Impact Sociétal des Polymères et Plastiques
Impact Sociétal des Polymères et Plastiques
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Conductive Polymer Nanocomposites Sprayed Layer by Layer for Smart Applications View project
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Bernard Sillion
Institut de Sciences Analytiques. Département Service Central d'Analyses. 5 Rue de
la Doua. 69100 Villeurbanne
Thierry Hamaide
Président de la Commission Enseignement du Groupe Français des Polymères.
Université Claude Bernard Lyon 1. Ingénierie des Matériaux Polymères.
Polytech Lyon. Boulevard Latarjet. 69622 [Link]
[Link]@[Link]
Gérard Pignault
Directeur de l'Ecole Supérieure de Chimie Physique Electronique de Lyon.
43 bd du 11 novembre 1918, bâtiment Hubert Curien,
BP 2077, 69616 Villeurbanne Cedex
RESUME.
Ce livre est le fruit de la réflexion d’un certain nombre de scientifiques qui
s’intéressent directement aux relations parfois conflictuelles qui se sont
progressivement instaurées entre le monde industriel et la recherche académique
d'une part, le grand public et les défenseurs du cadre de vie et de l’environnement
d'autre part.
Sous la forme d'articles issus des plusieurs stages pédagogiques organisés par le
Groupe Français d'Etudes et d'Applications des Polymères (GFP), ce livre traite des
problèmes actuels en relation avec l’impact sociétal et le développement durable
auxquels sont confrontés les matières plastiques. Il fait état des solutions déjà
apportées et des développements prévisibles ou souhaitables et se conclut par une
réflexion sur le rôle de l’enseignement et de la formation pour en assurer et orienter
l’avenir, avenir qui repose sur une science toujours jeune en prise directe avec
l’économie et l’emploi.
1. Les Polymères : une science toujours jeune, en prise directe avec l'économie
et l'emploi
Quelle que soit leur origine, naturelle ou synthétique, les polymères font appel à la
chimie et/ou au génie des procédés à un moment ou un autre de leur cycle de vie. La
chimie et le génie des procédés sont des sciences de base pour le développement
durable ; ce sont des disciplines fondamentales pour la compréhension du monde qui
nous entoure, à toutes les échelles, pour en maitriser les transformations. Elles
savent fortement s’hybrider avec les autres disciplines – la physique, la biologie, les
mathématiques- et se retrouvent dans la totalité des domaines d’application de nos
vies : l’énergie, la matière, l’information, le vivant.
Si la chimie organique est capitale pour décrire une majorité des molécules qui nous
entourent, c’est la chimie analytique qui nous permet leur identification ; la catalyse
est au cœur des transformations de la matière et des économies d’énergie ; la chimie
inorganique se retrouve fortement dans les enjeux de production et de stockage
d’énergie. Le génie des procédés – qui intègre des échelles de physico-chimie – est
essentiel pour la faisabilité, l’économie et la performance environnementale des
productions.
Enfin, les aspects humains du rapport à la chimie incitent à mieux comprendre nos
lectures du monde, opinions, croyances; leurs créations historiques, leurs
représentations, leur évolution.
L'évolution des rapports entre les polymères, plus généralement appelés plastiques,
et les personnes est exemplaire à plus d'un titre [BER 95] et illustre parfaitement ce
concept.
Les polymères sont utilisés à plus de 90 % pour faire des matériaux dont la cohésion
et les propriétés dépendent étroitement de la structure chimique et de l’organisation
des chaînes qui sont gouvernées par les techniques de mises en œuvre. La science
des polymères procède donc essentiellement de ces trois disciplines scientifiques
que sont la chimie, la physique et la mécanique. La chimie intervient pour la
transformation des matières premières et dans les procédés de production grâce au
génie chimique [FON 08], [FON 10], [MER 96], [ODI 04], [ETI 12]. La physique
explique l’organisation de ces macromolécules de dimensions différentes et a permis
de concevoir les outils analytiques utilisés pour leurs caractérisations. La mécanique
enfin permet de comprendre les propriétés d’usage des matériaux polymères [OUD
94], [FON 08], [FON 10].
La science des polymères est une science jeune et la notion même de macromolécule
qui permet de comprendre les propriétés des matériaux polymère a été introduite par
H. Staudinger en 1919 et développée dans les années 20 en particulier sur les
matériaux cellulosiques. Certes l’industrie avait produit auparavant le caoutchouc
vulcanisé, procédé inventé par Goodyear en 1839, le celluloïd en 1865 avec les
frères Hayatt, la bakélite en 1910 grâce à Baekeland, mais la véritable nature des
espèces chimiques n’était à cette époque pas encore connue. A partir de 1930, la
connaissance de la structure macromoléculaire permet un développement rapide de
familles chimiques différentes: le polyéthylène basse densité (PEBD) par
polymérisation radicalaire apparaît en 1933, les travaux de Carothers sur la
polycondensation amènent les polyamides en 1938.
L’après seconde guerre mondiale voit naître avec une vitesse accélérée de nouvelles
méthodes de polymérisation : en 1953-1954, la catalyse de polymérisation par
coordination développée par K. Ziegler, puis G. Natta (Prix Nobel 1963) conduisent
au PEHD et au polypropylène (PP); la polymérisation anionique et le concept de
polymérisation vivante proposé par M. Szwarc en 1956 apportent les copolymères à
blocs et les premières architectures macromoléculaires. On voit ensuite apparaître la
catalyse par métallocènes de W. Kaminski en 1980. La polymérisation radicalaire
contrôlée par M. Sawamoto et K. Matyjaszewski en 1994 allie les avantages de la
polymérisation radicalaire et ionique sans les inconvénients de la première.
Comme dans tous les domaines, les découvertes fondamentales ont souvent été
suscitées par des développements industriels qui relèvent aussi bien des grands
problèmes de la planète tels que l’énergie et les ressources en eau que de ceux
rencontrés à l’échelle des individus dans la vie quotidienne tels que la santé et
l’hygiène, l’alimentation, le confort, la communication, les loisirs, etc.…et c'est ainsi
que l'on a pu écrire que la société était entrée dans "l’âge des polymères" comme va
s'efforcer de démontrer la première partie de cette introduction.
Dans le même temps, cette entrée dans l'âge des polymères s'accompagne d'un
impact sociétal globalement négatif (LEM 10] : les polymères dans leur ensemble
souffrent d'une double peine, à savoir l'image des matières plastiques, en plus de
celle de la chimie. Pour la société, l’aspect chimique est celui qui suscite les
interrogations, voire les inquiétudes, car on souligne les impacts sur l’environnement
de déchets difficilement biodégradables ou qui par combustion peuvent générer des
produits dangereux comme les dioxines. On s’inquiète aussi des risques pour la
santé provoqués par la libération de matières premières toxiques dans les conditions
d’usage.
Toutefois, pour aller plus avant dans cette réflexion, il conviendrait d'écrire
Education avec un E majuscule, car si la grande majorité des personnes n'a que peu,
voire pas d'impact sur l'éco-conception au sens conception amont, la société toute
entière a un rôle majeur dans la collecte et le recyclage des déchets plastiques. Les
"continents plastiques" sont ils imputables aux industriels des plastiques ou bien aux
consommateurs desdits plastiques ? A ce propos, l'article de François Galgani
permettra de juger de l'effet des polymères et des déchets en mer sur
l'environnement et l'impact sociétal. Un autre exemple tiré de la vie quotidienne
concerne les sacs d'emballage. Les sacs affichés comme biodégradables (mais le
sont-ils effectivement ?) sont-ils développés pour répondre à l'incivilité de certains
de nos concitoyens ou pour répondre à un effet de mode ?
13,6
12
10,2
9,1
9
7,3
6,3
6 5,2
3 1,8 1,4
0,2
0
-0,1 -0,4
-0,8 -0,8
-3 -1,8
-2,4
-3,7
-6 -5,1
Pour la production d’eau potable à partir d’eaux salées, les techniques de traitement
membranaires se développent. Différents procédés de séparation membranaires
permettent de séparer l’eau des objets en suspension ou solution en fonction de
leurs tailles [MAU], allant de la filtration conventionnelle pour des dimensions
supérieures à 10μm à la nanofiltration pour des dimensions de l’ordre du nm.
L’osmose est le phénomène qui se produit lorsque deux solutions de salinités
différentes sont séparées par une membrane perméable à l’eau. Par exemple, l’usine
d’Ashkelon en Israël produit 320000 m3 d'eau potable par jour, soit 108 millions de
m3 par an (la consommation d'une ville de 1,4 million d'habitants). Après un
prétraitement (filtration bi-couche et microfiltration), l'eau est progressivement
dessalée au travers de 32 unités d'osmose inverse. La concentration en sel dissous au
sortir de l'usine est de 30 mg.L-1, 1000 fois moins que dans l'eau pompée en mer [9
l’eau potable, nouvelles ressources : dessaler l’eau de mer ; [Link]].
Plusieurs familles de polymères peuvent être utilisées pour cette application, dont les
acétates de cellulose, les polyamides aromatiques et les polysulfones, mais des
progrès restent à faire en ce qui concerne la nature des membranes et leur mise en
œuvre pour le contrôle des morphologies de l’interface.
Pour la gestion de l’eau dans l’agriculture, les polyacrylamides réticulés sont utilisés
pour la rétention d’eau, pour l’hydratation des sols [HOL 05]. A l’inverse, les
polymères et copolymères de l’éthylène glycol sont utilisés pour favoriser
l’infiltration de l’eau. Le recyclage des eaux usées fait appel, pour l’étape de
clarification (floculation et conditionnement des boues), à des polymères dérivés de
polyamines ou d’acrylamide.
OCDE
4% Moyen-Orient
6%
5%
Europe (hors OCDE et
Eurasie)
12% 43% Chine
Amérique latine
17% Afrique
8% 5% Aviation et flottes
maritimes internationales
1,31; 10%
0,27; 2% Pétrole
0,71; 6%
4,57; 36% Charbon
Gaz naturel
Nucléaire
2,59; 21%
Hydraulique
Renouvelable
3,07; 25%
Figure 3. Les sources d’énergie primaire (en Gtep) au début du 21 ème siècle (12,27
Gtep au total)
On voit sur cette figure que plus de 80% de l’énergie primaire est d’origine fossile.
En 2010 la quantité de CO2 rejetée dans l’atmosphère a été de plus de 30 gigatonnes,
ce qui conduit à une concentration dans l’atmosphère de l’ordre de 385 ppm, ces
rejets étant dus pour une part à la transformation de l’énergie fossile.
Si l’on examine le rôle que jouent et peuvent jouer les polymères dans le domaine de
l’énergie, on peut distinguer ce qui concerne l’amélioration de la production de fuels
fossiles et ce qui permet des économies d’énergie.
Au delà des économies des ressources fossiles, les polymères sont des matériaux
clés pour le développement des énergies nouvelles avec par exemple les composites
pour les pales d’éoliennes par le procédé RTM (Resin Transfert Molding). Le
développement des composites est aussi un paramètre déterminant pour le secteur du
transport comme montré ci-dessous.
Une autre énergie renouvelable, que l’on peut qualifier de permanente et qui est en
fort développement, est le solaire. La puissance disponible au dessus de
l’atmosphère terrestre est de 340 Wm-2, mais seulement 170 Wm-2 peuvent être
récupérés au niveau du sol, le reste étant réfléchi ou absorbé et utilisé au cours du
cycle de l’eau. La transformation de l’énergie lumineuse solaire en énergie
électrique se produit dans des matériaux semi conducteurs inorganiques à base de
silicium (constitués de silicium dopé par du phosphore pouvant fournir des charges
négatives et du bore qui crée un déficit d’électron dans le silicium). Deux types de
polymères interviennent pour protéger le silicium dopé : un film d’éthylène acétate
de vinyle à l’avant de la plaque et un film de poly(fluorure de vinyle) (Tedlar ®) à
l’arrière [WIE 05]. La recherche s’efforce de mettre au point des cellules
photovoltaïques totalement organiques à l’aide de polymères semi-conducteurs. La
puissance disponible grâce au photovoltaïque en 2011 était de 63,3 GW, ce qui est
encore très faible
L’habitat et les transports sont les domaines les plus importants pour réaliser des
économies d’énergies. En ce qui concerne l’habitat, 40% de l’énergie primaire est
utilisée pour le chauffage et la climatisation, et la question de l’isolation des
bâtiments est donc primordiale. Les polymères offrent une résistance thermique
surfacique (résistance thermique par unité de surface R en m2.K.W-1) supérieure à
celle d’isolants minéraux. Le polystyrène expansé serait sans doute plus utilisé vu
son faible prix, s'il n’y avait pas son caractère inflammable.
C’est indéniablement dans les transports que les polymères ont apporté le plus
d’économies d’énergie, grâce à l’allègement des automobiles et des avions.
Dans les années 1990 et 2000, le poids des automobiles augmentait d’environ 25 Kg
par an pour augmenter le confort en augmentant les dimensions et pour améliorer la
sécurité. On sait qu’une réduction de 100 Kg diminue la consommation de 0,6 litre
/100 Km, et plus généralement, diminuer le poids de 10% entraine une diminution
de consommation du véhicule de 5 à 6%. Corrélativement toute diminution de
consommation diminue les rejets de CO2. En 2012, le parlement européen a
considéré que la moyenne des voitures neuves ne devrait pas émettre plus de 130
[Link]-1 en 2015 et plus de 95 [Link]-1 en 2020 [[Link]]. La stratégie pour
abaisser le poids des véhicules repose sur la diminution de l’épaisseur des tôles
d’acier (diminuer l’épaisseur de 1/10ème apporte un gain de poids de 10%), et, sur
l’utilisation des matériaux polymères, on peut ainsi gagner 10 à 15% du poids du
véhicule. Quelques exemples sont rapportés ci-dessous :
Dans la perspective de réduire les émissions de CO2 par les transports, la voiture
électrique (vide supra) offre la solution la plus efficace, mais il existe un facteur 15
entre l’énergie contenue dans 1 kg de batterie et 1 litre d’essence (180 Whkg-1 et
3000 Whkg-1) [TAR 10] et les questions d’autonomie du véhicule et du temps de
recharge des ne sont pas encore résolues.
Dans le domaine du transport aérien, les polymères ont été introduits dans la
construction des avions pour diminuer les poids et offrir plus de sièges et / ou
consommer moins de kérosène. Les exemples les plus récents sont ceux du dream
liner, Boeing 787, dont 50% de la masse est dû à des composites ; le remplacement
de l’aluminium conduit à une diminution de poids de 20% et à une économie de
kérosène de l’ordre de 20% en fonctionnement. En Europe, Airbus construit l’A350
avec 52% de composites, réduisant ainsi le poids de 10 à 15 t. On développe pour
ces applications de nouveaux matériaux composites à hautes performances à base de
fibres de carbone et de polymères.
Il serait trop long et fastidieux de faire une liste exhaustive de toutes les applications
pour lesquelles les polymères jouent un rôle fondamental dans la vie quotidienne. Le
plus important est l’emballage qui utilise plus de 40% de la production des
plastiques, nous évoquerons seulement trois domaines moins connus du grand public
: l’alimentation, la santé, les vêtements, les sports et loisirs,
Le nombre de matériaux plastiques en contact avec les aliments, ainsi que le temps
de contact sont en constante augmentation. Les débats de plus en plus vifs sur la
sécurité réelle des aliments au contact des matériaux, popularisés par des magazines
plus ou moins aptes à maitriser les concepts utilisés pour protéger le consommateur
(faible toxicité, faible migration des substances, faible exposition des
consommateurs...) ne favorisent pas la confiance des consommateurs envers les
matières plastiques pour l'emballage. Les réglementations successives sur les
matériaux en polycarbonate, sur le bisphénol A résiduel, illustrent parfaitement cette
idée. Cette controverse et le traitement médiatique sont analysés dans l'article de L.
Maxim.
On insiste moins sur le fait que les polymères ont connu un fort développement dans
le domaine de l’emballage des aliments car l’effet barrière à l’oxygène assure en
effet une bonne conservation des produits oxydables et évite des contaminations des
viandes et légumes, avec de plus une transparence de l’emballage permettant
d’examiner le produit. Dans son article, O. Vitrac insiste sur le caractère universel
de la migration des constituants des matériaux. Ce risque, comme de nombreux
risques mettant en jeu des contaminants chimiques chroniques, requiert une attention
spécifique et une prise en compte adaptée allant au-delà des seules obligations
règlementaires, aidées en cela par une prédiction fiable à l'aide de simulations et
modélisations.
Les polymères sont devenus incontournables dans tous les domaines de la santé,
depuis les matériaux solides utilisés par exemple pour les prothèses, les cathéters, les
poches à sang jusqu'aux nanosystèmes développés pour la vectorisation de principes
actifs et les diagnostics [GAU 03]. Parmi tous ces dispositifs, certains sont à usage
unique (seringues, tubulures de perfusion ...) alors que d'autres sont introduits dans
le corps pour une durée a priori illimitée (prothèses articulaires, substituts
vasculaires, cristallins artificiels, fils de suture ...).
4.2.1. La chirurgie
Pour les chirurgies de la hanche, la protection du cotyle est assuré par un dépôt sur
le métal de la prothèse d’une couche de polyéthylène de très haute masse réticulé par
rayonnement γ [MAS 07]. Les hernies inguinales sont traitées par introduction d’une
membrane de polypropylène. La cataracte est soignée par l’extraction du cristallin
naturel et son remplacement par un substitut en polyméthacrylate.
Dans le domaine cardio-vasculaire, le PET occupe une position dominante avec les
valves cardiaques. Le polytétrafluoroéthylène expansé (PTFEe), connu pour son
inertie chimique et sa grande stabilité thermique, possède d'autres d'atouts par
rapport au PET, notamment sa biostabilité et la possibilité de stérilisation par la
chaleur. Enfin, les substituts à base de textiles synthétiques ouvrent aujourd'hui une
alternative thérapeutique au remplacement de segments artériels lésés [BAQ 06]. La
chirurgie pastique utilise les silicones avec cependant les risques que des affaires
récentes ont mis au jour.
Dans ce domaine particulier, on notera que les polymères ne sont pas utilisés comme
matériaux de structure à proprement parler, mais comme outil de formulation
(polymères en formulation en opposition à la formulation de polymères couramment
mise en œuvre). On les rencontre ici depuis l'échelle micrométrique comme
constituant de nanoparticules jusqu'à la micelle, voire la macromolécule dans le cas
des polymères tensioactifs non ioniques pour la stabilisation des particules [HAM
11] [TAD 01]. Une auto-association conduit à des particules de tailles de 50 à 80 nm
dans l’eau en présence de poly(éthylène glycol). Des nanoparticules peuvent aussi
être obtenues avec des polymères associatifs qui s’auto-assemblent spontanément
[GRE 11].
4.2.3. Le diagnostic.
Une réponse à ces besoins, donnant aux entreprises un large éventail de solutions
technologiques, consiste en la multi-fonctionnalisation de ces matériaux souples,
c’est à dire l’intégration de plusieurs fonctions. L’innovation dans ce domaine est
largement ouverte, tournée vers des textiles techniques et fonctionnels (TTF), et
adaptatifs (textiles intelligents "smart textiles"). On peut avoir une vision de cette
évolution en consultant un numéro spécial de l’Actualité Chimique de 2012 [NEM
12].
Les effets recherchés se situent dans les domaines de l'hydrofugation, des colorants,
de la traçabilité et des applications bactériostatiques, via des entités moléculaires ou
nanostructurées, des soins à la personne comme par exemple la libération de
principes actifs cosmétiques ou médicamenteux, le greffage de capteurs pour
personnes sous surveillance médicales, la protection UV …
Les textiles techniques sont fabriqués en premier lieu pour leurs performances
techniques et leurs propriétés fonctionnelles plutôt que pour leurs caractéristiques
esthétiques ou décoratives. Seule une faible proportion de textiles techniques
(environ 2 à 3 % en volume) utilisent des fibres dites hautes performances telles que
les fibres de carbone, les fibres aramides (Kevlar, Nomex), le polyéthylène de très
haute masse molaire (UHMWPE). La grande majorité de ces textiles est réalisée à
base de polymères et de matériaux classiques comme le polyester, le polypropylène,
le polyamide (nylon), la viscose, le coton… Les évolutions sans doute les plus
populaires sont les textiles imperperspirants qui laissent passer la vapeur du corps
vers l’extérieur mais sont imperméables aux gouttelettes d’eau grâce à une mise en
œuvre du Téflon® conduisant aux produits Gore-Tex ®, et, aussi les laines polaires
qui en emprisonnant l’air dans le polyester créent une barrière thermique. Certaines
laines polaires sont issues du recyclage du PET, certifiées par des labels (Polartec®
par exemple). Il faut environ 27 bouteilles en plastique pour créer un pull. Le
matériel sportif a bénéficié des avancées dans le domaine des matériaux pour
l'aéronautique. Les skis, planches à voile, raquettes, bateaux bicyclettes, etc, sont
tous issus de matériaux polymères synthétiques.
Pour toutes ces raisons, un très important effort de recherche est nécessaire pour
substituer des substances plus ou totalement inoffensives aux substances à risques
qui entrent dans leurs compositions et que l’on risque de retrouver dans toute la vie
du polymère comme le montre la figure 4 [SIL 12]. Cet effort doit aussi s’étendre
aux procédés de production qui devront s’avérer moins polluants et envisager
l’emploi et la fin de vie des polymères.
Production des additifs, Production des renforts
Production du
catalyseurs… constituant du minéraux: charges,
polymère
mélange polymère fibres …
HO OH HO
HO
HO
O H2 OH H O H O
OH OH
OH O
OH OH OH HO
OH OH OH OH
glucose sorbitol isosorbide
MeO
O
diméthyl isosorbide
HO O Solvant
O OMe
O
OH O
isosorbide O
R
O
diesters d'isosorbide
Plastifiants
O
R
O
polyesters (PEIT) O
polyuréthanes
polycarbonates
Elle concerne les matières plastiques elles-mêmes et les objets en contenant. Les
matières plastiques se doivent de satisfaire aux préoccupations environnementales :
la distribution des sacs plastiques non biodégradables est réduite depuis janvier
2010. Les véhicules contiennent de plus en plus de matières plastiques. Le taux de
réemploi ou de valorisation énergétique des véhicules hors d’usage devrait atteindre
95 % en 2015.
Il existe donc aujourd'hui une réelle prise de conscience pour une démarche de
développement durable autour des différents enjeux sociétaux et économiques.
Imposées par les réglementations et exigées par les clients, l’analyse de cycle de vie
et la chimie "verte" pour un nouvel environnement sont devenues incontournables et
imposent de nouveaux outils d'innovation, comme le démontre Sylvain Caillol.
Pour l’industriel cependant, peu importe les fondements d’une vérité : si elle est
sociétalement admise, il n’a d’autre choix que de s’y plier sous peine de subir un
déferlement médiatique pouvant mettre en péril son entreprise.
Un colloque «Enseignement de la Chimie pour le développement industriel
durable», avait été organisé en septembre 2011 conjointement par la «Division de
Chimie Industrielle» et la «Division Enseignement Formation» de la Société
Chimique de France. Il en est ressorti que pour les industriels, la priorité des
formations est avant tout de fournir des chimistes compétents. Ils seront alors tout à
fait capables d’intégrer la notion de durabilité dans l’exercice de leur profession. Le
monde industriel reste ainsi réservé quant à l’intérêt de l’introduction dans les
différents cursus de formation d’options orientés « durabilité » dont on ne saurait
définir les contenus réellement spécifiques. Ils sont par contre demandeurs de
formations moins spécialisées en chimie, présentant un caractère pluridisciplinaire
plus marqué et intégrant notamment une formation à la toxicologie.
S’il est difficile donc de définir les spécificités d’une option « chimie durable » tant
cette préoccupation est partie intégrante de toutes les formations, à l’instar de celle
de « sécurité », néanmoins, plusieurs cursus l’intègrent déjà lisiblement dans leur
offre de formation, probablement guidés par l’objectif de renforcer leur attractivité
auprès des étudiants en profitant d’un courant médiatiquement favorable, mais
intégrant cette approche pluridisciplinaire recherchée par l’industrie.
Pour répondre aux besoins clairement exprimés par la Plasturgie française, des outils
de formation ont été développés pour les entreprises et les centres de formation, avec
pour objectif l'information et la sensibilisation des jeunes en formation et des
salariés aux problématiques du développement durable dans la plasturgie. La
plateforme web [Link] est dédiée au développement durable
dans les formations en plasturgie et destinée aux enseignants pour alimenter leurs
modules de formations sur la thématique "développement durable", qu'ils soient ou
non spécialisés en plasturgie.
[[Link]
[SHA 12] SHAIK M.R., KORSAPATI M, & PANATI D., (2012) Polymers in Controlled
Drug Delivery Systems. International Journal of Pharma Science.. 2 (4), 112-116.
[SIL 12] SILLIONB; NORMAND A, GUILLEBON A ;(2012) L’Actualité Chimique; 359,
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[SIL 11](24) SILLION B; (2011) L’Actualité Chimique; 353-354, 1-3.
[TAN 00] TANAKA T. (2000) Experimental methods in polymer science.; Tanaka T.
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[TAR 10] TARASCON J.M (2010). Leçon inaugurale au Collège de France; 9
décembre 2010.
[UNE] L’eau pour l’homme, l’eau pour la vie.
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[WIE 05] WIESENFELD B. (2005) L’énergie en 2050, nouveaux défis et faux espoirs.
EDP sciences.
[YAN 11] YANG. C.Z, YANIGER. S.I, JORDAN. V.C, KLEIN D.J, BITTNER G.D,.
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[20] (20) Fibres et textiles : Matériaux du XXIe siècle ; n° 360-361 Février- Mars
2012