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Droit civil I : Épreuve admissibilité 2018

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Université PANTHEON-ASSAS (PARIS II)

Droit – Economie – Sciences sociales


Assas Admissib. 1066
Session : mai 2018
Année d’étude : Capacité en droit – première année
Discipline : Droit civil I
(Admissibilité)
Titulaire du cours : Jean Garrigue

Documents autorisés : le Code civil et un dictionnaire linguistique pour les étudiants non francophones
Durée de l’épreuve : 3h

TRAITEZ AU CHOIX LE SUJET N° 1 OU LE SUJET N° 2

Sujet n° 1. Dissertation

Le juge judiciaire et le contrôle de conformité de la loi nationale aux normes supérieures.

1
Sujet n° 2. Questions de cours, cas pratique et lecture d’arrêt

Vous traiterez les trois exercices suivants.

 1er exercice. Questions de cours (4 points sur 20)

Vous répondrez à deux des trois questions suivantes :


1) Qu’est-ce qu’un commencement de preuve par écrit ?
2) Qu’est-ce qui distingue les règles impératives des règles supplétives ?
3) Un mineur peut-il se marier ? Expliquez.

 2ème exercice. Cas pratique (11 points sur 20)

Le 22 avril dernier, Timothée s’est rendu la mort dans l’âme chez ses parents pour
participer à une réunion de famille. Ses deux frères, prénommés Jules et Thierry, sont mariés
depuis d’assez nombreuses années et chacun d’entre eux a quatre enfants. Or Timothée a
beaucoup de mal à supporter ces marmots qui bavent et qui collent, qui chouinent ou qui
braillent.
Le repas ne s’est certes pas trop mal passé. Ses huit neveux et nièces ayant déjeuné avant
que les adultes ne passent à table, Timothée a en effet pu parler posément avec ses père et mère
et les autres convives des sujets qui le passionnent : les placements financiers, l’optimisation
fiscale et les prix de l’immobilier.
C’est seulement ensuite que sa journée a viré au cauchemar. Les plus âgés des enfants
ont alors organisé un tournoi de ping-pong ; Timothée a naturellement refusé d’y participer et
s’est installé sur une chaise longue pour feuilleter un magazine. Il s’est rapidement assoupi mais
son réveil a été aussi brutal que douloureux. Théo, le fils aîné de Jules, a en effet perdu le match
qu’il disputait contre l’un de ses cousins. Or il n’a pas pris sa défaite avec beaucoup de
philosophie : ivre de rage, il a jeté sa raquette en direction de son adversaire. Il n’a toutefois pas
atteint sa cible : le projectile a finalement atterri sur le visage de Timothée et a brisé ses lunettes,
qu’il venait d’acheter et qui lui avaient coûté très cher.
Après avoir vociféré pendant une trentaine de minutes, Timothée a décidé de retourner
chez lui. Son père a cherché à le dissuader de repartir à vélo car Timothée est très myope. Ce
dernier n’a toutefois rien voulu entendre et a enfourché sa bicyclette. Mais après avoir pédalé
pendant quelques minutes, il a fait une violente chute. Privé de ses lunettes, il n’a pas vu
suffisamment tôt l’obstacle qui se dressait sur sa route ; il n’est pas parvenu à l’éviter et s’est
retrouvé à terre. Or il s’est fracturé la hanche et le poignet ; il a beaucoup souffert et a dû
séjourner à l’hôpital pendant deux semaines. Il a encore besoin de béquilles pour se déplacer et
n’est pas près de décolérer.
Afin d’être indemnisé, il a engagé des actions en justice contre Thierry, auquel
appartient la satanée raquette qu’il a reçue sur la tête, ainsi qu’à l’encontre des parents de Théo 1.
Pensez-vous que les défendeurs seront condamnés à réparer tous les préjudices qu’il a subis ?

1
En revanche, il n’a pas agi contre Théo, qui est insolvable. Vous ne vous demanderez donc pas si la responsabilité
personnelle de cet enfant est engagée.

2
 3ème exercice. Lecture d’arrêt (5 points sur 20)

Cour de cassation, 1ère chambre civile, 21 mars 2018


Vu les articles 8 et 10 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés
fondamentales, et 9 du code civil ; […]
Attendu, selon l'arrêt attaqué, que, dans le numéro 3377, daté du 6 au 12 février 2014, du magazine Paris
Match, la société Hachette Filipacchi […] (la société) a publié un article, accompagné de photographies,
relatant le mariage religieux de M. Andrea Y... et de Mme Tatiana C... et le baptême de leur fils
Alexandre, dit Sacha [...] ; qu'invoquant l'atteinte portée à leurs droits au respect dû à leur vie privée et
à leur image, M. et Mme Y..., agissant tant en leur nom personnel qu'en leur qualité de représentants
légaux de leur fils mineur, ont assigné la société pour obtenir réparation de leurs préjudices, ainsi que
des mesures d'interdiction et de publication ;
Attendu que, pour accueillir partiellement les demandes de M. et Mme Y..., après avoir énoncé que
leur mariage religieux et le baptême de leur fils revêtaient un caractère privé, l'arrêt retient qu'un
tel mariage n'a pas eu d'impact au regard du rôle tenu par les intéressés sur la scène sociale et qu'aucun
événement d'actualité ou débat d'intérêt général ne justifient qu'il soit porté atteinte à leur vie privée ;
Attendu, cependant, que le droit au respect de la vie privée et le droit au respect dû à l'image d'une
personne, d'une part, et le droit à la liberté d'expression, d'autre part, ont la même valeur normative ;
qu'il appartient au juge saisi de rechercher un équilibre entre ces droits et, le cas échéant, de privilégier
la solution la plus protectrice de l'intérêt le plus légitime ; qu'il résulte de la jurisprudence de la Cour
européenne des droits de l'homme que, pour procéder à la mise en balance des droits en présence, il y a
lieu de prendre en considération la contribution de la publication incriminée à un débat d'intérêt général,
la notoriété de la personne visée, l'objet du reportage, le comportement antérieur de la personne
concernée, le contenu, la forme et les répercussions de ladite publication, ainsi que, le cas échéant, les
circonstances de la prise des photographies […] ; que la définition de ce qui est susceptible de relever
de l'intérêt général dépend des circonstances de chaque affaire […] ;
D'où il suit qu'en se prononçant comme elle l'a fait, sans procéder, de façon concrète, à l'examen de
chacun de ces critères, et, notamment, sans rechercher, comme il le lui était demandé, si le public avait
un intérêt légitime à être informé du mariage religieux d'un membre d'une monarchie héréditaire et du
baptême de son fils, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ;
PAR CES MOTIFS […] :
CASSE ET ANNULE […] l'arrêt rendu le 3 novembre 2016, entre les parties, par la cour d'appel de
Versailles ; remet, en conséquence, sur ces points, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient
avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Paris […].

1/ Faites une fiche de l’arrêt.

2/ La divulgation d’informations relatives à la vie privée est-elle plus fréquemment justifiée par
le droit à la liberté d’expression lorsque la personne concernée par l’article litigieux est célèbre
que dans les cas où celle-ci est inconnue du public ? Justifiez votre réponse en vous appuyant
sur la motivation de la Cour de cassation.

Common questions

Alimenté par l’IA

In French law, a minor can marry only with parental consent. The law recognizes the need for such consent as a protective measure, ensuring that the decision to marry is made responsibly considering the minor's best interests .

The French judiciary considers several factors to determine public interest legitimacy. These include the public role or notoriety of the person concerned, the relevance of the information to public debate or interest, historical public behavior, and the overall impact of the information disclosed. A thorough evaluation of these criteria informs the balance between privacy and freedom of expression .

A commencement of proof by written evidence can be utilized when there is an existence of a fact which makes but one piece of written evidence necessary to help prove a deed in a legal case. It should be complemented by other forms of evidence when full written proof is not available, thereby allowing the judge to infer the full extent of the fact .

The annulment implies that the Versailles Court of Appeal did not sufficiently examine the necessary criteria, such as public interest and individual privacy rights, before reaching its decision. This precedent underscores the importance mandated by the Court of Cassation for a detailed examination and justification of decisions involving privacy versus freedom of expression to establish the legal basis of judicial rulings .

The Court of Cassation emphasized that both the right to respect for privacy and the right to respect for one’s image, as well as the right to freedom of expression, possess equal normative value. It is the responsibility of the judge to find a balance between these rights and, where appropriate, favoring the solution that protects the most legitimate interest. The decision underscores the importance of considering various factors such as the contribution of a publication to a debate of public interest, the notoriety of the individuals involved, the nature of the report, and the context and impact of the publication .

Libertine behavior can sway public interest and consequently justify publishing details of a public figure’s private life, as determined by the person’s actions and their public role. However, legal justification arises primarily if such publications contribute to debate of public interest and the figure's past conduct supports public interest rather than to mere sensationalism .

Imperative rules are mandatory and must be followed, as they pertain to public order and morality, and individuals cannot deviate from them by contract. In contrast, supplementary rules are default rules that apply only if the parties to a contract do not agree otherwise; they can be modified or excluded by agreement between the parties .

Timothée may face difficulties proving liability, as he cannot hold Théo personally responsible due to his insolvency—he would need to establish that the parents of Théo are liable for their child's actions under parental responsibility. Additionally, since Timothée proceeded to cycle despite his father's objections and awareness of not having glasses, contributory negligence may also be considered by the court in apportioning damages .

Judicial discretion plays a critical role in reconciling conflicts, as judges must interpret and apply national laws while ensuring conformity with higher norms such as constitutional or international standards. This involves assessing the specific context of the case, prioritizing legal principles, and ensuring that interpretations do not conflict with overarching legal frameworks .

French law holds parents civilly responsible for damages caused by their minor children under their authority, except when they can demonstrate they were not at fault or that they were not legally responsible for supervising the child. This encompasses proving sufficient oversight and effort to prevent the occurrence, affecting the parents' liability in compensating for damages caused by their child's actions .

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