Régression sur l'intentionnalité suicidaire
Régression sur l'intentionnalité suicidaire
• Des graphiques peuvent aider à passer des arguments aux signes attendus des s :
OU
E < 0 E > 0
̂ E = 0,4455 en désaccord ̂ E = 0,4455 en accord
Impossible de conclure dans ce Possible de conclure dans ce sens mais
sens ne correspond pas à la H1 initiale
Impossible de conclure que E < 0 (p > 0,1 pour le test formulé)
Remarques :
• Ça peut paraître compliqué mais c’est en fait une évidence (cf. aussi Cours de révision sur les tests) :
Si on fait l’hypothèse qu’un objet placé derrière un drap est noir et que lorsque l’on en dévoile un
petit bout, on ne voit que du blanc, alors on ne peut pas conclure que l’objet est noir.
Partie I – RLM Corrections des exercices 3
Ici, l’hypothèse est que E < 0 au niveau population (milliers de personnes) et la vue partielle qu’on
en a à partir de l’échantillon (80 personnes) donnant l’idée que est > 0, on ne peut pas conclure à
cette hypothèse.
• Notons que l’estimation nous indique un accroissement des Is en fonction de l’E, càd pas du tout
l’idée défendue dans H1.
PARTIE « Analyse de variance 1 »
Question 4
a) Donner la prédiction de l’Is moyen des participants ayant les valeurs suivantes de E et S:
E S
Groupes de 2.013 -0.7
participants à : moyen moyen
On peut conclure qu’une partie de la variance des Is est expliquée/trouve son origine dans les
variations d‘engagement, de soutien social et de niveau de D, càd aussi qu’au moins l’une de ces
VPs a un effet (un ) non nul sur les Is (F(3,76) = 37,68 ; p < 0,001). On estime que 59,8% (R2)
de la variance des Is est expliquée par les VPs.
Partie I – RLM Corrections des exercices 5
ANOVA
SCE ddl CM F p
Regression 425.7389 3 141.9130 37.68 < .00001
Residu 286.2091 76 3.7659
Total 711.948
Question 8
Calculer puis interpréter le carré du coefficient de corrélation semi-partiel de D (on donnera le détail des calculs).
2 = R 2E,S,D - R 2E,S
D
= 0,598 - 0,054 = 0,544
Ce qui signifie qu’intégrer D en plus de E et S dans une régression permet d’expliquer une
quantité de variance supplémentaire : on estime qu’introduire D en plus de E et S dans le modèle
permet d’expliquer une quantité de variance supplémentaire représentant 54,4% de la variance ou
encore qu’indépendamment de E et S, D explique 54,4% de variance.
PARTIE « Confusion d’effets »
Question 9
a) Conclure pour la ligne E donnée dans la régression précédente.
On peut conclure à notre H1 initiale exprimée en Q2 (E <0) : t(76)= -2,61; p < 0,05. Á niveaux
constants de dépression et de soutien social, une augmentation d’un point d’engagement
thérapeutique conduit à une diminution moyenne des Is estimée à 0,428 points d’échelle.
Partie I – RLM Corrections des exercices 6
b) Pour cette variable, on note une divergence importante par rapport aux résultats obtenus dans la question 3.
Dans la Q3, l’effet de E est estimé positif, càd que l’E aurait un effet délétère sur les Is. Dans
cette question, il est négatif, càd que l’E aurait un effet bénéfique sur les Is.
Á quelle explication liée aux propriétés de la régression multiple pourrait-on penser ?
Q3 : pas de contrôle du niveau de dépression D → possible confusion d’effets entre E & D.
Car un changement d’un point de E pourrait s’accompagner d’un changement dans D qui
lui-même pourrait avoir un effet sur les Is.
Q7 : en raisonnant à niveau constant de D, cette confusion n’est pas possible
En considérant uniquement E et D, quelle explication expérimentale pourrait-elle être avancée ?
Les sujets sont probablement d’autant plus engagés qu’ils sont dépressifs. Ainsi, sans contrôle
de D, l’évaluation de l’effet de E traduit en fait aussi celui de D : ils ont d’autant plus d’Is qu’ils
sont engagés, ceci car ils sont aussi plus dépressifs. L’effet de D s’exprime dans l’évaluation
de celui de E. Il y a confusion des effets de D et E.
L’ évaluation de l’effet de E sur Is traduit – au moins en partie – celui de D.
(cf. ci-dessous flèches en résumées par )
Dans la seconde régression, l’effet de E est mesuré en contrôlant pour l’effet de D (& S mais
c’est plus accessoire) : pour un niveau constant de D, les Is diminuent en fonction de
l’engagement thérapeutique, càd que celui-ci a un effet bénéfique sur les Is. Le fait de raisonner
à niveau constant de D entraîne que l’effet de D ne peut pas s’exprimer dans l’évaluation de
celui de E, la confusion n’est pas possible (cf. flèche en ).
Pour finir, l’évaluation de l’effet de E dans la 1ère régression (flèche ) est ainsi dû à
la combinaison de 2 aspects, un délétère venant de la relation avec D & l’autre bénéfique
indépendant de D. Comme le 1er est probablement beaucoup plus massif que le second, le
résultat est que c’est lui qui apparaît dans cette régression.
Exercice 2 – inspiré d’un sujet de CC 2019/20
PARTIE « interprétation des coefficients »
Explication préalable : on s’intéresse ici au TR de mots & en quoi il est fonction de certaines
caractéristiques de ceux-ci.
Population = les mots (quelques centaines de milliers)
Les 150 mots utilisés = un échantillon de ceux-ci
Á la différence de l’exercice précédent ou de l’exemple des enseignants chercheurs, l’unité
d’observation n’est donc pas « le sujet » mais « le mot », mais ceci ne change rien aux propriétés
de la méthode.
1) Écrire l’équation de régression théorique, populationnelle.
T = + L*L +F*F +C*C
2) Donner l’interprétation des coefficients.
Techniquement = T moyen quand L=F=C=0
Partie I – RLM Corrections des exercices 7
Explications :
SCE = (N-1)* s2
ddlRégression = Nombre de VP dans la régression
ddlRésidu= N - Nombre de VP -1
CMX = SCEX /ddlX
F = CMRégression / CMRésidu
6) b) Vérifier vos calculs à partir des éléments d’ANOVA que peut donner jamovi vus en cours.
L’estimation de C étant en désaccord avec H1 : C <0 (cf. Q3), on ne peut pas affirmer
que C ait un effet négatif/facilitateur sur les TRs ((t(145) = 3.08 ; p > .1). Estimation qu’à
niveaux constants de L, F et I, chaque unité en plus de C conduit à une augmentation du T
moyen de 23,29 ms.
b) On note une divergence importante par rapport aux résultats obtenus dans la question 4. Á quelle explication
liée aux propriétés de la régression multiple pourrait-on penser ? (les explications expérimentales étant
complexes, elles ne sont pas attendues).
Dans la régression de la question 4, il y avait probablement une confusion d’effet
importante entre C et I. En effet, I n’était pas contrôlée, càd était laissée libre de varier. C et
I étant très probablement en relation (en général, plus un mot renvoie à du concret, plus une
image mentale est facile à évoquer), une augmentation de C se traduisait aussi probablement
par un changement de I, et – même si l’explication expérimentale est difficile –ce
changement était probablement traduit dans l’effet de C : l’effet de I s’exprimait à travers
celui de C.
Dans la seconde par contre, on raisonne à niveau constant d’imageabilité (et de F & L mais
c’est plus accessoire). C’est cet aspect qui explique le changement assez radical observé.
Cette propriété de la régression est tout à fait essentielle dès que l’on souhaite éviter les
confusions d’effets.
Partie I
1) a) Formuler des tests d’hypothèses argumentés concernant les coefficients de la régression simple où D est la VD et
A la VP.
H1 : > 0 car s’interprétant comme le niveau de D moyen pour les sujets à anxiété moyenne
(ce que signifie A=0) et l’échelle de D variant de 0 à 52, on peut penser que pour le sujet
moyennement anxieux, ce niveau est positif.
Note : les moyennes des VPs sont toutes à 0. Donc un sujet à 0 correspond au sujet « moyen ».
H1 : > 0 car plus l’anxiété est importante et plus il y a des difficultés d'insertion sociale ou
professionnelle et de tendance à l’isolement, ce qui peut amener à se sentir peu efficace, mal
adapté avec des schémas de pensées négatifs par rapport à soi et si ce cercle vicieux perdure en
définitive à plus de dépression. Donc , le changement dans le niveau de D moyen quand on
passe des sujets avec A d’anxiété à ceux avec A+1, doit être positif.
Partie I – RLM Corrections des exercices 11
On peut conclure que pour les sujets moyennement anxieux, le score moyen de D est positif
(t(403)=30,96 ; p<0,001). Ce score est estimé à 7,53 points d’échelle.
On peut conclure que l’effet de l’anxiété sur D est positif, ((t(403)=17,84 ; p<0,001)
L’augmentation du niveau moyen de D lorsque l’anxiété augmente de un point est estimé à 4,34
points d’échelle.
2) Dans une deuxième régression on utilise D comme VD et O, E, A et S comme VPs.
a) Écrire l’équation de régression populationnelle.
D = + O * O + E * E + A * A + S * S
b) Donner l’interprétation de ses paramètres.
= D moyen pour les sujets moyens sur toutes les VPs (O=E=A=S=0) càd pour le sujet moyen
sur toutes les VPs.
VP = Changement dans le D moyen quand on passe des sujets au niveau VP à ceux au niveau
VP+1, à niveaux constants des autres VPs.
c) Á partir de votre intuition, énoncer des tests d’hypothèses argumentés sur ces paramètres.
H1 : > 0, même raison que dans Q1 (on peut penser que le sujet moyen sur les VPs doit l’être
à peu près aussi sur la VP et comme de D varie de 0 à 52, cette moyenne devrait être
positive).
Á niveaux constants des autres VPs, i) plus on a de soutien social, moins la D devrait être
importante car être entouré amène à « être distrait » des ruminations & pensées négatives,
notamment survenant suite à des événements négatifs pour le sujet (autre exemple d’argument :
+ O → + de solutions proposées pour combattre la D) & ii) plus on a d’ES, moins la D devrait
être importante car avoir des sentiments positifs envers notre propre personne rend moins
vulnérable, plus efficace pour affronter les événements de vie négatifs.
Donc : H1 : E < 0 & H1 : O < 0
Même raisonnement que Q1 pour A : H1 : A > 0
Un niveau de stress important conduisant à de l’anxiété, on devrait avoir – si celui-là perdure –
des conséquences similaires à celles de celle-ci & donc H1 : S > 0
Notes générales hors sujet :
● Les arguments pour expliquer le sens des effets doivent dans la mesure du possible (càd si les
choses ne sont pas trop compliquées) ne pas être réduites à des constatations « statistiques »,
telle que « plus de stress est associé à plus de dépression ». Il s’agit - au moins partiellement-
de tenter d’apporter des explications sur les processus en œuvre. C’est ce que nous avons fait
pour soutien social, estime de soi & anxiété. C’est moins développé pour le stress car c’est
plus compliqué : le stress est une réaction normale de défense, donc souvent non lié à la
dépression. Par contre, si les situations stressantes se prolongent, les mécanismes chimiques
en œuvre, notamment lié à un excès de sécrétion de cortisol, agissent sur l’organisme qui
tourne par certains aspects « en surrégime », ce qui amène de l’anxiété et de l’épuisement &
peut conduire à de la dépression, notamment chez des sujets « à risques ».
● Se contenter de dire « E < 0 car plus d’estime de soi est lié à moins de dépression » est une
redite et a peu d’intérêt. De plus ça peut provenir d’un coup d’œil aux résultats de la
régression et n’est donc pas convaincant.
● En régression, la perspective est asymétrique : on étudie par exemple l’effet de E sur D et pas
l’inverse, càd qu’est-ce que plus d’E peut produire sur D & pas qu’est-ce que plus de D peut
produire sur E.
Partie I – RLM Corrections des exercices 12
On peut conclure que pour les sujets « moyens », càd dans la moyenne de l’estime de soi, du
stress, du soutien social et d’anxiété, le score moyen sur D est positif (t(400)=34,8 ; p<0,001).
Moyenne estimée à 7,53 points d’échelle.
On peut conclure qu’à niveaux constants des autres VPs, les effets du stress et de l’anxiété sont
positifs/délétères (t(400)=5,79 ; p<0,001 & t(400)=5,82 ; les deux p<0,001) alors que ceux de
l’ES et du soutien social sont négatifs/bénéfiques (t(400)=-7,03 ; p<0,001 & t(400)=-2,6 ;
p<0,01).
Estimation qu’à niveaux constants des autres VPs, si le niveau de stress (l’anxiété, l’estime de
soi ou le soutien social) augmente de 1 points alors le niveau de dépression moyen augmente
(diminue pour ES & soutien) de 1,39 (1,9, -2,26 ou -0,61) points d’échelle.
3) L’effet de A apparaît nettement plus faible dans la question 2 que dans la question 1.
Qu’est-ce qui pourrait techniquement expliquer ce phénomène ? (on développera pour expliquer un peu
théoriquement celui-ci)
Dans la question 1, il y a probablement une confusion d’effets : l’effet de A étant évalué sans
contrôle des autres VPs, càd en les laissant libres de varier, une augmentation d’un point de A se
traduit probablement par des changements aussi sur une ou plusieurs des autres VPs, et ce sont
peut-être en partie ces changements qui induisent le changement observé à travers l’évaluation de
l’effet de A. On capterait donc à travers l’effet de l’anxiété en partie l’effet d’autres VPs.
Ce n’est pas possible dans la question 2 car l’effet de A est évalué à niveaux constants des autres
VPs.
Quelle explication expérimentale pourrait-on y apporter ?
En général, le stress, surtout s’il se prolonge, va se manifester en partie à travers de l’anxiété : +
Stress → + A et donc, dans l’autre sens l’A s’accompagne – en général – de plus de stress. Le
Stress est donc lui-même pour partie lié à plus de dépression, du fait de sa relation avec l’anxiété.
Par ailleurs, indépendamment du Stress, l’A étant un symptôme dépressif, il existe un
changement positif dans D quand A augmente.
Ainsi, le changement de D quand A augmente est la résultante de deux phénomènes : en partie
lié au niveau de stress et en partie indépendant de celui-ci. L’addition de ces deux phénomènes
conduit bien évidemment à une estimation beaucoup plus élevé du de l’anxiété (= mesure du
changement du niveau de D quand A augmente de 1) quand le S n’est pas contrôlé que (Q1) que
lorsqu’il l’est.
+A +D
Partie I – RLM Corrections des exercices 13
Remarque :
• Soulignons que l’expression changement dû à A est ici préférée à celle d’effet de A. En effet,
même si l’Anxiété peut être pour partie causale de D (cf. Q3c) elle est généralement plutôt un
symptôme de la D, ce qui signifie que la relation entre A et D est en grande partie le résultat de
la D & pas celui de l’A. Même chose pour le stress, qui en général n’est pas causé par l’A, mais
peut l’accompagner étant donné qu’il peut être à l’origine d’anxiété.
• Ceci est dans une certaine mesure comparable à des questions du type de celle de « l’œuf et de
la poule », dont la réponse est bien difficile à trancher dans la plupart des situations …, d’où les
doubles flèches ci-dessus et de l’évitement du terme d’effet.
Partie II
4) Sachant que dans la régression précédente, le R2 était égal à 0,561, donner le tableau d’analyse de variance puis
conclure à partir du test reporté dans celui-ci (on donne p < .001).
sD = 6.5361 sD2 = 6.53612 = 42.7206
SCET = 404 *42.7206 = 17259.1224
56,1% de la variance est expliqué par les VPs
SCEReg = 0.561 *17259.1224 = 9682.3677
Décomposition de la variance en une partie expliquée et une partie résiduelle
SCERes = SCET - SCEReg = 7576.7547
ANOVA
SCE ddl CM F p
Reg 9682.3677 4 2420.5919 127.79 0,001
Res 7576.7547 400 18.9419
Total 17259.1224
Notes explicatives : ddl(Reg) = nb de VPs ddl(Res) = N - nb de VPs – 1
CM = SCE/ddl F = CMRég / CMRés
On peut affirmer que les VPs expliquent une partie non nulle de la variance de T ou encore qu’au
moins une de ces variables a un effet non nul sur T (F(4,400)=127,79, p<0,001). Environ 56,1%
de la variance de T est expliquée par les VPs.
5) On a malencontreusement égaré le score de dépression de Mr X, qui avait par ailleurs les scores suivants pour les
VPs :
O E A S
0 0 0 1
a) Comment pourrait-on faire pour en avoir une idée ?
Calculer la prédiction de D pour ce sujet :
̂ = 7.5259 - 0.6115*0 - 2.2592 * 0 + 1.8995 * 0 + 1.3903 * 1 = 8.9162
D
Remarque (pas nécessaire pour la réponse à cette question) :
D’après les stats descriptives, il s’agit donc d’un sujet moyen en termes de soutien social, d’estime de soi
et d’anxiété qui est un plus stressé que la moyenne (un point en plus au-dessus de la moyenne pour être
exact).
L’effet de S étant délétère sur le niveau de D, il n’est pas étonnant que ce sujet soit prédit un peu pus
dépressif que le sujet moyen sur toutes les VPs.
b) Qu’est-ce que la démarche réalisée a à voir avec la question 5 ?
On peut calculer comme ci-dessus les prédictions pour les 405 sujets de l’échantillon.
SCEReg est égale à la variance de ces prédictions mulipliée par N-1.
Pour ces sujets, on peut aussi calculer les erreurs qui seraient faites si on prenait ces prédictions
à la place des vraies valeurs de D, erreurs données par Dobservées – Prédictions.
SCERes est égale à la variance de ces erreurs mulipliée par N-1.
Partie I – RLM Corrections des exercices 14
Partie III
6) On souhaite avoir une idée de qui des mesures d’états psychologiques (A & S) d’un côté et des autres dimensions (O
et E) de l’autre est le plus explicatif des niveaux de dépression rencontrés.
Que faut-il calculer pour pouvoir faire cette comparaison ? (on expliquera l’intérêt de la solution proposée).
Sur la base des résultats ci-dessus, il n’y a aucune mesure des capacités explicatives de ces deux
groupes de variables. Mais on peut compléter ces résultats par le calcul des carrés des coefficients
de corrélation semi partiels (2) de {A, S} et de {O, E} :
2 =R
2
-R
2 et 2 =R
2
-R
2
{A, S} O, E, A, S O, E {O, E} O, E, A, S A, S