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Apprendre le Dessin : Le Programme

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2

Apprendre le
Dessin

LE PROGRAMME
e Édition
2
YOAN N B OMAL
3

Ce livre est sous licence Creative Common 4.0 « Attribution - Pas d'Utilisation
Commerciale - Pas de Modification 4.0 International », ce qui signifie que vous êtes
libre de le distribuer à qui vous voulez, à condition de ne pas le modifier, et de
toujours citer l’auteur Yoann Bomal comme l’auteur de ce livre, et d’inclure un lien
vers [Link]

« Apprendre Le Dessin : Le Programme » de Yoann Bomal est mis à disposition


selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation
Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à
[Link]
4

REME R C I EMENTS

Je tiens à remercier les personnes suivantes qui m'ont apportées leur aide
pendant l'élaboration de ce projet et qui m'ont apportées leur soutien pendant les
années d'apprentissage !

Merci à Zoé de m'avoir aidé à mettre en page la nouvelle édition de ce livre.

Merci à Mélody Cisinsky, Cynthia Flores, Magali Heu, Caroline Corbisez, Anna
Lubinski, Nicolas Capitaine, Matthieu Gosselin, Kristof Serrand, Glen Vilppu, Steve
Mason, Dan NGuyen, Jean-Claude Tran, Andrew Gordon, Sandro Cleuzo, Carlo
Vogele, Lloyd Price, Andy Symanowski, Dawn Ernster Yamazi, Emily Metcalfe,
Augustin Clermont, Hélène Leroux, Nölwenn Roberts.

Plus généralement Merci à tous les profs et intervenants à Gobelins, aux artistes
rencontrés aux studios Aardman, à Pixar Animation Studios et à Nicolas Prothais
des Walt Disney Studios.

Merci aux artistes qui m'ont inspirés et motivés, Walt Disney, Chuck Jones, Tex
Avery, Milt Kahl, Frank Thomas, Ollie Johnson, Ward Kimball, Marc Davis, Glen
Kean, Andreas Deja, Aaron Blaise, Jim Kim, John Nevarez, Sandro Cleuzo, Kristof
Serrand, Nicolas Marlet, Octavio Rodriguez, Mael Gourmelen, Franquin, Peter de
Sève, Leo Matsuda, Shane Glines, Shane Prigmore, Stan Prokopenko, Brittney Lee,
David Colman, Charlie Chaplin, Michael Jackson.

Merci à ma Line.

Merci à mon père Yvon, ma mère Gisèle et mon grand-père Robert.

Je dédie ce livre à mes frères Alexis et Victor, qu'ils trouvent aussi en eux la force de
transformer leur rêve en réalité.
5

AVAN T - P ROPOS

Hey guys !

Avant de commencer, je tiens à vous remercier d'avoir téléchargé le PDF de


mon livre "Apprendre Le Dessin : Le Programme". Je partage dans ce livre le
"Programme", c'est-à-dire ma version de la méthode qui m'a permis de faire
progresser de façon fulgurante mon niveau de dessin en peu de temps. Ce
programme vient en grande partie de l'enseignement de MyLyDy dont j'ai suivi les
cours et qui a également été mon "entraîneur" en me poussant à travailler sans
relâche pour atteindre mon objectif : réussir le concours des Gobelins. Vous
trouverez dans ce livre toutes les informations nécessaires pour obtenir les
mêmes résultats que moi, il ne tient qu'à vous de suivre ce Programme avec la
ténacité et la vigueur qu'il faut pour atteindre vos propres objectifs ! Avec du
travail et de la discipline, tout est possible ! Cheers !

Yo
6

Apprendre Le Dessin : Le Programme 2

Remerciements 4

Avant-Propos 5

Introduction 8

Chapitre 1 13

Enfance et premiers pas dans le dessin 14

Chapitre 2 18

La préparation aux Gobelins 19

Chapitre 3 24

Les Principes du Programme 25

Le programme 28

Chapitre 4 29

Échauffement 30

Chapitre 5 37

Anatomie/Morphologie 38

Chapitre 6 46

Gesture 47
7

Chapitre 7 60

Dessin d'observation 61

Chapitre 8 70

Etude d'Univers Graphique & Comment trouver son style 71

Chapitre 9 76

Etude de Composition 77

Chapitre 10 84

Tenir son carnet de Croquis 85

Épilogue 93

Quelques liens 98

Sources pour faire le programme 99

Rejoins-nous sur le discord 102

Pour s'y retrouver 103


8

INTRODUCTION
9

IN T R ODUCTION

Peut-être avez-vous déjà essuyé les plates-bandes des méthodes miracles qui
vous promettent de pouvoir dessiner en 10 leçons ou en 3 jours. Peut-être en
êtes-vous revenus en constatant la supercherie de l’accroche et l’inconsistance de
la méthode. Vous avez certainement compris qu’apprendre à dessiner ne se
résume pas à une succession de 10 exercices simples qui, réalisés une fois, même
avec application, permettent de rejoindre le niveau d’un Michel-Ange. Il n’y a pas
de secret caché pour savoir dessiner, la réponse est dans la question : comment
faire pour apprendre à bien dessiner ?

©Peter de Sève - [Link]

Et bien il faut dessiner, dessiner et dessiner. Comme pour beaucoup de choses


dans la vie, c’est en faisant qu’on apprend. C’est donc la seule chose que l’on peut
concéder à ces méthodes, la première partie de leur promesse : Apprendre à
Dessiner... Si vous lisez ces lignes, vous devez surement déjà en être convaincu
mais tordons définitivement le cou à cette fausse idée, OUI savoir dessiner, je
veux dire savoir VRAIMENT dessiner comme les plus grands artistes actuels, cela
s’apprend ! J’irai même plus loin, il n’est ici aucune question de talent, le talent est
seulement synonyme de facilité.
10

Oui, certains naissent avec une certaine facilité pour dessiner. Nous avons tous
autour de nous des personnes qui nous disent qu’ils dessinent depuis qu’ils sont
en âge de tenir un crayon. Depuis leur plus tendre enfance, ils redessinent les
personnages des films de Disney avec une facilité déconcertante ou font des
caricatures plus vraies que nature de leurs camarades de classe. Ces personnes
chanceuses auront moins à travailler pour atteindre un bon niveau en dessin, je
vous l'accorde. Pour toutes les autres, il reste le travail, l’apprentissage, qui
permettra à terme de dessiner avec le même “talent”, avec la même dextérité,
facilité et surtout avec le même résultat. Les “Happy Few”, comprenez, les
“Quelques Heureux élus” que l’on qualifie souvent de Génies dans leur domaines,
seront ceux qui allieront à un talent précoce un travail acharné et passionné tout
au long de leur vie pour atteindre une forme d’excellence.

En jetant un œil sur l’histoire et dans différents domaines, les noms de Mozart,
Michael Jackson ou encore Michael Jordan viennent à l’esprit, ces personnes qui
ont su ne pas se reposer sur un talent précoce mais fructifier leur art, décupler
leur facilité par un travail acharné. Nous voyons donc les deux faces de la pièce
qui nous permettra d’atteindre un niveau proche de l’excellence. Premièrement, le
travail qui ne se mesurera pas en nombre d’exercices mais en nombre d’heures
passées à gratter le papier. Deuxièmement, la passion pour le dessin comme
moteur. Ce programme s’adresse donc à 2 catégories de personnes dont j’espère
vous faites partie :

Les personnes passionnées par le dessin, celles qui ont peut-être eu un


talent précoce et donc ont déjà un petit niveau, mais qui stagnent. Les
mêmes qui veulent passer à la vitesse supérieure et atteindre l’excellence
grâce à une méthode et plus de technique.

Les personnes qui ne savent pas dessiner, qui n’ont peut-être jamais tenu un
crayon de leur vie, mais qui ont une motivation sans faille pour atteindre
également le niveau de l’excellence.
11

Nous posons donc les premières pierres de notre méthode. C’est en dessinant
beaucoup que l’on progresse et c’est en aimant dessiner que l’on dessine
beaucoup.
12

Revenons un peu sur ces personnes qui ont eu un talent précoce pour le
dessin... Ces personnes aiment dessiner depuis qu’ils sont en âge de tenir un
crayon. Effectivement, ils ne peuvent pas passer une journée sans faire un petit
dessin quelque part sur une feuille de papier qui traîne, un coin de cahier ou un
carnet. C’est le moteur de la passion qui les fait progresser et devenir au bout de
quelques années d’excellents dessinateurs. Cependant, il est possible de
transformer ce principe de base pour qu’il puisse s’appliquer à n’importe qui. Il
suffit de remplacer la passion pour le dessin par la motivation de réussir.

Ce fut mon cas, bien que je dessinais un peu étant petit je n’ai jamais réellement
pris de plaisir à dessiner. Ma passion c'était l'Art de l'Animation, le dessin "animé"
donc ! C’est ma passion pour le cinéma d’animation qui m’a forcé à apprendre à
dessiner de façon professionnelle. Aussi, c’est en suivant à la lettre le programme
que je vais vous dévoiler que j’ai pu apprendre à dessiner en moins d'une année et
réussir l’un des concours d'école d'Art les plus difficiles au monde, celui des
Gobelins, l'école de l'image à Paris qui me permis ensuite de réaliser mon rêve
d'enfant : Travailler dans les studios d'animation Disney-Pixar.
13

CHAPITRE 1
14

E N F ANCE ET PRE M I E R S P A S D A N S
L E D ESSIN

Ma passion pour le dessin-animé est apparue extrêmement tôt chez moi. Tous
les enfants regardent des dessins-animés, certes, mais seule une partie d'entre
eux essaieront de percer le secret derrière la magie de l'animation, du dessin qui
s'anime. Comment ça marche ? Comment est-ce possible ? Dans quel univers
parallèle Bugs Bunny vit-il ? Car oui, s'il y a bien une certitude, c'est que Bugs
Bunny, Mickey Mouse ou les Tortues Ninjas sont vivants... quelque part. À mon
époque, le numérique n'existait pas encore, et les caméscopes vidéos que nous
possédions ne permettaient pas de filmer image par image.

Heureusement pour moi, j'ai eu la chance d'avoir un père et un grand-père


merveilleux qui allaient faire tout leur possible pour répondre à mes désirs
d'enfant curieux. Mon grand-père avait une de ces vieilles cameras Super 8, une
vraie camera comme il n'en existera plus jamais, avec de la pellicule et qui
permettait donc de filmer image par image. Je commençais donc mes tests. Dans
un premier temps avec mes jouets, mes figurines de Batman et mes petites
voitures commençaient peu à peu à prendre vie une fois que la pellicule était
développée.
15

Mais je voulais surtout faire du dessin animé, je voulais animer mes dessins.
C'est alors que je fus confronté à un problème bien plus énorme que celui de
l'enregistrement image par image. J'étais bloqué par mon niveau en dessin. Je
n'avais que 8 ans évidemment, et peu d'enfants savent dessiner à cet âge-là, du
moins avec le niveau de rendu que je visais. Cela constituait un réel obstacle à
mes ambitions : faire un vrai cartoon à la Disney. Je commençais alors à dessiner
ou plutôt, à redessiner. Redessiner les images de mes livres pour enfant, Mickey,
Pinocchio, Le Roi Lion, Les tortues ninja, etc.

C'est à cette époque que mon père me fit une surprise, en m'emmenant à une
exposition de dessins originaux de Disney non loin de chez nous. Mon père me dit
d'emporter avec moi mes reproductions qui avaient gagné en qualité avec le
temps, on ne sait jamais. J'ai donc passé une bonne après-midi à sélectionner le
meilleur du meilleur de mon oeuvre. Je me rappelle très peu de l'exposition je dois
l'admettre, en revanche je me rappelle avoir fait une rencontre qui allait avoir un
impact très important sur ma vie.
16

Pierre Lambert était un nom que je connaissais bien car il est l'auteur d'une
série de livres absolument magnifique sur la production des films Disney. Mon
père m'avait acheté ses livres à chaque Noël, ils étaient pour moi la source de mon
éveil pour le métier d'animateur. On peut effectivement retrouver dans ces livres
tous les dessins de préparation, d'animation, de décors, de recherches des vieux
films Disney et cela dans une qualité d'impression remarquable. C'était l'ancêtre
des Art Book qui se sont beaucoup développés par la suite. Beaucoup des dessins
que je gardais sous mon bras étaient recopiés à partir d'images de ses livres. Je
m'avançais donc vers ce monsieur qui m'impressionnait beaucoup et une fois
introduit par mon père qui lui expliquait ma passion en deux mots, je lui tendais
mes dessins en espérant une réaction au minimum équivalente à : "Génial, tu as
un talent énorme, je n'ai jamais vu cela ! Il faut absolument que je montre tes
dessins aux studios Disney à Los Angeles. Viens avec moi, on prend l'avion. Hein ?
Tu as 10 ans ? Ce n'est pas grave, l'administration américaine est très ouverte, il y
a des dérogations pour ceux qui souhaitent vivre le rêve américain. Come On ! Tu
vas animer sur le prochain film des studios Disney".

Curieusement, la réaction de l'écrivain fut tout autre. Il inspectait mes dessins,


aucune lueur ne semblait naître dans ses yeux et semblait avoir décidé de mon
sort dès le premier dessin de la pile. Il me regarda dans les yeux et me dit la chose
suivante : "C'est très bien tes dessins, mais pour apprendre vraiment à dessiner,
tu dois arrêter de recopier les dessins des autres. Tu dois apprendre à dessiner
par toi même, à dessiner ce qu'il y a autour de toi. Tes dessins manquent de
volume. Si tu veux devenir animateur, tu dois pouvoir dessiner un personnage à
partir de rien, dans tous les angles de vue possible et faisant toutes les actions
possibles. Pour cela, il faut que tu dessines beaucoup, tous les jours."
17

Il prit alors un livre qu'il avait écrit et que j'avais apporté pour l'occasion où il
apposa la dédicace suivante : "Bravo pour ces premiers dessins. Dessiner tous les
jours permet de progresser très vite ! Amicalement ! Pierre Lambert."

Je rentrais chez moi un peu déçu, ne percevant pas encore la puissance du


conseil qui était gravé à la première page de mon livre. Cela ne m'intéressait pas
de dessiner le pot de fleur sur la table, ou même ma tante assise dans le canapé.
Je voulais dessiner Aladdin et l'animer. L'animation était pour moi une passion, le
dessin était trop loin d'en être une. Je fus découragé et je lâchais le crayon pour
les 15 prochaines années.
18

CHAPITRE 2
19

L A P RÉPARATI O N A U X G O B E LI N S

À l’âge de 24 ans, je n'ai pas avancé d'un iota dans la réalisation de mes rêves
d'enfant. A l'âge de 24 ans, je ne sais pas dessiner, je suis encore plus nul que
lorsque j'avais 10 ans. Recopier un dessin ? Oui, je pouvais faire illusion, mais
dessiner vraiment d’observation ou d’imagination, c’était Beyrouth, la cata !

Par fainéantise de m’y mettre vraiment, j’ai donc abandonné mon rêve et me
suis tourné vers des études de Cinéma à l'université Paris 7 Denis Diderot,
beaucoup plus confortables. Regarder des films pour avoir son diplôme, tchek ! Je
me dirigeais tout droit dans le mur, vers un chômage certain et bientôt
irrémédiable. Voyant la catastrophe arriver, j'avais créé avec deux amis une
société de production de films, Yeti Hunters (Les Chasseurs de Yéti) - Nous faisions
quelques films de promotion pour des entreprises, pour des soirées électro à
Paris et mêmes des films de campagnes politiques pour quelques éléphants dont
je tairai le nom.

En 2008, nous avons décroché notre plus gros contrat avec la chaîne de
télévision MEZZO qui nous commanda 1h de courts-métrages mettant en scène
Paris sur des musique de Bach et Debussy. C'est avec ce projet que je me suis
remis à l'animation ! Non pas dessinée, mais en stop-motion, en pixilation... La
magie de l'image par image m'est revenu en pleine face ! Il y avait comme un feu
au fond de moi qui se ravivait, qui renaissait de ses cendres... et si, tout n'était pas
encore perdu ?
20

« Il est temps de vivre la vie que tu t’es imaginée. »


– Henry James
21

D’après vous, combien de temps cela prend-il pour changer de vie ? Une année
? Un mois ? Cela prend une demi-seconde ! C’est le temps qu’il faut pour décider
de prendre sa vie en main et de réaliser ses rêves. À ce moment précis, je décide
de tout arrêter (la Fac, la boite de prod) et de concentrer tout mon temps et toute
mon énergie à un objectif simple : Réussir le concours d’entrée à l’Ecole des
Gobelins, encore récemment élue meilleure école d’Animation au monde.

Dessiner 10H par jour pendant 9 mois...

Je rencontre ma mentor Mylydy, une élève des Gobelins. Elle me donne des
exercices et un programme que je suis tant bien que mal. Là, ça ne rigole plus, je
dessine 10h par jour pendant près de 9 mois. Je suis ses cours de dessin, des
cours oui, mais surtout je suis le programme. J'ai deux cours de nu par semaine. Je
suis les cours de morphologie de Glen Villpu chaque matin... Cette année est assez
éprouvante mentalement et physiquement, mais je n’ai pas le choix : l’âge limite
pour passer le concours est 25 ans. J’ai 25 ans, je n’aurai pas de deuxième chance.

En avril 2010, je me présente pour le concours accompagné de mon book. Mon


niveau est encore fragile mais en juin les résultats tombent : Je suis pris en section
Animation à l'Ecole des Gobelins.
22
23
24

CHAPITRE 3
25

L E S PRINCIPES D U P R O G R A M M E

Le Programme que je vais vous dévoiler est basé sur 4 principes fondamentaux
qui sont : La Pratique, la Technique, le Storytelling et la Référence. Ce sont les 4
piliers qui garantissent une progression optimale de votre niveau en dessin.
Revenons sur ces fondamentaux un par un.

La Pratique

J'imagine que ce pilier à lui seul peut soutenir le programme. Les autres ne sont
là que pour optimiser la progression. Pour apprendre à dessiner, il faut dessiner,
c'est une donnée sine qua non pour progresser. Évident ? En théorie oui, mais
dans la pratique c'est plus difficile. La progression en dessin n'est pas linéaire, il y
a des jours de forte progression et des jours où l'on n'avance pas, voire où on a
l'impression de régresser ! Pratiquer régulièrement le dessin demande donc une
forte volonté psychologique. Il faut absolument suivre le précepte du peintre grec
Apelle de Cos "Nulla dies sine linea - Pas un jour sans une ligne". Rappelez-vous du
conseil de Pierre Lambert dans sa dédicace : "Dessiner tous les jours permet de
progresser très vite". Il n'y a pas de secret, ou s'il en est, c'est celui-ci. Si vous
n'êtes pas prêt à dessiner au moins une fois par jour, vous pouvez dès maintenant
lâcher ce livre, il ne vous sera d'aucune utilité pour progresser en dessin.

Le Storytelling

Notre conception sur cette forme d'art si particulière est qu'un dessin raconte
TOUJOURS quelque chose, qu'il DOIT toujours raconter quelque chose. Certains
pourront être en désaccord mais c'est cette voix que je porte : l'histoire avant
TOUT ! Un dessin seulement basé sur l'esthétique captera peut-être l'attention
quelques secondes... un dessin qui raconte quelque chose d'intéressant pourra
captiver l'attention de l'humanité pendant des siècles. Pourquoi pensez-vous que
la Joconde est le tableau le plus célèbre de l'Histoire ? D'où vient cette fascination
transgénérationnelle ? Voilà probablement le portrait, qui est un genre d'ordinaire
non narratif, qui a fait couler le plus d'encre. Qui est elle/il ? Que ressent-elle ? Et
bon sang de pipe en bois, pourquoi elle sourit comme ça ? Quand on est face à
une oeuvre, on a un besoin primaire de comprendre ce que cela nous raconte,
quelles sont les émotions en jeu.
26

Fun Fact : En 2005, un logiciel de reconnaissance des émotions a analysé la


courbure des lèvres et la forme des yeux et sourcils et les a corrélé avec les 6
émotions de base. Le sourire de la Joconde traduirait à 83% le bonheur, à 9% le
dédain, à 6% la peur, 2% la colère, 1% la neutralité et 0% la surprise.

Si l'on dessine sans raconter quelque chose, c'est-à-dire, sans y mettre du sens,
c'est un dessin en vain.

La Technique

L'autre face de la pièce est bien entendu la technique. Il n'est pas possible de
mettre de côté les règles de base de la perspective, de la morphologie. Il nous faut
apprendre ces règles, savoir représenter un volume dans l'espace. Savoir vraiment
dessiner signifie que l'on veut pouvoir dessiner tout et n'importe quoi, que l'on
veut pouvoir dessiner ce qui existe et inventer ce qui n'existe pas. On veut pouvoir
dessiner un personnage ou un animal dans n'importe quelle position et vu sous
n'importe quel angle. Avoir une solide connaissance de la morphologie et au
moins quelques notions sur la perspective sont à ce titre nécessaire. On ne peut
dessiner que ce que l'on comprend vraiment, analyser en profondeur le corps
humain et animal, c'est la base.

La Référence

La référence tient un rôle très important dans notre apprentissage car elle nous
permet de nous nourrir en tant qu'artiste. Il est impossible de partir d'une page
blanche. Nous devons avoir une bibliothèque mentale et physique dans laquelle
nous allons piocher pour créer, pour libérer notre art. Les grands artistes ont
toujours fonctionné comme ça ! Même les hommes des cavernes ont commencé
par dessiner dans les grottes ce qu'ils observaient dans la nature. Il est très
important de rester ouvert et de découvrir de nouvelles formes et influences dans
le spectre le plus large possible. Il est toujours intéressant par exemple de mixer
le nouveau et l'ancien. À terme, cela nous permettra de créer notre propre style
graphique qui sera un mixe de toutes nos influences.
27

Entrons dans le dur maintenant et voyons comment ces 4 points fondamentaux


sont travaillés à travers des exercices concrets.

Le programme que j'ai suivi pour préparer les Gobelins. Ce programme


représente une journée type de 10h de travail de 9h à 20h incluant une pause
déjeuner d'une heure.
28

L E P ROGRAMME

DU L U N D I AU VENDREDI

07:00 - Réveil
08:00 - Échauffement - 1h
09:00 - Anatomie / Morphologie - 2h
11:00 - Gesture - 2h
13:00 - Pause Déjeuner
14:00 - Etude d'Univers Graphique - 1h
15:00 - Dessin d'Observation - 3h
18:00 - Etude de Composition - 1h

+ 2 fois par semaine


19:00 - cours de nu académique - 2h

+ 1 fois par semaine


19:00 - cours de couleurs - 2h

Je vais maintenant revenir en détail sur chacun des exercices du programme.


29

CHAPITRE 4
30

É C H AUFFEMENT

Comme tout bon sportif qui prépare une grande compétition, la journée
commence par de l'entrainement. On a besoin de réveiller ses muscles, ses yeux,
sa tête. Sinon c'est le claquage du poignet assuré ! On commence par quelque
chose de très simple, on travaille son trait. Des cercles, des lignes droites, des
courbes... on fait des gammes et on en remplit une feuille entière. L'intérêt de
l’échauffement c’est que c’est une étape qui peut considérablement améliorer la
qualité de votre trait, la qualité de votre ligne, c'est fait pour ça... un peu comme
les gammes d'un pianiste, il échauffe ET améliore ta technicité à la fois.
31

Quand on commence à apprendre à dessiner, on tâtonne, on hésite, on cherche


c’est normal, du coup tout ça se traduit dans notre ligne… Notre trait est hésitant,
il cherche et on voit naître ce qu’on peut appeler, le trait poilu, qui est très poilu !

La qualité de notre trait est lié à une bonne coordination entre notre cerveau et
notre main pour que la main fasse exactement ce que le cerveau lui ordonne. En
d'autres termes : Pour que la main fasse un jolie trait, il faut que le cerveau soit
clair dans l’ordre qu’elle donne à la main…

Hors quand on apprend à dessiner, notre cerveau n’est pas encore au taquet ! Il
n’est pas sur de lui, c'est d'ailleurs pour cela que l'on va faire tous les autres
exercices qui vont suivre dans le Programme. Avoir une connaissance de
l’anatomie humain permet au cerveau d’envoyer une information clair à la main
sur comment dessiner une tête, un bras, etc. S'entraîner à la gesture, permet au
cerveau d’envoyer une information claire à la main sur quelle ligne d’action va
rendre notre pose dynamique, etc.
32

Les Droites

La première chose que l'ont fait donc c'est de tracer des lignes droites. On trace
à main lever, d'une traite, on essaye d'éviter le trait poilu !

Pour rendre l'exercice optimum il est préférable de tracer des points de départ
et d'arriver que l'on peut écarter de plus en plus pour augmenter la difficulté et
ainsi s'obliger à garder une concentration du début à la fin de notre tracée.

Le but est de ne pas se reprendre, ne pas repasser sur la même ligne, il faut
aller du point A au point B d'une traite et sans dépasser. On s'entraîne à rester
dans le contrôle de la ligne.
33

Les Courbes

Un autre exercice pour l'échauffement est de tracer des courbes. On peut


commencer par tracer quelque courbes lâchées. Là encore on cherche à avoir un
mouvement fluide, on dessiner avec tout le bras et pas seulement le poignet.

De la même façon on peut aussi tracer 3 points qui s'écartent les un les autres
de 1cm à chaque fois pour dessiner des courbes contrôlées. Il peut être utile de
dessiner sur une feuille à carreaux pour bien espacer les points.

Cela donne un joli arc-en-ciel ! Il faut prendre son temps pour réussir cette
exercice, se détendre et ne pas se crisper sur le crayon. Il faut visualiser avant de
dessiner ! Visualiser le trait avant de le faire, tracer dans le vide avant de poser le
crayon ! Evidemment plus les arcs sont grands plus c’est difficile alors on ne se
décourage pas !
34

Le Cercle Parfait

L'exercice roi pour apprendre à maîtriser son trait c'est évidemment de


s'entraîner à tracer des cercles parfaits ! Le Cercle parfait tien dans un carré, il est
très facile à faire avec un compas, mais à main lever cela demande beaucoup plus
d'entraînement et de dextérité.

L'astuce ici est de dessiner dans le vide, à 1cm au dessus de la feuille, on trace
le cercle plusieurs fois dans le vide, on essaye de devenir une machine et quand
on le sent on trace le cercle d'un coup. Il faudra s'y reprendre plusieurs fois, mais
au bout d'un moment vous allez y arriver. Il suffit de le faire encore et encore !
35

L’ellipse

Quand on arrive aux Gobelins, on commence toujours par faire ce qu’on appelle :
les Préliminaires d’Animation. C’est une série d’exercices pour avoir une première
approche de l’animation traditionnelle 2D. Tous les élèves des Gobelins y sont
passé et un des exercices majeurs de ces préliminaires c’est d’animer des Ellipses
en perspective. C’est à dire, animer les ondes que font des gouttes d’eau sur la
surface d’un lac par exemple. C'est un casse-tête absolu à faire, je me rappelle avoir
passé une nuit blanche entière à tracer des ellipses.

Une ellipse c’est un cercle en perspective. Nous avons vu que le cercle parfait
tient dans un carré donc en toute logique, l'ellipse tient elle aussi dans un carré en
perspective.

C'est très important de s'entraîner à dessiner des ellipses parce qu'elles sont
partout quand on dessine. La technique est la même que pour le cercle parfait, il
faut s'entrainer beaucoup à main lever avant de poser le crayon sur le papier.
36

Se faire plaisir

Pour fini la séance d'échauffement, l'idée est de dessiner ce que l'on veut, se
laisser aller, se faire plaisir. Faire un dessin d'imagination ! Le but étant de
recracher ce que l'on a appris la veille et les jours précédents. Souvent en début
de journée, ce moment de "détente" pouvait aussi arriver en fin de journée.
37

CHAPITRE 5

KR O
NK
38

A N A TOMIE/
M O R PHOLOGIE

On rentre dans le dur avec cette partie du programme. Il n'y a pas d'exercice
type, il faut se former soi-même. On ouvre les livres d'Anatomie, on regarde des
photos, on ressort son dictionnaire de latin, on se tâte le corps (hmmm...), on
regarde les cours de Glen Villpu et on apprend chaque jour un nouveau muscle,
un nouveau joint, une nouvelle partie du corps. Il faut apprendre comme on
apprenait notre cours de SVT, du par coeur ! On se pose les questions : Quels sont
les volumes du corps ? Comment s'emboîtent les volumes des
os/muscles/tendons/graisses entre eux ?

Voici un exemple d'étude que je pouvais faire en recopiant intelligemment


(c'est-à-dire en comprenant ce que l'on copie) des images d'anatomie dans des
livres, sur internet, etc... Ce jour-là : les jambes.
39
40

... Je vois déjà la sueur couler sur votre front.... Vous pensez que ce n'est pas
nécessaire ? Laissez-moi vous expliquer.

Si vous demandez à n’importe quel grand artiste qui maîtrise le dessin de


personnage, il vous dira que la morphologie est probablement l’une des choses les
plus importantes à connaître pour pouvoir dessiner. Malheureusement, l’anatomie
est souvent négligée par beaucoup. Avec ce programme on veut apprendre à
dessiner comme un Dieu, on veut être le nouveau Glen Keane ou Mignola, on n’a
pas froid aux yeux du coup…

Apprendre à VRAIMENT dessiner

Il ne devrait y avoir aucune partie du corps qui soit un mystère pour nous. Si
c’est un mystère, nous ne serons jamais capables de le dessiner correctement
sans copier la référence ou simplement inventer des choses qui n’existent pas. J'ai
failli appeler ce livre "Apprendre à VRAIMENT Dessiner" parce qu'on cherche à
apprendre à vraiment dessiner, cela veut dire que l’on veut pouvoir dessiner tout
et n’importe quoi, tout simplement. Principalement des personnages, mais
absolument tout ce que notre imagination nous permet de concevoir, nous ne
voulons avoir aucune limite ! Et pour cela, nous avons besoin de connaître le corps
humain sur le bout des digitus (nom latin pour doigts), nous n’avons tout
simplement pas d’autres choix.

Avec ce savoir, nous pourrons designer le corps en faisant des changements.


Nous pourrons décider quoi exagérer, quoi éliminer, ou quoi ajouter qui n’est pas
visible sur la référence. Si on est capable de changer notre référence, on n’est
plus esclave de la référence. Nous pouvons nous servir de ce savoir quand nous
en avons besoin. Et nous pouvons créer notre œuvre artistique unique, notre
vision unique du personnage et de l’histoire que nous voulons raconter.
41

Par exemple, le bras est levé en haut sur une photo référence mais on a besoin
que le bras soit posé au sol pour une meilleure composition. Yes We Can ! Quand
une jambe ou une autre partie du corps est trop remplie de détails inutiles, on
peut relaxer les muscles et ne montrer que les formes simples. On peut montrer
plus de structure dans un personnage que l’on souhaite plus solide et lourd. Nous
pouvons créer des personnages qui n’existent pas dans la vraie vie, car si nous
devions chercher un modèle pour dessiner Maui, Hulk ou un zombie, on aurait du
mal.

Pioche, mélange, invente...

En parlant de créativité, notre aisance à maîtriser ces notions techniques, nous


permettra d’être bien plus créatif. Nous pourrons piocher dans nos vastes
connaissances en anatomie pour trouver des idées et les combiner d’une
nouvelle façon. C’est ainsi que Glen Keane a créé le personnage de la Bête, dans
La Belle et la Bête. C’est aussi comme cela qu’il a pu créer le personnage de
Tarzan, en exagérant la morphologie et les poses du personnage, pour la faire
ressembler à celle d’un singe ! Avec ces principes, l'artiste travaille plus vite et a un
processus de création plus naturel et évident.

Connaître l’anatomie ne vous permet pas seulement de modifier les poses de


vos références ou de dessiner d’imagination. Cela aide avant tout à dessiner le
corps humain de façon naturelle, crédible, et de donner une impression forte de
vie. Nous pouvons alors voir des subtilités qu’un œil non entraîné ne verrait pas,
mais que le cerveau inconscient pourrait noter. On comprend pourquoi le corps
humain est comme ça et pas autrement, et on sait comment le dessiner de la
sorte. Si on ne se base que sur la copie, on va mal interpréter beaucoup de choses
et on pourrait prendre le risque passer à côté d'autres éléments qui sont pourtant
très importantes.
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Pourquoi faut-il aussi étudier le squelette et pas seulement les formes


en surface ?

Les formes du squelette sont très importantes car elles sont les fondations du
corps. Les repères des os sur le corps nous aident à repérer les muscles. Et les
muscles sont attachés au squelette, donc si vous connaissez le squelette et où les
muscles sont attachés sur le squelette, les muscles deviennent bien plus faciles à
dessiner. CQFD ! Aussi, il est intéressant de constater que le squelette reste
relativement constant d’une personne à l’autre. Les muscles et la quantité de
graisse peuvent énormément varier entre deux types de corps, et du coup on peut
se raccrocher au squelette pour mieux comprendre ce que l’on voit. Un
bodybuilder, une personne obèse ou un cycliste auront globalement le même
squelette et les repères seront aux mêmes endroits.

Comprendre chaque joint veut dire que l’on comprend la façon dont s’articule et
bouge chaque joint. Et cela vous aidera à comprendre comment ce mouvement
affecte les formes en surface.

Les muscles profonds ont peu d’intérêt pour nous, nous cherchons à connaître
l’anatomie dans un but purement artistique et non médical. À moins que l’on
souhaite dessiner des zombies… Ce que je ne peux que fortement vous
recommander pour étudier l’anatomie de façon ludique. De plus, cela vous sera
utile pour mieux appréhender l’ennemi le jour où l’invasion sonnera.
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44

2D VS 3D

Le corps est composé de plusieurs types de formes : os, ligaments, muscles,


tendons, gras. Ces formes se chevauchent les unes aux autres, s’insérant en
dedans et s’entourant les unes les autres. Le corps humain est un empilement de
calques très complexes, et du coup, les volumes en surface sont aussi très
complexes. Ce n’est pas suffisant d’étudier à quoi ressemble le corps humain de
face, de côté, de dos ou de ¾ comme on peut le voir dans les livres d’anatomie.

La façon dont ces formes se chevauchent les unes les autres apparaît très
différemment en 2D selon l’angle observé. Pour pouvoir dessiner n’importe quelle
forme vue sous n’importe quel angle, nous devons absolument comprendre les
formes et les relations entre elles. Cela ne suffit pas de mémoriser le contour 2D.
Le corps marche de la même façon, les muscles se chevauchent les uns les autres,
de sorte que, vus sous différents angles, ils peuvent apparaître de façons très
différentes. Connaître le diagramme 2D du corps n’est absolument pas suffisant.
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Il faut avoir une compréhension tridimensionnelle de l’anatomie. C’est ce que


j’essaye de vous donner dans mes articles et tutos sur le blog et la chaîne
YouTube. Nous traquerons où s’insèrent les muscles sur le squelette, et comment
ils se chevauchent les uns les autres. Et surtout, comment les muscles évoluent en
fonction des différents mouvements du corps humain. C’est bien de savoir où
commence et où s’arrête un muscle, mais à quoi ressemble-t-il lorsqu’il est
compressé ou tendu ? Et in fine, à quoi cela ressemble en surface, une fois que
l’on rajoute la peau dessus.

Après avoir étudié les choses en profondeur, après avoir compris la complexité
et la subtilité du corps, nous allons nous en extirper pour le prochain exercice afin
de trouver la véritable essence de ce que nous dessinons.
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CHAPITRE 6
47

G E S TURE

Pour faire simple, l'objectif de cet exercice est de dessiner vite ! Concrètement
pour réaliser cet exercice, on prend la vidéo d'une action, sportive ou autre, et on
la joue image par image. Le hic ? On n'a qu'une minute pour dessiner chaque
image. Comme cela nous allons dessiner vite, en se focalisant sur l'essentiel et en
oubliant les détails. On cherche à comprendre le mouvement, à le synthétiser en
quelques courbes. On pense mouvement global. Cet exercice a aussi comme
intérêt de nous autoriser à nous désinhiber.

Voici mes premières tentatives encore bien maladroites sur cet exercice.
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Quelques semaines plus tard...


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Très souvent les progrès se font sentir au cours d'une même séance. Par
exemple, cette séance avec la course du chat. Regardez comment les premiers
dessins sont trop sages, trop dans la maîtrise et pas assez dans le lâcher-prise,
puis petit à petit ce n'est presque plus le chat mais l'essence de la course du chat
qui prend le dessus. Les lignes sont plus simples, plus douces, plus fluides.

On ne cherche pas à faire de beaux dessins. Au début ça ne ressemble à rien


puis, peu à peu on commence à ressentir les poses, on ressent leur essence. Hmm
cela devient peut-être un peu ésotérique, revenons un peu en arrière et rentrons
dans le dur de la Gesture.
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Quand on veut dessiner un personnage et qu’on débute en dessin, on se


retrouve souvent confronté au problème du "bonhomme bâton". Comme son
nom l’indique, le bonhomme bâton est RIGIDE comme du bois ! Or, on voudrait
trouver facilement des poses naturelles et dynamiques pour nos personnages.

La Gesture en questions ?

C’est quoi le délire avec la Gesture ? Une contraction du mot “geste” et du mot
“voiture” ? NON. Ce mot ne veut rien dire en français, il est emprunté à la langue
anglaise car nous n’avons pas réussi à trouver quelque chose de mieux dans les
200 000 mots que compte notre langue. Toujours difficile à expliquer, il est
pourtant facile à comprendre. Gesture, rythme, mouvement, ligne d’action, flow -
tous ces mots sont utilisés de façon interchangeable et veulent fondamentalement
dire la même chose. Dans Gesture il y a "geste" et cela indique donc d'emblée
l'idée de mouvement. On parle ici d’énergie, celle qui est à l'intérieur des formes.
52

Pour faire simple, voici ma définition de la Gesture :

C’est une forme rapide de dessin qui utilise un minimum de traits, pour
transmettre à la fois l’idée de mouvement et d’action.

C’est aussi facile à comprendre que difficile à mettre en pratique lorsque l’on
commence à dessiner, surtout lorsque l’on se risque à dessiner un personnage en
pied. On est tellement tenté de dessiner les détails de l’anatomie, des vêtements
et toutes les petites aspérités du contour car on pense que l’accumulation de tous
ces détails rendra notre dessin meilleur. Grossière erreur mon jeune ami ! La
réalité est très simple, les détails ne sont RIEN sans la Gesture, et j’irai même plus
loin, un dessin n’est rien sans la Gesture ! Alors commence par la Gesture et oublie
le reste.

Booster son niveau en dessin de personnage ?

Rien de plus simple : Il faut s’exercer à dessiner des gestures de personnages


jusqu'à ce que cela devienne une seconde nature. Ce n’est pas pour rien que les
poses de 1 ou 2 minutes sont très pratiquées dans les écoles d’Art et les cours de
nu. Faire cet exercice encore et encore et encore nous permettra de faire des
dessins dynamiques de façon naturelle, sans même y penser. Ensuite, on aura
tout le temps de se concentrer sur les détails et les volumes. Dans un premier
temps, la gesture est purement un exercice de simplification 2D.
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Le voyage pour maîtriser les “quicksketch” sera un voyage long mais excitant ! À
chaque fois, nos dessins s’amélioreront si l'on y met le temps et l’effort. Dans le
cadre du Programme, il est toujours bon de faire des sessions de 25 à 100 dessins.

Nous avons déjà expliqué l’importance de raconter une histoire dans nos dessins,
et bien, la gesture est l’outil ultime pour raconter une histoire en capturant le
langage du corps. Tu veux utiliser tout le corps et pas simplement des mots pour
communiquer des idées et des émotions ? Voilà ce que la Gesture doit capturer.
Qu’est-ce que ce personnage est en train de faire ? Que ressent-il ? Qu’est ce qu’il
vient de faire, ou s'apprête à faire ? Tout ceci peut être raconté en seulement
quelques traits dont tout le monde pourra reconnaître le corps et identifier les
émotions.

Une bonne idée est d’exagérer les poses pour mieux raconter. Plus on
s’améliorera dans l’exagération des poses, plus on sera capable de capturer toutes
les subtilités des poses
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Le syndrome du bonhomme bâton

NON, il ne faut surtout pas dessiner de bonhomme bâton, cela pourrait rendre
ton dessin rigide et tout moche : les traits ne sont pas des bâtons, ce sont des
lignes droites et même majoritairement des courbes, un peu comme des vagues.
J’aime beaucoup la façon dont Glen Villpu dessine ses gestures, elles représentent
vraiment ce concept de vague. Il parle de flow.

« Gesture is the single most important element in the drawing. » - La Gesture


est l'élément le plus important dans le dessin - Glen Vilppu

Donc oublie le bonhomme bâton et pense : “Bonhomme Eau” !

Observer les poses et analyser le mouvement. Ce qui nous intéresse c’est moins
ce à quoi ça ressemble que comment on le ressent. Plus tard nous ajouterons plus
de structure à ces dessins, pour que les personnages semblent plus solides et
réels.

Rappel : Un dessin de Gesture n’a pas pour but d’être un dessin fini, il s’agit avant
tout d’un exercice pour pratiquer un concept, une base pour un dessin poussé. On
entraîne son esprit à percevoir le rythme, le mouvement dans tout ce que l'on
dessine, au-delà des contours.
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La Ligne d’Action

La Gesture devrait être dessinée avec le moins de traits nécessaires à capturer


l’idée. Si l’on veut simplifier à l'extrême, on peut réduire la gesture à une simple
ligne d’action. Une simple ligne qui relie le corps de la tête aux orteils. Elle se voit
le mieux sur les personnages longilignes car elle fait écho au sens de la colonne
vertébrale du personnage. Elle n'a pas besoin d'être complexe : simple, et directe,
elle est très efficace. Il est possible d'utiliser des "props" (accessoires), des
vêtements ou autres pour prolonger la Ligne d'Action.

Toutes les poses ne peuvent pas être simplifiées à cet extrême, mais il y a
toujours une ligne principale qui montre la direction du flow de la pose. Cette
ligne d’action donne du sens, elle donne l’énergie de la pose mais elle raconte
surtout l’histoire, l'émotion du personnage. Cependant, nous avons encore besoin
de lui rajouter nos autres courbes CSI pour pouvoir "humaniser" le flow de cette
Ligne d'Action et communiquer ce que nous voulons.
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CSI + V

Nous voulons simplifier au maximum, éliminer toute information de détail


superflu. N’utilisez jamais des formes plus compliquées que des courbes en C, des
courbes en S ou des lignes droite en I. Pour souligner une tension nous pouvons
occasionnellement utiliser une forme angulaire en V, c’est selon chacun. Utilisez
une combinaison de ces courbes en descendant le long du personnage, mais
essayez de le faire avec le moins de traits possible. S, C, I ou V.
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Les courbes relaxées et tendues

La sinuosité ou la dureté de la courbe que l'on dessine change la façon dont on


ressent la gesture. Une longue courbe fluide reflète l’idée de relaxation et permet
à l’œil de se diriger facilement grâce au flow du trait. Plus on tord la courbe, plus
on donne de l’énergie et de la tension à la gesture. Éventuellement, on peut créer
des angles et utiliser un “zig zag”. Le zig zag va indiquer une idée de tension. Des
angles abruptes et soudain ça change le mouvement général.

On retrouve ce concept de design dans la nature avec l’eau. Quand l’eau est
calme, les vagues sont des courbes en S avec un flow continu. Mais durant une
tempête, l’eau est remplie d'énergie et les vagues deviennent plus angulaires avec
un effet de zig zag menaçant. Pour faire simple, quand on veut de la tension, de
l'énergie, on pense “zig zag”. Quand on veut quelque chose de plus relax et
détendu, on pense courbe en C et S.
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L' asymétrie des lignes

La notion de rythme est également très importante, comme dans la musique,


elle évoque répétition et variation. Elle relie chaque note pour en faire une forme
harmonieuse. Pour appliquer cela au dessin, il faut penser le corps en terme
asymétrique. L’erreur classique du débutant est de penser le corps humain
comme une représentation symétrique. ON OUBLIE ! Si l’on regarde le corps de
côté, on voit bien qu’il n’y a rien de symétrique. On veut absolument éviter l’effet
bonhomme Michelin.

Les formes du corps s’alternent et se répondent de haut en bas. On passe d’une


courbe en C à un I puis S, et cela pousse l’œil à suivre ce mouvement le long du
corps. Comme le courant d’une rivière.

Maintenant que l'on a bien travaillé toute la matinée sur la Morpho et la Gesture,
nous avons en mains tout ce qu'il faut pour dessiner des personnages. Il est
temps de sortir un peu pour aller se confronter au monde réel.
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Les formes du corps s’alternent et se répondent de haut en bas. On passe d’une


courbe en C à un I puis S, et cela pousse l’œil à suivre ce mouvement le long du
corps. Comme le courant d’une rivière.

Maintenant que l'on a bien travaillé toute la matinée sur la Morpho et la Gesture.
Nous avons en mains tout ce qu'il faut pour dessiner des personnages. Il est
temps de sortir un peu pour aller se confronter au monde réel.
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CHAPITRE 7
61

D E S SIN D'OBSER V A T I O N

C'est le gros de la journée. On bouge, on sort, on se pose dans un parc, dans un


bar, dans un musée. Il m'est même arrivé récemment de sortir mon carnet de
croquis pendant une pièce de théâtre soporifique et de dessiner les acteurs
pendant leur représentation. On dessine de tout, des personnages, beaucoup de
visages, des corps en pieds mais aussi du décor pour travailler notre perception
de la perspective. On se donne des défis, se poser pendant 2-3h et dessiner une
façade d'immeuble. Le but est d’entraîner son sens de l'observation et sa
concentration. La patience est très importante même s'il faut dessiner vite. Encore
une fois on ne veut pas se perdre dans les détails. Il faut dessiner "globalement" et
seulement ensuite aller vers les détails. C'est le gros de la pratique, c'est là que
l'on voit les progrès. Dessiner tout et n'importe quoi nous permet de nous
désinhiber, de ne plus avoir peur de rien.

Voici quelques exemples de mes premiers carnets de croquis :


62
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Le dessin d'Observation c'est la mère de toutes les batailles. L’intérêt principal


de cette pratique est qu'elle est assez immédiatement gratifiante. On a plus de
chance de faire un dessin qui ressemble à quelque chose quand il est devant nous
que lorsque nous le dessinons d'imagination. Comme dirait la Compagnie des îles
: C'est bon, bon... c'est bon, bon... c'est bon pour le moral ! Néanmoins, il y a
souvent un piège dans lequel tombe le dessinateur débutant et qui peut freiner
durablement sa progression.

Lorsque l’on commence à dessiner d’observation, nous tombons très souvent


dans le piège du trop plein de détails. Nous nous attardons à dessiner tous les
poils de notre chat en pensant que cela le rendra plus réaliste. Grosse erreur! Il
faut à tout prix sortir de ce piège, car les détails nous empêchent d’avoir une
bonne vue d’ensemble de notre dessin et nous finissons généralement avec un
dessin bancal. C’est le fameux principe de la cerise sur le gâteau, nous la mettons
à la fin car si nous la mettons trop tôt dans la recette, la pauvre cerise finira cuite
et perdue au fin fond de la pâte à gâteau. Les détails, c’est la cerise.
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Lorsque l’on dessine d’observation, nous devons apprendre à regarder


différemment, nous devons essayer de faire abstraction des détails. Pour les
débutants et les plus expérimentés en la matière, je conseille donc d’avoir une
approche du dessin beaucoup plus simple. Si vous dessinez quelqu’un dans la rue,
partez de formes simples, ignorez les détails du costume, les muscles, les cheveux
ou autres détails inutiles. À l’inverse, étudier la pose général, la gesture et
décomposez-la en formes simples, pensez en terme de silhouette.

C’est un paradoxe mais nous devons tendre vers une certaine abstraction et
penser à ce qui est le plus important. N’allez pas chercher combien de carreaux se
trouvent sur cette chemise ni combien de cheveux il y a sur la tête à Mathieu. Allez
chercher l’énergie dans la pose, allez chercher la vérité !
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Trouver la vérité

Dessinez des idées, pas des "choses", des actions, pas des "poses", la gesture et
non la structure anatomique, c’est en faisant cela que vous ferez naître l’émotion.

Un dessin bien construit doit avoir chaque partie bien placée et de façon
harmonieuse, mais ce n’est pas ce que l’on voit lorsque l’on regarde un dessin. Ce
que l’on doit voir, c’est l’émotion. Dans le dessin d’un homme affamé, vous devriez
voir la peur, la faim et le désespoir en regardant le dessin. Et nous devrions même
les ressentir. Le dessin que nous regardons doit pouvoir faire naître une émotion
chez celui qui le regarde. C’est l’objectif ultime vers lequel nous devons tendre en
tant qu’artiste.
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Évidemment, je ne dis pas que l’anatomie, la construction en volume, la


perspective ne sont pas importantes, au contraire, elles sont tout aussi
fondamentales. Mais il ne faut jamais oublier qu’un dessin bien construit dans
l’espace, anatomiquement juste et respectant les règles de perspectives peut être
tout à fait froid et sans intérêt. En revanche, un croquis griffonné en quelques
secondes d’un homme qui rit aux éclats peut être beaucoup plus réussi que le
dessin parfaitement exact et réaliste du corps humain de votre livre de SVT.
Autrement dit, cherchez l’émotion avant les proportions.

Une allumette a été brûlée vive :

Il y a ce fameux exemple donné par Walt Stanchfield dans ses célèbres notes
données aux animateurs Disney dans les années 90. Faites cette expérience :
Prenez une allumette et regardez-la. Si vous deviez dessiner une allumette brûlée,
vous ne vous diriez pas « Ok, donc ça, c’est la structure d’une allumette, et… » Non,
vous vous diriez ceci « C’est une allumette dont la structure a été brûlée et a twisté
en une forme noire et agonisante. Si je ressens ce qui est arrivé à cette allumette
comme si c’était arrivé à moi-même, alors voilà le sentiment que je dois
retranscrire dans mon dessin, voilà l’émotion que je dois représenter. »

Nous devons nous mettre dans un état émotionnel lié à ce que nous dessinons,
sinon nous ne représenterons que des choses, peut-être anatomiquement et
structurellement justes, mais froides et sans aucun intérêt artistique.
67

« Construire un personnage de façon à ce que sa


pose exprime ce qu’est son âme. La Gesture est un
mouvement non pas du corps mais de l’âme. »
- Leonard de Vinci (cité par Walt Stanchfield)
68

Quand je dessine dans le métro ou dans un parc, je ne réfléchis pas à


l’emplacement de l’omoplate du monsieur que je croque, ni aux muscles du
trapèze qui s’enroulent autour de son cou. Je cherche à distiller mes impressions
sur une feuille pour dire ma version de ce que j’ai vu en cette personne. Prendre
une photo, c’est enregistrer les faits, dessiner c’est enregistrer la vérité. Alors
ouvrez les yeux et allez chercher la vérité.
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Une dernière note : Le passage obligé pour toute personne sérieuse dans son
désir de progresser en dessin est de prendre des cours de Nu académique.
Prendre au moins 1 cours de nu par semaine est un minimum, 2 cours par
semaine est l'idéal pour faire des progrès rapides. La plupart des grandes villes
proposent des cours à des tarifs attractifs, il faut savoir chercher ! Si cela vous est
impossible de trouver des cours de nu près de chez vous, il vous reste alors le
dessin d'après photo. Moins efficace que la "réalité" a fortiori mais dans
l'impossibilité de faire autrement, le dessin de nu minuté d'après photo reste une
très bonne école !
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CHAPITRE 8
71

E T U DE D'UNIVER S G R A P H I Q U E &
C O M MENT TROU V E R S O N S T YL E

On passe du temps sur les blogs, on découvre de nouveaux talents,


d'anciens,artistes de génie, on feuillette les livres, on va dans les musées, on regarde
des, BD, des livres d'illustrations, on enrichie son vocabulaire graphique, on s'inspire,
on mélange et on crée ! Bref, on se constitue sa bibliothèque mentale et sa
Bibliothèque d'Images Et de Références.

Je me dois d'appuyer sur un élément absolument ESSENTIEL dans


l’apprentissage du dessin qui est souvent négligé ou mal compris. Pourtant c’est
cet élément qui a provoqué un déclic chez moi lorsque je préparais les Gobelins :
La création et l’utilisation de ma BIER, ma Banque d’Images Et de Références. Je
voudrais insister sur l’importance capitale d’en constituer une et cela pas
seulement pendant l'application de ce programme mais bien tout au long de votre
vie.
72

Qu’est-ce qu’une BIER ?

Une Banque d’Images Et de Références est un dossier numérique, contenant une


multitude de dossiers bien rangés et intelligemment classés de tous les dessins,
illustrations, photos, vidéos, articles internet, etc. que vous aimez et qui vous
inspirent.
Il faut bien comprendre qu’une Banque d’Images Et de Référence ne sera jamais
terminé (comme Disneyland), c’est un travail constant, votre BIER ne cessera de
s’étoffer, de s’agrandir et cela pendant toute votre vie d’artiste. Vous devez sans
cesse penser à nourrir votre BIER.

Pourquoi faut-il absolument se constituer une banque d’images et de


références ?

Il y a 3 raisons principales de constituer votre BIER :

Pour l’Apprentissage

« Study the Greats and become greater » - Étudie les Grands maîtres et
deviens encore meilleur. - Michael Jackson

Nous savons bien que le problème majeur de la plupart des dessinateurs en


herbe est le passage de la copie au dessin d’imagination. Nous avons tous
commencé à dessiner en recopiant trait après trait les dessins des autres. Cela
nous permet de nous sentir bien, d’avoir l’impression que nous savons dessiner
mais dès qu’il faut dessiner sans modèle, c’est la CATA ! Nous sommes perdus,
découragés, incapables de faire un dessin qui ressemble à quelque chose. La
copie est une illusion qui peut nous tromper sur la valeur de notre niveau en
dessin. MAIS, il existe ce que l’on appelle la copie intelligente (à opposer à la copie
bête et méchante), celle qui permet de comprendre comment les « Grands Maîtres
» font. Alterner la copie intelligente de dessins avec des exercices d’observation et
de mémoire permet de progresser très vite.
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Pour l’Inspiration

Si vous vous asseyez à votre table à dessin en vous disant « Je vais faire le
meilleur dessin du monde » vous pouvez être sûr que rien ne se passera. Vous
avez plus de chance de voir un jour voler des Chicken Nuggets dans le ciel que de
trouver l’inspiration de cette façon. Néanmoins, Brad Bird (réalisateur des
Indestructibles 1 & 2, Ratatouille...) aime à dire qu’il est possible de contrôler notre
environnement pour favoriser l’inspiration. Il veut dire que l’on peut se mettre
dans les meilleures conditions possibles, celles qui nous stimulent le plus pour
faire venir l’inspiration. Pour certains comme moi ou Picsou, marcher en tournant
en rond aide à réfléchir.

Les œuvres d’art ne viennent jamais de nulle part. Les personnages d’Arielle et
Raiponce ont été inspirés à Glen Keane par sa femme et sa fille. On peut même
aller jusqu’à dire que la Joconde a été inspirée par Mona Lisa. Les artistes
s’inspirent donc avant tout du réel qui les entourent, mais ils s’inspirent également
des artistes qui les ont précédés. On sait par exemple, à quel point Paul Cézanne a
influencé les artistes de la peinture contemporaine ou comment Manet fut
fortement influencé par les œuvres de Goya ou Velasquez. À son tour, Manet
influença les peintres impressionnistes Degas, Cézanne, Renoir, Monet etc, avant
d’être lui-même influencé par eux, le rendant un peu plus sensible aux jeux de
lumière.

Bref, l’influence est permanente chez les artistes, elle coule et ruisselle entre
chacun d’eux, elle se teinte des qualités des uns et des autres pour à chaque fois
produire quelque chose de nouveau. Un exemple concret, le célèbre tableau
Olympia d’Edouard Manet est en réalité très fortement inspiré du tableau de Titien
La Vénus d’Urbain. La confrontation des deux tableaux est un choc visuel sans
pareil, un jeu des 7 différences qui peut nous en apprendre beaucoup.
74

Tableau original de La Vénus de Titien L'Olympia de Manet inspiré de La Vénus de Titien

La ressemblance des deux tableaux saute aux yeux autant que leurs différences
: la pose plus redressée, affirmée de l’Olympia, sa main plus ferme et sa tête bien
droite qui soutient notre regard avec force contrairement à la Venus du Titien qui
est toute lazy. Evidemment c’est aussi le style des deux peintres qui opposent ces
deux versions du "même" sujet (j'écris "même" entre guillemets, car là où Titien
peignait une figure divine, Manet peint, lui, une courtisane). Mais le plus
intéressant c’est que lorsque Manet découvre le tableau du Titien à Florence en
1857, il pense d’abord en faire une copie à la main.

C’est-à-dire que 6 ans avant de peindre


l’Olympia, Manet peint une « pale copie »
de la Vénus d’Urbain. Il fait cette copie
pour s’en souvenir évidemment, à
l’époque les moyens de reproductions
rapides sont encore en cours
d’élaboration, mais il la fait surtout pour la
comprendre, pour se mettre dans les pas
de Titien, pour voir ce que l’artiste a vu. En
copiant cette peinture, Manet la fait
Copie de La vénus de Titien réalisée par
sienne, il mettra 6 ans à la digérer pour
Manet
créer à son tour un tout nouveau chef-
d’oeuvre, Olympia.

Il est donc primordial d’avoir une source dans laquelle puiser notre inspiration,
et devinez quoi ? Vous avez toute la vie pour vous forger cette source d’inspiration,
cette Banque d’Image. Parfois je parle de bibliothèque mentale pour dessiner,
mais il faut également avoir une bibliothèque physique ou numérique d’images.
75

Pour Trouver/créer son style

Souvent les dessinateurs débutants me demandent comment trouver leur style.


Rassurez-vous, la réponse est simple : le style vient tout seul. Il n’est pas
nécessaire d’y réfléchir et d’y passer trop de temps. Mais voilà, cette réponse
laisse souvent sur sa faim, un peu comme lorsque vos parents vous disaient
quand vous étiez petit : « Tu comprendras quand tu seras grand ». Aussi… si vous
insistez vraiment, je peux vous donner une piste à suivre…

Le style est souvent la conjugaison des styles des artistes que l’on aime et qui
nous inspirent. Il est donc possible de faire volontairement la démarche de mettre
dans un dossier nommé « Style » des images qui vous plaisent particulièrement
dans leur rendu. En regardant ces images régulièrement avant de dessiner, vous
vous imprégniez inconsciemment de ces styles qui se retrouveront dans vos
dessins, mélangés avec le temps pour faire un extraordinaire cocktail : Votre style
unique.

C’est bien pour cela qu’il est dangereux de faire une fixette sur le travail d’un
seul artiste, votre dossier « Style » doit contenir le travail de plusieurs artistes afin
de créer quelque chose de nouveau et original. À chaque fois que vous placez une
nouvelle image dans ce dossier vous devez vous poser ces questions :
Pourquoi vous aimez cet artiste ? Qu’est-ce que vous aimez dans son style
particulièrement ? Ensuite, vous devez puiser en vous-même pour savoir qui vous
êtes. Quel artiste êtes-vous ? Quel style vous ressemble ?

Ce travail prendra des mois, voire des années, et un jour lorsque vous n’y
penserez même plus, vous regarderez un dessin tout frais et vous aurez la
révélation divine : Ça y est, j’ai trouvé mon style !
76

CHAPITRE 9
77

E T U DE DE COM P O S I T I O N

Cet exercice consiste à redessiner de façon succincte et minimaliste les


compositions d'images de films ou de tableaux. L'idéal étant d'en faire 10 pendant
l'heure allouée à l'exercice. L'important est de vraiment être précis sur les
proportions de la composition mais aussi de comprendre la perspective et
l'entrelacement des volumes. Qu'est-ce qui est devant quoi ? On s'habitue à
comprendre l'aspect 2D primitif de toute composition dans un espace 3D.

Pourquoi étudier la composition ? Nous avons besoin de maîtriser l'image que


nous créons, de contrôler le regard du spectateur pour RACONTER quelque chose.
S'il y a une seule chose que vous devez retenir de ce livre programme c'est que :

DESSINER = RACONTER UNE HISTOIRE


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« Pour faire un film, premièrement, une bonne histoire, deuxièmement, une


bonne histoire, troisièmement, une bonne histoire. » - Henri-Georges Clouzot

Vous connaissez certainement cette célèbre citation (que l’on a attribué à


différentes personnalités soit dit en passant). Il n’y a rien de plus vrai. Sans
histoire, il n’y a rien. L’histoire c’est la vie. Pour le dessin c’est pareil. Sans histoire,
un dessin n’est rien ou sinon pas grand chose d’intéressant. Oui un dessin peut
être anatomiquement juste, avoir une bonne compréhension des volumes et être
complètement sans vie. Un dessin parfaitement juste est ennuyeux !

Quel est l’objectif de votre dessin ?

Vous devez vous poser ces questions :


Pourquoi est-ce que je dessine ? Dans quel but ? Quelle idée je veux faire passer ?
Qui est le personnage que je dessine ? Que ressent-il ?
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Quand une personne regarde votre dessin, vous attendez une réaction de sa
part. Si une personne passe en revue vos dessins sans montrer le moindre signe
d’excitation sur son visage, vous n’allez pas être très content. Pourquoi ? Parce que
ce que vous cherchez en tant qu’artiste c’est créer une connexion avec les autres
êtres humains. Cette connexion vous voulez la faire à travers l’esthétique de votre
art, certes, mais vous voulez aussi que votre dessin soit vecteur d’émotion. Vous
tentez de faire naître une réaction ou une émotion chez un autre être humain, que
ce soit le rire, la surprise, la tristesse, la réflexion, etc. Vous devenez un grand
artiste lorsque vos traits sont vecteurs d’émotions. Et ce qui crée l’émotion, c’est le
fameux storytelling.

Qu’est-ce que l’on entend par histoire ?

Il y a plusieurs façons de faire du storytelling avec un seul dessin, mais


évidemment, tout dépend si vous faites une illustration, un tableau, un
storyboard, une BD, un portrait, un croquis rapide dans le métro, etc. Avant
l’invention du Cinéma, les gens allaient dans les galeries pour qu’on leur raconte
des histoires devant UN tableau… c’est-à-dire une seule image. Peut-être qu’ils
restaient 1h50 devant ces tableaux car on oublie parfois tout ce qu’une seule
image peut raconter. C'est là que l'Art de la composition rentre en jeu.

Raconter sans personnage ?

Même lorsque vous faites un dessin sans personnage vous pouvez raconter
quelque chose ! Lorsque vous faites un croquis de rue, un décor, des objets, il est
toujours possible de raconter une histoire en fonction de votre composition. Voici
une illustration que j’ai faite pour un exercice de design aux Gobelins. Il s’agit de la
Bibliothèque de Nosferatu le vampire.
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La composition de l'image est verticale. On contrôle les yeux du spectateur, du


haut vers le bas, du vide au plus dense. On amène du storytelling dans un décor
ou un lieu en rendant cet espace hanté par la présence supposée, passée ou
future de personnages qui y vivent. Comment ai-je amené de la caractérisation
dans ce décor ? Comment la personnalité et l’histoire de Nosferatu ressort à
travers ce lieu vide ?

Il y a évidemment le tableau immense du guerrier au dessus de la cheminée qui


témoigne du passé humain du vampire. La hauteur de la salle, de la bibliothèque,
l’immense cheminée en marbre, les moulures, etc, donne une indication
immédiate sur le niveau social du propriétaire des lieux, Nosferatu est riche ou du
moins l’a été dans le passé. Une des idées principales est de montrer l’obsession
de Nosferatu : le temps qui passe. On le voit à travers la grande horloge en plein
centre mais bien sûr à travers les innombrables livres qui s’entassent dans la
pièce. C’est une bibliothèque qui déborde, ses livres débordent des étagères
tellement ils sont nombreux. Oui, Nosferatu doit passer le temps, l’éternité, il a
donc malgré l’immensité de sa bibliothèque trop de livres pour ses étagères. On
comprend alors que Nosferatu s’ennuie, qu’il passe son temps à lire, à se
réchauffer au coin du feu… mais pas que... En témoigne la chaussure de femme
négligemment oubliée devant la cheminée.

L’idée est que la présence de Nosferatu soit partout malgré son absence
physique. Il n’est pas là et pourtant partout à la fois, ce dessin parle de lui.

Maintenant, voyons ce qu’il faut faire pour raconter au travers des personnages
eux-mêmes.
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Moins d’anatomie, plus de Story !

L’idée est dans le titre : dans un premier temps, oubliez l’anatomie, les volumes,
la perspective, oubliez la technique et concentrez-vous sur la composition de votre
image, son énergie, et sur les sentiments de votre personnage. Parce que le Story
prime sur l’Anatomie, ne développez pas trop les formes de vos personnages ou la
morpho au début… prenez un personnage extrêmement simple et explorez
différentes idées, toutes les possibilités d’acting. Pensez également à théâtraliser !
N’ayez pas peur de pousser une idée encore et encore, allez au bout de vos idées.
On a souvent tendance à être rapidement séduit par ce que l’on fait. Il faut
pousser les poses, c’est pour cela que l’exercice de Gesture est si important.

On se fiche de la qualité du trait, dessinez vite et léger. Tentez de saisir une


énergie. Le but est de se faire plaisir, amusez-vous avec différentes situations et
histoires. Vous pouvez suggérer des vêtements ou des ombres si cela aide votre
histoire mais restez le plus élusif possible.

Les interactions entre plusieurs personnages sont souvent une source infinie de
possibilités. Il y a histoire dès qu'il y a problème, dès qu'il y a conflit.
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Pensez plutôt au feeling général de la pose et moins à comment chaque partie


du corps s’emboîte. On est dans un travail de gesture, guidez l’oeil du spectateur
pour qu’il voit ce que vous voulez qu’il voit et dans l’ordre que vous souhaitez.

Dans l’exemple ci-dessus, il s’agit encore de Nosferatu. Voyez comment votre


regard se déplace le long du dessin pour voir la menace de Nosferatu. Il y a un
travail de composition dans tout dessin même s'il n'y a pas de cadre ! Son nez
pointu aide à diriger le regard vers le cou, puis l’on découvre le visage de cette
jeune femme qui finalement fait semblant de dormir. En quelques fractions de
secondes, on peut passer d’une vision d’un acte dangereux qui mettrait la fille en
péril à une situation où cette dernière semble maîtriser la situation et y prendre
un certain plaisir. Ces quelques éléments racontent une histoire entre les
personnages, le rapport de force qu’il peut y avoir et suffisamment d’espace pour
imaginer autre chose.

Si vous trouvez que vos dessins sont ennuyeux, injectez de la vie, de la


caractérisation. Rien ne doit être laissé au hasard. Il faut donner de l’énergie dans
votre travail car cela se voit sur le papier après. Pensez à dessiner des situations
cocasses, cela surprend les gens et si le public est surpris, il est entertained.

Je ne le répéterai jamais assez : insufflez de l’énergie et de la vie à vos dessins


avant de penser perspective ou supination du biceps de l’avant bras. Si vous
voulez être un grand artiste vous devez assumer un parti pris fort, proposer une
histoire qui captivera vos fans.
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CHAPITRE 10
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T E N IR SON CARN E T D E C R O Q U I S

Nous avons vu l'ensemble des exercices qui composent le Programme mais je


voudrais rajouter cet ultime chapitre qui fait suite en quelque sorte au chapitre
précédent sur l'intérêt de contrôler la composition de vos images. C'est-à-dire
comment vous présentez votre dessin, comment vous le donnez à voir. Ce
chapitre peut également vous aider en ce qui concerne l'exercice d'Observation.

Dès le début j'ai essayé de composer les pages de mon carnet de croquis de
façon agréable à l'oeil et pour que l'on ne soit pas perdu.
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Si vous n’êtes pas un preneur de notes, devenez-en un ! Dessiner d’observation


dans son carnet de croquis est au dessinateur ce que les gammes sont au
musicien et les entrainements quotidiens au sportif. Mais pour le débutant c’est
également l’exercice incontournable pour apprendre à dessiner.

Comme le dit Robert Kaupelis, le carnet doit devenir une extension de vous-
même.

« Je suggère que vous épousiez complètement votre carnet de croquis pour


qu’il devienne presque une extension de vous même. Et ensuite, ce que vous
devez faire c’est dessiner et dessiner et regarder vos dessins et dessiner et
dessiner et regarder vos dessins et dessiner… » - Robert Kaupelis
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Gardez-le toujours avec vous, en toute circonstance et rappelez-vous que toute


circonstance est bonne pour sortir votre carnet. Les gens doivent s’habituer à vous
voir avec votre carnet comme si vous portiez des lunettes. Si les gens autour de
vous vous voient sans votre carnet ils doivent réagir. Par exemple : « Hmm il y a
quelque chose de changé chez toi, tu es allé chez le coiffeur ? » Tous les plus
grands dessinateurs ne s’arrêtent jamais de dessiner, ce sont des machines.
Devenez une machine à produire du dessin.
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Dessiner en permanence, dans le métro, en regardant la télévision, dans les


bars, les cafés. Les événements sportifs sont particulièrement fun à dessiner.
Dessiner constamment, votre intérêt pour la vie ne va faire que grandir et cela
fructifiera votre jus créatif. Il y a une barrière psychologique à franchir, il ne faut
pas avoir peur de dessiner dans les espaces publics tels les musées, les
restaurants, les parcs... Ne laissez pas le vent, la pluie ou le froid vous refroidir.
Paradoxalement, certaines conditions climatiques vous poussent à vous lâcher
plus, ce qui mène parfois à de meilleurs croquis. Sortez de votre zone de confort !
Je me rappelle par exemple avoir fait un dessin en Italie en marchant ; ce dessin
avait fini dans mon book pour le concours des Gobelins !
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Pour savoir dessiner d’imagination, vous devez connaitre les lois de la physique,
de la perspective, des volumes, bref de la réalité sur le bout des doigts. Cela est,
somme toute, assez logique. Il faut apprendre la réalité par cœur pour pouvoir la
reproduire les yeux fermés. Dessiner d’observation dans un carnet de croquis est
l’outil qui permet au dessinateur de se forger cette bibliothèque interne. Tout
simplement : dessiner d’observation = apprendre à dessiner.
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Votre carnet de croquis

Il existe un débat sur le fait d’utiliser un carnet de croquis basique et peu cher ou
d’utiliser un carnet de meilleure qualité et donc à un prix plus élevé. Je vous laisse
vous faire votre propre opinion là-dessus sachant évidemment que cela dépend
de la bourse de chacun. Il est très clair pour moi que la plus basique des feuilles
A4 destinée à la photocopieuse et le petit crayon Ikea suffit pour dessiner. Une
fois qu’on a dit ça, par expérience je pense qu’il vaut mieux mettre un peu d’argent
dans un beau carnet de croquis Moleskine et de bons crayons. Pourquoi ? Je me
suis rendu compte qu’en mettant un peu d’argent dans mon carnet de croquis, je
fais plus attention à ce que j’y mets. Mon inconscient me dit de réfléchir à deux
fois avant de faire un trait foireux. Jim Rohn disait ceci à propos du Journal Intime :

« Pourquoi je paye $26 pour un livre vide ? Pour me forcer à trouver quelque
chose de valeur à mettre dedans ! »

Extraits de carnets de croquis de Hélène Leroux


[Link]/helenecleroux
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Faites de votre carnet de croquis un objet d’art

Dites-vous que de la première à la dernière page, votre carnet de croquis est


destiné à être regardé par d’autres personnes. Pensez qu’il s’agit de votre autobio-
graphique. Au-delà des dessins, pensez à la propreté de vos dessins, n’en raturez
aucun ! Surtout s’il est raté et qu’il vous fait honte ! Vous êtes là pour progresser,
et il est important de laisser une trace de cette progression. Lors des moments
d’égarement, de baisse de motivation voire de découragement, ces dessins seront
là pour vous aider à relativiser et constater concrètement votre progression.
Pouvoir mesurer votre progression sera la clé de votre succès.

Penser votre carnet de croquis comme un livre d’art et d’illustration signifie que
vous devez également faire attention à la composition des pages.
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Comment composer élégamment vos pages ?

Vous pouvez faire des cadres et à l’intérieur de ces cadres faire des compositions,
racontez des histoires. En faisant des gros plans, des plans larges, votre page de
croquis se transforme en planche de BD, une BD d’observation. Variez les rendus,
crayons de couleur, crayon noir, marqueur, encre de chine, aquarelle, etc… Rendez
votre carnet vivant, agréable à l’œil.

Pensez également à bien varier les sujets de vos études, voici quelques idées en
vrac : des visages, des posings de corps en entier, des parties du corps, mains,
pieds, chaussures, sac à main, sac à dos, banc, personne dans son environnement,
arbre, bouche de métro, monuments, immeubles, des fleurs, des plantes, etc. La
liste est infinie…
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ÉPILOGUE
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Voilà, vous venez de découvrir en détail un programme phénoménalement


puissant et efficace pour apprendre à dessiner. Pour terminer ce livre, je vais
maintenant répondre à la question qui vous brûle les lèvres depuis le début :

Que faire si on n'a pas 10h par jour à consacrer au dessin ???

Effectivement, c'est la question à un million. Tout le monde ne peut pas tout


abandonner comme je l'ai fait en 2009 pour apprendre à dessiner.

Comment appliquer efficacement ce programme si vous avez un travail pendant


la semaine ? La réponse est simple : vous n'avez pas besoin de faire 10h par jour
pour progresser rapidement, ni 6h, ni 3h... Ce dont vous avez besoin c'est de FAIRE
tous les jours. Tous les jours est la clé ! Rappelez-vous des mots de Pierre
Lambert. En revanche, ce programme vous donne un idéal, un modèle de
programme à adapter à votre situation personnelle et selon les objectifs que
vous vous fixez. Un élément en revanche à prendre en compte est l'importance
de chaque exercice dans le programme. Je vais donc reformuler le programme en
pourcentage.

PROGRAMME EN POURCENTAGE

Échauffement - 10%
Anatomie / Morphologie - 20%
Gesture - 20%
Etude d'Univers Graphique - 10%
Dessin d'Observation - 30%
Etude de Composition - 10%
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Prenons un exemple concret, vous avez une heure par jour à consacrer au
dessin ? Parfait ! Est-ce que cela veut dire qu'il faut faire 20 minutes d'Anatomie,
20 minutes de Gesture, 10 minutes d'étude de composition, etc ? Absolument pas !
Cela aura une efficacité toute relative, vous n'aurez jamais le temps de rentrer
dans le dur des exercices. Il faut du temps pour progresser. Au lieu de cela,
répartissez les pourcentages sur une semaine par exemple. 1h par jour puis un
peu plus le week-end.

PROGRAMME POUR UNE SEMAINE

Lundi - Etude d'Univers Graphique - 1h


Mardi - Anatomie / Morphologie - 1h
Mercredi - Dessin d'Observation - 1h
Jeudi - Anatomie / Morphologie - 1h
Vendredi - Etude de Composition - 1h
Samedi - Dessin d'Observation - 2h + Gesture - 1h
Dimanche - Gesture 1h - Echauffement - 1h

De cette façon, vous réalisez tout le programme de façon intelligente et


équilibrée. Le Lundi vous commencez par une bonne dose d'inspiration, vous
écumez les blogs, les livres, vous redessinez ce que vous voyez. Les Mardi et Jeudi,
vous apprenez de façon studieuse vos cours d'Anatomie, si possible vous les
mettez en pratique lors de la séance de dessin d'observation du Mercredi. 1h dans
un parc, un café ou le train du retour. Le vendredi vous étudiez la composition
d'image, pourquoi pas devant un film si vous êtes rapide et multitâche. Le Samedi
vous sortez au Zoo, au musée et vous rempilez pour 2h de croquis d'observation.
Vous vous asseyez une bonne partie de l'après midi devant la Gare Centrale et
vous dessinez ! Le dimanche, on se fait plaisir avec un peu de Gesture et
d'Echauffement, ce qui équivaut finalement à dessiner ce que l'on veut, à
recracher ce que l'on a appris pendant la semaine. On évalue notre progression
semaine après semaine.
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Si jamais vous êtes vraiment motivé et que vous pouvez vous le permettre, la
solution la plus efficace pour appliquer le programme de façon optimale est de
faire 1h par jour pendant la semaine de travail comme vu précédemment et de
faire la totalité des 10h du programme réparties sur le week-end. 5h le samedi, 5h
le dimanche par exemple. Ou si vous êtes vraiment motivé, faites les 10h samedi
et à nouveau 10h dimanche. Vous arrivez alors facilement à 30h de dessin
hebdomadaire et vous pouvez être certain que votre niveau en dessin va
progresser de façon drastique. Peut-être même de façon encore plus efficace que
ma progression pour la préparation aux concours. Je m'explique.

Premièrement, nous sommes tous inégaux par rapport à nos capacités


d'apprentissage. Je ne crois pas au talent, mais il est clair que nous avons chacun
plus ou moins de facilité selon les domaines. Mais surtout deuxièmement, lorsque
je faisais les 10h de programme par jour, j'avais vraiment la tête dans le guidon. Je
ne faisais QUE ça, j'avais très peu de place pour prendre du recul, pour m'aérer
l'esprit et j'ai eu beaucoup de moments "bad" ! J'avais régulièrement des périodes
de démoralisation, au fond du trou, comme des burn out si vous voulez. Dans ces
moments là, l'efficacité du programme était inexistante. Je pense toujours que
dessiner 10h par jour pendant 9 mois est vraiment ce qui m'a permis de
progresser aussi vite, mais avec le recul, je pense qu'il est possible d'avoir une
progression tout aussi efficace et tout aussi rapide en allégeant le programme. Ou
plutôt en allégeant son esprit.

L'important est la régularité et la concentration pendant les exercices. Pendant


une journée de 10h de dessin, il est impossible d'être vraiment concentré pendant
10h d’affilée. Quelque soit l'activité d'ailleurs. Si vous réussissez à vous imposer 1h
de dessin par jour et être 100% investi pendant cette heure quotidienne, je suis
persuadé que vos progrès peuvent être du même ordre qu'ont été les miens !
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Il ne tient qu'à vous aujourd'hui d'appliquer avec discipline ces exercices. Et


c'est, je ne vous le cache pas, la partie la plus difficile. Ce Programme n'est
finalement que le sommet de l'Iceberg mais peu importe, maintenant vous avez
une carte, une destination à rentrer sur le GPS. Vous pouvez soit suivre le chemin
que je vous montre, soit choisir le vôtre. Tout est possible ! Vous avez le pouvoir
d'avoir du talent par la force de votre travail !

Je vous souhaite le meilleur dans ce voyage excitant qu'est l'apprentissage du


dessin et j'ai l'absolue certitude qu'avec du travail et de la discipline vous ferez
vôtre l'étoffe dont sont faits les plus grands artistes. Il est temps pour vous de
poser ce livre maintenant, de prendre une feuille de papier, un crayon..... Respirez
un grand coup.... et dessinez.

Yoann Bomal
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QUELQUES LIENS
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✧ ✦ ✧ SOURCES POUR F A I R E L E P R O G R A M M E ✧ ✦ ✧

✦ CLIQUE SUR LES LIENS POUR EN SAVOIR PLUS ✦

✧ ANATOMIE ✧

✦ Guide des Mouvements de Musculation - Frédéric Delavier


LA référence depuis des années, les dessins sont d'une précision olympique !
[Link]

✧ Anatomy For The Artist - Sarah Simblet


Attention livre d'Art ! de Magnifiques photos pour dessiner...
[Link]

✦ Figure Drawing - Andrew Loomis


Le livre historique...
[Link]

✧ Collection Michel Lauricella


La collection indispensable, petit format pratique et tous les muscles et os y sont
décomposés hyper clairement !
[Link]

✦ Cours de Morphologie de Jean-François Debord aux Beaux-Arts


[Link]
v=S8fgBEKLUiM&list=PLYnh6UuzuHLtlgap6QPtov3MhLmWeIrEp
100

✧ GESTURE ✧

✦ FORCE: Dynamic Life Drawing - Mike Mattesi


Livre référence préfacé par Glen Keane.
[Link]

✧ Gesture Drawing: A Story-Based Approach


Pour que notre Gesture raconte quelque chose !
[Link]

✦ Drawn to Life - Walt Stanchfield


Au delà de la Gesture : La Bible du Dessin !
[Link]

✦POUR PRATIQUER✦

✧ Croquis Café
[Link]

✦ Line Of Action
[Link]
101

✧ COMPOSITION ✧

✦ Framed Ink - Marcos Mateu-Mestre


Le livre référence de tous les Story-boardeurs
[Link]

✦POUR PRATIQUER✦

Voici quelques sites qui proposent des captures d'image de films :

✧ Movie Screencaps
[Link]

✦ Animation Screencaps
[Link]

✧ OBSERVATION ✧

✦ The Urban Sketcher - Marc Taro Holmes


Par un des fondateurs de [Link]
[Link]
102

✦ ✧ ✦ REJOINS-NOUS S U R L E D I S C O R D ✦ ✧ ✦

Si tu as décidé de te lancer dans le Programme alors rejoins notre communauté


d’apprentis dessinateurs qui font le Programme en même tant que toi sur le Discord.

Chaque jour, tout le monde poste ses dessins d’anatomie, de gesture, de


composition, ses croquis d’observation & ses dessins d’imagination et reçoit des
encouragements, des critiques constructives et shots de motivations quand il le faut !

On progresse tous ensemble et pas à pas !

Clique sur ton lien d’accès :


✧ [Link] ✧

✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧
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✦ ✧ ✦ POUR S'Y RETRO U V E R ✦ ✧ ✦

[Link]

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104

Apprendre Le Dessin - Le Programme


2e Edition

© MoonRun - Mai 2020

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