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Responsabilité extracontractuelle en droit

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Droit des responsabilités

Le fait juridique est subit contrairement à l'acte juridique

Fait juridique licite : création d'un enrichissement d'autrui sans justifica°

Quasi contrat : obliga° naissant d'un fait juridique

Toutes les règles s'appliquant quelque soit la source de l'obliga°

1 ÈRE PARTIE : LA RESPONSABILITÉ


EXTRACONTRACTUELLE

La responsabilité civile est une obli mise par la loi à la charge d'une personne de réparer le
dommage subit par une autre.

Au sein de la resp civile (RC) :

 Resp contractuelle
 Resp extracontractuelle (délictuelle)

Dans quel cas faut-il réparer le dommage causé à autrui ?

Section I : Les fonctions de la responsabilité extracontractuelle

1. Fonction indemnitaire
2. Fonction punitive
3. Fonction préventive (prophylactique): modif des comportements par dissuasion de la
règle de droit

→ Deux dernières fonctions secondaires

Section II : Les fondements de la responsabilité extracontractuelle

Doctrine a tenté de les dégager


§1. La faute

Fondement traditionnel de la RC

Tarrible et Ripert

Dimension morale puissante mentionnée dans le Cciv de 1804 (ancien art.1382 → art.1240)

→ Responsabilité subjective

§2. Le risque

Révolution industrielle du 19ème et la multiplication des accidents liés rend difficile de


déterminer la faute

Josserand et Saleilles: dommages anonymes

C'est à celui qui crée un risque qui doit réparer le dommage du risque qui se réalise

> Théorie du risque avec la voiture

→ Admission de responsabilité sans faute = responsabilité objective

> Loi de 1998 sur les accidents du travail

La responsabilité du fait des choses (art.1242) : nous sommes responsable des choses que l'on
a sous notre garde

§3. La garantie

Boris Stark et l'importance de la victime = droit à la sécurité

→ Responsabilité civile = conflit entre le droit à la sécurité et le droit d'agir

→ Nécessité de hiérarchiser les préjudices :


 Préjudice corporel : réparation automatique
 Préjudices économiques : droit à réparation doit ê encadré et conditionné (faute)

Loi des victimes de conducteurs de véhicules du 05/01/1985 :

 Préjudice corporel : réparation systématique


 Préjudice matériel : réparation nuancée

Section III : L’évolution de la responsabilité extracontractuelle

§1. Avant le code civil

Confusion entre resp civile et pénale (réparation et punition) autrefois

Lex aquilia (3ème s. av. JC) : sanctionne certains comportements particuliers visés

→ Interprétée de plus en plus largement au cours de siècles

→ Mise en avant du concept de faute (influence religieuse du péché)

§2. Le code civil

Aboutissement de cette évolution au sein de l'art.1240 :clause générale de responsabilité pour


faute

Pas de resp sans faute en 1804

§3. À partir de la fin du XIXe siècle

A. Un mouvement constant d’extension de la responsabilité extracontractuelle


Doctrine, JP et législateur

→ Admission de la resp sans faute (objective) :

 Arrêt Teffaine du 16/06/1896 : Resp du fait des choses

 Loi du 09/04/1898 sur les accidents de travail

 Arrêt Bertrand de 1997 : responsabilité du fait d'autrui pour les parents si leur enfant
cause un dommage (resp sans faute)

Régimes spéciaux des responsabilités se basent sur des resp objectives :

Loi de 1985 sur les accidents de la route

Arts.1245 et suivant : resp des produits défectueux

Diversifica° des préjudices réparables (permet l'extension de l'indemnisation)

 Préjudice de mort imminente

 Préjudice lié à la perte d'un proche

 Etc...

Multiplica° des préjudices collectifs :

Préjudice écologique de 1999 (Erika)

Idéalisation de la réparation du préjudice au sein de la société

B. Le développement des mécanismes de mutualisation des risques

Acceptation élargie du risque indique la nécessité du développement de l'assurance

→ Faire peser la réparation sur l'ensemble des conducteurs = mutualisation des risques

→ Assurance qui rend acceptable le poids économique et social de la resp civile objective
La sécurité sociale et réparation des accidents du travail

→ Cotisations sociales

(Assurance maladie et gratuité de l'hôpital)

Les fonds de garantie

> Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages

→ En cas d'absence d'assureur

> Fonds de garantie créé par le législateur pour l'affaire du mediator de 2009 = indemnisation
rapide

→ Question du recours contre le responsable = recours des tiers payeurs envers le responsable

C. Une extension source d’interrogations

Si la resp permet l'indemnisation des victimes, elle est aussi une charge qui pèse sur le
responsable (et par extension la collectivité du fait de la mutualisation des risques)

→ Prendre en compte les deux penchants de la balance

> Alourdissement de la resp des médecins (gynécologues) par la JP afin de mieux indemniser
les bébés des familles qui naissent avec des problèmes au début des années 2000

→ Retrait des assureurs pour les médecins

→ Augmentation des primes pour les assurances étant resté sur le marché (trop élevé pour les
médecins)

=> Paralysie de l'activité des médecins


Accroître la resp = limiter la capacité d'action et donc la liberté du responsable potentiel

> CA Toulouse 2019 : resp du fait des choses escalade site naturel = fermeture des sites
naturels

=> Alourdissement de la resp peut dissuader l'action au détriment de l'intérêt général

IL N'Y A PAS QUE L'INTERET DE LA VICTIME A PRENDRE NE COMPTE

§ 4. L’avenir de la responsabilité extracontractuelle

La responsabilité contractuelle et extracontractuelle n'a pas été réformée dans l'ordonnance de


2016

→ Sera débattu ultérieurement de part son fondement politique, économique et social

Besoin de réforme cependant

→ Textes initiaux de 1804 en vigueur

→ Règles de droit émanant de la JP

→ Régimes légaux de la resp (loi de 1985, art.1245 et suivants, loi du 04/03/2002 sur la
responsabilité médicale)

Règles de la responsabilité complexes (JP) et imprévisibles (articles vagues)

Projets doctrinaux :

 Avant projet Catala en 2005 confié à Geneviève Viney : favorable à l'indemnisation de


la victime
 Avant projet Terré en 2011 : canaliser la responsabilité civile
 Avant-projet du ministère de la Justice en 2017

 Projet de loi déposé au Sénat en 2020 (sans les dispositions faisant débat)
Section IV : Responsabilité contractuelle et responsabilité extracontractuelle

§1. Le principe de non-option entre les responsabilités contractuelle et


extracontractuelle

Responsabilité contractuelle concerne deux personnes liées par un ctt

 La responsabilité contractuelle n’est pas due au hasard car rencontre des


volontés = règles spécifiques

Le préjudice réparable est seulement le préjudice prévisible

 Des clauses de ctt vont encadrer cette responsabilité


 Clauses limitatives de resp (logique de plafond)
 Clause pénale (évaluation anticipée et forfaitaire des dommages et
intérêts)

Pas de choix entre resp contractuelle et resp extracontractuelle

 Demandeur tenu de se placer sur le terrain contractuel et d’appliquer les règles


qui en découlent
 Principe affirmée par la chambre des requêtes en 1890

§2. L’instrumentalisation de la matière contractuelle

Instrumentalisation des juges pour choisir s’ils vont ou non sur la matière contractuelle

A. L’existence du contrat

La JP peut identifier un ctt alors que cela n’était pas évident pour les parties

 Convention d’assistance bénévole : ctt se formant lorsqu’un assistant apporte


son aide à un assisté pour la réalisation d’une tâche accomplit dans l’intérêt
exclusif de l’assisté

 Si dommage créé à l’égard de l’assisté dans l’exécution de l’obligation,


l’assistant s’engage à indemniser l’assisté

 Taillage de haie et bras coupé

Instrumentalisation en ctt car tous les critères d’une responsabilité délictuelle ne seraient pas
rempli

 But : indemniser la victime


 Cass 16-19.420 : le fait de ne pas agir exclusivement dans l’intérêt de l’autre
ne permet pas de caractériser une convention d’assistance bénévole

B. Le contenu du contrat

Obligation de sécurité : le forçage du ctt (art.1194 Cciv)

 Juge rajoute une suite au contrat, non prévue par les parties parce que l’équité
l’impose = juge force le contenu du contrat

 Arrêt de 1911 : contrat de transport inclus une obligation de sécurité

Obligation de moyen : partie s’engage à faire de son mieux

 Prouver que la partie fautive à manqué de diligences

Obligation de résultat : obligation de la partie s’étant s’engagée à atteindre un résultat par


n’importe quel moyen

 Liée à l’obligation de sécurité car forcée par les juges

L’obligation de sécurité permet d’agir sur le fondement contractuel et de se voir octroyé


réparation

JP ambivalente

Arrêt de 2017 : le supermarché est responsable sur le fondement d’une obligation de sécurité
de résultat sur le fondement du CDConso

Arrêt de 2020 : responsabilité délictuelle seulement

JP ambivalente sur le début et la fin du contrat du transporteur

Nécessité d’invoquer à titre principal la responsabilité contractuelle et à titre subsidiaire la


resp délictuelle.

§3. Le dommage subi par un tiers au contrat

Obligation délictuelle

Est-ce que le manquement contractuel peut également constituer une faute délictuelle à
l’égard d’un tiers ?
 Arrêt ass. Boutshop 2006 : OUI si cela a causé un dommage au tiers
(obligation de moyen)
 Arrêt ass. 2020 : confirmation de l’arrêt Bootshop (obligation de résultat)

 Tout manquement contractuel peut faire émerger une faute délictuelle envers
les tiers
 Le tiers est dans une position très avantageuse par rapport au débiteur
 Tiers non soumis aux contraintes contractuelles + non soumis
aux clauses limitatives de responsabilités
 Peut prendre ce qui l’avantage dans le contrat et écarter
ce qui ne lui convient pas
 Le tiers est mieux placé que les créancier
contractuel
 Le débiteur contractuel est sacrifié car la
clause limitative de resp ne plafonne pas
les réparations pouvant ê demandés par le
tiers

Art.1234 proposé par la chancellerie

 Manquement contractuelle ne constituerait plus une responsabilité


contractuelle envers un tiers mais bien une resp délictuelle s’il apporte la
preuve d’un préjudice
 Seul le tiers ayant un intérêt légitime à se prévaloir du manquement
contractuel pourrait agir en justice
1 ÈRE SOUS-PARTIE : DROIT COMMUN DE LA RESPONSABILITÉ
EXTRACONTRACTUELLE

TITRE I : LES CONDITIONS DE LA RESPONSABILITÉ

Chapitre 1 : Le fait générateur

Section I : La faute

Arts.1240 et 1241 du Cciv

Faute intentionnelle

Faute de négligence = quasi délit civil

 Dans les deux cas vous devez réparer le dommage créé à autrui

La responsabilité civile a une valeur législative ainsi qu’une valeur constitutionnelle

> DCC de 1982 et de 1999

 Basé sur l’article 4 de la DDHC de 1789

 Le législateur ne peut pas vider totalement de sa substance la resp pour faute bien
qu’il puisse en apporter des limites si cela répond à un objectif d’intérêt général et si
l’atteinte est proportionnelle

 Exemple immunité employeur sécurité sociale

§1. La notion de faute

A. Les éléments de la faute

La personne devait avoir commis une faute (élément objectif) et avoir été consciente de sa
faute (élément subjectif)

1. La disparation de l’élément subjectif

Le discernement désigne la capacité de mesurer la portée de ses actes

Discernement et faute étaient liés

Problème : laisse sans réparation toutes les victimes d’acte objectivement illicites mais causé
par des gens non dotés de discernement
Les frères Mazeaud critiquent le fait qu’une victime d’un comportement objectivement illicite
ne puisse pas faire l’objet d’une réparation

Loi Carbonnier : art.414-3 = le majeur protégé sous l’empire d’un trouble mental doit réparer
ses actes illicites

La Cass maintenait le fait que l’enfant, manquant de discernement, ne peut engager sa


responsabilité

MAIS

 Arrêts Lemaire et Derguini de 1984 : Pour engager la resp d’un enfant, les
juges n’ont pas à rechercher si cet enfant est doué ou non du discernement

 Indemnisation possible dans tout type de cas

MAIS

 Indemnisation partielle si enfant victime (responsabilité partagée)

2. L’élément objectif

a. Définition

Planiol : « La faute est le manquement à une obligation préexistante »

Un comportement peut ê illicite alors qu’il ne voilerait aucune disposition législative

 Art.1241 : responsabilité de la négligence

Art.1242 : « constitue une faute, la violation d’une prescription légale ou le manquement du


devoir général de prudence ou de diligence »

b. Méthode d’appréciation

Le juge recherche si un comporteme,nt est caractéristique d’une faute

- Appréciation in abstracto : il se réfère à un modèle de conduite prédéterminé par l’H


normal

- Appréciation in concreto : le juge tient compte des particularités de l’agent fautif


pour déterminé s’il a mal agit

 Appréciation in abstracto gardé


 On tient aussi compte de la nature de l’activité et des éléments extérieurs à
l’agent

> Comparaison des professionnels similaires entre eux

Prend-t-on en compte la cécité d’une personne pour déterminer la faute ?

 La JP tient compte de l’handicap physique mais l’handicap inclut l’adoption de


précautions particulières, qui, si elles ne sont pas adoptées constitue une faute

Comparaison par rapport à l’âge ?

 La JP tient compte de l’âge mais de manière ambivalente

c. Questions processuelles

La Cass contrôle la qualification de fautes CAR la qualification de faute n’est pas une
question de faits mais de droit

 Cass trace la frontière entre les comportements licites et illicites

Sur qui pèse la charge de la faute de la preuve ?

 Sur le demandeur

B. Les faits justificatifs

Faits de nature à supprimer le caractère fautif d’un comportement.

Art.122-1 et suivant du CP

Le droit civil reprend les faits justificatifs du CP

Le DP ne prend pas compte du consentement de la victime pour absoudre le comportement de


l’auteur d’une infraction.

En droit civil, le consentement de la personne est tenu en compte SAUF pour les dommages
corporels
§2. La typologie des fautes

A. Faute de commission et faute d’abstention

Comportements positifs, qui existent = engagement de la resp de l’auteur

Peut-on reprocher à qqn l’abstention ?

 Faute civile susceptible d’engager sa responsabilité civile en cas de manque de


prudence et de diligence

 Obligation d’information précontractuelle

Arrêt de 1951 : faute d’abstention TSF

B. Faute simple et faute qualifiée

La gravité de la faute n’a aucune incidence en cas de responsabilité extracontractuelle entre la


faute intentionnelle ou de négligence

La gravité de la faute n’a aucune incidence sur le montant des dommages et intérêts

1. La faute intentionnelle

Faute commise avec la volonté de causer le dommage.

 Aucune incidence sur les DEI

On n’attache pas de sanction particulière à l’existence d’une faute intentionnelle, ceci laissé
au DP (DEI punitifs en droit américain n’existant pas en Dr Fr)

MAIS

Influence cachée sur le montant de la réparation

 Les juges modulent le montant des DEI en fonction de la gravité de la faute de


l’auteur du dommage

Enjeu juridique dans le domaine de l’assurance :

Art. L113-1 du Code des Assurances : la faute intentionnelle n’est pas assurable
2. La faute inexcusable

Deux définitions de la Cass :

- Faute de l’employeur : lorsque l’employeur avait ou aurait dû avoir une conscience du


danger auquel il exposait le salarié et n’en a pas pris les mesures nécessaires pour l’en
préserver (condition de responsabilité)
- Faute de la victime : faute volontaire d’une exceptionnelle gravité exposant sans raison
valable son auteur contre un danger dont il aurait dû avoir conscience (exonération de
responsabilité – mécanisme de loi 1985)

 Application stricte de la Cass : elle n’accepte jamais la réunion des conditions de la loi
de 1985 = mieux indemniser les victimes

C. Faute sportive et faute civile

Un comportement fautif peut ê considéré comme acceptable car commis dans le cadre d’une
activité sportive = élévation du niveau du risque

La simple faute sportive ne constitue pas automatiquement une faute civile

Arrêt de 2014 : la faute sportive est une faute d’une certaine gravité caractérisée par une
violation des règles du jeu

 Violation des règles du sport + certaine gravité

D. L’abus de droit

1. L’admission de l’abus de droit

Cicéron : le droit poussé à son extrême induit une injustice importante (summum jus, summa
injuria)

Planiol : le droit sait où l’abus commence = s’il y a abus, on est en dehors du droit

Josserand : De l’abus des droits = abus de droit lorsqu’il y a détournement de la fonction du


droit subjectif

Repair : le rôle du droit positif est de mener l’abus de droit à l’absolutisme du pouvoir

Admission de l’abus de droit au début du 20ème

 Bayard et Coquerel

 Cass : aucune utilité pour Coquerel + nuisible pour Bayard = abus du droit de
propriété
2. Le domaine de l’abus de droit

Le droit de propriété est le terrain d’émergence de l’abus de droit

 Il peut y avoir un abus dans la rupture des pourparlers : domaine délictuel


 CDI est un droit susceptible d’abus : domaine contractuel
 L’abus de droit dans l’exercice d’une voie de droit : action en Justice
 L’abus d’une voie d’exécution
 Art. L121-2 du code de procédure civil d’exécution : le juge peut
annuler la saisie abusive + condamnation à des DEI

Domaine général car relève d’un abus de droit SAUF droits discrétionnaires

 Liberté de testament
 Exclusive de toute responsabilité
 Droit de se défendre contre un empiètement
 Victime d’un empiètement peut demander la démolition d’un immeuble

3. Le critère de l’abus de droit

La JP distingue selon le droit en cause

Il y a abus de droit lorsqu’il y a intention de nuire

La JP est plus souple pour certaines matières et accepte de sanctionner plus de comportements

 Rupture des pourparlers : rompre sans motif légitime des pp très avancés

Section II : Le fait des choses

Responsabilité d’une personne du fait d’une chose

Art.1243 : fait d’un animal

Art.1244 : Fait d’un bâtiment en ruine

 Cas limitatifs
 JP va au-delà des textes et reconnaît un principe général de responsabilité du fait des
choses

§1. L’avènement de la responsabilité du fait des choses

Principe détaché de la responsabilité pour faute

Un nouveau dommage apparaît à la fin du 19ème : le dommage causé par les machines

 Délicat d’imputer la faute


Arrêt Teffaine de 1896 : reconnaissance du principe général du fait des choses

 Fondement sur l’art.1242 al.1 : en tant que propriétaire de la chose, la personne est
responsable des dommages causés par cette chose à autrui
 Responsabilité sans avoir à prouver la faute du gardien de la chose

Loi du 09/04/1898 relative aux accidents du travail : responsabilité automatique de l’employeur =


disparition de la responsabilité du fait des choses

RDFDC ré-émerge avec les accidents d’automobiles

 Arrêt Jan d’Heur de 1930 : pose les bases de la RDFDC


 Responsabilité objective détachée de la faute (responsabilité de plein droit)

§2. Les conditions de la responsabilité du fait des choses

A. Une chose

1. Ubi lex non distinguit, nec nos distinguere debemus

Là où la loi ne distingue pas, il n’y a pas lieu de distinguer

Les propositions de distinction :

- Chose ayant causé le dommage actionné ou non par la main de l’H (resp art.1240)

 Risque d’une limite de la RDFDC = aller à l’encontre de la volonté des juges

 Ecarté car distinction pas si évidente

- Présence d’une chose viciée

 Risque de vider la RDFDC de sa substance

 Difficile à établir

- Dangerosité de la chose

 Distinction de ce qui est une chose dangereuse compliquée

 La chose a causé un dommage = dangereuse

La chose peut être un immeuble

Les choses meubles corporelles et semi-incorporelles (vapeur, poussière, fumée)

 Les choses vraiment incorporelles pourraient causer un dommage au titre de l’art.1242


 Art.1243 du projet de réforme indique seulement les choses corporelles
Lorsque le corps humain forme un seul et mm ensemble lorsqu’il cause le dommage, la RDFDC est
applicable

 Skieur
 Cycliste

¾ des décisions concernent :

- Les moyens de transport (vélos, rollers, etc.)


- Les immeubles (escalators, ascenseurs, vitres, etc.)
- L’outillage industriel agricole (moissonneuse batteuse, presse industrielle, etc.

2. Specialia generalibus derogant

La resp générale DFDC est parfois écartée en présence de dispos législatives spéciales

a. Dans le code civil

i. Les animaux (1804)

Art.1243 : Le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert, pendant qu'il est à son usage, est
responsable du dommage que l'animal a causé, soit que l'animal fût sous sa garde, soit qu'il fût égaré
ou échappé.

ii. La ruine des bâtiments (1804)

Art.1244 : Le propriétaire d'un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine, lorsqu'elle est
arrivée par une suite du défaut d'entretien ou par le vice de sa construction.

 Nécessité d’un bâtiment immeuble (vraie accroche au sol) en ruine (chute involontaire
d’éléments provenant de ce bâtiment)
 Responsable = propriétaire
 La victime doit prouver un défaut d’entretien ou un vice de construction
 Même si le défaut d’entretien n’est pas imputable au propriétaire, il est responsable
 Régime foins favorable pour la victime car elle doit amener la preuve
 Régime de l’art.1244 évince celui de l’art.1242
 Projet de réforme propose de supprimer l’art.1244
 Distinction
 Propriétaire et gardien : fondement sur l’art.1244
 Propriétaire différent que gardien : fondement de l’art.1242

iii. La communication d’incendie (1922)


Condamnation du propriétaire des fûts de résine sur le fondement de la RDFDC

 Assureurs affirment que ce n’est pas normal que la responsabilité pèse sur la personne
à l’origine de l’incendie
 Induit une augmentation des primes ou l’impossibilité d’assurer

Art.1242 al.2 : en cas de communica° d’incendie, la personne est responsable que si elle a commis une
faute

 Exclusion de la resp sans faute DFDC

 Indemnisation des victimes par leur assurance personnelle = évite de centraliser la


responsabilité sur une seule personne
 Proposition de suppression de ce régime spécial par le projet de réforme = assureurs
pas contents

b. Hors le code civil

Règles particulières au nucléaire, aux marrées noires, etc.

RDFDC est une spécificité française

B. Un fait de la chose

La JP détermine que :

- La chose doit avoir été l’instrument du dommage


- La chose doit avoir eu un rôle actif dans la réalisation du dommage

Rôle actif déterminé par des arrêts de 1995 :

- Objet en mouvement entré en contact avec le siège du dommage (escalator)


 En cas de chose inerte ou de non contact avec la victime
 La victime doit prouver le rôle actif de la chose en prouvant l’anormalité ou la
défectuosité de la chose
 Anormalité de l’état de la chose
 Anormalité quant à la position de la chose
 Anormalité quant au fonctionnement de la chose

C. La garde de la chose
1. La notion de garde

Deux conceptions :

- Le gardien est celui qui a la maîtrise matérielle de la chose


- Le gardien est le propriétaire de la chose (plus favorable à l’indemnisation de la victime)

Arrêt Franck de 1941 : le gardien est celui qui a l’usage, le contrôle et la direction de la chose

2. La preuve de la garde

a. La présomption de garde

Le propriétaire est le gardien de la chose

 La victime peut agir directement contre le propriétaire


 Présomption fonctionne même si le proprio n’a pas connaissance de la chose
(Arrêt 2023)
 Le propriétaire a la charge de la preuve pour prouver qui est le gardien au moment du
dommage

b. Le transfert de la garde

Transfert involontaire (vol)

En cas de perte, la responsabilité n’est pas transférée

- Transfert de la garde avec contrat


- Transfert de la garde en dehors de tout contrat
 Une chose utilisée par une personne dans l’intérêt du propriétaire, la personne n’en
devient pas gardienne

3. Les personnes susceptibles d’être gardiens

Arrêt Trichard de 1964 : une personne dépourvue de discernement peut être gardienne d’une chose

Arrêt Gabillet de 1984 : un enfant en bas-âge peut être gardienne d’une chose

Le préposé est sous l’autorité d’un commettant

 Incompatibilité des fonctions de préposé et de gardien = commettant en est gardien


 Existence d’un lien de subordination entre commettant et préposé = préposé n’est pas
indépendant
 La responsabilité du dommage pèse sur le commettant pour protéger le préposé
4. La pluralité de gardiens

Garde alternative t non cumulative

 2 personnes ne peuvent pas ê déclarées simultanément gardienne lorsque leur pouvoir


sur la chose s’exerce à des titres juridiques différents

a. La garde collective

Plusieurs personnes identiques exercent un pouvoir simultané sur la chose

 Pouvoir de droit : couple marié propriétaires d’un bien commun


 Pouvoir de fait : groupe d’enfant – allumettes – grange / joueurs foot – ballon de foot

Permet de savoir si on ne sait pas qui a causé le dommage : JP a retenu que l’ensemble des chasseurs a
la garde commune des plombs du groupe

 Action en Justice contre tous les chasseurs pour réparation : raisonnement de manière
collectif

 Ne fonctionne que pour les tiers


 Un co gardien ne peut agir contres ses co gardiens

b. Garde de la structure et garde du comportement

Selon l’origine du problème, le gardien ne sera pas le même :

- Garde de la structure :
 Arrêt Affaire Oxygène Liquide 1956
 Société Oxygène liquide dont dépendait la structure de la chose responsable
 Fabriquant reste le gardien de la structure de la chose dotée d’un dynamisme interne
- Garde du comportement : manière dont la chose a été utilisée

Responsabilité du fait des produits défectueux (art.1245) remplace cette responsabilité

 Interdiction de se prévaloir du droit commun si préjudice fondé sur un défaut de


sécurité du produit

§3. Les causes d’exonération de la responsabilité du fait des choses


1) La faute de la victime

2) Le fait du tiers avec les caractères de la Force Majeure

3) Le cas fortuit avec les caractères de la FM

4) Contextes spéciaux

 Le gardien ne peut pas s’exonérer, même s’il n’a commis aucune faute

 L’acceptation des risques (sport) : si un dommage se réalise, il faut engager sur la


responsabilité pour faute
 Limitation de l’acceptation des risques par les juges

REVIREMENT

 Arrêt de 2010 : victime peut se prévaloir de l’art.1242 sans qu’on lui oppose
l’acceptation des risques

 Alourdissement de la responsabilité = augmentation primes d’assurance


 Art. L321-3-1 du Code du Sport
 Mise à l’écart de la RDFDC sous conditions strictes :

o A l’encontre d’un autre pratiquant


o Au cours d’une manifestation sportive ou d’un
entraînement en vue de cette manifestation sportive
o Lieu permanent ou temporaire à la pratique
o Exclusion ne vaut que pour les dommages matériels =
victimes dommages corporels peut invoquer la RDFDC

 Loi de 2022 (L311-1-1 du CDS) : RDFDC envers les propriétaires de sites


naturels écartée lorsqu’elle résulte de la réalisation d'un risque normal et
raisonnablement prévisible inhérent à la pratique sportive considérée
 Aisément écarté par le Juge en cas de préjudice trop important

Nécessité de demandes subsidiaires pour évoquer les différents fondements de la


responsabilité !

Section III : Le fait d’autrui


§1. Les cas particuliers de responsabilité du fait d’autrui prévus par le code

Art.1242 : La responsabilité du fait d’autrui

Le père et la mère, en tant qu'ils exercent l'autorité parentale, sont solidairement responsables
du dommage causé par leurs enfants mineurs habitant avec eux.

 La responsabilité ci-dessus a lieu, à moins que les père et mère ne prouvent


qu'ils n'ont pu empêcher le fait qui donne lieu à cette responsabilité.

Les maîtres et les commettants, du dommage causé par leurs domestiques et préposés dans les
fonctions auxquelles ils les ont employés

 Les instituteurs et les artisans, du dommage causé par leurs élèves et apprentis
pendant le temps qu'ils sont sous leur surveillance. En ce qui concerne les
instituteurs, les fautes, imprudences ou négligences invoquées contre eux
comme ayant causé le fait dommageable, devront être prouvées, conformément
au droit commun, par le demandeur, à l'instance = responsabilité pour faute
 Contrat d’apprentissage = contrat de travail = responsabilité du commettant au
faits du préposé

A. La responsabilité des parents du fait de leurs enfants

1. Le fondement de la responsabilité

La responsabilité des parents est-elle fautive ou sans faute ?

 1804 : responsabilité pour faute présumée simplement


 Faute d’éducation, faute de surveillance des parents
 Les parents pouvaient s’exonérer en prouvant qu’ils n’avaient
commis aucune faute (Art.1242 al.7)
 1950’ : amoindrissement de l’acceptation de la faute de la part des parents

 Arrêt Bertrand du 19/02/1997 : seule la force majeure ou la faute de la victime


peut exonérer la responsabilité objective des parents
 Responsabilité détachée de la faute

2. Les conditions de la responsabilité (cumulatives)

a. Un parent exerçant l’autorité parentale

- Lien de filiation nécessaire entre l’enfant avec le père ou la mère

- Exercice de l’autorité parentale par ces parents

La victime peut agir contre les deux parents : parents responsables solidairement
b. La cohabitation

Cohabitation matérielle à l’origine (pensionnat, grands-parents,…)

 Plus aucun sens depuis que resp objective des parents

Cohabitation abstraite (juridique) : résidence habituelle de l’enfant considérée

Existence d’une décision de Justice confie un enfant à un tiers et met ainsi fin à la
cohabitation avec le parent

c. Un fait dommageable de l’enfant

Fait engageant la responsabilité de l’enfant (engageant la responsabilité des parents)

 Responsabilité pour faute


 RDFDC

> 1960’ : Responsabilité des parents par rapport à leurs enfants alors même que l’enfant
n’était pas pourvu de discernement = enfant pas responsable personnellement

 1ère dissociation entre responsabilité des parents et responsabilité de l’enfant

 Arrêts de 1984 : resp de l’enfant


 Arrêt Fullenwarth du 09/05/1984 : présomption des pères et mères il suffit que
le mineur ait commis un acte qui soit la cause directe du dommage invoqué par
la victime

 Elément objectif des parents ne semble même pas nécessaire = juste un lien
causal suffirait

 Arrêt Levert 2021 : resp des parents n’est pas subordonnée à l’existence d’une
faute de l’enfant = tout acte d’un enfant, même non fautif, engage la resp de
ses parents s’il a été la cause d’un dommage

 Critique : responsabilité pour un fait normal


 Plaquage par un majeur = aucune responsabilité
 Plaquage par un mineur = resp des parents
 Enfant traité comme une chose (RDFDC)

Observations :
1) Responsabilité très lourde des parents

2) La responsabilité des parents n’entraîne pas une immunité de l’enfant

3) Art.1246 réforme : responsabilité des parents titulaires de l’autorité parentale vis-à-vis de


leurs enfants

Art.1245 réforme : condamnation de la JP Fullenwarth

B. La responsabilité des commettants du fait de leurs préposés

Art.1242 al.5

1. La responsabilité des commettants

a. Les conditions

i. Un lien de préposition

> Le commettant est celui qui a le pouvoir de donner des ordres au préposé sur la manière
d’accomplir une tâche

 Lien de préposition lorsque le commettant à le droit de donner au préposé des ordres ou


des instructions sur la manière de remplir à titre temporaire ou permanent, avec ou sans
rémunération fussent avec ou non louage de service les objets qui lui ont été confié

Hésitation sur la désignation de la personne du commettant

 Intérim

 JP raisonne au cas par cas selon le moment où le dommage a lieu

Ce n’est parce qu’il y a un contrat qu’il y a un lien de préposition

 Agent immobilier est indépendant

Ce n’est pas parce qu’il n y a pas de contrat, qu’il n’y a pas de lien de préposition

 Aide régulière bénévole

ii. Une faute du préposé


iii. Un acte commis par le préposé dans l’exercice de ses fonctions

 Chauffeur d’un camion citerne voulant détourner le fuel puis fini par le
déverser dans la nature
 Professeur de musique commet des agressions sexuelles sur certains élèves au
sein de l’établissement dans lequel il enseigne

Cass considère que le lien avec les fonction est établit dès lors que les circonstances
permettent de relier l’acte du préposé et l’exercice des fonctions

 Commettant doit prouver que l’acte accompli par le préposé n’a pas été
accompli dans l’exercice de ses fonctions

b. Les causes d’exonération

2. L’immunité du préposé

a. L’émergence de l’immunité du préposé

b. L’étendue de l’immunité du préposé

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