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Propriétés des matrices nilpotentes et antisymétriques

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Problème de mathématiques: MP Enoncé

Algèbre linéaire

Dans tout le problème, on se donne n > 2 un entier et on note


— K désigne R ou C.
— Mn (K) l’ensemble des matrices carrées de taille n à coefficients dans K
— On la matrice nulle et In la matrice identité
— t A la transposée d’un élément A de Mn (K)
— Ei,j ∈ Mn (K) la matrice dont tous les coefficients sont nuls sauf celui de la ligne i et de la colonne j
— Sn (K) l’ensemble des matrices symétriques de Mn (K)
— Nn (K) l’ensemble des matrices nilpotentes de Mn (K), c’est à dire des A ∈ Mn (K) telles qu’il existe un entier
p avec Ap = On .

Partie I: Questions de cours

1. Quelle est la dimension de Mn (K) ? En donner sans justification une base.


2. Soient i, j, k, ` ∈ [|1, n|]. calculer le produit des matrices Ei,j et Ek,` .
On montrera en particulier que ce produit est nul lorsque j 6= k.
3. Enoncer le théorème de Cayley-Hamilton.
4. Donner une condition nécessaire et suffisante pour que M ∈ Mn (K) soit trigonalisable dans Mn (K).

Partie II: Propriétés élémentaires

Dans cette partie A est un élément de Nn (K)

5. La matrice A peut-elle être inversible ? Justifier votre réponse.


6. On note Sp(A) le spectre de A, c’est à dire l’ensemble des valeurs propres complexes de la matrice A. Déterminer
Sp(A) et donner le polynôme caractéristique de A.
7. Donner une condition nécessaire et suffisante pour que A soit diagonalisable.
8. Montrer que le sous-espace vectoriel de Mn (K) engendré par A, noté Vect(A), est inclus dans Nn (K).
9. Vérifier que t A ∈ Nn (K).
10. Montrer que si M est semblable à A, alors M ∈ Nn (K).
11. Montrer que An = On .
12. En déduire qu’une condition nécessaire et suffisante pour que M ∈ Mn (K) soit nilpotente est que M n = On .
On pourra admettre ce résultat et l’utiliser dans la suite du problème.
13. Montrer que A est trigonalisable dans Mn (K). Quel est le rang maximal de A ?
14. Soient B, C ∈ Mn (K).
(a) On suppose que BC ∈ Nn (K). Prouver alors que CB ∈ Nn (K).
(b) Ici, on suppose de plus que B ∈ Nn (K) et AB = BA. Montrer que AB ∈ Nn (K) et que A + B ∈ Nn (K).
15. Déterminer l’ensemble de toutes les matrices symétriques réelles appartenant à Nn (K).
16. Dans cette question on suppose que la matrice nilpotente A est réelle et antisymétrique.
(a) Prouver que A2 = On .
(b) En déduire l’ensemble de toutes les matrices antisymétriques appartenant à Nn (R)
Indication: on pourra utiliser la trace.

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Problème de mathématiques: MP Enoncé

Algèbre linéaire

Partie III: Exemples

Dans cette partie, M est une matrice de Mn (K).


17. Dans cette question, on prend M = (mi,j )16i,j6n ∈ Mn (K) définie par :
(
2 0 si i > j
∀(i, j) ∈ [|1, n|] , mi,j =
1 sinon

c’est à dire  
0 1 1 ... 1
0 0 1 ... 1
 
. .. .. .. 
 ..
M = . . .

 
0 0 0 ... 1
0 0 0 ... 0
(a) Déterminer les éléments propres (valeurs propres et sous-espaces propres) de la matrice M .
(b) On pose S = M + t M . A-t-on S ∈ Nn (K) ?
Montrer que S 2 ∈ Vect(In , S). Déterminer alors les éléments propres de la matrice S.
(c) Nn (K) est-il un sous-espace vectoriel de Mn (K) ?
18. Dans cette question on prend n = 2.
(a) On suppose que M est de rang 1.
Montrer que M 2 = tr(M )M . En déduire que M est diagonalisable ou nilpotente.
(b) Déterminer une matrice nilpotente de M2 (K) dont la diagonale n’est pas identiquement nulle.
(c) En déduire l’ensemble de toutes les matrices nilpotentes de M2 (K).

Partie IV: Sous-espace engendré par Nn (K)

On définit
• T0 le sous-espace vectoriel de Mn (K) constitué des matrices de trace nulle
• V le sous-espace de Mn (K) engendré par Nn (K) : V = Vect(Nn (K)), c’est à dire l’ensembme de toutes les
combinaisons linéaires (finies) d’éléments de Nn (K).
19. Déterminer la dimension de T0 .
20. Prouver que Nn (K) et V sont inclus dans T0 .
21. Pour tout j ∈ [|2, n|], on note

Fj = E1,1 + E1,j − Ej,1 − Ej,j et Gj = Fj − E1,j + Ej,1

(a) Calculer Fj2 .


(b) Montrer que Gj ∈ V
(c) Soit F la famille de Mn (K) constituée des Ei,j avec i 6= j et i, j ∈ [|1, n|] et de toutes les matrices Gk pour
k ∈ [|2, n|].
Montrer que la famille F est libre dans V .
(d) En déduire que V = T0 .

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Problème de mathématiques: MP Enoncé

Algèbre linéaire

Partie V: Sous-espaces de dimension maximale contenus dans Nn (R)

On note T1 le sous-espace vectoriel de Mn (R) constitué des matrices triangulaires supérieures dont la diagonale est
composée uniquement de 0.
22. Déterminer la dimension de T1 .
23. Montrer que toute matrice nilpotente est semblable à une matrice de T1 .
Indication: On pourra utiliser les résultats de la partie II.
24. Démontrer que Mn (K) = Sn (R) ⊕ T1 .
25. Soit F un sous-espace vectoriel de Mn (R) contenu dans Nn (R) dont la dimension est notée d.
n(n−1)
(a) On suppose que d > 2 . Démontrer que dim(Sn (R) ∩ F ) > 0. Conclure.
(b) Quelle est la dimension maximale d’un sous-espace de Mn (R) contenu dans Nn (R) ? Donner un exemple
de tel sous-espace.

Partie VI: Un peu de topologie

Mn (K) est muni de sa structure d’espace vectoriel normé de dimension finie.


26. Montrer que Nn (K) est une partie fermée de Mn (K).
27. Montrer que Nn (K) est étoilé. Déduire.
28. Soient A ∈ Nn (K), α ∈ K et M = αIn + A.
Montrer que det(M ) = αn . En déduire que toute boule ouverte de centre A contient au moins une matrice de
rang n puis que l’intérieur de Nn (K) est vide.
29. Soit F un sous-espace de Mn (K). Montrer que si l’intérieur de F est non vide, alors F = Mn (K).
Retrouver alors le résultat de la question précédente.

Partie VII: Deux autres résultats

Soient A ∈ Nn (K), α ∈ R∗ et M = In + αA.


30. On sait que M est inversible. Calculer son inverse à l’aide des puissances de la matrice A.
Indication: On pourra utiliser une suite géométrique.
31. Donner sans démonstration le développement en série entière de la fonction x 7→ (1 + x)1/2 .
32. Montrer qu’il existe une matrice B ∈ Mn (K) telle que B 2 = M . On exprimera B comme un polynôme de la
matrice A.

Partie VIII: Toute matrice antisymétrique réelle est diagonalisable sur C

33. Soit N ∈ Nn (C) nilpotente d’indice s, où s est un entier naturel non nul.

(a) Montrer que In , N, . . . , N s−1 est une famille libre.
s−1 k
X t
(b) Pour tout nombre complexe λ et tout réel t, exprimer exp (t (λIn + N )) en fonction de λ, t et Nk
k!
k=0
34. Soit A ∈ Mn (C) qui admet λ ∈ C comme unique valeur propre.
(a) Montrer que N = A − λIn est nilpotente.
(b) Montrer que les solutions du système X 0 = AX sont toutes bornées sur R si, et seulement si, λ est imaginaire
pur et A = λIn
Yq
n
35. Soit A ∈ Mn (C) , dont le polynôme caractéristique est Q = (X − λi ) i , les λ1 , . . . , λq sont deux à deux
i=1
distincts, q ∈ N∗ , n1 , n2 , . . . , nq sont des entiers naturels non nuls.
Soit f l’endomorphisme de C canoniquement associé à A.

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Problème de mathématiques: MP Enoncé

Algèbre linéaire

(a) Montrer qu’il existe une base de Cn dans laquelle la matrice de f est diagonale à q blocs.
(b) Montrer que les solutions du système X 0 = AX sont toutes bornées sur R si, et seulement si, λ1 , . . . , λq
sont imaginaires purs et A est diagonalisable.
36. Montrer que toute matrice réelle antisymétrique est diagonalisable sur C, et que ses valeurs propres sont imagi-
naires pures.

Partie IX: Matrices unipotentes

Soit M ∈ Mn (K) , on dit que M est une matrice unipotente si M = In + N, avec N est une matrice nilpotente. On
note Un (K) l’ensemble des matrices unipotentes de Mn (K) .
Pour toute matrice N de Nn (K), on définit la fonction ln par:
+∞
X (−1)k−1
ln (In + N ) = Nk
k
k=1

37. Soit N une matrice nilpotente de Mn (K) d’indice de nilpotence s > 2


(a) Montrer qu’il existe deux polynómes P et Q de même degré r tels que:
exp(N ) = P (N ) et ln (In + N ) = Q(N )
(b) Montrer qu’au voisinage de 0, P (Q(x)) = 1 + x + o (xr ) et Q(P (x) − 1) = x + o (xr )
(c) Montrer que exp est une application bijective de l’ensemble Nn (K) vers l’ensemble Un (K) et déterminer sa
bijection réciproque.
38. On pose V = {αIn + N, α ∈ C et N ∈ Nn (C)} et W = {β (In + N ) , β ∈ C∗ et N ∈ Nn (C)}
(a) Montrer que exp est une application surjective de V vers W
(b) exp est-elle injective de V vers W ? Justifier votre réponse.
39. On note Sn++ (R) le sous ensemble de Mn (R) constitué par les matrices symétriques définies positives c’est à dire
les matrices symétriques A qui vérifient

∀X ∈ Mn,1 (R) \{0},t XAX > 0

Montrer que exp est une application surjective de Sn (R) vers Sn++ (R)

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Problème de mathématiques: MP Correction

Algèbre linéaire

Partie I: Questions de cours

1. Mn (K) est de dimension n2 , et une base en est la famille des matrices (Ei,j )16i,j6n .
2. Posons Ei,j = (δp,i δq,j )16p,q6n et Ek,` = (δp,k δq,` )16p,q6n , avec δ désigne le symbole de Kronecker. ap,q le
coefficient de position (p, q) dans la matrice Ei,j Ek,` , vaut
n
X
ap,q = δp,i δr,j δr,k δq,`
r=1
n
X
= δp,i δq,` δr,j δr,k
r=1
| {z }
=δj,k

Avec Ei,` = (δp,i δq,` )16p,q6n , alors la fameuse formule Ei,j Ek,` = δj,k Ei,`
3. Théorème de Cayley-Hamilton : le polynôme caractéristique d’une matrice carrée en est un polynôme annulateur.
4. Une matrice de Mn (K) est diagonalisable, si et seulement si, son polynôme caractéristique est scindé dans K.

Partie II: Propriétés élémentaires

Soit p ∈ N∗ tel que Ap = On


5. Puisque A est une matrice nilpotente, il existe un entier naturel p tel que Ap = 0; ainsi det (Ap ) = 0, et
det(A) = 0: A n’est pas inversible.
6. Soit (λ, X) un couple (valeur propre, vecteur propre) de A dans C : X 6= 0 et AX = λX. Par récurrence sur
l’entier naturel k, on démontre alors que Ak X = λk X pour tout k. En particulier, , Ap X = 0 = λp X, et, puisque
X 6= 0, λp = 0, soit λ = 0 : Sp(A) = {0}.
Comme χA est scindé dans C, que son terme de plus haut degré est X n , et enfin que χA n’admet que 0 comme
racine, χA = X n
7. Si A est diagonalisable, A est semblable à la matrice diagonale dont tous les éléments diagonaux sont nuls : A
est la matrice nulle. Ainsi, A est diagonalisable et nilpotente si et seulement si A est la matrice nulle.
8. Vect (A) est l’ensemble des matrices de la forme kA, où k est un réel. Or(kA)p = k p Ap = 0 quel que soit le réel
k. Ainsi Vect(A) ⊂ Nn (K)
p t
9. t A = (Ap ) = On , donc t A ∈ Nn (K).
10. Si M est semblable à A, il existe une matrice P de Mn (K) , inversible, telle que M = P −1 AP . On démontre alors
que M k = P −1 Ak P pour tout entier naturel k, et l’on en déduit que M p = 0 : M ∈ Nn (K)
11. Puisque χA = X n , alors par le théorème de Cayley-Hamilton An = χA (A) = On .
12. Soit M ∈ Mn (K)
⇐) Si M n = On , alors M est nilpotente
⇒) Si M est nilpotente, d’après la question (11), M n = On
13. χA = X n est scindé, donc A est trigonalisable dans Mn (K) et Sp (A) = {0}. Alors dim Ker(A) > 1 et par le
théorème du rang
rg(A) = n − dim Ker(A) 6 n − 1
Ainsi le rang maximal de A est n − 1
14. Soit B, C ∈ Mn (K).
q
(a) Soit q ∈ N∗ tel que (BC) = 0. Par associativité du produit matriciel
q+1 q
(CB) = C (BC) B = On

On conclut alors que CB ∈ Nn (K).


(b) Soit q ∈ N∗ tel que B q = On

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Problème de mathématiques: MP Correction

Algèbre linéaire

max(p,q)
— On a (AB) = Amax(p,q) B max(p,q) = On , donc AB ∈ Nn (K)
p+q
— On développe (A + B) , par la formule du binôme de Newton, puisque A et B commutent.
p+q
X
p+q k
(A + B) = Cp+q Ak B p+q−k
k=0
p−1
X p+q
X
k
= Cp+q Ak B p+q−k + k
Cp+q Ak B p+q−k
k=0 k=p

La première somme vaut On puisque les puissances de B y sont supérieures à q, et la seconde car les
puissances de A sont supérieures à p. Donc A + B ∈ Nn (K).
15. Une matrice symétrique réelle étant toujours diagonalisable, elle n’est nilpotente que si elle est nulle
16. Dans cette question on suppose que la matrice nilpotente A est antisymétrique.
(a) On vérifie facilement que A2 est symétrique, et nilpotente, donc A2 = 0
(b) On fait appel à la norme euclidienne, on a
2 t
AA = −Tr A2 = 0
 
k A k2 = Tr

Donc A = On

Partie III: Exemples

17. (a) 0 est la seule valeur propre de M , d’ordre de multiplicité n. La dimension du sous-espace propre de M
associé à la valeur propre 0 est n = rg(M ) = n − (n − 1) = 1
(b) — S = M + t M est une matrice symétrique non nulle : elle n’est pas nilpotente. Donc S ∈
/ Nn (K)
— Soit Jn = (1)16i,j6n ∈ Mn (R), on a S = Jn − In . On rappelle que Jn2 = nJn et par conséquent,

S2 = (Jn − In )2 = Jn2 − 2Jn + In = (n − 2)Jn + In


= (n − 2)(S + In ) + In = (n − 2)S + (n − 1)In

Donc S 2 ∈ Vect(In , S).


— Le polynôme X 2 − (n − 2)X − (n − 1) = (X + 1) (X − (n − 1)) est annulateur de S et puisque S n’est
pas une homothétie, alors ce polynôme est le polynôme minimal de S, ainsi Sp (S) = {−1, n − 1}.
    ⊥
 x1
 n 
 1
 ..  X  .. 
— E−1 (S) =  .  ∈ Mn,1 (R) , xi = 0 = Vect .  est un hyperplan
 
 i=1 
xn 1
 
1
 .. 
— En−1 (S) = Vect .  est une droite vectoriel
1
(c) M est t M sont toutes deux nilpotentes, mais leur somme ne l’est pas : Nn (K) n’est pas un sous-espace
Mn (K)
18. Dans cette question on prend n = 2.
(a) On suppose que M est de rang 1
— Ici, χM = X 2 − Tr (M ) X + det(M ). Puisque M est de rang 1, det(M ) = 0, et le théorème de Cayley-
Hamilton permet d’écrire M 2 = tr(M )M
— Si Tr (M ) = 0, M est nilpotente. Sinon, M annule le polynôme scindé à racines simples X (X − Tr (M )),
et M est diagonalisable
 
1 −1
(b) M = convient
1 −1

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Problème de mathématiques: MP Correction

Algèbre linéaire

(c) Soit A ∈ M2 (K) nilpotente


— Si A = On , c’est fini
— Si A est non nulle. Alors rg(A) = 1, d’après la question précédente, de trace nulle. Alors A est de la
 
a b
forme avec a2 + bc = det(A) = 0.
c −a
Finalement,   
a b 2
N2 (K) = , a, b, c ∈ K et a + bc = 0
c −a

Partie IV: Sous-espace engendré par Nn (K)

19. T0 est le noyau de la forme linéaire non nulle trace: c’est un hyperplan de Mn (K) , de dimension n2 − 1
20. Une matrice nilpotente de Mn (K) est semblable à une matrice triangulaire à éléments diagonaux nuls: sa trace
est nulle, de même que la trace de toute combinaison linéaire de matrices nilpotentes.
21. Pour tout j ∈ [|2, n|], on note

Fj = E1,1 + E1,j − Ej,1 − Ej,j et Gj = Fj − E1,j + Ej,1


 
1 0 ··· 0 1 0 ··· 0
0
 0 ··· 0 0 0 · · · 0 
 . .. .. .. .. .. 
 .. . . . . .
 
0 0 ··· 0 0 0 · · · 0
 
(a) Fj =   est une matrice de rang 1. Donc Fj2 = tr (Fj ) Fj = 0 puisque
−1 0 ··· 0 −1 0 · · · 0
 
0 0 ··· 0 0 0 · · · 0
 .. .. .. .. .. .. 
 
 . . . . . .
0 0 ··· 0 0 0 ··· 0
tr (Fj ) = 0
(b) Fj , E1,j et Ej,1 sont nilpotentes. Gj est donc une combinaison linéaire de matrices nilpotentes, et Gj ∈ V
(c) On remarque que Gk = Ek,k −E1,1 . Une combinaison linéaire nulle de matrices de la famille F est donc une
combinaison linéaire nulle des matrices élémentaires, avec les mêmes coefficients concernant celles autres
que E1,1 . Ces coefficients, qui sont ceux de la combinaison initiale, sont donc tous nuls, et F est libre, dans
V puisque que toutes les matrices de F sont dans V .
(d) V est donc un sous-espace de T0 de dimension au moins n2 − 1 : V = T0

Partie V: Sous-espaces de dimension maximale contenus dans Nn (R)

n(n − 1)
22. Une base de T1 est la famille (Ei,j )16i<j6n , de cardinal
2
23. Toute matrice nilpotente est trigonalisable dont la seule valeur propre 0
24. Tout d’abord, Sn (R) ∩ T1 = {On } . Ensuite la somme des dimensions de ces deus-espaces de Mn (R) vaut n2 , soit
la dimension de Mn (R) . Ainsi, Sn (R) et T1 sont supplémentaires dans Mn (R)
25. (a) Par l’absurde, si on suppose que dim(Sn (R) ∩ F ) = 0, alors Sn (R) et F sont en somme directe, et la
n(n + 1)
dimension de Sn (R) ⊕ F est égale à + d > n2 , ce qui n’est guère raisonnable pour un sous-espace
2
de Mn (R) . Donc dim(Sn (R) ∩ F ) > 0. Mais alors il y a dans F des matrices symétriques, nilpotentes, autres
que la matrice nulle. C’est à nouveau absurde, et cette fois, c’est l’hypothèse d > n(n−1)
2 qui est fausse.
n(n − 1)
Finalement d 6 .
2
(b) La dimension d’un sous-espace de Mn (R) contenu dans Nn (R) est inférieure à n(n−1) 2 . Puisque T1 est un
sous-espace de Mn (R) contenu dans Nn (R) et de dimension n(n−1)2 , la dimension maximale d’un sous-espace
n(n−1)
de Mn (R) contenu dans Nn (R) est exactement 2

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Problème de mathématiques: MP Correction

Algèbre linéaire

Partie VI: Un peu de topologie

26. Soit (Ak ) une suite convergente d’éléments de Nn (K) . Notons A sa limite. Pour tout k, Ank = 0, et, par continuité
de l’application X ∈ Mn (K) 7→ X n , polynômiale en les éléments de X, An = 0 Tout point adhérent à Nn (K) est
dans Nn (K) , et Nn (K) est une partie fermée de Mn (K)
27. Soit A ∈ Nn (K), alors pour tout t ∈ [0, 1], on a tA ∈ Nn (K), donc [On , A] ⊂ Nn (K). On conclut que Nn (K) est
étoilé en On , puis il est connexe par arcs
28. — αIn + A est semblable à une matrice αIn + T, où T ∈ T1 . Cette matrice, triangulaire avec des α sur la
diagonale,
— Toute les normes étant équivalentes, on décide d’utiliser sur Mn (K) la norme M = (mi,j ) 7→ max (|mi,j |)
pour laquelle In est de norme 1. Soit r un réel strictement positif, et t ∈] − r, r[ non nul. La matrice A + tIn
est à une distance de A égale à |t|, donc infrieure strictement à la boule ouverte A et de rayon r. Son
déterminant vaut tn , c’est une matrice inversible, c’est-à-dire de rang n, et donc non nilpotente. On en
déduit qu’aucun point de Nn (K) n’est intérieur à Nn (K) , ou encore que Nn (K) est d’intérieur vide.
29. On considère un sous-espace F de Mn (K) d’intérieur non vide : F contient une boule ouverte, B(M, r).
Soit alors M̃ ∈ Mn (K) , differente de M. Notons α la distance de M à M f. La matrice M + t(M f − M ) appartient
r
à B(M, r) dès que |t| < α
f = 1 · (M + t(M
Prenons t 6= 0 vérifiant cette condition. Alors M f − M )) + t−1 .M, qui est une combinaison linéaire
t t
d’éléments de F. Ainsi M f ∈ F et F = Mn (K)
Supposons alors Nn (K) d’intérieur non vide. Le sous-espace V engendré par Nn (K) , contient Nn (K) , et est
donc lui aussi d’intérieur non vide. C’est donc Mn (K) , absurde

Partie VII: Deux autres résultats

30. Puisque In et A commutent, alors


n−1
X
n k
In − (−αA) = (In + αA) (−αA)
k=0

n−1
X n−1
X
k k
Compte tenu de ce que An = On , il vient M. (−αA) = In : M est inversible et son inverse est (−αA)
k=0 k=0
31. Pour tout réel α, et tout x ∈] − 1, 1[, on a:
+∞
X α(α − 1) . . . (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + x
n=1
n!

1
Lorsque α = , et pour tout entier naturel n > 1
2
   
1 1 1
α(α − 1) . . . (α − n + 1) = − 1 ... −n+1
2 2 2
1
= (−1).(−3) · · · (−(2n − 3))
2n
(−1)n−1 1.2.3. · · · (2n − 2)
= .
2n 2.4 · · · (2n − 2)
n−1
(−1) (2n − 2)!
= . n−1
2n 2 .(n − 1)!
n−1
(−1) (2n − 2)!
= .
22n−1 (n − 1)!
Finalement
+∞
√ X (−1)n−1 (2n − 2)! n
1+x=1+ . x
n=1
22n−1 n!(n − 1)!

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Problème de mathématiques: MP Correction

Algèbre linéaire

Soit 
√ +∞
X 1
 si k = 0
1+x= ak xk avec ak = (−1)k−1 (2k − 2)!
k=0  2k−1 .
 si k > 1
2 k!(k − 1)!
+∞
X
32. On prend B = a k α k Ak .
k=0
X
— La série ak αk Ak convergence. En fait, la somme reste finie, puisque les puissances de A sont nulles à
k>0
n−1
X
partir du rang n et B = ak αk Ak .
k=0
√ 2
— Puisque 1 + x = 1 + x, par unicité des développements en séries entières et en utilisant le produit de
Cauchy, (
k
X 1 si k ∈ {0, 1}
a` ak−` =
`=0 0 sinon
On calcule alors B 2 ,
n−1
!2
X
2 k k
B = ak α A
k=0
n−1 k
!
X X
= a` ak−` α k Ak
k=0 `=0
= In + αA = M

Partie VIII: Toute matrice antisymétrique réelle est diagonalisable sur C

33. Soit N ∈ Nn (C) nilpotente d’indice s, où s est un entier naturel non nul.

(a) Si In , N, . . . , N s−1 est liée, alors deg(ΠN ) 6 s − 1, ce qui contredit ΠN = X s .
(b) Les deux matrices tλIn et tN commutent, donc

exp(t(λIn + N )) = exp(tλIn ). exp(tN )


s−1 k
X t
Mais la matrice tλIn est diagonale et tN est nilpotente, alors exp(tλIn ) = etλ In et exp(tN ) = N k.
k!
k=0
Ainsi
s−1 k
X t
exp(t(λIn + N )) = etλ Nk
k!
k=0

34. (a) χA = (X − λ) , donc d’après le théorème de Cayley-Hamilton, (A − λIn )n = 0 et par suite A − λIn est
n

nilpotente.
(b) Les solutions de X 0 = AX sont X(t) = exp(tA)X(0) où X(0) ∈ Mn,1 (C).
— Si A = λIn et λ ∈ iR, alors la solution est X(t) = eλt X(0) et donc pour n’importe qu’elle norme k.k
sur Mn,1 (C) kX(t)k = kX(0)k, donc t 7−→ X(t) est bornée.
— Si t 7−→ X(t) est bornée pour tout X(0), alors le choix de X(0) ∈ Ker(N ) \ {0}, donne X(t) = eλt X(0)
est bornée, ce qui exige λ ∈ iR.
/ Ker(N s−1 ), alors
— Choisissons maintenant X(0) ∈
s−1 k
X t |t|s−1
kX(t)k = eλt . N k (X(0)) ∼ kN s−1 (X(0))k
k! +∞ (s − 1)!
k=0

est bornée, ce qui exige s = 1, c’est à dire N = 0 et par suite A = λIn .

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Problème de mathématiques: MP Correction

Algèbre linéaire

On conclut que X est bornée sur R ssi, Re(λ) = 0 et A = λIn .


Mq
35. (a) Le lemme des noyaux entraine que Cn = Ker((f − λi idCn )ni ).
i=1
q
[
Soit B = Bi une base adaptée à cette somme directe, alors la matrice de f dans cette base est de la
i=1
 
A1
forme: 
 ..  où Ai ∈ Mni (C) admettant λi comme seule valeur propre.

.
Aq
 
exp(tA1 )
(b) Les solutions de X 0 = AX sont X(t) = exp(tA)v où v ∈ Mn,1 (C), or exp(tA) = 
 .. .

.
exp(tAq )
etAi − λi Ini est nilpotente , donc d’après la question précédente, t 7−→ exp(tAi ) est bornée ssi, λi est
imaginaire pure et Ai = λi Ini .
On conclut que t 7−→ exp(tA) est bornée ssi, ∀i ∈ {1, ..., q}, Re(λi ) = 0 et Ai = λi Ini ssi, la matrice de f
 
λ 1 I n1
dans la base B est 
 ..  ssi, ∀i ∈ {1, ..., q}, Re(λi ) = 0 et A est diagonalisable.

.
λq Inq
t
36. L’antisymétrie de A entraine que (exp(tA)) = exp(tt A) = exp(−tA) = (exp(tA))−1 , donc exp(tA) est or-
thogonale, ce qui assure la bornitude de t 7−→ exp(tA) et par la question précédente, A est diagonalisable et
Sp(A) ⊂ iR.

Partie IX: Matrices unipotentes

s−1 s−1
X 1 k X (−1)k−1 k
37. (a) Pour tout k > s, on a N k = 0, donc exp(N ) = N et ln(In + N ) = N , donc
k! k!
k=0 k=1
s−1 s−1
X 1 k (−1)k−1 k X
P = X et Q =X .
k! k!
k=0 k=1
 
(b) Au voisinage de 0, ex = P (x) + ◦ xs−1 et ln(1 + x) = Q(x) + ◦ xs−1 .
— P est la partie régulière du développement limité de exp en 0 à l’ordre s − 1 et Q est la partie régulière
du développement limité de x 7−→ ln(1 + x) en 0 à l’ordre s − 1, avec Q(0) = 0, donc

1 + x = eln(1+x) = P (Q(x)) + ◦ xn−1




— P − 1 est la partie régulière du développement limité de ex − 1 en 0 à l’ordre s − 1 et Q est la partie


régulière du développement limité de x 7−→ ln(1 + x) en 0 à l’ordre s − 1, avec P (0) − 1 = 0, donc

x = ln (ex ) = Q (P (x) − 1) + ◦ xn−1




(c) — L’application exp : Nn (K) −→ Un (K) est bien définie, en effet soit N ∈ Nn (K), alors
n−1
X 1 k
exp(N ) = In + N = In + N 0
k!
k=1

avec N 0 nilpotente comme somme de matrices nilpotentes qui commutent entre elles.
— La question précédente confirme que P (Q(X)) = 1 + X + X s−1 R(X) et Q(P (X) − 1) = X + X s−1 S(X)
avec R(0) = S(0) = 0, ce qui donne en remplaçant X par N , P (Q(N )) = In + N et Q(P (N ) − In ) = N .
— Soit M = In + N ∈ Un (K), alors exp(ln(M )) = exp(ln(In + N )) = P (Q(N )) = In + N = M .
— Soit N ∈ Nn (K), alors ln(exp(N )) = ln(exp(N ) − In + In ) = Q(P (N ) − In ) = N .

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Problème de mathématiques: MP Correction

Algèbre linéaire

On conclut donc que exp est une bijection de Nn (K) vers Un (K) de bijection réciproque
n−1
X (−1)k
ln : Un (K) −→ Nn (K) définie par ∀M ∈ Un (K), ln(M ) = (M − In )k .
k
k=1
1
38. (a) Soit M = β(In + N ) ∈ W , alors M ∈ Un (C), donc d’après la question précédente, ∃N 0 ∈ Nn (C) tel que
β
1 0
0
exp(N ) = M mais exp : C 7−→ C∗ est surjective, d’où l’existence de β 0 ∈ C tel que β = eβ et par suite
β
exp(β 0 In + N 0 ) = β exp(N 0 ) = M , ce qui montre que β 0 In + N 0 ∈ V est un antécédent de M dans V .
(b) Soit θ ∈ 2πZ et A = iθIn ∈ V , alors exp(A) = In = exp(On ) mais A 6= On , donc exp n’est pas injective.
39. — Montrons d’abord qu’une valeur propre d’une matrice de Sn++ (R) est dans R∗+ .
Soit A ∈ Sn++ (R) et λ ∈ Sp(A), alors ∃X ∈ Mn,1 (R) \ {0} tel que AX = λX, donc t XAX = λt XX, d’où
t
XAX
λ= t > 0.
XX
— Soit M ∈ Sn++ (R), alors le théorème spectral assure l’existence de P ∈ On (R) et D = diag(λ1 , ..., λn ) tel
que M = P DP −1 avec les λi dans R∗+ . L’application exp : R −→ R∗+ étant bijective, donc ∀i ∈ {1, ..., n},
il existe µi ∈ R tel que λi = eµi .
On a alors M = exp(P ∆P −1 ) = exp(P ∆t P ) avec ∆ = diag(µ1 , ..., µn ). Alors S = P ∆t P ∈ Sn (R) et
M = exp(S).

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