Complément : Chimie
SPECTROPHOTOMETRIE
1. INTERACTION
LUMIERE
–
MATIERE
La
spectrophotométrie
est
l’étude
quantitative
des
interactions
entre
la
lumière
et
la
matière.
Lorsque
de
la
lumière
traverse
une
substance,
elle
est
en
partie
transmise
et
en
partie
absorbée.
Si
une
substance
absorbe
dans
le
domaine
visible
(400nm<λ0<800nm)*,
alors
elle
est
colorée.
Eclairée
par
de
la
lumière
blanche,
elle
prendra
la
couleur
des
radiations
qui
parviennent
à
traverser,
couleurs
complémentaires
des
couleurs
absorbées.
*
Il
s’agit
de
transitions
électroniques.
Lecture
du
cercle
chromatique
:
• Les
couleurs
sont
placées
par
ordre
croissant
de
longueur
d’onde
le
long
du
cercle.
• Deux
couleurs
complémentaires
se
trouvent
l’une
en
face
de
l’autre.
Exemple
:
une
solution
de
diiode
I2
absorbe
principalement
les
rayonnements
de
longueur
d’onde
454mn
(bleu-‐violet)
:
la
solution
est
alors
jaune-‐orangée
(couleurs
complémentaires
des
rayonnements
absorbés,
situées
en
face
dans
le
cercle
chromatique).
2. LOI
DE
BEER-‐LAMBERT
a. Définition
de
l’absorbance
Les
lois
régissant
l’absorption
de
la
lumière
par
une
substance
colorée
ont
été
formulées
en
1730
par
J.H.
Lambert
et
généralisées
aux
solutions
par
[Link]
en
1852.
Soit
une
cuve
de
longueur
ℓ
contenant
une
solution
d’une
substance
colorée
à
la
centration
c.
Un
faisceau
de
lumière
monochromatique
de
longueur
d’onde
λ
traverse
cette
solution
;
soit
I0(λ),
l’intensité
de
ce
faisceau
à
l’entrée
de
la
cuve
et
IS(λ),
son
intensité
à
la
sortie.
L’absorption
de
cette
lumière
par
la
solution
peut
être
caractérisée
par
deux
grandeurs
:
la
transmittance
et
l’absorbance.
• La
transmittance
donne
le
pourcentage
de
lumière
que
transmet
la
solution
:
!! !
! ! =
!! !
• L’absorbance
A
est
définie
par
:
! !! !
! ! = !"# = !"#
! ! !! !
L’absorbance
A
est
une
grandeur
sans
dimension.
Remarques
:
-‐ puisque
I0(λ)>
IS(λ),
A>0.
-‐ A
est
d’autant
plus
grande
que
Is
est
petite,
donc
que
la
solution
absorbe
de
lumière.
b. Loi
de
Beer-‐Lambert
L’expérience
montre
que
pour
une
solution
peu
concentrée
en
substance
absorbante,
l’absorbance
A(λ)
est
proportionnelle
à
la
longueur
de
la
cuve
ℓ
et
à
la
concentration
c
de
la
substance
absorbante,
ce
que
traduit
la
loi
de
Beer
Lambert
:
A(λ)=ε(λ).
ℓ.c
ε(λ)
est
le
coefficient
d’absorption
molaire
de
la
substance
considérée.
Ce
coefficient
dépend
de
:
• La
nature
de
la
substance
Remarque
:
Attention
aux
unités
:
si
ε(λ)
est
exprimé
en
• La
longueur
d’onde
λ
de
la
lumière
2 -‐1 -‐3
unités
SI
(m .mol ),
ℓ
doit
être
en
m
et
c
en
mol.m .
• La
nature
du
solvant
-‐1 -‐1 -‐1
Si
ε(λ)
est
en
cm .[Link] ,
ℓ
est
en
cm
et
c
en
mol.L .
• La
température.
La
loi
de
Beer-‐Lambert
n’est
valable
que
si
la
solution
est
peu
concentrée
en
espèce
colorée
car
à
trop
forte
concentration
:
§ Is
est
trop
faible,
et
le
spectrophotomètre
trop
peu
sensible
pour
donner
des
valeurs
cohérentes
de
A.
§ des
agglomérats
peuvent
se
former,
qui
ne
possèdent
pas
le
même
coefficient
d’absorption
molaire
que
l’espèce
seule.
Remarque
:
Cette
loi
est
valable
aussi
pour
les
radiations
UV
ou
infrarouge.
Fiche
TP
c. Additivité
des
absorbances
Considérons
une
cuve
de
longueur
l
contenant
une
solution
renfermant
n
substances
colorées,
chacune
ayant
une
concentration
ci
et
un
coefficient
d’absorption
molaire
εi(λ)
à
la
longueur
d’onde
et
à
la
température
considérées.
Chaque
substance
à
une
absorbance
Ai=
εi(λ).
ℓ.ci.
L’expérience
montre
que
pour
les
solutions
diluées,
l’absorbance
totale
A(λ)
de
la
solution
est
additive
:
A(! ) = ! Ai (! ) = ! "i (! )" l " ci
Toutes les espèces colorées Toutes les espèces colorées
3. MESURES
SPECTROPHOTOMETRIQUES
a. Détermination
d’une
concentration
On
utilise
souvent
la
spectrophotométrie
afin
de
connaître
la
concentration
d’une
substance
colorée
dans
une
solution.
L’absorbance
est
mesurée
à
l’aide
d’un
spectrophotomètre.
i. Choix
de
la
longueur
d’onde
de
travail
• Pour
augmenter
la
précision
de
l’appareil
et
limiter
l’incertitude
sur
les
mesures
on
se
place
à
la
longueur
d’onde
pour
laquelle
le
coefficient
d’absorption
molaire
de
la
substance
est
maximum.
Pour
repérer
la
longueur
d’onde
λmax
correspondante,
on
peut
tracer
la
courbe
A=f(λ)
pour
une
solution
contenant
l’espèce
et
lire
la
valeur
λmax
sur
la
courbe.
On
appelle
cette
courbe
le
spectre
d’absorption
du
composé
considéré.
Exemple
:
Pour
Br2,
le
spectre
A=f(λ)
est
ci-‐dessus.
Pour
étudier
une
solution
de
dibrome,
on
se
placera
donc
à
λ=410
nm.
• Si
plusieurs
substances
colorées
sont
susceptibles
d’absorber
la
lumière
incidente,
on
essayera
de
se
placer
à
une
longueur
d’onde
pour
laquelle
une
seule
des
espèces
absorbe
la
lumière.
On
pourra
alors
suivre
l’évolution
de
sa
concentration,
sans
tenir
compte
des
autres
espèces.
ii. Déroulement
de
la
mesure
Afin
d’étudier
l’absorption
de
la
lumière
par
une
substance
colorée
seule,
il
faut
tenir
compte
du
fait
que
de
la
lumière
est
absorbée
également
par
la
cuve
et
le
solvant,
bien
que
cette
absorption
soit
faible
en
général.
Pour
s’en
affranchir,
il
faut
alors
«
faire
le
blanc
».
Explication
:
«
Faire
le
blanc
»
consiste
à
mesurer
l’absorbance
(à
la
longueur
d’onde
de
travail)
du
solvant
et
des
parois
de
la
cuve,
et
à
retrancher
cette
valeur
à
toutes
les
mesures
ultérieures.
Ainsi,
l’absorbance
indiquée
par
l’appareil
est
uniquement
celle
de
l’espèce
colorée
étudiée.
La
mesure
se
déroulera
comme
suit
:
• Choisir
une
longueur
d’onde
λ
appropriée
(cf
i.)
• Remplir,
aux
deux
tiers,
la
cuve
avec
le
solvant
seul
en
veillant
à
ce
que
ses
parois
soient
bien
propres
(ne
pas
toucher
les
parois
avec
les
doigts
!),
la
placer
dans
le
spectrophotomètre
et
«
faire
le
blanc
»,
c'est-‐à-‐dire
indiquer
au
spectrophotomètre
que
cette
valeur
sera
pris
comme
référence
A=0.
Attention
:
Certaines
cuves
n’ont
que
deux
parois
transparentes
:
veiller
à
ce
que
le
faisceau
passe
bien
par
ces
deux
parois
!
• Vider
la
cuve,
la
rincer
avec
la
solution
à
analyser,
puis
la
remplir
aux
deux
tiers,
avec
la
solution
à
analyser.
Sécher
ses
parois,
la
placer
dans
le
spectrophotomètre
et
lire
la
valeur
affichée.
Le
«
blanc
»
de
l’absorbance
doit
être
effectué
pour
toute
nouvelle
longueur
d’onde
λ,
les
coefficients
d’absorption
molaire
du
solvant
et
du
matériau
constituant
la
cuve
dépendant
eux
aussi
de
λ.
Remarque
:
Pour
être
le
plus
précis
possible,
il
faut
réutiliser
la
cuve
qui
a
été
utilisée
pour
le
blanc
pour
toutes
les
mesures.
Il
faut
donc
à
chaque
mesure
vider
la
cuve
et
la
rincer
avec
la
solution
à
analyser
avant
utilisation.
Si
un
grand
nombre
de
mesures
nécessitant
un
changement
de
solution
doivent
être
réalisées,
on
tolèrera
un
changement
de
cuve
:
on
fera
alors
l’approximation
que
toutes
les
cuves
ont
la
même
absorbance,
mais
ceci
est
une
approximation.
b. Identification
d’une
espèce
colorée
Le
spectre
d’absorption
d’une
espèce
dans
un
solvant
donné
à
une
température
donnée
lui
est
caractéristique.
Le
tracé
du
spectre
d’absorption
d’une
espèce
(A=f(λ)
ou
ε=f(λ))
et
la
comparaison
de
ce
spectre
à
une
banque
peut
permettre
son
identification.
Remarque
:
on
peut
également
comparer
les
longueurs
d’onde
correspondant
aux
maxima
d’absorption.