Gestion de la relation client à l'ENEL
Gestion de la relation client à l'ENEL
Thème :
Réalisé par :
➢ NDUENGUE Niandoko Emmanuelle Josette
➢ OUALIKENE Manel
Dirigé par :
➢ HAMDAD Anis
Promotion 2020-2021
Introduction générale
Avant l’ère du marketing, l’orientation de l’entreprise se basait sur la logique de
production, la maximisation du profit et la minimisation des coûts, une époque où les
fournisseurs étaient rois, la demande était nettement supérieur à l’offre, l’écoulement des
produits était assuré, il suffisait seulement de produire sans prendre en compte les avis des
clients.
Au cours des années 1970, le marketing relationnel supplante progressivement le
marketing transactionnel. Le premier cherche à pérenniser la relation client et à différencier
durablement le produit dans un environnement concurrentiel de plus en plus agressif, tandis
que le second soutenait la vente dans une approche plus court-termiste. Apparaissent alors les
notions de prospects, de fidélisation et une vision à plus long terme du lien qui unit
l’entreprise à sa clientèle.
A la fin des années 90, le consommateur est devenu un « conso-acteur », des
transformations importantes dans les attitudes et les comportements d’achat des gens.
En même temps, les entreprises évoluent et passent d’un marketing de masse à un marketing
de l’individualisation. Le marketing relationnel devient alors à la mode et les entreprises
souhaitent désormais entrer dans une relation nouvelle avec les clients : une relation
d’échange à long terme et personnalisée pour chaque client.
Cette relation qui repose sur l'amélioration des conditions des flux des échanges entre
le client et l'entreprise. Le marketing conquête ou marketing offensif perd de plus en plus du
terrain pour laisser place au marketing de rétention.
Les entreprises du milieu B to B ont été les premières à comprendre l’importance de la
fidélisation des clients. En effet elles doivent faire face à un nombre limité de clients, et
doivent donc gérer un risque important sur un portefeuille clients restreint. C’est devenu pour
elles un enjeu majeur car la perte d’un client dans certains cas peut entrainer une cessation
d’activité.1
Les entreprises ont l’obligation de satisfaire leurs clients en influençant leurs
comportements ultérieurs. Pour ce faire, l’entreprise doit récolter des informations sur leurs
habitudes, sur les produits déjà achetés dans son catalogue ainsi que chez les autres, sur les
contacts établis avec eux quel qu’en soit le canal2… pour développer des produits d'une
qualité supérieure ainsi qu’une meilleure prestation de services pour satisfaire les exigences
croissantes des consommateurs et être compétitives.
Avec la pression concurrentielle et la digitalisation des échanges, gagner de nouveaux
clients devient plus difficile… Les garder l’est tout autant. Les points de contact se multiplient
sur le Web, LinkedIn, Twitter, Facebook… Les mails automatiques d’incitation et d’invitation
pleuvent. Le client n’est plus la chasse gardée de l’entreprise, accessible partout et par tous, il
sort, il s’informe et il change d’avis.3
1
Belarbi, Katia, Belarbi, Rabea, La gestion de la relation client dans le B to B Cas : SICOGE- Boghni- Tiz Ouzou,
mémoire, Marketing management, UMMTO département des sciences commerciales, 2019, p02
2
Blondeau, Géraldine,Roualdes, Emmanuelle,Digout, Jacques, Relation client / CRM : + de 40 plans d'action &
plannings et + de 130 best practices, Vuibert, 2015, p02
3
Dragon, Benoît, Fidélisez vos clients en B to B : La méthode pour développer votre meilleure stratégie, Dunod,
2018, p07
1
Introduction générale
L’approche CRM permet d’optimiser le service client et de développer la force de
vente d’une entreprise grâce à des outils de statistique et de suivi clientèle à des fins de
gestion et de marketing. 4
Dans notre cas, nous allons voir l’évolution des différentes techniques de marketing et
plus précisément le rapport avec la clientèle, cette démarche relationnelle que nous allons
évaluer dans une entreprise algérienne qui est bien la société d’électro-industrie spécialisée
dans la fabrication et la commercialisation des moteurs et transformateurs dite ENEL.
Le contexte
L’électro-industrie, ayant bénéficié d’une position de monopole avantageuse sur les
marchés nationaux pendant plusieurs années.
Son domaine de commercialisation, représenté par le marché Algérien, connaît une
mutation induisant une diversification de la clientèle et de ses besoins, l’implantation d’autres
constructeurs de transformateurs sur le marché local (EL SWEDY CABLE ALGERIA,
d’autres projets en cours) et l’ouverture du marché national aux produits de l’importation de
différents horizons.
Dans la conjoncture des années 90, l’Algérie a produit de profonds changements dans
son organisation politico-économique.
Sur le plan purement économique, ces changements ont permis de remplacer,
progressivement, les concepts, les pratiques et les règles de l’économie de marché. En effet,
de nouveaux dispositifs législatifs et réglementaires mis en application à partir de 1993 se
sont traduit entre autre par :
La suppression des monopoles d’Etat.
La dotation des entreprises d’une large autonomie de gestion.
La limitation puis l’abandon du système des prix administrés.
La possibilité pour toutes entreprises de recouvrir en cas des difficultés :
o A la compression du personnel.
o A la restructuration industrielle.
o A la cession d’une partie de son actif.
o A l’ouverture de son capital aux opérateurs privés.
o A la dissolution.
L’ensemble de ces changements a consacré l’ouverture du marché Algérien à la
concurrence. Il est évident que cette ouverture met en concurrence les produits des entreprises
publiques avec ceux des entreprises étrangères.
En effet, le secteur privé insuffisamment développé pour des raisons historiques n’a pas
encore les capacités d’être concurrentiel.
Avec l’apparition de nouveaux concurrents sur le marché national, l’entreprise a connu
une situation de chute de ses parts de marché, mais sa position de monopole reste la même
parce que Electro-Industries touche d’autres régions par l’implantation.
Rappelons que la mise en place des politiques de fidélisation est d’une importance
capitale pour la croissance d’une entreprise sur le long terme.
4
Delers, Antoine,Cadiat, Anne-Christine,[Link], « la gestion de la relation client », 50 Minutes, 2015, p16
2
Introduction générale
En effet, une stratégie de fidélisation client réussie aura un impact direct sur le cycle
de vie d’un client dans l’entreprise. Avec une stratégie de fidélisation de la clientèle,
l’entreprise peut économiser énormément d’argent. Car un nouveau client coûte 6 à7 fois plus
cher que fidéliser un client existant.
Ainsi, l’entreprise doit savoir privilégier la fidélisation de la clientèle et définir une
stratégie cohérente de fidélisation client. C’est cette démarche qui assurera la croissance
continue de l’entreprise sur la durée et l’aider à traverser les crises économiques et les
problématiques posées pour la concurrence.
Problématique de recherche
Les entreprises ont de plus en plus recours au marketing relationnel à savoir la gestion
de la relation avec leurs clientèles.
De là, nous avons décidé de mener ce travail de recherche afin de répondre à notre
problématique : Comment l’ENEL procède-t-elle à identifier ses meilleurs clients et à les
fidéliser ?
Pour y répondre il est nécessaire de savoir :
Le marketing relationnel est-il adapté au sein de l’entreprise?
Comment l’ENEL utilise-t-elle le CRM ?
L’ENEL applique-t-elle une stratégie de fidélisation ?
Objectif de recherche
Au premier abord, notre objectif de recherche est de mettre en évidence les différents
aspects relatifs au marketing industriel et marketing relationnel et de mettre accent sur la mise
en place d’une stratégie de fidélisation des clients, source de réel levier de performance et de
compétitivité.
Plus précisément, l’intérêt central de notre travail réside dans l’évaluation de la qualité
de la démarche GRC au sein de l’entreprise ENEL. Cela en interne à travers d’entretiens avec
des responsables de l’entreprise et l’analyse de données de clients de l’entreprise en utilisant
la méthode de la loi de Pareto qui consiste à démontrer quels sont les clients les plus retables.
Intérêt et choix de sujet
La relation client est devenue non seulement un moyen d’assurer la pérennité des
activités de l’entreprise mais il est aussi un axe de différenciation important dans un
environnement concurrentiel accru. Alors que la volatilité de la clientèle est à son comble, la
gestion relation client est le moyen qui permet de retenir toute leur attention et de les fidéliser
pour une longue durée. Telle est la raison qui nous à motivées à aborder une telle thématique.
C’est partie par un intérêt que nous avons toujours eu pour le milieu B to B et qui s’est
beaucoup développé au cours de notre formation de master 1 et 2 à travers les modules de
marketing industriel et marketing relationnel. Et de l’autre face, l’importance d’intégrer une
démarche relationnelle des stratégies de fidélisation pour les entreprises, cela nous a conduits
à la combiner au travers de ce travail, et c’est tout naturellement que notre choix s’est tourné
vers l’ENEL.
3
Introduction générale
Méthodologie de recherche
Afin de bien mener notre étude et répondre à notre problématique, nous nous sommes
appuyés sur une méthodologie fondée sur une approche qualitative en recueillant des données
entretien à travers l’entretien semi-directif pour analyser le discours des dirigeants sur notre
question de recherche, exploiter la base de données clients de l’entreprise pour appliquer la loi
de Pareto ainsi que l’utilisation d’une documentation diversifiée qui porte des ouvrages, des
mémoires, des articles, des documents propre à l’entreprise et des sites internet.
Structure de mémoire
L’objet de notre travail est la gestion de la relation client dans le milieu B to B au sein
de l’entreprise ENEL.
Pour ce faire, nous avons employé une méthode décrivant des notions théoriques se
basant sur le marketing B to B en général, la présentation du marketing relationnel et la
fidélisation de la clientèle en B to B.
Dans la partie pratique, nous avons employé la méthode analytique, en analysant les
données proposés par l’entreprise sur notre thème.
Notre travail de recherche comporte trois chapitres, chacun est subdivisé en deux
sections. Le premier chapitre porte sur les aspects conceptuels du marketing B to B, le
deuxième chapitre parle de la fidélisation de la clientèle en milieu B to B et le troisième
chapitre quant à lui, est consacré à l’étude de la gestion relation client au sein de l’entreprise
ENEL.
4
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
CHAPITRE I : Aspect conceptuel du marketing B to B
Introduction
L’expression business to business, est un anglicisme désignant l’ensemble des
entreprises qui vendent à d’autres entreprises ou à des professionnels des produits ou des
services.
Le marketing étant : « une fonction de l’organisation et un ensemble de processus qui consiste
à créer, communiquer et délivrer de la valeur aux clients ainsi qu’à gérer les relations avec
eux » 1. (American Marketing Association, AMA), les entreprises b to b tendent à se propager
et à diversifier leurs prestations, en utilisant des méthodes qui sont en accord avec l’évolution
des clients professionnels avec lesquels ils collaborent ; dans le but de maintenir un lien fort et
qui dure dans le temps. Ce qui leurs permettra de fidéliser les clients professionnels et de
développer les actions relationnelles.
Le marketing business to business est caractérisé par la discontinuité de la relation
fournisseur-client. Ainsi, en tenant compte du rôle important que jouent actuellement les
clients dans l’entreprise, et en vue de créer et d’entretenir chez eux des attitudes positives et
durables vise à vis de l’entreprise ou de la marque, celle-ci utilise des moyens d’action
personnalisés et interactifs destinés à établir des relations individualisées et interactives basés
sur la confiance et l’échange. Tels sont les principes du marketing relationnel.
Dans ce chapitre, nous allons passer en revue les points suivants :
● La première section nous permettra de comprendre le marketing b to b, ses caractéristiques
ainsi que le client industriel ;
● La deuxième section est consacrée au marketing relationnel, sa définition, son contexte et
ses objectifs.
Section 1: le marketing b to b
Cette présente section se base sur trois volets essentiels, le premier expose certaines
définitions du marketing b to b, le second énumère ses caractéristiques et le troisième
l’identification du client industriel.
1-1- Définition du marketing b to b
Cécile Bozzo a défini le marketing b to b dans son livre comme suit : « Le marketing
industriel, ou business to business (B to B) ou encore inter-organisationnel, correspond à un
domaine spécifique du marketing où les clients et les fournisseurs sont des entreprises. Il
s’oppose au marketing de grande consommation, où Business to Customer (B to C) où le
fournisseur est une organisation, mais le client est un individu »1 .
Laurent Hermel et Alain Scholasch l’ont prescrit comme : «Un marketing réalisé par
des entreprises qui vendent à d’autres entreprises ou à des professionnels. Il emprunte au
marketing « classique » un certain nombre de techniques en les adaptant aux caractéristiques
1
Cécile Bozzo, « Marketing industriel », ed Dunod, Paris, 2007, p9
5
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
propre de ce type de marchés et en définissant des outils plus spécifiques pour atteindre ses
objectifs »2.
Selon Mark Diviné, le marketing industriel désigne : «Les applications spécifiques du
marketing aux entreprises qui vendent leur produits à d’autres entreprises (ou organisations)
et non aux particuliers (ou ménages). Ainsi, le marketing industriel se définit moins par la
nature des produits que par celles des clients auxquels il s’intéresse »3.
[Link], [Link], [Link], [Link], [Link], dans leur pensée ont défini le
marketing industriel de la manière qui suit : « Le marketing industriel ou marketing b to b
repose sur les relations commerciales d’entreprise à entreprise. Il peut être défini comme
l’ensemble des études et des décisions d’action qui aboutissent à la connaissance des besoins
des consommateurs et à l’adaptation de l’offre commerciale conformément à la stratégie
générale de l’entreprise »4.
Conformément aux apports de ces auteurs, le marketing industriel peut-être défini
d’une manière synthétisée comme suit :
Le marketing industriel est un ensemble d’applications correspondant à un domaine
spécifique du marketing. Réalisé par des entreprises qui vendent à d’autres entreprises ou à
des professionnels. Il se définit moins par la nature des produits que par celles des clients
auxquels il s’intéresse.
1-2- Le domaine d’activité du marketing b to b
Le terme de « bien industriel » désigne la notion globale de biens destinés à des
professionnels. Les biens industriels comprennent l’ensemble des biens, produits ou services,
fabriqués et vendus par des entreprises à d’autres entreprises. Ces biens sont soit, des matières
premières, des bien semi-fini, des biens de fabrications dédiés aux producteurs, aux
transformateurs, aux assembleurs, aux négociants, aux distributeurs et aux prestataires de
services.
Les biens industriels se caractérisent par leur très grande hétérogénéité (blé, coton,
ciment, microprocesseurs, moteurs, machines-outils, turbines, avions, conseils, services
financiers).
Kotler et Saporta ont présenté les biens industriels en trois grandes catégories :
● Les biens entrant dans le produit final (entering goods ou input goods) ;
● Les biens d’équipement entrant directement dans le processus de fabrication (production
goods ou equipement goods) ;
● Les biens et services industriels n’entrant pas directement dans le processus (facilitating
goods ou supply goods)5 .
2
Laurent Hermel et Alain Scholasch, « Marketing industriel », édition Economica, Paris, 1996, page 16
3
Mark Diviné, « Marketing B to B”, 2e edition, Vuibert, Paris, 2014, page 9
4
[Link], [Link], [Link], [Link],[Link], “Marketing industriel”, edition Armand Colin, Paris, p5
5
Philippe Malava, Christophe Bénaraya, « Marketing business to business du marketing industriel au marketing
d’affaires », 3e édition, Pearson Education France, P 08
6
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
Importance
d’internet
Délai de
négociation
Nombre de
personnes
concernées
6
Philippe Malaval et Christophe Bénaruya, « Marketing business to business », 5e édition, page 9
7
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
1-4-2- B to B to E (business to business employed) :
Il se réfère à l’approche allant jusqu’aux employés de la structure cliente, privée ou
publique. Il s’agit de biens et de services qui sont bien vendus à l’organisation mais qui, au
final, sont utilisés ou consommés individuellement et professionnellement par des employés
utilisateurs.
1-4-3- B to B to C (business to business to consumer) :
Il cible les clients consommateurs des produits finis fabriqués par l’entreprise cliente.
1-4-4- B to B to U (business to business to user) :
Il cible non pas un consommateur mais un utilisateur. Ne pouvant pas intervenir
directement dans le processus de choix du bien mis à sa disposition, l’utilisateur est dans une
certaine mesure « passif »7.
1-5- Les caractéristiques du marketing B to B
Le business to business présente des caractéristiques radicalement différentes de celui
de la grande consommation. Nous présenterons les six caractéristiques traitées par Francis
Léonard8 .
1-5-1- La demande dérivée
En marketing industriel, la demande de produits ou de services est une demande
dérivée parce qu’elle est la conséquence de la demande d’autres produits on services. Par
exemple, la demande d’emballage pour produits alimentaire (demande dérivée) dépend de la
demande de produits alimentaires susceptibles d’être emballés de cette façon (demande
primaire).
1-5-2- Le nombre restreint de clients
Les clients industriels se comptent le plus souvent en dizaines ou en centaines, plus
rarement par milliers. Cela implique le risque d’une dépendance exagérée du fournisseur à
l’égard de certains clients qui peuvent très bien représenter une partie importante de son
chiffre d’affaires.
1-5-3- La complexité du produit
L’objet de la transaction est souvent plus large que le « produit »tangible. En effet, le
produit s’accompagne fréquemment soit de services (d’installation, d’entretien ou de
réparation), soit d’assistance technique pour son utilisation, soit de produits ou services
complémentaires, soit d’une combinaison quelconque de ces éléments.
7
Philippe Malaval et Christophe Bénaruya, « Marketing business to business », 5e édition, page 10
8
Léonard.F, 1994, « Stratégie de marketing industriel, concept et pratique », Presses polytechnique,
page17,18,19
8
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
1-5-4- L’interdépendance acheteur –vendeur
Dans les marchés industriels, le client est souvent très dépendant de son fournisseur :
Pour la régularité des livraisons, car en cas de rupture de l’approvisionnement, il est
particulièrement malaisé de trouver des sources d’approvisionnement alternatives
adéquates.
Pour la constance de la qualité, en particulier dans le cas d’éléments d’un ensemble ou
de demi-produits intégrés dans le produit final de l’acheteur.
Pour l’entretien et les réparations (des installations et de l’équipement), ainsi que
l’assistance technique ;
Pour l’adaptation constante des produits et l’innovation dans son domaine spécifique.
Le fournisseur est également dépendant de certains clients pris individuellement, car il n’est
pas rare que ces derniers représentent une part non négligeable de ses affaires.
1-5-5- La nécessaire interdépendance fonctionnelle.
En marketing industriel, la qualité de la prestation commerciale dépend d’avantage de
l’ensemble des fonctions de l’entreprise. En effet, les décisions impliquent davantage les
autres fonctions de l’entreprise et la direction génération qu’en bien de consommation où les
responsables du marketing peuvent prendre d’importantes décisions en matière de publicité,
de promotion ou de canaux de distribution sans impliquer pour autant les autres directions
fonctionnelles.
1-5-6- Complexité du processus d’achat
En achat industriel, plusieurs personnes ou départements de l’entreprise ou collectives
clientes participent généralement au processus d’achat. Le département achat est, bien
entendu, un des partenaires obligés mais il est loin d’avoir un rôle exclusif, voire
prépondérant.
1-6- Le client industriel
A la différence des clients B to C qui veulent simplement se faire plaisir, être satisfaits
de leur achat pour que leur motif d’achat soit rempli, les clients industriels veulent souvent
obtenir le statut d’expert dans leur milieu professionnel grâce à leurs décisions éclairées.
Il existe différents types de clients industriels :
1-6-1- Les intégrateurs
Il s’agit des clients qui généralement achètent des biens de transformation pour les
intégrer dans la production. Les critères d’achat du client sont importants ainsi que la relation
fournisseur/client. Les biens achetés seront juger sur :
Leur capacité d’intégration dans le produit final ;
Leur contribution aux performances du client ;
Leur coût lié directement aux prix du client.
9
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
1-6-2- Les utilisateurs
Les clients ici, intègrent des biens au système de production et non au produit. Il s’agit en
générale de biens d’équipements. Les critères d’achat :
L’achat est périodique ;
Le bien acheté devra avoir une capacité plus performante sur l’appareil productif à
long terme, de résoudre un problème.
« En conséquence, le prix du fournisseur ne sera plus tout à fait considéré comme un coût,
mais sera comparé aux économies que le produit acheté pourra dégager (augmentation des
rendements par exemple) ou des améliorations qu’il apportera éventuellement (meilleure
qualité de la production) »
1-6-3- Les distributeurs
Ce sont les clients qui achètent les produits dont le but est de les revendre uniquement
(ils n’apportent pas de modification aux produits). Le distributeur est un acteur qui
commercialise le produit auprès du consommateur final, particulier ou entreprise. Le
distributeur peut désigner un point de vente ou une enseigne regroupant un ensemble de point
de vente. C’est un marketing à part, le trade marketing9.
Section 2 : Le marketing relationnel en B to B
2-1- contexte d’apparition et définition du marketing relationnel
2-1-1- Contexte d’apparition du marketing relationnel
Le marketing-mix reflète davantage une approche marketing de court terme
appelée “marketing de masse” ou encore “marketing transactionnel”. Son centre de
profit est le produit lui-même et non le client. Bien que le marketing transactionnel et
le marketing relationnel présentent des objectifs, des orientations et des perspectives
différentes, ils ne sont pas pour autant en compétition.
Le marketing relationnel n’est pas, de notre point de vue, un marketing visant à
éliminer et à remplacer définitivement le marketing transactionnel. Ces deux stratégies
sont simplement destinées à des biens de nature différente. En effet, une stratégie
transactionnelle s’adresse souvent à la vente de biens de consommation courante
généralement fabriqués en grande quantité. Cela concerne, en majorité, des produits
issus de la grande distribution (supermarchés, grandes surfaces, etc.)
En revanche, pour certains produits spécifiques (équipements informatiques par
exemple) et en matière de services principalement, une stratégie de marketing-mix
s’avère bien souvent trop restrictive. Le contact avec le client et l’interactivité
deviennent une nécessité. L’adaptation aux besoins des clients, la personnalisation de l’offre,
le service après-vente et le maintien de la relation revêtent une importance considérable. Une
stratégie relationnelle doit donc être mise en place. C’est pourquoi lorsque les premières
9
Jean LONGATTE, « Marketing industriel ; de la stratégie à l’opérationnel », édition ESKG, 1993, Paris, page 22
10
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
recherches théoriques en marketing relationnel émergent autour des années 80, la plupart
d’entre elles sont effectuées dans le domaine des services. 10
2-1-2- Définition du marketing relationnel
Le marketing relationnel est fondé sur une procédure de long terme. Il ne vise pas
seulement à gagner de nouveaux clients mais également à conserver les clients
actuels. Les consommateurs ne sont alors plus considérés comme une masse opaque
mais comme des individus ayant des besoins et des sensibilités différentes. Le concept de
marketing relationnel est assez souvent utilisé pour couvrir des idées, des cadres
théoriques fragmentés dans des relations et des contextes, de surcroît, différents.
C’est pourquoi un grand nombre d’auteurs s’accordent à dire qu’il n’existe pas de
réelle définition, communément acceptée, de ce concept. Notre synthèse de diverses
définitions du marketing relationnel nous mène toutefois à dire qu’une définition possible et
générale d’un tel concept se doit de contenir les 3 éléments suivants:
La cible du marketing relationnel, son objectif et le moyen global d’atteindre cet objectif.
Une définition générale du marketing relationnel pourrait donc être: “Le marketing
relationnel est une stratégie:
Orientée vers le client rentable et désireux de s’engager dans une relation;
Destinée à maintenir et à améliorer cette relation;
Associée à une relation d’échange et à des interactions continues et
personnalisées permettant la création de liens sociaux entre l’entreprise et le client”.
Le marketing relationnel suppose aussi un engagement de la part du
personnel. Cet engagement repose sur la confiance entre les consommateurs et leurs
prestataires.11
La première apparition de la notion de marketing relationnel date des travaux de Berry en
1983. Il définit le marketing relationnel comme le fait d’« attirer, maintenir et renforcer la
relation client ». On est donc bien au cœur de la problématique de la relation client.
D’après les définitions qu’on a vu si dessus, on peut définir le marketing relationnel
comme étant un ensemble d’actions marketing visant à établir une relation individuelle,
continue et personnalisée avec chacun des clients d’une marque afin de le fidéliser à long
terme et, si possible, à vie.
2-2- Le marketing transactionnel vs le marketing relationnel
Le marketing relationnel s’appuie sur un élargissement du concept d’échange.
L’échange relationnel est opposé à l’échange transactionnel sur trois dimensions : une
dimension temporelle, une dimension stratégique et une dimension sociale.
10
: «Marketing des services, du transactionnel au relationnel: comment composer sa stratégie», article écrit
par Dr Yasmine BENAMOUR, L’économiste édition n° 1843 du 31/08/04
11
: «Marketing des services, du transactionnel au relationnel: comment composer sa stratégie», article écrit
par Dr Yasmine BENAMOUR, L’économiste édition n° 1843 du 31/08/04
11
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
Dans une dimension temporelle, l’échange relationnel est situé sur le long terme.
Sa durée est indéterminée contrairement à l’échange transactionnel qui est
instantané. Sa durée donne une nouvelle perspective à l’échange.
Dans sa dimension stratégique, l’échange transactionnel ne nécessite que peu
d’investissements, les coûts de changement d’un fournisseur sont considérés
comme faibles, la dimension stratégique de l’échange est donc peu étendue. A
l’opposé, l’échange relationnel nécessite des investissements importants et changer
de fournisseur un coût élevé. Des investissements spécifiques ont pu être mis en
place pour construire la relation rendant ces changements plus difficiles. Ces
investissements peuvent être constitués d’outils technologiques mais on peut les
élargir au temps passé à mieux connaître son partenaire. La dimension stratégique
de l’échange relationnel est donc très élevée.
Enfin, la prise en compte de la dimension sociale de l’échange distingue l’échange
transactionnel de l’échange relationnel. L’échange transactionnel considère
principalement la dimension économique de l’échange. Le lien social est absent de
cette relation. L’approche transactionnelle reprend les thèmes de l’économie
classique en plaçant l’échange dans un simple mécanisme d’allocation des
ressources. 12
Tableau n°1 : le passage du marketing de la transaction au marketing de la relation
13
(source : [Link] )
Dynamique relationnel
Le marketing relationnel s’inscrit dans une dynamique relationnelle se composant de
4 phases. Elles se présentent comme suit 14:
12
: [Link] (consulté le 14/10 à 13:52)
13
[Link] (consulté le 16/10 à 17:26)
14
Cours –[Link] –HEC MONTREAL
12
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
Figure n° 2: Dynamique relationnelle
13
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
La pyramide relationnelle
Figure n° 3: La pyramide relationnelle 15
15
[Link] (consulté
le 23/10 à 00:15)
14
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
Vendre: pour arriver à ses fins, l’entreprise doit créer une relation avec le client pour
lui vendre ses produits, si la relation existe déjà il s’agit de reprendre contact avec le
client pour qu’il renouvelle son acte d’achat. Si l’achat ne se fait pas à distance,
l’objectif est de créer un trafic sur les lieux de vente pour essayer de vendre.
Fidéliser: l’objectif est de créer une relation de proximité avec le client et de
maintenir le contact.16
16
: [Link] (consulté le 25/10 à 16:23)
17
: [Link] (consulté le 27/10 à 21:00)
15
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
Remettre le client au centre de la stratégie marketing de l’entreprise afin de pérenniser
la relation, telle est la philosophie globale d’une politique relationnelle.
Cette politique doit respecter les étapes suivantes pour être efficace :
2-4-1-1- Identifier les clients les plus intéressants
Contrairement aux politiques marketings classiques, le marketing relationnel part du
principe que tous les clients ne sont pas égaux et qu’ils n’ont pas tous la même valeur pour le
fournisseur. L’entreprise aura donc tout intérêt à identifier les meilleurs profils de clientèle et
à concentrer ses efforts sur ces derniers. L’approche relationnelle joue, de fait, sur la qualité
plus que sur la quantité, même si rien n’empêche les fournisseurs de faire cohabiter une
politique relationnelle pour ses meilleurs clients et une politique classique pour les autres.
C’est, notamment, ce que fait Xeros depuis 2006, son propre directeur marketing insiste sur le
fait que l’entreprise a largement travaillé sur la gestion de ses clients les plus importants et
avoue leur faire un marketing sur mesure, tout en continuant à proposer un marketing plus
global pour les autres clients.
2-4-1-2- Construire une relation avec ses clients
La seconde étape consiste à trouver les éléments qui vont permettre de construire une
véritable relation avec les clients. La mise en place d’une stratégie relationnelle dépond, en
effet, tout autant de la volonté du fournisseur que de celle du client. Ce dernier passe du statut
d’acheteur passif à celui de partenaire commerciale et il ne le fait que s’il y trouve un intérêt.
Les fournisseurs peuvent donc aller très loin pour susciter cet intérêt.
2-4-1-3- Maintenir la relation
C’est une étape à ne pas négliger. Rien n’est jamais gagné et un client avec qui on a
réussi à établir une relation doit être régulièrement contacté, visité, entendu, de façon à ce que
cette relation ne s’effrite pas.18
18
mémoire de fin de cycle « la fidélisation et la mesure de la satisfaction des clients au milieu b to b au sein de
l’entreprise OLEA AGRO à Agouni Gueghrane »page 19
16
Chapitre I : Aspects conceptuels du marketing B to B
Conclusion
L’idée essentielle à retenir sur les éléments du marketing B to B, c’est que le B to B
vise des structures et entreprises en lieu et place des individus. Les décisions sont ainsi
complexes car faisant intervenir divers acteurs concernés.
Les clients B to B ont tendance à ne pas effectuer d’achats de façon spontanée, émotionnelle
ou impulsive. Ils sont rationnels dans leur prise de décision.
La technologie est un facteur à ne pas négliger, elle permet à l’entreprise de démultiplier sa
présence auprès de ses clients et prospects. Internet est un moyen de communication auprès de
sa clientèle.
Qu’elle soit en B to B ou en B to C, la fidélité n’est pas le propre d’éléments strictement
relationnels, mais fait appel aux émotions des clients à leurs attachements et leurs perceptions
de la marque.
Le marketing relationnel a pour rôle d’instaurer une relation suivie avec chaque client pour
fidéliser et générer de nouveaux achats.
Cette relation va au-delà du transactionnel grâce à une stratégie qui permet de garder le
contact avec les clients et de les engager sur le long terme, avec pour objectif d’augmenter le
taux de rétention, c'est-à-dire la fidélité et la durée de vie des clients.
17
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
Section 2 : La fidélisation de la clientèle
Introduction
La deuxième approche de la gestion de la relation avec les clients est la fidélisation de
ces derniers.
On raconte souvent que fidéliser un client couterait cinq fois moins cher que d’en convertir de
nouveaux. Suivant cette logique, une société a tout intérêt à choyer ses clients les plus
importants. De façon complémentaire, la fidélisation augmente les bénéfices d’une part, et
assoit sa position sur le marché d’autre part.1
C’est dans ce contexte que les notions de VAC et cycle de vie client deviennent centrales
pour la gestion du portefeuille clients conduisant à un arbitrage entre les stratégies de
1
Delers, Antoine,Cadiat, Anne-Christine,[Link], « La gestion de la relation client », 50 Minutes, 2015,
p22
2
Lars Meyer-waarden, « la fidélisation client », Paris, Vuibert, Mai 2004, p29
27
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
fidélisation et de recrutement. L’analyse de la VAC est une aide à la décision quant à savoir
vers quel type de client orienter les moyens marketings. Elle permet d’optimiser les
ressources en vue d’une augmentation de la valeur du portefeuille clients en fixant les
investissements nécessaires à l’acquisition ainsi que l’entretien d’un consommateur en
fonction de son potentiel de développement lors de la période de fidélisation. L’analyse des
cycles de vie et du comportement d’achat passé permet de donner désormais une allure
individualisée à la relation en fonction des besoins et avantages recherchés du client. La
gestion des différents cycles de vie des clients au niveau individuel avec l’intégration de la
notion VAC permet d’ajuster les programmes d’action de manière dynamique en fonction des
trois problèmes du marketing à résoudre : acquérir le client, le maintenir, développer sa
consommation et sa rentabilité.
3
Lars Meyer-waarden, « la fidélisation client », Paris, Vuibert, Mai 2004, p 29-30
28
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
2-2- Les stratégies et outils de la fidélisation
Fidéliser ou conquérir, l’entreprise doit-elle choisir ?
Ce qu’on a pu voir c’est qu’on avait deux types de fidélité chez le consommateur :
Donc, dans cette section, on va se focaliser sur la fidélité mais cette fois-ci du point de
vue de l’entreprise. On verra dans un premier temps :
Les objectifs
On va avoir deux objectifs principaux :
4
[Link] (consulté le 11/10 à 22 :31)
29
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
Une volonté
Une situation de
explicite de
fidélité subi par le
l’entreprise de
consommateur
limiter la liberté du
consommateur
On peut la définir comme suit :
Exemple : Les forfaits mobiles avec engagement, donc 12 mois ou 24 mois durant lesquelles
le consommateur est obligé de rester chez l’opérateur qu’il soit satisfait ou non.
Comportement de Séduire le
fidélité obtenu par consommateur
la mise en place en toute libérté
d’actions marketing
5
[Link] (consulté le 17/10 à 19 :03)
6
Lars Meyer-waarden, « la fidélisation client », Paris, Vuibert, Mai 2004, p41
30
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
On peut la définir comme suit :
En effet, la fidélité s’inscrit comme une variable interne de la structure cognitive des
individus à la fois dépendante d’un processus de formation (ou devient fidèle) et opérante,
puisqu’elle intervient dans la genèse des préférences, attitudes et comportement d’achat. En
ce sens, elle est susceptible d’etre modifiée par une activité marketing.
7
Lars Meyer-waarden, « la fidélisation client », Paris, Vuibert, Mai 2004, p40
31
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
Un programme de fidélisation est un instrument qui s’intègre parfaitement dans une
stratégie de marketing orientée client. Il permet de gérer le portefeuille clients de manière
dynamique en fonction de la valeur des clients et de leurs cycle de vie. Pour cela, il poursuit
deux stratégies qui se complètent, la gestion de l’hétérogéniété de la clientèle pour exploiter
leur diversité et la gestion de la relation client pour domestiquer les consommateurs, ainsi
qu’augmenter leur niveau de consommation. Les deux approches se complètent dans une
optique de gestion de cycle de vie de clients, d’acquisition, de développement de la relation et
de maintien, ainsi que d’abandon.
8
[Link] (consulté le 17/10 à 23 :00)
32
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
2-2-2-2- La gestion relation client
Le deuxième outil est la gestion relation client qui consiste à rassembler des
informations détaillées et individualisées sur les clients pour mettre en place des actions qui
vont viser à mieux les satisfaire et surtout à les fidéliser.
Opérations de
Recueil des Traitement des
fidélisation
informations informations
individualisées
3ème Partie :
Tableau N°4 : La complémentarité entre fidélisation et conquête10
Mercatique
Mercatique
transactionnelle
relationnelle
9
Lars Meyer-waarden, « la fidélisation client », Paris, Vuibert, Mai 2004, p45
10
[Link] (consulté le 22/10 à 18 :31)
33
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
Tableau N°5 : L’orientation client et le marketing relationnel11
Mesure de la stisfaction
Amélioration et fidélisation
Objectifs Question
• Acquérir • ou trouver le nouveau client?
• Equiper les clients • comment vendre plus au même client ?
• Satisfaire les clients • comment intensifier l’utilisation des
produits ou services ?
•Fidélisé les clients • comment conserver la relation avec les
clients?
Source : LEFEBURE.R ET VENTURI.G, « la gestion de la relation client », édition Eyrolles,
Paris, 2005, p.112
11
[Link]
(consulté le 23/10 à 18 :51)
12
LEFEBURE.R ET VENTURI.G, « la gestion de la relation client », édition Eyrolles, Paris, 2005, p.112
34
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
2-3- La mesure du capital client
Notion liée à l’approche de gestion de la relation par la valeur. Le « capital client » est
le calcul de la contribution financière totale d’un client.
Les objectifs de la gestion stratégique des clients sont de pouvoir adopter un traitement
différencié en fonction de la contribution des clients. Contribution passée, qui récompense les
meilleurs clients, et contribution futur de façon à développer sa part de dépense. C’est un
domaine clé du CRM avec pour idée d’être capable d’apprécier la contribution réelle des
clients au profit de l’entreprise13.
L’étude de la valeur d’un client repose sur l’analyse du potentiel à long terme et sur les
facteurs RFM (Récence, Fréquence, Montant).14 Elle permet de comprendre où il y a création
et perte de valeur dans la gestion du client.
La mesure du capital client est un exercice essentiel car il permet aux gestionnaires
d'assurer un équilibre entre les objectifs de fidélisation et d'optimisation du capital client et la
maximisation de la valeur pour les actionnaires.
13
[Link]
[Link] (consulté le 26/11 à 22:27)
14
Clavelin, Joël,Debourg, Marie-Camille, « Gestion de la relation commerciale », Le Génie Editeur, 2006, p15
15
[Link] (consulté le 26/10 à
22 :45)
35
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
Figure 7 : le modèle RADAR : 5 stratégies clients
Réactiver la relation avec d’anciens clients ou des clients dont le carnet de commande
est en baisse. Ainsi, on fixe un seuil d’activité en dessous duquel seront identifiés les
clients de ce segment.
Acquérir ou bien attirer de nouveaux clients. Ce sont les clients identifiés comme
prospects qualifiés à partir de caractéristiques telles que le potentiel, l’affinité avec la
marque…
Développer la relation avec les clients à fort potentiel (valeur économique importante)
et les transformer en clients fidèles.
Accompagner les meilleurs clients (les clients à fidéliser). Ce sont des clients qui
confient la majorité de leurs achats à la marque ou à l’entreprise.
Retenir les clients à forte valeur et réduire le taux d’attrition (clients en baisse
d’activité).
Remarque :
Si on perd les clients fidèles, l’entreprise doit, soit retenir les clients en baisse
d’activité ou transformer les clients à fort potentiel en clients fidèles.
Les clients à fort potentiel sont les plus importants pour l’entreprise.
36
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
2-3-3- La life time value
La life time value d’un client est la somme des profits attendus sur la « durée de vie »
d'un client (durée pendant laquelle la personne est cliente de l'entreprise). C’est un indicateur
de performance marketing qui permet de tirer des conclusions sur le montant acceptable des
dépenses liées au programme de satisfaction et de fidélisation.
Pour calculer la CLV ou LTV, Valeur Vie Client, il y a quelques étapes à respecter.
Il faut déterminer :
La fréquence d’achat
Combien de fois celui-ci a-t-il acheté nos services ou produits sur sa durée de vie client ?
Le panier moyen
Le panier moyen n’est autre que la valeur moyenne des commandes passées par le client sur
sa durée de vie dans notre entreprise.
Panier moyen = (Chiffre d’affaires réalisé avec le même client) / (nombre de commandes
passé par le client).
37
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
Conclusion
En matière de fidélisation, un fournisseur choisit les clients qu’il veut fidéliser sur des
critères directement liés à ses intérêts. C’est à partir de critères comme le chiffre d’affaires, la
rentabilité, l’attrait du client que l’entreprise va mettre en place des actions pour le garder.
38
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
Introduction
Face à une concurrence de plus en plus accrue et des clients plus informés et
exigeants, l’entreprise se fixe qu’un seul objectif : conserver sa part de marché mais surtout sa
part de clients. Pour se faire, l’entreprise doit mettre en place une stratégie de gestion de
relation client (CRM) afin de mieux comprendre ses clients, mieux les satisfaire et à les
fidéliser tout en augmentant leurs profitabilité.
Dans ce chapitre, nous allons parcourir les points suivants :
La première section portera sur la définition de la gestion relation client, ses objectifs,
ses fonctions ainsi que ses avantages.
Dans la deuxième section, nous allons voir ce que c’est la fidélisation des clients en B
to B, les stratégies et outils de fidélisation, les types de fidélisation ainsi que
l’importance du capital client dans la GRC.
Section 1 : La gestion relation client (GRC)
Gestion de la relation client B to B : pourquoi développer ses Clients existants ?
Les technologies de l’information permettent de fournir aux entreprises des outils pour
mieux connaître et fidéliser leur clientèle. Lorsqu’une société se dote d’une solution de CRM
c’est toujours dans l’objectif de mieux cerner les besoins de leurs clients et de mieux y
répondre.
Dans le but d’améliorer la productivité des équipes marketing, commerciales et de tous
les autres services impliqués dans le processus de vente, l’entreprise dispose d’un outil CRM
qui lui permet de collecter et structurer les informations concernant les clients.1
Dans cette section nous allons présenter quelque définition du CRM ainsi que ses objectifs et
ses différents types.
1-1- Définition CRM
« La Gestion de la Relation Client, plus communément appelée par son acronyme
GRC (En anglais CRM, ou Customer Relationship Management) désigne l’ensemble de la
démarche qui, à partir d’un entrepôt de données et d’applications logicielles spécifiques,
permet de pratiquer un marketing ouvert (multipliant les points de contact) et relationnel avec
ses clients dans le but d’augmenter la rentabilité globale de l’entreprise. »2
Selon LENDERVIE la gestion de la relation client est définie comme suit : « La
politique relationnelle, ou CRM, est une stratégie et un processus organisationnel qui visent à
accroître le chiffre d’affaires et rentabilité de l’entreprise en développant une relation durable
et cohérente (dans le temps et les canaux de contact) avec des clients identifiés par leur
potentiel d’activité et de rentabilité. »3
1
: [Link]
(consulté le 15/09 à 19:18)
2
CLAUDE, Demeure. Aide mémoire marketing. 6eme Ed. Paris : édition Dunod ,2008
3
LANDREVIE, Jacques., LEVY, Julien., LINDON, Dunod, 2009. [Link]., P.906
18
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
La gestion de la relation client (CRM) permet d’optimiser les interactions entre les
acteurs internes et externes de l’entreprise directement ou indirectement concernés par une
relation.
Les acteurs externes le plus souvent cités sont les clients, les prospects, les partenaires,
les sous-traitants, les prescripteurs. Les principaux acteurs internes concernés sont les
commerciaux, les exploitants, les fonctions experts et la hiérarchie.
Un CRM bien informé permet de segmenter, monter des plans d’action adaptés, de
suivre et piloter l’activité et la relation.4
1-2- Les Objectifs du CRM
Rappelons d’abord quelques fondamentaux qui peuvent être intéressants d’avoir en mémoire :
• Conquérir un prospect coûte 10 fois plus cher que de fidéliser un client.
• 5% d’amélioration de la fidélisation augmente de 10 à 15% les profits.
• 2/3 des entreprises ne savent pas combien de clients elles ont perdus l’année précédente ni
même l’impact exact sur leur résultats. La CRM est utilisée pour répondre à ce type de
problématique.
L’objectif principal d’une CRM est donc d’améliorer la relation et la connaissance de
nos clients et prospects en jouant sur plusieurs leviers. Voici les principaux bénéfices à
attendre lors de la mise en place d’une CRM :
1-2-1- Augmenter les revenus : les entreprises se concentrent beaucoup plus sur la réduction
constante de leurs dépenses afin d’augmenter leurs profit. Maintenant rendues à un point où il
est difficile de couper plus dans leurs dépenses, il est logique de se tourner vers des solutions
axées sur l’augmentation de leurs revenus en capitalisant sur leur base de clients installés.
1-2-2- Maximiser le service aux clients : comme il est plus coûteux de gagner de nouveaux
clients que de les conserver. L’entreprise doit prendre le temps pour écouter ses clients,
analyser leurs besoins, les récompenser et leurs apporter de la valeur.
1-2-3- Exploiter davantage les échanges entre les clients et nos vendeurs : nos clients
n’ont pas tous les mêmes besoins et les mêmes valeurs, mettre en place un outil CRM nous
permettra d’offrir un niveau de service individualisé à nos clients.
1-2-4- Augmenter la qualité du service après-vente : à travers un suivi de nos clients.
1-2-5- Fidéliser nos clients : par une attention particulière en rendant le coût de transfert vers
un concurrent plus élevé et on leurs apportant de la valeur.
1-2-6- Réduire les coûts commerciaux et marketing.
1-2-7- Gain de productivité : les tableaux de bord proposés par une CRM permettent aux
gestionnaires de suivre en temps réel l’évolution de l’entreprise et de réagir à temps.5
4
Benoît Dragon, « Fidélisez vos clients en B to B », Commercial/Relation client, Dunod, Août 2018, p186
5
[Link]
(consulté le 20/09 à 1:10)
19
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
Figure n°4 : Les différents types de la politique 6
6
Miraton-Netalys L., « Introduction à la GRC », France, 2006
7
[Link]
(consulté le 23/09 à 21 :35)
20
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
Un contrat relationnel entre l’entreprise et la marque ; Le client n’attend pas d’une
entreprise qu’elle développe une relation abstraite avec lui, mais qu’elle lui apporte
des bénéfices réels, quelque chose qui a de la valeur à ses yeux.
21
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
Figure n° 5: les fonctions du Customer Relationship management 8
8
Brown S, « CRM- Customer Relationship Management », Edition 2006, p.32
22
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
1-4- Les facteurs clés de la conception d’un bilan annuel prospectif sont:
l’accès facile aux données nécessaires (CRM);
l’utilisation des enquêtes et des données issues des modes d’évaluation de la
satisfaction du client ou de l’usager (enquêtes de satisfaction);
l’implication du client dans la préparation: quels sont ses attentes et ses besoins en
matière de bilan? Quelles sont les informations utiles en sa possession?
la pertinence (valeur ajoutée) des données et des illustrations choisies;
la structure du bilan annuel prospectif: Un tiers du discours et de l’échange est
consacré au bilan; deux tiers au futur, l’exercice à venir;
la présentation du bilan annuel prospectif par la personne reconnue par le client
comme étant légitime pour faire le bilan et engager des actions de progrès;
la qualité des supports présentés et/ou laissés aux interlocuteurs;
la régularité instituée de la soutenance d’un bilan annuel prospectif.9
9
Benoît Dragon, « Fidélisez vos clients en B to B », Commercial/Relation client, Dunod, Août 2018, p94
10
Philip kotler, kevin keller,delphine manceau , Bernard dubois, ( marketing management) 13eme edition. P 179
23
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
1-5- Les composants de la gestion de la relation client
Une solution de CRM se construit autour des éléments suivants :
1-5-1- Les systèmes et les données de back office : supply-chain, ressources humaines,
comptabilité, finance…
1-5-2- Des bases de données client qui capturent l’ensemble des informations reliées aux
clients, éventuellement unifiées sous la forme d’un data warehouse ;
1-5-3- Des canaux de relation qui permettent d’interagir avec les clients ou les fournisseurs ;
1-5-4- Des accès à des bases de données externes pour enrichir le système d’information ;
1-5-5- Des outils de gestion des données qui permettent d’assurer les fonctions stratégiques
de pilotage et les fonctions tactiques pour réaliser les actions commerciales.11
11
[Link]
(consulté le 8/10 à 1 :17)
24
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
offre (du produit, en passant par le canal de distribution jusqu’à la communication
ciblée). De la sorte, elle augmente ses performances puisque le client apprécie le
service personnalisé, ce qui le poussera à réitérer l’expérience de consommation.12
12
: Delers, Antoine,Cadiat, Anne-Christine,[Link], « La gestion de la relation client », 50 Minutes, 2015,
p28-29-30-31
25
Chapitre II : La fidélisation de la clientèle en B to B
Conclusion
La Gestion de la Relation Client (GRC) ou Customer Relationship Management (CRM)
s’attache donc davantage au développement et à la fidélisation de la clientèle existante qu’à la
conquête de prospects en raison du coût d’acquisition très élevé des nouveaux clients et vise à
construire une relation durable et profitable avec ses clients.
26
Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
Introduction
Les deux chapitres précédents nous ont permis de faire connaissance des différents
concepts du marketing industriel, du marketing relationnel et de la stratégie de fidélisation
dans les marchés B to B.
Dans ce qui suit, nous tenterons d’illustrer par un cas pratique les notions théoriques
présentées plus haut.
Nous procéderons comme suit :
La section 1 portera sur la présentation de l’étude et la présentation de l’entreprise
ENEL ;
La section 2 aura pour objet la stratégie de la fidélisation des clients de l’entreprise
ENEL.
Section 1 : Présentation de l’étude et de l’entreprise ENEL
1- Présentation de l’étude :
Notre objectif de recherche consiste à montrer l’importance de la mise en œuvre des outils
de gestion relation client au sein de l’entreprise ENEL afin de maintenir et d’améliorer la
relation client sur le long terme.
Pour cela, nous nous sommes inspirées de la méthode d’entretien semi-directif en
s’intéressant plus précisément à la base de données de clients de l’ENEL. Cela nous a permis
de récolter les informations nécessaires sur les différents chiffres d’affaires réalisés par
chaque client que nous analyserons en suivant la technique de segmentation de base de
données selon la loi de Pareto. Un excellent outil d’analyse et d’aide à la décision stipulant
que l’on peut considérer que 80% des effets sont le produit de 20% des causes ou que 20%
des facteurs influent sur 80% des objectifs.
« L’entretien semi-directif est, comme son nom l’indique, à mi-chemin entre la directive
et la non directive. Dans la pratique, c’est souvent une combinaison de ces deux formes que
l’on utilise. Le but recherché est de s’informer, mais en même temps de vérifier, à l’aide de
questions, des points particuliers liés à certains objectifs préétablis. Ce type d’entretiens est
donc un peu plus structuré et le degré de liberté y est un peu plus réduit »1.
2- Présentation de l’ENEL :
1
Abdenour DAHAK ; Rabah KARA, « Le mémoire de master du choix de sujet à la soutenance », méthodologie
de recherche appliqué au domaine des sciences économiques, de gestion et de sciences commerciales, édition
2015, page 96 (consulté le 11/11 à 23 :30)
39
Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
En raison de l’extension des marchés et de la nécessité d’accroitre l’autonomie de la
production nationale, il a été convenu d’augmenter le programme de production ainsi que le
taux d’intégration.
En 1985, une convention « produit en main » a été signé pour la réalisation du
complexe MEI Azazga entre SONELEC et un groupement européen à l’issue de cette
opération. Le complexe a eu un glissement de planning de réalisation des travaux génie-civil
confiés aux entreprises Algériennes. Ainsi, la mise en exploitation du complexe a commencé
en fin 1984. Ce glissement de planning entraina les surcouts de la réalisation ainsi que
l’augmentation des frais de gestion de projet.
Après la restauration de SONELEC, le complexe MEI est devenu l’une des sept
filiales que comptait l’ENEL.
Le complexe est considéré comme la filiale la plus importante, il réalise la grande
partie du chiffre d’affaire de l’ENEL.
L’actuel ELECTRO-INDUSTRIE a vu le jour en 1999 comme une EPE autonome
après la session de l’entreprise mère « ENEL ».
L’usine a été réalisée dans le cadre d’un contrat produit en main avec des partenaires
allemands en l’occurrence SIEMENS pour le produit et FRITZ WARNER pour l’engineering
et la construction, l’infrastructure est réalisée par les entreprises algériennes ECOTEC,
COSIDER et BATIMETAL.
La production prévue initialement porte sur :
5000 transformateurs de 50 à 2000 KVA.
50000 moteurs asynchrones triphasés de 0.18 à 400 KW.
Entrée en production :
Secteur transformateur : 1985.
Secteur moteurs/ alternateurs : 1986.
Ces produits sont fabriqués sous licence SIEMENS jusqu’en 1992.
Evolution :
Extension des capacités de production de transformateurs de 1500 à 5000 par an. (1991)
Developpement de la gamme de moteurs monophasés.
Developpement des moteurs destinés à la climatisation.
Extension verticale de la gamme de transformateurs (2000 KVA).
Extension horizontale de la gamme de moteurs en types et variantes.
Les produits ELECTRO-INDUSTRIE sont conformes aux recommandations CEL et aux
normes allemandes DIN/VDE. Le complexe a été certifié par l’ISO 9001 version 2000 à la
date du 22 mai 2004, représentant un label de qualité très important.
40
Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
2-1-2- Présentation de l’entreprise
ELECTRO-INDUSTRIE a été créée sous sa forme actuelle en Janvier 1999 avec la
scission de l’entreprise nationale des industries électroniques issus de la restructuration de
SONELEC. Son activité de production remonte à 1986, dans les domaines de fabrication de
moteurs électriques, transformateurs de distribution.
L’industrie se compose de deux unités de production, unité de fabrication de
transformateurs, de distribution, unité de fabrication de moteurs électriques, alternateurs,
prestataires techniques.
ELECTRO-INDUSTRIE est une entreprise PUBLIQUE ECONOMIQUE société par
action SPA spécialisée dans la production de matériels électriques industriels. Elle dispose
d’un capital social de 4 753 000 000 DA détenu à 100% par le GROUPE ELEC EL DJAZAIR
pour le compte de l’ETAT.
Localisation
Le siège social et les unités de production se situent sur la route nationale N° 12 DZ-15300
AZAZGA, à 35 KM du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou et à 140 KM de la capitale
d’Alger.
Effectif
L’effectif de l’entreprise est de 805 agents (juillet 2017) dont 15% de cadres maitrises et 54%
d’exécution.
Activité principale
Production et commercialisation de transformateurs et de moteurs électriques.
41
Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
Figure N°8 : Organigramme général de l’entreprise ENEL2
[Link]
[Link] TRAVAIL
DEPARTEMENT INFORMATIQUE
Source : [Link]
2
[Link] (consulté le 14/10 à 11 :06h)
42
Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
ressources humaines comprenant les salaires, la formation du personnel, déclaration
parafiscale…)
43
Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
L’objectif de notre travail est de déterminer la stratégie mise en place par l’ENEL pour
identifier et fidéliser ses meilleurs clients concernant le produit transformateur.
2- La structure de guide d’entretien et son déroulement:
Le guide de notre entretien a été destiné au responsable du service marketing Mr SMADHI
Sadek. Il est la personne la plus adéquate au sein de l’entreprise pour nous transmettre les
informations nécessaires permettant de réaliser notre travail.
Pour conclure, nous avons hiérarchisé notre guide d’entretien en deux parties, composées
de questions ouvertes afin de permettre au responsable du service marketing Mr SMADHI
Sadek de répondre librement et d’une façon à nous fournir le maximum d’informations et de
détails.
Partie 1 : dans cette partie, nous allons trouver des questions qui nous permettront de
savoir si le marketing relationnel est adapté au sein de l’entreprise ENEL pour fidéliser
ses meilleurs clients.
Partie 2 : Dans cette seconde partie, nous allons examiner les informations se trouvant au
sein de l’entreprise concernant les clients (chiffres d’affaires, fichier clients) pour
démontrer les clients qui contribuent le plus à la rentabilité du chiffre d’affaire de
l’entreprise ENEL à partir de la loi de Pareto qui démontre que 20% des clients génèrent
80% du chiffre d’affaire ainsi que la méthode ABC qui consiste à classer les clients par
ordre décroissant, donc du plus intéressant au moins intéressant.
Tableau N°7 : L’analyse de l’entretien
N° Questions Réponses Nos commentaires
44
Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
2 Connaissez-vous le fichier clients et la Pour la deuxième Le fichier client est
durée de la relation avec les meilleurs question le responsable l’un des éléments les
clients ? du service marketing plus importants dans
connait tous les clients une société, il permet à
de l’ENEL du plus l’entreprise de bien
important au moins connaître ses clients
intéressant. afin de leur proposer la
bonne offre, au bon
moment et par le bon
canal. L’entreprise
ENEL devra donc
passer par une
segmentation de son
fichier client pour
identifier les segments
les plus rentables et de
tourner plus son
attention vers ces
derniers.
3 Possédez-vous un programme de Dans la troisième
fidélisation ? question, l’ENEL
applique une remise de
10% pour les clients
qui payent le produit
cache, une remise de
7% si le client paye
70% du produit et 5%
de remise s’il paye
50% (payement à
terme), et aussi
l’entreprise ENEL
organise des
cérémonies pour tous
les grands clients de
l’entreprise avec des
cadeaux.
4 Quels sont les moyens de communication Selon le responsable
que vous utilisez pour interagir plus marketing de l’ENEL,
facilement avec vos clients ? l’entreprise utilise des
Kompass (catalogues
utilisés par les
entreprises en payant
l’abonnement chaque
deux ans), des
annuaires (franco-
algérien),
communication écrite
(flayer), internet (site
45
Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
officiel),
communication à
travers des salons, des
foires (nationales et
internationales), le
porte à porte.
5 Vous identifiez vos meilleurs clients par D’après le responsable
quel moyen ? du service marketing
de l’ENEL, l’entreprise
identifie les meilleurs
clients à travers le
chiffre d’affaire réalisé
par chaque client.
6 Les meilleurs clients contribuent-ils Pour la dernière Là encore, la question
grandement à la rentabilité de question concernant la de la segmentation
l’entreprise ? rentabilité des client refait surface
meilleurs clients dans pour permettre à
le chiffre d’affaire de l’entreprise de pouvoir
l’entreprise , le mieux identifier le
responsable du service segment qui apporte
marketing nous a bien plus de rentabilité.
répondu que
effectivement les
meilleurs clients (qui
achètent régulièrement
et avec une quantité
importante) contribuent
grandement à la
rentabilité de
l’entreprise et c’est
grâce à eux que
l’entreprise ENEL
existe depuis des
années jusqu’à
aujourd’hui.
Après avoir présenté et analysé les résultats issus de notre enquête par un entretien, nous
allons essayer aussi de présenter et analyser les résultats par l’application de la loi de Pareto.
3- Analyse des résultats selon la loi de Pareto
La loi de Pareto est surtout utile dans le cadre de la gestion de la relation client. Dans cette
partie, nous allons procéder à l’analyse des données des clients de l’ENEL selon cette loi.
Cela permettra de déterminer quels sont les clients les plus fidèles et les plus rentables de
l’entreprise.
46
Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
3-1- Analyse et interprétation des résultats obtenus :
Afin de répondre à notre problématique de recherche, cette partie sera consacrée à
l’analyse des données recueillies auprès de l’entreprise concernant le chiffre d’affaire de
chaque client.
Pour la mise en place de ce travail, nous avons eu recours à l’utilisation de la loi de Pareto en
suivant les étapes de l’application de cette loi qui sont :
1- Recenser les données observées
2- Ajouter le cumul
3- Ajouter le pourcentage et la construction du diagramme
47
Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
Tableau N°9 : Segmentation de chiffres d’affaires selon le segment B
Client Chiffre d’affaire
1 106 850 440
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Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
Tableau N°12 : Segmentation de nombre de client selon leur chiffre d’affaire
Chiffre d’affaire Segment Nombre de client
2 192 005 704 A 6
471 831 155 B 4
491 434 694 C 7
116 020 900 D 10
Source : Synthétisé par nous-mêmes
Remarque : Après la segmentation dans le premier tableau on a reparti les clients en ordre
décroissant et on remarque que le segment D contient le plus de client et le Segment B le
moins de client.
TableauN°13: Le pourcentage que représente chaque segment
Segment Nombre de client Pourcentage
A 6 22%
B 4 14.81%
C 7 25.92%
D 10 37.03%
Total 27 100%
Source : Synthétisé par nous-même
Pour calculer les pourcentages on va faire la division de nombre de client d’un
segment sur le total des clients multiplier par 100% exemple: (6/27) x100% = 22%
Figure N°9 : Présentation de nombre de clients en pourcentage dans un diagramme
nombre de clients en %
22%
37%
15%
26%
Commentaire :
Nous avons présentés les données du tableau dans un diagramme et on remarque que
le segment D a le pourcentage le plus élevé de nombre de clients avec 37%.
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Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
Tableau N°14: Le pourcentage que représente le total de chiffre d’affaire de chaque
segment
Segment chiffre d’affaire Pourcentage
A 2 192 005 704 67.6%
B 471 831 155 14.4%
C 491 434 694 15%
D 116 020 900 3%
Total 3 271 292 453 100%
Source : Synthétisé par nous-même
Le pourcentage est calculé comme suit: total de chiffre d’affaire de chaque segment
Multiplier par100 puis diviser par le total des chiffres d’affaire de tous les segments
Exemple : (2 192 005 704x100%)/3 271 292 453= 67.6%
Figure N°10: Présentation du chiffre d’affaire en pourcentage dans un diagramme
Segment B
14%
Segment A
68%
Commentaire :
Ce digramme illustre la segmentation du chiffre d’affaire en pourcentage pour chaque
segment. On remarque que le segment A occupe la plus grande part du chiffre d’affaire avec
un pourcentage de 68%.
Tableau N°15 : Calculer le pourcentage cumulé de nombre de clients
Segment Nombre de client Pourcentage % cumulé
A 6 22% 22%
B 4 14.81% 36.81%
C 7 25.92% 62.73%
D 10 37.03% 100%
Total 27 100% -
Source : Synthétisé par nous-même
50
Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
Pour calculer les pourcentages cumulés il suffit d’additionner le pourcentage du critère
par le pourcentage cumulé du critère de la ligne précédente:
Premier critère : 22% (aucun critère ne le précède donc aucun calcul)
Deuxième critère : 22%+14.81%=36.81%
Troisième critère : 36.81%+25.92%=62.73%
Quatrième critère : 62,73%+37,03%=100%
Tableau N°16 : Calculer le pourcentage cumulé de chiffre d’affaire
Segment Total de chiffre Pourcentage % cumulé
d’affaire
A 2 192 005 704 67.6% 67.6%
B 471 831 155 14.4% 82%
C 491 434 694 15% 97%
D 116 020 900 3% 100%
Total 3 271 292 453 100% -
Source : Synthétisé par nous-même
Commentaire :
Nous constatons que le segment A a le pourcentage le plus élevé du chiffre d’affaire
global.
Tableau N°17 : Pourcentage de nombre de clients et des chiffres d’affaires
Segment Nombre de client % Chiffre d’affaire %
A 22% 67.6%
B 14.81% 14.4%
C 25.92% 15%
D 37.03% 3%
Total 100% 100%
Source : Synthétisé par nous-même
Tableau N°18 : Tableau final
Segment Chiffre d’affaire CA% CA% Nombre de Nombre de N° clients
cumulé clients clients% % cumulé
A 2 192 005 704 67.6% 67.6% 6 22% 22%
B 471 831 155 14.4% 82% 4 14.81% 36.81%
C 491 434 694 15% 97% 7 25.92% 62.73%
D 116 020 900 3% 100% 10 37.03% 100%
Total 3 271 292 453 100% - 27 100% -
Source : Synthétisé par nous-même
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Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
Figure N°11 : Présentation des résultats obtenus dans le tableau précédent dans le
diagramme de Pareto
Diagramme de Pareto
120,00%
100,00% 100%
97%
80,00% 82,00%
CA% CUMULÉ
67,60%
60,00%
40,00%
20,00%
0,00%
22% 36,81% 62,73% 100%
N° CLIENTS % CUMULÉ
Commentaire :
D’après l’analyse selon la loi de Pareto on constate :
Les segments A et B : 36.81% des clients représentent 82% du chiffre d’affaire.
D’après l’analyse selon la méthode ABC :
Les segments A, B et C 25.92% des clients représentent 97% du CA (ces clients sont
à fidéliser en priorité).
Le segment D : 37.03% des clients représentent 3% du CA (clients moins
intéressants).
D’après le diagramme de Pareto, l’entreprise ENEL devrait concentrer ses efforts sur le
segment A qui contribue le plus au chiffre d’affaire de cette dernière pour mieux fidéliser ses
clients. Pour ce, nous recommandons de :
Avantager les meilleurs clients (segment A et B) qui ont une relation durable avec
l’entreprise et qui contribuent le plus à la rentabilité du CA de celle-ci.
Etre en permanence à l’écoute de ces clients.
Mettre en place plus de programmes de fidélisation pour le segment A pour le
maintenir le plus longtemps possible, et si possible à vie.
Concentrer ses efforts sur les segments A, B et C.
52
Chapitre III : La gestion relation client au sein de
l’entreprise ENEL
Conclusion
Tout au long de notre stage au sein de l’entreprise ENEL. Nous déduisons que détenir
les informations nécessaires des clients constitue une base importante dans le milieu
industriel. Pour mieux comprendre comment l’ENEL applique les outils de la GRC pour la
fidélisation de ses clients, nous avons eu besoin d’avoir à notre possession la base de données
des clients pour faire un travail d’analyse afin de savoir quel client mérite d’avoir plus
d’attention venant de l’entreprise.
53
Conclusion générale
54
Conclusion générale
Ensuite, nous avons établis un entretien qui nous a permis d’élargir nos connaissances
sur ce sujet-là, composé de six questions ouvertes sur l’application du marketing relationnel
au sein de l’entreprise, le fichier client et la durée de la relation avec chaque client, les
moyens de communications utilisés, l’identification des clients, la rentabilité des meilleurs
clients et enfin le programme de fidélisation mis en œuvre.
Cet entretien nous a permis de comprendre que les clients de l’ENEL sont tous des
entreprises industrielles qui travaillent dans des domaines d’activités différents et qui ont
généralement des relations à long terme avec l’entreprise.
La relation client au sein de l’organisme est gérée par les employés du service commercial
qui sont en contact direct avec la clientèle.
Pour repérer là ou l’ENEL devrait concentrer ses efforts, nous avons employées la loi de
Pareto, un outil d’analyse très puissant qui nous a permis à partir de diagramme 20/80,
représenté sous forme graphique, de déterminer rapidement quel segment de clientèle
collabore le plus au chiffre d’affaire de l’entreprise pour le fidéliser en priorité.
Nous allons conclure par une réponse à la problématique posée au début concernant
l’identification et la fidélisation de la clientèle de l’ENEL. L’entreprise identifie ses meilleurs
clients à travers le chiffre d’affaire réalisé par chacun, et pour ce qui concerne la fidélisation,
l’organisme ne mets pas vraiment de programme de fidélisation.
Bien qu’elle soit une entreprise publique et que ça fait juste 6 ans que le service marketing
a été mis en place dans l’entreprise, l’ENEL devrait prendre en considération que le fait de
mettre en place une stratégie de marketing relationnelle est la porte vers le succès pour une
entreprise. Cela passe par la connaissance et l’identification parfaite des clients et de les
fidéliser sur le long terme. Le plan relationnel est le support de la stratégie marketing client de
l’entreprise.
Enfin, notre souhait est que l’analyse que nous avons effectuée contribuera au mieux de la
connaissance de l’entreprise ENEL sur la théorie de la fidélisation des clients.
Par ailleurs, en raison des difficultés que nous avons rencontrées tout au long de notre
travail de recherche, notamment sur le plan de la documentation dont nous avions besoin
durant notre étude, ainsi que la durée réduite du stage au sein de l’entreprise due à la Covid.
Nous estimons que ce présent travail de mémoire peut faire l’objet des recherches plus
approfondies dans ce domaine.
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