Modèle Fama-French
Le modèle Fama-French, développé par Eugene Fama et Kenneth French, est une extension du
modèle d'évaluation des actifs financiers (CAPM). Il vise à améliorer la précision de
l'évaluation des rendements des actions en prenant en compte des facteurs supplémentaires au-
delà du seul risque de marché considéré par le CAPM traditionnel. Le modèle Fama-French
inclut trois facteurs principaux pour expliquer les rendements des actions :
1. La prime de risque de marché :
Ce facteur est identique à celui utilisé dans le modèle CAPM. Il représente la différence
entre le rendement attendu du marché et le taux sans risque. La prime de risque de marché
est utilisée pour mesurer le rendement supplémentaire attendu par les investisseurs pour
accepter un risque plus élevé en investissant dans des actions plutôt que dans des actifs sans
risque.
2. La taille de l'entreprise (small minus big, SMB):
Ce facteur capte l'effet de la taille des entreprises sur les rendements des actions. Les
recherches de Fama et French ont montré que les petites entreprises (en termes de
capitalisation boursière) tendent à surperformer les grandes entreprises. Le facteur SMB
représente la différence entre les rendements des portefeuilles de petites entreprises et de
grandes entreprises. Ainsi, une entreprise de petite taille aurait un coefficient SMB positif,
indiquant une attente de rendement plus élevée en raison de sa taille.
3. La valeur (high minus low, HML):
Ce facteur capture l'effet de la valorisation sur les rendements des actions. Les entreprises
ayant un ratio valeur comptable/valeur de marché élevé (valeurs dites 'de valeur') tendent à
surperformer celles ayant un ratio faible (valeurs dites 'de croissance'). Le facteur HML
représente la différence entre les rendements des portefeuilles d'actions à forte valeur
comptable et à faible valeur comptable. Une entreprise avec un coefficient HML positif est
considérée comme sous-évaluée par le marché et devrait offrir un rendement supérieur.
En combinant ces trois facteurs, le modèle Fama-French offre une explication plus complète
des variations des rendements des portefeuilles d'actions par rapport au modèle CAPM
traditionnel. Il permet aux investisseurs de mieux comprendre les sources de risque et de
rendement, et d'améliorer la gestion de leurs portefeuilles en prenant en compte les effets de la
taille et de la valeur des entreprises
Modèle APT ( Arbitage Pricing Theory )
Le modèle APT (Arbitrage Pricing Theory), développé par Stephen Ross, est une alternative au
modèle d'évaluation des actifs financiers (CAPM) pour expliquer les rendements des actifs. Le
modèle APT repose sur l'idée que le rendement d'un actif est influencé par plusieurs facteurs
macroéconomiques. Ces facteurs peuvent inclure l'inflation, les taux d'intérêt, les taux de
change, la croissance économique, entre autres. Contrairement au CAPM, qui repose sur un
seul facteur de risque (la prime de risque de marché), l'APT suppose que plusieurs facteurs
affectent les rendements des actifs.
Contrairement au CAPM, l'APT ne spécifie pas exactement quels sont ces facteurs, mais il
suppose qu'il existe une relation linéaire entre les rendements des actifs et ces facteurs de risque.
Les coefficients de sensibilité des actifs à chaque facteur (appelés coefficients bêta) mesurent
l'impact des variations de chaque facteur sur le rendement de l'actif. Le modèle APT peut être
exprimé par l'équation suivante :
R_i = a_i + b_i1F_1 + b_i2F_2 + ... + b_inF_n + e_i
où R_i est le rendement de l'actif i, a_i est une constante pour l'actif i, b_in sont les coefficients
de sensibilité de l'actif i aux facteurs F_n, et e_i est le terme d'erreur.
L'un des principes clés de l'APT est l'arbitrage. En utilisant l'arbitrage, les investisseurs peuvent
construire des portefeuilles pour profiter des différences de prix et ainsi obtenir un rendement
sans risque. Si deux actifs ont des prix différents mais des rendements attendus identiques, un
investisseur peut acheter l'actif sous-évalué et vendre l'actif surévalué, réalisant ainsi un profit
sans risque. Cette possibilité d'arbitrage pousse les prix des actifs à s'ajuster de manière à ce
qu'il n'y ait plus de profits sans risque à réaliser.
En pratique, le modèle APT est utilisé pour évaluer les rendements attendus des actifs en
prenant en compte les influences multiples des facteurs macroéconomiques. Il est
particulièrement utile dans la gestion de portefeuille, où les gestionnaires cherchent à
comprendre comment différents facteurs économiques affectent les rendements des actifs
individuels. L'APT offre une flexibilité et une diversité d'application plus grandes que le
CAPM, permettant aux investisseurs de mieux évaluer et gérer les risques.
En résumé, le modèle APT fournit un cadre théorique pour expliquer les rendements des actifs
en fonction de plusieurs facteurs de risque macroéconomiques. Grâce à l'arbitrage, il permet
aux investisseurs de construire des portefeuilles optimaux et d'exploiter les inefficiences du
marché pour réaliser des profits sans risque. Cette approche multi-facteurs offre une alternative
précieuse au modèle CAPM, en tenant compte des complexités et des influences variées qui
affectent les rendements des actifs.
Modèle Cox-Ross-Rubinstein (CRR)
Le modèle Cox-Ross-Rubinstein (CRR), également connu sous le nom de modèle
binomial, est largement utilisé pour la valorisation des options. Développé par John Cox,
Stephen Ross et Mark Rubinstein en 1979, ce modèle simplifie la complexité des marchés
financiers en utilisant une approche discrète pour modéliser les variations de prix des actifs
sous-jacents. Contrairement aux modèles continus comme le modèle Black-Scholes, le modèle
CRR divise la durée de vie d'une option en plusieurs périodes courtes, permettant de modéliser
les variations de prix en étapes discrètes.
Le modèle CRR suppose que, pendant chaque période de temps, le prix de l'actif sous-jacent
peut suivre deux trajectoires possibles : une hausse ou une baisse. Ces deux trajectoires
possibles sont souvent représentées sous la forme d'un arbre binomial, où chaque nœud de
l'arbre représente un point dans le temps et les branches représentent les trajectoires de prix
possibles. À chaque nœud, le prix de l'actif peut soit augmenter d'un certain pourcentage (noté
u pour up), soit diminuer d'un certain pourcentage (noté d pour down).
La construction d'un arbre binomial commence par la détermination des valeurs possibles de
l'actif sous-jacent à chaque nœud. Les probabilités de hausse (p) et de baisse (1-p) sont
également déterminées en fonction des paramètres du marché, tels que la volatilité de l'actif et
le taux d'intérêt sans risque. Le processus continue jusqu'à ce que l'arbre soit entièrement
construit pour toute la durée de vie de l'option.
Une fois l'arbre binomial construit, le modèle CRR permet de calculer la valeur de l'option en
fonction des différentes trajectoires possibles du prix de l'actif sous-jacent. La valeur de l'option
est déterminée en commençant par les nœuds terminaux de l'arbre (à l'échéance de l'option) et
en remontant vers la racine de l'arbre (aujourd'hui). À chaque nœud, la valeur de l'option est
calculée en prenant la moyenne pondérée des valeurs de l'option aux nœuds suivants (pondérée
par les probabilités de hausse et de baisse), puis en actualisant cette valeur au taux sans risque.
Le modèle Cox-Ross-Rubinstein est particulièrement apprécié pour sa flexibilité et sa capacité
à modéliser une variété d'options, y compris les options américaines qui peuvent être exercées
à tout moment avant l'échéance. En outre, le modèle CRR peut être ajusté pour tenir compte
des dividendes et d'autres caractéristiques spécifiques des options et des actifs sous-jacents.
Cette flexibilité en fait un outil précieux pour les praticiens de la finance et les analystes des
marchés.
Modèle Black-Scholes
Le modèle Black-Scholes, développé par Fischer Black, Myron Scholes et Robert Merton, est
un modèle mathématique utilisé pour la valorisation des options européennes. Ce modèle est
l'un des plus célèbres et des plus utilisés dans le domaine de la finance quantitative. Il repose
sur plusieurs hypothèses clés et utilise une équation différentielle pour estimer le prix des
options.
Hypothèses du modèle Black-Scholes
1. Absence de dividendes : Le modèle suppose que l'actif sous-jacent ne verse pas de dividendes
pendant la durée de vie de l'option.
2. Marché sans arbitrage : Il est supposé que le marché est efficient et qu'il n'existe pas
d'opportunités d'arbitrage.
3. Taux d'intérêt constants : Les taux d'intérêt sans risque sont constants pendant la durée de vie
de l'option.
4. Volatilité constante : La volatilité du prix de l'actif sous-jacent est constante.
5. Mouvement brownien géométrique : Le prix de l'actif sous-jacent suit un processus de
diffusion de type mouvement brownien géométrique.
Équation de Black-Scholes
Le modèle utilise l'équation différentielle partielle suivante pour estimer le prix des options :
\[ \frac{\partial C}{\partial t} + \frac{1}{2} \sigma^2 S^2 \frac{\partial^2 C}{\partial S^2} + r
S \frac{\partial C}{\partial S} - r C = 0 \]
où :
- \( C \) est le prix de l'option
- \( t \) est le temps
- \( \sigma \) est la volatilité de l'actif sous-jacent
- \( S \) est le prix de l'actif sous-jacent
- \( r \) est le taux d'intérêt sans risque
Formule de Black-Scholes pour les options d'achat
Les solutions de l'équation différentielle donnent les formules suivantes pour les prix des
options d'achat et de vente :
Pour une option d'achat (Call) :
\[ C = S_0 N(d_1) - X e^{-rT} N(d_2) \]
Pour une option de vente (Put) :
\[ P = X e^{-rT} N(-d_2) - S_0 N(-d_1) \]
où :
- \( S_0 \) est le prix actuel de l'actif sous-jacent
- \( X \) est le prix d'exercice de l'option
- \( T \) est le temps jusqu'à l'échéance
- \( N(\cdot) \) est la fonction de répartition cumulative de la loi normale
- \( d_1 = \frac{\ln(S_0 / X) + (r + \sigma^2 / 2) T}{\sigma \sqrt{T}} \)
- \( d_2 = d_1 - \sigma \sqrt{T} \)
Utilisation pratique du modèle Black-Scholes
Le modèle Black-Scholes est largement utilisé pour évaluer les options européennes sur
actions, ainsi que d'autres instruments financiers dérivés. Il offre une méthode rigoureuse et
mathématiquement solide pour estimer les prix des options, en prenant en compte les principaux
facteurs qui influencent leur valeur. Cependant, en raison de ses hypothèses simplificatrices, il
peut ne pas être parfaitement adapté à toutes les situations de marché, en particulier celles où
les actifs sous-jacents versent des dividendes ou où les volatilités et les taux d'intérêt sont
variables.