Impact de la crise de 1929 sur le monde
Impact de la crise de 1929 sur le monde
Introduction :
Après l’affaiblissement des nations européennes durant la Première Guerre Mondiale, le nouveau
moteur de l’économie mondiale, les États-Unis, concentre les échanges commerciaux et la
production industrielle. Même si les années 20 voient l’émergence d’une société de consommation
de masse, le modèle étatsunien est fragile et les signes de ralentissement se multiplient. Le 24
octobre 1929, les cours de la bourse de New York s’effondrent brutalement. C’est le début d’une
crise qui s’étend rapidement au monde entier, avec des conséquences sociales très graves.
Problématique :
Comment la crise de 1929 bouleverse-t-elle les sociétés aux États-Unis et dans le monde ?
Les années 20 sont marquées par une croissance forte mais qui s’accompagne de déséquilibres
importants et d’un système monétaire fragile. Les gains de productivité dans l’industrie ont
permis de produire plus vite et moins cher, notamment dans l’automobile (Ford). Face à cet
enrichissement, une partie de plus en plus importante de la population investit en bourse, avec
l’idée de faire des profits rapides. Mais les premiers signes de ralentissement de l’économie
apparaissent aux États-Unis dès 1928. Comme les ventes baissent, les stocks s’accumulent alors
que les revenus agricoles ralentissent. Le crédit devient la règle : on emprunte pour acheter des
actions, et le cours des actions en bourse continue d’augmenter. Le système se retourne
brutalement le 24 octobre 1929 éclatement de la bulle spéculative lorsqu’un mouvement de
panique pousse les investisseurs à vendre toutes leurs actions, dont les cours s’effondrent. En
une journée, l’indice boursier perd 22 % de sa valeur. Une crise qui devient économique : Face à
l’accumulation des stocks invendus et à l’effondrement des profits, les entreprises licencient un
grand nombre de salariés. En 1933, 25 % de la population active des États-Unis est au chômage,
principalement dans les villes industrielles. Avec l’effondrement de la consommation,
l’agriculture est elle aussi fortement touchée : les populations consomment moins et les prix des
produits agricoles s’effondrent à leur tour. C’est la déflation (diminution profonde des prix qui
entraîne une diminution de la consommation et donc de l’activité économique). La réponse
protectionniste des États-Unis qui cherche à protéger le marché intérieur la politique de l’étalon
d’or et le (HawleySmoot tariff Act, 1930) fragilise les exportations des États-Unis et accélère la
crise.
Ibrahim Douida
B. La « Grande Dépression »
Une crise sociale sans précédent : L’absence de protection sociale aggrave les conditions de vie
de la population. De nombreux agriculteurs sont expulsés de leurs fermes car ils ne peuvent
rembourser leurs crédits alors que dans les villes on assiste au développement de bidonvilles (les
« Hoovervilles » du nom du Président Hoover 1929-1933). Face à l’effondrement des prix
agricoles, les stocks de nourriture sont détruits (lait) alors que millions d’Américains ne mangent
pas à leur faim. Cette paupérisation (appauvrissement continu et durable) profonde de la société
est une remise en cause brutale du modèle de développement américain. C’est dans ce contexte
que Franklin Delano Roosevelt, le candidat démocrate, accède à la présidence des États-Unis en
mars 1933.
Une politique de relance, le New Deal : F.D. Roosevelt est favorable à une intervention plus forte
de l’état dans l’économie. Il met en place une politique de relance appelée le New Deal. Il s’agit
d’un ensemble de mesures qui donnent à l’état fédéral un rôle économique central : fort soutien
à l’agriculture, encadrement des banques. Il favorise la mise en place de syndicats puissants dans
l’industrie pour mieux défendre les travailleurs. L’état intervient alors pour surmonter la crise
économique. La naissance de l’état-providence : Le New Deal cherche également à venir en aide
aux personnes les plus fragiles. Dès 1933, un fonds d’urgence est chargé de venir en aide aux plus
pauvres. En 1935, le Social Security Act créé un système d’assurance chômage et de retraites.
L’une des mesures phares est la mise en place d’une politique de grands travaux (construction de
barrages hydroélectriques, routes, voies ferrées). L’objectif est la baisse du chômage et la
protection de la population. C’est l’état-providence, système dans lequel le rôle de l’état est de
protéger les populations contre les risques de la vie : maladie, accident, chômage, vieillesse. Des
résultats économiques fragiles : Le principal objectif du New Deal, qui est la disparition du
chômage de masse n’est pas atteint. En 1939, il y a encore près de 10 millions de chômeurs aux
États-Unis qui ne retrouvent le plein emploi qu’avec la Seconde Guerre Mondiale et la production
d’armes. Mais le programme de Roosevelt permet de moderniser le pays et de jeter les bases de
l’état-providence qui servira de modèle à de nombreux pays
Face aux difficultés financières, les États-Unis rapatrient dès 1929 leurs capitaux investis en
Europe, ainsi qu’en Amérique du Sud. Le Royaume Uni fait de même, ce qui aboutit à une
crise financière grave qui touche d’abord l’Allemagne et l’Autriche. Les banques font faillite
et la défiance gagne tout le continent. Le Royaume Uni, première puissance économique et
coloniale, dévalue sa monnaie (diminue sa valeur), créant une crise financière internationale
et aboutissant à des dévaluations monétaires en cascade : dollar, franc… Les politiques
protectionnistes se généralisent : Chaque pays apporte une réponse nationale et
personnelle à une crise mondiale, aboutissant à des mesures protectionnistes. Le Royaume
Ibrahim Douida
Uni se tourne vers son Empire alors que les États-Unis refusent de maintenir les crédits aux
pays producteurs, aboutissant à une contraction spectaculaire du commerce mondial.
L’Europe entière se trouve touchée par la crise, même si certains pays comme la France,
semblent impactés moins gravement. Avec la généralisation des politiques protectionnistes
et la contraction du commerce mondial, la crise se diffuse en Amérique Latine dont
l’économie est largement tournée vers l’exportation de produits agricoles en Amérique du
Nord et en Europe. L’Asie et l’Afrique, en partie colonisées, sont aussi fortement touchées
par la crise financière.
L’ensemble des pays industrialisés est touché par un chômage de masse. Le chômage touche
près de 15 % de la population en Allemagne et plus de 20 % dans le Royaume Uni en 1932.
Partout, des millions de chômeurs manifestent pour avoir un emploi et de quoi se nourrir.
Ce sont les marches de la faim qui touchent les États-Unis, le Royaume Uni et la France et
qui protestent contre les difficultés et la misère. Des grèves se multiplient comme en France
en 1936. En Amérique Latine, le chômage (difficilement estimable) est aussi très important
et entraîne une forte misère. La montée des populismes : Partout dans le monde, la crise
aboutit à une remise en cause de l’ordre politique. Si certaines démocraties surmontent les
antagonismes, aucune n’échappe à la montée du populisme (mouvement démagogique qui
prétend défendre les intérêts du peuple). En Allemagne, la population se tourne vers les
partis extrémistes, et en particulier le NSDAP d’Hitler qui apporte des réponses simplistes.
En Amérique Latine, des coups d’état se multiplient et aboutissent à des dictatures
populistes. Ainsi, au Brésil, Getulio Vargas prend le pouvoir en 1930 suite à un coup d’état.
L’Argentine, le Mexique ou encore l’Équateur sont à leur tour touchés par des révolutions et
des coups d’état. En France, ces tensions politiques ont pour conséquence l’affirmation des
ligues d’extrême droite qui montrent leur puissance et leur rejet de la démocratie le 6
février 1934. Cette situation pousse les communistes et les forces de gauche à s’unir dans
une alliance politique, le Front Populaire qui remporte les élections législatives de 1936.
C. La lutte contre la crise, des réponses différenciées. En France, les accords Matignon :
• Réaffirmation des droits syndicaux Dans la foulée, le gouvernement Blum vote la mise en place
de deux semaines de congés payés et la réduction du temps de travail à 40 heures
hebdomadaires.
assurer ses propres besoins et à isoler son économie. Il met en place une politique de grands
travaux (création d’autoroutes). C’est surtout la politique de réarmement et les annexions
d’états voisins qui permettent à l’Allemagne de faire baisser le chômage et de relancer son
économie.
Conclusion :
La crise de 1929 est donc une crise boursière qui se transforme en crise économique dans le pays
qui est alors la locomotive économique mondiale. Face aux conséquences sociales très graves, le
New Deal de Roosevelt cherche alors à mettre en place un interventionnisme étatique plus fort
et pose les bases de l’état-providence. Cette crise se diffuse rapidement à l’Europe et à
l’Amérique Latine, provoquant une misère sociale sur laquelle le populisme a prospéré. Si la
France, avec le Front Populaire, ne bascule pas dans un régime autoritaire, de nombreux pays
voient les populations fragilisées par la crise se tourner vers des dictatures comme au Brésil ou
en Allemagne.
Ibrahim Douida
Introduction :
La Première Guerre mondiale, par la brutalisation des sociétés, est un bouleversement profond
pour les pays européens. Si en Russie, les révolutions aboutissent à la mise en place progressive
d’un régime communiste, la Première Guerre mondiale fragilise les démocraties. Par ses traités,
elle fait naître en Allemagne et en Italie des mouvements politiques antidémocratiques violents
qui prospèrent sur les difficultés économiques et la montée du communisme. Des régimes que
l’on qualifiera plus tard de totalitaires se mettent en place en Russie, en Italie et en Allemagne.
Problématique :
Pourquoi qualifier les régimes russe, allemand et italien de totalitaires et comment ont-ils fait
basculer l’Europe et le monde dans la guerre ?
B. Une société contrôlée. Un culte du chef organisé par une propagande puissante :
Dans les régimes totalitaires, la place du chef est centrale et un véritable culte se met en place
autour de ces guides, de ces leaders qu’il faut écouter et suivre aveuglément. De manière
différente, ils occupent chacun l’espace médiatique grâce à une propagande savamment
orchestrée par des hommes comme Joseph Goebbels, le ministre allemand de l’information et
de la Propagande. Le Duce, le Vojd ou le Führer sont omniprésents, ne se trompent jamais et se
sacrifient pour leur nation, invitant les populations à faire de même. De grandes manifestations
sportives ou politiques sont organisées, mettant en scène cette adhésion populaire comme à
Nuremberg ou bien encore lors des festivités de la révolution d’octobre sur la Place Rouge à
Moscou. Des sociétés encadrées : Dans les états totalitaires, l’individu doit s’effacer au nom de la
construction d’une société nouvelle, d’un homme nouveau. Chaque moment de la vie sociale est
encadré par une organisation issue du parti unique : les organisations de jeunesse (Jeunesses
hitlériennes, Balilla et Avant-gardistes, Pionniers et Komsomols), le travail (Front du travail,
soviet), la vie sociale et politique au sein du parti qui devient un ascenseur social (PCUS, parti
fasciste, parti nazi). En Allemagne, l’organisation Kraft durch Freude (la Force par la joie) organise
les temps libres et les vacances des travailleurs. L’ensemble de la vie politique est politisé et les
résistances restent faibles, malgré certaines tentatives au sein des milieux catholiques en Italie et
en Allemagne et orthodoxes en URSS.
En Italie, Mussolini lance des programmes ambitieux pour faire de son pays une grande puissance
industrielle et agricole autour de l’assèchement des terres insalubres. Avec le contrecoup de la crise
économique, le dirigisme italien s’accentue. L’IRI (institut pour la reconstruction industrielle) est créé
en 1933 et contrôle une large part de l’industrie italienne. En Allemagne, le même schéma de
politiques de grands travaux se met en place, mise en lumière par une propagande intensive. L’autre
chemin choisi par l’Allemagne et l’Italie est celui de l’autarcie, c’est-à-dire d’une économie fermée. La
bataille de l’emploi n’est gagnée en Allemagne que dans la cadre du réarmement (en 1939, les 2/3e
du revenu national sont consacrés au réarmement) et au prix d’une baisse importante du pouvoir
d’achat et d’un pillage industriel des pays annexés. Mais le recul du chômage explique en partie
l’adhésion de la population aux régimes totalitaires. La politique économique de Staline : En 1929,
Staline lance son pays dans une grande réforme économique : il s’agit de faire de l’URSS une grande
puissance industrielle. Pour y arriver, l’État nationalise l’ensemble de l’économie et fixe des objectifs
de production (planification) à l’industrie lourde. Dans un pays largement agricole, l’agriculture est
sacrifiée pour financer l’industrialisation forcée. La propriété privée est supprimée et les terres sont
regroupées dans des fermes collectives d’État (sovkhozes). La désorganisation totale du monde
agricole entraîne des famines, attribuées aux koulaks (paysans opposés à la collectivisation) mais le
régime glorifie les nouveaux héros comme Stakhanov, mineur qui aurait produit 14 fois plus que les
objectifs.
Le parti bolchevik qui prend le pouvoir à partir de 1917 sous la tutelle de Lénine s’appuie sur le
communisme. Il s’agit d’une idéologie qui vise à la création d’une société égalitaire sans classe. Pour
y parvenir, les ouvriers (les prolétaires) doivent faire la révolution et imposer des réformes : c’est la
dictature du prolétariat. Pour les soviétiques, le communisme doit s’établir dans le monde entier et
l’URSS doit aider à la mise en place d’une révolution mondiale. C’est le rôle du Komintern,
Ibrahim Douida
organisation internationale communiste dont le siège est à Moscou. Staline, qui s’empare
progressivement du pouvoir en 1927, pousse à la naissance de l’Homme nouveau.
Tous ceux qui s’opposent au pouvoir sont considérés comme des ennemis de la classe ouvrière. Le
pouvoir soviétique met en place dès 1918 des premiers camps dans lesquels il s’agit de « rééduquer
» par le travail. Ce sont en fait des camps de travail forcé administré par le Goulag. Staline, qui arrive
au pouvoir en éliminant ses opposants, s’appuie sur la police politique, le NKVD, pour traquer ceux
qu’il appelle « les ennemis de l’intérieur », en fait tous ceux qui s’opposent, même et surtout au sein
du Parti Communiste. Entre 1936 et 1938, la Grande Terreur s’abat sur l’URSS. La violence d’état
devient systématique, des objectifs sont fixés dans les provinces. Entre 1,5 et 2 millions de personnes
sont arrêtées, condamnées à mort (750 000) ou envoyées dans des camps. Les principaux opposants
à Staline sont jugés en public pendant les Procès de Moscou, et sont généralement condamnés à la
peine de mort.
Avec les lois fascistes de 1925-1926, Mussolini met en place les outils nécessaires à l’encadrement
de la société. Le fascisme se base sur une double référence au passé glorieux de l’Italie (L’Empire
romain) et sur la volonté de construire un état moderne autour de son chef. Il s’appuie donc sur un
fort nationalisme et un rejet de la démocratie et du communisme. La culture de guerre, visible dans
l’encadrement militaire de la société, tout comme dans la propagande après la guerre en Éthiopie,
est un élément central du fascisme. Le fascisme intègre de manière incomplète un racisme d’état,
affirmant la supériorité du peuple italien. En 1938, une série de lois antijuives complètent la
définition du fascisme. Une violence d’état antidémocratique : Si le nombre de victimes du régime
de Mussolini n’est pas comparable avec l’Allemagne et l’URSS, l’Italie est un état policier dans lequel
les opposants politiques sont systématiquement pourchassés. Après l’assassinat de l’opposant
Matteotti (1924) et les lois fascistes, Mussolini utilise la violence pour asseoir son autorité. L’OVRA,
police politique mise en place en 1927, traque les opposants politiques, notamment les
communistes. Arrêtés, ils sont jugés et condamnés à mort ou à la déportation dans les îles Lipari.
Développée par Hitler dans son ouvrage Mein Kampf, rédigé en 1924-1925, le nazisme se définit
comme une révolution sociale qui doit permettre à la race aryenne de conserver sa supériorité. Il
entend donc lutter contre tout ce qui pourrait affaiblir la race aryenne (handicapés, homosexuels…).
Pour Hitler, les Juifs sont les principaux responsables de l’affaiblissement et de la défaite de 1918 («
coup de poignard dans le dos »), associés aux communistes. L’antisémitisme est donc un fondement
central du nazisme et les Juifs sont la cible du nazisme : boycott des magasins juifs, Lois de
Nuremberg (1935) les privant de la nationalité allemande et interdisant les mariages entre Juifs et
citoyens allemands, ou bien encore les mesures de 1938 leur interdisant d’exercer un nombre
importants de métiers. La violence comme outil idéologique : Hitler confisque le pouvoir grâce à la
violence (incendie du Reichstag en février 1933) et fait du NSDAP le seul parti autorisé. Devenu
Reichsführer en 1934 à la mort du Président Hindenburg, Hitler met en place de nombreux outils
pour orchestrer la violence nazie : la Gestapo, police politique, arrête les opposants tandis que les SA
puis les SS sont chargés de l’application violente des mesures nazies. Ainsi, utilisant comme prétexte
un attentat à Paris contre un représentant nazi, les dirigeants nazis appellent les Allemands à se
venger. C’est le début du pogrom (mot russe signifiant la persécution des Juifs) orchestré par les SS.
Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, appelée la Nuit de Cristal, les magasins juifs sont détruits,
Ibrahim Douida
les synagogues incendiées et les Juifs sont déportés dans les camps de concentration dont certains
ont ouvert dès 1933. Point de passage et d’ouverture 02
Dans les régimes totalitaires, le fonctionnement de base de la société est celui de l’embrigadement
c’est-à-dire de la militarisation des organisations civiles : le port de l’uniforme dans les groupes
paramilitaires (SS, squadre) et les organisations de jeunesse en témoignent. Dans les régimes
fasciste et nazi, la guerre est un but en soi, un projet de société qui permettra de créer une nouvelle
société. En URSS, la guerre est d’abord celle contre les ennemis intérieurs. Mais elle est aussi
glorifiée par le sacrifice pour assurer la victoire du communisme, comme lors de la guerre civile
entre 1917 et 1922 durant laquelle les forces européennes aidèrent les troupes blanches. La guerre
est donc pour l’URSS nécessaire comme moyen de survie. Le refus de l’ordre international : L’un des
enjeux centraux du régime nazi est de venger l’affront de Versailles en redonnant à l’Allemagne une
place centrale en Europe. Il faut donc, par la guerre, se venger de la France et du Royaume Uni. Mais
il faut surtout pour Hitler donner à l’Allemagne « un espace vital » suffisant pour sa population par
une colonisation de l’Europe de l’Est et donc la disparition de la Pologne, de la Russie…L’Italie a une
position plus ambigüe vis-à-vis de l’ordre international. Si elle quitte la SDN, elle cherche tout de
même à rester proche de la France et du Royaume Uni. Mais, devant les réticences occidentales,
l’Italie opère un rapprochement avec l’Allemagne pour former l’Axe Rome-Berlin (1936), le
nationalisme italien devant nécessairement passer par des annexions et des guerres. L’URSS prône
la révolution communiste mondiale et le renversement des régimes bourgeois. Ses relations avec les
autres puissances mondiales sont marquées par un forte défiance même si elle se rapproche de la
France (adhésion à la SDN en 1934, accords avec la France).
B. L’Espagne, lieu d’affrontement des totalitarismes Un pays déchiré par une guerre civile :
Les élections de février 1936 voient la victoire en Espagne d’un Front Populaire regroupant les
forces de gauche, dont les communistes (comme en France). Une partie de l’armée, basée au Maroc
espagnol, se soulève sous la direction du Général Franco qui prend la tête des nationalistes contre
les Républicains. La guerre dure trois ans et se termine par la victoire des nationalistes et la fuite en
France des Républicains espagnols (600 000 morts) point de passage et d’ouverture 03 . Un lieu
d’affrontement idéologique : Si malgré la demande espagnole, la France de Léon Blum refuse
d’intervenir dans le conflit et essaie d’imposer un embargo sur les armes, les régimes totalitaires
s’engagent dans le conflit. L’URSS, par le biais du Komintern, organise et arme les Brigades
Internationales qui réunissent les volontaires du monde entier qui s’engagent aux côtés des
Républicains espagnols. De leur côté, les régimes allemand et italien envoient des troupes et du
matériel pour aider les nationalistes de Franco, créant une alliance idéologique. Ils vont profiter de
ce conflit pour expérimenter leurs troupes et leur matériel comme lors du bombardement du village
de Guernica par l’aviation allemande (1937) ou celui de Barcelone par l’aviation italienne (1938).
L’exemple espagnol montre qu’en Angleterre et en France, les gouvernements et les opinions
publiques, traumatisées par la Première Guerre mondiale, sont très largement pacifistes et en faveur
de politiques d’apaisement et de renoncement. Dès 1936, face à la réoccupation militaire de la
Rhénanie, interdite par le Traité de Versailles, l’absence de réponse ferme franco-britannique illustre
cette faiblesse. Lorsqu’Hitler revendique les Sudètes, une région de la Tchécoslovaquie en 1938,
Chamberlain (Royaume Uni) et Daladier (France) préfèrent sacrifier un allié militaire pour éviter de
Ibrahim Douida
faire basculer l’Europe dans la guerre. C’est l’esprit de Munich (nom de la ville où a eu lieu la
conférence). Même si la France a conscience que la guerre est proche, le Royaume Uni espère
encore une conférence sur la paix. Les coups de force nazis et italiens : Profitant de l’absence de
réaction des grandes puissances mondiales, Hitler, après avoir réarmé son pays, se lance dans une
politique d’expansion. En mars 1938, il réalise l’annexion de l’Autriche l’Anschluss au nom de la «
Grande Allemagne » qui doit réunir tous les populations germanophones sous l’autorité nazie. En
Septembre 1938, les Sudètes, province majoritairement germanophone en Tchécoslovaquie sont
annexées par l’Allemagne avec l’accord de la France et du Royaume Uni (conférence de Munich). En
mars 1939, Hitler s’empare du reste de la Tchécoslovaquie et commence à revendiquer une partie
de la Pologne. La France et le Royaume Uni comprennent que la guerre est inévitable. Lorsque
l’Allemagne, après avoir signé un pacte avec l’URSS se partageant la Pologne, se lance dans la guerre
le 1e septembre 1939, les puissances occidentales se lancent à contre cœur dans la Seconde Guerre
mondiale.
Conclusion :
L’URSS, l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie sont donc des régimes nés de la brutalisation des
sociétés à l’issue des deux évènements du premier XXe siècle : la Première Guerre mondiale et la
crise de 1929. S’appuyant sur un parti unique et rejetant les fondements démocratiques, ces trois
régimes ont mis en place des méthodes de gouvernement communes pour atteindre des objectifs
idéologiques différents : une dictature du prolétariat en URSS, un nationalisme guerrier en Italie et
un nationalisme raciste et expansionniste en Allemagne. Ces trois pays ont eu en commun de vouloir
mettre en place une nouvelle géopolitique dans l’Europe des années 30, avec, comme moyen ultime
d’y parvenir la guerre face à des démocraties traumatisées par les sacrifices de la Grande Guerre.
La Seconde Guerre mondiale débute officiellement le 1er septembre 1939 lorsque l’Allemagne nazie
puis l’URSS de Staline envahissent la Pologne. Mais dans les faits, la guerre d’Espagne (1936–1939),
ou bien encore l’invasion de la Chine par les troupes japonaises en 1937, montrent que cette date de
1939 est contestable. Ce conflit, bien plus encore que la Première Guerre mondiale, est caractérisé
par la violence de masse et la volonté d’anéantir totalement l’adversaire. Il est aussi le théâtre du
plus grand génocide de l’histoire de l’Humanité, celui des juifs et des tsiganes. Face à un tel
déchaînement de violence, la France, choquée par l’effondrement de son armée en juin 1940, se
déchire entre résistance et collaboration.
Une Europe sous la botte nazie : en Europe, la guerre débute avec l’invasion de la Pologne en
septembre 1939. L’Allemagne nazie poursuit son expansion par l’invasion du Danemark puis de la
Norvège. En mai juin 1940, les troupes allemandes balayent les armées françaises et britanniques et
s’emparent de Pays-Bas de la Belgique et d’une partie de la France. Le Royaume-Uni reste en 1940 le
seul pays en guerre contre l’Axe mais, poussé par Churchill, le pays tient le choc malgré les
bombardements intensifs(Blitz). En 1941, l’Axe poursuit les combats en Afrique et au Moyen-Orient
pour couper l’approvisionnement en pétrole. Le 22 juin 1941, c’est le lancement de la grande
opération rêvée par Hitler, la guerre contre l’URSS (opération Barabarossa). L’armée rouge est
rapidement débordée et en décembre 1941, les troupes allemandes sont aux portes de Moscou. Le
Japon à l’assaut du Pacifique : Dans le Pacifique, le Japon, allié de l’Allemagne, mène une politique
de conquêtes dès 1931 qui s’accélère en 1937 avec l’invasion de la Chine. Profitant de la débâcle
française et britannique, les troupes japonaises s’emparent des colonies européennes, contrôlant un
vaste espace allant de la Birmanie au cœur de l’océan Pacifique. Se trouvant aux limites de l’espace
contrôlé par les États-Unis, les Japonais décident de lancer un raid surprise sur la base de Pearl
Harbor le 7 décembre 1941. Ils détruisent une grande partie de l’US Navy et s’assurent une
supériorité navale durable. Les États-Unis décident d’entrer en guerre contre le Japon et ses alliés
allemand et italien.
si les puissances de l’Axe bénéficient d’une supériorité militaire, le temps joue pour les Alliés. En
effet, la mobilisation de la puissance industrielle des États-Unis lui permet progressivement de
produire avions, chars, navires et munitions nécessaires au conflit alors que les puissances de l’Axe,
dont la production est menacée par les bombardements, ne peut tenir la course aux armements.
Ainsi, dès 1942, l’aide militaire venue des États-Unis permet à l’URSS de survivre face aux coups de
boutoir de l’armée allemande. Les premières victoires majeures : dans le Pacifique, l’avancée
japonaise est ralentie par une série de deux batailles, Midway en juin 1942 et Guadalcanal (août
Ibrahim Douida
1942–février 1943). Si ces batailles ne sont pas des victoires franches et décisives pour l’armée
américaine, elles n’en demeurent pas moins des coups d’arrêt à l’expansion nippone. En Afrique, les
troupes allemandes connaissent une première défaite à El-Alamein en octobre-novembre 1942 qui
leur empêche de prendre le contrôle du canal de Suez alors que les Alliés débarquent en Afrique du
Nord. Enfin, sur le front russe, les troupes allemandes sont stoppées à Stalingrad dans ce qui va
devenir l’une des plus grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale. Alors que les troupes
allemandes ont quasiment pris la ville à la fin de l’été 1942, les Soviétiques mettent en place une
guerre d’usure et de harcèlement, puis encerclent les troupes allemandes qui doivent capituler en
février 1943.
C. Les Alliés en route vers la victoire finale (1943-1945). La lente libération de l’Europe :
L’année 1943 voit la succession de grandes batailles qui permettent à l’URSS de libérer
progressivement son territoire, notamment après leur victoire à Koursk (1943). Dans le sud de
l’Europe, les Alliés débarquent en Italie et provoquent la chute de Mussolini. Malgré tout, la
conquête de la péninsule italienne reste très difficile alors que les troupes soviétiques piétinent à
l’Est. Réunis à Téhéran, les Alliés décident de mettre en place deux grandes offensives en 1944 : ce
sont les opérations Overlord et Bagration qui aboutissent au débarquement en Normandie point
de passage et d’ouverture 03) pendant que les troupes soviétiques libèrent l’Ukraine, une partie de
la Pologne et entrent sur le territoire allemand. En Normandie, la progression de troupes alliées est
très lente et ralentie par une résistance acharnée des troupes allemandes. La bataille de Normandie
prend fin en août 1944. Paris est libérée le 25 août 1944.
La capitulation de l’Allemagne : l’Allemagne tente une dernière grande offensive dans les Ardennes
à la fin de l’année 1944. Mais, la supériorité des alliés notamment dans les airs condamne cette
offensive. En 1945, les troupes alliées entrent en Allemagne et font leur jonction en avril 1945. Le 8
mai 1945, alors qu’Hitler s’est suicidé dans son bunker le 30 avril, le gouvernement allemand signe
une capitulation sans condition. La difficile capitulation du Japon : dans le Pacifique, les troupes
américaines font face à une résistance acharnée des troupes japonaises illustrée par les attaques
des kamikazes. Si les îles d’Iwo Jima (février 1945) et d’Okinawa (avril 1945) sont conquises, les
pertes militaires sont très importantes. Alors que l’URSS déclare la guerre au Japon, le nouveau
président américain Harry Truman décide d’utiliser l’arme atomique pour accélérer la fin du conflit
et montrer la supériorité technologique des États-Unis. Le 6 août 1945, la première bombe
atomique est larguée sur la ville d’Hiroshima. Trois jours plus tard, la ville de Nagasaki subit le
même sort (point de passage et d’ouverture 04). Le Japon capitule le 2 septembre 1945.
Dès le déclenchement de la guerre en 1939, les dirigeants nazis intensifient les mesures de
protection de la « race aryenne » à l’encontre des populations juives et tsiganes. Pour les
reconnaître, les Juifs et les Tsiganes sont identifiés avec des cartes d’identités et le port de signe
comme un brassard étoilé rendu obligatoire dès 1939. En Europe de l’Est la population juive est
concentrée dans des ghettos : Fin 1941 le ghetto de Varsovie regroupe près de 445 000 personnes.
L’enfermement se fait aussi dans les camps de concentration comme celui de Dachau, on passe de 21
000 détenus en 1939 à 700 000 en 1945. Les conditions de détention sont inhumains ; les détenus
travaillent dur, meurent de faim, de froid et de maladie comme le typhus. Les gardiens pratiquent
des sévices de façon constante. La volonté d’exterminer les juifs d’Europe se concrétise dès l’été
1941 avec l’avancée à l’Est où les nazis rencontrent de nombreuses communautés juives qui s’étaient
réfugiées dans ces états pour fuir les persécutions de l’Allemagne Nazie. On assiste alors à une
Ibrahim Douida
Mais les dirigeants nazis, en particulier Hitler et Himmler (le chef des SS), veulent accélérer
l’extermination. Après avoir songé́ à déporter les Juifs aux confins de la Sibérie et même à
Madagascar, ils choisissent de perfectionner l’utilisation des gaz. Fin 1941, les premières installations
sont construites à proximité de camps de concentration déjà̀ existants. Ce choix est officialisé par
Reinhard Heydrich lors de la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942, sous le nom de « Solution
finale ». Le discours de Heydrich officialise une accélération et une multiplication des massacres
durant l’été 1941. La Solution Finale s’impose alors aux dirigeants nazis comme un processus
inéluctable lié à la guerre totale, elle traduit l’évolution d’un processus de violence à la fois voulu par
Hitler et de moins en moins maîtrisé. Les centres de mises à mort se distinguent des camps de
concentration par leur unique activité́: l'assassinat de masse. Il existait 6 centres de mises à mort,
situés dans l’est du Grand Reich, donc sur le territoire de l’actuelle Pologne (Treblinka, Sobibor,
Chelmno-Kulmhof, Lublin-Majdanek, Belzec). Parmi eux, on distingue le complexe
d’AuschwitzBirkenau, à la fois centre de mise à mort et camp de concentration. Ce camp de
concentration est créé́ en mai 1940 et libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945. En 5 années, plus
de 1,3 million d'hommes, de femmes et d'enfants, meurent à Auschwitz, dont 900 000
immédiatement à leur sortie des trains qui les y amenaient. 90 % de ces personnes étaient juives. Au
printemps 1944, les fours crématoires d’Auschwitz brûlent jusqu’à 12 000 corps par jour. Au total
environ 5,7 millions de Juifs et 250 000 Tsiganes sont exterminés.
C .Un conflit marqué par les violences de masse. Les civiles victimes des violences de l’occupation
Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, les populations civiles comme militaires sont les cibles
de violence afin de maintenir la terreur. Les massacres et les destructions des villages sur le front Est
sont quasi généralisés. Les historiens estiment que ces massacres ont coûté la vie à près de 15
millions de soviétiques. À Charkhov, en Ukraine, dès l’arrivée des troupes allemandes à l’automne
1941, des centaines d’hommes sont pendus aux balcons de la ville où ils restent exposés pendant
plusieurs jours. Avec l’occupation de l’Europe, et les mouvements de résistance issus de la société
civile, la limite entre militaires et civils disparaît, laissant la possibilité aux troupes d’occupation de
perpétrer des massacres de civils. Ainsi, le 10 juin 1944, l’ensemble de la population du village
d’Oradour-sur-Glane est massacré par une division SS. Les bombardements stratégiques : les
innovations technologiques se multiplient dans tous les domaines de l’armement. Mais c’est
l’aviation qui devient l’un des outils privilégiés des belligérants. Il s’agit d’effectuer des
bombardements massifs pour détruire les appareils de production, les voies de communication. Mais
l’objectif est aussi de décourager la population en effectuant des bombardements massifs sur les
villes. La ville de Dresde est détruite à 90 %, faisant plus de 35 000 morts. Dès octobre 1941, les
États-Unis lancent le projet Manhattan pendant que l’Allemagne met au point les missiles V1 et V2.
En 1945, les bombardements sur les villes allemandes et japonaises se multiplient. Le 6 août 1945, la
Ibrahim Douida
première bombe atomique est lâchée sur la ville d’Hiroshima et trois jours plus tard, la ville de
Nagasaki est à son tour détruite par l’arme nucléaire, faisant au total près de 150 000 morts.
La France déclare la guerre en septembre 1939 à l’Allemagne. Pourtant, alors que les troupes
allemandes combattent en Pologne, puis au Danemark, en Norvège, les troupes françaises restent à
l’affût derrière la ligne Maginot. C’est ce qu’on appelle « la drôle de guerre ». Elle illustre à la fois le
refus de la guerre pour les Français et la faiblesse stratégique des dirigeants militaires qui pensent
reproduire la Première Guerre mondiale. Le choc de la débâcle : le 10 mai 1940, l’Allemagne
déclenche une vaste offensive par les Pays-Bas et la Belgique. Dans le même temps, des troupes
motorisées franchissent les Ardennes et coupent le front franco-britannique en deux. Une partie
importante des armées française et britannique se retrouvent encerclées à Dunkerque. La débâcle
se poursuit et le 14 juin 1940 les troupes allemandes rentre dans Paris ( point de passage et
d’ouverture 01) pendant que des millions de réfugiés fuient l’avancée allemande (l’exode). Le
gouvernement de Paul Reynaud, réfugié à Tours puis Bordeaux, démissionne le 16 juin au soir,
laissant la voix ouverte au maréchal Pétain. L’armistice de juin 1940 : Le 17 juin 1940, le maréchal
Pétain s’adresse aux Français et annonce qu’il demande un armistice qui est signé le 22 juin 1940 à
Rethondes. Les conditions d’armistice sont très dures. Une partie de la France est occupée, alors que
l’Alsace et la Lorraine sont rattachées à l’Allemagne et que le nord de la France est rattaché à la
Belgique. Une ligne de démarcation coupe la France en deux. Près de 1,8 millions de soldats français
sont faits prisonnier et envoyés en Allemagne pendant que le gouvernement français doit payer les
frais d’occupation.
Pétain considère que la défaite s'explique par la faiblesse de la démocratie. Il prend les pleins
pouvoirs le 10 juillet 1940, supprime les partis politiques, syndicats, libertés et censure les médias.
La IIIe République est morte. Il veut redonner de nouvelles bases à la France : c’est la Révolution
Nationale basée sur la devise Travail, Famille Patrie. Il privilégie le retour à la campagne et se
présente en guide à qui il faut vouer un culte sans limite.è Dictature. Des organisations sont mises
en place pour appuyer le nouveau régime (chantiers de jeunesse). La collaboration : Pétain
rencontre Hitler à Montoire le 24 octobre 1940. Le principe de collaboration de l’Etat Français avec
l’Allemagne est acquis. Pétain espère un assouplissement des conditions d’armistice et le retour des
prisonniers. La politique de collaboration s’accélère après l’invasion de la zone Sud par les
Allemands le 11 novembre 1942. Encouragé par Pierre Laval, Pétain s’engage dans la collaboration
pour les politiques d’exclusion et de persécution des Juifs (rafle du Vel d’Hiv), Les ressources
économiques de la France qui sont envoyées en [Link] main d’œuvre envoyée en Allemagne
(STO). Les Résistants et les Juifs arrêtés par la Milice. Un glissement idéologique : Plus
généralement, un glissement idéologique se produit dans le régime dirigé par Pétain et Laval.
Conclusion :
1945 marque donc la fin d’un conflit qui a mis l’ensemble de la planète. Cette guerre qui s’est
caractérisé par l’extraordinaire violence faite aux populations civiles en général, revêt un caractère
génocidaire pour les juifs et les Tsiganes d’Europe. La France, battue et occupée dès 1940, s’est
retrouvée entraînée dans une guerre civile opposant les partisans d’une collaboration allemande et
les résistants. Lorsque que le conflit s’achève en 1945, il laisse de nombreux pays exsangues et ouvre
l’ère d’un nouveau type de terreur, celui de l’arme atomique.
Ibrahim Douida
• En 1945, les capitulations de l’Allemagne et du Japon sont rendues possibles par l’alliance militaire
et diplomatique des États-Unis et de l’URSS notamment. Mais l’ampleur des pertes humaines et des
destructions matérielles liées à la guerre sont absolument [Link] puissances victorieuses
espèrent faire de l’année 1945 le début d’un nouvel ordre mondial (expression désignant l’état des
relations internationales, fondées sur la paix, la sécurité et la prospérité). La création de la BIRD et du
FMI en 1944 puis de l’ONU en 1945 témoigne de cet espoir. Cependant, l’alliance entre les États-Unis
et l’URSS se fissure et leur rivalité idéologique débouche sur la Guerre froide (conflit idéologique et
indirect entre les États-Unis et l’URSS) à partir de 1947.
• Les dégâts matériels liés à la Seconde Guerre mondiale sont considérables. En Europe comme en
Asie, les villes sont des champs de ruines. Elles sont les premières cibles de bombardements : en
Allemagne, Berlin a perdu la moitié de ses logements ; au Japon, Hiroshima a été rasée sur un rayon
de 2 kilomètres ; en Pologne, Varsovie est détruite à 85%.
• Seuls les États-Unis, qui sont épargnés par les destructions, sont les grands vainqueurs
économiques de cette guerre : ils voient leur production industrielle a doublé entre 1939 et 1945
pour soutenir l’effort de guerre (production d’armes et d’armements).
• La Seconde Guerre mondiale entraîne un choc démographique : avec un bilan compris entre 50 et
70 millions de morts, la Seconde Guerre mondiale est le conflit le plus meurtrier de l’histoire de
l’humanité, dont 62% sont des civils. La politique génocidaire nazie a coûté la vie à 6 millions de Juifs,
soit près de 40% de la communauté juive mondiale.
• Les populations sont touchées par des famines à cause des prélèvements et des destructions. Un
million de Japonais sont morts de faim en 1945-1946. Le rationnement (limitation de la vente et de
l’achat de nourriture par un système de tickets) dure généralement jusqu’en 1950.
• Des déplacements de population ont lieu. Des millions de déportés et de travailleurs forcés
rentrent chez eux à la fin de la guerre. Les flux de populations s’accentuent avec le changement de
tracé de certaines frontières. Au printemps 1945, cinq millions de déplacés (civils qui se trouvent en
1945 en dehors de leur pays d’origine) sont recensés dans la seule Allemagne.
Ibrahim Douida
• La guerre génère des traumatismes. Entre août 1944 et janvier 1945, les Soviétiques, les Anglais
et les Américains libèrent les camps de concentration et les centres de mise à mort. Même si des
informations circulent dès 1942, la médiatisation des camps nazis crée un véritable choc moral : à
leur retour, rares sont les rescapés qui témoignent.
• Bien que les Japonais et les Américains taisent les conséquences des bombardements atomiques,
le nombre de morts (compris entre 150 000 et 250 000 personnes) et le développement des
cancers et des leucémies soulèvent l’effroi : quelques voix, comme le philosophe français Albert
Camus, dénoncent l’usage de l’arme atomique et à partir de 1949, un mouvement pacifiste voit le
jour, réclamant l’interdiction des bombes atomiques.
• Les Alliés lancent aussi la dénazification (politique mise en œuvre par les Alliés en Allemagne à
partir de 1945 consistant à épurer la société allemande du nazisme) de l’Allemagne à partir de 1945
mais il s’agit d’une opération difficile. De nombreux dirigeants nazis ont pu fuir le pays (comme
Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon de 1943 à 1944), d’autres ne sont pas inquiétés ou
continuent même à exercer des fonctions politiques (comme Kurt Kiesinger, membre du parti nazi
dès 1933, qui est chancelier de RFA entre 1966 et 1969).
• Au Japon, les Américains organisent le procès de Tokyo (mai 1946-novembre 1948). Vingt-huit
militaires et ministres, dont le général Tojo, l’ex-Premier ministre, sont jugés pour crimes contre la
paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Tous les accusés sont déclarés coupables : 7 ont
été condamnés à mort et pendus ; les autres sont condamnés à de la prison.
• La volonté de favoriser une paix durable est un désir précoce. Esquissée dès août 1941 avec la
Charte de l’Atlantique signée par Roosevelt et Churchill, l’Organisation des Nations unies est
officiellement fondée le 26 juin 1945 à la conférence de San Francisco. Sa charte de fondation
énonce ses objectifs : maintenir la paix et étendre la démocratie sur la planète.
• L’ONU ne souhaite pas refaire l’erreur de la Société des Nations (SDN). La SDN fonctionnait à
l’unanimité et était souvent paralysée. Pour éviter cela, il est décidé que les cinq vainqueurs de la
guerre (URSS, États-Unis, Royaume-Uni, Chine et France) soient membres permanents du Conseil
de sécurité et disposent d’un droit de veto sur les décisions.
• Les États membres s’engagent à respecter le principe de l’égalité entre nations et à unir leurs
forces pour maintenir la paix et la sécurité collective (système qui veut assurer une paix durable
par une solidarité active entre les États qui garantissent mutuellement leur indépendance).
Ibrahim Douida
• Afin de reconstruire le système financier mondial, deux modèles s’opposent. Dès 1942, le
britannique John Meynard Keynes et l’américain Harry White sont mandatés pour réformer le
système. Tous les deux veulent une banque mondiale mais Keynes souhaite favoriser la croissance
économique avec une monnaie internationale (le Bancor) alors que White veut stabiliser les taux
de change (prix d’une monnaie par rapport à une autre) avec un fonds spécial.
• Les accords de Bretton Woods sont signés en juillet 1944, après de longues négociations entre
les 44 pays alliés. Une Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD)
voit le jour et le Fonds monétaire international (FMI) est créé afin d’assurer la stabilité du système
financier mondial. Les accords sont très favorables aux États-Unis puisque seul le dollar est
convertible en or (en 1945, les États-Unis détiennent deux tiers du stock mondial d’or) et parce que
le siège de la BIRD et du FMI sont implantés à Washington.
• À la fin de la guerre, l’idée d’une généralisation de la protection sociale fait surface. L’État
providence (forme politique dans laquelle l’État intervient dans le domaine social et économique
pour garantir le bien-être de ses citoyens) est expérimenté par le chancelier allemand Bismarck dans
les années 1880, avec un système d’assurances sociales pour les ouvriers puis dans les pays
scandinaves lors de la crise des années 1930. En 1941, l’article 5 de la Charte de l’Atlantique en fait
un moyen de la paix.
• Deux conférences se tiennent en 1945 : lors de la conférence de Yalta en février 1945, Staline,
Roosevelt et Churchill établissent les frontières d’après-guerre et décident de l’organisation
d’élections libres dans les pays libérés de l’occupation nazie. Lors de la conférence de Postdam en
juillet-août 1945, Staline, Truman et Attlee s’entendent sur le sort de l’Allemagne (dénazification,
occupation) et du Japon (capitulation sans condition, démocratisation).
• Les premières tensions apparaissent à Potsdam : Staline reproche aux Occidentaux d’avoir
supprimé leur aide financière à l’URSS alors que Truman et Attlee dénoncent la création d’une
sphère d’influence communiste dans les pays d’Europe orientale libérés par l’Armée rouge. Dans ces
pays, l’URSS installe des gouvernements prosoviétiques et éliminer l’opposition.
• Dès mars 1946, dans un discours prononcé à Fulton aux États-Unis, Churchill dénonce le « rideau
de fer » divisant l’Europe en deux camps. En 1946, les tensions entre l’URSS et les ÉtatsUnis à propos
de l’Iran et de la Turquie sonnent la fin de la Grande alliance (nom donné aux Alliés de la Seconde
Guerre mondiale, notamment entre les États-Unis et l’URSS).
• Le bloc soviétique s’organise quant à lui autour du Kominform (organisation de liaison des partis
communistes pour coordonner leurs actions sous l’égide et au profit de l’URSS) fondé en 1947 et
du Conseil d’assistance économique mutuelle (1949) qui constitue un organe d’assistance
économique entre l’URSS et les pays d’Europe de l’Est. En février 1948, le « coup de Prague » fait
entrer la Tchécoslovaquie de force dans l’aire d’influence de l’URSS. Point de passage et d’ouverture
2 : 25 février 1948 : le coup de Prague.
• En réaction au « coup de Prague », les Occidentaux annoncent en juin 1948 la fusion de leurs zones
d’occupation en Allemagne et la création d’une nouvelle monnaie, le Deutsche Mark. L’URSS
réplique par le blocus de Berlin-Ouest, qui dure de juin 1948 à mai 1949. Le blocus soviétique
échoue à cause du ravitaillement aérien allié et débouche sur la création de deux États : la
République fédérale d’Allemagne (RFA), formée à partir des trois zones occidentales et la République
démocratique d’Allemagne (RDA) formée à partir de la zone soviétique.
• Le Moyen Orient, qui a été un enjeu majeur pendant la Seconde Guerre mondial, devient
également un foyer de conflits pendant la Guerre froide. L’essor du panarabisme (idéologie visant à
l’unité et l’indépendance de la nation arabe) se traduit, en mars 1945, par la création de la Ligue
arabe : il s’agit d’une organisation régionale fondée par des pays arabes du Proche et du Moyen
Orient. Les progrès du sionisme (idéologie qui vise à créer un État juif en Palestine), favorisent la
création de l’État d’Israël, proclamée par David Ben Gourion en mai 1948. Point de passage et
d’ouverture 3 : 1948 : Naissance de l’État d’Israël
• Le 14 mai 1948, l’État d’Israël est proclamé : - en s’appuyant sur plusieurs motivations : >
religieuses : Ben Gourion rappelle la naissance du judaïsme dans le « pays d’Israël » (« le lieu où
naquit le peuple juif ») ; > historiques : Ben Gourion évoque l’immigration juive (« ils s’y rendirent en
masse ») et les impacts de la Shoah : Israël sera un refuge pour les rescapés ; > politiques : la
création d’Israël « confère au peuple juif l’égalité des droits au sein des nations ». Ben Gourion
annonce qu’Israël (où une partie de la population est arabe) est un État démocratique, respectant
les libertés et la « complète égalité de droits sociaux et politiques ». - en se déroulant en plusieurs
étapes : > le 29 novembre 1947, l’ONU adopte un plan de partage de la Palestine qui prévoit deux
États et une zone internationale (Jérusalem). Les violences éclatent très vite entre Juifs et Arabes ;
les Britanniques quittent la Palestine ; > le 14 mai 1948, David Ben Gourion, chef du Congrès
sioniste, proclame la naissance et l’indépendance de l’État d’Israël ; - en entraînant des
conséquences importantes : > une guerre israélo-arabe (1948-1949), déclenchée les pays arabes
entourant Israël, est remportée par le nouvel État juif : les pays arabes et la population arabe de
Palestine refusent le plan de partage et la naissance d’Israël ; > des déplacements de populations
arabes, obligés de tout quitter, du fait de la guerre civile en Palestine et de la guerre israélo-arabe de
1948-1949
• L’affaiblissement des grandes puissances coloniales durant la guerre a favorisé l’essor des
mouvements indépendantistes dans les colonies. La France concède l’indépendance de la Syrie et du
Liban en 1945. L’Inde et le Pakistan obtiennent leur indépendance du Royaume-Uni en 1947 ; les
Néerlandais se retirent d’Indonésie en 1949. Les pays nouvellement indépendants comme ceux
encore sous tutelle coloniale deviennent des enjeux de la Guerre froide.
Conclusion
• Le bilan matériel, humain et moral da la Seconde Guerre mondiale est terrible. Après la guerre, le
mode aspire à un nouvel ordre mondial, autour d’une paix mondiale et durable. Pourtant, très vite
après 1945, de nouvelles tensions apparaissent entre les États-Unis et l’URSS : c’est le début de la
Guerre froide, marqué par une opposition idéologique et la menace nucléaire.
• La fin de la Seconde Guerre mondiale ne se traduit pas par l’établissement d’une paix durable et
mondiale car des tensions apparaissent entre les États-Unis et l’URSS : leur alliance pendant la
guerre contre un ennemi commun – l’Allemagne nazie – n’a pas résisté à leur opposition idéologique
et à leur volonté respective de s’affirmer comme la première superpuissance mondiale.
Ibrahim Douida
• Mais la peur de l’arme nucléaire, dont dispose chacune des deux puissances, évite que des conflits
directs opposant l’armée états-unienne et l’armée soviétique n’éclatent.
• De 1949 au milieu des années 1970, le monde est marqué par deux phénomènes historiques
majeurs, répondant à des logiques différentes : la bipolarisation (division du monde en deux camps
opposés pendant la Guerre froide) et la décolonisation (accession à l’indépendance pour les
colonies). La Guerre froide entre l’URSS et les États-Unis engendre une bipolarisation, avec des blocs
unis autour de deux superpuissances. Celles-ci évitent l’affrontement, à cause de l’arme nucléaire, et
préfèrent s’opposer dans des conflits indirects, par alliés interposés. En même temps, la
décolonisation permet l’accession à l’indépendance de nombreuses colonies asiatiques et africaines.
C’est alors qu’émerge le tiers-monde, regroupant les pays en dehors de la logique des deux blocs :
cela favorise l’affirmation de nouveau acteurs internationaux.
• Problématique : Comment la bipolarisation et la décolonisation conduisent-elles à l’émergence de
nouveaux acteurs qui modifient l’ordre mondial ?
• Durant la Guerre froide, les deux Grands défendent leur modèle et dénoncent la volonté
d’hégémonie de l’adversaire. Dans le bloc américain, les États-Unis promeuvent la démocratie
libérale (régime qui défend les libertés politiques) et le capitalisme (système économique dans
lequel les moyens de production sont privés et où le profit est un but à atteindre). Face à la «
menace communiste », ils signent des alliances militaires comme, l’OTAN en 1949.
• Dans le bloc soviétique, l’URSS impose le modèle de la démocratie populaire (régime dictatorial
dont le pouvoir est exercé par un parti unique, le parti communiste) et du communisme (idéologie
visant à la mise en commun des moyens de productions et à la mise en place d’une société
égalitaire). Face à l’ « impérialisme américain », elle s’appuie sur le Pacte de Varsovie, une alliance
militaire signée en 1955 qui lui permet de protéger et de contrôler les pays communistes d’Europe
de l’Est. Le bloc est renforcé par le rapprochement avec la Chine, au moment de l’arrivée au pouvoir
des communistes de Mao Zedong en octobre 1949.
• Le mur de Berlin devient le symbole de la bipolarisation du monde. Édifié en août 1961 par la RDA
autour de Berlin Ouest pour empêcher les Allemands de l’Est de rejoindre l’Ouest, il matérialise la
frontière quasi-infranchissable entre les deux blocs jusqu’en 1989.
Ibrahim Douida
• Les deux superpuissances se livrent une course aux armements. L’obtention de la bombe atomique
par l’URSS en 1949 fait craindre une destruction mutuelle : les deux superpuissances sont alors à
égalité en termes d’armement. Dès lors, la dissuasion nucléaire (peur provoquée par le recours à
l’arme nucléaire chez l’ennemi parce que les bénéfices de son usage seraient moindres que ses coûts
humains et matériels) interdit tout conflit entre les deux Grandes superpuissances
• Les deux Grands s’affrontent aussi dans une course à l’espace. L’enjeu est stratégique : les fusées
permettent aussi de tirer des missiles intercontinentaux. Les Soviétiques prennent de l’avance avec
le premier satellite (Spoutnik, 1957) et le premier homme dans l’espace (Youri Gagarine, 1961) mais
les Américains les rattrapent en allant sur la Lune (Apollo 11, 1969).
• La confrontation entre les deux camps se joue aussi sur le terrain de la culture. Les Jeux
olympiques permettent de prouver sa supériorité. Le cinéma hollywoodien et l’American Way of Life
(modèle social et culturel, vanté par la publicité et le cinéma, qui se caractérise par une vie dans un
pavillon, avec une automobile et de l’électroménager) renforcent l’attractivité du modèle états-
unien. Les séries des années 1960 (comme Ma sorcière bien aimée) ou celles des années 2020
(comme Why women kill) en attestent. A l’opposé, dans le bloc communiste, les populations
urbaines vivent dans des logements collectifs appelés kommunalka : sur le même étage, plusieurs
familles disposent de leur chambre mais partage une cuisine et des sanitaires. Les automobiles et
l’électroménager, qui font leur apparition dans le bloc occidental, ne sont encore réservés qu’à la
nomenklatura (élite politique et militaire au temps de l’URSS et des régimes communistes d’Europe
de l’Est)
• La Guerre froide est marquée par des crises, mais sans affrontement direct entre les deux
Grands, c’est-à-dire les deux superpuissances de la Guerre froide : les États-Unis et l’URSS. Lors de
la guerre de Corée (1950-1953), les États-Unis envoient leurs troupes en Corée du Sud mais l’URSS
s’y refuse et pousse la Chine à intervenir. La guerre comprend trois phases : - de juin à septembre
1950, l’armée nord-coréenne lance une offensive contre la Corée du Sud et les 4/5e du pays sont
conquis ; - de septembre à octobre 1950, les forces américaines, épaulées par les Casques bleus
envoyés par l’ONU, débarquent en Corée du Sud pour libérer le pays et repousser l’armée nord-
coréenne (elle est coincée contre le frontière avec la Chine communiste, alliée du régime nord-
coréen) ; - de novembre 1950 à janvier 1951, les troupes de la Chine communiste (qui a été
proclamée par Mao Zedong en 1949) volent au secours de l’armée nord-coréenne : elles
repoussent les troupes américaines et les Casques bleus et se rendent maîtres des deux tiers de la
péninsule. A l’issue des combats, le font se stabilise au niveau d’une ligne proche du 38e parallèle
nord : l’armistice est signé le 27 juillet 1953 à Pan Mun Yom, sans qu’aucun traité de paix ne soit
signé.
• Les années 1960 marquent une fragilisation des blocs. L’échec militaire des États-Unis au
Vietnam remet en cause son autorité dans le bloc américain et dans le monde. Le bloc soviétique
est affaibli par la rupture avec la Chine. L’année 1968 constitue à cet égard un tournant dans le
monde, avec des manifestations dans le bloc américain comme dans le bloc soviétique. Point de
passage et d’ouverture 1 : 1962 : la crise des missiles de Cuba
• La crise des missiles de Cuba (octobre 1962) est en partie typique des crises de Guerre froide, la
crise oppose les deux Grands, incarnés par le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev, et le
président américain John Fitzgerald Kennedy. Les Soviétiques ont installé des missiles nucléaires à
Ibrahim Douida
Cuba, aux mains de leur allié Fidel Castro : ces missiles sont pointés sur le territoire américain. il
menace l’URSS d’utiliser l’arme atomique si l’URSS l’emploie en premier. Une guerre nucléaire peut
éclater mais la peur fait reculer Khrouchtchev, qui enlève ses missiles : à partir de 1962, la «
détente » voit le jour.
• La guerre du Vietnam (1964-1975) est un conflit partiellement typique de la Guerre froide, les
deux idéologies de la Guerre froide s’opposent dans ce conflit : le Vietnam communiste au Nord et
le Vietnam capitaliste au Sud (c’est le Nord qui envahit le Sud) ; l’intervention des grandes
puissances : la Chine et l’URSS aident le Nord-Vietnam alors que les États-Unis aident le Sud-
Vietnam. - mais un élément ne relève pas de cette logique, une des superpuissances, les États-Unis,
est vaincue en 1975 par les communistes vietnamiens, malgré la présence de trois bases militaires
• En 1945, le contexte est propice à la décolonisation. La Seconde Guerre mondiale a fragilisé les
métropoles coloniales (pays ayant conquis des colonies). Par ailleurs, l’ONU et les deux Grands
dénoncent la colonisation au nom du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » (principe du
droit international selon lequel un peuple a le droit de décider de son avenir, c’est à-dire de son
indépendance et de son régime politique).
• La décolonisation débute en Asie dès 1945, avant de gagner l’Afrique dans les années 1950. Au
Moyen Orient, l’influence européenne prend fin en 1956 avec la crise de Suez : le président
égyptien Nasser nationalise le canal de Suez. Toutefois, la création de l’État d’Israël en 1948,
après le départ britannique de Palestine, engendre des conflits avec ses voisins arabes, unis par le
panarabisme (idéologie visant à unir tous les pays arabes au sein d’un même État), à l’image de la
guerre des Six Jours (1967) : les pays arabes sont une nouvelle fois vaincus par Israël.
• Les métropoles refusent parfois l’indépendance, entraînant des conflits comme la guerre
d’Indochine (1947-1954) ou la guerre d’Algérie (1954-1962). Cependant les décolonisations sont
le plus souvent négociées comme en Inde (1947) ou en Afrique, où les Français et les Britanniques
visent à préserver leurs intérêts économiques et militaires après leur départ. Point de passage et
d’ouverture 4 : La guerre d’Indochine (1947-1954)
• La guerre d’Indochine (1947-1954) est un conflit lié à la décolonisation, l’Indochine vient juste
d’être libérée de la tutelle japonaise (qui l’avait conquise en 1940). La France veut récupérer
l’Indochine mais la population locale, sous l’impulsion des communistes, s’y oppose. Dès 1945, Hô
Ibrahim Douida
Chi Minh mène une guerre de libération. En 1947, l’armée française est envoyée en Indochine
pour empêcher l’indépendance. Mais en 1954, après la défaite française à Diên Biên Phu,
l’indépendance de l’Indochine est proclamée, donnant naissance à trois nouveaux États : le
Vietnam, le Laos et le Cambodge.
• Les anciennes colonies émergent sur la scène internationale en 1955 lors de la conférence de
Bandung : elles tentent de former un nouveau groupe, le tiers-monde (expression créée en 1952
par le démographe français Alfred Sauvy pour désigner les pays les moins développés et
nouvellement indépendants). La Chine de Mao Zedong, dont les relations avec l’URSS se
dégradent, se rapproche de ces pays afin de s’affirmer comme un acteur international.
• Les nouveaux États veulent échapper à l’influence des deux Grands. Le non-alignement (refus
des États issus de la décolonisation de prendre parti en faveur de l’un des deux blocs de la Guerre
froide) naît lors de la rencontre de Brioni (1956) entre l’indien Nehru, l’égyptien Nasser et le
yougoslave Tito, qui a aussi rompu avec l’URSS. La conférence de Belgrade (1961) réunit 25 pays
non-alignés ; ils sont 75 à la conférence d’Alger en 1973.
• Pour mieux se faire entendre, les pays d’Afrique et d’Asie utilisent l’ONU. Devenus majoritaires à
l’Assemblée générale en 1964, ils obtiennent la création de la Conférence des Nations unies sur le
commerce et le développement (CNUCED), chargée d’aider au développement (processus
permettant une meilleure satisfaction des besoins humains) du tiers-monde.
• Les espoirs de paix et de démocratie sont vite déçus. Des régimes autoritaires s’installent dans la
plupart des nouveaux pays : au Gabon, indépendant depuis 1960, Omar Bongo puis son fils Ali
Bongo sont Présidents de la République sans discontinuer depuis 1967. Les frontières sont
disputées et suscitent des conflits : c’est le cas de la guerre du Cachemire (depuis 1947) entre
l’Inde et le Pakistan ou encore dans des États pluriethniques (pays dans lequel cohabitent plusieurs
ethnies) comme la guerre du Biafra (1967) au Nigeria.
• Les ex-colonies gardent une économie fondée sur l’expression de matières premières : pétrole
en Algérie, ananas en Côte-d’Ivoire… Ces pays du Sud restent dépendants des pays du Nord qui les
fournissent en biens manufacturés plus coûteux. Ils dénoncent le néocolonialisme (nouvelle forme
de domination économique et culturelle, exercée par les pays riches sur les anciennes colonies) et
demande un nouvel ordre économique mondial qui leur soit plus favorable.
• En quête d’assistance, les pays non-alignés se rapprochent vite d’un des Grands. Leur choix est
aussi motivé par des raisons idéologiques ou géopolitiques : en 1971, l’Inde s’allie à l’URSS car les
États-Unis aident le Pakistan. Rares sont les pays d’Asie et d’Afrique qui échappent finalement aux
logiques de la Guerre froide.
Ibrahim Douida
Conclusion
• À partir de la fin des années 1940, le monde est dominé par les États-Unis et l’URSS et il se divise
en deux blocs distincts. Entre les deux superpuissances, l’affrontement passe par la course à
l’espace et par la course aux armements. Au cours des années 1950 et 1960, la majorité des
colonies européennes se détachent de leur métropole et obtiennent l’indépendance.
• La Seconde Guerre mondiale a bouleversé l’équilibre des puissances mondiales : les anciennes
puissances coloniales européennes (Royaume-Uni et France) sont dévastées et doublées par les
nouveaux pays vainqueurs (États-Unis et URSS) et les colonies accèdent à l’indépendance.
• Cependant, dans les années 1950 et 1960, les Etats nouvellement indépendants refusent de
rentrer dans la logique de la Guerre froide en s’alignant sur l’un des deux blocs.
Ibrahim Douida
• De 1945 au milieu des années 1970, la France retrouve un rôle international en s’adaptant aux
bouleversements du monde : la décolonisation, la Guerre froide. Avant d’accepter la décolonisation,
la France mène deux guerres. En 1958, la guerre d’Algérie fait chuter la IVème République et revenir
de Gaulle au pouvoir, qui créé la Vème République. La France joue un rôle important dans la
construction européenne. Dans la Guerre froide, de Gaulle ne renie pas l’alliance américaine mais il
affirme l’indépendance de la France pour en faire une grande puissance (État ayant la capacité
d’influencer les autres États) mondiale.
• L’une des priorités est alors de relancer l’économie. L’État joue un rôle clé avec les
nationalisations (rachat de tout ou partie d’une entreprise par l’État) des mines de charbon, des
banques et compagnies d’assurance et des entreprises d’électricité et de gaz. Jean Monnet élabore
le premier plan (1946-1952) afin de coordonner les efforts de relance : il prévoit l’augmentation de
la production de charbon et d’acier et la modernisation des usines.
• Un nouveau projet de société est aussi élaboré. L’État-providence (forme politique dans laquelle
l’État intervient dans le domaine social et économique pour garantir le bien-être de ses citoyens)
protège la population contre les risques économiques et sociaux. En octobre 1945, la Sécurité
sociale est créée. En 1950, le salaire minimum est adopté. En 1956, une troisième semaine de
congés payés est accordée aux salariés. Le deuxième plan (1954-1957) investit dans les
équipements scolaires et hospitaliers. Dès le début des années 1950, les Français entrent dans une
période de croissance économique et les tickets de rationnement disparaissent.
Ibrahim Douida
• La question des colonies se pose très vite. D’abord, la France réprime les revendications
indépendantistes de ses colonies. Le 8 mai 1945, les manifestations de Sétif et Guelma en Algérie
sont réprimées. Le général Leclerc est envoyé en Indochine pour s’opposer à l’indépendance (les
Indochinois ont proclamé leur indépendance en 1945). En 1946, la France associe les colonies dans l’
« Union française » (organisation politique qui associe la métropole et les départements d’outre-
mer aux colonies) mais n’envisage pas l’indépendance.
• La construction européenne débute. En 1950, suite à l’appel du ministre français des affaires
étrangères, Robert Schuman, la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) est
créée en 1951. En 1957, deux traités sont signés à Rome fondant la Communauté économique
européenne et une agence européenne de l’atome (Euratom). Cette politique européenne ne se fait
pas sans résistance. En 1954, l’opposition des communistes et des gaullistes fait échouer le projet
d’une armée européenne (Communauté européenne de défense).
• Le retour de la France sur la scène internationale peut avoir lieu. De Gaulle ambitionne de rétablir
la France comme une grande puissance mondiale. En 1945, la France obtient un siège permanent au
Conseil de Sécurité de l’ONU. En 1945 toujours, la création du Commissariat à l’énergie atomique a
pour objectif de retrouver rapidement la puissance militaire grâce à l’arme nucléaire. Le pays s’allie
avec les États-Unis dans le cadre de l’OTAN en 1949. Il bénéficie de leur protection dans le contexte
de la Guerre froide et de la menace soviétique en Europe.
• Rédigée à l’été 1958 par Michel Debré, le Garde des Sceaux du général de Gaulle, la Constitution
de la Vème République est adoptée en octobre 1958 : - elle est démocratique et républicaine : > le
suffrage universel est respecté : l’article 11 de la Constitution évoque le référendum et les pouvoirs
sont séparés : l’article 9 de la Constitution évoque le pouvoir exécutif du Président et de son
gouvernement ,alors que l’article 61 fait référence au pouvoir législatif de l’Assemblée nationale et
du Sénat ,elle reprend les symboles républicains : la statue de Marianne, le drapeau tricolore, le
sigle « RF » pour « République française », la Place de la République et le 4 septembre (date
anniversaire de la IIIème République). - elle renforce les prérogatives du Président et du Conseil
constitutionnel, les pouvoirs du Président sont importants : chef de l’État (article 5) et des armées
(article 15), nomination et direction du Gouvernement (articles 8 et 9), promulgation des lois (article
10), consultation par référendum (article 11), dissolution de l’Assemblée nationale (article 12),
pleins pouvoirs (article 16). > Les pouvoirs du Conseil constitutionnels sont importants aussi : il est
consulté pour l’activation des pleins pouvoirs (article 16), il vérifier la constitutionnalité des lois
(article 61) et ses décisions ne peuvent faire l’objet d’appel (article 62), le but est d’éviter
l’instabilité gouvernementale que la IVème République a connu.
• Les institutions sont stabilisées. En décembre 1958, de Gaulle est élu Président de la République.
Un régime semi-présidentiel (régime dans lequel le pouvoir est partagé entre le Parlement et le
Président de la République) est mis en place et un nouveau mode de scrutin (méthode utilisée pour
voter) est mis en place pour les élections législatives : le scrutin majoritaire uninominal à deux tours
est instauré, favorisant les grands partis. La bipolarisation (regroupement des partis politiques en
deux camps, la droit et la gauche) de la vie politique française est renforcée. Le pouvoir du Président
de la République est renforcé : son élection au suffrage universel direct est actée par référendum en
1962. Réélu en 1965, de Gaulle renforce la présidentialisation (évolution du régime conduisant à
concentrer les pouvoirs entre les mains du Président au détriment du Parlement) du régime par une
forte présence médiatique.
• La grandeur de la France est retrouvée. De Gaulle ambitionne de faire de la France une puissance
de premier plan. La page de la colonisation est tournée dès 1960 en Afrique avec l’indépendance de
14 anciennes colonies. Plus difficilement, les accords d’Évian (1962) mettent fin à la guerre et
accordent l’indépendance à l’Algérie. Sur la scène internationale, de Gaulle ralentit la construction
européenne : il s’oppose fermement à l’entrée du Royaume-Uni dans la CEE en pratiquant la «
politique de la chaise vide » (politique européenne menée par la France pour empêcher l’entrée du
Royaume-Uni dans la CEE). Il entreprend de grandes tournées diplomatiques, comme en Amérique
latine en 1964. Puissance nucléaire dès 1960, la France prend ses distances avec les États-Unis et
quitte le commandement intégré de l’OTAN en 1966.
Ibrahim Douida
• L’État joue un rôle fondamental. En 1960, le « nouveau Franc » est mis en circulation. De grands
programmes soutiennent la modernisation, comme le « plan calcul » (1966) qui doit aboutir à
mettre au point un ordinateur français. Les grandes infrastructures se multiplient : l’aéroport d’Orly
(1961), le tunnel du Mont Blanc (1965), la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer (1968). Une
dizaine de réacteurs nucléaires (Saint-Laurent, Chinon, Bugey, Pierrelatte, Marcoule…) sont mis en
chantier pour produire une électricité moins chère.
• À cette période, la société française se transforme. La croissance du pouvoir d’achat est soutenue
(+4,4% par an en moyenne), permettant aux Français de consommer plus. Les hypermarchés font
leur apparition : le premier ouvre ses portes dans la banlieue Sud de Paris en 1963. Ils sont 75 en
1970. Le niveau de vie moyen progresse : 24% des ouvriers ont une voiture à la fin des années 1950
contre 75% au début des années 1970. Les loisirs et le tourisme de masse (tourisme pratiqué par le
plus grand nombre) poursuivent leur progression, accompagnés par l’État qui lance notamment le
Plan Racine en 1963 pour aménager le littoral languedocien (aménagement des stations balnéaires
de La Grande Motte, Le Cap d’Agde…).
• Mais le pouvoir gaullien connaît une certaine érosion. Considérant l’indépendance de l’Algérie
comme une trahison, des militaires font une tentative de coup d’état à Alger en 1961 puis
l’Organisation de l’armée secrète (activistes opposés à la politique algérienne de de Gaulle et
menant des opérations terroristes) commet des attentats en France. En 1962, le couple de Gaulle
échappe de justesse à l’attentat du Petit-Clamart. Durant de longues années, le souvenir de la
guerre d’Algérie est douloureux et divise les Français. Point de passage et d’ouverture 2 : La guerre
d’Algérie et ses mémoires
mémoire nationale consensuelle ». Il existe la mémoire des partisans de l’Algérie française (armée,
pieds noirs, OAS), celle des partisans de l’indépendance (FLN), entre 1962 et 1982, plusieurs lois
d’amnistie (notion de droit permettant d’effacer, par la loi, des actes répréhensibles) ont été votées
afin d’étouffer le souvenir douloureux de la guerre d’Algérie.
- la conception de la République proposée par Charles de Gaulle : > dans le discours de Bayeux, en
1946, de Gaulle réclame un Président « placé au-dessus des partis » et qui incarnerait le pouvoir
exécutif. Le pouvoir du Gouvernement émanerait du Président de la République, puisque ce-dernier
aurait pour mission de le nommer en 1962, de Gaulle propose que le Président de la République soit
élu au suffrage universel direct. C’est une nouveauté par rapport à avant. Les critiques contre la
conception gaullienne de la République affirme que la pratique gaullienne du pouvoir n’est pas
démocratique, car elle consiste à faire une « confiance aveugle » à un homme, la Vème République
est critiquée parce qu’elle est perçue comme un régime personnel, de type monarchique et sans
contrepoids démocratique.
• En mai 1968, une crise étudiante et ouvrière éclate. Début mai, la contestation se répand parmi
les étudiants parisiens. Le 13 mai, une grande manifestation, suivie par l’appel à la grève générale,
transforme le mouvement en une crise sociale majeure : neuf millions de personnes y participent.
La crise devient alors politique : de Gaulle y met fin en annonçant la dissolution de l’Assemblée
nationale. Ayant eu peur du désordre, les Français renforce la majorité gaulliste.
• Mais le renouveau gaulliste échoue. Encouragé par la victoire des gaullistes aux élections
législatives de juin 1968, de Gaulle renoue avec la pratique du référendum en avril 1969 : mais il est
désavoué et il présente sa démission. Georges Pompidou, son ancien Premier ministre, lui succède
à l’Élysée. Son Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, met en œuvre une politique sociale plus
ouverte aux aspirations des Français. En 1972, il est remplacé par Pierre Messmer, très vite
confronté à la crise économique qui éclate en 1973. En 1974, les difficultés s’accroissent encore
avec la mort du président Pompidou en plein mandat.
Conclusion
• À partir de 1958, le retour de de Gaulle au pouvoir dans le contexte de la guerre d’Algérie amorce
un nouveau régime, la Vème République, et renforce la puissance internationale du pays : membre
permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, la France est une puissance nucléaire qui stabilise sa
Ibrahim Douida
Introduction
• De 1973 à 1991, le monde subit une modification des grands équilibres (situations marquées par
un état de stabilité) économiques et politiques : les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 plongent les
pays occidentaux dans la crise et le chômage, le modèle communiste s’effondre. La Guerre froide se
poursuit jusqu’à la fin des années 1980 mais la révolution iranienne fait émerger une nouvelle
idéologie – l’islamisme – qui rejette le modèle occidental et le communisme. Un mouvement de
démocratisation touche l’Europe du Sud en 1974-1975, ce qui permet d’élargir la CEE, puis l’Europe
de l’Est en 1989-1990, ce qui fait imploser le bloc soviétique et l’URSS.
• Problématique : Pourquoi les années 1970 et 1980 constituent-elles deux décennies charnières
dans l’histoire économique et géopolitique du XXème siècle ?
Lors de la guerre de Kippour en 1973, les pays arabes de l’OPEP (organisation des pays
exportateurs de pétrole) augmentent les prix du baril et limitent les exportations pour faire
pression sur les alliés d’Israël (États-Unis…)
Un second choc pétrolier (augmentation brutale du prix du baril de pétrole) intervient en 1979
avec la révolution islamique en Iran puis la guerre Iran/Irak (1980-1988). Ces événements
ralentissent la production de pétrole et font bondir les prix (de 4 à 36 $).
Dès la fin des années 1960, la croissance ralentit et le chômage augmente dans les pays
occidentaux. Les chocs pétroliers ne sont pas les déclencheurs de la crise. le modèle fordiste de
croissance et d’accumulation du capital accusait déjà des signes d’essoufflement à la fin des
années 1960 et au début des années 1970
L’économie états-unienne est fragilisée par le coût de la guerre de Vietnam et par les
importations pétrolières. En 1971, Richard Nixon décide la fin de la convertibilité du dollar en
or (qui datait des accords de Bretton Woods en 1944) et la dévaluation le dollar. C’est la fin de
l’Etalon –or.
Des pays sont affectés par la récession (recul du PIB sur au moins deux trimestres consécutifs) :
en 1975, le PIB recule de 0,5% aux États-Unis, de 1,2% au Japon et de 2,5% au Royaume-Uni. En
1976, les accords de la Jamaïque officialisent le système des changes flottants : la valeur des
monnaies n’est définie par rapport à l’or mais les unes par rapport aux autres.
Ibrahim Douida
• Les gouvernements occidentaux alternent entre des politiques de relance (politiques définies par
l’économiste britannique John Meynard Keynes dans les années 1930 afin de provoquer la reprise
de la croissance par une augmentation des dépenses publiques), comme en France entre 1981 et
1983, et des politiques de rigueur (politiques définies par l’économiste états-unien Milton Friedman
dans les années 1960 pour provoquer une reprise de la croissance par la maîtrise des dépenses
publiques), comme en France entre 1976 et 1981.
• En 1975, le sommet de Rambouillet regroupe les six premiers pays industrialisés ; il devient le G6
en 1976. Dans les années 1980, sous l’impulsion de Ronald Reagan aux États-Unis et de Margaret
Thatcher au Royaume-Uni, la libéralisation (politique visant à réduire le rôle de l’État au profit des
marchés) s’impose. Le rôle de l’État est réduit par des privatisations (vente d’entreprises publiques
au secteur privé), comme British Telecom au Royaume-Uni en 1984.
• La division internationale du travail (spécialisation internationale des tâches entre différents pays)
favorise la reprise des échanges. Les grandes firmes, comme Nike, font des délocalisations (transferts
de sites productifs dans un autre pays) vers la Chine pour profiter d’une main d’œuvre à bas coût.
Deng Xiaoping convertit la Chine à un capitalisme d’État (modèle où l’État contrôle le capital des
entreprises et réglemente les entreprises étrangères) et capte ces flux. Point de passage et
d’ouverture 1 : Ronald Reagan et Deng Xiaoping : deux acteurs majeurs d’un nouveau capitalisme
• Le tableau ci-dessous compare les politiques économiques menées aux États-Unis et en Chine :
• En Europe du Sud, les dictatures chutent. Au Portugal, la transition démocratique (passage d’un
régime autoritaire à un régime démocratique) commence avec le coup d’état organisé le 25 avril
1974 appelé la « révolution des œillets ». Des militaires renversent le Président du Conseil António
Salazar, au pouvoir depuis 1932. Il est remplacé par le socialiste Mário Soares, qui se charge de la
rédaction d’une constitution démocratique en 1976
. • En Grèce, les étudiants manifestent dès 1973 contre la « dictature des colonels » mise en place
en 1967. En juillet 1974, les colonels tentent d’installer une dictature à Chypre, ce qui les prive du
soutien des États-Unis et entraîne leur chute. Le 24 juillet 1974, la démocratie est restaurée, avec à
sa tête l’ex-Premier ministre Konstantinos Caramanlis qui rentre d’exil.
• En Espagne, la mort du dictateur Francisco Franco en 1975 permet à son successeur désigné, le
roi Juan Carlos, et à son Premier ministre Adolfo Suarez de démocratiser le régime : en 1978, une
constitution démocratique est adoptée. Devenue une monarchie parlementaire, l’Espagne résiste à
une tentative de coup d’état franquiste à Madrid le 23 février 1981.
• Devenus des démocraties, ces pays d’Europe du Sud aspirent à entrer dans la CEE. Mais leur
niveau économique bloque. Finalement, à l’issue d’une longue négociation avec la CEE, ont lieu
l’adhésion de la Grèce (1981), puis l’adhésion de l’Espagne et du Portugal (1986).
• Au pouvoir depuis 1953, le Shah d’Iran est à la tête d’une monarchie autoritaire soutenue par les
États-Unis. Il mène une politique de répression contre ses opposants, de modernisation
économique et de rapprochement avec l’Occident. Mais sa politique heurte le clergé chiite et la
population iranienne. L’ayatollah Rouhallah Khomeiny, contrait à l’exil, appelle à la révolution.
• La contestation s’amplifie à partir de 1978, alors que le pays traverse une grave crise
économique. Les manifestations se multiplient et en janvier 1979, le Shah quitte l’Iran, laissant son
Premier ministre tenter de ramener l’ordre dans le pays. De retour à Téhéran le 1er février 1979,
Khomeiny conteste la légitimité du gouvernement, critique ses liens avec les États-Unis et appelle à
mettre en place une révolution islamique. Le 11 février 1979, le régime s’effondre et l’islamisme
(mouvement cherchant à construire un système politique encadrant totalement l’État et la société
et en s’appuyant sur une lecture radicale de l’islam) s’impose à Téhéran. Le chiisme (branche
minoritaire dans l’islam mais majoritaire en Iran) est pouvoir.
• Au printemps 1989, la Chine de Deng Xiaoping, qui a en partie libéralisé son économie, reste une
dictature communiste implacable : elle ne tolère aucune contestation politique, comme en
témoigne la répression des manifestations de la Place Tian’anmen à Pékin en juin 1989.
• Au cours de l’année 1989, toutes les démocraties populaires (dictatures communistes d’Europe
de l’Est) s’effondrent de manière plus ou moins violente. À la suite de l’ouverture de la frontière
austro-hongroise en mai 1989, des milliers d’Allemands de l’Est fuient vers l’Ouest. Incapable de
stopper ces flux et ne pouvant plus compter sur l’aide soviétique, la RDA ouvre les postes-
frontières entre Berlin-Est et Berlin-Ouest le 9 novembre 1989 : c’est la chute du mur de Berlin.
La réunification des deux Allemagne intervient le 3 octobre 1990.
• En Pologne, le gouvernement communiste est forcé d’accepter des élections libres : en juin
1989, Solidarnosc (syndicat fondé en 1980 qui devient ensuite un parti) remporte les élections et
son fondateur, Lech Walesa, entre au gouvernement. En janvier 1990, le parti communiste s’auto-
dissout et le Président Wojciech Jaruzelski démissionne : en décembre 1990, Lech Walesa est élu
Président. En Roumanie, un coup d’État, soutenu par un insurrection populaire, renverse le
dirigeant Nicolae Ceausescu au pouvoir depuis 1965. Il est jugé et fusillé le 25 décembre 1989. Doc.
• Arrivé au pouvoir en URSS en 1985, Mikhaïl Gorbatchev lance la Perestroïka et la Glasnost. Il
veut libéraliser l’économie et favoriser la liberté d’expression. Les premières critiques s’élèvent.
• En URSS, la politique de Gorbatchev fait naître des revendications indépendantistes. En 1990, les
républiques baltes proclament leur indépendance, suivies par toutes les autre républiques de
l’URSS. En juin 1991, la Russie élit un président au suffrage universel direct : Boris Eltsine. Pensant
sauver le système, Gorbatchev annonce le passage à l’économie de marché. Les communistes
conservateurs font un coup d’état le 19 août 1991 mais il échoue.
• Le 3 décembre 1991, la paix est signée avec les États-Unis : c’est la fin de la Guerre froide. Le 21
décembre 1991, la création de la Communauté des États indépendants (CEI) fait de l’URSS une
coquille vide. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev démissionne : c’est la fin de l’URSS.
Conclusion
• Les années 1970 et 1980 mettent en place un nouvel équilibre économique : les deux chocs
pétroliers entraînent une crise économique mondiale, marquée une hausse du chômage et de
l’inflation. Elles contribuent aussi à la mise en place d’un nouvel équilibre géopolitique : fin des
dictatures en Europe du Sud ; arrivée des islamistes au pouvoir en Iran ; fin du communisme en
Europe de l’Est et en URSS.
• Ces deux décennies mettent fin à trois décennies de prospérité et de croissance économique et
constituent également les deux dernières décennies de la Guerre froide.
• En 1991, la Guerre froide prend fin avec la fin du communisme en Europe de l’Est et en URSS.
Ibrahim Douida
Deng xiaoping
Ronald Regean
Ibrahim Douida
• L’année 1981 est un tournant (rupture, qu’elle soit politique, sociale, économique ou culturelle
dans l’histoire d’un pays) politique majeur puisqu’elle voit la gauche arriver au pouvoir pour la
première fois sous la Vème République, avec l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la
République. La période 1974-1988 se caractérise par de nombreuses réformes sociales et culturelles,
répondant au désir de changement qui s’est exprimé dans la crise de mai 1968. Dès l’élection de
Valéry Giscard d’Estaing en 1974, l’État cherche à satisfaire les revendications de femmes et des
jeunes. Au cours des décennies 1970 et 1980, la France s’ouvre au changement et les débats de
société, facilités par la libéralisation des médias, se multiplient : ils portent notamment sur la liberté
sexuelle ou sur l’intégration des immigrés dans la société française.
• Problématique : Pourquoi les années comprises entre 1974 et 1988 constituent-elles un tournant
majeur en France ?
• Candidat de centre-droit élu en 1974, Valéry Giscard d’Estaing incarne le changement : il est le
premier Président non gaulliste de la Vème République. Il choisit Jacques Chirac comme Premier
ministre au sein de l’Union des démocrates pour la République (UDR), le parti gaulliste, afin d’unir la
droite. Il lance de nombreuses réformes : abaissement de la majorité de 21 à 18 ans, divorce par
consentement mutuel… Grâce à la télévision, il souhaite donner l’image d’un président dynamique
et proche des Français, en s’invitant à déjeuner chez eux.
• Mais l’économie française entre en crise après le choc pétrolier de 1973 : le taux de chômage
passe de 3% en 1973 à 7% en 1981. En 1976, Chirac démissionne parce qu’il est en désaccord avec
Giscard d’Estaing. La majorité se fracture entre l’Union pour la démocratie française (UDF), le parti
giscardien, et le Rassemblement pour la République (RPR), le tout nouveau parti créé par Chirac. Le
nouveau Premier ministre, Raymond Barre, ancien professeur d’économie, se rend impopulaire par
sa politique de rigueur (politique économique qui cherche à équilibrer le budget et à la limiter
l’inflation en bloquant les salaires et en augmentant les impôts). Giscard d’Estaing conserve de
justesse une majorité aux législatives de 1978 mais il est battu par le socialiste François Mitterrand
aux présidentielles de 1981.
est décidée. D’autres réformes sont adoptées comme l’abolition de la peine de mort en 1981 par
Robert Badinter ou la décentralisation en 1982.
L’abolition de la peine de mort devient un thème politique important lors des élections
présidentielles de 1981 et, malgré les sondages indiquant qu’une majorité de la population semble
hostile à cette suppression, Robert Badinter parvient à convaincre le candidat du Parti socialiste,
François Mitterrand de l’intégrer à son programme électoral : c’est la 53e des « 110 propositions
pour la France ».François Mitterrand est élu Président de la République le 10 mai 1981. Après un
gouvernement de transition et la victoire de la majorité présidentielle aux législatives de juin, Robert
Badinter est nommé ministre de la Justice, Garde des Sceaux, au sein du second gouvernement
dirigé par Pierre Mauroy 23 juin 1981. Rapidement, Robert Badinter s’attelle à la mise en œuvre de
la réforme qui lui tient à cœur et pour laquelle François Mitterrand s’est engagé devant les Français.
L’essentiel du projet de loi présenté par Robert Badinter devant l’Assemblée nationale, le 17
septembre 1981, tient, dans son article 1er, en 6 mots : « La peine de mort est abolie. ».Le projet de
loi est voté par l’Assemblée nationale le 18 septembre par 369 voix pour et 113 contre, les voix de
37 députés de l’opposition (dont celle de Jacques Chirac) se mêlant à celles de la gauche. Adoptée le
30 septembre au Sénat par 161 voix pour, 126 contre, la loi est promulguée le 9 octobre 1981. La
France devient alors officiellement le 36e état à avoir aboli la peine de mort.
• En 1983, la politique de relance est abandonnée car elle ne permet pas de sortir de la crise et
parce qu’elle creuse le déficit (situation dans laquelle les dépenses sont supérieures aux recettes) et
la dette (ensemble des sommes que l’État a empruntées et qu’il devra rembourser) de l’État. Le taux
de chômage frôle les 8% de la population active. En 1983, une politique de rigueur est annoncée :
tenu par ses engagements européens, Mitterrand augmente les impôts et réduit les dépenses
publiques avec le soutien de son nouveau Premier ministre, Laurent Fabius, nommé en 1984. Cette
politique provoque le départ des ministres communistes. L’inflation diminue mais les socialistes
perdent une partie de leur électorat.
• Le mécontentement des Français explique la défaite de la gauche aux législatives de 1986. Elles
ont lieu à la proportionnelle, ce qui permet l’élection de 35 députés du Front national. Pour la
première fois sous la Vème République, le Président de la République doit nommer un Premier
ministre issu de l’opposition : Jacques Chirac, issu des rangs du RPR forme un gouvernement. C’est la
cohabitation (situation politique dans laquelle le Président de la République n’est pas de la même
tendance politique que le Premier ministre et son Gouvernement). Chirac privatise de nombreuses
entreprises pour renflouer les caisses de l’État. Dans la lignée des politiques de Ronald Reagan et de
Margaret Thatcher, il met fin à l’impôt sur les grandes fortunes et supprime l’autorisation
administrative préalable aux licenciements.
• Ne pouvant pas s’opposer aux réformes de la droite, François Mitterrand se replie sur son
domaine réservé (lecture de la Constitution de 1958 selon laquelle la politique étrangère et la
défense relèvent du Président de la République). Cependant, il préside toujours le Conseil des
Ministres, il signe les décrets et les ordonnances et peut donc les refuser. François Mitterrand prend
publiquement et régulièrement position contre son Premier ministre. À la veille de l’élection
présidentielle de 1988, il impute les difficultés des Français à Jacques Chirac. François Mitterrand est
réélu avec 54% contre Jacques Chirac qui n’obtient que 46% des voix.
Ibrahim Douida
• L’émancipation des femmes se produit dans la société. Dans la lignée de mai 1968, un féminisme
(mouvement visant à abolir les inégalités dont les femmes sont victimes et à établir l’égalité
complète entre les femmes et les hommes) radical se développe en France. Il dénonce la
domination masculine dans une « société patriarcale » et affirme le droit des femmes à disposer
librement de leur corps. En 1971, le Mouvement de libération des femmes (MLF) publie le «
Manifeste des 343 », rédigé par Simone de Beauvoir, où des femmes avouent avoir eu recours à
l’avortement. Simone Veil, Ministre de la Santé, fait voter deux lois au Parlement : - en 1974, la
pilule contraceptive est remboursée par la Sécurité sociale - en 1975, la légalisation de
l’interruption volontaire de grossesse (IVG) Point de passage et d’ouverture 2 : 1975 : la
légalisation de l’IVG
• L’émancipation se produit aussi au travail. Si la part des femmes exerçant une activité
professionnelle progresse (de 53% en 1975 à 63% en 1982), les salaires des femmes restent
inférieurs à ceux des hommes à qualification égale. Nommée Ministre des Droits des femmes,
Yvette Roudy fait voter en 1983 une « loi sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les
hommes ». Mais ses résultats sont décevants : l’écart moyen entre les salaires masculins et féminins
reste de 28,2% en 1989 et les femmes sont minoritaires dans les postes dirigeants.
B. Une plus grande place pour les jeunes nouvelle dans la société
• Les jeunes sont de plus en plus nombreux à rester dans le système scolaire au-delà de l’âge
obligatoire fixé à 16 ans. L’économie a besoin de salariés qualifiés, notamment dans les emplois
tertiaires et la société demande la démocratisation de l’enseignement. En 1975, le Ministre de
l’Éducation nationale René Haby instaure le collège unique, en supprimant la distinction entre les
filières générales et techniques. La mixité (mélange des garçons et des filles au sein d’une même
classe ou d’un même établissement scolaire) est obligatoire. Avec cette massification scolaire (accès
en masse au collège puis au lycée), de plus en plus de jeunes obtiennent leur baccalauréat (20%
d’une génération en 1970, 26% en 1980) et accèdent à l’enseignement supérieur (700 000 étudiants
en 1970 contre 1,4 million d’étudiants en 1990).
• L’allongement des études et l’entrée plus tardive dans la vie active contribuent à faire des jeunes
une catégorie sociale mieux définie et plus entendue. C’est d’autant plus vrai que Giscard d’Estaing
a décidé l’abaissement de la majorité à 18 ans en 1974 : les jeunes peuvent voter dès 18 ans, se
marier sans l’accord de leur parents et résider où ils veulent. Mais ils résident encore chez leurs
parents et trouvent souvent la tutelle familiale pesante. En 1986, Chirac veut imposer une sélection
à l’entrée à l’université et une hausse des frais d’inscription mais le projet est retiré face à la
mobilisation de la jeunesse. Une « culture jeune » s’affirme à travers la mode et la musique : des
émissions comme le Top 50 sur Canal+ en sont l’incarnation.
• À la fin des années 1970, les immigrés sont 3,5 millions de personnes (6,5% de la population). En
1974, l’État décide la suspension de l’immigration (flux depuis le pays d’origine vers un autre pays).
En 1976, le regroupement familial (mesure permettant à un étranger en situation légale d’être
rejoint par sa famille proche) est la seule immigration légale. L’arrivée de la gauche au pouvoir
redonne espoir aux immigrés : près de 132 000 clandestins sont régularisés. Dans les années 1980,
avec la crise et le chômage, la percée électorale du Front national témoigne du rejet des immigrés
Ibrahim Douida
par une partie de la population. En 1983, la « Marche pour l’égalité et contre le racisme » est
organisée dans un climat de xénophobie (peur et rejet des étrangers).
• Au même moment, les droits LGBT (acronyme utilisé pour désigner les lesbiennes, gays, bisexuels
et transsexuels) s’affirment. En 1981, la première « Marche nationale pour les droits et les libertés
des homosexuels et des lesbiennes » est organisée à Paris. En 1982, Mitterrand met fin à la
différence de majorité sexuelle (15 ans pour les hétérosexuels et 21 ans pour les homosexuels).
Beaucoup d’homosexuels vivent cachés, exclus par leur famille mais l’épidémie du SIDA (stade
terminal de l’infection à VIH, qui détruit les cellules du système immunitaire et qui cause la mort)
qui apparaît en 1981, les rend plus visibles en raison de leur couverture médiatique. Durant les «
années SIDA », des associations comme Aides ou Act Up militent pour une meilleure prévention
contre le VIH qui touche toutes les populations. Point de passage et d’ouverture 3 : L’épidémie du
SIDA en France
• La culture ne fait pas partie des priorités de Giscard d’Estaing : le Ministère des Affaires culturelles
devient un Secrétariat d’État et la part de son budget diminue (0,61% en 1974 à 0,47% en 1981).
Moins féru d’art contemporain que Pompidou, il fait retirer le mobilier moderne que ce-dernier
avait fait installer à l’Élysée. La politique culturelle de Giscard d’Estaing est surtout tournée vers la
sauvegarde du patrimoine (ensemble des biens ayant une importance artiste ou historique pour une
population) : en 1977, la gare d’Orsay devient le musée d’Orsay.
• Entre 1981 et 1982, Mitterrand double le budget du Ministère de la Culture, dont les missions sont
élargies au-delà de la conservation du patrimoine : favoriser l’accès du plus grand nombre à la
culture, soutenir la création artistique, défendre le rayonnement culturel de la France à l’étranger…
Cette nouvelle politique est incarnée par le Ministre de la Culture, Jack Lang. Il fixe un prix unique
pour le livre (1981), il crée la Fête de la Musique (1982) et les Journées du patrimoine (1984).
Mitterrand lance des grands travaux comme l’aménagement du Musée du Louvre, de l’Institut du
monde arabe et de l’Opéra Bastille en 1989.
• Entre 1974 et 1981, l’État garde la mainmise sur les médias. En 1974, Giscard d’Estaing remplace
l’ORTF par trois chaines de télévision publiques (TF1, Antenne 2 et FR3) et quatre stations de radio
publiques (France Inter, France Culture, France Musique, FIP au sein du groupe Radio France). Si le
contrôle de l’État est plus discret qu’à l’époque de l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision
française, créé en 1964 et placé sous la tutelle du Ministre de l’Information) les responsables de
l’audiovisuel public sont toujours choisis par le pouvoir. En parallèle, les radios pirates (radios
émettant sans autorisation) se multiplient. En 1979, la police interrompt l’émission de Radio
Riposte, diffusée par le Parti socialiste et la justice inculpe Mitterrand pour « violation du monopole
d’État sur la diffusion radiophonique ».
La fin du monopole d’État sur la radiodiffusion permet la création de nombreuses stations de radio,
notamment en direction de la jeunesse, comme NRJ (1983) ou Fun Radio (1985).
• Les années 1980 sont la décennie de la culture de masse (ensemble des pratiques culturelles
diffusées à un large public par les médias et les industries de la communication et du
divertissement) : plus de 90% des foyers possèdent un téléviseur. Les chaînes cherchent à fidéliser
le public par des émissions de variété (comme Champs Élysées sur Antenne 2), des jeux (comme La
roue de la fortune sur TF1) ou des séries américaines (comme Dallas sur TF1). Certains dénoncent
une uniformisation et une américanisation de la culture. Mais la télévision facilite aussi l’accès au
savoir (comme Apostrophes sur Antenne 2).
• Les années 1980 sont aussi celles de l’émergence d’une « culture jeune ». La mode des mangas et
des dessins animés venus du Japon est lancée par Goldorak, diffusé sur Antenne 2. En 1984, le rap
issu des banlieues noires des États-Unis fait son apparition dans l’émission HIP HOP sur TF1. La
musique s’écoute dans la rue avec les premiers baladeurs et se regarde à la télévision avec les
premiers vidéoclips qui apparaissent au début des années 1980. Des artistes comme Michael
Jackson ou Mylène Farmer ont contribué à populariser ces pratiques. La culture des écrans passe
aussi par le jeu vidéo, qu’il soit sur console ou sur ordinateur.
Conclusion
• Entre 1974 et 1988, des évolutions politiques ont lieu : l’alternance devient une habitude et
conduit même à trois cohabitations. La société est en pleine mutation, marquée par une plus grande
diversité et un début d’émancipation. L’accès à la culture est aussi facilité, notamment grâce à la
télévision.
• Les années 1970 et 1980 constitue un tournant dans l’histoire de France parce que la gauche
accède au pouvoir et parce que la société se libéralise et que la culture se démocratise.
• Ces évolutions ne se limitent pas aux années 1980 : lors des années 1990 et 2000, la société
française connaît de nouvelles évolutions sociales (parité…) et culturelles (Internet…)
Ibrahim Douida
Ibrahim Douida
Introduction
• En 1991, la fin de la confrontation de la Guerre froide laisse espérer un monde pacifié. Mais
rapidement, les premiers conflits apparaissent, comme la première guerre du Golfe (1990-1991).Dès
les années 1990, de nouveaux rapports de puissance (rapports de force entre des pays capables
d’exercer leur influence sur d’autres pays) apparaissent : les États-Unis s’affirment comme l’unique
superpuissance du monde de l’après-Guerre froide. Cependant, cette superpuissance est bientôt
concurrencée par la Chine ou la Russie. Elle est aussi violemment contestée par le terrorisme
islamiste : le monde est donc confronté à de nouveaux enjeux comme le réchauffement climatique.
• Problématique : Pourquoi la fin de la Guerre froide ne s’est-elle pas traduite par un apaisement
durable des relations internationales après 1991 ?
• Le système bipolaire sur lequel reposait l’équilibre du monde pendant la Guerre froide disparaît en
1991 avec la disparition de l’URSS. Les États-Unis accèdent au statut d’hyperpuissance (expression de
l’ancien Ministre français des affaires étrangères Hubert Védrine désignant un pays dont la puissance
s’exerce dans tous les domaines et n’est confrontés à aucun concurrent) dans un monde unipolaire
(organisation de la planète autour d’un seul pôle de puissance). En 1991, avec l’accord du Conseil de
sécurité de l’ONU, ils prennent la tête d’une coalition internationale pour faire la guerre à l’Irak de
Saddam Hussein qui a envahi le Koweït. Cette « première guerre du Golfe » (1990-1991) montre leur
supériorité militaire mais aussi leur attachement au multilatéralisme (politique étrangère d’un État
qui tient compte de l’avis des autres États et des institutions internationales dans ses interventions
extérieures).»
• Après 1992, sous la présidence de Bill Clinton (1993-2001), les États-Unis assument le rôle de «
gendarmes du monde ». Ils cherchent à élargir le cercle des nations démocratiques en multipliant les
interventions armées contre les dictatures (Somalie en 1992-1993, Haïti en 1994) et jouent un rôle
d’arbitres dans les conflits régionaux : grâce à Bill Clinton, l’Organisation de libération de la Palestine
(OLP) et l’État d’Israël signent les Accords d’Oslo en 1993. Ils marquent le début d’un processus de
paix israélo-palestinien et créent une Autorité palestinienne sur une partie des territoires occupés
par Israël (Cisjordanie, bande de Gaza).
• En Afrique du Sud, le régime d’apartheid (politique de séparation des « races » mise en place en
1948) est affaibli par une lutte menée par l’ANC (pour African National Congres, c’est-à-dire le parti
sud-africain luttant contre l’apartheid), par les condamnations de l’ONU et par les sanctions
économiques des partenaires du pays (États-Unis, Europe de l’Ouest, Japon). En 1991, Frederik de
Klerk met fin à l’apartheid et, en 1994, les premières élections multiraciales permettent à Nelson
Ibrahim Douida
Mandela de devenir le premier Président noir d’Afrique du Sud. La fin de l’apartheid en Afrique du
Sud (1990-1998)
• En Europe, la disparition du « rideau de fer » et l’effondrement des régimes communistes
permettent le rapprochement entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest, symbolisée par la
réunification de l’Allemagne le 3 octobre 1990. Une vague de démocratisation touche l’Amérique
latine parce que les États-Unis cessent de soutenir des régimes autoritaires.
• Longtemps paralysée par le veto des deux Grands, l’ONU peut enfin jouer pleinement son rôle :
entre 1988 et 1993, elle lance plus d’opérations que pendant les quarante années précédentes. Elle
gère l’accession de la Namibie à l’indépendance en 1990, elle autorise l’intervention armée de la
coalition internationale menée par les États-Unis contre l’Irak (1991).
• En Europe de l’Est, la fin des régimes communistes libère les revendications nationalistes. À partir
de 1991, les différentes nationalités de Yougoslavie proclament leur indépendance mais la
Fédération yougoslave, dominée par les Serbes, s’y oppose. Entre 1992 et 1995, des guerres en ex-
Yougoslavie s’accompagnent d’opérations de nettoyage ethnique (politique délibérée menée par un
groupe ethnique pour chasser par la violence et la terreur les autres populations d’un territoire
qu’elle convoite) et de nombreux massacres (comme à Srebrenica en 1995) ordonnées par Slobodan
Milošević, le président serbe. L’Union européenne et l’ONU sont impuissantes à pacifier la région ;
c’est l’intervention militaire de l’OTAN qui met fin à la guerre de Bosnie en 1995 : sont alors signés
les accords de Dayton.
• Les conflits intra-étatiques (conflits qui se produisent à l’intérieur des frontières d’un État, entre
plusieurs groupes ou entre un groupe et l’armée régulière) se multiplient dans le monde : ils étaient
3 en 1990 contre 18 en 2018. Dans la même période, les conflits interétatiques (conflits qui ont lieu
entre deux pays) sont minoritaires : leur nombre reste à 2.
• En 1994, un génocide au Rwanda a lieu. Suite à un attentat contre le président rwandais, les
extrémistes Hutu prennent le pouvoir : Jean Kambanda, Premier ministre du pays, ordonne
l’extermination des Tutsi et des Hutu modérés en profitant d’un manque d’action de la communauté
internationale (l’ONU, l’Union européenne…). Le génocide (élimination physique intentionnelle,
totale ou partielle, d’un groupe national, ethnique ou religieux) des Tutsi, massacrés à coup de
machette, fait plus d’un million de morts en moins de trois mois.
• Dans les années 1990, les États-Unis doivent faire face à la nouvelle menace du terrorisme
islamiste (usage de la violence visant à créer un climat de terreur pour imposer l’islam comme le
fondement idéologique de la vie politique et sociale d’un pays) comme les attentats perpétrés
contre les ambassades des États-Unis du Kenya et de Tanzanie en 1998. Ces attentats sont une
manifestation radicale de l’anti-américanisme qui règne dans les pays musulmans. Point de passage
et d’ouverture 2 : Le 11 septembre 2001. • Le 11 septembre 2001, les attentats d’Al Qaïda aux
États-Unis frappent deux lieux symboliques de l’hyperpuissance états-unienne : les tours jumelles du
World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington D.C. Dirigée par Oussama Ben Laden,
Al Qaïda plonge les États-Unis et le monde dans un état de choc : les quatre avions détournés font
plus de 3 000 morts.
Ibrahim Douida
• Le président des États-Unis George W. Bush (2001-2009) décide alors d’attaquer les pays qui
abritent les terroristes. En 2001, avec l’accord de l’ONU, les États-Unis envahissent l’Afghanistan qui
accueille les bases d’entraînement d’Al Qaïda et qui cache Oussama Ben Laden. En 2003, sans avoir
obtenu l’accord de l’ONU parce que certaines puissances européennes s’y opposent (France
notamment), ils attaquent l’Irak de Saddam Hussein qu’ils accusent à tort de soutenir le terrorisme
islamiste et de fabriquer des armes de destruction massive (guerre d’Irak). Cette intervention qui
relève de l’unilatéralisme (politique extérieure d’un État qui ne tient pas compte de l’avis des autres
États et de ceux des institutions internationales). Mais ces guerres ne parviennent pas à détruire les
réseaux terroristes et à apporter la paix dans les pays occupés.
• S’ils obtiennent des victoires rapides, les États-Unis ne parviennent pas à pacifier les pays qu’ils
occupent (Afghanistan, Irak). Ils y mènent des conflits asymétriques (conflit opposant des forces aux
moyens militaires inégaux) contre de petits groupes armés, sans réussir à empêcher la guerre civile
qui gangrène ces pays. Le président Barack Obama (2009-2017) retire les troupes états-uniennes
d’Irak en 2011 et d’Afghanistan à partir de 2014.
• Les attentats terroristes islamistes se multiplient dans le monde : attentats à Madrid en mars
2004, attentats à Londres en juillet 2005… En 2014, l’organisation terroriste État islamiste
(organisation terroriste islamiste ayant créé un État dans le Nord de la Syrie et de l’Irak) ou Daech
voit le jour. Sa localisation lui donne d’importantes ressources, liées aux hydrocarbures, pour
financer le terrorisme islamiste international (attentats à Paris en janvier et en novembre 2015). Les
armées syriennes et irakiennes luttent contre Daech, aidées par une coalition internationale (États-
Unis, France, Russie, Turquie…) : il s’agit d’un conflit asymétrique car les combattants de Daech sont
difficilement identifiables, cachés au sein des populations civiles. De plus, les moyens militaires
déployés par les Occidentaux sont nettement supérieurs à ceux mobilisés par les forces de Daech, ce
qui explique la chute de son dernier bastion en 2019 mais pas sa disparition (car le mouvement
terroriste perdure au Moyen Orient).
• Poussées par une forte croissance économique, des puissances économiques comme la Chine,
l’Inde et le Brésil, cherchent à étendre leur influence à l’échelle continentale et mondiale : ce sont
les puissances émergentes (pays en développement dont la croissance économique rapide
s’explique par une bonne intégration à la mondialisation et ayant une capacité d’influence en termes
économiques, commerciaux et diplomatiques). La Chine, qui devient la deuxième puissance
économique mondiale en 2010, veut aussi jouer un rôle mondial : le président chinois Xi Jinping, au
pouvoir depuis 2013, a baptisé cette politique le « Rêve chinois ». La Russie de Vladimir Poutine
retrouve aussi une place de premier plan dans les relations internationales. Après 2003, ces deux
puissances s’opposent fréquemment aux États-Unis au Conseil de sécurité de l’ONU, notamment
suite à l’annexion de la Crimée en mars 2014. Le monde est devenu un monde multipolaire (monde
qui est organisé en fonction de plusieurs pôles de puissance).
• Le Moyen Orient, riche en hydrocarbures, est le théâtre de rivalités croisées entre plusieurs
puissances régionales (comme l’Arabie Saoudite, la Turquie ou l’Iran) et mondiales (comme les États-
Unis ou la Russie). En 2014, la Russie mène sa propre intervention pour détruire Daech mais aussi
pour soutenir son allié dans la région, le dictateur syrien Bachar el-Assad.
Ibrahim Douida
• La Cour internationale de Justice avait disparu pendant la Guerre froide (les derniers procès
étaient ceux de Nuremberg et de Tokyo pour juger les criminels de guerre nazis et japonais). Dans
les années 1990, l’ONU met en place des tribunaux pénaux internationaux (tribunaux temporaires
destinés à juger les auteurs de génocides, de crimes de guerre et/ou de crimes contre l’humanité).
Les deux premiers tribunaux mis en place sont le TPIY en 1993, afin de juger les crimes perpétrés en
ex-Yougoslavie, et le TPIR en 1994 pour juger le génocide au Rwanda. Ces tribunaux jugent les
crimes de guerre (violation du droit de la guerre) et les crimes contre l’humanité (violation délibérée
des droits fondamentaux d’un groupe d’individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques,
raciaux ou religieux). Le TPIY a jugé et condamné le président serbe Slobodan Milošević ; le TPIR a
jugé et condamné Jean Kambanda, Premier ministre du Rwanda au moment du génocide.
• En 1998, l’ONU décide la création de la CPI ou Cour pénale internationale (tribunal permanent
destiné à juger les décideurs ou les auteurs de crimes de guerre ou de crime contre l’humanité).
Composée d’un Président, d’un Procureur et de 18 juges, son siège se trouve à La Haye, aux Pays-
Bas. Bien que 124 pays aient signé le statut de Rome qui lui donne naissance, la Cour pénale
internationale souffre du manque de coopération de nombreux États.
• Les réfugiés (personnes ayant fui leur pays à cause d’un conflit ou de persécutions) et les déplacés
(personnes déplacées vers d’autres régions au sein de leur propre pays à cause d’un conflit ou de
persécutions) sont de plus en plus nombreux dans le monde depuis les années 1990. Le Haut-
Commissariat aux réfugiés (organisation de l’ONU créée en 1945 pour venir en aide aux réfugiés et
aux déplacés et les réinstaller sur leur terre d’origine) coordonne l’action internationale pour les
protéger les assister les ramener chez eux quand cela est possible. Mais, compte tenu de l’ampleur
de sa tâche, les moyens du HCR sont nettement insuffisants.
• Depuis les années 2000, une nouvelle catégorie de réfugiés a fait son apparition et leur nombre
progresse : ce sont les réfugiés climatiques (personnes ayant fui leur pays/région suite à une rupture
environnementale : survenue d’une catastrophe, disparition de ressources…). L’ONU prévoit entre
31 et 143 millions de réfugiés climatiques dans le monde en 2050.
• Les problématiques environnementales se sont imposées dans le débat public au cours des
années 1990. Le défi du réchauffement climatique nécessite une véritable coopération multilatérale
que l’ONU cherche à renforcer en organisant de grands sommets internationaux sur le climat, les «
Conférences des parties » (ou COP). En 2015, la COP21 débouche sur l’accord de Paris par lequel
195 pays s’engagent à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. En 2017, les États-Unis de
Donald Trump se retirent de l’accord. Pourtant, jamais la société, en particulier la jeunesse, n’a été
aussi mobilisée : en témoigne la « Marche mondiale pour le climat » en 2019 et l’action menée par
la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg : elle est invitée à l’ONU pour évoquer le
réchauffement climatique et interpelle les dirigeants des États.
• En 2020, avec la pandémie (épidémie présente sur une large zone géographique) de Covid-19,
apparue à Wuhan en Chine et qui s’est diffusée à l’échelle mondiale, l’humanité s’est trouvée
confrontée à un nouveau défi, sanitaire celui-ci. Les États ont pris chacun leurs mesures afin
d’enrayer la propagation de l’épidémie et de l’éradiquer. Mais aucune coopération internationale
Ibrahim Douida
n’a réellement été mise en œuvre malgré les alertes et les recommandations de l’OMS (organisme
dépendant de l’ONU créé en 1948 chargé des questions de santé publique). En mai 2022, l’épidémie
a touché plus de 520 millions de personnes et a tué plus de 6 millions de personnes dans le monde
(dont plus d’un million aux États-Unis)
Conclusion
• En 1991, l’URSS implose et les États-Unis demeurent la seule superpuissance de la Guerre froide,
qui prend aussi fin : jusqu’en 2001, les États-Unis sont les gendarmes du monde. Mais avec les
attentats du 11 septembre 2001, leur hégémonie est remise en question. Le monde est alors
confronté à plusieurs défis : terrorisme, retour de la guerre, changement climatique global, crise
sanitaire…
• La fin de la Guerre froide ne s’est pas traduite par un apaisement durable des relations
internationales car de nouvelles menaces sont apparues à partir des années 1990 : concurrence
entre puissances, alimentant des tensions voire des guerres ; terrorisme islamiste international,
effets dévastateurs du changement climatique global, crise sanitaire liée au Covid-19.
Introduction
• Depuis ses débuts, la construction européenne est marquée par un débat entre souverainistes
(partisans d’une Europe fonctionnant autour d’une coopération sans abandon de souveraineté) et
fédéralistes (partisans d’une Europe organisée autour d’institutions communes placées audessus des
États). Les institutions de la CEE sont un compromis entre ces deux conceptions : - le Conseil des
ministres incarne les intérêts des États et prend les décisions à l’unanimité ou à la majorité qualifiée
(système de décision dans lequel chaque État dispose d’un nombre de voix proportionnel à sa
population) ; - le Commission européenne incarne la logique supranationale : elle propose des lois et
veille à l’application des traités et des décisions du Conseil des ministres ; - le Parlement européen
discute et vote les lois et le budget avec le Conseil de l’UE ; - le Conseil de l’UE définit les priorités
européennes et accroît le poids des États ;
• Face aux difficultés des années 1970-1980, les États membres de la CEE tendent à se replier sur
eux-mêmes et l’on assiste à une vague d’euroscepticisme (attitude méfiante et critique visà-vis de la
construction européenne). Le Président de la Commission européenne, le français Jacques Delors,
propose de relancer la construction européenne par le vote de l’Acte unique européen en 1986 : il
prévoit la mise en place d’un marché unique (marché impliquant la libre circulation et
l’harmonisation des législations entre États membres) pour 1993. 2 Point de passage et d’ouverture
1 : 1994 : le tunnel sous la Manche
à mort et brûlée vive par eux en 1431) pour faire la promotion de l’Eurostar, ce TGV qui relie Paris à
Londres en 2 heures 15 en passant par le tunnel sous la Manche. Cette affiche vante la facilitation
des séjours touristiques à Londres depuis Paris et le rapprochement culturel entre les peuples
français et britanniques ; - la campagne des compagnies de ferries transmanche contre le tunnel sous
la Manche représente les constructeurs du tunnel sous la forme d’une autruche, la tête dans un trou,
qui ne voit pas tous les problèmes engendrés par ce futur tunnel : difficultés de construction, coût
exorbitant, montant élevé du péage… Derrière cette campagne, il s’agit pour les compagnies de
ferries de faire échouer le projet de tunnel sous la Manche car elles craignent sa concurrence.
• Le traité de Maastricht, signé en 1992, créé l’Union européenne (UE) et lui donne une dimension
politique inédite. Ce traité regroupe trois piliers : - le pilier centré sur l’établissement du marché
unique et de l’union économique et monétaire. Il concerne les domaines qui font l’objet d’un
transfert de souveraineté (ensemble des pouvoirs exercés par un État sur son territoire et sa
population) au profit des institutions européennes : la monnaie ne sera plus nationale ; - le pilier
instaurant la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) ; - le pilier créant une coopération
policière et judiciaire ; Les deux derniers piliers prévoient une coopération, sans transfert de
souveraineté. De plus, le traité renforce les prérogatives du Parlement européen, notamment en
matière législative. Point de passage et d’ouverture 2 : L’euro : genèse, mise en place et débats
• La fin de la Guerre froide marque un tournant dans la construction européenne, qui peut
désormais s’étendre à l’ensemble du continent. En 1995, l’Autriche, la Suède et la Finlande adhèrent
à l’UE. En 2004, l’UE accueille 10 nouveaux États (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République
tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie, Chypre et Malte). En 2007, la Bulgarie et la Roumanie
intègrent l’UE, suivie de la Croatie en 2013. Certains craignent que ces élargissements ne nuisent à
l’approfondissement de l’UE et à son fonctionnement institutionnel. L’efficacité semblerait exiger
une Europe supranationale. Mais l’attachement à la souveraineté nationale reste grand, tant dans les
pays d’Europe qui viennent de rentrer qu’en Europe de l’Ouest.
• L’Union européenne est une construction unique à l’échelle mondiale, au sein de laquelle les États
ont abandonné une part importante de leur souveraineté (pouvoirs qu’exerce un État sur son
territoire et sa population) tout en conservant aussi des prérogatives importantes. Aucune
organisation régionale sur la planète n’est aussi aboutie que l’Union européenne. Si certains États
membres de l’UE, comme l’Allemagne, sont favorables à plus de fédéralisme, d’autres pays, comme
la Hongrie, défendent fermement le souverainisme.
• Des États, attachés à leur souveraineté, refusent de participer à certains programmes communs : le
Royaume-Uni et le Danemark n’ont pas adopté l’euro ; le Royaume-Uni et l’Irlande n’ont pas intégré
l’espace Schengen permettant la libre circulation des hommes. À l’inverse, des procédures de «
coopération renforcée » sont prévues depuis le traité d’Amsterdam de 1997 pour permettre aux
États de coordonner leurs actions, comme dans la lutte contre le terrorisme.
• Pour permettre à l’Union européenne de s’affirmer comme un acteur majeur des relations
internationales, le traité de Maastricht créé une politique étrangère et de sécurité commune (PESC).
Mais la mise en place d’une diplomatie voire d’une défense commune s’est heurtée au refus des
États de déléguer une partie de leur souveraineté et aux désaccords entre les États membres : en
août 2013, l’Union européenne ne parvient pas à trouver une décision commune à propos d’une
éventuelle intervention militaire en Syrie contre Bachar el-Assad.
• À partir de 2009, dans un contexte de mondial de crise financière, la zone euro est fragilisée par
l’endettement excessif de certains de ses membres (Grèce, Irlande, Espagne, Portugal). Certains États
(Allemagne) réfléchissent à des mécanismes de contrôle. Pour aider les États les plus endettés, un
Mécanisme européen de stabilité (MES) est créé en 2012, leur apportant, sous conditions, une aide
Ibrahim Douida
financière. En 2012, un traité sur la stabilité économique et monétaire est adopté : il impose aux
États un équilibre de leurs comptes publics sous peine de sanctions.
• À partir de 2015, l’Union européenne est confrontée à une explosion des flux migratoires en
provenance de certains pays d’Afrique et du Moyen-Orient, touchés par des conflits ou des difficultés
économiques (Libye, Syrie). L’Union européenne décide le renforcement des contrôles aux frontières,
organisé par l’agence Frontex. La répartition des demandeurs d’asile, dont la gestion revient au
premier pays d’accueil selon le règlement de Dublin de 2013, créé des tensions au sein de l’Union
européenne : des États (Italie, Grèce) se disent submergés par l’afflux des migrants et accusent les
autres États de ne pas en accueillir. Afin de calmer ces tensions à propos des flux migratoires, Angela
Merkel, chancelière allemande, ouvre ses frontières aux migrants à partir de 2015 : son pays a besoin
de main-d’œuvre.
• Le 23 juin 2016, les Britanniques décident par référendum de sortir de l’Union européenne. Le
Brexit (processus de sortie de l’Union européenne voulu par le Royaume-Uni) est une première dans
l’histoire de la construction européenne car c’est la première fois qu’un État quitte l’union. Les
négociations entre le Premier Ministre britannique, Boris Johnson, et la Commission européenne ont
été longues et difficiles. La sortie britannique de l’Union européenne n’est finalement intervenue que
le 31 janvier 2020. 6
• Mais les citoyens reprochent à la construction européenne d’être un processus imposé par des
chefs d’État, de gouvernement ou des hauts fonctionnaires, sans les avoir suffisamment associés. Ils
critiquent la complexité des institutions, la difficulté à voir l’utilité de l’Union européenne au
quotidien. Ces critiques ont été prises en compte avec la création d’une citoyenneté européenne,
par le renforcement du poids du Parlement européen dans la prise de décisions ou encore par
l’Initiative citoyenne européenne (obligation pour la Commission européenne de présenter une loi
devant le Parlement s’il est proposé par au moins un million de citoyens issus d’au moins sept États
membres) instituée par le traité de Lisbonne en 2007.
• La vie politique européenne intéresse peu les citoyens, surtout préoccupés par les questions
nationales, comme en témoigne la faible participation aux élections européennes (50,4% en 2019).
Cependant, pour la première fois depuis 1979, ce taux a progressé. Les périodes de crise et de
ratification des traités sont l’occasion pour l’Europe d’envahir le débat public. En 2005, le projet de
Constitution européenne a été rejeté suite à la victoire du « non » en France et aux Pays-Bas alors
qu’en Espagne et en Allemagne, des manifestants réclamaient un référendum (consultation de la
nation par une question à laquelle elle répond par « oui » ou par « non »).
Ibrahim Douida
Conclusion
• La construction européenne est relancée en 1986 avec la signature de l’Acte unique européen, qui
débouche, en 1993, sur l’entrée en vigueur du traité de Maastricht et la naissance de l’Union
européenne. L’union s’approfondit et s’élargit mais elle rencontre des crises profondes au cours des
années 2000 : divisions internes, crise de l’euro, afflux migratoire, sortie du Royaume-Uni…
• À partir de février 2022, la guerre russo-ukrainienne a eu pour effet de ressouder les États
membres de l’Union européenne face à la menace de la guerre et face à la menace des pénuries
énergétiques.
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Introduction
• En 1988, François Mitterrand est réélu pour un second mandat de sept ans. Il reste quatorze ans à
l’Élysée, un record sous la Vème République (régime démocratique au sein duquel le chef de l’État,
appelé Président de la République, est élu par les citoyens). Elle s’enracine dans le temps : elle est le
deuxième plus long régime de l’histoire de France depuis 1789, après la IIIème République. Cette
stabilité n’a pas empêché de nombreuses réformes institutionnelles afin de surmonter certaines
crises. Depuis la fin des années 1980, la société française est agitée par de nombreux débats. Face à
l’islam, devenue la deuxième religion de France, la laïcité a été réaffirmée, non sans controverses.
Pour faire reculer les inégalités femmes-hommes, la France a adopté la parité, aves des résultats
mitigés. Le modèle familial a profondément évolué, en s’ouvrant aux couples de même sexe, non
sans tensions.
• Problématique : Comment la Vème République s’est-elle réformée pour s’adapter aux nouveaux
enjeux politiques et sociaux depuis 1988 ?
• Réélu en 1988 pour un mandat de sept ans, François Mitterrand connaît une deuxième
cohabitation (1993-1995). En effet, dans un contexte de récession économique et d’affaires de
corruption visant le pouvoir socialiste en place, l’opposition RPR-UDF remporte une très large
majorité à l’Assemblée nationale et Édouard Balladur devient Premier Ministre.
• En 1995, Jacques Chirac (RPR), est élu Président de la République, à l’issue d’une campagne qui a
vu le Premier Ministre Édouard Balladur se présenter aussi pour la droite. En 1997, Jacques Chirac
provoque la dissolution de l’Assemblée nationale dans l’espoir de renforcer et de souder sa majorité
mais l’élection est remportée par la gauche et Lionel Jospin (PS) est nommé Premier Ministre. C’est la
troisième cohabitation (1997-2002).
• Pour éviter une nouvelle cohabitation (situation institutionnelle paradoxale dans laquelle le
Président de la République ne dispose pas d’une majorité parlementaire derrière lui et est obligé de
nommer un Premier Ministre d’un parti adversaire), une réforme constitutionnelle réduit de 7 à 5
ans la durée du mandat présidentiel et place les élections législatives juste après les élections
présidentielles : c’est le quinquennat. Depuis 2002, la France n’a plus connu de cohabitation mais
continue d’expérimenter l’alternance (situation dans laquelle des partis appartenant à des courants
politiques différents se succèdent au pouvoir) lorsque François Hollande (PS) succède à Nicolas
Sarkozy (UMP) en 2012 et lorsqu’Emmanuel Macron (LREM) succède à François Hollande (PS) en
2017.
• L’État répond à la défiance croissante dont fait l’objet la classe politique par la création de la Cour
de justice de la République (seule juridiction pouvant juger les membres du gouvernement pour des
crimes et des délits commis pendant leurs fonctions) en 1993 puis d’une Haute autorité pour la
transparence de la vie politique (autorité administrative indépendante qui contrôle les déclarations
de patrimoine des élus nationaux) en 2013 et par la procédure permettant de destituer le Président
de la République pour manquement à ses devoirs en 2007.
Ibrahim Douida
• Face aux attentats terroristes islamistes et à l’épidémie de la Covid-19, des gouvernements ont
décidé d’adopter l’état d’urgence (état d’exception conférant aux autorités administratives le droit
de prendre des mesures de restriction des libertés qui sont normalement du ressort de la justice).
L’état d’urgence face à la menace terroriste est appliqué dès novembre 2015. L’état d’urgence
sanitaire face à l’épidémie de Covid-19 est adopté en mars 2020.
Ibrahim Douida
• Le débat sur la laïcité (principe de séparation entre l’État et les institutions religieuses) est ravivé
par l’expression croissante des religions dans l’espace public : en 1989, à Creil, trois collégiennes
refusent de retirer leur voile. La République réaffirme la laïcité. En 2004, une loi interdit les signes
religieux à l’école et en 2010, une loi interdit le port du voile intégral dans l’espace public. En 2013,
une Charte de la laïcité à l’école est rédigée.
• La République s’efforce aussi de faire une plus grande place à l’islam. Des collectivités financent
la construction de mosquées et des aumôneries musulmanes sont créées dans l’armée, dans les
prisons et dans les hôpitaux. L’État crée aussi des instances représentatives de l’islam : le Conseil
français du culte musulman en 2003 et la Fondation de l’islam de France en 2016. Ces instances
cherchent à favoriser l’affirmation d’un islam de France, respectueux des valeurs de la République.
Elles travaillent à la formation des imams pour empêcher l’islamisme et le communautarisme
(comportements visant à ne pas s’intégrer au reste de la population).
• Le débat sur la place des femmes dans la société est ravivé en 1991 par la nomination d’Édith
Cresson au poste de Premier Ministre puis par l’accès de Ségolène Royal au second tour de
l’élection présidentielle en 2007 et la nomination d’Élisabeth Borne comme Première ministre en
2022. Le féminisme (mouvement luttant pour obtenir de nouveaux droits pour les femmes)
revendique la parité (principe visant à mettre fin à la sous-représentation des femmes dans les
instances de décisions). Il se mobilise contre le sexisme, les violences faites aux femmes et les
stéréotypes de genre (concept définissant le masculin et le féminin comme des constructions
sociales), au sein d’associations comme Osez le féminisme. Point de passage et d’ouverture 2 : La
parité : du principe aux applications
• La parité introduit des changements dans la vie des femmes : - en 1999, la parité électorale entre
dans la Constitution, pour les partis politiques favorisent l’égal accès des femmes et des hommes
aux fonctions électives. C’est le cas avec la loi de 2013, imposant la parité aux élections
départementales ; - en 2008, la parité professionnelle entre dans la Constitution : elle doit
permettre un accès égal entre les femmes et les hommes aux fonctions décisionnelles. C’est le cas
avec la loi de 2014 sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.
• Toutefois, la France conserve l’un des plus faibles taux de féminisation de la vie politique en
Europe : seulement 26% de députées, 27% de sénatrices et 20% de maires sont des femmes. Les
inégalités hommes-femmes demeurent particulièrement importantes en termes d’accès aux postes
supérieurs et de salaires (les femmes gagnent 19% de moins que les hommes).
• Les évolutions de la famille et du mariage divisent l’opinion publique par-delà les clivages
politiques traditionnels. La loi sur le PACS (1999) puis la loi sur le mariage pour tous (2013),
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Conclusion
• Depuis 1988, la Vème République a su s’adapter politiquement pour résister aux épreuves dans
la durée : adoption du quinquennat pour éviter les cohabitations, lois sur le financement des partis
politiques… Elle a aussi su devancer ou accompagner les évolutions de la société française : parité
femmes-hommes, élargissement des droits des personnes LGBT…
• Depuis 1998, les acteurs politiques (Présidents de la République, Premiers ministres et ministres,
députés et sénateurs…) ont fait évoluer le cadre institutionnel (révisions de la Constitution) et
législatif de la Vème République afin que celle, fondée en 1958, s’adapte à un contexte nouveau.
• Cependant, les chantiers à mener sont encore nombreux : lutte contre les violences faites aux
femmes, transition énergétique et environnemental.
Ibrahim Douida