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Tuberculose animale : guide vétérinaire

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ECOLES NATIONALES VETERINAIRES FRANCAISES

MALADIES CONTAGIEUSES

LA TUBERCULOSE

Ce fascicule fait partie de l’ensemble des documents polycopiés rédigés de manière


concertée par les enseignants de maladies contagieuses des quatre Ecoles nationales
vétérinaires françaises , à l’usage des étudiants vétérinaires.

Sa rédaction et sa mise à jour régulière sont sous la responsabilité de Monsieur


[Link].

Septembre 2001 Ce document vous est offert par Mérial


TUBERCULOSE ANIMALE

Sommaire

AVANT PROPOS ………………………………………………………. 5

LA TUBERCULOSE ANIMALE : GENERALITES ………………….. 6

TUBERCULOSE BOVINE ……………………………………………... 27

TUBERCULOSE AVIAIRE ……………………………………………. 74

TUBERCULOSE PORCINE …………………………………………… 79

TUBERCULOSE DU MOUTON ET DE LA CHEVRE ……………….. 84

TUBERCULOSE DES EQUIDES ……………………………………… 86

TUBERCULOSE DES CARNIVORES DOMESTIQUES …………….. 89

TUBERCULOSE DES AUTRES ESPECES ANIMALES …………….. 100

POUR EN SAVOIR PLUS ……………………………………………… 104

CONNAISSEZ-VOUS LA TUBERCULOSE ? ………………………… 105


Tuberculose/Sept. 2001

Objectifs d’apprentissage

DEUX CATEGORIES D' OBJECTIFS : A (libellé souligné) et B

Les objectifs A correspondent à des situations professionnelles d'urgence (nécessitant un strict minimum de connaissances théoriques
mémorisées), où les décisions du vétérinaire peuvent avoir de très graves conséquences (une erreur constituant une faute professionnelle
inexcusable) ou à des notions de base i ndispensables à posséder (ex. : définitions) pour pouvoir répondre à d'autres objectifs.
Les objectifs B relèvent de l'aptitude au raisonnement.

1. Présenter l’évolution de la situation épidémiologique de la tuberculose bovine en France, l’état pour la dernière année, en discutant la
signification des indicateurs les plus pertinents.
2. Présenter le protocole réglementaire des différentes techniques d’intradermo-tuberculination chez les bovins (IDS et IDC), leurs
causes d’erreurs, et les modalités d’interprétation.
3. Présenter les modalités du dépistage de la tuberculose chez les bovins, leurs caractéristiques, leurs facteurs de variabilité, en vue d’en
apprécier la valeur.
4. Présenter les principes de lutte contre la tuberculose bovine en France, en discuter les facteurs de réussite ou d’échec, les résultats ainsi
que les perspectives.
5. Présenter les mesures réglementaires à mettre en œuvre dans :
5.a. Un élevage bovin indemne de tuberculose pour l’obtention et le maintien de sa qualification.
5.b. Un élevage bovin dans lequel sont constatés des éléments de suspicion de tuberculose, en vue de confirmer ou d’infirmer cette
suspicion.
5.c. Un élevage bovin reconnu infecté de tuberculose.
5.d Un élevage bovin susceptible d’être infecté de tuberculose.
6. Présenter les éléments de suspicion de la tuberculose et les moyens de la confirmer chez :
6.a. le chien ;
6.b. le chat ;
6.c. les volailles ;
7.c. le porc.
7. Présenter la conduite à tenir lors de la visite préalable à l’introduction d’un bovin dans un cheptel indemne de tuberculose bovine.

3
Tuberculose/Sept. 2001

4
Tuberculose/Sept. 2001

AVANT PROPOS

La tuberculose, aussi bien animale qu’humaine, peut sembler à beaucoup d’étudiants une maladie du passé. Pourquoi
alors, se demandent-ils, consacrer une telle place (volume du polycopié, temps consacré dans l’enseignement) à cette
maladie, aux dépens, sans doute, d’affections d’importance certainement beaucoup plus actuelle ?
Il est vrai que dans le passé cette maladie a été sans doute LA maladie la plus redoutable et la plus redoutée. Pour cette
raison, elle constitue toujours maintenant une obligation de préoccupation de Santé publique vétérinaire, tant il est vrai
que l’« on doit lutter contre les maladies surtout quand elles ne sont pas là1 ».
La situation est favorable : globalement, en particulier en France, elle est en voie sinon de disparition, tout au moins
d’être maîtrisée. Certes, de nouveaux problèmes peuvent surgir (nouvelles espèces animales impliquées), mais ils sont
essentiellement ponctuels, et leur fréquence n’a rien à voir avec ce que notre pays a pu connaître il y a quelques
décennies.
Mais on doit tenir compte de nouvelles possibilités d’extension de la tuberculose animale, en raison des perspectives
d'élargissement de l'Union Européenne vers l’Europe de l’Est.
Des pays de situation épidémiologique très défavorable, équivalente à celle que connaissait la France avant le début de la
lutte, auront la possibilité de faire circuler librement des produits et des animaux, ce qui pourra constituer
potentiellement un risque accru de tuberculose si les précautions indispensables venaient à ne pas être respectées. De
plus, des pays doivent entreprendre des programmes de lutte qui doivent à la fois être plus rapides, plus efficaces et
moins coûteux que ceux mis en œuvre dans les pays d'Europe de l'Ouest au cours des 50 dernières années…. On
comprend l'ampleur du défi, qui ne pourra être relevé qu'au prix d'une aide à la fois technique, financière mais aussi
scientifique de la part de l'U.E.. La libre circulation des denrées, la difficulté de mise en place de systèmes cohérents de
contrôles (pas seulement sanitaires, mais aussi policiers), les difficultés économiques de certains pays, qui favorisent
tous les trafics, autant de facteurs qui exposent notre pays au risque de voir apparaître de nouveaux cas de tuberculose
animale, selon des circuits épidémiologiques nouveaux, mais qui pourraient ensuite se propager selon les modalités
classiques.
Par ailleurs, le Syndrome d’Immunodéficience Acquise (SIDA) rend les patients qui en sont atteints particulièrement
vulnérables à la tuberculose, qu’ils peuvent contracter aussi à partir de réservoirs animaux, qui peuvent eux-mêmes
avoir été contaminés à partir d’une source humaine….
Par conséquent, pour au moins ces deux raisons, tout vétérinaire praticien se doit de ne pas ignorer cette maladie, afin
d’être à même de tenir sa place dans le système de Santé publique vétérinaire qui comporte ainsi deux volets, l’un
tourné spécifiquement vers l’animal, l’autre vers l’Homme, dans la mesure où l’animal, ou des compétences
vétérinaires sont impliqués.
Enfin, cette maladie constitue aussi un modèle de connaissance des maladies infectieuses, puisque le recul dont nous
disposons sur son étude et la richesse de l’information ainsi fournie, permettent de mieux comprendre les modalités de
construction de la connaissance sur une maladie, et ainsi de les appliquer plus facilement à d’autres maladies. Citons
entre autres, les concepts de cause infectieuse, la qualité des tests de dépistage et de diagnostic, les concepts de
l’épidémiologie, de la lutte.
Pour ces différentes raisons, nous avons choisi d’accorder la place qui lui revient à cette maladie. Pourtant, nous avons
allégé au maximum son enseignement, afin de tenir compte malgré tout de son importance réduite par la fréquence de
ses manifestations. C’est pourquoi, les notions générales sont très limitées : nous renvoyons aux enseignements des
disciplines concernées. La tuberculose bovine fera en revanche l’objet d’un développement relativement important, en
raison de sa place majeure, sur tous les points de vue évoqués précédemment.

?
la tuberculose animale : généralités

DEFINITION
La tuberculose est une maladie infectieuse, commune à l’homme et à de nombreuses espèces animales. Elle est due à
diverses espèces bactériennes appartenant au genre Mycobacterium : M. tuberculosis, M. bovis, M. africanum, M.
avium…

1
Leclainche

5
Elle est caractérisée, cliniquement, par une évolution le plus souvent chronique et un grand polymorphisme,
anatomiquement, par des lésions inflammatoires : les tubercules.

HISTORIQUE
La tuberculose est connue et sévit depuis très longtemps : des lésions osseuses du mal de Pott (localisation vertébrale de
la tuberculose) ont été retrouvées sur des squelettes de l’âge de pierre et sur des momies égyptiennes.
Dans l’antiquité, Hippocrate décrivit chez l’homme trois types de processus morbides sans faire de rapprochement entre
eux : la « phtisie galopante » (maladie en général rapidement mortelle, avec atteinte élective du poumon), la « fièvre
consomptive » ou mal de langueur (à évolution lente, avec amaigrissement, cachexie…) et la « scrofulose2 »
(caractérisée par une adénite cervicale chez l’enfant).
En 1810, Laennec utilisa le stéthoscope pour l’auscultation, effectua une étude clinique et nécropsique complète de la
maladie qui lui permit d’affirmer l’unicité de la tuberculose. Il eut également le mérite de penser que la « maladie
perlière ou pomelière » des bovidés était de nature tuberculeuse.
En 1882, Robert Koch mit en évidence à partir de lésions humaines, le bacille tuberculeux (souvent désigné, depuis,
comme bacille de Koch ou B. K.) puis le cultiva sur sérum de cheval coagulé. Pour Koch, un même bacille était
responsable de la tuberculose naturelle de l’homme, des bovins, du singe, du cobaye, du lapin et de la poule.
Cependant, de 1889 à 1891, différents auteurs dont Strauss et Gameleia montraient que le bacille tuberculeux des poules
possédait des caractères particuliers.
Quelques années plus tard, Th. Smith montrait, de même, que le bacille responsable de la tuberculose des bovins était
différent de celui de la tuberculose humaine.
Ainsi, étaient dissociés les trois bacilles qui devaient être individualisés ultérieurement en espèces différentes : M.
tuberculosis le bacille tuberculeux humain, M. avium le bacille tuberculeux aviaire et M. bovis le bacille tuberculeux
bovin.
Après cette phase étiologique, les recherches s’orientèrent vers la prophylaxie et le traitement de la tuberculose.
En 1890, Koch mit au point la « lymphe tuberculeuse » ou vieille tuberculine, composée des produits solubles résultant
de la culture du bacille dans du bouillon glycériné. Son application au traitement des tuberculeux se révéla néfaste car
elle provoquait une aggravation des lésions et entraînait la mort de plus de 80 p. cent des malades. En revanche, son
application au diagnostic allergique de la maladie, proposée par Guttmann en 1891, devait se révéler très intéressante.
La recherche d’un vaccin conduisit à de très nombreux essais avec des produits variés : bacilles tuberculeux tués par la
chaleur ou par différents agents chimiques, bacilles acidorésistants des animaux à sang froid (Acido Résistant de la
Tortue ou ART de Friedmann), bacilles tuberculeux vivants virulents ou peu virulents (vaccination des bovins par
bacilles humains vivants…).
De 1908 à 1920, une souche de M. bovis fut repiquée sur pomme de terre biliée par Calmette et Guérin. Le
B.C.G.(Bacille de Calmette et Guérin) fut appliqué à l’Homme pour la première fois en 1921 et l’a été depuis sur un
milliard de personnes.
Parallèlement à l’étude des bacilles tuberculeux, d’autres bacilles acido-alcoolo-résistants appelés « paratuberculeux »
étaient mis en évidence dans des milieux divers : smegma, fumier, beurre, eau, terre…L’intérêt pour de telles
mycobactéries resta limité jusqu’en 1953, date à laquelle Pollak et Buhler en isolèrent au Kansas à partir de malades
morts : M. kansasii. Ce fut le point de départ de recherches sur les « mycobactéries atypiques » qui interviennent en
pathologie humaine et animale.

IMPORTANCE
?? Toutes les espèces de vertébrés peuvent être atteintes spontanément par des bacilles tuberculeux.
?? Sur le plan économique, la tuberculose animale entraîne des pertes en viandes (saisies aux abattoirs), en lait et
gêne l’exportation.
?? Les pertes dues à la tuberculose bovine avant l’application des mesures de lutte en France ont été estimées à 3 p.
cent de la production bovine (soit pour l’année 1955 par exemple, 20 milliards d’anciens francs de pertes).
?? Sur le plan hygiénique, il faut distinguer la tuberculose interhumaine de la tuberculose zoonose. L’incidence
annuelle de la tuberculose humaine est passée (selon les Déclarations obligatoires officielles) de plus de 30.000 cas

2
« Scrofulose » : dérivé de scrofa (latin : « truie », sans doute en raison de la fréquence des tumeurs ganglionnaires chez le
porc…). Adénopathie cervicale chronique d’origine tuberculeuse et abcès du cou provenant de cette maladie. L’un des pouvoirs
symboliques attribués au roi de France, sacré et oint, était son pouvoir de guérir les « écrouelles » (même sens, même origine
étymologique, terme plus ancien) en les touchant.

6
en 1970 à 6.651 (soit 11 p. 100.000) en 1998, le nombre de morts de 4.000 à 1.000. Le taux de létalité est resté
constant (10 %). Les décès par tuberculose sont enregistrés surtout chez des personnes âgées (plus de 65 ans). En
Ile-de-France, on constate une nette augmentation du taux d’incidence (double du reste de la France) touchant
principalement des hommes jeunes (25 à 44 ans) à rapprocher d’évolutions analogues dans d’autres métropoles
occidentales, pour lesquelles l’épidémie de SIDA a été considérée comme le principal facteur responsable.
La tuberculose zoonose4 reste en France très faible, de l’ordre de 0,5 p. cent des cas de tuberculose humaine. Avant
l’obligation de pasteurisation du lait (de 1912 à 1951), la proportion des cas de tuberculose humaine d’origine bovine
était estimée à 1,3 % des cas de tuberculose humaine. Actuellement, on ne constate aucun cas de tuberculose d’origine
bovine chez des sujets jeunes (moins de 15 ans). La majorité des cas est constatée chez des sujets âgés (plus de 60 ans),
selon une forme extrapulmonaire, signe d’une contamination ancienne, d’origine digestive, suivie d’une réactivation
tardive. Les autres cas constatés, dans les tranches plus jeunes, sont de localisation pulmonaire, soulignant ainsi
l’efficacité des mesures de lutte actuellement en vigueur chez les bovins.

ETIOLOGIE
Les bacilles tuberculeux sont des bactéries classées dans l’ordre des ACTINOMYCETALES, famille des
MYCOBACTERIACEAE, genre MYCOBACTERIUM. Toutes les bactéries de cet ordre possèdent une propriété
tinctoriale particulière : l’Acido-Alcoolo-Résistance (bacilles A.A.R. – coloration de Ziehl) (pour plus d’information
sur les autres particularités se reporter au cours de microbiologie).

______________________________
1
Boulahbal F. et al – La tuberculose humaine à Mycobacterium bovis en France durant l’année 1995. Bulletin épidémiologique
hebdomadaire 1998, 48.

7
I - LE MONDE MYCOBACTERIEN

Dans la famille des mycobactéries, on distingue trois groupes (Tableau I) :


?? les mycobactéries pathogènes ;
?? les mycobactéries opportunistes ;
?? les mycobactéries saprophytes.
Ces deux dernières catégories sont qualifiées d’atypiques.
TABLEAU I
Principales mycobactéries actuellement reconnues

Noms d’espèce Signification pathologique


M. PATHOGENES
M. tuberculosis ???? (Tuberculose humaine)
M. bovis ???? (Tuberculose bovine)
M. avium ???? Oiseaux (Tuberculose aviaire)
? Mammifères
M. microti ? (Tuberculose du campagnol)
M. paratuberculosis ???? (Maladie de Johne)
M. leprae ???? (Lèpre humaine)
M. lepreamurium
? (Lèpre murine)
M. farcinogenes
? (Farcin du bœuf en Afrique)
M. OPPORTUNISTES
M. chelonei ?
M. fortuitum ?
M. gordonae (ou aquae) ?
M. intracellulare ?
M. kansasii ?
M. marinum ?
M. ulcerans ?
M. xenopi
?
M. SAPROPHYTES
M. flavescens ?
M. gastri ?
M. phlei ?
M. smegmatis ?
M. tamnopheos ?
M. terrae ?
M. vaccae ?

?? Les mycobactéries opportunistes ne répondent pas aux caractères des bacilles tuberculeux. Dans des conditions
mal définies, elles peuvent provoquer des troubles chez l’Homme, les bovins, les porcs…
Exemples :
?? thélite nodulaire tuberculoïde de la vache laitière imputée à
M. gordonae (ou aquae) ;
?? affections pulmonaires et ganglionnaires des bovins à M.
kansasii ;
?? nodules cutanés tuberculoïdes et mammites des bovins,
adénites du porc à M. fortuitum ;
?? etc.
Ces mycobactéries provoquent des infections :
?? peu ou pas contagieuses ;
?? cliniquement identiques à la tuberculose (localisations pulmonaires, ganglionnaires, mammaires, cutanées…) ;
?? habituellement bénignes (mais exceptions) ;
?? souvent rebelles aux médicaments antituberculeux ;
?? responsables de réactions positives par excès lors de dépistage allergique de la tuberculose.

?? Les mycobactéries saprophytes sont très nombreuses dans la nature : eau, sol, herbe, tube digestif, peau,
muqueuses, lait (M. phlei, M. vaccae, M. gastri…). A connaître pour éviter des erreurs d’interprétation au laboratoire

8
lorsqu’elles souillent certaines plaies et divers prélèvements. Parfois responsables de réactions non spécifiques à la
tuberculine lorsqu’elles transitent accidentellement dans certains tissus.
Conséquences pratiques :
?? Toute mycobactérie isolée doit faire l’objet de la détermination de l’espèce, afin de permettre l’évaluation de son
rôle pathogène dans le processus étudié.
?? Pour les mycobactéries opportunistes (a fortiori les saprophytes), le simple isolement ne permet pas, ipso facto,
d’en déduire une responsabilité dans le processus étudié ; cette conclusion est toujours à soumettre à discussion cas
par cas, selon les arguments disponibles : respect de conditions aseptiques de prélèvement, isolement en culture
pure, reproduction du pouvoir pathogène de la souche isolée, par exemple.

QUELQUES CARACTERISTIQUES ESSENTIELLES

Comme la plupart des mycobactéries (excepté M. smegmatis, M. fortuitum), les bacilles tuberculeux ne sont pas
capables d’assurer leur croissance sur les milieux bactériologiques usuels et nécessitent l’emploi de milieux
spéciaux.
Les cultures se développent lentement : 10 jours à 2 mois selon le type de bacille tuberculeux (elles se différencient
ainsi de certaines mycobactéries dites à croissance rapide formant des colonies visibles en moins de 7 jours).
Etant donné que les bacilles tuberculeux se multiplient lentement, il faut débarrasser, avant la mise en culture, les
produits pathologiques plurimicrobiens des germes saprophytes. Ce résultat est obtenu en traitant au préalable les
prélèvements par des agents chimiques (soude, détergents, …) auxquels les bactéries habituelles sont plus sensibles que
les bacilles tuberculeux.
Les mycobactéries sont sensibles à la chaleur (20 minutes à 60°C, 20 secondes à 75°C), aux rayons U.V. et à la
lumière ; elles résistent au froid et à la dessiccation.
Applications :
- Importance de la pasteurisation ou de la stérilisation du lait.
- Possibilité de traitement thermique des viandes tuberculeuses.
Les mycobactéries sont beaucoup plus résistantes que les bactéries usuelles aux antiseptiques et désinfectants
chimiques. Les bacilles tuberculeux résistent aux acides et aux bases en solution.
Application : Permet le traitement des produits virulents contaminés par d’autres bactéries, avant ensemencement
(traitement pendant 20 minutes par la soude à 4 p. cent et neutralisation par l’acide sulfurique à 15 p. cent).
Les bacilles tuberculeux sont sensibles à l’iode, à l’alcool3 , aux dérivés phénoliques, aux hypochlorites et au formol.
Application : Désinfection des matériels et locaux contaminés, par le phénol (solution de phénol à 30 g/l) ou les
hypochlorites (solution titrant 1° chlorométrique).
Les mycobactéries sont résis tantes aux antibiotiques usuels (pénicilline, tétracycline, chloramphénicol…). Le bacille
tuberculeux est néanmoins sensible à certains médicaments (voir traitement).
Application : Traitement de la tuberculose humaine (ubi infra).

ROLE PATHOGENE POUR LES DIVERSES ESPECES (TABLEAU II)

Tableau II: Pouvoir pathogène des principaux bacilles tuberculeux pour les différentes espèces animales et
l’Homme.
Pouvoir pathogène : P = élevé ; (O) = rare ou exceptionnel.
M. tuberculosis M. bovis M. avium
Homme P P (O)
Chien P P (O)
Chat P P (O)
Bovins (O) P (O)
Ovins, caprins (O) P P
Porc P P P
Oiseaux en général (O) (O) P
Psittacidés P (O) (O)
Singes P P (O)

3 Une suspension de bacille tuberculeux est inactivée en 5 minutes au contact de l’alcool à 90°. Lorsque l’on parle
d’acido-alcoolo-résistance du bacille tuberculeux, on entend donc la seule résistance du bacille à la décoloration par
l’acide et l’alcool.

9
Conséquences :
- Epidémiologique : L’interdépendance des tuberculoses animales est fonction du bacille tuberculeux en cause.
- Prophylactique : La prophylaxie de la tuberculose doit se préoccuper de toutes les espèces animales pouvant servir
de relais à la contagion.
- Diagnostique : Quel que soit le bacille en cause, les réactions à la tuberculine deviennent positives. Intérêt d’une
différenciation par l’intradermotuberculination comparative(ubi infra).
Les bacilles tuberculeux sont des bactéries définies par une acido-alcoolo-résistance (bacilles A.A.R.), une croissance
lente sur des milieux toujours enrichis (type milieu de Loewenstein-Jensen), un pouvoir pathogène qui s’exprime par
l’évolution d’une maladie chronique et l’apparition de lésions «tuberculeuses » et, surtout, un pouvoir allergène
(allergie tuberculinique).
La dénomination de «bacilles tuberculeux » regroupe trois bactéries principales : M. tuberculosis, M. bovis et M.
avium, faciles à individualiser, de pouvoir pathogène variable selon les espèces animales.

PATHOGENIE

Les conditions de l’infection dépendent de facteurs tenant au bacille (virulence), à l’hôte (réceptivité), et aux modalités
de contamination (dose infectante, répétition des doses).
L’infection se déroule par étapes où elle peut régresser, ou se stabilis er, ou évoluer, toutes combinaisons étant possibles,
cela en fonction du bacille, de l’espèce animale en cause et des conditions de l’infection.
L’hôte réagit par une réaction immunitaire, principalement cellulaire, dont la caractéristique principale est
l’hypersensibilité retardée et dont l’application est le diagnostic par injection de tuberculine. Les anticorps élaborés sont
d’un intérêt médiocre pour le diagnostic.
(Cette partie sera plus développée dans l’étude de la tuberculose bovine).

SYMPTOMES

La tuberculose est le type des maladies infectieuses à évolution chronique :


- évolution lente, progressive, s’étendant sur des mois et des années ;
- des poussées aiguës peuvent néanmoins survenir qui accélèrent et aggravent l’évolution.
Fréquence et importance des formes cliniquement silencieuses :
« Il y a plus d’infectés que de malades ».
« L’infection est la règle, la maladie l’exception ».
- Dans les espèces humaine et bovine, l’état de « tuberculose-infection » peut persister pendant des années,
voire toute la vie.
Exemple : pourcentage chez les bovins en France en 1954 :
?? Tuberculose infection : 10 %
?? Tuberculose maladie : 0,3 %
soit sur 1.000 bovins :
?? 100 infectés réagissent à la tuberculine
?? 3 malades.
- Dans les autres espèces : porc, cheval, carnivores, oiseaux, l’infection tuberculeuse engendre ordinairement la
maladie en quelques mois.
Particularités de la tuberculose maladie :
- Grande variété des aspects cliniques : tous les tissus et organes peuvent être intéressés par le processus
(localisations plus ou moins fréquentes selon l’espèce et le mode de contamination).
- Manifestations cliniques peu caractéristiques, en dehors de quelques localisations particulières. En fin
d’évolution, elles vont de pair avec une atteinte importante de l’état général dominée par l’amaigrissement des
animaux.
- Défaut de corrélation entre l’importance des lésions et l’intensité des manifestations observées.
Conséquences : Ces quelques considérations suffisent à rendre compte des difficultés du diagnostic clinique :
Chez l’Homme, plus de la moitié des cas de mort par tuberculose ne sont diagnostiqués qu’à l’autopsie.
Conclusion : Nécessité de recourir à des moyens expérimentaux pour pallier les insuffisances du diagnostic clinique.

10
LESIONS
(Pour plus d’information, se reporter au cours d’anatomie pathologique)

Les lésions macroscopiques sont :


- soit localisées et bien délimitées : les tubercules ;
- soit étendues et mal délimitées : infiltrations et épanchements tuberculeux.
La lésion microscopique la plus représentative, considérée comme « spécifique » est le follicule tuberculeux, constitué :
- d’un centre nécrotique homogène (caséum) ;
- d’une première couronne de cellules (histiocytes, macrophages) ;
- d’une seconde couronne purement lymphocytaire.
L’évolution de cette lésion peut se réaliser dans le sens d’une calcification du caséum, avec fibrose périphérique.

EPIDEMIOLOGIE

EPIDEMIOLOGIE DESCRIPTIVE
Elle n’est bien connue que pour les bovins et pour l’Homme, pour lesquels on dispose des données nécessaires (voir les
développements correspondant à la tuberculose bovine).

EPIDEMIOLOGIE ANALYTIQUE

SOURCES DE CONTAGION

Rôle des individus tuberculeux


Les individus tuberculeux (homme ou animal) constituent une source importante de contagion. L’excrétion de bacille
tuberculeux est :
- Précoce : pendant la période d’infection cliniquement muette.
Conséquence : Importance du dépistage de la tuberculose.
- Durable : durant toute l’évolution de la maladie.
Conséquence : Eliminer tous les animaux infectés.
- Importante : surtout dans les formes ouvertes 5 .
Conséquence : Importance de l’examen clinique qui, associé au dépistage allergique, permet de révéler ces formes et
importance de l’élimination précoce des animaux qui en sont atteints.
- Irrégulière : l’excrétion varie en intensité dans le temps.
Conséquence : Risque de résultats négatifs par défaut pour les examens bactériologiques pratiqués sur les excrétions.

Matières virulentes

Tissus divers
- Organes et ganglions, siège du foyer tuberculeux.
- Sang : la bacillémie est rare et transitoire. Elle survient lors d’épisodes aigus et surtout à la phase terminale de la
maladie.
- Muscles, viandes : virulence conditionnée :
?? Par la proximité du foyer tuberculeux : aussi la découverte de lésions ganglionnaires doit imposer, lorsque
l’animal est destiné à la consommation, la saisie de l’organe ou de la partie de la carcasse correspondante.
?? Par la virulence du sang : les formes évolutives de tuberculose (correspondant à un risque élevé de bactériémie)
doivent imposer, lorsque l’animal est destiné à la consommation, la saisie totale des carcasses 4 .
- Œufs : les œufs de poules atteintes de tuberculose peuvent parfois contenir des bacilles tuberculeux.

5 La dilution de 1 litre de lait de mammite tuberculeuse dans 1 million de litres de lait sain permet de transmettre encore la tuberculose au cobaye.
4 Cas de saisie totale chez les bovins : tuberculose miliaire aiguë avec foyers multiples ; tuberculose caséeuse avec foyers de ramollissement volumineux ou étendus
à plusieurs organes ; tuberculose caséeuse accompagnée de lésions ganglionnaires à caséification rayonnée.

11
Excrétion
Rôle variable selon la localisation du processus tuberculeux.
- Jetage, salive, expectorations : provoquent la dispersion dans l’atmosphère de gouttelettes contenant quelques
bacilles tuberculeux et responsables d’une transmission aérienne (rôle important dans la tuberculose bovine).
- Excréments : parfois très riches en bacilles tuberculeux (matière virulente essentielle dans la tuberculose aviaire).
- Lait : virulence du lait lors d’infection mammaire, même en l’absence de lésion macroscopique (ex : 5 à 7 % des
vaches à tuberculination positive excrètent du bacille dans le lait en l’absence de lésion mammaire apparente).
- Urines : virulentes lors de tuberculose rénale ou de tuberculose généralisée (carnivores en particulier).
- Lésions cutanées : parfois riches en bacilles (ex : chat).
- Sperme : virulent lors de lésions du testicule ou de l’épididyme.
- Sécrétions utérines : importance lors de métrite tuberculeuse (bovins).
N. B. : En fonction de l’espèce, une catégorie de matières virulentes joue un rôle primordial dans la contagion : par
exemple, ce sont les expectorations chez l’Homme et les bovins ou les fèces chez les oiseaux.

Résistance du bacille tuberculeux


Toujours élevée.

a) Dans le milieu extérieur : souillé par les excrétions virulentes


Exemples :
- Les bacilles desséchés, conservés à l’obscurité, demeurent virulents pendant au moins 5 mois ; conservés à la
lumière, ils ne restent virulents que 40 jours environ.
- Dans les bouses de vache le bacille tuberculeux bovin peut résister jusqu’à 2 mois en été et 5 mois en hiver. Le
bacille tuberculeux aviaire semble pouvoir résister dans le sol pendant des durées bien supérieures.
Conséquences : Rôle important des locaux, du matériel, etc. souillés par les excrétions virulentes dans la transmission.
Importance de la désinfection.

b) Dans les produits d’origine animale (lait…)


Exemple : en 1953, 25 à 64 % des laits de grand mélange pouvaient transmettre la tuberculose au cobaye. Réfrigérés,
les laits restent virulents durant plusieurs semaines.
Conséquences :
- Intervention possible de ces produits dans la transmission de la tuberculose.
- Nécessité de les détruire ou de les stériliser par la chaleur (la pasteurisation du lait permet de détruire le bacille
tuberculeux).

B MODALITES DE LA CONTAGION

1 Modes de transmission
Ils sont divers et varient en importance selon l’espèce.

a) Transmission verticale
Absence de transmission congénitale : le jeune issu de mère tuberculeuse naît sain ; isolé dès la naissance, il peut être
utilisé pour le repeuplement.

b) Transmission horizontale
- Transmission directe : A la faveur de contacts entre individu infecté et individu sain : cohabitation, ingestion par
le veau du lait virulent, contamination vénérienne, contact au pâturage (pendant les 48 premières heures d’un
premier contact à l’occasion d’un regroupement de bovins, ceux-ci passent 50 % du temps mufle contre mufle).
- Transmission indirecte : Par l’intermédiaire des locaux, pâturages, véhicules de transport, aliments,
eaux…contaminés ou des produits d’origine animale virulents (lait…).

2 Voies de pénétration

a) Voie respiratoire
Inhalation de microparticules (aérosols de 3 à 7 µ) excrétées par les organismes tuberculeux. C’est la voie de
pénétration la plus fréquente chez les bovins, le chien, l’Homme. Son efficacité est redoutable, car les bacilles sont
déposés dans l’alvéole, où les défenses immunitaires sont les plus faibles.

12
b) Voie digestive

Absorption de lait virulent (veau, chat…) de viandes ou d’abats virulents (carnivores), coprophagie (volailles), etc.

c) Autres voies

- Voie vénérienne : importance dans la monte publique et l’insémination artificielle. Ex : un taureau responsable de
la contamination de 800 vaches en 1968 par l’utilisation de sa semence contaminée pour l’insémination artificielle.
- Voie cutanée : piqûre, souillure de plaie ; rencontrée surtout chez l’Homme (contamination accidentelle de
personnes en contact avec un animal familier tuberculeux ; contamination cutanée de bouchers, tripiers,
vétérinaires…en contact avec des carcasses tuberculeuses).
- Voie conjonctive : possible.

C FACTEURS DE RÉCEPTIVITÉ

Dans la tuberculose, le « terrain » joue un rôle important dans le développement de l’infection. Par ailleurs, certains
facteurs (surmenage, lactation…) peuvent favoriser l’expression clinique de l’infection.

III ÉPIDÉMIOLOGIE SYNTHÉTIQUE


Plusieurs facteurs conditionnent les aspects épidémiologiques de la tuberculose.
- La contagiosité apparaît faible, lorsqu’on la compare à celle de certaines maladies virales comme la fièvre
aphteuse, la peste aviaire, etc. Elle est favorisée par la cohabitation, la promiscuité (danger de la surpopulation) et
l’entretien des individus dans une ambiance favorisant la survie du bacille tuberculeux (locaux humides, obscurs,
insalubres).
- L’infection isolée et légère d’organismes reste souvent cliniquement indécelable et n’évolue pas vers la maladie.
L’exposition répétée à une contamination ou l’intervention de facteurs d’agression (lactation, surmenage…) jouent
un rôle important dans le déclenchement de la maladie.
- La longueur de l’incubation et de l’évolution clinique étale dans le temps les contaminations et, par la suite,
l’apparition de cas secondaires.
Pour cette raison, la tuberculose animale apparaît comme une enzootie, jamais comme une épizootie ; elle
s’étend progressivement, dans les effectifs animaux et s’incruste dans les exploitations.
- Toutefois, les conditions d’élevage facilitant la contamination de nombreux animaux à une même source,
expliquent de véritable explosions de tuberculose, sans diffusion réelle dans l’effectif (anazootie).
- La réceptivité de différentes espèces d’organismes au bacille tuberculeux et la variété d’occasions de transmission
de ces bacilles sont à l’origine d’un réseau complexe d’interrelations entre la tuberculose humaine et celle de
différents animaux (cf. Figure 1).
L’interrelation des tuberculoses humaine et animales est un facteur à ne pas sous-estimer et se répercute dans
l’application des mesures de prophylaxie sanitaire de la maladie. Dans certains pays, des animaux sauvages jouent le
rôle de réservoir : Blaireau (Irlande, Angleterre) ; Possum (Nouvelle – Zélande).

La tuberculose animale est une maladie contagieuse d’autant plus dangereuse que l’excrétion bacillaire est précoce et la
maladie très difficile à reconnaître sans l’apport de moyens expérimentaux.
La source de contage est représentée par les individus infectés, et pas seulement les malades (quelle que soit l’espèce en
cause : interdépendance des tuberculoses animales et humaine) et la tuberculose se transmet le plus souvent par voie
respiratoire ou digestive.
Elle s’étend lentement, insidieusement, au sein des effectifs animaux ce qui lui confère un aspect enzootique. Les
explosions sont de mécanisme anazootique.

13
Figure 1 : Représentation schématique des principales interrelations des tuberculoses humaines et animales.

BOVINS

BLAIREAU MOUTON
CHEVRE

PORC

CHIEN

HOMME CHAT

CHEVAL

MILIEU

EXTERIEUR

OISEAUX

SINGE
Myc. tuberculosis
Myc. bovis
Myc. avium

PERROQUET

14
DIAGNOSTIC

I DIAGNOSTIC CLINIQUE ET NÉCROPSIQUE


(Voir chapitres consacrés au diagnostic dans les diverses espèces animales).

A Diagnostic clinique

Il est difficile et insuffisant.


- La tuberculose est une maladie d’évolution chronique pouvant affecter des organes variés.
- En raison de la fréquence de l’infection inapparente et de l’absence de spécificité des symptômes observés, il est
nécessaire d’associer au diagnostic clinique une ou plusieurs épreuves de diagnostic expérimental.

B Diagnostic nécropsique
Le diagnostic nécropsique repose sur ’l association de l’atteinte des organes et des ganglions correspondants et
l’observation de la lésion de base : le tubercule.

II DIAGNOSTIC EXPÉRIMENTAL

A Diagnostic histopathologique
Il est fondé sur la recherche de la lésion microscopique fondamentale de la tuberculose ; il ne permet pas, toutefois, de
différencier la tuberculose des autres mycobactérioses.
Il est réalisable à partir de prélèvements effectués sur l’animal vivant (exemp le : après ponction biopsique d’un ganglion
superficiel chez un carnivore). En fait, il est mis en œuvre presque exclusivement à partir de tissus lésés prélevés sur le
cadavre pour préciser le diagnostic.

B Diagnostic bactériologique
Il a pour but de mettre en évidence la mycobactérie en cause, à l’examen microscopique, de l’isoler par culture ou par
inoculation à l’animal de laboratoire sensible, puis de l’identifier au vu de ses caractères culturaux et biochimiques.

1 Prélèvements
Pour la recherche de mycobactéries, il faut se rappeler :
- Que le nombre de bacilles est toujours faible et, par conséquent, un volume suffisant de prélèvements doit parvenir
au laboratoire pour que les chances de succès soient notables.
- Que les écouvillonnages permettent rarement la mise en évidence d’une mycobactérie. Ils doivent être évités autant
que possible et si seule cette technique est réalisable, il faut veiller à ce que l’écouvillon ne se dessèche pas.
- Que la flore associée (saprophyte ou non) sera gênante pour la recherche. Il faut effectuer et conserver le
prélèvement dans les meilleures conditions de stérilité.
- Que l’émission de mycobactéries est souvent discontinue. Il est donc souhaitable de pratiquer plusieurs
prélèvements consécutifs. Un résultat négatif sur un seul prélèvement ne peut permettre d’éliminer la tuberculose.
Les prélèvements biopsiques ou nécropsiques (aussi peu contaminés que possible) sont souvent des prélèvements de
choix, car la recherche de bacille tuberculeux et d’autres mycobactéries y est relativement aisée. Enfin, il ne faut pas
sous-estimer les risques de présence accidentelle de mycobactéries saprophytes dans certains prélèvements comme pus
(surtout abcès ouverts…), sécrétions pharyngées, selles… Sur un cadavre, les prélèvements doivent être réalisés dans
les conditions garantissant l’asepsie, en particulier pour éviter tout risque de contamination par des mycobactéries de
l’environnement.
2 Hiérarchie dans la sensibilité et la rapidité de réponse des examens de diagnostic bactériologique.
Le Tableau III résume les principaux temps de la recherche des mycobactéries, la sensibilité des techniques
correspondantes et les délais de réponse.
Les méthodes d’amplification génique (P.C.R.) sont toujours en phase de mise au point pour le diagnostic de
tuberculose chez les animaux. Elles sont en revanche utilisées en recherche pour la caractérisation moléculaire des
souches déjà isolées, en vue, en particulier, d’une meilleure connaissance épidémiologique.

15
Tableau III : Tableau synoptique des divers moyens de mise en évidence de mycobactéries dans un prélèvement.
SENSIBILITE RAPIDITE
Examen bactériologique direct (Ziehl) +/- 3 à 24 H.
1
2 Histopathologie ++ 5 à 7 J.
3 Homogénéis ation + concentration
- Ziehl ++ 24 à 48 H.
4 - Mise en culture sur milieux spéciaux +++ à 10 à 180 J.
(Après décontamination si nécessaire) +++++
5 Inoculation au cobaye - à +++++ 1 à 3 mois
(selon Mycobact
en cause)

C. Diagnostic sérologique
Il a pour but de rechercher les anticorps présents dans le sérum de l’animal tuberculeux.
Différentes réactions sont régulièrement citées par certains auteurs qui les ont utilisées :
- Réaction de fixation du complément mettant en œuvre un antigène préparé à partir de M. paratuberculosis.
- Réaction d’hémagglutination passive de Middlebrook-Dubos reposant sur l’emploi d’une fraction polyosidique du
bacille tuberculeux. Non disponible en France à l’heure actuelle.
- Réaction de kaolinoagglutination de Takahashi utilisant des phosphatides extraits de M. tuberculosis. Non
disponible en France à l’heure actuelle.
- Test ELISA.
Ces réactions peuvent témoigner d’une tuberculose évolutive; mais, compte tenu de leurs défaillances (erreurs par
défaut et par excès), elles devraient être associées et leur interprétation doit toujours être faite avec circonspection.
Leur interprétation demeure extrêmement délicate voire franchement controversée. En pratique, les examens
sérologiques ne sont utilisés que dans le diagnostic de la tuberculose des carnivores en raison des défaillances
fréquentes chez ces espèces du diagnostic allergique (voir chapitre « tuberculose des carnivores »).

D diagnostic allergique
Il est fondé sur la recherche de l’hypersensibilité retardée spécifique qui s’est développée, chez l’animal infecté, à
l’égard du bacille tuberculeux.
L’état d’allergie peut être révélé selon diverses méthodes.
Méthodes de laboratoire :
Test de transformation lymphoblastique (T.T.L.) et test d’inhibition de la migration des macrophages (M.I.F. test).
Expérimentés dans le diagnostic de la tuberculose des carnivores, ils restent des techniques d’exception car
posant de nombreux problèmes de réalisation et d’interprétation.
Le test de transformation lymphoblastique (T.T.L.) a été étudié chez diverses espèces animales (carnivores,
bovins, cervidés). Sa sensibilité paraît très élevée, sans doute de l’ordre de 0,95. Sa spécificité semble
satisfaisante en médecine humaine (utilisation dans le cadre du diagnostic) mais n’a pas véritablement fait
l’objet de recherches suffisantes chez les animaux dans le cadre du dépistage.
Son utilisation est envisagée à grande échelle en Nouvelle-Zélande et en Grande-Bretagne pour la lutte contre la
tuberculose des cervidés. Toutefois, plusieurs éléments en limitent considérablement l’emploi. Le prélèvement
(sang sur anticoagulant) doit parvenir au laboratoire en moins de 24 heures. La haute technicité requise limite le
nombre de prélèvements qui peuvent être traités (5 à 10 prélèvements par technicien et par jour en méthode
manuelle, 100 prélèvements par jour par fluorométrie). Le coût est prohibitif (en moyenne 100 dollars par
prélèvement). Aucun laboratoire (même en médecine humaine) n’utilise actuellement en routine ce diagnostic en
France.
Méthodes réalisables directement par le praticien :
Se résument en deux groupes.
- Méthode fondée sur l’administration de mycobactéries : B.C.G.-test préconisé essentiellement dans le diagnostic de
la tuberculose du chien.
- Méthode fondée sur l’administration d’allergo-haptènes extraits de cultures de bacilles tuberculeux (tuberculine) :
tuberculination. C’est la méthode universellement utilisée pour le dépistage de la tuberculose.
Nous exposerons ici, d’une part, les caractéristiques des tuberculines, et d’autre part, les diverses modalités de
tuberculination.
1 Caractéristiques des tuberculines

16
a) Définition

Une tuberculine est une substance extraite d’une culture de bacille tuberculeux, capable de révéler l’état
d’hypersensibilité retardée (H.S.R.) d’un organisme infecté et ce, à des doses inopérables sur des sujets sains et
incapables de les sensibiliser (il s’agit d’un allergo-haptène).
b) Types de tuberculines
On peut distinguer plusieurs types de tuberculines en fonction de l’espèce bactérienne qui sert pour la préparation :
- tuberculine bovine : à partir de M. bovis ;
- tuberculine humaine : à partir de M. tuberculosis ;
- tuberculine aviaire : à partir de M. avium.
Il est possible de préparer des extraits à partir d’autres mycobactéries : c’est le cas de la Johnine obtenue à partir de M.
paratuberculosis et des diverses « sensitines » préparées à partir des mycobactéries atypiques.
A l’heure actuelle, les tuberculines P.P.D. (« Purified Protein Derivated » ; Dérivé Protéique Purifié) sont les seules
admises en France depuis le 1er mai 1987, sur la recommandation de l'Union Européenne.
c) Propriétés
- Activité : la tuberculine doit permettre de révéler l’état d’H.S.R. lié à l’infection par un bacille tuberculeux. Un
contrôle d’activité est réalisable sur des cobayes (comparaison avec une tuberculine étalon – ubi infra).
- Toxicité : nulle pour un organisme sain, aux doses préconisées. A titre d’exemple, après administration parentérale,
la dose toxique pour un sujet sain est de 1 à 2 Millions d’U.I. pour un bovin, 200.000 U.I. pour un chien, 50 à
100.000 U.I. pour l’Homme ; la dose toxique est abaissée chez le sujet tuberculeux à environ 200.000 U.I. pour un
bovin, 50.000 U.I. chez un chien et 10.000 U.I. chez un Homme 7
?? Pouvoir antigène : faible ;
?? Pouvoir immunigène : nul ;
?? Pouvoir allergène : nul (la tuberculine ne peut provoquer l’état d’H.S.R. ; elle a seulement la propriété de le
révéler) ;
?? Phénomène d’accoutumance : de règle chez les bovins. L’injection d’une dose usuelle par voie intradermique
diminue considérablement, voire peut annuler la réactivité allergique des bovins. Par voie sous-cutanée il faut
des quantités plus élevées (de l’ordre de 1 à 5 ml). Ce phénomène persiste environ un mois.
d) Titrage et contrôle
Le titre des tuberculines est défini par référence (contrôle d’activité sur cobayes) à des tuberculines étalons : étalon
international de tuberculine humaine titrant 100.000 Unités Internationales par ml (U.I. : ml) ou, dans le cas de la
tuberculine bovine, étalon de Tuberculine standard communautaire, dont le titre est exprimé en unités communautaires
de tuberculine par ml (U.C.T. / ml). La tuberculine bovine normale autorisée actuellement en France titre ainsi 20.000
U.C.T. / ml ; elle équivaut (approximativement) à 100.000 U.I. / ml.
La tuberculine aviaire titre 25.000 U.I. / ml.
e) Conservation
La tuberculine doit être conservée au frais, à l’abri de l’air, de la lumière, sous peine de voir son activité diminuer.
2 Diverses modalités de tuberculination

a) Par voie générale


Permet de révéler un état d’H.S.R. qui se manifeste par une réaction générale.
?? Voie sous-cutanée : utilisée seulement chez les carnivores. Interdite chez les bovins.
?? Voie intra-veineuse : dangereuse, non utilisée.
b) Par voie locale
Permet de révéler une réaction locale de type inflammatoire au point d’injection.
?? Scarification : chez l’Homme.
?? Injection intradermique : utilisée chez toutes les espèces. Méthode de choix.
3 Application des méthodes diagnostiques au dépistage
Les méthodes de diagnostic allergique par tuberculination intradermique ont la commodité de pouvoir être utilisées sur
de grands nombres d’animaux, d’être d’un coût supportable, et d’avoir une fiabilité satisfaisante chez les bovins. Elles
constituent la base du dépistage de l’infection dans cette espèce.

7 La dose moyenne du tuberculine utilisée dans l’intradermo-tuberculination chez l’Homme est de 10 U.I. à 50 U.I. alors qu’elle est chez les bovins de 2.500 à 10.000
U.I. L’injection accidentelle de tuberculine à usage bovin donne lieu chez l’Homme (infecté ou vacciné par le B.C.G.) à des réactions locales et générales parfois
importantes.

17
Le diagnostic de la tuberculose chez l’animal est toujours délicat. Il est marqué par :
- L’insuffisance du diagnostic clinique, liée à la fréquence des formes inapparentes et au polymorphisme clinique
compliqué par l’absence de spécificité des symptômes observés.
- La nécessité d’avoir recours à une méthode expérimentale dont la seule utilisable est souvent, chez l’animal vivant,
la recherche de l’état d’H.S.R. par la tuberculination.
La tuberculination intradermique est largement utilisée comme support du dépistage de l’infection tuberculeuse chez les
bovins.

18
METHODES DE LUTTE

I TRAITEMENT

Chez l’Homme, il repose sur l’administration de médicaments antituberculeux (antibiotiques dont isoniazide,
rifampicine, ethambutol, streptomycine, ethionamide et produits chimiques divers).
Le traitement antituberculeux est efficace chez l’Homme, à condition du respect de 4 règles fondamentales :
?? Il doit comporter au moins deux médicaments auxquels les bacilles sont sensibles : c’est pourquoi, pour limiter les
risques de sélection de souches résistantes, il doit être administré après réalisation d’un antibiogramme, et sur la
base de 3 antibiotiques.
?? Il doit être administré à une posologie suffisante, et de façon régulière.
?? Il doit être maintenu pendant une durée suffisante (18 mois en moyenne), sans aucune interruption.
?? Il s’adresse à des individus au repos et placés en état d’isolement tant que les examens bactériologiques n’ont pas
donné un résultat négatif.
En conséquence, le traitement de la tuberculose animale est une opération hasardeuse et dangereuse qui doit être
proscrite ; tout animal tuberculeux doit être éliminé dans les plus brefs délais. Il est interdit pour les bovins et
déconseillé chez les carnivores.
En médecine vétérinaire, l’utilisation d’antibiotiques majeurs, tels la streptomycine ou l’isoniazide doit être
systématiquement proscrite pour tout animal susceptible d’être tuberculeux. Ce qui revient à dire que l’usage de
ces antibiotiques ne doit être retenu que pour les animaux dont est sûr que leur état ne peut être rattaché à la tuberculose.

II PROPHYLAXIE

En raison de l’impossibilité du recours au traitement, la lutte contre la tuberculose animale ne peut donc reposer que sur
la prévention, qui recourt à différentes méthodes de prophylaxie.

A Prophylaxie médicale
Elle a pour but de rendre les individus résistants à l’infection.
1 Chimioprévention
Elle est systématiquement utilisée chez l’Homme pour les personnes qui ont été exposées à un contact infectieux auprès
d’un malade : c’est pourquoi, la découverte d’un nouveau cas conduit à réaliser une enquête épidémiologique pour
découvrir les « sujets contacts ».
Pour les raisons évoquées précédemment au sujet du traitement, cette mesure ne peut être utilisée chez l’animal.
2 Vaccination
Elle est fondée sur l’administration du B.C.G.
a) Vaccin B.C.G.
Le B.C.G. est une souche de bacille tuberculeux de type bovin, isolée par NOCARD en 1906 d’une mammite
tuberculeuse et modifiée par 230 repiquages successifs sur pomme de terre glycérinée et biliée, par CALMETTE
(Médecin) et GUERIN (Vétérinaire), à l’Institut Pasteur de Lille de 1910 à 1923.
A l’issue de ces passages, la souche a perdu son pouvoir pathogène, mais sa virulence résiduelle est responsable de son
pouvoir immunogène.
b) Vaccination
Chez l’Homme, la vaccination est utilisée dans de nombreux pays (elle est obligatoire chez les enfants avant l’âge de 6
ans depuis 1952), mais d’autres l’ont résolument proscrite. Son efficacité est en effet relative : elle protège 80 pour cent
des personnes vaccinées, et permet d’éviter les formes très graves de méningites tuberculeuse. Son rôle de stimulant de
l’immunité fait considérer sous un jour nouveau son usage en complément des traitements antituberculeux auprès des
sujets aux défenses immunitaires altérées.
En médecine vétérinaire, le B.C.G. a suscité de grands espoirs dans le passé, mais les résultats ont été très insuffisants,
pour trois raisons :
?? La vaccination limite les risques d’infection, mais elle ne supprime pas le risque qu’un animal vacciné puisse
devenir excréteur ;

19
?? Les propriétaires, sachant leurs animaux vaccinés, négligent les prescriptions sanitaires de prévention, favorisant
ainsi, paradoxalement, leur contamination.
?? Il devient impossible de distinguer lors d’un dépistage tuberculinique les animaux vaccinés des animaux infectés.
Chez l’Homme, cet inconvénient est contourné par la mise en œuvre d’examens complémentaires lourds et
coûteux (hospitalisation, prélèvements bactériologiques).
Par conséquent, le recours au B.C.G. entre en conflit avec la prophylaxie sanitaire. C’est pourquoi en médecine
vétérinaire son usage est soit proscrit, soit envisagé seulement dans les conditions particulières de pays connaissant une
forte prévalence de tuberculose et pour lesquels il est impossible d’envisager une prophylaxie sanitaire, pour des raisons
économiques ou organisationnelles, ou bien encore dans des circonstances tout à fait exceptionnelles 8 .

B PROPHYLAXIE SANITAIRE
Elle constitue le fondement de la lutte contre la tuberculose animale (cf. étude spéciale par espèces).
1 Prophylaxie offensive

Elle repose sur trois mesures : dépistage, limitation, assainissement.


a) Dépistage
Le dépistage est « la recherche systématique à l’aide d’examens, dans une population, des individus (ou des groupes)
atteints par un trouble de santé donné passé jusque là inaperçu9 ».
Le dépistage des élevages infectés est beaucoup plus facile que celui des individus pris isolément (carnivores, bovins
acheté par exemple), car, pour un élevage, il faut et il suffit de détecter au moins un animal donnant un résultat positif
pour que l’élevage soit reconnu infecté ; s’agissant d’une maladie infectieuse, contagieuse, rares sont les circonstances
où il n’y a pas plusieurs animaux infectés, ce qui limite ainsi le risque d’erreur par défaut.
Toutefois, en situation de faible prévalence, la valeur prédictive positive limitée conduit à devoir confirmer les résultats
positifs éventuels (voir chapitre Tuberculose bovine).
b) Limitation
Une fois un foyer reconnu, il faut prendre des dispositions pour éviter que l’infection puisse se propager :
? ? Eviter l’extension de l’infection dans l’élevage
Par des mesures de séparation et d’isolement des sujets reconnus infectés, et des désinfections régulières du matériel,
des locaux, la mise en place de pédiluves, etc.
? ? Eviter la propagation à partir du foyer
Les sorties d’animaux doivent être strictement interdites, sauf pour une destination terminale (abattoir, équarrissage) et
dûment contrôlée. Pour permettre un contrôle efficace et éviter tout risque de diffusion vers un élevage indemne, les
animaux doivent être marqués de façon indélébile (« T » à l’oreille), qui permet de reconnaître immédiatement et
facilement la provenance illicite éventuelle.
Même si cette mesure est très impopulaire, il faut aussi restreindre la sortie des animaux au pâturage, non seulement les
infectés, mais aussi ceux qui ont donné un résultat négatif, car ils sont peut-être en état d’incubation. On évite ainsi une
diffusion directe (contact entre pâturage, escapade d’un taureau) ou indirecte (ruissellements).
L’abattage total, la mesure la plus radicale d’assainissement (voir ci-dessous), en réduisant au strict minimum la
longévité du foyer, tout au moins dès sa découverte, concourt grandement à limiter également la diffusion de l’infection
à d’autres élevages, par rapport à l’abattage partiel, qui peut laisser persister le foyer d’infection pendant de longs mois.
c) Assainissement
Deux méthodes : abattage sélectif (par abattage progressif) et abattage total.
? ? Abattage sélectif
Dans les élevages infectés, on procède au dépistage périodique (environ tous les deux mois) des animaux infectés, en
vue de leur élimination. Des désinfections régulières doivent être pratiquées pour éviter tout risque de recontamination à
partir de l’environnement.
L’efficacité de cette méthode est limitée par le défaut de sensibilité du test de dépistage, et par la qualité d’application
des mesures prescrites qui peut être défaillante de la part soit de l’éleveur, soit du vétérinaire.

8 Par exemple : singes de laboratoire, utilisés pour une expérimentation de longue durée, pour lesquels on veut réduire au maximum le risque
d’interférence, en particulier de la tuberculose.
9TOMA B., BENET J.-J., DUFOUR B., ELOIT M., MOUTOU F., SANAA M. – Glossaire d’épidémiologie animale. Editions du Point Vétérinaire,
Maisons-Alfort, 365 p.

20
? ? Abattage total
Cette mesure radicale prend en compte les risques d’échec de la conception précédente. En effet, l’élimination de tous
les animaux, qu’ils soient reconnus infectés ou non, constitue un moyen de garantie absolue de la maîtrise du risque de
persistance de l’infection de façon inapparente chez des animaux infectés n’ayant pas été dépistés.
? ? Désinfection terminale
Une fois le dernier animal marqué éliminé, les locaux doivent faire l’objet d’une désinfection approfondie (bien plus
poussée que les désinfections entreprises dès le début de la reconnaissance de l’infection). Elle commence par un
nettoyage très soigneux, qui à lui seul représente sans doute de l’ordre de 95 pour cent du succès de l’opération. Les
locaux doivent être propres et secs avant l’application d’un désinfectant (la soude doit être exclue). Il faut comp ter au
minimum 15 jours avant la réintroduction d’animaux.
2 Prophylaxie défensive
Elle consiste à prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à un élevage sûrement indemne de le demeurer.
Elle repose sur la maîtrise des facteurs de risque.
a) Maîtrise des flux « intrants »
Il s’agit aussi bien des animaux introduits, que des denrées nécessaires à l’élevage des animaux : ils doivent provenir
d’un élevage reconnu indemne.
b) Maîtrise des risques de voisinage
Il s’agit tout d’abord des risques liés aux relations de « bon voisinage », qui conduisent à échanger des biens, des
services : beaucoup de propriétaires répugnent (à tort) à appliquer des mesures de « contrôle » nécessaire à la maîtrise
de ce risque, car ils considèrent que ce serait ainsi manifester un manque de confiance à l’égard d’une personne qu’ils
tiennent en estime.
Il s’agit aussi des risques liés à la proximité avec un élevage qui peut être infecté, plus particulièrement au pâturage.
c) Maîtrise du risque de résurgence
Dans le cas où un élevage a été reconnu infecté puis assaini, nous avons vu que la sécurité procurée par un abattage
sélectif est bien moindre que celle résultant d’un abattage total. On voit par conséquent que selon les objectifs sanitaires
de l’éleveur, voire de la collectivité des éleveurs de la région, la décision d’un abattage total peut être prise simplement
pour donner le maximum de garantie de maîtrise du risque de résurgence, même si la situation épidémiologique du
foyer ne semblait pas a priori nécessiter une décision aussi drastique.
d) Commentaires
On voit bien que la qualité de maîtrise du statut indemne ne dépend pas que de la bonne volonté de l’éleveur d’un
élevage indemne. Elle dépend aussi :
- de la qualité de lutte dans les foyers de tuberculose, en particulier des mesures de limitation ;
- de la qualité de l’assainissement éventuel d’un élevage, avant qu’il soit à nouveau qualifié indemne.
Pour des raisons d’ordre hygiénique et économique, il est impossible de préconiser chez l’animal une lutte contre la
tuberculose reposant sur le traitement et la prophylaxie médicale.
Le seul moyen permettant d’aboutir à l’éradication de la tuberculose animale est le dépistage précoce de l’infection,
avec élimination rapide des animaux reconnus infectés, (voire de tout l’effectif exposé au risque de contamination),
complété par la prévention contre tout risque d’infection des populations indemnes, à l’aide de mesures mises en œuvre
à la fois dans l’effectif indemne, mais aussi auprès des effectifs reconnus infectés.

21
Tuberculose/Sept. 2001

TUBERCULOSE BOVINE

Maladie infectieuse et contagieuse d'évolution chronique, transmissible à l'Homme et à de nombreuses espèces


animales, due à Mycobacterium bovis ou parfois Mycobacterium tuberculosis.
N.B. : Les bovins sont également réceptifs à M. avium. Toutefois, cette mycobactérie est le plus souvent
responsable d'infections bénignes, spontanément curables, dont l'importance est surtout liée aux conséquences
sur le dépistage allergique de la tuberculose. Il faut néanmoins signaler des exceptions caractérisées par le
développement d'infections généralisées, de mammites, de métrites, etc. extrêmement graves.

IMPORTANCE

Economique : Fléau majeur de l'élevage bovin, autrefois dans les pays d'économie développée, actuellement
dans de nombreux pays d'économie en voie de développement.
Exemple : En France, avant 1955, plus de 10 % des bovins et de 20 à 50 % des cheptels selon les départements
étaient tuberculeux. Les pertes annuelles étaient estimées à l'époque à 3 pour cent des productions animales.
Rare actuellement en France, elle constitue malgré tout une préoccupation constante. La taille des élevages,
l'importance des échanges commerciaux en particulier au plan international, les relations entre les élevages sont
autant de facteurs qui expliquent les répercussions en chaîne aux conséquences importantes qui peuvent résulter
de l'infection d'un seul élevage.
En 1998, dans la Nièvre, un élevage de plus de 800 bovins reconnu infecté de tuberculose a subi un
abattage total, et a conduit à mener une enquête épidémiologique dans 36 élevages (dont la
qualification a du être suspendue pendant en moyenne 3 mois) regroupant 6.000 bovins, et à
tuberculiner 3.500 bovins, ce qui a permis de détecter un autre élevage infecté.
Hygiénique : Zoonose majeure.
Selon les statistiques mondiales, la proportion de souches de M. bovis parmi les souches de bacilles tuberculeux
isolées chez l'Homme était de 8 pour cent pour la période de 1896 à 1953 et 4,4 p. cent entre 1954 et 1967. En
Allemagne, où en 1952 environ 40 p. cent des bovins étaient tuberculeux, l’incidence de la tuberculose à bacille
bovin était de 20 p. cent chez les adultes, et de plus de 80 p. cent chez les enfants (SCHLIESSER T.A., 198210 ).
En France, de 1978 à 1985, l'Institut Pasteur de Paris a identifié environ 3 p. cent de souches de M. bovis (autant
de M. avium et 1 p. cent de M. africanum), sur un total d'environ 6 000 souches.

10T.A. SCHLIESSER, 1982 – Situation de la tuberculose animale en République fédérale d’Allemagne (R.F.A.). Bulletin d’information de la
chaire des maladies contagieuses – Numéro spécial Allemagne Fédérale, n° 7, 23-28/

52
Tuberculose/Sept. 2001

PATHOGENIE

CONDITIONS DE L’INFECTION
Elles sont qualitatives et quantitatives :

QUALITATIVES

Facteurs tenant au pouvoir pathogène du bacille

Espèce de bacille
Ainsi, l’infection par le bacille aviaire détermine des lésions peu étendues, rarement caséifiées, évoluant
rapidement vers la sclérose. Ces lésions sont cependant riches en bacilles : ce désaccord entre le grand nombre
de bacilles et leur action cytopathogène faible serait dû à leur faible toxicité.

Pouvoir pathogène du bacille


Les bacilles peu pathogènes déterminent une tuberculose localisée, souvent limitée au complexe primaire (ubi
infra). Ils provoquent plutôt l’apparition de lésions folliculaires, alors que les bacilles très virulents induisent des
lésions exsudatives.

Facteurs tenant à la réceptivité et à la sensibilité de l’hôte

Espèce animale
L’espèce intervient dans la sensibilité : par exemple, les petits ruminants sont moins sensibles que les bovins à
M. bovis.

Age
Les lésions sont plus fréquentes et plus graves chez les jeunes ou chez les animaux âgés que chez les adultes.

Etat général
Les facteurs entraînant une diminution de l’état général augmentent la sensibilité au bacille tuberculeux :
carences, sous-alimentation, voire conditions d’élevage intensif.

Facteurs tissulaires locaux


La structure du tissu, la richesse de la vascularisation et du système macrophagique local, interviennent dans la
morphologie des lésions : les lésions exsudatives sont plus fréquentes et plus violentes dans les tissus lâches
(poumon) et les cavités pré-formées (séreuses).
L’existence de lésions préexistantes (lésions pulmonaires, lésions mammaires, lésions locales liées à l’injection
de produits irritants…) peut favoriser l’implantation du bacille tuberculeux.

QUANTITATIVES
Elles tiennent à la dose et à la répétition des doses de bacille.

Dose (nombre de particules infectieuses)


Une dose minimale, variable selon l’espèce inoculée et la voie de pénétration est nécessaire.
Exemples (voie S.C.) :
- cobaye : 5 à 10 bacilles viables
- bovins : quelques centaines
- ovins : plusieurs milliers.
Il n’y a pas de dose maximale : on peut noter un parallélisme entre la quantité de bactéries et la gravité de
l’évolution.
Exemple des bovins :
- Infection multibacillaire : 0,25 g de bacilles tuberculeux administrés par voie S.C. provoquent une
tuberculose généralisée mortelle en 1 mois ; 0,05 g une tuberculose mortelle en 2-3 mois.
- Infection paucibacillaire : n’a en général aucune incidence clinique (en fait, les résultats peuvent être
variables selon la sensibilité individuelle de l’animal).

53
Tuberculose/Sept. 2001

Répétition des doses


Alors que l’inoculation d’une dose unique de bacilles tuberculeux peut n’entraîner que des lésions bénignes
évoluant vers la stabilisation, des doses plus faibles mais répétées dans le temps, loin de susciter le
développement d’une immunité, favorisent l’apparition d’une tuberculose évolutive.
Conséquence : Danger du contact permanent avec un animal tuberculeux contagieux.

ETAPES DE L’INFECTION
Lorsque toutes les conditions sont réunies, l’infection peut progresser et il est possible de différencier
schématiquement dans le déroulement de la tuberculose deux étapes : étape primaire (primo -infection) et étape
secondaire.

ETAPE PRIMAIRE (primo-infection)


Après pénétration dans l’organisme, les bacilles tuberculeux (un petit nombre suffit) sont rapidement phagocytés
par les macrophages. Une partie est détruite ; l’autre se multiplie dans les cellules qui les ont phagocytés. Cette
multiplication locale conduit en 8 à 15 jours à la formation d’une lésion initiale : le chancre d’inoculation. Cette
lésion se double, à la faveur du drainage lymphatique des bacilles, d’une lésion tuberculeuse du nœud
lymphatique loco-régional (loi de l’adénopathie satellite de PARROT).
Cette association : chance d’inoculation + adénophatie satellite constitue le complexe primaire dont la localisation
révèle la porte d’entrée de l’agent infectieux : pulmonaire dans 95 % des cas chez les bovins et les autres
ruminants, digestif chez porcs et volailles, et à part égale entre ces deux voies pour les carnivores.
N.B. : Au cours de cette évolution (quelques semaines), la multiplication bacillaire dans les macrophages qui les
ont phagocytés va de pair avec une certaine destruction, d’où libération locale d’antigènes : l’hypersensibilité,
spécifique des protéines bacillaires qui en est la conséquence, est le premier signe diagnostique de l’infection
tuberculeuse.
Le complexe primaire peut évoluer selon trois modes différents : la stabilisation, la guérison ou la
généralisation précoce. (cf. enseignements d’Anatomie pathologique et d’HIDAOA).

TUBERCULOSE SECONDAIRE
Elle résulte d’une prolifération de proche en proche ; les lésions sont regroupées dans un seul organe :
tuberculose chronique d’organe. Les lésions, le plus souvent caséeuses, peuvent s’ouvrir sur une voie de
drainage (formes ouvertes). Cette forme peut se stabiliser ou se généraliser.
Conséquences : Contagiosité plus ou moins importante parfois irrégulière. Danger des formes ouvertes. Danger
des formes inapparentes, d’expression tardive.

RÉACTIONS DE L’ORGANISME INFECTÉ

Développement d’une immunité exclusivement cellulaire (macrophages, lymphocytes T)


Elle se manifeste par une mobilité accrue des macrophages, une plus grande activité de phagocytose et une
capacité accrue de lyser les corps bactériens phagocytés.
Elle est toutefois relative et facilement vaincue à la suite d’une atteinte de l’état général ou de réinfections
massives ou répétées.
Conséquences : L’immunité n’étant que partielle et relative, il apparaît extrêmement dangereux –pour des
raisons épidémiologiques et hygiéniques- de prescrire chez l’animal une vaccination contre la tuberculose.

Développement de l’hypersensibilité retardée (H.S.R.)


L’H.S.R. peut être révélée par injection de bacilles (vivants ou morts) ou mieux d’extraits bacillaires
(tuberculine) – (cf.- Diagnostic) -.

Apparition d’anticorps sériques anti-tuberculeux.


Ils apparaissent plus tardivement que l’H. S. R.
Ils seraient surtout les témoins d’une tuberculose active. Ils présentent des fluctuations plus ou moins
importantes rendant très relatif le diagnostic sérologique.
Enfin, ils manquent de spécificité.
Applications au diagnostic de la tuberculose. Toutefois, du fait de leur spécificité relative et de leur faible
sensibilité, les réactions sérologiques utilisables ont un intérêt diagnostique limité.

54
Tuberculose/Sept. 2001

La pénétration de bacilles tuberculeux dans un organisme vierge déclenche un processus assez stéréotypé
(primo -infection) défini par le développement d’un complexe primaire : chancre d’inoculation + adénopathie
satellite.
Sur le plan biologique, la primo -infection s’accompagne de l’apparition de deux phénomènes importants :
l’allergie tuberculinique (utilisable pour le diagnostic) et l’immunité tuberculeuse (état de prémunition grâce
auquel l’organisme peut être réfractaire à une nouvelle infection ou à la dissémination de l’infection en cours.
Ce complexe primaire peut ou bien se stabiliser ou bien évoluer vers une généralisation précoce.
Dans le cas où il y a eu stabilisation, on doit toujours redouter chez l’animal le développement a posteriori d’une
tuberculose chronique d’organe ou une généralisation aiguë tardive (tuberculose secondaire).
S’il existe une relation entre allergie et présence ou importance des lésions tuberculeuses, elle n’est que
qualitative, et très approximative. L’évolution de l’allergie suit des modalités très différentes, dont les
répercussions sur le diagnostic sont essentielles.

SYMPTOMES, LESIONS

INCUBATION
Dans des conditions expérimentales sévères : minimum de 3 semaines.
Dans les conditions naturelles : exceptionnellement inférieure à 2 mois.

SYMPTOMES

Symptômes généraux
Peuvent manquer totalement : « tuberculose floride », sans retentissement sur l’état général.
S’ils apparaissent, ils sont communs aux diverses localisations : baisse progressive de l’état général, baisse de
poids, défaut d’engraissement, baisse de sécrétion lactée, oscillations de la température corporelle.

Symptômes locaux
Les localisations pulmonaire (avancée du poumon), intestinale et mammaire correspondent à des formes
ouvertes, très contagieuses. D’autres localisations sont possibles : organes génitaux, séreuses, foie, rate, système
nerveux…
Nous ne les détaillerons pas, en raison de l’absence effective d’intérêt pour la détection de la tuberculose car la
fréquence des manifestations cliniques est faible ; c’est pourquoi la détection repose sur une approche
expérimentale (tuberculination) et épidémiologique.

LESIONS
Cf. cours d’anatomie pathologique et d’HIDAOA.

55
Tuberculose/Sept. 2001

EPIDEMIOLOGIE

I- EPIDEMIOLOGIE DESCRIPTIVE
Elle doit être envisagée à l’échelle du cheptel d’un pays, et d’un élevage particulier.

FREQUENCE, EVOLUTION ET REPARTITION GEOGRAPHIQUE.


Maladie présente dans toutes les parties du Monde, avec une fréquence variable d'un pays à l'autre : rare
actuellement dans la plupart des pays d'Europe Occidentale et en Amérique du Nord ; fréquente dans certains
pays d'Amérique du Sud ou d'Afrique.

Situation des pays européens


Actuellement 8 pays d'Europe (Danemark, Finlande, Suède, Pays-Bas, Luxembourg, Autriche, Allemagne et
France) ont le statut de pays officiellement indemnes. Les autres Etats membres ne peuvent pas encore prétendre
à un tel statut, tout du moins à moyen terme, notamment en Grèce (programme d’éradication subventionné par la
Commission pour une partie du territoire), en Espagne (taux de prévalence annuelle des cheptels infectés de 3,44
% en 1998), en Irlande (persistance, en particulier chez les espèces sauvages), en Italie (surtout dans le nord de
l’Italie et en Sicile) et au Portugal.
Pour apprécier à sa juste valeur la situation actuelle, il est bon de voir l'ampleur du chemin parcouru. Pour cela,
nous utiliserons des données permettant la comparaison avec aujourd'hui.
Ce n'est qu'en 1965 que le dépistage de la tuberculose bovine est devenu obligatoire sur tout le territoire français
: ce n'est donc qu'à partir de cette époque que l'on dispose de données exhaustives. Pour les périodes antérieures,
les données sont fragmentaires, et on ne peut connaître la situation avant le début de la lutte que par estimation
provenant de recoupements divers, sur la base des informations disponibles à cette époque.

Situation du cheptel français (données : DGAL)

Situation au début de la lutte


Vers 1955, la France comptait environ 1,5 millions d'élevages rassemblant 17 millions de bovins, soit environ
une moyenne de 10 bovins par élevage. Sur la base de la situation des départements qui se lançaient dans la lutte
au moment du début de cette lutte, on peut estimer qu'environ 25 pour cent des élevages étaient alors infectés :
cette proportion est retrouvée de façon à peu près constante au fil des années suivantes sur les différents
départements qui commençaient le programme de lutte. Cela représente environ 400.000 élevages….soit plus
que le nombre total des élevages que la France compte actuellement ! On imagine l'ampleur de la tâche pour
venir à bout d'un tel travail d'assainissement ! Dans ces élevages, en moyenne, ce sont 30 à 40 % des animaux
qui étaient reconnus infectés. A l'échelle nationale, cela représentait environ 8 à 10 % des bovins infectés.

Evolution de la prévalence et de l'incidence


L'évolution de la situation épidémiologique de la tuberculose bovine en France est représentée par la Figure 2
(du début de la lutte jusqu'à nos jours) et la Figure 3 (changement d'échelle pour la période de 1980 à nos jours).
En dehors de quelques "incidents", sous forme de pics, on peut dire que le pourcentage de prévalence a diminué
de façon constante. L'allure générale de cette évolution est celle d'une courbe exponentielle décroissante, ce que
confirme le calcul des taux de diminution d'une année sur l'autre (détail non rapporté ici) : le taux pour une année
donnée est une proportion pratiquement constante de celui de l'année qui précède (environ 85 pour cent).
Autrement dit, le pourcentage de prévalence d'une année a été directement dépendant de celui de l'année
précédente, et cela de façon stable : nous aurons l'occasion de méditer sur la signification et les conséquences de
cette constatation. Globalement, le pourcentage est divisé par un facteur 10 tous les 15 ans (cf. Tableau IV), ce
qui correspond bien à ce taux de 85 %.

56
Tuberculose/Sept. 2001

Tableau IV : Evolution de la situation de la tuberculose bovine en France.

1955 1965 1980 1995 1999


Le cheptel
Nombre d'élevages
1,7 x 106 1,3 x 106 734.000 381.400 324.700
Nombre de bovins 17 x 106 16,4 x 106 21,2 x 106 19,2 x 106 19,8 x 106
Nombre moyen de 10 12,6 28,8 50,4 61
bovins par élevage
Incidence
Nombre d'élevages
% (élevages) ? 41.000 2900 271 120
27,9 %* 3,1 % 0,4 % 0,07 % 0,037 %
Prévalence annuelle
Nombre d'élevages
% (élevages) 79.000** 187.000 14.900 609 238
32,4 %** 14,4 % 2% 0,16 % 0,073 %
Prévalence 31/12
Nombre d'élevages
% (élevages) 55.000** 118.000 8.000 271 80
22,5** % 9,1 % 1,17 % 0,07 % 0,025 %
* Estimation ** Par rapport aux effectifs sous contrôle.

Figure 2 : Evolution de la prévalence des élevages infectés de tuberculose bovine (%


au 31/12 ; France, 1955 - 1999)

25,0% < 1955 : 25 %

20,0%

15,0% 1965 : 10 %

10,0%
1980 : 1 %
5,0%

0,0%
55

58

61

64

67

70

73

76

79

91

97
82

85

88

94
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19
19

19

19

19

La situation en 1999 (dernières statistiques disponibles) est toute différente. Le cheptel français comporte depuis
de nombreuses années environ 19 à 20 millions de bovins. Le nombre d'élevages est en constante diminution (de
l'ordre de 10 % par an), ce qui fait que le nombre moyen de bovins par élevage est en constante augmentation
(61 pour 1999) ; certes, une telle moyenne n'a pas de signification concrète, en raison de la diversité des types
d'élevages (laitiers, allaitants), des disparités selon les départements, les types d'exploitation, mais elle permet
malgré tout une comparaison au fil des ans : c'est une donnée fondamentale que de constater que le nombre de
bovins par élevage a considérablement augmenté.

57
Tuberculose/Sept. 2001

Figure 3 : Evolution de la prévalence des élevages infectés de tuberculose bovine (%


au 31/12 ; France 1980 -1999)

1,20% 1980 : 1 %

1,00%
0,80%
0,60%
0,40%
1994 : 0,1 %
0,20%
0,00%
80

82

84

86

88

90

92

94

96
19

19

19

19

19

19

19

19

19
En 1999, le nombre d'élevages atteints de tuberculose est réduit : la prévalence annuelle est de 238 (soit un
pourcentage de 0,073 %), la prévalence résiduelle au 31/12 de 80 (0,025 %) ; l'incidence n'est que de 120 (0,037
%). L'écart est véritablement considérable par rapport à la situation du début de la lutte.

Répartition géographique
La situation par départements permet de se faire une idée plus précise que par la situation moyenne nationale (cf.
Tableau V).
Tableau V: Distribution du nombre de départements par classe de pourcentage de prévalence annuelle de
la tuberculose bovine en France en 1999. (p. m. = pour mille).
Prévalence Département Elevages infectés Effectifs % cumulé
% Nombre Nombre % cumul Elevages Animaux
0 35 0 0 26.8 26.2
< 1 p. m. 39 80 33,6 83.6 86.6
1 à 5 p. m. 16 85 69 98 98,9
0,5 à 1 % 2 31 82 99,7 99,8
>1% 4 42 100 100 100
Total 96 238
Plus d’un département sur trois (35) a une prévalence nulle : ils regroupent un quart environ du cheptel (élevages
ou animaux). 39 autres départements ont une situation également très favorable (prévalence de cheptels infectés
inférieure à 1 pour mille) : leur contribution à la bonne situation nationale est importante, puisqu'on peut alors
considérer que 5 élevages sur 6 (ou bovins) sont dans cette situation. Un troisième groupe de départements
connaît une situation intermédiaire (entre 1 et 5 p. m.) et représente moins de 15 % du cheptel national (pour
environ 25 % en 1998). Les deux derniers groupes (entre 5 p. m. et 1 % et > 1 %) ne représentent qu'une
proportion négligeable du cheptel national. On le voit, si la situation globale est très favorable, on doit constater
des disparités régionales, qui devraient nécessiter la mise en œuvre de mesures adaptées aux conditions locales
(…qu'un vétérinaire praticien se doit de connaître au préalable au début de son activité professionnelle).

Cette disparité géographique est en effet localisée (cf. Figure 4). Il faut tout d'abord souligner qu'il est difficile de
se faire une telle idée sur la base des données d'une seule année, en raison justement du faible nombre d'élevages
atteints de tuberculose, ce qui provoque des fluctuations importantes des pourcentages de prévalence d'une année
sur l'autre au regard des seuils relativement bas que l'on est amené à considérer pour ce type de description.
Toutefois, on peut considérer très approximativement deux zones, selon une ligne qui passe par Bordeaux et
Annecy : au nord, la proportion de départements de prévalence nulle ou inférieure à 1 p. mille est notablement
plus élevée qu'au sud. Cette distribution géographique, qui a toujours été perceptible, est en train de s’estomper :
en effet, de nombreux départements de cette zone sud ont considérablement amélioré leur situation sanitaire tout
récemment, révélant ainsi l’efficacité des mesures nouvelles.

58
Tuberculose/Sept. 2001

Figure 4 : Répartition géographique approximative de la tuberculose bovine en France en 1998 : taux de


prévalence annuel par département.

Non seulement la France a bénéficié du statut de « Pays indemne » du fait de l’application de la réglementation
européenne, mais sur un plan strictement épidémiologique, on voit bien l’accélération du processus qui devrait
conduire très prochainement à une éradication véritable, qui était visée par le plan de lutte entrepris en 1954.

CARACTERISTIQUES EPIDÉMIOLOGIQUES DE LA TUBERCULOSE DANS UN ELEVAGE


Les données de fréquence et les caractéristiques d’évolution sont intéressantes à considérer car elles
conditionnent les modalités de lutte contre la maladie. Nous considérerons les fréquences d’animaux atteints,
mais aussi de bovins selon qu’ils apparaissent dans les statistiques (réagissants à la tuberculine bovine ou
porteurs de lésions). De nombreux cas de figures sont possibles.

Taux d’atteinte
Toutes les valeurs sont possibles.
Les taux faibles correspondent à des situations où la maladie se propage lentement, du fait des caractéristiques
cliniques des animaux atteints, ou des modalités de propagation résultant des conditions d’élevage (cf. infra,
épidémiologie analytique et synthétique).
Les taux élevés au contraire correspondent à un risque élevé d’excrétion (source active), ainsi qu’à des
circonstances qui facilitent la propagation par la multiplicité des contacts.
Il est difficile de se faire une idée précise d’ordre moyen, en raison de l’hétérogénéité de l’élevage français et de
la diversité des situations épidémiologiques. Le pourcentage de prévalence dans un élevage peut
vraisemblablement se situer dans une fourchette comprise en 5 et 30 %, tout en n’excluant pas n’importe quelle
autre valeur en dehors de ces limites.

Fréquence d’animaux détectables

59
Tuberculose/Sept. 2001

Une question importante concerne la possibilité de détection d’animaux réellement tuberculeux. Les statistiques
d’épidémiologie descriptive devraient donner une information utile à ce sujet (cf.. VI).
Tableau VI : Bilan des dépistages de la tuberculose bovine (France, 1999)
Lésions Pas de lésion Total
Réagissants 351 (40 %) 532 883
Non réagissants 222 (5 %) 4 557 4 779
En 1999, sur 883 bovins détectés par tuberculination, 351 étaient porteurs de lésions tuberculeuses, soit environ
40 %. Autrement dit, dans des cheptels tuberculeux, il n’est pas surprenant qu’une majorité de bovins
réagissants ne soient pas trouvés porteurs de lésion tuberculeuse à l’abattoir.
Dans certains cheptels infectés, un total de 4 779 bovins qui n’avaient pas réagi positivement au dépistage par
tuberculination ont été marqués et éliminés (comme « contaminés » dans le cadre d’une procédure d’abattage
total5 ) : 222 ont été trouvés porteurs de lésions, soit 5 %. Autrement dit, dans des cheptels reconnus tuberculeux,
on peut s’attendre à ce que 5 % des bovins n’ayant pas réagi au dépistage tuberculinique soient trouvés porteurs
de lésions tuberculeuses.
Il n’est pas possible d’exploiter davantage ce type de données, car l’information relative au contexte
épidémiologique des cheptels n’est pas accessible dans les statistiques nationales.

EPIDEMIOLOGIE ANALYTIQUE

IMPORTANCE DE L'INFECTION ANIMALE


Tout sujet ayant répondu de façon positive au dépistage de la tuberculose doit être considéré comme excréteur
probable. Dans les étables anciennement infectées, le risque d'anergie est plus élevé (tout bovin de 5 ans et plus
doit, dans ces cas, être considéré comme anergique potentiel). Les autres espèces (y compris l'Homme) peuvent
jouer le rôle de relais épidémiologique secondaire.
Importance de la persistance du B.K. dans les locaux d'élevage et le milieu extérieur (ubi supra – Etude
épidémiologique générale) – Transmission directe et indirecte.

N.B. : Les formes cliniques les plus dangereuses sont : tuberculose avancée du poumon, tuberculose intestinale,
tuberculose de l’utérus et tuberculose de la mamelle. Ces formes sont déclarées « réputées contagieuses » par le
législateur en France. La possibilité d’une localisation génitale chez le mâle ou d’excrétion génitale du bacille
tuberculeux impose également un contrôle des taureaux utilisés en insémination artificielle ou pour la monte
publique. Enfin, en raison de l’excrétion possible de bacille tuberculeux dans le lait (même en l’absence de
lésion mammaire), la vente de lait cru pour la consommation humaine est conditionnée par l’absence d’infection
tuberculeuse dans le cheptel bovin.
NB : Tenir compte de la résistance du bacille tuberculeux à la soude pour la désinfection des locaux d’élevage.

EPIDÉMIOLOGIE SYNTHETIQUE

A L’ÉCHELON DE L’ELEVAGE

Origine de l’infection
Il existe trois facteurs de risque d’infection d’un élevage (Figure 5) :

5 à cette époque non encore obligatoire, et utilisée seulement dans les élevages reconnus profondément infectés.

60
Tuberculose/Sept. 2001

Figure 5 : Modèle explicatif de l’origine de la tuberculose dans un élevage bovin

INTRODUCTION

VOISINAGE

Incidence
ELEVAGE INDEMNE

RESURGENCE ELEVAGE INFECTE

Assainissement

?? introduction : achat, prêt, retour d’un animal,


?? voisinage :« bon voisinage » : prêt, échange de services, de matériel, d’animaux, visites ;
« proximité » : contacts directs « par dessus la haie » ou indirects – écoulements,
?? résurgence : après un précédent foyer de tuberculose.
L’importance respective de chacun des facteurs de risque dépend des conditions épidémiologiques locales. Les
statistiques nationales permettent toutefois de s’en faire une idée ([Link] VI).
Seulement 40 % des élevages ont permis de mettre en évidence une cause potentielle de contamination. On voit
que, pour ce qui est des élevages pour lesquels la circonstance est connue, les trois facteurs ont une importance à
peu près équivalente…ce qui justifie donc de s’intéresser autant aux uns qu’aux autres.
Tableau VI : Fréquence relative des circonstances de contamination des élevages
(France, 1995-1999).
Circonstance Nombre Pourcentage
Voisinage 95 24 %
Introduction 140 400 35 % 40 %
Résurgence 165 41 %
Inconnue 602 100 % 60 %
Total 1 002 100 %

Un élevage qui a été infecté de tuberculose court un risque certain de récidive. On peut ainsi estimer le risque
potentiel de persistance de l’infection tuberculeuse dans un élevage tuberculeux, en fonction du nombre total de
bovins détectés, ou si l’on préfère du nombre total de bovins tuberculeux, estimés d’après le nombre de
réagissants. Pour qu’un cheptel soit assaini, il faut que TOUS les bovins réellement infectés soient éliminés, ce
qui correspond au cumul des probabilités de détection de chacun des individus infectés (cf. Tableau VIII).
Tableau VIII : Probabilité d’assainissement d’un cheptel infecté de tuberculose et risque de persistance de
l’infection en fonction du nombre de bovins réellement tuberculeux dans un élevage (sensibilité = 0,85).
Nombre de bovins infectés 5 10 15 20
n 0,44 0,20 0,09 0,04
Probabilité d’élimination de tous les bovins infectés (Se )
0,56 0,80 0,91 0,96
Risque de persistance de l’infection (1 - Sen )
Conséquence : Pour être efficace, la lutte doit porter avec une égale intensité, une égale exhaustivité sur chacun
des trois facteurs de risque, et n’en négliger aucun.

Modalités d’évolution dans l’élevage


L’évolution est classiquement enzootique.
L’évolution peut être explosive, à la suite de la contamination d’un grand nombre d’animaux à une source
commune (mécanisme anazootique).

61
Tuberculose/Sept. 2001

A L’ÉCHELON NATIONAL

Facteurs liés à la population


Les élevages « ouverts » de grande taille sont relativement plus exposés du fait des mouvements d’animaux plus
nombreux.

Evolution dans le temps


La diminution du pourcentage de prévalence annuelle revêt une forme exponentielle décroissante : il faut
expliquer cette lenteur.
Le taux d’incidence relative d’une année sur l’autre est demeuré constant (0,85), ce qui révèle le poids constant
des élevages infectés dans la contamination des élevages indemnes. Tout se passe comme si le « robinet » de
l’incidence, pour reprendre l’image d’une baignoire qui se remplit, ne se contentait pas de fuir, mais restait trop
largement ouvert ! Le Tableau VI souligne effectivement l’insuffisance de la protection contre les facteurs de
risque, tout au moins pour 40 pour cent des élevages infectés. C’est tout au moins l’hypothèse qu’il convient de
faire pour en déduire des mesures de prophylaxie efficaces.

Répartition géographique
La distribution géographique de la tuberculose (cf épidémiologie descriptive) coïncide avec la répartition des
départements selon leur volonté d’engagement dans le plan de lutte en 1965 : la zone sud-est s’est engagée bien
après les autres secteurs. Cette différence de résultat pourrait donc s’expliquer par le retard pris dans
l’avancement de la lutte.

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Tuberculose/Sept. 2001

DIAGNOSTIC

DIAGNOSTIC CLINIQUE, NECROPSIQUE ET DIFFERENTIEL

DIAGNOSTIC CLINIQUE ET DIFFERENTIEL


- Importance de l’examen clinique de l’animal (permet parfois de détecter des bovins en période d’anergie
post-tuberculeuse).
- Insuffisance du diagnostic clinique en raison de la fréquence de l’infection inapparente. Il doit être
systématiquement associé à une épreuve de diagnostic allergique.

DIAGNOSTIC NECROPSIQUE ET DIFFERENTIEL


Cf. cours d’Anatomie pathologique et d’HIDAOA.

DIAGNOSTIC EXPERIMENTAL

DIAGNOSTICS BACTERIOLOGIQUE ET HISTOPATHOLOGIQUE


Les diagnostics bactériologique et histopathologique sont utilisés, notamment à partir de bovins abattus ou
autopsiés présentant des lésions suspectes en vue de confirmation.
L’isolement de M. bovis suffit à établir le diagnostic….Mais ce résultat est très long à obtenir. D’un autre côté,
un résultat négatif ne peut jamais être considéré comme suffisant.
L’isolement d’une mycobactérie atypique ne permet pas d’exclure une infection par M. bovis. Il faut être certain
qu’elle ne provient pas d’une contamination soit lors du prélèvement, soit d’un transit passager dans le bovin
prélevé. De plus, rien ne permet d’exclure a priori une infection mixte.
Enfin, l’examen histologique n’est pas spécifique de M. bovis : les autres bactéries de la famille de
Mycobactériaceae provoquent aussi les mêmes lésions.
L’interprétation ne peut donc être univoque, et doit tenir compte du contexte épidémiologique du cheptel, des
modalités du prélèvement, du pouvoir pathogène de la bactérie isolée, etc.
En pratique, on utilise des grilles d’aide à l’interprétation, qui valorisent toute l’information disponible afin
d’aboutir à une décision à la fois rapide et compatible avec le terrain, quitte à perdre en exactitude… (voir à la
fin du chapitre diagnostic).

DEPISTAGE ALLERGIQUE DE LA TUBERCULOSE BOVINE


En France, le diagnostic allergique de la tuberculose bovine est l’objet d’une réglementation très stricte : la
tuberculination par voie sous-cutanée est interdite (à cause du phénomène d’accoutumance). La seule technique
utilisable est l’intradermotuberculination dont il existe deux méthodes officielles :
- Intradermotuberculination simple ou unique (I.D.S.)
- Intradermotuberculination comparative (I.D.C).
Au préalable, il faut exposer les caractéristiques fondamentales de la réaction d’hypersensibilité retardée, dont la
bonne compréhension conditionne l’interprétation des résultats de ces tests.

Caractéristiques de l’hypersensibilité retardée.


L’H.S.R. évolue en trois périodes : ante-allergie, allergie et anergie post-tuberculeuse (figure).
Elle peut totalement faire défaut (anergie).

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Tuberculose/Sept. 2001

Figure 6 : Evolution de l’hypersensibilité retardée.

Période ante-allergique (Figure 6 – stade 1)


Elle correspond au délai séparant la pénétration du bacille dans l’organisme et le moment où l’H.S.R. devient
décelable (par tuberculination).
Elle varie de 15 jours 6 à 6 mois 7 (en moyenne 3 à 8 semaines (FRANCIS, 1958). Mais l’infection peut demeurer
latente, et ne se révéler que plusieurs mois, ou années après la contamination.
Conséquence : Un animal récemment infecté peut échapper au dépistage allergique, d’où la nécessité de
renouveler les tuberculinations, par intervalles de 2 mois environ pour permettre sa détection.

Période allergique (Figure 6 – stades 2,3,4)


L’installation de l’allergie est de courte durée, sans doute 2 à 4 semaines (figure 1, stade 2). Durant cette
période, l’allergie est suffisamment intense pour être mise en évidence.
L’intensité de l’allergie (Figure 6, stade 3) peut subir des fluctuations dans le sens d’une hypoergie (stade 3’)
ou d’une anergie transitoire (stade 3’’). Ces fluctuations sont liées à des facteurs variés :
- Facteurs physiologiques : les jeunes animaux ou les animaux âgés réagissent moins que les adultes ; de
même, les femelles proches du part (6 semaines avant, 6 semaines après).
- Facteurs pathologiques : les maladies intercurrentes peuvent entraîner une baisse de la réactivité de
l’organisme.
- Facteurs thérapeutiques :
?? Vaccinations et interventions thérapeutiques diverses peuvent retentir sur la réactivité de l’organisme.
?? Les corticoïdes, par leur action immuno-dépressive, engendrent une anergie transitoire.
?? Phénomène d’accoutumance : l’injection sous-cutanée d’une dose importante de tuberculine peut
entraîner une anergie prolongée (1 mois et plus). Une dose usuelle injectée par voie intradermique
diminue la réactivité allergique.

6 Explique le délai de rédhibition fixé dans la tuberculose bovine (ubi infra) : au delà de 15 jours on ne peut plus affirmer si l’animal a été
contaminé chez le vendeur ou chez l’acheteur.
7 Explique pourquoi seules 2 tuberculinations effectuées à 6 mois minimum d’intervalle permettaient de certifier qu’un troupeau était
indemne de tuberculose (selon la réglementation française en vigueur jusqu’en 1999), «au risque biologique près », ce qui voulait dire que
le risque d’erreur par non détection de l’état d’infection par cette procédure était suffisamment faible pour qu’il fût possible d’en faire une
règle générale et de permettre de délivrer les attestations officielles correspondantes, mais que ce risque, par définition non nul, devait
être pris en compte dans certaines situations.

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Tuberculose/Sept. 2001

La durée de l’allergie est très variable, en fonction des conditions d’infection et de la réaction de l’hôte. Si elle
peut persister longtemps (plusieurs années), elle peut aussi être raccourcie à quelques semaines dans le cas d’une
évolution rapide.
Conséquence : Importance pour le choix des méthodes de dépistage allergique et l’interprétation des résultats
aussi bien positifs que négatifs, et les décisions qui en résultent.

Période d’anergie post-tuberculeuse (Figure 6 –stade 5)


Il n’est plus possible de détecter la tuberculose par une méthode allergique.
Ceci est classique dans le cas de tuberculose avancée et explique la défaillance habituelle de la tuberculination
chez les carnivores où, généralement, la maladie ne s’exprime qu’à un stade avancé de tuberculose.
Conséquence : Importance de l’examen clinique lors de toute recherche de tuberculose. Les sujets les plus
dangereux risquent d’échapper au dépistage tuberculinique.

Anergie
L’allergie peut faire totalement défaut (Figure 6, stade 6), quelle que soit la modalité d’évolution, et selon un
déterminisme non connu. Ce phénomène concerne une proportion très limitée des individus (sans doute de
l’ordre de 1 à 5 %), mais doit systématiquement être pris en compte dans les décisions relatives à la lutte contre
la tuberculose.

Relation allergie/lésions tuberculeuses


Il existe indiscutablement une relation entre l’allergie et le développement des lésions tuberculeuses : dans une
population de sujets tuberculeux, la majorité des sujets présentant une réaction allergique sont également
porteurs de lésions tuberculeuses.
Mais la relation n’est pas totale. L’intensité importante d’une réaction allergique a plus de probabilité de signaler
un processus en début d’évolution (et plus particulièrement chez l’adulte jeune), et donc des lésions discrètes.
Inversement, un animal à la réactivité allergique faible, voire nulle, peut être porteur de lésions importantes, et
cela avec une probabilité d’autant plus importante qu’il est infecté depuis longtemps.
Conséquence : On doit donc retenir que si la relation existe, il ne s’agit nullement d’un parallélisme entre
l’intensité de la réaction allergique et la présence ou l’importance des lésions tuberculeuses.

INTRADERMOTUBERCULINATION SIMPLE (IDS)

Principe :
Consiste à injecter dans l’épaisseur du derme de l’encolure une certaine quantité de tuberculine et à apprécier, au
bout de 72 heures, la réaction obtenue au point d’inoculation.
Selon le titre de tuberculine utilisée on doit distinguer :
- L’I.D.S. réalisé avec la tuberculine bovine Normale
- L’I.D.S. réalisé avec la tuberculine bovine Forte (plus fortement dosée), dont l’usage devrait
progressivement disparaître en raison des modifications réglementaires.

Réalisation

Matériel
Tuberculine bovine P.P.D. (titre : 20.000 UCT/ml)
Seringue à tuberculine (munie d’un dispositif de réglage permettant un dosage précis et d’une aiguille prévue
pour assurer une pénétration complète et strictement intradermique du liquide).
Ciseaux courbes destinés à couper les poils afin de repérer le point d’injection.
Eventuellement, un cutimètre (compas d’épaisseur) pour la mesure du pli de la peau au point d’injection (cf
Photo 1).

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Tuberculose/Sept. 2001

Photo 1 Différents modèles d’appareils permettant la mesure de l’épaisseur du pli de peau.

Lieu d’injection
Situé au tiers moyen d’une des faces de l’encolure et approximativement à égale distance des bords supérieur et
inférieur de celle-ci (Figure 7).

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Tuberculose/Sept. 2001

Figure 7 : Lieu d’injection de la tuberculine.

L’utilisation d’autres lieux (épaule ou pli sous caudal) n’est pas autorisée en France. Leur sensibilité est en
effet moins élevée que celle de l’encolure : de 80 à 95 % de celle-ci selon les auteurs. Pour le pli sous-caudal, la
spécificité est meilleure si l’on écarte toutefois les risques de contamination par les bouses : cette zone
d’injection est très largement en usage dans de nombreux pays pour le contrôle des cheptels indemnes ; en
revanche, seule l’encolure est ensuite utilisée pour le dépistage des animaux infectés dans les troupeaux infectés.
L’intégrité du lieu d’injection (encolure) doit être préservée, et il est rappelé que toutes les injections
médicamenteuses doivent être pratiquées à un autre endroit, par exemple au fanon, à l’épaule.

Mode opératoire
- Repérage préalable du lieu d’injection : Vérification préalable de l’absence de grosseur, de lésion quelle
qu’elle soit pouvant fausser le diagnostic (tonte aux ciseaux, à la tondeuse de préférence au rasage, plus
irritant), voire impacts de couleur (bombe au violet de gentiane sur robe blanche, peinture claire sur robe
noire).
- Mensuration du pli cutané (cutimètre) : dans le cas où l’on désire réaliser une appréciation quantitative de
la réaction (ubi infra).
- Quantité de tuberculine à injecter : 0,1 ml (éviter la présence de bulle d’air).
- Injection strictement intradermique : elle doit être tangentielle ; lente pour ne pas être traumatique ;
l’injection du volume doit être obtenue en une seule fois et par pression continue ; aucune évasion ou rejet
de liquide, même minime ne doit se produire ; nécessité de laisser l’aiguille le temps nécessaire à
l’infiltration totale de la tuberculine dans le derme ; noter aussitôt la formation d’une vésicule de la grosseur
d’un pois.

Lecture
Dans les heures qui suivent la 72ème heure (soit pratiquement le 3ème jour qui suit celui de l’injection). S’il est
impossible de lire à ce moment, il vaut mieux retarder l’instant de la lecture plutôt que l’avancer : à 48 heures, la
réaction est plus faible qu’après 72 heures (Figure 9), et les réactions non spécifiques peuvent encore persister ;
en revanche, à 92 heures par exemple, la réaction est soit la même, soit seulement légèrement plus faible.

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Tuberculose/Sept. 2001

Figure 8 : Caractéristiques de la réaction tuberculinique.

Réaction observée
L’injection ainsi pratiquée entraîne chez le bovin tuberculeux une réaction locale ;
Elle est tardive (débute au bout de 24 à 48 heures), progressive (atteint son maximum vers 72 heures) et
durable (persiste plusieurs jours et s’estompe progressivement en une huitaine de jours (cf. figure 8).
- C’est une réaction inflammatoire.
Tuméfaction circulaire ou elliptique étendue parfois sur plusieurs cm de diamètre : correspond à un
œdème de la peau associé à un œdème sous-cutané.
Douloureuse, chaude et rouge (visible si la peau est dépigmentée).
Peut laisser suinter, au centre, un exsudat qui se dessèche en croûte, et autour se forme une zone
hémorragique rouge-noirâtre ou une zone de nécrose de 1 mm à 1 cm de diamètre. Ces lésions laissent
place en quelques jours à un escarre noirâtre qui s’élimine en laissant une cicatrice glabre.
Avec participation éventuelle du système lymphatique, marquée par une lymphanite tronculaire
(trainée sinueuse avec hérissement des poils, reliant la zone réactionnelle au ganglion voisin) et par une
adénite des ganglions préscapulaires.
Tels sont les signes pouvant apparaître au point d’injection de la tuberculine. Bien évidemment, ils ne sont pas
toujours aussi accentués ou constants et cela pose des problèmes de lecture.
Remarque : Les caractéristiques cliniques de la réaction tuberculinique sont les mêmes tant pour les bovins
infectés par M. bovis et tuberculinés à la tuberculine bovine, qu’en cas d’infection par une mycobactérie atypique
pathogène (par exemple M. paratuberculosis) et utilisation de la tuberculine aviaire.

Résultats)
- Résultat positif
?? Lecture subjective : observation de signes cliniques d’ordre inflammatoire tels que, œdème, exsudation,
nécrose, douleur ou réaction inflammatoire des vaisseaux et des ganglions lymphatiques de la région.

Tableau VII : Résultats de l’I.D.S.


Lecture qualitative Lecture quantitative Résultats
Réaction inflammatoire ? x>=4 mm POSITIF
Réaction faible ou nulle ? x<=2 mm NEGATIF
Autres cas 2 mm<? x<4 mm DOUTEUX
?? Lecture objective : appréciation quantitative de l’augmentation d’épaisseur du pli cutané : réaction
positive si l’augmentation du pli de peau atteint ou dépasse 4 mm (Figure 9).
- La réaction est considérée négative si l’on observe un gonflement circonscrit avec une augmentation
d’épaisseur du pli cutané ne dépassant pas 2 mm, sans signes cliniques tels que consistance pâteuse,

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Tuberculose/Sept. 2001

exsudation, nécrose, douleur ou réaction inflammatoire des vaisseaux et des ganglions lymphatiques
régionaux.
- La réaction est considérée comme douteuse lorsque les signes observés ne permettent pas de se prononcer
dans un sens ou dans l’autre, ou lorsque l’augmentation d’épaisseur du pli cutané est supérieure à 2 mm, et
inférieur à 4 mm.
Figure 9 : Lecture de la réaction par mensuration du pli cutané.

Valeur de l’I.D.S. (Tableau IX)


L’I.D.S. est une excellente méthode, réunissant à la fois le maximum d’avantages et le minimum
d’inconvénients.

Avantages
- Facile à exécuter et peu coûteuse.
- Inoffensive (absence de réaction focale, sauf exceptionnellement sur certains bovins hyperergiques).
- Non sensibilisante (possibilité de renouveler l’injection).

Tableau IX: Sensibilité et spécificité de la tuberculination simple, selon les unités épidémiologiques
animaux et élevages.
IDS Animaux Cheptels
Conditions expérimentales : 0,95
Conditions courantes très favorables 0,90
: ?1
SENSIBILITE
Conditions courantes ordinaires : 0,80
Elevage anciennement infecté : 0,50 à
0,70
Exemples de spécificité cheptel pour deux
Région sans risque particulier : 0,98 à tailles de cheptel (10 et 58 bovins) et selon
SPECIFICITE 0,998 deux valeurs de spécificité animaux
«Quelques réactions » 0,95 Sp. animaux 10 58
« Il y a un problème » 0,90 Pour 0,998 0,98 0,89
Elevage infecté par une 0,6 à

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Tuberculose/Sept. 2001

mycobactérie autre que M. bovis: 0,8 Pour 0,98 0,82 0,31

Sp. = spécificité

Inconvénients
- La lecture subjective des réactions est devenue de moins en moins fiable, par la fréquence actuelle des
réactions faibles, douteuses en milieu infecté, que l’on ne peut cliniquement distinguer de réactions non
spécifiques.
Dans ce contexte, le recours au cutimètre est indispensable, car il permet une objectivation indépendante de
l’observateur. Il faut malgré tout tenir compte de la variabilité importante des mesures (la précision est de
l’ordre de 1 millimètre, en plus ou en moins) tandis que l’appareil est précis au 1/10ème de mm près, donnant
l’illusion d’une grande précision. Pour l’interprétation il ne faut surtout pas considérer le résultat comme
équivalent à une conclusion sur l’état de l’animal.
- L’I.D.S. provoque une baisse importante de réactivité des animaux sensibilisés, nécessitant impérativement
le respect d’un délai d’attente de 40 jours avant de pouvoir effectuer une nouvelle I.D.S.
- Selon le contexte épidémiologique, les défauts de sensibilité (= réactions négatives par défaut), ou de
spécificité (= réactions positives par excès) d’ordinaire tout à fait négligeables, peuvent prendre une
importance considérable.

??Erreurs par défaut


- Il s’agit de l’absence de réaction lors de tuberculination d’un bovin tuberculeux ; cette défaillance peut être
grave en raison du risque de dissémination des bacilles par l’animal n’ayant pas réagi.
- Les origines de ces erreurs par défaut peuvent être classées en 3 catégories :
?? La tuberculine : tuberculine mal conservée ou périmée.
?? L’opérateur : mauvaise technique d’injection (injection sous-cutanée, dose insuffisante… ; absence de
vérification de la vésicule intradermique) ; mauvaise technique de lecture (trop précoce, interprétation
erronée, « lecture à distance »…).
?? L’animal selon le stade d’évolution.
- La fréquence de ces défaillances est variable et difficile à apprécier en raison de la difficulté d’observations
adaptées. Dans un cheptel tuberculeux anciennement infecté (depuis plus de 3 ans), le taux de ces
défaillances est couramment de l’ordre de 20 % et peut dépasser 30 % si le taux d’infection est très élevé
(supérieur à 50 %). Dans un cheptel récemment infecté, on estime qu’une tuberculination réalisée dans les
meilleures conditions connaît un risque de défaillance « incompressible » de 5 %. La sensibilité individuelle
peut donc varier de 0,95 (infection récente) à 0,50 (infection ancienne).
- Les solutions pour diminuer ces défaillances résident :
?? Au plan technique :
- Dans une bonne conservation de la tuberculine,
- Un respect scrupuleux de la technique d’injection et des modalités de lecture,
- Le recours à l’examen clinique des animaux : dépistage des animaux en état d’anergie post-tuberculeuse
dans les étables infectées, maladie intercurrente…
Pour réduire le risque de réactions faibles ou douteuses, on a pu recourir à l’IDS avec tuberculine forte
(jusqu’en 1999).
?? Au plan de l’interprétation
- Dépistage de cheptels tuberculeux : si le risque de ne pas dépister un individu tuberculeux est de 10 %, le
risque de ne pas détecter un cheptel tuberculeux comportant deux bovins infectés, correspond à la
probabilité de ne détecter ni le premier (0,1) ni le deuxième, soit 0,1 x 0,1 = 0 01. On voit que ce risque
devient rapidement très faible avec le nombre d’animaux infectés présents dans le troupeau.
Conséquence : C’est pourquoi le dépistage des cheptels tuberculeux peut être considéré comme une
méthode très sensible…pour autant que l’infection soit détectable au moment de la tuberculination
(problème de l’ante-allergie, problème des rythmes de tuberculination).
- Dépistage d’animaux tuberculeux (cheptel infecté, ou visite d’achat) : les critères de lecture doivent être
draconiens, et toute réaction non négative sera considérée comme significative (= il n’y a pas de réaction
douteuse).

Erreurs par excès


- Elles correspondent à la réaction jugée positive après tuberculination de bovins non tuberculeux. Leur
importance n’est ni hygiénique ni épidémiologique, ces défaillances ont surtout l’inconvénient de jeter le
discrédit sur la tuberculination par leur impact pratique et économique.

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Tuberculose/Sept. 2001

Il faut attirer l’attention sur le fait que l’absence de lésion à l’abattoir sur un animal ayant fourni une
réponse positive ne doit pas être considérée systématiquement comme une erreur par excès du
diagnostic allergique. Compte tenu des modalités pratiques d’inspection à l’abattoir, des lésions
minimes peuvent facilement échapper aux investigations.
- Origine des erreurs par excès :
?? Absence de lésion visible sur un bovin réellement tuberculeux (pseudo-erreur) : infection récente avec
lésions encore peu développées, infection ancienne très tôt stabilisée, infection par M. tuberculosis ou M.
avium qui peuvent n’entraîner que des lésions discrètes et régressives.
?? Fausse réaction ne mettant pas en cause la tuberculination : interprétation abusive d’une réaction
négative, réaction septique, réaction liée à une tentative frauduleuse, abattage de convenance, abattage total
(absence de réactions, marquage des animaux), lecture trop précoce.
?? Défaillance vraie : réaction paraspécifique consécutive à la sensibilisation de l’organisme par une autre
mycobactérie :
- Paratuberculose ou vaccination contre cette maladie,
- Infection à M. avium,
- Thélite nodulaire, dermatite nodulaire,…
- Transit dans l’organisme de mycobactéries saprophytes présentes dans l’eau, le fourrage, la terre…et
parfois transportées par certaines larves de parasites pendant leur migration dans les tissus (douve,
hypodermose…).
- Fréquence de ces erreurs par excès : difficile à estimer.
Diverses observations réalisées en France dans des clientèles où la tuberculose était absente permettent de penser
que la spécificité individuelle (cf. Tableau ):
?? en « moyenne », est de l’ordre de 0,95 - 0,98 à 0,999 selon les régions,
?? mais les conditions épidémiologiques locales peuvent fortement altérer cette valeur. Ainsi, dans une
clientèle fortement atteinte par la thélite nodulaire tuberculoïde de la vache, la spécificité est plus faible
(0,90). Plus ponctuellement, dans des cheptels indemnes de tuberculose, infectés par une mycobactérie autre
que M. bovis, la spécificité peut ne plus être que de l’ordre de 0,60 à 0,80.
Dans le cadre du dépistage, on doit considérer l’unité cheptel. En effet, pour qu’un cheptel donne un résultat
favorable, il faut que tous les bovins donnent un résultat négatif, ce qui correspond à une probabilité cumulée
selon le nombre d’animaux tuberculinés, soit Sp n . Cette spécificité cheptel peut ainsi varier de façon
considérable, à la fois selon le contexte épidémiologique et selon la taille du troupeau. Par exemple, pour un
cheptel de taille moyenne de 58 bovins, la spécificité cheptel est de 0,94 pour une spécificité individuelle de
0,999, et de 0,89 pour une spécificité individuelle de 0,998.. Ce qui conduit également au constat qu’à spécificité
individuelle donnée et supposée constante dans une région, la spécificité cheptel n’a pu que se dégrader au fil du
temps, par le simple jeu de l’augmentation de la taille du cheptel. Le Tableau compare les résultats pour un
cheptel de taille moyenne de 10 bovins (début de la prophylaxie) et de 58 bovins (taille moyenne en 1998).
- Solutions :
?? Il convient tout d’abord de tenir compte du contexte épidémiologique : la rigueur s’impose dans le cas de
facteurs de risque de tuberculose.
?? En l’absence (dûment vérifiée) de ces facteurs, on pourra rechercher des signes indicateurs de réactions
paraspécifiques, en procédant à l’examen clinique des animaux (recherche de thélite nodulaire…) et à la
recherche de commémoratifs concernant l’environnement des animaux : présence d’oiseaux tuberculeux,
vaccination contre la paratuberculose…En outre, il s’agit en général de réactions de faible intensité,
transitoires.
?? De toute façon, le recours à l’IDC facilite grandement l’interprétation.

En résumé :
1. L’interprétation de l’IDS ne peut se résumer à son résultat :
« Réaction positive » n’est pas synonyme de « animal tuberculeux »
L’interprétation résulte de l’application d’une grille de décision, qui intègre non seulement le résultat,
mais aussi d’autres informations.
L’[Link] + GRILLE DE DECISION INTERPRETATION
2. D.S. fournit d’excellent résultats dans le dépistage des CHEPTELS tuberculeux. En raison des risques
d’erreurs analysés précédemment, il faut tenir compte à la fois :
- De la qualité des conditions techniques.
- De la situation épidémiologique du troupeau : plus grande sévérité d’interprétation en milieu infecté,
ou à risque élevé (introduction de bovins non contrôlée).
- De l’état clinique des animaux (pour éviter de méconnaître un animal en état d’anergie).
- Des moyens complémentaires disponibles : I.D.C.

71
Tuberculose/Sept. 2001

3. Ainsi, il est évident que si l’acte de l’injection de tuberculine peut paraître facile, l’interprétation en
fait un acte professionnel vétérinaire réclamant une qualification élevée.

INTRADERMOTUBERCULINATION COMPARATIVE (I.D.C.)

Principe
Il consiste à comparer la réaction présentée par l’animal à une injection de tuberculine bovine, à celle présentée
à une injection de tuberculine aviaire pratiquée simultanément.
En raison d’une parenté plus grande de M. avium avec M. johnei et diverses mycobactéries atypiques qu’avec les
bacilles tuberculeux bovin et humain, les mycobactérioses non spécifiques comme l’infection à M. johnei ou
avium s’exprimeront de façon plus intense par l’épreuve de la tuberculine aviaire.

Réalisation

Réactifs et matériel
- Tuberculines :
?? Tuberculine bovine P.P.D. normale 20.000 UCT/ml
?? Tuberculine aviaire P.P.D. titrant 25.000 U.I./ml.
La tuberculine forte est totalement proscrite pour l’I.D.C.
- Matériel
Ciseaux, cutimètre ; disposer en outre de deux seringues destinées l’une à la tuberculose bovine, l’autre à la
tuberculine aviaire.

Lieux d’injection
Face latérale de l’encolure, tonte préalable (avec ciseaux) des lieux d’injection (Figure 10).

Mode opératoire
Pratiquer sur la même face de l’encolure, en deux points distants de 10 à 15 cm, après mensuration de l’épaisseur
du pli cutané, une injection de 0.1 ml de tuberculine bovine en un point (milieu de l’encolure) et une injection de
même quantité de tuberculine aviaire en l’autre (en avant du précédent).

Lecture
- Dans les heures qui suivent la 72ème heure.
- Nouvelle mensuration, en chaque point, du pli cutané (cutimètre tenu horizontalement) :
B : épaississement du pli cutané en mm au lieu d’injection de la tuberculine bovine.
A : épaississement au lieu d’injection de la tuberculine aviaire.
- Comparaison des résultats obtenus.

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Tuberculose/Sept. 2001

Figure 10 : Mode opératoire de l’I.D.C.


Lieux d’injection de tuberculines aviaire (A) et bovine (B).

Tableau X : Grille de lecture de l’IDC.


Tuberculine bovine Différence d’épaississements entre réactions aux RESULTAT
tuberculines bovine et aviaire
Si B > 2 mm - B – A > 4 mm Réaction positive
- B – A [1 – 4 mm] Réaction douteuse
- B – A < 1 mm Réaction négative
Si B ? 2mm Quel que soit le résultat de B - A Réaction négative

Interprétation
Aide à l’interprétation : L’interprétation est facilitée par une représentation graphique dont les axes portent
conventionnellement, pour les abscisses les épaississements à la tuberculine bovine (B ou DB) et pour les
ordonnées les épaississements à la tuberculine aviaire (A ou DA). Les seuils sont ceux définis par la C.E.E. (2
droites, y = x-1 et y = x-4) : secteur supérieur = résultat négatif ; inférieur = positif ; intermédiaire = douteux.
Interprétation : seulement à l’échelon du cheptel : la dispersion du nuage de points sur l’un ou l’autre des
secteurs permet de conclure (cf.. Figure 11 et Figure 12).
En cas de doute, on renouvelle l’I.D.C. (6 semaines plus tard), et l’interprétation résulte de la comparaison des
deux graphiques : les réactions spécifiques sont plus stables que les non spécifiques (cf. Figure 13) .
Commentaire : Un bovin infecté par une mycobactérie autre que M. bovis pourra donner au cours du temps des
réactions tuberculiniques différentes et paradoxales. En L1 , seule la réponse à la tuberculine bovine sera décelée.
Quelques semaines plus tard, une I.D.C. de contrôle effectuée en L2 montrerait des réactions voisines pour les
deux tuberculines. Enfin, en L3 , la réaction à la tuberculine aviaire est pleinement installée, tandis que la
réactivité à la tuberculine bovine a pratiquement disparu.

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Tuberculose/Sept. 2001

Figure 11 : Représentation graphique des résultats Figure 12 : Représentation graphique des résultats
obtenus avec l’I.D.C. dans un cheptel atteint de obtenus avec l’I.D.C. dans un cheptel atteint de
tuberculose. paratuberculose.
DB = épaississement à la tuberculine bovine DA = épaississement à la tuberculine aviaire.

Figure 13 : Cinétique du développement des réactivités spécifique (2) et non spécifique (1) au cours du temps.

L’interprétation doit tenir compte des résultats d’ensemble obtenus au sein du troupeau ainsi que des
considérations cliniques et épidémiologiques qui ont motivé l’emploi de ce test ; tout spécialement pour les
réactions douteuses.
Il est impossible d’interpréter le résultat d’UN bovin (pris isolément, indépendamment du contexte de son
cheptel). Il n’est en particulier pas possible d’espérer distinguer dans un cheptel reconnu tuberculeux, les bovins

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Tuberculose/Sept. 2001

qui seraient réellement tuberculeux de ceux qui ne seraient pas infectés. Il n’en est pas de même pour les
animaux achetés, puisque le résultat relatif à l’animal est interprété dans le contexte du cheptel d’origine.

Valeur
Méthode de bien plus faible sensibilité que l’I.D.S. (= 0,50 à 0,64), compensée par une plus grande spécificité
(0,98 à 0,996) à comparer avec les valeurs de l’I.D.S. (cf. Tableau IX).
Néanmoins est plus coûteuse, plus longue : doit être réservée à des circonstances particulières, en particulier
chaque fois que l’on doute de la spécificité de la réaction obtenue avec l’une des précédentes méthodes. Cette
méthode est de plus en plus employée, d’autant qu’elle n’est plus soumise à l’autorisation du D.S.V. comme
autrefois.

CHOIX D’UNE METHODE DE TUBERCULINATION

INDICATIONS DE L’I.D.S. (selon réglementation)

Avec tuberculine normale


- Opération de dépistage de cheptels tuberculeux,
- Opération de contrôle dans les cheptels indemnes,
- Tuberculination pratiquée lors de l’introduction d’un bovin dans une exploitation,
- Expertise en cas de rédhibition,
- Contrôle dans un cheptel ayant vendu un bovin reconnu infecté dans les 15 jours à 3 mois suivant son départ
de l’exploitation (constatation de lésions tuberculeuses).

Avec tuberculine forte (promise à une disparition prochaine)


- Contrôles périodiques de cheptels infectés (en dérogation de l’obligation d’abattage), jusqu’à leur
assainissement,
- Tuberculinations pratiquées dans le cadre des exportations.

INDICATIONS DE L’I.D.C. (selon réglementation)


Elle est de plus en plus largement utilisée, après l’IDS, en particulier dans les cas suivants :

En l’absence de facteurs de risque de tuberculose :


- Après constat de réactions positives à l’IDS, plus particulièrement
- si elles sont douteuses ou faiblement positives,
- lorsqu’elles sont nombreuses : un fort taux de réagissants signale un phénomène anazootique qui
caractérise l’infection par des mycobactéries d’environnement
- lorsqu’une contamination par un bacille d’origine aviaire ou par d’autres mycobactéries peut être
suspectée, notamment en présence de lésions nodulaires du trayon et de la peau, d’infestation parasitaire
(douve), ou d’infection paratuberculeuse suspectée.
- Lors de vaccination contre la paratuberculose.
- En cas d’expertise pour rédhibition, à condition impérative de l’accord de l’acheteur.
- Contrôle dans le cheptel du vendeur suite à un résultat positif à l’expertise pour rédhibition

En présence de facteurs de risque de tuberculose :


- Après constat d’une ou plusieurs IDS positives, et abattage du ou des animaux impliqués, l’absence de
lésions tuberculeuses macroscopiques à l’abattage conduit à l’indication de l’IDC.

DEPISTAGE
Le dépistage de la tuberculose bovine associe différentes méthodes :
?? Tuberculination des cheptels,
?? Inspection des carcasses à l’abattoir,
?? Contrôle préalable à l’introduction d’un bovin dans un cheptel indemne,
?? Enquête épidémiologique.
Il est indispensable d’en comparer les caractéristiques, afin de pouvoir en apprécier l’efficacité relative dans la
lutte.

Les particularités des méthodes de dépistage

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Tuberculose/Sept. 2001

Les particularités sont présentées dans le Tableau XI, selon une approche épidémiologique : population, temps,
espace….
Tableau XI : Particularités des méthodes de dépistage de la tuberculose bovine en France.
IDS Abattoir Introduction Enquête
épidémiologique
Tous animaux Boucherie / réforme Vendus : qualité Lien avec cheptel
Population zootechnique. infecté.
? âge Age > Age < ? âge
Répété 1 seule fois > 1 fois Selon besoin
Temps Ponctuel Continu Sporadique Selon besoin
Espace Elevage ? Elevage ? Elevage Elevage
En ce qui concerne la population, les questions se posent de savoir quels sont les animaux concernés, leur âge, et
s’ils subissent l’examen une ou plusieurs fois. Pour le temps, est-ce que le dépistage a lieu à un moment donné
(ponctuel), à n’importe quel moment, mais de façon soit continue, soit sporadique. Enfin, le dépistage a-t-il lieu
dans l’élevage, auquel cas, il est possible d’associer des informations qui y sont directement collectées pour aider
à l’interprétation, ou au contraire en dehors de l’élevage.
Les modalités de dépistage sont différentes sur les différents points passés en revue. On peut considérer qu’elles
se complètent. Mais on peut difficilement imaginer qu’une seule puisse remplacer toutes les autres, sans que ce
choix ne fasse l’objet d’une mûre réflexion.

Valeur des méthodes de dépistage


On le sait, il y a des erreurs par défaut, et des erreurs par excès (Tableau XI), et cela quelle que soit la méthode
de dépistage. Il est particulièrement utile de comparer les méthodes de dépistage sur ce plan.
Aucune méthode ne peut être considérée comme à l’abri des erreurs.
Les remarques précédentes permettent de souligner que toutes sont par conséquent vulnérables à l’effet de la
baisse de la prévalence, qui retentit sur la valeur prédictive. Toutefois, comme leurs approches sont différentes,
on voit tout le parti à tirer de leur association, car la nature différente de leurs erreurs devrait en tempérer les
répercussions.
Il faut prendre en considération le coût de chacune des méthodes, tant sur le plan financier, que sur les autres
plans (temps, personnel, impact sur la population…). De ce point de vue, la tuberculination se révèle coûteuse.
Mais la nécessité d’assortir le dépistage à l’abattoir de la mise en œuvre de méthodes de diagnostic expérimental
coûteuses réduit son avantage financier.
La tuberculination, lorsqu’elle était entreprise sur un rythme annuel, avait l’avantage de suivre
approximativement la cinétique de la tuberculose. La réduction du rythme change complètement la perspective :
il ne s’agit alors plus véritablement d’un dépistage au sens strict, mais bien plutôt d’un « contrôle », c’est-à-dire
que le cheptel est considéré comme a priori dans une situation sanitaire favorable, et on veut simplement vérifier
qu’il en est bien ainsi. Ce qui veut dire qu’il faut s’appuyer sur d’autres méthodes de dépistage si l’on veut éviter
que des foyers non découverts ne propagent l’infection à d’autres élevages, dans des conditions telles que tous
les efforts soient anéantis.
Tableau XII : Les causes d’erreur des différentes méthodes de dépistage
Erreurs par défaut Erreur par excès
Communes Identification non exacte (erreur ou fraude)
Tuberculination
Allergie Animal non réagissant Infection par mycobactérie
Désensibilisation atypique.
Opérateur Technique non conforme Technique non conforme
Seuil trop élevé Seuil trop bas
Facteurs de risque Sous-estimés VPP surestimée
Abattoir Lésion non visible, non vue (déficit Lésion non tuberculeuse (tumeur,
d’inspection). parasite).
Contrôle d’achat Non vérification de l’état sanitaire « Stress du transport » :
du cheptel d’origine sensibilisation par mycobactéries
Tuberculination non faite autres que M. bovis.
Animal désensibilisé par une Stress du vétérinaire de l’acheteur :
tuberculination réalisée peu de critères extrêmement rigoureux.
temps auparavant.
Enquête épidémiologique Information relative à un risque non Révélation de facteurs de risque

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Tuberculose/Sept. 2001

révélée (perdue ou dissimulée). mais non causaux. Informations


erronées.

On le voit, il n’y a ni UNE méthode qui cumule suffisamment de qualités, ni même un système qui serait fondé
sur la complémentarité des différentes méthodes, qui puisse suffire à assurer le succès d’un plan de lutte. Le
dépistage n’est donc qu’une approche, il faut d’autres conceptions pour que la lutte atteigne ses objectifs.

PROPHYLAXIE SANITAIRE
Dans la lutte contre la tuberculose bovine, seule la prophylaxie sanitaire est utilisée, tout au moins dans les pays
faiblement infectés. Un plan de lutte bien construit doit s’appuyer sur un ensemble cohérent de mesures
défensives et offensives.

MESURES DEFENSIVES
Elles visent la protection des effectifs indemnes et la certification de leur qualité.

PROTECTION AUX FRONTIÈRES


N’importer que des bovins provenant de cheptels indemnes et contrôlés par intradermotuberculination.

PROTECTION D’UNE ÉTABLE INDEMNE


Elle s’inspire de différents principes épidémiologiques fondamentaux :

Maîtrise des flux « intrants »


- La tuberculose est une maladie qui s’achète : Eviter d’introduire des bovins, ou bien seulement s’ils
proviennent de cheptels présentant toutes garanties sanitaires, avec quarantaine et contrôle des animaux
introduits (examen clinique et tuberculination).
- La tuberculose est une maladie intertransmissible d’une espèce à l’autre : Eviter l’entrée dans les étables de
personnes tuberculeuses, d’animaux étrangers (chiens, chats etc. ) susceptibles d’être source de
contamination ; séparation des espèces animales.
- La tuberculose est une maladie de la domestication liée à une hygiène insuffisante. Assurer :
?? L’hygiène de l’alimentation : alimentation saine ; éviter les laits de retour non stérilisés pour les veaux ;
pas d’abreuvement dans les abreuvoirs collectifs…
?? L’hygiène de la reproduction : contrôle de la monte publique, de l’I.A…
?? L’hygiène de l’habitat : aération, lumière, désinfection périodique…
Ce facteur de risque peut le plus facilement être maîtrisé par l’éleveur lors de l’introduction d’un animal : il lui
suffit de contrôler la qualité sanitaire de l’élevage d’origine, qui doit être véritablement indemne, et d’avoir les
garanties nécessaires concernant les conditions de transport.
La qualité indemne peut être simplement « administrative », un certificat attestant que l’élevage d’origine est
bien enregistré comme indemne. Elle peut aussi être « épidémiologique » : l’élevage d’origine applique des
mesures de protection sanitaire qui lui permettent de maîtriser tout risque d’infection tuberculeuse. Il est certain
que cette qualité est bien supérieure. Encore faut-il pouvoir en obtenir une attestation, qui garantisse
effectivement la véracité.
Les comportements des éleveurs dans certains régions sont tels que pendant longtemps il était hors de question
pour des éleveurs de procéder aux vérifications sanitaires que nous venons d’évoquer. Pour beaucoup en effet, le
fait de vérifier reviendrait à explicitement se méfier du vendeur. Or, le principe de la confiance dans les relations
avec les partenaires est une valeur sociale importante qui interdisait en pratique l’application de ces procédures
sanitaires. C’est pourquoi, pendant de nombreuses années, le contrôle sanitaire à l’achat était totalement
inexistant dans de nombreux département : on a même pu estimer dans les années 80 qu’au mieux, en moyenne
en France, une transaction commerciale sur 2 était conforme aux recommandations.
Certains pensaient pouvoir contourner la difficulté précédente en ne procédant qu’à la tuberculination de
contrôle, puisque celle-ci est réalisée chez l’acheteur, et ne nécessite donc pas que le vendeur en soit
systématiquement informé (mais seulement en cas de réaction défavorable). L’inconvénient de ne s’appuyer que
sur la tuberculination découle des limites de ce diagnostic, dont la valeur pour un individu isolé de son contexte
est médiocre.

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Tuberculose/Sept. 2001

Maîtrise du risque de voisinage


Le contact avec des lots de bovins reconnus infectés, ou d’état sanitaire inconnu doit être systématiquement
évité :
- Pas de pâture voisinant celles d’un élevage infecté, ou d’état sanitaire inconnu ou à risque (établissement de
transit). Pour que la protection soit efficace, il faut aussi que l’éleveur de l’élevage infecté prenne des
dispositions visant à éviter la propagation de la tuberculose.
- Pas de prêt, ou d’emprunt d’animaux à un voisin sans visite sanitaire préalable,
- Pas de pâturage à l’estive, ou respecter des conditions sanitaires strictement indemnes.
C’est pourquoi, dès la détection d’un foyer avéré de tuberculose, les enquêtes épidémiologiques appropriées
doivent être menées pour établir la liste de tous les élevages qui ont pu être exposés au risque, afin de contrôler
l’état sanitaire de ces élevages. Ce travail est fastidieux, coûteux en temps et en énergie (plusieurs dizaines
d’élevages peuvent facilement être concernés), mais d’une importance cruciale pour l’efficacité de la prévention.
Dans le même esprit, afin de maîtriser tout risque de contamination ultérieure d’autres élevages, toutes les
mesures nécessaires doivent être prises, comme par exemple l’interdiction de pâturage des animaux du cheptel
infecté. Cette mesure très contraignante est pourtant elle aussi très importante.
Le risque de voisinage peut être insidieux, car sa maîtrise ne dépend pas des éleveurs indemnes qui
souhaiteraient s’en protéger, mais bien de l’éleveur infecté. Au minimum, il faut que tous les éleveurs concernés
soient clairement informés du risque encouru par l’existence d’un foyer dans leur secteur : la diffusion d’une
telle information étant susceptible d’avoir des répercussions imprévisibles doit faire l’objet d’une campagne de
communication appropriée de la part des autorités compétentes.

Maîtrise du rique de résurgence


Le risque de persistance d’animaux infectés dans un élevage est élevé. Pourtant, on se doit de constater que la
conception des plans de lutte de la plupart des pays a reposé, au moins pendant la période de début, sur
l’élimination progressive des bovins infectés, dépistés par la tuberculination, sans empêcher la diminution de la
prévalence de l’infection du cheptel. En fait, on doit tenir compte aussi de l’effet bénéfique de la réforme
spontanée des bovins, qui concourt à l’élimination de l’infection, attestée par les découvertes d’abattoir en
provenance d’élevages réputées assainis.
Tout élevage qui a été reconnu infecté de tuberculose doit faire l’objet d’une « surveillance rapprochée »pendant
aussi longtemps que subsistent des bovins contemporains de l’épisode d’infection : contrôles réguliers (annuels),
interprétation a priori plus rigoureuse que dans un élevage réputé indemne. L’abattage total élimine la majeure
partie du risque de persistance : ne subsiste plus que l’aléa d’un réservoir secondaire, autre que les bovins, et non
identifié.
Les pays qui ont su mettre en application un plan associant de manière cohérente ces trois types de mesure ont
su se débarrasser de la tuberculose rapidement : il n’a fallu à la R.F.A. qu’une dizaine d’années (1955 à 1965)
pour en venir à bout. Le bilan que nous avons fait pour les facteurs de risque en France a montré les cibles
prioritaires.

QUALIFICATION DES ÉTABLES INDEMNES


La protection permet à un élevage de devenir et de rester indemne. Mais il faut que cette qualité soit reconnue et
attestée, pour permettre aux élevages correspondants d’entrer en relation en toute connaissance de cause, et aux
gestionnaires du plan de mesurer son état d’avancement.
La qualification indemne résulte d’une démarche « qualité », qui associe le contrôle de la qualité de réalisation
des procédures qui ont permis d’aboutir à l’état indemne, et le contrôle du résultat, le statut indemne.
Elle repose sur un système de surveillance, qui s’exerce à l’échelon de l’élevage et à celui de la région.
Elle concerne les élevages, mais elle peut aussi viser les régions, qui par inclusion permettent de qualifier, sous
certaines conditions, les élevages qui en font partie.

Qualification des élevages


Les effort accomplis par l’éleveur portent presque exclusivement sur le contrôle systématique de toutes les
introductions, les autres facteurs relèvent de la responsabilité des acteurs de santé (services vétérinaires).
L’éleveur doit tenir à jour les registres nécessaires, et des agents doivent procéder aux vérifications
correspondantes (recoupement de fichiers, du registre et contrôle des effectifs) : l’identification individuelle est
indispensable à l’efficacité de ce contrôle.
Le système de surveillance a pour but de vérifier que la situation est toujours favorable et de déceler un incident
éventuel. Il porte sur deux niveaux, l’élevage et la région.

Surveillance ponctuelle dans les élevages

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Tuberculose/Sept. 2001

Cette surveillance cherche à vérifier que chaque élevage individuellement est bien toujours indemne : la visite
annuelle est la seule à donner cette assurance, car elle permet l’accès à tous les animaux de tous les cheptels, et
cela selon un rythme qui est compatible avec la vitesse de propagation de la tuberculose.
Le rythme peut en être allégé en fonction des résultats de la surveillance de la région (voir plus loin).
Elle doit comporter : 1/ une tuberculination effectuée sur tous les bovins ; 2/ une vérification de réalisation
effective des mesures de contrôle à l’introduction.
L’information relative au résultat de la visite (favorable ou non) doit être transmise au responsable de la gestion
du plan de lutte soit pour qu’il délivre l’attestation attendue, soit pour qu’il ordonne et suive les mesures visant à
permettre à l’élevage de redevenir indemne.

Surveillance continue à l’abattoir


Entre deux dépistages annuels, il peut y avoir des incidents, qui ne seront décelés que lors de la tuberculination
suivante. C’est pourquoi le dépistage est aussi réalisé à l’abattoir, sur les carcasses des animaux abattus
(réforme ou animaux de boucherie). Là aussi, il faut une identification suffisante, au minimum permettant de
retrouver l’élevage d’origine, et l’information correspondante doit être répercutée aux acteurs concernés :
services vétérinaires, vétérinaire de l’éleveur et éleveur lui-même.

Sanction
La procédure de qualification nécessite au moins deux visites : compte tenu du délai d’incubation et des
défaillances de la tuberculination , il faut au moins un délai suffisant (6 mois à un an) entre chacune d’elles pour
que l’état indemne puisse être attesté avec une fiabilité suffisante.
Le maintien de la qualification découle du résultat favorable des visites de contrôle ultérieures.
L’attestation correspondante a une validité a priori d’un an, délai séparant deux visites.
En cas de découverte d’incident (visite ou abattoir), la qualification est retirée, et des mesures visant soit à
vérifier la nature de l’incident, soit à restaurer le cas échéant un état favorable à l’élevage sont entreprises. La
mise en évidence d’incidents éventuels est facilitée dans les élevages de grande taille, elle est bien plus difficile
pour les élevages de petite taille. Autrement dit, on voit que l’attestation n’a pas la même valeur a priori selon le
type d’élevages. Pourtant, globalement cet écart ne porte pas préjudice à l’efficacité du plan de lutte.

Au niveau du cheptel d’une région


A l’échelle d’une région géographique (groupe de cantons, département ou plus), la surveillance cherche à
établir que la situation suit globalement le cours attendu.

Surveillance des élevages


Elle peut procéder par sondage visant à estimer la valeur de la prévalence des cheptels infectés…ou celle des
cheptels indemnes, ce qui n’est pas du tout la même chose, puisque dans ce dernier cas, en plus du résultat des
tuberculinations, il faut le bilan de la visite relative à la maîtrise des risques à l’introduction.
Plus le risque de tuberculose est faible, plus le rythme de tuberculination peut être allégé : selon le taux de
cheptels infectés, le rythme initial annuel peut être étendu à une tuberculination tous les 2, 3 voire 4 ans. Il s’agit
alors bien de l’équivalent d’un sondage, car tous les ans, on procède dans une région à la tuberculination de la
moitié, du tiers, ou du quart des cheptels.

Surveillance continue à l’abattoir.


Dès que le rythme des visites annuelles ne suit plus la cinétique de propagation de la tuberculose, la surveillance
à l’abattoir prend une importance prépondérante. La « pression » de surveillance n’est pas la même pour les
élevages selon le flux d’animaux qu’ils envoient à l’abattoir, et le temps qu’ils peuvent passer dans leur élevage
d’origine.

Sanction
Selon la valeur des indicateurs épidémiologiques pertinents (comme le pourcentage de cheptels infectés de
tuberculose et / ou le pourcentage de cheptels qualifiés) il est possible de qualifier une région « indemne de
tuberculose ». Par principe, les élevages qui en font partie, sous réserve de respecter la maîtrise des risques à
l’introduction, peuvent être eux-mêmes qualifiés indemnes.
Ce système n’a pas la même acuité que le précédent, dans lequel chaque élevage est contrôlé. Du fait de
l’allégement des mesures de contrôle, il repose en effet pour une bonne part sur l’équivalent d’une absence
d’information défavorable, selon laquelle on peut postuler que « dans ces conditions, la situation est favorable ».

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Tuberculose/Sept. 2001

Mais, grâce à la surveillance des incidents, il apporte également une information sur la qualité de maîtrise des
risques de tuberculose, qui permet le retrait de la qualification.
En fait, l’engagement de l’éleveur à respecter les mesures de protection prescrites constitue l’information
complémentaire qui vient compenser le déficit d’information au niveau de l’élevage. La menace de la perte de la
qualification en cas de non respect des mesures de protection représente l’argument contributif nécessaire.

MESURES OFFENSIVES
Elles sont fondées sur le dépistage et l’assainissement des élevages bovins tuberculeux, assortis d’une
désinfection et d’un aménagement hygiénique des étables.
Autrefois, ces mesures constituaient la base des plans de lutte. Aujourd’hui, elles constituent une résultante du
plan de surveillance des cheptels indemnes, ce qui nécessite une adaptation.

DEPISTAGE DES ELEVAGES INFECTES


Les méthodes utilisées pour la qualification des élevages donnent une information qui sert également au
dépistage des cheptels infectés. La valeur prédictive de cette information est bien moins bonne que dans le cadre
du dépistage : elle doit par conséquent impérativement faire l’objet des confirmations nécessaires.
Du fait des allègements du système de surveillance, qui résulte de l’amélioration de la situation du cheptel,
l’efficacité du dépistage baisse inéluctablement : il faut recourir à d’autres méthodes de dépistage,
complémentaires des premières.

Dépistage par tuberculination


Le système de surveillance évoqué précédemment comporte des mesures de tuberculination des bovins dans les
élevages. Si la sensibilité « cheptel » est excellente, malgré les défaillances reconnues de la tuberculination, le
système lui a l’inconvénient de n’être que ponctuel, surtout lorsque le rythme n’est plus annuel.

Inspection des carcasses à l’abattoir


Ce système de dépistage est relativement tardif, mais il a l’avantage d’être continu.

Contrôles à l’introduction
L’instauration de cette mesure de protection de l’élevage acheteur fournit également une information sur
l’élevage vendeur dans le cadre du dépistage, d’autant plus que la rigueur de l’examen est conditionnée par la
prudence de l’acheteur. Le risque d’erreur par excès est plus important avec cette source d’information.

Enquête épidémiologique
En définitive, la découverte d’un foyer de tuberculose risque fort d’être réalisée dans des conditions telles que
d’autres élevages ont déjà pu être contaminés. C’est pourquoi il faut une enquête épidémiologique approfondie,
en amont et en aval, à partir de ce foyer. Elle doit viser à vérifier non seulement d’état sanitaire attesté par les
tuberculinations, mais aussi l’état des facteurs de risque, non seulement vis -à-vis du facteur de risque majeur
identifié, l’élevage reconnu infecté, mais aussi par rapport à la bonne application des mesures de protection en
général.
Conséquences : A terme, la contribution la plus efficace au dépistage de cheptels infectés résultera de
l’enquête épidémiologique, après détection (tardive) d’un foyer par les autres méthodes.

ASSAINISSEMENT
Il doit viser tous les animaux des espèces sensibles et passe obligatoirement par l’élimination des animaux
infectés.
Plusieurs méthodes ont été proposées.

Dépistage des infectés, et gestion sanitaire des excréteurs.


Selon la méthode de Bang (fin du XIX° siècle), les animaux cliniquement atteints étaient immédiatement
éliminés, et les réagissants seulement progressivement. Certains pays, lourdement infectés et aux moyens limités,
y recourent encore, malgré la preuve clairement établie de son inefficacité. Certains fondent encore des espoirs
sur l’utilisation de méthodes modernes de dépistage, sur leur combinaison, afin d’éliminer les infectés supposés

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Tuberculose/Sept. 2001

excréteurs et de pouvoir retarder l’élimination des infectés non encore excréteurs : ces illusions risquent de
coûter encore plus cher, à long terme que la mise en œuvre des méthodes suivantes.

Dépistage et élimination des infectés


Dénommé aussi abattage sélectif, progressif, partiel. Il consiste en l’élimination de tout sujet cliniquement
atteint ou réagissant : très efficace, mais coûteux. Utilisé en France à partir de 1954.

Abattage de tous les animaux d’un élevage infecté.


C’est ce qu’on appelle l’abattage total, qui conduit à l’élimination de tous les animaux d’un élevage reconnu
atteint, qu’ils soient infectés ou non. Méthode la plus radicale, la plus efficace, mais très coûteuse. Elle est
utilisée en France dès le début des années 80 dans les départements de situation très favorable, et obligatoire
depuis janvier 2000.
Ces deux dernières méthodes sont efficaces, mais nécessitent des ressources financières importantes. Les pays
lourdement infectés ne peuvent y recourir qu’avec le soutien d’une aide internationale à la fois technique et
surtout financière.

DESINFECTION ET AMENAGEMENT HYGIENIQUE DES ETABLES


La désinfection doit comporter tout d’abord un simple temps de récurage et de nettoyage, sans lequel toute
désinfection est illusoire.
L’application d’un désinfectant approprié doit être suivie des temps de séchage propice à l’activité désinfectante.
Le repeuplement ne peut être entrepris qu’après assainissement réel et avec animaux indemnes, c’est-à-dire
provenant d’un élevage indemne.

QUALIFICATION
La qualification (ou re-qualification) du cheptel doit être suivie d’un régime de surveillance rapprochée, de façon
à assurer une maîtrise satisfaisante du risque de résurgence.

STRATÉGIE DE LUTTE CONTRE LES MYCOBACTÉRIES


ATYPIQUES
Parvenir à établir que les réactions tuberculiniques ne sont pas dues à une infection par M. bovis, c’est bien.
Identifier la cause de la sensibilisation pour pouvoir la tarir, c’est mieux

Il faut tout d’abord identifier les causes de sensibilisation :


- Les lésions de thélite nodulaire sont faciles à observer (il faut toutefois établir la relation statistique avec la
réaction tuberculinique).
- La cohabitation répétée avec des oiseaux, dont on peut penser qu’ils sont atteints par M. avium, peut être
évoquée par l’observation épidémiologique. La mise en évidence de M. avium sur un cadavre d’oiseau
emporte la conviction.
- La relation (au sens statistique) avec l’infestation par la douve hépatique est également un bon signe
indicateur.
- Le diagnostic d’infection par M. paratuberculosis est beaucoup plus difficile à établir, car, comme pour
toute mycobactérie, l’infection est la règle, la maladie l’exception. Il faut donc recourir à des méthodes
spécifiques (culture) ou l’association de signes cliniques et épidémiologiques probants associés à une
sérologie de troupeau évocatrice pour pouvoir conclure en ce sens.
- …et restent toutes les causes de sensibilisation « innominées »dues à des mycobactéries de l’environnement,
dont le pouvoir sensibilisant est potentialisé par des facteurs adjuvants qui nous sont totalement méconnus.

Agir sur la cause de sensibilisation quand c’est possible


- Thélite nodulaire : aucune action, aucune thérapeutique connue, ou tout au moins reconnue
(scientifiquement) comme véritablement efficace, malgré les nombreuses « recettes ».
- La mise à l’écart des oiseaux contaminés par M. avium suffit à rétablir en quelques mois la virginité
allergique.
- De même, le traitement efficace contre la douve est suivi en quelques mois de la disparition de la réactivité
allergique.
- L’infection par M. paratuberculosis est une autre affaire, qui ne peut être abordée ici (cf. cours de
pathologie du bétail).

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Tuberculose/Sept. 2001

- L’infection par les mycobactéries d’environnement est soumise aux fluctuations de l’environnement :
inondations de pâtures, changements d’alimentation, etc. Dans une proportion élevée de cas où il n’a pas été
possible de mettre en évidence une cause évidente, l’expérience montre que les réactions peuvent :
1. Etre de plus en plus facilement identifiées, avec le temps, comme d’origine atypique à l’aide de l’IDC ;
2. Finir par disparaître au maximum en une saison de tuberculination.

82
Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02

LEGISLATION ET REGLEMENTATION SANITAIRES

LEGISLATION SANITAIRE
La tuberculose bovine est déclarée maladie légalement réputée contagieuse dans 4 cas (D. 24.01.34) :
tuberculose avancée du poumon, tuberculose de l'intestin, tuberculose de la mamelle, tuberculose de l'utérus.
Dans les autres cas, elle donne lieu à déclaration obligatoire (D. 28.07.65).
La police sanitaire française qui ne frappe que les bovins atteints de forme de tuberculose légalement
contagieuse est de conception ancienne (loi de 1933) : elle visait à imposer par arrêté préfectoral des mesures de
contraintes particulièrement draconiennes, assorties de sanctions lourdes en cas de non application des
prescriptions. Il s’agissait des seules mesures en vigueur à l’époque.
En réalité, ces formes n'étant qu'exceptionnellement diagnostiquées, elle était rarement appliquée. Elle est
désormais définitivement dépassée, dans la mesure où l’assortiment actuel des mesures réglementaires de
prophylaxie est très complet, et s’appuie également sur un A.P.D.I.

REGLEMENTATION SANITAIRE
La lutte contre la tuberculose des bovins repose presque exclusivement sur l'organisation de la prophylaxie
collective de la tuberculose bovine rendue obligatoire sur l'ensemble du territoire national par A.M. du
23.06.65.
Nous envisagerons donc ici :
A. Les principales mesures découlant de l’application du Décret du 19.03.63 relatif à la prophylaxie de la
tuberculose bovine et fixées par A.M. du 16.03.90 (modifié par AM du 2.06.99) pour les mesures techniques et
administratives et A.M. du 29.05.63 pour les mesures financières.
1. Principes généraux de la prophylaxie.
2. Organisation de la prophylaxie.
3. Protection et qualification des cheptels bovins reconnus officiellement indemnes
4. Dépistage de la tuberculose et actions dans les cheptels bovins non indemnes.
5. Lutte contre la tuberculose caprine.
B. Diverses mesures entrant dans le cadre de la protection sanitaire, en particulier les mesures à l’importation, la
découverte de tuberculose lors de transaction commerciale, la réglementation de l’insémination artificielle et de
la monte publique, la réglementation de la vaccination contre la paratuberculose.

PROPHYLAXIE COLLECTIVE OBLIGATOIRE DE LA TUBERCULOSE


La prophylaxie de la tuberculose bovine est fondée sur l’application de mesures exclusivement sanitaires. Sa
présentation s’appuie sur les textes en vigueur, assortis de commentaires (en italiques).

Principe
La prophylaxie de la tuberculose repose sur :
?? La protection des effectifs animaux de l’espèce bovine, de l’espèce caprine ou mixtes indemnes, et la
qualification officielle des cheptels vis -à-vis de la tuberculose ;
?? L’assainissement des effectifs animaux correspondants reconnus infectés,
?? L’application de mesures restrictives à la circulation des animaux appartenant à ces effectifs reconnus
infectés,
?? La mise en place d’un réseau national et harmonisé de diagnostic de la tuberculose dans des laboratoires
agréés à partir de prélèvements réalisés sur des lésions suspectes constatées lors de l’inspection post mortem
de ruminants à l’abattoir ou lors d’autopsie.
Les textes d’origine étaient fondés sur une logique de DEPISTAGE de la tuberculose. Ici, l’optique est
toute différente : protection et qualification des effectifs figurent en tête du plan.
Les caprins sont désormais inclus dans le plan, dans la mesure où leur cheptel est en relation avec un
cheptel bovin. On le verra plus loin, ils doivent aussi suivre un plan de qualification.
Un réseau national de surveillance de la tuberculose est mis en place.

Organisation de la prophylaxie

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Le bon déroulement de la prophylaxie dépend d’une bonne organisation où interviennent différents partenaires.

Direction des services vétérinaires


Dans chaque département, le Directeur des services vétérinaires (DSV) organise et dirige la lutte contre la
tuberculose bovine avec le concours des agents placés sous son autorité et des vétérinaires sanitaires (V.S.), la
collaboration des organismes à vocation sanitaire (en général dénommés G.D.S.) et le cas échéant, d’autres
organisations professionnelles agricoles intéressées (Etablissement départemental de l’Elevage, Mutualité sociale
agricole, etc.).
En pratique, les relations entre DSV et GDS sont très étroites, dans le but justement d’une lutte plus
efficace, au point que dans certains départements, les locaux sont communs aux différents
personnels….ce qui ne facilite pas forcément la gestion du personnel.

Vétérinaire sanitaire
Chaque éleveur informe le DSV de son éventuelle adhésion à un organisme à vocation sanitaire, qui lui apporte
son aide matérielle, technique et financière. Il l’informe aussi du choix de vétérinaire sanitaire : tout changement
de V.S. est soumis à une série de conditions.
Lors d’opération dans des cheptels non indemnes, le VS doit réaliser un bilan sanitaire complet du troupeau,
comprenant notamment un diagnostic individuel de tuberculose ; le marquage des animaux reconnus infectés
doit être réalisé par le VS en présence du DSV ou de son représentant, et cela avant échéance de son mandat.
Le mandat est de 5 ans. Ces dispositions visent à éviter que des éleveurs récalcitrants utilisent une
possibilité (la concurrence entre confrères) pour échapper aux rigueurs de la lutte.

Eleveur et « G.D.S. »
Les propriétaires ou leurs représentants doivent prendre, sous leur responsabilité, toutes dispositions nécessaires
pour aider à la réalisation des mesures prescrites notamment en assurant la contention de leurs animaux, leur
recensement et leur identification.
Si besoin, en particulier en cas de défaillance de l’éleveur et à la demande du DSV, les organismes à vocation
sanitaire compétents apportent leur concours à la réalisation de ces mesures prescrites.
Autrement dit, en cas de difficulté, le VS doit rendre compte de l’impossibilité d’accomplir sa mission
au DSV, qui prendra les dispositions palliatives nécessaires

Abattoir
Dans chaque département, le préfet fixe la liste des abattoirs habilités à recevoir les animaux dont l’abattage a été
prescrit au titre de la lutte contre la tuberculose bovine.
Tous les abattoirs ne sont pas équipés ou organisés pour ces abattages, qui imposent des contraintes.

Préfet
Si la situation sanitaire l’exige, le préfet, sur propositions du DSV, peut prendre toutes dispositions
complémentaires afin de rendre plus efficiente la prophylaxie de la tuberculose bovine sur tout ou partie du
département.
Cette clause permet d’introduire la souplesse nécessaire à des conditions locales éventuellement
particulières.

Maires
Les maires prennent toutes dispositions, dans le cadre de la réglementation en vigueur, pour prévenir l’apparition
ou arrêter au plus vite l’extension de l’infection sur le territoire de la commune. Ils participent dans ce but à
l’information des propriétaires ou détenteurs d’animaux concernés, notamment ceux dont les exploitations sont
épidémiologiquement reliées au(x) cheptel(s) infecté(s).
La publication de listes d’exploitations infectées n’est prévue que dans les cas de MLRC. Ce texte permet de
prévenir individuellement les éleveurs éventuellement exposés, ce qui n’était pas possible jusqu’à ce texte, en
vertu du secret du diagnostic médical (même vétérinaire).

Contrôle et protection des cheptels reconnus officiellement indemnes

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Définitions
Animaux indemnes de tuberculose : Lorsqu’ils appartiennent à un cheptel officiellement indemne de
tuberculose bovine.
Animaux non indemnes de tuberculose : Lorsqu’ils ne répondent pas pour tout ou partie aux critères
précédents. Ces animaux sont interdits à la circulation, sauf à destination d’un abattoir, et sous couvert d’un
laissez-passer.
La définition est donc relative au cheptel d’appartenance, non aux seuls résultats de tuberculination.
Exploitation : Ensemble des unités de production de bovins et d’autres espèces sensibles à la tuberculose,
regroupées habituellement dans des bâtiments ou sur des pâtures communs.
Cheptel bovin d’une exploitation : Chaque unité de production d’animaux de l’espèce bovine élevés aux
mêmes fins zootechniques dans des bâtiments ou sur des pâtures communs.
Dans certains cas, on pourrait distinguer dans une même exploitation cheptel infecté et cheptel
indemne, selon les conditions épidémiologiques (et sous la responsabilité du DSV).
Cheptel bovin officiellement indemne de tuberculose : Lorsqu’à la fois :
?? Tous les bovins sont exempts de manifestations cliniques de tuberculose
?? Tous les bovins (de + de 6 semaines) ont été soumis avec résultats négatifs à deux IDS, ou deux
IDC pratiquées à 6 mois à un an d’intervalle.
?? Tout bovin de plus de 6 semaines introduit provient directement d’un cheptel officiellement
indemne de tuberculose, et est soumis dans les 15 jours suivant la livraison à IDS ou une IDC, avec
résultat négatif.
?? Les animaux des autres espèces sensibles, infectés de tuberculose ou de statut sanitaire inconnu,
sont détenus de façon distincte du cheptel bovin.

Contrôle des cheptels officiellement indemnes


?? Les cheptels officiellement indemnes conservent cette qualification lorsque :
?? Les contrôles (IDS ou IDC) effectués annuellement sont négatifs.
?? Les animaux sont introduits conformément aux prescriptions précédentes : le non respect de cette
disposition entraîne le retrait de la qualification du cheptel.
La maîtrise du risque lié à l’introduction est effective.
?? Les animaux des autres espèces sensibles, infectés de tuberculose ou de statut sanitaire inconnu,
sont détenus de façon distincte du cheptel bovin.
?? Le rythme des contrôles (cf. Figure 14) peut être allégé si le taux de prévalence annuelle des cheptels bovins
infectés de tuberculose est :
?? Inférieur à 1 % pendant 2 ans : BIENNAL,
?? Inférieur à 0,2 % pendant 4 ans : TRIENNAL,
?? Inférieur à 0,1 % pendant 6 ans : QUADRIENNAL et / ou l’âge des bovins contrôlés peut être
porté à 24 mois.

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Figure 14 : Rythme de tuberculination dans les départements français (1999)

Dispositions relatives à la circulation des animaux


La circulation des bovins non indemnes de tuberculose est interdite, sauf à destination directe d’un abattoir et
sous couvert d’un laissez passer.

Dispositions relatives aux ateliers d’engraissement


Un atelier d’engraissement est une unité de production en zéro pâturage de bovins âgés de moins de 24 mois
destinés uniquement à la boucherie. Ces unités doivent être distinctes des autres unités de production.
?? Dérogation par le DSV à l’obligation de contrôle tuberculinique avant introduction, dans la mesure
où les bovins proviennent d’un cheptel officiellement indemne de tuberculose bovine.
?? En cas de résultats défavorables (tuberculination, quel qu’en soit le motif ou lésions tuberculeuses à
l’abattoir), possibilité de surseoir, sur demande expresse du propriétaire au DSV, à l’obligation de
marquage et d’abattage pour des lots homogènes d’animaux jusqu’au terme de leur carrière
économique.

Dépistage de la tuberculose et actions dans les elevages non indemnes de tuberculose

Modalités
Le dépistage de la tuberculose procède de différentes sources :

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?? En élevage: par diagnostic clinique ou allergique : tuberculination simple (tuberculine normale) ou IDC,
réalisée sur les bovins âgés d’au moins 6 semaines et éventuellement les caprins, lorsqu’ils sont entretenus
dans des locaux ou sur des pâtures où séjourne un cheptel bovin infecté de tuberculose. Toute vaccination ou
intervention thérapeutique pouvant avoir un effet sensibilisant ou désensibilisant est interdite. Un délai
minimal de 6 semaines doit être respecté entre deux tuberculinations.
?? A l’abattoir, ou après autopsie : fondé sur des prélèvements réalisés à partir de lésions suspectes, et
soumis à analyses dans des laboratoires agréés (histologie + bactériologie).
?? Lors de contrôle de bovins avant introduction dans un cheptel : tuberculination simple. L’IDC peut être
autorisée par l’acheteur.
?? Lors d’enquêtes épidémiologiques : entreprises autour d’un foyer de tuberculose.

Statuts sanitaires résultant de résultats non favorables de cette surveillance


?? Cheptel suspect d’être infecté dans les cas suivants :
- après constatation de lésions évocatrices de tuberculose (abattoir ou autopsie),
- après constatations de réactions tuberculiniques non négatives (prophylaxie, contrôle à
l’introduction),
?? Cheptel infecté de tuberculose dans les cas suivants :
- Après constatation de signes cliniques de tuberculose associés à une réaction positive (IDS, IDC),
- Après confirmation par un laboratoire agréé de la tuberculose sur des lésions suspectes (abattoir ou
autopsie) d’un bovin de l’exploitation,
?? Cheptel susceptible d’être infecté lorsqu’un lien épidémiologique a été établi avec un cheptel infecté de
tuberculose. Lorsqu’un bovin reconnu tuberculeux à l’abattoir a transité par plusieurs cheptels avant son
abattage (engraissement, lieu de rassemblement), tous les cheptels de transit seront considérés comme
susceptibles d’être infectés.

Mesures mises en œuvre dans un cheptel suspect de tuberculose


?? Déclaration obligatoire au DSV du département en cas de constatation de lésions de tuberculose (espèces
bovine, ovine, caprine, chevaline, asine et leurs croisements).
?? Qualification des cheptels suspects suspendue. Donc interdiction de circulation et commercialisation des
animaux pour une autre destination que l’abattoir ou l’équarrissage (Laissez-passer).
?? Arrêté préfectoral de surveillance :
- recensement des bovins et des animaux des autres espèces sensibles ;
- mise en œuvre de toutes les investigations épidémiologiques et analytiques, contrôles
documentaires, contrôles par test allergique de tout ou partie des animaux et contrôles des
pratiques d’élevage en liaison avec l’éleveur et le vétérinaire sanitaire concerné.
- Le DSV peut décider (avec accord de l’éleveur) de l’abattage d’animaux suspects à des fins de
diagnostic expérimental et de confirmation de la suspicion.
Aucune mesure contraignante (comme interdiction de sortie, restriction de pâturage ) n’est prescrite.
Mais, la responsabilité civile d’un propriétaire imprudent pourrait être sûrement être mise en cause
par un éleveur qui aurait été exposé au risque d’infection tuberculeuse (avec toutes les conséquences
éventuelles) du fait du non respect de précautions qui seraient jugées indispensables. Le Maire peut
prendre des dispositions sur sa commune pour éviter la propagation de l’infection.
?? Un cheptel recouvre sa qualification si les contrôles tuberculiniques, les investigations épidémiologiques et
les analyses de laboratoire sont considérés favorables. En cas de résultat défavorable, le cheptel est déclaré
infecté.

Mesures mises en œuvre dans un cheptel infecté


En cas de confirmation de tuberculose bovine, Arrêté préfectoral de déclaration d’infection (APDI) :
?? Visite, recensement, contrôle de l’identification des animaux (espèce bovine et autres espèces sensibles de
l’exploitation).
?? Isolement, séquestration des animaux reconnus tuberculeux (animaux du cheptel bovin reconnu
tuberculeux et autres espèces sensibles) et des veaux derniers-nés des vaches atteintes jusqu’à leur abattage.
?? Mise en œuvre des investigations cliniques, allergiques et épidémiologiques (si ce n’est déjà fait, ou
exhaustif).

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?? Marquage et abattage (= abattage total) des cheptels bovins de l’exploitation reconnus infectés, et des
animaux qui en sont issus. Dérogation possible pour les animaux d’unités épidémiologiquement séparées.
?? Entrées d’animaux sensibles interdites (locaux, pâturages). Le libre accès au pâturage n’est pas
explicitement interdit : en fait, le délai est relativement cour ce qui limite les risques, et là aussi, la
responsabilité de l’éleveur peut être invoquée dans le cas où un voisin s’estimerait indûment exposé. Le
Maire peut d’ailleurs prendre les dispositions en ce sens.
?? Sorties interdites, sauf abattoir (Laissez passer du DSV).
?? Réalisation d’une enquête épidémiologique amont et aval.
?? Marquage au T (25 mm x 7 mm) à l’oreille droite avec une pince emporte pièce. A la diligence du
propriétaire par le vétérinaire sanitaire, qui dispose de 6 semaines pour contester éventuellement
l’interprétation du VS auprès du DSV.
?? Dérogation à l’obligation d’abattage total dans certains cas (races bovines d’intérêt local), éventuellement
accordée par le DSV sur avis de la DGAL, remplacé par un abattage sélectif des seuls animaux reconnus
infectés.
?? Modalités de nettoyage et de désinfection (locaux, matériel) définies par le DSV en liaison avec le
prestataire concerné et l’éleveur. Comportent un nettoyage et un récurage approfondis, l’usage de
désinfectant approprié. Une attestation de désinfection est délivrée par le prestataire, dont l’éleveur doit
conserver un double dans son registre d’élevage. Le fumier ne peut être épandu sur les herbages ni sur les
cultures maraîchères.
?? Indemnisation : La perte subie par l’éleveur (différence entre la valeur d’élevage et la valeur de boucherie)
est compensée par des indemnités d’Etat, allouées selon un tarif départemental (plafond de 229 Euros par
bovin, et 84 Euros par caprin) et par des indemnités des organisations agricoles, voire du Conseil Général.
?? Après requalification, un cheptel bovin ayant connu un épisode infectieux continue d’être contrôlé
annuellement pendant 10 ans (IDS ou IDC), indépendamment du rythme en vigueur dans le département.
Sont également concernés les élevages ayant retrouvé leur qualification depuis 5 ans et moins en juin 99.

Mesures mises en œuvre dans un cheptel susceptible d’être infecté


?? Qualification suspendue.
?? Arrêté préfectoral de surveillance : mesures identiques aux cheptels suspects.

Lutte contre la tuberculose caprine


Sur la totalité du territoire national, tout éleveur ou personne ayant la garde des caprins est tenu de faire procéder
aux contrôlés et inspection dans son cheptel en vue d’obtenir la qualification officielle de ce dernier vis -à-vis de
la tuberculose et d’en assurer le maintien.
Obtention de la qualification « Cheptel caprin officiellement indemne de tuberculose » :
?? Absence de manifestation clinique ou allergique sur tous les caprins depuis 5 ans au moins, ou depuis la
création du cheptel.
?? Toute lésion suspecte (abattoir, autopsie) a fait l’objet des investigations nécessaires en vue d’infirmer la
suspicion.
?? Les animaux des autres espèces sensibles ou de statut sanitaire inconnu (y compris les volailles) sont
détenus de façon distincte du cheptel caprin.
Maintien de la qualification officiellement indemne
?? Conditions précédentes continuent d’être remplies.
?? Les animaux introduits dans ce cheptel proviennent d’un cheptel officiellement indemne de tuberculose.
Apparemment, il n’est pas instauré un système de dépistage allergique systématique sur le modèle du
cheptel bovin. Par conséquent, si les conditions indiquées sont satisfaites (absence d’information
défavorable), la plupart des cheptels caprins devraient obtenir leur qualification.
Si la situation sanitaire du département l’exige, le préfet, sur avis du DSV, peut prendre toutes
mesures en matière de dépistage allergique de la tuberculose et de contrôle à l’introduction.
Donc, c’est bien à l’échelon local que la décision peut être prise d’une obligation de dépistage
tuberculinique.
Cheptel suspect : cf. réglementation concernant les bovins.
Cheptel infecté : id°.

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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02

AUTRES MESURES

Tuberculose à l’importation
L’importation des bovins est interdite sauf :
?? dérogation générale, pour les pays de l’Union Européenne- Certificat officiel attestant de leur origine
(cheptel officiellement indemne), leur état sanitaire (absence de signes cliniques et tuberculination négative
30 jours avant leur embarquement). Une tuberculination doit être réalisée 20 jours après le passage de la
frontière, sauf pour les bovins d’élevage en provenance des Etats membres indemnes de tuberculose.
?? Dérogation particulière, sur autorisation du Ministre de l’Agriculture

Tuberculose découverte lors de transaction commerciale


Tout bovin présentant une réaction allergique positive à l’occasion d’une transaction commerciale doit être
marqué sur les lieux mêmes où il se trouve dans les 15 jours qui suivent la notification du diagnostic, sauf dans
le cas où une rédhibition judiciaire est intentée.

Protection des acheteurs

Action en nullité de vente (M.L.R.C.)


Procédure lourde, protégeant moins bien l’acheteur que la rédhibition. Non conseillée.

Action en rédhibition
L’acheteur prévient le vendeur afin d’aboutir à un arrangement amiable, qui doit porter sur le devenir de
l’animal, et les conditions financières.
En cas d’absence d’accord entre les deux parties, l’acheteur doit intenter avant expiration du délai de 15 jours
(francs, non compris le jour de la livraison) une action auprès du tribunal d’instance selon les seules formes
prévues par la loi à l’exclusion de toute autre (cf. cours de législation) : prouver l’identité du bovin, la nature de
la transaction, le prix, le nom du vendeur, le résultat de la tuberculination. En raison de la longueur de la
procédure (extinction des voies de recours offertes au vendeur !), il est bien plus préférable d’aboutir à un
arrangement amiable….

Conséquences sanitaires chez l’acheteur


??Devenir du bovin : Dans le cas d’un arrangement amiable, le marquage du bovin non indemne peut être
pratiqué, après accord des deux parties, soit chez l’acheteur (l’animal part pour l’abattoir), soit chez le
vendeur, qui reprend alors possession de son animal. Indemnisation du bovin selon les modalités générales
de la réglementation.
??Devenir du cheptel de l’acheteur : maintien de qualification si l’animal a été maintenu séparé du reste du
cheptel (conformément aux prescriptions réglementaires).
Si l’animal n’a pas été maintenu séparé du cheptel de l’acheteur, ce dernier sera également soumis à la perte de
qualification et aux mesures de contrôle.

Mesures mises en œuvre chez le vendeur.


La qualification officiellement indemne de tuberculose bovine du cheptel du dernier propriétaire reconnu (le
vendeur) est suspendue.
Dans le cas où le vendeur a repris son bovin, l’obligation de marquage peut être suspendue (accord du DSV,
Laissez passer). Le délai de 15 jours ne peut être prolongé que si l’éleveur en fait la demande écrite, en vue d’un
nouveau contrôle (IDC) effectué sous un délai de 6 à 8 semaines.
Devenir du cheptel du vendeur :
??Absence de facteurs de risque vis-à-vis de la tuberculose
?? réaction négative du bovin litigieux : qualification officiellement indemne de tuberculose rétablie.
?? réaction positive ou douteuse : tout le cheptel doit être contrôlé (IDC) dans un délai maximal d’un
mois après la constatation initiale ; si le résultat est favorable, la qualification est restituée.
??Présence de facteurs de risque vis-à-vis de la tuberculose
?? L’ensemble du cheptel doit être contrôlé (IDC).

Insémination artificielle et Monte publique

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Les taureaux doivent être indemnes de tuberculose (tuberculination effectuée tous les ans).

Vaccination contre l’entérite paratuberculeuse (bovins, caprins)


En dérogation à l’interdiction d’emploi de produits sensibilisants à la tuberculine, le DSV peut autoriser la
vaccination anti-paratuberculeuse sur demande écrite de l’éleveur :
?? Aucune lésion de tuberculose n’a été constatée lors d’inspection post mortem sur un bovin ou un caprin
provenant de l’exploitation considérée au cours des 12 derniers mois.
?? Des examens de laboratoires adéquats ont mis en évidence l’existence de l’infection paratuberculeuse dans
les cheptels.
?? Seuls les bovins ou caprins âgés de moins d’un mois sont soumis à la vaccination.
Les commandes de vaccins établies par les VS sont transmises par le DSV.
Maintien de la qualification officiellement indemne : possible, par dérogation du DSV, si des IDC
sont réalisées sur tous les bovins vaccinés âgés de 2 ans et plus et sur tous les bovins non vaccinés
âgés de 6 semaines et plus, selon le rythme en vigueur dans le département, et fournissent un résultat
négatif.
Procédure non encore définie pour les caprins.

CONDUITE A TENIR DEVANT DES RESULTATS DE DEPISTAGE POSITIFS


Compte tenu des différentes limites évoquées et en raison du contexte épidémiologique actuel en France, il est
indispensable d’associer les différentes méthodes et de combiner leurs résultats.
Les éléments de conduite à tenir définis ci-dessous découlent de la réglementation, bien que la présentation en
soit simplifiée.

Dépistage tuberculinique positif


L’élevage est mis sous surveillance ([Link] 15). Sur la base de l’enquête épidémiologique, en l’absence de
facteurs de risque, il sera procédé à une IDC : le nombre d’animaux soumis à l’IDC est variable selon le nombre
de réagissants (pour plus de détail, voir la note de service du 20.01.2000).
Les résultats clairement tranchés, permettent de conclure : « positif », le cheptel est considéré infecté ;
« négatif », le cheptel est requalifié.
Dans le cas de résultat douteux, il est procédé à un abattage diagnostique (sur les modalités de choix des
animaux, voir la note de service). En l’absence de lésion suspecte de tuberculose, le cheptel est soumis à une
IDC (cf ci-dessus). En présence de lésion, les examens de laboratoire nécessaires sont entrepris. Si l'histologie
est positive, le cheptel est considéré infecté. Si elle est négative, il est procédé à une IDC (cf. ci-dessus).

Constatation de lésion suspecte de tuberculose à l’abattoir.


L’élevage est mis sous surveillance, et des prélèvements sont effectués en vue de réalisation des examens de
laboratoire réglementaires (cf. Figure 16).
Un résultat positif, par exemple à l’histologie permet de déclarer l’élevage infecté de tuberculose.
En cas de résultat négatif, sont pris en compte les résultats de l’enquête épidémiologique. En l’absence de
facteurs de risque de tuberculose, l’élevage est requalifié. Si des facteurs de risque sont constatés, une IDC est
réalisée (cf. ci-dessus).

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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02

Figure 15 : Conduite réglementaire en cas de constatation de réactions tuberculiniques non


négatives.

IDS ? ou douteuse

MISE SOUS SURVEILLANCE


Enquête épidémiologique

Facteurs de risque de
tuberculose ?

OUI NON

Forte suspicion de
mycobactérie OUI IDC IDC

atypique ?

? ?

INFECTE ? REQUALIFIE

NON

ABATTAGE DIAGNOSTIQUE

NON IDC
OUI LESIONS ?

HISTO
? IDC

INFECTE

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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02

Figure 16 : Conduite réglementaire en cas de constatation de lésions suspectes de tuberculose à


l’abattoir.

LESION SUSPECTE A L’ABATTOIR

MISE SOUS SURVEILLANCE


EXAMENS DE LABORATOIRE

HISTO

?
BACTERIO ?

Facteurs de
risque de
INFECTE tuberculose ?

NON OUI

QUALIFIE IDC

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TUBERCULOSE AVIAIRE

I – RAPPEL ETIOLOGIQUE

Cas général : infection par M. avium (et très exceptionnellement par M. tuberculosis ou bovis) :
presque exclusivement de M. avium sensu-stricto correspondant aux sérotypes I, II et III du
groupe avium.

Cas des Psittacidés (perroquets en particulier) : habituellement causée par M. tuberculosis ; l’infection par M.
avium ou M. bovis est possible mais plus rare.

II – EPIDEMIOLOGIE

A. DESCRIPTIVE

Maladie assez fréquente dans les élevages fermiers (absente dans les élevages industriels) elle touche surtout les
poules mais aussi les dindons, les pigeons, les faisans et, plus rarement, les canards et les oies.
Maladie commune chez les oiseaux sauvages : pigeons ramiers, tourterelles, corbeaux, canards
migrateurs, étourneaux, moineaux, les taux d’infection sont toutefois en règle générale assez
faible (de l’ordre de 1 %).
Le taux d’infection de certaines espèces pourrait atteindre parfois 4 à 8 %.

ANALYTIQUE

Sources de contagion
Réservoir sauvage : les oiseaux sauvages constituent le réservoir essentiel de la tuberculose aviaire. Ils
représentent un danger potentiel pour les élevages de plein air du fait de la contamination des points d’eaux et
des parcours par les fientes.
Réservoir domestique : constitué essentiellement par les poules en élevage fermier (et autres oiseaux
de basse-cour). Certains mammifères et notamment le porc semblent jouer actuelle ment un rôle
multiplicateur et disséminateur important.
Réservoir humain à l’origine de la contamination des psittacidés exposés en tant qu’animaux
familiers : seulement pour M. tuberculosis.
Dépositaire hydrotellurique : M. avium, très résistant, pourrait survivre pendant de longues périodes
(des années), voire se multiplier dans des milieux particulièrement favorables (peut être isolé dans le
sol des basses-cours, les eaux, boues, tourbes…).

Matières virulentes
Excrété par les matières fécales : M. avium se conserve très bien dans les fientes desséchées.

Transmission
Généralement indirecte : contamination par ingestion d’eau ou d’aliments souillés (explique la
localisation abdominale des lésions tuberculeuses).

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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02

N.B. : Cas particulier des oiseaux familiers , type perroquet, contaminés au contact de personnes
tuberculeuses, par M. tuberculosis.

SYNTHETIQUE

Cycle épidémiologique extrêmement complexe de l’infection à M. avium.


En élevage avicole : maladie enzootique apparaissant en élevage fermier sur des oiseaux de plus de 6
mois. Exceptionnel en élevage industriel à conversion rapide et d’hygiène très surveillée. S’incruste
dans l’élevage à la faveur de la haute résistance de M. avium dans le milieu extérieur, expliquant la
réapparition de la maladie même après élimination de l’ensemble des volailles. Rôle des oiseaux
sauvages dans la contamination des élevages indemnes.

III - SYMPTOMES

Ils ne s’expriment cliniquement qu’à une période avancée.


Moindre activité, ralentissement et arrêt de la ponte, boiteries, la crête pâlit, les masses musculaires
fondent, une diarrhée s’établit et persiste en s’aggravant jusqu’à la mort qui survient en quelques
semaines.
Ce dépérissement progressif peut quelquefois s’accompagner de :
- Lésions cutanées : nodules caséeux enserrant la base des plumes,
- Chez les psittacidés : lésions croûteuses sur la tête : élevures grisâtres, rugueuses qui grandissent
et forment des excroissances nettement apparentes. La maladie causée par M. tuberculosis pourrait
être limitée par la température de croissance de cet agent infectieux (35 à 39°C) : la température
élevée des oiseaux est une explication possible à la limitation aux zones superficielles (peau) des
lésions tuberculeuses.
- Lésions muqueuses : granulations ou nodules sous-muqueux de la commissure du bec et de la
région périoculaire.
- Lésions ostéo-articulaires entraînant des troubles locomoteurs et s’accompagnant de tuméfaction
des pattes (ostéopériostite diffuse) ou des articulations (arthrite subaiguë fémoro-tibio-rotulienne).

« Poule tuberculeuse = légère, boiteuse, fienteuse ».

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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02

IV - LESIONS

A. ORGANES LESES

Foie et rate : 95 fois sur 100.


Autres localisations pouvant accompagner les précédentes :
- intestin et péritoine (35 p. cent)
- ovaires et oviductes
- os, articulation
Poumon : rareté des lésions pulmonaires chez les gallinés (moins de 10 %). Au contraire, chez les
palmipèdes où la tuberculose est très rare, les lésions pulmonaires semblent fréquentes.

CARACTERISTIQUES

- lésions de type nodulaire,


- à caséification très précoce,
- à calcification exceptionnelle,
- s’accompagnant toujours de maigreur ou cachexie.

PARTICULARITES

Foie et rate : hypertrophiés, friables, avec des tubercules et nodules jaunâtres bien délimités, de
dimensions et en nombre variables, saillants sous la capsule.
Intestin : ulcérations caséeuses en entonnoir de la muqueuse avec épaississement de la paroi à leur
niveau.
Péritoine : « perles » ou grappes de perles à la surface de la séreuse.

V - DIAGNOSTIC

B. CLINIQUE ET NECROPSIQUE

Diagnostic clinique
Elevage fermier : oiseaux âgés ; tenir compte de certaines données épidémiologiques, par exemple,
réactions positives suspectes lors de tuberculination des bovins, exposés au risque de contact avec les
volailles, découverte d’adénites tuberculeuses chez des porcs en contact avec les volailles.
N.B. : Cas particulier des psittacidés, tenir compte de l’état de santé de l’éleveur et de son entourage.
Diagnostic clinique toujours difficile sur les oiseaux vivants : toute suspicion doit entraîner le sacrifice
de quelques oiseaux pour obtenir la confirmation à l’autopsie.

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Diagnostic nécropsique : facile


- Basé sur la mise en évidence des lésions hépatiques et spléniques accompagnées de cachexie.
- Diagnostic différentiel
?? Leucose lymphoïde
.. foie et rate hypertrophiés ;
.. marbrés de travées blanchâtres irrégulières, (disposition nodulaire plus rare)
.. absence de caséification,
.. autres localisations : reins, ovaires.
?? Pseuso-tuberculose : pseudo-tubercules du foie et de la rate
.. tous au même stade d’évolution,
.. petits (1 à 2 mm), blanchâtres, non saillants ou en légère dépression.
?? Aspergillose : pseudo-tubercules jaunes caséeux
.. jeunes oiseaux,
.. lésions exclusivement pulmonaires
?? Accessoirement ne pas confondre la tuberculose avec
.. la pneumonie et myocardite nodulaire de la pullorose,
.. les foyers nécrotiques hépatiques du choléra,
.. les lésions nodulaires de la coligranulomatose,
.. les lésions fibrino-caséeuses coecales de la coccidiose,
.. la trichomonose chez le pigeon (noyau caséeux du pharynx),
.. l’histomonose chez le dindon (nodules de nécrose hépatique).

EXPERIMENTAL
Bactériologique : réalisé le plus souvent sur le cadavre en cas de doute. Généralement une simple
coloration permet d’affirmer la tuberculose, nombreux bacilles A.A.R. en amas.
Allergique : possible en cas de suspicion sur un oiseau vivant ou pour déterminer l’importance de la
contamination d’un élevage.
Réalisation et interprétation
- Injection I.D. au barbillon (ou crête) de 0,1 ml de tuberculine aviaire.
- Lecture 24-48 h après : la réaction positive se traduit par une augmentation du volume du
barbillon (œdème entraînant un engorgement du barbillon qui apparaît plus ou moins tuméfié,
tendu, luisant, rouge violacé).
Valeur de la méthode : défaillances individuelles fréquentes ; surtout intéressant pour un diagnostic de
groupe : recherche des élevages infectés ou estimation de l’importance de l’entension de la maladie.

VI - PROPHYLAXIE

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C. A TITRE PREVENTIF :
Problème de l’hygiène en élevage fermier
Protéger les oiseaux domestiques du contact direct ou indirect avec les oiseaux sauvages ; hygiène de
l’alimentation ; hygiène des locaux d’élevage.

SI LE DIAGNOSTIC DE TUBERCULOSE AVIAIRE EST FAIT


- Eliminer les oiseaux : élimination totale de l’effectif.
- Désinfecter les locaux et brûler ce qui peut être détruit.
- Labourer les parcours, traiter à la chaux et aux superphosphates.
- Ne pas réintroduire d’animaux avant 6 mois.
En réalité, difficile à faire disparaître, risque élevé de recontamination à partir des parcours.
N.B. : Problème d’une contamination possible des bovins, porcins en contact avec les volailles :
justifie l’emploie de l’I.D. comparative.

VII - LEGISLATION

La tuberculose aviaire ne fait l’objet d’aucune réglementation, sinon dans le cadre de l’inspection des
viandes (« sont déclarées impropres à la consommation humaine, en totalité, les volailles dont
l’inspection post-mortem révèle un des cas suivants…, maladies infectieuses »…- C.M. 11.03.76).

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TUBERCULOSE PORCINE

La tuberculose porcine est le plus souvent due à M. avium, Elle peut aussi être provoquée par M. bovis
ou, plus rarement, M. tuberculosis.

IMPORTANCE

Importance économique , par la saisie à l’abattoir pour tuberculose.

Exemple : En France, en 1973, le nombre de porcs saisis pour tuberculose représentait 2,5 p. cent du
tonnage des saisies et 0,12 p. 1000 de celui des abattages (11.000 porcs saisis).

Importance épidémiologique, rôle du porc dans le cycle épidémiologique général des infections à M.
avium (une enquête épidémiologique effectuée en 1973-1974 sur plus de 89.000 porcs abattus à Lyon
a révélé 2,2 p. mille d’adénites cervicales en totalité dues à M. avium).

Importance hygiénique , transmission sans doute possible à l’Homme, bien que cette maladie soit
rare.

EPIDEMIOLOGIE

EPIDEMIOLOGIE DESCRIPTIVE (FRÉQUENCE)


Maladie en régression : 11.000 porcs saisis pour tuberculose en 1973 contre 59.000 en 1966 en France.
Toutefois, on ne dispose plus de statistiques récentes depuis de nombreuses années. La fréquence
semble augmenter à nouveau depuis l’utilisation des parcours de plein air.
Chez le porc tuberculeux, le pourcentage moyen d’infection à M. avium est très largement majoritaire,
et cela dans de nombreux pays. Les infections à M. bovis ou M. tuberculosis sont devenues
exceptionnelles.

ANALYTIQUE

Sources de contagion
- Réservoir aviaire et hydrotellurique pour M. avium dont le porc est parfois le révélateur.
- Réservoir bovin pour M. bovis.
- Porcs infectés (excrétions fécale et urinaire, lésions rénales microscopiques fréquentes).

Modes de contagion
Le plus souvent indirect :
- Contamination alimentaire habituellement (aliment et terre souillés par M. avium ; déchets
d’abattoirs, lait contaminé par M. bovis…).
- Contamination aérogène possible (inhalation de poussières).

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Réceptivité
On ne dispose pas d’observations fiables permettant d’affirmer que le porc soit plus réceptif à tel ou
tel bacille. En pratique, il est possible d’observer des taux d’infections équivalents, et des formes
évolutives relativement comparables.

SYNTHETIQUE
L’évolution dans un élevage est le plus souvent enzootique, plus particulièrement pour les élevages
fermiers. La cohabitation ou le simple partage de parcours entre les porcs et des poules jouent un rôle
important dans l’infection des porcs par M. avium. Dans un élevage industriel, bien que cette
circonstance soit exceptionnelle, le taux d’atteinte peut alors être très élevé (30 à 50 % voire
davantage) lorsqu’il est en relation avec une contamination alimentaire : eaux grasses (M.
tuberculosis), lactosérum (M. bovis).
La fréquence d’atteinte des élevages est en relation directe avec les risques de contamination. Bien que
la fréquence soit de plus en plus faible, le risque de tuberculose est bien plus élevé pour les élevages
de type fermier qui exposent les porcs au risque de contagion aviaire : parcours en plein air favorisant
l’exposition au risque de contamination par des oiseaux sauvages, ou la promiscuité avec des oiseaux
domestiques.
En revanche, les élevages industriels utilisant des aliments pouvant être contaminés sont rares, et les
circonstances de contamination encore plus, ce qui explique le caractère accidentel de ces
manifestations.
Les souches de M. avium isolées le plus fréquemment chez le porc en France appartiennent au
sérotype 2 qui se trouve précisément le plus traditionnellement isolé chez les volailles tuberculeuses
dans notre pays (sérotypes 1 et 3 plus rares). Aux Etats-Unis les sérotypes 1, 2, 4, 5 et 8 de M. avium
sont responsables de 8,5 p. cent environ des infections à mycobactéries diagnostiquées chez le porc.

SYMPTOMES

- Difficile à caractériser sur l’animal vivant : ne s’exprime cliniquement qu’à une période avancée,
baisse de l’appétit et de la vivacité, peau pâle, sale et croûteuse, amaigrissement ou défaut
d’engraissement, alternatives de constipation et de diarrhée, toux et respiration discordante.
- L’aggravation se poursuit sur plusieurs mois et entraînerait la mort dans le marasme si les porcs
atteints n’étaient ordinairement sacrifiés avant.
- Une localisation expressive (mais très inconstante) aux ganglions de la tête et du cou : « la
scrofulose »(de Scrofa = la truie) qui trouve son homologue chez l’Homme :
Les ganglions sous-maxillaires, parotidiens, cervicaux sont augmentés de volume, durs et nettement
apparents sous forme de bosselures sous-cutanées. Tendance à adhérer à la peau, à se ramollir et
s’ouvrir pour donner naissance à des fistules persistantes.
Cette localisation particulière est souvent compatible avec un état général satisfaisant.

LESIONS

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ORGANES PRINCIPALEMENT LESES


?? Ganglions sous-maxillaires, rétropharyngiens et mésentériques (97 % des cas) : à toujours
rechercher. Dans l’infection par M. avium : atteinte préférentielle des ganglions céphaliques (sous
maxillaires et rétropharyngiens).
?? Foie, rate, péritoine.
?? Poumon (atteinte presque toujours secondaire à des lésions abdominales premières).
?? Os : 15 à 20 % (fréquence des lésions osseuses dans l’espèce porcine, nodules caséeux ou caséo-
calcaires de la grosseur moyenne d’un pois, dans les vertèbres, côtes, épiphyses des os longs).

CARACTERISTIQUES GENERALES
?? Lésions de type nodulaire ; infiltration rare.
?? Caséification marquée. Dans l’infection par M. avium, l’aspect des lésions peut être légèrement
différent de celui des lésions dues à M. bovis. Ainsi, les ganglions atteints sont souvent
hypertrophiés, d’aspect lardacé, peu caséifiés et peu calcifiés, avec une discrète réaction
périphérique de fibrose d’enkystement.
?? Calcification rapide et sclérose précoce.

DIAGNOSTIC

CLINIQUE ET NECROPSIQUE

Diagnostic clinique
Très exceptionnellement réalisé. En général, la tuberculose reste inapparente et n’est révélée que par la
découverte de lésions à l’abattoir.

Diagnostic nécropsique : habituel


Suspecter la tuberculose en présence d’adénites isolées ou de lésions associant une atteinte
parenchymateuse nodulaire et ganglionnaire.
Diagnostic différentiel :

Adénites pseudo-tuberculeuses de la région sous-maxillaire :


?? petits nodules purulents de consistance mastic,
?? s’énucléant facilement,
?? disséminés dans le conjonctif et la graisse du voisinage,
?? exclusivement localisés à cette région.
Diagnostic différentiel parfois très difficile, d’autant que ces adénites pseudo-tuberculeuses peuvent
être dues à des mycobactéries atypiques : recours au laboratoire.

Adénites purulentes (ou pseudo-caséeuses) des ganglions mésentriques :


?? conséquences d’une infection intestinale (salmonellose, colibacillose),
?? nodules purulents de consistance mastic, s’énucléant facilement.

100
Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02

Ne pas confondre :

Tuberculose pulmonaire avec :


?? foyers de pneumonie ou broncho-pneumonie, séquelles de pasteurellose, grippe, pneumonie :
lésions fibreuses et suppurées, sans lésions nodulaires des ganglions.
?? abcès pulmonaires (pyobacillose)
?? échinocoques
?? pseudo-tubercules parasitaires.

Tuberculose hépatique avec :


?? abcès
?? échinocoques
?? nécrobacillose

Tuberculose osseuse (surtout vertébrale) avec :


?? Abcès ou ostéomyélite suppurée ou nécrose : la tuberculose osseuse coexiste en principe avec
d’autres lésions (viscérales et ganglionnaires) caractéristiques.

Expérimental

Bactériologique et histopathologique
Pratiqué à partir de lésions découvertes à l’abattoir. Importance épidémiologique de l’identification de
la mycobactérie responsable.

Allergique : tuberculination
Compte tenu de la fréquence des infections par M. avium la méthode conseillée est
l’intradermotuberculination comparative.
Réalisation :
?? Injecter 0,1 à 0,2 ml de tuberculine par voie I.D. à la base de l’oreille (face postérieure) :
?? d’un côté : tuberculine bovine normale
?? de l’autre côté : tuberculine aviaire.
?? Résultats :
?? Une réaction positive se traduit par un épaississement cutané formant un nodule bien circonscrit
à la base de l’oreille (ou épaississement de peau supérieur ou égal à 3 mm).
?? La comparaison de l’intensité des réactions obtenues aux points d’injection de la tuberculine
aviaire et bovine permet d’orienter le diagnostic vers l’une ou l’autre étiologie.
Valeur de la méthode
Méthode correcte de diagnostic malgré l’existence d’erreurs par excès et par défaut (idem bovins).
Surtout intéressante pour déterminer l’importance de la tuberculose dans un troupeau de porcs.

PROPHYLAXIE

DEFENSIVE

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?? Contrôle des reproducteurs (monte, insémination artificielle) par tuberculination,


?? Séparation des espèces (notamment avec volailles),
?? Hygiène de l’alimentation.

OFFENSIVE
Conduite à tenir lorsque l’on détecte des lésions tuberculeuses à l’abattoir (notamment sur des
reproducteurs) :
?? Rechercher l’importance de l’infection de l’élevage (tuberculination). Eliminer les animaux
tuberculeux (ou la totalité de l’effectif en cas d’infection trop massive). Réaliser des contrôle s
répétés jusqu’à assainissement définitif. Désinfecter les locaux ; tenir compte de la résistance de
M. avium dans le milieu extérieur.
?? Déterminer l’origine de la contamination : importance des examens bactériologiques et de
l’enquête épidémiologique (origine des animaux infectés ; nourriture : lactosérum, eaux grasses,
déchets d’abattoirs… ; coexistence de volailles tuberculeuses ; seule l’identification de la source
de contagion permettra, en la neutralisant, d’obtenir l’éradication.
?? Neutralisation de la source : destruction de l’effectif aviaire tuberculeux ; assainissement des
effectifs bovins infectés…

LEGISLATION SANITAIRE

La tuberculose porcine n’est soumise à aucune réglementation en dehors des cas suivants :

?? Découverte de lésion de tuberculose (sur carcasses, abats ou issues, à l’abattoir, clos


d’équarrissage ou dans un établissement d’entreposage, de stockage ou de vente) :
DECLARATION par le vétérinaire inspecteur au D.S.V. ; ce dernier transmet la déclaration au
D.S.V. du département de provenance de l’animal et une enquête pourra être éventuellement
ouverte pour connaître la source de l’infection.
?? Animaux destinés à la consommation : saisie totale ou partielle selon les modalités fixées par le D.
du 24.01.34 (voir cours d’H.I.D.A.O.A.).
?? Réglementation de l’insémination artificielle : les verrats doivent être indemnes de tuberculose
(tuberculination négative).

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TUBERCULOSE DU MOUTON ET DE LA CHEVRE

Due à M. bovis et, plus rarement, M. avium ou M. tuberculosis.

EPIDEMIOLOGIE

Rareté de la tuberculose des petits ruminants (exceptionnel chez le mouton). Apparaissent comme le
révélateur du reliquat de l’infection par M. bovis. Aspect sporadique à l’échelon du pays et enzootique
dans un troupeau.

SYMPTOMES ET LESIONS

Caractéristiques générale s de la tuberculose des bovins.


Prédominance des lésions pulmonaires, associées ou non à des lésions pleurales, hépatiques,
péritonéales…

DIAGNOSTIC

PORTE HABITUELLEMENT A L’ABATTOIR

Compte tenu de la rareté de la tuberculose dans ces espèces , ne pas confondre avec :
?? Pseudo-tubercules parasitaires,
?? Pseudo-tuberculose ou maladie caséeuse,
?? Pyobacillose,
?? Lymphogranulomatose pulmonaire.

DIAGNOSTIC EXPERIMENTAL
Diagnostic bactériologique ou histopathologique : utilisé généralement lors de suspicion de
tuberculose sur le cadavre.
Diagnostic allergique
?? Le diagnostic allergique est à réaliser systématiquement dès la suspicion pour un cheptel, mais de
façon beaucoup plus prudente à l’échelon individuel en raison de la mauvaise connaissance des
performances des tests dans ces espèces.
?? Les méthodes sont les mêmes que chez les bovins : I.D.S., I.D.C. ; les tuberculines sont les mêmes
(bovines normale, forte et aviaire) selon les mêmes indications.
?? Les techniques ne sont ni réglementées, ni véritablement éprouvées sur le plan scientifique. Il est
certain que la finesse de la peau constitue une difficulté majeure dans la réalisation de la
tuberculination : le risque d’injection sous-cutanée est élevé, et les critères de lecture objective
utilisés chez les bovins ne sont peut-être pas idéalement adaptés. C’est pourquoi beaucoup

103
Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02

préfèrent le pli sous-caudal à d’autres régions comme l’encolure (de règle chez les bovins), ou
comme la face intérieure de la cuisse, ou l’abdomen.
?? La valeur de la méthode est difficile à apprécier en raison de la rareté des observations
scientifiques (rareté de la tuberculose et des tuberculinations). Toutefois, on peut penser que la
sensibilité de l’I.D.S. (tuberculine forte) réalisée au pli sous-caudal est très satisfaisante dans le cas
d’infection par M. bovis : on pourrait donc aisément vérifier l’hypothèse d’infection d’un cheptel
caprin, ou ovin, entretenu en promiscuité étroite avec des bovins reconnus infectés de tuberculose.
En revanche, il doit être plus difficile d’interpréter des résultats négatifs dans un tel contexte, ou
des résultats positifs sans contexte vérifié de tuberculose en évolution (en raison de la fréquence
de sensibilisation par des mycobactéries atypiques, ou M. paratuberculosis ou des
corynébactéries).

PROPHYLAXIE SANITAIRE

Défensive : séparation des espèces (importance du rôle du contact avec des bovins tuberculeux).
Offensive : si diagnostic fait à l’abattoir,
?? réaliser une enquête épidémiologique destinée à connaître l’origine de l’infection,
?? assainir le cheptel : tuberculiner les animaux et éliminer les positifs, ou abattage total.
Désinfection.

LEGISLATION

La tuberculose caprine est M.L.R.C.


?? SAISIE TOTALE en cas de découverte de lésions de tuberculose sur carcasse, abats ou issues, à
l’abattoir, ou clos d’équarrissage ou dans un établissement d’entreposage, ou de vente…
DÉCLARATION au D.S.V. du département ; qui transmet au D.S.V. du département de provenance
de l’animal et une enquête pourra être éventuellement ouverte pour connaître la source de l’infection.
?? Insémination artificielle : tuberculination exigée pour les béliers (A.M. 24.04.74) et les boucs
(A.M. 7.02.72). Epreuve effectuée au minimum tous les ans.
?? Cas des troupeaux infectés, faisant partie d’une exploitation où des bovins sont reconnus infectés
de tuberculose : mêmes mesures que pour les bovins.
?? Visite, recensement . Isolement, séquestration jusqu’à leur abattage des caprins reconnus
tuberculeux. Interdiction d’entrée ou de sortie,
?? Le cheptel bovin ne pourra être qualifié officiellement indemne de tuberculose qu’à condition
d’être séparé de ce cheptel caprin.

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TUBERCULOSE DES EQUIDES


Due à M. bovis, M. tuberculosis ou M. avium.

EPIDEMIOLOGIE
Exceptionnelle : les Equidés sont très résistants à la tuberculose. En 10 ans entre 1953 et 1963 dans les
abattoirs hippophagiques de la Seine, seuls 18 cas de tuberculose équine ont été découverts sur 1.095.685
carcasses examinées.
Affectait essentiellement les chevaux entretenus en contact de bovins ou les poulains nourris au lait de vache.
Sporadique.

SYMPTOMES ET LESIONS

Chez les Equidés, la tuberculose peut prendre des expressions variées et sans caractéristique nette :
?? Moindre aptitude au travail, amaigrissement, oscillations thermiques irrégulières, polyurie
fréquente.
?? Localisations :
?? pulmonaire : pneumonie ou broncho-pneumonie chronique
?? abdominale : troubles digestifs discrets (diarrhée, coliques sourdes) d’interprétation délicate ;
?? Evolution dans le sens d’une aggravation progressive : anémie, cachexie et mort en 2 à 4 mois
après la constatation des premiers troubles.
Organes principalement lésés : poumons et ganglions annexes, rate, foie, ganglions mésentriques,
plèvre, péritoine.
Caractéristiques générales :
?? Lésions de type nodulaire revêtant souvent l’aspect sarcomateux,
?? Caséification plus discrète que chez les bovins,
?? Calcification rare ou inexistante.
PARTICULARITES :
?? La tuberculose miliaire aiguë avec granule pulmonaire (tubercules gris ou jaunes en grande
quantité) résultant d’une dissémination hématogène précoce n’est pas rare chez le cheval.
?? Les localisations pleurales et péritonéales sont souvent accompagnées d’exsudation :
épanchements de sérosité citrine plus ou moins abondants dans les cavités séreuses.

DIAGNOSTIC

CLINIQUE ET NECROPSIQUE

Diagnostic clinique : extrêmement difficile.


Beaucoup de maladies peuvent entraîner ce dépérissement progressif sans localisation nettement
exprimée : anémie infectieuse, morve, dourine, piroplasmose chronique, diabète insipide, etc.

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Diagnostic expérimental nécessaire.

Diagnostic nécropsique : fondé sur la recherche des lésions spécifiques :


La différenciation des lésions tuberculeuses d’avec les pseudo-tubercules morveux, les pseudo-
tubercules parasitaires, les pseudo-tubercules microbiens ou des abcès et métastases pulmonaires peut
être parfois délicate.

B. EXPERIMENTAL

Bactériologique et histopathologique
Habituellement réalisé à partir de lésions prélevées à l’abattoir

Allergique
A réaliser systématiquement en présence d’un animal suspect.
Méthodes : deux possibilités (tuberculination S.C. ou I.D.).
Tuberculination par voie sous-cutanée
?? Réalisation :
?? Injection 50.000 U.I. de tuberculine bovine par voie S.C. à l’encolure.
?? Relever la température toutes les deux heures de la 6ème heure à la 24ème heure après injection.
?? Interprétation : considérer la répons e positive si la température s’élève en plateau de plus de
1°C pendant 4 à 6 heures.
Tuberculination par voie intra-dermique : [Link] ou IDC
?? Réalisation : injecter 0,1 ml de tuberculine bovine par voie I.D. à la paupière inférieure ou
l’encolure et 2.500 U.I. de tuberculine aviaire symétriquement.
?? Interprétation : idem bovins ; réponse positive (tuberculine bovine) si on observe une réaction
inflammatoire locale nette ou à l’encolure un épaississement de peau supérieur à 2 mm.
Valeur : préférer l’I.D. simple.
Valeur globalement identique à la tuberculination chez les bovins, mais risques accrus de réactions
positives par excès (cas des chevaux eczémateux chez lesquels on observe 10 à 20 % de réactions
positives non spécifiques consécutives à une sensibilité particulière de ces animaux ou à une
contamination des lésions eczémateuses par des mycobactéries atypiques. Ces réactions sont surtout
observées avec la tuberculine aviaire).

PROPHYLAXIE SANITAIRE

Défensive
?? Séparation des espèces (importance du rôle du contact avec des bovins).
?? Hygiène de l’alimentation.

Offensive

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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02

?? Elimination (abattoir) des équidés reconnus tuberculeux


?? Désinfection
?? Tout diagnostic clinique ou nécropsique doit entraîner une enquête épidémiologique destinée à
connaître l’origine de l’infection.

LEGISLATION

La tuberculose des Equidés n’est soumise à aucune réglementation hormis les cas suivants :
?? Découverte de lésions de tuberculose sur carcasse, abats ou issues, à l’abattoir, ou au clos
d’équarrissage ou dans un établissement d’entreposage, de stockage ou de vente :
DECLARATION au D.S.V. du département de provenance de l’animal et une enquête pourra être
éventuellement ouverte pour connaître la source de l’infection (A.M. 14.08.63 modifié art.20).
?? Cas des équidés destinés à la consommation et reconnus tuberculeux à l’abattoir : saisie totale ou
partielle conformément aux dispositions du décret du 24.01.34 (voir cours d’H.I.D.A.O.A.).

107
TUBERCULOSE DES CARNIVORES DOMESTIQUES

I - IMPORTANCE
Importance hygiénique considérable en raison de la promiscuité étroite fréquente entre les animaux familiers et
l’Homme : le chien ou le chat tuberculeux peuvent être à l’origine d’une contamination de l’Homme, ou le
révélateur d’une maladie humaine ignorée. De ce fait, le vétérinaire est investi d’une responsabilité particulière
dans le domaine de la Santé Publique.

RAPPEL ETIOLOGIQUE
Principalement due à M. bovis ou M. tuberculosis, beaucoup plus rarement à M. avium, même si cette dernière
devrait se développer chez le chat, en particulier dans le cas de co-infection par les virus FeLV ou [Link]., par
analogie avec l’évolution de M. avium chez les humains atteints de SIDA.

EPIDEMIOLOGIE

EPIDEMIOLOGIE DESCRIPTIVE
Indiscutablement, la fréquence de la tuberculose chez les carnivores domestiques a baissé, en même temps que
celles des tuberculoses humaine et bovine.
La suspicion de tuberculose n’était pas exceptionnelle autrefois. Ainsi, on a estimé, en 1969 en région parisienne
qu’elle portait en moyenne par an et par clientèle sur 6 chats et 4 chiens ; mais seulement 10 à 30 p. cent de ces
suspicions semblaient confirmées. Entre 1965 et 1970, 19 cas de tuberculose canine, et 28 cas de tuberculose
féline ont été identifiés à l’ENV d’Alfort, et 11 cas de tuberculose féline à l’ENV de Toulouse entre 1970 et
1977.
Actuellement, les cas de tuberculose confirmée sont suffisamment rares pour faire l’objet d’une publication8 . Les
suspicions rencontrées par les vétérinaires praticiens ne sont pas pour autant improbables, en raison de la
stagnation voire de la recrudescence de la tuberculose humaine dans certaines catégories de population à risque
(populations socialement défavorisées, dont «Sans Domicile Fixe » ; personnes atteintes de SIDA).

EPIDEMIOLOGIE ANALYTIQUE
Historiquement, la majorité des chiens semblaient contaminés par voie respiratoire, ce qui était suggéré par la
localisation préférentiellement respiratoire de l’infection, et par les conditions d’exposition (cohabitation avec un
maître tuberculeux, ou séjour dans un lieu considéré à risque comme un café…). Tout aussi historiquement, les
chats étaient considérés contaminés principalement par voie digestive (par des souches de M. bovis), à partir des
aliments hautement contaminés de l’époque (mou de bœuf, et lait contaminés), que les chats fussent élevés dans
des fermes infectées de tuberculose bovine, ou nourris avec des denrées infectées.
A l’heure actuelle, la source d’infection pour les carnivores domestiques (sans véritablement distinguer s’il s’agit
de chien ou de chat) est exclusivement l’Homme atteint de tuberculose (si l’on exclut les rares foyers de
tuberculose bovine) ; le mode de contagion est sans doute majoritairement direct, et les circonstances dépendent
des modalités de contact qui résultent du degré de promiscuité que vivent le maître (ou l’humain d’une façon
générale) et l’animal.
En priorité, il faut retenir par conséquent le contact direct muqueux, à l’occasion de
manifestations appuyées d’affection. A un degré moindre dans l’intensité, mais tout aussi
dangereux par la répétition, la simple cohabitation qui permet la contamination par
l’absorption de gouttelettes de Flügge, voire à partir d’expectorations.

EPIDEMIOLOGIE SYNTHETIQUE

8AMAGLIO [Link] coll.1993 – Tuberculose à expression pulmonaire chez une chienne – Le Point vétérinaire vol
25, n° 154, 351-356.

108
Actuellement, la tuberculose des carnivores domestiques n’est plus aussi dépendante qu’autrefois de la
tuberculose animale (bovine), puisque celle-ci a pratiquement disparu.
Toutefois si la fréquence de la tuberculose a considérablement diminué au cours des 50
dernières années, le vétérinaire doit toujours tenir compte du risque que les carnivores
puissent jouer un rôle potentiel de relais épidémiologique secondaire dans un foyer de
tuberculose, qu’il soit animal ou humain.
En revanche, elle est totalement tributaire de la tuberculose humaine. Chez l’Homme, les populations à risque
sont :
- des populations d’origine étrangère, qui connaissent des conditions de promiscuité
favorisant la contagion, et des conditions sociales (suivi médical insuffisant ou absent) qui
favorisent l’évolution de formes graves ;
- des patients atteints de SIDA ;
- des personnes âgées, contaminées dans leur enfance ou leur adolescence (par M. tuberculosis, ou
M. bovis, qui était très fréquente à cette époque), qui ont développé alors une primo -infection
stabilisée, mais dont les mécanismes de défense (coque fibro-calcique autour des lésions
tuberculeuses) sont moins performants au delà d’environ 60 ans, ce qui permet une libération du
bacille et l’éclosion d’une tuberculose évolutive.
En dehors de ces populations qui constituent la majorité des cas actuellement détectés, des cas sporadiques
demeurent possibles dans le reste de la population, au gré des circuits de transmission occulte, à l’occasion des
nombreux contacts inéluctables résultant de la vie en société (avec une probabilité de transmission d’abord de
l’infection, ensuite de la maladie, bien moindre que dans les populations à risque).
Le vétérinaire est donc bien plus souvent interpellé pour dépister une infection éventuelle chez un carnivore au
contact d’une personne reconnue atteinte de tuberculose, que pour établir un diagnostic sur un animal suspect,
dont il faut malgré tout bien connaître les bases cliniques.

SYMPTOMES
Les symptômes de la tuberculose des carnivores peuvent être extrêmement variés. Cette variété tient :
- à la diversité des localisations et à leurs nombreuses possibilités d’association,
- au degré d’évolution entraînant l’association éventuelle de symptômes locaux et généraux.

LOCALISATION

Tuberculose thoracique (primitive ou secondaire)


Elle est la plus fréquente : 85 p. cent des cas chez le chien et 90 p. cent des cas chez le chat.

Localisation broncho-pulmonaire
Symptômes de bronchite ou de broncho-pneumonie subaiguë ou chronique :
- dyspnée, tirage respiratoire,
- toux rauque, sèche au début,
- jetage mucopurulent, parfois strié de sang (hémoptysie) et fétide lors de bronchectasie ou cavernes,
- zones de sub-matité,
- râles crépitants (humides et muqueux, souffles – tubaire ou caverneux -).

Localisation pleurale accompagne souvent la précédente.


Ordinairement pleurésie exsudative (rarement sèche).
- Signes classiques : discordance, matité, souffle pleurétique.
- La ponction ramène un liquide séreux, ambré, non hémorragique, non purulent.

Localisation péricardique

109
Assez fréquemment associée à la pleurésie qui en masque les principaux symptômes. Elle peut survenir de façon
isolée, entraînant rapidement les symptômes d’une insuffisance cardiaque globale.

Tuberculose abdominale
Ganglions mésentériques, foie, rate, péritoine, intestin (rarement isolée chez le chien où elle représente souvent
une phase évolutive vers la généralisation ; chez le chat, existe de façon isolée dans 10 p. des cas).
Les manifestations locales en sont discrètes :
- La palpation de l’abdomen permet de déceler l’hypertrophie des ganglions mésentériques (surtout chez le
chat) et éventuellement l’hypertrophie du foie et de la rate.
- La péritonite tuberculeuse est souvent exsudative : ascite avec liquide séreux, ambré à la ponction.
- Application possible de l’endoscopie abdominale pour l’exploration visuelle des divers organes de la cavité
abdominale.
- Fréquence de la bacillurie (tuberculose rénale ou généralisation).

Tuberculose cutanée n’est pas rare chez les carnivores.


Abcès froids, à évolution lente, se localisant de préférence à la tête chez le chat, à la région dorso-lombaire chez
le chien. Ces abcès ont tendance à s’ouvrir et donnent lieu à des ulcérations ou fistules à cicatrisation lente d’où
s’écoule un pus grisâtre, riche en bacilles. Tendance persistante ou récidivante : en cas de cicatrisation, un
nouvel abcès se forme dans le voisinage ; réaction des ganglions voisins.
Sont souvent consécutifs à des injections thérapeutiques (cortisone) (qui localiseraient une infection
inapparente ?).

Tuberculose oculaire
Surtout le chat : lors de conjonctivite granuleuse, ulcère cornéen, irido-cyclo-choroïdite sur cet animal, toujours
penser à la tuberculose.

Tuberculose osseuse : très rare


Elle apparaît soit sous la forme d’une ostéomyélite entraînant carie et fistulisation, soit sous la
forme d’ostéopériostite diffuse ou « ostéopathie hypertrophiante », révélant une localisation pulmonaire.

Tuberculose articulaire : très rare


Arthrite subaiguë ou chronique surtout localisée au grasset ou au jarret et entraînant une boiterie.

Autres localisations
La tuberculose peut affecter également le système nerveux ou l’appareil génital.

SYMPTOMES GENERAUX
Ce sont parfois les premiers à apparaître mais, le plus souvent, ils ne se manifestent qu’en phase terminale :
signes d’asthénie et de faiblesse croissants, diminution de l’appétit, hypertrophie des ganglions accessibles,
oscillations thermiques irrégulières, puis anémie, amaigrissement.

EVOLUTION : durée assez variable.


- En général, l’aggravation progressive aboutit à la cachexie et à la mort en un délai de 3 à 6 mois. Des
poussées aiguës (granulie) accélèrent souvent le cours.
- Parfois, l’évolution est beaucoup plus lente, compatible avec la conservation d’un état général satisfaisant
pendant 1 à 2 ans.
- En quelques circonstances, elle est beaucoup plus rapide chez les jeunes chiens notamment (tuberculose
miliaire aiguë avec troubles fébriles importants et morts en 1-2 mois maximum).

LESIONS

ORGANES PRINCIPALEMENT LESES

110
Poumon, plèvre et ganglions annexes.
Ganglions mésentériques (surtout chat).
Foie, rate, péritoine.

CARACTERISTIQUES GENERALES
Les lésions tuberculeuses offrent chez les carnivores un polymorphisme beaucoup plus grand que chez les
autres espèces animales :
- Souvent de type nodulaire, mais aussi :
?? infiltration tuberculeuse : « bronchopneumonie fibreuse ou ardoisée » des carnivores,
?? inflammatoire : ostéopathie hypertrophiante,
?? exsudatif : pleurésie et péritonite ;
- Les lésions peuvent être vues à tous les stades évolutifs :
?? tubercules gris, caséifiés, fibreux, calcifiés…
?? nodules ramollis voire ulcérés (production de cavernes pulmonaires, d’ulcères cutanés).
Fréquente coexistence de lésions anciennes et de lésions récentes de tuberculose miliaire aiguë : les carnivores
domestiques (rarement sacrifiés car souvent le diagnostic n’est pas fait) meurent généralement par suite d’une
poussée évolutive après large dissémination bacillaire par voie sanguine.
Par exemple :
- association de lésions hépatiques et mésentériques anciennes (fibro-caséeuses) avec granulie grise
pulmonaire ;
- coexistence dans le poumon de lésions en voie de ramollissement ou d’ulcération (caverne) et de tubercules
gris ou à peine caséeux de formation récente.

PARTICULARITES
- Le caséum des carnivores est blanchâtre, mou, friable (moins compact que dans les autres espèces).
- La calcification est rare, tardive et incomplète.
- La transformation fibreuse (lésions fibro-caséeuses) est parfois très importante dans les lésions anciennes.
- Le retentissement ganglionnaire est constant comme chez tous les mammifères, mais souvent moins
apparent que dans les autres espèces : ganglions augmentés de volume, d’aspect succulent et encéphaloïde.
Il faut parfois plusieurs semaines pour que soient perceptibles les tubercules ou nodules de caséification
dans la trame ganglionnaire.
- Les lésions souvent riches en bacilles de type humain, souvent ulcérées constituent un danger pour
l’Homme.

DIAGNOSTIC

DIAGNOSTIC CLINIQUE ET NÉCROPSIQUE

Diagnostic clinique

Tenir compte de toutes les données épidémiologiques et cliniques


- De l’âge (rare chez les jeunes carnivores), de l’alimentation, de la santé des personnes de l’entourage ;
- De signes cliniques : suspecter systématiquement la tuberculose en présence d’affection chronique et
cachectisante ; de pneumonie ou bronchopneumonie subaiguë ou chronique ; de pleurésie ou péritonite ; de
lésions cutanées chroniques de type ulcéreux ; d’iridocyclite chez le chat ;
- Importance du recours à l’examen radiologique dans les formes pulmonaires : dans la broncho-pneumonie
miliaire, on peut noter un semis de granulations fines constituées de petites tâches à bords flous d’un
diamètre de 1 à 2 mm. Ces petites tâches élémentaires se juxtaposent et on remarque sur le cliché une sorte
de granité discret, envahissant tout ou partie du champ pulmonaire. Parfois, la coalescence de ces images
élémentaires détermine des aspects particuliers en flocon affectant un territoire plus ou moins important.
Dans la pneumonie lobaire, l’examen permet de noter une hépatisation lobaire comme dans toutes les
pneumonies, mais dans ce cas, comme le précédent, le diagnostic est facilité par la fréquence d’une
adénopathie siégeant en région hilaire.

Diagnostic différentiel (principales affections)

111
Les affections chroniques et cachectisantes :
- Cancer : facile si la tumeur est perceptible et aisément explorable.
- Leucose : adénopathies importantes et généralisées.
- lésions cutanées (leucémies et ulcères) bien particulières,
?? évolution plus rapide.
- Leishmaniose : régionale
?? adénopathies et splénomégalie
?? lésions cutanées amiantacées.
- Toutes affections chroniques des vieux chiens (notamment néphrites et hépatonéphrites avec syndrome
urémique).
Les affections pulmonaires chroniques : séquelles d’affections aiguës, ou consécutives à une cardiopathie, ou
strongylose cardio-pulmonaire.
- Les pleurésies
?? aiguës : ordinairement purulentes,
?? cancéreuses : ordinairement hémorragiques.
- Les ascites
?? d’origine hépatique ou cardiaque,
?? d’origine parasitaire (strongylose cardio-pulmonaire)
?? d’origine cancéreuse.
En fait, le diagnostic clinique de la tuberculose est pratiquement impossible et il est toujours nécessaire de
recourir au diagnostic expérimental.

Diagnostic nécropsique

Evoquer la tuberculose devant tout tableau nécropsique associant la présence d’exsudats ou de


lésions parenchymateuses nodulaires avec des réactions ganglionnaires et tout particulièrement en
présence d’une localisation pulmonaire ou chez le chat d’une localisation abdominale (lymphadénite
mésentérique).

Diagnostic différentiel
Pseudotuberculoses parasitaires :
- absence de caséification
- ganglions indemnes
Métastases tumorales : simulent la tuberculose sur les séreuses (néoformations ou plaques nodulaires en relief),
mais absence de caséification locale et ganglionnaire.
Actinomycose : peut simuler la granulie sur le poumon et le foie :
- nodules plus volumineux et plus jaunes,
- ganglions non caséeux,
- souvent accompagnée de pleurésie et d’ascite à « grains jaunes ».
Pseudotuberculose (Yersiniose) (surtout chez le chat) :
- pseudo-tubercules du foie et de la rate : exceptionnellement du poumon
- tous au même stade d’évolution et d’aspect ombiliqué.
N.B. : Cause fréquente de lymphadénite mésentérique chez le chat.
Autres « pseudotubercules » rares mais d’étiologie multiple (staphylocoque, pasteurelle, Aspergillus,
histoplasme, toxoplasme, granulie pulmonaire avec splénomégalie, etc.) et donc d’identification difficile :
nécessité d’un recours au laboratoire.
Diagnostic nécropsique parfois difficile nécessitant une confirmation histo-pathologique ou bactériologique.

DIAGNOSTIC EXPERIMENTAL

Diagnostic bactériologique
A utiliser chaque fois qu’il est possible de réaliser le prélèvement nécessaire. Seule méthode permettant un
diagnostic de certitude (voir Etude générale).

Diagnostic histopathologique

112
Technique intéressante pour le clinicien (délai relativement rapide, bonne spécificité), qui doit s’efforcer de
l’utiliser chaque fois que cela est possible (biopsie ganglionnaire, cutanée, etc.). Chez les carnivores, la réaction
inflammatoire est du type épithélioïde et lymphocytaire ; les cellules géantes de Langhans sont généralement
absentes.

Diagnostic cytologique
Se pratique sur le liquide d’épanchement péritonéal, l’exsudat pleurétique, ou un lavage broncho-alvéolaire : on
recherche les lymphocytes dont le nombre s’accroît en cas de tuberculose ; constitue un élément de présomption
mais non de certitude.

Diagnostic sérologique 9
La mise au point de tests sérologiques - pour le diagnostic de la tuberculose ou mieux encore pour le dépistage
de l’infection tuberculeuse – retient l’intérêt de certains chercheurs, en raison de l’utilité évidente du point de
vue de la Santé publique, qui justifie des publications de niveau international. Malheureusement, la faible
fréquence des demandes de diagnostic est un obstacle à cette mise au point : la technique ne peut être maintenue
en routine dans le laboratoire avec une qualité satisfaisante ; l’évaluation des qualités (sensibilité, spécificité)
demande la collecte d’une information suffisamment riche sur un nombre suffisant de cas (…alors qu’en
pratique on ne dispose le plus souvent que d’un nombre très limité de cas spontanément observés et non
standardisés) ; enfin, la préparation des antigènes n’est pas rentable économiquement et ne peut intéresser un
industriel. Pour ces raisons, à l’heure actuelle, en France, aucun laboratoire n’est capable de répondre rapidement
et avec le degré de fiabilité légitimement exigible de la part d’un vétérinaire praticien confronté à une demande
concrète et pressante du terrain. Recommandation est donc donnée ici à chaque vétérinaire intéressé de se
tourner davantage vers les autres méthodes et une approche d’ensemble, plutôt que de compter exclusivement
sur une réponse univoque de la sérologie qui pourrait résoudre le problème posé. Nous présentons toutefois ces
méthodes, dans la mesure où justement elles peuvent malgré tout venir apporter un élément d’information
complémentaire dans un tableau d’ensemble.

Prélèvement : 3 à 5 ml de sang sur tube sec.

Techniques
Réaction de F.C. avec antigène paratuberculeux : réaction positive lorsque le sérum fixe le complément au
1/5.…mais ses résultats sont difficilement interprétables en raison de son grand manque de spécificité.
Sensibilité estimée à ….0,35 ( !). Réaction réalisée par le laboratoire de Mycobactériologie de l’AFSSA / Alfort,
de façon ponctuelle (antigène pratiquement épuisé).
ELISA, WESTERNBLOT : ces tests donnent des résultats intéressants dans le cas de formes cliniques
d’évolution ancienne. Leurs qualités sont encore à valider pour ce qui concerne le dépistage d’une infection non
encore évolutive. Test réalisé à l’ENV de Nantes (Laboratoire de Pathologie infectieuse).

Valeur
Ces techniques sérologiques souffrent de nombreuses erreurs par excès et par défaut, ce qui est bien
compréhensible, en raison du type dominant d’immunité induite (cellulaire). L’interprétation ne peut donc se
réduire à la seule lecture d’un résultat sérologique, mais doit au contraire prendre en compte un ensemble
d’éléments :
1. d’abord l’association à des signes cliniques : un résultat positif est bien plus indicatif
sur un animal suspect que sur un animal en bonne santé apparente ;
2. ensuite, l’association de tout un faisceau d’arguments épidémiologiques qui vont dans
le même sens ;
3. enfin, la convergence de plusieurs résultats expérimentaux cohérents.
Dans ces conditions, on peut considérer que la valeur prédictive positive d’un résultat est satisfaisante. A
l’opposé, ne jamais considérer un résultat négatif comme significatif.
Si les différents critères précédents ne sont pas réunis, l’interprétation devra être extrêmement prudente.

Diagnostic allergique

9 ANDRE FONTAINE G. (1994) – Tuberculose des carnivores : données actuelles et perspectives. Le Point vétérinaire, vol 26, n° 159, 45-
48.

113
Tuberculination par voie sous -cutanée

Réalisation
- On utilise une tuberculine bovine normale (20.000 UCT), diluée au quart, pour ainsi reconstituer la
concentration autrefois en usage lors de la mise au point du test10 .
- Injection par vois sous-cutanée à la dose de 5.000 UI chez le chat (soit 0,2 ml de cette dilution) et à la dose
de 5.000 à 15.000 UI chez le chien (soit 0,2 à 0,6 ml).
- L’animal qui fait l’objet d’une tuberculination doit être en équilibre thermique (c’est-à-dire ne pas présenter
de variations de température supérieures à 7/10 de degré par 24 h) et avoir une température toujours
inférieure à 39°C.
- Prise de température toutes les 2 heures pendant 12 heures après l’injection.

Interprétation
- En théorie, à la réaction générale (hyperthermie et abattement) sont associées une réaction locale
(inflammation locale) et une réaction focale (exagération des symptômes locaux) : en pratique,
seule la première (réaction générale) est le plus souvent observée.
- Résultats positifs :
?? Lorsque la température est supérieure à 40°C au cours de deux prises, avec une variation
thermique dépassant 1°5 C, ou
?? Lorsqu’on observe une élévation thermique de 0°8 à 1°C minimum, se maintenant en plateau
pendant au moins 6 heures ou une courbe de température sinusoïdale avec clocher positif et
négatif et un écart thermique de 1°5C au moins.

Valeur de la méthode
- Avantage : méthode simple mais contraignante.
- Inconvénients : nombreuses défaillances. Les erreurs par excès peuvent en partie être maîtrisées en
respectant la nécessité d’observer un plateau thermique stable la veille de la réalisation du test :
l’hospitalisation de l’animal, qui facilite l’observation, peut constituer une cause d’instabilité de la courbe
thermique. Les erreurs par défaut sont difficilement maîtrisables (anergie post-tuberculeuse fréquente
compte tenu de l’apparition tardive des manifestations cliniques entraînant une suspicion de tuberculose) ;
on peut toutefois révéler des pics fugaces en procédant à des relevés thermiques toutes les demi-heures, en
particulier entre les 4° et 6° heures ; un dispositif d’enregistrement en continu constituerait une solution
intéressante (certaines puces d’identification électronique pourraient fournir ce type de commodité).

Tuberculination par voie intradermique (seulement chez le chien)

Réalisation
- Se pratique sur la face interne du pli du flanc à la face interne de la cuisse, ou à l’oreille.
- Injection de 0,1 ml de tuberculine diluée au ¼, soit 2.500 U.I. par voie I.D.
- Lecture : 48 à 72 heures après ; recherche d’une réaction inflammatoire.

Valeur
Inférieure à la tuberculination par voie S.C. chez les carnivores. Peu utilisée, n’a d’intérêt que combinée à
d’autres tests.

Tuberculination par voie veineuse


La tuberculination par voie veineuse donne des résultats de médiocre qualité.
Toutefois, l’injection par voie veineuse d’une dose de l’ordre de 0,2 à 0,5 ml de tuberculine bovine (diluée au ¼)
provoquerait en quelques heures une réaction focale et générale chez le sujet porteur de lésions évolutives, d’une
telle importance qu’elle conduirait à devoir euthanasier l’animal infecté : la suspicion étant de ce fait confirmée,
et la décision radicale de l’euthanasie devenant ainsi plus facilement acceptable pour le propriétaire.

10 Comme 20.000 U.C.T. correspondent approximativement à 100.000 UI, on obtiendra bien 25.000 UI / ml, dont une dose de 0,2 ml
donnera effectivement 5.000 U.I.

114
Chez le sujet sain, ou porteur de lésions stabilisées, on ne constate aucune réaction notable, la tuberculine n’étant
toxique qu’à partir d’une dose de l’ordre d’1 millilitre (de la tuberculine titrant 20.000 UCT puis diluée au ¼ :
les volumes indiqués de cette tuberculine non diluée pourrait se révéler toxique particulièrement chez les races
de petite taille).

B.C.G. test (pour mémoire)


Ce test a été utilisé chez le chien, mais chez le chat ne donnait aucun résultat satisfaisant. Il consistait à injecter
par voie I.D. à la face interne de la cuisse une dose de 0,1 ml de B.C.G. (à 75 mg de bacilles par ml),
préalablement inactivé par chauffage. On recherchait une réaction inflammatoire (48 – 72 h), que l’on comparait
à une injection témoin (solution protéique sur l’autre cuisse). Les inconvénients résidaient, outre la difficulté
d’interprétation et le manque de standardisation, dans la sensibilisation de l’animal à toutes les épreuves de
diagnostic indirect, et dans l’apparition d’une réaction de nécrose tardive (15 j.) au lieu d’injection chez tous les
animaux injectés.

CONCLUSION : Le diagnostic de la tuberculose des carnivores est un diagnostic


extrêmement difficile. Les techniques sérologiques et celles fondées sur la mise en évidence
de l’allergie sont peu fiables et donnent lieu à beaucoup d’erreurs : erreurs par défaut lourdes
de conséquences sur le plan hygiénique et erreurs par excès qui imposent à tort la sacrification
du sujet. Chaque fois que c’est possible, il faut préférer les méthodes objectives
(bactériologie, histopathologie) et, dans le cas où il est impossible d’y recourir, il est
nécessaire de confronter les données cliniques, épidémiologiques avec les résultats obtenus
par plusieurs techniques expérimentales.

Conduite à tenir devant une demande de dépistage d’infection tuberculeuse chez un


carnivore domestique
Le vétérinaire praticien est confronté à deux cas :
- Savoir si un carnivore a été contaminé par un humain reconnu tuberculeux,
- Savoir s’il est responsable de la contamination d’un humain reconnu tuberculeux.

Savoir si un carnivore a été contaminé


L’étude épidémiologique vise à vérifier la réalité du risque de contamination, d’après les points clés suivants :
- vérifier la validité du diagnostic à l’origine de la demande : s’agit-il d’une suspicion, d’un diagnostic
indirect (sur quelle base), ou direct. Le laboratoire est-il spécialisé en mycobactériologie ?
- La source : Le sujet a-t-il été classé (et confirmé) comme excréteur ? Par quelle voie ? Selon quel degré
d’intensité ? (les sujets constituant un danger pour leur environnement sont hospitalisés).
- Les modes de transmission : degré de cohabitation (continuel, ponctuel ?), de promiscuité permettant un
contact direct (quelles démonstrations d’affection ? selon quelle fréquence : occasionnelle ou
systématique ?).
Ces éléments permettent seulement de classer les animaux selon le degré de risque d’avoir pu être contaminés, et
soit de tempérer des inquiétudes excessives, soit d’inciter à une vigilance nécessaire.
Au delà, il est très difficile d’apporter une réponse fiable à la question, en raison de la mauvaise qualité des
méthodes de diagnostic, qui, appliquées au dépistage, sont encore plus mauvaises. L’observation clinique
périodique de l’animal, tout en prenant les précautions sanitaires évidentes et indispensables, peut seule
permettre d’orienter la décision…avec le temps.

Savoir si un carnivore est responsable de la contamination d’une personne


Cette question est beaucoup plus facile à résoudre, en raison des délais d’évolution. En effet, comptabilisons les
différents délais nécessaires (en remontant dans le temps) au diagnostic chez l’Homme, son hospitalisation,
l’apparition de symptômes, l’incubation, la contamination à partir du carnivore incriminé : il faut au total
souvent un délai de l’ordre de 6 mois ou plus. Puis, examinons cliniquement cet animal : s’il est en bonne santé,
et cela depuis longtemps, s’il ne présente absolument aucune manifestation suspecte de tuberculose, il est peu
probable qu’il soit à l’origine de cette contamination.

115
CONDUITE A TENIR EN PRESENCE D’UN CHIEN OU D’UN CHAT
TUBERCULEUX – LEGISLATION

Réaliser une enquête épidémiologique afin de déterminer l’origine de la contamination : animale


ou humaine.

Diriger les personnes en contact avec l’animal vers leur médecin.

Ne pas traiter l’animal : justifier au propriétaire la nécessité d sacrifier l’animal dans les meilleurs
délais. Tenir compte également de la C.M. du 17.03.70 qui précise l’attitude à adopter pour tout
praticien décelant un cas de tuberculose canine ou féline et recommande l’euthanasie (la tuberculose
des carnivores domestiques n’est soumise à aucune mesure obligatoire). Au cas où le propriétaire
refuserait le sacrifice de l’animal tuberculeux, cette C.M. engage le vétérinaire à faire lire et signer par
ce propriétaire la déclaration suivante :
Je soussigné…………………………………déclare :
a. avoir été informé par le Docteur Vétérinaire …………………..
- que l’animal est atteint de tuberculose confirmée par un examen de laboratoire,
- qu’il constitue un danger pour les personnes et les animaux qu’il approche,
- que le traitement est long, ne supprime pas dans tous les cas le danger signalé et représente
s’il est mal conduit, un risque pour la santé publique dû à la sélection de bacilles tuberculeux
résistant aux médicaments actuels ;
b. désirer néanmoins conserver cet animal.
Faire précéder la signature des mots « Lu et Approuvé ».

Préconiser la destruction ou la désinfection des objets souillés éventuellement par


l’animal tuberculeux.

116
TUBERCULOSE DES AUTRES ESPECES ANIMALES

PRIMATES

I - RAPPEL ETIOLOGIQUE

Les singes sont sensibles aux divers bacilles tuberculeux : M. tuberculosis, M. africanum, M. bovis et M. aviaire.
La sensibilité est décroissante du premier au dernier.

II - IMPORTANCE : HYGIENIQUE

En raison de risque de transmission à l’Homme. Ainsi pour une moyenne annuelle des cas de
tuberculose humaine de 3 pour 10.000 habitants aux U.S.A., la moyenne atteignait en 1971, 310 cas
pour 10.000 parmi le personnel de laboratoire utilisant des singes.

III - EPIDEMIOLOGIE

Maladie rarement diagnostiquée en France.


?? Rôle important du réservoir humain :
?? Les singes sont souvent contaminés à l’occasion de contact avec l’Homme (ainsi le taux de
tuberculose chez les singes des parcs zoologiques a chuté de façon spectaculaire depuis qu’ils
sont protégés des visiteurs par des vitres : les singes qui vivent en communauté font
massivement des tuberculoses digestives lorsque leurs aires d’alimentation sont à la portée des
crachats du public…).
?? Les singes peuvent également être spontanément infectés lorsqu’ils sont importés (cela
explique l’isolement de M. africanum sur certains animaux).
?? Contamination par voie respiratoire (favorisée par les vocalisations), plus rarement par voie
digestive.
?? La sensibilité des singes varie de façon importante selon l’espèce. Schématiquement, les espèces
les plus sensibles sont celles de l’ancien monde notamment les grands anthropoïdes et les
macaques. Rôle des facteurs favorisants (conditions de vie en captivité, concentration, etc.).
?? Apparaît sous forme sporadique ou enzootique (parcs zoologiques, singeries des laboratoires…).

IV - SYMPTOMES

La tuberculose évolue de façon discrète et rapide chez les sujets, évoquant la phtysie galopante
humaine. Dans les singeries strictement contrôlées, il a été constaté que 75 % des singes mouraient
entre le 5ème et le 6ème mois suivant la première réaction tuberculinique positive. Expérimentalement, il
s’écoule 4 à 6 semaines entre l’inoculation contaminante et la mort. Les signes cliniques généraux et

117
spécifiques sont absents ou très discrets. Lorsque le clinicien est consulté, l’animal se trouve en phase
finale d’évolution et la mort survient généralement dans les jours qui suivent.
Les symptômes les plus précoces seraient une certaine indifférence à l’environnement ainsi qu’une
vigueur moins affirmée dans les activités physiques habituelles au sujet : ; ils ne sont appréciables que
si l’on connaît très bien l’animal. Les signes spécifiques respiratoires (légère dyspnée) et digestifs
(alternance de diarrhée et excréments normaux) sont souvent extrêmement discrets.

V - LESIONS

Chez les primates, l’appareil respiratoire et l’appareil digestif sont atteints avec une fréquence égale.
Lésions pulmonaires caséocalcaires circonscrites ou diffuses avec une destruction massive de l’organe
et atteinte des séreuses.
Lésions digestives localisées à l’intestin lui-même qui se transforme en une masse gélatineuse
translucide. Dans les cas extrêmes, tous les organes de la cavité abdominale sont atteints et adhérent
les uns aux autres.

VI - DIAGNOSTIC

D. CLINIQUE
Difficile ou impossible. Les méthodes de diagnostic complémentaires sont des plus incertaines : c’est
le cas de la radiographie pulmonaire qui souvent n’est efficace qu’en période terminale.
En cas de suspicion, avoir recours obligatoirement au diagnostic expérimental.

EXPERIMENTAL

Tuberculination
Méthode recommandée : tuberculination par voie intradermopalpébrale.
Réalisation : injection par voie I.D. au niveau de la paupière 0,1 ml de tuberculine bovine diluée au ¼.
Lecture et interprétation : 48 à 72 heures après, une réaction allant de la papule rougeâtre au lieu
d’injection à un œdème de toute la paupière avec fermeture de l’œil est considérée comme positive.
Valeur de la méthode :
- Méthode incertaine (une expérimentation menée sur 230 singes a révélé 10 % de réponses
faussement positives et 25% de réaction faussement négatives).
- Difficultés liées à la contention (nécessité parfois de placer l’animal sous tranquillisant).

Sérologie
Les réactions de F.C. de Middelbrook-Dubos donneraient chez le singe de meilleurs résultats que
l’intradermotuberculination. D’autres méthodes comme le test S.A.F.A. (Soluble Antigen Fluorescent
Antibody) donneraient également des résultats encourageants.

Bactériologie-Histopathologie
Idem autres espèces.

118
Au total : nécessité d’associer plusieurs méthodes de diagnostic expérimental.

VII - PROPHYLAXIE

E. MEDICALE
Compte tenu du caractère très relatif de la fiabilité du diagnostic chez le singe, la prophylaxie
médicale de cette maladie a été parfois envisagée de façon systématique dans certains laboratoires ou
parcs zoologiques.

Chimioprophylaxie
Certains auteurs ont préconisé pendant la période de quarantaine pratiquée par les importateurs,
l’administration quotidienne d’isoniazide à la dose de 10 mg/kg.
Nombreux inconvénients liés aux difficultés de l’administration, aux risques d’apparition de chimio-
résistance et de masquage de la réaction tuberculinique. Cette méthode est actuellement abandonnée.

Vaccination par B.C.G.


Elle a permis d’obtenir des résultats spectaculaires dans divers jardins zoologiques. On recommande à
l’heure actuelle une vaccination par injection de 1 mg de B.C.G. par voie intraveineuse, complétée par
un rappel tous les deux ans (par voie I.D., 0,1 mg).
Principal inconvénient : incompatibilité avec une surveillance régulière par tuberculination.

SANITAIRE

Défensive
?? Quarantaine des animaux nouvellement introduits avec dépistage tuberculinique pratiqué 2 fois à
3-6 mois d’intervalle.
?? Contrôle tuberculinique régulier (si aucune prophylaxie médicale).
?? Précautions sanitaires : alimentaires, hygiéniques.

Offensive
?? Diagnostic le plus précoce et élimination
?? Désinfection.

HERBIVORES EN CAPTIVITE

Evolution de la tuberculose analogue à celle des ruminants domestiques.

119
Méthodes de diagnostic : idem. Pour des raisons de contention, la tuberculination au pli sous caudal
peut être admise.
Chez les Cervidés, en raison de la grande fréquence de l’infection par des mycobactéries atypiques,
l’IDC est pratiquement de règle en milieu indemne, associée au T.T.L. Les résultats individuels sont
de faible valeur, bien supérieurs pour un cheptel. La prophylaxie repose sur le contrôle strict des
mouvements d’animaux, ce qui n’est pas facile dans une phase initiale de développement exponentiel
des élevages.

CARNIVORES EN CAPTIVITE

Evolution et localisation comparables à celles de la tuberculose du chien et du chat. Fréquence des localisations
digestives (en rapport avec l’alimentation contaminante : déchets d’abattoirs…).
Problème de diagnostic : la tuberculination S.C. avec prise de température est pratiquement impossible
à réaliser pour des raisons de contention.

120
POUR EN SAVOIR PLUS

ARTICLES ET PUBLICATIONS
BENET J.J. – Qualité des tests. Application à un exemple : la tuberculose bovine. Epidémiol. et Santé anim.,
1990, 17, 41-56.
BENET J.J. – Qualité des tests de dépistage : application aux décisions de santé. Epidémiol. et Santé anim.,
1990, 17, 105-112.
BENET J.J. – La tuberculose bovine : un important foyer en 1999. Bulletin des G.T.V., n°2, Juillet-Août-
Septembre 1999, 125/126, 51-52.
BOISSELEAU D., BRARD C., TOURATIER A., BENET J.J. – La tuberculose bovine : Choix, interprétation de
l’IDC. Bulletin des G.T.V., n°2, Juillet-Août-Septembre 1999, 127/130, 53-56.
D.G.A.L. – Rapports annuels relatifs aux prophylaxies dirigées par l’Etat en élevage de ruminants.
DUCROT C. – La lutte contre la tuberculose. Evaluation technique et économique du nouveau système de lutte
contre la tuberculose bovine en Bretagne. Rapport du Centre d’Ecopathologie Animale, Janvier 1996, 55 p.

TEXTES REGLEMENTAIRES
Arrêté du 16 mars 1990 fixant les mesures techniques et administratives relatives à la prophylaxie collective de
la tuberculose bovine – Journal Officiel de la République française du 14 avril 1990, p. 4601-4605.
Arrêté du 4 mai 1999 modifiant l’arrêté du 16 mars 1990 fixant les mesures techniques et administratives
relatives à la prophylaxie collective de la tuberculose bovine – Journal Officiel de la République française du 2
juin 1999, p. 8131-8133.
D.G.A.L./SDSPA – Note de Service du 20 janvier 2000 (N2000-8008) : Tuberculose bovine – Diverses
dispositions d’ordre technique en application de l’Arrêté ministériel du 4 mai 1999.

SUR INTERNET
Bulletin épidémiologique hebdomadaire, publié par l’Institut de Veille Sanitaire : [Link]-santé.fr

121
CONNAISSEZ-VOUS LA TUBERCULOSE ?
1. Pouvoir pathogène des mycobactéries
?? M. bovis est-il pathogène pour les volailles ? Pour le porc ? Pour la chèvre ?
?? M. tuberculosis, pour les bovins, les carnivores, les volailles, le porc ?
?? M. avium, pour l’Homme, les bovins, le porc ?
2. Pourquoi les étables à stabulation entravée ont-elles une évolution généralement enzootique de tuberculose,
tandis qu’elle peut être explosive dans les stabulations libres ?
3. Pourquoi des bovins infectés par M. bovis peuvent-ils ne pas avoir de lésions visibles à l’abattoir ?
4. Qu’est-ce qui permet d’être certain qu’un bovin est infecté par M. bovis ?
5. Quelle relation y-a-t-il entre l’intensité d’une réaction tuberculinique chez un bovin et l’étendue des lésions
tuberculeuses ?
6. Quelles conclusions pouvez-vous tirer du constat à l’abattoir, sur un bovin, de lésions tuberculeuses
ganglionnaires caséeuses, ou calcifiées ; de lésions pulmonaires étendues caséeuses, ou calcifiées ?
7. Interprétez les résultats bactérioscopiques suivants :
?? abcès cutané (chat), présence de bacilles A.A.R.
?? caséum de ganglion bovin : absence de bacilles A.A.R.
?? prélèvement d’eau d’abreuvement (filtration de 2 litres) : présence de bacilles A.A.R.
?? ganglion de bovin réagissant : 1/absence ; 2/présence de bacilles A.A.R.
8. Interprétez ces résultats sérologiques (fixation du complément avec l’antigène paratuberculeux) :
?? Chat : positif au 1/8
9. Que pensez-vous de la pratique consistant à retuberculiner (sur l’autre face de l’encolure), le jour de la
lecture, un bovin ayant fourni un résultat douteux ? Et s’il s’agissait d’un bovin acheté ?
10. Pourquoi le traitement de la tuberculose est-il réservé aux humains ?
11. Pourquoi la vaccination anti-tuberculose des animaux n’est-elle utilisée que de façon exceptionnelle ? Dans
quelles circonstances ?
12. Dans ce département, le taux de cheptels bovins infectés au 31.12 est de 0,05 %. Ce taux concerne à 60 %
des cheptels antérieurement indemnes. Le taux d’étables assainies dans l’année est de 80 %. Les
responsables locaux sont inquiets. Et vous, qu’en pensez-vous ?
13. Un confrère vous propose de réaliser sa prophylaxie : les tournées sont organisées sur 6 jours avec lecture
tous les 2 jours. Il vous demande en cas de constatation de réactions douteuses (très nombreuses dans sa
clientèle : 45 % des étables) de lui signaler les animaux qu’il vous demande de retuberculiner au même
endroit ; il fera la lecture le lendemain (donc à 72 heures) ce qui, selon lui, confirme l’erreur par excès dans
l’immense majorité des cas. Qu’en pensez-vous ?
14. Un bovin acheté il y a 2 mois, présente en prophylaxie une réaction tuberculinique estimée à 6-8 mm
environ. Interprétation.
15. Lors des opérations de prophylaxie, 4 vaches d’une étable de 100 charolais, présentent des épaississements
(diamètre d’une pièce de 2 francs, surélévation d’environ 2 mm). Comment interpréter ?
16. Les bovins de cet élevage sont répartis en différentes étables. Dans l’une où cohabitent des poules, sont
constatées 4 réactions importantes (sur 6 bovins tuberculinés). Interprétation.
17. Vous apprenez la découverte à l’abattoir de lésions tuberculeuses sur un bovin réformé, un mois après une
tuberculination négative, dans un cheptel indemne de tuberculose depuis sa création, il y a 20 ans. Quelles
conséquences pour l’élevage ? Quelles actions vont être mises en œuvre ?
18. Que pensez-vous de la déclaration suivante : « Pour faire une intradermo-seconde comparée, je prends de
la tuberculine forte, et de la tuberculine aviaire, que j’injecte chacune d’un côté de l’encolure après avoir
repéré et mesuré les plis de peau. Lecture à 3 jours. Si l’épaississement en « bovine » est double de
« l’aviaire » : résultat positif ; inférieur à 1,5 fois : négatif ; entre les deux : douteux. ».
19. Un bovin fournit le résultat suivant en I.D.C. :
B = 4,2 mm et A = 2,1 mm
Interprétation.
20. Un cheptel de 50 vaches laitières a déjà fait l’objet d’un vide sanitaire pour tuberculose il y a deux ans. On
vient à nouveau de le découvrir infecté (lésions de tuberculose observées à l’abattoir et confirmées par le
laboratoire). On envisage le rôle de l’éleveur. Qu’en pensez-vous ?
21. Sur un cheptel indemne de tuberculose, 12 animaux réagissent positivement lors du contrôle tuberculinique.
Ces mêmes animaux éprouvés en I.D.C. deux mois plus tard donnent tous un résultat négatif (critères
C.E.E.), mais toujours positif à la tuberculine bovine. Que faire ?

122
22. Un enfant est soigné pour une primo infection tuberculeuse qui a été identifiée il y a 15 jours (les
symptômes ont commencé il y a 6 semaines). Le médecin craint que le chien de la maison soit responsable
de la contamination. Comment vérifier cette hypothèse ?
23. Même contexte, mais ce sont les parents qui craignent que l’enfant ait contaminé le chien. Ils vous
demandent de vérifier si le chien est ou non infecté.
24. Dans un cheptel de 50 vaches laitières, indemne de tuberculose depuis 25 ans, où aucune introduction n’est
effectuée, et situé dans une zone où le dernier foyer de tuberculose remonte à 5 ans, 15 réactions
tuberculiniques positives ont été constatées. Une I.D.C. réalisée deux mois plus tard répartit équitablement
ces 15 sujets dans les différentes catégories de résultats = 5 positifs, 5 négatifs, 5 douteux. Qu’en pensez-
vous ?
25. Petit problème de rédhibition : L’éleveur A vend une vache le 7 juillet au marchand B. Celui-ci garde
l’animal seulement quelques heures et le revend au marchand C. Ce dernier fait alors procéder à un contrôle
d’achat le 14 juillet : résultat négatif. C revend ensuite la vache à D, qui fait à sont tour procéder à un
contrôle d’achat le 28 juillet : résultat positif.
L’éleveur A peut-il refuser de reprendre la vache ? Sur quelle base juridique ? Quel est le devenir de
l’animal ? Y a-t-il d’autres mesures prévues réglementairement ?

123
REPONSES
1. M. bovis : volailles non ; porc oui ; chèvre oui. M. tuberculosis : bovins très rarement ; carnivores oui ;
volailles non ; porc oui. M. avium : homme oui, mais de façon exc eptionnelle ; bovins rarement ; porc oui.
2. Dans les étables entravées les animaux ne sont pas libres de leurs mouvements : un animal infecté ne peut
donc contaminer que son voisin qui ne pourra contaminer à son tour son voisin qu’après la phase
d’incubation, ce qui ralentit donc le processus de contagion. A l’opposé, dans les étables à stabulation libre,
les animaux sont libres de mouvements, et un seul animal infecté peut en contaminer très rapidement un
grand nombre : le processus est cette fois anazootique, sur un grand nombre d’où l’explosion.
3. Phase de début d’infection : lésion microscopique, non décelable. Lésion éventuellement détectable, mais
non vue : il faudrait découper les ganglions en fines tranches pour pouvoir l’observer. Lésion visible, mais
non enregistrée : dans certains abattoirs, les viscères sont séparés de la carcasse avant l’inspection ;
l’observation éventuelle de lésions sur les viscères ne peut alors être rattachée à une carcasse identifiée.
Erreur de transcription de numéro d’idendification de bovins : les lésions sont rapportées à un autre bovin,
qui lui était indemne de tuberculose.
4. Cette notion de certitude dépend du risque d’erreur consenti, et donc de la qualité des méthodes mises en
œuvre.
Seul l’isolement de M. bovis permet d’être certain qu’un bovin est infecté par M. bovis. On suppose que les
risques d’erreur sont négligeables : erreur d’identification des prélèvements, d’enregistrement au laboratoire,
d’identification de souche au laboratoire, risque de contamination des cultures par d’autres prélèvements.
D’autres méthodes permettent de donner une conclusion, qui dans certaines circonstances
confinent également à la certitude : tout dépend de la valeur prédictive positive, donc de
la qualité de la méthode, et de la prévalence (plus elle est élevée, et plus la VPP est
bonne). La constatation de lésions suspectes de tuberculose est une excellente indication ;
mais dans les zones à faible prévalence de tuberculose, il est indispensable de confirmer
ce diagnostic par un examen de laboratoire. Dans un élevage reconnu tuberculeux, la
simple constatation de réaction tuberculinique positive donne une certitude d’infection
tuberculeuse.
5. La relation est médiocre : lors de réaction tuberculinique positive, la probabilité de constater des lésions est
plus élevée, qu’en absence d’allergie. Mais en cas d’allergie intense, il est très hasardeux de conclure à une
probabilité élevée de lésion, ce serait même plutôt l’inverse.
6. Des lésions pulmonaires constituent a priori un risque de dissémination, surtout si elles sont caséeuses,
moins si elles sont calcifiées. Des lésions uniquement ganglionnaires minimisent le risque de contagion pour
l’entourage : il faut toutefois ne pas négliger la possibilité de contamination par le lait, même en l’absence
de lésion à la mamelle.
7. Abcès cutané du chat : présence de mycobactéries (M. tuberculeuse, ou atypique). Nécessité d’une
confirmation bactériologique pour plus de certitude. Mais il est déjà possible de décider que ce chat
constitue un risque majeur pour son entourage, et de prendre les mesures de prévention correspondantes.
Caséum de bovin : « il n’a pas été possible de révéler la présence de mycobactérie ». Rien de plus : la lésion
peut être tuberculeuse, et le prélèvement trop pauvre en bacille.
Eau d’abreuvement : il existe des mycobactéries dans l’eau de n’importe quel robinet. Donc,
résultat ininterprétable : il faudrait procéder à l’identification de la mycobactérie, ce qui
n’aurait de signification qu’à la condition que la simple présence de cette mycobactérie
soit significative. C’est le cas pour M. bovis, ou avium. En revanche, pour les
mycobactéries de l’environnement, il faudrait apporter la démonstration de cause à effet,
ce qui relève du domaine de la recherche.
Ganglion de bovin réagissant :
1. Absence de bacille A.A.R. : Ne veut rien dire, comme tout résultat négatif isolé.
2. Présence de bacille A.A.R. : ne veut rien dire non plus, sans plus de précision.
En effet, la richesse du milieu environnant en mycobactéries diverses permet d’expliquer cet
isolement à partir de la surface du prélèvement qui a pu être contaminé à l’abattoir : il
faut procéder au prélèvement dans des conditions d’asepsie chirurgicale pour pouvoir
affirmer que la bactérie provient effectivement du ganglion. Mais, même dans ces
conditions, l’expérience montre qu’une proportion notable (de l’ordre de 5 %) des bovins
est susceptible de permettre d’isoler une mycobactérie à partir du parenchyme du
ganglion, en l’absence de tout retentissement allergique : c’est un phénomène très banal

124
chez les bovins, comme dans d’autres espèces, que le passage dans le circuit lymphatique
de diverses bactéries.
8. Il faudrait tout d’abord connaître les seuils de positivité du laboratoire qui a fourni les résultats : les seuils
donnés dans le polycopié ne sont que des repères, nullement des normes (qui n’existent pas, à la différence
de la brucellose par exemple).
Ce seul résultat ne signifie pas grand chose. Si l’on dispose d’un tableau clinique évocateur de tuberculose,
il semble légitime de pencher vers la tuberculose…mais sans être véritablement rigoureux, car on ignore
totalement les qualités intrinsèques de ce test (ou plutôt, on sait trop qu’elles sont déplorables). Etant donné
la faible prévalence de la tuberculose chez le chat, vous pouvez en déduire que la valeur prédictive positive
est plus proche de zéro que d’autre chose.
9. C’est absurde ! On sait en effet qu’une tuberculination ID provoque une diminution importante de
la réactivité allergique. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant qu’après un résultat douteux, une
deuxième tuberculination donne un résultat négatif. Toutefois, si le résultat est positif, on peut
conclure sans risque d’erreur par excès autre que celui que l’on a habituellement avec n’importe
quelle tuberculination.
S’il s’agit d’un bovin acheté, une telle pratique est contraire aux intérêts de l’acheteur : on
empêche la constatation d’une éventuelle réaction positive. Il n’est pas nécessaire de
procéder de cette façon pour préserver ses intérêts : dès la constatation des résultats
positifs, il suffit de recourir auprès du vendeur, tout d’abord à l’amiable.
En cas de refus, il est toujours possible d’agir auprès du juge d’instance, à condition d’être
dans les délais (15 jours, non compris celui de livraison) : celui-ci ordonnera alors une
expertise, qui aura lieu au moins 6 semaines après la tuberculination d’achat.
10. Le traitement de la tuberculose est long, coûteux. Entrepris chez un animal, il a toute chance d’être
interrompu par le maître avant son succès. On court donc un risque élevé d’échec, et par-là même, de
sélection de souches résistantes. Le vétérinaire ne doit pas oublier, même si certains maîtres aveuglés par un
attachement immodéré à leur animal le font parfois, qu’une vie humaine est plus importante qu’une vie
animale. Il ne doit donc pas être responsable des conséquences d’une décision (le traitement) qui ne pourrait
pas être assumée complètement par le propriétaire.
11. La vaccination antituberculeuse a une efficacité toute relative : elle est bien inférieure à celle de la fièvre
aphteuse, ou de la rage, par exemple. Elle est donc proscrite chez l’animal, en raison de la règle de la priorité
de la santé humaine sur la santé animale. Cette règle admet une dérogation, dans la mesure où la non
vaccination des animaux conduirait tout compte fait à un risque accru pour l’Homme : animaux exposés à
un risque élevé de contamination non contrôlable par d’autres mesures.
12. 0,05 % c’est très peu : ( = 5 pour 10 000, soit quelques élevages dans un département). Ce sont surtout des
élevages indemnes qui sont concernés : c’est curieux, car dans un département où les performances sont
aussi bonnes, c’est sans doute au prix du respect de la prévention, et on ne comprend pas alors que certains
puissent malgré tout être contaminés. Tout aussi surprenant, cette forte proportion d’assainissement : si
véritablement il s’agit de tuberculose (ce qui voudrait dire certains défauts dans les programmes sanitaires),
on comprend difficilement que les programmes d’assainissement soient au contraire si efficaces : c’est
contradictoire. Il est raisonnable d’avancer l’hypothèse de la responsabilité de mycobactéries autre que M.
bovis : l’incidence de ces événements est indépendante des mesures de prévention de la tuberculose, et les
mesures d’assainissement font disparaître les animaux réagissants, ( = réceptifs à la réactivité allergique), en
même temps qu’elles durent suffisamment longtemps pour laisser disparaître la cause de sensibilisation. Il
faudrait procéder à des IDC de façon systématique dans les élevages à tuberculination positive, ce qu’on
aurait du faire depuis longtemps.
13. La lecture est à faire après 72 heures, et pas avant. A 48 heures, on court le risque d’augmenter la fréquence
des réactions non spécifiques, ce que constate d’ailleurs ce confrère. Un bon moyen pour réduire ce
problème consiste à attendre les 72 heures : n’oublions pas que la réaction tuberculinique est tardive,
progressive et durable. En cas de difficulté d’organisation rendant impossible la lecture après la 72° heure,
mieux vaut la faire plus tard : si l’animal a réagi positivement, la réaction sera toujours aussi positive un
jours ou deux après ; on peut même escompter voir apparaître des réactions positives tardives (jusqu’à 5 à 7
jours après l’injection, jusque dans 15 pour cent des cas). En revanche, les réactions non spécifiques auront
disparu…sauf situation très particulière, comme la thélite nodulaire qui ne respecte pas cette règle générale.
14. C’est gênant ! Ce bovin a-t-il été tuberculiné avant son introduction dans le cheptel ? Provient-il
effectivement d’un élevage indemne ? Il faut prendre soin de vérifier que l’élevage d’origine est bien
toujours indemne.

125
?? Si la réponse est non, il convient d’être très prudent, d’isoler l’animal, voire de l’éliminer, pour éviter
tout risque d’explosion de tuberculose dans l’élevage. L’acheteur n’a plus aucun recours contre son
vendeur.
?? Si la réponse est oui, il faut poursuivre l’enquête dans cet élevage, pour évaluer les risques d’apparition
de la tuberculose, mais aussi dans celui du vendeur : statut sanitaire actuel, mais aussi passé : la
constatation de tuberculose contemporaine, où dans un passé relativement récent est hautement
significative. En l’absence d’informations défavorables en ce qui concerne l’élevage du vendeur, on
pourra envisager les hypothèses d’infection par des mycobactéries atypiques, et donc recourir à l’IDC.
A ce stade, se pose la question de la pertinence de la réalisation d’une IDC sur le cheptel de l’acheteur.
?? D’abord, il faut tenir compte du fait que le résultat d’une IDC sur un seul animal n’a pas véritablement
de sens : donc, on ne peut se contenter de réaliser l’IDC sur le seul animal litigieux.
?? Mais d’un autre côté, en supposant cet animal tuberculeux, il n’est pas impossible qu’il n’ait pas encore
eu le temps de contaminer le cheptel d’arrivée. Auquel cas, un résultat négatif sur ce cheptel et difficile
d’interprétation sur l’animal en question pourrait nous conduire à une interprétation erronée.
En fait, il faut simplement prendre en compte ces différentes hypothèses au moment de l’interprétation, et
tuberculiner à la fois l’animal en question, et au moins une proportion importante (si ce n’est la totalité) de
l’effectif.
?? Si le résultat de l’IDC est positif, l’interprétation est univoque : le cheptel est reconnu tuberculeux et a
été contaminé par ce bovin.
?? Si le résultat est négatif pour les bovins du cheptel d’accueil, mais que le bovin lui ne donne pas un
résultat franchement négatif, là encore, l’interprétation sera relativement simple, quitte à pêcher par
excès en proposant d’écarter cet animal. On ne cherchera pas à approfondir l’interprétation dans le cas
où une mycobactérie atypique serait susceptible d’expliquer la réaction à la tuberculine aviaire des
bovins, et par-là même peut-être la réaction non négative du bovin introduit : il vaut mieux prendre
l’interprétation la plus favorable aux intérêts sanitaires de l’éleveur.
?? Enfin, l’ensemble des résultats est strictement négatif, tant pour les bovins du cheptel d’accueil, que
pour le bovin introduit. Attention, le bovin introduit ne doit pas être considéré comme faisant
« épidémiologiquement » parti de ce cheptel, puisque la question qui se pose est celle de savoir s’il est
susceptible de le contaminer par M. bovis. Nous sommes donc dans la situation où ce résultat individuel
du bovin introduit, qui est négatif, ne peut être interprété qu’à la lumière du contexte du cheptel de
départ. Se contenter de la seule information du résultat d’IDC serait tout à fait insuffisant. C’est
pourquoi il est d’autant plus important d’avoir procédé, ou fait procédé à l’enquête épidémiologique
détaillée sur l’élevage d’origine, car c’est cette information validée qui permettra alors l’interprétation
de ce résultat individuel, parce que resitué dans le contexte d’un troupeau, celui dont il provient.
15. Ces réactions sont plutôt faibles. Pour les interpréter, il faut pouvoir préciser le contexte épidémiologique :
y-a-t-il des facteurs de risque d’apparition de tuberculose dans cet élevage. Si oui, traiter ces bovins comme
des animaux reconnus tuberculeux. Si non, recourir à une IDC (après isolement de ces bovins).
16. Deux informations différentes, voire contradictoires sont données. Cohabitation avec des poules : risque
d’infection par M. avium. Réactions importantes : risque d’infection par M. bovis. A ce stade, il faut vérifier
les informations. Que veut dire « importante » : il faut mesurer, si possible avec un cutimètre. Si
l’augmentation du pli de peau est supérieure à 10 mm, le risque de tuberculose devient prioritaire. En ce qui
concerne les poules, sont-elles tuberculeuses ? Ne cohabitent-elles pas AUSSI dans les autres étables, car il
n’est pas dit qu’il n’y a PAS de poules dans les autres étables. (Ce genre d’association entre des faits
marquants, en négligeant les informations négatives est encore très courant). Ne pas oublier que deux
phénomènes peuvent coexister : rien n’empêche en effet un élevage de bovins tuberculeux d’héberger des
poules infectées par M. avium.
17. Le problème naît apparemment de la contradiction entre certaines informations (élevage indemne,
tuberculination négative), et d’autres (lésions tuberculeuses).
?? Avant toute chose, dès l’instant où des lésions « tuberculeuses » ont été observées, l’élevage est considéré
comme SUSPECT de TUBERCULOSE, en attendant que ces lésions fassent l’objet de
CONFIRMATION par le laboratoire. Il est alors soumis à un ARRETE PREFECTORAL
d’INFECTION : interdiction de tout mouvement d’animaux.
?? Dans tous les cas, il faut VERIFIER les informations initiales.
Découverte de lésions tuberculeuses à l’abattoir : vérifier l’identité de l’animal. Le numéro, le sexe, le
poids, l’âge correspondent-ils ? Une erreur de transcription est si vite arrivée…Les lésions sont-elles
véritablement tuberculeuses ? Il faut en analyser la description, considérer la nature des saisies, voire, si
c’est possible, interroger l’inspecteur qui les a observées. Depuis janvier 2000, toutes les lésions
tuberculeuses découvertes à l’abattoir doivent faire l’objet de prélèvement en vue d’analyse : ce
prélèvement a-t-il bien été effectué ? Quels sont les résultats des analyses ? Avec quelles méthodes ? La

126
simple observation : « présence de bacilles A.A.R. » n’est pas suffisante. Il faut au minimum une
histologie, voire le résultat de la culture.
Elevage indemne de tuberculose : à vérifier à la DSV (il y a des détails que la mémoire humaine préfère
oublier…). Tenir compte des possibilités de détection : avec un rythme de tuberculination allongé (2, 3,
voire 4 ans), il est tout à fait possible qu’aucune tuberculination n’ait été réalisée depuis déjà
suffisamment longtemps pour que la tuberculose ait pu s’installer sans que rien n’ait pu le mettre en
évidence. Il faut en effet que la prévalence de tuberculose et le taux de réforme soient suffisants pour
qu’un élevage tuberculeux puisse être détecté par l’abattoir (voir la question portant sur ce sujet) :
l’absence de lésion sur des animaux de réforme n’a de sens que s’il y a un nombre suffisant d’animaux
réformés. Et puis, il peut s’agir du premier cas !
Ensuite, il faut vérifier l’absence de facteurs de risque d’apparition de tuberculose (n’oublions qu’il
s’agit d’un élevage indemne, et que par conséquent nous pouvons seulement présumer que les facteurs
de risque sont maîtrisés, mais il faut bien le vérifier) : CE bovin là, est-il né sur l’exploitation ? Y a-t-il
eu des introductions ? Il ne faut pas se contenter d’une simple déclaration : il faut pointer chaque animal
et vérifier son historique, car l’éleveur a pu oublier que de façon ponctuelle, pour compenser une baisse
de fertilité, il a été amené à introduire soit un taureau (pour améliorer la détection des chaleurs des
génisses), soit des génisses de remplacement. Y a-t-il en ce moment, ou y a-t-il eu un élevage atteint de
tuberculose dans le voisinage (on peut remonter sur au moins 5 ans, si ce n'est 10) ?
?? Partant de là, il va être possible d’INTERPRETER.
C’est l’information donnée par l’abattoir qui prime. Si elle est validée, l’élevage est considéré
comme « INFECTE » de tuberculose. Il fera l’objet d’un abattage total.
Si la lésion « tuberculeuse », n’a pas permis de confirmation, soit il s’agissait d’une erreur par
excès (erreur d’identification ; lésion non tuberculeuse), soit il peut s’agir d’une erreur par
défaut (lésion tuberculeuse, mais recherche bactériologique infructueuse). Pour lever le doute,
on s’appuie sur l’enquête épidémiologique (d’où l’importance de la qualité de la vérification).
En l’absence de facteur de risque, l’élevage sera purement et simplement requalifié. Dans le
cas d’une investigation épidémiologique défavorable, il sera procédé à une IDC, dont les
résultats seront définitifs.
18. C’est n’importe quoi. On parle soit d’intradermo seconde tout court (et elle est proscrite), soit d’intradermo
comparative. Dans ce dernier cas, il faut de la tuberculine bovine normale (et non forte), que l’on injecte du
même côté que la tuberculine aviaire. Les critères de lecture ne sont pas conformes (inspirés librement de
ceux de l’ID2 semble-t-il).
19. B-A = 2,1 donc réaction douteuse. L’interprétation dépend du contexte, et en particulier de l’indication de
cette IDC. Sans autre information il est impossible d’interpréter. S’il s’agit d’un cheptel indemne, où des
réactions positives à la tuberculine bovine ont été constatées, et qu’une IDC a été faite, et que tous les autres
résultats sont négatifs, alors on peut conclure que sans doute cet animal est infecté par une mycobactérie
autre que M. bovis, mais, pour s’en assurer, il vaut mieux refaire une tuberculination. Si d’autres réactions à
l’IDC sont cette fois positives, l’élevage est reconnu infecté de tuberculose, et par voie de conséquence ce
bovin également. De toute façon, dans ce dernier cas, tout le cheptel devrait être abattu en totalité.
20. Il s’agit d’un élevage infecté de tuberculose à M. bovis (lésions tuberculeuses à l’abattoir) : l’infection par
M. tuberculosis ne peut que rarement donner ce type de lésions. Envisager l’hypothèse de la responsabilité
de l’éleveur revient à le mettre en accusation, ce qui est très souvent mal vécu, et peut donc déclencher des
réactions violentes. Il faut donc commencer par vérifier les autres hypothèses, car « mêmes causes, mêmes
effets » : si l’élevage a été contaminé par voisinage ou déficit de contrôle à l’introduction une première fois,
il est possible que, si les mesures adéquates n’ont pas été prises, cette cause se manifeste à nouveau. Ce n’est
qu’après avoir écarter ces hypothèses que l’on pourra envisager le rôle d’un réservoir humain.
Il y a alors deux hypothèses. Soit l’Homme a été contaminé lors du premier foyer par le bacille
bovin, et il recontamine son troupeau. Soit il a fait une primo-infection stabilisée dans sa
jeunesse, mais du fait de son âge (le risque est important à partir d’environ 60-70 ans) le
bacille s’échappe de son foyer fibreux : auquel cas, l’éleveur aurait pu contaminer son
élevage également lors du premier foyer. Dans les deux cas, il convient d’être discret
dans les déclarations, et de recommander aux différentes personnes concernées de
consulter un Centre de dépistage de tuberculose, au motif qu’elles ont « pu être
contaminées ».
21. Rien, car le résultat négatif en IDC permet d’exclure, avec une fiabilité satisfaisante, l’hypothèse que le
cheptel soit infecté par M. bovis. En tout cas, sur le plan réglementaire. On peut toutefois chercher à
déterminer la cause sensibilisation (voir chapitre lutte contre les mycobactéries atypiques). Lors d’une

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prochaine tuberculination, si nécessaire, on utilisera l’IDC. Il faut d’autre part s’attendre à un certain risque
de rédhibition, en cas de vente d’animaux de ce cheptel.
22. Par simple examen clinique : si l’hypothèse du médecin est valide, c’est que le chien a excrété du bacille
tuberculeux il y a déjà quelques mois (la maladie dure depuis 6 semaines, et il faut compter le temps
d’incubation de quelques semaines au minimum). Dans ces conditions, on devrait sans doute constater des
symptômes chez cet animal. L’absence de tout signe clinique de suspicion de tuberculose devrait permettre
de répondre de façon satisfaisante au médecin, par la négative. En revanche, si l’animal n’est pas en parfaite
santé (et cela depuis toute la période considérée), la tuberculination sous-cutanée, le BCG test peuvent être
utilisés en complément d’une radio. Le cas échéant on peut recourir au prélèvement d’un produit suspect
(exsudat, mu cus…) en vue d’une analyse bactériologique. L’interprétation de ces examens se fera dans la
plus grande rigueur, en n’excluant pas une éventuelle laparotomie exploratrice…
23. Impossible dans l’immédiat. Il faut attendre de voir l’évolution clinique. En effet, les performances des tests,
quels qu’ils soient sont tellement déplorables en dépistage, que toute interprétation serait hasardeuse. Isoler
l’animal, l’examiner régulièrement pendant environ 6 mois après la dernière circonstance de contamination
présumée. Plus le temps passe et que l’animal reste en apparente bonne santé, plus le risque diminue, mais
on ne disposera pas de certitude véritable, tout au plus d’une présomption satisfaisante au bout d’un délai de
l’ordre de deux ans.
24. « Ce n’est pas clair ». Le contexte est a priori en faveur d’une absence de risque de tuberculose. Le résultat
de l’IDC lui est discordant. Il faut donc vérifier ces informations.
Nous ne reviendrons pas sur la vérification des informations épidémiologiques.
Il serait bon de regarder le graphique de l’IDC. Si les résultats sont alignés selon l’axe d’une bissectrice, par
exemple, on peut sans risque envisager l’hypothèse d’une erreur technique. Il faut alors refaire la
tuberculination. Si l’on peut valider l’IDC, et donc si ces résultats sont valides, alors, considérer l’élevage
comme infecté, et procéder à l’assainissement.
En cas de constatation de lésions à l’abattoir, la certitude de l’infection tuberculeuse est acquise. La cause
est alors à rechercher soit de façon classique dans les circonstances habituelles (introduction, voisinage,
résurgence), une information significative ayant pu échapper à l’attention de l’enquêteur, soit de façon
inhabituelle dans une contamination d’origine humaine, une fois que toutes les autres causes auront été
éliminées. Plutôt que de paraître accuser l’éleveur, mieux vaut présenter les choses dans l’autre sens, en
conseillant à celui-ci, par souci pour sa santé, de consulter un médecin pour détecter si éventuellement ses
bovins ne l’auraient pas contaminé.
25. Le délai de rédhibition est de 15 jours, non comptés le jour de la livraison. Par conséquent, l’éleveur A n’est
plus juridiquement concerné par le destin de la vache vendue. D peut se retourner en revanche contre C, si le
délai de 15 jours n’est pas écoulé.
On notera tout d’abord les détours de ce circuit épidémiologique révélateur : la multiplicité des
intermédiaires augmente les risques sanitaires. On constatera aussi que la tuberculination réalisée par D
avait moins de chance de donner un résultat positif, du fait de la précédente : si l’animal est réellement
tuberculeux (lésions + analyse de laboratoire positive), on peut alors imaginer que la contamination peut
bien provenir de l’intermédiaire C, plus vraisemblablement que B (qui n’a gardé l’animal que très peu de
temps), sans toutefois pouvoir l’exclure. Il est clair que l’enquête épidémiologique devra être approfondie,
et elle ne tiendra pas compte du délai limite de 15 jours qui ne concerne que la rédhibition, afin de porter
sur la totalité des élevages impliqués, y compri

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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02

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