Chapitre 3
Systèmes différentiels
Math pour Ingénieurs – S5/1A NRJ ; ISN
Octobre 2023
Mathématiques pour ingénieur 1
Systèmes différentiels
Introduction
Vous savez résoudre les équations différentielles du type
x ′ (t) = ax(t), où la dérivée x ′ (t) est liée à la fonction x(t).
Par exemple, si a est une constante, les fonctions solutions sont les
x(t) = x0 e at (où x0 ∈ R ).
Plus généralement, on apprend à résoudre les équations
x ′ (t) = a(t)x(t) + b(t) où a et b sont des fonctions de t.
Dans tous les cas, l’exponentielle joue un rôle central dans
l’écriture des solutions.
Considérons maintenant le système différentiel suivant :
!
x ′ (t) = ax(t) + by (t)
(1)
y ′ (t) = cx(t) + dy (t)
Mathématiques pour ingénieur 2
Systèmes différentiels
La situation se complique car les équations sont enchevêtrées :
x ′ (t) est liée à x(t), mais aussi à y (t).
Donc il faudrait d’abord trouver y (t) pour résoudre la première
équation.
Mais, dans la seconde équation, y ′ (t) est liée à y (t), mais aussi à
x(t), que l’on n’a pas encore su trouver !
Pour s’en sortir, la solution consiste à considérer le couple
(x(t), y (t)) comme une seule variable. On pose
" # " ′ # " #
x(t) ′ x (t) a b
X (t) = , X (t) = , A= .
y (t) y ′ (t) c d
Le système différentiel (1) s’écrit alors simplement :
X ′ (t) = AX (t).
Mathématiques pour ingénieur 3
Systèmes différentiels
On a alors envie de dire que, comme pour une équation du type
x ′ (t) = ax(t), les solutions de ce type d’équation seraient les
fonctions définies par
X (t) = e tA · X0
(où X0 ∈ R2 ) et ce sera effectivement le cas, une fois que l’on
aura défini ce qu’est l’exponentielle d’une matrice !
Mathématiques pour ingénieur 4
Systèmes différentiels
Systèmes différentiels homogènes
Un système différentiel linéaire homogène à coefficients
constants est un système d’équations différentielles de la forme :
$ ′
%
% x (t) = a11 x1 (t) + a12 x2 (t) + · · · + a1n xn (t)
& 1
..
% .
%
' ′
xn (t) = an1 x1 (t) + an2 x2 (t) + · · · + ann xn (t)
où les aij (1 ! i, j ! n) sont des coefficients constants réels ou
complexes. On pose
( + ( + ( +
x1 (t) x1′ (t) a11 · · · a1n
) , ) , ) .. .. , .
X (t) = * ... - , X ′ (t) = * ... - , A=* . . -
xn (t) xn′ (t) an1 · · · ann
Avec cette notation matricielle, le système différentiel (S) devient :
X ′ (t) = AX (t)
Mathématiques pour ingénieur 5
Systèmes différentiels
remarque
(a) Résoudre le système linéaire X ′ = AX , avec A ∈ Mn (R ) (ou
A ∈ Mn (C) ) une matrice constante, c’est donc trouver X (t)
dérivable (c’est-à-dire n fonctions x1 (t), . . . , xn (t) dérivables) tel
que X ′ (t) = AX (t), pour tout t ∈ R.
(b) Dans le cas n = 1, on retrouve simplement une seule équation
que l’on écrit x ′ (t) = ax(t) et dont les solutions sont les
x(t) = x0 e at , pour n’importe quelle constante (réelle ou complexe)
x0 .
(c) L’ensemble des solutions est un espace vectoriel. En effet, on
prouve facilement que l’ensemble des solutions est un sous-espace
vectoriel de l’ensemble des fonctions dérivables de R dans Rn : la
fonction identiquement nulle est solution et, si X1 et X2 sont
solutions, alors λ X1 + µX2 est aussi solution (avec λ , µ ∈ R ).
Mathématiques pour ingénieur 6
Systèmes différentiels
Système diagonal
Si A est une matrice diagonale à coefficients réels, alors le système
s’écrit X ′ = AX avec
( +
λ1 0 · · · 0 $ ′
) , %
% x (t) = λ1 x1 (t)
) 0 ...
..
, & 1
. , ..
A=) ) .. .. , , c’est-à-dire % .
* . . 0 - %
' ′
xn (t) = λn xn (t)
0 · · · 0 λn
On résout indépendamment chaque équation xi′ (t) = λi xi (t), dont
les solutions sont les xi (t) = ki e λi t , ki ∈ R. Les solutions X (t) sont
donc les fonctions ( +
k 1 e λ1 t
) .. ,
X (t) = * . -
k n e λn t
où k1 , . . . , kn sont des constantes réelles.
Mathématiques pour ingénieur 7
Systèmes différentiels
Système triangulaire
Un système triangulaire n’est pas tellement plus compliqué à
résoudre. En effet, si A est une matrice triangulaire, on a :
$ ′
%
% x1 = a11 x1 + · · · + · · · + a1n xn
%
& x′ =
2 a22 x2 + · · · + a2n xn
..
%
% .
%
' ′
xn = ann xn
On résout le système de proche en proche : on peut d’abord
intégrer la dernière équation, puis reporter la solution dans
l’équation précédente (qui devient une équation du type
x ′ (t) = ax(t)+ b(t) ) et ainsi en remontant intégrer tout le
système.
Mathématiques pour ingénieur 8
Systèmes différentiels
Système différentiels linéaires homogènes : Cas
diagonalisable
Voici un premier résultat qui affirme que si on connaı̂t un vecteur
propre de A, alors on peut lui associer une solution du système
différentiel.
Proposition
Soient A ∈ Mn (R), λ une valeur propre de A et v un vecteur
propre associé. Alors la fonction
X : R −→ Rn
t $−→ e λ t v
est solution du système différentiel X ′ = AX .
Mathématiques pour ingénieur 9
Systèmes différentiels
exemple
" #
3 1
Soit A = . On a χA (X ) = (X − 2)2 , la seule valeur
−1 1
propre de A est donc λ = 2. " #
x
Déterminons un vecteur propre : soit V = ∈ R2 tel que
y
" #
1
A · V = 2V ; on a alors x + y = 0, et le vecteur V = est
−1
un vecteur propre de A. " # " 2t #
2t 1 e
Ainsi l’application X (t) = e = est une
−1 −e 2t
solution du système X ′ = AX , ce que l’on vérifie aussi à la main.
Mathématiques pour ingénieur 10
Systèmes différentiels
Théorème
Soit A ∈ Mn (R) une matrice diagonalisable sur R. Notons
(v1 , . . . , vn ) une base de vecteurs propres et λ1 , . . . , λn les valeurs
propres correspondantes. Alors les fonctions
Xi (t) = e λi t vi (1 ! i ! n)
forment une base de l’espace des solutions du système X ′ = AX .
Mathématiques pour ingénieur 11
Systèmes différentiels
exemple
On veut résoudre le système différentiel X ′ = AX avec X (0) = X0
où ( + ( +
1 4 −4 1
A= * 3 2 −4 - et X0 = * 2 -.
3 −3 1 3
- Valeurs propres et vecteurs propres. Les valeurs propres de A sont
λ1 = 1, λ2 = −2 et λ3 = 5. Les vecteurs propres associés sont
( + ( + ( +
1 0 1
V1 = * -
1 , V2 = * -
1 , V3 = * 1 -.
1 1 0
Mathématiques pour ingénieur 12
Systèmes différentiels
- Solutions générales. Nous obtenons trois solutions
( t + ( +
e 0
X1 (t) = e λ1 t V1 = * e t - , X2 (t) = e λ2 t V2 = * e −2t - ,
et e −2t
+(
e 5t
X3 (t) = e λ3 t V3 = * e 5t - .
0
Les solutions du système X ′ = AX sont donc les fonctions de la
forme
X (t) = αX1 (t) + β X2 (t) + γX3 (t)
avec α, β , γ ∈ R.
Mathématiques pour ingénieur 13
Systèmes différentiels
- Condition initiale :
On cherche quelle solution vérifie en plus X (0) = X0 . Or
( +
α +γ
X (0) = αX1 (0)+β X2 (0)+γX3 (0) = αV1 +β V2 +γV3 = * α + β + γ - .
α +β
on a donc en le système linéaire :
$
& α +γ = 1
α +β +γ = 2
'
α +β = 3
On trouve α = 2, β = 1, γ = −1. Ainsi l’unique solution qui vérifie
le système et la condition initiale est
( +
2e t − e 5t
X (t) = * 2e t + e −2t − e 5t -
2e t + e −2t
Mathématiques pour ingénieur 14
Systèmes différentiels
Exponentielle de matrices
Avant de définir l’exponentielle de matrices, voici quelques petits
rappels sur l’exponentielle réelle ou complexe. Tout d’abord, pour
z ∈ C, l’exponentielle peut être définie par une série :
+∞
zk
e z = exp(z) = ∑ .
k=0 k!
On la note aussi e z . Retenons quelques propriétés principales :
1. exp(0) = 1,
2. exp (z + z ′ ) = exp(z) · exp (z ′ ) (∀z, z ′ ∈ C),
1
3. exp(−z) = exp(z) (∀z ∈ C),
4. exp(kz) = (exp(z))k (∀z ∈ C, ∀k ∈ Z).
Une autre propriété essentielle est que l’exponentielle définit une
fonction dérivable et (pour a ∈ C) :
d
exp(at) = a exp(at).
dt
Mathématiques pour ingénieur 15
Systèmes différentiels
L’espace vectoriel Mn (R) étant un espace vectoriel de dimension
finie sur lequel toutes les normes sont équivalentes, on en choisit
une que l’on note & · &.
Par exemple, &A& = max1!i,j!n (|aij |).
1 k
La série de terme général k! a étant convergente pour tout a ∈ R,
1
la série de terme général k! &A&k est également convergente pour
toute matrice A ∈ Mn (R).
Par conséquent, la série ∑+∞ 1 k
k=0 k! A est convergente dans Mn (R).
Mathématiques pour ingénieur 16
Systèmes différentiels
Théorème
k
Pour toute matrice A ∈ Mn (K), la série ∑k"0 Ak! converge dans
Mn (K). On note
+∞ k
A
exp(A) = ∑
k=0 k!
sa limite. C’est la matrice exponentielle de A. On la note aussi
e A ou exp(A).
Mathématiques pour ingénieur 17
Systèmes différentiels
Exemple :Exponentielle d’une matrice diagonale
Si A est la matrice diagonale
( + ( +
λ1 0 ··· 0 λ1k 0 ··· 0
) .. .. , ) .. .. ,
) 0 . . , ) 0 . . ,
A=) ) .. ..
,,
, alors Ak = )
) .. ..
,,
,
* . . 0 - * . . 0 -
0 · · · 0 λn 0 · · · 0 λnk
et donc ( +
e λ1 0 ··· 0
) .. .. ,
) 0 . . ,
exp(A) = )
) .. ..
,.
,
* . . 0 -
0 · · · 0 e λn
Mathématiques pour ingénieur 18
Systèmes différentiels
Exemple : Exponentielle d’une matrice nilpotente
Soit A une matrice nilpotente d’indice de nilpotence N ∈ N. Alors
exp(A) est une somme finie
N−1
Ak
exp(A) = ∑ .
k=0 k!
Mathématiques pour ingénieur 19
Systèmes différentiels
L’exponentielle de matrices (réelles ou complexes) vérifie les
propriétés suivantes :
Proposition (Propriétés de l’exponentielle d’une matrice)
On a
1. Si on note On la matrice nulle, alors exp (On ) = In .
2. Si A et B ∈ Mn (K) vérifient AB = BA, alors
exp(A + B) = exp(A) exp(B).
3. Pour toute matrice A ∈ Mn (K), la matrice exp(A) est inversible
et (exp(A))−1 = exp(−A)
4. Pour toute matrice A ∈ Mn (K), exp(kA) = (exp(A))k pour tout
k ∈ Z.
5 Si.A, P ∈ M
/ n (K), et P est inversible, on a
exp P −1 AP = P −1 exp(A)P.
Mathématiques pour ingénieur 20
Systèmes différentiels
exemple
On vérifie facilement que
" " ## " #
0 −1 cos t − sin t
exp t =
1 0 sin t cos t
pour tout t réel :
On a χA (X ) = X 2 + 1, donc SpC = {±i} et A = PDP −1 avec
" # " #
1 1 i 0
P= ,P= ,
−i i 0 −i
Donc
" # " #
tA tD −1 e it 0 −1 cos t − sin t
e = Pe P =P P =
0 e −it sin t cos t
Mathématiques pour ingénieur 21
Systèmes différentiels
Méthode de calcul de exp(A).
– Si A est diagonale ou nilpotente, il n’y a pas de problème.
– Sinon, on trigonalise la matrice A : A = PTP −1 . On a alors
exp(A) = P exp(T )P −1 . Tout revient donc à calculer exp(T ).
Mathématiques pour ingénieur 22
Systèmes différentiels
Méthode de trigonalisation
– On peut utiliser la décomposition de Dunford A = ∆ + N avec ∆
diagonalisable, N nilpotente et N∆ = ∆N, ce qui permet d’écrire
exp(A) = exp(∆) · exp(N). La matrice ∆ étant diagonalisable, il
existe une matrice P inversible telle que D = P −1 ∆P soit
diagonale, soit encore △ = PDP −1 , d’où
. /
exp(∆) = exp PDP −1 = P exp(D)P −1 .
On peut donc toujours calculer l’exponentielle d’une matrice à
coefficients dans C.
– On peut aussi utiliser la réduite de Jordan ...
Mathématiques pour ingénieur 23
Systèmes différentiels
Exemple
Soit A la matrice ( +
1 1 0
A = * 0 2 −1 -
−1 1 3
- Décomposition de Dunford. La décomposition de Dunford est
A = D + N avec
( + ( +
2 0 0 −1 1 0
D = * 0 2 0 - et N = * 0 0 −1 - .
0 0 2 −1 1 1
Ici D est déjà une matrice diagonale puisque D = 2I3 , ce qui va
simplifier les calculs.
- La matrice diagonale.
( 2 +
e 0 0
exp(D) = * 0 e 2 0 - = e 2 I
0 0 e2
Mathématiques pour ingénieur 24
Systèmes différentiels
- La matrice nilpotente.
La matrice N est nilpotente :
( +
1 −1 −1
2
N = * 1 −1 −1 - et N 3 = 0
0 0 0
Ainsi ( +
1 1
2 − 12 2
1 2 *
exp(N) = I + N + N = 1
2 − 32 -
1
2
2!
−1 1 2
- Exponentielle de A.
( +( 1 1
+
e2 0 0 2 − 122
exp(A) = exp(D) exp(N) = * 0 e2 0 -* 1
− 32 -
1
2 2
0 0 e2 −1 1 2
( 1 2 1 2 +
2e 2e − 12 e 2
= * 12 e 2 12 e 2 − 32 e 2 -
−e 2 e 2 2e 2
Mathématiques pour ingénieur 25
Systèmes différentiels
Si A(t) est une matrice dont les coefficients aij (t) sont des
fonctions dérivables de la variable t, alors la dérivée de A(t) est la
matrice A′ (t) dont les coefficients sont les dérivées aij′ (t). La
dérivée d’une matrice vérifie les propriétés usuelles des dérivées. En
particulier, elle vérifie que, si les matrices M(t) et N(t) sont
dérivables, alors le produit aussi et on a (attention à l’ordre des
produits !) :
(MN)′ (t) = M ′ (t)N(t) + M(t)N ′ (t).
Proposition
Soit A ∈ Mn (R). Lapplication de R dans Mn (R) définie par
t $→ exp(tA) est dérivable et on a
d
(exp(tA)) = A exp(tA)
dt
Comme les matrices A et exp(tA) commutent, alors on a aussi
d
dt exp(tA) = exp(tA)A.
Mathématiques pour ingénieur 26
Systèmes différentiels
Exemple
Nous avons déjà montrer que pour tout réel t
" " ## " #
0 −1 cos t − sin t
exp t = .
1 0 sin t cos t
Donc
" " ## " #
d 0 −1 − sin t − cos t
exp t = .
dt 1 0 cos t − sin t
D’autre part
" # " " ## " #" #
0 −1 0 −1 0 −1 cos t − sin t
exp t =
1 0 1 0 1 0 sin t cos t
" #
− sin t − cos t
=
cos t − sin t
Mathématiques pour ingénieur 27
Systèmes différentiels
Solutions des systèmes différentiels linéaires
Théorème
Soit A ∈ Mn (R). Les solutions du système différentiel homogène
X ′ = AX sont les fonctions X : R −→ Rn définies par
X (t) = exp(tA) · X0
où X0 est un vecteur de Rn quelconque.
Mathématiques pour ingénieur 28
Systèmes différentiels
Solutions des systèmes différentiels linéaires
Théorème
Soit A ∈ Mn (R). Les solutions du système différentiel homogène
X ′ = AX sont les fonctions X : R −→ Rn définies par
X (t) = exp(tA) · X0
où X0 est un vecteur de Rn quelconque.
Corollaire (Théorème de Cauchy-Lipschitz)
Pour X0 ∈ Rn fixé, il existe une et une seule solution X (t) vérifiant
le système différentiel X ′ = AX et la condition initiale X (0) = X0 .
Mathématiques pour ingénieur 28
Systèmes différentiels
On va considérer maintenant un système différentiel linéaire
(non-homogène)
X ′ (t) = AX (t) + b(t)
où
A ∈ Mn (R) et b(t) ∈ Rn
et on va supposer pour simplifier l’énoncé que t $→ b(t) est définie
sur R.
Théorème
La solution général du système différentiel X ′ (t) = AX (t) + b(t)
avec la condition initial X (t0 ) = X0 est donnée par
! t
X (t) = e tA X0 + e (t−s)A b(s)ds
t0
Mathématiques pour ingénieur 29
Systèmes différentiels
Résoudre le système différentiel
$
% ′
& x1 (t) = 4x1 (t) − x2 (t) − x3 (t)
x2 (t)′ = x1 (t) + 2x2 (t) − x3 (t) (Σ)
%
'
x3 (t)′ = x1 (t) − x2 (t) + 2x3 (t)
(1) La matrice du système différentiel est
( +
4 −1 −1
A = *1 2 −1- .
1 −1 2
Un calcul simple donne son polynôme caractéristique
χA (λ ) = det(A − λ I3 ) = (2 − λ )(3 − λ )2
Donc 2 est une valeur propre simple et 3 est une valeur propre
double.
Mathématiques pour ingénieur 30
Systèmes différentiels
(2) Un autre calcul simple donne les sous-espaces propres
EA (2) = Ker(A − 2I3 ) = Vect (v1 )
EA (3) = Ker(A − 3I3 ) = Vect (v2 , v3 ) .
où ( + ( + ( +
1 1 1
v1 = *1- , v2 = *1- , v3 = *0-
1 0 1
La matrice A est diagonalisable car dim EA (2) + dim EA (3) = dim R3
(3) Une solution générale du système (Σ) est donnée par
X (t) = αe 2t v1 + β e 3t v2 + γe 3t v3
pour tout α, β , γ ∈ R, soit
( 2t +
αe + β e 3t + γe 3t
X (t) = * αe 2t + β e 3t -.
αe + γe
2t 3t
Mathématiques pour ingénieur 31
Systèmes différentiels
Exemple
18.4. Exemple : Soit la matrice
( +
4 2 0
A = * 1 5 −1 -
−1 1 5
et le système différentiel X ′ = AX .
Calculer exp(At).
Le polynôme caractéristique de A est P(λ ) = (λ − 4)2 (λ − 6)
0 1⊤
On résout (A − 6Id)x = 0 et on trouve v6 = 1 1 0 .
Le sous espace spectral Ker(A − 6Id) est donc engendré par v6 .
Puis on résout (A − 4Id)x = 0, on trouve un seul vecteur v4 =
0 1⊤
1 0 1
Le sous espace spectral Ker(A − 4Id) est donc engendré par v4 .
Mathématiques pour ingénieur 32
Systèmes différentiels
Du théorème des noyaux on a R3 = Ker(A − 6Id) ⊕ Ker(A − 4Id)2 .
On va donc completer v4 en un base de Ker(A − 4Id)2 .
On cherche alors w4 tel que v4 = (A − 4Id)w4 et on trouve
0 1T
w4 = −1/2 1/2 0
{v6 , v4 , w4 } est une base de R3 et dans cette base ,
(l’endomorphisme associé à ) A s’écrit :
( +
6 0 0
T = * 0 4 1 - = P −1 AP
0 0 4
. /
avec P = v6 v4 w4 .
Mathématiques pour ingénieur 33
Systèmes différentiels
On peut maintenant calculer l’exponentielle de tA. On a :
(2 4 + ( 6t +
6 0 0 e 0 0
exp *3 0 4 0 5 t - = * 0 e 4t 0 -
0 0 4 0 0 e 4t
(( 4 + 2 +
0 0 0 1 0 0
exp ** 0 0 1 5 t - = 3 0 1 t -
0 0 0 0 0 1
Mathématiques pour ingénieur 34
Systèmes différentiels
d’où
(2 4 + (2 4 +
0 0 0 6 0 0
exp(tT ) = exp *3 0 0 1 5 t - exp *3 0 4 0 5 t-
0 0 0 0 0 4
2 4 2 6t 4
1 0 0 e 0 0
= 3 0 1 t 5 3 0 e 4t 0 5
0 0 1 0 0 e 4t
2 6t 4
e 0 0
= 3 0 e 4t te 4t 5
0 0 e 4t
Mathématiques pour ingénieur 35
Systèmes différentiels
Au final,
2 4
e 6t 0 0
exp(At) = P −1 3 0 e 4t te 4t 5 P
0 0 e 4t
2 1 4t 1 6t
4
4t
2 e − te + 2 e te 4t − 12 e 4t + 12 e 6t te 4t + 12 e 4t − 12 e 6t
= 3 − 2 e 4t + 2 e 6t
1 1 1 6t
2e + 2e
1 4t 1 4t
2e − 2e
1 6t 5
−te 4t te 4t 4t
te + e 4t
La solution générale de X ′ = AX est donc
X (t) =
( +( +
1 4t
2e − te 4t + 12 e 6t te 4t − 12 e 4t + 12 e 6t te 4t + 12 e 4t − 12 e 6t α
* − 12 e 4t + 12 e 6t 1 6t 1 4t 1 4t 1 6t -* β -
2e + 2e 2e − 2e
−te 4t te 4t 4t
te + e 4t γ
Mathématiques pour ingénieur 36
Systèmes différentiels
Équations différentielles linéaires d’ordre n
On considère une équation différentielle linéaire d’ordre n à
coefficients constants
x (n) (t) + a1 x (n−1) (t) + · · · + an−1 x ′ (t) + an x(t) = 0 (E )
où la fonction inconnue est une fonction t $→ x(t) de R dans R,
n-fois dérivable. On introduit les fonctions auxiliaires
$
% x1 = x
%
%
%
% x2 = x1′ = x ′
%
%
&
..
.
%
%
%
%xn−1 = x ′ = x (n−2)
%
% n−2
%
' ′
xn = xn−1 = x (n−1)
Mathématiques pour ingénieur 37
Systèmes différentiels
L’équation (E ) se transforme alors en le système différentiel suivant
$
%
% x1′ = x2
%
%
%
% x ′ = x3
%
& 2
..
% .
%
%
%
% ′
xn−1 = xn
%
%
'
xn′ = −a1 xn − a2 xn−1 − · · · − an x1
Mathématiques pour ingénieur 38
Systèmes différentiels
Ainsi résoudre l’équation (E ) est équivalent à résoudre le système
différentiel
X ′ (t) = AX (t)
avec ( + ( +
x1 (t) x(t)
) x2 (t) , ) x ′ (t) ,
) , ) ,
X (t) = ) .. ,=) .. ,,
* . - * . -
xn (t) x (n−1) (t)
( ′ + ( ′ +
x1 (t) x (t)
) x ′ (t) , ) x ′′ (t) ,
) 2 , ) ,
X ′ (t) = ) . ,=) .. ,
* .. - * . -
xn′ (t) x (n) (t)
Mathématiques pour ingénieur 39
Systèmes différentiels
et ( +
0 1 ··· 0
) 0 0 ··· 0 ,
) ,
A=) .. .. ,
* . . 1 -
−an −an−1 · · · −a1
Mathématiques pour ingénieur 40
Systèmes différentiels
Proposition (Théorème de Cauchy-Lipschitz)
Soient t0 ∈ R, c0 , c1 , . . . , cn−1 ∈ R fixés. Il existe une et une seule
fonction x(t) qui vérifie
x (n) (t) + a1 x (n−1) (t) + · · · + an−1 x ′ (t) + an x(t) = 0
ainsi que toutes les conditions initiales :
x (t0 ) = c0 , x ′ (t0 ) = c1 , ..., x (n−1) (t0 ) = cn−1
Mathématiques pour ingénieur 41
Systèmes différentiels
Proposition (Théorème de Cauchy-Lipschitz)
Soient t0 ∈ R, c0 , c1 , . . . , cn−1 ∈ R fixés. Il existe une et une seule
fonction x(t) qui vérifie
x (n) (t) + a1 x (n−1) (t) + · · · + an−1 x ′ (t) + an x(t) = 0
ainsi que toutes les conditions initiales :
x (t0 ) = c0 , x ′ (t0 ) = c1 , ..., x (n−1) (t0 ) = cn−1
Corollaire
L’ensemble des solutions de l’équation différentielle (E) est un
espace vectoriel de dimension n.
Mathématiques pour ingénieur 41
Systèmes différentiels
Exemple
On considère l’équation différentielle suivante
y ′′′ (t) − y ′′ (t) − 4y ′ (t) + 4y (t) = 0. (E1)
On pose ( +
y (t)
X (t) = * y ′ (t) - .
y ′′ (t)
Montrer que l’équation (E1) est équivalente à un système
différentiel homogène de la forme
X ′ (t) = AX (t) (E2)
où A est une matrice
( +
0 1 0
A = * 0 0 1-
−4 4 1
Mathématiques pour ingénieur 42
Systèmes différentiels
(2) Le polynôme caractéristique de A est
χA (λ ) = (λ − 1)(λ − 2)(λ + 2) donc A admet 2 valeurs propres 1,
2 et −2 et A est diagonalisable.
(3) les sous-espaces propres de A sont
( + ( + ( +
1 1 1
EA (1) = R 1 , EA (2) = R 2 , EA (−2) = R −2-
* - * - *
1 4 4
(4) La solution générale du système linéaire est donc de la forme
( + ( + ( +
1 1 1
X (t) = αe 1 + β e
t* -
2 + γe R −2- , α, β , γ ∈ R
2t * - −2t *
1 4 4
( +
αe + β e + γe
t 2t −2t
= * αe t + 2β e 2t − 2γe −2t -
αe t + 4β e 2t + 4γe −2t
(5) On en déduit que la solution générale de l’équation (E1) est
y (t) = αe t + β e 2t + γe −2t avec α, β , γ ∈ R.
Mathématiques pour ingénieur 43
Systèmes différentiels
Equation différentielles à coefficients variable : méthode de
séries de entières
Rédoudre sur ] − 1, 1[
(1 − t 2 )y ′′ − 4ty ′ − 2y = 0, (2)
en cherchant des solutions développables en séries entières.
Pour t ∈] − 1, 1[, 1 − t 2 ∕= 0 donc (2) est équivalente à une équation
différentielle linéaire d’ordre 2 homogène définie sur ] − 1, 1[.
Cherchons les fonctions développables en séries entières au
voisinage de 0.
Mathématiques pour ingénieur 44
Systèmes différentiels
Analyse :
Supposons y une solution développable en la série entière ∑n an t n
de rayon de convergence R > 0.
Sur ] − R, R[,
+∞ +∞
y (t) = ∑ an t n , y ′ (t) = ∑ nan t n−1
n=0 n=1
et
+∞ +∞
y ′′ (t) = ∑ n(n − 1)an t n−2 = ∑ (n + 2)(n + 1)an+2 t n
n=2 n=0
Mathématiques pour ingénieur 45
Systèmes différentiels
ce qui donne
+∞
0 = (1 − t 2 )y ′′ − 4ty ′ − 2y = ∑ (n + 2)(n + 1)(an+2 − an )t n .
n=0
Par unicité des coefficients d’un développement en série entière, on
a trouve
∀n ∈ N, (n + 2)(n + 1)(an+2 − an ) = 0.
Ainsi y est solution de (2) sur ] − R, R[ si, et seulement si,
∀n ∈ N, an+2 = an
On a alors pour tout p ∈ N, a2p = a0 et a2p+1 = a1 , puis
+∞ +∞ +∞ +∞
y (t) = ∑ a2p t 2p + ∑ a2p+1 t 2p+1 = ∑ a0 t 2p + ∑ a1 t 2p+1
p=0 p=0 p=0 p=0
ce qui donne
1 t
y (t) = a0 2
+ a1
1−t 1 − t2
pour tout t ∈] − R, R[ avec nécessairement R ≤ 1.
Mathématiques pour ingénieur 46
Systèmes différentiels
Synthèse :
Soit
1 t
ϕ(t) = 2
et ψ(t) =
1−t 1 − t2
ϕ est développable en série entière sur ] − 1, 1[ et par le calcul
précédent est solution de l’équation (2) sur ] − 1, 1[. Il en est de
même pour ψ. Les fonctions ϕ et ψ sont deux solutions
indépendantes, elles forment donc un système fondamental de
solutions de (2).
Conclusion : La solution générale de (2) est
λ + µt
y (t) = , λ,µ ∈ R .
1 − t2
Mathématiques pour ingénieur 47