Suites et Séries de Fonctions en Mathématiques
Suites et Séries de Fonctions en Mathématiques
1 Séries numériques 1
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2.3 Terminologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
i
2.2 Convergence simple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
série entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Séries numériques
1.1 Introduction
Dans le chapitre sur les séries numériques, il s’agit de donner un sens à toute
somme qui comporte une infinité de termes. C’est au moyen des séries numériques
que l’on calcule avec une certaine précision des nombres tels que π et e.
On dit que la suite (un )n∈N converge si sa limite lim un = l est finie.
n→+∞
1
Lorsqu’une suite numérique admet une limite, la limite est unique.
Théorème 1.2 (Critères de convergence)
Toute suite croissante et majorée est convergente. De même, toute suite décroissante
Soit (un )n∈N une suite numérique de terme général un . Soit la suite (Sn )n∈N de
n−1
X
terme général Sn = u0 + u1 + u2 + · · · + un−1 = uk .
k=0
On appelle série numérique de terme général un la donnée des deux suites
(un )n∈N et (Sn )n∈N . De manière condensée une série numérique de terme général
X+∞
un se note un .
n=0
1.2.3 Terminologie
X
Etudier la série un c’est étudier la suite (Sn )n de terme général Sn . Si la
n X
suite (Sn ) converge vers une limite S finie, on dit que la série numérique un
n
+∞
X
est convergente et sa limite est S. Le nombre Rn = S − Sn = uk .
k=n+1
De même, si la suite (Sn )n est divergente c’est-à-dire sa limite est infinie ou
X
n’existe pas, on dit que la série numérique un est divergente.
X n
Etudier la nature de série un c’est étudier la nature de la suite (Sn )n .
n
Exemple 1.1
+∞
X 1
Etudier la nature de la série .
n=1
n(n + 1)
1 1
Il s’agit de la série de terme général un = . On remarque un = −
n(n + 1) n
1 1
pour tout entier n > 1. D’où Sn = u1 + u2 + · · · + un = 1 − et
n+1 n+1
2 (Département de Mathématiques/FaST/UK, 2022)
lim Sn = 1. La suite (Sn ) est convergente et sa limite est 1. On en déduit que
n
X
la série un est convergente et sa somme est 1.
n
+∞
X 1
On peut alors écrire : = 1.
n=1
n(n + 1)
0 2 n−1 1 − kn
Pour tout n ∈ N, Sn = k + k + k + · · · + k = avec k 6= 1.
1−k
Premier cas : |k| < 1
1 X 1
On a lim Sn = ∈ R, la série k n est convergente et sa limite est .
n 1−k n=0
1 − k
Deuxième cas : |k| > 1
X
On a lim sn = +∞. La série k n diverge.
n
n=0
Troisième cas : |k| = 1
Si k = −1 alors (Sn ) diverge car ses sous suites (S2n ) et (S2n+1 ), définies
Remarque 1.1
X
Si lim un 6= 0 alors la série un est divergente. Par contre si lim un = 0, on
n n
n
ne peut rien dire.
Théorème 1.4
X X
Soit la série un . Posons σn = S2n − Sn . Pour que la série numérique un
n n
soit convergente, il est nécessaire mais non suffisant que lim σn = 0.
n→+∞
Remarque 1.2
X
Si lim σn 6= 0 alors la série un est divergente.
n
n
Exemple 1.3
+∞
X 1
Soit la série numérique appelée série harmonique. On a
n=1
n
1 1 1 1 1
σn = S2n − Sn = + ··· + > n· = . D’où lim σn > . Donc
n+1 2n 2n 2 n 2
lim σn 6= 0.
n
Conséquence 1
X X un
Soient un et vn deux séries à termes positifs. Si lim = 0 alors :
n→+∞ vn
n X n X
i) Si la série vn est convergente alors la série un est convergente.
n
X Xn
ii) Si la série un est divergente alors la série vn est divergente.
n n
Conséquence 2
X X un
Soient un et vn deux séries à termes positifs telles que lim = +∞.
n→+∞ vn
n n
Alors
X X
i) Si un converge alors vn converge.
n
X Xn
ii) Si vn diverge alors un diverge.
n n
Pour la première conséquence il suffit de voir que :
un
∀ > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n > N ⇒ < ; soit un < vn .
vn
ii) La réciproque est généralement fausse. C’est pourquoi la règle de Cauchy est
Prendre la suite (un ) défine par u2n = an bn , u2n+1 = an+1 bn pour tout n > 2
√ √ un+1
et u1 = a ; où a > 0, b > 0 et ab < 1. On a lim n un = ab mais lim
n→+∞ n→+∞ un
n’existe pas.
Exemple 1.4
+∞
X 1 X 1 2
Donner la nature des séries et (1 + )−n .
n=0
n! n
n
Soit une fonction f définie continue positive et décroissante pour x > a > 0.
X Z +∞
La série f (n) et l’intégrale f (x)dx sont de même nature.
n a
Exemple 1.7
X 1 X 1 X 1
Etudier la nature des séries ; , α > 0 et log(1 + ).
n>2
n ln n n>2 nα ln(n) n
n2
Une série absolument convergente est convergente. La réciproque n’est pas nécessairement
vraie.
Théorème 1.12
X
Soit une série alternée de la forme (−1)n vn avec vn > 0.
n
Si la suite (vn ) est une suite décroissante de nombres réels positifs qui tendent
X
vers 0, alors la série alternée (−1)n vn est convergente.
n
Remarque 1.5
Les conditions ii) et iii) sont en particulier remplies si la suite (an ) est une
entières
Soit F l’ensemble des fonctions numériques définies sur une même partie E ⊂
R.
n 7→ fn .
Soit (fn ) une suite de fonctions définies sur une même partie E. On dit que la
suite de fonctions (fn ) converge simplement vers une fonctions f définie sur E
si :
10
∀ > 0, ∀x ∈ E, ∃N,x > 0; ∀n ∈ N (n > N,x ⇒ |fn (x) − f (x)| 6 )
(2.1)
Remarque 2.1
Si une suite de fonctions (fn ) définies sur E converge simplement vers une
Soit E = [0, 1] et soit (fn ) une suite de fonctions définies sur E par fn (x) =
x
. Déterminer la limite de (fn ).
x+n
Pour tout x ∈ [0, 1], lim fn (x) = 0. D’où la suite (fn ) converge simplement vers
n
On a
nx
lim fn (x) = lim
n→+∞ n 1 + nx
x
= lim
n 1
+x
n
= 1 pour tout x ∈]0, 1]
Exemple 2.3
nx
Soit (fn ) une suite de fonctions définies sur [1, 2] par fn (x) = . Etudions
1 + nx
sa convergence.
x
Pour tout x ∈ [1, 2], lim fn (x) = lim = 1.
n n 1
+x
n
D’où la suite de fonctions (fn ) définies sur [1, 2] converge simplement vers la
fonction f définie sur [1, 2] par f (x) = 1 pour tout x ∈ [1, 2].
dans le fait que dans la convergence simple le rang N,x à partir duquel a lieu
Soit (fn ) une suite de fonctions définies et continue sur E telle que (fn ) converge
Soit (fn ) une suite de fonctions définies et continues sur E ⊂ R telle que (fn )
converge simplement vers une fonction f définie sur E. Alors la (fn ) converge
uniformément vers f si
Remarque 2.4
g = f.
Exemple 2.4
x
pour tout
1. La suite de fonctions (fn ) définies sur E = [0, 1] par fn (x) =
x+n
x ∈ E converge simplement vers la fonction f : E → R, x 7→ 0.
sur E.
Pour tout n, fn est continue sur E mais f ne l’est pas. Il en résulte que (fn )
Si une suite de fonctions (fn )n converge uniformément vers f sur E alors elle
Soit (fn ) une suite de fonctions continues sur E qui converge uniformément
Soit (fn ) une suite de fonctions continues convergeant uniformément vers une
fonction f , alors
i) f est continue
ii)
Z b Z b Z b
lim fn (t)dt = lim fn (t)dt = f (t)dt.
n→+∞ a a n a
Remarque 2.5
Si cette dernière égalité n’a pas lieu alors la convergence n’est pas uniforme.
telles que :
ment ? uniformément ?
Soit (fn )n une suite de fonctions définies sur une même partie E ⊂ R. Associons
(Sn )n .
X
La série de fonction fn définies sur E ⊂ R se note fn .
n
On définit le reste de la série de fonctions par
+∞
X
Rn (x) = fk (x), ∀x ∈ E (2.4)
k=n+1
X
Etudier la nature de la série de fonctions fn revient à étudier la nature de
n
la suite de fonctions (Sn )n .
iii) Si la suite de fonctions (Sn )n ne converge pas, on dit que la série de fonctions
X
fn diverge.
n
m
X
∗
∀ > 0, ∃N ∈ N , ∀n, m ∈ N, (m > n > N ⇒ sup | fk (x)| < ). (2.7)
x∈E
k=n+1
Proposition 2.3
P
La série de fonctions fn converge uniformément sur E si et seulement si
+∞
X
lim sup | fk (x)| = 0. (2.8)
n→+∞ x∈E
k=n+1
Soit (fn ) une suite de fonctions définie sur un intervalle E ⊂ R telles que
i) ∀x ∈ E, ∀n ∈ N, fn (x) > 0
∀x ∈ E, ∀n ∈ N, fn (x) 6 an et lim an = 0.
n→+∞
X
Alors la série de fonction (−1)n fn est uniformément convergente sur E.
n
identiquement nulle,
n
X
iii) ∃M > 0, ∀n ∈ N, sup | gn (x)| 6 M .
x∈E
Xk=0
Alors la série de fonctions fn gn converge uniformément sur E.
n
Une série absolument convergente est convergente mais la réciproque n’est pas
vraie.
Définition 2.7
X
Lorsqu’il existe une série numérique un à termes positifs convergente telle
n X
que ∀n ∈ N, ∀x ∈ E, |fn (x)| 6 un . Alors la série de fonctions fn définie
n
sur E converge normalement.
Remarque 2.7
Exemple 2.5
X cosnx
La nature de la série .
1
n2
Z !
X XZ
fn (x) dx = fn (x)dx (2.9)
E n n E
!
d X X X d
fn (x) = fn0 (x) = fn (x) pour tout x ∈ E (2.10)
dx n n n
dx
Proposition 2.6
X
Soit fn une série de fonctions définie sur E telle que, pour tout x ∈ E, la
X
série numérique fn (x) soit une série alternée dont le terme général décroit
Remarque 2.9
X
Pour démontrer qu’une série de fonctions fn ne converge pas normalement
n
sur E, on peut :
sur E, on peut
P
(i) Utiliser le fait que tous les fn sont continues et que n fn n’est pas
continue.
(ii) Trouver des suites d’entiers (pn ) et (qn ) et une suite (xn ) de E tels que
qn
X
| uk (xn )| 6 a où a est un réel strictement positif.
k=pn
(iii) Minorer directement la norme infinie du reste par quelque chose qui ne
Exercice
+∞
X
an z n , an ∈ R, z ∈ R ou z ∈ C (2.11)
n=0
Remarque
entière converge.
Théorème 2.12
X
Sauf, peut-être sur le bord du domaine de convergence une série entière an z n
X n
est de même nature que la série des modules an |z|n
n
an z n le réel positif R
P
On appelle rayon de convergence de la série entière
défini par :
de la série entière.
Proposition 2.7
X
Soit an z n une série entière complexe z ∈ C, an ∈ R.
n
Soit
an+1
l = lim (2.13)
n→+∞ an
ou en core
p
n
l = lim |an |, (2.14)
n→+∞
1
R= .
l
Exemple 2.6
+∞ n X +∞ n X +∞ n
X z z z
Etudier la nature de la série entière , 2
, . Donner aussi leur
0
n! 1
n 1
n
domaine de convergence.
Théorème 2.13 (Intégration termes à termes d’une série entière)
+∞
X X
n
Soit an x , an ∈ R, x ∈ R. Si la série entière réelle an xn converge
0 n
uniformément alors on peut écrire
Z X XZ
( an xn )dx = an xn dx (2.15)
R n n R
entière
Définition 2.10
+∞ n
x
X x
e R = +∞
0
n!
+∞
1 X
xn R=1
1−x 0
+∞
1 X
(−1)n xn R=1
1+x 0
+∞
X
n x2n+1
sinx (−1) R=
0
(2n + 1)!
+∞
X x2nn
cosx (−1) R=
0
(2n)!
+∞
X xn+1
log(1 − x) − R=
0
n+1
+∞ n+1
n x
X
log(1 + x) (−1) R=
0
n+1
fini de termes. Le développement limité n’est vrai dans ce cas que lorsque x tend
Théorème 2.15
Les séries de Fourier sont des séries de foncitons qui permettent d’étudier les
a0 X
+ (an cosnx + bn sinnx). (2.18)
2 1
Cette série converge simplement vers une fonction f . Comme les fonctions tri-
aussi périodique de période 2π. Alors les coefficients an et bn sont donnés par :
Z Z
1 1
∀n ∈ N, an = f (x)cosnxdx et bn = f (x)sinnxdx, (2.19)
π ∆ π ∆
selon la fonction f .
Définition 2.12
a0 X
+ (an cosnx + bn sinnx). (2.20)
2 1
forme
a0 X
Sf (x) = + (an cosnx + bn sinnx), (2.21)
2 1
avec
gente vers f ?
Théorème 2.16 (Dirichlet-Jordan)
discontinuité, f admet une limite à droite et une limite à gauche finies. Enfin,
on suppose que f admet en tout point de ∆ une dérivée à droite et une dérivée
et a pour somme
1
Sf (x) = lim+ f (t) + lim− f (t) . (2.23)
2 t→x t→x
X
f (t) = cn einωt (2.24)
n∈Z
avec cn coefficient de Fourier complexe de f ,
Z
cn = f (x)e−inx dx. (2.25)
R
pour tout x ∈ [0, π]. Montrer qu’on peut développer f en série de Fourier.(Faire
le graphe de f sur [−π, π]). En déduire les sommes des séries numériques
X 1 X 1
2
et 2
.
n>0
(2n + 1) n>1
n
Exercice
i) Construire le graphe de f .
[−π, π].
i) Répresenter f .