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Précarisation de l'emploi selon Castel

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Début Points à aborder

Ramasser les travaux


Récupérer les mails de chaque représentant de groupe d’exposer
Passage des groupes d’exposé
Récupération de la note de synthèse des groupes

Comment Castel décrit le travail, l’emploi et le salariat ?


Expliquer en quoi les contraintes mènent vers la précarisation de l’emploi ?
Dites dans quelle mesure la protection du travail est devenu problématique ?

Exploitation du texte de Robert Castel


La société Malade du travail

Une situation grave


Ce texte de Robert Castel fait un état des lieux de la situation problématique de l’emploi et du
chômage en Europe et particulièrement en France (12,5% taux de chômage). Il fait aussi une
comparaison de son taux avec la Suisse (7% Genève et 5% taux de chômage moyenne
nationale).

Ne pas se détacher du travail


« La société malade du travail » : c’est une expression qui désigne dans le discours de
Castel, les rapports problématiques de la société avec la question du travail, mais aussi des
impacts néfastes de la déstabilisation du monde du travail sur la population.
« Elle signifie que les relations de travail deviennent très problématiques et que la
déstabilisation du monde du travail entraine des conséquences graves sur l'ensemble de la
société ». (P1).
Cette expression soulève aussi techniquement un arbre à problème à savoir : la question de la
raréfaction des offres de travail, la question du chômage, problématique du rapport entre
travail et stabilité financière, et l’émergence de la précarité.
Par contre, il retient que malgré que le travail soit problématique, il reste essentiel et constitue
une nécessité. Il préconise de ne pas s’en démettre mais plutôt de développer des stratégies
pour contourner certaines contraintes liées à l’emploi. Le travail doit donc être une motivation
de lutte.
Travail et stabilisation sociale
Sur cet aspect Castel essaye de montrer la relation efficiente entre « stabilisation des
relations de travail » et « stabilisation de la société ». Il considère que l’élément essentiel
qui permet de déterminer l’état de ce rapport, c’est d’abord la source de revenus, une base sur
laquelle reposait la reconnaissance sociale, les droits et protections.
En outre, il souligne que ce rapport s’est fragilisé par la « précarisation des relations de
travail » au vu aussi de dégradation de certaines couvertures notamment sociales, sanitaires et
financières relatives au travail.
Par ailleurs, soucieux des conséquences directes de la déstabilisation du travail dans tous les
secteurs de la société, et même dans son vivre ensemble, Castel aborde la question du
chômage mais aussi en allant un peu plus loin à faisant un diagnostic situationnel, tentant de
rechercher des possibilités et éventualités de contrôle du processus de précarisation du travail
et non à se limiter comme le souligne-t-il à des « solutions toutes faites ».

« Nous avons aujourd'hui à affronter parce que cette déstabilisation du travail se


répercute un peu comme une onde de choc dans les différents secteurs de la société, la
rendant en tout cas « malade du travail ».

Du travail à l'emploi
Ici, Castel met en œuvre le processus d’innovation et de transition du travail vers l’emploi.
Tout d’abord, à la base le travail salarié était pensé à l’image de la classe ouvrière. Autrement
dit, après la révolution industrielle, le salariat était conçu en fonction de la situation de vie des
ouvriers caractérisée par la misère matérielle et déchéance morale.
Donc le salariat se rapportait à une classe socio-professionnelle stigmatisée et Castel le
souligne dans son texte par ce passage.

« Le salaire par excellence c'est d'abord le salaire ouvrier, c'est-à-dire le salaire du travail
le plus ingrat, le plus sale, le plus mal payé, et le plus exploité de sorte que le vœu profond
du salarié, c'était de sortir du salariat ; et aussitôt qu'il pouvait acheter quelques outils ou
un lopin de terre, il devenait un travailleur indépendant ». (P2)

C’est dans ce contexte que le (PRSF) Parti radical socialiste français inscrivait dans sa feuille
de revendication « l’élimination du salariat », car selon lui, le salariat est relève de
l’esclavagisme moderne. Donc dans l’histoire ce qui montre que des actions ont été menées
pour contraindre ces formes de considérations et de la renégociation des conditions salariales.
Castel montre aussi comment le contrat de travail était aussi une arme et un moyen de control
du patron sur l’ouvrier. En effet, ce type de contrat était appelé « contrat de louage de la force
de travail ». Cependant, au fil du temps on note un caractère holistique du contrat de travail
désormais intégré dans un registre de régulation collective garant d’une protection sociale et
juridique. Ainsi, le salarié est conditionné mais garanti grâce à un statut juridique bien fondé.
D’un autre côté, il y a aussi le salaire indirect notamment les cotisations destinées à la sécurité
et aux garanties des travailleurs pour la retraite, certains accidents, la sécurité sociale etc.

Le salariat devenu source de sécurité


Le salariat est vu aussi comme une source de sécurité à la fois financière et sociale si et
seulement s’il garantit la stabilité et que les revenus sont en mesure de couvrir l’ensemble des
besoins et servir d’épargne. Castel remet en question le modèle de la « cité salariale » qui a
servi de référence jusque maintenant, force est de noter que c’est un modèle qui se fragilise et
témoigne d’énormes inégalités. En effet, l’injustice, l’exploitation, l’adversité et la rivalité
entre les groupes sont ses principales caractéristiques. Ainsi ces groupes se contentaient de
petits avantages et privilèges obtenus à travers un long processus de négociation mais tout en
aspirant les étendre dans le futur. (dans la situation d'après la Seconde Guerre mondiale en
particulier). Autrement dit, ce que l’on revendique actuel, même si ce n’est pas fait pour
nous, sera demain pour le bénéfice des générations à venir. Donc ce sont des stratégies de
revendications durables d’où l’expression « trajectoire ascendante du salariat ».
Castel remet aussi en question une expression populaire généralement reprise : « les Trente
Glorieuses années ». C’est une expression à laquelle Castel est pessimiste pour montrer les
inégalités et l’injustice sociale qui prenaient de l’ampleur à cette époque. Il pense que ce
n'était pas toujours glorieux car :

« Ce qui s'est passé dans notre après-guerre, et ce n'était pas le paradis, il restait de
l'injustice, de l'inégalité et même des poches de pauvreté. Mais justement, on pouvait
penser qu'elles allaient se réduire et c'est cette trajectoire qui me semble aujourd'hui brisée
ou en tout cas fortement menacée, ouvrant sur un tout autre régime de régulation ou de
dérégulation sociale. De sorte qu'à présent, en France, peu de gens pensent que demain
sera meilleur qu'aujourd'hui et beaucoup craignent qu'il soit pire. Il y a une quantité de
sondages là-dessus ».
Analysant cet extrait Castel pense que la situation se détériore au fil des années et cela aura
des conséquences sur la stabilité de la société. Donc la configuration actuelle du salariat et du
marché du travail donne un sentiment pessimiste pour la plupart des français.

Dérégulation :
Les protections s'effritent sans appauvrissement généralisé

Dans cette partie Castel évoque actuellement l’effritement des protections du salarié et sa
vulnérabilité. En effet, il souligne qu’il y a une crise des régulations du travail en France, qui
est l’un des facteur explicatif de cette maladie sociétale, mais il faut aussi noter que c’est une
crise qui ne relève ni de la rareté et ne provoque pas un appauvrissement effectif de la société.
Ensuite, il stipule que le problème n’est pas lié au développement des déséquilibres entre
catégories sociales car selon lui « Les statistiques ont montré qu'un certain nombre de
riches sont devenus plus riches et un certain nombre de pauvres, plus pauvres. Ce n'est
certes pas un phénomène négligeable, loin de là ; mais entre les deux, c'est-à-dire sans
doute pour plus de 80% de la population, les inégalités classiques, en termes de revenu,
entre les différentes catégories sociales sont demeurées à peu près les mêmes, et les mêmes
à peu près aussi qu'elles étaient dans la période de croissance de la société salariale »
Par-là, il veut expliquer qu’il y a une sorte de reproduction et de projection de ces mêmes
inégalités sociales dans la société salariale d’hier à aujourd’hui.
Donc, il pense que cette crise (le changement noté en France depuis 20 ans) provient des
conséquences de l’hégémonie du marché (théorie économique standard soutient que les gens
les gens agissent en fonction de leurs intérêts, quels qu’ils soient.), de la ré individualisation et
de la remarchandisation des rapports de travail.
De surcroît, la globalisation du marché et la domination du système capitaliste font que le
travail est menacé. En effet, face à la concurrence, la plupart des employés ont tendance à
minorer le cout de la force de l’activité de l’employé et à compter sur la majoration de son
efficacité dans la production ou de sa productivité.

Flexibilité :
Contre les « contraintes » et vers la précarisation de l'emploi
Ici Castel s’intéresse beaucoup plus l’instrumentalisation et les contreparties sociales de la
question de flexibilité. Il dénonce comment le patronat français s’en approprie. Son
application aussi pause problème car elle a engendré des conséquences destructrices sur la
société.
Prenant l’exemple M. Yvon Chotard (ancien président du CNPF), qui conclut que la
flexibilité s’obtient en ramant à contre-courant des principes de stabilisation de la régie du
travail associée à des avantages acquis lorsqu'on ne parle pas de « privilèges acquis ». Donc le
but, c’est l’éclatement de la condition salariale.
Il pose deux situations de comparaison à savoir la période des années 70 et celle
d’aujourd’hui. Il pense qu’auparavant le CDI était pratiquement plus dominant sur le marché
du travail mais actuellement pour les nouveaux entrants, ce type de contrat se raréfie. En
France 70% des contrats de travail pour les nouvelles embauches sont des CDD, intérims,
temps partiels etc. À ce titre il soutient que « la précarité de l'emploi est en train de
remplacer la stabilité de l'emploi comme la forme dominante de l'organisation du
travail ».

Une déstabilisation des stables


Sur ce point, Castel parle d’une déstabilisation des stables. C’est quand l’entreprise se
délocalise, ou fermes ses portes et qui impacte en retour ces employés, les obligeant d’etre en
chômage. La classe ouvrière, relativement bien intégrée, relativement qualifiée est la
catégorie la plus touchée. Cela impacte aussi beaucoup plus les « travailleurs vieillissants »
(souvent que 45 ans).
Il soutient ainsi : « Et si on veut être franc, on doit avouer que quelqu'un de relativement
peu qualifié qui perd son emploi à 45 ans a peu de chance sans doute d'en retrouver un.
Donc ce n'est pas seulement le chômage, c'est le chômage de longue durée aussi, qui
atteint plus du tiers des chômeurs en France, c'est-à-dire maintenant plus d'un million de
personnes ».
Jeunes : installation dans la précarité
Dans cette partie Castel parle d’une part de le l’instabilité de l’emploi et de l’installation de la
précarité des jeunes pour décrire des situations en dents de Cie (chômage récurrent, de petits
boulots, aussi d'un petit peu d'aide sociale, d'un petit peu de solidarité familiale, etc.)
Il pose ensuite une série de question et soulève des inquiétudes sur la faisabilité et la
continuité de cette situation pour ce qui auront un âge avancé dans le futur.

Des gens non intégrables et sans moyen de pression


Sur ce point Castel évoque l’apparition d’un profil particulier, « des gens qui n'ont pas leur
place dans la société » autrement dit les exclus. Car il représente une inutilité sociale, c’est
quelque chose de nouveau bien différente du système d'exploitation de la société
industrielle classique.
Même si l’ouvrier spécialisé était victime d’une exploitation, il justifier son importance voire
la dépendance de l’entreprise à ses services. Ce qui était pour lui une arme et moyen de
pression dont il se servait dans ses luttes syndicales. Par contre, les exclus sont vus à l’image
des chômeurs qui n’ont aucune arme et sans moyen de pression.
La précarisation de l’emploi a considérablement beaucoup de catégories socio-
professionnelles notamment les ouvriers mais dans une certaine mesure les cadres sont parfois
menacés par le chômage par contre cela est moins fréquent comparé aux ouvriers ainsi Castel
stipule que « on voit certains possesseurs de diplômes tout à fait respectables menacés de
paupérisation ».
Nouveaux clivages et solidarités minées
Sur ce point Castel s’interroge et fait une prospection sur le rôle du travail, comment il sera
conçu, sa place dans la société d’aujourd’hui et de demain. Mais aussi, il se penche sur les
éventuelles possibilités à guérir la société de la maladie du chômage et du travail. Il pose de
ce fait quatre cas de figure.

Premier scénario : la société devenue marché, 70% de « largués »


1ère éventualité :
Appelé par Castel scénario du pire, par ce que le travail obéit les lois du marché basé sur la
compétitivité, la minoration du cout du service et la majoration de la productivité.
Certes au début du XIXe siècle il avait un déploiement de stratégies de régulation du marché
au vu des assises dont les bases étaient fondées sur une forme de solidarités de proximité dans
l’objectif de disposer des protections sociales. Cependant, Castel pense qu’aujourd’hui avec
l'urbanisation, avec l'industrialisation, avec la tertiarisation, celles-ci sont
considérablement affaiblies. Donc avec l’hégémonie du marché, la société salariale se
fragilise. 20 ou 30% de gens intégrés, compétitifs, et 70% plus ou moins largués.
Second scénario : le contrôle « à la marge » du chômage et de l'exclusion

2e éventualité
Action de contrôler du processus d'effritement de la société salariale. Cela rendre dans le
cadre d’un traitement social visant l’amortissement de l’impact du chômage et l’élaboration
des politiques d'insertion ou de lutte contre l'exclusion. Donc ceux sont des initiatives pour
pallier aux conséquences issues des transformations actuelles, surtout en aidant les victimes,
ceux qui basculent ou qui menacent de basculer.

Troisième scénario : une économie parallèle non marchande


3e éventualité
C’est l’affaiblissement des supports salariaux à savoir le revenu et des protections et des
stabilités attachées au travail. Donc il se présente un impératif, voir une nécessité de revoir les
supports salariaux mais au pire s’inspirer à la forme classique de l'emploi salarié.
Quatrième scénario : les utopies autour de « la fin du travail »
4e éventualité
Les tenants « le travail, valeur en voie de disparition », « la fin du travail », « la fin de la
société salariale » sont dans une posture trop radicalisée et dangereuse. Actuellement, il n’est
pas question de se démettre du travail mais l’enjeu se situe à l’utilisation de la technologie
pour la réduction du temps de travail et d’être socialement utile.
Ensuite, la recherche du plein emploi rend malheureux, l’importance est de s’investir sur
d’autres activités entrepreneuriales ou qui donnent de revenus passifs pour faire face à la
précarisation du travail.

Ne pas fuir le front du travail ni abandonner le marché


Il préconise et recommande d’abord une acceptation et une domestication du marché.
Redéfinir le compris sociale des années 1970 redéployant les droits du travail qui garantirait
une mobilité et une flexibilité qui ne mène pas à la précarisation et à la perte de l’emploi. Il
ouvre entre autres des perspectives sur des modèles à adopter à travers ses séries de questions.

FIN
Point sur la prochaine séance
Poser les questions à préparer
Faire l’appel

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