Propriétés des matrices nilpotentes et antisymétriques
Propriétés des matrices nilpotentes et antisymétriques
Algèbre linéaire
Algèbre linéaire
c’est à dire
0 1 1 ... 1
0 0 1 ... 1
. .. .. ..
..
M = . . .
0 0 0 ... 1
0 0 0 ... 0
(a) Déterminer les éléments propres (valeurs propres et sous-espaces propres) de la matrice M .
(b) On pose S = M + t M . A-t-on S ∈ Nn (K) ?
Montrer que S 2 ∈ Vect(In , S). Déterminer alors les éléments propres de la matrice S.
(c) Nn (K) est-il un sous-espace vectoriel de Mn (K) ?
18. Dans cette question on prend n = 2.
(a) On suppose que M est de rang 1.
Montrer que M 2 = tr(M )M . En déduire que M est diagonalisable ou nilpotente.
(b) Déterminer une matrice nilpotente de M2 (K) dont la diagonale n’est pas identiquement nulle.
(c) En déduire l’ensemble de toutes les matrices nilpotentes de M2 (K).
On définit
• T0 le sous-espace vectoriel de Mn (K) constitué des matrices de trace nulle
• V le sous-espace de Mn (K) engendré par Nn (K) : V = Vect(Nn (K)), c’est à dire l’ensembme de toutes les
combinaisons linéaires (finies) d’éléments de Nn (K).
19. Déterminer la dimension de T0 .
20. Prouver que Nn (K) et V sont inclus dans T0 .
21. Pour tout j ∈ [|2, n|], on note
Algèbre linéaire
On note T1 le sous-espace vectoriel de Mn (R) constitué des matrices triangulaires supérieures dont la diagonale est
composée uniquement de 0.
22. Déterminer la dimension de T1 .
23. Montrer que toute matrice nilpotente est semblable à une matrice de T1 .
Indication: On pourra utiliser les résultats de la partie II.
24. Démontrer que Mn (K) = Sn (R) ⊕ T1 .
25. Soit F un sous-espace vectoriel de Mn (R) contenu dans Nn (R) dont la dimension est notée d.
n(n−1)
(a) On suppose que d > 2 . Démontrer que dim(Sn (R) ∩ F ) > 0. Conclure.
(b) Quelle est la dimension maximale d’un sous-espace de Mn (R) contenu dans Nn (R) ? Donner un exemple
de tel sous-espace.
33. Soit N ∈ Nn (C) nilpotente d’indice s, où s est un entier naturel non nul.
(a) Montrer que In , N, . . . , N s−1 est une famille libre.
s−1 k
X t
(b) Pour tout nombre complexe λ et tout réel t, exprimer exp (t (λIn + N )) en fonction de λ, t et Nk
k!
k=0
34. Soit A ∈ Mn (C) qui admet λ ∈ C comme unique valeur propre.
(a) Montrer que N = A − λIn est nilpotente.
(b) Montrer que les solutions du système X 0 = AX sont toutes bornées sur R si, et seulement si, λ est imaginaire
pur et A = λIn
Yq
n
35. Soit A ∈ Mn (C) , dont le polynôme caractéristique est Q = (X − λi ) i , les λ1 , . . . , λq sont deux à deux
i=1
distincts, q ∈ N∗ , n1 , n2 , . . . , nq sont des entiers naturels non nuls.
Soit f l’endomorphisme de C canoniquement associé à A.
Algèbre linéaire
(a) Montrer qu’il existe une base de Cn dans laquelle la matrice de f est diagonale à q blocs.
(b) Montrer que les solutions du système X 0 = AX sont toutes bornées sur R si, et seulement si, λ1 , . . . , λq
sont imaginaires purs et A est diagonalisable.
36. Montrer que toute matrice réelle antisymétrique est diagonalisable sur C, et que ses valeurs propres sont imagi-
naires pures.
Soit M ∈ Mn (K) , on dit que M est une matrice unipotente si M = In + N, avec N est une matrice nilpotente. On
note Un (K) l’ensemble des matrices unipotentes de Mn (K) .
Pour toute matrice N de Nn (K), on définit la fonction ln par:
+∞
X (−1)k−1
ln (In + N ) = Nk
k
k=1
Montrer que exp est une application surjective de Sn (R) vers Sn++ (R)
Algèbre linéaire
1. Mn (K) est de dimension n2 , et une base en est la famille des matrices (Ei,j )16i,j6n .
2. Posons Ei,j = (δp,i δq,j )16p,q6n et Ek,` = (δp,k δq,` )16p,q6n , avec δ désigne le symbole de Kronecker. ap,q le
coefficient de position (p, q) dans la matrice Ei,j Ek,` , vaut
n
X
ap,q = δp,i δr,j δr,k δq,`
r=1
n
X
= δp,i δq,` δr,j δr,k
r=1
| {z }
=δj,k
Avec Ei,` = (δp,i δq,` )16p,q6n , alors la fameuse formule Ei,j Ek,` = δj,k Ei,`
3. Théorème de Cayley-Hamilton : le polynôme caractéristique d’une matrice carrée en est un polynôme annulateur.
4. Une matrice de Mn (K) est diagonalisable, si et seulement si, son polynôme caractéristique est scindé dans K.
Algèbre linéaire
max(p,q)
— On a (AB) = Amax(p,q) B max(p,q) = On , donc AB ∈ Nn (K)
p+q
— On développe (A + B) , par la formule du binôme de Newton, puisque A et B commutent.
p+q
X
p+q k
(A + B) = Cp+q Ak B p+q−k
k=0
p−1
X p+q
X
k
= Cp+q Ak B p+q−k + k
Cp+q Ak B p+q−k
k=0 k=p
La première somme vaut On puisque les puissances de B y sont supérieures à q, et la seconde car les
puissances de A sont supérieures à p. Donc A + B ∈ Nn (K).
15. Une matrice symétrique réelle étant toujours diagonalisable, elle n’est nilpotente que si elle est nulle
16. Dans cette question on suppose que la matrice nilpotente A est antisymétrique.
(a) On vérifie facilement que A2 est symétrique, et nilpotente, donc A2 = 0
(b) On fait appel à la norme euclidienne, on a
2 t
AA = −Tr A2 = 0
k A k2 = Tr
Donc A = On
17. (a) 0 est la seule valeur propre de M , d’ordre de multiplicité n. La dimension du sous-espace propre de M
associé à la valeur propre 0 est n = rg(M ) = n − (n − 1) = 1
(b) — S = M + t M est une matrice symétrique non nulle : elle n’est pas nilpotente. Donc S ∈
/ Nn (K)
— Soit Jn = (1)16i,j6n ∈ Mn (R), on a S = Jn − In . On rappelle que Jn2 = nJn et par conséquent,
Algèbre linéaire
19. T0 est le noyau de la forme linéaire non nulle trace: c’est un hyperplan de Mn (K) , de dimension n2 − 1
20. Une matrice nilpotente de Mn (K) est semblable à une matrice triangulaire à éléments diagonaux nuls: sa trace
est nulle, de même que la trace de toute combinaison linéaire de matrices nilpotentes.
21. Pour tout j ∈ [|2, n|], on note
n(n − 1)
22. Une base de T1 est la famille (Ei,j )16i<j6n , de cardinal
2
23. Toute matrice nilpotente est trigonalisable dont la seule valeur propre 0
24. Tout d’abord, Sn (R) ∩ T1 = {On } . Ensuite la somme des dimensions de ces deus-espaces de Mn (R) vaut n2 , soit
la dimension de Mn (R) . Ainsi, Sn (R) et T1 sont supplémentaires dans Mn (R)
25. (a) Par l’absurde, si on suppose que dim(Sn (R) ∩ F ) = 0, alors Sn (R) et F sont en somme directe, et la
n(n + 1)
dimension de Sn (R) ⊕ F est égale à + d > n2 , ce qui n’est guère raisonnable pour un sous-espace
2
de Mn (R) . Donc dim(Sn (R) ∩ F ) > 0. Mais alors il y a dans F des matrices symétriques, nilpotentes, autres
que la matrice nulle. C’est à nouveau absurde, et cette fois, c’est l’hypothèse d > n(n−1)
2 qui est fausse.
n(n − 1)
Finalement d 6 .
2
(b) La dimension d’un sous-espace de Mn (R) contenu dans Nn (R) est inférieure à n(n−1) 2 . Puisque T1 est un
sous-espace de Mn (R) contenu dans Nn (R) et de dimension n(n−1)2 , la dimension maximale d’un sous-espace
n(n−1)
de Mn (R) contenu dans Nn (R) est exactement 2
Algèbre linéaire
26. Soit (Ak ) une suite convergente d’éléments de Nn (K) . Notons A sa limite. Pour tout k, Ank = 0, et, par continuité
de l’application X ∈ Mn (K) 7→ X n , polynômiale en les éléments de X, An = 0 Tout point adhérent à Nn (K) est
dans Nn (K) , et Nn (K) est une partie fermée de Mn (K)
27. Soit A ∈ Nn (K), alors pour tout t ∈ [0, 1], on a tA ∈ Nn (K), donc [On , A] ⊂ Nn (K). On conclut que Nn (K) est
étoilé en On , puis il est connexe par arcs
28. — αIn + A est semblable à une matrice αIn + T, où T ∈ T1 . Cette matrice, triangulaire avec des α sur la
diagonale,
— Toute les normes étant équivalentes, on décide d’utiliser sur Mn (K) la norme M = (mi,j ) 7→ max (|mi,j |)
pour laquelle In est de norme 1. Soit r un réel strictement positif, et t ∈] − r, r[ non nul. La matrice A + tIn
est à une distance de A égale à |t|, donc infrieure strictement à la boule ouverte A et de rayon r. Son
déterminant vaut tn , c’est une matrice inversible, c’est-à-dire de rang n, et donc non nilpotente. On en
déduit qu’aucun point de Nn (K) n’est intérieur à Nn (K) , ou encore que Nn (K) est d’intérieur vide.
29. On considère un sous-espace F de Mn (K) d’intérieur non vide : F contient une boule ouverte, B(M, r).
Soit alors M̃ ∈ Mn (K) , differente de M. Notons α la distance de M à M f. La matrice M + t(M f − M ) appartient
r
à B(M, r) dès que |t| < α
f = 1 · (M + t(M
Prenons t 6= 0 vérifiant cette condition. Alors M f − M )) + t−1 .M, qui est une combinaison linéaire
t t
d’éléments de F. Ainsi M f ∈ F et F = Mn (K)
Supposons alors Nn (K) d’intérieur non vide. Le sous-espace V engendré par Nn (K) , contient Nn (K) , et est
donc lui aussi d’intérieur non vide. C’est donc Mn (K) , absurde
n−1
X n−1
X
k k
Compte tenu de ce que An = On , il vient M. (−αA) = In : M est inversible et son inverse est (−αA)
k=0 k=0
31. Pour tout réel α, et tout x ∈] − 1, 1[, on a:
+∞
X α(α − 1) . . . (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + x
n=1
n!
1
Lorsque α = , et pour tout entier naturel n > 1
2
1 1 1
α(α − 1) . . . (α − n + 1) = − 1 ... −n+1
2 2 2
1
= (−1).(−3) · · · (−(2n − 3))
2n
(−1)n−1 1.2.3. · · · (2n − 2)
= .
2n 2.4 · · · (2n − 2)
n−1
(−1) (2n − 2)!
= . n−1
2n 2 .(n − 1)!
n−1
(−1) (2n − 2)!
= .
22n−1 (n − 1)!
Finalement
+∞
√ X (−1)n−1 (2n − 2)! n
1+x=1+ . x
n=1
22n−1 n!(n − 1)!
Algèbre linéaire
Soit
√ +∞
X 1
si k = 0
1+x= ak xk avec ak = (−1)k−1 (2k − 2)!
k=0 2k−1 .
si k > 1
2 k!(k − 1)!
+∞
X
32. On prend B = a k α k Ak .
k=0
X
— La série ak αk Ak convergence. En fait, la somme reste finie, puisque les puissances de A sont nulles à
k>0
n−1
X
partir du rang n et B = ak αk Ak .
k=0
√ 2
— Puisque 1 + x = 1 + x, par unicité des développements en séries entières et en utilisant le produit de
Cauchy, (
k
X 1 si k ∈ {0, 1}
a` ak−` =
`=0 0 sinon
On calcule alors B 2 ,
n−1
!2
X
2 k k
B = ak α A
k=0
n−1 k
!
X X
= a` ak−` α k Ak
k=0 `=0
= In + αA = M
33. Soit N ∈ Nn (C) nilpotente d’indice s, où s est un entier naturel non nul.
(a) Si In , N, . . . , N s−1 est liée, alors deg(ΠN ) 6 s − 1, ce qui contredit ΠN = X s .
(b) Les deux matrices tλIn et tN commutent, donc
34. (a) χA = (X − λ) , donc d’après le théorème de Cayley-Hamilton, (A − λIn )n = 0 et par suite A − λIn est
n
nilpotente.
(b) Les solutions de X 0 = AX sont X(t) = exp(tA)X(0) où X(0) ∈ Mn,1 (C).
— Si A = λIn et λ ∈ iR, alors la solution est X(t) = eλt X(0) et donc pour n’importe qu’elle norme k.k
sur Mn,1 (C) kX(t)k = kX(0)k, donc t 7−→ X(t) est bornée.
— Si t 7−→ X(t) est bornée pour tout X(0), alors le choix de X(0) ∈ Ker(N ) \ {0}, donne X(t) = eλt X(0)
est bornée, ce qui exige λ ∈ iR.
/ Ker(N s−1 ), alors
— Choisissons maintenant X(0) ∈
s−1 k
X t |t|s−1
kX(t)k = eλt . N k (X(0)) ∼ kN s−1 (X(0))k
k! +∞ (s − 1)!
k=0
Algèbre linéaire
s−1 s−1
X 1 k X (−1)k−1 k
37. (a) Pour tout k > s, on a N k = 0, donc exp(N ) = N et ln(In + N ) = N , donc
k! k!
k=0 k=1
s−1 s−1
X 1 k (−1)k−1 k X
P = X et Q =X .
k! k!
k=0 k=1
(b) Au voisinage de 0, ex = P (x) + ◦ xs−1 et ln(1 + x) = Q(x) + ◦ xs−1 .
— P est la partie régulière du développement limité de exp en 0 à l’ordre s − 1 et Q est la partie régulière
du développement limité de x 7−→ ln(1 + x) en 0 à l’ordre s − 1, avec Q(0) = 0, donc
(c) — L’application exp : Nn (K) −→ Un (K) est bien définie, en effet soit N ∈ Nn (K), alors
n−1
X 1 k
exp(N ) = In + N = In + N 0
k!
k=1
avec N 0 nilpotente comme somme de matrices nilpotentes qui commutent entre elles.
— La question précédente confirme que P (Q(X)) = 1 + X + X s−1 R(X) et Q(P (X) − 1) = X + X s−1 S(X)
avec R(0) = S(0) = 0, ce qui donne en remplaçant X par N , P (Q(N )) = In + N et Q(P (N ) − In ) = N .
— Soit M = In + N ∈ Un (K), alors exp(ln(M )) = exp(ln(In + N )) = P (Q(N )) = In + N = M .
— Soit N ∈ Nn (K), alors ln(exp(N )) = ln(exp(N ) − In + In ) = Q(P (N ) − In ) = N .
Algèbre linéaire
On conclut donc que exp est une bijection de Nn (K) vers Un (K) de bijection réciproque
n−1
X (−1)k
ln : Un (K) −→ Nn (K) définie par ∀M ∈ Un (K), ln(M ) = (M − In )k .
k
k=1
1
38. (a) Soit M = β(In + N ) ∈ W , alors M ∈ Un (C), donc d’après la question précédente, ∃N 0 ∈ Nn (C) tel que
β
1 0
0
exp(N ) = M mais exp : C 7−→ C∗ est surjective, d’où l’existence de β 0 ∈ C tel que β = eβ et par suite
β
exp(β 0 In + N 0 ) = β exp(N 0 ) = M , ce qui montre que β 0 In + N 0 ∈ V est un antécédent de M dans V .
(b) Soit θ ∈ 2πZ et A = iθIn ∈ V , alors exp(A) = In = exp(On ) mais A 6= On , donc exp n’est pas injective.
39. — Montrons d’abord qu’une valeur propre d’une matrice de Sn++ (R) est dans R∗+ .
Soit A ∈ Sn++ (R) et λ ∈ Sp(A), alors ∃X ∈ Mn,1 (R) \ {0} tel que AX = λX, donc t XAX = λt XX, d’où
t
XAX
λ= t > 0.
XX
— Soit M ∈ Sn++ (R), alors le théorème spectral assure l’existence de P ∈ On (R) et D = diag(λ1 , ..., λn ) tel
que M = P DP −1 avec les λi dans R∗+ . L’application exp : R −→ R∗+ étant bijective, donc ∀i ∈ {1, ..., n},
il existe µi ∈ R tel que λi = eµi .
On a alors M = exp(P ∆P −1 ) = exp(P ∆t P ) avec ∆ = diag(µ1 , ..., µn ). Alors S = P ∆t P ∈ Sn (R) et
M = exp(S).