Étude des tortues marines à Grand-Popo
Étude des tortues marines à Grand-Popo
Etude des populations de tortues marines et leur habitat de ponte sur la côte de
Grand-popo
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S. J. DOSSA , G A. MENSAH et. A. LALEYE
Résumé
La problématique de la fréquentation des plages par les différentes espèces de tortues marines est régie
par plusieurs facteurs et paramètres de leur habitat de ponte. Ainsi, nos recherches ont porté sur
l’inventaire exhaustif des espèces nidificatrices et de leurs sites de ponte de la commune de Grand-Popo,
les caractéristiques générales des plages et les différents facteurs qui influent sur la nidification des
tortues marines. Les différentes espèces de tortues marines qui nidifient sur la côte de la zone d’étude et
leur abondance ont été identifiées grâce à une patrouille nocturne pédestre quotidienne pendant 4 mois
inclus dans la saison de nidification des tortues marines. A partir des indices de leur présence (les
empreintes laissées sur le sable) et de leurs contacts, l’inventaire des tortues marines a été effectué dans
la commune de Grand-Popo. Deux espèces de tortues marines à savoir Dermochelys coriacae et
Lepidochelys olivacea nidifient sur la plage de Grand-Popo. La période de nidification des tortues marines
sur la côte béninoise se situe entre août et mars avec 3 pics en novembre, décembre et janvier. Un total
de 21 sites ont été identifiés parmi lesquels 8 privilégiés et 3 qualifiés pour le développement de
l’écotourisme. Il s’est révélé à la suite de cette recherche que le calme relatif des plages, la présence
d’infrastructures d’habitation et autres avec leurs lumières le long des plages ; la présence d’hommes et
d’activités anthropiques, la présence de certaines espèces végétales et l’accessibilité des plages sous-
tendues par leurs pente et largeurs moyennes non accidentelles constituent les facteurs déterminants de
la nidification des plages par les tortues marines.
Mots clés : Tortues marines, sites de ponte, espèces nidificatrices, côte, Bénin.
Study of sea turtles population and their nesting in Bénin
Abstract
The beaches frequentation problems by various species of sea turtles are govemed by several factors and
parameters of their nesting. Thus, our research related to the exhaustive inventory of the nested species
and their nesting in Grand-Popo department, beaches characteristics and factors that influence the
nesting of sea turtles in the zone of study. The various species of sea turtles which nest on the coast of
Grand-Popo and their abundance were known throught a day and night survey during 4 months including
the nesting season of sea turtles. Through the specific indication of their presence (prints left on sand) and
their contacts, the inventory of sea turtles was carried out in Grand-Popo. Two sea turtles species,
Dermochelys coriacea and Lepidochelys olivacea, nest on Grand-Popo beach. The nesting period of sea
turtles on Bénin‘s coast is between August and March with a peak in november, December and January.
A total of 21 sites were identified in which 8 privileged and 3 qualified for the development of the
ecotourism. It appeared following this research that relative calm of beaches, presence of infrastructures
of dwelling and others with their lights alog beaches, presence of men and anthropic activities, presence
of certain vegetable species and the accessibility of beaches underlain by their slope and width no
accidental averages are the determining factors of sea turtles nesting on beaches.
Key words: Sea turtles, nesting, nested species, coast, Bénin.
Introduction
La façade atlantique de l’Afrique, longue de 14.000 km, détient des corridors de migration, des aires
d’alimentation et des sites de nidification d’un grand intérêt pour six espèces de tortues marines –
Dermochelys coriacea, Lepidochelys olivacae, Lepidochelys kempii, Chelonia mydas, Eretmochelys
imbricata et Caretta caretta- (FRETEY, 2001). Le Bénin est un pays côtier de l’Afrique occidentale
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Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin N° 55 – Mars 2007
implantée sur une côte basse sablonneuse de l’Atlantique avec 125 km de littoral qui s’étend de la
frontière togolaise à l’Ouest à la frontière nigériane à l’Est. Quatre (4) de ces six (6) espèces de tortues
marines (Dermochelys coriacea, Lepidochelys olivacae, Eretmochelys imbricata, Chelonia mydas)
fréquentent les eaux béninoises (PAZH, 1999).
Cependant, les tortues marines étant menacées de disparition, la problématique de leur conservation
s’est concrétisée à l’annexe I de la Convention sur les Espèces Migratrices (CMS) et qui vise à conserver
les espèces migratrices terrestres, marines et aériennes dans l’ensemble de leur aire de répartition. Le
Bénin, reconnaissant sa responsabilité partagée pour la conservation et la gestion avisées des
populations de tortues marines fréquentant ses eaux et ses rivages, a confirmé son accord à la protection
des tortues marines en ratifiant les diverses conventions et en participant au mémorandum d’accord sur
les mesures de conservation pour les tortues marines de la côte Atlantique. Il s’engage à cet effet à
fournir des données scientifiques sur leur statut, leur abondance, leur habitat, leur distribution et l’état de
leur conservation. Toutefois, l’étude de l’habitat de ces animaux que la nature a voulu marins mais qui
doivent aller hors de leur milieu pour se reproduire ; doit prendre en compte leurs lieux de nidification
d’autant plus que ces derniers constituent des éléments incontournables pour la réalisation de cette
pérennité.
La survie des tortues marines dépend donc des plages. A cet effet, une étude des facteurs intervenants
dans le choix d’une plage par rapport à une autre, la préférence à nidifier sur une plage chez les tortues
marines doit être envisagée. C’est ce devoir que cet article se donne à travers une évaluation cartésienne
de chaque facteur du biotope de reproduction des tortues marines en partant de l’inventaire des espèces
nidificatrices et des sites de ponte.
Méthodologie
Située au Sud-Ouest du Bénin entre 6° 15’ et 6°25’ de latitude Nord et 1°40’ et 1°55’ de longitude Est, la
commune de Grand-Popo est limitée au Nord par les communes de Comé, Houéyogbé et Athiémé ; au
Sud par l’océan Atlantique, à l’Est par la commune de Kpomassè et la commune de Ouidah et à l’Ouest
par le Togo. Elle couvre une superficie de 289 km 2 pour une population de 40 335 habitants, soit 140
2
habitants par km (INSAE, 2003). La figure 1 présente la localisation géographique de la commune de
Grand-Popo. Comme dans toute la région côtière, la commune de Grand-Popo connaît deux saisons
sèches et deux saisons pluies d’inégales durées. La région est influencée par l’alizé maritime et
l’harmattan. La zone de Grand-Popo, réside sur trois catégories de sols soutenant trois types de
végétation : les sols sablonneux avec une végétation de cocoteraies, les zones lagunaires et
marécageuses qui sont le siège de la mangrove et la zone de plateau aux sols lus riches.
Située entre la lagune côtière et la mer, la ville de Grand-Popo draine une population considérable de
pêcheurs et est constituée essentiellement par les Xwla et les Guein (Mina). Les religions traditionnelles
dominent les autres confessions religieuses.
La démarche méthodologique adoptée pour collecter les données est basée essentiellement sur des
enquêtes sociologiques, des observations directes à travers des patrouilles des plages, un inventaire
préliminaire de la flore et des mesures de distance.
En effet, à partir d’une prospection pédestre le long de la côte de la commune de Grand-Popo, les
données relatives à la présence et la densité des habitations et autres infrastructures, leur situation sur la
plage, le degré de fréquentation des plages ont été appréciées. Les observations par patrouille de plage
consistent à effectuer chaque jour de 22 h à 5 h du matin, une marche le long de la plage à une vitesse
de 2,6 km/h pour guetter la montée sur la plage des tortues marines afin de les compter ou d’identifier les
indices de leurs passages (empreintes laissées sur le sable). Ces observations sont complétées par des
enquêtes auprès des populations et l’identification des produits et organes des tortues marines retrouvées
au niveau des populations pour l’identification des espèces.
L’inventaire floristique s’est déroulé tout le long de la plage de la zone d’étude divisée en 29 transects de
1 km chacun. Au niveau de chaque transect, les paramètres tels que le type de végétation, le nombre de
strates, l’abondance dominance, la sociabilité, les espèces dominantes sont appréciés. Les différentes
espèces végétales non identifiées sont herborisées et ramenées à l’Herbier National du Bénin pour
l’identification.
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1° 2° 3°
11°
ALIBORI 1°40' 1°45' 1°50' 1°55'
ATACORA
Gnito #S
10°
BORGOU
DONGA Plélouvi-Condji
S
#
N
Sazué # S Logovè
#
9°
Vodomey
S
# SHankandji
#
TOGO NIGERIA Tolébékpa
SGountoèto
S #
#
6°25'
SDinblinkpa
#
COLLINES
8° STongninviadji
#
S
#
Djanglanmey
PLATEAU
ZOU
7° COUFFO
ATLANTIQUE
MONO OUEME Lokokpo
S
#
COMMUNE DE COME
COTONOU Agbolantomey
COMMUN E D E OU ID A H
Sèho-Condji
1° 2° 3° S
#
S
#
Kpodavé Tala
Tokpa-Ahlanvè S
#
S
# Gbéhawa Aguia-Condji Sohon
S
#
Todjonoukoin
> Tokpa-Aïzo#S
S
#
S
# S
#
S
#
6°20'
Piste Koho
S
#
Adjaha
Cours d'eau principal Kotokolli S
# #
S
#
Cours d'eau secondaires
Limite d'Etat
TOGO
Limite de département Toklanhon
S
# Djondji Plage
Limite de commune Saligato S
#
S
#
Limite d'Arrondissement S
#
Avlo Plage
# Avlo
#
Y Chef-lieu de commune Honkouïhoué
S
#
Hêvè
S
# S
#
Gbeffa Sèkanmé
# Chef-lieu d'arrondissement SGbècon
#
S
# Villages Ewé #SCondji
I QUE
S
# # Condji #S #
SNicoué YGRAND-POPO TL ANT
Kpohinto Awalé Plage AN A
O CE
S
#
Yodo Condji
S
#
Source : CENATEL S
# S
# Houédénou
Ayé Guinnou Aziankou
6°15'
Réalisaion : Justine S. DOSSA Condji 2
S
# Condji 0 4 6 Km
Saka
##
S
S
#
Agoué
Hila-Condji
Certaines notions clés utilisées dans cette partie sont expliquées. En effet, on désigne par :
individu : chaque élément d’une espèce donnée de la végétation inventoriée est appelé individu.
Coefficients de sociabilité : coefficients [1 ; 2 ; 3] qui permettent d’apprécier le mode de répartition
des individus de chaque espèce sur l’espace inventorié.
Coefficients d’abondance /dominance : coefficients [0; 1; 2; 3; 4; 5] d’appréciation de l’abondance
relative des individus de chaque espèce par rapport à la population considérée.
Recouvrement : proportion au sol des individus d’une espèce par rapport à la surface inventoriée.
Strate : chaque niveau d’élévation d’un ensemble d’individus ayant la même hauteur dans une
formation végétale.
Espèce dominante : espèce dont les individus occupent la plus grande proportion par rapport à la
surface totale inventoriée.
Espèce grégaire : espèce dont les individus ont tendance à toujours pousser en groupe.
espèce isolée : espèce dont les individus sont rares et éparses sur l’espace inventorié.
Résultats
Dynamique des tortues marines sur la plage de Grand-Popo
Diversité et abondance des tortues marines à Grand-Popo
Les résultats des patrouilles sur huit (8) sites surveillés régulièrement, ajoutés aux diverses informations
recueillies auprès des populations, ont permis de dire que seules deux (2) espèces de tortues marines
fréquentent la plage de Grand-Popo. Il s’agit de la tortue olivâtre : Lepidochelys olivacea (Eschscholtz,
1829) (Photo 1) et de la tortue luth : Dermochelys coriacea (Vandelli, 1761) (Photo 2). Le nombre de
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Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin N° 55 – Mars 2007
tortues ayant fréquenté la plage de Grand-Popo au cours de la saison 2003-2004 sur sept des sites
patrouillés est présenté dans le tableau 1.
Photo 1. Lepidochelys olivacae Tortue olivâtre Photo 2: Dermochelys coriacea Tortue luth
(Cliché: J. DOSSA (Cliché: J. DOSSA
Tableau 1. Inventaire des deux espèces de tortues marines qui nidifient sur la plage de Grand-Popo
Taux de tortues (%) sur les Sites
Espèces Avloh Ewé-condji
Allongo Gbeffa Gbècon Onkuihoué Kindjèhoué Total
plage plage
Tortues luths 21,43 14,29 21,43 21,43 7,14 7,14 7,14 100
Tortues olivâtres 18,75 0 12,50 31,25 0 31,25 6,25 100
(%) : Calculé par rapport à l’effectif total de chaque espèce de tortues marines
De l’analyse des données du tableau 1, l’on peut remarquer qu’en moyenne 2 tortues luths et 2,29 tortues
olivâtres par site fréquentent la plage de Grand-Popo. Partant de cette valeur moyenne on pourrait
estimer le nombre total de tortues ayant monté les 21 sites de la plage de Grand-Popo à 42 tortues luths
et 48 tortues olivâtres soit au total 90 tortues marines pour la saison 2003-2004. Ce nombre est
relativement important et la plage de Grand-Popo pourrait être considérée comme un lieu de prédilection
des tortues marines sur la côte béninoise et contribuerait considérablement à cet effet à la reproduction
des tortues marines et au renouvellement du stock adulte.
Période de nidification des tortues marines à Grand-Popo
Nos résultats d’enquête et nos observations sur le terrain ont permis d’établir la période de nidification des
tortues marines sur la plage de Grand-Popo. Elle est Illustrée par l’histogramme de la figure 2. De
l’analyse de la figure 2, il se voit nettement que les mois d’octobre, de novembre, de décembre, de janvier
et de février correspondent à la période d’intenses activités des tortues marines sur la plage de Grand-
Popo. La Période de nidification des tortues marines évoquée par 97,31 % des populations enquêtées
s’étend d’août à mars avec 3 pics en novembre, décembre et janvier.
Les divers arguments avancés par les pêcheurs enquêtés quant aux principales saisons de pêche
maritime nous amènent à Grand-Popo à établir le graphe de la figure 3. Comme le montrent les
histogrammes de la figure 3, les mois d’août, de septembre et d’octobre marquent le début de la saison
favorable à la pêche maritime. Il y a huit mois de période productive d’août à mars et quatre mois de
période morte d’avril à juillet qui sont reconnus par les pêcheurs. Les mois de novembre, décembre et
janvier qui sont les mois de très bon rendement halieutiques reconnus par 65,84 % des pêcheurs
coïncident avec les mois de pics de la fréquentation des tortues marines (avancés par les 64,18 % des
enquêtés) sur la plage de Grand-Popo. Puisque pendant la saison de nidification des tortues, les
pêcheurs maritimes trouvent les poissons en abondance dans la zone côtière, cela intensifie leurs
activités et occasionne plus de dégâts sur les tortues marines en mer car elles se font empêtrer dans
20
Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin N° 55 – Mars 2007
leurs grands filets de pêche. Toutes nos enquêtes sur les périodes de pêche les plus favorables et les
fréquences des dégâts causés par les tortues une fois prises dans les filets des pêcheurs illustrés par la
figure 4 confirment la période de nidification des tortues marines dans la zone d’étude.
140
120
100
Fréquence
80
60
40
20
0
A S O N D J F M A M J J
Mois
Figure 2. Variation de l’activité des tortues marines au cours de l’année sur la côte de Grand-Popo
120
100
Fréquence
80
60
40
20
0
A S O N D J F M A M J J
Mois
12
10
8
6
4
2
0
A S O N D J F M A M J J
Mois
Figure 4. Fréquences des dégâts causés par les tortues marines une fois prise dans les filets des
pêcheurs maritimes
Caractérisation de l’environnement de ponte des tortues marines
Inventaire des sites de ponte des tortues marines sur la côte de Grand-Popo
La première étape d’un suivi des plages de nidification des tortues marines consiste à connaître ces
plages. Dans le cas de la présente étude, les renseignements issus de nos enquêtes confirmés par nos
observations directes faites par parcours de la plage nous ont permis d’établir la carte de la figure 5.
En effet, tous les villages côtiers de la commune de Grand-Popo accueillent les femelles des tortues
marines pondeuses. Toutefois, toutes ces plages n’ont pas la même importance. Ainsi, sur les vingt et un
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(21) sites identifiés, 38 % (Avloh-plage, Allongo, Hounoui, Gbeffa, Gbècon, Attigangonmey, Séko-plage et
Saka-plage) sont jugés privilégiés en raison de leur :
état physique (largeur moyenne disponible intéressante, plage non érodée et bien dégagée),
tranquillité relative (plage moins occupée et moins exploitée),
capacité à accueillir un nombre important de tortues marines.
Notons ici que la plage de Gbècon a été particulièrement jugée privilégiée du fait de son importance
touristique et de sa grande largeur. Néanmoins, c’est une plage très exploitée et très perturbée qui
accueille un nombre relativement important de tortues.
Caractéristiques générales des plages
La plage de Grand-Popo présente en général une pente moyenne non accidentelle et donc accessible
facilement à la montée des tortues marines sur la plage. En ce qui concerne la largeur moyenne de la
plage, la figure 5 traduit sa variation en fonction des sites de ponte d’Est à l’Ouest.
Largeur moyenne de la plage (m)
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
ou nk lage
é ge
e
N ji
ig ey
ka ué
At ko ge
go e
Zo ou
oé ué
G e
ok oè- e
é- e
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R év é
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H ffa
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Z ou
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Ay nm
Sa go
Sé -pla
nn
la
o k la
lo pla
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la
Av llon
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ob ila
gb
jè -co
pl
gb
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O p
tig -p
-p
ou
H h-p
-c
ui
ss u i
-
ty
illa
bo
lo
w
ho
H
E
nd
D
Ki
Sites
Figure 5. Variation de la largeur moyenne de la plage de Grand-Popo en fonction des sites de ponte
Comme le montre les histogrammes de la figure 5, il y a une grande variation de la largeur moyenne de la
plage sur les sites de Hilla-condji à Dokloboé. La moyenne observée est de 70,55 m. Les largeurs
maximales sont observées au niveau de Gbeffa ou Agonnékanmey, de Hounoui, d’Allongo, et d’Avloh-
plage (85 à 90 m). Les plages les plus restreintes sont celles d’Ayiguinnou, de Zogbédji (45 m) ; de Hokoè
et Dokloboé (35 m).
Il faut remarquer que la variation de la largeur moyenne de la plage sur les sites résulte des diverses
exploitations que les hommes en font. Il s’agit en fait ici de la portion de la plage disponible à partir de la
limite des habitations ou d’autres infrastructures installées sur la plage. De plus, suite au voisinage de la
lagune côtière comme c’est le cas à Hokoè et Dokloboé l’érosion fluviale de la partie nord de la plage
contribue à la réduction de la largeur de la plage.
Composition floristique de la côte de Grand-Popo
Les vingt et neuf transects installés, depuis Dokloboé (à l’Est) jusqu’à Zogbédji (à l’Ouest) près de la mer,
traversent les formations végétales dont la jachère, le fourré dégradé, la mangrove dégradée, la
cocoteraie et la pelouse littorales. Les cocotiers constituent les seuls individus de la strate arborée de
recouvrement moyen égal à 36 %, en dehors des quelques rares pieds de nems, de filao, de Terminalia
spp et d’Acacia auriculeiformis plantés au niveau des infrastructures hôtelières et d’habitations installées
le long de la plage. La hauteur moyenne de ces cocotiers est de 12 m.
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La strate moyenne, d’un recouvrement de 15 % est représentée essentiellement par les espèces de
mangrove dégradée et de prairie marécageuse, stade ultime de la dégradation de la mangrove. Quelques
cocotiers en régénérescence s’y retrouvent également. Quant à la strate inférieure, d’un recouvrement
moyen de 61 %, elle englobe le maximum d’espèces de hauteur maximale égale à 1 m. L’espèce
dominante à ce niveau est Remirea maritima.
En effet, la flore recensée compte 64 espèces réparties dans 29 familles (annexe 4). Elle est nettement
dominée par les espèces herbacées qui sont 46 soit 72 % de la flore recensée. Les arbustes et arbres
sont représentés respectivement par 13 espèces (20 %) et 5 espèces (8 % environ). Les familles les
mieux représentées en fonction du nombre d’espèces par ordre décroissant sont : les Poaceae avec 10
espèces (34,48 %) ; les Fabaceae avec 9 espèces (31,03 %) ; les Cyperaceae avec 7 espèces (13,79 %).
Deux familles (les convolvulaceae et les Cucurbitaceae) possèdent chacune 3 espèces, soit 10,34 %.
Toutes les autres familles sont représentées par 1 à 2 espèces.
Caractéristiques des nids des tortues marines
Les données préliminaires sur les caractéristiques des nids des tortues marines collectées dans le cadre
de cette étude sont utiles pour la réussite des essais d’incubation artificielle des œufs des tortues marines
en vue de leur sauvegarde à défaut d’un élevage en captivité étroite. C’est ainsi que la forme et les
dimensions moyennes des nids sur la plage ont été étudiées chez les deux espèces de tortues marines
qui nidifient sur la page de Grand-Popo. En effet, les nids des tortues marines Les nids des tortues
marines creusés avec les pattes postérieures et refermés juste après la ponte ont des formes très peu
définies. Chez les tortues olivâtres les nids ont une forme plus ou moins cylindrique comparable à une
botte. Ceux des tortues luths ont presque la même forme mais plus grandes et plus irrégulières. En ce qui
concerne les dimensions, nous avons par rapprochement de la forme des nids à celle d’un cylindre,
mesuré les diamètres et profondeurs des quelques nids des deux espèces. Le tableau 2 donne une idée
de ces dimensions.
Tableau 2. Variation des dimensions moyennes des tortues olivâtres et luths
Moyenne ± Ecart-type
Dimensions des nids
Tortues olivâtres Tortues luths
Diamètre (cm) 39,42 ± 14,19 53,88 ± 33,37
Profondeur (cm) 51,40 ± 10,21 62,00 ± 14,11
Discussion
De l’analyse de nos résultats de recherche, il ressort que des quatre (4) espèces de tortues marines
présentes dans les eaux marines béninoises, deux seulement, (Dermochelys coriacae et Lepidochelys
olivacea) nidifient les sites de la plage de Grand-Popo. Pourquoi les deux (2) autres ne montent pas sur la
plage de Grand-Popo ? Pour quelles raisons les tortues vertes et les tortues imbriquées qui se
rapprochent de la côte de Grand-Popo pour la ponte ne montent pas sur cette plage et préfèrent aller
ailleurs ? Qu’est ce qui les répugne en fait ? Il est nécessaire de poursuivre les études pour approfondir
les connaissances sur l’habitat de ponte de ces animaux et expliquer les facteurs déterminants de la
situation. La pérennité d’une espèce animale est strictement liée aux conditions de son habitat ; encore
moins que la plage représente la "maternité" des tortues marines, où iront- elles pour renouveler leur
progéniture si les plages disparaissaient ?
Nos résultats de recherche nous permettent de dire que les facteurs sociologiques qui déterminent la
nidification d’une tortue marine sur une plage sont entre autres :
- le calme relatif de la plage,
- l’absence d’éclairage artificiel des infrastructures sur la plage,
- l’absence d’êtres humains et d’activités anthropiques sur la plage,
- la présence de certaines espèces végétales,
- une largeur moyenne et une pente favorables à l’accessibilité de la plage.
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Cependant, dans la commune de Grand-Popo, la plupart des 21 sites identifiés sont très exploités et
perturbés (Gbècon, Houssoukoé, Kindjèhoué, Ewé-condji, Agoué, et Hilla-condji surtout).
Les divers facteurs qui entrent en ligne dans la préférence d’un site par une espèce de tortue marine
doivent faire l’objet d’une étude exhaustive en vue d’une amélioration des conditions favorisant l’attrait des
différentes espèces de tortues marines par la côte béninoise.
Conclusion
A l’issue de ce travail, une lumière s’établit sur les caractéristiques de l’habitat de ponte des tortues
marines, les espèces nidificatrices et les facteurs sociologiques qui sous-tendent la fréquentation des
plages dans zone d’étude. Cependant, l’on doit investiguer davantage pour la connaissance parfaite de
l’habitat de ponte de ces espèces au Bénin car, le risque d’une augmentation rapide du taux d’extinction
de ces animaux pourra être difficile à éviter au cours des siècles à venir si l’on n’arrive pas à réduire
considérablement les éléments actuels de perte de leur habitats de ponte.
Bibliographie
Fretey, J., 2001. Biographie et conservation des tortues marines de la côte Atlantique de l’Afrique. Publication N°6 de la série
technique. UNEP / CMS ; Secrétariat, Bonn, Germany. 429 p.
PAZH (Programme d’Aménagement des Zones Humides), 1999. Programme de sauvegarde des tortues marines de la côte
Atlantique du Bénin. Rapport d’activité N°2, Nature Tropicale, Cotonou, Bénin, 19 p.
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