Tuberculose animale : guide vétérinaire
Tuberculose animale : guide vétérinaire
MALADIES CONTAGIEUSES
LA TUBERCULOSE
Sommaire
Objectifs d’apprentissage
Les objectifs A correspondent à des situations professionnelles d'urgence (nécessitant un strict minimum de connaissances théoriques
mémorisées), où les décisions du vétérinaire peuvent avoir de très graves conséquences (une erreur constituant une faute professionnelle
inexcusable) ou à des notions de base i ndispensables à posséder (ex. : définitions) pour pouvoir répondre à d'autres objectifs.
Les objectifs B relèvent de l'aptitude au raisonnement.
1. Présenter l’évolution de la situation épidémiologique de la tuberculose bovine en France, l’état pour la dernière année, en discutant la
signification des indicateurs les plus pertinents.
2. Présenter le protocole réglementaire des différentes techniques d’intradermo-tuberculination chez les bovins (IDS et IDC), leurs
causes d’erreurs, et les modalités d’interprétation.
3. Présenter les modalités du dépistage de la tuberculose chez les bovins, leurs caractéristiques, leurs facteurs de variabilité, en vue d’en
apprécier la valeur.
4. Présenter les principes de lutte contre la tuberculose bovine en France, en discuter les facteurs de réussite ou d’échec, les résultats ainsi
que les perspectives.
5. Présenter les mesures réglementaires à mettre en œuvre dans :
5.a. Un élevage bovin indemne de tuberculose pour l’obtention et le maintien de sa qualification.
5.b. Un élevage bovin dans lequel sont constatés des éléments de suspicion de tuberculose, en vue de confirmer ou d’infirmer cette
suspicion.
5.c. Un élevage bovin reconnu infecté de tuberculose.
5.d Un élevage bovin susceptible d’être infecté de tuberculose.
6. Présenter les éléments de suspicion de la tuberculose et les moyens de la confirmer chez :
6.a. le chien ;
6.b. le chat ;
6.c. les volailles ;
7.c. le porc.
7. Présenter la conduite à tenir lors de la visite préalable à l’introduction d’un bovin dans un cheptel indemne de tuberculose bovine.
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Tuberculose/Sept. 2001
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Tuberculose/Sept. 2001
AVANT PROPOS
La tuberculose, aussi bien animale qu’humaine, peut sembler à beaucoup d’étudiants une maladie du passé. Pourquoi
alors, se demandent-ils, consacrer une telle place (volume du polycopié, temps consacré dans l’enseignement) à cette
maladie, aux dépens, sans doute, d’affections d’importance certainement beaucoup plus actuelle ?
Il est vrai que dans le passé cette maladie a été sans doute LA maladie la plus redoutable et la plus redoutée. Pour cette
raison, elle constitue toujours maintenant une obligation de préoccupation de Santé publique vétérinaire, tant il est vrai
que l’« on doit lutter contre les maladies surtout quand elles ne sont pas là1 ».
La situation est favorable : globalement, en particulier en France, elle est en voie sinon de disparition, tout au moins
d’être maîtrisée. Certes, de nouveaux problèmes peuvent surgir (nouvelles espèces animales impliquées), mais ils sont
essentiellement ponctuels, et leur fréquence n’a rien à voir avec ce que notre pays a pu connaître il y a quelques
décennies.
Mais on doit tenir compte de nouvelles possibilités d’extension de la tuberculose animale, en raison des perspectives
d'élargissement de l'Union Européenne vers l’Europe de l’Est.
Des pays de situation épidémiologique très défavorable, équivalente à celle que connaissait la France avant le début de la
lutte, auront la possibilité de faire circuler librement des produits et des animaux, ce qui pourra constituer
potentiellement un risque accru de tuberculose si les précautions indispensables venaient à ne pas être respectées. De
plus, des pays doivent entreprendre des programmes de lutte qui doivent à la fois être plus rapides, plus efficaces et
moins coûteux que ceux mis en œuvre dans les pays d'Europe de l'Ouest au cours des 50 dernières années…. On
comprend l'ampleur du défi, qui ne pourra être relevé qu'au prix d'une aide à la fois technique, financière mais aussi
scientifique de la part de l'U.E.. La libre circulation des denrées, la difficulté de mise en place de systèmes cohérents de
contrôles (pas seulement sanitaires, mais aussi policiers), les difficultés économiques de certains pays, qui favorisent
tous les trafics, autant de facteurs qui exposent notre pays au risque de voir apparaître de nouveaux cas de tuberculose
animale, selon des circuits épidémiologiques nouveaux, mais qui pourraient ensuite se propager selon les modalités
classiques.
Par ailleurs, le Syndrome d’Immunodéficience Acquise (SIDA) rend les patients qui en sont atteints particulièrement
vulnérables à la tuberculose, qu’ils peuvent contracter aussi à partir de réservoirs animaux, qui peuvent eux-mêmes
avoir été contaminés à partir d’une source humaine….
Par conséquent, pour au moins ces deux raisons, tout vétérinaire praticien se doit de ne pas ignorer cette maladie, afin
d’être à même de tenir sa place dans le système de Santé publique vétérinaire qui comporte ainsi deux volets, l’un
tourné spécifiquement vers l’animal, l’autre vers l’Homme, dans la mesure où l’animal, ou des compétences
vétérinaires sont impliqués.
Enfin, cette maladie constitue aussi un modèle de connaissance des maladies infectieuses, puisque le recul dont nous
disposons sur son étude et la richesse de l’information ainsi fournie, permettent de mieux comprendre les modalités de
construction de la connaissance sur une maladie, et ainsi de les appliquer plus facilement à d’autres maladies. Citons
entre autres, les concepts de cause infectieuse, la qualité des tests de dépistage et de diagnostic, les concepts de
l’épidémiologie, de la lutte.
Pour ces différentes raisons, nous avons choisi d’accorder la place qui lui revient à cette maladie. Pourtant, nous avons
allégé au maximum son enseignement, afin de tenir compte malgré tout de son importance réduite par la fréquence de
ses manifestations. C’est pourquoi, les notions générales sont très limitées : nous renvoyons aux enseignements des
disciplines concernées. La tuberculose bovine fera en revanche l’objet d’un développement relativement important, en
raison de sa place majeure, sur tous les points de vue évoqués précédemment.
?
la tuberculose animale : généralités
DEFINITION
La tuberculose est une maladie infectieuse, commune à l’homme et à de nombreuses espèces animales. Elle est due à
diverses espèces bactériennes appartenant au genre Mycobacterium : M. tuberculosis, M. bovis, M. africanum, M.
avium…
1
Leclainche
5
Elle est caractérisée, cliniquement, par une évolution le plus souvent chronique et un grand polymorphisme,
anatomiquement, par des lésions inflammatoires : les tubercules.
HISTORIQUE
La tuberculose est connue et sévit depuis très longtemps : des lésions osseuses du mal de Pott (localisation vertébrale de
la tuberculose) ont été retrouvées sur des squelettes de l’âge de pierre et sur des momies égyptiennes.
Dans l’antiquité, Hippocrate décrivit chez l’homme trois types de processus morbides sans faire de rapprochement entre
eux : la « phtisie galopante » (maladie en général rapidement mortelle, avec atteinte élective du poumon), la « fièvre
consomptive » ou mal de langueur (à évolution lente, avec amaigrissement, cachexie…) et la « scrofulose2 »
(caractérisée par une adénite cervicale chez l’enfant).
En 1810, Laennec utilisa le stéthoscope pour l’auscultation, effectua une étude clinique et nécropsique complète de la
maladie qui lui permit d’affirmer l’unicité de la tuberculose. Il eut également le mérite de penser que la « maladie
perlière ou pomelière » des bovidés était de nature tuberculeuse.
En 1882, Robert Koch mit en évidence à partir de lésions humaines, le bacille tuberculeux (souvent désigné, depuis,
comme bacille de Koch ou B. K.) puis le cultiva sur sérum de cheval coagulé. Pour Koch, un même bacille était
responsable de la tuberculose naturelle de l’homme, des bovins, du singe, du cobaye, du lapin et de la poule.
Cependant, de 1889 à 1891, différents auteurs dont Strauss et Gameleia montraient que le bacille tuberculeux des poules
possédait des caractères particuliers.
Quelques années plus tard, Th. Smith montrait, de même, que le bacille responsable de la tuberculose des bovins était
différent de celui de la tuberculose humaine.
Ainsi, étaient dissociés les trois bacilles qui devaient être individualisés ultérieurement en espèces différentes : M.
tuberculosis le bacille tuberculeux humain, M. avium le bacille tuberculeux aviaire et M. bovis le bacille tuberculeux
bovin.
Après cette phase étiologique, les recherches s’orientèrent vers la prophylaxie et le traitement de la tuberculose.
En 1890, Koch mit au point la « lymphe tuberculeuse » ou vieille tuberculine, composée des produits solubles résultant
de la culture du bacille dans du bouillon glycériné. Son application au traitement des tuberculeux se révéla néfaste car
elle provoquait une aggravation des lésions et entraînait la mort de plus de 80 p. cent des malades. En revanche, son
application au diagnostic allergique de la maladie, proposée par Guttmann en 1891, devait se révéler très intéressante.
La recherche d’un vaccin conduisit à de très nombreux essais avec des produits variés : bacilles tuberculeux tués par la
chaleur ou par différents agents chimiques, bacilles acidorésistants des animaux à sang froid (Acido Résistant de la
Tortue ou ART de Friedmann), bacilles tuberculeux vivants virulents ou peu virulents (vaccination des bovins par
bacilles humains vivants…).
De 1908 à 1920, une souche de M. bovis fut repiquée sur pomme de terre biliée par Calmette et Guérin. Le
B.C.G.(Bacille de Calmette et Guérin) fut appliqué à l’Homme pour la première fois en 1921 et l’a été depuis sur un
milliard de personnes.
Parallèlement à l’étude des bacilles tuberculeux, d’autres bacilles acido-alcoolo-résistants appelés « paratuberculeux »
étaient mis en évidence dans des milieux divers : smegma, fumier, beurre, eau, terre…L’intérêt pour de telles
mycobactéries resta limité jusqu’en 1953, date à laquelle Pollak et Buhler en isolèrent au Kansas à partir de malades
morts : M. kansasii. Ce fut le point de départ de recherches sur les « mycobactéries atypiques » qui interviennent en
pathologie humaine et animale.
IMPORTANCE
?? Toutes les espèces de vertébrés peuvent être atteintes spontanément par des bacilles tuberculeux.
?? Sur le plan économique, la tuberculose animale entraîne des pertes en viandes (saisies aux abattoirs), en lait et
gêne l’exportation.
?? Les pertes dues à la tuberculose bovine avant l’application des mesures de lutte en France ont été estimées à 3 p.
cent de la production bovine (soit pour l’année 1955 par exemple, 20 milliards d’anciens francs de pertes).
?? Sur le plan hygiénique, il faut distinguer la tuberculose interhumaine de la tuberculose zoonose. L’incidence
annuelle de la tuberculose humaine est passée (selon les Déclarations obligatoires officielles) de plus de 30.000 cas
2
« Scrofulose » : dérivé de scrofa (latin : « truie », sans doute en raison de la fréquence des tumeurs ganglionnaires chez le
porc…). Adénopathie cervicale chronique d’origine tuberculeuse et abcès du cou provenant de cette maladie. L’un des pouvoirs
symboliques attribués au roi de France, sacré et oint, était son pouvoir de guérir les « écrouelles » (même sens, même origine
étymologique, terme plus ancien) en les touchant.
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en 1970 à 6.651 (soit 11 p. 100.000) en 1998, le nombre de morts de 4.000 à 1.000. Le taux de létalité est resté
constant (10 %). Les décès par tuberculose sont enregistrés surtout chez des personnes âgées (plus de 65 ans). En
Ile-de-France, on constate une nette augmentation du taux d’incidence (double du reste de la France) touchant
principalement des hommes jeunes (25 à 44 ans) à rapprocher d’évolutions analogues dans d’autres métropoles
occidentales, pour lesquelles l’épidémie de SIDA a été considérée comme le principal facteur responsable.
La tuberculose zoonose4 reste en France très faible, de l’ordre de 0,5 p. cent des cas de tuberculose humaine. Avant
l’obligation de pasteurisation du lait (de 1912 à 1951), la proportion des cas de tuberculose humaine d’origine bovine
était estimée à 1,3 % des cas de tuberculose humaine. Actuellement, on ne constate aucun cas de tuberculose d’origine
bovine chez des sujets jeunes (moins de 15 ans). La majorité des cas est constatée chez des sujets âgés (plus de 60 ans),
selon une forme extrapulmonaire, signe d’une contamination ancienne, d’origine digestive, suivie d’une réactivation
tardive. Les autres cas constatés, dans les tranches plus jeunes, sont de localisation pulmonaire, soulignant ainsi
l’efficacité des mesures de lutte actuellement en vigueur chez les bovins.
ETIOLOGIE
Les bacilles tuberculeux sont des bactéries classées dans l’ordre des ACTINOMYCETALES, famille des
MYCOBACTERIACEAE, genre MYCOBACTERIUM. Toutes les bactéries de cet ordre possèdent une propriété
tinctoriale particulière : l’Acido-Alcoolo-Résistance (bacilles A.A.R. – coloration de Ziehl) (pour plus d’information
sur les autres particularités se reporter au cours de microbiologie).
______________________________
1
Boulahbal F. et al – La tuberculose humaine à Mycobacterium bovis en France durant l’année 1995. Bulletin épidémiologique
hebdomadaire 1998, 48.
7
I - LE MONDE MYCOBACTERIEN
?? Les mycobactéries opportunistes ne répondent pas aux caractères des bacilles tuberculeux. Dans des conditions
mal définies, elles peuvent provoquer des troubles chez l’Homme, les bovins, les porcs…
Exemples :
?? thélite nodulaire tuberculoïde de la vache laitière imputée à
M. gordonae (ou aquae) ;
?? affections pulmonaires et ganglionnaires des bovins à M.
kansasii ;
?? nodules cutanés tuberculoïdes et mammites des bovins,
adénites du porc à M. fortuitum ;
?? etc.
Ces mycobactéries provoquent des infections :
?? peu ou pas contagieuses ;
?? cliniquement identiques à la tuberculose (localisations pulmonaires, ganglionnaires, mammaires, cutanées…) ;
?? habituellement bénignes (mais exceptions) ;
?? souvent rebelles aux médicaments antituberculeux ;
?? responsables de réactions positives par excès lors de dépistage allergique de la tuberculose.
?? Les mycobactéries saprophytes sont très nombreuses dans la nature : eau, sol, herbe, tube digestif, peau,
muqueuses, lait (M. phlei, M. vaccae, M. gastri…). A connaître pour éviter des erreurs d’interprétation au laboratoire
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lorsqu’elles souillent certaines plaies et divers prélèvements. Parfois responsables de réactions non spécifiques à la
tuberculine lorsqu’elles transitent accidentellement dans certains tissus.
Conséquences pratiques :
?? Toute mycobactérie isolée doit faire l’objet de la détermination de l’espèce, afin de permettre l’évaluation de son
rôle pathogène dans le processus étudié.
?? Pour les mycobactéries opportunistes (a fortiori les saprophytes), le simple isolement ne permet pas, ipso facto,
d’en déduire une responsabilité dans le processus étudié ; cette conclusion est toujours à soumettre à discussion cas
par cas, selon les arguments disponibles : respect de conditions aseptiques de prélèvement, isolement en culture
pure, reproduction du pouvoir pathogène de la souche isolée, par exemple.
Comme la plupart des mycobactéries (excepté M. smegmatis, M. fortuitum), les bacilles tuberculeux ne sont pas
capables d’assurer leur croissance sur les milieux bactériologiques usuels et nécessitent l’emploi de milieux
spéciaux.
Les cultures se développent lentement : 10 jours à 2 mois selon le type de bacille tuberculeux (elles se différencient
ainsi de certaines mycobactéries dites à croissance rapide formant des colonies visibles en moins de 7 jours).
Etant donné que les bacilles tuberculeux se multiplient lentement, il faut débarrasser, avant la mise en culture, les
produits pathologiques plurimicrobiens des germes saprophytes. Ce résultat est obtenu en traitant au préalable les
prélèvements par des agents chimiques (soude, détergents, …) auxquels les bactéries habituelles sont plus sensibles que
les bacilles tuberculeux.
Les mycobactéries sont sensibles à la chaleur (20 minutes à 60°C, 20 secondes à 75°C), aux rayons U.V. et à la
lumière ; elles résistent au froid et à la dessiccation.
Applications :
- Importance de la pasteurisation ou de la stérilisation du lait.
- Possibilité de traitement thermique des viandes tuberculeuses.
Les mycobactéries sont beaucoup plus résistantes que les bactéries usuelles aux antiseptiques et désinfectants
chimiques. Les bacilles tuberculeux résistent aux acides et aux bases en solution.
Application : Permet le traitement des produits virulents contaminés par d’autres bactéries, avant ensemencement
(traitement pendant 20 minutes par la soude à 4 p. cent et neutralisation par l’acide sulfurique à 15 p. cent).
Les bacilles tuberculeux sont sensibles à l’iode, à l’alcool3 , aux dérivés phénoliques, aux hypochlorites et au formol.
Application : Désinfection des matériels et locaux contaminés, par le phénol (solution de phénol à 30 g/l) ou les
hypochlorites (solution titrant 1° chlorométrique).
Les mycobactéries sont résis tantes aux antibiotiques usuels (pénicilline, tétracycline, chloramphénicol…). Le bacille
tuberculeux est néanmoins sensible à certains médicaments (voir traitement).
Application : Traitement de la tuberculose humaine (ubi infra).
Tableau II: Pouvoir pathogène des principaux bacilles tuberculeux pour les différentes espèces animales et
l’Homme.
Pouvoir pathogène : P = élevé ; (O) = rare ou exceptionnel.
M. tuberculosis M. bovis M. avium
Homme P P (O)
Chien P P (O)
Chat P P (O)
Bovins (O) P (O)
Ovins, caprins (O) P P
Porc P P P
Oiseaux en général (O) (O) P
Psittacidés P (O) (O)
Singes P P (O)
3 Une suspension de bacille tuberculeux est inactivée en 5 minutes au contact de l’alcool à 90°. Lorsque l’on parle
d’acido-alcoolo-résistance du bacille tuberculeux, on entend donc la seule résistance du bacille à la décoloration par
l’acide et l’alcool.
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Conséquences :
- Epidémiologique : L’interdépendance des tuberculoses animales est fonction du bacille tuberculeux en cause.
- Prophylactique : La prophylaxie de la tuberculose doit se préoccuper de toutes les espèces animales pouvant servir
de relais à la contagion.
- Diagnostique : Quel que soit le bacille en cause, les réactions à la tuberculine deviennent positives. Intérêt d’une
différenciation par l’intradermotuberculination comparative(ubi infra).
Les bacilles tuberculeux sont des bactéries définies par une acido-alcoolo-résistance (bacilles A.A.R.), une croissance
lente sur des milieux toujours enrichis (type milieu de Loewenstein-Jensen), un pouvoir pathogène qui s’exprime par
l’évolution d’une maladie chronique et l’apparition de lésions «tuberculeuses » et, surtout, un pouvoir allergène
(allergie tuberculinique).
La dénomination de «bacilles tuberculeux » regroupe trois bactéries principales : M. tuberculosis, M. bovis et M.
avium, faciles à individualiser, de pouvoir pathogène variable selon les espèces animales.
PATHOGENIE
Les conditions de l’infection dépendent de facteurs tenant au bacille (virulence), à l’hôte (réceptivité), et aux modalités
de contamination (dose infectante, répétition des doses).
L’infection se déroule par étapes où elle peut régresser, ou se stabilis er, ou évoluer, toutes combinaisons étant possibles,
cela en fonction du bacille, de l’espèce animale en cause et des conditions de l’infection.
L’hôte réagit par une réaction immunitaire, principalement cellulaire, dont la caractéristique principale est
l’hypersensibilité retardée et dont l’application est le diagnostic par injection de tuberculine. Les anticorps élaborés sont
d’un intérêt médiocre pour le diagnostic.
(Cette partie sera plus développée dans l’étude de la tuberculose bovine).
SYMPTOMES
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LESIONS
(Pour plus d’information, se reporter au cours d’anatomie pathologique)
EPIDEMIOLOGIE
EPIDEMIOLOGIE DESCRIPTIVE
Elle n’est bien connue que pour les bovins et pour l’Homme, pour lesquels on dispose des données nécessaires (voir les
développements correspondant à la tuberculose bovine).
EPIDEMIOLOGIE ANALYTIQUE
SOURCES DE CONTAGION
Matières virulentes
Tissus divers
- Organes et ganglions, siège du foyer tuberculeux.
- Sang : la bacillémie est rare et transitoire. Elle survient lors d’épisodes aigus et surtout à la phase terminale de la
maladie.
- Muscles, viandes : virulence conditionnée :
?? Par la proximité du foyer tuberculeux : aussi la découverte de lésions ganglionnaires doit imposer, lorsque
l’animal est destiné à la consommation, la saisie de l’organe ou de la partie de la carcasse correspondante.
?? Par la virulence du sang : les formes évolutives de tuberculose (correspondant à un risque élevé de bactériémie)
doivent imposer, lorsque l’animal est destiné à la consommation, la saisie totale des carcasses 4 .
- Œufs : les œufs de poules atteintes de tuberculose peuvent parfois contenir des bacilles tuberculeux.
5 La dilution de 1 litre de lait de mammite tuberculeuse dans 1 million de litres de lait sain permet de transmettre encore la tuberculose au cobaye.
4 Cas de saisie totale chez les bovins : tuberculose miliaire aiguë avec foyers multiples ; tuberculose caséeuse avec foyers de ramollissement volumineux ou étendus
à plusieurs organes ; tuberculose caséeuse accompagnée de lésions ganglionnaires à caséification rayonnée.
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Excrétion
Rôle variable selon la localisation du processus tuberculeux.
- Jetage, salive, expectorations : provoquent la dispersion dans l’atmosphère de gouttelettes contenant quelques
bacilles tuberculeux et responsables d’une transmission aérienne (rôle important dans la tuberculose bovine).
- Excréments : parfois très riches en bacilles tuberculeux (matière virulente essentielle dans la tuberculose aviaire).
- Lait : virulence du lait lors d’infection mammaire, même en l’absence de lésion macroscopique (ex : 5 à 7 % des
vaches à tuberculination positive excrètent du bacille dans le lait en l’absence de lésion mammaire apparente).
- Urines : virulentes lors de tuberculose rénale ou de tuberculose généralisée (carnivores en particulier).
- Lésions cutanées : parfois riches en bacilles (ex : chat).
- Sperme : virulent lors de lésions du testicule ou de l’épididyme.
- Sécrétions utérines : importance lors de métrite tuberculeuse (bovins).
N. B. : En fonction de l’espèce, une catégorie de matières virulentes joue un rôle primordial dans la contagion : par
exemple, ce sont les expectorations chez l’Homme et les bovins ou les fèces chez les oiseaux.
B MODALITES DE LA CONTAGION
1 Modes de transmission
Ils sont divers et varient en importance selon l’espèce.
a) Transmission verticale
Absence de transmission congénitale : le jeune issu de mère tuberculeuse naît sain ; isolé dès la naissance, il peut être
utilisé pour le repeuplement.
b) Transmission horizontale
- Transmission directe : A la faveur de contacts entre individu infecté et individu sain : cohabitation, ingestion par
le veau du lait virulent, contamination vénérienne, contact au pâturage (pendant les 48 premières heures d’un
premier contact à l’occasion d’un regroupement de bovins, ceux-ci passent 50 % du temps mufle contre mufle).
- Transmission indirecte : Par l’intermédiaire des locaux, pâturages, véhicules de transport, aliments,
eaux…contaminés ou des produits d’origine animale virulents (lait…).
2 Voies de pénétration
a) Voie respiratoire
Inhalation de microparticules (aérosols de 3 à 7 µ) excrétées par les organismes tuberculeux. C’est la voie de
pénétration la plus fréquente chez les bovins, le chien, l’Homme. Son efficacité est redoutable, car les bacilles sont
déposés dans l’alvéole, où les défenses immunitaires sont les plus faibles.
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b) Voie digestive
Absorption de lait virulent (veau, chat…) de viandes ou d’abats virulents (carnivores), coprophagie (volailles), etc.
c) Autres voies
- Voie vénérienne : importance dans la monte publique et l’insémination artificielle. Ex : un taureau responsable de
la contamination de 800 vaches en 1968 par l’utilisation de sa semence contaminée pour l’insémination artificielle.
- Voie cutanée : piqûre, souillure de plaie ; rencontrée surtout chez l’Homme (contamination accidentelle de
personnes en contact avec un animal familier tuberculeux ; contamination cutanée de bouchers, tripiers,
vétérinaires…en contact avec des carcasses tuberculeuses).
- Voie conjonctive : possible.
C FACTEURS DE RÉCEPTIVITÉ
Dans la tuberculose, le « terrain » joue un rôle important dans le développement de l’infection. Par ailleurs, certains
facteurs (surmenage, lactation…) peuvent favoriser l’expression clinique de l’infection.
La tuberculose animale est une maladie contagieuse d’autant plus dangereuse que l’excrétion bacillaire est précoce et la
maladie très difficile à reconnaître sans l’apport de moyens expérimentaux.
La source de contage est représentée par les individus infectés, et pas seulement les malades (quelle que soit l’espèce en
cause : interdépendance des tuberculoses animales et humaine) et la tuberculose se transmet le plus souvent par voie
respiratoire ou digestive.
Elle s’étend lentement, insidieusement, au sein des effectifs animaux ce qui lui confère un aspect enzootique. Les
explosions sont de mécanisme anazootique.
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Figure 1 : Représentation schématique des principales interrelations des tuberculoses humaines et animales.
BOVINS
BLAIREAU MOUTON
CHEVRE
PORC
CHIEN
HOMME CHAT
CHEVAL
MILIEU
EXTERIEUR
OISEAUX
SINGE
Myc. tuberculosis
Myc. bovis
Myc. avium
PERROQUET
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DIAGNOSTIC
A Diagnostic clinique
B Diagnostic nécropsique
Le diagnostic nécropsique repose sur ’l association de l’atteinte des organes et des ganglions correspondants et
l’observation de la lésion de base : le tubercule.
II DIAGNOSTIC EXPÉRIMENTAL
A Diagnostic histopathologique
Il est fondé sur la recherche de la lésion microscopique fondamentale de la tuberculose ; il ne permet pas, toutefois, de
différencier la tuberculose des autres mycobactérioses.
Il est réalisable à partir de prélèvements effectués sur l’animal vivant (exemp le : après ponction biopsique d’un ganglion
superficiel chez un carnivore). En fait, il est mis en œuvre presque exclusivement à partir de tissus lésés prélevés sur le
cadavre pour préciser le diagnostic.
B Diagnostic bactériologique
Il a pour but de mettre en évidence la mycobactérie en cause, à l’examen microscopique, de l’isoler par culture ou par
inoculation à l’animal de laboratoire sensible, puis de l’identifier au vu de ses caractères culturaux et biochimiques.
1 Prélèvements
Pour la recherche de mycobactéries, il faut se rappeler :
- Que le nombre de bacilles est toujours faible et, par conséquent, un volume suffisant de prélèvements doit parvenir
au laboratoire pour que les chances de succès soient notables.
- Que les écouvillonnages permettent rarement la mise en évidence d’une mycobactérie. Ils doivent être évités autant
que possible et si seule cette technique est réalisable, il faut veiller à ce que l’écouvillon ne se dessèche pas.
- Que la flore associée (saprophyte ou non) sera gênante pour la recherche. Il faut effectuer et conserver le
prélèvement dans les meilleures conditions de stérilité.
- Que l’émission de mycobactéries est souvent discontinue. Il est donc souhaitable de pratiquer plusieurs
prélèvements consécutifs. Un résultat négatif sur un seul prélèvement ne peut permettre d’éliminer la tuberculose.
Les prélèvements biopsiques ou nécropsiques (aussi peu contaminés que possible) sont souvent des prélèvements de
choix, car la recherche de bacille tuberculeux et d’autres mycobactéries y est relativement aisée. Enfin, il ne faut pas
sous-estimer les risques de présence accidentelle de mycobactéries saprophytes dans certains prélèvements comme pus
(surtout abcès ouverts…), sécrétions pharyngées, selles… Sur un cadavre, les prélèvements doivent être réalisés dans
les conditions garantissant l’asepsie, en particulier pour éviter tout risque de contamination par des mycobactéries de
l’environnement.
2 Hiérarchie dans la sensibilité et la rapidité de réponse des examens de diagnostic bactériologique.
Le Tableau III résume les principaux temps de la recherche des mycobactéries, la sensibilité des techniques
correspondantes et les délais de réponse.
Les méthodes d’amplification génique (P.C.R.) sont toujours en phase de mise au point pour le diagnostic de
tuberculose chez les animaux. Elles sont en revanche utilisées en recherche pour la caractérisation moléculaire des
souches déjà isolées, en vue, en particulier, d’une meilleure connaissance épidémiologique.
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Tableau III : Tableau synoptique des divers moyens de mise en évidence de mycobactéries dans un prélèvement.
SENSIBILITE RAPIDITE
Examen bactériologique direct (Ziehl) +/- 3 à 24 H.
1
2 Histopathologie ++ 5 à 7 J.
3 Homogénéis ation + concentration
- Ziehl ++ 24 à 48 H.
4 - Mise en culture sur milieux spéciaux +++ à 10 à 180 J.
(Après décontamination si nécessaire) +++++
5 Inoculation au cobaye - à +++++ 1 à 3 mois
(selon Mycobact
en cause)
C. Diagnostic sérologique
Il a pour but de rechercher les anticorps présents dans le sérum de l’animal tuberculeux.
Différentes réactions sont régulièrement citées par certains auteurs qui les ont utilisées :
- Réaction de fixation du complément mettant en œuvre un antigène préparé à partir de M. paratuberculosis.
- Réaction d’hémagglutination passive de Middlebrook-Dubos reposant sur l’emploi d’une fraction polyosidique du
bacille tuberculeux. Non disponible en France à l’heure actuelle.
- Réaction de kaolinoagglutination de Takahashi utilisant des phosphatides extraits de M. tuberculosis. Non
disponible en France à l’heure actuelle.
- Test ELISA.
Ces réactions peuvent témoigner d’une tuberculose évolutive; mais, compte tenu de leurs défaillances (erreurs par
défaut et par excès), elles devraient être associées et leur interprétation doit toujours être faite avec circonspection.
Leur interprétation demeure extrêmement délicate voire franchement controversée. En pratique, les examens
sérologiques ne sont utilisés que dans le diagnostic de la tuberculose des carnivores en raison des défaillances
fréquentes chez ces espèces du diagnostic allergique (voir chapitre « tuberculose des carnivores »).
D diagnostic allergique
Il est fondé sur la recherche de l’hypersensibilité retardée spécifique qui s’est développée, chez l’animal infecté, à
l’égard du bacille tuberculeux.
L’état d’allergie peut être révélé selon diverses méthodes.
Méthodes de laboratoire :
Test de transformation lymphoblastique (T.T.L.) et test d’inhibition de la migration des macrophages (M.I.F. test).
Expérimentés dans le diagnostic de la tuberculose des carnivores, ils restent des techniques d’exception car
posant de nombreux problèmes de réalisation et d’interprétation.
Le test de transformation lymphoblastique (T.T.L.) a été étudié chez diverses espèces animales (carnivores,
bovins, cervidés). Sa sensibilité paraît très élevée, sans doute de l’ordre de 0,95. Sa spécificité semble
satisfaisante en médecine humaine (utilisation dans le cadre du diagnostic) mais n’a pas véritablement fait
l’objet de recherches suffisantes chez les animaux dans le cadre du dépistage.
Son utilisation est envisagée à grande échelle en Nouvelle-Zélande et en Grande-Bretagne pour la lutte contre la
tuberculose des cervidés. Toutefois, plusieurs éléments en limitent considérablement l’emploi. Le prélèvement
(sang sur anticoagulant) doit parvenir au laboratoire en moins de 24 heures. La haute technicité requise limite le
nombre de prélèvements qui peuvent être traités (5 à 10 prélèvements par technicien et par jour en méthode
manuelle, 100 prélèvements par jour par fluorométrie). Le coût est prohibitif (en moyenne 100 dollars par
prélèvement). Aucun laboratoire (même en médecine humaine) n’utilise actuellement en routine ce diagnostic en
France.
Méthodes réalisables directement par le praticien :
Se résument en deux groupes.
- Méthode fondée sur l’administration de mycobactéries : B.C.G.-test préconisé essentiellement dans le diagnostic de
la tuberculose du chien.
- Méthode fondée sur l’administration d’allergo-haptènes extraits de cultures de bacilles tuberculeux (tuberculine) :
tuberculination. C’est la méthode universellement utilisée pour le dépistage de la tuberculose.
Nous exposerons ici, d’une part, les caractéristiques des tuberculines, et d’autre part, les diverses modalités de
tuberculination.
1 Caractéristiques des tuberculines
16
a) Définition
Une tuberculine est une substance extraite d’une culture de bacille tuberculeux, capable de révéler l’état
d’hypersensibilité retardée (H.S.R.) d’un organisme infecté et ce, à des doses inopérables sur des sujets sains et
incapables de les sensibiliser (il s’agit d’un allergo-haptène).
b) Types de tuberculines
On peut distinguer plusieurs types de tuberculines en fonction de l’espèce bactérienne qui sert pour la préparation :
- tuberculine bovine : à partir de M. bovis ;
- tuberculine humaine : à partir de M. tuberculosis ;
- tuberculine aviaire : à partir de M. avium.
Il est possible de préparer des extraits à partir d’autres mycobactéries : c’est le cas de la Johnine obtenue à partir de M.
paratuberculosis et des diverses « sensitines » préparées à partir des mycobactéries atypiques.
A l’heure actuelle, les tuberculines P.P.D. (« Purified Protein Derivated » ; Dérivé Protéique Purifié) sont les seules
admises en France depuis le 1er mai 1987, sur la recommandation de l'Union Européenne.
c) Propriétés
- Activité : la tuberculine doit permettre de révéler l’état d’H.S.R. lié à l’infection par un bacille tuberculeux. Un
contrôle d’activité est réalisable sur des cobayes (comparaison avec une tuberculine étalon – ubi infra).
- Toxicité : nulle pour un organisme sain, aux doses préconisées. A titre d’exemple, après administration parentérale,
la dose toxique pour un sujet sain est de 1 à 2 Millions d’U.I. pour un bovin, 200.000 U.I. pour un chien, 50 à
100.000 U.I. pour l’Homme ; la dose toxique est abaissée chez le sujet tuberculeux à environ 200.000 U.I. pour un
bovin, 50.000 U.I. chez un chien et 10.000 U.I. chez un Homme 7
?? Pouvoir antigène : faible ;
?? Pouvoir immunigène : nul ;
?? Pouvoir allergène : nul (la tuberculine ne peut provoquer l’état d’H.S.R. ; elle a seulement la propriété de le
révéler) ;
?? Phénomène d’accoutumance : de règle chez les bovins. L’injection d’une dose usuelle par voie intradermique
diminue considérablement, voire peut annuler la réactivité allergique des bovins. Par voie sous-cutanée il faut
des quantités plus élevées (de l’ordre de 1 à 5 ml). Ce phénomène persiste environ un mois.
d) Titrage et contrôle
Le titre des tuberculines est défini par référence (contrôle d’activité sur cobayes) à des tuberculines étalons : étalon
international de tuberculine humaine titrant 100.000 Unités Internationales par ml (U.I. : ml) ou, dans le cas de la
tuberculine bovine, étalon de Tuberculine standard communautaire, dont le titre est exprimé en unités communautaires
de tuberculine par ml (U.C.T. / ml). La tuberculine bovine normale autorisée actuellement en France titre ainsi 20.000
U.C.T. / ml ; elle équivaut (approximativement) à 100.000 U.I. / ml.
La tuberculine aviaire titre 25.000 U.I. / ml.
e) Conservation
La tuberculine doit être conservée au frais, à l’abri de l’air, de la lumière, sous peine de voir son activité diminuer.
2 Diverses modalités de tuberculination
7 La dose moyenne du tuberculine utilisée dans l’intradermo-tuberculination chez l’Homme est de 10 U.I. à 50 U.I. alors qu’elle est chez les bovins de 2.500 à 10.000
U.I. L’injection accidentelle de tuberculine à usage bovin donne lieu chez l’Homme (infecté ou vacciné par le B.C.G.) à des réactions locales et générales parfois
importantes.
17
Le diagnostic de la tuberculose chez l’animal est toujours délicat. Il est marqué par :
- L’insuffisance du diagnostic clinique, liée à la fréquence des formes inapparentes et au polymorphisme clinique
compliqué par l’absence de spécificité des symptômes observés.
- La nécessité d’avoir recours à une méthode expérimentale dont la seule utilisable est souvent, chez l’animal vivant,
la recherche de l’état d’H.S.R. par la tuberculination.
La tuberculination intradermique est largement utilisée comme support du dépistage de l’infection tuberculeuse chez les
bovins.
18
METHODES DE LUTTE
I TRAITEMENT
Chez l’Homme, il repose sur l’administration de médicaments antituberculeux (antibiotiques dont isoniazide,
rifampicine, ethambutol, streptomycine, ethionamide et produits chimiques divers).
Le traitement antituberculeux est efficace chez l’Homme, à condition du respect de 4 règles fondamentales :
?? Il doit comporter au moins deux médicaments auxquels les bacilles sont sensibles : c’est pourquoi, pour limiter les
risques de sélection de souches résistantes, il doit être administré après réalisation d’un antibiogramme, et sur la
base de 3 antibiotiques.
?? Il doit être administré à une posologie suffisante, et de façon régulière.
?? Il doit être maintenu pendant une durée suffisante (18 mois en moyenne), sans aucune interruption.
?? Il s’adresse à des individus au repos et placés en état d’isolement tant que les examens bactériologiques n’ont pas
donné un résultat négatif.
En conséquence, le traitement de la tuberculose animale est une opération hasardeuse et dangereuse qui doit être
proscrite ; tout animal tuberculeux doit être éliminé dans les plus brefs délais. Il est interdit pour les bovins et
déconseillé chez les carnivores.
En médecine vétérinaire, l’utilisation d’antibiotiques majeurs, tels la streptomycine ou l’isoniazide doit être
systématiquement proscrite pour tout animal susceptible d’être tuberculeux. Ce qui revient à dire que l’usage de
ces antibiotiques ne doit être retenu que pour les animaux dont est sûr que leur état ne peut être rattaché à la tuberculose.
II PROPHYLAXIE
En raison de l’impossibilité du recours au traitement, la lutte contre la tuberculose animale ne peut donc reposer que sur
la prévention, qui recourt à différentes méthodes de prophylaxie.
A Prophylaxie médicale
Elle a pour but de rendre les individus résistants à l’infection.
1 Chimioprévention
Elle est systématiquement utilisée chez l’Homme pour les personnes qui ont été exposées à un contact infectieux auprès
d’un malade : c’est pourquoi, la découverte d’un nouveau cas conduit à réaliser une enquête épidémiologique pour
découvrir les « sujets contacts ».
Pour les raisons évoquées précédemment au sujet du traitement, cette mesure ne peut être utilisée chez l’animal.
2 Vaccination
Elle est fondée sur l’administration du B.C.G.
a) Vaccin B.C.G.
Le B.C.G. est une souche de bacille tuberculeux de type bovin, isolée par NOCARD en 1906 d’une mammite
tuberculeuse et modifiée par 230 repiquages successifs sur pomme de terre glycérinée et biliée, par CALMETTE
(Médecin) et GUERIN (Vétérinaire), à l’Institut Pasteur de Lille de 1910 à 1923.
A l’issue de ces passages, la souche a perdu son pouvoir pathogène, mais sa virulence résiduelle est responsable de son
pouvoir immunogène.
b) Vaccination
Chez l’Homme, la vaccination est utilisée dans de nombreux pays (elle est obligatoire chez les enfants avant l’âge de 6
ans depuis 1952), mais d’autres l’ont résolument proscrite. Son efficacité est en effet relative : elle protège 80 pour cent
des personnes vaccinées, et permet d’éviter les formes très graves de méningites tuberculeuse. Son rôle de stimulant de
l’immunité fait considérer sous un jour nouveau son usage en complément des traitements antituberculeux auprès des
sujets aux défenses immunitaires altérées.
En médecine vétérinaire, le B.C.G. a suscité de grands espoirs dans le passé, mais les résultats ont été très insuffisants,
pour trois raisons :
?? La vaccination limite les risques d’infection, mais elle ne supprime pas le risque qu’un animal vacciné puisse
devenir excréteur ;
19
?? Les propriétaires, sachant leurs animaux vaccinés, négligent les prescriptions sanitaires de prévention, favorisant
ainsi, paradoxalement, leur contamination.
?? Il devient impossible de distinguer lors d’un dépistage tuberculinique les animaux vaccinés des animaux infectés.
Chez l’Homme, cet inconvénient est contourné par la mise en œuvre d’examens complémentaires lourds et
coûteux (hospitalisation, prélèvements bactériologiques).
Par conséquent, le recours au B.C.G. entre en conflit avec la prophylaxie sanitaire. C’est pourquoi en médecine
vétérinaire son usage est soit proscrit, soit envisagé seulement dans les conditions particulières de pays connaissant une
forte prévalence de tuberculose et pour lesquels il est impossible d’envisager une prophylaxie sanitaire, pour des raisons
économiques ou organisationnelles, ou bien encore dans des circonstances tout à fait exceptionnelles 8 .
B PROPHYLAXIE SANITAIRE
Elle constitue le fondement de la lutte contre la tuberculose animale (cf. étude spéciale par espèces).
1 Prophylaxie offensive
8 Par exemple : singes de laboratoire, utilisés pour une expérimentation de longue durée, pour lesquels on veut réduire au maximum le risque
d’interférence, en particulier de la tuberculose.
9TOMA B., BENET J.-J., DUFOUR B., ELOIT M., MOUTOU F., SANAA M. – Glossaire d’épidémiologie animale. Editions du Point Vétérinaire,
Maisons-Alfort, 365 p.
20
? ? Abattage total
Cette mesure radicale prend en compte les risques d’échec de la conception précédente. En effet, l’élimination de tous
les animaux, qu’ils soient reconnus infectés ou non, constitue un moyen de garantie absolue de la maîtrise du risque de
persistance de l’infection de façon inapparente chez des animaux infectés n’ayant pas été dépistés.
? ? Désinfection terminale
Une fois le dernier animal marqué éliminé, les locaux doivent faire l’objet d’une désinfection approfondie (bien plus
poussée que les désinfections entreprises dès le début de la reconnaissance de l’infection). Elle commence par un
nettoyage très soigneux, qui à lui seul représente sans doute de l’ordre de 95 pour cent du succès de l’opération. Les
locaux doivent être propres et secs avant l’application d’un désinfectant (la soude doit être exclue). Il faut comp ter au
minimum 15 jours avant la réintroduction d’animaux.
2 Prophylaxie défensive
Elle consiste à prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à un élevage sûrement indemne de le demeurer.
Elle repose sur la maîtrise des facteurs de risque.
a) Maîtrise des flux « intrants »
Il s’agit aussi bien des animaux introduits, que des denrées nécessaires à l’élevage des animaux : ils doivent provenir
d’un élevage reconnu indemne.
b) Maîtrise des risques de voisinage
Il s’agit tout d’abord des risques liés aux relations de « bon voisinage », qui conduisent à échanger des biens, des
services : beaucoup de propriétaires répugnent (à tort) à appliquer des mesures de « contrôle » nécessaire à la maîtrise
de ce risque, car ils considèrent que ce serait ainsi manifester un manque de confiance à l’égard d’une personne qu’ils
tiennent en estime.
Il s’agit aussi des risques liés à la proximité avec un élevage qui peut être infecté, plus particulièrement au pâturage.
c) Maîtrise du risque de résurgence
Dans le cas où un élevage a été reconnu infecté puis assaini, nous avons vu que la sécurité procurée par un abattage
sélectif est bien moindre que celle résultant d’un abattage total. On voit par conséquent que selon les objectifs sanitaires
de l’éleveur, voire de la collectivité des éleveurs de la région, la décision d’un abattage total peut être prise simplement
pour donner le maximum de garantie de maîtrise du risque de résurgence, même si la situation épidémiologique du
foyer ne semblait pas a priori nécessiter une décision aussi drastique.
d) Commentaires
On voit bien que la qualité de maîtrise du statut indemne ne dépend pas que de la bonne volonté de l’éleveur d’un
élevage indemne. Elle dépend aussi :
- de la qualité de lutte dans les foyers de tuberculose, en particulier des mesures de limitation ;
- de la qualité de l’assainissement éventuel d’un élevage, avant qu’il soit à nouveau qualifié indemne.
Pour des raisons d’ordre hygiénique et économique, il est impossible de préconiser chez l’animal une lutte contre la
tuberculose reposant sur le traitement et la prophylaxie médicale.
Le seul moyen permettant d’aboutir à l’éradication de la tuberculose animale est le dépistage précoce de l’infection,
avec élimination rapide des animaux reconnus infectés, (voire de tout l’effectif exposé au risque de contamination),
complété par la prévention contre tout risque d’infection des populations indemnes, à l’aide de mesures mises en œuvre
à la fois dans l’effectif indemne, mais aussi auprès des effectifs reconnus infectés.
21
Tuberculose/Sept. 2001
TUBERCULOSE BOVINE
IMPORTANCE
Economique : Fléau majeur de l'élevage bovin, autrefois dans les pays d'économie développée, actuellement
dans de nombreux pays d'économie en voie de développement.
Exemple : En France, avant 1955, plus de 10 % des bovins et de 20 à 50 % des cheptels selon les départements
étaient tuberculeux. Les pertes annuelles étaient estimées à l'époque à 3 pour cent des productions animales.
Rare actuellement en France, elle constitue malgré tout une préoccupation constante. La taille des élevages,
l'importance des échanges commerciaux en particulier au plan international, les relations entre les élevages sont
autant de facteurs qui expliquent les répercussions en chaîne aux conséquences importantes qui peuvent résulter
de l'infection d'un seul élevage.
En 1998, dans la Nièvre, un élevage de plus de 800 bovins reconnu infecté de tuberculose a subi un
abattage total, et a conduit à mener une enquête épidémiologique dans 36 élevages (dont la
qualification a du être suspendue pendant en moyenne 3 mois) regroupant 6.000 bovins, et à
tuberculiner 3.500 bovins, ce qui a permis de détecter un autre élevage infecté.
Hygiénique : Zoonose majeure.
Selon les statistiques mondiales, la proportion de souches de M. bovis parmi les souches de bacilles tuberculeux
isolées chez l'Homme était de 8 pour cent pour la période de 1896 à 1953 et 4,4 p. cent entre 1954 et 1967. En
Allemagne, où en 1952 environ 40 p. cent des bovins étaient tuberculeux, l’incidence de la tuberculose à bacille
bovin était de 20 p. cent chez les adultes, et de plus de 80 p. cent chez les enfants (SCHLIESSER T.A., 198210 ).
En France, de 1978 à 1985, l'Institut Pasteur de Paris a identifié environ 3 p. cent de souches de M. bovis (autant
de M. avium et 1 p. cent de M. africanum), sur un total d'environ 6 000 souches.
10T.A. SCHLIESSER, 1982 – Situation de la tuberculose animale en République fédérale d’Allemagne (R.F.A.). Bulletin d’information de la
chaire des maladies contagieuses – Numéro spécial Allemagne Fédérale, n° 7, 23-28/
52
Tuberculose/Sept. 2001
PATHOGENIE
CONDITIONS DE L’INFECTION
Elles sont qualitatives et quantitatives :
QUALITATIVES
Espèce de bacille
Ainsi, l’infection par le bacille aviaire détermine des lésions peu étendues, rarement caséifiées, évoluant
rapidement vers la sclérose. Ces lésions sont cependant riches en bacilles : ce désaccord entre le grand nombre
de bacilles et leur action cytopathogène faible serait dû à leur faible toxicité.
Espèce animale
L’espèce intervient dans la sensibilité : par exemple, les petits ruminants sont moins sensibles que les bovins à
M. bovis.
Age
Les lésions sont plus fréquentes et plus graves chez les jeunes ou chez les animaux âgés que chez les adultes.
Etat général
Les facteurs entraînant une diminution de l’état général augmentent la sensibilité au bacille tuberculeux :
carences, sous-alimentation, voire conditions d’élevage intensif.
QUANTITATIVES
Elles tiennent à la dose et à la répétition des doses de bacille.
53
Tuberculose/Sept. 2001
ETAPES DE L’INFECTION
Lorsque toutes les conditions sont réunies, l’infection peut progresser et il est possible de différencier
schématiquement dans le déroulement de la tuberculose deux étapes : étape primaire (primo -infection) et étape
secondaire.
TUBERCULOSE SECONDAIRE
Elle résulte d’une prolifération de proche en proche ; les lésions sont regroupées dans un seul organe :
tuberculose chronique d’organe. Les lésions, le plus souvent caséeuses, peuvent s’ouvrir sur une voie de
drainage (formes ouvertes). Cette forme peut se stabiliser ou se généraliser.
Conséquences : Contagiosité plus ou moins importante parfois irrégulière. Danger des formes ouvertes. Danger
des formes inapparentes, d’expression tardive.
54
Tuberculose/Sept. 2001
La pénétration de bacilles tuberculeux dans un organisme vierge déclenche un processus assez stéréotypé
(primo -infection) défini par le développement d’un complexe primaire : chancre d’inoculation + adénopathie
satellite.
Sur le plan biologique, la primo -infection s’accompagne de l’apparition de deux phénomènes importants :
l’allergie tuberculinique (utilisable pour le diagnostic) et l’immunité tuberculeuse (état de prémunition grâce
auquel l’organisme peut être réfractaire à une nouvelle infection ou à la dissémination de l’infection en cours.
Ce complexe primaire peut ou bien se stabiliser ou bien évoluer vers une généralisation précoce.
Dans le cas où il y a eu stabilisation, on doit toujours redouter chez l’animal le développement a posteriori d’une
tuberculose chronique d’organe ou une généralisation aiguë tardive (tuberculose secondaire).
S’il existe une relation entre allergie et présence ou importance des lésions tuberculeuses, elle n’est que
qualitative, et très approximative. L’évolution de l’allergie suit des modalités très différentes, dont les
répercussions sur le diagnostic sont essentielles.
SYMPTOMES, LESIONS
INCUBATION
Dans des conditions expérimentales sévères : minimum de 3 semaines.
Dans les conditions naturelles : exceptionnellement inférieure à 2 mois.
SYMPTOMES
Symptômes généraux
Peuvent manquer totalement : « tuberculose floride », sans retentissement sur l’état général.
S’ils apparaissent, ils sont communs aux diverses localisations : baisse progressive de l’état général, baisse de
poids, défaut d’engraissement, baisse de sécrétion lactée, oscillations de la température corporelle.
Symptômes locaux
Les localisations pulmonaire (avancée du poumon), intestinale et mammaire correspondent à des formes
ouvertes, très contagieuses. D’autres localisations sont possibles : organes génitaux, séreuses, foie, rate, système
nerveux…
Nous ne les détaillerons pas, en raison de l’absence effective d’intérêt pour la détection de la tuberculose car la
fréquence des manifestations cliniques est faible ; c’est pourquoi la détection repose sur une approche
expérimentale (tuberculination) et épidémiologique.
LESIONS
Cf. cours d’anatomie pathologique et d’HIDAOA.
55
Tuberculose/Sept. 2001
EPIDEMIOLOGIE
I- EPIDEMIOLOGIE DESCRIPTIVE
Elle doit être envisagée à l’échelle du cheptel d’un pays, et d’un élevage particulier.
56
Tuberculose/Sept. 2001
20,0%
15,0% 1965 : 10 %
10,0%
1980 : 1 %
5,0%
0,0%
55
58
61
64
67
70
73
76
79
91
97
82
85
88
94
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
La situation en 1999 (dernières statistiques disponibles) est toute différente. Le cheptel français comporte depuis
de nombreuses années environ 19 à 20 millions de bovins. Le nombre d'élevages est en constante diminution (de
l'ordre de 10 % par an), ce qui fait que le nombre moyen de bovins par élevage est en constante augmentation
(61 pour 1999) ; certes, une telle moyenne n'a pas de signification concrète, en raison de la diversité des types
d'élevages (laitiers, allaitants), des disparités selon les départements, les types d'exploitation, mais elle permet
malgré tout une comparaison au fil des ans : c'est une donnée fondamentale que de constater que le nombre de
bovins par élevage a considérablement augmenté.
57
Tuberculose/Sept. 2001
1,20% 1980 : 1 %
1,00%
0,80%
0,60%
0,40%
1994 : 0,1 %
0,20%
0,00%
80
82
84
86
88
90
92
94
96
19
19
19
19
19
19
19
19
19
En 1999, le nombre d'élevages atteints de tuberculose est réduit : la prévalence annuelle est de 238 (soit un
pourcentage de 0,073 %), la prévalence résiduelle au 31/12 de 80 (0,025 %) ; l'incidence n'est que de 120 (0,037
%). L'écart est véritablement considérable par rapport à la situation du début de la lutte.
Répartition géographique
La situation par départements permet de se faire une idée plus précise que par la situation moyenne nationale (cf.
Tableau V).
Tableau V: Distribution du nombre de départements par classe de pourcentage de prévalence annuelle de
la tuberculose bovine en France en 1999. (p. m. = pour mille).
Prévalence Département Elevages infectés Effectifs % cumulé
% Nombre Nombre % cumul Elevages Animaux
0 35 0 0 26.8 26.2
< 1 p. m. 39 80 33,6 83.6 86.6
1 à 5 p. m. 16 85 69 98 98,9
0,5 à 1 % 2 31 82 99,7 99,8
>1% 4 42 100 100 100
Total 96 238
Plus d’un département sur trois (35) a une prévalence nulle : ils regroupent un quart environ du cheptel (élevages
ou animaux). 39 autres départements ont une situation également très favorable (prévalence de cheptels infectés
inférieure à 1 pour mille) : leur contribution à la bonne situation nationale est importante, puisqu'on peut alors
considérer que 5 élevages sur 6 (ou bovins) sont dans cette situation. Un troisième groupe de départements
connaît une situation intermédiaire (entre 1 et 5 p. m.) et représente moins de 15 % du cheptel national (pour
environ 25 % en 1998). Les deux derniers groupes (entre 5 p. m. et 1 % et > 1 %) ne représentent qu'une
proportion négligeable du cheptel national. On le voit, si la situation globale est très favorable, on doit constater
des disparités régionales, qui devraient nécessiter la mise en œuvre de mesures adaptées aux conditions locales
(…qu'un vétérinaire praticien se doit de connaître au préalable au début de son activité professionnelle).
Cette disparité géographique est en effet localisée (cf. Figure 4). Il faut tout d'abord souligner qu'il est difficile de
se faire une telle idée sur la base des données d'une seule année, en raison justement du faible nombre d'élevages
atteints de tuberculose, ce qui provoque des fluctuations importantes des pourcentages de prévalence d'une année
sur l'autre au regard des seuils relativement bas que l'on est amené à considérer pour ce type de description.
Toutefois, on peut considérer très approximativement deux zones, selon une ligne qui passe par Bordeaux et
Annecy : au nord, la proportion de départements de prévalence nulle ou inférieure à 1 p. mille est notablement
plus élevée qu'au sud. Cette distribution géographique, qui a toujours été perceptible, est en train de s’estomper :
en effet, de nombreux départements de cette zone sud ont considérablement amélioré leur situation sanitaire tout
récemment, révélant ainsi l’efficacité des mesures nouvelles.
58
Tuberculose/Sept. 2001
Non seulement la France a bénéficié du statut de « Pays indemne » du fait de l’application de la réglementation
européenne, mais sur un plan strictement épidémiologique, on voit bien l’accélération du processus qui devrait
conduire très prochainement à une éradication véritable, qui était visée par le plan de lutte entrepris en 1954.
Taux d’atteinte
Toutes les valeurs sont possibles.
Les taux faibles correspondent à des situations où la maladie se propage lentement, du fait des caractéristiques
cliniques des animaux atteints, ou des modalités de propagation résultant des conditions d’élevage (cf. infra,
épidémiologie analytique et synthétique).
Les taux élevés au contraire correspondent à un risque élevé d’excrétion (source active), ainsi qu’à des
circonstances qui facilitent la propagation par la multiplicité des contacts.
Il est difficile de se faire une idée précise d’ordre moyen, en raison de l’hétérogénéité de l’élevage français et de
la diversité des situations épidémiologiques. Le pourcentage de prévalence dans un élevage peut
vraisemblablement se situer dans une fourchette comprise en 5 et 30 %, tout en n’excluant pas n’importe quelle
autre valeur en dehors de ces limites.
59
Tuberculose/Sept. 2001
Une question importante concerne la possibilité de détection d’animaux réellement tuberculeux. Les statistiques
d’épidémiologie descriptive devraient donner une information utile à ce sujet (cf.. VI).
Tableau VI : Bilan des dépistages de la tuberculose bovine (France, 1999)
Lésions Pas de lésion Total
Réagissants 351 (40 %) 532 883
Non réagissants 222 (5 %) 4 557 4 779
En 1999, sur 883 bovins détectés par tuberculination, 351 étaient porteurs de lésions tuberculeuses, soit environ
40 %. Autrement dit, dans des cheptels tuberculeux, il n’est pas surprenant qu’une majorité de bovins
réagissants ne soient pas trouvés porteurs de lésion tuberculeuse à l’abattoir.
Dans certains cheptels infectés, un total de 4 779 bovins qui n’avaient pas réagi positivement au dépistage par
tuberculination ont été marqués et éliminés (comme « contaminés » dans le cadre d’une procédure d’abattage
total5 ) : 222 ont été trouvés porteurs de lésions, soit 5 %. Autrement dit, dans des cheptels reconnus tuberculeux,
on peut s’attendre à ce que 5 % des bovins n’ayant pas réagi au dépistage tuberculinique soient trouvés porteurs
de lésions tuberculeuses.
Il n’est pas possible d’exploiter davantage ce type de données, car l’information relative au contexte
épidémiologique des cheptels n’est pas accessible dans les statistiques nationales.
EPIDEMIOLOGIE ANALYTIQUE
N.B. : Les formes cliniques les plus dangereuses sont : tuberculose avancée du poumon, tuberculose intestinale,
tuberculose de l’utérus et tuberculose de la mamelle. Ces formes sont déclarées « réputées contagieuses » par le
législateur en France. La possibilité d’une localisation génitale chez le mâle ou d’excrétion génitale du bacille
tuberculeux impose également un contrôle des taureaux utilisés en insémination artificielle ou pour la monte
publique. Enfin, en raison de l’excrétion possible de bacille tuberculeux dans le lait (même en l’absence de
lésion mammaire), la vente de lait cru pour la consommation humaine est conditionnée par l’absence d’infection
tuberculeuse dans le cheptel bovin.
NB : Tenir compte de la résistance du bacille tuberculeux à la soude pour la désinfection des locaux d’élevage.
EPIDÉMIOLOGIE SYNTHETIQUE
A L’ÉCHELON DE L’ELEVAGE
Origine de l’infection
Il existe trois facteurs de risque d’infection d’un élevage (Figure 5) :
5 à cette époque non encore obligatoire, et utilisée seulement dans les élevages reconnus profondément infectés.
60
Tuberculose/Sept. 2001
INTRODUCTION
VOISINAGE
Incidence
ELEVAGE INDEMNE
Assainissement
Un élevage qui a été infecté de tuberculose court un risque certain de récidive. On peut ainsi estimer le risque
potentiel de persistance de l’infection tuberculeuse dans un élevage tuberculeux, en fonction du nombre total de
bovins détectés, ou si l’on préfère du nombre total de bovins tuberculeux, estimés d’après le nombre de
réagissants. Pour qu’un cheptel soit assaini, il faut que TOUS les bovins réellement infectés soient éliminés, ce
qui correspond au cumul des probabilités de détection de chacun des individus infectés (cf. Tableau VIII).
Tableau VIII : Probabilité d’assainissement d’un cheptel infecté de tuberculose et risque de persistance de
l’infection en fonction du nombre de bovins réellement tuberculeux dans un élevage (sensibilité = 0,85).
Nombre de bovins infectés 5 10 15 20
n 0,44 0,20 0,09 0,04
Probabilité d’élimination de tous les bovins infectés (Se )
0,56 0,80 0,91 0,96
Risque de persistance de l’infection (1 - Sen )
Conséquence : Pour être efficace, la lutte doit porter avec une égale intensité, une égale exhaustivité sur chacun
des trois facteurs de risque, et n’en négliger aucun.
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Tuberculose/Sept. 2001
A L’ÉCHELON NATIONAL
Répartition géographique
La distribution géographique de la tuberculose (cf épidémiologie descriptive) coïncide avec la répartition des
départements selon leur volonté d’engagement dans le plan de lutte en 1965 : la zone sud-est s’est engagée bien
après les autres secteurs. Cette différence de résultat pourrait donc s’expliquer par le retard pris dans
l’avancement de la lutte.
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Tuberculose/Sept. 2001
DIAGNOSTIC
DIAGNOSTIC EXPERIMENTAL
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Tuberculose/Sept. 2001
6 Explique le délai de rédhibition fixé dans la tuberculose bovine (ubi infra) : au delà de 15 jours on ne peut plus affirmer si l’animal a été
contaminé chez le vendeur ou chez l’acheteur.
7 Explique pourquoi seules 2 tuberculinations effectuées à 6 mois minimum d’intervalle permettaient de certifier qu’un troupeau était
indemne de tuberculose (selon la réglementation française en vigueur jusqu’en 1999), «au risque biologique près », ce qui voulait dire que
le risque d’erreur par non détection de l’état d’infection par cette procédure était suffisamment faible pour qu’il fût possible d’en faire une
règle générale et de permettre de délivrer les attestations officielles correspondantes, mais que ce risque, par définition non nul, devait
être pris en compte dans certaines situations.
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Tuberculose/Sept. 2001
La durée de l’allergie est très variable, en fonction des conditions d’infection et de la réaction de l’hôte. Si elle
peut persister longtemps (plusieurs années), elle peut aussi être raccourcie à quelques semaines dans le cas d’une
évolution rapide.
Conséquence : Importance pour le choix des méthodes de dépistage allergique et l’interprétation des résultats
aussi bien positifs que négatifs, et les décisions qui en résultent.
Anergie
L’allergie peut faire totalement défaut (Figure 6, stade 6), quelle que soit la modalité d’évolution, et selon un
déterminisme non connu. Ce phénomène concerne une proportion très limitée des individus (sans doute de
l’ordre de 1 à 5 %), mais doit systématiquement être pris en compte dans les décisions relatives à la lutte contre
la tuberculose.
Principe :
Consiste à injecter dans l’épaisseur du derme de l’encolure une certaine quantité de tuberculine et à apprécier, au
bout de 72 heures, la réaction obtenue au point d’inoculation.
Selon le titre de tuberculine utilisée on doit distinguer :
- L’I.D.S. réalisé avec la tuberculine bovine Normale
- L’I.D.S. réalisé avec la tuberculine bovine Forte (plus fortement dosée), dont l’usage devrait
progressivement disparaître en raison des modifications réglementaires.
Réalisation
Matériel
Tuberculine bovine P.P.D. (titre : 20.000 UCT/ml)
Seringue à tuberculine (munie d’un dispositif de réglage permettant un dosage précis et d’une aiguille prévue
pour assurer une pénétration complète et strictement intradermique du liquide).
Ciseaux courbes destinés à couper les poils afin de repérer le point d’injection.
Eventuellement, un cutimètre (compas d’épaisseur) pour la mesure du pli de la peau au point d’injection (cf
Photo 1).
65
Tuberculose/Sept. 2001
Lieu d’injection
Situé au tiers moyen d’une des faces de l’encolure et approximativement à égale distance des bords supérieur et
inférieur de celle-ci (Figure 7).
66
Tuberculose/Sept. 2001
L’utilisation d’autres lieux (épaule ou pli sous caudal) n’est pas autorisée en France. Leur sensibilité est en
effet moins élevée que celle de l’encolure : de 80 à 95 % de celle-ci selon les auteurs. Pour le pli sous-caudal, la
spécificité est meilleure si l’on écarte toutefois les risques de contamination par les bouses : cette zone
d’injection est très largement en usage dans de nombreux pays pour le contrôle des cheptels indemnes ; en
revanche, seule l’encolure est ensuite utilisée pour le dépistage des animaux infectés dans les troupeaux infectés.
L’intégrité du lieu d’injection (encolure) doit être préservée, et il est rappelé que toutes les injections
médicamenteuses doivent être pratiquées à un autre endroit, par exemple au fanon, à l’épaule.
Mode opératoire
- Repérage préalable du lieu d’injection : Vérification préalable de l’absence de grosseur, de lésion quelle
qu’elle soit pouvant fausser le diagnostic (tonte aux ciseaux, à la tondeuse de préférence au rasage, plus
irritant), voire impacts de couleur (bombe au violet de gentiane sur robe blanche, peinture claire sur robe
noire).
- Mensuration du pli cutané (cutimètre) : dans le cas où l’on désire réaliser une appréciation quantitative de
la réaction (ubi infra).
- Quantité de tuberculine à injecter : 0,1 ml (éviter la présence de bulle d’air).
- Injection strictement intradermique : elle doit être tangentielle ; lente pour ne pas être traumatique ;
l’injection du volume doit être obtenue en une seule fois et par pression continue ; aucune évasion ou rejet
de liquide, même minime ne doit se produire ; nécessité de laisser l’aiguille le temps nécessaire à
l’infiltration totale de la tuberculine dans le derme ; noter aussitôt la formation d’une vésicule de la grosseur
d’un pois.
Lecture
Dans les heures qui suivent la 72ème heure (soit pratiquement le 3ème jour qui suit celui de l’injection). S’il est
impossible de lire à ce moment, il vaut mieux retarder l’instant de la lecture plutôt que l’avancer : à 48 heures, la
réaction est plus faible qu’après 72 heures (Figure 9), et les réactions non spécifiques peuvent encore persister ;
en revanche, à 92 heures par exemple, la réaction est soit la même, soit seulement légèrement plus faible.
67
Tuberculose/Sept. 2001
Réaction observée
L’injection ainsi pratiquée entraîne chez le bovin tuberculeux une réaction locale ;
Elle est tardive (débute au bout de 24 à 48 heures), progressive (atteint son maximum vers 72 heures) et
durable (persiste plusieurs jours et s’estompe progressivement en une huitaine de jours (cf. figure 8).
- C’est une réaction inflammatoire.
Tuméfaction circulaire ou elliptique étendue parfois sur plusieurs cm de diamètre : correspond à un
œdème de la peau associé à un œdème sous-cutané.
Douloureuse, chaude et rouge (visible si la peau est dépigmentée).
Peut laisser suinter, au centre, un exsudat qui se dessèche en croûte, et autour se forme une zone
hémorragique rouge-noirâtre ou une zone de nécrose de 1 mm à 1 cm de diamètre. Ces lésions laissent
place en quelques jours à un escarre noirâtre qui s’élimine en laissant une cicatrice glabre.
Avec participation éventuelle du système lymphatique, marquée par une lymphanite tronculaire
(trainée sinueuse avec hérissement des poils, reliant la zone réactionnelle au ganglion voisin) et par une
adénite des ganglions préscapulaires.
Tels sont les signes pouvant apparaître au point d’injection de la tuberculine. Bien évidemment, ils ne sont pas
toujours aussi accentués ou constants et cela pose des problèmes de lecture.
Remarque : Les caractéristiques cliniques de la réaction tuberculinique sont les mêmes tant pour les bovins
infectés par M. bovis et tuberculinés à la tuberculine bovine, qu’en cas d’infection par une mycobactérie atypique
pathogène (par exemple M. paratuberculosis) et utilisation de la tuberculine aviaire.
Résultats)
- Résultat positif
?? Lecture subjective : observation de signes cliniques d’ordre inflammatoire tels que, œdème, exsudation,
nécrose, douleur ou réaction inflammatoire des vaisseaux et des ganglions lymphatiques de la région.
68
Tuberculose/Sept. 2001
exsudation, nécrose, douleur ou réaction inflammatoire des vaisseaux et des ganglions lymphatiques
régionaux.
- La réaction est considérée comme douteuse lorsque les signes observés ne permettent pas de se prononcer
dans un sens ou dans l’autre, ou lorsque l’augmentation d’épaisseur du pli cutané est supérieure à 2 mm, et
inférieur à 4 mm.
Figure 9 : Lecture de la réaction par mensuration du pli cutané.
Avantages
- Facile à exécuter et peu coûteuse.
- Inoffensive (absence de réaction focale, sauf exceptionnellement sur certains bovins hyperergiques).
- Non sensibilisante (possibilité de renouveler l’injection).
Tableau IX: Sensibilité et spécificité de la tuberculination simple, selon les unités épidémiologiques
animaux et élevages.
IDS Animaux Cheptels
Conditions expérimentales : 0,95
Conditions courantes très favorables 0,90
: ?1
SENSIBILITE
Conditions courantes ordinaires : 0,80
Elevage anciennement infecté : 0,50 à
0,70
Exemples de spécificité cheptel pour deux
Région sans risque particulier : 0,98 à tailles de cheptel (10 et 58 bovins) et selon
SPECIFICITE 0,998 deux valeurs de spécificité animaux
«Quelques réactions » 0,95 Sp. animaux 10 58
« Il y a un problème » 0,90 Pour 0,998 0,98 0,89
Elevage infecté par une 0,6 à
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Tuberculose/Sept. 2001
Sp. = spécificité
Inconvénients
- La lecture subjective des réactions est devenue de moins en moins fiable, par la fréquence actuelle des
réactions faibles, douteuses en milieu infecté, que l’on ne peut cliniquement distinguer de réactions non
spécifiques.
Dans ce contexte, le recours au cutimètre est indispensable, car il permet une objectivation indépendante de
l’observateur. Il faut malgré tout tenir compte de la variabilité importante des mesures (la précision est de
l’ordre de 1 millimètre, en plus ou en moins) tandis que l’appareil est précis au 1/10ème de mm près, donnant
l’illusion d’une grande précision. Pour l’interprétation il ne faut surtout pas considérer le résultat comme
équivalent à une conclusion sur l’état de l’animal.
- L’I.D.S. provoque une baisse importante de réactivité des animaux sensibilisés, nécessitant impérativement
le respect d’un délai d’attente de 40 jours avant de pouvoir effectuer une nouvelle I.D.S.
- Selon le contexte épidémiologique, les défauts de sensibilité (= réactions négatives par défaut), ou de
spécificité (= réactions positives par excès) d’ordinaire tout à fait négligeables, peuvent prendre une
importance considérable.
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Tuberculose/Sept. 2001
Il faut attirer l’attention sur le fait que l’absence de lésion à l’abattoir sur un animal ayant fourni une
réponse positive ne doit pas être considérée systématiquement comme une erreur par excès du
diagnostic allergique. Compte tenu des modalités pratiques d’inspection à l’abattoir, des lésions
minimes peuvent facilement échapper aux investigations.
- Origine des erreurs par excès :
?? Absence de lésion visible sur un bovin réellement tuberculeux (pseudo-erreur) : infection récente avec
lésions encore peu développées, infection ancienne très tôt stabilisée, infection par M. tuberculosis ou M.
avium qui peuvent n’entraîner que des lésions discrètes et régressives.
?? Fausse réaction ne mettant pas en cause la tuberculination : interprétation abusive d’une réaction
négative, réaction septique, réaction liée à une tentative frauduleuse, abattage de convenance, abattage total
(absence de réactions, marquage des animaux), lecture trop précoce.
?? Défaillance vraie : réaction paraspécifique consécutive à la sensibilisation de l’organisme par une autre
mycobactérie :
- Paratuberculose ou vaccination contre cette maladie,
- Infection à M. avium,
- Thélite nodulaire, dermatite nodulaire,…
- Transit dans l’organisme de mycobactéries saprophytes présentes dans l’eau, le fourrage, la terre…et
parfois transportées par certaines larves de parasites pendant leur migration dans les tissus (douve,
hypodermose…).
- Fréquence de ces erreurs par excès : difficile à estimer.
Diverses observations réalisées en France dans des clientèles où la tuberculose était absente permettent de penser
que la spécificité individuelle (cf. Tableau ):
?? en « moyenne », est de l’ordre de 0,95 - 0,98 à 0,999 selon les régions,
?? mais les conditions épidémiologiques locales peuvent fortement altérer cette valeur. Ainsi, dans une
clientèle fortement atteinte par la thélite nodulaire tuberculoïde de la vache, la spécificité est plus faible
(0,90). Plus ponctuellement, dans des cheptels indemnes de tuberculose, infectés par une mycobactérie autre
que M. bovis, la spécificité peut ne plus être que de l’ordre de 0,60 à 0,80.
Dans le cadre du dépistage, on doit considérer l’unité cheptel. En effet, pour qu’un cheptel donne un résultat
favorable, il faut que tous les bovins donnent un résultat négatif, ce qui correspond à une probabilité cumulée
selon le nombre d’animaux tuberculinés, soit Sp n . Cette spécificité cheptel peut ainsi varier de façon
considérable, à la fois selon le contexte épidémiologique et selon la taille du troupeau. Par exemple, pour un
cheptel de taille moyenne de 58 bovins, la spécificité cheptel est de 0,94 pour une spécificité individuelle de
0,999, et de 0,89 pour une spécificité individuelle de 0,998.. Ce qui conduit également au constat qu’à spécificité
individuelle donnée et supposée constante dans une région, la spécificité cheptel n’a pu que se dégrader au fil du
temps, par le simple jeu de l’augmentation de la taille du cheptel. Le Tableau compare les résultats pour un
cheptel de taille moyenne de 10 bovins (début de la prophylaxie) et de 58 bovins (taille moyenne en 1998).
- Solutions :
?? Il convient tout d’abord de tenir compte du contexte épidémiologique : la rigueur s’impose dans le cas de
facteurs de risque de tuberculose.
?? En l’absence (dûment vérifiée) de ces facteurs, on pourra rechercher des signes indicateurs de réactions
paraspécifiques, en procédant à l’examen clinique des animaux (recherche de thélite nodulaire…) et à la
recherche de commémoratifs concernant l’environnement des animaux : présence d’oiseaux tuberculeux,
vaccination contre la paratuberculose…En outre, il s’agit en général de réactions de faible intensité,
transitoires.
?? De toute façon, le recours à l’IDC facilite grandement l’interprétation.
En résumé :
1. L’interprétation de l’IDS ne peut se résumer à son résultat :
« Réaction positive » n’est pas synonyme de « animal tuberculeux »
L’interprétation résulte de l’application d’une grille de décision, qui intègre non seulement le résultat,
mais aussi d’autres informations.
L’[Link] + GRILLE DE DECISION INTERPRETATION
2. D.S. fournit d’excellent résultats dans le dépistage des CHEPTELS tuberculeux. En raison des risques
d’erreurs analysés précédemment, il faut tenir compte à la fois :
- De la qualité des conditions techniques.
- De la situation épidémiologique du troupeau : plus grande sévérité d’interprétation en milieu infecté,
ou à risque élevé (introduction de bovins non contrôlée).
- De l’état clinique des animaux (pour éviter de méconnaître un animal en état d’anergie).
- Des moyens complémentaires disponibles : I.D.C.
71
Tuberculose/Sept. 2001
3. Ainsi, il est évident que si l’acte de l’injection de tuberculine peut paraître facile, l’interprétation en
fait un acte professionnel vétérinaire réclamant une qualification élevée.
Principe
Il consiste à comparer la réaction présentée par l’animal à une injection de tuberculine bovine, à celle présentée
à une injection de tuberculine aviaire pratiquée simultanément.
En raison d’une parenté plus grande de M. avium avec M. johnei et diverses mycobactéries atypiques qu’avec les
bacilles tuberculeux bovin et humain, les mycobactérioses non spécifiques comme l’infection à M. johnei ou
avium s’exprimeront de façon plus intense par l’épreuve de la tuberculine aviaire.
Réalisation
Réactifs et matériel
- Tuberculines :
?? Tuberculine bovine P.P.D. normale 20.000 UCT/ml
?? Tuberculine aviaire P.P.D. titrant 25.000 U.I./ml.
La tuberculine forte est totalement proscrite pour l’I.D.C.
- Matériel
Ciseaux, cutimètre ; disposer en outre de deux seringues destinées l’une à la tuberculose bovine, l’autre à la
tuberculine aviaire.
Lieux d’injection
Face latérale de l’encolure, tonte préalable (avec ciseaux) des lieux d’injection (Figure 10).
Mode opératoire
Pratiquer sur la même face de l’encolure, en deux points distants de 10 à 15 cm, après mensuration de l’épaisseur
du pli cutané, une injection de 0.1 ml de tuberculine bovine en un point (milieu de l’encolure) et une injection de
même quantité de tuberculine aviaire en l’autre (en avant du précédent).
Lecture
- Dans les heures qui suivent la 72ème heure.
- Nouvelle mensuration, en chaque point, du pli cutané (cutimètre tenu horizontalement) :
B : épaississement du pli cutané en mm au lieu d’injection de la tuberculine bovine.
A : épaississement au lieu d’injection de la tuberculine aviaire.
- Comparaison des résultats obtenus.
72
Tuberculose/Sept. 2001
Interprétation
Aide à l’interprétation : L’interprétation est facilitée par une représentation graphique dont les axes portent
conventionnellement, pour les abscisses les épaississements à la tuberculine bovine (B ou DB) et pour les
ordonnées les épaississements à la tuberculine aviaire (A ou DA). Les seuils sont ceux définis par la C.E.E. (2
droites, y = x-1 et y = x-4) : secteur supérieur = résultat négatif ; inférieur = positif ; intermédiaire = douteux.
Interprétation : seulement à l’échelon du cheptel : la dispersion du nuage de points sur l’un ou l’autre des
secteurs permet de conclure (cf.. Figure 11 et Figure 12).
En cas de doute, on renouvelle l’I.D.C. (6 semaines plus tard), et l’interprétation résulte de la comparaison des
deux graphiques : les réactions spécifiques sont plus stables que les non spécifiques (cf. Figure 13) .
Commentaire : Un bovin infecté par une mycobactérie autre que M. bovis pourra donner au cours du temps des
réactions tuberculiniques différentes et paradoxales. En L1 , seule la réponse à la tuberculine bovine sera décelée.
Quelques semaines plus tard, une I.D.C. de contrôle effectuée en L2 montrerait des réactions voisines pour les
deux tuberculines. Enfin, en L3 , la réaction à la tuberculine aviaire est pleinement installée, tandis que la
réactivité à la tuberculine bovine a pratiquement disparu.
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Tuberculose/Sept. 2001
Figure 11 : Représentation graphique des résultats Figure 12 : Représentation graphique des résultats
obtenus avec l’I.D.C. dans un cheptel atteint de obtenus avec l’I.D.C. dans un cheptel atteint de
tuberculose. paratuberculose.
DB = épaississement à la tuberculine bovine DA = épaississement à la tuberculine aviaire.
Figure 13 : Cinétique du développement des réactivités spécifique (2) et non spécifique (1) au cours du temps.
L’interprétation doit tenir compte des résultats d’ensemble obtenus au sein du troupeau ainsi que des
considérations cliniques et épidémiologiques qui ont motivé l’emploi de ce test ; tout spécialement pour les
réactions douteuses.
Il est impossible d’interpréter le résultat d’UN bovin (pris isolément, indépendamment du contexte de son
cheptel). Il n’est en particulier pas possible d’espérer distinguer dans un cheptel reconnu tuberculeux, les bovins
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Tuberculose/Sept. 2001
qui seraient réellement tuberculeux de ceux qui ne seraient pas infectés. Il n’en est pas de même pour les
animaux achetés, puisque le résultat relatif à l’animal est interprété dans le contexte du cheptel d’origine.
Valeur
Méthode de bien plus faible sensibilité que l’I.D.S. (= 0,50 à 0,64), compensée par une plus grande spécificité
(0,98 à 0,996) à comparer avec les valeurs de l’I.D.S. (cf. Tableau IX).
Néanmoins est plus coûteuse, plus longue : doit être réservée à des circonstances particulières, en particulier
chaque fois que l’on doute de la spécificité de la réaction obtenue avec l’une des précédentes méthodes. Cette
méthode est de plus en plus employée, d’autant qu’elle n’est plus soumise à l’autorisation du D.S.V. comme
autrefois.
DEPISTAGE
Le dépistage de la tuberculose bovine associe différentes méthodes :
?? Tuberculination des cheptels,
?? Inspection des carcasses à l’abattoir,
?? Contrôle préalable à l’introduction d’un bovin dans un cheptel indemne,
?? Enquête épidémiologique.
Il est indispensable d’en comparer les caractéristiques, afin de pouvoir en apprécier l’efficacité relative dans la
lutte.
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Tuberculose/Sept. 2001
Les particularités sont présentées dans le Tableau XI, selon une approche épidémiologique : population, temps,
espace….
Tableau XI : Particularités des méthodes de dépistage de la tuberculose bovine en France.
IDS Abattoir Introduction Enquête
épidémiologique
Tous animaux Boucherie / réforme Vendus : qualité Lien avec cheptel
Population zootechnique. infecté.
? âge Age > Age < ? âge
Répété 1 seule fois > 1 fois Selon besoin
Temps Ponctuel Continu Sporadique Selon besoin
Espace Elevage ? Elevage ? Elevage Elevage
En ce qui concerne la population, les questions se posent de savoir quels sont les animaux concernés, leur âge, et
s’ils subissent l’examen une ou plusieurs fois. Pour le temps, est-ce que le dépistage a lieu à un moment donné
(ponctuel), à n’importe quel moment, mais de façon soit continue, soit sporadique. Enfin, le dépistage a-t-il lieu
dans l’élevage, auquel cas, il est possible d’associer des informations qui y sont directement collectées pour aider
à l’interprétation, ou au contraire en dehors de l’élevage.
Les modalités de dépistage sont différentes sur les différents points passés en revue. On peut considérer qu’elles
se complètent. Mais on peut difficilement imaginer qu’une seule puisse remplacer toutes les autres, sans que ce
choix ne fasse l’objet d’une mûre réflexion.
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Tuberculose/Sept. 2001
On le voit, il n’y a ni UNE méthode qui cumule suffisamment de qualités, ni même un système qui serait fondé
sur la complémentarité des différentes méthodes, qui puisse suffire à assurer le succès d’un plan de lutte. Le
dépistage n’est donc qu’une approche, il faut d’autres conceptions pour que la lutte atteigne ses objectifs.
PROPHYLAXIE SANITAIRE
Dans la lutte contre la tuberculose bovine, seule la prophylaxie sanitaire est utilisée, tout au moins dans les pays
faiblement infectés. Un plan de lutte bien construit doit s’appuyer sur un ensemble cohérent de mesures
défensives et offensives.
MESURES DEFENSIVES
Elles visent la protection des effectifs indemnes et la certification de leur qualité.
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Tuberculose/Sept. 2001
78
Tuberculose/Sept. 2001
Cette surveillance cherche à vérifier que chaque élevage individuellement est bien toujours indemne : la visite
annuelle est la seule à donner cette assurance, car elle permet l’accès à tous les animaux de tous les cheptels, et
cela selon un rythme qui est compatible avec la vitesse de propagation de la tuberculose.
Le rythme peut en être allégé en fonction des résultats de la surveillance de la région (voir plus loin).
Elle doit comporter : 1/ une tuberculination effectuée sur tous les bovins ; 2/ une vérification de réalisation
effective des mesures de contrôle à l’introduction.
L’information relative au résultat de la visite (favorable ou non) doit être transmise au responsable de la gestion
du plan de lutte soit pour qu’il délivre l’attestation attendue, soit pour qu’il ordonne et suive les mesures visant à
permettre à l’élevage de redevenir indemne.
Sanction
La procédure de qualification nécessite au moins deux visites : compte tenu du délai d’incubation et des
défaillances de la tuberculination , il faut au moins un délai suffisant (6 mois à un an) entre chacune d’elles pour
que l’état indemne puisse être attesté avec une fiabilité suffisante.
Le maintien de la qualification découle du résultat favorable des visites de contrôle ultérieures.
L’attestation correspondante a une validité a priori d’un an, délai séparant deux visites.
En cas de découverte d’incident (visite ou abattoir), la qualification est retirée, et des mesures visant soit à
vérifier la nature de l’incident, soit à restaurer le cas échéant un état favorable à l’élevage sont entreprises. La
mise en évidence d’incidents éventuels est facilitée dans les élevages de grande taille, elle est bien plus difficile
pour les élevages de petite taille. Autrement dit, on voit que l’attestation n’a pas la même valeur a priori selon le
type d’élevages. Pourtant, globalement cet écart ne porte pas préjudice à l’efficacité du plan de lutte.
Sanction
Selon la valeur des indicateurs épidémiologiques pertinents (comme le pourcentage de cheptels infectés de
tuberculose et / ou le pourcentage de cheptels qualifiés) il est possible de qualifier une région « indemne de
tuberculose ». Par principe, les élevages qui en font partie, sous réserve de respecter la maîtrise des risques à
l’introduction, peuvent être eux-mêmes qualifiés indemnes.
Ce système n’a pas la même acuité que le précédent, dans lequel chaque élevage est contrôlé. Du fait de
l’allégement des mesures de contrôle, il repose en effet pour une bonne part sur l’équivalent d’une absence
d’information défavorable, selon laquelle on peut postuler que « dans ces conditions, la situation est favorable ».
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Tuberculose/Sept. 2001
Mais, grâce à la surveillance des incidents, il apporte également une information sur la qualité de maîtrise des
risques de tuberculose, qui permet le retrait de la qualification.
En fait, l’engagement de l’éleveur à respecter les mesures de protection prescrites constitue l’information
complémentaire qui vient compenser le déficit d’information au niveau de l’élevage. La menace de la perte de la
qualification en cas de non respect des mesures de protection représente l’argument contributif nécessaire.
MESURES OFFENSIVES
Elles sont fondées sur le dépistage et l’assainissement des élevages bovins tuberculeux, assortis d’une
désinfection et d’un aménagement hygiénique des étables.
Autrefois, ces mesures constituaient la base des plans de lutte. Aujourd’hui, elles constituent une résultante du
plan de surveillance des cheptels indemnes, ce qui nécessite une adaptation.
Contrôles à l’introduction
L’instauration de cette mesure de protection de l’élevage acheteur fournit également une information sur
l’élevage vendeur dans le cadre du dépistage, d’autant plus que la rigueur de l’examen est conditionnée par la
prudence de l’acheteur. Le risque d’erreur par excès est plus important avec cette source d’information.
Enquête épidémiologique
En définitive, la découverte d’un foyer de tuberculose risque fort d’être réalisée dans des conditions telles que
d’autres élevages ont déjà pu être contaminés. C’est pourquoi il faut une enquête épidémiologique approfondie,
en amont et en aval, à partir de ce foyer. Elle doit viser à vérifier non seulement d’état sanitaire attesté par les
tuberculinations, mais aussi l’état des facteurs de risque, non seulement vis -à-vis du facteur de risque majeur
identifié, l’élevage reconnu infecté, mais aussi par rapport à la bonne application des mesures de protection en
général.
Conséquences : A terme, la contribution la plus efficace au dépistage de cheptels infectés résultera de
l’enquête épidémiologique, après détection (tardive) d’un foyer par les autres méthodes.
ASSAINISSEMENT
Il doit viser tous les animaux des espèces sensibles et passe obligatoirement par l’élimination des animaux
infectés.
Plusieurs méthodes ont été proposées.
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Tuberculose/Sept. 2001
excréteurs et de pouvoir retarder l’élimination des infectés non encore excréteurs : ces illusions risquent de
coûter encore plus cher, à long terme que la mise en œuvre des méthodes suivantes.
QUALIFICATION
La qualification (ou re-qualification) du cheptel doit être suivie d’un régime de surveillance rapprochée, de façon
à assurer une maîtrise satisfaisante du risque de résurgence.
81
Tuberculose/Sept. 2001
- L’infection par les mycobactéries d’environnement est soumise aux fluctuations de l’environnement :
inondations de pâtures, changements d’alimentation, etc. Dans une proportion élevée de cas où il n’a pas été
possible de mettre en évidence une cause évidente, l’expérience montre que les réactions peuvent :
1. Etre de plus en plus facilement identifiées, avec le temps, comme d’origine atypique à l’aide de l’IDC ;
2. Finir par disparaître au maximum en une saison de tuberculination.
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LEGISLATION SANITAIRE
La tuberculose bovine est déclarée maladie légalement réputée contagieuse dans 4 cas (D. 24.01.34) :
tuberculose avancée du poumon, tuberculose de l'intestin, tuberculose de la mamelle, tuberculose de l'utérus.
Dans les autres cas, elle donne lieu à déclaration obligatoire (D. 28.07.65).
La police sanitaire française qui ne frappe que les bovins atteints de forme de tuberculose légalement
contagieuse est de conception ancienne (loi de 1933) : elle visait à imposer par arrêté préfectoral des mesures de
contraintes particulièrement draconiennes, assorties de sanctions lourdes en cas de non application des
prescriptions. Il s’agissait des seules mesures en vigueur à l’époque.
En réalité, ces formes n'étant qu'exceptionnellement diagnostiquées, elle était rarement appliquée. Elle est
désormais définitivement dépassée, dans la mesure où l’assortiment actuel des mesures réglementaires de
prophylaxie est très complet, et s’appuie également sur un A.P.D.I.
REGLEMENTATION SANITAIRE
La lutte contre la tuberculose des bovins repose presque exclusivement sur l'organisation de la prophylaxie
collective de la tuberculose bovine rendue obligatoire sur l'ensemble du territoire national par A.M. du
23.06.65.
Nous envisagerons donc ici :
A. Les principales mesures découlant de l’application du Décret du 19.03.63 relatif à la prophylaxie de la
tuberculose bovine et fixées par A.M. du 16.03.90 (modifié par AM du 2.06.99) pour les mesures techniques et
administratives et A.M. du 29.05.63 pour les mesures financières.
1. Principes généraux de la prophylaxie.
2. Organisation de la prophylaxie.
3. Protection et qualification des cheptels bovins reconnus officiellement indemnes
4. Dépistage de la tuberculose et actions dans les cheptels bovins non indemnes.
5. Lutte contre la tuberculose caprine.
B. Diverses mesures entrant dans le cadre de la protection sanitaire, en particulier les mesures à l’importation, la
découverte de tuberculose lors de transaction commerciale, la réglementation de l’insémination artificielle et de
la monte publique, la réglementation de la vaccination contre la paratuberculose.
Principe
La prophylaxie de la tuberculose repose sur :
?? La protection des effectifs animaux de l’espèce bovine, de l’espèce caprine ou mixtes indemnes, et la
qualification officielle des cheptels vis -à-vis de la tuberculose ;
?? L’assainissement des effectifs animaux correspondants reconnus infectés,
?? L’application de mesures restrictives à la circulation des animaux appartenant à ces effectifs reconnus
infectés,
?? La mise en place d’un réseau national et harmonisé de diagnostic de la tuberculose dans des laboratoires
agréés à partir de prélèvements réalisés sur des lésions suspectes constatées lors de l’inspection post mortem
de ruminants à l’abattoir ou lors d’autopsie.
Les textes d’origine étaient fondés sur une logique de DEPISTAGE de la tuberculose. Ici, l’optique est
toute différente : protection et qualification des effectifs figurent en tête du plan.
Les caprins sont désormais inclus dans le plan, dans la mesure où leur cheptel est en relation avec un
cheptel bovin. On le verra plus loin, ils doivent aussi suivre un plan de qualification.
Un réseau national de surveillance de la tuberculose est mis en place.
Organisation de la prophylaxie
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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
Le bon déroulement de la prophylaxie dépend d’une bonne organisation où interviennent différents partenaires.
Vétérinaire sanitaire
Chaque éleveur informe le DSV de son éventuelle adhésion à un organisme à vocation sanitaire, qui lui apporte
son aide matérielle, technique et financière. Il l’informe aussi du choix de vétérinaire sanitaire : tout changement
de V.S. est soumis à une série de conditions.
Lors d’opération dans des cheptels non indemnes, le VS doit réaliser un bilan sanitaire complet du troupeau,
comprenant notamment un diagnostic individuel de tuberculose ; le marquage des animaux reconnus infectés
doit être réalisé par le VS en présence du DSV ou de son représentant, et cela avant échéance de son mandat.
Le mandat est de 5 ans. Ces dispositions visent à éviter que des éleveurs récalcitrants utilisent une
possibilité (la concurrence entre confrères) pour échapper aux rigueurs de la lutte.
Eleveur et « G.D.S. »
Les propriétaires ou leurs représentants doivent prendre, sous leur responsabilité, toutes dispositions nécessaires
pour aider à la réalisation des mesures prescrites notamment en assurant la contention de leurs animaux, leur
recensement et leur identification.
Si besoin, en particulier en cas de défaillance de l’éleveur et à la demande du DSV, les organismes à vocation
sanitaire compétents apportent leur concours à la réalisation de ces mesures prescrites.
Autrement dit, en cas de difficulté, le VS doit rendre compte de l’impossibilité d’accomplir sa mission
au DSV, qui prendra les dispositions palliatives nécessaires
Abattoir
Dans chaque département, le préfet fixe la liste des abattoirs habilités à recevoir les animaux dont l’abattage a été
prescrit au titre de la lutte contre la tuberculose bovine.
Tous les abattoirs ne sont pas équipés ou organisés pour ces abattages, qui imposent des contraintes.
Préfet
Si la situation sanitaire l’exige, le préfet, sur propositions du DSV, peut prendre toutes dispositions
complémentaires afin de rendre plus efficiente la prophylaxie de la tuberculose bovine sur tout ou partie du
département.
Cette clause permet d’introduire la souplesse nécessaire à des conditions locales éventuellement
particulières.
Maires
Les maires prennent toutes dispositions, dans le cadre de la réglementation en vigueur, pour prévenir l’apparition
ou arrêter au plus vite l’extension de l’infection sur le territoire de la commune. Ils participent dans ce but à
l’information des propriétaires ou détenteurs d’animaux concernés, notamment ceux dont les exploitations sont
épidémiologiquement reliées au(x) cheptel(s) infecté(s).
La publication de listes d’exploitations infectées n’est prévue que dans les cas de MLRC. Ce texte permet de
prévenir individuellement les éleveurs éventuellement exposés, ce qui n’était pas possible jusqu’à ce texte, en
vertu du secret du diagnostic médical (même vétérinaire).
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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
Définitions
Animaux indemnes de tuberculose : Lorsqu’ils appartiennent à un cheptel officiellement indemne de
tuberculose bovine.
Animaux non indemnes de tuberculose : Lorsqu’ils ne répondent pas pour tout ou partie aux critères
précédents. Ces animaux sont interdits à la circulation, sauf à destination d’un abattoir, et sous couvert d’un
laissez-passer.
La définition est donc relative au cheptel d’appartenance, non aux seuls résultats de tuberculination.
Exploitation : Ensemble des unités de production de bovins et d’autres espèces sensibles à la tuberculose,
regroupées habituellement dans des bâtiments ou sur des pâtures communs.
Cheptel bovin d’une exploitation : Chaque unité de production d’animaux de l’espèce bovine élevés aux
mêmes fins zootechniques dans des bâtiments ou sur des pâtures communs.
Dans certains cas, on pourrait distinguer dans une même exploitation cheptel infecté et cheptel
indemne, selon les conditions épidémiologiques (et sous la responsabilité du DSV).
Cheptel bovin officiellement indemne de tuberculose : Lorsqu’à la fois :
?? Tous les bovins sont exempts de manifestations cliniques de tuberculose
?? Tous les bovins (de + de 6 semaines) ont été soumis avec résultats négatifs à deux IDS, ou deux
IDC pratiquées à 6 mois à un an d’intervalle.
?? Tout bovin de plus de 6 semaines introduit provient directement d’un cheptel officiellement
indemne de tuberculose, et est soumis dans les 15 jours suivant la livraison à IDS ou une IDC, avec
résultat négatif.
?? Les animaux des autres espèces sensibles, infectés de tuberculose ou de statut sanitaire inconnu,
sont détenus de façon distincte du cheptel bovin.
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Modalités
Le dépistage de la tuberculose procède de différentes sources :
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?? En élevage: par diagnostic clinique ou allergique : tuberculination simple (tuberculine normale) ou IDC,
réalisée sur les bovins âgés d’au moins 6 semaines et éventuellement les caprins, lorsqu’ils sont entretenus
dans des locaux ou sur des pâtures où séjourne un cheptel bovin infecté de tuberculose. Toute vaccination ou
intervention thérapeutique pouvant avoir un effet sensibilisant ou désensibilisant est interdite. Un délai
minimal de 6 semaines doit être respecté entre deux tuberculinations.
?? A l’abattoir, ou après autopsie : fondé sur des prélèvements réalisés à partir de lésions suspectes, et
soumis à analyses dans des laboratoires agréés (histologie + bactériologie).
?? Lors de contrôle de bovins avant introduction dans un cheptel : tuberculination simple. L’IDC peut être
autorisée par l’acheteur.
?? Lors d’enquêtes épidémiologiques : entreprises autour d’un foyer de tuberculose.
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?? Marquage et abattage (= abattage total) des cheptels bovins de l’exploitation reconnus infectés, et des
animaux qui en sont issus. Dérogation possible pour les animaux d’unités épidémiologiquement séparées.
?? Entrées d’animaux sensibles interdites (locaux, pâturages). Le libre accès au pâturage n’est pas
explicitement interdit : en fait, le délai est relativement cour ce qui limite les risques, et là aussi, la
responsabilité de l’éleveur peut être invoquée dans le cas où un voisin s’estimerait indûment exposé. Le
Maire peut d’ailleurs prendre les dispositions en ce sens.
?? Sorties interdites, sauf abattoir (Laissez passer du DSV).
?? Réalisation d’une enquête épidémiologique amont et aval.
?? Marquage au T (25 mm x 7 mm) à l’oreille droite avec une pince emporte pièce. A la diligence du
propriétaire par le vétérinaire sanitaire, qui dispose de 6 semaines pour contester éventuellement
l’interprétation du VS auprès du DSV.
?? Dérogation à l’obligation d’abattage total dans certains cas (races bovines d’intérêt local), éventuellement
accordée par le DSV sur avis de la DGAL, remplacé par un abattage sélectif des seuls animaux reconnus
infectés.
?? Modalités de nettoyage et de désinfection (locaux, matériel) définies par le DSV en liaison avec le
prestataire concerné et l’éleveur. Comportent un nettoyage et un récurage approfondis, l’usage de
désinfectant approprié. Une attestation de désinfection est délivrée par le prestataire, dont l’éleveur doit
conserver un double dans son registre d’élevage. Le fumier ne peut être épandu sur les herbages ni sur les
cultures maraîchères.
?? Indemnisation : La perte subie par l’éleveur (différence entre la valeur d’élevage et la valeur de boucherie)
est compensée par des indemnités d’Etat, allouées selon un tarif départemental (plafond de 229 Euros par
bovin, et 84 Euros par caprin) et par des indemnités des organisations agricoles, voire du Conseil Général.
?? Après requalification, un cheptel bovin ayant connu un épisode infectieux continue d’être contrôlé
annuellement pendant 10 ans (IDS ou IDC), indépendamment du rythme en vigueur dans le département.
Sont également concernés les élevages ayant retrouvé leur qualification depuis 5 ans et moins en juin 99.
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AUTRES MESURES
Tuberculose à l’importation
L’importation des bovins est interdite sauf :
?? dérogation générale, pour les pays de l’Union Européenne- Certificat officiel attestant de leur origine
(cheptel officiellement indemne), leur état sanitaire (absence de signes cliniques et tuberculination négative
30 jours avant leur embarquement). Une tuberculination doit être réalisée 20 jours après le passage de la
frontière, sauf pour les bovins d’élevage en provenance des Etats membres indemnes de tuberculose.
?? Dérogation particulière, sur autorisation du Ministre de l’Agriculture
Action en rédhibition
L’acheteur prévient le vendeur afin d’aboutir à un arrangement amiable, qui doit porter sur le devenir de
l’animal, et les conditions financières.
En cas d’absence d’accord entre les deux parties, l’acheteur doit intenter avant expiration du délai de 15 jours
(francs, non compris le jour de la livraison) une action auprès du tribunal d’instance selon les seules formes
prévues par la loi à l’exclusion de toute autre (cf. cours de législation) : prouver l’identité du bovin, la nature de
la transaction, le prix, le nom du vendeur, le résultat de la tuberculination. En raison de la longueur de la
procédure (extinction des voies de recours offertes au vendeur !), il est bien plus préférable d’aboutir à un
arrangement amiable….
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Les taureaux doivent être indemnes de tuberculose (tuberculination effectuée tous les ans).
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IDS ? ou douteuse
Facteurs de risque de
tuberculose ?
OUI NON
Forte suspicion de
mycobactérie OUI IDC IDC
atypique ?
? ?
INFECTE ? REQUALIFIE
NON
ABATTAGE DIAGNOSTIQUE
NON IDC
OUI LESIONS ?
HISTO
? IDC
INFECTE
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HISTO
?
BACTERIO ?
Facteurs de
risque de
INFECTE tuberculose ?
NON OUI
QUALIFIE IDC
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TUBERCULOSE AVIAIRE
I – RAPPEL ETIOLOGIQUE
Cas général : infection par M. avium (et très exceptionnellement par M. tuberculosis ou bovis) :
presque exclusivement de M. avium sensu-stricto correspondant aux sérotypes I, II et III du
groupe avium.
Cas des Psittacidés (perroquets en particulier) : habituellement causée par M. tuberculosis ; l’infection par M.
avium ou M. bovis est possible mais plus rare.
II – EPIDEMIOLOGIE
A. DESCRIPTIVE
Maladie assez fréquente dans les élevages fermiers (absente dans les élevages industriels) elle touche surtout les
poules mais aussi les dindons, les pigeons, les faisans et, plus rarement, les canards et les oies.
Maladie commune chez les oiseaux sauvages : pigeons ramiers, tourterelles, corbeaux, canards
migrateurs, étourneaux, moineaux, les taux d’infection sont toutefois en règle générale assez
faible (de l’ordre de 1 %).
Le taux d’infection de certaines espèces pourrait atteindre parfois 4 à 8 %.
ANALYTIQUE
Sources de contagion
Réservoir sauvage : les oiseaux sauvages constituent le réservoir essentiel de la tuberculose aviaire. Ils
représentent un danger potentiel pour les élevages de plein air du fait de la contamination des points d’eaux et
des parcours par les fientes.
Réservoir domestique : constitué essentiellement par les poules en élevage fermier (et autres oiseaux
de basse-cour). Certains mammifères et notamment le porc semblent jouer actuelle ment un rôle
multiplicateur et disséminateur important.
Réservoir humain à l’origine de la contamination des psittacidés exposés en tant qu’animaux
familiers : seulement pour M. tuberculosis.
Dépositaire hydrotellurique : M. avium, très résistant, pourrait survivre pendant de longues périodes
(des années), voire se multiplier dans des milieux particulièrement favorables (peut être isolé dans le
sol des basses-cours, les eaux, boues, tourbes…).
Matières virulentes
Excrété par les matières fécales : M. avium se conserve très bien dans les fientes desséchées.
Transmission
Généralement indirecte : contamination par ingestion d’eau ou d’aliments souillés (explique la
localisation abdominale des lésions tuberculeuses).
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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
N.B. : Cas particulier des oiseaux familiers , type perroquet, contaminés au contact de personnes
tuberculeuses, par M. tuberculosis.
SYNTHETIQUE
III - SYMPTOMES
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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
IV - LESIONS
A. ORGANES LESES
CARACTERISTIQUES
PARTICULARITES
Foie et rate : hypertrophiés, friables, avec des tubercules et nodules jaunâtres bien délimités, de
dimensions et en nombre variables, saillants sous la capsule.
Intestin : ulcérations caséeuses en entonnoir de la muqueuse avec épaississement de la paroi à leur
niveau.
Péritoine : « perles » ou grappes de perles à la surface de la séreuse.
V - DIAGNOSTIC
B. CLINIQUE ET NECROPSIQUE
Diagnostic clinique
Elevage fermier : oiseaux âgés ; tenir compte de certaines données épidémiologiques, par exemple,
réactions positives suspectes lors de tuberculination des bovins, exposés au risque de contact avec les
volailles, découverte d’adénites tuberculeuses chez des porcs en contact avec les volailles.
N.B. : Cas particulier des psittacidés, tenir compte de l’état de santé de l’éleveur et de son entourage.
Diagnostic clinique toujours difficile sur les oiseaux vivants : toute suspicion doit entraîner le sacrifice
de quelques oiseaux pour obtenir la confirmation à l’autopsie.
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EXPERIMENTAL
Bactériologique : réalisé le plus souvent sur le cadavre en cas de doute. Généralement une simple
coloration permet d’affirmer la tuberculose, nombreux bacilles A.A.R. en amas.
Allergique : possible en cas de suspicion sur un oiseau vivant ou pour déterminer l’importance de la
contamination d’un élevage.
Réalisation et interprétation
- Injection I.D. au barbillon (ou crête) de 0,1 ml de tuberculine aviaire.
- Lecture 24-48 h après : la réaction positive se traduit par une augmentation du volume du
barbillon (œdème entraînant un engorgement du barbillon qui apparaît plus ou moins tuméfié,
tendu, luisant, rouge violacé).
Valeur de la méthode : défaillances individuelles fréquentes ; surtout intéressant pour un diagnostic de
groupe : recherche des élevages infectés ou estimation de l’importance de l’entension de la maladie.
VI - PROPHYLAXIE
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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
C. A TITRE PREVENTIF :
Problème de l’hygiène en élevage fermier
Protéger les oiseaux domestiques du contact direct ou indirect avec les oiseaux sauvages ; hygiène de
l’alimentation ; hygiène des locaux d’élevage.
VII - LEGISLATION
La tuberculose aviaire ne fait l’objet d’aucune réglementation, sinon dans le cadre de l’inspection des
viandes (« sont déclarées impropres à la consommation humaine, en totalité, les volailles dont
l’inspection post-mortem révèle un des cas suivants…, maladies infectieuses »…- C.M. 11.03.76).
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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
TUBERCULOSE PORCINE
La tuberculose porcine est le plus souvent due à M. avium, Elle peut aussi être provoquée par M. bovis
ou, plus rarement, M. tuberculosis.
IMPORTANCE
Exemple : En France, en 1973, le nombre de porcs saisis pour tuberculose représentait 2,5 p. cent du
tonnage des saisies et 0,12 p. 1000 de celui des abattages (11.000 porcs saisis).
Importance épidémiologique, rôle du porc dans le cycle épidémiologique général des infections à M.
avium (une enquête épidémiologique effectuée en 1973-1974 sur plus de 89.000 porcs abattus à Lyon
a révélé 2,2 p. mille d’adénites cervicales en totalité dues à M. avium).
Importance hygiénique , transmission sans doute possible à l’Homme, bien que cette maladie soit
rare.
EPIDEMIOLOGIE
ANALYTIQUE
Sources de contagion
- Réservoir aviaire et hydrotellurique pour M. avium dont le porc est parfois le révélateur.
- Réservoir bovin pour M. bovis.
- Porcs infectés (excrétions fécale et urinaire, lésions rénales microscopiques fréquentes).
Modes de contagion
Le plus souvent indirect :
- Contamination alimentaire habituellement (aliment et terre souillés par M. avium ; déchets
d’abattoirs, lait contaminé par M. bovis…).
- Contamination aérogène possible (inhalation de poussières).
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Réceptivité
On ne dispose pas d’observations fiables permettant d’affirmer que le porc soit plus réceptif à tel ou
tel bacille. En pratique, il est possible d’observer des taux d’infections équivalents, et des formes
évolutives relativement comparables.
SYNTHETIQUE
L’évolution dans un élevage est le plus souvent enzootique, plus particulièrement pour les élevages
fermiers. La cohabitation ou le simple partage de parcours entre les porcs et des poules jouent un rôle
important dans l’infection des porcs par M. avium. Dans un élevage industriel, bien que cette
circonstance soit exceptionnelle, le taux d’atteinte peut alors être très élevé (30 à 50 % voire
davantage) lorsqu’il est en relation avec une contamination alimentaire : eaux grasses (M.
tuberculosis), lactosérum (M. bovis).
La fréquence d’atteinte des élevages est en relation directe avec les risques de contamination. Bien que
la fréquence soit de plus en plus faible, le risque de tuberculose est bien plus élevé pour les élevages
de type fermier qui exposent les porcs au risque de contagion aviaire : parcours en plein air favorisant
l’exposition au risque de contamination par des oiseaux sauvages, ou la promiscuité avec des oiseaux
domestiques.
En revanche, les élevages industriels utilisant des aliments pouvant être contaminés sont rares, et les
circonstances de contamination encore plus, ce qui explique le caractère accidentel de ces
manifestations.
Les souches de M. avium isolées le plus fréquemment chez le porc en France appartiennent au
sérotype 2 qui se trouve précisément le plus traditionnellement isolé chez les volailles tuberculeuses
dans notre pays (sérotypes 1 et 3 plus rares). Aux Etats-Unis les sérotypes 1, 2, 4, 5 et 8 de M. avium
sont responsables de 8,5 p. cent environ des infections à mycobactéries diagnostiquées chez le porc.
SYMPTOMES
- Difficile à caractériser sur l’animal vivant : ne s’exprime cliniquement qu’à une période avancée,
baisse de l’appétit et de la vivacité, peau pâle, sale et croûteuse, amaigrissement ou défaut
d’engraissement, alternatives de constipation et de diarrhée, toux et respiration discordante.
- L’aggravation se poursuit sur plusieurs mois et entraînerait la mort dans le marasme si les porcs
atteints n’étaient ordinairement sacrifiés avant.
- Une localisation expressive (mais très inconstante) aux ganglions de la tête et du cou : « la
scrofulose »(de Scrofa = la truie) qui trouve son homologue chez l’Homme :
Les ganglions sous-maxillaires, parotidiens, cervicaux sont augmentés de volume, durs et nettement
apparents sous forme de bosselures sous-cutanées. Tendance à adhérer à la peau, à se ramollir et
s’ouvrir pour donner naissance à des fistules persistantes.
Cette localisation particulière est souvent compatible avec un état général satisfaisant.
LESIONS
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CARACTERISTIQUES GENERALES
?? Lésions de type nodulaire ; infiltration rare.
?? Caséification marquée. Dans l’infection par M. avium, l’aspect des lésions peut être légèrement
différent de celui des lésions dues à M. bovis. Ainsi, les ganglions atteints sont souvent
hypertrophiés, d’aspect lardacé, peu caséifiés et peu calcifiés, avec une discrète réaction
périphérique de fibrose d’enkystement.
?? Calcification rapide et sclérose précoce.
DIAGNOSTIC
CLINIQUE ET NECROPSIQUE
Diagnostic clinique
Très exceptionnellement réalisé. En général, la tuberculose reste inapparente et n’est révélée que par la
découverte de lésions à l’abattoir.
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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
Ne pas confondre :
Expérimental
Bactériologique et histopathologique
Pratiqué à partir de lésions découvertes à l’abattoir. Importance épidémiologique de l’identification de
la mycobactérie responsable.
Allergique : tuberculination
Compte tenu de la fréquence des infections par M. avium la méthode conseillée est
l’intradermotuberculination comparative.
Réalisation :
?? Injecter 0,1 à 0,2 ml de tuberculine par voie I.D. à la base de l’oreille (face postérieure) :
?? d’un côté : tuberculine bovine normale
?? de l’autre côté : tuberculine aviaire.
?? Résultats :
?? Une réaction positive se traduit par un épaississement cutané formant un nodule bien circonscrit
à la base de l’oreille (ou épaississement de peau supérieur ou égal à 3 mm).
?? La comparaison de l’intensité des réactions obtenues aux points d’injection de la tuberculine
aviaire et bovine permet d’orienter le diagnostic vers l’une ou l’autre étiologie.
Valeur de la méthode
Méthode correcte de diagnostic malgré l’existence d’erreurs par excès et par défaut (idem bovins).
Surtout intéressante pour déterminer l’importance de la tuberculose dans un troupeau de porcs.
PROPHYLAXIE
DEFENSIVE
101
Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
OFFENSIVE
Conduite à tenir lorsque l’on détecte des lésions tuberculeuses à l’abattoir (notamment sur des
reproducteurs) :
?? Rechercher l’importance de l’infection de l’élevage (tuberculination). Eliminer les animaux
tuberculeux (ou la totalité de l’effectif en cas d’infection trop massive). Réaliser des contrôle s
répétés jusqu’à assainissement définitif. Désinfecter les locaux ; tenir compte de la résistance de
M. avium dans le milieu extérieur.
?? Déterminer l’origine de la contamination : importance des examens bactériologiques et de
l’enquête épidémiologique (origine des animaux infectés ; nourriture : lactosérum, eaux grasses,
déchets d’abattoirs… ; coexistence de volailles tuberculeuses ; seule l’identification de la source
de contagion permettra, en la neutralisant, d’obtenir l’éradication.
?? Neutralisation de la source : destruction de l’effectif aviaire tuberculeux ; assainissement des
effectifs bovins infectés…
LEGISLATION SANITAIRE
La tuberculose porcine n’est soumise à aucune réglementation en dehors des cas suivants :
102
Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
EPIDEMIOLOGIE
Rareté de la tuberculose des petits ruminants (exceptionnel chez le mouton). Apparaissent comme le
révélateur du reliquat de l’infection par M. bovis. Aspect sporadique à l’échelon du pays et enzootique
dans un troupeau.
SYMPTOMES ET LESIONS
DIAGNOSTIC
Compte tenu de la rareté de la tuberculose dans ces espèces , ne pas confondre avec :
?? Pseudo-tubercules parasitaires,
?? Pseudo-tuberculose ou maladie caséeuse,
?? Pyobacillose,
?? Lymphogranulomatose pulmonaire.
DIAGNOSTIC EXPERIMENTAL
Diagnostic bactériologique ou histopathologique : utilisé généralement lors de suspicion de
tuberculose sur le cadavre.
Diagnostic allergique
?? Le diagnostic allergique est à réaliser systématiquement dès la suspicion pour un cheptel, mais de
façon beaucoup plus prudente à l’échelon individuel en raison de la mauvaise connaissance des
performances des tests dans ces espèces.
?? Les méthodes sont les mêmes que chez les bovins : I.D.S., I.D.C. ; les tuberculines sont les mêmes
(bovines normale, forte et aviaire) selon les mêmes indications.
?? Les techniques ne sont ni réglementées, ni véritablement éprouvées sur le plan scientifique. Il est
certain que la finesse de la peau constitue une difficulté majeure dans la réalisation de la
tuberculination : le risque d’injection sous-cutanée est élevé, et les critères de lecture objective
utilisés chez les bovins ne sont peut-être pas idéalement adaptés. C’est pourquoi beaucoup
103
Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
préfèrent le pli sous-caudal à d’autres régions comme l’encolure (de règle chez les bovins), ou
comme la face intérieure de la cuisse, ou l’abdomen.
?? La valeur de la méthode est difficile à apprécier en raison de la rareté des observations
scientifiques (rareté de la tuberculose et des tuberculinations). Toutefois, on peut penser que la
sensibilité de l’I.D.S. (tuberculine forte) réalisée au pli sous-caudal est très satisfaisante dans le cas
d’infection par M. bovis : on pourrait donc aisément vérifier l’hypothèse d’infection d’un cheptel
caprin, ou ovin, entretenu en promiscuité étroite avec des bovins reconnus infectés de tuberculose.
En revanche, il doit être plus difficile d’interpréter des résultats négatifs dans un tel contexte, ou
des résultats positifs sans contexte vérifié de tuberculose en évolution (en raison de la fréquence
de sensibilisation par des mycobactéries atypiques, ou M. paratuberculosis ou des
corynébactéries).
PROPHYLAXIE SANITAIRE
Défensive : séparation des espèces (importance du rôle du contact avec des bovins tuberculeux).
Offensive : si diagnostic fait à l’abattoir,
?? réaliser une enquête épidémiologique destinée à connaître l’origine de l’infection,
?? assainir le cheptel : tuberculiner les animaux et éliminer les positifs, ou abattage total.
Désinfection.
LEGISLATION
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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
EPIDEMIOLOGIE
Exceptionnelle : les Equidés sont très résistants à la tuberculose. En 10 ans entre 1953 et 1963 dans les
abattoirs hippophagiques de la Seine, seuls 18 cas de tuberculose équine ont été découverts sur 1.095.685
carcasses examinées.
Affectait essentiellement les chevaux entretenus en contact de bovins ou les poulains nourris au lait de vache.
Sporadique.
SYMPTOMES ET LESIONS
Chez les Equidés, la tuberculose peut prendre des expressions variées et sans caractéristique nette :
?? Moindre aptitude au travail, amaigrissement, oscillations thermiques irrégulières, polyurie
fréquente.
?? Localisations :
?? pulmonaire : pneumonie ou broncho-pneumonie chronique
?? abdominale : troubles digestifs discrets (diarrhée, coliques sourdes) d’interprétation délicate ;
?? Evolution dans le sens d’une aggravation progressive : anémie, cachexie et mort en 2 à 4 mois
après la constatation des premiers troubles.
Organes principalement lésés : poumons et ganglions annexes, rate, foie, ganglions mésentriques,
plèvre, péritoine.
Caractéristiques générales :
?? Lésions de type nodulaire revêtant souvent l’aspect sarcomateux,
?? Caséification plus discrète que chez les bovins,
?? Calcification rare ou inexistante.
PARTICULARITES :
?? La tuberculose miliaire aiguë avec granule pulmonaire (tubercules gris ou jaunes en grande
quantité) résultant d’une dissémination hématogène précoce n’est pas rare chez le cheval.
?? Les localisations pleurales et péritonéales sont souvent accompagnées d’exsudation :
épanchements de sérosité citrine plus ou moins abondants dans les cavités séreuses.
DIAGNOSTIC
CLINIQUE ET NECROPSIQUE
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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
B. EXPERIMENTAL
Bactériologique et histopathologique
Habituellement réalisé à partir de lésions prélevées à l’abattoir
Allergique
A réaliser systématiquement en présence d’un animal suspect.
Méthodes : deux possibilités (tuberculination S.C. ou I.D.).
Tuberculination par voie sous-cutanée
?? Réalisation :
?? Injection 50.000 U.I. de tuberculine bovine par voie S.C. à l’encolure.
?? Relever la température toutes les deux heures de la 6ème heure à la 24ème heure après injection.
?? Interprétation : considérer la répons e positive si la température s’élève en plateau de plus de
1°C pendant 4 à 6 heures.
Tuberculination par voie intra-dermique : [Link] ou IDC
?? Réalisation : injecter 0,1 ml de tuberculine bovine par voie I.D. à la paupière inférieure ou
l’encolure et 2.500 U.I. de tuberculine aviaire symétriquement.
?? Interprétation : idem bovins ; réponse positive (tuberculine bovine) si on observe une réaction
inflammatoire locale nette ou à l’encolure un épaississement de peau supérieur à 2 mm.
Valeur : préférer l’I.D. simple.
Valeur globalement identique à la tuberculination chez les bovins, mais risques accrus de réactions
positives par excès (cas des chevaux eczémateux chez lesquels on observe 10 à 20 % de réactions
positives non spécifiques consécutives à une sensibilité particulière de ces animaux ou à une
contamination des lésions eczémateuses par des mycobactéries atypiques. Ces réactions sont surtout
observées avec la tuberculine aviaire).
PROPHYLAXIE SANITAIRE
Défensive
?? Séparation des espèces (importance du rôle du contact avec des bovins).
?? Hygiène de l’alimentation.
Offensive
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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
LEGISLATION
La tuberculose des Equidés n’est soumise à aucune réglementation hormis les cas suivants :
?? Découverte de lésions de tuberculose sur carcasse, abats ou issues, à l’abattoir, ou au clos
d’équarrissage ou dans un établissement d’entreposage, de stockage ou de vente :
DECLARATION au D.S.V. du département de provenance de l’animal et une enquête pourra être
éventuellement ouverte pour connaître la source de l’infection (A.M. 14.08.63 modifié art.20).
?? Cas des équidés destinés à la consommation et reconnus tuberculeux à l’abattoir : saisie totale ou
partielle conformément aux dispositions du décret du 24.01.34 (voir cours d’H.I.D.A.O.A.).
107
TUBERCULOSE DES CARNIVORES DOMESTIQUES
I - IMPORTANCE
Importance hygiénique considérable en raison de la promiscuité étroite fréquente entre les animaux familiers et
l’Homme : le chien ou le chat tuberculeux peuvent être à l’origine d’une contamination de l’Homme, ou le
révélateur d’une maladie humaine ignorée. De ce fait, le vétérinaire est investi d’une responsabilité particulière
dans le domaine de la Santé Publique.
RAPPEL ETIOLOGIQUE
Principalement due à M. bovis ou M. tuberculosis, beaucoup plus rarement à M. avium, même si cette dernière
devrait se développer chez le chat, en particulier dans le cas de co-infection par les virus FeLV ou [Link]., par
analogie avec l’évolution de M. avium chez les humains atteints de SIDA.
EPIDEMIOLOGIE
EPIDEMIOLOGIE DESCRIPTIVE
Indiscutablement, la fréquence de la tuberculose chez les carnivores domestiques a baissé, en même temps que
celles des tuberculoses humaine et bovine.
La suspicion de tuberculose n’était pas exceptionnelle autrefois. Ainsi, on a estimé, en 1969 en région parisienne
qu’elle portait en moyenne par an et par clientèle sur 6 chats et 4 chiens ; mais seulement 10 à 30 p. cent de ces
suspicions semblaient confirmées. Entre 1965 et 1970, 19 cas de tuberculose canine, et 28 cas de tuberculose
féline ont été identifiés à l’ENV d’Alfort, et 11 cas de tuberculose féline à l’ENV de Toulouse entre 1970 et
1977.
Actuellement, les cas de tuberculose confirmée sont suffisamment rares pour faire l’objet d’une publication8 . Les
suspicions rencontrées par les vétérinaires praticiens ne sont pas pour autant improbables, en raison de la
stagnation voire de la recrudescence de la tuberculose humaine dans certaines catégories de population à risque
(populations socialement défavorisées, dont «Sans Domicile Fixe » ; personnes atteintes de SIDA).
EPIDEMIOLOGIE ANALYTIQUE
Historiquement, la majorité des chiens semblaient contaminés par voie respiratoire, ce qui était suggéré par la
localisation préférentiellement respiratoire de l’infection, et par les conditions d’exposition (cohabitation avec un
maître tuberculeux, ou séjour dans un lieu considéré à risque comme un café…). Tout aussi historiquement, les
chats étaient considérés contaminés principalement par voie digestive (par des souches de M. bovis), à partir des
aliments hautement contaminés de l’époque (mou de bœuf, et lait contaminés), que les chats fussent élevés dans
des fermes infectées de tuberculose bovine, ou nourris avec des denrées infectées.
A l’heure actuelle, la source d’infection pour les carnivores domestiques (sans véritablement distinguer s’il s’agit
de chien ou de chat) est exclusivement l’Homme atteint de tuberculose (si l’on exclut les rares foyers de
tuberculose bovine) ; le mode de contagion est sans doute majoritairement direct, et les circonstances dépendent
des modalités de contact qui résultent du degré de promiscuité que vivent le maître (ou l’humain d’une façon
générale) et l’animal.
En priorité, il faut retenir par conséquent le contact direct muqueux, à l’occasion de
manifestations appuyées d’affection. A un degré moindre dans l’intensité, mais tout aussi
dangereux par la répétition, la simple cohabitation qui permet la contamination par
l’absorption de gouttelettes de Flügge, voire à partir d’expectorations.
EPIDEMIOLOGIE SYNTHETIQUE
8AMAGLIO [Link] coll.1993 – Tuberculose à expression pulmonaire chez une chienne – Le Point vétérinaire vol
25, n° 154, 351-356.
108
Actuellement, la tuberculose des carnivores domestiques n’est plus aussi dépendante qu’autrefois de la
tuberculose animale (bovine), puisque celle-ci a pratiquement disparu.
Toutefois si la fréquence de la tuberculose a considérablement diminué au cours des 50
dernières années, le vétérinaire doit toujours tenir compte du risque que les carnivores
puissent jouer un rôle potentiel de relais épidémiologique secondaire dans un foyer de
tuberculose, qu’il soit animal ou humain.
En revanche, elle est totalement tributaire de la tuberculose humaine. Chez l’Homme, les populations à risque
sont :
- des populations d’origine étrangère, qui connaissent des conditions de promiscuité
favorisant la contagion, et des conditions sociales (suivi médical insuffisant ou absent) qui
favorisent l’évolution de formes graves ;
- des patients atteints de SIDA ;
- des personnes âgées, contaminées dans leur enfance ou leur adolescence (par M. tuberculosis, ou
M. bovis, qui était très fréquente à cette époque), qui ont développé alors une primo -infection
stabilisée, mais dont les mécanismes de défense (coque fibro-calcique autour des lésions
tuberculeuses) sont moins performants au delà d’environ 60 ans, ce qui permet une libération du
bacille et l’éclosion d’une tuberculose évolutive.
En dehors de ces populations qui constituent la majorité des cas actuellement détectés, des cas sporadiques
demeurent possibles dans le reste de la population, au gré des circuits de transmission occulte, à l’occasion des
nombreux contacts inéluctables résultant de la vie en société (avec une probabilité de transmission d’abord de
l’infection, ensuite de la maladie, bien moindre que dans les populations à risque).
Le vétérinaire est donc bien plus souvent interpellé pour dépister une infection éventuelle chez un carnivore au
contact d’une personne reconnue atteinte de tuberculose, que pour établir un diagnostic sur un animal suspect,
dont il faut malgré tout bien connaître les bases cliniques.
SYMPTOMES
Les symptômes de la tuberculose des carnivores peuvent être extrêmement variés. Cette variété tient :
- à la diversité des localisations et à leurs nombreuses possibilités d’association,
- au degré d’évolution entraînant l’association éventuelle de symptômes locaux et généraux.
LOCALISATION
Localisation broncho-pulmonaire
Symptômes de bronchite ou de broncho-pneumonie subaiguë ou chronique :
- dyspnée, tirage respiratoire,
- toux rauque, sèche au début,
- jetage mucopurulent, parfois strié de sang (hémoptysie) et fétide lors de bronchectasie ou cavernes,
- zones de sub-matité,
- râles crépitants (humides et muqueux, souffles – tubaire ou caverneux -).
Localisation péricardique
109
Assez fréquemment associée à la pleurésie qui en masque les principaux symptômes. Elle peut survenir de façon
isolée, entraînant rapidement les symptômes d’une insuffisance cardiaque globale.
Tuberculose abdominale
Ganglions mésentériques, foie, rate, péritoine, intestin (rarement isolée chez le chien où elle représente souvent
une phase évolutive vers la généralisation ; chez le chat, existe de façon isolée dans 10 p. des cas).
Les manifestations locales en sont discrètes :
- La palpation de l’abdomen permet de déceler l’hypertrophie des ganglions mésentériques (surtout chez le
chat) et éventuellement l’hypertrophie du foie et de la rate.
- La péritonite tuberculeuse est souvent exsudative : ascite avec liquide séreux, ambré à la ponction.
- Application possible de l’endoscopie abdominale pour l’exploration visuelle des divers organes de la cavité
abdominale.
- Fréquence de la bacillurie (tuberculose rénale ou généralisation).
Tuberculose oculaire
Surtout le chat : lors de conjonctivite granuleuse, ulcère cornéen, irido-cyclo-choroïdite sur cet animal, toujours
penser à la tuberculose.
Autres localisations
La tuberculose peut affecter également le système nerveux ou l’appareil génital.
SYMPTOMES GENERAUX
Ce sont parfois les premiers à apparaître mais, le plus souvent, ils ne se manifestent qu’en phase terminale :
signes d’asthénie et de faiblesse croissants, diminution de l’appétit, hypertrophie des ganglions accessibles,
oscillations thermiques irrégulières, puis anémie, amaigrissement.
LESIONS
110
Poumon, plèvre et ganglions annexes.
Ganglions mésentériques (surtout chat).
Foie, rate, péritoine.
CARACTERISTIQUES GENERALES
Les lésions tuberculeuses offrent chez les carnivores un polymorphisme beaucoup plus grand que chez les
autres espèces animales :
- Souvent de type nodulaire, mais aussi :
?? infiltration tuberculeuse : « bronchopneumonie fibreuse ou ardoisée » des carnivores,
?? inflammatoire : ostéopathie hypertrophiante,
?? exsudatif : pleurésie et péritonite ;
- Les lésions peuvent être vues à tous les stades évolutifs :
?? tubercules gris, caséifiés, fibreux, calcifiés…
?? nodules ramollis voire ulcérés (production de cavernes pulmonaires, d’ulcères cutanés).
Fréquente coexistence de lésions anciennes et de lésions récentes de tuberculose miliaire aiguë : les carnivores
domestiques (rarement sacrifiés car souvent le diagnostic n’est pas fait) meurent généralement par suite d’une
poussée évolutive après large dissémination bacillaire par voie sanguine.
Par exemple :
- association de lésions hépatiques et mésentériques anciennes (fibro-caséeuses) avec granulie grise
pulmonaire ;
- coexistence dans le poumon de lésions en voie de ramollissement ou d’ulcération (caverne) et de tubercules
gris ou à peine caséeux de formation récente.
PARTICULARITES
- Le caséum des carnivores est blanchâtre, mou, friable (moins compact que dans les autres espèces).
- La calcification est rare, tardive et incomplète.
- La transformation fibreuse (lésions fibro-caséeuses) est parfois très importante dans les lésions anciennes.
- Le retentissement ganglionnaire est constant comme chez tous les mammifères, mais souvent moins
apparent que dans les autres espèces : ganglions augmentés de volume, d’aspect succulent et encéphaloïde.
Il faut parfois plusieurs semaines pour que soient perceptibles les tubercules ou nodules de caséification
dans la trame ganglionnaire.
- Les lésions souvent riches en bacilles de type humain, souvent ulcérées constituent un danger pour
l’Homme.
DIAGNOSTIC
Diagnostic clinique
111
Les affections chroniques et cachectisantes :
- Cancer : facile si la tumeur est perceptible et aisément explorable.
- Leucose : adénopathies importantes et généralisées.
- lésions cutanées (leucémies et ulcères) bien particulières,
?? évolution plus rapide.
- Leishmaniose : régionale
?? adénopathies et splénomégalie
?? lésions cutanées amiantacées.
- Toutes affections chroniques des vieux chiens (notamment néphrites et hépatonéphrites avec syndrome
urémique).
Les affections pulmonaires chroniques : séquelles d’affections aiguës, ou consécutives à une cardiopathie, ou
strongylose cardio-pulmonaire.
- Les pleurésies
?? aiguës : ordinairement purulentes,
?? cancéreuses : ordinairement hémorragiques.
- Les ascites
?? d’origine hépatique ou cardiaque,
?? d’origine parasitaire (strongylose cardio-pulmonaire)
?? d’origine cancéreuse.
En fait, le diagnostic clinique de la tuberculose est pratiquement impossible et il est toujours nécessaire de
recourir au diagnostic expérimental.
Diagnostic nécropsique
Diagnostic différentiel
Pseudotuberculoses parasitaires :
- absence de caséification
- ganglions indemnes
Métastases tumorales : simulent la tuberculose sur les séreuses (néoformations ou plaques nodulaires en relief),
mais absence de caséification locale et ganglionnaire.
Actinomycose : peut simuler la granulie sur le poumon et le foie :
- nodules plus volumineux et plus jaunes,
- ganglions non caséeux,
- souvent accompagnée de pleurésie et d’ascite à « grains jaunes ».
Pseudotuberculose (Yersiniose) (surtout chez le chat) :
- pseudo-tubercules du foie et de la rate : exceptionnellement du poumon
- tous au même stade d’évolution et d’aspect ombiliqué.
N.B. : Cause fréquente de lymphadénite mésentérique chez le chat.
Autres « pseudotubercules » rares mais d’étiologie multiple (staphylocoque, pasteurelle, Aspergillus,
histoplasme, toxoplasme, granulie pulmonaire avec splénomégalie, etc.) et donc d’identification difficile :
nécessité d’un recours au laboratoire.
Diagnostic nécropsique parfois difficile nécessitant une confirmation histo-pathologique ou bactériologique.
DIAGNOSTIC EXPERIMENTAL
Diagnostic bactériologique
A utiliser chaque fois qu’il est possible de réaliser le prélèvement nécessaire. Seule méthode permettant un
diagnostic de certitude (voir Etude générale).
Diagnostic histopathologique
112
Technique intéressante pour le clinicien (délai relativement rapide, bonne spécificité), qui doit s’efforcer de
l’utiliser chaque fois que cela est possible (biopsie ganglionnaire, cutanée, etc.). Chez les carnivores, la réaction
inflammatoire est du type épithélioïde et lymphocytaire ; les cellules géantes de Langhans sont généralement
absentes.
Diagnostic cytologique
Se pratique sur le liquide d’épanchement péritonéal, l’exsudat pleurétique, ou un lavage broncho-alvéolaire : on
recherche les lymphocytes dont le nombre s’accroît en cas de tuberculose ; constitue un élément de présomption
mais non de certitude.
Diagnostic sérologique 9
La mise au point de tests sérologiques - pour le diagnostic de la tuberculose ou mieux encore pour le dépistage
de l’infection tuberculeuse – retient l’intérêt de certains chercheurs, en raison de l’utilité évidente du point de
vue de la Santé publique, qui justifie des publications de niveau international. Malheureusement, la faible
fréquence des demandes de diagnostic est un obstacle à cette mise au point : la technique ne peut être maintenue
en routine dans le laboratoire avec une qualité satisfaisante ; l’évaluation des qualités (sensibilité, spécificité)
demande la collecte d’une information suffisamment riche sur un nombre suffisant de cas (…alors qu’en
pratique on ne dispose le plus souvent que d’un nombre très limité de cas spontanément observés et non
standardisés) ; enfin, la préparation des antigènes n’est pas rentable économiquement et ne peut intéresser un
industriel. Pour ces raisons, à l’heure actuelle, en France, aucun laboratoire n’est capable de répondre rapidement
et avec le degré de fiabilité légitimement exigible de la part d’un vétérinaire praticien confronté à une demande
concrète et pressante du terrain. Recommandation est donc donnée ici à chaque vétérinaire intéressé de se
tourner davantage vers les autres méthodes et une approche d’ensemble, plutôt que de compter exclusivement
sur une réponse univoque de la sérologie qui pourrait résoudre le problème posé. Nous présentons toutefois ces
méthodes, dans la mesure où justement elles peuvent malgré tout venir apporter un élément d’information
complémentaire dans un tableau d’ensemble.
Techniques
Réaction de F.C. avec antigène paratuberculeux : réaction positive lorsque le sérum fixe le complément au
1/5.…mais ses résultats sont difficilement interprétables en raison de son grand manque de spécificité.
Sensibilité estimée à ….0,35 ( !). Réaction réalisée par le laboratoire de Mycobactériologie de l’AFSSA / Alfort,
de façon ponctuelle (antigène pratiquement épuisé).
ELISA, WESTERNBLOT : ces tests donnent des résultats intéressants dans le cas de formes cliniques
d’évolution ancienne. Leurs qualités sont encore à valider pour ce qui concerne le dépistage d’une infection non
encore évolutive. Test réalisé à l’ENV de Nantes (Laboratoire de Pathologie infectieuse).
Valeur
Ces techniques sérologiques souffrent de nombreuses erreurs par excès et par défaut, ce qui est bien
compréhensible, en raison du type dominant d’immunité induite (cellulaire). L’interprétation ne peut donc se
réduire à la seule lecture d’un résultat sérologique, mais doit au contraire prendre en compte un ensemble
d’éléments :
1. d’abord l’association à des signes cliniques : un résultat positif est bien plus indicatif
sur un animal suspect que sur un animal en bonne santé apparente ;
2. ensuite, l’association de tout un faisceau d’arguments épidémiologiques qui vont dans
le même sens ;
3. enfin, la convergence de plusieurs résultats expérimentaux cohérents.
Dans ces conditions, on peut considérer que la valeur prédictive positive d’un résultat est satisfaisante. A
l’opposé, ne jamais considérer un résultat négatif comme significatif.
Si les différents critères précédents ne sont pas réunis, l’interprétation devra être extrêmement prudente.
Diagnostic allergique
9 ANDRE FONTAINE G. (1994) – Tuberculose des carnivores : données actuelles et perspectives. Le Point vétérinaire, vol 26, n° 159, 45-
48.
113
Tuberculination par voie sous -cutanée
Réalisation
- On utilise une tuberculine bovine normale (20.000 UCT), diluée au quart, pour ainsi reconstituer la
concentration autrefois en usage lors de la mise au point du test10 .
- Injection par vois sous-cutanée à la dose de 5.000 UI chez le chat (soit 0,2 ml de cette dilution) et à la dose
de 5.000 à 15.000 UI chez le chien (soit 0,2 à 0,6 ml).
- L’animal qui fait l’objet d’une tuberculination doit être en équilibre thermique (c’est-à-dire ne pas présenter
de variations de température supérieures à 7/10 de degré par 24 h) et avoir une température toujours
inférieure à 39°C.
- Prise de température toutes les 2 heures pendant 12 heures après l’injection.
Interprétation
- En théorie, à la réaction générale (hyperthermie et abattement) sont associées une réaction locale
(inflammation locale) et une réaction focale (exagération des symptômes locaux) : en pratique,
seule la première (réaction générale) est le plus souvent observée.
- Résultats positifs :
?? Lorsque la température est supérieure à 40°C au cours de deux prises, avec une variation
thermique dépassant 1°5 C, ou
?? Lorsqu’on observe une élévation thermique de 0°8 à 1°C minimum, se maintenant en plateau
pendant au moins 6 heures ou une courbe de température sinusoïdale avec clocher positif et
négatif et un écart thermique de 1°5C au moins.
Valeur de la méthode
- Avantage : méthode simple mais contraignante.
- Inconvénients : nombreuses défaillances. Les erreurs par excès peuvent en partie être maîtrisées en
respectant la nécessité d’observer un plateau thermique stable la veille de la réalisation du test :
l’hospitalisation de l’animal, qui facilite l’observation, peut constituer une cause d’instabilité de la courbe
thermique. Les erreurs par défaut sont difficilement maîtrisables (anergie post-tuberculeuse fréquente
compte tenu de l’apparition tardive des manifestations cliniques entraînant une suspicion de tuberculose) ;
on peut toutefois révéler des pics fugaces en procédant à des relevés thermiques toutes les demi-heures, en
particulier entre les 4° et 6° heures ; un dispositif d’enregistrement en continu constituerait une solution
intéressante (certaines puces d’identification électronique pourraient fournir ce type de commodité).
Réalisation
- Se pratique sur la face interne du pli du flanc à la face interne de la cuisse, ou à l’oreille.
- Injection de 0,1 ml de tuberculine diluée au ¼, soit 2.500 U.I. par voie I.D.
- Lecture : 48 à 72 heures après ; recherche d’une réaction inflammatoire.
Valeur
Inférieure à la tuberculination par voie S.C. chez les carnivores. Peu utilisée, n’a d’intérêt que combinée à
d’autres tests.
10 Comme 20.000 U.C.T. correspondent approximativement à 100.000 UI, on obtiendra bien 25.000 UI / ml, dont une dose de 0,2 ml
donnera effectivement 5.000 U.I.
114
Chez le sujet sain, ou porteur de lésions stabilisées, on ne constate aucune réaction notable, la tuberculine n’étant
toxique qu’à partir d’une dose de l’ordre d’1 millilitre (de la tuberculine titrant 20.000 UCT puis diluée au ¼ :
les volumes indiqués de cette tuberculine non diluée pourrait se révéler toxique particulièrement chez les races
de petite taille).
115
CONDUITE A TENIR EN PRESENCE D’UN CHIEN OU D’UN CHAT
TUBERCULEUX – LEGISLATION
Ne pas traiter l’animal : justifier au propriétaire la nécessité d sacrifier l’animal dans les meilleurs
délais. Tenir compte également de la C.M. du 17.03.70 qui précise l’attitude à adopter pour tout
praticien décelant un cas de tuberculose canine ou féline et recommande l’euthanasie (la tuberculose
des carnivores domestiques n’est soumise à aucune mesure obligatoire). Au cas où le propriétaire
refuserait le sacrifice de l’animal tuberculeux, cette C.M. engage le vétérinaire à faire lire et signer par
ce propriétaire la déclaration suivante :
Je soussigné…………………………………déclare :
a. avoir été informé par le Docteur Vétérinaire …………………..
- que l’animal est atteint de tuberculose confirmée par un examen de laboratoire,
- qu’il constitue un danger pour les personnes et les animaux qu’il approche,
- que le traitement est long, ne supprime pas dans tous les cas le danger signalé et représente
s’il est mal conduit, un risque pour la santé publique dû à la sélection de bacilles tuberculeux
résistant aux médicaments actuels ;
b. désirer néanmoins conserver cet animal.
Faire précéder la signature des mots « Lu et Approuvé ».
116
TUBERCULOSE DES AUTRES ESPECES ANIMALES
PRIMATES
I - RAPPEL ETIOLOGIQUE
Les singes sont sensibles aux divers bacilles tuberculeux : M. tuberculosis, M. africanum, M. bovis et M. aviaire.
La sensibilité est décroissante du premier au dernier.
II - IMPORTANCE : HYGIENIQUE
En raison de risque de transmission à l’Homme. Ainsi pour une moyenne annuelle des cas de
tuberculose humaine de 3 pour 10.000 habitants aux U.S.A., la moyenne atteignait en 1971, 310 cas
pour 10.000 parmi le personnel de laboratoire utilisant des singes.
III - EPIDEMIOLOGIE
IV - SYMPTOMES
La tuberculose évolue de façon discrète et rapide chez les sujets, évoquant la phtysie galopante
humaine. Dans les singeries strictement contrôlées, il a été constaté que 75 % des singes mouraient
entre le 5ème et le 6ème mois suivant la première réaction tuberculinique positive. Expérimentalement, il
s’écoule 4 à 6 semaines entre l’inoculation contaminante et la mort. Les signes cliniques généraux et
117
spécifiques sont absents ou très discrets. Lorsque le clinicien est consulté, l’animal se trouve en phase
finale d’évolution et la mort survient généralement dans les jours qui suivent.
Les symptômes les plus précoces seraient une certaine indifférence à l’environnement ainsi qu’une
vigueur moins affirmée dans les activités physiques habituelles au sujet : ; ils ne sont appréciables que
si l’on connaît très bien l’animal. Les signes spécifiques respiratoires (légère dyspnée) et digestifs
(alternance de diarrhée et excréments normaux) sont souvent extrêmement discrets.
V - LESIONS
Chez les primates, l’appareil respiratoire et l’appareil digestif sont atteints avec une fréquence égale.
Lésions pulmonaires caséocalcaires circonscrites ou diffuses avec une destruction massive de l’organe
et atteinte des séreuses.
Lésions digestives localisées à l’intestin lui-même qui se transforme en une masse gélatineuse
translucide. Dans les cas extrêmes, tous les organes de la cavité abdominale sont atteints et adhérent
les uns aux autres.
VI - DIAGNOSTIC
D. CLINIQUE
Difficile ou impossible. Les méthodes de diagnostic complémentaires sont des plus incertaines : c’est
le cas de la radiographie pulmonaire qui souvent n’est efficace qu’en période terminale.
En cas de suspicion, avoir recours obligatoirement au diagnostic expérimental.
EXPERIMENTAL
Tuberculination
Méthode recommandée : tuberculination par voie intradermopalpébrale.
Réalisation : injection par voie I.D. au niveau de la paupière 0,1 ml de tuberculine bovine diluée au ¼.
Lecture et interprétation : 48 à 72 heures après, une réaction allant de la papule rougeâtre au lieu
d’injection à un œdème de toute la paupière avec fermeture de l’œil est considérée comme positive.
Valeur de la méthode :
- Méthode incertaine (une expérimentation menée sur 230 singes a révélé 10 % de réponses
faussement positives et 25% de réaction faussement négatives).
- Difficultés liées à la contention (nécessité parfois de placer l’animal sous tranquillisant).
Sérologie
Les réactions de F.C. de Middelbrook-Dubos donneraient chez le singe de meilleurs résultats que
l’intradermotuberculination. D’autres méthodes comme le test S.A.F.A. (Soluble Antigen Fluorescent
Antibody) donneraient également des résultats encourageants.
Bactériologie-Histopathologie
Idem autres espèces.
118
Au total : nécessité d’associer plusieurs méthodes de diagnostic expérimental.
VII - PROPHYLAXIE
E. MEDICALE
Compte tenu du caractère très relatif de la fiabilité du diagnostic chez le singe, la prophylaxie
médicale de cette maladie a été parfois envisagée de façon systématique dans certains laboratoires ou
parcs zoologiques.
Chimioprophylaxie
Certains auteurs ont préconisé pendant la période de quarantaine pratiquée par les importateurs,
l’administration quotidienne d’isoniazide à la dose de 10 mg/kg.
Nombreux inconvénients liés aux difficultés de l’administration, aux risques d’apparition de chimio-
résistance et de masquage de la réaction tuberculinique. Cette méthode est actuellement abandonnée.
SANITAIRE
Défensive
?? Quarantaine des animaux nouvellement introduits avec dépistage tuberculinique pratiqué 2 fois à
3-6 mois d’intervalle.
?? Contrôle tuberculinique régulier (si aucune prophylaxie médicale).
?? Précautions sanitaires : alimentaires, hygiéniques.
Offensive
?? Diagnostic le plus précoce et élimination
?? Désinfection.
HERBIVORES EN CAPTIVITE
119
Méthodes de diagnostic : idem. Pour des raisons de contention, la tuberculination au pli sous caudal
peut être admise.
Chez les Cervidés, en raison de la grande fréquence de l’infection par des mycobactéries atypiques,
l’IDC est pratiquement de règle en milieu indemne, associée au T.T.L. Les résultats individuels sont
de faible valeur, bien supérieurs pour un cheptel. La prophylaxie repose sur le contrôle strict des
mouvements d’animaux, ce qui n’est pas facile dans une phase initiale de développement exponentiel
des élevages.
CARNIVORES EN CAPTIVITE
Evolution et localisation comparables à celles de la tuberculose du chien et du chat. Fréquence des localisations
digestives (en rapport avec l’alimentation contaminante : déchets d’abattoirs…).
Problème de diagnostic : la tuberculination S.C. avec prise de température est pratiquement impossible
à réaliser pour des raisons de contention.
120
POUR EN SAVOIR PLUS
ARTICLES ET PUBLICATIONS
BENET J.J. – Qualité des tests. Application à un exemple : la tuberculose bovine. Epidémiol. et Santé anim.,
1990, 17, 41-56.
BENET J.J. – Qualité des tests de dépistage : application aux décisions de santé. Epidémiol. et Santé anim.,
1990, 17, 105-112.
BENET J.J. – La tuberculose bovine : un important foyer en 1999. Bulletin des G.T.V., n°2, Juillet-Août-
Septembre 1999, 125/126, 51-52.
BOISSELEAU D., BRARD C., TOURATIER A., BENET J.J. – La tuberculose bovine : Choix, interprétation de
l’IDC. Bulletin des G.T.V., n°2, Juillet-Août-Septembre 1999, 127/130, 53-56.
D.G.A.L. – Rapports annuels relatifs aux prophylaxies dirigées par l’Etat en élevage de ruminants.
DUCROT C. – La lutte contre la tuberculose. Evaluation technique et économique du nouveau système de lutte
contre la tuberculose bovine en Bretagne. Rapport du Centre d’Ecopathologie Animale, Janvier 1996, 55 p.
TEXTES REGLEMENTAIRES
Arrêté du 16 mars 1990 fixant les mesures techniques et administratives relatives à la prophylaxie collective de
la tuberculose bovine – Journal Officiel de la République française du 14 avril 1990, p. 4601-4605.
Arrêté du 4 mai 1999 modifiant l’arrêté du 16 mars 1990 fixant les mesures techniques et administratives
relatives à la prophylaxie collective de la tuberculose bovine – Journal Officiel de la République française du 2
juin 1999, p. 8131-8133.
D.G.A.L./SDSPA – Note de Service du 20 janvier 2000 (N2000-8008) : Tuberculose bovine – Diverses
dispositions d’ordre technique en application de l’Arrêté ministériel du 4 mai 1999.
SUR INTERNET
Bulletin épidémiologique hebdomadaire, publié par l’Institut de Veille Sanitaire : [Link]-santé.fr
121
CONNAISSEZ-VOUS LA TUBERCULOSE ?
1. Pouvoir pathogène des mycobactéries
?? M. bovis est-il pathogène pour les volailles ? Pour le porc ? Pour la chèvre ?
?? M. tuberculosis, pour les bovins, les carnivores, les volailles, le porc ?
?? M. avium, pour l’Homme, les bovins, le porc ?
2. Pourquoi les étables à stabulation entravée ont-elles une évolution généralement enzootique de tuberculose,
tandis qu’elle peut être explosive dans les stabulations libres ?
3. Pourquoi des bovins infectés par M. bovis peuvent-ils ne pas avoir de lésions visibles à l’abattoir ?
4. Qu’est-ce qui permet d’être certain qu’un bovin est infecté par M. bovis ?
5. Quelle relation y-a-t-il entre l’intensité d’une réaction tuberculinique chez un bovin et l’étendue des lésions
tuberculeuses ?
6. Quelles conclusions pouvez-vous tirer du constat à l’abattoir, sur un bovin, de lésions tuberculeuses
ganglionnaires caséeuses, ou calcifiées ; de lésions pulmonaires étendues caséeuses, ou calcifiées ?
7. Interprétez les résultats bactérioscopiques suivants :
?? abcès cutané (chat), présence de bacilles A.A.R.
?? caséum de ganglion bovin : absence de bacilles A.A.R.
?? prélèvement d’eau d’abreuvement (filtration de 2 litres) : présence de bacilles A.A.R.
?? ganglion de bovin réagissant : 1/absence ; 2/présence de bacilles A.A.R.
8. Interprétez ces résultats sérologiques (fixation du complément avec l’antigène paratuberculeux) :
?? Chat : positif au 1/8
9. Que pensez-vous de la pratique consistant à retuberculiner (sur l’autre face de l’encolure), le jour de la
lecture, un bovin ayant fourni un résultat douteux ? Et s’il s’agissait d’un bovin acheté ?
10. Pourquoi le traitement de la tuberculose est-il réservé aux humains ?
11. Pourquoi la vaccination anti-tuberculose des animaux n’est-elle utilisée que de façon exceptionnelle ? Dans
quelles circonstances ?
12. Dans ce département, le taux de cheptels bovins infectés au 31.12 est de 0,05 %. Ce taux concerne à 60 %
des cheptels antérieurement indemnes. Le taux d’étables assainies dans l’année est de 80 %. Les
responsables locaux sont inquiets. Et vous, qu’en pensez-vous ?
13. Un confrère vous propose de réaliser sa prophylaxie : les tournées sont organisées sur 6 jours avec lecture
tous les 2 jours. Il vous demande en cas de constatation de réactions douteuses (très nombreuses dans sa
clientèle : 45 % des étables) de lui signaler les animaux qu’il vous demande de retuberculiner au même
endroit ; il fera la lecture le lendemain (donc à 72 heures) ce qui, selon lui, confirme l’erreur par excès dans
l’immense majorité des cas. Qu’en pensez-vous ?
14. Un bovin acheté il y a 2 mois, présente en prophylaxie une réaction tuberculinique estimée à 6-8 mm
environ. Interprétation.
15. Lors des opérations de prophylaxie, 4 vaches d’une étable de 100 charolais, présentent des épaississements
(diamètre d’une pièce de 2 francs, surélévation d’environ 2 mm). Comment interpréter ?
16. Les bovins de cet élevage sont répartis en différentes étables. Dans l’une où cohabitent des poules, sont
constatées 4 réactions importantes (sur 6 bovins tuberculinés). Interprétation.
17. Vous apprenez la découverte à l’abattoir de lésions tuberculeuses sur un bovin réformé, un mois après une
tuberculination négative, dans un cheptel indemne de tuberculose depuis sa création, il y a 20 ans. Quelles
conséquences pour l’élevage ? Quelles actions vont être mises en œuvre ?
18. Que pensez-vous de la déclaration suivante : « Pour faire une intradermo-seconde comparée, je prends de
la tuberculine forte, et de la tuberculine aviaire, que j’injecte chacune d’un côté de l’encolure après avoir
repéré et mesuré les plis de peau. Lecture à 3 jours. Si l’épaississement en « bovine » est double de
« l’aviaire » : résultat positif ; inférieur à 1,5 fois : négatif ; entre les deux : douteux. ».
19. Un bovin fournit le résultat suivant en I.D.C. :
B = 4,2 mm et A = 2,1 mm
Interprétation.
20. Un cheptel de 50 vaches laitières a déjà fait l’objet d’un vide sanitaire pour tuberculose il y a deux ans. On
vient à nouveau de le découvrir infecté (lésions de tuberculose observées à l’abattoir et confirmées par le
laboratoire). On envisage le rôle de l’éleveur. Qu’en pensez-vous ?
21. Sur un cheptel indemne de tuberculose, 12 animaux réagissent positivement lors du contrôle tuberculinique.
Ces mêmes animaux éprouvés en I.D.C. deux mois plus tard donnent tous un résultat négatif (critères
C.E.E.), mais toujours positif à la tuberculine bovine. Que faire ?
122
22. Un enfant est soigné pour une primo infection tuberculeuse qui a été identifiée il y a 15 jours (les
symptômes ont commencé il y a 6 semaines). Le médecin craint que le chien de la maison soit responsable
de la contamination. Comment vérifier cette hypothèse ?
23. Même contexte, mais ce sont les parents qui craignent que l’enfant ait contaminé le chien. Ils vous
demandent de vérifier si le chien est ou non infecté.
24. Dans un cheptel de 50 vaches laitières, indemne de tuberculose depuis 25 ans, où aucune introduction n’est
effectuée, et situé dans une zone où le dernier foyer de tuberculose remonte à 5 ans, 15 réactions
tuberculiniques positives ont été constatées. Une I.D.C. réalisée deux mois plus tard répartit équitablement
ces 15 sujets dans les différentes catégories de résultats = 5 positifs, 5 négatifs, 5 douteux. Qu’en pensez-
vous ?
25. Petit problème de rédhibition : L’éleveur A vend une vache le 7 juillet au marchand B. Celui-ci garde
l’animal seulement quelques heures et le revend au marchand C. Ce dernier fait alors procéder à un contrôle
d’achat le 14 juillet : résultat négatif. C revend ensuite la vache à D, qui fait à sont tour procéder à un
contrôle d’achat le 28 juillet : résultat positif.
L’éleveur A peut-il refuser de reprendre la vache ? Sur quelle base juridique ? Quel est le devenir de
l’animal ? Y a-t-il d’autres mesures prévues réglementairement ?
123
REPONSES
1. M. bovis : volailles non ; porc oui ; chèvre oui. M. tuberculosis : bovins très rarement ; carnivores oui ;
volailles non ; porc oui. M. avium : homme oui, mais de façon exc eptionnelle ; bovins rarement ; porc oui.
2. Dans les étables entravées les animaux ne sont pas libres de leurs mouvements : un animal infecté ne peut
donc contaminer que son voisin qui ne pourra contaminer à son tour son voisin qu’après la phase
d’incubation, ce qui ralentit donc le processus de contagion. A l’opposé, dans les étables à stabulation libre,
les animaux sont libres de mouvements, et un seul animal infecté peut en contaminer très rapidement un
grand nombre : le processus est cette fois anazootique, sur un grand nombre d’où l’explosion.
3. Phase de début d’infection : lésion microscopique, non décelable. Lésion éventuellement détectable, mais
non vue : il faudrait découper les ganglions en fines tranches pour pouvoir l’observer. Lésion visible, mais
non enregistrée : dans certains abattoirs, les viscères sont séparés de la carcasse avant l’inspection ;
l’observation éventuelle de lésions sur les viscères ne peut alors être rattachée à une carcasse identifiée.
Erreur de transcription de numéro d’idendification de bovins : les lésions sont rapportées à un autre bovin,
qui lui était indemne de tuberculose.
4. Cette notion de certitude dépend du risque d’erreur consenti, et donc de la qualité des méthodes mises en
œuvre.
Seul l’isolement de M. bovis permet d’être certain qu’un bovin est infecté par M. bovis. On suppose que les
risques d’erreur sont négligeables : erreur d’identification des prélèvements, d’enregistrement au laboratoire,
d’identification de souche au laboratoire, risque de contamination des cultures par d’autres prélèvements.
D’autres méthodes permettent de donner une conclusion, qui dans certaines circonstances
confinent également à la certitude : tout dépend de la valeur prédictive positive, donc de
la qualité de la méthode, et de la prévalence (plus elle est élevée, et plus la VPP est
bonne). La constatation de lésions suspectes de tuberculose est une excellente indication ;
mais dans les zones à faible prévalence de tuberculose, il est indispensable de confirmer
ce diagnostic par un examen de laboratoire. Dans un élevage reconnu tuberculeux, la
simple constatation de réaction tuberculinique positive donne une certitude d’infection
tuberculeuse.
5. La relation est médiocre : lors de réaction tuberculinique positive, la probabilité de constater des lésions est
plus élevée, qu’en absence d’allergie. Mais en cas d’allergie intense, il est très hasardeux de conclure à une
probabilité élevée de lésion, ce serait même plutôt l’inverse.
6. Des lésions pulmonaires constituent a priori un risque de dissémination, surtout si elles sont caséeuses,
moins si elles sont calcifiées. Des lésions uniquement ganglionnaires minimisent le risque de contagion pour
l’entourage : il faut toutefois ne pas négliger la possibilité de contamination par le lait, même en l’absence
de lésion à la mamelle.
7. Abcès cutané du chat : présence de mycobactéries (M. tuberculeuse, ou atypique). Nécessité d’une
confirmation bactériologique pour plus de certitude. Mais il est déjà possible de décider que ce chat
constitue un risque majeur pour son entourage, et de prendre les mesures de prévention correspondantes.
Caséum de bovin : « il n’a pas été possible de révéler la présence de mycobactérie ». Rien de plus : la lésion
peut être tuberculeuse, et le prélèvement trop pauvre en bacille.
Eau d’abreuvement : il existe des mycobactéries dans l’eau de n’importe quel robinet. Donc,
résultat ininterprétable : il faudrait procéder à l’identification de la mycobactérie, ce qui
n’aurait de signification qu’à la condition que la simple présence de cette mycobactérie
soit significative. C’est le cas pour M. bovis, ou avium. En revanche, pour les
mycobactéries de l’environnement, il faudrait apporter la démonstration de cause à effet,
ce qui relève du domaine de la recherche.
Ganglion de bovin réagissant :
1. Absence de bacille A.A.R. : Ne veut rien dire, comme tout résultat négatif isolé.
2. Présence de bacille A.A.R. : ne veut rien dire non plus, sans plus de précision.
En effet, la richesse du milieu environnant en mycobactéries diverses permet d’expliquer cet
isolement à partir de la surface du prélèvement qui a pu être contaminé à l’abattoir : il
faut procéder au prélèvement dans des conditions d’asepsie chirurgicale pour pouvoir
affirmer que la bactérie provient effectivement du ganglion. Mais, même dans ces
conditions, l’expérience montre qu’une proportion notable (de l’ordre de 5 %) des bovins
est susceptible de permettre d’isoler une mycobactérie à partir du parenchyme du
ganglion, en l’absence de tout retentissement allergique : c’est un phénomène très banal
124
chez les bovins, comme dans d’autres espèces, que le passage dans le circuit lymphatique
de diverses bactéries.
8. Il faudrait tout d’abord connaître les seuils de positivité du laboratoire qui a fourni les résultats : les seuils
donnés dans le polycopié ne sont que des repères, nullement des normes (qui n’existent pas, à la différence
de la brucellose par exemple).
Ce seul résultat ne signifie pas grand chose. Si l’on dispose d’un tableau clinique évocateur de tuberculose,
il semble légitime de pencher vers la tuberculose…mais sans être véritablement rigoureux, car on ignore
totalement les qualités intrinsèques de ce test (ou plutôt, on sait trop qu’elles sont déplorables). Etant donné
la faible prévalence de la tuberculose chez le chat, vous pouvez en déduire que la valeur prédictive positive
est plus proche de zéro que d’autre chose.
9. C’est absurde ! On sait en effet qu’une tuberculination ID provoque une diminution importante de
la réactivité allergique. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant qu’après un résultat douteux, une
deuxième tuberculination donne un résultat négatif. Toutefois, si le résultat est positif, on peut
conclure sans risque d’erreur par excès autre que celui que l’on a habituellement avec n’importe
quelle tuberculination.
S’il s’agit d’un bovin acheté, une telle pratique est contraire aux intérêts de l’acheteur : on
empêche la constatation d’une éventuelle réaction positive. Il n’est pas nécessaire de
procéder de cette façon pour préserver ses intérêts : dès la constatation des résultats
positifs, il suffit de recourir auprès du vendeur, tout d’abord à l’amiable.
En cas de refus, il est toujours possible d’agir auprès du juge d’instance, à condition d’être
dans les délais (15 jours, non compris celui de livraison) : celui-ci ordonnera alors une
expertise, qui aura lieu au moins 6 semaines après la tuberculination d’achat.
10. Le traitement de la tuberculose est long, coûteux. Entrepris chez un animal, il a toute chance d’être
interrompu par le maître avant son succès. On court donc un risque élevé d’échec, et par-là même, de
sélection de souches résistantes. Le vétérinaire ne doit pas oublier, même si certains maîtres aveuglés par un
attachement immodéré à leur animal le font parfois, qu’une vie humaine est plus importante qu’une vie
animale. Il ne doit donc pas être responsable des conséquences d’une décision (le traitement) qui ne pourrait
pas être assumée complètement par le propriétaire.
11. La vaccination antituberculeuse a une efficacité toute relative : elle est bien inférieure à celle de la fièvre
aphteuse, ou de la rage, par exemple. Elle est donc proscrite chez l’animal, en raison de la règle de la priorité
de la santé humaine sur la santé animale. Cette règle admet une dérogation, dans la mesure où la non
vaccination des animaux conduirait tout compte fait à un risque accru pour l’Homme : animaux exposés à
un risque élevé de contamination non contrôlable par d’autres mesures.
12. 0,05 % c’est très peu : ( = 5 pour 10 000, soit quelques élevages dans un département). Ce sont surtout des
élevages indemnes qui sont concernés : c’est curieux, car dans un département où les performances sont
aussi bonnes, c’est sans doute au prix du respect de la prévention, et on ne comprend pas alors que certains
puissent malgré tout être contaminés. Tout aussi surprenant, cette forte proportion d’assainissement : si
véritablement il s’agit de tuberculose (ce qui voudrait dire certains défauts dans les programmes sanitaires),
on comprend difficilement que les programmes d’assainissement soient au contraire si efficaces : c’est
contradictoire. Il est raisonnable d’avancer l’hypothèse de la responsabilité de mycobactéries autre que M.
bovis : l’incidence de ces événements est indépendante des mesures de prévention de la tuberculose, et les
mesures d’assainissement font disparaître les animaux réagissants, ( = réceptifs à la réactivité allergique), en
même temps qu’elles durent suffisamment longtemps pour laisser disparaître la cause de sensibilisation. Il
faudrait procéder à des IDC de façon systématique dans les élevages à tuberculination positive, ce qu’on
aurait du faire depuis longtemps.
13. La lecture est à faire après 72 heures, et pas avant. A 48 heures, on court le risque d’augmenter la fréquence
des réactions non spécifiques, ce que constate d’ailleurs ce confrère. Un bon moyen pour réduire ce
problème consiste à attendre les 72 heures : n’oublions pas que la réaction tuberculinique est tardive,
progressive et durable. En cas de difficulté d’organisation rendant impossible la lecture après la 72° heure,
mieux vaut la faire plus tard : si l’animal a réagi positivement, la réaction sera toujours aussi positive un
jours ou deux après ; on peut même escompter voir apparaître des réactions positives tardives (jusqu’à 5 à 7
jours après l’injection, jusque dans 15 pour cent des cas). En revanche, les réactions non spécifiques auront
disparu…sauf situation très particulière, comme la thélite nodulaire qui ne respecte pas cette règle générale.
14. C’est gênant ! Ce bovin a-t-il été tuberculiné avant son introduction dans le cheptel ? Provient-il
effectivement d’un élevage indemne ? Il faut prendre soin de vérifier que l’élevage d’origine est bien
toujours indemne.
125
?? Si la réponse est non, il convient d’être très prudent, d’isoler l’animal, voire de l’éliminer, pour éviter
tout risque d’explosion de tuberculose dans l’élevage. L’acheteur n’a plus aucun recours contre son
vendeur.
?? Si la réponse est oui, il faut poursuivre l’enquête dans cet élevage, pour évaluer les risques d’apparition
de la tuberculose, mais aussi dans celui du vendeur : statut sanitaire actuel, mais aussi passé : la
constatation de tuberculose contemporaine, où dans un passé relativement récent est hautement
significative. En l’absence d’informations défavorables en ce qui concerne l’élevage du vendeur, on
pourra envisager les hypothèses d’infection par des mycobactéries atypiques, et donc recourir à l’IDC.
A ce stade, se pose la question de la pertinence de la réalisation d’une IDC sur le cheptel de l’acheteur.
?? D’abord, il faut tenir compte du fait que le résultat d’une IDC sur un seul animal n’a pas véritablement
de sens : donc, on ne peut se contenter de réaliser l’IDC sur le seul animal litigieux.
?? Mais d’un autre côté, en supposant cet animal tuberculeux, il n’est pas impossible qu’il n’ait pas encore
eu le temps de contaminer le cheptel d’arrivée. Auquel cas, un résultat négatif sur ce cheptel et difficile
d’interprétation sur l’animal en question pourrait nous conduire à une interprétation erronée.
En fait, il faut simplement prendre en compte ces différentes hypothèses au moment de l’interprétation, et
tuberculiner à la fois l’animal en question, et au moins une proportion importante (si ce n’est la totalité) de
l’effectif.
?? Si le résultat de l’IDC est positif, l’interprétation est univoque : le cheptel est reconnu tuberculeux et a
été contaminé par ce bovin.
?? Si le résultat est négatif pour les bovins du cheptel d’accueil, mais que le bovin lui ne donne pas un
résultat franchement négatif, là encore, l’interprétation sera relativement simple, quitte à pêcher par
excès en proposant d’écarter cet animal. On ne cherchera pas à approfondir l’interprétation dans le cas
où une mycobactérie atypique serait susceptible d’expliquer la réaction à la tuberculine aviaire des
bovins, et par-là même peut-être la réaction non négative du bovin introduit : il vaut mieux prendre
l’interprétation la plus favorable aux intérêts sanitaires de l’éleveur.
?? Enfin, l’ensemble des résultats est strictement négatif, tant pour les bovins du cheptel d’accueil, que
pour le bovin introduit. Attention, le bovin introduit ne doit pas être considéré comme faisant
« épidémiologiquement » parti de ce cheptel, puisque la question qui se pose est celle de savoir s’il est
susceptible de le contaminer par M. bovis. Nous sommes donc dans la situation où ce résultat individuel
du bovin introduit, qui est négatif, ne peut être interprété qu’à la lumière du contexte du cheptel de
départ. Se contenter de la seule information du résultat d’IDC serait tout à fait insuffisant. C’est
pourquoi il est d’autant plus important d’avoir procédé, ou fait procédé à l’enquête épidémiologique
détaillée sur l’élevage d’origine, car c’est cette information validée qui permettra alors l’interprétation
de ce résultat individuel, parce que resitué dans le contexte d’un troupeau, celui dont il provient.
15. Ces réactions sont plutôt faibles. Pour les interpréter, il faut pouvoir préciser le contexte épidémiologique :
y-a-t-il des facteurs de risque d’apparition de tuberculose dans cet élevage. Si oui, traiter ces bovins comme
des animaux reconnus tuberculeux. Si non, recourir à une IDC (après isolement de ces bovins).
16. Deux informations différentes, voire contradictoires sont données. Cohabitation avec des poules : risque
d’infection par M. avium. Réactions importantes : risque d’infection par M. bovis. A ce stade, il faut vérifier
les informations. Que veut dire « importante » : il faut mesurer, si possible avec un cutimètre. Si
l’augmentation du pli de peau est supérieure à 10 mm, le risque de tuberculose devient prioritaire. En ce qui
concerne les poules, sont-elles tuberculeuses ? Ne cohabitent-elles pas AUSSI dans les autres étables, car il
n’est pas dit qu’il n’y a PAS de poules dans les autres étables. (Ce genre d’association entre des faits
marquants, en négligeant les informations négatives est encore très courant). Ne pas oublier que deux
phénomènes peuvent coexister : rien n’empêche en effet un élevage de bovins tuberculeux d’héberger des
poules infectées par M. avium.
17. Le problème naît apparemment de la contradiction entre certaines informations (élevage indemne,
tuberculination négative), et d’autres (lésions tuberculeuses).
?? Avant toute chose, dès l’instant où des lésions « tuberculeuses » ont été observées, l’élevage est considéré
comme SUSPECT de TUBERCULOSE, en attendant que ces lésions fassent l’objet de
CONFIRMATION par le laboratoire. Il est alors soumis à un ARRETE PREFECTORAL
d’INFECTION : interdiction de tout mouvement d’animaux.
?? Dans tous les cas, il faut VERIFIER les informations initiales.
Découverte de lésions tuberculeuses à l’abattoir : vérifier l’identité de l’animal. Le numéro, le sexe, le
poids, l’âge correspondent-ils ? Une erreur de transcription est si vite arrivée…Les lésions sont-elles
véritablement tuberculeuses ? Il faut en analyser la description, considérer la nature des saisies, voire, si
c’est possible, interroger l’inspecteur qui les a observées. Depuis janvier 2000, toutes les lésions
tuberculeuses découvertes à l’abattoir doivent faire l’objet de prélèvement en vue d’analyse : ce
prélèvement a-t-il bien été effectué ? Quels sont les résultats des analyses ? Avec quelles méthodes ? La
126
simple observation : « présence de bacilles A.A.R. » n’est pas suffisante. Il faut au minimum une
histologie, voire le résultat de la culture.
Elevage indemne de tuberculose : à vérifier à la DSV (il y a des détails que la mémoire humaine préfère
oublier…). Tenir compte des possibilités de détection : avec un rythme de tuberculination allongé (2, 3,
voire 4 ans), il est tout à fait possible qu’aucune tuberculination n’ait été réalisée depuis déjà
suffisamment longtemps pour que la tuberculose ait pu s’installer sans que rien n’ait pu le mettre en
évidence. Il faut en effet que la prévalence de tuberculose et le taux de réforme soient suffisants pour
qu’un élevage tuberculeux puisse être détecté par l’abattoir (voir la question portant sur ce sujet) :
l’absence de lésion sur des animaux de réforme n’a de sens que s’il y a un nombre suffisant d’animaux
réformés. Et puis, il peut s’agir du premier cas !
Ensuite, il faut vérifier l’absence de facteurs de risque d’apparition de tuberculose (n’oublions qu’il
s’agit d’un élevage indemne, et que par conséquent nous pouvons seulement présumer que les facteurs
de risque sont maîtrisés, mais il faut bien le vérifier) : CE bovin là, est-il né sur l’exploitation ? Y a-t-il
eu des introductions ? Il ne faut pas se contenter d’une simple déclaration : il faut pointer chaque animal
et vérifier son historique, car l’éleveur a pu oublier que de façon ponctuelle, pour compenser une baisse
de fertilité, il a été amené à introduire soit un taureau (pour améliorer la détection des chaleurs des
génisses), soit des génisses de remplacement. Y a-t-il en ce moment, ou y a-t-il eu un élevage atteint de
tuberculose dans le voisinage (on peut remonter sur au moins 5 ans, si ce n'est 10) ?
?? Partant de là, il va être possible d’INTERPRETER.
C’est l’information donnée par l’abattoir qui prime. Si elle est validée, l’élevage est considéré
comme « INFECTE » de tuberculose. Il fera l’objet d’un abattage total.
Si la lésion « tuberculeuse », n’a pas permis de confirmation, soit il s’agissait d’une erreur par
excès (erreur d’identification ; lésion non tuberculeuse), soit il peut s’agir d’une erreur par
défaut (lésion tuberculeuse, mais recherche bactériologique infructueuse). Pour lever le doute,
on s’appuie sur l’enquête épidémiologique (d’où l’importance de la qualité de la vérification).
En l’absence de facteur de risque, l’élevage sera purement et simplement requalifié. Dans le
cas d’une investigation épidémiologique défavorable, il sera procédé à une IDC, dont les
résultats seront définitifs.
18. C’est n’importe quoi. On parle soit d’intradermo seconde tout court (et elle est proscrite), soit d’intradermo
comparative. Dans ce dernier cas, il faut de la tuberculine bovine normale (et non forte), que l’on injecte du
même côté que la tuberculine aviaire. Les critères de lecture ne sont pas conformes (inspirés librement de
ceux de l’ID2 semble-t-il).
19. B-A = 2,1 donc réaction douteuse. L’interprétation dépend du contexte, et en particulier de l’indication de
cette IDC. Sans autre information il est impossible d’interpréter. S’il s’agit d’un cheptel indemne, où des
réactions positives à la tuberculine bovine ont été constatées, et qu’une IDC a été faite, et que tous les autres
résultats sont négatifs, alors on peut conclure que sans doute cet animal est infecté par une mycobactérie
autre que M. bovis, mais, pour s’en assurer, il vaut mieux refaire une tuberculination. Si d’autres réactions à
l’IDC sont cette fois positives, l’élevage est reconnu infecté de tuberculose, et par voie de conséquence ce
bovin également. De toute façon, dans ce dernier cas, tout le cheptel devrait être abattu en totalité.
20. Il s’agit d’un élevage infecté de tuberculose à M. bovis (lésions tuberculeuses à l’abattoir) : l’infection par
M. tuberculosis ne peut que rarement donner ce type de lésions. Envisager l’hypothèse de la responsabilité
de l’éleveur revient à le mettre en accusation, ce qui est très souvent mal vécu, et peut donc déclencher des
réactions violentes. Il faut donc commencer par vérifier les autres hypothèses, car « mêmes causes, mêmes
effets » : si l’élevage a été contaminé par voisinage ou déficit de contrôle à l’introduction une première fois,
il est possible que, si les mesures adéquates n’ont pas été prises, cette cause se manifeste à nouveau. Ce n’est
qu’après avoir écarter ces hypothèses que l’on pourra envisager le rôle d’un réservoir humain.
Il y a alors deux hypothèses. Soit l’Homme a été contaminé lors du premier foyer par le bacille
bovin, et il recontamine son troupeau. Soit il a fait une primo-infection stabilisée dans sa
jeunesse, mais du fait de son âge (le risque est important à partir d’environ 60-70 ans) le
bacille s’échappe de son foyer fibreux : auquel cas, l’éleveur aurait pu contaminer son
élevage également lors du premier foyer. Dans les deux cas, il convient d’être discret
dans les déclarations, et de recommander aux différentes personnes concernées de
consulter un Centre de dépistage de tuberculose, au motif qu’elles ont « pu être
contaminées ».
21. Rien, car le résultat négatif en IDC permet d’exclure, avec une fiabilité satisfaisante, l’hypothèse que le
cheptel soit infecté par M. bovis. En tout cas, sur le plan réglementaire. On peut toutefois chercher à
déterminer la cause sensibilisation (voir chapitre lutte contre les mycobactéries atypiques). Lors d’une
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prochaine tuberculination, si nécessaire, on utilisera l’IDC. Il faut d’autre part s’attendre à un certain risque
de rédhibition, en cas de vente d’animaux de ce cheptel.
22. Par simple examen clinique : si l’hypothèse du médecin est valide, c’est que le chien a excrété du bacille
tuberculeux il y a déjà quelques mois (la maladie dure depuis 6 semaines, et il faut compter le temps
d’incubation de quelques semaines au minimum). Dans ces conditions, on devrait sans doute constater des
symptômes chez cet animal. L’absence de tout signe clinique de suspicion de tuberculose devrait permettre
de répondre de façon satisfaisante au médecin, par la négative. En revanche, si l’animal n’est pas en parfaite
santé (et cela depuis toute la période considérée), la tuberculination sous-cutanée, le BCG test peuvent être
utilisés en complément d’une radio. Le cas échéant on peut recourir au prélèvement d’un produit suspect
(exsudat, mu cus…) en vue d’une analyse bactériologique. L’interprétation de ces examens se fera dans la
plus grande rigueur, en n’excluant pas une éventuelle laparotomie exploratrice…
23. Impossible dans l’immédiat. Il faut attendre de voir l’évolution clinique. En effet, les performances des tests,
quels qu’ils soient sont tellement déplorables en dépistage, que toute interprétation serait hasardeuse. Isoler
l’animal, l’examiner régulièrement pendant environ 6 mois après la dernière circonstance de contamination
présumée. Plus le temps passe et que l’animal reste en apparente bonne santé, plus le risque diminue, mais
on ne disposera pas de certitude véritable, tout au plus d’une présomption satisfaisante au bout d’un délai de
l’ordre de deux ans.
24. « Ce n’est pas clair ». Le contexte est a priori en faveur d’une absence de risque de tuberculose. Le résultat
de l’IDC lui est discordant. Il faut donc vérifier ces informations.
Nous ne reviendrons pas sur la vérification des informations épidémiologiques.
Il serait bon de regarder le graphique de l’IDC. Si les résultats sont alignés selon l’axe d’une bissectrice, par
exemple, on peut sans risque envisager l’hypothèse d’une erreur technique. Il faut alors refaire la
tuberculination. Si l’on peut valider l’IDC, et donc si ces résultats sont valides, alors, considérer l’élevage
comme infecté, et procéder à l’assainissement.
En cas de constatation de lésions à l’abattoir, la certitude de l’infection tuberculeuse est acquise. La cause
est alors à rechercher soit de façon classique dans les circonstances habituelles (introduction, voisinage,
résurgence), une information significative ayant pu échapper à l’attention de l’enquêteur, soit de façon
inhabituelle dans une contamination d’origine humaine, une fois que toutes les autres causes auront été
éliminées. Plutôt que de paraître accuser l’éleveur, mieux vaut présenter les choses dans l’autre sens, en
conseillant à celui-ci, par souci pour sa santé, de consulter un médecin pour détecter si éventuellement ses
bovins ne l’auraient pas contaminé.
25. Le délai de rédhibition est de 15 jours, non comptés le jour de la livraison. Par conséquent, l’éleveur A n’est
plus juridiquement concerné par le destin de la vache vendue. D peut se retourner en revanche contre C, si le
délai de 15 jours n’est pas écoulé.
On notera tout d’abord les détours de ce circuit épidémiologique révélateur : la multiplicité des
intermédiaires augmente les risques sanitaires. On constatera aussi que la tuberculination réalisée par D
avait moins de chance de donner un résultat positif, du fait de la précédente : si l’animal est réellement
tuberculeux (lésions + analyse de laboratoire positive), on peut alors imaginer que la contamination peut
bien provenir de l’intermédiaire C, plus vraisemblablement que B (qui n’a gardé l’animal que très peu de
temps), sans toutefois pouvoir l’exclure. Il est clair que l’enquête épidémiologique devra être approfondie,
et elle ne tiendra pas compte du délai limite de 15 jours qui ne concerne que la rédhibition, afin de porter
sur la totalité des élevages impliqués, y compri
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Etudalf/D2/Cours/tuberculose/Poly/24/01/02
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