Apprendre le Dessin : Le Programme
Apprendre le Dessin : Le Programme
Apprendre le
Dessin
LE PROGRAMME
e Édition
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YOAN N B OMAL
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Ce livre est sous licence Creative Common 4.0 « Attribution - Pas d'Utilisation
Commerciale - Pas de Modification 4.0 International », ce qui signifie que vous êtes
libre de le distribuer à qui vous voulez, à condition de ne pas le modifier, et de
toujours citer l’auteur Yoann Bomal comme l’auteur de ce livre, et d’inclure un lien
vers [Link]
REME R C I EMENTS
Je tiens à remercier les personnes suivantes qui m'ont apportées leur aide
pendant l'élaboration de ce projet et qui m'ont apportées leur soutien pendant les
années d'apprentissage !
Merci à Mélody Cisinsky, Cynthia Flores, Magali Heu, Caroline Corbisez, Anna
Lubinski, Nicolas Capitaine, Matthieu Gosselin, Kristof Serrand, Glen Vilppu, Steve
Mason, Dan NGuyen, Jean-Claude Tran, Andrew Gordon, Sandro Cleuzo, Carlo
Vogele, Lloyd Price, Andy Symanowski, Dawn Ernster Yamazi, Emily Metcalfe,
Augustin Clermont, Hélène Leroux, Nölwenn Roberts.
Plus généralement Merci à tous les profs et intervenants à Gobelins, aux artistes
rencontrés aux studios Aardman, à Pixar Animation Studios et à Nicolas Prothais
des Walt Disney Studios.
Merci aux artistes qui m'ont inspirés et motivés, Walt Disney, Chuck Jones, Tex
Avery, Milt Kahl, Frank Thomas, Ollie Johnson, Ward Kimball, Marc Davis, Glen
Kean, Andreas Deja, Aaron Blaise, Jim Kim, John Nevarez, Sandro Cleuzo, Kristof
Serrand, Nicolas Marlet, Octavio Rodriguez, Mael Gourmelen, Franquin, Peter de
Sève, Leo Matsuda, Shane Glines, Shane Prigmore, Stan Prokopenko, Brittney Lee,
David Colman, Charlie Chaplin, Michael Jackson.
Merci à ma Line.
Je dédie ce livre à mes frères Alexis et Victor, qu'ils trouvent aussi en eux la force de
transformer leur rêve en réalité.
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AVAN T - P ROPOS
Hey guys !
Yo
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Remerciements 4
Avant-Propos 5
Introduction 8
Chapitre 1 13
Chapitre 2 18
Chapitre 3 24
Le programme 28
Chapitre 4 29
Échauffement 30
Chapitre 5 37
Anatomie/Morphologie 38
Chapitre 6 46
Gesture 47
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Chapitre 7 60
Dessin d'observation 61
Chapitre 8 70
Chapitre 9 76
Etude de Composition 77
Chapitre 10 84
Épilogue 93
Quelques liens 98
INTRODUCTION
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IN T R ODUCTION
Peut-être avez-vous déjà essuyé les plates-bandes des méthodes miracles qui
vous promettent de pouvoir dessiner en 10 leçons ou en 3 jours. Peut-être en
êtes-vous revenus en constatant la supercherie de l’accroche et l’inconsistance de
la méthode. Vous avez certainement compris qu’apprendre à dessiner ne se
résume pas à une succession de 10 exercices simples qui, réalisés une fois, même
avec application, permettent de rejoindre le niveau d’un Michel-Ange. Il n’y a pas
de secret caché pour savoir dessiner, la réponse est dans la question : comment
faire pour apprendre à bien dessiner ?
Oui, certains naissent avec une certaine facilité pour dessiner. Nous avons tous
autour de nous des personnes qui nous disent qu’ils dessinent depuis qu’ils sont
en âge de tenir un crayon. Depuis leur plus tendre enfance, ils redessinent les
personnages des films de Disney avec une facilité déconcertante ou font des
caricatures plus vraies que nature de leurs camarades de classe. Ces personnes
chanceuses auront moins à travailler pour atteindre un bon niveau en dessin, je
vous l'accorde. Pour toutes les autres, il reste le travail, l’apprentissage, qui
permettra à terme de dessiner avec le même “talent”, avec la même dextérité,
facilité et surtout avec le même résultat. Les “Happy Few”, comprenez, les
“Quelques Heureux élus” que l’on qualifie souvent de Génies dans leur domaines,
seront ceux qui allieront à un talent précoce un travail acharné et passionné tout
au long de leur vie pour atteindre une forme d’excellence.
En jetant un œil sur l’histoire et dans différents domaines, les noms de Mozart,
Michael Jackson ou encore Michael Jordan viennent à l’esprit, ces personnes qui
ont su ne pas se reposer sur un talent précoce mais fructifier leur art, décupler
leur facilité par un travail acharné. Nous voyons donc les deux faces de la pièce
qui nous permettra d’atteindre un niveau proche de l’excellence. Premièrement, le
travail qui ne se mesurera pas en nombre d’exercices mais en nombre d’heures
passées à gratter le papier. Deuxièmement, la passion pour le dessin comme
moteur. Ce programme s’adresse donc à 2 catégories de personnes dont j’espère
vous faites partie :
Les personnes qui ne savent pas dessiner, qui n’ont peut-être jamais tenu un
crayon de leur vie, mais qui ont une motivation sans faille pour atteindre
également le niveau de l’excellence.
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Nous posons donc les premières pierres de notre méthode. C’est en dessinant
beaucoup que l’on progresse et c’est en aimant dessiner que l’on dessine
beaucoup.
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Revenons un peu sur ces personnes qui ont eu un talent précoce pour le
dessin... Ces personnes aiment dessiner depuis qu’ils sont en âge de tenir un
crayon. Effectivement, ils ne peuvent pas passer une journée sans faire un petit
dessin quelque part sur une feuille de papier qui traîne, un coin de cahier ou un
carnet. C’est le moteur de la passion qui les fait progresser et devenir au bout de
quelques années d’excellents dessinateurs. Cependant, il est possible de
transformer ce principe de base pour qu’il puisse s’appliquer à n’importe qui. Il
suffit de remplacer la passion pour le dessin par la motivation de réussir.
Ce fut mon cas, bien que je dessinais un peu étant petit je n’ai jamais réellement
pris de plaisir à dessiner. Ma passion c'était l'Art de l'Animation, le dessin "animé"
donc ! C’est ma passion pour le cinéma d’animation qui m’a forcé à apprendre à
dessiner de façon professionnelle. Aussi, c’est en suivant à la lettre le programme
que je vais vous dévoiler que j’ai pu apprendre à dessiner en moins d'une année et
réussir l’un des concours d'école d'Art les plus difficiles au monde, celui des
Gobelins, l'école de l'image à Paris qui me permis ensuite de réaliser mon rêve
d'enfant : Travailler dans les studios d'animation Disney-Pixar.
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CHAPITRE 1
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E N F ANCE ET PRE M I E R S P A S D A N S
L E D ESSIN
Ma passion pour le dessin-animé est apparue extrêmement tôt chez moi. Tous
les enfants regardent des dessins-animés, certes, mais seule une partie d'entre
eux essaieront de percer le secret derrière la magie de l'animation, du dessin qui
s'anime. Comment ça marche ? Comment est-ce possible ? Dans quel univers
parallèle Bugs Bunny vit-il ? Car oui, s'il y a bien une certitude, c'est que Bugs
Bunny, Mickey Mouse ou les Tortues Ninjas sont vivants... quelque part. À mon
époque, le numérique n'existait pas encore, et les caméscopes vidéos que nous
possédions ne permettaient pas de filmer image par image.
Mais je voulais surtout faire du dessin animé, je voulais animer mes dessins.
C'est alors que je fus confronté à un problème bien plus énorme que celui de
l'enregistrement image par image. J'étais bloqué par mon niveau en dessin. Je
n'avais que 8 ans évidemment, et peu d'enfants savent dessiner à cet âge-là, du
moins avec le niveau de rendu que je visais. Cela constituait un réel obstacle à
mes ambitions : faire un vrai cartoon à la Disney. Je commençais alors à dessiner
ou plutôt, à redessiner. Redessiner les images de mes livres pour enfant, Mickey,
Pinocchio, Le Roi Lion, Les tortues ninja, etc.
C'est à cette époque que mon père me fit une surprise, en m'emmenant à une
exposition de dessins originaux de Disney non loin de chez nous. Mon père me dit
d'emporter avec moi mes reproductions qui avaient gagné en qualité avec le
temps, on ne sait jamais. J'ai donc passé une bonne après-midi à sélectionner le
meilleur du meilleur de mon oeuvre. Je me rappelle très peu de l'exposition je dois
l'admettre, en revanche je me rappelle avoir fait une rencontre qui allait avoir un
impact très important sur ma vie.
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Pierre Lambert était un nom que je connaissais bien car il est l'auteur d'une
série de livres absolument magnifique sur la production des films Disney. Mon
père m'avait acheté ses livres à chaque Noël, ils étaient pour moi la source de mon
éveil pour le métier d'animateur. On peut effectivement retrouver dans ces livres
tous les dessins de préparation, d'animation, de décors, de recherches des vieux
films Disney et cela dans une qualité d'impression remarquable. C'était l'ancêtre
des Art Book qui se sont beaucoup développés par la suite. Beaucoup des dessins
que je gardais sous mon bras étaient recopiés à partir d'images de ses livres. Je
m'avançais donc vers ce monsieur qui m'impressionnait beaucoup et une fois
introduit par mon père qui lui expliquait ma passion en deux mots, je lui tendais
mes dessins en espérant une réaction au minimum équivalente à : "Génial, tu as
un talent énorme, je n'ai jamais vu cela ! Il faut absolument que je montre tes
dessins aux studios Disney à Los Angeles. Viens avec moi, on prend l'avion. Hein ?
Tu as 10 ans ? Ce n'est pas grave, l'administration américaine est très ouverte, il y
a des dérogations pour ceux qui souhaitent vivre le rêve américain. Come On ! Tu
vas animer sur le prochain film des studios Disney".
Il prit alors un livre qu'il avait écrit et que j'avais apporté pour l'occasion où il
apposa la dédicace suivante : "Bravo pour ces premiers dessins. Dessiner tous les
jours permet de progresser très vite ! Amicalement ! Pierre Lambert."
CHAPITRE 2
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L A P RÉPARATI O N A U X G O B E LI N S
À l’âge de 24 ans, je n'ai pas avancé d'un iota dans la réalisation de mes rêves
d'enfant. A l'âge de 24 ans, je ne sais pas dessiner, je suis encore plus nul que
lorsque j'avais 10 ans. Recopier un dessin ? Oui, je pouvais faire illusion, mais
dessiner vraiment d’observation ou d’imagination, c’était Beyrouth, la cata !
Par fainéantise de m’y mettre vraiment, j’ai donc abandonné mon rêve et me
suis tourné vers des études de Cinéma à l'université Paris 7 Denis Diderot,
beaucoup plus confortables. Regarder des films pour avoir son diplôme, tchek ! Je
me dirigeais tout droit dans le mur, vers un chômage certain et bientôt
irrémédiable. Voyant la catastrophe arriver, j'avais créé avec deux amis une
société de production de films, Yeti Hunters (Les Chasseurs de Yéti) - Nous faisions
quelques films de promotion pour des entreprises, pour des soirées électro à
Paris et mêmes des films de campagnes politiques pour quelques éléphants dont
je tairai le nom.
En 2008, nous avons décroché notre plus gros contrat avec la chaîne de
télévision MEZZO qui nous commanda 1h de courts-métrages mettant en scène
Paris sur des musique de Bach et Debussy. C'est avec ce projet que je me suis
remis à l'animation ! Non pas dessinée, mais en stop-motion, en pixilation... La
magie de l'image par image m'est revenu en pleine face ! Il y avait comme un feu
au fond de moi qui se ravivait, qui renaissait de ses cendres... et si, tout n'était pas
encore perdu ?
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D’après vous, combien de temps cela prend-il pour changer de vie ? Une année
? Un mois ? Cela prend une demi-seconde ! C’est le temps qu’il faut pour décider
de prendre sa vie en main et de réaliser ses rêves. À ce moment précis, je décide
de tout arrêter (la Fac, la boite de prod) et de concentrer tout mon temps et toute
mon énergie à un objectif simple : Réussir le concours d’entrée à l’Ecole des
Gobelins, encore récemment élue meilleure école d’Animation au monde.
Je rencontre ma mentor Mylydy, une élève des Gobelins. Elle me donne des
exercices et un programme que je suis tant bien que mal. Là, ça ne rigole plus, je
dessine 10h par jour pendant près de 9 mois. Je suis ses cours de dessin, des
cours oui, mais surtout je suis le programme. J'ai deux cours de nu par semaine. Je
suis les cours de morphologie de Glen Villpu chaque matin... Cette année est assez
éprouvante mentalement et physiquement, mais je n’ai pas le choix : l’âge limite
pour passer le concours est 25 ans. J’ai 25 ans, je n’aurai pas de deuxième chance.
CHAPITRE 3
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L E S PRINCIPES D U P R O G R A M M E
Le Programme que je vais vous dévoiler est basé sur 4 principes fondamentaux
qui sont : La Pratique, la Technique, le Storytelling et la Référence. Ce sont les 4
piliers qui garantissent une progression optimale de votre niveau en dessin.
Revenons sur ces fondamentaux un par un.
La Pratique
J'imagine que ce pilier à lui seul peut soutenir le programme. Les autres ne sont
là que pour optimiser la progression. Pour apprendre à dessiner, il faut dessiner,
c'est une donnée sine qua non pour progresser. Évident ? En théorie oui, mais
dans la pratique c'est plus difficile. La progression en dessin n'est pas linéaire, il y
a des jours de forte progression et des jours où l'on n'avance pas, voire où on a
l'impression de régresser ! Pratiquer régulièrement le dessin demande donc une
forte volonté psychologique. Il faut absolument suivre le précepte du peintre grec
Apelle de Cos "Nulla dies sine linea - Pas un jour sans une ligne". Rappelez-vous du
conseil de Pierre Lambert dans sa dédicace : "Dessiner tous les jours permet de
progresser très vite". Il n'y a pas de secret, ou s'il en est, c'est celui-ci. Si vous
n'êtes pas prêt à dessiner au moins une fois par jour, vous pouvez dès maintenant
lâcher ce livre, il ne vous sera d'aucune utilité pour progresser en dessin.
Le Storytelling
Notre conception sur cette forme d'art si particulière est qu'un dessin raconte
TOUJOURS quelque chose, qu'il DOIT toujours raconter quelque chose. Certains
pourront être en désaccord mais c'est cette voix que je porte : l'histoire avant
TOUT ! Un dessin seulement basé sur l'esthétique captera peut-être l'attention
quelques secondes... un dessin qui raconte quelque chose d'intéressant pourra
captiver l'attention de l'humanité pendant des siècles. Pourquoi pensez-vous que
la Joconde est le tableau le plus célèbre de l'Histoire ? D'où vient cette fascination
transgénérationnelle ? Voilà probablement le portrait, qui est un genre d'ordinaire
non narratif, qui a fait couler le plus d'encre. Qui est elle/il ? Que ressent-elle ? Et
bon sang de pipe en bois, pourquoi elle sourit comme ça ? Quand on est face à
une oeuvre, on a un besoin primaire de comprendre ce que cela nous raconte,
quelles sont les émotions en jeu.
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Si l'on dessine sans raconter quelque chose, c'est-à-dire, sans y mettre du sens,
c'est un dessin en vain.
La Technique
L'autre face de la pièce est bien entendu la technique. Il n'est pas possible de
mettre de côté les règles de base de la perspective, de la morphologie. Il nous faut
apprendre ces règles, savoir représenter un volume dans l'espace. Savoir vraiment
dessiner signifie que l'on veut pouvoir dessiner tout et n'importe quoi, que l'on
veut pouvoir dessiner ce qui existe et inventer ce qui n'existe pas. On veut pouvoir
dessiner un personnage ou un animal dans n'importe quelle position et vu sous
n'importe quel angle. Avoir une solide connaissance de la morphologie et au
moins quelques notions sur la perspective sont à ce titre nécessaire. On ne peut
dessiner que ce que l'on comprend vraiment, analyser en profondeur le corps
humain et animal, c'est la base.
La Référence
La référence tient un rôle très important dans notre apprentissage car elle nous
permet de nous nourrir en tant qu'artiste. Il est impossible de partir d'une page
blanche. Nous devons avoir une bibliothèque mentale et physique dans laquelle
nous allons piocher pour créer, pour libérer notre art. Les grands artistes ont
toujours fonctionné comme ça ! Même les hommes des cavernes ont commencé
par dessiner dans les grottes ce qu'ils observaient dans la nature. Il est très
important de rester ouvert et de découvrir de nouvelles formes et influences dans
le spectre le plus large possible. Il est toujours intéressant par exemple de mixer
le nouveau et l'ancien. À terme, cela nous permettra de créer notre propre style
graphique qui sera un mixe de toutes nos influences.
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L E P ROGRAMME
DU L U N D I AU VENDREDI
07:00 - Réveil
08:00 - Échauffement - 1h
09:00 - Anatomie / Morphologie - 2h
11:00 - Gesture - 2h
13:00 - Pause Déjeuner
14:00 - Etude d'Univers Graphique - 1h
15:00 - Dessin d'Observation - 3h
18:00 - Etude de Composition - 1h
CHAPITRE 4
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É C H AUFFEMENT
Comme tout bon sportif qui prépare une grande compétition, la journée
commence par de l'entrainement. On a besoin de réveiller ses muscles, ses yeux,
sa tête. Sinon c'est le claquage du poignet assuré ! On commence par quelque
chose de très simple, on travaille son trait. Des cercles, des lignes droites, des
courbes... on fait des gammes et on en remplit une feuille entière. L'intérêt de
l’échauffement c’est que c’est une étape qui peut considérablement améliorer la
qualité de votre trait, la qualité de votre ligne, c'est fait pour ça... un peu comme
les gammes d'un pianiste, il échauffe ET améliore ta technicité à la fois.
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La qualité de notre trait est lié à une bonne coordination entre notre cerveau et
notre main pour que la main fasse exactement ce que le cerveau lui ordonne. En
d'autres termes : Pour que la main fasse un jolie trait, il faut que le cerveau soit
clair dans l’ordre qu’elle donne à la main…
Hors quand on apprend à dessiner, notre cerveau n’est pas encore au taquet ! Il
n’est pas sur de lui, c'est d'ailleurs pour cela que l'on va faire tous les autres
exercices qui vont suivre dans le Programme. Avoir une connaissance de
l’anatomie humain permet au cerveau d’envoyer une information clair à la main
sur comment dessiner une tête, un bras, etc. S'entraîner à la gesture, permet au
cerveau d’envoyer une information claire à la main sur quelle ligne d’action va
rendre notre pose dynamique, etc.
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Les Droites
La première chose que l'ont fait donc c'est de tracer des lignes droites. On trace
à main lever, d'une traite, on essaye d'éviter le trait poilu !
Pour rendre l'exercice optimum il est préférable de tracer des points de départ
et d'arriver que l'on peut écarter de plus en plus pour augmenter la difficulté et
ainsi s'obliger à garder une concentration du début à la fin de notre tracée.
Le but est de ne pas se reprendre, ne pas repasser sur la même ligne, il faut
aller du point A au point B d'une traite et sans dépasser. On s'entraîne à rester
dans le contrôle de la ligne.
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Les Courbes
De la même façon on peut aussi tracer 3 points qui s'écartent les un les autres
de 1cm à chaque fois pour dessiner des courbes contrôlées. Il peut être utile de
dessiner sur une feuille à carreaux pour bien espacer les points.
Cela donne un joli arc-en-ciel ! Il faut prendre son temps pour réussir cette
exercice, se détendre et ne pas se crisper sur le crayon. Il faut visualiser avant de
dessiner ! Visualiser le trait avant de le faire, tracer dans le vide avant de poser le
crayon ! Evidemment plus les arcs sont grands plus c’est difficile alors on ne se
décourage pas !
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Le Cercle Parfait
L'astuce ici est de dessiner dans le vide, à 1cm au dessus de la feuille, on trace
le cercle plusieurs fois dans le vide, on essaye de devenir une machine et quand
on le sent on trace le cercle d'un coup. Il faudra s'y reprendre plusieurs fois, mais
au bout d'un moment vous allez y arriver. Il suffit de le faire encore et encore !
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L’ellipse
Quand on arrive aux Gobelins, on commence toujours par faire ce qu’on appelle :
les Préliminaires d’Animation. C’est une série d’exercices pour avoir une première
approche de l’animation traditionnelle 2D. Tous les élèves des Gobelins y sont
passé et un des exercices majeurs de ces préliminaires c’est d’animer des Ellipses
en perspective. C’est à dire, animer les ondes que font des gouttes d’eau sur la
surface d’un lac par exemple. C'est un casse-tête absolu à faire, je me rappelle avoir
passé une nuit blanche entière à tracer des ellipses.
Une ellipse c’est un cercle en perspective. Nous avons vu que le cercle parfait
tient dans un carré donc en toute logique, l'ellipse tient elle aussi dans un carré en
perspective.
C'est très important de s'entraîner à dessiner des ellipses parce qu'elles sont
partout quand on dessine. La technique est la même que pour le cercle parfait, il
faut s'entrainer beaucoup à main lever avant de poser le crayon sur le papier.
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Se faire plaisir
Pour fini la séance d'échauffement, l'idée est de dessiner ce que l'on veut, se
laisser aller, se faire plaisir. Faire un dessin d'imagination ! Le but étant de
recracher ce que l'on a appris la veille et les jours précédents. Souvent en début
de journée, ce moment de "détente" pouvait aussi arriver en fin de journée.
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CHAPITRE 5
KR O
NK
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A N A TOMIE/
M O R PHOLOGIE
On rentre dans le dur avec cette partie du programme. Il n'y a pas d'exercice
type, il faut se former soi-même. On ouvre les livres d'Anatomie, on regarde des
photos, on ressort son dictionnaire de latin, on se tâte le corps (hmmm...), on
regarde les cours de Glen Villpu et on apprend chaque jour un nouveau muscle,
un nouveau joint, une nouvelle partie du corps. Il faut apprendre comme on
apprenait notre cours de SVT, du par coeur ! On se pose les questions : Quels sont
les volumes du corps ? Comment s'emboîtent les volumes des
os/muscles/tendons/graisses entre eux ?
... Je vois déjà la sueur couler sur votre front.... Vous pensez que ce n'est pas
nécessaire ? Laissez-moi vous expliquer.
Il ne devrait y avoir aucune partie du corps qui soit un mystère pour nous. Si
c’est un mystère, nous ne serons jamais capables de le dessiner correctement
sans copier la référence ou simplement inventer des choses qui n’existent pas. J'ai
failli appeler ce livre "Apprendre à VRAIMENT Dessiner" parce qu'on cherche à
apprendre à vraiment dessiner, cela veut dire que l’on veut pouvoir dessiner tout
et n’importe quoi, tout simplement. Principalement des personnages, mais
absolument tout ce que notre imagination nous permet de concevoir, nous ne
voulons avoir aucune limite ! Et pour cela, nous avons besoin de connaître le corps
humain sur le bout des digitus (nom latin pour doigts), nous n’avons tout
simplement pas d’autres choix.
Par exemple, le bras est levé en haut sur une photo référence mais on a besoin
que le bras soit posé au sol pour une meilleure composition. Yes We Can ! Quand
une jambe ou une autre partie du corps est trop remplie de détails inutiles, on
peut relaxer les muscles et ne montrer que les formes simples. On peut montrer
plus de structure dans un personnage que l’on souhaite plus solide et lourd. Nous
pouvons créer des personnages qui n’existent pas dans la vraie vie, car si nous
devions chercher un modèle pour dessiner Maui, Hulk ou un zombie, on aurait du
mal.
Les formes du squelette sont très importantes car elles sont les fondations du
corps. Les repères des os sur le corps nous aident à repérer les muscles. Et les
muscles sont attachés au squelette, donc si vous connaissez le squelette et où les
muscles sont attachés sur le squelette, les muscles deviennent bien plus faciles à
dessiner. CQFD ! Aussi, il est intéressant de constater que le squelette reste
relativement constant d’une personne à l’autre. Les muscles et la quantité de
graisse peuvent énormément varier entre deux types de corps, et du coup on peut
se raccrocher au squelette pour mieux comprendre ce que l’on voit. Un
bodybuilder, une personne obèse ou un cycliste auront globalement le même
squelette et les repères seront aux mêmes endroits.
Comprendre chaque joint veut dire que l’on comprend la façon dont s’articule et
bouge chaque joint. Et cela vous aidera à comprendre comment ce mouvement
affecte les formes en surface.
Les muscles profonds ont peu d’intérêt pour nous, nous cherchons à connaître
l’anatomie dans un but purement artistique et non médical. À moins que l’on
souhaite dessiner des zombies… Ce que je ne peux que fortement vous
recommander pour étudier l’anatomie de façon ludique. De plus, cela vous sera
utile pour mieux appréhender l’ennemi le jour où l’invasion sonnera.
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2D VS 3D
La façon dont ces formes se chevauchent les unes les autres apparaît très
différemment en 2D selon l’angle observé. Pour pouvoir dessiner n’importe quelle
forme vue sous n’importe quel angle, nous devons absolument comprendre les
formes et les relations entre elles. Cela ne suffit pas de mémoriser le contour 2D.
Le corps marche de la même façon, les muscles se chevauchent les uns les autres,
de sorte que, vus sous différents angles, ils peuvent apparaître de façons très
différentes. Connaître le diagramme 2D du corps n’est absolument pas suffisant.
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Après avoir étudié les choses en profondeur, après avoir compris la complexité
et la subtilité du corps, nous allons nous en extirper pour le prochain exercice afin
de trouver la véritable essence de ce que nous dessinons.
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CHAPITRE 6
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G E S TURE
Pour faire simple, l'objectif de cet exercice est de dessiner vite ! Concrètement
pour réaliser cet exercice, on prend la vidéo d'une action, sportive ou autre, et on
la joue image par image. Le hic ? On n'a qu'une minute pour dessiner chaque
image. Comme cela nous allons dessiner vite, en se focalisant sur l'essentiel et en
oubliant les détails. On cherche à comprendre le mouvement, à le synthétiser en
quelques courbes. On pense mouvement global. Cet exercice a aussi comme
intérêt de nous autoriser à nous désinhiber.
Voici mes premières tentatives encore bien maladroites sur cet exercice.
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Très souvent les progrès se font sentir au cours d'une même séance. Par
exemple, cette séance avec la course du chat. Regardez comment les premiers
dessins sont trop sages, trop dans la maîtrise et pas assez dans le lâcher-prise,
puis petit à petit ce n'est presque plus le chat mais l'essence de la course du chat
qui prend le dessus. Les lignes sont plus simples, plus douces, plus fluides.
La Gesture en questions ?
C’est quoi le délire avec la Gesture ? Une contraction du mot “geste” et du mot
“voiture” ? NON. Ce mot ne veut rien dire en français, il est emprunté à la langue
anglaise car nous n’avons pas réussi à trouver quelque chose de mieux dans les
200 000 mots que compte notre langue. Toujours difficile à expliquer, il est
pourtant facile à comprendre. Gesture, rythme, mouvement, ligne d’action, flow -
tous ces mots sont utilisés de façon interchangeable et veulent fondamentalement
dire la même chose. Dans Gesture il y a "geste" et cela indique donc d'emblée
l'idée de mouvement. On parle ici d’énergie, celle qui est à l'intérieur des formes.
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C’est une forme rapide de dessin qui utilise un minimum de traits, pour
transmettre à la fois l’idée de mouvement et d’action.
C’est aussi facile à comprendre que difficile à mettre en pratique lorsque l’on
commence à dessiner, surtout lorsque l’on se risque à dessiner un personnage en
pied. On est tellement tenté de dessiner les détails de l’anatomie, des vêtements
et toutes les petites aspérités du contour car on pense que l’accumulation de tous
ces détails rendra notre dessin meilleur. Grossière erreur mon jeune ami ! La
réalité est très simple, les détails ne sont RIEN sans la Gesture, et j’irai même plus
loin, un dessin n’est rien sans la Gesture ! Alors commence par la Gesture et oublie
le reste.
Le voyage pour maîtriser les “quicksketch” sera un voyage long mais excitant ! À
chaque fois, nos dessins s’amélioreront si l'on y met le temps et l’effort. Dans le
cadre du Programme, il est toujours bon de faire des sessions de 25 à 100 dessins.
Nous avons déjà expliqué l’importance de raconter une histoire dans nos dessins,
et bien, la gesture est l’outil ultime pour raconter une histoire en capturant le
langage du corps. Tu veux utiliser tout le corps et pas simplement des mots pour
communiquer des idées et des émotions ? Voilà ce que la Gesture doit capturer.
Qu’est-ce que ce personnage est en train de faire ? Que ressent-il ? Qu’est ce qu’il
vient de faire, ou s'apprête à faire ? Tout ceci peut être raconté en seulement
quelques traits dont tout le monde pourra reconnaître le corps et identifier les
émotions.
Une bonne idée est d’exagérer les poses pour mieux raconter. Plus on
s’améliorera dans l’exagération des poses, plus on sera capable de capturer toutes
les subtilités des poses
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NON, il ne faut surtout pas dessiner de bonhomme bâton, cela pourrait rendre
ton dessin rigide et tout moche : les traits ne sont pas des bâtons, ce sont des
lignes droites et même majoritairement des courbes, un peu comme des vagues.
J’aime beaucoup la façon dont Glen Villpu dessine ses gestures, elles représentent
vraiment ce concept de vague. Il parle de flow.
Observer les poses et analyser le mouvement. Ce qui nous intéresse c’est moins
ce à quoi ça ressemble que comment on le ressent. Plus tard nous ajouterons plus
de structure à ces dessins, pour que les personnages semblent plus solides et
réels.
Rappel : Un dessin de Gesture n’a pas pour but d’être un dessin fini, il s’agit avant
tout d’un exercice pour pratiquer un concept, une base pour un dessin poussé. On
entraîne son esprit à percevoir le rythme, le mouvement dans tout ce que l'on
dessine, au-delà des contours.
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La Ligne d’Action
Toutes les poses ne peuvent pas être simplifiées à cet extrême, mais il y a
toujours une ligne principale qui montre la direction du flow de la pose. Cette
ligne d’action donne du sens, elle donne l’énergie de la pose mais elle raconte
surtout l’histoire, l'émotion du personnage. Cependant, nous avons encore besoin
de lui rajouter nos autres courbes CSI pour pouvoir "humaniser" le flow de cette
Ligne d'Action et communiquer ce que nous voulons.
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CSI + V
On retrouve ce concept de design dans la nature avec l’eau. Quand l’eau est
calme, les vagues sont des courbes en S avec un flow continu. Mais durant une
tempête, l’eau est remplie d'énergie et les vagues deviennent plus angulaires avec
un effet de zig zag menaçant. Pour faire simple, quand on veut de la tension, de
l'énergie, on pense “zig zag”. Quand on veut quelque chose de plus relax et
détendu, on pense courbe en C et S.
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Maintenant que l'on a bien travaillé toute la matinée sur la Morpho et la Gesture,
nous avons en mains tout ce qu'il faut pour dessiner des personnages. Il est
temps de sortir un peu pour aller se confronter au monde réel.
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Maintenant que l'on a bien travaillé toute la matinée sur la Morpho et la Gesture.
Nous avons en mains tout ce qu'il faut pour dessiner des personnages. Il est
temps de sortir un peu pour aller se confronter au monde réel.
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CHAPITRE 7
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D E S SIN D'OBSER V A T I O N
C’est un paradoxe mais nous devons tendre vers une certaine abstraction et
penser à ce qui est le plus important. N’allez pas chercher combien de carreaux se
trouvent sur cette chemise ni combien de cheveux il y a sur la tête à Mathieu. Allez
chercher l’énergie dans la pose, allez chercher la vérité !
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Trouver la vérité
Dessinez des idées, pas des "choses", des actions, pas des "poses", la gesture et
non la structure anatomique, c’est en faisant cela que vous ferez naître l’émotion.
Un dessin bien construit doit avoir chaque partie bien placée et de façon
harmonieuse, mais ce n’est pas ce que l’on voit lorsque l’on regarde un dessin. Ce
que l’on doit voir, c’est l’émotion. Dans le dessin d’un homme affamé, vous devriez
voir la peur, la faim et le désespoir en regardant le dessin. Et nous devrions même
les ressentir. Le dessin que nous regardons doit pouvoir faire naître une émotion
chez celui qui le regarde. C’est l’objectif ultime vers lequel nous devons tendre en
tant qu’artiste.
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Il y a ce fameux exemple donné par Walt Stanchfield dans ses célèbres notes
données aux animateurs Disney dans les années 90. Faites cette expérience :
Prenez une allumette et regardez-la. Si vous deviez dessiner une allumette brûlée,
vous ne vous diriez pas « Ok, donc ça, c’est la structure d’une allumette, et… » Non,
vous vous diriez ceci « C’est une allumette dont la structure a été brûlée et a twisté
en une forme noire et agonisante. Si je ressens ce qui est arrivé à cette allumette
comme si c’était arrivé à moi-même, alors voilà le sentiment que je dois
retranscrire dans mon dessin, voilà l’émotion que je dois représenter. »
Nous devons nous mettre dans un état émotionnel lié à ce que nous dessinons,
sinon nous ne représenterons que des choses, peut-être anatomiquement et
structurellement justes, mais froides et sans aucun intérêt artistique.
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Une dernière note : Le passage obligé pour toute personne sérieuse dans son
désir de progresser en dessin est de prendre des cours de Nu académique.
Prendre au moins 1 cours de nu par semaine est un minimum, 2 cours par
semaine est l'idéal pour faire des progrès rapides. La plupart des grandes villes
proposent des cours à des tarifs attractifs, il faut savoir chercher ! Si cela vous est
impossible de trouver des cours de nu près de chez vous, il vous reste alors le
dessin d'après photo. Moins efficace que la "réalité" a fortiori mais dans
l'impossibilité de faire autrement, le dessin de nu minuté d'après photo reste une
très bonne école !
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CHAPITRE 8
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E T U DE D'UNIVER S G R A P H I Q U E &
C O M MENT TROU V E R S O N S T YL E
Pour l’Apprentissage
« Study the Greats and become greater » - Étudie les Grands maîtres et
deviens encore meilleur. - Michael Jackson
Pour l’Inspiration
Si vous vous asseyez à votre table à dessin en vous disant « Je vais faire le
meilleur dessin du monde » vous pouvez être sûr que rien ne se passera. Vous
avez plus de chance de voir un jour voler des Chicken Nuggets dans le ciel que de
trouver l’inspiration de cette façon. Néanmoins, Brad Bird (réalisateur des
Indestructibles 1 & 2, Ratatouille...) aime à dire qu’il est possible de contrôler notre
environnement pour favoriser l’inspiration. Il veut dire que l’on peut se mettre
dans les meilleures conditions possibles, celles qui nous stimulent le plus pour
faire venir l’inspiration. Pour certains comme moi ou Picsou, marcher en tournant
en rond aide à réfléchir.
Les œuvres d’art ne viennent jamais de nulle part. Les personnages d’Arielle et
Raiponce ont été inspirés à Glen Keane par sa femme et sa fille. On peut même
aller jusqu’à dire que la Joconde a été inspirée par Mona Lisa. Les artistes
s’inspirent donc avant tout du réel qui les entourent, mais ils s’inspirent également
des artistes qui les ont précédés. On sait par exemple, à quel point Paul Cézanne a
influencé les artistes de la peinture contemporaine ou comment Manet fut
fortement influencé par les œuvres de Goya ou Velasquez. À son tour, Manet
influença les peintres impressionnistes Degas, Cézanne, Renoir, Monet etc, avant
d’être lui-même influencé par eux, le rendant un peu plus sensible aux jeux de
lumière.
Bref, l’influence est permanente chez les artistes, elle coule et ruisselle entre
chacun d’eux, elle se teinte des qualités des uns et des autres pour à chaque fois
produire quelque chose de nouveau. Un exemple concret, le célèbre tableau
Olympia d’Edouard Manet est en réalité très fortement inspiré du tableau de Titien
La Vénus d’Urbain. La confrontation des deux tableaux est un choc visuel sans
pareil, un jeu des 7 différences qui peut nous en apprendre beaucoup.
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La ressemblance des deux tableaux saute aux yeux autant que leurs différences
: la pose plus redressée, affirmée de l’Olympia, sa main plus ferme et sa tête bien
droite qui soutient notre regard avec force contrairement à la Venus du Titien qui
est toute lazy. Evidemment c’est aussi le style des deux peintres qui opposent ces
deux versions du "même" sujet (j'écris "même" entre guillemets, car là où Titien
peignait une figure divine, Manet peint, lui, une courtisane). Mais le plus
intéressant c’est que lorsque Manet découvre le tableau du Titien à Florence en
1857, il pense d’abord en faire une copie à la main.
Il est donc primordial d’avoir une source dans laquelle puiser notre inspiration,
et devinez quoi ? Vous avez toute la vie pour vous forger cette source d’inspiration,
cette Banque d’Image. Parfois je parle de bibliothèque mentale pour dessiner,
mais il faut également avoir une bibliothèque physique ou numérique d’images.
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Le style est souvent la conjugaison des styles des artistes que l’on aime et qui
nous inspirent. Il est donc possible de faire volontairement la démarche de mettre
dans un dossier nommé « Style » des images qui vous plaisent particulièrement
dans leur rendu. En regardant ces images régulièrement avant de dessiner, vous
vous imprégniez inconsciemment de ces styles qui se retrouveront dans vos
dessins, mélangés avec le temps pour faire un extraordinaire cocktail : Votre style
unique.
C’est bien pour cela qu’il est dangereux de faire une fixette sur le travail d’un
seul artiste, votre dossier « Style » doit contenir le travail de plusieurs artistes afin
de créer quelque chose de nouveau et original. À chaque fois que vous placez une
nouvelle image dans ce dossier vous devez vous poser ces questions :
Pourquoi vous aimez cet artiste ? Qu’est-ce que vous aimez dans son style
particulièrement ? Ensuite, vous devez puiser en vous-même pour savoir qui vous
êtes. Quel artiste êtes-vous ? Quel style vous ressemble ?
Ce travail prendra des mois, voire des années, et un jour lorsque vous n’y
penserez même plus, vous regarderez un dessin tout frais et vous aurez la
révélation divine : Ça y est, j’ai trouvé mon style !
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CHAPITRE 9
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E T U DE DE COM P O S I T I O N
Quand une personne regarde votre dessin, vous attendez une réaction de sa
part. Si une personne passe en revue vos dessins sans montrer le moindre signe
d’excitation sur son visage, vous n’allez pas être très content. Pourquoi ? Parce que
ce que vous cherchez en tant qu’artiste c’est créer une connexion avec les autres
êtres humains. Cette connexion vous voulez la faire à travers l’esthétique de votre
art, certes, mais vous voulez aussi que votre dessin soit vecteur d’émotion. Vous
tentez de faire naître une réaction ou une émotion chez un autre être humain, que
ce soit le rire, la surprise, la tristesse, la réflexion, etc. Vous devenez un grand
artiste lorsque vos traits sont vecteurs d’émotions. Et ce qui crée l’émotion, c’est le
fameux storytelling.
Même lorsque vous faites un dessin sans personnage vous pouvez raconter
quelque chose ! Lorsque vous faites un croquis de rue, un décor, des objets, il est
toujours possible de raconter une histoire en fonction de votre composition. Voici
une illustration que j’ai faite pour un exercice de design aux Gobelins. Il s’agit de la
Bibliothèque de Nosferatu le vampire.
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L’idée est que la présence de Nosferatu soit partout malgré son absence
physique. Il n’est pas là et pourtant partout à la fois, ce dessin parle de lui.
Maintenant, voyons ce qu’il faut faire pour raconter au travers des personnages
eux-mêmes.
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L’idée est dans le titre : dans un premier temps, oubliez l’anatomie, les volumes,
la perspective, oubliez la technique et concentrez-vous sur la composition de votre
image, son énergie, et sur les sentiments de votre personnage. Parce que le Story
prime sur l’Anatomie, ne développez pas trop les formes de vos personnages ou la
morpho au début… prenez un personnage extrêmement simple et explorez
différentes idées, toutes les possibilités d’acting. Pensez également à théâtraliser !
N’ayez pas peur de pousser une idée encore et encore, allez au bout de vos idées.
On a souvent tendance à être rapidement séduit par ce que l’on fait. Il faut
pousser les poses, c’est pour cela que l’exercice de Gesture est si important.
Les interactions entre plusieurs personnages sont souvent une source infinie de
possibilités. Il y a histoire dès qu'il y a problème, dès qu'il y a conflit.
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CHAPITRE 10
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T E N IR SON CARN E T D E C R O Q U I S
Dès le début j'ai essayé de composer les pages de mon carnet de croquis de
façon agréable à l'oeil et pour que l'on ne soit pas perdu.
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Comme le dit Robert Kaupelis, le carnet doit devenir une extension de vous-
même.
Pour savoir dessiner d’imagination, vous devez connaitre les lois de la physique,
de la perspective, des volumes, bref de la réalité sur le bout des doigts. Cela est,
somme toute, assez logique. Il faut apprendre la réalité par cœur pour pouvoir la
reproduire les yeux fermés. Dessiner d’observation dans un carnet de croquis est
l’outil qui permet au dessinateur de se forger cette bibliothèque interne. Tout
simplement : dessiner d’observation = apprendre à dessiner.
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Il existe un débat sur le fait d’utiliser un carnet de croquis basique et peu cher ou
d’utiliser un carnet de meilleure qualité et donc à un prix plus élevé. Je vous laisse
vous faire votre propre opinion là-dessus sachant évidemment que cela dépend
de la bourse de chacun. Il est très clair pour moi que la plus basique des feuilles
A4 destinée à la photocopieuse et le petit crayon Ikea suffit pour dessiner. Une
fois qu’on a dit ça, par expérience je pense qu’il vaut mieux mettre un peu d’argent
dans un beau carnet de croquis Moleskine et de bons crayons. Pourquoi ? Je me
suis rendu compte qu’en mettant un peu d’argent dans mon carnet de croquis, je
fais plus attention à ce que j’y mets. Mon inconscient me dit de réfléchir à deux
fois avant de faire un trait foireux. Jim Rohn disait ceci à propos du Journal Intime :
« Pourquoi je paye $26 pour un livre vide ? Pour me forcer à trouver quelque
chose de valeur à mettre dedans ! »
Penser votre carnet de croquis comme un livre d’art et d’illustration signifie que
vous devez également faire attention à la composition des pages.
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Vous pouvez faire des cadres et à l’intérieur de ces cadres faire des compositions,
racontez des histoires. En faisant des gros plans, des plans larges, votre page de
croquis se transforme en planche de BD, une BD d’observation. Variez les rendus,
crayons de couleur, crayon noir, marqueur, encre de chine, aquarelle, etc… Rendez
votre carnet vivant, agréable à l’œil.
Pensez également à bien varier les sujets de vos études, voici quelques idées en
vrac : des visages, des posings de corps en entier, des parties du corps, mains,
pieds, chaussures, sac à main, sac à dos, banc, personne dans son environnement,
arbre, bouche de métro, monuments, immeubles, des fleurs, des plantes, etc. La
liste est infinie…
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ÉPILOGUE
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Que faire si on n'a pas 10h par jour à consacrer au dessin ???
PROGRAMME EN POURCENTAGE
Échauffement - 10%
Anatomie / Morphologie - 20%
Gesture - 20%
Etude d'Univers Graphique - 10%
Dessin d'Observation - 30%
Etude de Composition - 10%
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Prenons un exemple concret, vous avez une heure par jour à consacrer au
dessin ? Parfait ! Est-ce que cela veut dire qu'il faut faire 20 minutes d'Anatomie,
20 minutes de Gesture, 10 minutes d'étude de composition, etc ? Absolument pas !
Cela aura une efficacité toute relative, vous n'aurez jamais le temps de rentrer
dans le dur des exercices. Il faut du temps pour progresser. Au lieu de cela,
répartissez les pourcentages sur une semaine par exemple. 1h par jour puis un
peu plus le week-end.
Si jamais vous êtes vraiment motivé et que vous pouvez vous le permettre, la
solution la plus efficace pour appliquer le programme de façon optimale est de
faire 1h par jour pendant la semaine de travail comme vu précédemment et de
faire la totalité des 10h du programme réparties sur le week-end. 5h le samedi, 5h
le dimanche par exemple. Ou si vous êtes vraiment motivé, faites les 10h samedi
et à nouveau 10h dimanche. Vous arrivez alors facilement à 30h de dessin
hebdomadaire et vous pouvez être certain que votre niveau en dessin va
progresser de façon drastique. Peut-être même de façon encore plus efficace que
ma progression pour la préparation aux concours. Je m'explique.
Yoann Bomal
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QUELQUES LIENS
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✧ ✦ ✧ SOURCES POUR F A I R E L E P R O G R A M M E ✧ ✦ ✧
✧ ANATOMIE ✧
✧ GESTURE ✧
✦POUR PRATIQUER✦
✧ Croquis Café
[Link]
✦ Line Of Action
[Link]
101
✧ COMPOSITION ✧
✦POUR PRATIQUER✦
✧ Movie Screencaps
[Link]
✦ Animation Screencaps
[Link]
✧ OBSERVATION ✧
✦ ✧ ✦ REJOINS-NOUS S U R L E D I S C O R D ✦ ✧ ✦
✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧✦✧
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[Link]
[Link]/c/yoannbomal_apprendreledessin
[Link]/[Link]
[Link]/yoannbomal [Link]/apprendreledessin
[Link]/yoannbomal [Link]/YoannBomal
[Link]/@yoannbomal
[Link]/3tsJwQt
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