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Intégrales et Équations Différentielles

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CALCUL INTEGRAL et EQUATION DIFFERENTIELLE

L1
2022-2023

Dr BAHI

1
Table des matières

1 Intégrale indéfinie 3
1.1 Primitive et intégrale indéfinie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Notion de primitive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.2 Intégrale indéfinie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Propriétés fondamentales de l’intégrale indéfinie . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Table des principales intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4 Principales méthodes d’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4.1 Intégration directe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4.2 Intégration par substitution (changement de variable). . . . . 7
1.4.3 Méthode d’intégration par parties. . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.5 Intégration des fonctions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

2 Equations différentielles 17
2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2 Equation différentielle du premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2.1 Equations à variables séparable . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2.2 Equation non linéaires homogèmes . . . . . . . . . . . . . . . 20

2
Chapitre 1

Intégrale indéfinie

1.1 Primitive et intégrale indéfinie

1.1.1 Notion de primitive


L’un des principaux problèmes du calcul différentiel est la recherche de la dérivée
d’une fonction donnée. De nombreux problèmes d’analyse mathématique et les in-
nombrables applications de cette dernière à la géométrie, la mécanique, la physique
et la technique conduisent au problème inverse, c’est à dire à la détermination d’une
fonction F (x) dont la dérivée F 0 (x) est égale à une fonction f (x) donnée.
La détermination d’une fonction dont on connaît la dérivée est un problème fon-
damental du calcul intégral.

Définition 1.1. On dit qu’une fonction F (x) est une primitive d’une fonction f (x)
sur un intervalle I si F 0 (x) = f (x) pour tout x ∈ I.

Exemple 1.1. 1. La fonction F (x) = sin x est une primitive de la fonction


f (x) = cos x sur la droite numérique tout entière, car (sin0 x) = cos x pour
tout x ∈ R.
√ x
2. La fonction F (x) = 1 − x2 est une primitive de la fonction f (x) = − √1−x 2
√ 0 x
2
sur l’intervalle ] − 1, 1[,car ( 1 − x ) = − √1−x2 en tout point x de cet inter-
valle.

La primitive d’une fonction f (x) donnée n’est pas unique. En effet, si F (x) est une
primitive de f (x), il en est de même de toute fonction F (x)+c, où c est une constante
arbitraire, puisque (F (x) + c)0 = f (x). Par exemple, la fonction f (x) = cos x admet
pour primitive aussi bien sin x, que sin x + c, puisque (sin x + c)0 = cos x.

3
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

Montrons maintenant que toutes les primitives de f (x) sont de la forme F (x) + c ;
où F (x) est une primitive de f (x).

Lemme 1.1. Toute fonction dont la dérivée est nulle sur un intervalle I est constante
sur I.

Démonstration. Supposons f 0 (x) = 0 sur un intervalle I. D’après le Théorème des


accroissements finis, pour deux points quelconques x1 , x2 ∈ I (x1 < x2 ), on a

f (x2 ) − f (x1 ) = f 0 (ξ)(x2 − x1 )

Puisque f 0 (ξ) = 0 car ξ ∈ I ; on a f (x2 ) = f (x1 ) : Ce qui prouve que f (x) prend la
même valeur sur I, autrement dit f (x) = C, où C est une constante.

Théorème 1.1. Si F (x) est une primitive d’une fonction f (x) sur un intervalle I,
toute autre primitive de f (x) peut être mise sous la forme F (x) + C, où C est une
constante arbitraire.

Démonstration. Soit Φ(x) une autre primitive de la fonction f (x) sur l’intervalle I,
c’est-à-dire que Φ0 (x) = f (x).
Alors pour tout x ∈ I, [Φ(x) − F (x)]0 = Φ(x)0 − F 0 (x) = f (x) − f (x) = 0. Il
en résulte du Lemme 1.1 que la fonction Φ(x) − F (x) = C, où C est une constante
arbitraire. Donc Φ(x) = F (x) + C.
Ainsi, toutes les primitives de f (x) sont de la forme F (x) + C, où F (x) est une
primitive de f (x) et C une constante arbitraire.

1.1.2 Intégrale indéfinie


Définition 1.2. Si une fonction F (x) est une primitive d’une fonction f (x) sur un
intervalle I, l’ensemble des fonctions F (x) + C, où C est une constante arbitraire,
s’appelle intégrale indéfinie de f (x) sur I et se note
Z
f (x)dx = F (x) + C.

La fonction f (x) s’appelle l’intégrant, la variable x est la variable d’intégration.


Z
Le symbole f (x)dx désigne donc l’ensemble de toutes les primitives de la fonc-
tion f (x). On comprendra parfois par ce symbole un élèment quelconque de cet
ensemble, c’est - à - dire une primitive.

4
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

La détermination d’une fonction par sa dérivée s’appelle intégration de cette fonc-


tion. L’intégration est l’opération inverse de la dérivation. Pour vérifier qu’une inté-
gration est correcte, il suffit de dériver le résultat obtenu pour obtenir l’intégrant.
Dans ce Chapitre, nous glissons volontiers sur le problème de l’existence des pri-
mitives (donc des intégrales indéfinies) pour de vastes classes de fonctions. Signalons
qu’à la section suivante, on prouvera que toute fonction continue sur un segment
possède une primitive (donc une intégrale indéfinie) sur ce segment.
Z
Exemple 1.2. 1. 3x2 dx = x3 + C, car (x3 + C)0 = 3x2 .
Z
2. cos xdx = sin x + C, car (sin x + C)0 = cos x.
Z
1 1
3. dx = ln |x| + C, car (ln |x| + C)0 = .
x x
Z
1 1
4. exp(−2x)dx = − exp(−2x) + C, car (− exp(−2x) + C)0 = exp(−2x),
2 2
ainsi de suite

1.2 Propriétés fondamentales de l’intégrale indéfinie


Les propriétés suivantes de l’intégrale indéfinie sont une conséquence immédiate
de sa définition.
P1 La dérivée d’une intégrale indéfinie est égale à l’intégrante ; la différentielle
d’une intégrale indéfinie, est égale à l’expression sous le signe somme , c’est-
à-dire Z 0 Z
f (x)dx = f (x) et d f (x)dx = f (x)dx
Z 0
En effet, f (x)dx = (F (x) + C)0 = F 0 (x) = f (x) et
Z Z 0
d f (x)dx = f (x)dx dx = f (x)dx.

P2 L’intégrale indéfinie de la différentielle d’une fonction est égale à la somme


de cette fonction et d’une constante arbitraire, c’est-à-dire
Z
dF (x) = F (x) + C.

Z
0
En effet, puisque dF (x) = F (x)dx, il vient F 0 (x)dx = F (x) + C.

5
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

P3 Tout facteur constant peut être sorti du signe somme, c’est - à - dire si k est
une constante, alors Z Z
kf (x)dx = k f (x)dx.

En effet, soit F (x) une primitive de f (x) : F 0 (x) = f (x). Alors kF (x) est une
primitive de kf (x) : (kF (x))0 = kF 0 (x) = kf (x).
R
D’où k f (x)dx = k[F (x) + C] = kF (x) + C1 , où C1 = kC.
P4 L’intégrale indéfinie de la somme algébrique de deux fonctions est égale à la
somme algébrique des intégrales indéfinies de ces fonctions, c ’est - à - dire
Z Z Z
[f (x) ± g(x)]dx = f (x)dx ± g(x)dx.

En effet, soient F (x) et G(x) des primitives de f (x) et g(x) :


F 0 (x) = f (x), G0 (x) = g(x). Les fonctions F (x) ± G(x) sont alors des primi-
Z fonctionsZf (x) ± g(x).
tives des
donc f (x)dx ± g(x)dx = [F (x) + C1 ] ± [G(x) + C2 ] = [F (x) ± G(x)] +
Z
[C1 + C2 ] = [F (x) ± G(x)] + C = [f (x) ± g(x)]dx
Cette propriété reste valable pour tout nombre fini de fonction .

1.3 Table des principales intégrales


Les principales intégrales sont regroupées dans la table suivante. Certaines for-
mules résultent directement de la défnition de l’intégration comme l’opération inverse
de la dérivation et de la table des dérivées. La véracité des autres formules se vérifie
aisément par dérivation.

xα+1
Z Z
α dx
I) x dx = + C(α 6= −1); II) = ln |x| + C;
Z α+1 Z x
dx 1 x dx x
III) 2 2
= arctan + C; IV) √ = arcsin + C;
Z x +a x a a a
2 2
Z a +x
a
V) ax dx = + C(0 < a 6= 1); VI) exp(x)dx = exp(x) + C;
Z ln a Z
VII) sin xdx = − cos x + C; VIII) cos x = sin x + C;
x−a
Z Z
dx dx 1
IX) 2
= tan x + C; XI) = ln | + C(a 6= 0);
Z cos x x 2 − a2 2a x+a
dx √
XII) √ = ln |x + x2 + k| + C.
x2 + k

6
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

1.4 Principales méthodes d’intégration

1.4.1 Intégration directe


Le calcul des intégrales par une utilisation directe de la table des intégrales élémen-
taires et des propriétés fondamentales des intégrales indéfinies s’appelle intégration
directe.

Exemple 1.3. 1)
Z Z Z Z
2 1 2 dx
(5 cos x+3x + )dx = 5 cos xdx−3 x dx+ = 5 sin x−x3 +ln |x|+C
x x
2) Z Z
x x
(sin + cos )2 dx = (1 + sin x)dx = x − cos x + C
2 2

1.4.2 Intégration par substitution (changement de variable).


Dans de nombreux cas, l’introduction d’une nouvelle variable d’intégration permet
de ramener l’intégration à la recherche d’une intégrale de table, c’est -à- dire de se
ramener à une intégration directe. Cette méthode qui s’appelle méthode d’intégration
par substitution, ou encore méthode de changement de variable, est basée sur le
Théorème suivant :

Théorème 1.2. Soit x = ϕ(t)une fonction définie et dérivable sur un intervalle I et


soit X son ensemble des valeurs. Soit enfin f (x) une fonction définie sur X. Si la
fonction f (x) admet une primitive sur X, alors
Z Z
f (x)dx = f [ϕ(t)]ϕ0 (t)dt sur I

Preuve. Soit F (x) une primitive de f (x) sur X. Considérons la fonction composée
F [ϕ(t)] sur I. La règle de dérivation d’une fonction composée nous donne
(F [ϕ(t)])0 = Fx0 [ϕ(t)]ϕ0 (t) = f [ϕ(t)]ϕ0 (t) sur I, donc
Z
f [ϕ(t)]ϕ0 (t)dt = F [ϕ(t)] + C.
Z
En remarquant que F [ϕ(t)] + C = (F (x) + C) |x=ϕ(t) = f (x)dx |x=ϕ(t) , on obtient
la formule (1), c’est la formule de changement de la variable d’intégration.

Exemples :

7
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

x3
Z
1. Calculer l’intégrale dx = I
(x − 1)2
Posons x − 1 = t ; alors x = t + 1. D’où dx = dt. La formule ci-dessus nous
donne
x3 (t + 1)3
Z Z Z
3 1 1 1
2
dx = 2
dt = (t + 3 + + 2 dt = t2 + 3t + 3 ln |t| − + C
(x − 1) t t t 2 t
En revenant à la variable x, on obtient en définitive
1 1
I = (x − 1)2 + 3(x − 1) + 3 ln |x − 1| − + C.
2 x−1
Remarque. Quand on change la variable d’intégration dans une intégrale
indéfinie, on a parfois intérêt à se donner non pas x en fonction de t mais t en
fonction de x.
x4
Z
2. Calculer l’intégrale J = dx
x5 + 7 Z
5 4 1 dt 1
Posons x + 7 = t, dt = 5x dx ; alors J = 5
= ln|t| + C, si bien que
t 5
x4
Z
1
dx = ln | x5 + 7 | +C.
x5 + 7 5
Signalons que le choix convenable de la substitution soulève de sérieuses diffi-
cultés. Pour les surmonter, il faut parfois être doué d’une bonne technique de
dérivation et bien connaitre les intégrales tabulaires.
Z
dx
3. Calculer l’intégrale K = √
x2 + a
√  √
2 +a
Posons x2 + a + x = t, d’où √xx2 +a + 1 dx = dt. Donc dx = √x2x+a+x dt, de
Z
dx
Z
dt √
sorte que √ = = ln |t| + C = ln | x2 + a + x | +C.
x2 + a t
Z
4. Calculer l’intégrale sinn x cos xdx
Posons t = sin x, dt = cos xdx. Alors
tn+1 sinn+1 x
Z Z
si n 6= −1, sin x cos xdx = tn dt =
n
+C = + C,
n+1 n+1
Z
dt
si n = −1, = ln |t| + C = ln | sin x | +C
t
Z
xdx
5. Calculer l’intégrale
(x + 1)n
2

Pour n 6= 1, posons x2 + 1 = t, 2xdx = dt ; alors


Z Z
xdx 1 dt 1 1 1 1
2 n
= n
=− n−1
+C =− + C.
(x + 1) 2 t 2(n − 1) t 2(n − 1) (x + 1)n−1
2

Z
xdx 1
Pour n = 1 on obtient 2
= ln(x2 + 1) + C.
x +1 2

8
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

1.4.3 Méthode d’intégration par parties.


La méthode d’intégration par parties est basée sur la formule de dérivation du
produit de deux fonctions.
Théorème 3.
Soient u(x) et v(x) des fonctions définies et dérivable sur un intervalle X. Si la
fonction u0 (x)v(x) admet 0
Z une primitive sur X, alors laZ fonction u(x)v (x) admet aussi
une primitive sur X et u(x)v 0 (x)dx = u(x)v(x) − u0 (x)v(x)dx.(2)
Preuve.
la relation [u(x)v(x)]0 = u0 (x)v(x)+u(x)v 0 (x) ⇒ u(x)v 0 (x) = [u(x)v(x)]0 −u0 (x)v(x).
La fonction u(x)v(x) est une primitive de la fonction [u(x)v(x)]0 sur [Link] fonction
u(x)v 0 (x) admet une primitive sur X par hypothè[Link] la fonction u(x)v 0 (x) en
admet une aussi sur X. une intégration de la dernière égalité nous donne la formule
(2).
La formule (2) s’appelle formule d’intégration par parties.
Comme v 0 (x)dx = dv, u0 (x)dx = du, on peut le mettre sous la forme
Z Z
udv = uv − vdu.
Z Z
cette formule permet de ramener le calcul de udv à celui de vdu qui est parfois
plus simple.
Exemple : Z
1. Calculer L1 = arctan xdx.
dx
Posons arctan x = u, donc du = x2 +1
; dv = dx, doncv = x.
Donc
Z
dx
L1 = x arctan x − x
1 + x2
d(x2 + 1)
Z
1
= x arctan x −
2 x2 + 1
1
= x arctan x − ln(x2 + 1) + C.
2
Z
2. Calculer L2 = x exp(x)dx.
R R
Posons u = x ; donc du = dx; dv = exp(x)dx, dv = exp(x)dx, v = exp(x).
R
Donc L2 = x exp(x) − exp(x)dx = x exp(x) − exp(x) + C.
3. Calculer L3 = x ln xdx. on trouve L3 = 21 x2 lnx − 41 + C.
R

On est parfois amené à se servir plusieurs fois de la formule d’intégration par


parties pour calculer une intégrale.

9
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

R
4. Calculer L4 = x2 cosxdx.
une double intégration par parties donne L4 = x2 sinx + 2xcosx − 2sinx + C.
Calculons en conclusion l’intégrale In = (x2dx
R
+1)n
,n ∈ N
pour n = 1 , on a l’intégrale tabulaire I1 = arctan x + C.
Supposons n > 1 . en représentant 1 au numérateur comme (x2 + 1) − x2 , on
R dx
R x2 dx
obtient In = (x2 +1) n−1 − (x2 +1)n
. Intégrons la deuxième intégrale par parties :
u = x, du = dx, dv = (x2 +1)n , v = (x2 +1)n = − (2n−2)(x12 +1)n−1 , alors
xdx
R xdx
R x2 dx x
R dx
2
(x +1)n = − 2
(2n−2)(x +1) n−1 + (2n−2)(x2 +1)n−1
, donc
x 1
In = In−1 + (2n−2)(x2 +1)n−1
− 2n−2 In−1 ,
x 2n−3
d’où In = (2n−2)(x2 +1)n−1
+ 2n−2 In−1 . (3)
L’intégrale In est donc exprimée en fonction de In−1 . c’est une formule de récurrence.
si l’on demande calculer (x2dx
R
3 , la formule de récurrence (3) donne
R dx R dx +1)
= 4(x2 +1)2 + 4 (x2 +1)2 , avec (x2dx
x 3
= 2(x2x+1) + 21 x2dx+1 .
R R
(x2 +1)3 +1)2
Or I1 = arctan x, donc
Z
dx x 3x 3
= + + arctan x + C.
(x2 + 1)3 4(x2 + 1)2 8(x2 + 1) 4

1.5 Intégration des fonctions rationnelles


P (x)
Les fractions (ou fonctions) rationnelles, c’est-à-dire les fonctions de la forme Q(x)
, où P (x) et Q(x) sont des fonctions polynômes, forment une importante classe de
fonctions dont l’intégrale s’exprime toujours par l’intermédiaire de fonctions élémen-
taires. Si le degré du numérateur est supérieur à celui du dénominateur, on obtient
P (x) R(x)
alors Q(x)
= W (x) + Q(x)
(1), où W(x) est un polynôme appelé partie entière de la
P (x) R(x)
fonction Q(x) et Q(x)
une fraction irréductible.
Exemples :
5 3 2
−x +1 2x2 −6x+2
1) x x+x
3 −2x+1 = x2 + 3 − x3 −2x+1
3
2) x x+x+1
2 +1 =x+ 1
x2 +1
En algèbre supérieure on démontre que tout polynôme peut être décomposen un pro-
duit de la forme
Q(x) = A(x − α)(x − β) . . . (x − γ),
où A est le coefficient dominant de Q(x), α; β, . . . , γ les racines l’équation Q(x) = 0 .les
facteurs (x − α)(x − β) . . . (x − γ) s’appellent éléments [Link] les éléments simples
sont confondus ,on obtient la décomposition Q(x) = A(x − α)r (x − β)s . . . (x − γ)t ,(2)
où r, s, . . . , t sont des entiers appelés multiplicités des racines α, β, . . . , γ respective-
ment ,et tels que r + s + . . . + t = n,où n est le degré de Q(x).

10
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

Le polynôme de Q(x) peut aussi présenter des racines complexes .On démontre en
algèbre que si α = a + ib est une racine complexe de multiplicité r d’un polynôme à
coefficients réels, il en est de même de son conjugué complexe α = a − [Link] d’autres
termes ,si la décomposition (2) contient le facteur(x − α)r ,ou α = a + ib(b 6= 0) ,elle
contiendra également le facteur (x − α)r .En multipliant ces deux facteurs ,on obtient
(x − α)r (x − α)r = (x2 + 2x + q)r , où p = −a, q = a2 + b2 , p2 − q 2 IN F ER0, p et q
sont des réels.
En procédant de même avec les autres racines complexes, on peut mettre la décompo-
sition (2) sous la forme Q(x) = A(x−α)r (x−β)s . . . (x2 +2x+q)t (x2 +2uv+v)n . . . ,(3)
où α, β, . . . , p, q, u, v, . . .sont des réels.
Le théorème suivant est démontré en algèbre supérieure.
R(x)
Théorème 1.3. Une fraction rationnelle irréductible dont le dénominateur
Q(x)
Q(x) est un polynôme de la forme (3),se décompose de façon unique sous la forme

R(x) A1 A2 Ar M1 x + N1
= + 2
+ ... + r
+ ... + 2 (1.1)
Q(x) x − α (x − α) (x − α) x + 2px + q
M2 x + N2 Mt x + Nt
+ 2 2
+ ... + 2 + ..., (1.2)
(x + 2px + q) (x + 2px + q)t

où A1 , A2 , . . . , Ar , · · · , M1 , N1 , M2 , N2 , · · · , Mt , Nt , · · · , sont réels.

L’expression (4) s’appelle décomposition d’une fraction rationnelle en éléments


simples. Pour déterminer les nombres A1 , A2 , . . . , Ar , · · · , M1 , N1 , M2 , N2 , · · · ,
Mt , Nt , · · · , on utilise souvent la méthode des coefficients indéterminés ou celle des
limites ou une combinaison des deux.

2x−1
Exemple 1.4. 1. Décomposer la fraction rationnelle x2 −5x+6
en éléments [Link]
2x−1 A B
x2 − 5x + 6 = (x − 3)(x − 2),la formule (4) donne x2 −5x+6 = x−3 + x−2 .
2
Après multiplication des deux membres de cette égalité x − 5x + 6,on obtient
2x − 1 = A(x − 2) + B(x − 3).Par identification des coefficients suivant les
mêmes puissances ,on trouve A = 5, B = −3.
2x−1 A B
Donc x2 −5x+6
= x−3
+ x−2
.
x2 −1
2. Décomposer la fraction rationnelle x(x2 +1)2
A1 ,A2 ,. . .,Ar ,. . .,M1 ,N1 ,M2 , N2 ,. . . ,Mt ,N

Les racine du polynôme x2 + 1 étant complexes, la forme (4) donne


x2 −1 A Bx+C Dx+E
x(x2 +1)2
= x
+ x2 +1
+ (x2 +1)
. Après multiplication des deux membres de cette
2 2
égalité par x(x + 1) et identification des coefficients suivant les même puissances,
on obtient : A = −1, B = 1, C = 0, D = 2, E = 0. Donc la décomposition cherchée

11
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

x2 −1
est x(x2 +1)2
= − x1 + x2x+1 + (x22x
+1)2
. Il résulte de ce qui précède que l’intégration d’une
fonction rationnelle (1) se ramène à celle d’un polynôme W (x) = a0 xm + a1 xm−1 +
. . . + am dont l’intégrale est tabulaire, et à celle d’une fraction rationnelle irréductible
R(x)
Q(x)
;ceci nous conduit au calcul d’l’intégrales des quatre types suivants :
R A R A A
I) x−α dx = A ln |x − α| + C II) (x−α) r dx = − (r−1)(x−α)r+1 + C (r > 1). III)
R Ax+B R Ax+B
x2 +2px+q
dx; IV) (x2 +2px+q)r dx (r > 1)
Ceci étant, le trinôme x2 + 2px + q n’admet pas de racines réelles, c’est-à-dire que
p2 −q < 0. Pour calculer l’intégrale III), remarquons que x2 +2px+q = (x+p)2 +q−p2 .
Posons par la suite x + p = t ;q − p2 = h > 0. On obtient alors x2Ax+B
R
+2px+q
dx =
R At+B−Ap 1
R 2tdt R dt
t2 +h
dt = 2 A t2 +h + (B − Ap) t2 +h . Le calcul de la première intégrale de
droite est immédiat : t2tdt
R 2 2
2 +h = ln|t + h|+ C = ln |x + 2px + q| + C. La deuxième

intégrale est tabulaire.


Exemple : calculer x26x+5
R
+4x+9
dx Complétons le dénominateur à un carré : x2 +4x+9 =
(x + 2)2 + 5 et faisons la substitution x + 2 = t. On obtient : x26x+5
R
+4x+9
dx =
R 6x+5 R 6(t−2)+5 R 6t−7 R 2tdt R dt
(x+2)2 +5
dx = t2 +5
dt = t2 +5
dx = 3 t2 +5 − 7 t2 +5 = 3 ln(t2 + 5) −
√7 arctan √t + C. En revenant à la variable x, on obtient
R 6x+5
5 5 x2 +4x+9
dx = 3 ln(x2 +
4x + 9) − √7 arctan x+2
√ +C
5 5
Ax+B
R
Passons à présent au calcul de l’intégrale IV : dx, q − p2 > 0, r > 1.
(x2 +2px+q)r
Introduisons è cet effet la nouvelle variable z par la formule z = √x+p 2 , d’où x =
q−p
p p (x+p) 2 2
z q − p2 − p, dx = q − p2 dz (5) On a par ailleurs z + 1 = q−p2 + 1 = x +2px+q
2
q−p2
(6) En faisant la substitution
√ (5) et en tenant compte de (6), on obtient donc
2
A(z q−p −p)+B p
Ax+B
q − p2 dz = (zM2z+N dz = M (z2zdz +N (z2dz
R R R R R
(x2 +2px+q)r
dx = (z 2 +1)r (q−p2 )r +1)r +1)r +1)r
,
où M et N se déduisent de l’avant-dernière égalité. La deuxième intégrale peut être
calculée à l’aide de la formule de récurrence (3), obtenue au paragraphe IV.3. En
posant z 2 + 1 = t dans la première intégrale, on obtient M (z2zdz = M2 dt
R R
+1)r tr
=
M 1 M 1
− 2(r−1) tr−1
+ C = − 2(r−1) 2 r−1 + C.
R(z +1)5x+3
Exemple : Calculer I = (x2 −2x+5) 2 dx Posons z =
√x−1 = x−1 , d’où dx = 2dz et
5−1 2
R 5x+3
R 5(1+2z)+3 R 10z+8
x2 − 2x + 5 = 4(z 2 + 1), donc (x2 −2x+5) 2 dx = 42 (z 2 +1)2
2 dz = 8(z 2 +1)2 dz =

5 zdz
+ (z2dz . Mais (z2zdz = − z21+1 , (z2dz = 2(z2z+1) + arctan z. Donc
R R R R
4 (z 2 +1)2 +1)2 +1)2 +1)2
I = − 85 z21+1 + z
2(z 2 +1)
+ 21 arctan z + C = 4x−5
8(z 2 +1)
+ 12 arctan z + C. En revenant à la
2x−7 1
variable x, on obtient I = 2(x2 −2x+5)
+ 2
arctan( x−1 2
) + C.
On a ainsi établi que l’intégration de toute fraction rationnelle se ramène à celle d’un
polynôme et d’un nombre fini d’éléments simples dont les intégrales s’expriment par
des fonctions rationnelles, logarithmes et des arcs tangentes. Autrement dit, toute
fraction rationnelle s’intègre par des fonctions élémentaires.

12
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

VI. Intégration de certaines fonctions irrationnelles et transcendantes. Dé-


signons préalablement par R(u, v) une foction rationnelle de deux variables u et
v,c’est-´(a)-dire une fonction obtenue uniquement par des opérations arithmétiques
(addition, soustration, multiplicatoin et division) sur les variables u et v. Par exemple :
3u2 v+u5 v 4
R(u, v) = u3 +4v 2
. Si les variables u et v sont à leur tour fonction de x : u =
ϕ(x), v = ψ(x), la fonction R[ϕ(x), ψ(x)]√s’appelle fonction rationnelle de ϕ(x) et
x+ (x2 −1)2
ψ(x).Par exemple, la fonction f (x) = x2 −5√x2 −1 est une fonction rationnelle de x
√ √ 2 √
et de x2 − 1 : f (x) = R(x, x2 − 1). Ici R(u, v) = uu+v
2 −5v , u = x, v = x2 − 1. La
sin2 x−cos2 x
fonction f (x) = sin3 x+2 cos x
est une fonction rationnelle de sin x et cos x : f (x) =
R(sin x, cos x). Considérons maintenant les intégrales de certaines fonctions irration-
nelles et transcendantes élémentaires et montrons qu’elles se ramènent à des intégrales
de fonctions rationnelles qui peuvent être calculées par les méthodes du paragraphe
V. q
ax+b
R
VI. 1. Intégrales de la forme R(x, m
) dx,
où a, b, c et d sont nombres
cx+d
q
arbitraires ( ac 6= db ) ; m, un entier naturel, R une fonction rationnelle de x et m ax+b
cx+d
.
q
Montrons que la substitution t = m ax+b cx+d
nous conduit à
ax+b b−dtm
L ?intégration d’une fonction [Link] effet, tm = cx+d
,x = ctm −a
, dx =
mtm−1(ad−bc)
(ctm −a)2
dt,de sorte que
r
b − dtm mtm−1 (ad − bc)
Z Z Z
m ax + b
R(x, )dx = R( m , t) dt = R1 (t)dt
cx + d ct − a (ctm − a)2
où R1 (t) est une fonction rationnelle de t. Exemple :
R q 1+x dx
1) Calculer T = 1−x 1−x
q 2
Posons T = 1+x 1−x
.On obtient t2 = 1+x1−x
,soit x = tt2 −1
+1
,dx = (t24tdt
+1)2
.
R t2 dt R t2 +1−1 R R dt
Donc T = 2 t2 +1 = 2 t2 +1
dt = 2 dt − 2 t2 +1 = 2t − 2 arctan t + C =
q q
2 1+x
1−x
− 2 arctan 1+x 1−x
+C
R dx
2) Calculer S = √x+ 3 x.

√ √ √ √ √
En remarquant que x + 3 x = ( 6 x)3 + ( 6 x)2 , posons t = 6 x ⇒ x = t6 ,
donc dx = 6t5 dt.
t5
R 3 dt 3
= 6 tt+1 1
)dt = 6( t3 −
R R
On obtient alors S = 6 t3 +t2
= 6 (t2 − t + 1 − t+1
dt
t2 √ √ √ √
2
+ t − ln |t + 1|) + C = 2 x − 3 3 x + 6 6 x − 6 ln( 6 x + 1) + C
R √
[Link] de la forme R(x, ax2 + bx + c)dx ,où a , b et c sont des

nombres arbitraires ;a 6= 0 ; R une fonction rationnelle de x et de ax2 + bx + c.
Si le trinôme ax2 + bx + C possède des racines réelles distinctes x1 et x2 et que a > 0,

13
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

alors
√ q
ax + bx + c = a(x − x1 )(x − x2 ) = |x − x1 | a(x−x 2)
p
2 . Donc
x−x1
√ q q
R(x, ax2 + bx + c) = R(x, |x − x1 | a(x−x
x−x1
2)
) = R1 (x, a(x−xx−x1
2)
). (voir exemple 1))
√ √
2
Si x1 = x2 , alors ax + bx + c = |x − x1 | a, c’est-à-dire qu’on a une fonction ra-
tionnelle de x sous signe d’integration. Il est donc plus intéressant de traiter le cas où
le trinôme ax2 + bx + c n’admet pas de racine réelle et a > 0.
montrons que dans ce cas on se ramène à l’integration d’une fonction rationnelle
√ √
par la substitution d’Euler t = ax2 + bx + c + x a (on peut aussi poser t =
√ √
ax2 + bx + c − x a).
√ √
En élevant les deux membres de l’égalité t − x a = ax2 + bx + c au carré, on ob-
√ 2 −c √ √ 2 √
tient bx + c = t2 − 2 atx, de sorte que x = 2√t at+b , a2 + bx + c = at2√+bt+c
at+b
a
, dx =
√ √
at2 +bt+c a
2 √ 2
(2 at+b )
dt.
R √ R t2 −c
√ 2 √
at +bt+c a
√ 2 √
at +bt+c a
R
Donc R(x, ax2 + bx + c)dx = R( 2√ a+b
, √
2 at+b
)2 √
(2 at+b)2 dt = R1 (t)dt,

où R1 (t) est une fonction rationnelle de t. Si a < 0 et c > 0 ,on utilise une autre
√ √
subtitution d’Euler : ax2 + bx + c = xt 6= c.
Exemples :
√ dx
R
1) Calculer = M. Les racines du trinôme x2 + x + 1 étant com-
x+ x2 +x+1 √
plexes, faisons la subtitution x2 + x + 1 = t − [Link] élevant au carré ,on
t −1 2
t +t+1 2
obtient x2 + x + 1 = t2 − 2tx + x2 ,d’où x = 1+2t , dx = 2 (1+2t)2 dt. Alors
2 2
√ dx t +t+1 2t +2t+2
= At + 1+2t
B D
R R
x+ x2 +x+1
= 2 t(1+2t) 2 dt. Par ailleurs , t(1+2t)2 + (1+2t) 2 . On

dx 2 3 3
R R
obtient A = 2, B = −3, D = −3 Soit x+√x2 +x+1 = [ t − t − (1+2t)2 ]dt =
2 ln |t| − 32 ln |1 + 2t| + 2(1+2t)+c
3
.
√ √
Donc M = 2 ln | x2 + x + 1+x|− 32 ln |1+2x+2 x2 + x + 1|+ 2(1+2x+23√x2 +x+1) +
C
√dx
R
2) Calculer P = (1+x) 1+x−x2
.
2
Les racines de 1 + x − x étant complexe et a < 0, c > 0, on utilise la substi-

tution 1 + x − x2 = tx − 1
En élevant les membres au carré ,on obtient après simplification x = 1+2t
t2 +1
. Soit
2(1−t−t2 )
√ R dt
dx = (t2 +1)2 dt, 1 + x − x2 = 2 1+(t+1) 2 = −2 arctan(t + 1) + C.
2
2(1−t−t )
dt = −2 1+(tdt
R R
Donc P = 1+2t t2 +t−1 2 2 2 +1)2 = −2 arctan(t + 1) + C.
(1+ ) (t +1)
t2 +1 t2 +1 √
1+x−x2 +x+1
En définitive,P = −2 arctan x
+C
Signalons que le calcul des intégrales par la substitution d’Euler conduit gé-
néralement à des calculs laborieux et des expressions volumineuses ,aussi n’y
recout-on que dans les cas où il est impossible de calculer ces intégrales par

14
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

un procédé plus court.

R
[Link]égrale de la forme R(sin x, cos x)dx ,où R est une fonction ra-
tionnelle de sin x et de cos x.
Montrons que la substitution t = tan x2 nous ramène à l’integration d’une fonc-
tion rationnelle. En effet,
x
2 tan 2t 1−tan2 ( x ) 2 1−t 2dt
sin x = 1+tan2 (2x ) = 1+t 2 , cos x = 1+tan2 ( x ) = 1+t2 , dx = 1+t2 , de sorte que
2
2 2
R R 2t 1−t2 2dt
R
R(sin x, cos x)dx = R( 1+t 2 , 1+t2 ) 1+t2 = R1 (t)dt, où R1 (t) est une fonc-
tion rationnelle de t.
dx
R
Exemple :Calculer 1+sin x
.
x 2t 2dt
La substitution t = tan 2 nous donne sin x = 1+t 2,x = 2 arctan t, dx = 1+t2
.
R dx R dt 2 2
Donc 1+sin x
=2 (1+t)2
= − 1+t + C = − 1+tan x + C
2

Remarque 1.1. Le changement de variable t = tan x2 conduit souvent à des calculs


trop compliqués .Il est parfois préférable d’avoir recours à d’autre méthodes menant
plus rapidement au but.

1) Si R(sinx, −cosx) = −R(sinx, cosx) (c’est le cas si l’intégrale est de la forme


R 3
R(sinx)cosxdx), poser sinx = t. Exemple : cossinx+cosx
R
4 x+1 dx 2) Si R(−sinx, cosx) =
R
−R(sinx, cosx) (c’est le cas si l’intégrale est de la forme R(cosx)sinxdx), poser
R sin3 x
cosx = t. Exemple : 2+cosx dx 3) Si R(−sinx, −cosx) = R(sinx, cosx)(c’est le cas si
R 2x
l’intégrale est de la forme R(tanx)dx), poser tanx = t. Exemple : sin
R
cos6 x
dx

R
VI.4. Intégrale de la forme R(exp x)dx Montrons que la substitution t =
exp x nous conduit à l’intégration d’une fonction rationnelle. En effet, vu que x = ln t
et dx = dtt , on obtient R(exp x)dx = R(t) dtt où R(t) est une fonction rationnelle de
R R

t. Exemple : Calculer exp x−1


R dt
R exp x−1
exp x+1
dx posons t = exp x, d’où dx = t
. Donc exp x+1
dx =
R t−1 dt R 2t−(t+1) R dt R dt
t+1 t
= t(t+1
dt = 2 t+1 − t = 2 ln |t+1|−ln |t|+C = 2 ln(exp x+1)−x+C.

Signalons en conclusion que les méthodes d’intégration envisagées n’épuisent pas


toutes les classes de fonctions élémentaires analytiquement intégrables. On a pu se
rendre compte que l’intégration est plus compliquée que la dérivation. Il importe donc
de résoudre un grand nombre d’exercices. Notons par ailleurs que si la dérivation
est une opération stable, il en va autrement de l’intégration. Il existe des fonctions
élémentaires (par exemple exp(−x2 ), ln1x , sinx
x
, etc . . .) dont les primitives ne sont pas
des fonctions élémentaires. Ces primitives existent bien pourtant et jouent un rôle
important tant en analyse mathématique que dans ses applications. Ces primitives

15
CHAPITRE 1. INTÉGRALE INDÉFINIE

sont bien étudies et leurs tables et graphiques permettent de les utiliser fréquemment
en pratique.

16
Chapitre 2

Equations différentielles

2.1 Généralités
Définition

Une équation différentielle d’ordre n ∈ N∗ est une équation de la forme :

f :D → R

f (x, y, y 0 , y 00 , ..., y (m) ) = 0 (2.1)


où f est une application d’une partie D ⊂ Rn+1 dans R, y est une fonction continue
de la variable x et y 0 , y 00 , ..., y (m) sont des dérivées successives par rapport à x de y
jusqu’à l’ordre m.
Une solution de (1) est une appication n fois dérivable qu’on note encore

y:I → R

où I est un intervalle de R tel que pour tout x ∈ I, on ait


Une équation différentielle est une relation entre variable réelle (par example x), une
fonction qui dépend de cette variable (par exemple y) et un certain nombre de ses
dérivées successives. Lorsque la dérivée de plus haut dégré de la fonction (qui
apparaît réellement) est la nime (n ∈ N∗ ) on dit que l’équation différentielle est
d’ordre n.

Exemples
• yy” = x − x2 y 0 est une équation différentielle d’ordre 2 où y est fonction de
la variable x.

17
CHAPITRE 2. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES

x−x2 y 0
On peut aussi l’écrire y” = y
.
• x” − tx0 + x2 = 1 est une équation différentielle d’ordre 2 où x est fonction
de la variable t.
• t0 − tx + x2 = 1 est une équation différentielle d’ordre 1 où t est une
fonction de la variable x.

Remarques
• Une équation différentielle d’ordre n peut donc s’écrire sous la forme :
φ(x, y, y 0 , y”, . . . , y (n) = 0 ou encore φ(x, y(x), y 0 (x), y”(x), . . . , y (n) (x)) = 0
Où y est donc une fonction qui dépend de x et φ est une fonction des n + 2
variables x, y, y 0 , y”, . . . , y (n) .
Nous nous intéressons aux fonctions y à valeurs dans R ou C.
dy
• Il nous arrivera de rencontrer dx
à la place de y’ et nous pourrons avoir des
équations de la forme
2xdx = y 2 dy.

Définition
résoudre (ou intégrer) une équation différentielle φ(x, y, y 0 , y”, . . . , y (n) ) = 0 sur un
intervalle I de R ou R tout entier, c’est trouver toutes les fonctions f telles que :
a. f soit n fois dérivable sur I
b. ∀x ∈ I, φ(x, f (x), f 0 (x), f ”(x), . . . , f (n) ) = 0
Une fonction qui vérifie les conditions (a) (b) est appelée solution (ou intégrale)
poarticulière de l’équation différentielle et sa courbe représentative est appelée
courbe intégrale de l’équation différentielle.
On appelle solution (ou intégrale) générale de l’équation l’ensemble de toutes les
fonctions solutions.
On appelle courbes intégrales d’une équetion différentielle l’ensemble des courbes
représentatives de toutes les solutions de cette équation différentielle.

Remarque
• En pratique, on suppose souvent que I est un intervalle ouvert de R.
• Si Id1 désigne l’application identité de R restreint à I , on peut aussi
0
écrire Φ(Id1 ,y,y ,y ” ,...,y (n) ) = 0

18
CHAPITRE 2. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES

• Dans certains cas, à partir de la solution générale d’une équation


différentielle, on peut rechercher
une solution particulière satisfaisant à certaines conditions appelées
conditions initiales. En
général, ces conditions concernent les valeurs prises par la fonction ou
certaines dérivées en une
valeur x0 . Exemple

• La fonction f définie sur R par f (x) = x2 est une solution particulière


de l’équation différentielle
00 0
y + xy − 5y = 2 − 3x2 .
00
• Les courbes intégrales de l’équation différentielle y = 0. sont les droites
Rx
du plan non parallèles à l’axe des ordonnées. y = 2 tdt = 21 x2 − 2 est la
solution particulière de l’équation différentielle y 0 = x qui vérifie la condition
initiale y(2) = 0
Définition 2.1. Une fonction f est dite une solution minimale d’une
équation différentielle (E) s’il n’existe pas d’intervalle J ⊃ I et de fonction g
telle que g|I =f qui soit aussi solution de (E).
On appelle éqation siplifiée toute équation différentielle qui peut se mettre
sous la forme Φ(x, y (n) )=0.

Méthode de résolution

Si on peut mettre l’équation sous la forme y(n) =g(x)alors il suffit d’intégrer n


fois la fonction g.
Ex : On cherche à résoudre l’équation différentielle xy’-1=0.
A priori, cette équation est définie sur R. toutefois, si x=0, alors aucune
fonction ne convient.
On peut donc la résoudre soit sur ] − ∞; 0[ soit sur ]0; +∞[. Pour simplifier,
on prend ]0; +∞[.
On obient y’ = x1 et donc y=ln x+a où a∈ R.
Les courbes intégrales de l’équation s’obtiennent de celle de ln x par une
translation parallèlement
à l’axe des ordonnées.

19
CHAPITRE 2. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES

2.2 Equation différentielle du premier ordre

2.2.1 Equations à variables séparable


On appelle à variable séparables toutes equation différentielle qui peut se mettre
sous la forme
a(x)+b(y)’=0

Méthode de résolution

A et B des primitives respectivement de a et de b sont continues.


En intégrant l’égalité, on obtient A(x)+B(y)=cste
Si B admet une application réciproque B −1 ,on a y=B −1 (-A(x)+cste).
Ex : On cherche à résoudre l’équation différentielle x2 y’=ey .
Si x=0, alors aucune fonction ne convient.
On peut donc la résoudre soit sur ] − ∞; 0[ soit sur ]0; +∞[.
On a -y’e−y = −1
x2
et en intégrant e−y = x1 +c où c∈ R. Donc y=− ln ( x1 +c) où
c∈ R.
L’ensemble de définition de la fonction y dépend de c.
Pour avoir une solution sur ]0; +∞[, il faut que c >0. Il n’y a pas de solution
sur ] − ∞; 0[ tout
entier, car il faut x1 +c>0 c’est-à-dire c>0 et x ∈ ] − 1c ; 0[.
Remarque 2.1. Il arrivera que l’on ne puisse pas obtenir y en fonction de x.

2.2.2 Equation non linéaires homogèmes


Définition 2.2. On appelle équation homogène toute equation différentielle
qui ne change ps lorsque l’on remplace x par λx et y par λy pour tout réel λ.
Une équation homogène peut se mettre sous la forme φ(y’, xy )=0 et parfois
sous la forme y’=F( xy )(1)

Méthode de résolution

Nous nous bornerons aux équations homogènes que l’on peut mettre sous la
forme (1).
Dans ce cas, on pose y=tx où t est donc une fonction de x.
On obtient alors une équation à variable séparables.

20
CHAPITRE 2. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES

p
Ex : On veut résoudre l’équation différentielle xy’-y= x2 + y 2 sur ]0; +∞[.
On peut
√ mettre cette équation sous la forme (1) en effet, on a
x2 +y 2 +y
= 1 + ( xy )2 + xy .
p
y’= x

On pose donc y = tx et y 0 = t0 x + t.

x(t0 x + t) − tx = x2 + t2 x2

⇔ t0 x + t − t = 1 + t2
⇔ t’ × √ 1 = 1
1+t2 x

⇔ ln(t+ 1 + t2 )=lnkx où k ∈R∗+ ou argsh t=ln x+c
où c∈ R
√ eln(kx) −e− ln(kx)
⇔ 1 + t2 = kx - t où k ∈R∗+ ou t= 2
où k ∈ R∗+
1
kx− kx
⇔ 1+ t2 = k2 x2 -2kxt +t2 où k ∈R∗+ ou t= 2
où k ∈ R∗+
k2 x2 −1
⇔t= 2k
où k ∈ R∗+ .
k2 x2 −1
Et donc y(tx) = 2k
où k ∈ R∗+ .

21

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