Université Frères Mentouri Constantine 01 L3 Bioinformatique
Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie Année universitaire 2024/2025
Département de Biologie Appliquée Présenté par Dr Méziani.Y
Cours de Biologie moléculaire
Sommaire :
I. Introduction
II. Structure des acides nucléiques procaryotes
III. Structures des acides nucléiques eucaryotes
IV. Technique du génie-génétique
1. Les enzymes de restriction
2. Méthodes de clonage et vecteurs
3. Southern-Blot
4. PCR
5. Séquençage
V. Cartographie de restriction
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Université Frères Mentouri Constantine 01 L3 Bioinformatique
Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie Année universitaire 2023/2024
Département de Biologie Appliquée Présenté par Mme Méziani.Y
Chapitre I : Introduction
1. Support du matériel génétique :
L’ADN (Acide désoxyribonucléique) est la bibliothèque de la cellule dans laquelle les
informations sont stockées dans sa séquence de nucléotides. L’évolution a intégré dans cette
bibliothèque les informations nécessaires à la croissance et à la division des cellules. En
raison de la grande valeur de la bibliothèque d’ADN, il est naturel qu’elle soit soigneusement
protégée et préservée. À l’exception de certains des virus les plus simples, les cellules
conservent des doubles d’informations en utilisant une paire de brins d’ADN
complémentaires, ainsi, chaque brin contient une copie complète des informations. Les
dommages chimiques ou physiques causés sur un brin seront reconnus par des enzymes
spécifiques et réparés en utilisant les informations contenues sur le brin opposé. Les cellules
plus complexes préservent davantage leurs informations en possédant des duplex d'ADN.
En outre, la réplication exacte de l’information contenue dans l’ADN chez n’importe quelle
espèce lui garantit une continuité génétique d’une génération à l’autre et est essentielle au
développement normal d’un individu. Cette information est organisée en unités de l’hérédité,
que l’on appelle des gènes, ceux-ci déterminent les caractères propres à un organisme. Les
gènes définissent en fin de compte la structure biologique et maintiennent l'intégration de la
fonction cellulaire. De nombreux gènes codent pour des protéines, les principales molécules
qui constituent les structures cellulaires et exercent des activités fonctionnelles cellulaires.
Dans tous les organismes, des altérations de la structure et de l'organisation des gènes, ou
mutations dans l’ADN se produisent constamment, fournissant des variations aléatoires qui
peuvent altérer la structure et la fonction biologiques de l’organisme. Si la grande majorité
des mutations aléatoires n’ont aucun effet observable sur la fonction d’un gène ou d’une
protéine, beaucoup sont délétères et seules quelques-unes confèrent un avantage évolutif à
l’organisme.
Des structures cellulaires entièrement nouvelles sont rarement créées lors d’une mutation ; le
plus souvent, les structures cellulaires existantes subissent des changements qui permettent de
mieux adapter l'organisme aux nouvelles conditions environnementales. Néanmoins, de légers
changements dans une protéine peuvent entraîner des changements importants dans sa
fonction ou abolir complètement sa fonction.
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2. Principe du génie génétique :
Les mutations spontanées étant rares et le plus souvent non contrôlées, l’homme a du
perfectionner de nouvelles techniques en biotechnologie afin d’obtenir des caractéristiques
désirées chez les organismes. Parmi ces techniques, le génie génétique dont l’objectif est de
produire des caractéristiques souhaitées et d’éliminer celles qui sont indésirables.
La technique consiste à enlever, modifier ou ajouter des gènes au matériel génétique (ADN,
ARN) d’un organisme de sorte à changer l’information qu’elle contient. En changeant cette
information, le génie génétique change le type ou la quantité de protéines qu’un organisme est
capable de produire et lui permet ainsi de créer des nouvelles substances ou d’assurer de
nouvelle fonctions. Ainsi Les organismes modifiés par le biais du génie génétique sont parfois
appelés organismes transgéniques, génétiquement modifiés ou issus des biotechnologies.
3. Importance croissante des biotechnologies :
C’est dernières décennies les produits et les services de biotechnologie se sont
développés et ont révolutionné bien des aspects de la vie quotidienne. L’homme a utilisé
depuis des millénaires les micro-organismes, les plantes et les animaux, mais le
développement de la biologie moléculaire et des technologies associées lui permettent
désormais de modifier ces organismes d’une nouvelle façon, propre à les utiliser, eux ou leurs
produits, de manière accrue afin d’améliorer son existence. L’usage commercial de ces
organismes génétiquement modifiés (OGM) ou de leurs produits est essentiellement
biotechnologique. Ces produits se retrouvent au supermarché, chez le médecin, à la pharmacie,
à l’hôpital, à la ferme, dans les vergers, lors d’enquêtes judiciaires ou de recherche de
paternité et même dans l’industrie chimique.
4. Quelques domaines d’utilisation :
La modification génétique des plantes cultivées est un domaine où les biotechnologies
ont montré l’expansion la plus rapide. L’attention s’est portée sur des caractères (phénotypes)
comme la résistance à des herbicides, des insectes, des virus, etc… permettant ainsi
l’amélioration des rendements annuels.
Dans le cas du bétail comme les bovins et d’autres mammifères, différentes biotechnologies
de l’embryon ont été développées. Ces techniques se sont développées autour de trois
technologies principales qui sont : la transplantation embryonnaire, associant la production et
la collecte d’embryons in vivo; le prélèvement in vivo d’ovocytes par ponction folliculaire
(OPU) suivi de leur maturation, leur fécondation in vitro (FIV) puis la culture des embryons ;
enfin le clonage qui ouvre la voie à la multiplication de génotypes identiques.
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En 1996 la brebis clonée Dolly fut obtenue par une méthode dans laquelle le noyau d’une
cellule somatique différenciée prélevée chez un adulte est transférée dans un ovocyte énuclée
qui est alors transplanté in utero. Cette méthode de transfert nucléaire pourrait permettre de
produire des centaines, voire des milliers de descendants présentant les mêmes
caractéristiques. Ainsi les animaux doués de certains phénotypes comme la capacité accrue de
production laitière ou la vitesse chez les chevaux de course, pourraient désormais être clonés à
partir de quelques cellules différenciées.
Parmi les applications médicales, on peut citer le transfert de gènes humains à des animaux
afin que leur expression spécifique dans la glande mammaire permette de récupérer des
protéines humaines dans le lait dont certaines peuvent être utilisées comme médicaments. En
sélectionnant et en clonant ces animaux capables de produire des protéines humaines en
quantité, les industries pharmaceutiques seraient à même de disposer d’un troupeau avec des
standards uniformes de production.