fonction de l’âge est résumée par la figure 2..
Fréquence (%)
30 35
40
10 10 15
20
0
25 ans 25-35
35 ans 35-45 ans 45-55 ans 55 ans
Age des éleveurs (ans)
Figure 2.. Répartition des éleveurs en fonction de l’âge (ans)
Il ressort de la figure 2 que 10% des éleveurs ont un âge inférieur à 25 ans, entre 25-35
ans 10%, entre 35 et 45 ans 15%,
15% entre 45et 55 ans 30% et 55 ans et plus 35%. Une bonne
partie 65% des éleveurs ayant un âge supérieur à 45 ans.
2.1.3. Niveau d’étude des éleveurs
La majeure partie des éleveurs 65%
% n’a pas fait des études à l’école, suivie de ceux
ayant un niveau primaire 25% et enfin un niveau secondaire 10% (figure 3).
3 Environ 65% des
éleveurs sont analphabètes. Cependant il faudrait signaler qu’un taux d’analphabétisme élevé
peut influencer l’acceptation
ceptation des nouvelles techniques pastorales. Ce qui nécessite parfois
l’adoption d’un système de communication particulier et lent pour convaincre les éleveurs à
accepter un tel scénario ou telle technique. Mais cet analphabétisme est récompensée par le
savoir- faire accumulé ce qui permet la continuité du domaine.
13
65
70
60
50
Fréquence (%)
40
25
30
20 10
10
0
Aucune primaire secondaire
Niveau d'étude
Figure 3. Répartition des éleveurs en fonction du niveau d’étude
2.1.4. Expérience des éleveurs
La figure 4 montre l’expérience des éleveurs.
éleveurs La grande majorité 80% des éleveurs a
une expérience ou une ancienneté de plus 20 ans.
80
80
70
60
Fréquence (%)
50
40
30
20 5 5 10
10
0
5-10 ans 10--15 ans 15-20 ans 20 ans et
plus
Expérience en l'élevage
Figure 4. Répartition des éleveurs en fonction du niveau d’étude
14
2.1.5. Activités annexes des éleveurs
La répartition des éleveurs en fonction des activités annexes est résumée par la figure 5.
En dehors de l’élevage (figure 5), 5% des éleveurs sont des agriculteurs et 5% exercent
d’autres activités diverses(jardiner, commerçant …).
Autre Agriculture
5% 5%
élevage
90%
Activités annexes
Figure 5. Répartition des éleveurs en fonction des activités annexes
2.1.6. Autre espèces élevées
La totalité des éleveurs enquêtés ont des autres espèces élevées autre que les zébus
peulhs, comme les volailles, zébus maures, les petits ruminants …
2.1.7. Objectifs de l’élevage de zébus peuls
Objectifs d’élevage des troupeaux bovins dans les villages de l’étude sont uniquement:
ventes (approvisionnement en produits de première nécessité, salaires des berges, frais de
vaccination et traitement, …).
2.1.8. Mode d’acquisition des animaux
La répartition des éleveurs zébus peulhs en fonction des formes d’acquisition des
animaux est présentée dans la figure 6. Les formes d’acquisitions des animaux sont multiples
et essentiellement héritage et achat.
15
80 75
60
Frequence(%)
40
10
20
15
0
Achat
Heritage
Autre form
Origine d'élevage
Figure 6. Répartition des éleveurs en fonction des formes d’acquisition des animaux
Le fait que l’élevage de zébus peulhs
peul contribuer dans certains
ains cas jusqu’au plus 75 %
des charges familiales témoigne de son importance comme opportunité de rentrée financière
pour la satisfaction quotidienne des besoins des familles et pour la pérennisation de cet
élevage. Les bénéfices compte tenu de la mauvaise gestion de l’élevage
l’élevage n’ont pas été
effectués. Les éleveurs ne suivent généralement pas leurs investissement et écoulent leurs
produits essentiellement auprès des revendeurs ou au marché à bétail.
Contribution de l'élevage de zébus peuls dans le
revenu
75% et plus 0-25%
20% 40%
50-75%
20%
25-50%
20%
Figure 7. Répartition des élevages en fonction de contribution de l’élevage
16
2.2. Systèmes et technique d’élevage
2.2.1. Sources d’alimentation des animaux
La source de l’alimentation des zébus peulhs reste le pâturage naturel et quelques sous-
produits agricoles. Il se dégage que la majorité des éleveurs enquêtés (90%) dépend
uniquement des pâturages naturels et associent en plus de l’exploitation du pâturage naturel,
les jachères, les chaumes de cultures rizicole et les résidus des plantes agricoles. Les
pâturages de transhumance constituent d’autres ressources supplémentaires d’aliment pendant
la saison sèche. Les cultures fourragères ne sont pas connues ou introduites chez les éleveurs
comme source d’alimentation. La supplémentation des animaux avec des sous-produits agro-
industriels (repasse, tourteau, blé, …) est pratiquée chez la totalité des éleveurs.
2.2.2. Abrèvement du bétail
Les ressources naturelles permanentes ou saisonnières (marigot, fleuve, puits,…)
constituent les principales sources d’abrèvement des animaux dont la plupart tarissent en
saison sèche, obligeant les éleveurs à se déplacer plus loin à la recherche de l’eau.
2.2.3. La traite des bovins
La majorité des éleveurs font la traite 2 fois par jours (matin et soir) pour subvenir à
leur besoin, pour la vendre au marché. Ce qui indique l’importance économique du lait dans
l’élevage. Mais les mesures hygiéniques ne sont pas respectées par les éleveurs, ce qui se
répercute négativement sur la santé publique.
2.2.4. Problèmes rencontres
Si l’élevage des bovins souffre encore de problèmes de gestion, il est à noter que de
nombreux problèmes sont cependant relevés et contribuent ainsi à des pertes économiques
significatives. Les problèmes rencontres par les enquêtés sont classé selon l’importance par
santé animale, alimentation et insuffisance du pâturage, vol, faible productivité, conflits agro-
pastoraux, encadrement des éleveurs. Cependant, chaque problème pris individuellement
permet de mieux mesurer sa pertinence. En effet, tous les éleveurs enquêtés, les maladies et
l’alimentation constituent les principaux problèmes rencontrés.
17
2.3. Effectif et performances
Les éleveurs ont été très retissent vis-à-vis de certaines informations concernant la taille
de troupeaux et les performances.
Tableau 1. Effectifs et performances des zébus peulhs
Variable Obs. Min Max Moy. Ecart-type
Effectif zébu peulhs 19 8 220 49,00 52,29
Distance de pâturage 18 1 8 4,17 1,97
Age reproduction femelle 20 3 5 3,80 0,52
Age reproduction mâle 20 3 5 4,25 6,39
Durée de lactation 20 4 12 7,55 2,50
Intervalle mise-bas/mise-bas 19 1 2 1,42 0,50
Production moyenne 19 1 6 2,84 1,16
Longévité 19 10 20 16,53 3,40
Age de sevrage 20 4 12 8,30 2,73
Réforme des animaux 20 7 20 13,35 3,96
2.4. Caractéristique du matériel génétique des zébus peulhs élevés
Cette étude a montré que la majorité des éleveurs 85% gèrent le système de
reproduction en choisissant le géniteur selon des critères précis telle que la couleur, la race,
la morphologie, aptitude génétique de leurs parents, douceur. Certains éleveurs font le
mixage entre les zébus peulhs et zébus maures, pour obtenir des performances données
surtout la production du lait. Mais l’utilisation de mâle dans le troupeau dépasse en quasi-
totalité 6 ans, ce qui permet d’augmenter le risque de la consanguinité dans les troupeaux.
Le tableau 2 montre un niveau important de variation entre les individus pour toutes les
variables mesurées. Cette variabilité laisse espérer une amélioration par le biais d’une
sélection, pour une purification de cette population.
18
Tableau 2. Caractéristiques morphologiques des animaux zébus peulh
Variables Obs. Min. Max. Moy. Ecar-type
Longueur corps 119 105 156 126,99 9,336
Hauteur garaut 119 111 145 122,27 5,435
Tour poitrine 119 124 184 160,67 9,248
Tour abdominal 119 118 204 175,60 11,628
Largeur bassin 119 33 46 39,20 2,153
Longueur oreille 119 16 27 19,15 1,973
Longueur corne 119 27 76 49,76 9,757
Longueur tête 119 35 62 50,65 3,346
Poids vif 119 166,14 430,74 287,82 42,53
19
3. Conclusions et recommandations
La présente étude a montré que le zébu peulh a remplie et remplit plusieurs fonctions
socioéconomiques et socioculturelles. Au regard donc des potentialités certaines, de la grande
utilité autre qu'économique, la définition d'importants axes de recherche et de développement
pour la valorisation de cette ressource génétique locale s'impose. L’exploitation rationnelle de
zébu peulh adapté aux conditions du milieu, apprécié par les éleveurs peulhs et très ancré
dans leurs traditions constitue une stratégie réelle pour l’amélioration des productions. Des
actions palpables envers les éleveurs sont plus que jamais nécessaires et urgentes pour
accompagner la volonté officielle de développement de l’élevage. Des travaux approfondis
sont indispensables pour mieux exhiber les potentialités productives de zébu peulhs.
20
IV. Références bibliographique
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