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Arasitologie: Quizz

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QUIZZ

PARASITOLOGIE BIOLOGIE HÉPATIQUE I TECHNIQUE ET BIOLOGIE I CAS CLINIQUE I FICHE TECHNIQUE I BIO-QUIZZ I

Fiche à
DESCRIPTIF conserver
La petite Sandra, âgée de 10 ans, est adressée
au laboratoire pour un prélèvement cutané. Elle
présente en effet depuis plusieurs semaines un
prurit à recrudescence nocturne, prédominant
au niveau des mains et des poignets. La maman,
inquiète, explique que les anti-histaminiques ainsi
que la pommade corticoïde qui ont été prescrits
successivement par le médecin traitant n’ont
amélioré que de façon transitoire les symptô-
mes. Le prurit de sa fille est en effet devenu
permanent, et des lésions eczématiformes sont
apparues sur l’abdomen et les cuisses. L’exa-
men clinique retrouve en effet de nombreuses
lésions de grattage.
Le biologiste qui reçoit l’enfant réalise, à l’aide
d’un vaccinostyle, plusieurs prélèvements au
niveau des espaces interdigitaux, de la face an-
térieure des poignets et du ventre. Les squames
recueillies sont ensuite déposées entre lame et
lamelle dans une goutte de chloral-lactophénol,
avant d’être observées au microscope. Une A B
première lecture est négative, mais après éclair-
Figure 1 – Examen de squames entre lame et lamelle en présence de chloral-lactophénol
cissement des échantillons, quelques éléments (x 400).
retiennent l’attention de l’observateur (figure 1,
A et B).

QUESTIONS
1. Quelle parasitose évoquez-vous devant ces éléments ? RÉPONSES AU VERSO T
T
2. Quelles sont les modalités du traitement ? Faut-il envisager une éviction scolaire ? T
3. Huit jours après la fin du traitement, l’enfant est à nouveau adressé par
son médecin traitant pour un prélèvement de contrôle. En effet, les lésions ont
régressé, mais le prurit persiste. Peut-on évoquer un échec thérapeutique ?

a Laboratoire de parasitologie-mycologie
Centre hospitalier universitaire
4, rue Larrey Sébastien Le Cruguela,*,
49933 Angers cedex 9 Marc Piheta,
Ludovic de Gentilea,
* Correspondance Dominique Chabassea
dochabasse@[Link]
© 2009 – Elsevier Masson SAS – Tous droits réservés.

REVUE FRANCOPHONE DES LABORATOIRES - JANVIER 2010 - N°418 // 77


RÉPONSES

R1 Les éléments observés à l’examen direct du


prélèvement (figure 1) correspondent à un
fragment d’œuf vide (A) ainsi qu’à un frag-
ment (tête + patte 1 droite) d’adulte (B) de
Sarcoptes scabiei, ce qui permet de poser
chez cet enfant le diagnostic de scabiose
(gale).
Cette parasitose peut être diagnostiquée cli-
niquement, devant des lésions évocatrices
(petits sillons terminés par une vésicule perlée)
siégeant au niveau des faces antérieures des
poignets ou des espaces interdigitaux [1].
Cependant, un examen parasitologique de
confirmation est le plus souvent nécessaire,
notamment devant des lésions eczématifor-
mes. Il existe néanmoins de fréquents faux-
négatifs, surtout dans les formes pauci-para-
sitaires (gale commune) au cours desquelles la
charge parasitaire est faible (quelques dizaines
de parasites). C’est pourquoi, il importe de Figure 2 - Examen direct d’un sillon scabieux (x 200) : la femelle sarcopte fécondée (a) se déplace dans
réaliser un prélèvement de qualité, notamment les couches superficielles de l’épiderme et pond 3 à 5 œufs par jour durant ses 2 mois de vie. Elle mesure
350 x 300 μm et se caractérise par la présence de ventouses (ambulacres) sur les paires de pattes 1 et 2,
en multipliant les sites et en utilisant un produit et d’une soie terminale sur les paires de pattes 3 et 4. Le mâle, rarement isolé, est de plus petite taille et
éclaircissant les squames tel que le chloral- possède une soie sur la troisième paire de pattes. Chaque œuf (b) donne naissance en quelques jours à
une larve hexapode (c) qui se transforme en adulte sexué après 2 à 3 semaines [2]. En l’absence de mise
lactophénol (qui nécessite une deuxième lec- en évidence de parasites adultes, la présence d’œufs à différents stades de maturation, voire de fragments
ture après quelques heures d’action). d’œufs vides ou de déjections (d) isolés, permet de confirmer le diagnostic de scabiose [3].

R2 La prise en charge de la gale demeure difficile, en raison de la difficulté du diagnostic et de sa contagiosité. Le traitement repose
sur la prise en charge simultanée du patient, de son environnement domiciliaire, ainsi que de son entourage proche [3-5].
Le traitement local fait généralement appel au benzoate de benzyle (Ascabiol®), appliqué après la douche sur tout le corps (à
l’exception du visage), en insistant au niveau des plis, puis rincé après 12 à 24 heures. Une deuxième application est parfois
recommandée. Un pyréthrinoïde de synthèse (Spregal®) ou le lindane (Elenol®) peuvent également être utilisés, mais leur effi-
cacité semblerait moindre [2].
Le linge et la literie sont simultanément décontaminés par un lavage en machine à 60 °C; les acaricides à base d’un pyréthrinoïde
(A-Par®) sont à réserver aux textiles délicats et aux chaussures. Une alternative consiste à proposer au patient et à sa famille de
quitter leur domicile durant 4 jours, les sarcoptes ne survivant que peu de temps hors de leur hôte.
Un traitement général par ivermectine (Stromectol®, 200 μg/kg en prise unique à jeun) est parfois proposé, soit en alternative
au traitement local, soit en association chez les patients immunodéprimés (atteintes croûteuses) ou au cours des formes profu-
ses. En raison de sa facilité d’utilisation, l’ivermectine est souvent préférée au traitement local lors d’épidémies en institutions
(maisons de retraites, centres de long séjour…).
La dissémination de l’arthropode est favorisée par la vie en collectivité et le non respect des règles d’hygiène. La contamination
se produit généralement par contact cutané direct, plus rarement par l’intermédiaire des habits ou de la literie. Les mesures
d’isolement sont fondamentales au cours des formes croûteuses, beaucoup plus contagieuses en raison du nombre élevé de
sarcoptes présents. Dans les collectivités d’enfants, une éviction est recommandée jusqu’à 3 jours après traitement pour une
gale commune, et jusqu’à négativation de l’examen parasitologique pour une gale profuse [5].

R3 En cas de persistance du prurit après traitement, il faut d’abord rechercher une réaction allergique ou d’irritation au produit
utilisé, ainsi qu’un prurit psychogène (acarophobie). En revanche, l’apparition de nouvelles lésions fera évoquer une reconta-
mination ou un traitement insuffisant. Dans tous les cas, les patients doivent être informés d’une possible persistance du prurit
1 à 2 semaines après l’application du traitement local [2].

Pour en savoir plus [3] Chosidow O. Scabies and pediculosis. Lancet 2000;355:819-26.
[1] ANOFEL (Association française des enseignants et praticiens hospitaliers [4] CCLIN Paris Nord. Lutte contre les ectoparasites et agents nuisibles en
de parasitologie et mycologie médicale). Parasitoses et mycoses des régions milieu hospitalier, Guide de bonnes pratiques, mars 2001;17-24.
tempérées et tropicales, Editions Elsevier Masson, 2007. [5] Avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (section des mala-
[2] Parasitoses et mycoses courantes de la peau et des phanères. Guides Médi/ dies transmissibles) relatif à la conduite à tenir devant un cas de gale. Séance
Bio, Editions Elsevier, 2003. du 27 juin 2003.

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// REVUE FRANCOPHONE DES LABORATOIRES - D
JANVIER 2010
ÉCEMBRE 2009
- N-°418
N°417

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