Intégrales et Équations Différentielles
Intégrales et Équations Différentielles
L1
2022-2023
Dr BAHI
1
Table des matières
1 Intégrale indéfinie 3
1.1 Primitive et intégrale indéfinie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Notion de primitive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.2 Intégrale indéfinie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Propriétés fondamentales de l’intégrale indéfinie . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Table des principales intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4 Principales méthodes d’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4.1 Intégration directe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4.2 Intégration par substitution (changement de variable). . . . . 7
1.4.3 Méthode d’intégration par parties. . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.5 Intégration des fonctions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2 Equations différentielles 17
2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2 Equation différentielle du premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2.1 Equations à variables séparable . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2.2 Equation non linéaires homogèmes . . . . . . . . . . . . . . . 20
2
Chapitre 1
Intégrale indéfinie
Définition 1.1. On dit qu’une fonction F (x) est une primitive d’une fonction f (x)
sur un intervalle I si F 0 (x) = f (x) pour tout x ∈ I.
La primitive d’une fonction f (x) donnée n’est pas unique. En effet, si F (x) est une
primitive de f (x), il en est de même de toute fonction F (x)+c, où c est une constante
arbitraire, puisque (F (x) + c)0 = f (x). Par exemple, la fonction f (x) = cos x admet
pour primitive aussi bien sin x, que sin x + c, puisque (sin x + c)0 = cos x.
3
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
Montrons maintenant que toutes les primitives de f (x) sont de la forme F (x) + c ;
où F (x) est une primitive de f (x).
Lemme 1.1. Toute fonction dont la dérivée est nulle sur un intervalle I est constante
sur I.
Puisque f 0 (ξ) = 0 car ξ ∈ I ; on a f (x2 ) = f (x1 ) : Ce qui prouve que f (x) prend la
même valeur sur I, autrement dit f (x) = C, où C est une constante.
Théorème 1.1. Si F (x) est une primitive d’une fonction f (x) sur un intervalle I,
toute autre primitive de f (x) peut être mise sous la forme F (x) + C, où C est une
constante arbitraire.
Démonstration. Soit Φ(x) une autre primitive de la fonction f (x) sur l’intervalle I,
c’est-à-dire que Φ0 (x) = f (x).
Alors pour tout x ∈ I, [Φ(x) − F (x)]0 = Φ(x)0 − F 0 (x) = f (x) − f (x) = 0. Il
en résulte du Lemme 1.1 que la fonction Φ(x) − F (x) = C, où C est une constante
arbitraire. Donc Φ(x) = F (x) + C.
Ainsi, toutes les primitives de f (x) sont de la forme F (x) + C, où F (x) est une
primitive de f (x) et C une constante arbitraire.
4
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
Z
0
En effet, puisque dF (x) = F (x)dx, il vient F 0 (x)dx = F (x) + C.
5
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
P3 Tout facteur constant peut être sorti du signe somme, c’est - à - dire si k est
une constante, alors Z Z
kf (x)dx = k f (x)dx.
En effet, soit F (x) une primitive de f (x) : F 0 (x) = f (x). Alors kF (x) est une
primitive de kf (x) : (kF (x))0 = kF 0 (x) = kf (x).
R
D’où k f (x)dx = k[F (x) + C] = kF (x) + C1 , où C1 = kC.
P4 L’intégrale indéfinie de la somme algébrique de deux fonctions est égale à la
somme algébrique des intégrales indéfinies de ces fonctions, c ’est - à - dire
Z Z Z
[f (x) ± g(x)]dx = f (x)dx ± g(x)dx.
xα+1
Z Z
α dx
I) x dx = + C(α 6= −1); II) = ln |x| + C;
Z α+1 Z x
dx 1 x dx x
III) 2 2
= arctan + C; IV) √ = arcsin + C;
Z x +a x a a a
2 2
Z a +x
a
V) ax dx = + C(0 < a 6= 1); VI) exp(x)dx = exp(x) + C;
Z ln a Z
VII) sin xdx = − cos x + C; VIII) cos x = sin x + C;
x−a
Z Z
dx dx 1
IX) 2
= tan x + C; XI) = ln | + C(a 6= 0);
Z cos x x 2 − a2 2a x+a
dx √
XII) √ = ln |x + x2 + k| + C.
x2 + k
6
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
Exemple 1.3. 1)
Z Z Z Z
2 1 2 dx
(5 cos x+3x + )dx = 5 cos xdx−3 x dx+ = 5 sin x−x3 +ln |x|+C
x x
2) Z Z
x x
(sin + cos )2 dx = (1 + sin x)dx = x − cos x + C
2 2
Preuve. Soit F (x) une primitive de f (x) sur X. Considérons la fonction composée
F [ϕ(t)] sur I. La règle de dérivation d’une fonction composée nous donne
(F [ϕ(t)])0 = Fx0 [ϕ(t)]ϕ0 (t) = f [ϕ(t)]ϕ0 (t) sur I, donc
Z
f [ϕ(t)]ϕ0 (t)dt = F [ϕ(t)] + C.
Z
En remarquant que F [ϕ(t)] + C = (F (x) + C) |x=ϕ(t) = f (x)dx |x=ϕ(t) , on obtient
la formule (1), c’est la formule de changement de la variable d’intégration.
Exemples :
7
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
x3
Z
1. Calculer l’intégrale dx = I
(x − 1)2
Posons x − 1 = t ; alors x = t + 1. D’où dx = dt. La formule ci-dessus nous
donne
x3 (t + 1)3
Z Z Z
3 1 1 1
2
dx = 2
dt = (t + 3 + + 2 dt = t2 + 3t + 3 ln |t| − + C
(x − 1) t t t 2 t
En revenant à la variable x, on obtient en définitive
1 1
I = (x − 1)2 + 3(x − 1) + 3 ln |x − 1| − + C.
2 x−1
Remarque. Quand on change la variable d’intégration dans une intégrale
indéfinie, on a parfois intérêt à se donner non pas x en fonction de t mais t en
fonction de x.
x4
Z
2. Calculer l’intégrale J = dx
x5 + 7 Z
5 4 1 dt 1
Posons x + 7 = t, dt = 5x dx ; alors J = 5
= ln|t| + C, si bien que
t 5
x4
Z
1
dx = ln | x5 + 7 | +C.
x5 + 7 5
Signalons que le choix convenable de la substitution soulève de sérieuses diffi-
cultés. Pour les surmonter, il faut parfois être doué d’une bonne technique de
dérivation et bien connaitre les intégrales tabulaires.
Z
dx
3. Calculer l’intégrale K = √
x2 + a
√ √
2 +a
Posons x2 + a + x = t, d’où √xx2 +a + 1 dx = dt. Donc dx = √x2x+a+x dt, de
Z
dx
Z
dt √
sorte que √ = = ln |t| + C = ln | x2 + a + x | +C.
x2 + a t
Z
4. Calculer l’intégrale sinn x cos xdx
Posons t = sin x, dt = cos xdx. Alors
tn+1 sinn+1 x
Z Z
si n 6= −1, sin x cos xdx = tn dt =
n
+C = + C,
n+1 n+1
Z
dt
si n = −1, = ln |t| + C = ln | sin x | +C
t
Z
xdx
5. Calculer l’intégrale
(x + 1)n
2
Z
xdx 1
Pour n = 1 on obtient 2
= ln(x2 + 1) + C.
x +1 2
8
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
9
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
R
4. Calculer L4 = x2 cosxdx.
une double intégration par parties donne L4 = x2 sinx + 2xcosx − 2sinx + C.
Calculons en conclusion l’intégrale In = (x2dx
R
+1)n
,n ∈ N
pour n = 1 , on a l’intégrale tabulaire I1 = arctan x + C.
Supposons n > 1 . en représentant 1 au numérateur comme (x2 + 1) − x2 , on
R dx
R x2 dx
obtient In = (x2 +1) n−1 − (x2 +1)n
. Intégrons la deuxième intégrale par parties :
u = x, du = dx, dv = (x2 +1)n , v = (x2 +1)n = − (2n−2)(x12 +1)n−1 , alors
xdx
R xdx
R x2 dx x
R dx
2
(x +1)n = − 2
(2n−2)(x +1) n−1 + (2n−2)(x2 +1)n−1
, donc
x 1
In = In−1 + (2n−2)(x2 +1)n−1
− 2n−2 In−1 ,
x 2n−3
d’où In = (2n−2)(x2 +1)n−1
+ 2n−2 In−1 . (3)
L’intégrale In est donc exprimée en fonction de In−1 . c’est une formule de récurrence.
si l’on demande calculer (x2dx
R
3 , la formule de récurrence (3) donne
R dx R dx +1)
= 4(x2 +1)2 + 4 (x2 +1)2 , avec (x2dx
x 3
= 2(x2x+1) + 21 x2dx+1 .
R R
(x2 +1)3 +1)2
Or I1 = arctan x, donc
Z
dx x 3x 3
= + + arctan x + C.
(x2 + 1)3 4(x2 + 1)2 8(x2 + 1) 4
10
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
Le polynôme de Q(x) peut aussi présenter des racines complexes .On démontre en
algèbre que si α = a + ib est une racine complexe de multiplicité r d’un polynôme à
coefficients réels, il en est de même de son conjugué complexe α = a − [Link] d’autres
termes ,si la décomposition (2) contient le facteur(x − α)r ,ou α = a + ib(b 6= 0) ,elle
contiendra également le facteur (x − α)r .En multipliant ces deux facteurs ,on obtient
(x − α)r (x − α)r = (x2 + 2x + q)r , où p = −a, q = a2 + b2 , p2 − q 2 IN F ER0, p et q
sont des réels.
En procédant de même avec les autres racines complexes, on peut mettre la décompo-
sition (2) sous la forme Q(x) = A(x−α)r (x−β)s . . . (x2 +2x+q)t (x2 +2uv+v)n . . . ,(3)
où α, β, . . . , p, q, u, v, . . .sont des réels.
Le théorème suivant est démontré en algèbre supérieure.
R(x)
Théorème 1.3. Une fraction rationnelle irréductible dont le dénominateur
Q(x)
Q(x) est un polynôme de la forme (3),se décompose de façon unique sous la forme
R(x) A1 A2 Ar M1 x + N1
= + 2
+ ... + r
+ ... + 2 (1.1)
Q(x) x − α (x − α) (x − α) x + 2px + q
M2 x + N2 Mt x + Nt
+ 2 2
+ ... + 2 + ..., (1.2)
(x + 2px + q) (x + 2px + q)t
où A1 , A2 , . . . , Ar , · · · , M1 , N1 , M2 , N2 , · · · , Mt , Nt , · · · , sont réels.
2x−1
Exemple 1.4. 1. Décomposer la fraction rationnelle x2 −5x+6
en éléments [Link]
2x−1 A B
x2 − 5x + 6 = (x − 3)(x − 2),la formule (4) donne x2 −5x+6 = x−3 + x−2 .
2
Après multiplication des deux membres de cette égalité x − 5x + 6,on obtient
2x − 1 = A(x − 2) + B(x − 3).Par identification des coefficients suivant les
mêmes puissances ,on trouve A = 5, B = −3.
2x−1 A B
Donc x2 −5x+6
= x−3
+ x−2
.
x2 −1
2. Décomposer la fraction rationnelle x(x2 +1)2
A1 ,A2 ,. . .,Ar ,. . .,M1 ,N1 ,M2 , N2 ,. . . ,Mt ,N
11
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
x2 −1
est x(x2 +1)2
= − x1 + x2x+1 + (x22x
+1)2
. Il résulte de ce qui précède que l’intégration d’une
fonction rationnelle (1) se ramène à celle d’un polynôme W (x) = a0 xm + a1 xm−1 +
. . . + am dont l’intégrale est tabulaire, et à celle d’une fraction rationnelle irréductible
R(x)
Q(x)
;ceci nous conduit au calcul d’l’intégrales des quatre types suivants :
R A R A A
I) x−α dx = A ln |x − α| + C II) (x−α) r dx = − (r−1)(x−α)r+1 + C (r > 1). III)
R Ax+B R Ax+B
x2 +2px+q
dx; IV) (x2 +2px+q)r dx (r > 1)
Ceci étant, le trinôme x2 + 2px + q n’admet pas de racines réelles, c’est-à-dire que
p2 −q < 0. Pour calculer l’intégrale III), remarquons que x2 +2px+q = (x+p)2 +q−p2 .
Posons par la suite x + p = t ;q − p2 = h > 0. On obtient alors x2Ax+B
R
+2px+q
dx =
R At+B−Ap 1
R 2tdt R dt
t2 +h
dt = 2 A t2 +h + (B − Ap) t2 +h . Le calcul de la première intégrale de
droite est immédiat : t2tdt
R 2 2
2 +h = ln|t + h|+ C = ln |x + 2px + q| + C. La deuxième
5 zdz
+ (z2dz . Mais (z2zdz = − z21+1 , (z2dz = 2(z2z+1) + arctan z. Donc
R R R R
4 (z 2 +1)2 +1)2 +1)2 +1)2
I = − 85 z21+1 + z
2(z 2 +1)
+ 21 arctan z + C = 4x−5
8(z 2 +1)
+ 12 arctan z + C. En revenant à la
2x−7 1
variable x, on obtient I = 2(x2 −2x+5)
+ 2
arctan( x−1 2
) + C.
On a ainsi établi que l’intégration de toute fraction rationnelle se ramène à celle d’un
polynôme et d’un nombre fini d’éléments simples dont les intégrales s’expriment par
des fonctions rationnelles, logarithmes et des arcs tangentes. Autrement dit, toute
fraction rationnelle s’intègre par des fonctions élémentaires.
12
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
13
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
alors
√ q
ax + bx + c = a(x − x1 )(x − x2 ) = |x − x1 | a(x−x 2)
p
2 . Donc
x−x1
√ q q
R(x, ax2 + bx + c) = R(x, |x − x1 | a(x−x
x−x1
2)
) = R1 (x, a(x−xx−x1
2)
). (voir exemple 1))
√ √
2
Si x1 = x2 , alors ax + bx + c = |x − x1 | a, c’est-à-dire qu’on a une fonction ra-
tionnelle de x sous signe d’integration. Il est donc plus intéressant de traiter le cas où
le trinôme ax2 + bx + c n’admet pas de racine réelle et a > 0.
montrons que dans ce cas on se ramène à l’integration d’une fonction rationnelle
√ √
par la substitution d’Euler t = ax2 + bx + c + x a (on peut aussi poser t =
√ √
ax2 + bx + c − x a).
√ √
En élevant les deux membres de l’égalité t − x a = ax2 + bx + c au carré, on ob-
√ 2 −c √ √ 2 √
tient bx + c = t2 − 2 atx, de sorte que x = 2√t at+b , a2 + bx + c = at2√+bt+c
at+b
a
, dx =
√ √
at2 +bt+c a
2 √ 2
(2 at+b )
dt.
R √ R t2 −c
√ 2 √
at +bt+c a
√ 2 √
at +bt+c a
R
Donc R(x, ax2 + bx + c)dx = R( 2√ a+b
, √
2 at+b
)2 √
(2 at+b)2 dt = R1 (t)dt,
où R1 (t) est une fonction rationnelle de t. Si a < 0 et c > 0 ,on utilise une autre
√ √
subtitution d’Euler : ax2 + bx + c = xt 6= c.
Exemples :
√ dx
R
1) Calculer = M. Les racines du trinôme x2 + x + 1 étant com-
x+ x2 +x+1 √
plexes, faisons la subtitution x2 + x + 1 = t − [Link] élevant au carré ,on
t −1 2
t +t+1 2
obtient x2 + x + 1 = t2 − 2tx + x2 ,d’où x = 1+2t , dx = 2 (1+2t)2 dt. Alors
2 2
√ dx t +t+1 2t +2t+2
= At + 1+2t
B D
R R
x+ x2 +x+1
= 2 t(1+2t) 2 dt. Par ailleurs , t(1+2t)2 + (1+2t) 2 . On
dx 2 3 3
R R
obtient A = 2, B = −3, D = −3 Soit x+√x2 +x+1 = [ t − t − (1+2t)2 ]dt =
2 ln |t| − 32 ln |1 + 2t| + 2(1+2t)+c
3
.
√ √
Donc M = 2 ln | x2 + x + 1+x|− 32 ln |1+2x+2 x2 + x + 1|+ 2(1+2x+23√x2 +x+1) +
C
√dx
R
2) Calculer P = (1+x) 1+x−x2
.
2
Les racines de 1 + x − x étant complexe et a < 0, c > 0, on utilise la substi-
√
tution 1 + x − x2 = tx − 1
En élevant les membres au carré ,on obtient après simplification x = 1+2t
t2 +1
. Soit
2(1−t−t2 )
√ R dt
dx = (t2 +1)2 dt, 1 + x − x2 = 2 1+(t+1) 2 = −2 arctan(t + 1) + C.
2
2(1−t−t )
dt = −2 1+(tdt
R R
Donc P = 1+2t t2 +t−1 2 2 2 +1)2 = −2 arctan(t + 1) + C.
(1+ ) (t +1)
t2 +1 t2 +1 √
1+x−x2 +x+1
En définitive,P = −2 arctan x
+C
Signalons que le calcul des intégrales par la substitution d’Euler conduit gé-
néralement à des calculs laborieux et des expressions volumineuses ,aussi n’y
recout-on que dans les cas où il est impossible de calculer ces intégrales par
14
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
R
[Link]égrale de la forme R(sin x, cos x)dx ,où R est une fonction ra-
tionnelle de sin x et de cos x.
Montrons que la substitution t = tan x2 nous ramène à l’integration d’une fonc-
tion rationnelle. En effet,
x
2 tan 2t 1−tan2 ( x ) 2 1−t 2dt
sin x = 1+tan2 (2x ) = 1+t 2 , cos x = 1+tan2 ( x ) = 1+t2 , dx = 1+t2 , de sorte que
2
2 2
R R 2t 1−t2 2dt
R
R(sin x, cos x)dx = R( 1+t 2 , 1+t2 ) 1+t2 = R1 (t)dt, où R1 (t) est une fonc-
tion rationnelle de t.
dx
R
Exemple :Calculer 1+sin x
.
x 2t 2dt
La substitution t = tan 2 nous donne sin x = 1+t 2,x = 2 arctan t, dx = 1+t2
.
R dx R dt 2 2
Donc 1+sin x
=2 (1+t)2
= − 1+t + C = − 1+tan x + C
2
R
VI.4. Intégrale de la forme R(exp x)dx Montrons que la substitution t =
exp x nous conduit à l’intégration d’une fonction rationnelle. En effet, vu que x = ln t
et dx = dtt , on obtient R(exp x)dx = R(t) dtt où R(t) est une fonction rationnelle de
R R
15
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE
sont bien étudies et leurs tables et graphiques permettent de les utiliser fréquemment
en pratique.
16
Chapitre 2
Equations différentielles
2.1 Généralités
Définition
f :D → R
y:I → R
Exemples
• yy” = x − x2 y 0 est une équation différentielle d’ordre 2 où y est fonction de
la variable x.
17
CHAPITRE 2. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
x−x2 y 0
On peut aussi l’écrire y” = y
.
• x” − tx0 + x2 = 1 est une équation différentielle d’ordre 2 où x est fonction
de la variable t.
• t0 − tx + x2 = 1 est une équation différentielle d’ordre 1 où t est une
fonction de la variable x.
Remarques
• Une équation différentielle d’ordre n peut donc s’écrire sous la forme :
φ(x, y, y 0 , y”, . . . , y (n) = 0 ou encore φ(x, y(x), y 0 (x), y”(x), . . . , y (n) (x)) = 0
Où y est donc une fonction qui dépend de x et φ est une fonction des n + 2
variables x, y, y 0 , y”, . . . , y (n) .
Nous nous intéressons aux fonctions y à valeurs dans R ou C.
dy
• Il nous arrivera de rencontrer dx
à la place de y’ et nous pourrons avoir des
équations de la forme
2xdx = y 2 dy.
Définition
résoudre (ou intégrer) une équation différentielle φ(x, y, y 0 , y”, . . . , y (n) ) = 0 sur un
intervalle I de R ou R tout entier, c’est trouver toutes les fonctions f telles que :
a. f soit n fois dérivable sur I
b. ∀x ∈ I, φ(x, f (x), f 0 (x), f ”(x), . . . , f (n) ) = 0
Une fonction qui vérifie les conditions (a) (b) est appelée solution (ou intégrale)
poarticulière de l’équation différentielle et sa courbe représentative est appelée
courbe intégrale de l’équation différentielle.
On appelle solution (ou intégrale) générale de l’équation l’ensemble de toutes les
fonctions solutions.
On appelle courbes intégrales d’une équetion différentielle l’ensemble des courbes
représentatives de toutes les solutions de cette équation différentielle.
Remarque
• En pratique, on suppose souvent que I est un intervalle ouvert de R.
• Si Id1 désigne l’application identité de R restreint à I , on peut aussi
0
écrire Φ(Id1 ,y,y ,y ” ,...,y (n) ) = 0
18
CHAPITRE 2. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
Méthode de résolution
19
CHAPITRE 2. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
Méthode de résolution
Méthode de résolution
Nous nous bornerons aux équations homogènes que l’on peut mettre sous la
forme (1).
Dans ce cas, on pose y=tx où t est donc une fonction de x.
On obtient alors une équation à variable séparables.
20
CHAPITRE 2. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
p
Ex : On veut résoudre l’équation différentielle xy’-y= x2 + y 2 sur ]0; +∞[.
On peut
√ mettre cette équation sous la forme (1) en effet, on a
x2 +y 2 +y
= 1 + ( xy )2 + xy .
p
y’= x
On pose donc y = tx et y 0 = t0 x + t.
√
x(t0 x + t) − tx = x2 + t2 x2
√
⇔ t0 x + t − t = 1 + t2
⇔ t’ × √ 1 = 1
1+t2 x
√
⇔ ln(t+ 1 + t2 )=lnkx où k ∈R∗+ ou argsh t=ln x+c
où c∈ R
√ eln(kx) −e− ln(kx)
⇔ 1 + t2 = kx - t où k ∈R∗+ ou t= 2
où k ∈ R∗+
1
kx− kx
⇔ 1+ t2 = k2 x2 -2kxt +t2 où k ∈R∗+ ou t= 2
où k ∈ R∗+
k2 x2 −1
⇔t= 2k
où k ∈ R∗+ .
k2 x2 −1
Et donc y(tx) = 2k
où k ∈ R∗+ .
21